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 [Création Équipe] Salle B-44

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MessageSujet: [Création Équipe] Salle B-44   Sam 3 Oct - 13:53


Les couloirs de l'académie grouillaient d'élèves. Ce matin là, la plupart d'entre eux cherchaient encore la salle ou l'amphithéâtre qui accueillerait leur première heure de cours de la journée quand la nouvelle tomba. Toutes les équipes du village étaient dissoutes. Personne ne voulait y croire. Personne ne comprenait. Les protestations commencèrent d'abord sous forme de chuchotements puis petit à petit la rumeur s'amplifia jusqu'à prendre une ampleur encore rarement égalée. De mémoire d'enseignants ou même d'élèves, on avait jamais assisté à pareil spectacle. Il fallut attendre l'intervention du directeur de l'académie pour calmer les esprits et surtout réveiller la motivation de toutes les personnes mobilisées.

Le directeur était un personnage d'une stature impressionnante malgré le poids des années qui commençait à peser lourd sur ses larges épaules. Ses cheveux étaient courts et blanc, ce qui avait le don de faire ressortir le vert des yeux. Il portait une longue veste blanche au dos de laquelle l'insigne du village était cousu. On pouvait aisément constater que sa seule présence imposait le respect à écouter le silence relatif qui régnait alors dans le couloir où il était apparu.

Coincé sous son bras gauche, le directeur tenait un carton rempli à craquer de feuillets. Sous l'oeil intrigué de ses jeunes protégés, le patriarche de l'académie prit le premier feuillet de la pile entre ses gros doigts puis il l'accrocha bien à la vue de tous sur le panneau d'informations collé au mur porteur du couloir. Il répéta ensuite l'opération dans toute l'académie. Chaque couloir, hall, préau, équipé de panneau reçut un de ces feuillets. Écrit dans une très belle écriture manuscrite, les élèves purent y lire une annonce de la plus haute importance.

Citation :
Chers aspirants, genins et chuunins,

La direction de l'académie tient à vous annoncer que des classes seront bientôt mises à votre disposition dans le cadre de la création de nouvelles équipes. Chaque chef d'équipe décidera de l'heure et du lieu d'ouverture de sa classe. Ces informations vous seront communiquées sur les panneaux d'informations disposés aux quatre coins de l'académie. Nous vous conseillons donc de restez vigilants et de vérifier aussi souvent que possible ces panneaux.

Bonne chance.
Le brouhaha général s'intensifia. Toute l'académie était en effervescence. De nouvelles équipes allaient bientôt voir le jour et tout le monde avait sa chance de faire parti de cette grande et nouvelle aventure.

***

Quelques heures plus tard, peu après le déjeuner, de nouveaux feuillets vinrent recouvrir les panneaux d'informations. Parmi eux, un seul déclarait :

Citation :
" Le village n'est pas une simple agglomération d'Hommes et d'équipements, c'est un état d'esprit "

Si ces mots vous parlent, rendez-vous salle B-44 pour intégrer une équipe de premier plan.
Le feuillet était particulièrement étonnant en terme de contenu par rapport aux autres annonces de formation d'équipe. Le chef d'équipe qui l'avait rédigé devait avoir une idée très particulière d'une équipe pour se montrer aussi vague.

Au second étage de l'académie, la salle B-44 attendait à l'angle du croisement entre les deux couloirs principaux de l'étage. La porte était grande ouverte.

A l'intérieur, on y trouvait un bureau en forme de demi-cercle sur lequel un rouleau était posé à la verticale, bien en vu. Il n'y avait rien d'autre que ce parchemin sur ce support. Face au bureau, quatre chaises en bois munis d'accoudoirs étaient disposées les unes à côté des autres. Toutes étaient séparées par un espace de deux mètres environ. Bureau, chaises, et rouleau, il n'y avait rien d'autre dans cette pièce où les rayons de soleil peinaient encore à entrer par la très large baie vitrée dessinée dans le mur du fond.

Pas la moindre trace d'un chef d'équipe ou d'une quelconque présence humaine. Ne vous y trompez pas pourtant, cette salle était bien la salle B-44.

________________________________________

HJ : Cette classe sera ouverte jusqu'au 20 Octobre inclus. Tout ceux désirant faire partie de cette équipe ont jusqu'à cette date pour se présenter en RP dans cette salle


MessageSujet: Re: [Création Équipe] Salle B-44   Lun 5 Oct - 20:38

Takeshi Miomu, aspirant de Kumo. Ce matin, il s’était levé tôt, par un malentendu. Il s’était une nouvelle fois cru en retard, et avait déboulé, comme à son habitude, dans la rue. A sa sortie, il fut assailli par une pluie torrentielle. Des éclairs déchiraient le ciel, qui portait la nuit sur le village. On ne pouvait distinguer quelque chose à plus de dix mètres. Les gouttes étaient lourdes, froide, et volumineuse. Takeshi sentait des marteaux s’écraser sur sa tête à chaque goutte. C’était insupportable. Il rentra à l’intérieur, au bar.

Il était déjà trempé. Il n’avait rien prévu pour la pluie. Cela ne l’arrangeait guère. Takeshi s’assit à une table du bar encore fermé. Pourtant, les lumières étaient allumées. Elles restaient toujours allumées. Pourquoi ? Takeshi n’en savait absolument rien. C’était une question à poser à son employeur. D’ailleurs, celui-ci descendait. Il était assez costaud, les cheveux courts, d’un blanc à faire pâlir la neige. Il portait une veste grise, et un pantalon vert foncé.

Quand il vit Takeshi. Il l’interpella :

« Déjà debout ?
-Oui, monsieur. Je voulais vous poser une question. Pourquoi vous laissez les lumières allumées ?
-C’est une habitude. Mais je ne sais pas pourquoi je fais ça.
-OK, merci. »

Takeshi regardait autour de lui. Il n’avait jamais vraiment vu le bar vide, et tout compte fait il était pas mal. Il regarda au dehors. Le patron du bar suivit son regard.

« Il pleut pas mal hein ? On a l’impression que le ciel nous roue de coups.
-Je suis sorti, et c’est le cas.
-En parlant de coups… Il faudrait peut-être en parler à quelqu’un de ce qui s’est passé chez toi, n’est-ce pas ?
-… »

Takeshi n’eut pas de réaction. Il était pensif. Ses souvenirs lui revenaient. Ils n’étaient pas horribles, mais douloureux. Takeshi ferma les yeux et secoua la tête.

« Vous avez raison. Mais pas maintenant. Il faut que j’aille à l’académie. Ce soir. Je vous raconterai tout. Peut-être que je reviendrai plus tôt. Allez, au revoir, monsieur.
-Bonne chance, pour la pluie. »

Takeshi sourit, puis se leva. Il poussa une nouvelle fois la porte vitrée, et fut encore assailli par la pluie. Il courut. Courut de toutes ses forces. Le temps passa vite. A peine quelques secondes à sa pensée, il entra en trombe dans l’académie, poussant les portes avec fracas. Quand il arriva, tout le monde se retourna. Ils le regardaient avec des yeux surpris, puis méprisants, ils continuèrent leur route.

Takeshi se sécha un peu, et continua son chemin. Il monta un étage, et se dirigea vers l’amphithéâtre qui lui étaient attribué. Sur le chemin, il vit un homme, les cheveux d’un blanc pareil à celui du patron du bar. Il était grand, d’une composition singulière, et ses yeux verts voyaient tout. Sa veste blanche suivait le cours de la chevelure du vieil homme. Plus personne ne parlait. L’homme planta une affiche sur un panneau d’affichage.
Une fois parti, Takeshi s’approcha. Il s’agissait d’une information sur le système des « classes. » Elles serviraient à créer de nouvelles équipes. Takeshi s’éloigna du mur, et continua son chemin. A nouveau, quelques couloirs plus loin, il rencontra une nouvelle affiche. Mais celle-ci était différente de celle de l’homme. L’académicien s’approcha.

« Hmmm… « Le village n’est pas une simple agglomération d’hommes et d’équipements, c’est un état d’esprit. » Salle B-44. Cela doit sans doute être une classe. « Si ces mots vous parlent… » Je pourrai aller voir. De toute façon, aujourd’hui, à ce qu’il paraît, ils ont annulé les cours pour mettre en place les classes. J’y vais. »

La salle B-44 était située au dexuième étage. Mais où ? Le deuxième étage était vaste, et cela n’allait pas être facile de le trouver. Takeshi se rendit déjà au bon étage. Il parcourut les couloirs, survolant les inscriptions sur les murs. Il y eut un croisement. L’académicien continua son chemin, puis s’arrêta net et fit marche arrière. Il regarda l’inscription près de la porte : B-44. Il y était.

La porte était grande ouverte. Il n’y avait personne. Il y avait juste dans la salle un bureau en demi-cercle, quatre chaises de bois et un rouleau. Takeshi vérifia qu’il s’agissait bien de la salle B-44, puis résigné, il s’assit sur une des chaises. La plus proche de la fenêtre, d’ailleurs. Il la fit pivoter pour la mettre en face de la baie vitrée.

Il aimait regarder au dehors, voir les gens évoluer, observer les intempéries. Aujourd’hui, c’était l’orage, ce qui arrivait souvent à Kumo. La pluie s’abattait lourdement sur la vite, la couvrant d’un voile opaque. Malgré tout, Takeshi y voyait quelque chose. Il distinguait les lumières qui s’allumaient au fur et à mesure.

« L’orage. Une symbolique plutôt sinistre. Cela annonce souvent misère et déception. Il nous montre aussi comment l’Homme peut-être faible. Nous nous pensons toujours supérieurs au reste de l’existence. Mais nous ne sommes qu’une partie de la chaîne qui constitue l’univers. Nous sommes un grain de sable dans l’immensité de l’océan. »

Il avait parlé tout seul, comme s’il parlait à quelqu’un, une présence irréelle. Ses yeux étaient enveloppés par des paupières légères. Il semblait dormir, réfléchir, et s’abandonner.

« Mais, en observant les hommes face à cette catastrophe, on voit qu’ils peuvent former une unité face à l’orage. Le village fonctionne de la même façon, face à l’ennemi, aux villages voisins, ou aux bandits et malfaiteurs. »

Il rouvrit les paupières, et se redressa. Il soupira. Décidément, personne n’allait venir dans cette pièce. Soudain, l’orage s’arrêta. La pluie cessa, les éclairs disparurent. Les nuages s’effacèrent, un ciel de plus en plus bleu prit le dessus. Et le soleil dardait maintenant ses rayons sur tout le village. Takeshi fut ébloui. Ce changement si soudain… Cela n’avait pris que quelques minutes. Tout avait changé du tout au tout. L’académicien soupira.

« Le village de Kumo est situé dans les montagnes. Il est plus proche du soleil, et les rayons de ce dernier contrastent avec les pluies torrentielles qui peuvent parfois s’abattre. »

Sur ces mots, il attendit qu’une personne apparaisse dans cette salle, décidément vide.

MessageSujet: Re: [Création Équipe] Salle B-44   Lun 5 Oct - 22:06

-| Salle B-44 |-
.1.

Décidément, elle avait le chic pour se fondre dans la masse… Comme la plupart des Chunin, et des Ninjas de classes supérieurs, Seika ne passait absolument pas inaperçu dans les rues du village. Ses vêtements, sans être spécialement intriguant ou excentriques, faisaient presque « tâche » avec l’orage qui recouvrait Kumo ce matin-la. Levé de bonne heure, comme à son habitude, la jeune femme avait prit le temps de prendre une douche, de déjeuner, puis c’était habillé en fonction des sons lui parvenant de l’extérieur, vu qu’elle n’ouvrait jamais ses volets. La pluie battait les murs et le bois du village, créant des petits cratères se remplissant d’eau dans la boue, faisant chanter les gouttières, et terre la vie humaine ou animale. C’était dans ces instants, alors que, lumière éteinte, la jeune femme se réveillait dans l’obscurité totale, elle se sentait le mieux. En ces rares instants ou la pluie était assez forte pour faire résonner de concert les taules et les roches, Shijima se sentait se fondre dans l’élément naturelle, laissant son imagination la porter avec chaque goûte de pluie, au-delà du monde visible et invisible, vers un univers de calme hors de la réalité, où l’être humain n’avait plus d’humain que ce qu’il avait pu être sur terre, et où seul l’esprit existait, cœur de l’être, et siège de l’âme…

Mais la pluie finissait fatalement par faiblir, et ainsi transparaissaient les bruits de l’activité humaine : les mots, les conversations, les bruits de pas, les claquements de portes. Même si ce discours peut vous paraitre presque asocial, Seika n’avait rien d’un ermite et aimait vivre la réalité qu’elle côtoyait, car celles qu’elle avait déjà côtoyées n’avaient guères été très joyeuses. Aujourd’hui tout allait bien. Une semaine plutôt, elle avait accomplie avec succès sa première mission de rang C en tant que Chunin, portant ainsi à deux le nombre de mission qu’elle avait réalisée depuis sa promotion. Cela faisait aussi une semaine qu’elle n’avait pas vu Sho, son Sensei… Depuis, elle avait eu le temps de se remettre bien sur, et de s’occuper à d’autres tâches. Celles-ci l’avaient occupés jusqu’à ce qu’elle reçoive une missive de l’administration des Shinobis du village. Celle-ci annonçait qu’un nouveau système d’équipe allait être mettre mit en place et expérimenté. Autrement dit, elle ne faisait plus partie de l’équipe n°2 avec Ananda et Murai. Shijima ne faisait d’ailleurs plus partie d’aucune équipe en fait. Dommage, elle avait pourtant réussi à parler un peu avec ses deux coéquipiers. Cela ne l’empêcherait pas de les croiser dans la rue, et même de refaire équipe avec eux avec ce nouveau système marchant au mois. Pourquoi pas après tout… Du moment qu’elle réussissait à rejoindre son Sensei. Le jeune homme à la chevelure rouge était d’une compagnie agréable, comme elle avait pu l’expérimenter, et elle avait hâte de le côtoyer de nouveau, et de repartir en mission à ses côtés.

Aussi c’était préparé à cette journée : repas équilibré et repos la veille. Pas qu’elle se prépara à une épreuve physique, mais comme le disait l’adage populaire, un esprit sain dans un corps sain ! Seika doutait cependant d’être totalement saine d’esprit, mais ça, ça ne regardait qu’elle pour le moment. La jeune femme avait donc revêtu pour l’occasion des habits plus personnels que ceux qu’elle portait lors de la mission, ou plus simples que le kimono qu’elle avait porté la soirée du diner en compagnie de Sho. De bas en haut : bottes de cuir marron, robe blanche tombant sur ses chevilles, ceinture de cuir à la taille, débardeur de cuir marron sans manche, et veste de cuir marron tombant sur le bas de ses cuisses. Sa veste était entièrement fermé, à cause de la pluie, et remontait ainsi jusqu’à son visage, couvrant son nez et ses lèvres. La veste pour l’occasion, avait été agrémentée d’une capuche de cuir marron. L’imposante chevelure de Shijima était cachée sous la veste et ainsi protégée de la pluie. La grande capuche, qu’il était possible d’ajouter ou d’enlever à la veste selon la météo, tombait sur son front, cachant dans l’ombre le haut de son visage, ce qui faisait qu’on ne voyait absolument rien de sa peau et de l’être humain là-dessous. Marchant d’un pas lent, rasant les murs des maisons pour éviter de marcher dans la boue, sa robe n’avait eu à souffrir d’aucune tâche, lorsqu’elle entra dans le hall de l’académie, ses mains délicates installées dans les poches latérales de sa veste. Son allure la faisant intérieurement sourire : Seika aimait bien joué avec les impressions extérieures, et laisser planer autour de sa personne un mystère dont elle ne savait elle-même rien. Ces petits jeux constituaient une distraction comme une autre pour une femme.

Il y avait pas mal d’étudiant ce matin dans l’académie : apparemment leurs cours avaient été annulés à cause de cette histoire de formation des équipes. La jeune femme suivit le mouvement des jeunes gens et avança dans le couloir principal pour voir où ils s’agglutinaient tous. Apparemment on avait affiché peu de temps avant son arrivée les papiers indiquant les salles où se formaient les équipes. Aussi se lança-t-elle un petit défi personnel : trouver parmi toutes les feuilles placardés, celle qu’avait surement posée Sho Nagoshi. Il était Chunin Instructeur, ça semblait logique qu’il forme une nouvelle équipe. Le tout était de savoir si oui ou non, la jeune femme avait réussi à pénétrer plus ou moins les pensées de son Sensei mais néanmoins collègue de travail : Shijima était une Chunin, au même titre que lui, et bénéficiait du même statut que lui sur le plan hiérarchique. C’était juste que le Ninja Médecin avait reconnu apte par les autorités du village à former d’autres Shinobis, ce dont la jeune femme se savait incapable soit dit en passant. Sa nature trop solitaire ne la poussait au maximum qu’à entrer dans une équipe : former les jeunes n’était pas de son ressort et était bien trop loin de sa mentalité actuelle. Qui sait avait le temps…

Sa recherche prit un moment, tant le flot d’étudiant était important. Mais elle finit par tomber sur un message des plus étranges et pour le moins informel sur le mur. « Le village n'est pas une simple agglomération d'Hommes et d'équipements, c'est un état d'esprit. Si ces mots vous parlent, rendez-vous salle B-44 pour intégrer une équipe de premier plan. », Voilà qui lui rappelait vaguement la façon de s’exprimer de Sho, ou du moins l’idée qu’il se faisait du village avant qu’ils ne partent en mission, Ananda, Murai, elle et lui. Mais la ressemblance était vague, ce message originale pouvait appartenir à un autre Shinobi : les originaux dans le monde Ninja, ce n’était pas ce qui manquait, elle en était la preuve vivante. Alors qu’elle se retournait pour s’écarter un peu, elle remarque un groupe de Genin qui l’observait, la langue un peu pendante, mais l’œil curieux avant d’être pervers : Seika n’avait pas baissé sa capuche, et seule l’arrête de son nez était une nouvelle fois visible. Un nez fin et délicat, qui ne pouvait être que le nez d’un visage charmant et enjôleur, exactement celui de la jeune femme en fait. Sans prêter attention à leurs regards et à leurs interrogations sur l’identité de cette femme à la tenue plus qu’étrange pour une Kunoichi, Shijima prit la direction des escaliers. Elle connaissait l’académie comme sa poche, pour y avoir passé tant d’années…

La salle B-44 se trouvait au deuxième étage, à l’angle des deux couloirs principaux partant vers l’aile nord et est de l’académie. Ainsi, la salle avait une orientation naturelle vers le soleil levant, ce qui était agréable les matins de printemps, où l’on ouvrait alors les fenêtres pour laisser la brise légère du matin entrer et caresser les visages des étudiants. Encore des souvenirs, toujours des souvenirs, ainsi se construirait sa vie : une accumulation de souvenir. C’était peut être triste de vivre sa vie par les souvenirs qu’on en avait, et pas sur l’instant présent, mais malheureusement c’était ainsi qu’elle vivait du haut de ses vingt ans… Malgré sa tenue, la robe, et les courbes de son corps, renseignait les curieux sur l’identité possible de la jeune femme : après tout, l’histoire de sa promotion avait fait du bruit, grâce au démantèlement de ce réseau de Genin s’adonnant au racket des marchands du village. Son bandeau Ninja était accroché à son cou, et donc invisible pour le moment… Mais on se doutait à sa façon de se mouvoir, qu’il ne pouvait s’agir que d’une Kunoichi confirmée.

Ses pas la menèrent jusqu’à la dite salle où il n’y avait qu’un jeune garçon dos à elle, debout face à la fenêtre, observant le soleil transparaitre à travers le plafond nuageux du monde de la foudre. Ce devait être un Aspirant Ninja, voir un Genin tout au plus, mais de dos elle ne pouvait pas voir s’il abordait un bandeau Ninja. Malgré ses chaussures de cuir marron, chacun de ses pas ne faisaient pas crisser le sol, et le garçon ne l’avait tout simplement pas entendu arriver dans la salle. En fait, plus que dans la salle, c’était dans l’encadrement de la porte qu’elle se tenait. Alors que la jeune femme allait ouvrir la bouche pour dire quelque chose, le garçon prononça quelques mots.

[???] « Le village de Kumo est situé dans les montagnes. Il est plus proche du soleil, et les rayons de ce dernier contrastent avec les pluies torrentielles qui peuvent parfois s’abattre. »

Seika haussa un sourcil : elle pensa tout d’abord qu’il s’adressait à elle. Mais que nenni, il se parlait à lui-même et à voix haute. Comme quoi, des gens bizarres, y’en a partout : y’a pas qu’elle. Ca lui faisait plaisir des fois de penser qu’elle n’était pas la seule à avoir des problèmes d’ordres psychologiques… Mais elle était bien méchante de penser ça, se parler à voix haute, elle le faisait aussi, et ce n’était pas un signe de déficience mentale ! Sinon elle ne serait jamais devenue une Ninja. Les rayons du soleil cachaient les reflets de la vitre au garçon qui soupira, attendant surement que le responsable de la salle, aux abonnés absent pour le moment, apparaisse. Et oui, maintenant qu’elle prenait le temps de regarder, il était vrai qu’il n’y avait personne, à part le jeune garçon, quatre chaises, un bureau, et un parchemin posé bien en évidence à la verticale dessus. Ce n’était pourtant pas le genre de Sho d’être en retard… Elle faillit rebrousser chemin, pour essayer de le trouver, mais finalement se ravisa : il n’y avait pas que Sho Nagoshi dans la vie ! Et puis cet homme avait un je-ne-sais-quoi de désagréable pour elle, il était peut être préférable que, pour ce mois-ci, elle expérimente quelqu’un d’autre, et donc ce possible nouveau Sensei absent au message originale et surement énigmatique et mystérieux pour ceux qui n’y entendaient goute. Sa décision prise, appuyé contre le battant de la porte, Seika se contenta de poser son pied droit sur le sol, et de le faire tourner sur le carrelage, comme si elle écrasait quelque chose. Ceci eu pour conséquence de faire crisser le cuir de la semelle, ce qui fit sursauter le jeune garçon qui ne l’avait ni vu apparaitre, ni vu entrer. Le visage caché, la jeune femme s’exprima avec un ton calme, presque froid, au jeune homme qui venait de se retourner, et qui, effectivement ne portait pas de bandeau Ninja : ce qui voulait dire qu’il s’agissait d’un étudiant.

[Seika] « Bonjour jeune homme, tu viens postuler pour cette équipe toi aussi on dirait. Je m’appel Shijima Seika, Kunoichi de classe moyenne, enchantée. »

En fait, se dit-elle sur l’instant, je dois lui mettre la pression à me présenter comme ça… Surtout avec ce ton froid, et ses yeux ne riaient pas, et n’exprimaient qu’une neutralité toute naturelle à sa personne, et qu’elle gardait en permanence, ou presque… Mais que voulez-vous, ainsi était Seika envers les gens qu'elle ne connaissait pas, et encore avait-elle parfois du mal à laisser transparaitre autre chose que du calme ou des sourires sans sentiments aux personnes qu'elle cotoyait...

MessageSujet: Re: [Création Équipe] Salle B-44   Mar 6 Oct - 18:38

Takeshi était assis sur une chaise, le coude appuyé contre un des accoudoirs. Il se faisait des réflexions sur le temps, à voix haute, comme s’il parlait à quelqu’un. Oui, car il avait en fait senti quelque chose, quelqu’un. Ce n’était pas une détection ninja, mais plutôt un pressentiment. Il y avait en effet quelqu’un derrière lui, dans l’encadrement de la porte. Il en eut la confirmation quand il entendit un crissement. Une botte avait frotté le carrelage. Takeshi fit mine d’être surpris et sursauta. Il fit volte-face, et regarda l’inconnue. Une jeune femme encapuchonnée, au vu du corps, avec une robe blanche, une ceinture de cuir, et un débardeur marron. Son visage était entièrement dissimulé. Elle parla, d’une voix calme, très calme.

« Bonjour jeune homme, tu viens postuler pour cette équipe toi aussi on dirait. Je m’appelle Shijima Seika, Kunoichi de classe moyenne, enchantée. »

Takeshi ne répondit pas tout de suite. Il se posait pas mal de questions, et tentait de tout démêler. La jeune femme était donc Kunoichi, et Chûnin, et s’appelait Seika. Il crut tout d’abord que c’était elle qui avait déposé l’affiche, mais il comprit dans la forme de la phrase qu’elle venait, tout comme lui, s’inscrire à la classe. Intrigué, il lui répondit enfin :

« Bon… Bonjour. Je suis Miomu Takeshi, étudiant à l’académie de Kumo. Enchanté de même. »

Il lui renvoya son sourire. Puis, gêné, voyant qu’il ne se passait rien, il se gratta l’arrière de la tête. Il hésita, puis se lança :

« Vous connaissez celui qui est en charge de la classe, parce que moi, je suis juste venu pour voir, après tout. Vous n’auriez pas une petite idée ? »

Il se rassit sur un fauteuil. Il invita Seika à s’asseoir sur le fauteuil le plus proche, et se tourna vers la fenêtre. Ce n’était pas un manque de respect, au contraire, il voulait trouver un sujet de conversation. Alors il allait parler du temps. De la météo, sur Kumo, sur tout ce qui lui passait par la tête.

« Vous ne trouvez pas parfois bizarre que le temps change aussi rapidement ? C’est comme si un ninja surpuissant changeait la météo. Mais ça m’étonnerait beaucoup. Enfin, je dis ça, mais je ne suis pas expert dans le domaine. »

Il se retourna nonchalamment vers Seika. D’un ton, dont seul les garçons de son âge avaient le secret, il lui demanda :

« Et vous, vous en pensez quoi ? »

C’était un ton insistant, presque trop. Il sentait qu’il allait la mettre mal à l’aise. Il baissa les yeux, et se gratta la tête. Puis, alors qu’il ne se passait rien, il releva la tête, et enchaîna :

« Moi je pense qu’il y a une répercussion de la météo sur l’esprit des gens. Par exemple, quand il fait beau, que les rayons du soleil illuminent le village, les gens sont relativement joyeux. Par contre, si le temps s’aggrave, et que de la pluie commence à tomber, on devient morose, voire triste. Mais bon, c’est une façon de penser. »

Il se leva à nouveau. Il n’aimait pas attendre. En plus, l’attente était longue, cette fois-ci. Il s’approcha de la baie vitrée, et chercha un bouton, une ouverture. Il trouva une poignée, appuya, et tira la fenêtre vers sa droite. Il y eut un léger courant d’air, mais l’ambiance était rafraîchie. Takeshi inspira un grand coup. Il souffla. Ses poumons se gonflèrent puis se dégonflèrent. Il se sentait revivre d’une certaine manière.

Mais il sentit néanmoins le froid. Pas tout de suite. L’air était plus frais qu’à la normale. Takeshi fut surpris quelques secondes. Mais son raisonnement reprenant le dessus, il comprit. En effet il venait de pleuvoir. L’orage et la pluie avaient nettement refroidi l’air, et le soleil allait mettre du temps à réchauffer l’atmosphère. Takeshi appuya ses avant-bras sur le rebord. Il regardait, comme toujours. Son activité préférée.

En contre-bas, le soleil avait réanimé l’activité du village. Tout le monde se pressait dans les rues encore couvertes de boue, provoquant au passage des éclaboussures, des tâches -en même temps, qui s’y intéresse ?- et par la même occasion, des cris de surprise. Féminins principalement, se dit Takeshi. Il se demandait toujours pourquoi les femmes apportaient une telle importance aux vêtements. Il n’avait jamais compris pourquoi. Et il ne comprendrait certainement jamais. Il continua son observation. Il y avait quelques charrues qui faisaient leurs livraisons, et quelquefois, l’étudiant apercevait des groupes de ninjas en mission. Des gens sortaient et rentraient dans les bâtiments. Les marchands commençaient déjà à installer leurs étals, et les premiers clients arrivaient. Le niveau sonore dans la rue ne cessa d’augmenter. Progressivement. Le temps paraissait long…

Takeshi s’écarta de la fenêtre et s’affala sur un fauteuil. Avec de l’énervement, mélangé à de l’agacement, il prononça, faiblement :

« Bon, il se décide ou pas ? »

MessageSujet: Re: [Création Équipe] Salle B-44   Mer 7 Oct - 20:38

¤,.°o°O Chapitre 9 : Un Fragment d'Avenir O°o°.,¤
« Le gamin »
1

? Pourriez-vous me dire où se trouve la salle B-44 s'il vous plait ?

Le gamin dessina un sourire sur son visage pour se donner un air aimable. L'homme à qui il s'adressait était occupé à accrocher de nouveaux prospectus sur le panneau d'affichage, et visiblement il n'avait pas entendu sa question. Le gamin s'approcha et tira légèrement sur sa chemise pour attirer son attention. L'homme se retourna et manqua de sursauter en voyant ce petit bout d'homme le fixer avec ses grands yeux gris. Il fallait dire qu'il n'était pas habitué à voir ce genre de "gnome" déambuler dans les couloirs de l'académie. Il y en avait des gamins de rang aspirant mais aucun ne ressemblait à celui-là. Il devait mesurer 1m40 à tout casser, il portait un bob un peu trop large pour sa tête, un simple t-shirt noir, un short marron orné d'une chaîne en métal, et des bottes de marche noir. Son visage finement sculpté faisait penser à celui d'un angelot échappé des frontières du paradis, mais ses cheveux gris en bataille lui donnaient un petit air plus vieux.

? Oui ?

? Pourriez-vous me dire où se trouve la salle B-44 s'il vous plait ?

L'homme sembla surprit par sa demande. Il écarquilla légèrement les yeux en faisant semblant de fouiller dans ses papiers. Le gamin sourit.

? Si vous n'avez pas compris ma question, je peux essayer de la formuler autrement pour vous simplifier la vie.

Son sourire avait quelque chose d'intemporel. Il était loin d'être sournois ou malsain. Non, il avait une empreinte plutôt sympathique même s'il ne véhiculait aucune sorte de message en particulier. Visiblement, soit l'homme ne comprenait pas sa question soit il n'était pas habitué à déambuler dans l'académie et n'avait par conséquent jamais entendu parler de cette salle. Peu importe, il se débrouillerait tout seul dans ce cas. Sans adresser le moindre signe à son bref interlocuteur, le gamin poursuivit son chemin en enfonçant ses mains au fond des poches de son short.

? Hey ! Attends ! Tu cherches vraiment la salle B-44 ? Tu es quoi au juste, un aspirant ? Si tu n’es pas aspirant, pour t’inscrire à l’académie c’est dans le hall que tu dois te rendre.

Le gamin rit de bon coeur comme s’il venait d’entendre la meilleure blague du moment. Les yeux plissés et le sourire en banane, il tourna sur ses talons pour faire de nouveau face à cet étrange individu. Finalement, il avait bien entendu sa question mais il n’y avait pas répondu parce qu’il le prenait pour un môme – ce qu’il était dans une certaine mesure. La situation était particulièrement amusante. Non, vraiment trop amusante. Il cessa cependant de rire et prit un air joyeux à la place.

? Je suis un chuunin.

L’homme ouvrit la bouche mais aucun mot n’en sortit. Le gamin rit légèrement, enleva son bob pour glisser une main dans ses cheveux avant de le reposer sur sa petite tête. S’il y avait bien un dicton auquel il fallait croire en sa présence, c’est que les apparences étaient trompeuses. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, il était bien chuunin. A bien le regarder, au mieux on lui aurait donné un passeport d’aspirant mais pourtant il était bien chuunin. Un génie en quelque sorte. Le pire, c’est qu’il était impossible de ne pas y croire. La sincérité que véhiculaient sa voix et son assurance naturelle ne pouvait tromper personne. Il ne mentait pas ou alors il était un incroyable maître dans l’art de la tromperie – ce qui paressait peu vraisemblable pour un gamin de son age, aussi perspicace et rusé fut-il. L’homme qui n’en revenait toujours pas et qui n’arrivait pas à formuler une question qui pourrait contredire l’affirmation qu’il venait d’entendre se contenta de pointer son doigt vers le fond du couloir, là où se trouvait la salle tant convoitée.

? Merci, vous êtes un chouette type.

Le gamin adressa un au revoir à l’homme puis il pivota de nouveau sur ses talons pour rejoindre la salle qu’il recherchait. En arrivant devant celle-ci, il ne fut pas surpris de voir que la porte était grande ouverte et que des personnes se trouvaient déjà à l’intérieur de la salle. Un léger sourire aux lèvres, le gamin entra et s’arrêta à deux mètres des deux individus en présence. Une jolie femme au regard profond, vraisemblablement forte d’après sa réserve de chakra, et un garçon impatient plutôt faible. Trop faible. Un mécanisme complexe s’enclencha dans son cerveau. Toujours avec le même sourire, il s’approcha du garçon sans apporter la moindre attention à la femme. Même s’il était le plus petit des trois, le gamin avait une assurance dans le regard qui lui conférait une toute autre forme de grandeur. Arrivé sous le nez du garçon, il agrandit son sourire en plissant ses yeux.

? Tu es faible, très faible, mais je trouve ta tête très amusante.

Pour conclure, il se mit à rire légèrement en secouant ses épaules. Tout ça pour voir quelle réaction allait voir sa cible. Il espérait vraiment qu’il allait prendre ça à la rigolade sinon il serait obligé de l’humilier en public, et sa tête était vraiment trop amusante pour lui faire une chose pareille. Le gamin aimait bien le garçon juste à cause de sa tête.

? Si j’en crois ta réserve de chakra tu viens d’entrer dans notre monde ? Il est plutôt drôle, non, tu ne trouves pas ?

Sans attendre de réponses particulières de sa part, le gamin franchit les derniers mètres qui le séparait du bureau et s’y assit, renversant le rouleau par mégarde. Bien qu’il l’entendit tomber, il n’y attacha aucune forme d’importance. Ses grands yeux gris toujours tournés vers le garçon, il pencha sa tête sur le côté en souriant de plus bel. Vu sous cet angle, sa tête était encore plus amusante.

? Moi ce que je préfère, c’est décapiter les criminels du Bingo Book. Leur tête a toujours une drôle de forme après nos rencontres. Si je pouvais les transporter, je les collectionnerai mais là-haut ils n’aimeraient pas trop cette idée alors je me contente juste de les voir mourir.

Effet de surprise ou pas, le gamin tourna brusquement ses yeux vers la femme. Il lui offrit un sourire en demi-teinte. A première vue, elle semblait assez sûre d’elle-même ou en tout cas le laissait-elle paraître. Amusant. Vraiment amusant. Elle devait être du même rang que lui si on se basait sur son age approximatif et sa marge de progression dans la hiérarchie shinobi. Le gamin opta pour une marge normale, ce qui expliquait son penchant à juger qu’elle devait être chuunin, tout comme lui. Il ne pensait pas qu’elle puisse être une surdouée comme lui ou alors elle cachait presque aussi bien son jeu que lui. S’il voulait trouver confirmation, il n’y avait de toute façon qu’une seule manière de procéder : la pousser dans ses retranchements.

? Tu as déjà tué ?

La question était simple mais la réponse pouvait s’avérer si compliquée.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: [Création Équipe] Salle B-44   Jeu 8 Oct - 1:05

-| Salle B-44 |-
.2.

Seika, toujours dans l’encadrement de la porte, ne bougea pas lorsque le garçon se présenta. Adossée à la porte ouverte, elle se contentait de l’observer d’un œil distrait, à moitié regardant le paysage par la fenêtre. Le temps étaient vraiment très changeant il fallait bien l’avouer. La Kunoichi détailla un peu plus celui qui se présentait comme Aspirant Ninja de Kumo, répondant au nom de Miomu Takeshi. Un nom somme toute commun, pour une apparence plus ou moins commune, si ce n’était sa couleur de cheveux tirant sur le bordeaux, et un bandeau noir sur l’œil droit. Mise à part ça, l’adolescent ressemblait à tous les adolescents de son âge : le port athlétique sans pour autant être rembourré de muscle, le visage doux et lisse, et l’œil vif, curieux, s’interrogeant sur tous les détails qui passaient à proximité des choses qui lui étaient inconnues. Takeshi-chan, pensa-t-elle en souriant intérieurement, lui rappelait un peu Murai, en moins survolté, mais avec le même besoin presque maladif de parler. Un mixe entre Ananda et Murai peut être en fait. Peut être même connaissait-il son collègue Aspirant Ninja ? Peut être oui. Immobile, respirant avec calme, inhalant les effluves du cuir qui lui couvraient le nez et la bouche sans pour autant gêner sa respiration, Seika écouta la question du jeune garçon sans y apporter de réponse.

[Takeshi] « Vous connaissez celui qui est en charge de la classe, parce que moi, je suis juste venu pour voir, après tout. Vous n’auriez pas une petite idée ? »

La Kunoichi avait bien une petite idée, mais ça aurait été faire des pronostiques pour rien : elle verrait bien qui était se responsable lorsqu’il arriverait. Takeshi-chan s’installa dans un des quatre fauteuils face au bureau et à ce parchemin posé. La jeune femme s’interrogea sur son contenu, mais encore une fois, se ravisa : elle n’était pas là pour fouiner dans les affaires des autres, mais pour faire partie d’une nouvelle équipe ! Avec elle l’espérait un nouveau responsable, et de nouveaux coéquipiers. Et puis, ses aprioris sur l’implication des Aspirants Ninjas dans les équipes n’avaient plus vraiment lieux d’être : tout c’était très bien lors de cette mission en extérieur vraiment. Le garçon lui fit signe de prendre place à côté de lui. Seika faillit ouvrir la bouche pour lui répondre mais se ravisa, et se contenta de darder ses yeux marrons-rouges sur ceux du garçon, dont elle n’arrivait pas à distinguer la couleur à cause de la soudaine luminosité venant de l’extérieur. Malgré qu’elle soit restée là où elle se tenait sans dire un mot, l’Aspirant continua à parler tout seul. Enfin, pas vraiment tout seul, il lui parlait à elle, mais la jeune femme n’avait que faire de ces civilités : elle avait fait son maximum en se présentant d’elle-même sans attendre l’arrivée de leur responsable, et ne comptait pas dire grand-chose de plus.

[Takeshi] « Vous ne trouvez pas parfois bizarre que le temps change aussi rapidement ? C’est comme si un ninja surpuissant changeait la météo. Mais ça m’étonnerait beaucoup. Enfin, je dis ça, mais je ne suis pas expert dans le domaine. Puis il tourna de nouveau sa tête vers elle après avoir observé le village pour appuyer sa déclaration. Et vous, vous en pensez quoi ? »

Ce qu’elle en pensait ? D’une, qu’il parlait trop, et surtout pour ne rien dire, de deux qu’il connaissait mal son village : Shijima savait, et allait bientôt acquérir, un objet capable de faire exactement ce que le jeune garçon venait d’évoquer. Elle allait bientôt acquérir l’objet du forgeron Akio, capable de changer le temps ! Mais cela restait difficile, même avec ce fameux appareil, du moins d’après les rares Shinobis qui c’étaient risqués à l’utiliser. Cependant la jeune femme allait en avoir besoin, dans son apprentissage et peut être pour sa propre survie : sa seule arme était la foudre, et par un ciel radieux… Elle n’était pas encore capable de créer un orage à elle toute seule ! Mais ça viendrait, lui avait un jour dit son tout premier Sensei, à l’académie, lorsqu’elle était Aspirante Ninja elle aussi : un jour, elle serait capable de commander au ciel, et à sa puissance, si elle s’en donnait les moyens. Aujourd’hui, en y repensant, elle se demandait pourquoi elle avait vraiment voulue apprendre le Ninjutsu Raiton. Une question dont la réponse reviendrait en son temps. Car pour l’heure, la jeune femme ne pouvait que rester silencieuse, laissant parler Takeshi dans le vide. Malgré son regard perçant, les yeux de la jeune femme ne lui renvoyèrent qu’un rideau de neutralité, presque d’agacement, face à un comportement juvénile qu’elle n’aimait pas fréquenter, et surtout avec l’idée qu’elle devrait peut être le fréquenter pendant un mois, s’il était accepté dans cette équipe !

[Takeshi] « Moi je pense qu’il y a une répercussion de la météo sur l’esprit des gens. Par exemple, quand il fait beau, que les rayons du soleil illuminent le village, les gens sont relativement joyeux. Par contre, si le temps s’aggrave, et que de la pluie commence à tomber, on devient morose, voire triste. Mais bon, c’est une façon de penser. »

Shijima l’écouta à peine, une nouvelle fois plongée dans ses souvenirs malgré elle : là, cette table plaqué contre le mur. Elle n’en était pas sur, mais elle lui rappelait quelque chose. Surement avait-ce été « sa » table, sur laquelle elle avait gratté et gratté en apprenant les préceptes Shinobis, et les bases de l’utilisation du Chakra. Son temps dans sa jeunesse avait été rythmé par deux choses : la solitude, et ses études. Et elle avait vite comprit que le fait de se plonger dans les livres la sauverait de ces instants de silence absolue, où le vent battait les branches des arbres, et où, quelque part dehors, elle était sur que quelqu’un attendait, aux aguets, qu’elle montre le bout d’une oreille. Ce n’était qu’avec l’âge qu’elle c’était résonnée, et avec son intégration à une équipe Ninja, qu’elle avait peu à peu réussie à se reprendre, et à arrêter d’avoir peu de la solitude. Aujourd’hui, c’était même une amie fidèle à la jeune femme, vers laquelle elle se tournait lorsqu’elle en avait besoin, que le mouvement et les bruits des Hommes lui devenaient insupportables… Oui, insupportable, comme ce gamin parlant tout seul comme un idiot, alors qu’il voyait bien que la femme encapuchonnée n’avait vraiment pas l’intention de lui répondre. Ce dernier finit par se relever, et à arpenter encore une fois la distance qui le séparait de la fenêtre : un impatient celui-là, ça crevait les yeux. Ah la fougue de la jeunesse, que c’était mignon… Elle pouvait parler elle bien sur : fougueuse dans les études, et dans l’amitié qu’elle avait nouée avec sa première équipe, et à présent… Seika baissa les yeux et pencha imperceptiblement la tête sur le côté, le regard dans le vague. Oui, elle était un peu trop entreprenante avec Sho, peut être parce qu’il lui rappelait un peu des deux hommes qu’elle avait aimée, l’un comme un père, l’autre comme un ami, et même plus. Mais qui était Sho par rapport à elle hein ? Son Sensei, et un collègue de travail. Quelqu’un avec qui elle entretenait un rapport simple, superficiel, sans profondeur et pourtant, pourtant… Ce qui c’était passé pendant le diner la portait à croire que lui aussi la voyait autrement que comme une collègue ou une disciple. Oui, l’évidence était surement là : ils se voyaient comme un homme et une femme. Seika releva la tête, pour entendre Takeshi-chan déclarer, sur un ton agacé, en s’asseyant de nouveau sur sa chaise de manière peu élégante.

[Takeshi] « Bon, il se décide ou pas ? »

Hum. Seika garda encore pour elle ce qu’elle aurait pu lui répondre : elle n’était pas là pour manquer de respect à qui que ce soit, même à un Aspirant impatient et manquant un peu de bonnes manières. C’est alors qu’apparut un gamin, juste à côté d’elle, dans l’entrée de la salle B-44. Un peu comme son apparition soudaine à Takeshi, le gamin surgit soudain du couloir : depuis quand les observaient-ils tous les deux ? Et puis pourquoi ne l’avait-elle pas sentie arriver ? Le gamin, car on ne pouvait parler que d’enfant, à la vu de son visage angélique et de sa petite taille, passa à côté d’elle sans lui prêter d’intention et se dirigea vers l’adolescent au bandeau. Le gamin portait un bob, et une tenue somme toute quasi-normal pour un enfant mise à part la chaine qui pendait à son short.

[???] « Tu es faible, très faible, mais je trouve ta tête très amusante. »

Puis il se mit à rire. Et Seika faillit l’imiter. La vérité sort de la bouche des enfants comme dit l’adage populaire. Bien que la Kunoichi ne l’ait pas trouvé spécialement amusant ce Takeshi-chan. Le gamin ajouta, enfonçant encore plus le clou.

[???] « Si j’en crois ta réserve de chakra tu viens d’entrer dans notre monde ? Il est plutôt drôle, non, tu ne trouves pas ? »

Là par contre, Seika ne souriait plus. Amusant ? Leur monde ? On parlait bien du même monde ou bien celui des bisounours ? Un monde où la mort frappait n’importe où, n’importe quand, et où ton meilleur ami pouvait devenir un tueur sanguinaire et t’égorger pendant la nuit -ça ne lui était pas arrivé personnellement mais dans les faits divers on trouvait de tout- ? Un petit frisson parcouru son échine, tandis qu’elle changeait la position de ses bras et les croisaient de nouveau. Le gamin insolent se désintéressa de Takeshi, comme si ce dernier n’avait plus aucun intérêt, et alla s’installer… Sur le bureau. Pas derrière, mais bien sur le bureau. Au passage, il renversa le rouleau qui tomba par terre et roula dans la direction de la jeune femme après quelques rebonds. Seika tendit la jambe et interrompit sa course, sans pour autant se baisser pour le ramasser. La semelle de sa chaussure sur le parchemin clos, elle l’enleva rapidement pour ne pas salir le rouleau et le laissa là, en plein milieu du chemin, car le gamin, étrange et incroyablement… Calme ? Se remit à parler.

[???] « Moi ce que je préfère, c’est décapiter les criminels du Bingo Book. Leur tête a toujours une drôle de forme après nos rencontres. Si je pouvais les transporter, je les collectionnerai mais là-haut ils n’aimeraient pas trop cette idée alors je me contente juste de les voir mourir. »

Silence dans la pièce, même leurs respirations étaient inaudibles. Il était en plein délire ce gamin ou quoi ? Ou alors c’était une sorte d’esprit et ils avaient une hallucination collective ? Et puis qu’est ce que c’était que cette histoire de décapitation ? Seika pencha de nouveau la tête de côté. Elle n’était pas choqué par les mots qu’employaient ce petit être à l’apparence angélique : elle avait déjà compris qu’il était bien plus que ce qu’il montrait, et que son visage et son sourire pouvait renfermer bien plus que des mots et des impressions. Qui était-il, pourquoi était-il là, c’était les seuls questions que la jeune femme se laissa le loisir de se poser. Toutes les autres étaient superflus, car elles ne la regardaient pas. Et puis tant qu’il ne venait pas la provoquer par des phrases indécentes, elle n’avait aucune raison de spécialement s’intéresser à lui : c’était Takeshi-chan qui venait de se faire humilier, pas elle. Enfin, si l’on pouvait parler d’humiliation, d’avoir tout simplement dit la vérité : Takeshi était un Aspirant Ninja avec une puissance d’Aspirant Ninja. Cette déclaration du gamin fit tilt dans sa tête, et provoqua une nouvelle question qu’elle laissa filtrer dans son esprit : ce n’était pas à la portée de tout le monde de ressentir le niveau de Chakra des personnes dans une pièce, alors comment faisait-il ? Pour parler de Chakra, de Bingo Book, de Criminel, il fallait avoir une expérience en la matière, et seuls les Ninjas dans un village, ou des personnes en rapport avec les Shinobis, pouvaient avoir ce genre d’informations. Ce qui voulait dire, à sa grande surprise, que le gamin devait être un Ninja, et pas un Ninja de bas-étage comme son apparence aurait pu le laisser présager, mais un Ninja de niveau moyen ou supérieur. Seika par exemple, n’arrivait pour le moment qu’à palper plus ou moins les flux de Chakra qui parcouraient les gens. Et donc, elle était encore loin de pouvoir sentir le niveau de Chakra d’une personne en entrant simplement dans la même pièce qu’elle. Shijima plissa les yeux : après tout, peu importe l’âge, ou l’apparence, quand on avait les capacités, on pouvait très bien arriver à ses fins. Et puis si la Kunoichi avait dès le départ décidé d’être à fond dans les études pour devenir Ninja, elle serait peut être -légèrement plus âgé tout de même- du même âge que le gamin, et au même niveau. Mais la vie, et la réalité, n’était pas le monde des bisounours, et elle avait du arrêter prématurément son projet d’évoluer dans la hiérarchie Ninja… Le gamin tourna ses yeux vers elle, comme s’il venait de s’apercevoir de sa présence : comme un enfant trouvant un nouveau jouet. Il se trompait s’il croyait pouvoir jouer avec elle. Mais il lui posa une question, qui fit écho au fil de ses pensées depuis quelques instants, comme s’il avait réussi à lire en elle…

[???] « Tu as déjà tué ? »

Malgré qu’elle ce soit promit de rester calme et naturellement neutre, la jeune femme changea immédiatement de position, décroisa les bras, et marcha d’un pas rapide pour parcourir les deux mètres qui la séparait du gamin assit sur le bureau. Sa personne, bien que sa tenue ou le fait que son visage soit entièrement caché mise à part ses yeux, n’exprimait en rien une attitude violente. Elle voulait juste vérifier quelque chose dans ce regard, et ces yeux gris. La jeune femme se pencha, et le visage au ras du sien, plongea dans la prunelle sans teint des yeux de ce gamin qui avait déjà vu trop de chose pour son âge, et qui parlait comme si tout ceci n’était qu’un jeu. Dans un sens, il avait raison, ils ne faisaient tous que jouer à un jeu inventer longtemps auparavant par d’autres Hommes. Le jeu avait juste gagné en activité et en dangerosité depuis leur temps. Un affrontement mental se déroula, en l’espace d’une seconde, entre leurs deux regards : l’un, plein d’une innocence ne servant qu’à cacher une grande connaissance et une capacité de réflexion bien trop avancé pour un simple « gamin », l’autre, plein de douceur, mais tranchant de froideur comme la lame d’un sabre, où transparaissait ce qu’était la jeune femme, c'est-à-dire une personne intelligente, résonnée, mais avec qui la vie n’avait pas été toujours tendre. Si les yeux de l’un ne portaient aucunement trace de quelconques blessures, ceux de Seika laissaient passer que pour elle, la notion de meurtre, et donc la question de savoir si elle avait déjà tué, provoquait des réactions plus ou moins houleuses en elle. Mais rien qui ne puisse transparaitre autrement que par son regard : elle se contrôlait parfaitement bien et encaissait le contrecoup des souvenirs ressurgissant de son esprit. Elle finit, en soupirant, pas rompre ce duel mental pour se redresser, détourner son regard de celui du gamin, et se diriger vers le rouleau qu’elle ramassa, avant de déclarer, par-dessus l’épaule.

[Seika] « Oui. »

Jamais elle ne pourrait considérer autrement ce qui c’était passé sous ses yeux ce jour là, jamais elle ne pourrait revenir sue le fait qu’elle aurait pu, qu’elle aurait du, les aider tous les deux. Mais la peur l’avait paralysé, l’avait paralysé jusque dans son cerveau, qui avait pourtant imaginé cent fois comment réagir dans une telle situation. La jeune Genin qu’elle était n’avait pas pu réagir, n’avait pas pu réfléchir. Et c’était cette inaptitude au combat, qui avait causé la mort de son Sensei et de son ami. Bien sur, les médecins lui avaient dit qu’elle n’avait rien à se reprocher, et que si elle était intervenue, d’une elle serait morte aussi, de deux cela n’aurait servit à rien, car les Ninjas renégats de Taki étaient bien plus nombreux et entrainés que le petit groupe de Shinobis qu’ils formaient avec Sakura. Jusqu’à cet instant, depuis le jour de la remise de son diplôme et son intégration à une équipe, jusqu’à cette mission de rang C, sa vie n’avait été qu’un doux rêve utopique, un rêve qui avait couté la vie à deux personnes. Seika avait les capacités requises ce jour là, pour aider efficacement au combat, mais la peur l’avait empêché de les utiliser, et cette peur était née d’un retour brusque à la réalité, au sang, aux cris. Une réalité, qui, comme un flash, lui avait rappelé des choses datant du passé, d’avant, de bien avant… D’où était apparue cette image teintée de sang ? Aucune idée, c’était enfouie en elle. Son poing ganté se resserra sur le rouleau. Lorsqu’elle avait quitté la maison de soin, elle c’était jurée de ne plus avoir peur, de ne plus laisser la peur l’envahir. Bien sur, tout le monde avait peur, c’était normal, et Seika avait peur aussi, assez souvent d’ailleurs. Mais il y avait avoir peur, et se laisser dominer par elle. Et la Kunoichi, depuis qu’elle était de nouveau en service, ne se laissait plus dominer par la peur, d’où la naissance de cet état constant de neutralité et de froideur, né de son désir le plus cher de devenir plus forte à l’intérieur d’elle, pour ne pas être brisé par la réalité une seconde fois.

La jeune femme desserra un peu son étreinte, garda le rouleau à la main sans savoir ce qu’il contenait, et se retourna pour reprendre sa position, et s’appuyer contre la porte ouverte, les bras croisés sur sa poitrine sous laquelle son cœur battait, sans une once de perturbation…

MessageSujet: Re: [Création Équipe] Salle B-44   Jeu 8 Oct - 21:26

Seika était là, dans l’encadrement de la porte. Le visage entièrement camouflé par sa capuche et le haut de son vêtement, il était impossible de deviner ses sentiments. Elle semblait réfléchir, longuement. Elle ne bougeait pas. Quand Takeshi lui demanda si elle avait une petit idée sur le nom de l’instigateur de la classe, elle n’eut aucune réaction. Takeshi l’observa un peu mieux. Elle eut une petite vibration, un léger mouvement. Elle avait entendu sa question, mais préférait ne pas y répondre. Takeshi s’assit de nouveau sur la chaise à accoudoir, et pensa un petit peu. Il continuait à observer Seika du coin de l’œil. Elle eut un autre léger mouvement en avant, puis un retour à la position de départ. Elle avait voulu faire quelque chose, mais s’étaient ravisée. Elle était donc présente mentalement, mais ne voulait pas lui adresser la parole. Maintenant, à savoir, c’était pourquoi ?

Takeshi passa à l’attaque. Il fit une remarque sur le changement du temps, et fit allusion à un ninja surpuissant qui aurait le pouvoir de maîtriser la météo. Cette allusion était insensée pour Takeshi, mais il voulait voir la réaction de la kunoichi encapuchonnée. Elle n’eut encore aucune réaction. Visiblement, et c’était bien sûr, elle ne voulait pas lui parler. Il tourna la tête vers elle, et posa ses yeux bleu-pâle sur la muette. Il voulait savoir ce qu’elle en pensait. Il insista, mais elle ne répondit pas. Il sentit une once d’agacement dans le silence de la jeune femme. Puis il abandonna.

Il baissa la tête, fit mine d’être gêné, et se gratta l’arrière de la tête. Quand il vit qu’il ne se passait rien, il releva les yeux. Il lui donna son point de vue sur les répercussions de la météo sur la mentalité de la population. Comme il s’y attendait, pas de réponse. Cette fois-ci, Seika semblait perdue dans ses pensées. Car s’il elle n’avait pas eu de réaction, c’est qu’elle avait perdu le fil du présent. Mais Takeshi ne s’en soucia pas. Il s’approcha de la fenêtre, ouvrit la baie vitrée, et inspira profondément. Il resta quelques secondes à travers l’ouverture béante de la fenêtre puis revint vers l’intérieur de la pièce. Il se mit à faire les cent pas, qui ne s’avérèrent que vingt, puis s’affala lourdement sur une chaise, attendant quelqu’un, et le signalant bien.

C’est là qu’une tête inconnue apparut. Il s’agissait d’un enfant, pas plus vieux que lui, voire moins, aux yeux gris clairs. Il portait un T-shirt noir, un short marron, et un bob. L’enfant le plus normal qui soit, en apparence. Takeshi remarqua un petit détail : une chaîne qui pendait de son short. Il ne pouvait pas s’agir d’une attitude puérile. L’académicien n’avait jamais vu d’enfant de cet âge avec une chaîne ! C’était un comportement plus âgé, bien plus mature que ne laissait transparaître le garçon.

D’ailleurs, celui-ci s’approcha de Takeshi. Ce dernier, interpellé, ne réagit pas. L’enfant aux yeux clairs lui parla, sur un ton calme, bizarrement :

« Tu es faible, très faible, mais je trouve ta tête amusante. »

Le garçon éclata de rire. Un rire enfantin, mais sonore. Un rire qui était louche. Le comportement de cet enfant était, « spécial. » Quelque chose ne tournait pas rond. Takeshi tourna rapidement les yeux vers Seika, qui étouffa un rire. Ca, il le devinait, la réaction était trop explicite. Ce garçon intéressait donc Seika, et ce n’était pas pour rien. Takeshi regarda à nouveau le gosse, et serra les poings. Le garçon l’avait insulté, directement, ouvertement. Il ne le connaissait pas, et le méprisait. Pourtant, Takeshi ne réagit pas. Cela ne servait à rien. Cet enfant était provocateur, et se sentait supérieur. Son attitude était un signe de méchanceté. Mais le garçon enchaîna.

« Si j’en crois ta réserve de chakra tu viens d’entrer dans notre monde ? Il est plutôt drôle, tu ne trouves pas ? »

Takeshi sourit. Il avait compris. Cet enfant était expérimenté. L’utilisation du groupe « notre monde », signifiait qu’il avait de l’expérience dans le monde ninja. Qui plus est, il devait être sadique, car il trouvait Takeshi « drôle » ! Il prenait le combat pour un jeu, ce qui démontrait une attitude très puérile. Notre académicien ne répondit rien. Ses poings se desserrèrent, et il se tint un peu plus droit.

Takeshi récapitula la situation. Ce gamin avait donc de l’expérience dans les combats. Cela ne pouvait signifier qu’une chose, qu’ il était approximativement Chûnin. Qui plus est, il avait une haute estime de lui-même, et méprisait les personnes plus faibles que lui. Malgré tout, c’est comme s’il jouait avec ces personnes. C’était un surdoué. Mais un surdoué perturbé, et plutôt dans le mauvais sens. Puis, comme si de rien n’était, l’enfant se désintéressa de lui, et se tourna vers le bureau.

« Moi ce que je préfère, c’est décapiter les criminels du Bingo Book. Leur tête a toujours une drôle de forme après nos rencontres. Si je pouvais les transporter, je les collectionnerai mais là-haut ils n’aimeraient pas trop cette idée alors je me contente juste de les voir mourir. »

Takeshi en était maintenant certain. Ce garçon était sadique, puissant. S’il continuait à évoluer en puissance, il pourrait devenir très puissant. En quelque sorte, cette idée l’effrayait. Il était entouré de deux puissants ninjas, alors que lui était à peine académicien. Pourtant, il ne perdit pas sa tenue assez droite. Le garçon avait fait tombé le rouleau, que Seika avait arrêté.
Là, le gamin s’intéressa à la Chûnin. Il lui pose un question, courte, simple, mais terriblement tranchante et grave.

« Tu as déjà tué ? »

Seika réagit au quart de tour. Elle s’approcha de l’enfant, se baissa pour atteindre sa hauteur, et le fixa dans les yeux. Les deux restèrent là, des dizaines de secondes. Takeshi ne réagissait pas. Pourtant, il était surpris de la réaction de Seika, qui s’était approchée pour affronter le regard de l’enfant. Décidément, c’était une journée particulière pour Takeshi.

Seika abandonne le combat oculaire. Elle se releva, tourna les talons, et lança, sans regarder personne, une « oui » franc. Pas tant que ça, finalement. Seika n’avait pas affronté le regard du gosse pour lui donner sa réponse. Elle avait fui, cachée sous sa capuche, et avait donné sa réponse. Elle n’était pas franche. Peut-être, que pour elle, elle avait tué, mais ne pouvait pas l’affirmer. L’attitude de Seika était louche. La kunoichi reprit sa position initiale, et ne dit plus rien. Elle ne semblait pas perturbée, mais pas du tout.

Takeshi sentit le moment d’intervenir arrivé. Il se leva lentement. Il essayait d’attirer l’attention du gamin, et l’interpella, lentement, calmement, avec ces mots :

« Excuse-moi, est-ce que tu pourrais nous-me en l’occurrence, puisque cette très chère Chûnin encapuchonnée préfère rester effacée, dépourvue de cordialité, et manquant d’attention à notre égard. Donc est-ce que tu pourrais me donner ton nom ? Tu es venu ici pour intégrer la classe ? »

Takeshi espérait peu. Il misait tout sur sa tête amusante, et c’est ce qu’il allait prouver. Il allait jouer sur les souvenirs du gamin, pour voir ses véritables réactions. Takeshi enleva son bandeau qui couvrait son œil droit. A la place, il y avait un creux sphérique, mais pas de trace d’œil. Takeshi se l’était crevé dans les tâches ménagères.

« Je me suis crevé l’œil alors que mes parents m’exploitaient pour les travaux ménagers. J’ai beaucoup souffert, et mon enfance m’a été enlevée. J’y ai même perdu un œil. Cela ne te rappelle-t-il pas un cadavre que tu as créé à partir d’une personne notée dans le Bingo Book ? »

Takeshi remit son bandeau. Il espérait que ce qu’il avait entrepris avait l’effet escompté. Mais il n’avait pas terminé. Il continua :

« Je suppose que tu ne vis pas pareil. Ta vie en tant que ninja se résumerait-elle à un jeu ? Celui de supprimer tes ennemis ? Ou caches-tu d’autres sentiments, enfui depuis tout jeune pour devenir une arme du village de Kumo ? »

Takeshi marqua une pause. Puis, il continua.

« Tu n’es qu’une arme. Une machine à tuer. Un pion important dans le jeu d’échecs. Tu es un des surdoués du jeu sordide de la mort. Et quand je te regarde, je ne me plains pas du sort qui m’a été réservé dans mon enfance. »

Après tout ceci, il avait fini. Il se rassit et ferma les yeux. Attendant la sentence. Il en avait trop dit. La réaction du gamin allait être imminente.

Takeshi serra les poings, et pria tous les dieux qu’il put.

MessageSujet: Re: [Création Équipe] Salle B-44   Sam 10 Oct - 15:29

¤,.°o°O Chapitre 9 : Un Fragment d'Avenir O°o°.,¤
« Le gamin »
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La réaction de la femme ne surprit pas le gamin. Ses grands yeux gris la regardèrent s'approcher. Quand son regard rougeoyant s'arrêta face à face au sien, le gamin accentua son sourire en penchant légèrement sa tête de côté. A bien y réfléchir, la tête de cette femme devait être aussi amusante que celle du faible, même si elle ne laissait presque rien paraître de lui. Cherchait-elle à se cacher ? Un murmure dans sa tête lui avoua que non. Si elle avait voulu se cacher, elle ne se serait tout simplement pas présenter dans cette salle. Le gamin savait, par expérience, que les parties de cache-cache n'avait rien avoir avec ça. Il ne restait donc qu'une explication à cette anomalie : elle voulait faire réagir les autres en se présentant dans cet accoutrement. Amusant. Concept vraiment amusant, pensa-t-il. Dans son regard, rien ne transparut. La question qu'il avait volontairement soulevé pour attirer son attention ne semblait rien provoqué en elle, en tout cas rien de visible dans ses yeux ou dans l'expression de son visage. Elle savait se contrôler. Ce qui n'avait rien d'étonnant pour un personnage de son rang. Le gamin bascula sa tête de l'autre côté en posant son index sur ses lèvres pour se donner un air faussement interrogateur quand elle lui répondit qu'elle avait en effet bien tué. Intéressant. Peut-être l'avait-il légèrement sous-estimé ... elle savait ce que pouvait représenter le sacrifice d'une vie, c'était indéniable.

Plongé dans un silence absolu, le gamin la laissa s'éloigner et ramasser le rouleau qu'il avait fait tombé pour se tourner vers l'aspirant. Celui-ci s'adressa immédiatement à lui en traînant légèrement dans la boue celle qui, selon toute vraisemblance, allait devenir sa coéquipière. Avait-il totalement perdu la tête ou n'avait-il aucune notion de ce que pouvait représenter le mot « équipe » ? Le gamin avait tendance à pencher pour la deuxième solution, bien que la première pouvait être aisément confirmée aussi. Quoi qu'il en soit, ce garçon manquait de retenu, c'était intéressant. Le gamin ne répondit pas à ses questions. Quel était son nom ? Venait-il pour intégrer l'équipe ? Le gamin estimait que cela ne le regardait pas et qu'ils n'étaient de toute manière pas assez « intimes » pour qu'il se donne la peine de lui répondre. Le sourire toujours aux lèvres, il l'observa donc attentivement sans prononcer le moindre mot. Mais ce qui suivit ne le laissa pas insensible. L'aspirant ôta son bandeau et révéla une orbite vide. Le sourire du gamin s'agrandit encore un peu plus jusqu'à la formation d'une grande banane sur son visage. Ses yeux luirent, il sautilla du bureau pour se retrouver debout et c'est à ce moment précis qu'il fit quelque chose que n'importe qui aurait jugé insensé dans de telles conditions .... il se mit à applaudir vivement.

? Woaaa ! Je n’en ai jamais vu de comme ça ! D’habitude ils ont les yeux grands ouverts pour la photo finale, mais ça, ça c’est sympa aussi. Dis, tu arrives à glisser un doigt dedans sans te percer le cerveau ?

Avoir un trou au milieu du visage, autre qu’une narine ou qu’une bouche, avait le don d’amuser le gamin. Il en avait vu des blessures de guerre mais n’en avait jamais souffert. Il en avait vu un nombre incalculable chez ses adversaires, des plus simples au plus horribles en passant par les plus profondes. Un véritable musée des horreurs. Cet oeil perdu était amusant, il espérait seulement que ce garçon avait pensé à le garder en souvenir. Histoire de se regarder dans les yeux. Cette blague le fit rire intérieurement et extérieurement. Sans que les deux autres ne comprennent le pourquoi du comment, il arrêta ses applaudissements et se mit à rire en se massant le ventre. Se regarder dans les yeux ... elle était vraiment bonne celle-là ! Mais son hilarité s’interrompit net quand l’aspirant le traita d’arme. Quel compliment ! Oh, une machine à tuer même ! C’est vrai qu’il en était une et il n’avait pas à s’en plaindre. Il adorait faire « joujou » avec ses ennemis et les livrer en charpies aux vautours. Certaines personnes avaient pour passion la peinture, l’écriture, les échecs, ou d’autres choses du même genre, lui sa passion était d’ôter la vie. La passion de loin la moins incompatible à la vie d’un shinobi.

Toujours en se massant le ventre, le gamin pencha sa tête sur le côté, plissa ses yeux, et adressa un grand sourire à son interlocuteur.

? Tu parles beaucoup.

Puis le silence. Un long silence, comme si le gamin venait littéralement d’être pétrifier. Figé dans sa position, tête sur le côté, le sourire aux lèvres, il laissa les secondes s’écouler sans rien ajouter de plus. Il nota les poings serrés de son interlocuteur lorsque celui-ci retrouva sa place assise. Pourquoi les serrait-il de cette manière ? Était-ce un tic ou bien était-il en colère ? Pire, serrait-il un objet que le gamin n’avait pas remarqué ? Peut-être. En tout cas, c’était un signe indéniable que quelque chose clochait. Le gamin ne savait pas quoi mais dans le fond, il n’en avait pas grand chose à faire. Son interlocuteur l’intéressait, il était amusant, ça n’allait pas plus loin que ça. Il lui pardonnait tout pour cette seule et unique raison.

? Mais merci pour tes compliments, ils me vont droit au coeur. En revanche, ta dernière phrase n’est pas très gentille ... mais je t’aime bien alors je ne vais pas t’enlever le deuxième oeil qu’il te reste en paiement de ta bêtise. En plus, ton futur chef d’équipe serait capable de me gronder si je faisais ça.

Le gamin quitta sa position pour se rapprocher de Takeshi et finalement s’asseoir par terre, juste sous son nez. Les genoux repliés, ses bras frêles les entourant, et ses grands yeux gris tournés vers l’aspirant, il le contempla comme on contemple une œuvre d’art des plus éblouissantes. L’aspirant n’avait peut-être pas été dessiné par la main d’un grand artiste mais il avait plein de choses qui faisaient qu’il était intéressant à regarder. Ses cheveux rouges, son bandeau vert cachant son orbite vide, son oeil « vivant » d’une couleur qui rappelait au gamin le dernier ciel sous lequel il était revenu au village pour conclure sa dernière mission. Ce garçon était un bon petit bonhomme, pensa-t-il en souriant. Un déclic dans sa tête, lui fit tourner sa tête vers Seika, à l’autre bout de la salle. Elle n’avait pas bougé d’un poil depuis qu’elle avait ramassé le rouleau et le gamin commençait à se demander si elle n’était pas sujette à une crampe ou quelque chose d’autre qui l’empêchait de bouger. Une voix lui murmura dans sa tête qu’il se devait de lui proposer de s’asseoir à côté de lui. Il ne fallait pas y voir une quelconque once de courtoisie ou de respect mais simplement une volonté de ne pas la voir souffrir le martyre en silence. Une crampe pouvait faire très mal, il le savait, un criminel de rang B le lui avait fait savoir une fois. Enfin, il ne savait plus si c’était une crampe ou bien si la douleur venait du katana qu’il lui avait planté au travers de la cuisse ? Peu importe de toute façon.

L’air enjoué, le gamin se tourna simplement vers Seika.

? Tu ne veux pas venir t’asseoir à côté de moi ? Il fait bon par terre.

Le gamin continua de fixer son regard sur Seika sans porter d’attention à Takeshi. Il se gratta machinalement le bras droit, enleva son bob pour se gratter le cuire chevelu, puis il le reposa sur sa tête en pouffant un petit rire. Il s’était rappelé d’un détail qui allait sans doute plaire à ses deux camarades du moment. Devait-il leur dire ou pas ? La question ne fit qu’un tour dans sa tête, à peine moins d’un tour en réalité, avant qu’il ne rouvre sa bouche pour leur révéler ce fameux détail. Une information en or pour eux, il n’en doutait pas.

? Je conna ....

Oh et puis non, il valait mieux qu’il garde ça pour lui, sinon il allait se faire gronder, et il ne voulait pas se faire gronder !

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: [Création Équipe] Salle B-44   Sam 10 Oct - 17:11

-| Salle B-44 |-
.3.

Il y de ces journées où Seika aimerait rester couchée. D’autres où elle n’aimerait même pas être éveillée. Et il y avait des jours où, sans s’énerver pourtant, on se sentait naître une envie irrépressible de faire quelque chose de travers, d’aller totalement à l’encontre de ses habitudes, et surtout de sa personnalité, en utilisant des mots, des gestes, des postures ou encore des vêtements qu’on utilisait jamais vraiment. Dans un sens, cette journée, cette matinée plutôt, à l’académie de Kumo était une de ses journées : habillée de manière plus sombre qu’à l’accoutumé, encore plus renfermée que dans le plus mauvais des mauvais jours, elle avait tous les éléments pour ne pas se sentir elle-même. Et là, le comportement des gens peut varier, car ne se sentant plus « soi-même », on a pas beaucoup d’options. Soit on reprend sa véritable identité, par peur de ce perdre dans le jeu qu’on mène ; soit on continu de jouer, mais on prend le risque de perdre le contrôle. Ce qui n’allait pas tarder pour Shijima, car plus les minutes passaient, moins elle se sentait de retenir une envie irrépressible de partir après avoir coller deux paires de claques aux deux gamins présent dans la même pièce qu’elle. Seika était une femme après tout, mais aussi une Chuunin, et c’était pour cette raison uniquement, qu’elle n’avait pas encore décidée de sa marche à suivre. Takeshi c’était lentement levé, pour s’adresser au gamin au bob, et à la puissance qui, à présent qu’elle tentait de la palper, était égale voir supérieur à la sienne. Et vu qu’elle ne faisait que tâtonner, elle était donc loin de sa puissance réelle, qui la dépassait surement de loin…

[Takeshi] « Excuse-moi, est-ce que tu pourrais nous, me en l’occurrence, puisque cette très chère Chuunin encapuchonnée préfère rester effacée, dépourvue de cordialité, et manquant d’attention à notre égard… Seika ne fit aucun geste, et réprima avec facilité une nouvelle vague d’adrénaline en elle. Donc est-ce que tu pourrais me donner ton nom ? Tu es venu ici pour intégrer la classe ? Comme le gamin ne répondait rien, Takeshi-chan enchaina, en retirant son bandeau, une déclaration qu’on aurait cru digne d’un gamin, du gosse qu’il était en fin de compte. Je me suis crevé l’œil alors que mes parents m’exploitaient pour les travaux ménagers. J’ai beaucoup souffert, et mon enfance m’a été enlevée. J’y ai même perdu un œil. Cela ne te rappelle-t-il pas un cadavre que tu as créé à partir d’une personne notée dans le Bingo Book ? »

Takeshi remit son bandeau, et le gamin éclata de rire face à lui. Réaction que ne pouvait pas partager cette fois la jeune femme au visage fermé, qu’elle ne trouvait rien de drôle à ce qui était arrivé à l’Aspirant Ninja. Cependant elle, à sa place, ne ce serait pas amusée à lui mettre sous le nez, car elle aurait sue à l’avance la réaction du gamin, plus que prévisible malheureusement. Ce dernier, applaudissant Takeshi, déclara.

[???] « Woaaa ! Je n’en ai jamais vu de comme ça ! D’habitude ils ont les yeux grands ouverts pour la photo finale, mais ça, ça c’est sympa aussi. Dis, tu arrives à glisser un doigt dedans sans te percer le cerveau ? »

Oui, la Kunoichi avait raison de penser qu’elle avait vraiment deux gosses en face d’elle. Sauf que l’un des deux était capable de décapiter son homologue en un clin d’œil, comme il semblait y prendre du plaisir, et pouvait abattre Seika qui n’avait pas encore une puissance et une expérience suffisante des combats pour exercer une défense ou une attaque d’envergure capable de résister à ce genre d’adversaires. L’Aspirant Ninja, malgré la réaction plus que mordante du gamin, continua.

[Takeshi] « Je suppose que tu ne vis pas pareil. Ta vie en tant que ninja se résumerait-elle à un jeu ? Celui de supprimer tes ennemis ? Ou caches-tu d’autres sentiments, enfui depuis tout jeune pour devenir une arme du village de Kumo ? Il fît une petite pause, ce qui permit à la jeune femme de discrètement changer de position, et de pied d’appui, toujours contre la porte ouverte de la salle, le rouleau de parchemin sur sa poitrine, les bras croisés. Tu n’es qu’une arme. Une machine à tuer. Un pion important dans le jeu d’échecs. Tu es un des surdoués du jeu sordide de la mort. Et quand je te regarde, je ne me plains pas du sort qui m’a été réservé dans mon enfance. »

Se massant toujours le ventre après avoir tant ri de l’orbite vide de Takeshi, le gamin pencha la tête de côté, et lui donna la même réponse qu’aurait donnée Seika dans cette situation, et qu’elle avait de toute façon voulue lui dire auparavant. Elle aurait tout de même rajouté un « trop » à la fin de sa phrase.

[???] « Tu parles beaucoup. »

Puis le silence s’installa dans la pièce une nouvelle fois, perturbé par les bruits s’échappant de la fenêtre ouverte donnant sur les rues du village caché de la Foudre. Le soleil levé transparaissait par intermittence à travers le plafond gris des nuages qui, portés par le vent, se déplaçait vers le sud et vers les vallées. La jeune femme, s’en bouger la tête, baissa les yeux et remarqua que l’Aspirant Ninja avait les points serrés. Pourtant, même s’il avait été insulté, lui-même venait de façon tout à fait mesquine de lui rendre la pareille. Sauf que sur le gamin, ça ne pouvait marcher comme ça bien sur. Et ça, Seika l’avait comprise depuis qu’il c’était mit à articuler des mots, une fois les portes de la classe passées. Finalement, comme un film qu’on eut mit sur pose, le garçon au bob acheva cette partie de la conversation.

[???] « Mais merci pour tes compliments, ils me vont droit au cœur. En revanche, ta dernière phrase n’est pas très gentille ... Mais je t’aime bien alors je ne vais pas t’enlever le deuxième œil qu’il te reste en paiement de ta bêtise. En plus, ton futur chef d’équipe serait capable de me gronder si je faisais ça. »

Sa déclaration était sans appel, et la Chuunin avait sentie monter brusquement son niveau de puissance avant qu’il ne déclare ceci, avant de se raviser : il aurait très bien pu être capable de mettre sa menace à exécution. Ce genre de pion comme l’avait nommé Takeshi, avait une très grande qualité, par rapport à des personnes comme Seika, ou d’autres : ils étaient heureux de leurs sorts, et aimaient ce qu’ils faisaient par-dessus tout. Alors en effet, d’un point de vue strictement rentable, ce gamin devait être une source de revenue très rentable. Mais d’un point de vue social… Le village devait l’envoyer le plus souvent possible en mission à l’extérieur du village pour éviter qu’il ne s’en prenne aux habitants, ou à ses collègues, ce qui expliquait d’ailleurs qu’elle ne l’ait jamais vue auparavant. En même temps Seika n’était pas très physionomiste. Immobile, elle se contentant d’observer la scène en actrice extérieur, bien qu’elle ait été impliquée brièvement dans la conversation. Le gamin quitta sa position debout, pour venir s’assoir… Face à Takeshi, pile sous ses yeux. Comment allait réagir Takeshi ? Pour le moment il semblait savoir qu’au moindre, geste, malgré la déclaration du gamin, ce dernier pourrait le faire taire, voir pire. Finalement, celle qui avait le plus de marge de manœuvre en cet instant, c’était elle. Le gamin reporta son attention sur elle, mais ses yeux cachés restaient distant, cherchant une explication à tout ceci. Explication qui n’existait peut être pas… Après tout, le gamin pouvait tout simplement être entré dans la salle, non pas pour s’inscrire dans l’équipe, mais juste pour s’amuser de la tête « très amusante » de Takeshi-chan. Sa présence ici, n’avait peut être aucun rapport avec la raison de leurs présences à l’Aspirant et elle. Et dans ce cas d’ailleurs, malgré qu’il ait sous-entendu connaitre la personne qui allait venir, il se devait de partir et d’arrêter de les importuner. Sa déclaration pouvait cependant être analysé comme un « qui que soit ton futur chef, il n’appréciera pas que je m’amuse avec ses futurs recrues ». Autrement dit : le gamin ne savait surement rien. Alors qu’il tournait la tête vers elle, il lui proposa gentiment.

[???] « Tu ne veux pas venir t’asseoir à côté de moi ? Il fait bon par terre. Voyant que Seika ne réagissait pas, il se gratta le bras droit, puis la tête après avoir enlevé son bob, qu’il replaça juste après, semblant attendre quelque chose lui aussi. Son regard gris s’alluma soudain, et il commença à articuler quelques syllabes. Je conna... »

Ce début de phrase interpella la jeune femme, car elle avait clairement cru entendre le début d’un « je connais… ». Mais qu’allait-il dire ensuite ? La jeune femme tapota silencieusement soin sein droit de ses doigts, les bras toujours croisés : à tous les coups, sa déclaration allait être encore morbide. Surement allait-il leur parler d’un jeu de mort qu’il connaissait bien, l’histoire de meubler le temps d’attente avant l’arriver du responsable de l’équipe. Bon, c’était bien gentil tout ça mais… Seika décroisa les bras, et remit ses deux pieds sur le sol, avant d’avancer d’une démarche gracile vers le bureau, sur lequel elle déposa le rouleau, tout en réfléchissant déjà aux conséquences de qu’elle allait faire. Le fait était que le gamin avait déterminé de façon grossière mais juste leurs niveaux de Chakra respectifs à elle et Takeshi, s’il en avait été capable, alors il allait sentir au dernier instant le changement brusque de concentration d’énergie de la Kunoichi. Mais peu importe, elle n’était pas du genre à dire deux fois quelque chose à quelqu’un, ni même à répéter ou reprendre les paroles d’un autre pour surenchérir par-dessus elles. Seika, après avoir déposé le rouleau dans sa position initiale, resta face au bureau et dégrafa lentement le haut de sa veste, lui couvrant le nez et les lèvres. Puis, une fois ceci fait, elle abaissa la capuche qui reposait sur son crâne et la plaça en col autour de sa tête, avant de sortir de derrière sa veste sa magnifique chevelure d’ébène qu’elle plaça de part et d’autre de son cou, retombant sur sa poitrine. Un peu plus à l’aise, la jeune femme se tourna vers le gamin et Takeshi, qui la regardait et observait ses mouvements. Puis, elle vint s’accroupir juste à côté du gamin, pour la fixer une nouvelle fois du regard, mais en souriant autant par les yeux que par les lèvres. Shijima savait très bien que ce sourire naturel qui pouvait faire chavirer les cœurs des hommes ne serait interprété que comme une moue amusante par ce petite personnage aussi abjecte qu’intriguant. Elle resta ainsi, la tête de côté, et les yeux plissés, avant de déclarer d’un ton amical.

[Seika] « Si tu n’es pas là pour faire partie de cette équipe, tu n’as rien à faire ici. La jeune femme se redressa et se remis debout, dominant le gamin et l’aspirant, bien qu’elle ne soit pas si grande que ça, avant de déclarer au môme. Au fait, moi aussi je connais un jeu très amusant que j’ai découvert il y a quelques semaines quand j’ai obtenu ma promotion de Chuunin. Les Genin avec lesquels j’ai joué ont vraiment eu l’air d’apprécier, alors je pense que ce sera aussi ton cas n’est-ce pas ? »

La jeune femme, toujours souriante, ne laissa à personne le temps d’en placer une, et concentrer en une fraction de seconde une grande partie de son Chakra dans sa main droite, ainsi que dans la plante de ses pieds, pour adhérer de façon plus forte au sol, qui se craquela légèrement sous la décharge vue légèrement trop à la hausse de la jeune femme. La Kunoichi, dans un tourbillon de cheveux et de vêtements, fit un tour sur elle-même en tendant sa main droite qui se referma sur le dossier de la chaise à côté de celle de Takeshi. La concentration de Chakra, ainsi que le mouvement brusque et son adhérence au sol, lui permirent de saisir la chaise et de la soulever du sol dans son mouvement rotatif et diagonal sans n’en ressentir aucune gêne. L’amalgame de bois décolla du carrelage et fit siffler l’air, vu la vitesse d’exécution du mouvement d’un seul tenant, et partit vers le haut, car la jeune femme n’avait pas la place de le faire tourner avec elle au niveau du sol. Bien sur la cible de la Kunoichi était claire, et la chaise arriva à la verticale, droit vers la tête du gamin qui surement, verrait dans son action un geste amusant et une invitation à jouer. Et bien qu’il vienne jouer, car aujourd’hui n’était pas un bon jour, alors autant provoquer les événements plutôt que de les attendre nerveusement hein ? Je vous l’avais dis, qu’il y avait des journées et les actions de Seika pouvaient être bien différentes de ses habitudes… Et il était rare, très rare, qu’elle ait envie de répondre par la violence physique à quelqu’un. Mais pour un gamin, et sur ce point elle savait qu’elle avait raison : il n’y avait que cette méthode. C’était ça, ou l’ignorer. Et il était bien trop « petit » pour ne pas se faire remarquer… Paradoxal non ? Le coin de la chaise allait bientôt atteindre le gamin, qui, s’il avait comme elle s’en doutait, détecté sa concentration de Chakra, était déjà en train de se préparer à esquiver ou riposter au moment où elle saisissait la chaise… Elle faisait peut être une erreur en réagissant ainsi, mais c’était bon pour les nerfs de jouer à se battre de temps en temps !

MessageSujet: Re: [Création Équipe] Salle B-44   Lun 12 Oct - 19:50

Takeshi avait d’abord montré à ce gamin son œil crevé, non pas pour faire « monsieur j’ai souffert plus que tout le monde », non, mais pour attirer l’attention de ce sadique. Et maintenant que le garçon avait reporté son attention sur lui, le Chûnin s’émerveilla devant ce trou béant dans le crâne de l’académicien. Quel idiot. Le gamin lui posa une question, stupide :

« Dis, tu arrives à glisser un doigt dedans sans te percer le cerveau ? »


Takeshi allait se frapper le front devant cette attitude gamine, mais se retint. Il ne répondit d’ailleurs pas. Il continua, insultant implicitement le gamin.

Takeshi avait provoqué le gamin, l’avait insulté de machine à tuer, de pion, mais cet idiot de gamin l’avait pris pour un compliment. Mais qu’est-ce que c’était que cette blague ? Cet enfant était vraiment bizarre. Si, pour lui, la vie de ninja se résumait à tuer, tuer, et encore tuer, sans état d’âme, les criminels du Bingo Book, Takeshi allait se détourner de la voie du ninja. Non, pour lui, être un ninja, c’était protéger son village, et pas uniquement tuer. Bien sûr, la mort faisait partie intégrante de la vie d’un shinobi, Takeshi le savait. Décidément, l’académicien était vraiment dégoûté par l’attitude de ce gamin.

Bizarrement, le gamin s’assit par terre, sous Takeshi. Ce dernier le regarda bizarrement. Mais qu’est-ce qu’il faisait ? Pourquoi s’asseyait-il par terre, comme ça ? Il y avait des chaises ! Mais après tout, Takeshi ne fit rien. Enfin, si, quand même. Il savait que ce gamin, aussi immoral et idiot qu’il puisse paraître, semblait tenir en respect la Chûnin, et donc devait posséder une puissance nettement supérieur à celle de l’académicien. Alors, pour avoir le temps de sauver sa vie –avec un peu de chance quand même- , il recula sa chaise d’une trentaine de centimètres. Mais ce fut tout.

Le gamin tourna la tête vers Seika. Elle n’avait pas bougé d’un pouce. Le gamin l’invita à s’asseoir à côté d’elle, mais elle ne fit rien. Puis, il commença une phrase par « je conna… » Ce qui signifiait, en gros, qu’il voulait leur parler de quelque chose, mais qu’il s’était retenu. Information secrète ? Ou peut-être illumination –passagère, mais- intelligente du gamin ? Takeshi ne sut pas.

Seika s’approcha du bureau, posa le rouleau, enleva sa capuche, déboutonna le haut de sa veste, laissant apparaître son visage et sa longue chevelure brune. Comme il y a quelques minutes, elle s’approcha du gamin et le fixa dans les yeux. Puis, quelques secondes plus tard, elle se releva. Elle parla d’un jeu, qu’elle avait récemment appris, et commença à concentrer du chakra. Main droite, et pieds étaient bourrés de chakra. Le carrelage céda sous l’intensité, et on put voir quelques fissures. La kunoichi tourna sur elle-même, puis, dans la continuité du mouvement, prit la chaise qui était placée à côté de Takeshi, et la lança en l’air, afin qu’elle retombe sur le gamin.

Takeshi comprit tout de suite que ça allait commencer à chauffer. Il se leva sur sa chaise, et balança son poids se le dossier. La chaise bascula en arrière, mais l’académicien resta à la verticale. La chaise heurta le sol, et Takeshi ressentit une légère secousse. Il fit un bond en arrière, prit la chaise à deux mains et se retira rapidement. Il s’accroupit, protégé par le bois de la chaise, et attendit le choc.
Il y eut un son de bois qui se craquait. Mais Takeshi ne vit rien. Il savait que la chaise qu’avait lancé Seika s’était brisée, et c’est tout. Takeshi leva la tête. Il ne prit pas le temps d’inspecter la situation. Ca semblait s’être calmé, et l’académicien ne voulant pas assister de près à un conflit entre ninjas, il lâcha sa chaise et se releva. Il commença à courir vers la baie vitrée, toujours ouverte et sauta.

Il disparut à la vue des deux autres, qui ne devaient pas trop se préoccuper de lui. Il savait que cette attitude était lâche, mais il ne voulait pas être blessé pour rien. Malgré tout, son attitude avait quelque chose de surprenant. Pourquoi avait-il sauté par la fenêtre ? Il voulait se suicider ? Et bien non. Il s’était accroché au rebord de la fenêtre. Il avait aussi cherché des prises, en vain. Il resta quelques secondes comme ça. Soudain, sa main gauche ne pouvait plus tenir. Elle lâcha, et tomba mollement le long du corps de Takeshi. Il fallait faire quelque chose !

L’académicien eut une idée. Il avait récemment appris à marcher sur les murs, et cela devrait l’aider. Dans sa main gauche, il concentra du chakra. Dans ses pieds aussi. Il fallait mettre la bonne dose. Pas trop, pas trop peu non plus. C’était difficile. Takeshi plaqua sa main gauche contre la façade de l’immeuble. La pierre souffrit un peu, mais tint bon. Grâce au coté intérieur des pieds, il tenta une approche de la pierre, mais il glissa. L’académicien allait avoir besoin de sa main droite. Il lâcha le rebord de la fenêtre. Et fit la même chose qu’avec la gauche. Sa main se colla au mur, comme une ventouse, et Takeshi commença par aller sur la droite, lentement. Très lentement. Pendant qu’il faisait ceci, il concentrait à nouveau du chakra dans ses pieds, pour ne plus avoir à utiliser ses mains.

Il planta la plante de ses deux pieds dans le mur, et décolla les mains du mur. Il tomba à la renverse. La mort était proche. Ca serait bête de mourir comme ça. Mais Takeshi resta à l’horizontale. Du sang commença à lui monter à la tête. Il se mit à marcher lentement sur le mur, s’approchant de la fenêtre la plus proche. Puis il se mit à courir. Et finalement, il sauta pour agripper le rebord de la baie vitrée. Ses bras souffrirent. Mais ce n’était pas fini.

La fenêtre était fermée. Il fallait la briser, c’était le seul moyen. Takeshi n’avait rien, à part quelques shurikens qu’on lui avait distribué. Il fallait utiliser ses poings. L’académicien prit son bandeau avec la main droite, et l’enroula autour de la même main. Puis il se mit à frapper violemment la vitre, de plus en plus fort. Mais elle ne cédait pas. Takeshi frappa plus fort. Plus fort, plus fort, plus fort ! se disait-il.

La fenêtre s’ouvrit. Il s’agissait de Shinju, son ami. Il l’aida à remonter. Shinju l’interrogea du regard.

« J’ai eu quelques problèmes. Mais je ne peux pas te parler plus longtemps, je dois y aller. Mais ne me suis pas, j’ai été clair ? »

Son ami Shinku hocha la tête, le salua et partit. Takeshi souffla quelques secondes. Qu’est-ce que cela avait été dur ! Mais il s’en était sorti, et il fallait rentrer dans la pièce. Il s’approcha lentement de la porte ouverte, et s’adossa au mur, écoutant les paroles et les voix, conscient que les deux Chûnins était encore là, et qu’il sentaient sa présence.

MessageSujet: Re: [Création Équipe] Salle B-44   Mar 13 Oct - 17:43

¤,.°o°O Chapitre 9 : Un Fragment d'Avenir O°o°.,¤
« Le gamin »
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SEIKA. Si tu n’es pas là pour faire partie de cette équipe, tu n’as rien à faire ici. Au fait, moi aussi je connais un jeu très amusant que j’ai découvert il y a quelques semaines quand j’ai obtenu ma promotion de chuunin. Les genin avec lesquels j’ai joué ont vraiment eu l’air d’apprécier, alors je pense que ce sera aussi ton cas n’est-ce pas ?

Le gamin n’aurait jamais imaginé que la situation tournerait à son désavantage. Le danger apparut du côté de la jeune femme, là où il se pensait certainement le plus à l’abri jusqu’à maintenant. Celle-ci mit fin à son immobilisme presque problématique et en l’espace de quelques secondes changea toute la donne. Le gamin se noya dans son regard lorsqu’elle se présenta à ses côtés, mais il n’avala pas les paroles qu’elle prononça dans la foulée. Elle aussi savait jouer avec ses proies, il ne le comprenait que trop bien. Le sourire toujours aux lèvres, il l’écouta avec une grande attention, bien qu’il portait peu d’intérêt à ses propos, et quand Seika se donna enfin les moyens d’agir, lui n’oscilla même pas. Il sentit son chakra imbiber le sol et son emprise se refermer lourdement sur le dossier de la chaise qu’elle saisit. Sa marge d’action fut étonnante mais il fallait au gamin plus que cette vague menace pour qu’il tremble.

Le coin de la chaise descendit droit vers la tête du gamin, comme un aigle descendait en piquet pour saisir sa proie. Le temps sembla ralentir, au point de presque s’arrêter. Dix centimètres, cinq, et encore deux et puis le chaos ... Au moment où la chaise aurait du frapper le gamin en pleine tête, un nuage de fumée blanche explosa à la figure des trois protagonistes. On entendit des morceaux de bois retombés lourdement sur le sol à quelques pas du gamin. Takeshi en profita pour s’échapper par la grande baie vitrée et puis plus rien. Silence radio.

Le nuage de fumée qui envahissait désormais toute la salle de classe mit à peu près une minute à s’éclaircir lentement mais sûrement. Impossible pour Seika ou pour le gamin de remarquer quoi que ce soit à travers le rideau de fumée blanche. Takeshi avait, de son côté, définitivement disparu.

Le nuage s’éclaircit encore un peu et laissa apparaître très clairement, à peut-être un mètre de Seika, un bras couvert de bandelettes blanches jusqu’au poignet et une main beaucoup plus grande que celle d’un enfant refermée sur un bout de bois qui devait appartenir à la défunte chaise qu’elle venait d’utiliser. La forme grisâtre d’un visage apparut ensuite à une hauteur qui devait se trouver une tête plus haut qu’elle. Deux pupilles dorés se matérialisèrent au milieu de ce vague visage quand une voix retentit devant elle ... une voix étrangement familière.

? Leçon 1 terminée ...

On entendit comme le bruit d’une cape battre l’air. La fumée blanche se dissipa alors brusquement autour du personnage, révélant ainsi son identité aux yeux de la kunoichi. Des cheveux fourchus de couleur rouge et violet retombant sur un visage décoré d’un léger sourire. Des yeux perçant fixés sur elle, les prémisses d’un kanji tatoué en rouge dans le cou, il n’y avait aucun doute possible. Sho Nagoshi venait de faire son entrée en scène.

SHO. ... lorsqu'un coéquipier est mis en difficulté, viens l’aider.

Sa voix n’avait pas perdu de sa force. L’eisei-nin se tenait droit devant la jeune femme. Il était vêtu d’un hakama noir retenu par une ceinture de lin blanc pour le bas et la taille, le torse entièrement couvert de bandelettes blanches pour le haut, et le tout décoré d’une large écharpe blanche couverte de motifs violet retombant dans son dos et sur la moitié supérieure de son torse. La surprise était totale.

SHO. Félicitation Seika, tu as réussi le premier test.

A ce stade là, Sho se doutait bien que Seika n’avait pas encore recollé tous les morceaux dans sa tête. L’explosion, la fuite de Takeshi, le nuage de fumée blanche, le fracas de la chaise brisée – dont tous les morceaux étaient échoués sur le sol, tout autour de Sho – l’apparition de Sho et fait le plus marquant, la disparition du gamin. L’eisei-nin savait néanmoins qu’il n’avait pas à craindre pour la santé mentale de Seika. Il était persuadé qu’elle finirait par comprendre que tout n’était qu’une pâle illusion depuis le principe. Le gamin n’était qu’une invention mais pas n’importe quelle sorte d’invention. Sho avait eu recours à une métamorphose d’un rang très élevé pour modifier mille et uns facteurs et ainsi tromper la vigilance de ses deux invités. Il avait travaillé sur une personnalité totalement ahurissante depuis plusieurs semaines avec l’aide de quelques chuunin spécialisés dans l’art du genjutsu. Il avait donné naissance à un gamin immonde, dénué du moindre sens moral, tout ça afin de tester les limites psychiques de ses futurs élèves.

Les résultats étaient sans appel. Seika avait décidé d’agir, Takeshi de fuir.

Sho était content de ces résultats, il n’aurait d’ailleurs pu espérer mieux de la part de Seika, qu’il connaissait depuis un petit moment maintenant, comme de Takeshi, un aspirant qu’il n’avait encore jamais croisé jusqu’à ce jour. La première avait décidé de prendre les choses en main et de protéger, d’une certaine manière, la vie de son éventuel futur coéquipier. C’est grâce à ça qu’elle avait réussi le premier test. Takeshi, lui, avait évité le conflit en prenant ses jambes à son cou.

Même si sa réaction prêtait à rire, Sho devait avoué qu’elle n’était pas aussi dénuée de bon sens qu’elle ne le laissait paraître au premier abord. Takeshi avait crains pour sa vie. Il avait rapidement compris qu’il n’était pas de taille face au « gamin » et que se trouver proche de Seika au moment où elle s’apprêtait à frapper relevait de la folie pure. Certes, cela pouvait être comparé à de la lâcheté, mais Sho était plus impressionné par un aspirant qui savait abandonné une situation perdue d’avance plutôt qu’un aspirant qui bondissait pieds et mains liés dans la gueule du loup pour y trouver la mort.

Était-il assez fort pour autant ? Sho pensait que non. Takeshi avait de la volonté, c’était indéniable, de la bonne volonté. Il était réfléchit, savait un minimum préserver son calme, ce qui était des qualités primordiales pour n’importe quel shinobi, aussi jeune soit-il, mais il manquait d’expérience pour intégrer une équipe composée de deux chuunin. Heureusement, Sho avait une idée susceptible de l’intéresser.

Lui qui pouvait sentir les fluctuations de chakra dans un périmètre moyen, nota que le jeune aspirant était revenu non loin de son point de départ. Amusé, l’eisei-nin secoua légèrement la tête avant de plaquer ses mains de part et d’autre de sa bouche pour porter sa voix un peu plus loin.

SHO. Miomu-kun, tu peux revenir maintenant !

Un petit rire s’échappa de sa bouche, ses yeux redescendirent sur Seika, et là Sho retrouva un sourire qui semblait particulièrement heureux. Le ton moins haut, en quelque sorte plus confidentiel, il ajouta à son attention :

SHO. Je suis content que tu sois là.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: [Création Équipe] Salle B-44   Mer 14 Oct - 3:59

-| Salle B-44 |-
.4.

Jusqu’au dernier instant, Seika pensa qu’elle allait réellement défoncer le crâne du gamin avec cette chaise qu’elle avait réussie, par un équilibre corporel et une bonne maîtrise de son Chakra, à soulever et à projeter avec violence vers sa petite personne. Une part d’elle minime, se trouvait monstrueuse de s’attaquer à un si petit être, mais le reste de sa personne, et surtout ses muscles, étaient d’accord : ce gosse ne comprendrait que la manière forte, car ce n’était que par la violence qu’il semblait vivre avec le sourire. Alors pour faire passer un message, la Kunoichi devait prendre le risque de subir des représailles. Sinon ils ne seraient jamais débarrassés de lui, Takeshi-chan et elle. Et puis, plus le temps passait, plus fortes étaient les chances que quelque chose dérape, et vu la nature non pas instable mais très simpliste du gamin, celui-ci pouvait très bien devenir bien plus violents, simplement par jeu. Et puis les menaces qu’il avait fais au jeune Aspirant Ninja n’étaient pas en l’air. Dans son regard elle y lisait bien cette détermination naturelle aux personnes heureuses de vivre. Ce gamin était heureux de vivre ce qu’il vivait… Et dans quelques secondes il ne serait surtout une masse sanguinolente.

A sa gauche, Takeshi avait repoussé sa chaise, et avait basculé en arrière, lorsqu’elle avait saisie son arme improvisée. C’était intentionnel de sa part bien sur : il se mettait à l’abri. Au moins ce garçon avait les pieds sur terre, car il se savait très bien incapable de faire face à l’un ou l’autre des deux Chuunin en présence dans cette pièce. Aussi son comportement, même s’il pouvait apparaitre comme lâche, était compréhensible, et dénotait d’une capacité d’analyse des situations, et ce en quelques secondes, accompagnée d’une réactivité, plutôt bonne ! Mais dans l’immédiat, Seika avait autre chose à faire que s’occuper de son sort : elle devait savoir si oui ou non ce gamin était ce qu’il prétendait et être. Et auquel cas… Se préparer à se battre peut être violement. Son Chakra continuait de tourbillonner violement en elle, sous le coup de la pression soudaine qu’elle avait exercé sur son corps pour faire apparaitre une quantité d’énergie suffisante à l’accomplissement de son petit « jeu ». Et ce n’était pas une blague, lors de cette mission de rang D, quelques semaines auparavant, lorsqu’elle avait surprise les Genin en train de racketter ce pauvre marchand de fleur doux et adorable… Après ça, il avait eu pas mal de chaises à remplacer, mais au moins avait-il été débarrassé, comme nombre de commerçant, de ses voyous qui les terrorisaient, principalement en leur faisant redouter des châtiments qu’ils étaient pour la plupart incapable de prodiguer. L’aura de mystère qui entourait chaque Shinobi était certes moins impressionnante dans un village caché qu’à l’extérieur, mais elle n’en restait pas moins « ». Aussi Seika se demanda-t-elle si elle avait vraiment eu raison de faire ce qu’elle venait de faire, lorsque la chaise ne fût plus qu’à une seconde de sa cible : et si il n’évitait pas l’attaque, s’il ne la repoussait pas qu’il se mangeait la chaise en pleine poire ? Il était clair qu’avec sa petite taille, à moins de posséder un pouvoir héréditaire lié à la résistance physique, ou un Ninjutsu de Doton, il ne pourrait pas survivre à cette attaque : sa petite tête maligne serait défoncé, écrasé par la trop grande pression de la chaise, dont le bois, éclatant en morceaux, s’enfoncerait à travers les morceaux d’os sanglant, et resterait ainsi, coincé dans son petit cerveau si morbide. Non, cela ne pouvait pas se passer comme ça : elle était sure et certaine qu’il allait se passer quelque chose, il le fallait !

Et il se passa en effet quelque chose. Au moment où la chaise aurait du défoncer le haut du crâne du gamin au bob, enfonçant surement ce dernier dans sa propre tête, il y eut comme une détonation : le gamin disparut dans un nuage blanc, qui explosa littéralement la chaise qu’elle tenait par le dossier, et qu’elle lâcha de peur de voir son bras emporter par l’explosion. Avec le nuage blanc, on aurait dit qu’un champ de force invisible avait été dressé autour du gamin, et que c’était sur celui-ci que le bois venait d’exploser. Au même instant, avant d’être totalement entouré par le gaz blanc et épais, Seika eut le temps de voir Takeshi prendre la tangente, et fuir par la fenêtre. Et il avait bien raison : si le gaz était empoissonné, elle était déjà morte. Shijima se couvrit donc la bouche du bras, en reculant d’un bond en arrière. Mais à l’évidence, ce n’était pas un gaz toxique, juste un nuage blanc né d’une technique de Ninja, mais de quel genre ? Le silence c’était à présent installé dans la salle B-44, après que les morceaux de la chaise se soient éparpillés un peu partout autour du point d’impact, derrière lequel elle voyait transparaitre une forme bien plus habillé et grande que le gamin qui s’y trouvait précédemment. Les yeux de cet homme, car il s’agissait bien d’un homme, lui étaient familiers, très familiers. Leur couleur d’ambre lui renvoyait le rouge sombre de ses propres yeux, et sa voix fût aussi douce que forte, comme à son habitude lorsqu’il parlait dans le cadre professionnel.

[Sho] « Leçon 1 terminée… »

Sho… C’était donc lui. Et ce qu’il venait de faire, c’était de reprendre son apparence normal après cette longue technique de permutation très réussie. Bon sang. Il y eut un claquement dans l’air, et la fumée disparut brusquement révélant totalement le Chuunin aux cheveux rouges et parfois violets, fourchus, son visage souriant mais sérieux en cet instant, et ses vêtements habituels : Hakama noir et ceinture en lin blanche. Cependant ses avant-bras, et une grande partie de son torse, si ce n’était pas la totalité, étaient recouverts de bandages. On aurait dit une momie, mais on aurait surtout dit qu’il s’agissait d’un patient échappé de son lit d’hôpital. Seika n’avait même pas remarqué que ses yeux c’étaient arrondis, en comprenant que ce gamin qu’elle avait tenté d’assommer, presque de tuer par un coup de chaise violent à la tête, il s’agissait de Sho. Sho… L’homme qu’elle avait redoutée de trouver ici. Redoutée, mais, elle n’avait rien fait pour l’éviter non-plus. Non, au fond d’elle elle voulait que ce soit lui son Sensei. Elle s’était habituée à sa présence, à ses paroles réconfortantes mais parfois un peu trop graves… Une écharpe blanche aux motifs violets se fondait dans l’amalgame des bandages, et achevait la silhouette du Chuunin Instructeur. Jusque là Seika suivait, mais c’est elle avait eu un peu de mal à comprendre ses mots : que voulait-il dire par « leçon 1 terminée » ?

[Sho] « ... lorsqu'un coéquipier est mis en difficulté, viens l’aider. Sho lui adressa un sourire discret, mais un sourire tout de même. Félicitation Seika, tu as réussi le premier test. »

Ah bon ? Elle venait de passer un test ? Non vraiment elle n’arrivait pas suivre il manquait trop d’éléments à la jeune femme pour reconstituer tout le cheminement qui avait amené à cet instant, ou alors c’était juste la brusque montée d’adrénaline, qui retombait à présent, lui ôtant ses forces et l’empêchant de se concentrer et de réfléchir. Shijima resta debout, face au Chuunin Instructeur, incapable de dire quoique ce soit de particulier. Son Sensei, et qui allait selon toutes vraisemblances devenir une nouvelle fois son chef d’équipe, regarda autour de lui, comme s’il cherchait quelque chose. Puis il s’arrêta sur le mur du fond de la pièce, auquel il adressa un sourire amusé comme s’il s’agissait d’une personne. Se tournant vers le mur, il mit ses mains en haut-voix, et cria.

[Sho] « Miomu-kun, tu peux revenir maintenant ! »

L’homme aux cheveux rouges se mit à rire faiblement. Malgré sa pertinence, on ne pouvait s’empêcher de sourire en y repensant : des Aspirants qui se jettent par les fenêtres, quels enseignements étaient capables de déclencher de tels peurs chez leurs élèves voyons ? Seika sentit les sensations sur son visage lui revenir, et ses lèvres se décrispèrent. Sho reporta son attention sur la jeune femme et son regard caressa le sien. Un sourire plus naturel s’afficha sur son propre visage, et d’un ton plus bas, plus intime, il finit par lâcher.

[Sho] « Je suis content que tu sois là. »

Et ben, elle aussi finalement était contente d’être là en fin de compte ! Oui, Seika était « vraiment » contente d’être avec Sho. Ses yeux marrons-rouges répondant aux siens avec autant de douceur, la jeune femme fit un pas en avant, croisa les bras dans son dos, et baissa la tête de côté, avant de déclarer d’un air mi-figue mi-raisin.

[Seika] « Si un jour tu me racontes ton enfance et que tu me dis que dans le gamin que j’ai vu là, il y avait une part de toi, je peux t’assurer que tu n’entendras plus parler de moi ! Seika plissa les yeux, souriante, et redressa la tête, un peu plus sérieuse. Je suis contente que tu sois là aussi Sho, j’ai reconnu ton style dans le message en bas… La jeune femme inclina la tête vers lui, avant de finir. … Sensei. »

MessageSujet: Re: [Création Équipe] Salle B-44   Mer 14 Oct - 14:43

Il sentait la froideur du mur. Le mur de pierre, lisse, recouvert de peinture faite à la va-vite lui gelait le dos. Pourtant, il essayait d’écouter la conversation. Il n’entendait pas grand chose. Il avait entendu : « Félicitation Seika, tu as réussi le premier test. » Puis il y eut un moment de pause. Cette voix… Il ne la connaissait pas. Ce n’était ni celle de Seika, ni celle du gamin. Qui était-ce, alors ? Impossible à savoir, de là où il se trouvait. En effet, il ne voyait qu’un mur de pierre en face de lui. Il ne pouvait pas rentrer dans la pièce à l’improviste. Il ne savait pas quoi faire.

Récapitulons. Qu’est-ce qu’il s’était passé ? Takeshi s’était protégé des dommages collatéraux de l’attaque de Seika, puis avait sauté par la fenêtre. Il avait pu apercevoir un nuage de fumée lorsqu’il était accroché au rebord. Un nuage de fumée ? Ca ne peut signifier que deux choses. Soit c’est un nuage empoisonné, comme il en avait lu dans un livre, ou bien une technique ninja que Takeshi ne connaissait pas. L’académicien penchait pour la deuxième solution. Pourquoi ? Un nuage de fumée perdrait en capacité avec un courant d’air provoqué par l’ouverture béante de la fenêtre. Il pouvait bien sûr s’agir d’un poison, destiné à tuer Takeshi, et Seika par la même occasion, mais quel intérêt aurait un enfant à tuer des ninjas du même village ? C’était possible, surtout en présence de ce gamin. Mais quelque chose venait contredire cette hypothèse.

Les paroles prononcées par cet inconnu. Il s’agissait d’un test. Et un test n’irait pas jusqu’à risquer la mort d’un des participants. C’était donc une technique. Mais laquelle ? Raisonnons logiquement. La voix avait été modifiée, puisque le gamin avait une autre voix. Personne ne se serait introduit dans la pièce à ce moment là, ça ferait plus de grabuge. Il restait donc une seul possibilité : une technique qui modifiait la voix. Bien sûr, Takeshi n’y connaissait rien. Mais il savait qu’une voix aussi grave ne pouvait pas provenir d’un enfant. C’était bien sûr un adulte qui avait parlé. Bien, on avançait.

Reconstituons les morceaux. L’homme avait utilisé une technique de modification corporelle pour entrer dans la classe sous forme de gamin. Un gamin insensible, sadique, et sans aucune morale. Un test, bien sûr. C’était pour voir leur réaction. Takeshi espérait qu’il n’avait pas fait d’erreur. Ensuite, Seika avait balancé cette chaise sur le gamin (raison toujours inconnue pour l’académicien). Toujours est-il que Takeshi avait eu le réflexe de se protéger et de prendre ses jambes à son cou, en sautant par la fenêtre. Erreur ?

Maintenant, Takeshi était adossé contre le mur. Le gamin avait révélé sa véritable identité, et Takeshi était repéré. Il le savait. Deux Chûnin étaient dans la pièce. Il fallait faire son entrée, ce que suggéra :

« Miomu-kun, tu peux revenir maintenant ! »

Takeshi soupira. Il s’écarta du mur, pivota sur la gauche, et apparut dans l’encadrement de la porte. Il se gratta l’arrière de la tête, comme il le faisait toujours. Il dévisagea rapidement l’homme qui était en face de lui. Un homme, aux cheveux rouges, voire violet, aux yeux dorés- couleur surprenante, d’ailleurs-, portant un hakama noir et une ceinture blanche. Son torse et ses avant-bras étaient recouvert de bandages. Pourquoi ? Il sortait de l’hôpital ? Takeshi ne pensait pas. Cela devrait être un style.

L’homme sembla dire quelque chose à Seika. Mais Takeshi n’entendit pas. La Chûnin croisa les bras dans le dos. L'académicien pouvait le voir, c’était la seule partie de son corps visible. Elle répondit :
« Si un jour tu me racontes ton enfance et que tu me dis que dans le gamin que j’ai vu là, il y avait une part de toi, je peux t’assurer que tu n’entendras plus parler de moi ! Je suis contente que tu sois là aussi Sho, j’ai reconnu ton style dans le message en bas… Sensei. »

Takeshi analysa rapidement la situation. Seika et lui semblaient se connaître, ce qui n’allait pas arranger les choses pour l'académicien. Ensuite, « Sho ». C’était donc le prénom de l’homme qui se tenait là, en face de lui, couvert de bandages. Par dessus tout, Seika semblait contente de le voir. Takeshi sourit intérieurement. Il allait vraiment avoir du mal à s’intégrer dans l’équipe, s’il était accepté bien sûr, ce dont il doutait fortement. Pour terminer, Sho avait été le sensei de Seika, et donc les relations étaient de plus en plus nouées. Pour Takeshi, tout était à faire, ou à oublier.

Il entra lentement dans la pièce, constatant les dégâts. La chaise semblait en morceau, et celle qu’il avait renversée était toujours dans la même position. Takeshi prit la parole.

« Bonjour, Sho-sama. Je savais que vous me sentiriez. »

Il jeta un coup d’œil à Seika. Puis il revint vers Sho.

« Je vois que vous vous connaissez déjà. Ah, au fait, appelez moi Takeshi. »

MessageSujet: Re: [Création Équipe] Salle B-44   Lun 19 Oct - 0:28

¤,.°o°O Chapitre 9 : Un Fragment d'Avenir O°o°.,¤
« Le gamin »
4

SEIKA. Si un jour tu me racontes ton enfance et que tu me dis que dans le gamin que j’ai vu là, il y avait une part de toi, je peux t’assurer que tu n’entendras plus parler de moi ! Je suis contente que tu sois là aussi Sho, j’ai reconnu ton style dans le message en bas… Sensei.

Le sourire de Sho s’étira sensiblement. Ses yeux couleur de miel croisèrent le regard de Seika dans le silence le plus complet. Ils n’exprimèrent rien, pas même la moindre petite trace de joie ou de plaisir, ils n’étaient que les reflets d’une âme lumineuse mais néanmoins mystérieuse.

Sho enfant ne jouissait d’aucune comparaison possible avec le gamin qu’il s’était amusé à interpréter sous les yeux de ses deux invités. Enfant, Sho préférait déjà la solitude au bain de foule. Il passait le plus clair de son temps à visiter les environs de la ferme familiale, parfois même au-delà des limites imposées par ses parents. Il arpentait les petits chemins, les bosquets, et le versant des montagnes qui jalonnaient la Vallée Verte – la vallée où il avait vu le jour. Enfant, Sho avait déjà ce regard lumineux et incroyablement impassible, presque froid. Il ne parlait que très rarement mais souriait plus qu’il n’en fallait. Aujourd’hui, sourire n'était plus une habitude. L'enfant avait perdu de sa naïveté et de sa gaieté mais n’avait sûrement pas oublié les valeurs transmises par ses parents. La vie était précieuse pour Sho, rien de comparable donc avec le monstre qu’il venait de faire disparaître dans un nuage de fumée blanche.

TAKESHI. Je vois que vous vous connaissez déjà, déclara l’aspirant après s’être arrêté aux côtés de Seika. Ah, au fait, appelez moi Takeshi.

SHO. Miomu-kun fera l’affaire.

Le ton se voulait accueillant et délicat.

L’eisei-nin fit signe à Seika et Takeshi de s’assoire avant de pivoter sur ses talons. Le claquement de ses sandales fut étouffé par le bruit lourd de ses pas et les frottements de son hakama contre le parquet en bois. Il contourna le bureau et s’arrêta devant la baie vitrée, le regard dirigé au loin. Son visage avait retrouvé sa fermeté habituelle, cette forme d’indifférence prononcée qui laissait croire qu’aucuns sentiments, bons ou mauvais, ne pouvaient s’y refléter

Debout devant la baie vitrée, la silhouette de l’eisei-nin dégageait une impression de sérénité et de force constante. Son ombre s’étendait jusque sur le bureau. Une ombre pas tout à fait noir mais plus légère comme celle qui se traîne derrière l’homme à l’heure où le soleil ne brûle pas encore de mille feux dans le ciel.

SHO. Le village est une âme, fit-il en croisant ses bras sur son torse. Une âme nourrie par chacun d’entre nous. Ce lien privilégié implique des devoirs et des responsabilités. Entrer dans une équipe est avant tout une chance, sachez-le. En revanche, participer à la vie d’une équipe est un devoir et une responsabilité.

Après ces mots, un silence s’installa dans la salle. Le regard de Sho suivit un vol d’oiseaux dans le ciel en demi-teinte. Parmi les nuages blancs, gris, et les quelques fragments de ciel bleu, les oiseaux n’étaient que des points, des grains de sable au milieu d’un océan de courants d’air. Pourtant, malgré les conditions, les difficultés, tous volaient au même rythme vers la même destination. D’une certaine manière, ils représentaient l’image d’une équipe soudée et déterminée à atteindre un but précis. Dans cette équipe, il n’y avait pas de place pour des écarts. Les contraintes étaient les contraintes mais tous volaient à la même allure.

Les yeux de l’eisei-nin clignèrent au ralentit, comme s’il photographiait cet instant.

SHO. Miomu-kun, tu ne pourras pas intégrer mon équipe pour le moment. Tu es rusé et déterminé mais tu manques encore de pratique. Je ne veux pas que ta vie soit mise inutilement en danger au cours d’une mission. Mais parce que je crois que tu as un avenir, je te propose de devenir ton Sensei le temps que tu acquiers davantage d’expérience. Je te laisse le choix d’accepter ou de refuser cette offre, de rester ici ou de franchir la porte de cette salle, tu es libre de choisir.

Le silence retomba aussi aisément qu’il avait été rompu. Sho, toujours tourné vers la baie vitrée, n’offrit aucun regard à l’intention de ses invités.

Se voir offrir une chance d’évoluer auprès d’un Sensei était rare par les temps qui courent. La plupart des aspirants et des genin se contentaient de suivre les cours de l’académie et de s’entraîner dans les montagnes dès qu’ils en trouvaient la force et la volonté. Takeshi recevait là l’opportunité d’apprendre et d’évoluer auprès de quelqu’un qui pourrait le guider, le conseiller, et même l’orienter dans ses choix futurs. Il n’intégrerait pas une équipe à proprement parler mais il aurait la chance de pouvoir se préparer mieux que quiconque à une intégration future. Le moment venu, il en saurait plus que n’importe quel autre shinobi du même niveau sur la manière de manipuler les techniques de bases de son répertoire, de se comporter en équipe, et d’évoluer sûrement vers les sommets.

Mais Takeshi était libre de faire ses propres choix et de suivre la route qu’il lui plaisait, Sho ne pouvait interrompre ce processus.

SHO. Seika, tu intègres dors et déjà l’équipe une du village. J’attends de toi que tu sois capable de faire abstraction du passé, du présent, et du futur au cours des missions que nous viendrons à remplir. Par le biais de cette équipe, nous représenterons le village et ses intérêts. Il est donc hors de question que notre ego nous ralentisse. J’espère que je pourrai compter sur toi.

Sur ces mots, l’eisei-nin se retourna et laissa ses bras retombés le long de son corps. Il fit quelques pas en direction du bureau, tira la chaise vers lui et s’y installa sans un grincement. Son regard d’or glissa le long du support en bois, les doigts de sa main droite le long du rouleau. De la main gauche, il ouvrit le seul tiroir du bureau et en sortit une plume et une bouteille d’encre noire qu’il disposa sur le support.

Sous ses doigts fins et habiles le rouleau se déroula pour laisser apparaître un formulaire destiné aux autorités. Il leva alors la tête et ses yeux se mirent à osciller entre Seika et Takeshi.

SHO. Si vous avez des questions à me poser, c’est le moment, annonça-t-il en coinçant la plume dans sa main droite. Auquel cas je vous invite à sortir et à profiter de cette journée. Demain est un autre jour.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: [Création Équipe] Salle B-44   Lun 19 Oct - 3:03

-| Salle B-44 |-
.5.

Takeshi-chan entra dans la salle alors que le sourire de Sho semblait agité d’un léger frémissement. Il était content qu’elle soit là, c’était déjà ça. Après, étant tous les deux dans le cadre professionnel, ils ne pouvaient pas se laisser aller à trop de familiarités non-plus, elle le comprenait très bien et savait que cela pouvait nuire à la bonne tenue de route d’une équipe. La jeune femme laissa son sourire s’effacer de son visage, et se contenta de faire un pas de côté pour prendre ses distances avec l’Aspirant Ninja, à qui la situation ne semblait pas plaire dans un sens. Et ça, juste parce qu’il avait surprit les paroles de Shijima.

[Takeshi] « Bonjour, Sho-sama. Je savais que vous me sentiriez. Il lui jeta un coup d’œil, puis reporta son attention sur le Responsable de l’Equipe. Je vois que vous vous connaissez déjà. Ah, au fait, appelez-moi Takeshi. »

[Sho] « Miomu-kun fera l’affaire. »

Une réponse formelle, de simple forme, un tantinet trop rapide. Peut être avait-il mal apprécié la fuite de l’Aspirant par la fenêtre ? Pourtant Sho souriait en reparaissant devant elle. Il fallait dire que Seika n’avait pas encore beaucoup côtoyé Sho dans le cadre de sa vie de Shinobi, et elle était loin de pouvoir comprendre ou analyser sa façon d’être. Tout ce qu’elle pouvait faire donc, c’était extrapoler par rapport à ce qu’elle savait de lui, c'est-à-dire pas grand-chose. Du coup, mieux là ne se faire aucune idée. Le visage de nouveau fermé, les bras croisés sous la poitrine, la jeune femme attendait la suite des événements : elle avait peut être passé un test d’accord, mais qu’est ça lui apportait de le savoir ? Surtout qu’elle n’était pas sur d’avoir bien suivi en quoi il consistait ce fameux test. Peut être que c’était tout simplement pour savoir si elle était capable de réagir quand il le fallait, ou plutôt d’agir. Le simple fait d’avoir voulu s’en prendre au gamin -à Sho donc- signifiait qu’elle était capable de prendre l’initiative, et de provoquer seule les événements. Mais dans la réalité des faits, ce qu’elle avait failli faire, c’était tout de même défoncer la tête de quelqu’un à coup de chaise. Si cela était vraiment arrivé… Cellule bonjour.

Finalement Sho leur fit signe de s’installer. La porte ouverte ne laissait plus échapper aucuns sons, autrement dit si équipe il devait y avoir à présent, seuls les personnes présentes dans cette pièce en feraient partis. La jeune femme prit place sur la première des deux chaises restantes, près de la fenêtre et donc de son Sensei. Croisant les jambes, elle plaça ses mains sur son genou droit, l’œil de nouveau totalement neutre, attendant juste que les choses se passent. Quand à Takeshi il prit place sur la chaise de droite, vers la sortie de la salle B-44, séparé l’un de l’autre par le vide créé par la jeune femme lorsqu’elle avait réussi à faire adhérer la troisième chaise à sa main pour la soulever et l’abattre sur le gamin insolent. L’homme aux cheveux rouges s’était posté face à la baie vitré ouverte, d’où leur parvenaient les sons du village. Le responsable de l’équipe semblait calme, et tout-puissant surtout, de par son statut et sa force. Aussi lorsqu’il prit la parole, Seika pu sentir cette force tranquille vibrer dans sa voix…

[Sho] « Le village est une âme. Sho croisa ses bras sur son torse, observant des éléments de l’extérieur. Une âme nourrie par chacun d’entre nous. Ce lien privilégié implique des devoirs et des responsabilités. Entrer dans une équipe est avant tout une chance, sachez-le. En revanche, participer à la vie d’une équipe est un devoir et une responsabilité. »

Seika acquiesça mentalement, elle en savait quelque chose de cette responsabilité à présent. En partie grâce à lui, mais surtout par elle-même finalement. Un silence s’installa dans la pièce. La jeune femme immobile, la tête légèrement penchée de côté pour garder un œil sur le Chuunin Instructeur, appréciait ce petit moment de calme : après la monté d’adrénaline qu’elle avait faite, elle avait presque l’impression de sentir le Chakra lui picoter le bout des doigts. Finalement, toujours dos aux deux personnes, Sho continua, les bras toujours croisés sur son torse. Ca l’étonnait d’ailleurs qu’il ne veuille pas se tourner, elle imaginait plus Sho comme quelqu’un qui regardait les gens en face et dans les yeux, ce qu’il faisait la plupart du temps avec elle. Mais peut-être n’était-ce justement, qu’avec elle … ?

[Sho] « Miomu-kun, tu ne pourras pas intégrer mon équipe pour le moment. Tu es rusé et déterminé mais tu manques encore de pratique. Je ne veux pas que ta vie soit mise inutilement en danger au cours d’une mission. Mais parce que je crois que tu as un avenir, je te propose de devenir ton Sensei le temps que tu acquiers davantage d’expérience. Je te laisse le choix d’accepter ou de refuser cette offre, de rester ici ou de franchir la porte de cette salle, tu es libre de choisir. »

Alors celle-là elle était pas mal non ? Sho Nagoshi venait de proposer à ce petit Takeshi-chan d’être son Sensei ! D’une, c’était rare, de deux c’était inattendu. Elle qui pensait que le jeune Aspirant ne trouvait pas grâce aux yeux ambrés du jeune homme, et bien non, que nenni, c’était peut être tout le contraire. Ou alors, c’était juste l’affaire qu’il puisse évoluer plus vite en effet. S’il avait autant de passion à fuir qu’à apprendre, peut-être pouvait-il arriver à quelque chose en effet, surtout sous la direction d’un homme comme ce Ninja Médecin. Au moins si Takeshi acceptait, ce qu’il ne manquerait pas de faire s’il lui restait deux sous de jugeote, il n’aurait pas à craindre les coups pendant les entrainements : son Sensei pourrait le soigner directement.

[Sho] « Seika, tu intègres dors et déjà l’équipe une du village. J’attends de toi que tu sois capable de faire abstraction du passé, du présent, et du futur au cours des missions que nous viendrons à remplir. Par le biais de cette équipe, nous représenterons le village et ses intérêts. Il est donc hors de question que notre ego nous ralentisse. J’espère que je pourrai compter sur toi. »

[Seika] « Humf. »

La jeune femme secoua faiblement la tête, tandis que Sho se retournait brusquement en décroisant les bras. Seika détourna son regard du sien et regarda à son tour avec attention les montagnes au loin, entourant naturellement le village caché. L’égo de Shijima n’avait rien à voir sur ses capacités, mais le Shinobi savait surement ce qu’il faisait en la mettant en garde et l’incitant à rester finalement professionnelle. Elle le lui avait montré durant la mission qu’elle était capable de faire abstractions du reste, sauf pendant la nuit passé près du feu. Mais ça n’avait été que quelques minutes, une heure tout au plus. Mais la jeune femme connaissait déjà la réparti : une seconde suffit à l’ennemi pour retourner une situation à son avantage. Sho regagna le bureau, puis s’installa derrière lui. Le Chuunin caressa des doigts le rouleau, tout en ouvrant un tiroir pour en tirer un nécessaire à écriture. La jeune femme venait de comprendre : elle devait de nouveau assurer son consentement à Kumo sur sa participation au programme des équipes, papiers qu’elle avait déjà vue, d’être intégrée à l’équipe n°3 à l’époque, puis la n°2, et maintenant, la n°1. Et après ça ? Ce serait le tour de l’équipe n°0 ? Aucun élément de son apparence ne changea tandis qu’elle irait de l’administration du village, intérieurement bien sur.

[Sho] « Si vous avez des questions à me poser, c’est le moment. Auquel cas je vous invite à sortir et à profiter de cette journée. Demain est un autre jour. »

Le Responsable avait coincé la plume entre ses doigts de sa main droite, un coude posé sur le bureau. La jeune femme décroisa les bras et replongea son regard dans celui de son Sensei, avant de battre des cils, comme si elle venait de se réveiller. D’un geste plein de grâce, elle se passa la main dans sa chevelure noire, avant de refermer le haut de sa veste sur sa bouche, signifiant pour sa peur qu’elle n’avait rien d’autre à ajouter. En quelques secondes, la jeune femme fût debout. Elle n’avait pas replacé sa capuche sur son crâne : plus besoin d’artifice, car la sortie se devait d’être naturelle, même si au fond d’elle des mots menaçaient de sortir d’eux-mêmes de ses lèvres, sans qu’elle puisse les retenir. Elle devait donc partir au plus vite, avant de dire n’importe quoi. Sho et elle se ressemblait peut être trop par moment, et malgré ces instants passés quelques jours auparavant durant cette charmante soirée n’enlevait pas cette impression bizarre, de ressentir quelque chose d’anormal en pensant, ou en étant proche de Sho Nagoshi. Peut être, l’impression, que lui savait des choses qu’elle désirait savoir. Mais, que l’inverse était vrai, et que Sho désirait savoir d’elle des choses qu’il ignorait.

Sans un mot, la jeune femme à la chevelure d’ébène passa devant Takeshi, qui n’avait pas encore donné sa réponse à Sho. Il valait mieux d’ailleurs qu’elle soit déjà partie pour qu’ils puissent parler seul à seul de ce futur apprentissage sous tutelle. Cependant Seika avait une dernière chose à ajouter à son nouveau Responsable d’équipe, de ce binôme en fait. Quelque chose qui lui brûlait les lèvres, et qu’elle devait dire, par honnêteté, tout simplement parce qu’il était des choses difficiles à changer. Et il aurait beau lui demander de ne pas laisser certaines choses traverser son esprit en mission, il n’en restait pas moins une vérité, qu’elle avait eu l’occasion d’expérimentée. Ainsi, dos à lui, face au couloir, la jeune femme ralentit son pas. Doucement, ses deux pieds furent de nouveau parallèle, et sa voix douce résonna, avec une force différente de celle de son Sensei, une force qui n’émanait ni de sa force ou de sa puissance, ni de position hiérarchique, ni de son vécu de Kunoichi : c’était une force venant des eaux profondes de son âme.

[Seika] « Nagoshi. Sa voix froide se diffusa comme un vent glacial dans la salle B-44. L’ego, ne ralentit pas toujours celui qui le nourrit, mais il reste dangereux à satisfaire. »

Seika tourna la tête et lui lança un dernier regard par-dessus son épaule, de son œil gauche. Un nouveau silence s’installa, comme celui qu’il y avait eu lorsque la jeune femme avait plongé son regard dans les yeux du gamin. Ce qu’elle voulait surtout dire, c’était que dans son cas, certes son passé n’était pas rose, et certaines considérations personnels s’ajoutaient parfois à ses mots, ou ses actions, mais que dans l’absolu elle savait assez se contrôler pour non-pas supprimer son égo, mais justement s’en servir comme d’une arme, certes à double-tranchant, mais capable de bien des prouesses. L’ego est une chose dangereuse à nourrir, dangereuse, très dangereuse… Mais il y avait bien plus qu’un simple égo sous la surface des eaux troubles du lac de son âme. Le regard de la jeune femme perdit brusquement sa froideur, et avec un sourire, les yeux plissés, elle ajouta.

[Seika] « Prévenez-moi quand vous requerrez ma présence Nagoshi-san. Elle lança un regard à l’Aspirant Ninja. Ravi de t’avoir rencontré Takeshi. Bonne journée à vous deux. »

La Kunoichi tourna la tête avant de quitter la pièce, dans un bruissement de tissus à peine perceptible. Certaines choses changent avec le temps… Et quelque part en elle, son âme vibra, comme si quelque chose venait de respirer sous la surface… Le sourire doux de la jeune femme lui revint, tandis qu’elle quittait l’académie : en duo avec Sho… Elle n’en demandait pas tant !

.Fin.

MessageSujet: Re: [Création Équipe] Salle B-44   Lun 19 Oct - 19:22

Takeshi était debout, en face de Sho. Seika s’était écartée d’un pas pour laisser un distance convenable entre eux. Takeshi salua le Chûnin, et lui demanda de l’appeler Takeshi. Pourtant, son interlocuteur s’obstinait à l’appeler Miomu-kun.

« Si c’est ce que vous désirez… »


Il ne termina pas sa phrase. La suite était assez simple à deviner : si c’est ce que vous désirez, je ne vais pas vous contredire, ou quelque chose dans ce style. Sho les invita à s’asseoir sur les chaises restantes. Oui, « restantes », car une chaise avait été réduite en pièces par Seika, et une autre était renversée.

Seika s’assit en premier. Elle prit la chaise la plus proche de la fenêtre. Allez savoir pourquoi… Takeshi prit donc la chaise la plus proche de la sortie. Au moins, cette fois-ci, s’il se passait quelque chose, il pourrait passer par la porte. Il s’assit, et pivota un tantinet la chaise, pour mieux voir Sho, qui s’était approché de la fenêtre. Il regardait le village, écoutait les sons. L’académicien les sentait faiblement, mais pas assez pour les distinguer. En tout cas, il attendit.

« Le village est une âme, fit-il en croisant ses bras sur son torse. Une âme nourrie par chacun d’entre nous. Ce lien privilégié implique des devoirs et des responsabilités. Entrer dans une équipe est avant tout une chance, sachez-le. En revanche, participer à la vie d’une équipe est un devoir et une responsabilité. »

Le village est une âme… Cela impliquait l’union du village, et aussi la façon de pensée –commune- du village. Nourrie par chacun d’entre nous… Ca appuie sur la place de chacun dans le village, le rôle à jouer. Devoirs et responsabilités… C’était le lot de tout le monde, mais il y avait un but, derrière tout ça. Entrer dans une équipe est une chance… Là, il n’y avait rien à déduire. Mais Takeshi commençait à y voir clair. Devoir et responsabilité… Encore ? Pour Takeshi, Sho voulait montrer la difficulté d’être dans une équipe. Ce n’était pas qu’un titre, il fallait travailler dur, et ne pas mettre en danger les autres. Cela coulait de source.

Il y eut un long silence. Il ne fut rompu que par Sho, qui continua :

« Miomu-kun, tu ne pourras pas intégrer mon équipe pour le moment. Tu es rusé et déterminé mais tu manques encore de pratique. Je ne veux pas que ta vie soit mise inutilement en danger au cours d’une mission. Mais parce que je crois que tu as un avenir, je te propose de devenir ton Sensei le temps que tu acquiers davantage d’expérience. Je te laisse le choix d’accepter ou de refuser cette offre, de rester ici ou de franchir la porte de cette salle, tu es libre de choisir. »

Tu ne pourras pas intégrer l’équipe pour le moment ? Quoique, c’était logique. Takeshi n’était qu’un académicien, et les deux autres étaient deux Chûnins confirmés. Il allait être un boulet énorme, et il allait mettre en danger les autres, et lui, par la même occasion. Par contre, Sho pensait qu’il était rusé et déterminé, un beau compliment pour un académicien. Puis, le Chûnin avait proposé à Takeshi de devenir son élève. Nan, c’est vrai ? pensait l’académicien. C’était énorme ! Avoir un maître perso comme Sho… Il ne le connaissait pas mais vu ses performances lors de leur rencontre, cela ne faisait aucun doute qu’il était très fort. En plus, il tenait Seika en respect. Raison de plus pour accepter.

Takeshi sourit de toutes ses dents. Bien sûr qu’il acceptait ! Mais il n’eut pas le temps de répondre.

« Seika, tu intègres dors et déjà l’équipe une du village. J’attends de toi que tu sois capable de faire abstraction du passé, du présent, et du futur au cours des missions que nous viendrons à remplir. Par le biais de cette équipe, nous représenterons le village et ses intérêts. Il est donc hors de question que notre ego nous ralentisse. J’espère que je pourrai compter sur toi. »

Seika allait donc faire partie de l’équipe 1. Sho lui expliqua qu’ils représenteraient le village et ses intérêts. Il fallait faire abstraction de son passé, présent et futur, et l’ego ne devait pas les ralentir. Quelque chose de très flou encore pour Takeshi, mais qui ne tarderait pas à s’éclaircir. La Chûnin grommela. Mais Sho enchaîna, en prenant une plume et le rouleau :

« Si vous avez des questions à me poser, c’est le moment. Auquel cas je vous invite à sortir et à profiter de cette journée. Demain est un autre jour. »

Seika referma sa veste, protégeant ainsi son menton. Elle se releva rapidement, puis s’approcha de la sortie. Puis parla, d’une voix calme mais puissante :

« Nagoshi. Sa voix froide se diffusa comme un vent glacial dans la salle B-44. L’ego, ne ralentit pas toujours celui qui le nourrit, mais il reste dangereux à satisfaire. »

Une opinion différente par rapport à l’égo. C’était encore une fois, une manière de voir les choses.

« Prévenez-moi quand vous requerrez ma présence Nagoshi-san. Elle lança un regard à l’Aspirant Ninja. Ravi de t’avoir rencontré Takeshi. Bonne journée à vous deux. »

Puis, sans dire un mot de plus, Seika disparut. Moi aussi, ravi de te rencontrer, Seika, se dit l’académicien. Takeshi reporta son attention sur l’homme qui commençait à écrire sur le rouleau de papier. Il sourit à nouveau, et dit :

« Je ne vous ai pas encore donné ma réponse, Sho-sensei. C’est sans hésiter que j’accepte de devenir votre élève, puisque vous m’en faites la si aimable proposition. »

Takeshi fit une pause. Il ne trouvait pas les mots, puis se lança, avec un style maladroit :

« Hum… C’est un immense privilège de vous avoir comme sensei. Contactez-moi quand vous sentirez que je suis prêt. »

Il avait suivi le modèle de Seika, dans le style. Après tout, il avait à peu près la même chose à dire, non ? Sur ce, il se leva, prit son sac, et s’approcha de la sortie. Il se tourna vers Sho, et souriant aimablement :

"A demain peut-être ! A moins que vous n’ayez quelque chose à me dire ?"

MessageSujet: Re: [Création Équipe] Salle B-44   Mer 21 Oct - 18:10

¤,.°o°O Chapitre 9 : Un Fragment d'Avenir O°o°.,¤
« Le gamin »
5

La main droite de Sho s'anima au contact du parchemin. Il inscrivit la date, le lieu, dans une écriture fine avant de se pencher sur le contenu du parchemin, à savoir le formulaire officielle de création d’équipe. En quelques secondes, ce formulaire fut rempli et signé comme le protocole le demandait. L’eisei-nin reposa ensuite sa plume sur le bureau et tourna son regard vers Seika.

La kunoichi s’empressa de remonter la fermeture éclaire de son haut jusqu’à son visage, voilant ainsi définitivement ses lèvres. Sho comprit qu’elle n’avait rien à ajouter. Seika ne s’attarda pas plus longtemps sur sa chaise. Sans regards, sans paroles, elle se leva et se dirigea lentement vers la sortie. A mi-chemin quelque chose l’empêcha d’aller plus loin, comme une sorte de force invisible. Sho la fixa attentivement quand elle s’adressa à lui sur un ton froid et étranger.

SEIKA. Nagoshi. L’ego, ne ralentit pas toujours celui qui le nourrit, mais il reste dangereux à satisfaire, fit-elle.

L’oeil marron-rouge de la belle croisa les siens pendant un court instant. Sho y lut de l’insensibilité mais aussi une certaine forme de détermination, choses qui pouvaient coller avec la personnalité de Seika sous certaines conditions mais qui ne lui ressemblaient pas totalement dans le fond. Il avait l’impression de regarder une inconnue. Une inconnue qui retrouva rapidement les traits de Seika dans un seul sourire et dans cette manière si particulière qu’elle avait d’exprimer la joie ou la gaieté en plissant simplement ses yeux.

SEIKA. Prévenez-moi quand vous requerrez ma présence Nagoshi-san, ajouta-t-elle avant de porter son regard sur Takeshi. Ravi de t’avoir rencontré Takeshi. Bonne journée à vous deux.

Sho fixa l’encadrement de la porte encore longtemps après le départ de Seika. C’est finalement Takeshi qui le ramena dans l’instant présent.

TAKESHI. Je ne vous ai pas encore donné ma réponse, Sho-sensei, dit-il. C’est sans hésiter que j’accepte de devenir votre élève, puisque vous m’en faites la si aimable proposition.

Il acceptait. Sho sourit, aussi bien à sa juste décision qu’à se l’imaginer refuser cette offre. De mémoire de shinobis, on n’avait encore jamais vu un aspirant ou même un genin refuser l’instruction d’un Sensei qualifié. Même si en avoir un autrement que dans le cadre d’une équipe relevait aujourd’hui d’une exception, il n’en demeurait pas moins judicieux de bondir sur l’occasion dès qu’elle se présentait. Takeshi avait fait le bon choix. Il ne le savait peut-être pas encore mais il finirait tôt ou tard par le comprendre. C’était là l’essentiel.

Dans le but de compléter son rapport, Sho reprit sa plume et ajouta une ligne supplémentaire sur le formulaire. Il y fit mention de son nouveau rôle auprès de Takeshi. Cette affaire étant réglée, il rangea tout le matériel, plume et encrier, là où il les avait déniché puis il finit par enrouler le parchemin sur lui-même pour lui redonner sa forme de rouleau. Takeshi était encore assis face à lui quand il ajouta ces quelques mots :

TAKESHI. C’est un immense privilège de vous avoir comme sensei. Contactez-moi quand vous sentirez que je suis prêt.

Sho hocha de la tête et regarda le jeune aspirant hisser son sac sur ses épaules et s’éclipser par le même chemin qu’avait emprunté Seika juste avant lui. Comme elle, il le salua. Salutations auxquelles Sho répondit par un simple sourire. Takeshi lui demanda s’il avait quelque chose à lui dire avant de partir mais l’eisei-nin répondit que non en secouant légèrement la tête. L’aspirant disparut à son tour et Sho se retrouva seul dans la salle B-44. Beaucoup aurait certainement profité du calme et de leur recul pour s’affaler contre le dossier de leur chaise et soupirer bruyamment en se disant quelque chose comme « et c’est repartit pour un tour » mais Sho, lui, ne fit rien de tout ça. Il resta terré dans son silence, figé dans le temps à contempler le vide presque comme s’il y distinguait quelque chose de cacher. Les minutes s’écoulèrent ainsi sans que l’eisei-nin ne quitte la salle dont il avait hérité le temps d’une journée. Les heures passèrent jusque tard dans l’après-midi. Sho sortit enfin de son immobilisme en s’emparant du rouleau posé jusque là à la verticale devant lui. Debout, il adressa un dernier regard en direction de la baie vitrée. Dans le reflet de la vitre, il aperçu une partie de sa silhouette, le profil de son visage, et son oeil gauche brûlant comme un rayon de soleil.

Sans comprendre pourquoi, il sourit à cette vision puis il quitta la salle en prenant soin de refermer la porte derrière lui.

A ce moment de la journée, la plupart des équipes étaient sûrement constitués. Sho avait non seulement réussi à établir un duo prometteur avec une des ses anciennes élèves mais il était également devenu le nouveau Sensei d’un jeune aspirant prometteur. Le résultat de cette journée était donc positif, très positif même pour le village. Sho avait déjà imaginé tout un programme pour ses protégés. Entraînements, tests, missions, rien n’était laissé de côté. Il avait toutes les cartes en main pour réussir quelque chose de conséquent, il ne lui restait donc plus qu’à abattre ses cartes les unes derrière les autres avec une infinie précision.

[ FIN ]

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: [Création Équipe] Salle B-44   Mer 21 Oct - 18:21

Session très sympathique, merci à vous deux pour votre participation. Vous recevrez de nouvelles instructions demain ou après-demain par MP !


    Sho : +64 XP | bonus chuunin inclus
    Seika : +60 XP | bonus chuunin inclus
    Takeshi : +41 XP

MessageSujet: Re: [Création Équipe] Salle B-44   Lun 1 Fév - 20:26

¤,.°o°O Chapitre 10 : Les Prémisses du Changement O°o°.,¤
« L'adulte »
1

La salle B-44 n'avait pas changé d'un poil depuis sa dernière utilisation. Le panorama qu'offrait la baie vitrée dessinée dans le mur du fond était tout simplement sensationnel. Des toits jusqu'à perte de vue, le sommet de l'hôpital taillé comme un monument dans la masse, puis plus loin les montagnes et leurs pics vertigineux ; bref, un Kumo dans toute sa splendeur. Au pied de cette baie vitrée le bureau en demi-cercle projetait une ombre grise sur les premières rangées. Assit derrière celui-ci, Sho ne brisait son immobilisme que pour tourner les pages de son livre.

Le matin même, il avait fait passer une annonce sur tous les panneaux de l’académie. L’équipe n°1 recrutait. Une équipe dont Sho avait la charge depuis quelques mois et qu’il était, selon lui, grand temps de renforcer. Kumo se portait bien, peut-être mieux que d’autres grandes puissances, mais le rythme des missions avait baissé. Le village ne pouvait pas se permettre de perdre des investissements, surtout dans les circonstances actuelles. Tous les ninjas qui possédaient un temps soit peu de responsabilités n’avaient qu’une menace en tête : Asahi. Aucun des grands villages cachés ne pouvait se permettre d’oublier la terrible attaque de l’organisation au cours du dernier Examen Chuunin à Konoha. Aucun d’eux ne pouvait oublier l’aisance avec laquelle l’organisation avait frappé au coeur de l’évènement. Des mesures étaient certainement prises un peu partout dans le monde pour tenter de préparer au mieux chaque nation aux prochaines secousses du puissant monstre.

A Kumo, il avait été décidé que les équipes devaient se renforcer et gagner en autonomie. Le nombre de missions accomplies ces quatre dernières semaines n’avait pas bougé d’un iota par rapport au mois dernier. Si les compteurs étaient loin d’être dans le rouge, il fallait néanmoins remédier au manque d’implication du village sur le marché. Kumo avait besoin d’argent pour améliorer ses installations et ses équipements. Kumo devait impérativement trouver un rythme de croisière digne de la puissance qu’elle était. Pour cette raison et pour bien d’autres, Sho avait décidé de rouvrir sa classe. Il espérait ainsi recruter deux à trois nouvelles recrues pour se lancer dans une série de missions qui viendraient gonfler le prestige du village auprès des seigneurs.

Après une heure de présence, le Chuunin Instructeur n’avait reçu la visite que d’un aspirant passablement perdu qui lui avait demandé son chemin. Il n’était pas vraiment étonné de voir si peu de personnes se bousculer à sa porte. La plupart des équipes étaient formées depuis plusieurs semaines et rares étaient les ninjas qui n’avaient pas trouvés d’affiliation durant la dernière campagne de recrutement. Aujourd’hui, le contexte était différent. Mais Sho ne désespérait pas. Il savait que quelqu’un finirait par se présenter. Peut-être que cette personne correspondrait à ses critères, peut-être pas. Dans le fond, cela n’avait pas une grande importance. Sho espérait seulement susciter l’intérêt de quelques ninjas isolés et qui sait, peut-être tomber sur une ou plusieurs perles rares qu’il se ferait un plaisir de torturer à sa manière pour les conduire aux sommets.

Son regard flamboyant longeait les lignes de son livre. Dans son silence, il étudiait quelques écrits sur un sceau très ancien dont l’effet principal se résumait à pouvoir téléporter un grand nombre de personnes d’un point A à un point B. Le texte se voulait assez vague, mais Sho avait déjà noté plusieurs références qu’il se donnerait le temps de lire quand il aurait assez de temps devant lui. Depuis que Yoigoshi avait abordé la maîtrise des sceaux en sa présence, il éprouvait une curiosité prononcée pour cet art ninja longtemps mis de côté. Selon lui, Kumo avait grand intérêt à développer l’étude de ce domaine, même s’il s’adressait à une certaine classe de ninjas. A bien y réfléchir, peut-être même qu’il évoquerait cet apprentissage rigoureux au cours des futures séances d’entraînement en équipe.

Deux tocs retentirent brusquement. Sho décolla sensiblement son regard du texte pour regarder au-dessus du livre vers la porte d’entrée.

[Sho] – Entre.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: [Création Équipe] Salle B-44   Mer 17 Fév - 18:41

    La classe est officiellement fermée. Sorry. La patience est une vertu que j'ai décidé de ne plus posséder.

    Sho : +8 XP ( bonus chuunin inclus )

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MessageSujet: Re: [Création Équipe] Salle B-44   

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