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 Dans la forêt de l'est - Région d'Ekô

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MessageSujet: Dans la forêt de l'est - Région d'Ekô   Ven 6 Nov - 0:48

Cirque Macabre : la route de la maison


Le soleil brulant, l’air tiède parfois parcouru par le vent… Les gens étaient un peu plus souriants, le ciel beaucoup plus clément. Taka appréciait ces choses là, certainement plus à cet instant là qu’à n’importe quel autre déjà passé, simplement parce qu’elle avait pris conscience de certaines choses et notamment du fait que les racines, si lointaines peuvent-elles se situer, sont toujours là, encrées quelque part en nous. C’était, et c’est, particulièrement vrai lorsque vingt années de votre vie se sont écoulées au même endroit, dans ce même lieu où vous vous êtes éveillé au monde frétillant, pétillant qui constitue votre entourage, ce même s’il n’a pas été ainsi à chaque seconde que vous avez connue. Mais pour comprendre tout ceci, il faut avoir été loin de ces bienfaits pour en évaluer la valeur. Il faut avoir été privé sans forcément être sevré, de façon à réaliser que la chance vous touche à chaque instant que la nature vous donne ; même dans la douleur, lorsque le néant vous absorbe, il faut se rappeler que votre monde vous tend la main… Enfin, c’était ce que se disait la Kunoichi qui arpentait les routes claires du pays du feu. Pour en être là, elle avait parcourut un long trajet. Enfin… long n’était pas le mot car bien des nomades – ou des marchands – vivaient quotidiennement ce qu’elle expérimentait. Flânant sur le chemin, les mains dans ses poches, un petit sac bien différent de celui qu’elle arborait à l’aller – et surtout beaucoup plus rempli – elle avançait en se délectant du caractère très marqué du sud, avec néanmoins une petite pensée derrière elle pour ce qu’elle venait de quitter.

~~


Les portes se dressaient devant elle. Elle n’avait pas la franche envie de les passer car elle se sentait finalement bien à cet endroit. Certes, au bout d’une petite semaine, elle ne pouvait pas dire qu’elle aurait aimé y vivre… mais Kumo avait ce petit charme accueillant et souriant malgré la grise mine que le ciel dominant donnait à la contrée. Les gens qu’elle y avait rencontrés n’étaient pas plus étranges que la normale ; en fait ils étaient différents. C’était d’abord une question de mœurs, puis sans doute une question d’origine… Elle n’aurait pas su dire si une identité locale se jetait immédiatement à l’appréciation des visiteurs, mais elle était sûre que le fait d’être étrangère n’empêchait pas le contact avec les autochtones.

Comme dans tout village, le village des nuages avait son caractère, sa façon de présenter les choses et d’accueillir les extérieurs. Il lui avait montré tantôt une âme mélancolique prête à épouser ses heures noires, tantôt des choses plus claires sans forcément qu’elles soient plus joyeuses. La jeune fille se rappelait avoir trouvé du cœur dans ce pays, notamment dans les taudis de la cité, ce quartier nommé Asakura où, si pauvres soient-ils, les gens se serraient les coudes comme ils le pouvaient ; parfois à un point même où ils en venaient à user de certains artifices pour garder le peu de moral qui pouvait encore planer sur cette part démunie de la nation. Elle avait eu aussi l’occasion d’y trouver les bassesses humaines et la domination des plus forts – encore qu’il restait à définir le terme de force – face à la détresse de plus faibles. Elle ne comprenait d’ailleurs toujours pas pourquoi des gens qui n’avait pas grand chose s’évertuaient à détruire ce qui leur restait… Mais sans doute n’allait-elle jamais répondre à cette interrogation qui soulevait bien des débats.

Quoi qu’il en fut, elle gardait encore nombre de souvenirs de son petit séjour en ces lieux. Particulièrement l’image brouillée d’une nuit particulièrement arrosée. C’était la première fois et sûrement avait-elle abusé de l’alcool. Elle n’en retirait pas une mauvaise leçon, ni même qu’une seule leçon. La première ? Consommer avec modération… Mais consommer. La seconde ? Que ce n’était pas en se laissant aller qu’elle trouverait des solutions. Et la troisième… Qu’il fallait avoir de sacrés bons comprimés en cas de débordement. Elle sourit en repensant à cet épisode là. Mais il fallait mettre un terme à tout ceci et retrouver les siens. La jeune fille pivota sur cent quatre-vingt degrés après avoir jeter un dernier œil à l’entrée et au poste de garde. Devait-elle revenir sur ses pas et demander une escorte ? Non… Ce n’était pas nécessaire. Et aucun prétexte ne devait la faire entrer à nouveau dans l’enceinte du village ninja. Elle soupira, vérifiant une dernière fois que les précautions étaient prises… Son pied droit passa devant.


~~


Déjà deux jours de voyage. Elle n’avait pas bivouaqué en pleine nature par souci d’hygiène. Entre Kumo et Konoha, les villes et les bourgs non ninja étaient nombreux et proposaient toujours quelque chose d’intéressant. Certaines attractions restaient toujours enthousiasmantes, notamment les bains publics ou alors les bicoques de massage. Ah oui, parce qu’elle s’était payée une ou deux paires d’habiles mains pour la détendre au maximum avant de poser le pied entre les murs de Konoha, et malgré les heures de marche, elle devait avouer que le professionnalisme de ces jeunes femmes, muettes durant leur exercice, était des plus satisfaisants. Elle se sentait bien… Un peu moins riche qu’avant, mais bien. Elle n’aurait pu dire que tout était clair dans sa tête – car de toute façon ça ne l’est jamais vraiment – mais elle pouvait au moins affirmer qu’elle était sur une pente ascendante, et qu’elle espérait que son état d’esprit viendrait influer sur les jours à venir. A commencer par cette aube là…

C’était en milieu de matinée. Il n’y avait rien ni personne dans cette forêt. Elle se le cachait, mais elle avait envie de faire une pause. Pour dire vrai, son esprit était partagé entre deux choix, à commencer par celui de continuer sans s’arrêter avant le repas du midi, et naturellement, celui de profiter de l’ombre et de la fraicheur que proposaient les multiples feuillages du coin. Elle parcourut quelques mètres en réfléchissant, puis progressivement son pas se ralentit pour arriver doucement à une vitesse totalement nulle. Elle leva la tête, laissant un rayon de soleil se glisser entre deux feuilles pour atteindre son front, juste au dessus de son œil. Elle regarda un instant autour d’elle, détaillant chaque parcelle du cadre qui s’offrait à sa vue. Par endroit, on pouvait voir les filets de lumière éclairer des particules en suspension et s’en aller s’écraser sur un végétal posé là, ou encore à même le sol. Les lieux étaient calmes, sous la nette dominance de la nature elle même et de ses petits habitants. Elle posa son sac contre un arbre et sortit une gourde pour se désaltérer. Une gorgée… puis deux… et un bruit attira son attention. Elle baissa son regard sur un gland qui venait de tomber, s’immobilisant totalement pendant une fraction de seconde.

Juste en face, sur le tronc, une petite bête s’aventurait doucement toujours plus près de la jeune fille. Elle descendit encore et encore avec précaution, jusqu’à gagner le sol, puis le fruit. La frêle créature leva deux yeux noirs vers la jeune fille qui lui rendait ce sombre regard. Non pas par animosité, mais bien parce que les teintes de leurs iris étaient aussi sombres que l’ébène. Dans les yeux de l’animal, c’était de la curiosité et sans doute de la crainte que l’on trouvait. Dans ceux de la jeune fille, c’était de l’admiration pour quelque chose d’aussi… mignon. Il renifla l’air, comme si un effluve du parfum de la jeune fille s’était glissée jusqu’à lui puis, après sa brève inspection, se tourna vers son repas du jour qu’il commença à grignoter, imperturbable. Taka s’assit toujours en le regardant et en appréciant simplement l’instant. Un moment qui ne dura pas bien longtemps, car déjà l’animal fuyait, lâchant ses vivres avant de les avoirs terminées. La kunoichi fronça les sourcils et regarda autour d’elle. Derrière ? Personne. Ni même en face d’ailleurs. A gauche ? Certainement pas… par contre, sur sa droite une silhouette se dessinait. Elle n’aurait pu dire de quoi il s’agissait exactement… Mais ça avait une forme humaine. Pourtant, les ombres pendantes de certains lambeaux permettaient d’en douter. Taka vérifia que son bandeau était bien caché dans son sac, puis elle se redressa par précaution, prête à se défendre si nécessaire… elle attendit.


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MessageSujet: Re: Dans la forêt de l'est - Région d'Ekô   Ven 6 Nov - 2:14

SBAH !
SPLAH !
Scrrrr...crrACK.
...

- Haaarrrh... Héhéhé...Haha...HAHAHAHAH...HA...HAAaarrrgl... Hufff... Hufff... On va dire match nul... Héhéhé...

Le clown essuya son menton maculé de sang du revers de la manche... ou, du moins, de ce qui en restait. Il était à genoux, essoufflé, devant le cadavre d'un shinobi de Kiri. Celui là même qui avait voulu lui fendre le crâne, poussé par la faim, fuyant les autorités revanchardes de son propre village. Le combat avait été âpre, l'ennemi puissant. Mais il était déjà blessé et l'hilarité hystérique de Reishou avait eu raison de son sang froid. Finalement, c'était le plus ridicule des deux combattants qui l'avait emporté, au prix de nombreuses plaies, ainsi que de son précieux costume. Lacéré de partout, le pauvre taré respirait péniblement, émettant de désagréables bruits de bulles à chacune de ses inspirations. Mais il vivait. La comédie ne prendrait pas fin aujourd'hui. Se traînant jusqu'au corps de sa victime, l'homme le fouilla sommairement. Il mit rapidement la main sur la sacoche, qu'il secoua contre son oreille, pour écouter les bruits qu'elle provoquait. Les sons de parchemins s'entrechoquant firent naître un sourire sur son visage cadavérique. Jackpot !

Fébrilement, il ouvrit le conteneur, pour étaler les rouleaux dans l'herbe. En déroulant le premier, il lut à voix haute :
Suiton machinchose... technique qui mouille... hinhin. Et, sans se soucier davantage du reste du contenu, ni de ce qui était inscrit sur les autres rouleaux, il rangea le tout pour fixer la sacoche à sa propre ceinture. Tout autre équipement, armes diverses et veste de protection, ne semblaient pas l'intéresser le moins du monde. Se redressant, le clown décrépit se craqua les doigts, puis la nuque, grimaçant quelque lorsque ses plaies se rappelèrent à lui, par quelques décharges douloureuses savamment dosées. Prenant une profonde inspiration, Reishou fit couler ce qui lui restait de chakra dans son corps. Peu à peu, les blessures se refermaient d'elles même, comme par magie. Sans cesser de se régénérer, le voyageur récupéra le katana de son ennemi, avant de poser le tranchant sur la gorge du cadavre. Avant de trancher, il lança sur le ton de la plaisanterie :

- Toi, mon gars, je savais qu't'avais pas la tête sur les épaules, dès que je t'ai vu. Héhéhé...
ShrrrrrACK

---


Reishou avait repris son voyage depuis plusieurs heures. Après s'être énervé contre le cadavre décapité, pour avoir ôsé détruire son costume, il avait finalement regagné son calme et s'était mis en chemin, laissant le corps là. La tête, elle, suivait l'homme de près, solidement accrochée à sa ceinture, enrobée dans un bout de tissus violet - vestige de l'impeccable costume - désormais maculé de sang. Nul doute que les shinobis de la brume apprécieraient d'avoir des nouvelles de leur défunt déserteur et voleur de techniques. Notre pauvre voyageur avait profité de la nuit pour panser ses dernières plaies, largement aidé dans cette entreprise par ses talents de médecin et ses techniques de régénération. Au petit matin, parfaitement reposé, le fou s'était remis en route, joyeux et frétillant, comme un poisson au bout d'une ligne de pêche. Fort de cette image rassurante, il se remit en route, décidé à trouver, sinon un tailleur, au moins un cours d'eau où il pourrait se nettoyer des plaques de sang séchées qui lui couvrait la peau. Parce qu'il faut bien dire que notre clown puait l'hémoglobine. L'odeur du sang frais était un ravissement des sens, mais il faut bien avouer qu'elle perdait tout son charme en vieillissant... un peu comme une belle jeune femme prête à être saillie.
Mais il ne trouva rien.

Alors il marcha.
Ses pas le faisaient évoluer au milieu de la végétation danse, où la fraicheur de l'atmosphère et l'ambiance tamisée décuplaient ses capacités de marche. Vu de l'extérieur, il ressemblait exactement à ce qu'il était : un fou, un psychopathe imprévisible et sanguinaire, plus proche de l'animal que de l'être humain. Nul ne saurait dire quelles pensées lui traversaient la caboche, tandis qu'il s'enfonçait inlassablement entre les arbres, quelles images se présentaient derrière ses yeux verrons. Avait il une vue psychédélique ? Percevait il le monde comme une immense foire ? Ou bien était il hanté par quelques visions macabres de meurtre et de torture ? Lui seul le savait et, à en juger par le large sourire qui étirait ses lèvres purpurines, le spectacle devait être particulièrement plaisant. Finalement, le voyageur arrêta sa longue marche, quelque chose avait attiré son attention.

Ce n'était pas la configuration de l'endroit, non, il ressemblait à tous les autres endroits de cette foret : des arbres plantés partout, agrémenté de quelques arbustes et autres buissons. L'herbe demeurait très éparse et maigrichonne, privée de lumière par les massifs végétaux qui s'élevaient haut vers le ciel. Ce n'était pas non plus l'écureuil qui fuyait, apeuré par l'apparition bizarre d'un clown en loque et au sourire cicatriciel... Il y avait là une fille, une jeune femme en pleine forme, sans attributs guerriers apparent. Pourtant, elle était prête à se défendre, Reishou pouvait le sentir, il pouvait le voir à travers sa posture. De toute évidence, celle là n'avait pas l'intention de l'agresser pour lui voler son crouton de pain. Après quelques secondes de silence, durant lesquelles les deux protagonistes se dévisagèrent, le voyageur finit par s'approcher. Était il content de voir quelqu'un ici, ou bien son sourire plein de dents formait il son expression naturelle ? Rajustant les loques qui lui tenaient lieu de vêtements par pure réflexe, l'homme se racla la gorge avant de s'avancer vers la jeune Uchiha. Puisqu'elle attendait, il ferait le premier pas. Un pas assuré, malgré sa sale trogne et son odeur de mort... Le ravissement transparaissait dans sa voix, lorsqu'il lança joyeusement :


- Bonjour, mignonne, tu es la deuxième personne que je croise dans cette foret. Pardonne mon odeur et ma tenue, mais le dernier type que j'ai croisé voulait me trucider un peu... héhé... et j'ai pas trouvé de point d'eau depuis, ni même de tailleur. Le clown marque un temps d'arrêt, se courbant démesurément en un salut ridicule, avant de poursuivre : Vous pouvez m'appeler Reishou, jolie minois, et toi, c'est quoi ton p'tit nom ?


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MessageSujet: Re: Dans la forêt de l'est - Région d'Ekô   Ven 6 Nov - 12:18

Un clown ? Au milieu de cette forêt ? A la limite une caravane, pourquoi pas, mais un artiste seul. Déjà de loin, son expression attirait nettement l’attention. Comme si ce sourire béant n’était pas naturel ou alors celui d’un dégénéré. La jeune fille ne clignait plus des yeux, imprimant dans son esprit la grande majorité des informations qui étaient déjà disponibles. Sans doute se pouvait-il qu’elle ait à changer d’attitude s’il s’approchait un peu trop, alors autant prendre les précautions nécessaires. Elle jeta un dernier coup d’œil à son sac hésitant à s’en emparer pour en sortir son indispensable bandeau, révélateur de son identité. Cependant, elle n’en fit rien. Ses yeux se posèrent à nouveau sur l’homme qui s’approchait, toujours plus étrange de seconde en seconde. Il portait des guenilles violettes, restes d’un costume ayant fait son temps, arborées d’une cravate verte en tout aussi mauvais état. Qu’était ce genre de personnage ?

*Un fou furieux de plus en pleine nature… Je déteste les clowns.*

Elle baissa son regard sur sa ceinture où un petit sac trônait, juxtaposé à un morceau de tissus bien rembourré dont l’utilisation était un vague mystère. Ce dernier n’échappait cependant pas à la règle générale, à savoir être recouvert d’immondes tâches de sang, et sans doute d’une façon plus abondante que n’importe quelle autre parcelle. En effet, ce bout d’étoffe bien enroulé semblait boire et baigner dans l’hémoglobine de façon tout à fait remarquable, un peu comme si on l’avait posé sur une jugulaire fraîchement percée. Taka écarquilla les yeux, entrant petit à petit dans son rôle de vulgaire passante, puis elle s’attarda une dernière fois sur le visage de l’homme. De plus près, on distinguait nettement le moindre des détails… Deux lèvres d’un rouge aussi sombre que du sang coagulé dont les commissures étaient prolongée de deux cicatrices magnifiquement bien taillée et visiblement jamais vraiment refermées, à ce qu’en disaient les vagues points de suture ; un regard vaguement dérangé complémenté de ce sourire malsain et profondément gênant et bien sûr, cette brève odeur de sang que les remous de l’air pouvaient parfois porter aux narines de quiconque se trouvait à cette distance de l’homme. Ce dernier dévisageait nettement la kunoichi, chose qu’elle lui rendait finalement bien.

Souriant de plus belle, il avait pris le temps d’ajuster ses vêtements afin de se faire présentable devant la jeune fille, puis il s’était présenté d’une façon tout à fait… originale.

[Reishou] Bonjour, mignonne, tu es la deuxieme personne que je croise dans cette forêt. Pardonne mon odeur et ma tenue, mais le dernier type que j’ai croisé voulait me trucider un peu… héhé… et j’ai pas trouvé de point d’eau depuis, ni même de tailleur.

Vous pouvez m’appeler Reishou, jolie minois, et toi, c’est qu’on ton p’tit nom ?

Elle cligna plusieurs fois des yeux, marquant physiquement le passage d’une personne à une autre.

*Ne fronce pas les sourcils. Cligne des yeux… vas y profite, il ne te regarde pas. Un nom… un nom…*

Elle fit un pas en arrière pour marquer la distance entre eux, le corps d’ores et déjà chargé de chakra si nécessaire. Elle affichait une mine apeurée et profondément perturbée. Dommage qu’elle n’ait eu la capacité de se faire blêmir, c’aurait été de très bon goût pour cette réaction et, qui plus est, elle se serait mise dans le même registre que celui de son interlocuteur. Taka se décala un peu sur le côté afin de ne pas être prise en tenaille par l’arbre et le dit Reishou, puis elle entama une phrase difficilement articulée.

[Taka] T… t… t-t-t… Tsuyu. Je… m’appelle Tsuyu. Je n’ai rien sur moi… Que des affaires pour voyager.

L’air joyeux du type avait de quoi déranger n’importe quel passant « normal ». Elle espérait juste qu’il n’ait pas une fougueuse envie de sexe ou un besoin pressant d’affaires féminines, auquel cas elle aurait été dans l’obligation de le tuer et de le laisser là, comme ce pauvre type qui avait déjà croisé la route du clown… à ses dépens. Elle gardait les yeux grands ouverts, luttant contre l’assèchement de ses pupilles.

[Taka] J’ai… j’ai juste un peu de nourriture.

La voix tremblante, l’air peu rassuré… Plus ça allait, plus elle craignait d’exciter ce fou en cavale dont le sourire semblait étrangement l’absorber même si elle se forçait à garder une vue de l’ensemble de son apparence et naturellement… de ses mouvements. D’ailleurs, elle devait renoncer au sharingan avant que toute hostilité ne soit engagée. La barbe…


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MessageSujet: Re: Dans la forêt de l'est - Région d'Ekô   Ven 6 Nov - 12:56

Cette fille là exhalait un doux parfum de... de rien du tout. Une fieffée menteuse que c'était, de vouloir faire croire au clown qu'elle avait plus peur qu'elle ne l'était en réalité. Pourtant, c'était une admirable actrice, arborant les quelques tics d'expression généralement trouvés chez le passant moyen, ainsi que le bégaiement caractéristique. Alors comment un type avec un grain pareil pouvait il se rendre compte de la chose ? Simple, l'odeur. Les animaux savaient percevoir ce genre de chose, cette saveur éthérée qui, flottant dans l'air, les informaient qu'ils avaient l'ascendant. Reishou n'était pas un animal, mais il n'avait plus grand chose de réellement humain. Même son enveloppe physique trahissait cet état de conscience désordonné. Devait il s'énerver de cet état de fait ? S'offusquer que la jeune fille l'a prit pour un pigeon ? Peut être. Mais, pour être tout à fait honnête, le voyageur trouvait ça tellement drôle...
Tellement...
Comique...

- Héhéhé... Très bon... Héhé... Très, très bon... HahaHAHAHAHAHAHAHA ! La crise de fou rire le fit se plier en deux. ...HAHAHA ! Excellent ! Excellent ! Houhou... hou... hou... houfff... Ah, qu'est ce qu'on s'pamme.

Toujours aussi souriant, le type se redressa, comme si rien ne s'était passé. Pourtant, il venait juste de pêter un boulon et d'exploser de rire, comme lui seul savait le faire. Fixant son interlocutrice droit dans les yeux, il se prit au jeu : Puisque cette fille avait décidé de faire un peu d'humour, il resterait un peu plus longtemps à profiter de l'occasion. Non pas que ce fut été moins drôle, si elle avait eu vraiment peur, mais c'eut été assurément moins long. Donc Tsuyu avait peur. Bien. Et quoi après ? Qu'est ce qu'un clown siphonné du bocal et une jeune fille apeurée - par le dit clown - pouvaient bien faire ensemble ? Reishou se frotta le menton deux secondes, effaçant quelque peu son sourire pour une expression plus pensive, avant de dévoiler de nouveau toutes ses dents, levant le doigt, une satisfaction passant dans son regard. On pourrait presque voir l'ampoule s'allumer juste au dessus de sa tête... S'approchant de quelques pas, Reishou lança d'une voix qui se voulait douce et rassurante, mais qui était bien trop mielleuse pour être vraie :

- J'ai aussi de quoi manger, T... t... t-t-t... Tsuyu. Son visage se voilà et, pendant une seconde, on aurait pu croire qu'il allait de nouveau éclater, mais non. Son expression se faisait plus rassurante, sa voix réellement bienveillante. Ca te dérangerai qu'on déjeune ensemble, T... t... t-t-t... Mhuhuhu...mmff... Désolé... Je veux dire, je sais que je pue et tout ça, mais c'est tellement triste de manger seul, quand on peut discuter avec une aussi jolie fille que toi.

Il était temps de voir jusqu'où son interlocutrice serait capable de pousser la plaisanterie. En toute logique, une gamine effrayée ne saurait contrarier un dangereux malade mental tel que ce clown et, tout fou qu'il était, ce dernier le savait pertinemment. Il faudrait que la jeune fille montre ses vrais couleurs, pour espérer pouvoir lui opposer un refus. A vrai dire, Reishou anticipait avec un plaisir non dissimulé la réponse de son interlocutrice. Chacune des deux éventualités lui plaisait tout autant. L'une, parce que ça ferait durer le plaisir, l'autre, parce qu'il pourrait enfin voir à quoi ressemblait la vrai T... t... t-t-t... Tsuyu...

Et pour ne rien gâcher, cette nouvelle camarade de jeu se révélait être une fort jolie fille, que n'importe qui aurait eu envie de culbuter dans un fourré. Laissant défiler l'idée dans sa tête, le clown jeta un coup d'œil rapide autour de lui, à la recherche d'éventuel fourré... et dut se retenir de ne pas ricaner bêtement lorsqu'il en aperçut un. Pour l'instant, l'éventualité d'un calin sauvage était à écarter : Aucune chance qu'une fille accepte de faire une cravate de notaire à un type aussi mal sapé et puant à se point l'hémoglobine. Son sourire faisait chavirer bien des femmes, il le savait, mais cette fois il ne rattraperait pas le coup. Et notre bonhomme n'était de toute façon pas du genre à forcer les demoiselles pour obtenir ce qu'il désirait... Pas toujours. Non, pour l'instant, le clown était bien plus excité à l'idée de la conversation qui allait s'établir entre les deux protagonistes...


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MessageSujet: Re: Dans la forêt de l'est - Région d'Ekô   Ven 6 Nov - 13:35

C’était un fait, elle n’avait pas d’humour. En tout cas pas celui des sale timbanques de ce genre là, sans doute était-ce la cause de l’aversion qu’elle éprouvait pour eux. Pour dire vrai, celui là n’exceptait pas à la règle, d’abord parce qu’il était quasi-impossible de lui retirer ce sourire pseudo-artificiel, mais aussi parce qu’il possédait un rire agaçant tout autant qu’énervant. Ce fut avec grande difficulté que Taka ne tomba pas la mine, affichant son effective frustration – quasiment marquée par une veine pointant sur son front – quant à la présence de Reishou.. Les écureuils étaient tellement plus mignons, et tellement moins bruyants… En fait, elle ne savait pas s’il se foutait de sa gueule copieusement ou s’il était vraiment sous le coup du jeu d’actrice de la jeune fille. Epine du pied en moins, il n’était déjà pas dans le style « je vais te casser la boite à caca, maintenant, tout de suite ! » du moins pas immédiatement. En revanche, si c’était un bon point, elle dénotait une sérieuse tendance à perdre l’interlocuteur dans ses réflexions. En effet, l’homme passait du calme au rire hilare en moins d’une demi-seconde et disposait de la capacité réciproque avec une aisance déconcertante. Le plus fâcheux dans tout ceci ? C’était sûrement d’avoir attiré l’attention et l’intérêt du dégénéré.

Ce dernier afficha soudain une expression très pensive, ne laissant qu’à ses sutures le loisir de dessiner cet ineffable sourire. Honnêtement, ce temps mort déplut à Taka – nouvellement Tsuyu – car elle ne savait pas ce qu’elle devait faire. Sa position lui coupait quasiment toutes les retraites possibles et le temps de prendre son sac – si se type avait vraiment décalqué quelqu’un – il aurait le temps de l’abattre sans même qu’elle ne puisse cligner de l’œil. C’était peut-être exagéré, mais elle ne savait rien des capacités de son adversaire et, à se rappeler son dernier affrontement, des gens qui n’avaient l’air de rien pouvaient être de réelles menaces. Particulièrement s’ils étaient des voyageurs partiellement égarés.

La jeune fille bougea son pied droit sur quelques centimètres vers l’arrière, veillant à ne pas agir trop brusquement pour attirer l’attention. Elle s’apprêtait à bondir lorsque Reishou la coupa dans son élan, levant de façon victorieuse le doigt vers le ciel, le regard aussi lumineux qu’un réverbère au milieu d’une ruelle sombre. Sur le coup, elle fut carrément surprise d’entrevoir le fond de sa tête tellement l’idée qu’il avait lui semblait brillante. Son large sourire découvrit ses dents à nouveau puis il prit de nouveau la parole, l’air narquois et la timbre plaisantin. L’enfoiré reprenait ce bégaiement si difficile à simuler pour carrément se payer la face de la jeune fille. Cette fois-ci, elle ne put masquer une expression nerveusement colérique, sacré mélange n’est-il pas ? Se sachant pertinemment démasquée, ou presque, elle afficha sa nature calme pendant un instant avant de passer au plan B. D’ailleurs, l’expression subitement bienveillante du clown l’aiderait dans son entreprise quelque peu tirée par les cheveux. L’homme terminant sa phrase, elle finit par sourire. En fait, elle riait presque de façon légère et nettement moins folle que lui.

[Taka] J’ai le nez bouché… et si vous arrêtez de vous moquer, sans doute passerez vous votre repas moins seul.

Il jeta un coup d’œil rapide autour d’eux, comme pour trouver un endroit acceptable pour manger, enfin c’est ce qu’elle supposait après sa réponse partiellement affirmative. Quant à elle, elle en profita pour examiner une fois de plus les vêtements du type, à la recherche d’un indice ou deux sur la raison de sa présence dans le coin plus que sur ses dernières activités. Elle se décala prudemment vers son sac qu’elle attrapa puis elle se redressa en le passant sur son dos.

[Taka] Vous êtes pas commun comme clown… Les autres ne font pas peur, d’habitude. Enfin, pas si l’on n’est pas un enfant. Elle est ou votre troupe ?

Ne préférant aborder le sujet du lieu de la graille, elle laissait le soin à ce type d’en dire un peu plus sur lui, en espérant y trouver quelque chose de croustillant. De toute façon, s’il venait à fissurer un piston de façon désagréable, elle n’avait qu’à tendre la main. L’avantage du Rasengan, c’était qu’il ne nécessitait pas de signes.


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MessageSujet: Re: Dans la forêt de l'est - Région d'Ekô   Ven 6 Nov - 14:46

Pendant qu'il déblatérait, l'homme remarqua évidemment la réaction de son interlocutrice, lorsqu'il reprit le bégaiement. Ce foutage de gueule affiché ne plaisait pas à la jeune fille et fissurait même cet admirable portrait de fillette apeurée qu'elle s'était confectionné, à l'occasion... Ce constat faillit de nouveau faire partir le bonhomme en vrille, mais il se retint. La seule chose qu'il y avait de gênant à tout le temps rire, c'était qu'on pouvait difficilement mettre en place une discution construite. Ceci étant dit, même lorsqu'il ne se roulait pas par terre, Reishou avait quand même toutes les difficultés du monde à mettre en place une dialogue réciproque. Le fait était que si son interlocuteur se trouvait être un pécore sans défenses, il chiait généralement dans son froc et hachait ses paroles plus efficacement qu'un boucher le faisait avec un steak. Et, au contraire, si la personne à qui il parlait savait se battre, on le prenait d'office pour un guignol insignifiant, le traitant avec mépris. Dans une situation, les gens prenaient notre pauvre timbré bien trop au sérieux, tandis que dans l'autre, c'était tout à fait l'inverse. Mais personne, jusqu'à maintenant, n'avait réussi à le jauger à sa juste valeur. Peu importait, à vrai dire, le clown savait tirer parti des deux situations...

Reprenant une attitude plus naturelle, son interlocutrice lui demanda expressément de ne pas se moquer. Une note de déception passa dans son regard. Finalement, cette fille se révélait être mortellement sérieuse. Tout compte fait, l'homme préférait largement quand elle jouait la comédie. La comédie... hé ! Voilà une valeur sûre, dont le clown ne se lasserait probablement jamais. Puis cette ennuyeuse fille commença à s'intéresser à sa troupe. Une troupe de saltimbanques, en voilà une brillante idée. Affichant un sourire radieux, Reishou répondit sans se faire prier :


- Bonne question, ma chère. C'est là une bien triste histoire... Regardant autour de lui, cherchant un endroit tranquille, le type décida finalement de s'assoir en tailleur là où il était. Visiblement, le récit promettait d'être long. Le timbre de sa voix n'était plus hilare, mais parfaitement sérieux. Même sa mine se fit plus grave et seul les cicatrices marquaient un semblant de sourire, beaucoup plus sinistre qu'auparavant. ...Je faisais effectivement parti d'une troupe de cirque. On était plusieurs familles, deux exactement, rassemblée en une seule caravane. On trimballait tout partout : le matériel, les bestiaux, les artistes. On voyageait de ville en villages, de bourgs en bourgades, pour pratiquer notre art et récupérer de l'argent. Moi, comme vous l'aurez deviné, j'étais le clown auguste, celui qui est sensé faire rire les gens... J'ai toujours eu le teint naturellement pâle, alors je coutais peu cher en maquillage. Dans ma famille, mon père était montreur d'ours, tandis que ma mère une jongleuse émérite. J'avais une fiancée, aussi, une beauté sublime, à la chevelure d'ambre et au regard d'azure. Elle dansait comme nul autre et avait un déhanché à damner le plus frigide des hommes. La vie était belle à l'époque. Simple, mais belle. Nous étions heureux et, même si nous ne roulions pas sur l'or, c'était suffisant...

Fausse. L'histoire était fausse. Non pas entièrement, Reishou avait bel et bien fait partit d'une famille de saltimbanques, mais ils formaient une petite troupe et en aucun cas un cirque complet. Aucune fiancée blonde aux yeux bleus n'avait existé, ce n'était que pure invention de l'esprit tordu du clown. Mais les images défilaient dans sa tête, issues de sa psyché brisée, s'imprimant comme de vrais souvenirs sitôt inventés... C'était là la force mentale que tirait Reishou de sa folie : Fantasme et réalité se mêlaient, imbriqués l'un dans l'autre de manière bizarre et complexe, si bien qu'il pouvait très bien ignorer des faits réels et prendre pour vrais de parfaits mensonges. S'auto-persuadant de son propre discours, le comédien à crinière verdâtre respirait la franchise et la mélancolie. Plus de comique. Plus d'hystérique. Taka avait en face d'elle un triste bonhomme qui remuait un passé douloureux.

- Mais toute bonne chose a une fin. Un jour, pendant que nous traversion le pays de l'herbe, notre troupe d'artistes a croisé la route d'une troupe de brigands. Nous avons bien essayé de nous défendre : le lanceur de couteaux a fait quelques victimes avant de succomber et ils durent s'y mettre à plusieurs pour mettre à bas notre monsieur muscle. Mon père n'a pas eu le temps de libérer Teddy - c'était le nom de l'ours - qu'il était déjà criblé de flèches. Nous étions encerclés, privés de défenseurs et à leur mercie. Ce jour là restera à jamais gravé dans ma mémoire... Je n'oublierais jamais leurs rires et les cris de ma douce Katsue. Le regard jusqu'alors perdu dans le vague, Reishou fixa de nouveau Taka, une lueur de haine au fond des yeux.
C'était des bêtes, des animaux... Non, pire que des animaux.
Ils ont exécuté les hommes et les femmes trop vieilles. J'aurais du mourir aussi, à ce moment là, mais ils ont appris que la plus jolie fille de la troupe était ma fiancée. Alors ils ont décidé de s'amuser un peu. Ils m'ont attachés, puis ils l'ont violée à tour de rôles juste devant moi. Elle était si près que je pouvais sentir le souffle de sa peau sur mon visage, je pouvais sentir son corps tressauter contre le mien. Mais je ne pouvais que regarder son visage déformé par la douleur et ruisselant de larmes sans rien faire. C'était pire encore quand je fermais les yeux, parce que j'entendais ses plaintes, ses râles et ses gémissements, je sentais son corps malmené. Pendant cette torture, l'un d'eux est venu me voir. Il m'a regardé et m'a dit : "Ben alors, pourquoi cet air si sérieux ? Pourtant, t'es un clown non ? Peut être qu'il te faut un peu de maquillage... Attends, j'vais arranger ça." Il a prit son couteau, l'a mis dans ma bouche et a donné un coup sec.

Puis, quand ils ont eu finit de remplir ma fiancée, ils l'ont égorgée, juste sur moi. J'ai sentis son sang chaud tremper mes vêtements pendant que j'entendais ses ignobles gargouillis et que je voyais son regard se voiler. A ce moment, quelque chose s'est brisé en moi... Et tu sais ce que j'ai fais ? J'ai ris. J'ai ris comme jamais je ne l'avais fait, de toute ma carrière de clown. J'ai ris à m'en étouffer, à en mourir de rire. Les bandits me regardaient bizarrement, de plus en plus mal à l'aise. L'un d'eux m'a planté un couteau entre les côtes et ils m'ont laissé pour mort.


Le récit macabre s'achevait enfin et, au terme de cette petite histoire, les sentiments de tristesse et de colère qui semblait tenailler Reishou s'évaporèrent, comme s'ils n'avaient jamais existé. Son hilarité coutumière voila de nouveau son visage, tandis que ses lèvres s'arquèrent de son éternel sourire. Qui ne serait pas devenu fou, en vivant pareille expérience ? Sans en avoir l'air, le voyageur observait son interlocutrice, afin de déceler les potentielles émotions que faisaient naître ce récit. Sortant quelques provisions de sa sacoche, il commença tout naturellement à manger. Reprenant la parole, sur le ton de la conversation la plus banale, il demanda :

- Et toi, qu'est ce que tu fais dans le coin, mignonne ?


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MessageSujet: Re: Dans la forêt de l'est - Région d'Ekô   Ven 6 Nov - 22:33

[Reishou] Bonne question, ma chère. C’est là une bien triste histoire.

Il tourna la tête à gauche, à droite cherchant activement un endroit qui siérait à leur dégustation. Longue histoire ? Courte ? C’était à n’en trop savoir, mais elle s’annonçait bien peu joyeuse. Le mieux aurait été qu’il s’arrête là et qu’il prenne le temps de laisser Taka demander la suite des évènements. Cependant, il semblait lancé et quelque peu déconnecté de son environnement, comme s’il avait ouvert un livre et qu’il s’isolait dans le monde que l’ouvrage déversait. La seule différence résidait dans l’immatérialité du support qui se révéla être son esprit vif et inventif. Ses lèvres tombèrent un peu et son visage s’assombrit en une mine inquiétante, empli d’une grise apparence qui ne faisait qu’accentuer son teint blafard. L’homme prit place en tailleur sur le carré de mousse qui se trouvait sous ses pieds. Face à lui, la jeune fille haussa les épaules et s’installa contre le tronc d’arbre qui soutenait son sac un peu plus tôt. Elle posa l’objet sur le côté, se concentrant sur son interlocuteur et prenant soin de détailler chaque émotion que ce visage tordu par les blessures et la folie rendaient à la limite de l’infâme.

Rapidement, le clown naturel posa le décor de sa tragique épopée. C’était plutôt sympathique se dit la kunoichi qui n’avait que rarement eu l’occasion de voyager à travers les pays. Elle connaissait celui du feu, du moins quelques zones, mais rien de plus. Certes, elle avait posé un œil neuf sur la région de la foudre mais elle ne pouvait prétendre réellement à affirmer qu’elle connaissait l’endroit. Pour tout le reste, elle n’avait qu’une grande case vide et à l’en croire, ce n’était pas le cas de l’artiste fou qui était en face d’elle. Elle l’imaginait sans ses cicatrices, au bras d’une véritable bombe anatomique et d’une famille heureuse… Elle grimaça devant l’effort à faire car pour dire vrai, un fou furieux pareil dans un cadre comme celui qu’il décrivait semblait bien peu probable. Enfin bon, chacun avait une origine et quelle que fut son espèce, ce type devait bien avoir la sienne… Père, mère, frères et sœurs, tout ceci devait exister dans un coin de sa vie nettement relégué en arrière plan au vu de ce qu’il était devenu.

C’était difficile à concevoir, mais pas impossible. De plus, Taka ne pouvait en aucun cas mettre en doute tout ce qu’il disait. Enfin, elle pouvait penser ce qu’elle voulait, mais l’affirmer aurait été une très probable offense. Ainsi, elle se retint d’aller plus loin dans les faits, esquivant par là l’envie de proposer son avis. Un avis qui ne se basait pas sur la totale fiction qu’on lui contait, d’ailleurs elle ne pouvait pas deviner que ce flot de paroles ne constituait qu’un vague tissu de mensonges rattachés en quelques points à la réalité. Une réalité qui, une fois face à elle, manquait de la dégouter sérieusement… ce qu’elle ne savait pas, c’était que la suite s’avouait beaucoup moins utopique et beaucoup moins rieuse car, comme le disait Reishou, les bonnes choses ont une fin.

La jeune fille commença par froncer les sourcils. Les attaques étaient choses fréquentes sur les routes, plus dans certains pays que d’autres mais personne n’était vraiment épargné. Sauf peut-être les ninjas… du moins, de simples brigands n’osaient que rarement se frotter à des entités armées d’un bandeau et de ninjutsu. Cependant, la caravane de l’homme ne semblait pas aussi bien équipée qu’un groupe de shinobis. Pourtant, en un contre un, Reishou semblait s’en être sortit dans même une égratignure. Comment le savoir ? Ses habits étaient encore tachés, l’odeur du sang coagulé restait récente et, fiction ou non, Taka semblait avoir décelé une odeur tout aussi jeune de transpiration. Ces indices concouraient en un seul point… les restes d’une altercation autre que vieille. Elle leva des yeux pensifs sur le voyageur, écoutant la suite du récit tout en finissant de réfléchir. Et malgré son enthousiasme à jouer un rôle, elle n’arrivait pas à sourciller devant le récit qu’on lui faisait couler aux oreilles. Pourquoi ? Parce qu’elle avait vu des équipiers se faire pulvériser. Parce qu’elle avait eu juste devant ses yeux, la peau d’un ami qui pliait sous le fer, le sang giclant et les cris brisant l’air. Ces scènes là… elle les connaissait de trop, et la seule réaction qu’elle avait à y opposer, c’était un léger plissement des yeux.

Aussi fausse eut été l’histoire, elle rejoignait ce fou de clown dans son raisonnement. L’homme, elle comprise, était bestial à ses heures. Comme tout autre animal, il pouvait se transformer en un véritable sauvageon que seul la survie, l’argent ou le sexe intéressaient. Sans doute y en avait-il d’autres, mais ces trois là, par des croisements, menaient à bien des facteurs secondaires. Elle serra les dents, donnant saillie à ses muscles masticateurs de part et d’autre de sa bouche. La violence engendrait la violence, même chez les plus calmes et elle s’avouait ne pas regretter les fois où elle y avait cédé. Cependant, jamais, ô grand jamais, elle n’avait été confrontée à une situation semblable à celle du type qui lui faisait face. Bien sûr, leurs sexes opposés infirmaient l’hypothèse qu’elle s’y retrouve un jour, sauf si des types pareils s’en prenaient à sa sœur… et encore, il en fallait une belle paire pour oser en faire tant, car la jeune sœur avait de la ressource. Cette image frappa néanmoins Taka. Un instant elle se voyait maltraitée, l’instant d’après elle supposait sa sœur sous son regard en train de subir les pires sévices possibles, implorant et hurlant qu’on agisse. Mais dans ces cas là, seule l’impuissance règne ; c’est la dure réalité des mauvais moments.

Taka écoutait attentivement la suite des évènements malgré toutes les noires pensée qu’elle ajoutait à son esprit. Elle n’eut pas à retenir d’éventuels mots sur le bord de sa bouche, simplement parce qu’elle n’avait rien à ajouter. Boire encore et encore les paroles de Reishou, comme s’il avait s’agit de contes divins, d’une bible… Particulièrement l’instant où il expliquait l’origine de ce sourire malsain et de ces sutures en permanence au bord de la rupture. Pendant un instant, elle se surprit à s’imaginer retirer les viscères d’un tel suppôt du mal au travers d’un trou béant qu’elle aurait creusé dans son corps. Mais elle refoula ces pensées haineuses, recevant la suite et fin du conte. Ses yeux s’ouvrirent légèrement à la révélation qu’on lui faisait. Elle avait soudain une idée… Brillante ? Pas sûr, mais c’était la meilleure qu’elle ait eu pour s’attirer, à défaut des faveurs, une paix certaine avec le personnage qu’elle côtoyait à cet instant.

Ce dernier avait terminé. Ses émotions, jusque là dessinées sur son visage, se dissipèrent comme l’on dégage une vulgaire mouche de son épaule. Pas étonnant qu’après tout ceci il soit devenu fou… C’était de là que partait le raisonnement de Taka. Il existait tellement de monde beaucoup moins résistant face au malheur… et tellement d’autres qui l’avait vécu mais dont on ignorait l’existence. Pourquoi pas elle ? Ces yeux s’illuminèrent d’une lueur malsaine à son tour, le coin de ses lèvres s’éleva de quelques millimètres et elle jeta ses yeux noirs dans ceux de Reishou. Un petit ricanement – très mauvais dans son exécution – vint tordre l’air avant de se transformer en un rire mauvais. Elle venait de changer du tout au tout… encore une fois. A croire qu’elle était très versatile, voire… instable. Un air malin sur toute la face, elle entama sa réponse.

[Taka] Moi ? Je quitte un endroit pour un autre. L’on me chasse… Non… Je me chasse d’un chez moi pour trouver un nouvel abri. Parce que dans l’ancien… il y avait des morts. Des morts plein la maison. Je ne laisse pas les gens dans la léthargie, le travail n’est bon que lorsqu’il est fini.

D’ailleurs… Il est marrant que tu me parles du pays de l’herbe. Je m’y rends pour la première fois. Sans doute peux-tu m’en parler ? Disons que j’ai des gens à y retrouver.

Cette lumière maligne, qui était d’abord venue teinter son regard, débordait de tout son visage. Elle n’avait pas dit grand chose, mais les quelques phrases quasi-murmurées aurait pu glacer nombre de personne. Mais pour un détraqué, elle ne savait pas du tout ce à quoi cela pouvait mener. Sous l’effet de la pression, son chakra s’était mit à tourbillonner une nouvelle fois… Car pour dire vrai, elle ne savait pas s’il n’allait pas péter un plomb.

[Taka] Mais… je ne suis pas sûr que ces choses là t’intéressent, n’est-ce pas ? Ce serait dommage de se dire que je pourrais-être comme ces animaux là…

Elle pencha la tête sur le côté comme s’il avait s’agit d’une chienne. Les lèvres toujours redressées, elle finit par baisser les yeux du visage de Reishou jusque sur son sac fraichement entrouvert. Elle y plongea la main gauche et y sortit quelques vivres, pendant que sa main droite restait disponible pour toute autre action.


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MessageSujet: Re: Dans la forêt de l'est - Région d'Ekô   Sam 7 Nov - 15:15

Quel joli tableau se peignait là, dans cette foret, entre ces deux êtres. C'était l'histoire de qui saurait le mieux manipuler l'autre... un duo d'histoire faussement vraies et vraiment fausses, destinées à déclencher des réactions typiques chez l'autre. Celui qui aurait trouvé le bon levier pourrait déplacer l'autre et l'emmener là où il voulait. Pour sa part, Reishou trouvait ce genre de petit jeu follement amusant. Il trouvait beaucoup de choses follement amusantes, de toute façon et, ça ou autre chose, ça lui était bien égal. Mais pour l'heure, le jeu était psychologique... Il ne savait si le récit de son interlocutrice, à demi légué, était vrai, mais il avait clairement de la saveur. Cette Tsuyu savait ménager son suspens et était assurément très doué quand il s'agissait de masquer ses émotions réelles. Même un empathe comme notre clown s'y emmêlait les pinceaux.

Les dernières paroles de la jeune femme, se mêlèrent admirablement au récit fictif du voyageur, laissant deviner quelques cruelles vérité... que Tsuyu était le genre de meurtrière sans âme, prête aux plus bas des crimes, aux plus abjectes des actions. Cette éventualité frappa Reishou, qui écarquilla les yeux. Son sourire, déjà large, s'accentua quelque peu... puis il explosa.


- Hahaha...HAHAHAHA ! Excellent ! Vraiment trop... ohohOHOH... trop drôle ! GniiiiiihihiahahahahAhAHahAhAHAHaHaHAhAHAHAHA ! AAAAAAAAHAHAHAHAH !" Complètement partit dans sa crise, l'homme s'était plié en deux, se tapant bruyamment la cuisse. AHAHAHAHAHAH ! HOUHOUHOU ! Houhouuu...hou... BWAAAAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA ! Terrassé par sa propre hilarité, le clown se roulait par terre, agitant ridiculement se tenant les côtes et les pieds en l'air. AHAHAHAHAHAHAH...AH...AH...ah... Ouffffufufu... Ouffu... Pfiuuu... Elle était bonne celle là, vraiment, très réussie.

De toute évidence, Reishou eut besoin rassembler toutes ses forces pour s'arrêter de rire. Après tout, ce n'était peut être pas une bonne chose que de se moquer d'une fille qui était potentiellement une meurtrière de sang froid. Mais comment résister ? Toute cette scène se révélait extrêmement drôle, un habile tour du destin, une vaste blague, magnifique et ridicule. Se calmant peu à peu, respirant profondément, le voyageur redevint finalement maître de lui même, ne gardant que son habituel sourire pour toute marque de bonne humeur. Aucune marque belliqueuse chez lui, aucun indice permettant de supposer qu'il avait repéré une quelconque posture défensive chez Taka... A moins qu'il ne s'en moque totalement.

Quoi qu'il en fut, le clown tira une gourde de sa ceinture, avalant quelques goulées d'eau, avec un soucis de l'élégance parfaitement décalé avec son apparence. Quand il eut finit, la pointe de sa langue glissa d'un coin de sa bouche, pour aller vers l'autre, humectant ainsi ses lèvres purpirines. Enfin, l'homme se décida à regarder de nouveau son interlocutrice, sondant ses yeux noirs de ses propres iris verrons. Ce contact provoqua chez lui un ricanement nerveux, dont Reishou ne sembla même pas se rendre compte, avant qu'il ne prenne de nouveau la parole :


- Quelle mortelle meurtrière tu dois faire, T...t...t-t-téhéhééé... Merveilleuse actrice, bonne psychologue... Son sourire s'accentua. ...pas la plus fine, héhé, mais indéniablement efficace. Par contre, t'es plutôt bien foutue... Grrrrr... mais malheureusement, tu manques un peu d'humour. Ca doit être bien triste de trucider des gens sans pouvoir voir l'aspect comique de la chose. Marquant un temps d'arrêt, le clown prit un air partiellement professoral, un bout de viande séché dans la main gauche, index droit levé. C'est important de savoir rire. Commençant quelques études médicales, je peux te dire que les gens qui ont le rire facile vivent bien plus longtemps que les autres - Minus les cas de mort violente - c'est scientifiquement prouvé. Pouvoir rire de la valeur d'une vie et la jeter aux ordures comme un vulgaire déchet... n'est pas donné à tout le monde.
Bref.
Je pourrais besoin d'une chienne sauvage dans ton genre - si tu me pardonnes l'expression - pour quelques petites blagues. Je compte bien monter un nouveau cirque... J'aimerais tant te voir donner la patte.


Fallait il être fou pour montrer si peu de respect envers une personne qui venait d'avouer être une meurtrière ? Assurément. Mais notre pauvre cinglé n'était pas doué de raison, peut être ne se rendait il même pas compte à que la danse qu'il menait se jouait sur le fil d'un rasoir... Où toute chute était définitive, sans possibilité de se rattraper. Pourtant il gardait le sourire, ce port du buste presque souverain, malgré sa tenue de clochard. A dire vrai, Resihou était bien trop vaniteux pour se rendre compte de l'invraisemblance de son discours. La personnalité du voyageur avait hérité de quelques bribes de son ancienne vie d'acteur : Il se voyait comme un personnage plutôt qu'une personne, un rôle à incarner pour donner un sens à cette plaisanterie qu'était l'existence...


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MessageSujet: Re: Dans la forêt de l'est - Région d'Ekô   Sam 7 Nov - 23:41

Des oiseaux prirent hâtivement la direction du ciel, désertant les branches et feuillages alentours dans une fuite désorganisée. La voix se cet homme s’esclaffant et se roulant à terre était loin d’être en phase avec la nature paisible et spirituelle de la région. Taka le regarda faire son cirque totalement dément, jetant l’espace d’une seconde un regard de tueuse au ciel, l’accusant de cette coïncidence d’avoir croisé un type pareil sur le chemin du retour. Elle avait beau être en train de s’entraîner pour des missions à dominante discrète, comme des prises d’information ou des espionnages, le temps qu’elle passait à se fondre dans le décor que posait Reishou autour de lui s’avérait à chaque tentative un peu plus gaspillé. C’est là que se posa une question… Qu’est-ce qui l’empêchait de faire se croiser réalité et fiction ne serait-ce que l’espace d’un instant. Elle sentait son chakra virevolter et remonter les canaux optiques titillant de beaucoup trop près sa pupille et son iris. Non, elle ne devait pas succomber à l’appel de la violence et au déchaînement de ses bas instincts. Elle craignait déjà que ses pulsions n’aient été détectées par son hôte du moment.

La jeune fille inspira puis baissa la tête pour le regarder se combattre lui même. Le clown sembla arriver à se calmer au prix d’innombrables efforts, souvent trop attiré par le ridicule de la situation. Une situation qui n’était pas commode du tout car derrière toute cette joie et cette bonne humeur, chacun avait sûrement décelé une sorte de combat psychologique encore plus poussé que du simple Genjutsu. En fait, l’art ne résidait plus dans la manipulation physique de son adversaire mais dans un domaine encore bien moins matériel. C’était comme s’il fallait envouter sans toucher aux flux internes de chakra… Et sur ce plan, Taka n’était pas des meilleures du tout. En face d’elle, Reishou ne semblait pas avoir relevé le fait qu’elle était prête à toute éventualité, c’était une chance qu’il n’ait pas déjà remarqué la crainte qui naissait chez Taka. Une peur dont l’origine était l’aspect totalement imprévisible des réactions du clown. Elle tentait par tous les moyens de cerner sa psychologie de dérangé, mais lorsqu’elle s’osait à se glisser au même niveau, l’autre se catapultait directement dans une zone supérieure… Ca elle ne pouvait pas le faire. Pourquoi ? Parce qu’elle n’était pas folle. Le problème résidait là. Parmi les deux entités qui se faisaient face, l’une était faite d’un nombre incalculable de fragments totalement désordonnés alors que l’autre était du genre à toujours plus affiner le contour de chaque pièce afin que tout s’emboîte toujours plus rapidement.

L’artiste fou reprit la parole à l’attention de la jeune fille, se retenant d’aller jusqu’au bout du bégaiement, et complimentant ses médiocres talents de psychologue. Il annonça cependant qu’elle manquait sûrement d’humour et qu’elle ne pouvait pleinement profiter de sa fonction d’assassin si elle ne se délectait pas avec sourire d’une proie qu’elle aurait dilapidée avec un malin plaisir. Elle retint une grimace, écœurée de ce genre de comportement, préférant une mine impassible comme il en régnait des masses dans son clan. Elle ne put cependant retenir un hoquet lorsqu’elle apprit que ce type à enfermer sur le champ entreprenait des études de médecine. Etait-il complètement intelligent ? Etait-ce là la raison de sa folie ? Une intelligence aussi démesurée que l’instabilité qui régnait dans cette boite crânienne ? Sans doute était-ce pour ça qu’il n’avait aucune plaie de son combat. Les choses s’éclaircissait un peu, elle en apprenait un peu plus sur lui alors qu’elle le persuadait lui apprendre des choses plus ou moins fausses.

*Rire de la valeur d’une vie ? Et la jeter comme un déchet… Tu mériterais que je te casse la totalité de la mâchoire pour des paroles pareilles, que je te coupe la langue et que je te la fasse manger crue… que je… Non… Ce n’est pas le but de la manœuvre. Encore une chance que tu n’aies rien affiché comme mimique.*

[Taka] Mieux qu’une chienne… Je suis une louve. Comme tu t’es trompé d’espèce, je te pardonne l’expression, mais à la prochaine parole de travers… Je t’égorge.

Son regard étincelait de malfaisance. En un clin d’œil, elle avait dégainé un fuuma shuriken de son sac et l’avait planté à côté de sa jambe. Sa mine sévère ne présageait rien de bon, jusqu’à ce qu’un sourire malin s’y dessine une nouvelle fois. Elle jouait sur les apparences, sur les mots et sur les tons. Son sourire s’agrandit, découvrant deux rangées superposées de dents blanches éclatantes. Ses deux lèvres s’étirèrent à leur maximum, dans une expression amicale et alarmante à la fois.

[Taka] En revanche… je suis plutôt heureuse que tu sois sensible à ma grâce… Dommage qu’il n’en soit pas de même pour moi, nous aurions pu aller loin. De la même façon, tu l’as dit, je n’ai que peu d’humour et tuer devient lassant… Alors même si l’activité reste fructueuse, on perd vite le fil de l’excitation première.

Elle affichait une moue gamine un peu boudeuse, comme si elle regrettait ses premières victimes et ces instants où l’adrénaline parcourait chacun de ses muscles, la poussant chaque seconde à commettre l’erreur d’attaquer trop tôt. Tout ça parce que l’odeur du sang qu’elle allait répandre l’excitait au plus haut point. En fait… Ces moments là n’avaient pas existé, mais c’était ce que son expression tendait à faire croire. Elle posa de nouveau ses yeux sur Reishou, faisant gigoter le fuuma qu’elle n’avait pas lâché depuis qu’elle l’avait sorti. Enfin, elle le déterra et le posa hors de portée du clown mais suffisamment près d’elle afin de gagner en célérité en cas de débordement. Puis elle revint sur un détail qui l’intriguait.

[Taka] Au fait euh… Reishou. Tu as dit que tu es médecin ? Je ne me trompe pas ? C’est donc pour ça que ta peau ne tire aucune plaie de ton combat… Ai-je tort ?


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MessageSujet: Re: Dans la forêt de l'est - Région d'Ekô   Dim 8 Nov - 13:11

Reishou, qui jusque là affichait une mine de bonhomme content et satisfait, toujours paré de son éternel sourire, se figea en une expression de stupeur lorsque son interlocutrice dégaina son gros shuriken. Elle le menaça alors, le prévenant que le prochain mot qui ne lui plairait pas serait potentiellement le dernier que le clown prononcerait. Après une seconde de flottement, l'homme se lança dans le mime, montrant avec force d'exagération qu'il la bouclerait : Bouche fermée, il passait son pouce et son index, pincés, sur ses lèvres, imitant ainsi le bruit d'une fermeture éclaire. Avec une tueuse pareille, qui aimait autant le meurtre, le comportement du clown eut été suicidaire. Mais son sourire revint rapidement, toujours aussi bienheureux, toujours aussi joyeux... Il fit semblant de ne pas remarquer que son interlocutrice n'était pas aussi méchante qu'elle n'en avait l'air, ou qu'elle le jouait. Elle était bonne actrice, mais n'allait jamais au bout de son jeu. Reishou l'avait provoquée, de sorte qu'une vraie tueuse de sang froid l'eut probablement supprimé, pour avoir été inconvenant. Ou aurait essayé. Ou pas. Après tout, même le comportement des moins fous demeure parfois très imprévisible.

Calmement, reprenant sa bectance, le type écouta de nouveau ce que cette Tsuyu avait à dire, le genre de crimes dont elle pourrait se vanter ou la plaisir potentiel qu'elle en tirait. Malheureusement, il semblait que la donzelle n'ai pas cette faculté à trouver la part d'humour présente en chaque chose, qui rendait tout tellement ridicule... Un état de fait pas vraiment surprenant pour le clown car, depuis qu'il était devenu Reishou, Hanzo n'avait jamais rencontré d'homme ou de femme capable de comprendre sa vision du monde. En une ou deux occasions, des personnes avaient bien essayé de faire semblant, mais leur jeu s'avérait rapidement en deçà des évènements, qui les prenaient rapidement de court, par leur violence et leur absurdité. Soudain, Taka se mit à parler d'ennui apporté par la répétition des meurtres. Reishou saisit cette phrase au vol et pointa un doigt approbateur sur son interlocutrice, comme s'il allait dire quelque chose d'évidemment favorable. Mais il se contenta juste d'acquiescer, pour finalement rester dans son mutisme.

Finalement, ce n'est que lorsque son interlocutrice lui posa des questions sur ses capacités médicales que le bonhomme sembla reprendre vie. Son sourire s'élargit, dévoilant sa dentition, tandis que les traits de son visage trahissaient une forte satisfaction. De toute évidence, ce clown là aimait bien parler de lui, se montrer, en parfait excentrique qui s'assume. Sa voix était forte et joyeuse, comme s'il s'apprêter les passages heureux de sa vie...:


- Tu as même parfaitement raison... Il était partit, sans qu'on le lui ai réellement demandé, dans une autre histoire. Est, ce qu'il aimait entendre le son de sa propre voix, ou bien était-ce le fait de capter un auditoire ? Quoi qu'il en fut, sa voix glissait dans l'air avec aisance et assurance, malgré la note hilare qui menaçait de briser cette maîtrise de soi. ...Il y a pas très longtemps, je ne savais pas encore comment me défendre. Comme j'ai beaucoup de chance - enfin, surtout ma fiancée... héhéhe - hurm, donc comme je suis particulièrement chanceux, j'ai été capturé par un vilain shinobi. Je n'ai jamais cherché à connaître son nom. Tout ce que je sais, c'est qu'il pratiquait l'Eisei et qu'il comptait faire des expériences sur moi et quelques autres pignoufs capturés au hasard. Le malheureux était complètement fou, irrémédiablement siphonné du bocal : Il avait une grosse tumeur qui lui bousillait le cerveau. Reishou marqua un temps d'arrêt, son visage s'illuminant d'un sentiment de délectation. Ceci dit, il y avait une certaine logique dans sa folie à lui. Il expérimentais sur nous des produits divers et variés, dans le but de trouver un remède à sa mort prochaine. Ses expériences avaient l'air très drôles, chacun réagissant différemment à ses mixtures infectes. Moi, ça m'a fait verdir les cheveux... Et ça m'a fait souffrir aussi. Il est même possible que j'ai subis quelques dommages cérébraux.
Bref.
J'ai trouvé un moyen de me libérer, je l'ai soumis à ses propres expériences - avec le sourire bien sûr - jusqu'à ce que mort s'ensuive. Le bougre avait plein d'ouvrages traitant de l'Eisei, apprendre à refermer mes blessures par simple action du chakra et un des premiers trucs que j'ai appris. C'est super pratique en combat, autant sur le plan physique que psychologique : Non seulement il faut s'accrocher pour me descendre, mais en plus même les plus balèzes des combattants perdent leur sang froid en se rendant compte que ce putain de maudit clown de merde a l'air increvable. J'peux pas m'empêcher de me bidonner quand je vois un type angoisser ou s'énerver à cause de ça...


Reishou fit une autre pose, durant laquelle il en profita pour arracher un autre bout de viande séchée à coup de dents, puis à le mastiquer consciencieusement. Il se livrait sans conscience que l'ennemi pêchait les informations, dans le but de dessiner un tableau véritable de qui il était. Lui, par contre, n'avait pas eu grand besoin de questionnements, il lui suffisait d'observer les réactions de son interlocutrice pour lire en elle comme dans un livre ouvert : Tsuyu, tueuse de sang froid, c'était la version officielle. Une tueuse qui se laissait manquer de respect, sans beaucoup réagir, n'était assurément pas une tueuse très assidue. Ajoutons à ça la possession d'outil ninja, ainsi que des connaissances au moins parcellaires des possibilités de l'Eisei, et on avait là une parfaite kunoichi ! Evidemment, sans bandeau ça devenait compliqué de déterminer l'endroit d'où elle venait exactement... et elle pouvait même avoir déserté. Après tout, les tueurs en série sont une mauvaise pub pour un village caché, si tant est qu'elle était réellement une tueuse en série. Evidemment, elle pouvait tout aussi bien être une tueuse psychopathe qui avait acheté ça au marché noir. Buvant une gorgée d'eau, le clown reprit finalement son récit :

- Donc, j'ai profité des ouvrages du docteur Maboule - le fameux shinobi fou - pour me forger quelques capacités amusantes. D'ailleurs, je trouve l'exploration du corps humain parfaitement passionnant. J'ai étudié tout ça en disséquant le pauvre doc', quand il a finit par mourir. Les images des livres n'était pas les plus représentatives. C'est tellement amusant de constater que le corps est une machinerie parfaite, une œuvre de la nature plus parfaite qu'aucun outil humain ne saurait le devenir... une telle perfection qui peut être réduite en poussière par quelque chose d'aussi bête et méchant qu'un coup de poignard. Héhé... Quelle douce ironie...
Mais je monopolise la parole...
Dis moi, toi, où est ce que tu as appris à utiliser ce genre de joujou ?


Il désigna le Fuuma Shuriken d'un signe de la tête.


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MessageSujet: Re: Dans la forêt de l'est - Région d'Ekô   Lun 9 Nov - 1:22

C’était un coup de poker gagnant. A aucun moment elle ne s’était attendue à ce que le clown soit aussi réceptif à sa réaction. Elle le voyait plus s’esclaffer une nouvelle fois en la regardant la larme à l’œil… pourtant il avait, l’espace d’une seconde, perdu cette expression moqueuse qu’il arborait à chaque instant de son existence. Elle se retint fortement d’afficher sa surprise, gardant difficilement son expression mauvaise. Après un temps de latence durant lequel Reishou mimait son silence, elle s’autorisa un nouveau léger sourire. Elle éprouvait beaucoup moins de mal à contrôler des mimiques et des réactions qui était si peu naturelles pour elle dans ce genre de situation. En temps normal, elle serait restée grave, sans changer de caractère à chaque instant… Pourtant, elle se sentait vraiment entrer dans ce rôle étrange qu’elle se donnait depuis le début de cette rencontre. Elle s’habituait à sa position, ca l’effrayait et la contentait à la fois. Car même à tort, elle se disait qu’elle pourrait finalement arriver à se créer des personnages de toute pièce au moment voulu… Charmant atout que voilà. Il restait cependant les derniers réglages à faire… A aucun moment elle n’était allée au bout de son jeu et ça, peu importe le métier de l’interlocuteur, ça lui restait préjudiciable.

En face, le clown s’était un peu calmé, concentré sur son remplissage d’estomac là où Taka n’avait pas encore touché son propre repas. Elle finit d’ailleurs par le ranger dans son sac et sortit une pomme en échange. Rapidement, elle croqua dedans laissant ses yeux sur Reishou pendant qu’il entamait une nouvelle petite histoire croustillante. Enfin… c’était une façon de parler. La kunoichi se doutait bien que des détraqués parcouraient le monde, sans doute plus nombreux que ce à quoi elle aurait pu penser. Sans vouloir être mauvaise langue, elle s’avouait que ce type en face d’elle – ayant des circonstances atténuantes ou non – en faisait nettement partie. Faute à son passé boiteux, où les malheurs semblaient se succéder. Elle écoutait attentivement, relativement plus détachée que lors du premier récit. C’était un travail interne qui s’effectuait là, prendre de la distance vis à vis du récit que lui servait le voyageur afin de déterminer si oui ou non il pouvait s’agir de faits avérés ou non. Bien sûr, sans autres témoignages – et seuls les dieux savaient s’il en existait – il lui était impossible d’affirmer ou d’infirmer.

Quoi qu’il en fut, elle ne put se retenir de rire légèrement en entendant parler le clown d’un autre homme fou. Elle avait, sur ce coup, presque l’impression de parler à quelqu’un de normal, excepté ce physique et cette apparence. Elle aurait pu fermer les yeux, mais c’était bien trop dangereux. Après tout, elle était seule en forêt accompagnée d’un total inconnu qui présentait une sérieuse tendance à l’instabilité mentale. Une grimace vint se dessiner sur son visage… une chance qu’elle corresponde à un moment critique de l’histoire de Reishou car, en fait elle n’y était pas du tout due. Au lieu de ça, c’était ce bilan affligeant qu’elle venait d’établir. Elle ne perdit pas pour autant le fil de la conversation, continuant d’enregistrer les informations qui coulaient à ses oreilles. Une chance que l’homme fasse une pause à ce moment là, elle pouvait commencer à ordonner les quelques fragments de son histoire afin d’en faire quelque chose de chronologiquement correct, à défaut d’un caractère juste « logiquement correct ». Ils se regardèrent un instant puis il reprit. La fin du récit s’avérait aussi écœurante que le reste, comme s’il ne restait plus une seule parcelle d’humanité chez ce type qui finalement décida de laisser la politesse à la jeune fille.

[Taka] Ca ? Rof… c’est pas très compliqué. Jusqu’à il y a peu, je vivais à la bordure nord-est du pays. Dans un village plutôt insignifiant. Mais les problèmes sont arrivés bien vite… des luttes d’influences, des brigands… et toutes autres conneries. Par hasard, un ninja au bandeau barré a débarqué. Moyennant un abri temporaire, il a proposé de former la jeune génération pour protéger le village. Tu saisis déjà la suite… nous, jeunes et volontaires, nous avons accepté. Voilà comment on a été quelques uns à se retrouver avec… certaines capacités.

Mais les autres… Une fois qu’ils ont eu le pouvoir dans les mains et que le déserteur était parti… Ils ont commencé à n’en fait qu’à leur tête. Impossible de se mettre d’accord, toujours à se disputer, jusqu’au jour où deux d’entre eux ont livré un combat à mort. Par la suite, le village entier jusque là encore soudé se sépara en deux clans auxquels je n’appartenais pas. Aujourd’hui… il n’en reste rien. Ils m’avaient tous gonflée… Alors j’ai supprimé un par un chaque combattant un peu compétent avant d’anéantir la masse faible restante.

Son regard s’illuminait à nouveau. Elle semblait prise dans son récit. Taka jeta un œil aux lames de son shuriken, toujours replié au sol, puis elle se tourna à nouveau vers Reishou, les yeux sombres et la voix déformée par un ton à vocation tragique.

[Taka] Il ne fallait épargner personne… pas même ma plus jeune sœur. Sinon, prise de haine, elle aurait pu se fixer l’objectif de me supprimer un jour ou l’autre. Depuis… je marche vers le pays de l’herbe, comme je te l’ai dit précédemment. Et d’ailleurs, je ne vais pas tarder à reprendre la route. Non pas que ta compagnie me déplaise, mais certaines choses demande un timing plus ou moins précis. Je ne peux pas me permettre de les rater.

Elle croqua à nouveau son fruit, satisfaite de sa petite histoire bien qu’impassible dans son expression. Puis elle reprit progressivement un attitude plus normale.

[Taka] Mais bon… C’est pas comme si il y avait besoin d’un prof pour apprendre réellement. Seul, même un gamin de six ans arriverait à envoyer un outil pareil. Mais c’est pas pour ça que je lui laisserai entre les mains. Les rejetons sont rapidement transformés en petits cons… Une bande d’ingrats qui se prennent pour des superpuissances alors qu’ils ne valent pas mieux qu’un morceau de bois. J’te jure… Il y en a à abattre… et pas qu’un peu.

Elle soupira, jetant son fruit à peine entamé avec désinvolture.

[Taka] Dis moi, Reishou… Tu m’as pas dit ou tu allais comme ça. En tout cas, tu risques pas de passer inaperçu avec des fringues crades comme celles-là. Déjà que la couleur est plutôt tape à l’œil…


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Dernière édition par Uchiha Taka le Jeu 12 Nov - 0:43, édité 1 fois

MessageSujet: Re: Dans la forêt de l'est - Région d'Ekô   Lun 9 Nov - 13:02

Le clown écoutait la petite histoire de son interlocutrice avec un sourire appréciateur. Il resta ainsi, dans un silence quasi-religieux, pendant toute la durée du récit. Ca commençait bien, avec une histoire d'instructeur décidant de former toute la marmaille d'un village persécuté, afin de les aider à se défendre. Un genre de fou qui semait sans s'en rendre compte les graines du chaos... Sitôt libres d'utiliser leur force acquise, les sales gamins se la sont joués tout puissants shinobis, avides de pouvoir et de conquête. Reishou se retint de rire En imaginant la bande de gosses sauter de toit en toit balançant des caillous et se tailladant à la faucille. Décidément, un entraineur rigolo, le genre de fou que notre homme en guenilles violettes aimait bien. Et évidemment, il en sortait une au dessus du lot, une capable de massacrer tout le reste... avec une excellente méthode, ceci dit. Une sorte de folle que le clown affectionnait également.

Puis Taka évoqua l'idée de reprendre la route. Notre bonhomme effectua une moue faussement déçue, qui ne resta affichée qu'une ou deux secondes. Prit d'une impulsion, il se pencha vers sa sacoche, avant de farfouiller dedans. Il en tira bien vite un paquet de cartes à jouer battant les carters pendant que son interlocutrice achève son discours par une question. Sans arrêter le jeu de ses mains, le clown répondit sur le ton de la conversation la plus banale :


- Je me dirige vers Kirigakure no sato, pour leur livrer une tête qu'ils ont perdu... Héhé... J'espère croiser des gens rigolos là bas. Mais attends...

Les cartes cessèrent de tourner dans ses mains, tandis qu'il les rassemblait entre son pouce et son index gauche. D'un simple geste, il ouvrit le paquet en éventail parfait, ne laissant que peu de marges entre chacune des cartes. Pendant ce temps, ses doigts gauches s'agitaient, comme pour s'échauffer. Sa trogne affichait une mine de pure contentement. D'un geste étrangement gracieux, compte tenu de l'allure générale du personnage, Reishou libéra une carte du lot, la présentant à son interlocutrice. Cette carte affichait une figure, [Seuls les administrateurs ont le droit de voir ce lien], qu'il fit tourner entre ses doigts, l'air content de lui. Mais, lorsqu'il la tendit à la demoiselle, la carte était devenue le [Seuls les administrateurs ont le droit de voir ce lien], par un habile tour de passe passe. Le clown ne maîtrisait nullement le genjutsu, mais son passé de comédien lui avait légué quelques capacités plus amusantes que réellement utiles. La kunoichi n'avait plus qu'à tendre le bras pour récupérer cette carte.

- Je ne saurais te retenir, trésor, mais tu me plais assez. J'ai l'intention de me lancer dans une entreprise lucrative, un jeu de scènes comiques avec de gros bénéfices à la clef. Bien sûr, je sais que mon show personnel est excellent, mais j'ai besoin d'autres artistes pour compléter le tableau. La première partie se déroulerait dans les coulisses, là où le pognon est le plus facile à avoir, quand on a pas peur de se tacher les mains... Le clown ponctua sa phrase en agitant sa main devant lui. ...mais, j'ai des gants ! Héhéhé... Ha... Bref. Toi ton truc, c'est tuer des gens et moi de m'amuser. Je te proposes un truc : toi tu vas charcuter du peuple au pays de l'herbe, pour te faire les nerfs, et moi je vais à Kiri chercher d'autres artistes. Après, j'ai l'intention de me faire un ou deux criminel, pour le flouze. Si on coordonne mon cerveau avec tes bras tous tachés de sang, on fait un carnage et on empoche la prime. Après, quand on aura les moyens, on ira chopper le pognon directement dans les caisses. Puis quand on aura les moyens, on organisera un grand spectacle !
...
Héhéhé...
Tu as ma carte, on se contacte si ça t'intéresse ?


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MessageSujet: Re: Dans la forêt de l'est - Région d'Ekô   Mer 11 Nov - 12:57

La voilà qui rangeait déjà ses affaires. Elle demeurait cependant assise, écoutant et regardant Reishou jouer avec ses cartes. Elle se demandait presque s’il ne lui proposait pas une petite partie. Dommage que les jeux de société n’aient jamais été le fort de la jeune fille, d’ailleurs une concrète illustration de ce trait là était qu’elle s’intéressait plus au voyage du clown vers Kiri qu’au battement remarquable des cartes dont il faisait preuve. A ce propose, elle tourna rapidement la tête vers cette grande bande de tissu roulée qui était à la ceinture de l’homme. Ainsi donc, c’était une tête de Kiréen qui trônait là… Elle finit par regarder attentivement les mouvements de ses mains, soudain subjuguée par une telle aisance et habileté. Le mouvement s’arrêta rapidement pour aller placer le petit paquet dans l’une des mains du voyageur. D’un geste net, il déplia la petite pile de carte en un éventail où chaque pièce occupait scrupuleusement un périmètre maintenu régulier d’une unité à une autre. De sont autre main qui s’agitait, il retira une carte pour la placer sous les yeux du la kunoichi. Elle les baissa pour voir de quoi il s’agissait.

Dessus, une femme à l’air maléfique se dessinait. Chevelure ébène, corset indéniablement provoquant, elle avait un visage fin avec des pommettes saillantes couvertes d’un blush clair mais suffisamment coloré pour être remarqué au milieu de ce teint pâle et blafard. Un collier, à l’aspect d’une petite ceinture d’où descendait un pendentif en diamants, vêtait son cou avec une sombre classe. Pour assortir sa tenue, elle portait un bracelet semblable au pendentif à chaque poignet et une sorte de tiare qui venait briser l’obscurité de ses cheveux. Dans le miroir qu’elle tenait en main, une tête de mort désignait son propre reflet. Enfin – et surtout – il se dégageait un charme mortellement envoûtant, comme si ses yeux fort maquillés appelaient à la rejoindre afin qu’elle ne vous dévore le corps et l’esprit. Et pourtant… vous auriez quand même fait le pas, sachant qu’un sombre destin vous attendait en bout de route.

Taka leva deux yeux interrogateurs sur le clown. Dans son esprit, il était clair que c’était l’image que Reishou se faisait d’elle. Elle ne connaissait rien au langage des cartes, mais peut-être saurait-elle trouver quelqu’un qui pouvait l’aider. Cependant, elle n’eut le temps d’entamer des recherches dans sa tête car déjà l’atypique voyageur se remettait en mouvement. En fait il ne fit que tendre la carte à Taka qui s’apprêtait à la prendre, jusqu’à ce qu’elle remarque que la figure qui s’y trouvait n’était plus celle de la dite dame de carreau. Elle la saisit délicatement comme s’il avait s’agit d’une note explosive sur le point de lui péter au visage. Une fois qu’elle fut épargnée d’un tel sort, elle examina le loufoque personnage qui se dandinait sur le petit bout de carton, agitant les bras d’une façon presque folle. C’est là qu’elle comprit quelle identité se donnait Reishou. Elle dessina un léger sourire sur ses lèvres, le premier vraiment sincère de toute cette conversation. C’est là qu’elle se surprit à se prendre d’affection pour un pauvre fou que seuls sa déraison et ses pas guidaient à travers le monde. La kunoichi secoua brièvement la tête avant de s’intéresser à nouveau à lui.

Mine de rien, il avait des projets en tête. Certes, tout ceci n’était pas clair, à base d’humour noir et d’assassinat. Visiblement, le profil que s’était confectionnée la jeune fille l’intéressait réellement. Il ne voulait pas forcément se tâcher les mains, ou alors avait-il trouvé quelqu’un de plus compétent que lui pour le faire. Il agita sa main devant lui avec un ton humoristique auquel Taka répondit par un grand sourire. Elle leva sa main aussi, mettant clairement en évidence ses gants de cuir noir qui l’accompagnaient à chaque endroit ou presque. Elle écouta ensuite la fin du programme avec attention, s’efforçant d’emmagasiner le plus d’informations possibles. Quand il eut finit, elle se redressa et passa son sac sur son dos avant de baisser les yeux vers son interlocuteur.

[Taka] Ma foi… Nous verrons bien. Sans doute pourrons nous nous amuser comme tu le dis. J’ai ta carte… Je te retrouverai si nécessaire. Jusque là, tâche de ne pas crever inutilement.

Elle agitait le joker qu’elle tenait dans sa main. Elle finit par sourire, donnant un espoir de revenir un jour vers lui, ce qui s’avérait carrément improbable. Mais qui pouvait savoir ? Si un jour elle décidait de serrer un piston et de tout plaquer ? Bien sûr, tout ceci ne se ferait pas sans raison. Elle secoua ses épaules pour ajuster le sac qu’elle portait puis elle reprit la parole.

[Taka] Et bien… Je te souhaite bonne route, très cher Reishou. Ah, oui… Passe en ville changer tout ça. T’as vraiment l’air de rien comme ça.

Elle lui adressa un clin d’œil avant de se tourner innocemment et de reprendre sa longue marche jusqu’à Konoh a. En s’éloignant, elle adressa un au revoir dans son dos à l’attention du clown, puis elle leva son pouce en l’air en signe de bonne fortune et d’encouragement.

Quelques minutes plus tard, une fois qu’elle fut loin de l’homme et qu’elle ne sentit plus sa présence dans les parages, elle sortit de nouveau la carte pour l’examiner. Pendant de longue secondes qu’elle avait passées à trifouiller dans sa mémoire, elle chercha qui pourrait bien l’aider. C’est là qu’elle se rappela subitement une ancienne conversation qu’elle avait eue il y a des années.

Deux jeunes gens étaient assis à la terrasse d’un café. Fraîchement rentrés de quelques heures de garde à la porte sud du village, ils avaient décidé de se prélasser un peu avant de gagner chacun leur domicile où, il fallait le dire, personne ne les attendait. Ainsi, devant leur breuvage, ils donnaient suite à cette matinée pauvre en évènements mais riche en conversation.

[Oroken] Oh ! Au fait… Si un jour tu as un problème pour un entrainement quelconque. Dis le moi sans avoir honte, hein.

[Taka] Ah ? Pourquoi, tu voudrais m’entrainer ?

[Oroken] Mais non, banane ! Je connais quelqu’un qui maîtrise à peu près tous les domaines. C’est un type dont la méthode est carrément étrange, mais qui est super compétent. Même si parfois il donne l’air de s’en taper totalement de ses élèves.

[Taka] Il maîtrise tous les domaines ? C’est un nom connu ?

[Oroken] Non, justement… Il n’a pas la fibre enseignante bien qu’il sache très bien faire passer les notions. Enfin bon… Au pire, passe par l’académie si t’as un souci, demande un certain Syo Tainoka. Tu verras bien s’il accepte ou non. Mais dans le premier cas, ne sois pas surprise, car s’il t’enseigne quelque chose ou t’affronte, il se battra avec un jeu de cartes à la main.

Devant l’expression sceptique de sa collègue, le jeune homme rit de bon cœur. Il fallait avouer que le discours était assez improbable et sonnait plutôt faux. Pourtant, dans la bouche d’Oroken, ce genre de choses étaient relativement rares.

[Oroken] Je n’ai jamais vraiment percé sa technique… mais je sais que tout repose sur son jeu de cartes… Comme ça, à l’occasion, si tu venais à trouver, dis le moi. Je lui dois encore cette cicatrice.

Il pointait du doigt sa joue où des restes d’une cicatrice se dessinaient vaguement. Il souriait malgré ce, preuve qu’il en retirait plus de bonnes choses que de mauvaises. Pour lui répondre dans sa bonne humeur…

Elle sourit aussi. Ces souvenirs étaient tellement agréables, bien qu’ils n’aient à aucun moment remplacé sa présence. Taka revint à la réalité, regardant à nouveau la carte du Joker qui gisait entre ses doigts.

*Il faudra la sceller au cas où c’est un marqueur spatio-temporel. Hors de question qu’il puisse me retrouver, jusqu’à ce que j’en aie besoin. Je la ferai examiner… Et je dois trouver Syo. Peut-être m’aidera-t-il sur un ou deux petits trucs.*

Elle rangea tout ceci et leva la tête pour regarder le chemin qu’elle arpentait. Celui qui la ramènerait chez elle. Enfin…


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MessageSujet: Re: Dans la forêt de l'est - Région d'Ekô   Ven 13 Nov - 13:39

Reishou regarda celle qui fut son interlocutrice s'éloigner, toujours affublé de son éternel sourire, sans répondre à sa dernière remarque. Bien sur qu'il allait se changer, un homme digne de ce nom se devait d'afficher un minimum d'élégance... Même les plus chaotiques d'entre eux. A vrai dire, ce souci de l'aspect vestimentaire était la seule chose qui rattachait le clown à la notion de limite respectable. Le reste, tout ce que les gens considéraient comme acquis, sacré, ou ayant la moindre valeur à leurs yeux, n'était aux yeux de notre homme qu'une vaste plaisanterie. Sans cette notion fondamentale, le voyageur pouvait se livrer à n'importe quelle activité, sans éprouver le moindre remord, la moindre petite note de regret. Les méandres de son esprit se cabraient alors, pour s'accorder à ce monde grotesque, fait d'un humour pervers, que lui seul semblait être apte à comprendre et à apprécier pleinement. Mais, face au destin, Reishou savait aussi plaisanter. Et des plaisanteries bien plus drôles, de son point de vue...

Une fois que Taka eut parfaitement disparut entre les arbres et que le bruit de ses pas ne parvint plus à ses oreilles, le clown rassembla ses cartes dans son paquet, après les avoir consciencieusement battues. Il effectuait ce geste avec la force de l'habitude et il ne lui fallut que quelques secondes pour que tout soit impeccablement rangé. Puis, alors qu'il glissait ses cartes dans sa sacoche, l'homme parut surprit... comme s'il venait de se rappeler quelque chose, au moment le plus impromptu qui soit. Cette pensée étira son sourire, dévoilant sa dentition. D'un geste lent et calme, il glissa les doigts de sa main sous son gant droit - seul vêtement véritablement intacte de sa tenue - pour en sortir une dernière carte à jouer. Cette carte, c'était une figure, la fameuse dame de carreaux tirée à l'attention de cette charmante Tsuyu. L'image qui la représentait ressemblait physiquement à la meurtrière : Belle, à la chevelure d'ébène et au regard ténébreux. Mais la fille dessinée était une figure de vanité... En effet, cette dame fictive portait plusieurs bijoux de diamants étincelants, contrastant avec l'aspect obscure de sa personne. Le miroir, également, était l'outil du vaniteux qui, imbus de lui même, aimait observer son reflet. Mort et vanité, une forme de sagesse matérielle, une vision désincarnée du monde...

Le genre de personne qui se laissait manipuler.

Troublant les réflexions du fou, le petit écureuil revint voir si les troubles fêtes piailleurs étaient partis de sa cache de noisettes. Ces grands bouts d'humains avaient le chic de squatter les points stratégiques, pour y brailler toutes sortes d'inepties. Mais, maintenant que les voix avaient cessées, peut être le lieux était il devenu sûr ? Galopant à une vitesse ahurissante, le petit animal s'arrêta pourtant net en voyant qu'il restait quelqu'un. C'était ce mâle qui puait la charogne et qui portait des couleurs bizarres sur lui. Calmement, l'écureuil regarda le clown qui, en retour, lui lança un magnifique sourire. Ce dernier détourna ses yeux quelques instants de la bestiole rousse, fixant de nouveau sa carte. Puis il la lança. Le pauvre petit écureuil se retrouva cloué à une racine, presque coupé en deux par une carte à jouer. Gémissant misérablement, la pauvre bête exhala son dernier soupire, sous le ricanement nerveux du clown timbré. Puis il rendit finalement l'âme, laissant son sang s'écouler sur le visage de la Reine de Carreaux. Encore une plaisanterie de très bon goût... Héhé...
héhéhé...

Une fois qu'il eut rassemblé toutes ses affaires, l'homme se releva. Il lança un regard circulaire sur l'endroit où il se trouvait, inspirant l'air à plein poumons. L'air vivifiant de la nature, sans trace de présence humaine... Écureuil cloué par une carte mis à part. Il était temps pour Reishou de partir et d'aller livrer la tête de son ami déserteur à Kiri. Mais avant ça, il lui fallait trouver un tailleur digne de ce nom, qui saurait lui confectionner un costume sachant mettre toute sa superbe en valeur. Le choix du violet n'était pas du au hasard... Outre son aspect franchement tape-à-l'œil, cette teinte était souvent utilisée comme marque de haut rang. Pour cette raison, Reishou aimait porter du violet. Mais il le faisait également pour parodier tous ces rois et reines qui, affublés de leurs beaux vêtements se sentaient supérieurs au reste de l'humanité. Quelle plaisanterie... Le jour où ils trouveront une lame de rasoir plantée dans leur gorge, ces gens là gargouilleront de la même façon que le clodo du coin. La mort rassemble les gens dans l'égalité, humains, animaux et même plantes. Bon, après, le clown ne s'était jamais vraiment demandé si les cailloux pouvaient mourir. Il était bien possible de les éclater, mais le grand philosophe qu'était notre timbré doutait que cela les gêne vraiment. C'était une force qu'avaient les cailloux sur les gens : Eux ne pleuraient pas leur mère, quand on prévoyait de les éclater en plusieurs morceaux.

Il repartit.
L'esprit plein de ces divagations mentales, toutes plus inutiles les unes que les autres, Reishou emboita le pas. Il lui restait une longue marche à faire seul. Mais ça n'était pas grave, les torsades bizarres de son esprit lui tiendraient compagnie... Certaines, déjà, commençaient à le faire rire...


Cirque Macabre : Fin de l'acte.


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MessageSujet: Re: Dans la forêt de l'est - Région d'Ekô   Lun 30 Nov - 10:35

Taka : + 55 XP (bonus chuunin inclus)
Reisou : + 43 XP (bonus voyageur débutant inclus, parce que cela ne fait qu'un mois que tu es là, tu auras le bonus voyageur compétent dans un mois)

Des dialogues (parfois un peu monologues...) pour le moins...hilarant ! J'aime toujours ton interprétation de mon méchant préféré. On déplorera quand même l'absence de Riku sur le chemin du retour :/

J'espère avoir bientôt une nouvelle explication pour les cicatrices, avec un petit : Why are you so serious ? ^^

Taka devient plus prudente, une experte en duperie ? Pour une Uchiha cela ne m'étonnerait pas.
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MessageSujet: Re: Dans la forêt de l'est - Région d'Ekô   

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