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 [Mori] - BK001 - Au grès de l'automne

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MessageSujet: [Mori] - BK001 - Au grès de l'automne   Ven 6 Nov - 18:06

[Iki] – Non. Je veux Yasu.

Etrange. Keira connaissait déjà cette sensation. Comme si on lui avait déjà fait le coup de l’amour fou et capricieux.

Iki afficha un large sourire.

[Iki] – Je déconne, je m’en fous. Mais je voulais voir ce que ça faisait. Je savais que vous apprécieriez.

Keira leva des yeux de phacochère sur lui. Il ne faut pas croire, les phacochères ne sont pas ces petites créatures sympathiques à la progéniture rondelette, à la voix grave et au sourire redondant naturel. Non, Iki voyait plutôt cela comme une bête antipathique et idiote mais puissante. Et puis, tout le monde savait ça : un phacochère furieux est phacochère qui court. Et honnêtement, ça court vite, ces machins-là.

Les petits yeux ronds de la conseillère étaient profondément ancrés dans leurs orbites. Fermement assise dans le fond de son fauteuil, Keira le toisa du regard, mais Iki n’en démordait pas : Akogare avait raison, c’est plutôt amusant. L’espace d’un instant, la tigresse bureaucrate maudit le Hyuuga.

[Iki] – Désolé, trop tentant. Je vais où ?

[Keira] – Vous partez pour Mokugakure no Satô dans le Pays de la Forêt, avec Kenji Uchiha.

[Iki] – Je veux Yasu.

Keira fronça un sourcil.

[Iki] – Je suis très sérieux.

Keira fronça l’autre sourcil. Iki soupira et hocha favorablement de la tête. Soit. Il partirait avec Kenji. Il ne savait pas si c’était réellement un cadeau, ou même … ou même quoi que se soit d’autre qui ressemble à un présent. Cela faisait bien quatre mois qu’il n’avait pas revu le chuunin. Depuis leur dernière altercation depuis les toits de l’arène. Il se souvenait s’être laissé tomber de tout là-haut. De s’être fait largué comme une merde. Ensuite il était parti et il s’était passé ce qui s’était passé. Une chape noire de colère et d’horreur frappa le haut de son crâne, juste aux niveaux des sourcils avec une violence qu’il avait presque oublié. Il faut croire que les vieilles blessures ne s’effacent pas aussi vite qu’on ne l’imagine. Sinon, elles ne seraient pas vieilles, rétorqua Iki à sa propre conscience. Ouais … C’était une manière comme une autre de retrouver un semblant de sourire.

[Iki] – Bien. Nous partirons dans la soirée.


***


[Iki] – Yasu …

Il se recroquevilla sur lui-même et laissa sa tête tomber entre ses deux bras.

[Iki] – Je n’ai pas envie de partir.

La jeune femme s’assit juste derrière lui et plaça ses jambes de part et d’autres de celle de son compagnon. Ses bras l’enlacèrent finalement, rapportant tout le réconfort qu’ils pouvaient.

[Yasu] – Je peux faire quelque chose ?

Iki haussa un sourcil et tenta tant bien que mal de repousser toute sorte d’idées saugrenues – pas tant que ça en fait – et inappropriées de sa tête.

[Iki] – Maintenant ?

[Yasu] – On pourrait.

[Iki] – Tu ne veux vraiment pas que je parte …

L’Anbu rit quelques secondes et posa son regard à la fois fier et compréhensif sur Iki.

[Yasu] – Si tu ne me dis pas ce qui te tracasse, je ne pourrais pas t’aider, non.

[Iki] – C’est trop dur. Je ne sais pas, c’est bloqué là.

Il montra son estomac.

[Iki] – Et ça ne bouge pas. Mais ce n’est pas mort. Ca vie, et ça ne me lâche plus depuis un mois.

Le regard de la jeune femme prit une toute autre couleur. Bleu, froid. Glacé.

[Yasu] – Un mois ?

[Iki] – Oui. Tu saisis ?

[Yasu] – Oui. Je ne pensais pas que tu serais si choqué.

[Iki] – Je ne suis pas choqué, j’ai juste les boules.

[Yasu] – La mort est effrayante.

Iki porta une cigarette à ses lèvres. Tous deux avaient une expérience du combat qui s’épaississait chaque mois. Ils avaient vécu des périodes de combats horribles, des missions intransigeantes, fatigantes et traumatisantes. Pourtant ils en étaient toujours revenus, vivants et plus ou moins en forme. Il l’alluma et tira dessus machinalement.

[Iki] – Ce n’est pas la mort qui me fait peur.

Iki se laissa tomber en arrière. Le corps de Yasu suivit le mouvement et ils s’allongèrent tranquillement sur le matelas.

[Iki] – Ce sont les hommes.


***


Iki laça son armure avec une petite moue dubitative. Partir en mission si vite ne l’arrangeait pas, néanmoins, après la crise qu’avait connu le monde, les problèmes du Pays de la Forêt paraitrait très certainement insignifiant. Cela faisait à peine une semaine qu’il était rentré sur Konoha et il était déjà affublé d’un épais dossier qu’il n’avait pas même feuilleté. Iki posa la tasse juste à côté et termina de fumer le tabac de sa clope. D’un rapide de la main, il ouvrit le morceau de papier cartonné et passa en diagonal un bref coup d’œil sur les informations. Il le referma presque aussitôt. Rien de bien très intéressant. Une bande d’imbéciles qui pensent qu’il suffit de se servir pour vivre et que tant qu’il n’y a personne pour leur dire non, alors ce qu’ils font est bien. Oui, rien de bien très intéressant. Il avala le thé qui fumait au fond de sa tasse et posa les lanières de son sac sur son dos. Silencieusement, il déposa un baiser sur le front de Yasu, endormie, et fila discrètement de son appartement.

Il sauta du balcon et se réceptionna au milieu de la petite ruelle du centre ville qui passait sous la fenêtre du lieu de vie de l’Anbu. Il serra le bandeau qui rattachait ses mèches pourpres et posa une autre cigarette sur ses lèvres. Le soleil commençait à chatouiller la cime de la forêt de Konoha. Bientôt, on ne verrait de lui plus que quelques rayons insolents et il finirait par se coucher, insouciant, invisible jusqu’au petit lendemain matin. Dire qu’ils seraient déjà loin …

Iki marcha rapidement jusqu’aux portes du village dans l’espoir que les autorités avaient bien fait passer le lieu et l’heure du rendez-vous. Kenji ne serait pas en retard, ou il aurait particulièrement changé depuis leur dernière rencontre. Mais il doutait de cela. Bien qu’en trois mois, le chuunin avait très certainement évolué, il serait toujours à l’heure, c’était une donnée qui demandait énormément de courage à modifier. Et il doutait que Kenji en ait tant que ça. Bref, il s’en fichait de toute manière. Il posa son dos contre le pan de la porte, jetant un regard agressif au chuunin qui la gardait. Lentement, il posa ses yeux sur son bras gauche afin de vérifier que son insigne y était bien accroché et lorsqu’il se rendit compte que le tissu était fermement noué autour de son muscle, il leva les yeux au ciel et tira généreusement sur sa cigarette.

[Iki] – Kenji Uchiha, ma patience a des limites …

De très, très fines limites.


Dernière édition par Namikaze Iki le Lun 8 Mar - 16:39, édité 1 fois

MessageSujet: Re: [Mori] - BK001 - Au grès de l'automne   Sam 7 Nov - 19:30

Le réveil matinal fut habituel. Le soleil commençait son ascension sur la montagne bleuté appelée ciel sans jamais lancer un regard en arrière. Il rayonnait aussi fort qu’une bougie qui venait juste de s’allumer dans l’obscurité la plus totale. La chaleur envahissait peu à peu l’environnement du pays du feu redonnant force et courage aux muscles refroidis par cette nuit passée en léthargie. L’effet d’une brume chaude et rassurante se faisait ressentir dans les ruelles d’un village qui s’étiraient pour se mettre dans la marche d’une nouvelle journée. Les commerçants ouvraient dans un bâillement, peut-être de lassitude, leur échoppe tandis que les élèves de l’académie prenait la direction de la bâtisse qu’il avait maudit pendant leur petit déjeuner.

Une petite bise se leva quelques heures après le soleil ce matin là. Elle fit frémir avec douceur les feuillages des arbres encore ankylosés. Les oiseaux se laissaient porter par cette aide qu’ils ne refusaient pas et la plus part des habitants de Konoha avaient sortit une petite veste pour résister au frémissement non voulu.

Cela faisait seulement quelques mois que l’épidémie sur le village avait cessés. Pourtant, il y avait toujours cette crainte, cette peur de tomber malade et de devoir revivre à nouveau ce cauchemar, ce calvaire. C’était à la fois compréhensible et énervant. Car à trop se soucier de la santé qui nous fait vivre, il était possible d’oublier de vivre. Mais la nature humaine était comme cela et personne ne pourrait la changer du jour au lendemain.

Kenji était tranquillement assit sur le ponton de bois s’avançant dans le lac où régnaient en maître les cygnes. Figures emblématique du domaine, il aimait les observer nager sans complexe ni soucis. Leur blancheur éclatant lui faisait penser aux milles oiseaux lorsqu’il l’activait. Et ces pupilles, si fines et si perçantes. Ils vivaient en groupe dans un système où la solidarité était bien particulière. C’était étrange et pourtant aucun ne se rebellait où essayait de bouleverser l’ordre établit. Le statut quo était demi et aucuns cygnes ne pouvaient prétendre à le chambouler. Le maître de tous, le plus vieux, restait assit sur la berge observant son troupeau d’un œil satisfait. Mais il ne se privait pas de réprimander les plus jeunes qui n’en faisaient qu’à leur tête. Ses plumes étaient légèrement ternies par le temps, mais il gardait une certaine prestance dût à son expérience et à son charisme naturel.

Kenji se passa doucement une main dans les cheveux tout en ramenant un genou vers son torse pour pouvoir y poser sa tête en douceur. Son regard sombre continua à observer l’horizon alors qu’il ressentait une présence arriver derrière lui. Il ne l’avait que trop côtoyée pour ne pas la reconnaître. Il ferma quelques instants ses pupilles au monde avant de les ouvrir à nouveau sur le monde qui l’entourait. Cette fois-ci un homme se tenait à ses côtés, grand, majestueux, il laissa son corps se poser à côté de son élève.

Le silence s’installa entre eux sans qu’ils ne le coupent. Tous les deux observaient, sans beaucoup d’attention, les cygnes devant eux. Kenji prit alors la parole d’un ton neutre qui s’envola au dessus sur la surface d’une eau lisse et transparente.

[Kenji] – Il y a un problème Takeshi Sama ?

Takeshi laissa quelques instants s’écouler encore en silence avant de prendre sans tourner un seul regard vers son discipline.

[Takeshi] – Un ordre de mission est arrivé pour toi. Tu pars ce soir.

[Kenji] – Quel type de mission ?

Takeshi se redressa laissant seul assit Kenji. Il croisa les bras et commença à partir tout en répondant à la question de son élève.

[Takeshi] – Une mission de rang B. Tu dois faire tes preuves et c’est aujourd’hui que tout commence.

Kenji ouvrit grand les yeux sans pour autant changer de posture. Il n’avait jusqu’à présent effectué que quelques tâches indignes. On le lançait dans le grand bain des shinobi avec une mission d’un grade assez important. Pour une première, cela n’allait pas être facile. Il se passa doucement une main dans les cheveux tout en faisant des cercles dans l’eau avec son pied nu.

Il n’était chuunin seulement depuis quelques mois, et maintenant, en plus de cela, Takeshi lui mettait une pression supplémentaire. La notoriété qu’il avait acquise dans le cygne devait être prouvée comme quoi elle n’était pas fortuite. Il allait faire honneur aux prédictions de son maître. Une étrange volonté semblait l’animer, lui qui d’habitude ne se laissait jamais surprendre par ses émotions. Il esquissa un brin de sourire au coin des lèvres.

L’excitation.

***


Ses pieds nus ressentaient la froideur de la nuit tombante. Il était encore en tenue légère un bout de parchemin dans la main. Ses yeux sombres l’analysaient sans sourciller. L’ordre de mission était assez simple, aller dans une ville pour rejoindre une caravane qu’il allait devoir protéger durant son voyage vers une autre ville. Il allait devenir un garde du corps, ce qui signifiait qu’il allait y avoir une bataille. Il allait devoir combattre pour les autres.

Cela lui refit penser au enseignant de Reiko qui lui disait de devenir fort pour lui-même et qu’ainsi il pourrait utiliser cette force pour aider les autres. Mais les individus qu’ils croisaient chaque jour, méritaient-ils vraiment sa puissance ? Bien sûr, car il n’était qu’un pion qu’on utilisait, rien de plus. Il rangea le bout de papier dans un tiroir de son bureau et se posta devant le miroir de sa chambre.

Son corps fin lui faisait face. Il inspira doucement avant de sortir de sa commode sa combinaison ninja. Elle était noire comme la nuit mais il n’en avait que faire. Il enfila tout d’abord son bas. Il était long et assez épais pour le protéger du froid automnal qu’il allait surement subir durant son voyage. Il posa alors un genou à terre et commença à lasser ses jambières sur l’autre tibia encore droit. Il répéta le même geste dans une parfaite symétrie avant de se redresser. Il enleva sa veste doucement, dévoilant son torse nu mais puissant. Puis il laissa retomber dessus un juste au corps légèrement serré avant de mettre son haut noir à manche courte. L’insigne du clan était brodé d’une façon bien plus petite qu’habituellement derrière sa nuque. Il attacha alors autour de sa fine silhouette une sorte de tablier qui lui servait de ceinture. Il y déposa avec soin ses pilules qu’ils avaient fabriqué la veille et quelques parchemins qui pourraient lui être utile en cours de route. Le bandeau de Konoha avait était brodé à même la ceinture s’exposant fièrement au regard de ses futurs assaillant.

Kenji se passa doucement une main dans sa chevelure sombre tout en observant le résultat. Il se retourna et fit alors quelques pas en direction de son bureau. Il y prit la petite bande de soin qui y était déposée et la déroula. Il commença à la lasser autour de son bras gauche pour descendre jusqu’à la limite de ses doigts, ne laissant à découvert que quelques phalanges. Il fronça les sourcils en voyant sa peau légèrement brûlée se cacher sous la bande. C’était le résultat d’une semaine intensive d’entrainement pour maîtriser sa technique la plus puissante. Il coupa le bandage d’un coup sec et le reposa sur le bureau.

Il inspira profondément tout en fermant les yeux. Ses pupilles sombres s’ouvrir une dernière fois sur son arme accrochée sur le mur. Quelques pas en avant vers ce fourreau aux couleurs de la nuit. Il y posa ses deux mains avec délicatesse avant de le descendre du mur et de le contempler quelques secondes. Le cadeau de Takeshi. Il sortit la lame de quelques centimètres laissant l’argent briller sous la lumière du soleil couchant qui avait envahit sa chambre. Il referma alors l’arme d’un coup sec et l’attacha derrière lui au niveau de sa ceinture.

Il balaya d’un bref coup d’œil sa chambre, il était prêt. Seul Takeshi et Shiba était au courant de la nouvelle. Il savait que ce dernier raconterait l’aventure à quiconque voudrait l’entendre dans le domaine. Il n’y avait pas besoin d’étendre plus le fait qu’il partait. Il restait Nara, mais elle semblait bien absente en ce moment et il n’avait pas le temps de la chercher. Taka… Cela faisait trop longtemps qu’il ne l’avait pas vu, il n’allait pas s’accrocher à un souvenir peut-être perdu et oublié. Il était seul et il en avait l’habitude.

Il passa par la baie vitrée de sa chambre et la referma doucement. Il jeta son regard noir sur l’horizon orangé et partit d’un bond en direction des portes de Konoha.

***


Le soleil redescendait de sa montagne bleue. Il allait se perde derrière un horizon où peut-être l’Uchiha le rejoindrait un jour. Quelques nuages l’aidaient à se cacher doucement, comme s’il ne souhaitait pas que l’on voit sa déchéance. C’était peine perdue. Les arbres commencèrent à frémir et quelques animaux s’autorisaient le loisir de sortir avant même que la lune apparaissent. Konoha se préparait pour une belle soirée.

Kenji bondissait d’habitation en habitation, silencieux et subtil dans le choix des demeures. Le bois ne craquait pas sous l’impulsion de ses pieds et personnes n’arrivaient à voir si c’était un homme ou un oiseau qui s’élevait dans les cieux. Son regard sombre restait fixé sur son objectif qu’il atteignit rapidement.

Il se posa en douceur quelques mètres avant les grandes portes de Konoha et marcha en silence jusqu’à ces dernières. L’entrée rouge était tout aussi impressionnante avec le soleil orangé qui l’éclairait. Leur hauteur inimaginable leur donnait un coup au mental des assaillants souhaitant la franchir.

Kenji abaissa le regard et vit non loin des portes, son partenaire de route. Le parchemin donnant l’ordre de mission ne mentait pas. L’animal était de retour dans son enclos pour quelques minutes avant d’être à nouveau lâché. Une musculature sans égale et un charisme important, il en imposait naturellement et ce petit air pragmatique sur le visage avec cette cigarette, hait, il n’y avait pas de doute.

Il fit rapidement les quelques pas qui les séparaient et dégagea quelques paroles de politesse. Après tout ils allaient passer de long moment ensemble, se disputer ne servirait à rien. Qui plus est, Kenji appréciait le lion.

Il esquissa un petit sourire.

[Kenji] – De retour au bercail Iki.


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MessageSujet: Re: [Mori] - BK001 - Au grès de l'automne   Ven 13 Nov - 2:37

L’impression de perdre son temps l’attrapa à l’estomac. Iki contracta ses abdominaux et la douleur s’envola presqu’aussitôt. Il se sentait revenir trois ans en arrière. Temps où on l’affublait de toute sorte de missions plus ou moins dangereuses dans lesquelles il se sortait le plus souvent indemne, sinon victorieux. Néanmoins la situation avait changé, il revenait de trois mois qui resteraient ancrés dans sa vie à jamais, un peu plus que tout le reste peut-être. L’idée d’avoir tourné la page le déconcentrait. Il n’arrivait pas à imaginer comment il était physiquement possible de tirer un trait sur le passé, d’oublier tous ces monticules de souvenirs qui faisaient de lui ce qu’il était aujourd’hui. Pourtant, trois mois s’étaient écoulés depuis son départ pour Shimenu et il constatait non sans joie qu’ils lui avaient fait le plus grand bien de ce côté-là. D’un tout autre, il en était revenu meurtri, touché à la moelle. Mais il était plus fort que cela, sinon il ne serait pas revenu. Pas vivant en tout cas. Il aimait penser cela.

Kenji arriva. La dernière fois qu’il l’avait vu était presque la seule. Ils avaient eu l’occasion de parler un peu, même si Iki était resté dans cette tendance à le provoquer, en mal ou en bien, pour observer sa réaction. L’Uchiha n’en avait eu que très peu et pour cette raison, il ne l’aimait pas tellement. Toutefois Iki avait perdu cette nécessité d’emmerder le monde, qu’il lui plaise ou non. Il lui avait même annoncé de vive voix sa promotion, sur les ordres de Keira, juste après lui avoir annoncé la sienne. Sa propre promotion au grade de juunin. La qualité d’un chuunin évolue grandement par rapport à l’échelon inférieur même si Iki s’était toujours senti encadré, observé, presque espionné. Il devait énormément au village, sous peine d’être sanctionné. Tout cela avait changé, évidemment. Le nom de son rang y était pour beaucoup, même si, à l’heure actuelle, il lui suffirait de préciser son nom pour qu’il ait les mains plus ou moins libres. Cela n’empêchait personne de l’envoyer dans des missions qui paraissaient plutôt peu importantes, même si quelque part, elles représentaient beaucoup pour certaines personnes. On ne rigole jamais vraiment avec le rang B.

C’était ça, la routine du shinobi. Après un long éloignement du village et une situation clairement exceptionnelle dans le sud et à l’est du monde, il retrouvait ces vieilles habitudes. Iki avait presque perdu cette notion de « devoir ». Le village pouvait être dans la plus grande des crises, il fallait tout de même que quelqu’un s’occupe du boulot que les autorités lui donnait, afin de satisfaire ses commanditaires et de ne pas perdre de vue l’influence et l’aura dont disposait Konoha dans le monde. Le village vivait là-dessus. Sa force militaire, si elle n’était pas exploitée, ou si elle l’était exploitée d’une mauvaise manière, ne servait finalement à rien. L’image qu’il entretenait, les relations qui en découlait ; le véritable travail était avant tout politique et symbolique. Cette mission servait en partie à cela. Parce que, franchement, qu’est-ce que le Haut Conseil en avait à faire des bandes de pillards dans le nord ?

Iki se releva et tira machinalement sur sa cigarette. Il décrit Kenji du regard et lui fit un signe rapide de la tête.

[Iki] – Tu as failli nous mettre en retard le comique. La prochaine fois pense à arriver en avance.

Kenji esquissa un petit sourire sans relever la remarque d'Iki. Il se passa doucement une main dans sa chevelure sombre et reprit un attitude plus studieuse.

De retard, ils n’en avaient aucun. Mais Iki n’aimait pas attendre. Aujourd’hui, en tout cas. Il voulait terminer cette mission le plus rapidement possible pour revenir au village ensuite et continuer de régler les nouvelles situations que généraient son retour. Pour la plupart, cela se transformer en quelques problèmes plutôt vaseux et juste assez intéressants pour l’empêcher de dormir. Ou de dormir dans les bras d’une femme dont il n’exprimait aucun amour particulier, sinon celui de son corps.

[Iki] – J’imagine que tu as lu le dossier ? On va aller jusqu’à un petit village au sud de Morigakure no Sato, le village caché du Bois du Pays de la Forêt. C’est de là-bas que partent les convois qui subissent les attaques décrites dans les rapports. Si nous partons maintenant et que nous ne arrêtons pas cette nuit, ni demain, nous arriverons là-bas en fin d’après-midi. On avisera ensuite.

Iki racla le fond de sa gorge.

[Iki] – Si tu as des questions ou des suggestions, c’est maintenant. Je n’aime pas qu’on me parle quand je cours.

Kenji ne bougea pas durant les quelques mots du Namikaze. Son regard sombre ne cilla pas et resta toujours en contact avec son opposant légèrement orangé. Il écoutait avec intention les directives pour sa première mission, et enchaina sur un ton sérieux.

[Kenji] – C'est ma première mission géré par Konoha et tu es plus gradé que moi. J'écouterais tes conseils.

Iki soupira.

[Iki] – J'ai pas la parole divine. C'est ta première mission ? Questionne et apprend. J'ai pas envie d'un pauvre imbécile qui fait tout ce que je dis et qui s'exécute silencieusement derrière moi. C'est toi qui voit.

Kenji sourit malicieusement et sans méchanceté à Iki.

[Kenji] – Ne t'en fais pas, si tu manques de bon sens, je te le dirais.

Le juunin sourit. Si à un moment ou à un autre il manquait de bon sens, alors Kenji n’aurait plus le temps de le lui dire : ils seraient tous les deux dans une situation que Iki ne leur souhaitait pas. Un peu plus proche de la mort que jamais, Kenji plus près encore. Parce qu’on avait beau dire, se voiler la face ou se mentir, des deux, Iki était le plus fort. A Konoha, il était devenu une de ses montagnes dont on ne pouvait plus réellement se passer même si tout cela était très implicite. Il ne manquerait pas de bon sens.

Il chuchota pour lui-même de sorte que son coéquipier n’entende rien : « si je manque de bon sens, t’es mort mon pote. »

MessageSujet: Re: [Mori] - BK001 - Au grès de l'automne   Lun 16 Nov - 17:38

La grande aventure commencée.

Une fois les bases de la mission posées avec Iki, il ne restait plus qu’à se mettre en route. Kenji était un novice, il fallait se l’avouer et ne pas se voiler la face. Le Lion serait le chef et celui qui dirigerait la mission. Il était plus fort que l’Uchiha, plus charismatique et surtout plus expérimenté. Le jeune garçon allait analyser chaque action de son mentor du jour pour apprendre et grandir. Il devait ressortir changé de cette mission et assumer enfin son rôle que cela soit pour Konoha ou pour le clan. Il se sentait prêt, mais il ne savait pas si cela était dût à son orgueil naturel ou au fait que le Namikaze imposait une force tranquille rassurante. Il était étrange mais sympathique.

Pourtant, Kenji se sentait comme un gamin à ses côtés. Il ne comprenait pas toujours pourquoi car quelques années les séparaient. Mais Iki semblait à des années lumières de l’Uchiha en capacité psychologique. Il inspirait ce que souhaitait Kenji plus tard, cette force sur laquelle on sait que l’on peut se reposer en cas de problème et qui ne faillirait pas, jamais. Après tout, il n’était pas monté en grade pour rien et devait surement posséder la force et la psychologie pour assurer des missions de hautes voles.

Ils partirent alors tous les deux vers le pays de la forêt en direction du village caché du bois. Après avoir passé les deux grandes portes rouges du village caché de la feuille d’un pas symbolique, ils firent quelques pas ensemble avant de s’envoler à travers les branches et les feuillages de la forêt qui entourait Konoha. Ils avançaient tous les deux de fronts sans un regard en arrière, dans un silence agréable. Iki fumait comme à son habitude et cela ne semblait pas déranger son corps qui supportait cette course sans difficulté. L’Uchiha suivait de prés son partenaire, son regard sombre concentré et perçant sur ce qui se passait devant lui.

Alors qu’ils avançaient toujours plus vite, s’enfonçant sans peur dans une forêt qu’ils connaissaient maintenant très bien, le soleil disparaissait à l’horizon. Il ne laissait qu’une vague d’orange qui avait imprégnait les derniers nuages qui lui servait de cachette naturelle. L’air qui était toujours chaud devint agréable et doux. On respirait un certain bien-être appréciable. C’était comme une douce soirée d’hivers prés du feu, les épaules recouvertes d’une couverture de laine et le regard brillant devant les flammes réconfortantes tandis que dehors une neige frigorifiant faisait rage. Un tableau qui faisait preuve de cliché et qui était pourtant apprécié de tous.

La nuit apparue finalement. Grande prêtresse suprême, la lune d’argent se hissa dans les cieux obscurs rendant le voyage un peu plus difficile. Quelques étoiles naquirent dans le ciel éclairant la route des voyageurs mais le feuillage des arbres était dense. Les rayons lunaires avaient du mal à percer ce dôme naturel qui les protégeaient de trop de chaleur la journée mais rendait le périple plus audacieux la nuit.

Le silence reposant s’était installé entre eux. Mais quelques questions dérangeaient l’esprit du jeune garçon. Depuis qu’ils s’étaient quittés il y a de ça quelques mois, Kenji avait fait quelques recherches sur Shimenu. Ce qu’il avait trouvé avait vraiment suscité une curiosité très étrange. D’habitude il n’avait que faire des autres, mais Iki l’intéressé, il ne savait pas pourquoi mais le personnage était entouré de mystère qu’il aurait aimé percer.

Il prit alors la parole sur un ton dont il essaya de dégager toute la curiosité qu’il éprouvait. Il ne savait pas s’il avait réussi et à vrai dire, ce qui l’intéressait le plus pour le moment était les réponses.

[Kenji] – La dernière fois que l'on s'est quitté tu m'as dit que tu allais rejoindre Shimenu... J'en ais déduit que tu étais un Lion.

[Iki] – Comment tu as trouvé ça ?

[Kenji] – Bibliothèque, curiosité au prés de mes maîtres...

[Iki] – Bordel, tu es curieux ? Merde, je pensais vraiment pas que quelque chose pouvait t'intéresser tu vois.

A vrai dire, beaucoup de chose intéressé le jeune Uchiha mais peu de gens s’en rendait réellement compte. Il avait une nature secrète et froide mais chez certains individus il trouvait une raison d’avancer. Avec Taka il apprenait doucement l’amitié tandis qu’avec Iki il comprenait peu à peu l’intérêt que pouvait avoir autrui.

Iki ricana et s'arrêta une seconde. Il regarda la cime des arbres et passa un doigt dans ses yeux engourdis par la fatigue.

[Iki] – Alors, c'est quoi pour toi ... "un lion" ?

Il reprit sa course sans faire attention à Kenji. En vérité, il n'attendait aucune réponse particulière à cette question, parce qu'il savait pertinemment que cela ne changeait pas grand chose au regard des gens, sinon peut-être une petite lueur qui soulève un mystère qui n'en finalement plus un. Et qui, en réalité, n'en a jamais été vraiment.

Kenji ne prit pas la peine de répondre, car il n’avait pas réfléchit à la question et se sentait un peu prit au dépourvu. Il marqua une courte pause, le regard légèrement hésitant car autre chose trottait dans son esprit. C'était l'un des rares moments aux les yeux du jeune Uchiha reflétait un semblant d'humanité. L'obscurité perdue de son intensité avant de se reprendre et oser.

[Kenji] – Tu y es quelqu’un d’important ?

Son ton était sérieux et intéressé. Iki le regarda. Il n'avait jamais réellement vu ça sous cet angle.

[Iki] – Oui et non. J'y occupe une place importante. Mais je suis souvent loin du village, cela ne veut pas dire grand chose.

Il tira sur sa cigarette.

[Iki] – A part pour ceux qui m'affrontent, peut-être ...

Kenji était réellement intéressé par les nouvelles connaissances qu'il pouvait recevoir d'Iki. Les réponses que lui apportait le Lion étaient celles qu’il attendait. L’image qu’il s’était fait du Namikaze était donc la bonne et chaque parole justifiée ses pensées, affirmant encore un peu plus chacune de ses thèses.

[Kenji] – Tes yeux lors de notre dernière rencontre, ils viennent de cette école ?


Iki posa son regard pourpre sur l'Uchiha et sourit, dévoilant la rangée inférieure de ses petites dents blanches.

[Iki] – Je te rassure, mes yeux sont à moi, et à personne d'autre. Si tu veux parler de la couleur qu'ils avaient la dernière fois, ce n'était qu'un petit tour de passe-passe, rien de bien important. C'est une technique un peu primitive que mon maître m'avait enseigné il y a sept ou huit ans.

Il tira machinalement sur sa cigarette et se concentra sur ses pieds qui fonçaient à toute allure.

[Iki] – Ce n'est rien, en comparaison du reste.

Kenji laissa son regard sombre se perdre devant les feuillages qui l’attendaient. Son esprit était partit vers d’autre étendu, il se sentait faible, très faible. Iki maîtrisait des techniques bien avant que le sharingan naquissent des les yeux de l’enfant prodige. Toute cette pression que l’on avait mit sur ses épaules durant tants d’années étaient donc fortuite ? Takeshi c’était peut-être trompé et avait prit comme élève un minable. Il était vrai qu’en y regardant de plus prés, Kenji n’avait pas accomplit de grand-chose. Il s’était surtout illustré pour son altruisme envers le clan et son dévouement pour son chef. La preuve en était que sa première mission il ne l’effectuait qu’aujourd’hui. Il se passa doucement une main dans les cheveux détournent son visage de celui d’Iki pour qu’il ne le voit.

Ils continuèrent alors le trajet dans le même silence. Etrangement, Kenji ne ressentait que peu de fatigue son esprit était occupé ailleurs et il ne maudit pas cela. Il avançait comme un robot dans une course effrénée. Lorsqu’ils franchirent la frontière entre le pays du feu et celui de la forêt il n’y eu aucun changement. C’était toujours le même étendu vert qui les attendait et qu’ils devaient traverser. Le voyage se déroula durant encore toute la nuit et ils courraient toujours quand le soleil se leva. Ils ne firent aucune pause à midi pour manger un peu, ils espéraient arriver le plus vite possible enfin surtout Iki car Kenji ne comprenait pas très bien cet empressement.

Finalement, les arbres commencèrent à se dégarnirent peu à peu laissant le soleil venir le caresser le visage. Les branches devenaient de plus en plus espacées et ils durent continuer à pied leur pas foulant une terre nouvelle. Enfin ils abandonnèrent la forêt pour l’étendu d’une plaine. Kenji interpella rapidement Iki du regard.

[Kenji] – A droite, le campement. Il semble vide.

Alors qu’ils freinaient leur course, sur leur droite se dressaient les caravanes de transport des marchands. Mais la petite troupe qu’ils allaient devoir protéger n’était pas là. Kenji laissa son regard sombre partir devant lui et il vit le village caché du bois se dresser. Il se passa doucement une main dans sa chevelure sombre attendant de savoir ce que voulait faire Iki.


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MessageSujet: Re: [Mori] - BK001 - Au grès de l'automne   Sam 20 Fév - 20:20

Iki s’ennuyait.

Oh, il ne s’ennuyait pas au point de renoncer à tout et de partir loin, très loin, trouver quelque chose ou quelqu’un qui lui vendrait un ou deux sourires, une bonne poussée d’adrénaline. Juste de quoi le remettre sur pied. Il se sentait inlassablement fatigué malgré ses longues de nuits de sommeil et ces journées d’amour et de fainéantise. Il était rentré depuis une semaine et il n’avait rien fait. Absolument rien fait, sinon flâner par ci-, par-là dans Konoha. Rien n’avait vraiment changé, Keira était toujours la même tigresse – avec quelques rides en plus, peut-être bien – Yasu la même Anbu à la même poitrine rebondie.

C’était peut-être bien ça qui l’embêtait à ce point. Il n’avait aucune envie d’être ici. Il y avait bien des missions passionnantes même si la grande majorité du temps elles apparaissaient comme longues, plates et sans intérêt. C’était pourtant son gagne-pain et la vie qu’il avait choisi. Enfin, choisi … Il sourit intérieurement. Non, il n’avait absolument rien choisi, on l’avait fait pour lui, mais comme il se l’était dit un bon petit paquet de fois, il avait eu des dizaines d’occasions de partir, de trouver un endroit calme, un petit boulot que la routine n’userait pas et siroter quelques liqueurs à l’ombre de grands arbres. Il n’avait pas choisi cette vie, il l’avait accepté. Mais là, sans se mentir à lui-même, la seule chose qu’il désirait, c’était Yasu. Un jour, et elle lui manquait déjà.

Il afficha une moue déçue. Tomber amoureux – encore – c’était une chose à laquelle il ne s’était pas accoutumé et qu’il avait cru définitivement rayé de sa vie. Hizu était très certainement pour quelque chose, même si leur amour, à eux, n’était qu’à proprement parler, sexuel, et uniquement sexuel. Yasu, c’était pareil. Mais sans ces irascibles « je t’aime » qui détruisent un petit cœur pourtant bien solide en apparence. Non, il n’était pas amoureux, mais il appréciait l’agréable confort de ses bras. Le juunin renifla et sortit des bois.

[Iki] – Regarde mieux.

Il alluma une cigarette et reprit sa marche vers l’intérieur de la clairière.

[Iki] – Ces gens sont agressés à chaque fois qu’ils passent la frontière. Tu croyais quoi ? Qu’ils feraient la fête en revenant chez eux ?

Kenji passe une main dans ses cheveux.

[Kenji] – Je ne croyais rien, je constatais seulement.

Iki sourit, amusé.

Alors oui, cette mission l’exaspérait plus ou moins. Elle ne serait certainement pas facile – parce qu’aucune ne l’était. Ils devraient sûrement mettre leur vie en jeu. L’indicatif dans l’intitulé du contrat indiquait qu’il y avait un danger. Non un potentiel, possible ou éventuel danger ; il y avait un danger. Et il était clair que ceux qui pillaient les marchands du Pays du Bois n’arrêteraient pas de braquer ces gentilshommes en le leur demandant. La logique voudrait qu’ils en sortent indemne, mais rien n’était jamais vraiment écrit à l’avance.

Sinon qu’il ne porterait pas Kenji sur le chemin du retour. Vivant ou mort, il se démerderait. Quoi que mort … Cela lui causerait bien moins de tracas.

Iki décida d’aller jeter un coup d’œil sur la caravane. Quatre hommes étaient assis au centre, faisant mine d’en assurer la garde. Il les salua d’un bref de hochement de la tête afin de calmer leurs ardeurs, lorsqu’ils se relevèrent subitement en l’apercevant. Ils restèrent hésitants quelques instants puis se rassirent presque aussitôt. Il y avait six caravanes, qui formaient un rond presque parfait au milieu duquel les restes d’un grand feu gisaient, dans une couche de charbon et de bois à moitié brûlé. Mais finalement, le juunin ne trouva rien d’intéressant à y faire et se dirigea vers le petit village qui accueillait les marchands. C’était un attroupement de masures plus ou moins formel qui s’était organisé autour d’une plus grosse auberge et d’un comptoir. Dehors, aucune âme ne semblait vivre, mais la fumée qui sortait des cheminées et la chaleur qui sortait des bâtisses indiquait clairement qu’il y avait bien des hommes ici. De toute manière, il paraissait impensable de laisser de tels convois sans hommes et sans surveillance.

Aussi inutile soit-elle, pensa-t-il pour lui-même. Mais il faudrait être fou pour s’attaquer au commerce directement dans les terres du Pays. Cette région du monde était liée à Konoha, au Pays du Feu, et tout le monde savait cela. Sauf ceux qui n’avaient pas assez de raison pour faire le lien, ou ceux qui cherchaient quelque chose d’assez rare pour y pénétrer. Et il n’y avait rien de tel ici.

Il montra la porte de l’auberge du bout du menton.

[Iki] – Va prendre du bon temps et réserve nous une chambre pour ce soir. Nous partirons demain matin.

Sa cigarette scintilla.

[Iki] – Eh. Il l’arrêta. Pas de grabuges hein …

Il sourit et reprit sa marche, laissant Kenji sur place. Gesticulant une main virevoltante, il lança quelques mots, de dos.

[Iki] – Je te retrouve dans deux petites heures.

Iki ne chercha pas à savoir comment réagirait Kenji, où il irait, ni même s’il tenterait de le suivre. Si vraiment, il s’avérait qu’il le suivait, il lui écraserait sa cigarette sur le dos de la main et lui ordonnerait d’exécuter ses ordres, même si dans la forme cela n’en était pas – ni dans le fond, d’ailleurs. Un simple regard un peu plus féroce suffirait. Il déambula jusqu’au comptoir. Devant la porte, il laissa tomber sa cigarette et passa la porte.

[…] – Salut, étranger.

Iki sourit devant le bonhomme, à l’apparence robuste. Ses épaules étaient larges, sa barbe longue mais mesurée et ses yeux profondément ancrés dans son crâne. Du bout du doigt, Iki montra le bandeau à l’effigie de Konoha qui serrait son bras.

[…] – Ah, Konoha. On ne m’a prévenu de rien.

Iki haussa les épaules.

[Iki] – J’ai considéré, vu la date de votre départ, qu’il était plus judicieux de venir directement à vous. Mokugakure sera prévenu de la bonne conduite du contrat bien assez vite, rassurez-vous.

L’homme s’assit sur la grande chaise qui bordait la table et renifla bruyamment. Il paraissait hésiter, mais très vite sa tête se releva. Comme si tu avais le choix, mon vieux.

[…] – Mon nom est Kaku, je suis le commandant de ce convoi.

[Iki] – Iki Namikaze, juunin.

Kaku passa une main dans sa barbe, pensif.

[Kaku] – Vous êtes venu seul ? Parce que sans vous offenser …

Iki ronronna un rire étouffé.

[Iki] – Kenji, un jeune chuunin est avec moi. J’ai préféré le laisser profiter des plaisirs de la vie.

[Kaku] – Il n’y en a pas énormément ici.

Le juunin sortit une cigarette et l’alluma aussitôt.

[Iki] – Il en trouvera, ne vous inquiétez pas.

Il a plutôt intérêt à en trouver …


[Je te laisse en totale autonomie pour ton prochain RP. Fais tout de même attention à ce que tu fais, chacun de tes choix peuvent avoir une influence sur la bonne poursuite des évènements (ou pas). Mais fais-toi plaisir =)]

MessageSujet: Re: [Mori] - BK001 - Au grès de l'automne   Ven 5 Mar - 16:31

L’attitude d’Iki commençait légèrement à irriter l’orgueil du jeune Uchiha. Il n’aimait se sentir autant méprisé, presque oublié. Il sentait que le juunin n’avait que faire de lui et souhaitait expédier cette mission rapidement. Mais ce n’était pas une raison pour considérer l’enfant prodige comme une simple arme dans son arsenal de ninja. Kenji commençait à connaître Iki, ce n’était pas de la franche amitié mais il comprenait le caractère de ce grand garçon. Pourtant, à cet instant, le petit sourire amusé qui se dessinait sur le visage du Lion l’agaça. Il ne rendit aucune émotion en retour pour ne pas se mettre à dos le chef de la mission, après tout sa place était celle de l’élève aujourd’hui. Il devait écouter, apprendre, assimiler et aider. Il soupira intérieurement et suivit Iki à l’intérieur du village.

L’architecture des lieux étaient dès plus sommaire. En effet, toutes les petites maisonnettes, de factures assez simples, étaient attroupées autour d’une grande auberge centrale. On voyait très bien que ce n’était qu’un lieu de passage pour les marchands et pas un véritable village prospère. En effet, si les caravanes étaient postés à l’entrée du village avec quelques gardes, c’était ici que la concentration en agent commerciaux étaient la plus importante. Kenji s’arrêta quelques instants observant ce nouvel environnement d’un regard presque étonné. Il devait se l’avouer mise à part Konoha, il n’avait jamais vu d’autre village. Il ne s’était pas définit une image spécial des autres villages cachés dans son esprit, et voir un simple regroupement de maison n’était pas particulièrement étonnant mais dans sa tête d’autre affirmation vinrent prendre place. Il y avait un monde en dehors de cette armée dans laquelle on l’avait fait grandir, il existait quelque chose d’autre que la routine du petit soldat qu’il était.

La voix d’Iki l’extirpa de sa contemplation pour lui donner les directives de la mission. Il devait réserver une chambre en attendant le lendemain. Kenji mystifia d’un regard froid son chef d’équipe avant de partir en direction de la grande auberge. Il était chuunin, jeune et talentueux, en contre partie on lui demandait de réserver une chambre. C’était une tâche que beaucoup d’individu, l’esprit encore un peu trop jeune, prenait comme indigne. Mais il s’y résolut. Ses pieds passèrent sur le chemin légèrement terreux du village pour prendre la direction de la grande auberge centrale. Cela devait bien être le seul bâtiment dans un état presque neuf. Une grande pancarte bleue indiquait le nom du propriétaire au dessus de l’entrée tandis que quelques poutres de bois entouraient la porte que Kenji allait franchir dans un style assez brut.

Il poussa la porte et pénétra dans l’auberge. Son regard froid balaya rapidement l’assemblée de voyageur et marchand qui s’étaient réunis ici pour jouer, boire ou simplement discuter. Des filles de joies allaient à la rencontre des plus jeunes hommes pour leur apprendre la vie tandis que les plus vieux rigolaient de cette scène une boisson à la main. Kenji posa son regard sur sa droite où une partie de carte se jouait dans une atmosphère étrangement calme. Ils étaient cinq hommes autour de la table, concentrés avec un air d’abrutis devant leur carte. C’était la déchéance humaine.

Une tape sur l’épaule fit tourner la tête au jeune garçon. Son regard d’ébène se planta dans un homologue au couleur de l’azur. Kenji cligna étrangement des yeux comme sur la défensive tandis qu’une sublime jeune fille lui adressait un sourire ravageur. Ses cheveux bleus comme son regard entouraient un visage angélique peut-être un peu pâle. Elle portait une robe blanche d’une propreté douteuse en ces lieux. Elle serra dans ses bras Kenji en lui faisant un bisou sur la joue. Ce dernier l’interrogea d’un regard suspect.

[ ? ] – Bienvenue à l’auberge ninja ! Tu veux que je te fasse visiter les lieux ?

Elle attrapa le bras de Kenji pour l’attirer à l’intérieur mais l’Uchiha ne bougea pas d’un centimètre esquissant au passage un petit sourire.

[Kenji] – Je ne pense pas me perdre ici.

[ ? ] – Je m’appelle Ana, ninja de Konoha, et je peux te garantir que tu ne trouvera pas meilleur guide dans tout le village.

Elle laissa apparaître une belle rangée de dent et tira à nouveau sur le bras de Kenji. Mais ce dernier refusa une nouvelle fois de bouger. Elle prit alors une mine boudeuse mais joueuse au travers de ses traits doux. Elle attrapa l’Uchiha dans ses bras et fit doucement descendre sa main sur sa hanche. Kenji approcha ses lèvres de l’oreille de la jeune fille doucement et d’une voix neutre lui murmura quelques mots.

[Kenji] – N’essayes pas de toucher à cette bourse.

Ana repoussa violement Kenji un air faussement outré sur le visage. Elle soupira puis s’en alla vers d’autre victime de son petit scénario. L’Uchiha se passa doucement une main dans sa chevelure sombre avant de partir en direction du comptoir. Il n’y avait que trois autres marchands accoudés face à leur verre, se lamentant des déboires à venir. Le chuunin ne prit pas attention à eux et accosta l’aubergiste.

[Kenji] – Il me faudrait une chambre pour deux.

[ ? ] – Tu veux être avec ta copine de tout à l’heure gamin ?

C’était une voix enjouée qui sortait des lèvres du gros aubergiste. Il était le stéréotype même du métier qu’il exécutait. Une belle moustache trônait fièrement entre son nez et sa bouche. De tâche rouge commençaient à naître sur ses joues, fer de lance d’une belle soirée qui s’annonçait pour lui. Il portait une salopette marron trouée à certains endroits tandis qu’un torchon autrefois blanc siégeait sur son épaule comme un perroquet sur celle d’un capitaine pirate. Il tendit une main amicale en direction de Kenji que ce dernier serra avec politesse.

[ ? ] – Je suis Hoteru, je te souhaite la bienvenue chez nous.

[Kenji] – Merci.

[Hoteru] – T’es ninja, tu dois être en mission ? Tu veux une chambre pour toi et ton partenaire ?

Kenji tourna doucement la tête vers la droite du comptoir priant inconsciemment que les voyageurs à sa droite n’aient pas entendu la voix grave et joyeux de l’aubergiste. Ils ne bougèrent pas une oreille, ce qui fut un petit miracle. Kenji lança alors un regard froid sur Hoteru qui s’excusa en lui rendant un regard plus que désolé. Il lui tendit une clef en argent de facture simple sur laquelle le chiffre cent-sept trônait. L’Uchiha hocha la tête en signe de gratitude et la rangea avec précaution à l’intérieur de sa veste ninja. Il reprit son attention en direction d’Hoteru et d’une voix un peu plus forte que pour la conversation précédente, prit la parole.

[Kenji] – Un thé s’il vous plait.


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MessageSujet: Re: [Mori] - BK001 - Au grès de l'automne   Lun 8 Mar - 22:17

Le lendemain matin.

Le jour s’était levé un peu plus tôt qu’il ne l’avait imaginé. La veille n’avait pas été particulièrement passionnante, peut-être bien à cause de son caractère. Et de la longue marche, longue et pas bien intéressante qu’il avait mené avec Kenji. Iki était plutôt bougon. Cette mission ne l’énervait pas, elle l’ennuyait et le jeune homme n’était animé que par une envie, celle de la terminer tranquillement et de rentrer au village pour vaquer à ses activités quotidiennes. Dormir, manger et voir Yasu, à priori. Et puis, il n’avait jamais voué une réelle attention à l’Uchiha – même si de manière générale, il ne vouait d’attention qu’à un nombre restreint de personnes dans sa vie. Toutefois, Iki était revenu à Konoha avec ce sentiment de bonheur doux et tranquille qu’il ne possédait pas lors des précédentes rencontres avec le tout juste chuunin. Et il ne l’appréciait guère plus. Oh, il ne le haïssait pas, bien loin de là, ce serait déjà lui porter un peu d’intérêt. Mais Kenji avait ce regard de suffisance qui l’empêchait de l’aborder vraiment.

Il n’avait pas beaucoup changé depuis leur dernière rencontre sur les toits de l’arène de Konoha. Un peu plus noir, peut-être.

Iki passa un bras hors des draps et se leva aussitôt. Il était encore très tôt, mais la caravane ne devait pas tarder à partir et ils avaient encore de nombreuses choses à faire. Rapidement, il passa un gant humide et savonneux sur le visage et sur son torse nu puis se sécha. Il enfila son armure, la laça et passa son bandeau autour de son bras gauche, comme à chaque fois. Kenji s’était également levé et préparé. Bon point, il n’aurait pas à s’occuper de lui. Ils descendirent tous deux les marches de l’auberge et sortirent dans l’air frais des matinées du pays du bois. Iki s’étira et alluma une clope.

[Iki] – Le départ est prévu pour ce matin, mais nous devons trouver Kaku avant et mettre en place la défense de la caravane. Ne perdons pas de temps.

La foule était amassée autour des convois. Iki ne tarda pas à distinguer Kaku entre plusieurs autres hommes aux carrures plus ou moins puissantes. Les deux shinobi allèrent rapidement à sa rencontre. D’un signe de la tête, il leur signifia un bonjour bref et poli et sur le champ, il entama la discussion.

[Iki] - On va aller au plus simple, histoire que tout ce merdier soit rentré dans l'ordre au plus vite.

Iki afficha une mine faussement ravie.

[Iki] - J'aimerais avoir un rapide compte rendu de vos effectifs et de vos atouts. Enfin, j'aimerais. Je dois. On va peut-être tous mourir, et j'aimerais autant ne pas terminer ma vie ici. Alors autant que j'en sache le plus possible sur ce convoi et sur ceux qui le composent, et je pense ... que tout ira pour le mieux.

Il ironisa dans un semblant de sourire.

Kaku contempla la foule, puis se concentra sur les deux shinobi à qui il parlait, sans se tourner particulièrement ni sur l’un ni sur l’autre.

[Kaku] - Nous sommes trente, pour six convois. Moi, Shigeki et Shuzo, ici présent, sommes les meilleurs guerriers, pour ainsi dire. Si nous n'avons jamais versé dans les armes, nous avons appris à nous défendre contre la plupart des menaces, mais pour celle-ci, je dois dire que cela nous dépasse de trop loin.

Iki sourit intérieurement : les meilleurs guerriers. Si le pays du bois demandait l’aide de Konoha, c’était qu’il fallait bien plus que de simples guerriers, aussi bons soient-ils. Néanmoins, il jeta son regard sur les hommes en question et établit déjà quelques schémas qui ne restaient encore qu’à l’état de brouillon dans son esprit.

[Kaku] - Shigeki est le seul guerrier de formation que nous avons. C'est l'homme là-bas.

Kaku leur montra du bout du doigt un homme d’âge mur, la quarantaine peut-être bien. Il était adossé sereinement à un des six convois, fumant une longue cigarette. L’image de l’homme plut tout de suite à Iki. Peut-être qu’il ressemblerait à ça, dans vingt ans. Ou peut-être pas. La barbe mal rasée en moins, et cet air concentré sur un point fixe sur le sol un peu moins profond.

Shigeki, il nota son nom quelque part dans un coin de sa mémoire. Mais déjà Iki savait qu’il fallait compter sur ces hommes. Shigeki semblait être le meilleur d’entre eux mais les deux autres, Kaku et Shuzo étaient des pièces maîtresses de la caravane et sans eux, elle n’existerait plus. C’est Shuzo, justement, qui continua de vider son sac aux deux shinobis.

[Shuzo] – Nous avons également Mie, la jeune femme que vous pouvez apercevoir en haut, là.

Une femme, son esprit percuta. Intéressant. C’était une jeune femme, couchée sur le convoi de tête, aux jolies mèches blondes, féline, amusante. Elle discutait tranquillement avec un autre homme comme si les risques de leur entreprise ne l’atteignaient pas.

[Shuzo] – C'est notre éclaireur. Elle voit la plupart des menaces bien avant nous et nous a sauvés à plusieurs reprises de situations dangereuses.

Iki haussa un sourcil et laissa Kaku reprendre.

[Kaku] - Nous devons être une bonne quinzaine à pouvoir nous débrouiller en cas de combat. Une moitié du convoi, environ, est composée de personnes chargées de monter et descendre les marchandises. Solides gaillards... Mais les conducteurs ne sont pas équipés pour faire grand-chose d'autre et nous avons cinq ou six personnes qui ne serviraient à rien en cas de combat, mais qui sont nécessaires pour le trajet.

[Iki] - Ouais. Un beau merdier, comme je le disais. Mais on va s'en sortir. On va s'en sortir.

Il tira sur sa cigarette, comme pour stimuler son esprit. Comme dans celui de Kenji, les éléments devaient défiler avec vitesse. Kaku, Shuzo, éléments primordiaux, Shigeki, combattant aguerri, Mie, éclaireuse à l’instinct développé. Une caravane, six convois, une trentaine de passagers, huit cochers. Et tout ce petit monde devait passer indemne la frontière, avec le chargement.

Pas forcément impossible, pensa-t-il amusé.

[Iki] - Ah, une dernière chose, juste en passant : le voyage. Je ne sais pas si vous venez d'arriver ou si vous avez survécu à une attaque Kaku, mais s'il y a quelqu'un, ici, capable de m'informer de l'état de la route, des zones à risques et de l'organisation des attaques passées, il va falloir qu'il le fasse, et tout de suite.

Il afficha une moue dubitative.

[Iki] - Sinon ... on improvisera. J'aurais préféré repérer les lieux moi-même bien avant mais Konoha est une véritable petite entreprise, et je n'ai même plus le temps de me faire plaisir. Mais ça ne vous intéresse pas, alors on improvisera.

Kaku lui lança un regard surpris et enchaîne sur le champ.

[Kaku] - Cela fait peut-être dix ans qu'on passe par là avec nos marchandises, alors oui, on connait la route... Mais depuis que des attaques sont reportées, on évite ce chemin, ce qui nous oblige à un long détour, comme cela a dû, je pense, vous être précisé dans la mission. C'est pour éviter et régler ce détour qu'on vous a proposé de nous suivre sur cette route que nous n'empruntons plus.

D’un mouvement de la tête, il fit signe à Shuzo qui fouilla sommairement dans ses poches pour en ressortir un morceau de papier tout froissé qu’il avait rangé sans précaution. Il la lui transmit et Kaku le déplia, découvrant une carte.

[Kaku] - On a fait cette carte il y a quelques temps maintenant, mais elle reste d'actualité. Par ici...

Son doigt se posa sur le village, puis longea l’épais trait qui représentait le chemin qu’ils utilisaient avant que les attaques n’apparaissent et s’arrêta finalement sur un point précis.

[Kaku] - La route est trop étroite pour qu'on passe à deux convois ou plus, on est obligé de nous organiser en file indienne. Il y a des forêts tout autour et je pense que c'est dans cette zone là que le plus gros des attaques a lieu, mais je serai incapable de vous le certifier ou même de vous dire comment s'organisent ces attaques, puisque nous ne les avons jamais expérimentées nous mêmes.

Iki leva les yeux au ciel et passa une main embêtée sur son menton dégarni de barbe. Il posa sa cigarette sur ses lèvres et la laissa fumer docilement.

[Iki] – C’est ce qui paraitrait le plus logique, oui. Pour des eux en tout cas. Il faudra être particulièrement vigilant lorsque nous y arriverons et je compte sur vous à ce sujet – et sur Mie.

Il se tourna vers Kenji qui était juste à côté de lui et l’interrogea du regard.

[Iki] – Si tu as une idée sur l’attitude à avoir et sur l’organisation de la défense de cette caravane Kenji, c’est maintenant ou jamais.

Il était temps de laisser le poussin voler de ses propres ailes. Et de le rattraper au vol, juste avant qu’il ne tombe.

MessageSujet: Re: [Mori] - BK001 - Au grès de l'automne   Sam 13 Mar - 1:21

Kenji observait d’un œil sceptique les défenses mises en place sur les convois. Il y avait de l’idée avec des plaques de métal qui recouvraient une surface de la remorque et des roues plus solides pour éviter tout problème sur le chemin. Mais tout cela semblait bien frêle face à la puissance destructrice que pouvait exercer l’homme quand il le souhaitait vraiment. Ce bois pouvait être un matériau naturel très résistant, il n’en restait pas moins du bois, un combustible pour l’Uchiha qu’il était. Une aubaine pour les assaillants. Kenji voyait déjà un grand braisier se former avec comme source ces petites remorques pleines à craquer. Il trouvait tout de même étrange de penser à ce genre de chose alors qu’il devait justement protéger cette cargaison. Mais aucune confiance ne ressortait de la caravane, ce qui ne permettait pas à son esprit de voir plus loin que des défauts flagrants.

Kaku avait énumérait la puissance que l’équipe de Konoha allait avoir en sa possession pour gérer la mission. Kenji était clairement déçu de voir un si grand nombre de personne inutile qu’il allait devoir protéger mais aussi accablé par le peu d’homme sachant véritablement se battre qui les suivraient. Si Iki et lui-même n’avaient pas couru toute la nuit pour arriver tôt à Mori, la caravane serait partie à l’aventure avec seulement de quoi faire une petite rixe. C’était un peu désolant que le chef de fils n’ait pas pensé à cela, mais après tout, il n’avait peut-être pas le choix.

Kenji se passa doucement une main dans sa chevelure sombre, le visage fermé laissant Iki prendre les directives. Le juunin était le chef de mission, il avait bien plus d’expérience que l’Uchiha et accuserait surement le coup en cas d’échec. Kenji n’était aujourd’hui que la main d’œuvre, certes un ouvrier qualifié, mais il n’était pas plus que cela. Le Lion savait ce qu’il faisait, même s’il semblait vouloir en découdre rapidement. Mais malgré cela, malgré le fait que ce n’était pas une amitié qui s’installait entre eux, il donna la chance à Kenji de participer. De montrer qu’il n’était finalement pas qu’un faire-valoir. Le jeune garçon ne savait pas si son ainé faisait cela par gentillesse ou simplement par flemmardise. Dans tous les cas, Kenji saisit l’occasion avec toute l’assurance qui l’habitait à chaque instant.

[Iki] – Si tu as une idée sur l’attitude à avoir et sur l’organisation de la défense de cette caravane Kenji, c’est maintenant ou jamais.

Kenji prit un ton concerné et sérieux face aux trois autres protagonistes.

[Kenji] – En file indienne on va être fortement exposé... Le mieux c'est d'équilibrer les forces car à tous les coups cela ne sera pas une rencontre frontale organisée.

Il marqua une courte pause tout en posant son regard dans le vide. En voyant le convoi face à lui et les indications de Kaku cela devenait clair dans son esprit. Ce n’était plus la scène du brasier qui flirtait dans son esprit maintenant, c’était un plan simple que les brigands connaîtraient surement. Même si cela pouvait paraître simplet comme remarque, il valait mieux la dire à haute voix, pour que personne ne l’oublie.

[Kenji] – On va se faire piéger et ils pourraient très bien nous encercler en scindant le convoi en deux. Pour éviter la scission, il faut le plus fort d'entre nous au milieu ?

[Iki] – C'est ce qu'il y a de plus intelligent à faire, oui.

La remarque d’Iki lui ouvrit l’esprit et le débloqua de ce petit complexe d’infériorité qui l’avait hanté quelques secondes devant ces personnages plus vieux, plus expérimenté et plus dur que lui. Kaku était le chef d’une grande caravane, il avait vu du pays et devait savoir réagir dans de nombreuse situation. Il avait en face de lui un jeune garçon pas encore majeur qui réalisait là sa première mission de haut rang. Si Kenji avait prit la réaction avec l’orgueil des Uchiha, il aurait fini avec un ton cassant et aurait été méprisé par le reste des civils. Mais il en avait été décidé autrement. Son torse se bomba légèrement et il reprit sur un note tout aussi sérieuse.

[Kenji] – La fille est utile, mais le problème c'est qu'elle ne peut pas regarder partout en même temps... On peut rester dans le basique et la mettre à l'avant. Après, je pense qu'il faudrait mettre un surnombre d'individu pouvant se battre là où Iki, Shigeki et moi même ne nous trouvons pas. On peut partir du principe que vous,Il posa ses yeux noirs sur Kaku, pouvez repousser une attaque en dirigeant une masse plus importante d'homme. Cela permet d'avoir quatre postes de défense en cas d'attaque. Il reste à savoir où se place qui.

[Kaku] – A supposer qu'on ait une masse plus importante d'hommes que nos adversaires, ce qui est un élément inconnu et peu probable.

Kenji ne répondit rien tout en observant Kaku en ne laissant rien transparaître. Il ne savait pas comment prendre la remarque du capitaine et préféra ne rien juger pour le moment. Le ton de voix d’Iki s’éleva et l’Uchiha rapporta son attention sur le junin.

[Iki] – En résumé, nos forces sont concentrées autour de toi, son regard s’attarda sur Kenji, de Kaku, de Shigeki, de Shuzo et de moi. Plus de Mie, mais il n'est pas question de lui faire courir le moindre risque. Vous, il désigna alors de la tête les trois marchands, êtes de repères pour tous ces hommes et ces femmes et un poids important, au moins aussi important que nous, dans leur esprit en tout cas. Nous, nous sommes la force militaire. Je suis d'accord sur l'attitude à avoir.

Kenji acquiesça d’un signe de tête tandis qu’Iki continuait sa prise de parole et établissait le plan qu’allait mettre en place le convoi.

[Iki] – Mie sera placé logiquement devant, avec Shuzo et toi, en protection, aidé de trois de vos hommes. Derrière, Shikegi et une petite demi-douzaine d'hommes robustes. Sur les flancs, Kaku et la petite dizaine d'autres, vous ferez la liaison entre l'avant et l'arrière, et répartirez vos forces sur les éventuels agresseurs qui attaqueraient par le côté. Ceux qui ne savent pas se défendre seront répartis entre l'avant et l'arrière du convoi.

La vision du juunin semblait convenir à la petite assemblée.

[Iki] – Quant à moi, je resterais en électron libre. Je suis à priori le plus puissant de vous tous, j'agirais en fonction des évènements afin d'équilibrer au mieux les forces. Durant le voyage, je propose que nous organisions la caravane en trois groupes de deux convois, Kenji s'occuperait du premier, Kaku du second, Shigeki et Shuzo du dernier. Au point dangereux, nous établirons la file indienne et Kaku s'établira donc avec ses hommes sur les flancs.

[Kaku] – Pourquoi pas.

Kaku était un individu difficile à cerner. Kenji n’arrivait pas à ressentir l’émotion qui trahissait son était d’esprit dans le ton de sa voix. Il ne voyait qu’un marchand un peu froid qui voulait réussir à passer sans encombre le piège dans lequel ils allaient tous se jeter. Il avait des responsabilités, des hommes et des femmes à garder en vie, c’était peut-être pour cela qu’il ne laissait rien transparaître qu’il gardait cette froideur apparente. L’Uchiha ne lui en tint pas compte et se concentra sur son coéquipier.

Iki se rapprocha de la caravane posa sa main sur le bois qui composait la chaire du premier convoi. Il y imprima son chakra qui se condensa en un cercle parsemé de petits triangles grisâtes de la taille de se main. Il répéta l'opération sur les cinq autres convois et retrouva ses partenaires.

[Iki] – J'ai posé sur chacun des six convois un sceau qui nous permet de communiquer. Il vous suffira de parler en direction du sceau pour que tous ceux qui sont à portée des cinq autres l'entendent. Faites attention à ce que vous dites toutefois, il n'est pas possible d'en ignorer un ...

Il sourit et tira sur sa cigarette.

[Iki] – Néanmoins, à la moindre alerte, tous les groupes seront avertis du danger et de sa localisation. Désolé, mais je n'ai pas mieux à vous proposer.

[Kaku] – Cela paraît ingénieux. J'espère cependant que cela ne contribuera pas à créer la confusion, en cas d'attaques multiples, et ne devienne contre-productif. Nous n'avons pas de rigueur militaire.

[Iki] - C'est pourtant très con. Si le premier convoi est le convoi un et le dernier, le six, il nous suffira d'annoncer le numéro du convoi et de dire très simplement une donnée. Comme, convoi un : Kenji me casse les couilles. Ou, convoi six : cinq hommes armés. Ne vous occupez pas tellement de ce que dira le sceau, occupez-vous plutôt de poser votre bouche dessus et de lui faire un bisous. Un bisous bien pratique. Pour moi en tout cas.

Le plan d’Iki était vraiment bien pensé mais Kaku appuya sur un défaut qu’il ne fallait pas oublier chez ses marchands. C’était le fait que justement, il n’était pas des soldats, des vendeurs, conteurs ou mécanicien tout au plus. Mais la peur allait surement tirailler leurs entrailles quand le moment de se battre viendrait, la cohue ferait rage. C’était une arme utile, mais à double tranchant. Personne ne pouvait pour le moment véritablement juger de l’efficacité du sceau d’Iki, la réponse se trouverait sur le terrain.

Soudainement, Kenji repensa à l’ordre de mission et un petit point de ce dernier germa dans son esprit. Il posa son regard d’ébène dans celui de son chef d’équipe et prit un ton interrogateur.

[Kenji] – Le but de la mission est de faire cesser les attaques, si on voit que le groupe d'opposant se met à fuir, on les poursuit ?

[Iki] – Non, le but de la mission c'est d'en trouver la source. Leur fuite ne pourrait être qu'une diversion pour nous éloigner et mieux revenir plus tard. Et il n'est pas question que nous laissions le convoi sans surveillance jusqu'à ce que nous ne soyons pas certains que les attaques ne cesserons plus.

Kenji affirma de la tête avant de se passer doucement une main dans sa chevelure sombre. La petite réunion semblait être terminée. Il posa doucement ses yeux sur l’horizon, par de là le petit chemin qu’ils allaient emprunter durant de longues heures. Le ciel bleu venait rompre avec l’aspect terreux de la pleine. Tout semblait calme et serein. Pourtant, quelque part, dans les forêts, un groupe d’individu n’attendait que leur arrivée. Mais cette fois-ci cela serait différent.


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MessageSujet: Re: [Mori] - BK001 - Au grès de l'automne   Mer 31 Mar - 22:14

Kaku lança ses consignes à ses hommes qui s’exécutèrent aussitôt. Iki épiait l’homme menait la petite troupe. Il souriait, satisfait. Il ne l’admirait pas tellement mais il respectait cette façon qu’il avait de conduire son troupeau. Cela devait faire longtemps que Kaku était dans les affaires et malgré les attaques, il n’avait pas arrêté de conduire son convoi, pour continuer à faire affaire. C’était comme s’il avait la vie de ces hommes et de ces femmes entre ses mains et qu’il avait choisi de prendre des risques ou de perdre un peu plus de son temps pour leur permettre de vivre de leur métier. Ou il n’avait pas envie de lâcher une affaire juteuse. Iki haussa les épaules. Il n’avait jamais vraiment réussi à lire dans le regard des hommes, il n’arrivait pas tellement à lire leur cœur, leur âme, à étudier leur comportement. Iki vivait dans son présent, attaché aux faits, à la réalité de ce qui se passait sans vraiment se soucier ni des évènements passés, ni de ceux qui seraient engendrés par ses actions. C’était une forme de brutalité qui lui portait souvent préjudice. C’était aussi et surtout une force avec laquelle il s’amusait.

Il n’avait jamais eu vraiment l’intention de changer. Lorsqu’il l’avait fait, c’était bien involontairement. Par la force des choses.

Les convois se mirent en route deux par deux, comme ils l’avaient organisé. Kenji s’installa à l’avant, avec la jeune fille, Mie et une poignée d’homme. Shigeki et Shuzo contemplait la caravane de l’arrière, tandis que Kaku et le reste des hommes entouraient les flancs de la troupe. Iki resta là, sur le côté, à regarder les quatre premiers convois passer puis il se remit sur la route et marcha. Il alluma une cigarette, scruta le ciel d’un bleu pâle magnifique et tous ensemble, ils s’enfoncèrent les épaisses forêts qui entouraient le village.

Ils marchèrent pendant une petite heure et le décor ne changeait pas. Les grands chênes se succédaient, laissant parfois la place à un arbre qu’Iki ne connaissait pas. De hautes et denses fougères comblaient les parcelles de terres vides de tronc, si bien que l’herbe n’avait que très peu d’espace pour prendre ses aises. Iki marchait tranquillement sur les rebords du chemin de terre que la caravane avait peu à peu dessiné, au fil du temps, au fil de leurs nombreux passages. Quelques petites touffes vertes reprenaient ça et là leur droit, indiquant sans surprise que cette voie avait été délaissée pendant quelques temps, probablement depuis le début des attaques. Iki restait confiant. Il doutait qu’on puisse les attaquer ici, même s’il ne savait pas vraiment pourquoi. La forêt faisait un couvert touffu, mais encore un peu trop visible pour être crédible. Le terrain était plat, la route large et les groupes trop rapprochés pour être réellement inquiété. Plusieurs fois, il se rendit à l’avant, jetant un bref coup d’œil à Kenji, concentré sur le devant de la scène, sur cet interminable chemin, ou sur le décolleté de Mie, cet interminable gouffre sans fond … Il sourit intérieurement, imaginant le côté pervers du shinobi même s’il doutait qu’il en ait vraiment un. Il contempla également l’arrière, mais Shigeki et Shuzo semblaient tenir parfaitement les rênes. Iki ne savait pas trop ce que les hommes pensaient de cette opération. Kaku semblait dire qu’ils avaient abandonnés cette route pour une autre, plus longue mais plus sûre. Revenir ici ne devait pas être une chose facile pour tous.

La question était de savoir s’ils avaient assez confiance en eux, ou non.

Iki changea de bord et se rapprocha de Kaku qui marchait sereinement sur le côté, puis l’apostropha.

[Iki] – Alors Kaku, les affaires ça marche plutôt bien ?

L’homme se retourna et posa son regard sur Iki qui arrivait derrière lui. Lorsqu’il se positionna à sa hauteur, il reporta ses yeux sur le chemin.

[Kaku] – Quand on peut avoir une petite compagnie de trente personnes, on peut dire que ça marche plutôt bien oui. Il n'y a pas beaucoup de raisons de se plaindre.

Il ajouta, naturellement.

[Kaku] - Et vous? J'ai entendu parler de l'attaque sur le village, mais il a l'air de s'être bien redressé et ne néglige pas ses frontières pour autant.

Iki redressa lentement la tête et, sans s’arrêter de marcher, s’étira le dos. Les deux hommes continuaient de regarder bien droit devant eux tout en se parlant. L’attaque de Konoha était presque sortie de son esprit, peut-être à cause de la multitude d’autres évènements qui s’étaient passés depuis et qui le concernaient bien plus qu’une grosse montagne qui s’effondrait sur le village. Mais lentement, il prit conscience de la portée des évènements, de la portée d’une puissance comme celle de Konoha, qui attirait le monde, qui le protégeait, et le détruisait en un sens.

Il sourit discrètement, surpris et amusé à la fois.

[Iki] - Je vois que les nouvelles vont vite. Et loin.

Lentement, il sortit une cigarette de sa poche, la posa sur ses lèvres. Il tira généreusement dessus puis la posa entre ses deux doigts pour continuer à parler. Son visage se raidit légèrement, affichant un rictus un peu plus sérieux, quoi que toujours détendu.

[Iki] - Ce n'est que de la politique. Je ne suis pas sûr que Konoha ait vraiment quelque chose à faire de votre petite bouille et de vos gros chariots. Et je ne pense pas non plus que les gens qui vous volent sont un réel danger pour nous. J'imagine que Konoha veut montrer qu'il est toujours un village puissant et qu'on peut compter sur lui, même après ces ... évènements. Je ne suis pas sûr qu'il aille bien, mais finalement, ce n'est pas très important. Ce qui compte, c'est de le faire croire aux gens. Et ça à l'air de plutôt bien marcher ...

L’image lui paraissait plutôt bonne. L’espace d’un instant, il se persuada que Kaku avait raison. Mais Konoha n’allait pas mieux, Konoha n’allait pas bien, parce qu’il aurait fallu que Konoha aille mal. Iki n’était pas au courant de tous les faits ni de toutes les menaces qui ployaient devant les murs du village caché, mais finalement, il ne s’agissait pas de savoir si ses remparts étaient en bois ou en pierre, fin comme le papier ou épais comme une véritable montagne, il s’agissait juste de montrer au monde qu’ils étaient toujours debout, bien stables et que demain ils ne tomberaient pas. Ni après-demain. Ni même le jour suivant. Ils faisaient parti du décor et il faudrait encore plus qu’une seule attaque pour en venir à bout.

Néanmoins, la rapidité et la facilité avec laquelle les hommes avaient pénétré le village l’avait toujours laissé pantois. Il était certain que ce genre d’informations ne circulait pas en dehors du milieu des shinobi, si ce n’est dans le milieu de leurs pontifes, mais lorsqu’on relayait à travers le monde qu’un village de la posture de Konoha avait été attaqué, on savait dors et déjà que ce n’était pas anodin, que ce n’était pas un simple intrus qui avait réussi son coup et qui était parvenu à passer la défense de chakra, puis les remparts, puis les gardes, puis les Anbus. Et qui s’était enfin amuser à répandre la mort un peu partout, selon son envie. Non, ces intrus là sont tus, parce qu’ils n’ont pas la moindre importance. Ils sont sauvagement oubliés de nos mémoires et le monde n’a que faire d’eux.

Iki se reporta finalement sur Kaku et sourit.

[Iki] - Les apparences, ils n'ont que ça en tête. Personnellement, je n'ai absolument rien à faire de l'avis des gens. C'est sûrement pour ça que je suis ici, et eux dans leurs jolis petits bureaux.

Etrangement, ce schéma restait inchangé. Quelque soit son évolution, quelques soient les évènements qui agitaient sa vie, Iki avait toujours confectionné le monde politique dans un monde à part du monde brutal et violent dont Konoha n’était qu’une petite goutte d’eau, le reste un immense océan d’amertume. Les hommes et les femmes comme Keira n’étaient pas des faibles. Il l’avait pensé, au début, mais très vite il s’était rétracté. Ce n’était pas tant la violence et la puissance de leurs coups qui l’avait impressionné, bien qu’elle soit étonnante, mais plutôt la portée. Lorsqu’il partait en mission, Iki jouait avec la vie de quelques hommes, pas beaucoup plus. La sienne, celle de ses coéquipiers, celle de ses amis, celle de ses adversaires. Keira, elle, gouvernait tout un village. Un village qui ressemblait plus à une lumière. Et il lui suffisait de tendre le bras, de la déplacer pour que, de la multitude qui soupirait dans l’ombre de ce monde et qui ne vivait que par et grâce cette lumière, il lui suffisait de la déplacer pour qu’ils la suivent aveuglément à nouveau.

Il les craignait plus que tous les autres, ils l’effrayaient et c’était pour ça qu’il en avait une image si négative. Pour cela aussi, qu’au fond, il les respectait et qu’il se contentait de faire ce qu’il avait toujours appelé le sal boulot, ce qu’ils ne faisaient pas. Ils l’appelaient, ils ordonnaient le monde, et lui, il le taillait à leur image, sans que cela ne lui déplaise ou ne le rende vraiment heureux. C’était juste une manière de vivre.

[Kaku] - J'ai du mal à croire que beaucoup de ninjas soient dans leur bureau. Pour les avoir connus de loin, et de trop près à la fois. C'est un lieu commun pour les guerriers que vous êtes de s'imaginer être les seuls à prendre des risques. Réveillez vous, tout le monde en prend chaque jour en se levant. Vous n'êtes pas les seuls à risquer vos vies… ne serait-ce qu'en comptant vos amis et vos semblables.

Il sourit pour lui même et secoua la tête.

[Kaku] – Bah … J'imagine que tous les ninjas ont systématiquement un égo plus grand que leur village … Dès que j'en rencontre un, il me tient d'une façon ou d'une autre ce type de discours, qu'il soit attaché ou non à son village, qu'il s'agisse de Kiri ou de Konoha, de Kumo et de que sais je encore.

Iki l’écouta, sans broncher, tout en regardant ses pieds avancer aux grès des plis de la terre. Kaku continua.

[Kaku] - Quoi qu'il en soit, je vous le dis en toute simplicité, vous ne devriez pas sous estimer les menaces même ténues et risibles. Il y a un temps où les pirates et les bandits dirigeaient ces terres où nous marchons. Il y a un temps où les samouraïs, qui étaient aussi puissants que vous aujourd'hui, si ce n'est plus, ce sont écroulés sur eux mêmes. Pour être remplacés par une force infiniment mineure alors ... l'histoire n'est qu'une intense répétition d'elle même et je pense qu'un jour, vous serez surpris de découvrir que le monde que vous vous étiez imaginé est très différent du monde réel.

Le monde réel. Cette formidable machine qui les broyait lentement, à petit feu. Celle qui l’avait fait naître au monde avec un don malsain et ignoble, un don qui avait attisé les flammes ambitieux d’un juunin prétentieux, un monde qui l’avait terni dans la colère, dans la noirceur de son âme, enfermée à jamais dans la violence de ses poings, dans la prétention de ses coups. Une machine qui lui avait ouvert les portes dès le plus jeune âge d’une famille qui lui avait appris à se battre. S’il avait cru en un quelconque dieu ou divinité, il l’aurait remercié dix fois chaque soir de lui avoir offert l’opportunité d’évoluer auprès de personnes dignes de confiance, digne du respect qu’elles méritent. Il n’empêche, elles lui avaient appris à se battre de la plus sauvage des manières pour devenir le pion d’une autre machine, plus petite, plus rapide dans son temps, qui ralentirait bien un jour pour finir par être oubliée. Il n’empêche, elle était toujours là, bien présente et toujours plus vivace, sinon en avance sur son temps, installée dans le présent comme jamais.

La voix grave, presque sévère, sérieuse et sereine de Kaku jetait des mots qui auraient pu le blesser, mais, sans avoir la prétention d’être au dessus de cela, Iki ne lui en voulait pas tellement. Ils avaient tous leur monde à eux, et il doutait vraiment que la lucidité de l’homme qui marchait à côté de lui soit aussi effrayante de vérité. Il devait bien avoir son regard sur le monde et, paradoxalement, il le trouvait particulièrement noir, presque dramatique, désespéré. Mais Iki ne pouvait concevoir qu’on juge son égo sur une simple question de point de vu. Il ne voulait pas mettre quelque part, dans un tiroir tout au fond de sa mémoire, la trahison de Kane, son éternel concurrent, la détresse d’Hizu, qui l’avait lâchement abandonné au moment où il avait le plus besoin d’elle. Il pouvait se soustraire de la dizaine de meurtres qu’il avait opéré bien officiellement, au nom d’un village, au nom d’une puissance. La liste était trop longue à son gout. L’incompétence et l’orgueil d’Okugane, qui pensait pouvoir maîtriser un village entier, se l’approprier pour ne faire qu’un avec lui. Si seulement il avait senti les coups de poings maltraiter son visage puritain.

Finalement, il comprit. Il comprit que sa vision de ce monde bureaucratique qu’il haïssait tant, qui l’effrayant tant, mais qu’il respectait presque plus, n’avait pour d’autre nom, figure, image, symbole, représentation, celui d’un homme qui l’avait mené dans les détroits les plus sombres de son existence. Okugane Tsukyoko. Il l’avait importé comme un vulgaire paquet et il avait fait de lui sa marionnette. C’était ça, il ne manquait rien de plus, aucun autre mot ne lui venait à l’esprit pour mieux décrire son dégout de ceux qui l’envoyait ici et là, réaliser quelques contrats. Aujourd’hui auprès de Kaku, demain à l’est, le jour suivant à quelques pas de chez lui, en finir avec un homme, une femme, un enfant qui avait mal fait. Il ne jugeait personne, il s’exécutait. Mais la forme noir de l’ancien juunin planait toujours au dessus de lui et il s’en voulait pour cela. Pour ne pas avoir tiré un trait de ce passé là que le hantait toujours. C’était la peur de lui ressembler, la peur d’être le même que lui qui le tiraillait, qui tordait son estomac et qui assombrissait son regard. Le même orgueil dans sa façon de se déplacer. La même arrogance dans le regard. La même impétueuse et impertinente ambition dans sa manière de s’exprimer. Non, il n’était ainsi. Mais demain ?

Iki sourit, parce que dans toutes ses pensées, Kaku n’avait pas de place. Peut-être une, infime. Ses paroles resteraient incrustées au milieu de tant d’autres que, ce n’était pas sans le respecter, elles ne l’intéressaient pas. Iki avait beau se dire qu’il n’était supérieur à personne ici, il ne pouvait s’empêcher de rendre les choses toujours plus difficiles. Un jour, il s’était dit qu’il n’avait pas l’art de choisir les bons mots. Mais en fait, il s’agissait seulement d’avoir conscience que chacun avait sa façon de lire le monde et que, d’une manière ou d’une autre, tout le monde se persuadait que la leur était la meilleure. Et personne ne lâcherait cela pour rien au monde. C’était leur manière d’exister.

[Iki] - En tout simplicité Kaku ... J'ai vraiment l'air de prendre votre problème à la légère ? Oh, bien sûr, je préfèrerais m'occuper de ma petite femme et de mes gamins, mais j'aime assez mon village et mon travail pour ne pas me foutre de votre gueule. Alors vous foutez pas de la mienne avec vos sermons à deux balles. Vos samourais et vos temps anciens, je m'en contrefiche. J'ai une caravane à faire passer et une bande d'imbéciles heureux à tuer. Après, je m'en irais, et j'irais régler un autre problème, dans une autre région, avec d'autres personnes. Et on va me cracher d'autres conneries à la tronche. Le résultat de cette mission ne me rendra ni plus heureux, ni plus malheureux. C'est mon job. Vous vendez des pains au chocolat, moi je tue ceux qui vous les mangent sans payer.

Son sourire s'élargit. Etrangement, son discours était enjoué de quelques tons presque sympathiques, montrant un certain détachement. Les paroles de Kaku l’avait touché, c’était indéniable, et d’ailleurs, il ne le contredisait pas tellement. Mais finalement, elles n’occupaient pas la place qu’elles méritaient, peut-être.

[Iki] - C'est fou comment le monde et bien fichu.

Puis il redevint un semblant sombre et sérieux.

[Iki] - Konoha a ses problèmes, et comme tous ceux qui ont des problèmes, il cherche à les résoudre. C'est ce que j'ai dis. La manière m'importe peu. Les politiques sont des salauds bien pire que moi, s'ils l'avaient voulu, ils vous auraient envoyés, vous et vos convois volés, dans un grand trou vide et tout le monde vous aurez oublié. Ne croyez pas que Konoha est une jeune femme sympathique. Konoha est une salope qui s'occupe de se faire haïr lorsqu'elle doit se faire haïr et de se faire aimer lorsqu'elle a besoin d'être aimée. Elle ne fait jamais rien par générosité, elle calcule tout. C'est une salope et je l'aime. Beaucoup de monde l'aime. Parce que finalement, les salopes arrangent souvent la plupart des gens. Vous, moi. Beaucoup de monde.

Sans réagir outre mesure, Kaku continua de marcher, sans dissocier son regard du chemin qu’ils empruntaient. Il semblait aussi peu enclin à comprendre, voir même à entendre, mais Iki ne l’était guère plus. Il ne l’était peut-être pas du tout, même s’il savait qu’au fond, aucun d’eux n’avait vraiment raison, ni vraiment tort. Il le savait … quelque part, bien loin de la réalité des choses.

[Kaku] - Ne croyez pas m'apprendre la vie. Vous n'allez certainement pas m'enseigner à voir derrière les apparences, je faisais cela bien avant que vous ne respiriez. Il ne suffit pas de tuer avec son pouce pour apprendre la vie aux autres, gamin. Et, oui, vous avez vraiment l'air de prendre mon problème à la légère, pour vous répondre simplement.

Iki tira sur sa cigarette et sourit intérieurement.

[Kaku] - Mais cela, vous le savez sans avoir à me le demander. Ce n'est pas une question de sérieux. C'est une question de conscience de la vie humaine. Vous n'en avez pas. Parler d'un air dégagé et prétentieux de choses importantes ne les rend ni plus légères, ni plus accessibles. Peut-être un jour aurez-vous la maturité pour l'apprendre, mais je pense que nous serons tout deux morts avant. Cette conversation s'arrête ici.

Pauvre con. Sale merde qui pense que l’âge résout tous les problèmes. L’espace d’un instant, Iki crut que son corps réagirait sans qu’il ne le désire vraiment. Oh, si, là, tout de suite, maintenant, il n’avait qu’une envie. Attraper les larges épaules de Kaku, les soulever de ses bras puissants et les coller violemment contre le bois arrangé de métal du chariot juste à côté d’eux, puis lui crier un à un le nom de tous ceux qu’il avait tué, de tous ceux à qui sa présence avait nui et de ceux qui étaient tombé avec lui. Une conscience humaine. Bordel de merde, réfléchissait-il à ce qu’il disait ? Lui était-il venu à l’esprit que tuer un homme pouvait être un cauchemar affreux avec lequel on devait vivre toute sa vie ? Oui, certainement. Peut-être avait-il déjà tué. Une fois. Deux fois. Iki n’avait pas compté, et il ne comptait plus. Derrière son masque vulgaire et grossier, puant de l’impertinence de ses propos et de ses actes, il y avait toute cette frayeur. Celle qui l’empêchait de dormir, celle qui l’empêchait de manger, de sourire à une femme, de sourire à des enfants, de sourire simplement. Il ne s’en était jamais plein, parce qu’il dormait, mangeait, et souriait – peut-être moins souvent mais si, il souriait. Parce qu’il n’avait pas trouvé d’autres moyens moins dangereux pour reposer son âme.

Mais il se retint. Iki ne comprenait pas vraiment Kaku. Il ne comprenait pas comment leur conversation en était arrivée là, comment, sur une simple question, ils avaient déraillé en une tirade sanglante qui venait de les séparer violemment. Peut-être avait-il mal fait. Sûrement, avait-il mal fait. Mais il ne pouvait s’empêcher de penser que l’homme portait avec lui une profonde haine contre quelque chose qui devait lui ressemble. Un système, un village, ou seulement un nom, une expérience. Il s’en fichait. Il voyait juste son mépris derrière l’excuse minable de l’expérience et de la sagesse. Iki avait regardé les femmes qui les accompagner. Il avait ensuite étudié, vaguement, rapidement, sommairement, ces hommes qui parcouraient les sentiers, les montagnes, pour vivre, pour vendre et pour acheter. Puis pour vivre à nouveau, bien sommairement de leur maigre du. Oui, leur vie n’était pas rose, elle n’était pas sans danger. La sienne l’était-il ?

Il lui semblait bien que non.

Kaku accéléra la cadence de ses pas et Iki ne chercha pas à le rattraper. Il ralentit, et changea de flanc. Quelques voix se haussèrent, Kenji se leva et se tourna vers lui. Iki comprit. Quelques dizaines de minutes plus tard, le relief se fit plus escarpé. Les arbres s’espacèrent de plus en plus pour n’être plus que de petits amas grossiers. La montagne reprenait ses droits et la frontière approchait, sereine. C’était ce passage qu’Iki redoutait. Ils firent arrêter le convoi. Iki posa ses mains de part et d’autres du sceau qu’il avait posé sur le chariot à côté duquel il se tenait, puis ouvrit la bouche.

[Iki] - Chariot 4, Iki Namikaze, nous atteignons la zone dangereuse. Le chariot 1, Kenji et Mie passent devant, les autres suivent en file indienne. Shigeki et Shuzo restent derrière avec le chariot 6. Kaku et les autres hommes sur les flancs avec moi. Si personne n'a rien à ajouter, on peut y aller. Rien à ajouter.

La voix s’éleva autour des cinq autres convois. Quelques têtes surprises se levèrent, mais Iki n’en tint pas compte, attendant avec impatience de voir si les hommes de Kaku avaient compris l’intérêt du sceau qu’il avait posé, redoutant lui-même d’avoir fait une erreur.

[…] – Chariot 3. Il vaudrait mieux que nous passions en tête, notre chariot est davantage blindé que le premier.

Iki sourit intérieurement et se repencha vers le tambour de guerre.

[Iki] – Chariot 4. Bien. Kenji et Mie vous montez sur le chariot 3 et vous prenez la tête de la caravane. Désormais nous serons en file indienne. On change les numéros des chariots pour qu’ils correspondent à leur place et si personne n’a rien à ajouter, on peut y aller. Rien à ajouter.

Il se releva, scruta les hommes puis voyant que personne ne disait rien, Kaku leva les bras et la caravane reprit sa route. Le chemin se fit subitement bien plus sinueux et bien moins épais qu’alors. Iki se rapprocha du chariot à côté duquel il avançait et lança un regard amer vers Kaku, un peu plus loin devant lui. Mais son attention fut très vite détournée par l’appréhension que certains hommes portaient dans la lueur de leurs yeux, par le danger que pouvait représenter ce passage et par l’ombre difforme qui stagnait mollement dans la granda forêts noires qui les entouraient. Les arbres avaient peu à peu repris leur droit sur la montagne, mais il émanait d’eux cette puanteur acariâtre.

Une puanteur qu’il connaissait bien. Une puante qu’il s’avouait facilement adorer. Iki sourit intérieurement et continua de marcher.

MessageSujet: Re: [Mori] - BK001 - Au grès de l'automne   Ven 9 Avr - 1:37

Une fois la réunion finit tout prit forme. Kaku cria des consignes à ses hommes tandis que le bruit des roues écorchant le sol se faisait entendre. Les chariots se déplacèrent dans un chahut organisé qui n’avait de secret que pour les marchands. Leurs gestes étaient assurés, pour certains c’était devenu une habitude avec l’expérience, mais quelques jeunes semblaient plus concentrés, plus fébrile. Kenji ne teint pas compte de cela et prit place à l’avant. Il ne savait pas encore qui était la jeune fille qui allait leur permettre d’avoir un temps d’avance sur leur opposant et ne la chercha pas. Il n’était pas du genre à commencer une conversation pour ne rien dire et encore moins avec une fille qui lui donnerait rapidement mal à la tête. Il attendit alors patiemment aux avants postes le temps que les chariots se mettent par deux.

Tous prirent position. Iki et Kaku s’occupaient du convoie du milieu tandis que Shigeki et Shuzo fermaient la marche. C’était une bonne tactique, même s’ils ne craignaient pas forcément grand-chose sur la première partie du chemin. Le départ fut donné et les chariots avancèrent. Kenji posa son regard sur l’horizon et se perdit rapidement dans ses pensées. Il n’eu pas l’occasion de s’occuper l’esprit bien longtemps qu’une voix douce et neutre le tira de ses réflexions.

[Mie] – Coucou monsieur ninja...

Kenji tourna la tête et aperçu une charmante jeune fille de son âge. Elle était assise sur le convoi qu’il protégeait tout en lui souriant légèrement. L’Uchiha comprit que c’était Mie, celle qui leur ouvrirait la voie. Il arriva a sa hauteur et posa ses pupilles d’ébènes dans les siennes.

[Kenji] – Tu peux m'appeler Kenji. Tes yeux percent l'horizon à ce qu'il paraît.

[Mie] – Oh, je n'ai pas de super pouvoirs moi.. Juste de bons yeux.

Elle était légèrement gênée, presque mal à l’aise. Elle lui rappelait Ying lors de leur première rencontre. Quand la jeune fille l’avait regardé avec des yeux illuminés et flatteur. Kenji esquissa un petit sourire intérieurement et bomba légèrement le torse avant de reprendre sur un ton plutôt convainquant.

[Kenji] – Il ne faut jamais douter de ses capacités, avoir une vue comme la tienne n'est pas donné à tous. Sois en fier.

Il ressortait quelques traits de son discours à l’équipe neuf, mais la situation était tout aussi adapté. Pour lui chaque individu devait être fier de ce qu’il faisait, sinon c’était une preuve d’une non confiance en sois. Ce qui était le pire des défauts pour Kenji. Il fallait toujours croire en sois pour arriver loin. Tout du moins, c’était la philosophie avec laquelle il avait été élevé. Il vit que la jeune fille grimaçait légèrement, comme gêné.

[Mie] – J'en suis fière... je me demande juste si je vais continuer à voir quelque chose une fois que vous en aurez fini…

C’était donc ça le problème. Elle avait peur. Kenji n’y avait pas pensé, mais pour lui partir combattre était normal. Une jeune fille de son âge n’avait pour autant rien à faire ici. Elle était pourtant si précieuse. Il se passa alors doucement une main dans les cheveux tout en levant un regard vide vers les cieux. Il avait le même âge que Mie et pourtant il partait sans réfléchir combattre. Mais il était sûr de lui, et la présence d’Iki était encore là pour montrer qu’il n’avait pas grand-chose à craindre. Il visa à nouveau la jeune fille en lui faisant un clin d’œil.

[Kenji] – Je peux te dire que tu vas voir loin encore de nombreuses années. Nous sommes Konoha.

Un petit sourire étira ses lèvres pour tenter de rassurer Mie. Il ne fallait pas qu’elle se tracasse, elle ne serait pas efficace sinon. Elle lui rendit un sourire maladroit tout en gardant le silence un instant.

[Mie] – C'est que... on est plusieurs à... enfin, je ne devrais pas en parler... mais on est plusieurs à penser que Konoha vient surtout pour... comment dire... voir de quelle façon on va mourir...

Elle secoua la tête

[Mie] – Et ce n'est pas rassurant du tout.

Kenji fut étonné même s’il ne laissa rien paraître. Il ne s’attendait pas du tout à ce qu’un village puissant comme Konoha ait une telle réputation. Il avait toujours cru que les villages shinobi était quelque peu admirés pour leur force et leur importance dans le monde. Mie lui dressait un portrait étonnant qu’il n’avait jamais pensé voir un jour. Il fronça légèrement les sourcils et prit une voix roque.

[Kenji] – Crois-tu que nous aurions autant réfléchis pour mettre un système de défense en place si c'était simplement pour vous voir tous mourir ? Iki est un ninja d'exception malgré ses fausses apparences. Konoha ne dépêche pas ses ninjas au hasard. Cela serait nous insulter que de croire que nous ne sommes que des spectateurs.

[Mie] – Ce n'est pas ce que je voulais dire ! Je n'arriverais pas à te dire pourquoi, mais j'ai la sensation que je vais mourir ici... On a pas demandé à passé par là, nous on voulait faire le tour...

Elle se mit à parler sur un ton bien plus rapide.

[Mie] – Mais le daimyo nous a ordonné de passer par le passage dangereux. Il nous dit qu'on serait accompagné par des ninjas… mais on voulait pas…

En entendant les paroles de Mie, Kenji chassa toute expression méchante de son visage en écoutant avec sérieux ce qu’elle disait.

[Mie] – Je n'ai jamais demandé à devoir être courageuse moi…

Elle était du même âge que Kenji et semblait pourtant si frêle, si jeune et si innocente. Il était dur de lui résister à cet instant, c’était comme un père face à sa fille. L’Uchiha n’était pourtant pas un sentimental, mais cette fille avait réussi à le toucher inconsciemment. Il posa alors doucement sa main sur son épaule tout en lui rendant un regard sérieux.

[Kenji] – Je vois qu'on te demande beaucoup. Tu as maintenant un choix à faire, car tu ne peux pas retourner en arrière. Tu peux te morfondre, et être inquiète tout le long, en ayant les jambes fébriles à chaque pas. Ou tout simplement te dire que le Daimyo savait qu'avec toi la caravane avait bien plus de chance de s'en sortir. Tu peux avoir confiance en nous, et faire ce que tu dois faire avec sérieux. Grâce à toi on aura une longueur d'avance sur l'ennemie, et qui sait peut être qu'il n'atteindra même pas la caravane. Je ne te demande pas d'être courageuse. Je te demande de croire en nous.

Certains diraient qu’il avait la fibre paternelle. Mais c’était autre chose, il avait un peu pitié de cette fille qu’on envoyait presque à l’abattoir. Les techniques du Daimyo étaient affreuses et pleines de non sens. Mie était un peu agité et fuyait de temps à autre le regard de Kenji.

[Mie] – Je vais essayer... Je crois que le daimyo n'en a pas grand chose à faire de moi quand même et que je doute qu'il connaisse mon nom. Mais je vais essayer.

Elle rigola un petit peu tandis que Kenji relâchait la pression sur son épaule. S’ils voulaient réussir la mission, il fallait que la jeune fille soit à cent pour cent. Ils continuèrent alors leur route en silence, Mie devait surement avoir l’esprit un peu confus et Kenji n’avait pas besoin d’en savoir plus.

Les marchands commencèrent alors à s’agiter. Kenji se redressa légèrement et vit que le chemin changeait et devenait plus petit. Il jeta un rapide regard à Iki qui comprit la situation et organisa le passage le plus difficile qu’allait subir la caravane. Quelques directives plus tard, l’ordre des chariots étaient inversés. Mie reprit position sur le convoi numéro, tandis que Kenji était quelques pas devant. L’Uchiha jeta un dernier coup d’œil en direction du chef du convoi et posa sa main sur son katana avant de lancer la marche.


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