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 Résidence Luuse

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MessageSujet: Résidence Luuse   Mar 3 Nov - 20:31

°~° Prologue : The Frostwhisper °~°


Pourquoi, pourquoi, qu'ai-je fais, pourquoi ...
Hurlement terrible qui déchire la nuit, glaçant mon sang, annonçant le glas sinistre de la fin, de la déchéance, un avant-goût de ce qui m'attendait lorsqu'il m'aurait enfin atteint ...
Mais, à quoi bon fuir ? Mes plaies saignent, mes forces me quittent au rythme des gouttes de sang coulant sur le sol ... Froides, si froides, se gelant au contact de l'air, tombant dans un fracas qui me semble si assourdissant ...
Froid, si froid, mon souffle qui s'étend en nuages de vapeur ...
Gagner du temps, je dois ... Les prévenir, oui, tant qu'il en est temps, vite ...
Mes mains engourdies tracent les runes aussi vite qu'elles en sont capables, avant qu'un chien apparaisse dans une fine volute de fumée, pelage d'automne, oreilles levées, nerveux, en position de garde, alors que cela ne faisait qu'une fraction de seconde qu'il se retrouvait dans notre plan.
*Il le sent* pensais-je tout de suite ... Et pourtant, la distance qui nous sépare était ... Importante.
Mais, vu la facilité avec laquelle il s'était défait de moi ...
Gémissement de douleur, balancement, nausées, j'entoure mes cotes de mes bras, dans une tentative futile d'empêcher le sang de couler ...

-Kakai, cher Kakai ... Cette lettre ... Il doit la recevoir ... Cours, cours, cours, ne regarde en arrière, ne t'arrête jamais ô grand jamais, ou tout mes sacrifices ... Inutiles ...

-Compris.

Un seul mot, un seul regard, volonté inébranlable face à ce qui était mon dernier testament, il se saisit de la lettre tachée de sang, sang tombé par inadvertance, sang qui je l'espérais ne gênerait en rien à la lisibilité ... Peur, si peur, que tout cela soit inutile ...
Comment en suis-je arrivé là ?
Je ne sais pas, je ne sais plus, mais je n'ai plus le temps, et je ne l'aurais plus jamais ...
Nouveau gémissement, plus fort cette fois-ci, malgré tous mes efforts pour le retenir ...
Seule, si seule, le bruissement des feuilles, des pas, du passage de Kakai ne sont plus, me laissant solitaire face à ma destinée ...
Aurais-je pu croire, à un seul instant, mourir ainsi ?
Gémissement plus long, larmes de douleur, de tristesse, de désarroi, qui perlent, glissent le long de mes joues.
Pourquoi, pourquoi, je n'ai jamais voulue être là, pourquoi m'y a-t-on obligée ? Pourquoi, pourquoi ...
Nouveau hurlement, strident, proche, beaucoup trop proche, gémissement de peur, alors que j'essaye tant bien que mal de me relever, que je m'appuie sur un arbre proche ...
Grimace, alors que je sens de la résine se coller à ma main, se mêlé à mon sang, coulé finalement dans une écœurante couleur vomi ...
Haut le cœur violent, arrière-goût désagréable qui monte à la gorge, odeur de sang qui étouffe mes narines ...

Je cours, encore et encore, à travers les feuillages, ronces, orties qui fouettent, entaillent mon visage, vêtements en lambeaux à cause de mes innombrables chutes ...
Mal si mal, mais je cours comme si les fouets de l'Enfer étaient à mes trousses, mal, si mal, mais ... C'est pour le mieux. Je ne fuis pas pour me sauver, je ne suis pas stupide au point de croire à cet éphémère espoir ... Il lui faut du temps, et du temps, c'est la seule chose que je peux offrir, désormais ...
Mes plaies m'élancent, mon cœur bat trop rapidement, larmes, sang, et transpiration se mêlent en un liquide poisseux qui suinte ...
D'angoisse.
La Lune illumine, la scène terrible, spectatrice de son forfait, héraut de sa prochaine venue, sensible aux hurlements sauvages de son fils, Mère bienveillante, encourageant son enfant.
Vite, plus vite ...

Recroquevillée sur moi-même, tête entre mes genoux, j'attends ...
Juste attendre, incapable de quoi que se soit d'autre, tremblements incontrôlables, alors que je sens qu'il arrive, Porte-Givre, température tournant froide, glaciale.
Je n'arrive plus à penser à quoi que ce soit d'autre, à par ...
Que je vais mourir, ici, seule au beau milieu de nulle part ...
... Et personne, personne ne le saurait, morte toute seule, alors qu'on s'inquiéterait pour moi, mois de recherche pour enfin trouver ma dépouille glacée ...
Pourquoi, pourquoi, pourquoi en suis-je arrivée là ? Pourquoi ..?
Gémissement de douleur, plus faible ...
Les perles de sang coulent, mais je m'en moque, plus rien n'a d'importance ...
Pourquoi cela en aurait, après tout ... Il ...
Faible grincement, je relève ma tête beaucoup, beaucoup trop lentement ...
Le sceau ... Rien senti ... Comment ..?
Un vent glacial vient assaillir mes plaies, les rendre plus douloureuses qu'elles ne le sont déjà, me recroqueviller d'autant plus ...
Et il cesse aussi vite qu'il a commencé ... Porte qui grince, battant qui s'ouvre et se ferme, bête terrible qui ouvre et referme sa bouche garnie de crocs ...
Bête de laquelle je suis prisonnière ...
Longues, trop longues secondes ... Sueur qui coule le long de mon front, de ma joue, bien trop lentement ... Larme de sueur, qui arrête sa course un moment sur le bout de mon visage, pendant de bien trop longues secondes ...
Regard qui ne se détache d'elle, alors qu'enfin elle tombe, elle tombe, elle tombe ...
Glace.
Glace qui éclate au contact du sol. Yeux écarquillés.
Noir, si noir ... Rien qui ne se dévoile, une fois le seuil passé ...
Froid, si froid ... Vapeurs qui tombent en lourdes volutes.
J'avale ma salive, avec difficulté, avant qu'enfin, sinistre son se laisse entendre, quelque chose qui roule sur le sol, quelque chose qui roule vers moi, peur, trop peur, de voir ce que ça pourrait être, de ce que ça pourrait signifier ...
Yeux qui se lèvent enfin, peureusement.
Cri de terreur qui meurt dans la gorge.
Kakai ... Pourquoi ... J'étais sûre ... Mes Bunshin ... Pourquoi ..?
Plaquée au sol, bave qui coule le long de mon visage, crocs si près de ma gorge, grognement ô combien atroce ...
Loup aux yeux de braise, pelage de neige, imposant, griffes déchirant la chair de mes bras.
Incapable de bouger, plus les forces, plus l'envie, plus rien, rien, rien ...

Et je n'ose même pas tourner la tête, pour le regarder, lui ...
Comme la bête sanguinaire, je n'ai pas entendu son arrivée, je sais juste qu'il est là, son souffle chaud contrastant avec le froid mordant, je le sens, sa présence, je le sens, accroupie à coté de moi, me contemplant ...
Je ferme les yeux, lâchement, pourquoi, pourquoi ... Je n'ai jamais demandée à être là ...
J'éclate en sanglots, larmes se glaçant sur mes joues, gémissements faibles et pathétiques ...


-Pitié ...

-Où est-elle ..?

-Pitié ...

Sa voix était douce, si douce, douce à un point que je ne l'aurais jamais imaginé ...
J'ose enfin tourner le regard vers lui ...
Triste, si triste ...
Pourquoi, est-il si triste ..?
Yeux d'ébène, qui me contemplent mélancoliquement ...
Triste, si triste, pourquoi ..?


-Navré, vraiment ...

Éclat saphir.


Dernière édition par Uzumi Meloku le Mer 11 Nov - 20:58, édité 1 fois

MessageSujet: Re: Résidence Luuse   Mer 11 Nov - 19:45

°~° Chapitre 1 : Union Interdite °~°


Rêves et espoirs ...
Encore une journée, copie de celle d'hier, d'avant d'hier ... Celle de tous les jours d'avant, en fait ...
Que suis-je ..?
Rêves et espoirs, brisés comme miroirs au sol ...
Si faible, si pathétique ...
Qui suis-je ..?
Pourquoi ... pourquoi s'entête-t-on, à me faire comprendre que je n'ai rien à faire, ici ...
Pourquoi, pourquoi s'acharnent-t-ils, à me faire regretter mon existence même ...
Une réponse, si simple, si facile, qui vient d'elle-même ...
Différente ... Car tu es toi, différente d'eux ...
Car tu es toi, qui l'aime elle ...
Car tu es toi, et que eux ne le sont pas ... Méprisables ...
Où est-elle, ma reine, ma déesse, ma raison de vivre, mon univers ..?
Triste, si triste, sans toi à mes cotés ...
Triste, si triste, sans toi, avec moi, toi qui éclipse tout ce qu'il y a autour, et même au delà ...

Recroquevillée sur moi-même, épaules affaissées, tête entre les genoux.
Ciel gris, lourds nuages qui vagabondent paresseusement, dans les prairies infinies et célestes, royaume où tout est beau, pur, si proche des astres, petits et grands, lunaires et solaires ...
Quoi qu'il en soit, ici bas, les nuages ont décidés de *me pisser dessus*, comme le disent si poétiquement les bien trop nombreux résidents des quartiers bas ...
Regard perdu dans les étendues d'un étang aux eaux verdâtres, trônant au milieu d'un petit parc, bien entretenu, en plein cœur du Village ...
Joncs et roseaux, pour seule compagnie ...
Au moins, l'herbe est relativement confortable ... Mais humide, humidité qui s'infiltre à travers les vêtements, me gèle jusqu'aux os, refroidit ma peau comme le plus mordant des froids ...
Et pourtant, je ne veux pas, je n'ose pas pas me relever ... Regard perdu sur les flots immobiles, silencieux, eaux calmes bercées par la symphonie de milliers de goutes tombant en cœur ...
Mélodie qui m'entraîne vers d'autres horizons, lac qui devient océan, eau à perte de vue, destination inconnue qui se profile ...
Tellement envie, de partir pour l'inconnu ... Tellement peur, que ce soit bien pire qu'ici ... Tellement peur, de ce que je pourrais voir, de ce que je pourrais manquer, en me retournant ...
Vent qui se lève, qui caresse mon visage, entraîne mes larmes, pluie qui s'écrase sur mon visage avec plus d'intensité ...
Froid, si froid ... Aucune envie, pourtant, de faire en sorte que cela cesse ...
Regard qui se lève, yeux rougis, mère et fils qui se baladent, sur l'autre rive ... Pressés de revenir chez eux, sûrement ... Après tout, il pourrait attraper froid, ce mignon petit enfant ... Ce serait dommage, qu'il tombe malade, collé à sa mère, enfouis dans un manteau bien trop grand pour lui ... Pourquoi, penser à lui, alors que je suis exactement dans son cas ..?
Car je ne le suis pas ... Car lui profite de la chaleur de quelqu'un qui l'aime ... Car lui n'aura sûrement les problèmes que j'ai, moi ...
Larmes qui coulent, alors que mon regard ne se détache des deux silhouettes, qui avancent encore et encore, jusqu'à disparaître dans le lointain ...
Regard qui ne se détache, du point où je les ai perdu de vue ...
Je ne serais jamais comme eux, jamais heureuse comme ils le sont ... Cela m'est refusé, on dirait bien ...
Ma tendre et douce, où es-tu ..? Pourquoi n'es-tu pas là ?
J'ai ... besoin de toi ... Égoïste que je suis, je ne pense qu'à mon bien-être, plutôt qu'au tien ...
Méprisable, méprisable, juste méprisable ...
Gémissement plaintif qui s'élève, avec pour seule réponse le clapotis de la pluie contre les eaux ...
Seule, si seule ... Si seulement, si seulement ce lac pouvait me tenir compagnie ... Pouvait me parler, partageait mes peines ... Tellement mieux, je me sentirai, tellement apaisée, je serais, en plein cœur de ce maelström ...


-Seule, si ... seule ...

Voix qui s'élève, à peine perceptible, effacée par la pluie qui gagne en intensité.
Cheveux collés à mon front, à mes joues, m'empêchant de voir clairement, long rideau voilant ma vue, de l'enfer sur terre.
L'enfer est autrui, disait un auteur. Tellement, tellement raison ...
Moins de gouttes viennent frapper mon visage, pluie qui se calme, qui me caresse presque, impression absurde, alors que mon regard se perd de nouveau dans ces eaux teintés de bleu et de vert, de nuances et tonalités infinies, ne laissant rien deviner de ce qui pourrait se trouver sous la surface ...
Nouveau soupir, mais pourtant, je me sens un peu mieux, un peu plus calme, plus envie d'être dégoutée à vie de l'eau, ou, plus simplement, de me noyer ...
Et la pluie qui reprend de plus belle, à cette simple pensée, pluie qui me lacère presque la peau, me faisant tomber à la renverse, protéger mon visage de mes mains ... avant de s'estomper aussi vite qu'elle est venue ...
Douce pluie, qui me berce, me console, mieux que quiconque ne pourrait le faire, à par toi ...
Où es tu, mon amour ..?

Longues secondes, dans le silence le plus total, yeux clos, profitant de la sensation, assise en tailleur.
Longues secondes, où je ne pense plus à rien, sauf à elle ...
Hâte de revenir à l'appartement, la voir, sauter dans ses bras, partager mes lèvres avec les douces siennes, et peut être ... sûrement, même, plus encore ...
Grognement plaintif de mon ventre, qui interrompt tout cela.
Nouveau soupir, j'ai oublié de prendre mon petit déjeuner, ce matin ... Regard qui se lève, vers le ciel ... limpide, je le devine, à travers les nuages ...
Gouttes d'eau, tombant autour de moi, caresses imperceptibles et ô combien nombreuses ...
Il est temps de rentrer, je pense, Motoko-chan doit sûrement s'inquiéter pour moi ...
Faim qui m'assaille, j'époussète mes hanches, même si je sais que ça ne sert à rien, la pluie a accompli sa tâche, à ce niveau là, regard qui se dépose à nouveau, sur cet océan de pureté ... Lasse, si lasse, que j'ai envie de ne pas bouger d'ici ... Mais, il le faut bien, après tout, on m'attend, enfin, je l'espère ...
Long soupir.
Bruit mas, de quelqu'un qui s'assoit. A coté de moi.
Impossible, je ... Entendu, il aurait du faire du bruit en approchant, comment ...
Pourquoi, surtout ...
Je reste immobile, tétanisée, tête qui refuse de pivoter à ma gauche, pour voir à qui je m'adresse ...
Secondes de silence, froid qui m'envahit, anormal, anti-naturel ...
Lui, l'instigateur de celui-ci ..? Très possible ... Il était assez puissant pour s'être déplacé jusqu'à moi, sans même que je l'entende ... Alors, pourquoi ne pourrait-il pas ..?
Long frisson le long de l'échine. Je résiste pour ne pas trembler. Panique, angoisse, terreur. Sa présence ... Yeux qui se closent, tous seuls.


-Tant ...

Yeux qui s'ouvrent, alors que le froid se retire aussi vite qu'il est venu ...
Voix douce, si douce que j'aurais pu avoir l'impression que c'était la pluie qui m'avait susurré à l'oreille, voix douce, mais avec quelque chose dessous ... Un quelque chose indéfinissable, un quelque chose qui me serre le cœur, rien qu'à l'entendre ...
Je me tourne vers lui, sentiments ravageurs retirés, pour le contempler, regard troublé.
Sombre, c'est le qualificatif qui lui conviendrait le mieux ... Vêtements noirs, yeux ébènes, chevelure corbeau ... Sombre, mais pas dans le même style que taciturne, sombre, dans ce que ... pourrais-je m'avancer ? Ce qui me semblerait être, une tristesse voilée, mélancolie inavouable, alors que son regard semble perdu dans les profondeurs de ce lac, comme si plus rien d'autre exister ...
J'ai l'impression, de me voir dans un miroir ...


-Tant de tristesse, de désarroi ... s'élève encore une fois, sa voix douce.

Secondes de silence gêné, pour unique réponse, avant qu'enfin, son regard se tourne vers moi ... Puits de ténèbres où je pourrais tomber pour ne jamais revenir ...
Regard qui se détourne rapidement, angoissé, pour se focaliser sur mes genoux.
... Qui est-il ? Pourquoi me parle-t-il comme ça ?
Je ne m'en moque pas, du tout ... Mais, je ne sais pas, intuition sûrement, que je devrai ... Partir, loin, maintenant, sans plus attendre.
Jambes qui s'exécutent automatiquement, me soulevant, pieds qui pivotent, alors que je m'éloigne, sans le regarder, sans même trouver une quelconque excuse, prête à courir au moindre de ses mouvements, en sachant très bien à quel point c'est absurde, qu'il pourrait me rattraper juste en claquant des doigts ...
Qu'importe, au moins, je préfère ça à me poignarder moi même le cœur ...
Infime mouvement, à la périphérie de mon regard.
Goutte de pluie, qui ruisselle de mon visage.
A peine le temps de me retourner, que de l'eau, beaucoup trop d'eau même, s'abat sur moi ...
Yeux écarquillés, mais pourtant, je me suis promise, de lui refuser le plaisir d'un quelconque cri.
Triste, si triste, pourquoi ... Pourquoi, alors que ...
Contact de givre, sur mon visage.
Flocons de neige, qui virevoltent, autour de moi.
Main tremblante qui se lève, vers ma joue, caresse du bout des doigts ...
Glace, qui fond au contact de l'air, de la chaleur de mes doigts ...
Et lui, qui me contemple, petit sourire aux lèvres, regard amical, doux, à l'image de sa voix ...


-Nous sommes pareils, toi et moi.

Regard intense, qui ne cille pas.
Il n'est pas plus grand que moi, maintenant que je le vois, debout ...
Comme je le pensais, même si cette idée devrait me déranger plus que ce qu'elle me dérange, maintenant ... Quelque chose que je ne peux décrire, un quelque chose dans sa présence, dans sa voix, dans son être ...
Lui et moi, nous sommes pareils.

MessageSujet: Re: Résidence Luuse   Mar 17 Nov - 22:55

°~° Chapitre 2 : Savoirs recouvrés °~°



Belle, si belle Lune …
Nuit de songes, nuit de rêves, nuit d’automne.
Éclat mirifique, d’une lune sublime, reine parmi les reines, reine parmi les astres innombrables, incandescents, illuminant une voûte stellaire s’étendant à l’infini et même un peu plus …
Jusqu’où va-t-elle, existe-t-il des frontières, à ce qui semble être … l’incarnation de la perfection ?
Je ne peux que me tromper.
Il n’y a rien de plus parfait … qu’elle, ma douce et tendre …
Sourire qui se dessine sur mon visage, regard perdu dans les cieux, couchée sur une étendue d’herbe verte et tendre, ce type d’herbes dont les herbivores raffolent, ce type d'herbe sur lequel il est si plaisant de se poser, pour profiter d'un repos si mérité ...
Regard perdu dans le néant, dans le tout, dans le rien, alors que j'essaye de compter en vain les étoiles qui illuminent cet océan céleste, songeuse, astres, dansant complexe chorégraphie, que je peine à discerner, alors, quant à connaître sa véritable signification ...
Un jour, qui sait, mais maintenant, là, tout de suite, le plus important est que je suis seule, solitaire en ce parc, mais ... Si paisible, ici, avec pour seule compagnie ciel ô combien beau et eaux calmes, eaux d'encre, eaux dont la surface plane expose reflet déformé de l'astre lunaire.
Mais jamais ils ne combleront ce vide béant, ce vide créé par ton absence ...
Léger vent qui se lève, m'arrachant un frisson, me rappelant pourquoi je suis là, si seule, au lieu d'être à l'appartement, sous les draps, blottie contre elle, avec pour seule préoccupation la douce odeur de ses cheveux, le doux contact de sa peau ...
Cœur qui se serre, alors que je pense à elle, que j'ai laissée seule ... Alors que je pense à moi, que j'ai laissé seule, aussi ...


-A minuit, sur les rives de ce lac.

Derniers mots, sur lesquels nous nous sommes quittés, après un discours ...
Oui, voilà le problème, son discours. A peine quelques mots, mais ... Troublants. Énigmatiques. Beaucoup de questions sans réponses, beaucoup de réponses sans questions ... Mais quelque chose, me pousse à l'attendre là, à cette heure tardive.
Minuit arrive à pas de titans, je bouge nerveusement sur moi-même, essayant de trouver position plus confortable, quelques secondes durant, avant de me retrouver dans la même posture qu'au départ.
Soupir, las. Il va être en retard.
Et pourquoi, pourquoi je l'attend ..?
Pour une promesse, sous entendue, que je crois sous entendue, aucune confirmation ...
La promesse de me donner la force.
A quoi bon être forte ? Il y a toujours quelqu'un de plus fort que soit ... Forte, ou encore, l'assurance que quelqu'un arrive dans son sommeil pour nous dessiner un deuxième sourire, juste pour voir à quel point on est fort ... Pire que tout, être forte, juste pour pouvoir se targuer de supprimer des vies plus vite qu'un quelconque autre quidam ... Méprisables, qu'ils sont ...
Mais ... J'en ai pourtant besoin ... Besoin, pour elle ... Pour pouvoir la protéger, ne pas être un poids pour elle, pouvoir accomplir ses rêves ...
Je dois être forte, pour elle.
Fort, pour un monde en paix. Pour notre monde en paix. Un monde où il n'y a que elle et moi, où rien d'autre n'existe ... Après tout, les autres peuvent très bien brûler en enfer, tant qu'elle ... elle est avec moi, tant qu'elle est heureuse ...
Cœur qui se serre, vague de culpabilité m'envahissant ... C'est mal, je ne devrai pas penser à cela, c'est ... affreux. Mais c'est là. Ça me dérange, mais je ne veux pas m'en défaire. Je l'accepte pleinement comme ce que c'est ...
Doigts qui se referment sur l'herbe, l'arrachant, geste sec et violent, avant de les rouvrir, gerbes vertes retombant lentement, planant un bref instant en l'air, avant de retourner à leur lieu de naissance, d'origine.
Et l'autre qui n'arrive toujours pas ... Juste comme les autres, juste se moquer de moi, il m'a menti ...
Poings qui se resserrent, ongles qui éraflent la terre, alors qu'un rire amer s'échappe de mes lèvres.
Je n'ai besoin ni de lui, ni de personne, pour devenir forte, vous entendez ?! Personne !
Je me lève rapidement, fureur froide m'animant, pivotant pour retrouver la douce présence de la seule qui me comprend, de la seule en qui je peux avoir confiance ...

Yeux écarquillés.
Loup au pelage de lys, de neige, à peine à quelques mètres de moi, couché sur le sol, me contemplant de ses grands yeux écarlates, regard qui me semble perplexe, guettant le moindre de mes mouvements, intelligence se reflétant dans ses iris, tout sauf animale.
Un loup qui me semble bien familier. Pas qui me rapprochent de lui, nulle crainte me faisant revenir à la raison. Après tout, il avait la taille d'un destrier de guerre, et une seule de ses morsures ...
Une seule de ses morsures, me faucherait un membre. Quant à choisir, je préférai que ce soit une jambe, au moins je ... Arrête, tout de suite Uzu !
Je secoue la tête, chassant ses pensées peu réjouissantes. Loup qui continue de m'observer, sans esquisser le moindre mouvement de rencontre, ni de fuite.
Sentiment de défiance, même si pourtant je ne me sens nullement menacée. Un quelque chose d'imperceptible, d'indéfinissable, un quelque chose que je pourrais définir comme une aura, une présence, bref, quelque chose qui me fait juste dire ça : Nous avons quelque chose en commun.
Et ce quelque chose en commun, c'est lui ...
Me voilà à coté de la bête, qui s'est relevée une fois à ses cotés, comme m'attendant, tête tournée en ma direction, regard que je devine doux, alors qu'une main timide, geste hésitant, vient caresser son pelage, si soyeux, si agréable, pelage contre lequel on voudrait poser sa tête, profiter de sa chaleur, pour s'y endormir ... En sachant, pourtant, que tel geste serait peu toléré, même pour animal si amical.


-Que me veux-tu ..?

Chuchotement à peine perceptible, qui se confond avec le murmure de la nuit.
Regard perçant en retour, un regard profond, comme si il me comprenait, alors qu’il met son museau sous ma main, avant de la faire retomber sur son dos. Main qui glisse le long de son dos, juste par plaisir, en fait, oubliant la singulière situation dans laquelle je me trouve, avant qu’interrogation du regard se porte sur noble loup à pelage fantomatique.
Léger mouvement de la tête. Comme si il acquiesçait.
Illuminés par l'éclat lunaire, silhouette de nacre, silhouette de pénombre, à l'échange silencieux.

Avez-vous déjà galopé sur un cheval ? Moi, non. Mais j'imagine, ce que ça doit être. Mais bon, en tout cas, pensez-y, vous. Puis, enlevez le bruit pesant des sabots et le cliquetis du mors, et imaginez à la place des foulées silencieuses et feutrées. Puis, imaginez, au lieu du dos noir, gris, ou bai du cheval, la fourrure soyeuse, ombre spectrale se découpant dans cet océan d'encre ... Et puis imaginez que vous allez deux fois plus vite que le destrier de guerre le plus rapide ... Et c'est un coursier qui n'a besoin d'être guidé, et qui jamais n'est fatigué ...
Voilà ce qu'est ma chevauchée, dont la description est loin, pourtant si loin de ce que représente la réalité ...
Déposée en douceur, sur un sol ferme et stable, une imposante bâtisse se présente à moi, nulle lumière illuminant les nombreuses fenêtres. Porte ouverte, ouverture vers le néant, happant toute lumière à son intérieur.
Angoisse qui ressurgit en moi. Ai-je bien fait de venir ?
Rassurante présente, de la noble bête au pelage de neige, qui s'éloigne d'un pas tranquille, paisible, en direction des ténèbres insondables, sans la moindre crainte ...
Un pas, suivis d'un autre, m'approche toujours plus près de cette gueule béante ...
L'impression que je fais la pire connerie de ma vie, l'impression que je revis quelque chose de déjà arrivé ... Mais qu'importe.

Advienne que pourra.

MessageSujet: Re: Résidence Luuse   Mer 25 Nov - 1:06

*La peur, c'est cette fraction de seconde pendant laquelle tu hésites, et après laquelle tu te retrouves au sol, un second sourire dessiné sur ta gorge.*


Noir, si noir ...
Ténèbres insondables, en cette entrée, gorge béante vers ... Ailleurs.
Tout simplement, après tout, je ne savais où cela me mènerait. Vers lui, c'est certain ...
Mais lui, représente à la fois tout et rien. La force, mais de quelle force peut-il me faire le don ? Réponses, à mes innombrables interrogations. Questions, vis à vis de sous-entendus, non-dits,
Questions qui me préoccupent ... Pourtant, je n'ai peur qu'il me fasse du mal. Lui et moi sommes liés, c'est la seule chose que je peux affirmer sans retenue. Pour tout le reste ...
Ombres fugitives, néant angoissant.
Douce présence, spectrale, irréelle, de ma monture d'une chevauchée, de mon compagnon en ces ténèbres accablantes, pas feutrés d'un loup au pelage d'albâtre, qui me guide paisiblement, à travers les couloirs de l'imposante demeure ...
Silence inquiétant, si ma main n'était posée sur son dos ... J'aurais jurée être seule.
J'entends tout ... Ma respiration saccadée, mes pas sur le sol de bois, le frottement du tissu quand j'avance ... Mais rien d'autre.
Pas même le passage de mon compagnon, pas même les grillons à l'extérieur, ou tout autre son nocturne, caractéristique dans les environs ...
Presque terrifiant. Frisson le long de l'échine. Goutte de sueur froide, qui tombe sur le sol avec un peu trop de fracas.
Quand va-t-on arriver ..? Mal à respirer. Il fait ...
Froid, si froid ... Chaleur réconfortante de la fourrure entre mes doigts.
Froid, si froid ... Si familier ... Comme si je le côtoyais depuis toujours, alors que je ne l'avais jamais ressenti auparavant ... Peur qui se distille dans la curiosité, froid caressant ma peau dans la plus tendre des attentions ...
Suis-je folle ..? L'éclat lunaire me manque tant, alors que cela fait si peu que je l'ai quitté ... Pitié, que l'on retrouve rapidement la fragrance nocturne, la chaleur pourtant inhabituelle d'une nuit d'automne, prêt à laisser l'ascendant à l'hiver ...
Je n'aime pas, la solitude dans les ténèbres ...
Et heureusement qu'il est là, compagnon impassible, sinon ... Je me serais enfuie vers je ne sais où, je ne sais où se trouvant contre un mur si pas de chance, dehors si j'en avais un peu plus ...
Mes doigts se refermèrent un peu plus sur les poils soyeux de la noble bête, sans que celle-ci ne proteste nullement, que sa démarche paisible n'en soit nullement troublée, comme si en fait, rien ne s'était passé, rien n'était arrivé.
Que je n'étais pas là, que je n'existais pas, même ... Volonté inexorable d'arriver à sa destination, que je sois ou pas avec lui ...
Agréable, comme sensation ... Vraiment, sans ironie aucune ... Enfin si, un peu, beaucoup même.
Soupir, à peine perceptible ... Plus de mouvements, on vient juste de s'arrêter, brusquement pour moi, naturellement pour lui, lui qui connait parfaitement sa route ...
Je ne vois rien, même pas ce qui se trouve à quelques centimètres devant moi ... Rien, même pas noble bête qui m'accompagne, même pas le sol à mes pieds ... Rien, rien, trois fois rien ...
Mains qui tâtonnent dans le vide, avant d'enfin se poser sur une surface dure ... Quelque chose qui semble coulisser ... Une porte ? Une porte vers où ?
Lui. Réponse qui s'impose à mon esprit, après tout ... C'était bien pour lui, que j'étais venue ...
Je secoue la tête, un peu lasse. L'heure tardive, sûrement ... Mais pourquoi ai-je pensée trouver quelque chose d'autre, derrière cette porte ?
Stupide, stupide, stupide ...

Vaste cour intérieure, ornée par un grand bassin, occupant presque toute son étendue ...
De l'eau à perte de vue ... Et lui, lui, trônant sur celle-ci ...
Enfin, trôner ... Pas tellement, plutôt assis en tailleur dessus, silhouette se découpant dans le noir de la nuit, contemplant l'infinité stellaire, dans une attitude mélancolique ...
Regard que je surprend, à se lever vers les cieux ... La lune est belle ...
Si belle, ce soir ... Nouvelle lune, pleine lune, imposante, entière, couleur de ...
Oui, voilà le problème en fait ... Sa couleur disons ... inhabituelle. Magnifique, certes mais ... bleu.
D'une douce couleur bleu argentée, surnaturelle ... Féérique, même.
Mon regard se perdait dans sa contemplation ... Normal, qu'il la contemple de la façon de laquelle il la contemple ... Si beau, mais si triste ... Si triste, et que je n'arrive même pas à dire pourquoi ...
Je le sais, c'est tout, c'est un fait indéniable, aussi indéniable que je l'aime, ma Motoko-chan ...
Long soupir, tellement envie d'être contre toi, en ta seule et unique compagnie ... mais tellement envie, aussi, de voir ce qu'il va suivre ...
Cette nuit est spéciale, après tout.
Loup de neige passant à coté de moi, toujours aussi paisible, que je suis du regard, sur mes gardes, guettant le moment où il s’arrêterait, ferait quelque chose d’un peu plus « surnaturel », après tout, rien ici n’était ce que l’on pourrait qualifier d’habituel …
Cette lune, ce loup, lui …
Surtout lui, même … Statique sur la surface de l’eau, aucune esquisse de mouvement, indiquant qu’il m’avait remarqué … Lui, contemplant cette lune magique, comme coupé du monde …
Petit bruit mat qui capte de nouveau mon attention, noble bête qui s’allonge sur l’herbe, dos au sol, regard levé vers le ciel … Vers la lune, je pourrais même affirmer … Reflet de l’astre sur ses prunelles écarlates, à peine déformé … Reflet mien, à peine déformé, alors qu’il porte son attention sur moi, quelques secondes durant, avant de nouveau plonger dans la vision de la voûte stellaire.
L’impression d’avoir vu un étranger, en me regardant dans ses yeux …
Je secoue la tête, doucement. Fatigue sûrement … Après tout, qui d’autre aurait pu se refléter ? Petit rire nerveux, en guise de réponse.
Absurde, tout simplement absurde …
Pas qui me rapprochent de la rive … Lac miniature, en plein milieu d’une villa … Cette idée me fit sourire, même si le concept était étrange … Pourquoi souhaiter un lac en sa résidence ? Quel apport y avait-il à cela ?
Un rapport avec la lune, sûrement, vu comment il la contemple, assis sur sa surface … Quel rapport … Ça, ça reste à voir …
Pas qui effleure l‘eau avec timidité, avant qu‘un pied ferme se pose sur la surface aqueuse, sans s‘enfoncer, maîtrise du chakkra, m’assurant la prise sur celle-ci, comme sur un sol solide.
Petit sourire, sentiment de fierté, alors qu’un second pas ne suive le premier, que je m’avance vers lui, pour contempler à ses cotés magnifique spectacle, d’un astre lunaire à l’éclat fantastique …
Mais le troisième ne suivit. Premier geste, un geste qui signifie qu’il sait que je suis là. Un bras levé, qui me demande de stopper, avant qu’un autre geste …
Cette autre geste, un geste qui veut dire « Non ».
Non … Mais à quoi ? A ma venue vers lui ? Car à part ça, je ne vois pas à quoi il pourrait faire allusion …
Interrogation du regard, troublée.
J’entreprend un mouvement pour me retourner, que le même geste est refait, encore.
Il ne veut pas que je m’approche … mais il ne veut pas non plus que je m’éloigne … Que veut-il, alors ..?
Quelque chose m’échappe. Et ce quelque chose je le trouverai.
Regard qui s’est habitué à la faible luminosité, regard qui se porte aux alentours, un regard qui sert pas à grand-chose en fait, vu comme je vois rien qui pourrait répondre à mes questions pressantes …
Je suis nulle, nulle, nulle … Je n’arrive même pas à comprendre ce qu’il veut de moi, je suis stupide … Larmes qui me viennent aux yeux, brûlantes, me sentant humiliée.
Mais j’y peux rien, quoi … Y’a quoi, à part ça ..?
Loup toujours couché, toujours dans sa contemplation.
Lui, toujours assis, toujours dans sa contemplation …
Et ça répond à ma question, ça ? Qu’ils soient assis, regard perdu dans …
Un moment … Assis … Sur l’eau ..?
Regard qui se pose sur lui, statique, puis plus bas … Jusqu’à ce qu’éclat attire mon attention.
Pas l’éclat que fait un rayon lunaire sur une eau d’encre, non … Un éclat différent, plus cristallin, plus froid …
… Un éclat de glace.
Et je regarde la surface de l’eau, à mes pieds. C’est ça, qu’il attend de moi ..?
Il ne réagit pas, en tout cas.
Mes larmes semblent pas vouloir couler sans mon autorisation, aussi.
Et je ne m’en plains pas … Et je dois avouer qu’elles auraient coulées, si je l’avais pas remarqué avant …
Petit sourire sur le visage, un brin heureuse.
Car je sais ce qu’il veut, car je sais comment le faire … Je le sens, au fond de moi. Cette douce caresse, froide …
Cette douce caresse, qui se matérialise, qui caresse l’eau comme un amant caresserait son être aimé, afin que j’ai mes appuis sur celle-ci …
Fine couche de glace, qui me mène à lui, au fur et à mesure que mes pas s’en approche.
Toujours assis, regard ne se détachant pas de sa contemplation, alors que je suis juste à ses cotés, que je m’assois, givre m’empêchant d’aller dire « coucou » aux poissons …
Singulière situation, que celle dans laquelle on se trouve … Et que va-t-il advenir, maintenant ?
Je commence à grelotter, assise sur la surface de gel … Tremblante, je cherche une meilleur position, pour tenter sans grande conviction d’esquiver le froid qui mord ma peau, à travers les vêtements … Sans succès, pas comme si je m’y attendais …
Soupir, avant que sa voix me surprenne, que je me dresse et reste droite comme une épée, nerveuse, tête qui se tourne un peu trop rapidement vers lui, m’arrachant une grimace de douleur.


-Lunarris t’a mené ici sans accrocs ..?

-Heu … Aucun, aucun … après un moment d’hésitation, voix à peine perceptible.

Secondes de silence, alors que je regarde mes genoux, gênée, ne trouvant rien à dire.
Je me maudis, d’être comme ça …


-La lune est belle, ce soir …

J’acquiesce, trop lentement à mon goût, regard qui n’ose se tourner vers lui, qui n’ose se lever vers les cieux … Avant que finalement, il se lève de lui-même, et contemple de longues minutes durant ce spectacle bien trop unique …
Éclat qui finalement s’éteint, magie qui disparaît, pour laisser place à une lune un peu trop banale, après ce que je viens de voir …
Soupir, de tristesse. Qui saurait, quand tel événement se reproduire ..?


-Je suis heureux de te voir, Uzumi.

-Merci, Lean-sama …

-Allons, pas de ces banalités entre nous.

Je sens son regard sur moi, intense, mélancolique, un regard qui lui est propre, alors que j’ose enfin tourner mon visage vers le sien.
Ébène contre azur, qui semblent s’opposer. Et ce contact qui persiste plusieurs secondes durant.
Ce contact, qui me fait remarquer que ce n’est pas de l’obsidienne qu’il y a dans ses iris … mais un violet, très sombre, qui pourrait passer inaperçu, mais qui est là, tel le soleil le jour, la lune la nuit.


- Le Hyuuton ou la force de commander au froid et au givre, est l’art de manipuler le Suiton et le Fuuton, dans le but de donner naissance à ce nouvel élément, hybride des deux.
Hyuuton, ou encore la glace, impassible et constante, silencieuse et létale, créatrice et destructrice … Saisir, capter l’essence de cet art, c’est arrivé à ne faire qu’un avec celui-ci … Et cela, rare sont dans la possibilité d’y parvenir, de ne serait-ce qu’effleurer cette perspective … Or, certains élus naissent avec ce don.


Un sourire effleura son visage, premier que je voyais depuis que je le connaissais.
J’allais même me permettre d’en dessiner, mais c’était avant que ses traits s’endurcissent, et que sa voix résonne, plus froide, plus tranchante.
Angoisse qui tord mes entrailles. Mal à avaler ma salive.
J’ai fait quoi de mal ..?


-Je suis Juunin depuis à peu près huit ans … A l’époque où je devais avoir ton âge, à peu près. Et toi, alors ? Qu’es-tu ? Juste une Genin, un grade qui ne fait honneur à ton talent ou ton génie …

Je me recroquevillais sur moi-même, comme une petite fille qu’on réprimande.
Jamais eu cette impression, depuis que j’ai quitté la maison …


-Tu es réfléchie, intelligente, tu fais preuve d’un certain brio dans les arts de la guerre, mais … Pourtant … Je ne te donne pas plus de chances de survie qu’un quelconque autre abruti … Et ce, même en ne te connaissant que d‘aujourd‘hui, cela se voit, à ta démarche, à te façon d’être : Tu suintes l’angoisse, la peur, les doutes.

Et le pire dans tout ça ? C’est que j’ai rien à dire.
La conversation aurait pu être si intéressante ...


-Néanmoins … Ce n’est qu’un état d’esprit. Et le premier pas vers la grandeur, et d’adopter l’état d’esprit le plus favorable à celle-ci. Les doutes, la peur ? Nous les reléguerons dans l’oubli. Comment nous y parviendrons ? Oh, ça … Je m’en occupe, ne t’en inquiète pas …

Un nouveau sourire, plus inquiétant celui-ci illumina son visage.
Long regard, alors qu’il traçait des runes, que l’air se gelait, qu’une terreur indicible s’emparait de moi …
Qu’est-ce que …


Grand bruit mat, quand je tombe sur le lit, épuisée.
Pas de Motoko-chan, pas de câlin du matin … Faut dire que je suis pas revenue tôt … Bientôt dix heures, et me voilà enfin à la maison …
Cette nuit … intéressante …
Pas d’importance, juste dormir, fermer les yeux, laisser le noir me happer dans son giron apaisant …
Juste … dor …


-Cette formation d’étoiles forme la constellation Orion, aisément reconnaissable par ...

Spoiler:
 

MessageSujet: Re: Résidence Luuse   Mer 3 Mar - 0:34

Uzumi : +50 XP - Technique validée

Tes textes ont un peu la construction de poèmes, c'est assez déstabilisant mais ça rend bien. Et ton personnage fait un peu flipper je trouve, mais bon =D

MessageSujet: Re: Résidence Luuse   Sam 13 Mar - 0:24

°~° Chapitre 3 : L'Hiver approche °~°

Cette nuit était froide, oui.
Ce genre de nuit où le vend hurle à l'agonie, entraînant tout dans son sillage.
Ce genre de nuit où rien sauf tourbillons de feuilles mortes sont témoins des complaintes des Cieux.
Ce genre de nuit où quelque chose de spécial va avoir lieu, on le sait. Un quelque chose que l'on ne s'ose s'avouer qu'il a de terrible.
Une ombre insidieuse se déplaça, entre les rues désertes de Kiri no Sato, ses pas foulant pourtant silencieux les rues pavées.
Regard voilé, dissimulé derrière une cape à ample capuchon, elle s'arrêta, mouvement à la périphérie de son champ de vision.
Sculpture de marbre, main crispée sur la garde de sa rapière interminable.
Une seconde. Puis deux. Le temps de compter jusqu'à dix, que la silhouette découpée sous l'éclat lunaire se détendit, un rapide regard aux alentours.
Juste l'espace d'une fraction de seconde, le masque d'un Anbu lui était apparu. Il n'était pas le bienvenu.
Et de ce fait, pressa le pas, ses pas résonnant plus fort dans les allées, se répercutant sur les murs nus, vent glacial sifflant de nouveau comme une perfide couleuvre.
Un frisson parcourra lentement son échine, alors qu'il levait le regard vers l'astre lunaire, à son apogée, magnifique comme il l'était toujours, et comme il le serait des siècles et des siècles après que sa vie éphémère l'ait quitté.
Quelques secondes durant, l'on put distinguer ses iris dorés, une étrange sérénité animait cette lueur au fond de ces pupilles contemplant ce mirifique spectacle. Un nouveau frisson vint parcourir la silhouette.
Mais il n'avait pas peur, non. Comment le pourrait-il ? Il était protégé.
Il secoua enfin, après quelques secondes statique, sa tête, afin de recentrer ses idées. Il ne pouvait se perdre en contemplation.
On l'attendait, et il n'aimait pas faire patienter.
Une bâtisse imposante fut enfin en vue. Une bâtisse bien familière, après tout, ne s'y était-il pas déjà rendu bien des fois ?
C'est avec appréhension pourtant, qu'il poussa les lourds battants de la porte d'entrée.
Cette nuit n'est pas comme les autres, cette nuit a quelque chose de spécial.


* * *


Seigneur Tempête est agité, ce soir. Quelle offense lui a-t-on pu faire, pour qu'ainsi il crie haine et colère ?
Pourtant, une pointe de désarroi perce, dans ces hurlements agitant les eaux. Peut être revit-il, une fois encore, la perte de sa fille Brise ?
Parabole tragique que me contait déjà Père, et le Père de Père, et son Père de même, ainsi jusqu'à ce que son sens premier disparaisse dans les abysses du temps.
Quel aurait été la leçon a tiré de ce conte ? Ne jamais attirer le courroux des éléments ? La souffrance d’un événement lointain jamais ne s’oublie ? Ou faut-il voir plus loin ?
Les rugissements de Seigneur Tempête résonnèrent à nouveau, en réponse à mes réflexions. Lunarris, installé à mes cotés, sur la terrasse, redressa ses oreilles, leva son museau immaculé vers les cieux tourmentés, aux aguets un moment, avant qu’il reprenne sa position, affalé sur le sol, yeux clos. Mon regard se posa sur lui un long moment, insondable.
Et lui, à quoi peut-il penser, ainsi songeur , mon vieil ami ?
Lunarris au pelage pur tel l’astre, astre dont sa vue m’est privée par de lourds nuages … Mais ce n’est pas parce que l’on ne voit pas que cela n’existe point.
Certains que l'on ne voient, que l'on ne remarquent, qui foulent nos pas depuis l'avènement même des hommes ... Eux sauraient confirmer mes dires. Mais je doute qu'ils le fassent, après tout, nous n'appartenons pas au même monde.
Je me permettais un court soupir, avant que ma main fouille dans une poche latérale de ma veste, qu'elle en retire un paquet de cigarettes et un briquet terni par le passage du temps, et qu'un fin voile de fumée vienne enfin planer au dessus de moi, regard songeur toujours levé vers les astres occultés.
Quelques secondes passèrent, avant qu'enfin, je daigne tourner mon regard vers l'intérieur de la bâtisse.
Cheveux d'or pur encadrant un visage affable, d'où une paire d'yeux couleur ocre au regard paisible me fixait.
Appuyé contre le mur, l'individu continua de me contempler, sans nulle gêne, alors qu'un mètre-vingt d'acier rutilant se retirait de son fourreau, son expression ne changeant guère, même, un sourire radieux s'installant sur ses lèvres.
Un sourcil se hausse parfaitement droit, ne réagissant à l'insinuation. Ma voix enfin, après un soupir adapté à la situation, une bouffée de la cigarette tirée, résonna sur un ton las.


- Tes manières sont déplorables, Sanzo ...

Le rire du dénommé Sanzo éclata doucement, alors que son regard pétilla, malicieux.

- Ton accueil l'est de même.

Mon rire résonna cette fois-ci, alors que le jeune homme s'avançait vers moi, et me faisait une accolade amicale.

- C’est toujours un heureux jour celui où j’ai l’occasion de revoir mes amis Lean et Loup.

Lunarris et moi acquiesçâmes en cœur.


***


Installés sur la terrasse, un thé humant sur la table, nous contemplions les bassins aux eaux troubles, les cieux toujours parsemés d'épais nuages.
Sanzo, à son habitude, prenait soin de son arme, sa pierre à aiguiser passant encore et encore sur la surface parfaite, reflétant dans des nuances irisées tout ce qui l'entourait.
Les questions habituelles suivant une séparation plus ou moins longue passées, nous ne disions mot aucun.
Il passait sa pierre sur sa lame avec une lenteur délibérée, je grillais ma troisième clope de la soirée. Je pointais finalement du doigt un arbre bien triste, un cerisier dont la splendeur s'était éteinte au moment ou frère Automne l'avait affligé de son toucher.


- Sais-tu ce que j’aime dans cet arbre ?

La pierre arrêta de gratter l'acier un instant, son regard se levant vers l'arbre imposant, avant de hausser les épaules simplement.

- Non ?

- Ses fleurs.

- Il n’en a plus.

Je feignais l'étonnement, puis la réflexion, avant de répondre sur une voix qui se voulait neutre.

- Je comprend mieux pourquoi je l’apprécie moins, tout à coup …

Un petit éclat de rire résonna.

- Certaines choses restent immuables à ce qu’il semble ! s'exclama-t-il, un sourire goguenard sur les lèvres.

- Certaines, oui. Ta passion pour les histoires est-elle l’une d'entre elle ?

- Cela se passe de réponse.

- Jeune jouvencelle, noble de nature, beauté de noir et de blanc , d’ébène et de neige, enfant solitaire de fjords éternels et pics millénaires, errante, perdue, sans nulle compagnie. Toute fantastique, féérique, mirifique, magnifique qu'elle fut et aurait pu être, nul ne l'aimait, et personne elle aimait. Terrible secret qu'elle partageait à elle seule, graine de démon, enfant contre-nature, lacérant et tuant, tentative incessante, apaiser, angoissante, insatiable nature. Se prélassant sur trône de crânes et de givre, un jour lasse de son existence de bête, s'exclama soudain *Ah ! Dévorer et tuer, irritée me voici, contrée indomptable, dominée il le faut ! Moi, engeance de reines et de rois, toute puissante dans le Blizzard, instaurer ordre et perfection, à mon image construirait !*
Et c'est le dessein de Reine Algide qui s'accomplit, tourmentant tout et chacun tentant d'échapper son courroux, écrasant opposition et liberté, crânes s'entassant en macabre offrande pour dieu hérétique ...


Je tirais un ultime coup de ma cigarette, arrivée au filtre, avant de la jeter négligemment dans le cendrier, sous le regard désapprobateur aussi bien de Lunarris que de Sanzo.

- Et donc ?

- Comme dans tout conte de fées, ça se finit bien.


Le silence s'installa doucement, si tant soit peu que l'on pouvait nommer cela silence : grésillement de cendres se consumant lentement, raclement de griffes sur le parquet, friction de la pierre sur l'acier, vents sifflant avec toujours plus d'intensité.
Cette nuit n'est pas comme les autres, cette nuit est spéciale ...
Mon regard se leva vers les cieux, désormais dégagés ... Un sourire en coin se dessina sur mon visage.


- Et ... Je viens de trouver ma Reine Algide.

MessageSujet: Re: Résidence Luuse   Dim 14 Mar - 6:28

*- Papa, c'est quoi l'intelligence ?
- C'est c'qui t'manque abruti, r'tourne étudier au lieu d'poser des questions à la con.*


Le soleil brille aujourd’hui, je le sens. Cette chaleur sur le dos, cette difficulté à garder les yeux fermés, cette luminosité qui perce quand même à travers le coussin mis devant mes yeux, dans un instant de gêne continue … Il fait jour, la nuit est passée. Et mon lit reste toujours aussi froid, vide, cela dit … Comme hier, et avant-hier, et tous les jours avant, depuis presque trois mois …
Il fallait le dire, la présence de quelqu’un dans son lit assure à défaut d’une bonne nuit, une nuit chaude. Et l’assurance d’une nuit agréable, est la présence de la personne qui représente tout ou presque, pour vous, dans ce même lit. Sauf que là, elle n’est pas là. Juste pas là … Ma Motoko, ma tendre, ma douce, ma vie …
Je n’ai plus l’âge pour me lamenter, pour bouder, pour rester au lit à me morfondre. Petite fille à grandi bien trop vite à son goût, et maintenant, elle doit faire face à sa vie. Une vie un peu terne et pas tellement agréable que ça à ses yeux, mais une vie qu’elle sait bien meilleure que celles de milliers d’autres …
On enlève les couvertures, on frissonne sous le froid matinal, on met un puis deux pieds à terre dans un bâillement à en décrocher la mâchoire, et, un moment de faiblesse : On reste assise sur le lit, regard de chien battu, alors qu’on est pris de doutes : A quoi bon se lever ? Pour une journée exactement semblable à celle d’hier et d’avant-hier et les autres avant ? Une journée vide de sens ? Une journée où tout ce que je regarde me rappelle qu’elle n’est plus là ? Pour ça, je pouvais très bien rester au lit, à l’appart ‘. Au moins il y fait chaud et sec. Enfin, chaud c’est relatif, disons que ça l’est plus que dehors. Enfin bref, je me lève quand même et met une chemise un peu froissée, la première que j’ai eu à portée de main, puis un gilet noir lui aussi froissé, et avec des éraflures, des éraflures plus ou moins profondes, bah oui, vous croyez vraiment qu’apprendre le Hyuuton et le maniement du sabre c’est une partie de plaisir ? Peut être, je ne sais pas. Mais Lean lui me donne une perspective bien peu agréable de ces arts … Il me mène à chaque fois à mes limites, et j’en ressors exténuée et avec plein de bleus, éraflures et autres … Je n’ose plus me regarder dans un miroir, nue …
Et pourtant, ce n’est pas assez m’a-t-il. Il me dit que je suis capable de tellement plus, et que je reste tellement bas … Je le déçois, comme je décevais seigneur mon Père avant. Mais c’était différent, aussi … Ou pas, en fait. Père souhaitait que je sois son fils, Lean souhaite que je dévoile mes capacités … Mais dans l’un comme dans l’autre cas, ils me demandent ce qui est hors de portée, au-delà … Bref, au tour des pantalons maintenant, de couleur sombre, et des bottes, toutes aussi sombres.
Silhouette noire et blanche, où mon regard azuré et ma chevelure flamboyante sont hors de contexte … Envie d’appliquer un Henge pour au moins changer de teinte de cheveux … Envie d’acheter des habits plus en adéquation avec mon visage, tout en sachant très bien que lorsque je sors du noir et du blanc, je me sens mal à l’aise … Dilemme.
Une tasse de thé et quelques biscuits plus tard, voilà que je me mets en route pour mon lieu d’entraînement quotidien, l’Académie laissée à l’écart depuis un moment déjà. Il faut le dire, la résidence Luuse est magnifique, spacieuse … Mais quand même bien trop grande pour une seule personne. Comment fait Lean pour ne pas s’y sentir mal à l’aise ?
Bref, je ne sais pas, et ça n’a pas tant d’importance en fait, je pense à des trucs qui n’ont pas d’importance le plus clair de mon temps. Est-ce un mal ? Je ne sais pas. Je sais juste que c’est ainsi, et je me réconforte en me complaisant dans l’idée que je ne dois pas être la seule …
Le ciel gris ne présageait pas d’une bonne journée, même si en début de matinée le soleil perçait à travers ces étendues tristes. Encore une journée de merde, en fait. Il ne manquerait plus qu’il pleuve, j’aurais dis il y a quelques mois. Là, pourtant, la pluie serait un apaisement. J’ai bien souvent l’impression que les seules à me comprendre sont les Eaux … Elles se plient à mes volontés, accomplissent mes désirs avant même que je les formule. Et surtout, elles ne viennent jamais vous réprimander, elles ne viennent jamais vous dire à quel point vous les décevez. Elles obéissent, et c’est rassurant en soit, d’avoir la main mise même si ce n’est que sur une entité immatérielle, et universelle.
Si tout le monde pouvait être comme les Eaux … Ce monde serait triste, oui. Je n’en serais pas plus heureuse pour autant. Un soupir arriva enfin, un peu en retard. La journée serait longue, sous ce ciel lourd …


- C’est moi … dis-je sur un ton las, où la motivation suinte comme le chocolat dans un éclair au café.

Une habitude que j’ai pris, depuis que je fréquente assidument la résidence de maître. Je pousse les battants de la porte d’entrée, je laisse mes bottes dans le hall, je me dirige habilement dans les dédalles de couloir avant d’enfin débarquer dans la cour intérieur et scander cette litanie de tous les jours. Et comme toujours, Lean ne répond pas, ne fait même pas un quelconque signe pour montrer qu’il a remarqué ma présence, jusqu’à ce que je m’asseye en face de lui. Et là, il m’adresse son sourire habituel, un sourire en coin, et commence ses enseignements.
Je reste sur le seuil de la porte, figée, perplexe.
Toujours Lean, avec son sourire en coin, ça va de ce coté. Par contre, deux visages inconnus à ses cotés, de part et d’autres de la table, qui me fixaient avec plus ou moins d’attention, d’animosité, en tout cas pour la fille aux cheveux châtains … J’ai tout de suite détourner le regard en apercevant le sien … Un regard clairement hostile, oui … Quelques secondes de lourd silence suivirent mon irruption, avant que la voix de la brune résonne, dure, avec des accents sarcastiques.


- On avait pas remarqué, vraiment.

Elle roula des yeux, soupira, puis but une gorgée d’un liquide sombre non identifiable à cette distance. Un vif examen ne me permit pas d’apprendre grand-chose d’elle … Juste qu’elle était plus petite que moi, qu’elle portait un manteau gris, et qu’elle avait l’air particulièrement irritée. Comme si sa présence ici ne lui convenait pas … L’idée me passa par la tête que c’était peut être ma présence qui provoquait son irritation, mais c’est tout simplement impossible. Déjà, je ne suis là que depuis quelques secondes, et, en plus, je suis certaine de ne pas la connaître d’autre part, quoi que …

- Pardonnez Sansa, elle est toujours aussi irritable … Sanzo, enchanté demoiselle Meloku.

Je tournais le regard vers celui qui m’interpella, le deuxième compère de Lean. Séduisant, il faut le dire … Des boucles dorées, semblables à l’or en fusion, des yeux d’une couleur ocre particulièrement unique, un visage aux traits fins, affable, et une carrure qui se devinait musclée, même à travers sa cuirasse blanche. Un guerrier surement, à la vue de la longue lame qu’il porte en bandoulière. Je souriais timidement, le saluant rapidement d’un geste de la tête, avant qu’il me surprenne par une accolade amicale.

- Je remercie l’Unique d’avoir facilité notre rencontre, vraiment.

- Heu, je le remercie aussi … Mais vous vous appelez Sanzo tout court .. ?

- Est-il nécessaire plus ?

La question me prit de court, je le regardais avec une pointe d’étonnement, et avec une autre d’incompréhension.

- Heu … Je ne sais pas … Non, surement …

Son rire résonna doucement, avant qu’il ne se détache de son accolade, m’adressant un clin d’œil malicieux, et qu’il reprenne place à table, où la brune soupirait encore, toujours aussi irritée, et où Lean me regardait, perplexe, avant de me faire signe de les rejoindre. Je pris bien soin de m’installer à coté de Sanzo, pour lequel la sympathie venait naturellement, et, en même temps, je prenais soins de m’installer le plus loin de la brune, Sansa donc … Non, je n’ai pas peur, je prend juste des précautions … Bon d’accord, j’ai peur.

- Si mes souvenirs sont bons, tu étais rousse hier, non ?

Lean a quand même un don pour sous entendre des choses à partir d’une question sommes toute banale en fait … Il n’est pas de ces personnes qui parlent pour ne rien dire, l’interrogation avait un autre but … L’intérêt du changement, en fait. Ce que j’apprécie particulièrement dans Lean, c’est qu’il me considère sur le même plan intellectuel que lui … Et s’adresse à moi en tant qu’égale. Lui avouer que ce changement de couleur n’était que pour des raisons esthétiques … Je rougissais de honte, tout simplement, caressant nerveusement mes pointes désormais ébènes.

- Heu, bah … J’voulais voir c’que ça donne, c’est tout …

Je me trémoussais sur ma chaise, gênée. C’était la vérité, même si c’était vague. Et de toutes façons, je ne sais pas mentir, donc à quoi bon ?

- Le toucher de l’Unique s’exprime pourtant par des chevelures flamboyantes.

Je fronçais les sourcils, me préparant à répondre, avant que la voix de la Brune résonne, cassante.


- On s’en fout qu’elle soit brune ou rousse, ça reste une conne incapable.


Ca avait le mérite d’être clair. Et de me laisser sans voix, aussi. J’ai fait quoi mériter ça, moi .. ?
Une vague de colère et d’indignation monta en moi, et je m’apprêtais à lui faire comprendre mon point de vue sur dame sa génitrice, qu’elle se leva d’un geste sec, finit son verre, et disparut dans un craquement sonore. Oui, disparue, comme ça, sans crier gare, sans que je ne puisse ne serait-ce qu’aligner deux mots, et même un seul. Mes entrailles se contractèrent, douloureuses, une boule se forma dans ma gorge. Me sens mal, envie de retourner au lit et de ne plus en sortir, jamais …


- Le charme et la gentillesse de cette fille me surprendront toujours.

Lean leva le regard vers le ciel couvert.
Sanzo se contenta d’un sourire discret.
Moi j’me contentais d’un soupir, ne pouvant m’empêcher de penser, qu’en fait, cette journée serait vraiment longue …

MessageSujet: Re: Résidence Luuse   Lun 15 Mar - 4:11

L’anneau d’eau virevolta autour de mon poignet, mon chakkra malaxant l’eau pour lui imprimer un mouvement rotatif. Long soupir, un mouvement de la main, et le cercle devenait sphère, puis lance, cube, pyramide et que sais-je encore. Ma maîtrise de l’eau n’était plus à confirmer, juste une pensée, et elle s’ordonnait à mes désirs. Un exercice classique, que j’accomplissais tous les jours sans la moindre difficulté. Puis, mes doigts dessinèrent le contour d’une lame, l’eau se forma en une parfaite réplique de Katana, que j’empoignais avec fermeté.
Enfin, la lame perdit ses attributs liquides, pour se solidifier et laisser place à sa sœur Glace, plus adaptée pour les desseins qui m’animaient. La lame virevolta plusieurs fois dans les airs, avant qu’elle s’immobilise, parfaitement verticale, découpant mon visage en deux parties parfaitement égales. Cette posture resta quelques secondes, avant que je tourne la lame et me permette de plonger le regard sur le plat de ma lame, reflet déformé de ma personne sur la surface glacée … Je détournais le regard, angoissée. Mon reflet m’effraie.

Et, je pense à l’autre, la brune, Sansa … Elle m’effraie aussi, à sa façon. Et elle me frustre, surtout. Je ne comprends pas pourquoi … pourquoi elle s’est adressée comme ça à moi, je ne la connais de rien, même pas de vue j’en suis sûre ... Alors pourquoi, suis-je selon elle une « conne incapable » ? Une estocade fendit l’air de ce début d’après midi, suivie par une frappe latérale, une autre ascendante, avant de finir sur une frappe descendante, lame sifflante.

« Conne incapable », voilà ce que je suis. Je pris la garde de mes deux mains, et imprima dans le geste tout mon ressentiment. Sauf que je n’ai pas mesuré ma force, que je me suis laissée entraîner par le mouvement, et que je tombais en même temps que le katana quittait mes mains pour se poser sans bruits un peu plus loin, sur l’herbe fraîche. Je ne prenais même pas la peine de me relever, j’étais lasse, et déprimée, il faut le dire.

« Conne incapable », les mots résonnèrent plusieurs fois dans mon esprit, se répercutèrent dans le moindre recoin de ma tête. Je soupirais, finalement, jetant un regard au ciel, toujours couvert, n’arrangeant rien à mon humeur. Je restais affalée de longues secondes durant sur le pelage verdâtre du jardin, regard fixant le néant –ou plus précisément, une vitre qui m’a l’air un peu plus sombre que les autres-, avant qu’un bruit mat m’indique que quelqu’un s’était posé à coté de moi. Lean, sûrement. Sanzo a dit qu’il avait des choses à régler, des achats à faire. Puis bon, pour mes entraînements de base, il se contente de rester sur la grande table de la terrasse, à griffonner des glyphes quelconques … «Ce n’est que lors de l’éclipse du cercle solaire par l’astre lunaire, que l’initiation à ces arcanes pourra enfin débuter » Mais qu’est ce que j’en ai à faire de deux-trois gribouillis inutiles au sens plus que douteux, hein ?

Mes pensées se brouillent … L’utilité des sceaux, il m’en a parlé brièvement, oui … En fait, c’est juste que je suis énervée. Je crois que je la hais. Son expression lasse, sa voix sarcastique, ses mots durs … « Conne incapable » juste deux petits mots qui me font ressentir des émotions si violentes, juste deux petits mots qui font plus que n’importe quel acier qui s’enfonce dans nos chairs, que n’importe quelle arcane qui vous consume …

« Conne incapable » c’est tout … La teinte noire de mes boucles laissa place à l’écarlate habituel, signe de ma lassitude.


- A quoi penses-tu, Uzu’ ?

Sa voix résonna aussi simplement que ça, son regard profond posé sur moi.

- Si vous ne souhaitez pas de mensonges, évitez certaines questions.

La réponse était cassante, oui. C’était même la première fois que je m’adressais de cette façon à lui, mais, aussi, c’était la première fois que j’avais besoin de quelqu’un qui ne me répondrait pas par des interrogations. Un soupir résonna, je me tassais sur moi-même, tournant le regard dans une autre direction. Je ne souhaitais pas affronter son regard, déçu. Je suis un désappointement de tout instant, comme le disait si bien Père … Je sentais les larmes me brûler les yeux, des larmes issues de ma frustration …

- Nous sommes tous à la recherche de quelque chose, Uzu’ … L’honneur, l’amitié, la reconnaissance, l’argent, la paix … En soit, nous recherchons ce qui nous fait le plus défaut, mais aussi ce qui nous comble le plus. Mais, aussi insidieux que cela soit, les valeurs pour lesquelles nous nous battons se révèlent aussi la source de nos plus grandes peurs. Oui, vois tu ... Nous vivons pour une valeur, et tout ce qui peut compromettre notre vision de celle-ci ... est éprouvant. Les plus courageux leur font face, les autres fuient à sa simple évocation.
Sansa est de ces personnes qui cherchent avec un besoin maladif la force, ou ceux qui la possèdent. Et, comme la recherche d'une valeur ne va pas sans le mépris de son antagonisme, elle méprise toute forme de faiblesse, et l'écarte sans nulle sommation.


Il ne m'avait pas réprimandé, au contraire. Il m'avait donné une clé. Une clé à laquelle je devais faire correspondre une serrure ...
Je me retournais pour lui faire face, regard plongé dans le sien, avant de chuchoter, susurrer.


- Comment en est-elle arrivée là ..?

- Il n'appartient qu'à elle de conter son histoire.

Je fronçais les sourcils, puis je baissais le regard, sous le sien qui était devenu grave, perçant.

- Et toi, qu'est ce qui t'anime ..?

- Rien ... dis-je, tout simplement, même si nous savions tout deux que c'était un mensonge malhabile.

- Je ne connais celui qui t'a inculqué cette conception malsaine de la vie ... Et cela m'indiffère, en soi. Mais toi, Uzu', non. Quand cesseras tu donc de t'abandonner ? Quand prendras tu conscience du potentiel que tu étouffes par ton indifférence ? Quand, enfin, comprendras-tu que la source de ton bonheur n'est pas dans les autres, en elle, mais en toi ..?

Les paroles s'immiscèrent en moi, comme un poison mortel. Mes pupilles se rétractèrent sous le choc verbal.

- Elle est partie, elle ne reviendra qui sait jamais ... Qu'importe ? Dois tu cesser pour autant de vivre ? A moins que ... (il prit un ton de confidence) Penses tu que te tourmenter de la sorte la réjouirait-elle ? Penses tu que faire ta mélancolique lui apporte un quelconque plaisir ?

Mes poings se resserrent sous la colère, alors que son regard me vrillait, impitoyable.
Des larmes amères brulèrent mes yeux, je me sentais trahie. Et je me levais, le plus calmement possible, avant de tourner les talons, et de prendre la direction de la terrasse. Je n'avais pas besoin que Lean me fasse ça ... Lean qui me comprend toujours, Lean exigeant mais pourtant juste ... Trahie, juste trahie ... Les larmes coulèrent le long de mes joues.

Trop proche de lui.
Quelques secondes avant, je sentais le sifflement caractéristique de l'acier qui fend l'air, et instinctivement je me retournais pour opposer un bouclier d'eau qui éclata aussitôt sous sa caresse. Et tout aussi instinctivement, j'abattais un poing rageur sur le visage de mon agresseur pourtant bien trop connu, Lean, et qu'il me stoppait en plein mouvement comme si je n'étais qu'une enfant.
Mon regard haineux se perdit dans le sien, impénétrable.
Trop proche de lui.
Et je me blottissais contre lui, je serrais sa taille avec force. Gros manque de chaleur, d'affection ... Je sentais sa main me caresser la nuque, dans un geste apaisant ... Je m'abandonnais une fois de plus, même si je sais ce que c'est pas ce qu'il aurait voulu ... Manque de chaleur, d'affection, que je souhaite juste combler l'espace d'un instant ...
Juste besoin de fermer les yeux, et de me reposer ...


- J'ai peur ... chuchotais-je, voix hésitante.

- Nous avons tous peur, Uzu', moi le premier ...

Il caressa ma chevelure une dernière fois, à mon grand regret, avant de me repousser doucement, le dévisageant tristement. Tristement comme la première fois qu'on s'est rencontré, sur les rives de ce lac. Cette impression qu'il compatissait à ma souffrance, tellement apaisante ... Cette impression qu'il souffre tant, qu'il a connaissance d'un terrible secret, et que jamais, jamais je ne pourrais partager son fardeau ... Triste, si triste ...

- Ni elle ni moi sommes infaillibles, Uzu' ... Si tu as un quelconque amour pour elle, une quelconque affection pour moi ... Va de l'avant. Trouve toi une valeur pour laquelle il vaut la peine de se battre, et méprise tous ceux qui tentent de t'en détourner. Sois égoïste ne serait-ce que pour cela, et tu pourras nous considérer comme comblés. Fais le pour toi, Uzu'.

Je le regardais un long moment durant, avant que ma voix ne résonne vague, un peu cassée.

- Et vous, pour quoi vous battez vous ..?

Lean sourit, mélancolique.

- Pour une valeur morte.

MessageSujet: Re: Résidence Luuse   Mer 17 Mar - 2:53

J’étais satisfaite, vraiment.
Cette nuit là, je me suis battue avec Lean trois heures d’affilé. Ce fut l’une de mes meilleures séances. Si on s’était affronté pour de vrai, il ne m’aurait tué seulement que deux fois. La règle générale avoisinait plutôt la vingtaine de morts, et il arrivait parfois que le score fut encore pire.


- Dans un siècle peut être atteindrais-je le niveau de Lunarris, en matière d’escrime …

Le concerné acquiesça, ses iris écarlates pesant sur moi, narquois. Je soupirais longuement, avant de me poser à terre, envoyant valser à un coté ma lame d’acier véritable, elle. Des esquilles de glace parsemaient la pelouse aux alentours, vestiges de mes protections fracassées. Je haletais, épuisée par notre danse de minuit ... Lean, lui, à son habitude, ne montrait aucun signe de fatigue. Qu'il combattrait une semaine sans dormir, qu'il se trouverait dans ce même état ... Bon, j'exagère. Mais à peine. Lunarris vint laper mon visage, me nettoyant les goutes de sueur, ou, plus précisément, pour le salir avec sa bave. Bref, je me laisse faire, j'ai pas tellement la force ni les arguments pour le dissuader.
Lean s'asseoit à coté de moi, posant sa lame sur ses genoux, avant de regarder le ciel, songeur comme à son habitude. Mon regard à moi se perdit sur son acier à lui. De bonne qualité, vi ... Mais il n'a pas de nom. Et il n'en portera jamais, sûrement. Il n'est, comment dire, pas sur le même plan qu'Elle. Berceau-de-l'Hiver ... Je n'ai que rarement eu l'occasion de voir ce type d'arme pourtant caractéristique du pays de l'Eau ... Mais quel effet, quand il me la dévoila pour la première fois. Longue et épaisse, là s'arrêtait la comparaison avec ses sœurs. La finition de la lame, les runes gravées sur son plat, les ornements de la garde, tout cela relevait d'un travail de forge exceptionnel, unique même. Claire comme l'astre lunaire, et légère comme jamais on n'aurait pu l'espérer pour une arme de ce calibre ... Ce n'était rien, rien, lorsque l'on observait son tranchant. On devinait qu'elle avait connue de nombreuses batailles et escarmouches, mais aucune éraflure ne venait ternir son éclat ...
Si il la brandissait, ça serait pas qu'une vingtaine de fois que je serais morte, oh ça non. Et il le pourrait. Il lui suffirait de la dégainer, elle, glissée dans son fourreau qu'il porte toujours.

- A quel point Sansa est forte ?

La question fusa d'elle-même, coupant avec mes pensées précédentes.
Lean mit quelques secondes à répondre, sur son ton habituel, c'est à dire entre le neutre et le las.

- Sansa est Chuunin depuis 3 ans déjà ... Et elle fait partie de ces rares manipulatrices du Doton, présente au village de la Brume.

Doton, d'accord. Il se serait contenté de cette information, que j'aurais déjà compris qu'elle est un cran devant moi. Tout ça pour une histoire d'affinités ... Le Doton éponge le Suiton ... Sans compter qu'elle avait réussi le tournoi Chuunin, aussi.
Peut être que dans un siècle je la battrais, elle aussi.


- Autant dire que j'ai autant de chances face à elle qu'un brin d'herbe face à un tracteur ...

- Je préfère t'identifier à un bourgeon, plutôt qu'à un brin d'herbe.


Je passais ma main sur le visage, lasse.

- Ça revient au même ...

- Non. Le bourgeon peut grandir et devenir chêne vénérable. Et qu'on se le dise : Je n'ai pas encore dans mes connaissances un tracteur qui est passé à travers.

- Ah ouais, carrément ...

Je roulais sur le sol, poussant un long soupir. Il savait se montrer irritant quand il le voulait ... Je ne m'attendais pas tellement à qu'ils me réconfortent avec des paroles ou des encouragements creux. J'espérais plutôt me retrouver dans ses bras, comme la dernière fois. Je secouais la tête vivement, l'idée me quittant aussitôt, me faisant rougir de honte. J'ai pas le droit de penser à ça, c'est tout.
Pas que je saurais pas ce qui lui est arrivée, à ma Motoko ...
Mais en l'attendant, je n'allais pas croiser les bras, me tourner les pouces, à ça non.


- Je veux la battre.


Sa voix résonna douce, mais comme avec une pointe de reproche, la même que lorsqu'il parlait des motivations de Sansa.

- Toi aussi, tu cherches la puissance ?

- Non ...

Le silence, seulement interrompu par la symphonie des grillons, fit place, majestueux.
Et je pris enfin ce qui me servait de bravoure, pour dire à voix basse, presque dans un susurre.

- ... Je cherche à être heureuse.

Je me relevais lentement, mes mains passant négligemment le long de mes hanches, lissant le pantalon collé à ma peau.
Un sourire se dessina sur mon visage, pas un de mes sourires habituels, enjoué ou mélancolique ... Plutôt un provocateur. J'avais soif de bataille.
Illuminée faiblement par les fins rayons lunaires, je soulevais la lame haut, me mettant dans une posture de garde détendue.
Je n'étais plus seule dans ce combat.
Deux majestueux dragons s'élevèrent lentement des flots auxquels ils appartenaient, quelques mètres derrière moi, jusqu'à atteindre leur pleine puissance, mon regard azuré brillant étrangement dans la pénombre, alors qu'ils ouvraient leur gueule béante dans un cri inaudible.


- Viens valser, l'ami ...

Un large sourire me répondit, alors que les contours sans défauts de Berceau-de-l'Hiver se profilèrent.


- Il reste des chambres libres.


Je restais couchée sur la terrasse, corps endolori et couvert de bleus, bien après que Lean se retirait dans ses appartements, me laissant seule avec Lunarris, que je caressais distraitement. Cette nuit serait sombre, dame Lune se cachait derrière d’épais nuages, timide qu’elle est … Un sourire se dessina sur mon visage. Je me sentais bien, là. Bien pour la première fois depuis longtemps, très longtemps. Lean, Sanzo … Sansa. Mes doigts vinrent gratter le doux pelage immaculé. Demain serait un jour nouveau. Mais pourtant, je ne pouvais m’empêcher de l’appréhender. Demain est un jour d’incertitudes, plein de zones d’ombre et de choses qu’on souhaiterait oublier, ne pas voir.
Je sentais quelque chose d’humide, sur le cou, qui me fit frémir sans pour autant qu’un autre mouvement m’anime. Il commençait à pleuvoir. Non … Les particules blanches, tombant par dizaines, centaines, milliers, s’imposaient d’elles-mêmes comme les hérauts d’un grand avènement, d'un changement
Un sourire flotta, vague, avant que je m'assoupisse dans un chuchotement.


- L’hiver approche ...

Spoiler:
 

MessageSujet: Re: Résidence Luuse   Lun 5 Avr - 16:39

Uzumi : + 48 XP

Techniques validées. J'ai bien aimé la dernière phrase : L'hiver arrive. A mon avis, Hyô ou Iba vont la reprendre =)
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MessageSujet: Re: Résidence Luuse   

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