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 Dans l'Oeil d'Or

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MessageSujet: Dans l'Oeil d'Or   Dim 13 Déc - 14:20

¤,.°o°O Chapitre 10 : Les Prémisses du Changement O°o°.,¤
« Dans l'oeil d'or »
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L'air était lourd, plus lourd encore qu'à l'accoutumée. La saison n'était pourtant pas à ce genre de climat mais à une fraîcheur presque glacée. Les kuméens étaient fort heureusement habitués à vivre au rythme des aléas du temps. Sans le moindre mal, ils pouvaient voir passer une semaine entière de pluie comme une autre saccadée de beau temps, de vent, et même de pluie. Rien ne pouvait les contraindre.

Sho Nagoshi était de ceux qui n'accordait aucun crédit au temps quand il se trouvait à l'intérieur du mur d'enceinte du village. Dehors, quand les missions le demandaient, il en était bien sûr tout autrement. Ce jour là, il sortit de son appartement aux aurores et rejoignit les couloirs de l'académie où il se perdit dans une vaste pièce réservée aux chefs d'équipes. Dans cette pièce, il traita une pile épaisse d'une vingtaine de dossiers pendant trois bonnes heures d'affilées. Il étudia différentes cartes, différents profils de genins et de chuunins, mais aussi quelques missions que le centre transmettait directement dans cette pièce pour que les hommes puissent au mieux les préparer. Sho avait, parmi tant d'autres, une mission déjà bien ciblée en tête. Il ne lui restait plus que quelques préparatifs à peaufiner et il partirait ensuite en quête du nouveau problème à régler.

Après ces trois heures, Sho quitta l'académie pour le Chien Fou - le plus grand restaurant du village - où il commanda une sorte de déjeuner léger avec riz et poisson. Il en sortit avec une pomme à la main et un léger sourire sur les lèvres. Libéré de toutes obligations pour le restant de la journée, il décida de se diriger vers le coeur historique de Kumo ; l'endroit même où s'élevait les plus grands monuments du pays. Le plus grand d'entre eux n'était nul autre que le Temple du Raikage, symbole de gloire et de pouvoir pour toutes les générations de kuméens. Une seule autre bâtisse surplombait le village avec autant de grandeur : l'hôpital. Au-delà de cette petite similitude, les deux bâtiments n'avaient rien avoir l'un avec l'autre. L'hôpital était devenu une construction légendaire vu les nombreux scientifiques et médecins de grandes renommés qu'il avait accueilli en son sein. Le temple du raikage, lui, était légendaire pour son prestige et couronné par la grandeur des différents dirigeants qui s'étaient assis derrière le bureau central, celui par lequel toutes les décisions étaient prises.

Aujourd'hui, le temple impressionnait toujours autant même si le pouvoir qui sommeillait en son coeur paraissait fragile depuis la disparition du Godaime. Ceux qui avaient le privilège de côtoyer ce pouvoir de près, savait qu'il n'était pas aussi fragile que les apparences le laissaient entendre. Shigeo Koyama, l'Intendant, était très aisément devenu un personnage de tout premier plan. Sur lui veillaient les Immortels, la plus grande et la plus glorieuse équipe que n’ait jamais connu Kumo.

Sho était conscient de tout cela même si un nombre incalculable d'informations lui étaient encore cachées vu son rang dans la hiérarchie. Mais il ne se déplaça pas jusqu'au coeur historique pour découvrir les travées du pouvoir. Il voulait simplement trouver un coin tranquille où contempler le village à l'heure où l'activité commençait à émerger dans ses rues. Quel meilleur quartier que celui du temple pour cela ? Les parcs ? Sho les jugeait trop bondés en journée. Non, les alentours du temple étaient les plus sûrs du village. Peu de personnes y circulaient à part les troupes qui assuraient les différentes relèves de la garde.

Arrivé sur place, l'eisei-nin se fit le plus discret possible. Il rejoignit la bordure du toit du plus petit bâtiment des environs et s'y installa, ses jambes pendant dans le vide. Son épaisse crinière rouge oscillait sensiblement à cette hauteur bien que le vent fût presque imperceptible. Plongé dans son silence, il croqua dans la pomme qu'il avait amené du Chien Fou tout en contemplant la façade du temple qui se dessinait devant lui, légèrement en retrait sur sa droite.

Peu de temps après son arrivée, un agriculteur passa dans la rue qui se trouvait en contrebas. L'homme lui jeta un regard intrigué mais Sho n'y accorda aucune forme d'attention. Il était depuis longtemps habitué à ces regards. Il fallait avouer que sa crinière et ses tenues rivalisaient d'originalité - quand ce n'était pas considéré comme de la folie pure. En ce jour, Sho portait un hakama noir dont les plis étaient décorés de fins filaments d'argent et d'une large écharpe à carreaux blanc et rouge. Son torse était quant à lui entièrement couvert de bandelettes blanches. Un contraste plutôt saisissant qui était couronné par son épaisse chevelure hérissée aux couleurs du feu et les deux fourreaux rouge sang qui étaient coincés dans sa ceinture de lin blanc.

Sho leva le menton pour regarder le ciel voilé de Kumo. Comme un signe, l'astre du jour se dressait juste au-dessus du temple du raikage entre deux amas nuageux. Un sourire apparut sur le visage de l'eisei-nin.

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MessageSujet: Re: Dans l'Oeil d'Or   Dim 13 Déc - 20:40

Rien… toujours rien. Kinimo avait beau s’être rendue à Kiri, à Konoha et maintenant à Kumo, elle n’avait pas trouvé ce qu’elle cherchait. Certes elle n’était pas pressée, mais tout de même ne pas avancer du tout en autant de temps devenait particulièrement agaçant. De plus la journée passée n’avait pas été la meilleure qu’elle ait vécue : après être entrée dans le village sans trop de difficulté, la chienne s’était à moitié perdue au milieu des ruelles, jusqu’à finalement se laisser guider par les bribes de conversations qu’elle entendait autour d’elle. Elle avait ainsi erré toute la journée, se laissant berner entre autre par une histoire de chien fou qui n’était en fait qu’un restaurant : au final le soleil s’était couché sans qu’elle ne le remarque, et l’animal avait passé la nuit à contempler les étoiles du haut d’un toit, ne comptant que sur sa douce fourrure claire pour lui tenir chaud.

Elle fut réveillée par le bruit des conversations dans la rue : le soleil était déjà levé depuis un moment et brillait fièrement dans le ciel. Etrange qu’elle n’ait pas été réveillée par la lumière… elle était probablement plus fatiguée que prévue. En entrouvrant les yeux, elle put apercevoir qu’elle se trouvait sur un toit juste en face du chien fou : en effet, elle put voir quelques clients en sortir, entre autre un type aux cheveux rouges hérissés vêtu d’un hakama noir qui s’éloignait tranquillement du restaurant un fruit en main, le gardant sans doute pour plus tard. Mais l’animal ne prêta pas attention à l’homme plus longtemps, son ventre lui rappelant l’heure un peu tardive à laquelle elle se réveillait dans un léger grondement. Kinimo poussa un long soupir avant de se diriger vers la petite boulangerie où elle achetait à manger depuis qu’elle était arrivée à Kumo. Elle allait là-bas pour plusieurs raisons en fait : la première, évidemment, c’est qu’il n’y avait pas beaucoup de clients, elle évitait au moins d’avoir un attroupement de curieux autour d’elle. La seconde, c’est qu’il valait mieux qu’elle se rende toujours au même endroit : au moins le vendeur était surpris une fois… puis il s’habituait petit à petit à voir une chienne bondir sur son comptoir pour acheter son repas. Et enfin, elle n’était pas du genre à profiter d’un restaurant : même si en la regardant physiquement on pourrait croire que Kinimo soit extrêmement pointilleuse, entre son pelage toujours propre et cette belle fleur rose qu’elle accrochait derrière son oreille, au final elle se contentait de ce qu’elle pouvait avoir sans faire de manière, et forcément personne ne laisserait un animal rentrer seul dans un vrai restaurant.

C’est ainsi que la chienne se retrouva avec un espèce de sandwich dans la gueule, à la recherche d’un endroit calme où elle pourrait manger sans être dérangée. A vrai dire, elle n’avait pas choisit le meilleur horaire pour être tranquille… au final Kinimo fut obligée de grimper à nouveau en haut d’un toit pour être sûre que personne ne viendrait l’ennuyer. Elle était vraiment de mauvaise humeur aujourd’hui… habituellement elle ne perdait pas son temps à éviter les gens ainsi, mais sa première journée à Kumo l’avait comme qui dirait un peu énervée. Il fallait qu’elle se change les idées… aujourd’hui elle ne chercherait aucune information, elle se contenterait de faire un peu de tourisme : il devait bien y avoir quelques monuments intéressant au sein de Kumo ? D’ailleurs elle devait être dans le bon quartier, elle pouvait voir un magnifique temple qui s’élevait devant elle. La vue était magnifique de là où elle se trouvait, non seulement elle pouvait voir les principaux monuments du village, mais également tout le reste de Kumo derrière elle, jusqu’aux montagnes qui entouraient le village. Tout ce décor était assez impressionnant pour quelqu’un qui avait passé la majorité de son temps sur une petite ile quasiment plate. Kinimo profitait du paysage allongée tandis qu’elle dévorait enfin avec appétit ce sandwich qu’elle bloquait entre ses deux pattes avant, comme l’aurait fait n’importe quel autre animal quadrupède.
En la regardant ainsi, il était difficile d’imaginer que Kinimo n’était pas une chienne comme les autres. A la différence près qu’elle se trouvait en haut d’un toit… d’ailleurs qu’en pensait cet homme non loin d’elle ? Kinimo ne l’avait même pas remarqué en montant, mais cet habitant de Kumo qu’elle avait vu sortir du chien fou tout à l’heure était là, assit en bordure d’un toit. Il semblait également regarder en direction du temple, un peu plus haut peut être, en direction du soleil. Ses vêtements mélangeaient le blanc, le noir et le rouge pour donner un résultat assez plaisant au final, bien que n’importe qui ne s’habillerait pas ainsi. L’humain laissait ses jambes pendre dans le vide : contrairement à Kinimo, tout le monde pouvait le voir d’en bas, mais il ne semblait pas s’en soucier…

Un petit bâillement se fit entendre non loin de l’humain, la chienne n’étant pas encore totalement réveillée : cela pouvait également expliquer son comportement énervé jusqu’ici… toujours est-il qu’elle tourna enfin la tête vers l’homme, remarquant enfin sa présence. Sa première réaction fut de fixer l’humain d’un regard curieux, ou plutôt sa chevelure : voulait-il ressembler à un hérisson roux ? Elle avait déjà vu plusieurs personnes se coiffer ainsi et s’était toujours demandée ce qui s’était passé dans la tête de celui qui avait inventé cette coiffure. Mais pour une fois elle n’explosa pas de rire en le voyant : elle ne savait pas vraiment pourquoi, mais cette coiffure allait bien à l’homme… sans doute allait-elle bien avec sa façon tout aussi étrange de s’habiller.

La chienne resta ainsi, à fixer l’homme tout en finissant de dévorer ce qu’elle tenait entre ses pattes. Son estomac n’était pas vraiment comblé, mais ça lui suffirait au moins pour tenir jusqu’au prochain repas.

MessageSujet: Re: Dans l'Oeil d'Or   Mar 15 Déc - 19:02

¤,.°o°O Chapitre 10 : Les Prémisses du Changement O°o°.,¤
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A chaque respiration, l'air chaud et humide s'engouffrait dans les entrailles de Sho comme un torrent de feu et de lave. Il pouvait sentir ses poumons se charger de tiédeur et un poids grandir dans sa poitrine. Respirer n'était pas une tâche aisée mais l'habitude effaçait rapidement toutes difficultés.

L'air pesait lourd ; surtout pour qui n'était pas du pays. L'air qui stagnait à Kumo ne ressemblait en rien à l'air du large qui planait sur Kiri ou l'air sec qui campait sur Konoha. Il était ici question d'un air pesant, instable, et par dessus tout chargé d'humidité. Les montagnes dans lesquelles Kumo avait élu domicile en étaient la cause. Elles seules pouvaient le charger et le faire dégringoler le long de leurs versants vers le village qui nichait à leurs pieds. Maudites et belles à la fois, elles préservaient Kumo et l'étouffait en même temps.

Les fils et les filles des Nuages s'habituaient à vivre avec ce poids continuel dans leur poitrine. On dit même que lorsque le Destin les conduisaient hors du village, le malaise les prenait, comme si aucun autre climat ne pouvait mieux leur convenir que celui qu'ils connaissaient depuis leur naissance.

Sho n'était pas né à Kumo. C'était sans doute pourquoi il ne s'était jamais réellement habitué à ce climat. De là où il venait – une vallée verdoyante située un peu plus au nord de Kumo – l'air était toujours pur et frais. Il ne vous bondissait pas au nez ni ne vous engorgeait les bronches. Il se contentait de glisser sur vous comme de la soie.

En pensant à cela, l'eisei-nin tourna sa tête en direction du nord, là où les montagnes lui apparaissaient comme des crocs acérés prêts à déchirer le ciel. Il savait que bien au-delà de ces montagnes dormait la vallée qui l'avait vu naître. Cette seule évocation suffit à accentuer la courbe de ses lèvres. Un semblant de sourire qui disparut brusquement lorsque son regard releva une présence pour le moins étonnante sur un toit proche.

Un chien allongé au bord d'une toiture, un sandwich dans la gueule. Voilà une chose peu commode pour ne pas dire carrément improbable.

Un pli apparut sur le front de Sho. Il savait que quelque chose ne tournait pas rond et qu'un détail échappait à la vision qu'il avait. Les chiens, quel que soit leur race, n'étaient pas vraiment coutumier des balades en hauteur. Les chats certainement plus, mais les chiens ... non, de souvenirs Sho n'avait jamais vu un chien se frayer un chemin sur un toit pour prendre son repas. Et puis comment un chien pouvait-il bien grimper jusqu'à cette hauteur ? Sho ne connaissait aucun chien pouvant faire preuve d'une telle agilité. C'était impossible. Si c'était impossible, alors la solution du casse-tête était forcément ailleurs.

Un kuchyose ? Sho ne pouvait pas vraiment le deviner. Il n'en avait jamais croisé un de sa vie mais il lui semblait que ces derniers ne se déplaçaient jamais sans leur possesseur. Peut-être était-ce le kuchyose d'un des gardes du Temple ? Mais cela n'expliquait pas pour autant pourquoi il se trouvait ici à grignoter en silence. Une autre solution résidait dans un Henge de très bonne facture. Mais qui pouvait bien s'amuser à se déguiser en chien pour déguster un sandwich ? Un voleur de sandwich ? Les shinobis gagnaient bien assez leur vie pour ne pas avoir à agir de la sorte.

Des deux solutions probables – quoi que toutes deux farfelues à son sens – Sho n'en retint aucune. Une voix lui murmura qu'il n'arriverait à aucune conclusion par l'observation. Aussi, reporta-t-il son regard vers l'horizon – échappant au regard que l'animal tourna vers lui en terminant son repas. S'il voulait comprendre, il lui fallait surprendre. C'était un vieil adage que le vieux Hondô lui avait enseigné.

SHO. C'est surprenant ... je croyais les chats mieux armés pour grimper sur les toits.

Sa voix était un ton plus haut que la normale à cause du vent chaud qui allait dans le sens contraire du chien.

SHO. Qui que vous soyez ...

La suite resta coincé dans sa gorge car Sho n'avait en réalité aucune idée de ce qui pourrait bien suivre.

Après tout, qui que soit la personne, la chose, ou le mystère qui se tenait à quelques pas de lui, elle n'avait montré jusqu'à maintenant aucune animosité. Alors que lui dire ? Si tant est qu'il/elle comprenne. Après quelques secondes de réflexion qui lui parurent bien plus longues, Sho conclut avec une certaine légèreté.

SHO. ... bon appétit.

L'instant était particulièrement cocasse. Sho en était bien conscient. Amusé par sa propre bêtise, il secoua la tête en gardant son regard droit devant lui et finit par croquer dans sa pomme tout en prenant une profonde inspiration.

En fin de compte, il n'y avait peut-être rien à comprendre. Les toits étaient habituellement le territoire des chats et des oiseaux mais un chien – ou une chienne d'ailleurs – avait réussi à entrer dans ce club très privé sous ses yeux. Soit la nature recelait de bien des mystères – ce dont il ne doutait pas – soit il avait complètement perdu la tête.

Sans le savoir, quelque chose semblait intensément pointer la deuxième solution.

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MessageSujet: Re: Dans l'Oeil d'Or   Mer 16 Déc - 3:01

Cet humain que la chienne regardait depuis quelques instants gardait son regard fixé sur l’horizon, semblant totalement ignorer Kinimo, si déjà il l’avait remarquée. Au final c’était peut être mieux ainsi… au moins elle pourrait finir de manger et repartir comme si de rien était. Et pourtant… malgré cette impression qu’il venait de donner à l’animal, l’homme lui adressa la parole, semblant presque se parler à lui-même.
La chienne se stoppa dans sa dégustation, relâchant légèrement son étreinte autour du demi-sandwich qu’elle tenait entre ses pattes avant : elle ne montrait aucun signe d’animosité, attendant sagement la fin des paroles de l’homme avant de lâcher ne serait-ce qu’un grognement en guise de réponse. Si le début était plus un constat qu’autre chose, la suite lui était clairement destiné. D’ailleurs l’humain coupa sa phrase en plein milieu, comme s’il venait d’oublier ce qu’il comptait dire : ou peut être ne l’avait-il jamais sut ? Quoi qu’il en soit, elle s’attendait à un quelconque reproche ou une question, bref n’importe quoi qui ferait suite à la remarque que l’homme venait de faire, mais non. Ce fut un simple « bon appétit » qui parvint jusqu’aux oreilles de l’animal. D’ailleurs son appétit, elle l’avait totalement oublié, et heureusement que le sandwich ne fut pas dans sa gueule en cet instant, car elle l’avait légèrement entrouverte après ces derniers mots, totalement déboussolée. Finalement, un sourire s’afficha sur ses babines que l’homme ne put malheureusement pas contempler : il ne semblait pas croire en ce qu’il venait de faire, secouant la tête avant d’entamer la pomme qu’il tenait dans sa main.

Voilà quelqu’un de tout à fait surprenant... Kinimo laissa le silence s’installer durant une petite minute, fixant l’humain d’un air joueur : au vu de sa réaction après sa prise de parole, il ne s’attendait sans doute pas à une réponse. Il aurait probablement la même réaction de surprise qu’elle venait d’avoir, à moins qu’il sache déjà ce qu’elle était, ce qui était peu probable. Kinimo répondit de sa douce voix féminine, laissant tranquillement le vent entrainer ses paroles jusqu’à l’homme :


Kinimo. - Merci, vous aussi.

Un faible petit rire se fit entendre puis elle retourna à son repas, arrachant à nouveau un morceau de pain au reste du sandwich d’un coup de crocs. Son regard également s’était détourné de l’humain, l’animal reportant toute son attention sur ce qu’elle tenait entre ses pattes : pourtant la chienne attendait clairement une réaction, sans quoi elle se serrait contentée de pousser un léger grognement en signe de remerciement. Ce type avait réussi à la remettre de bonne humeur, simplement en quelques mots : ce n’était pas réellement un exploit, Kinimo étant de ceux qui peuvent changer de comportement en un instant, simplement en fonction de la personne qui leur fait face. Mais elle l’appréciait dés la première impression, un bon point pour l’homme. Maintenant, cette impression serait-elle bonne ? Probablement, mais elle ne pouvait pas en être sûr, elle attendait donc patiemment que l’humain réagisse, le surveillant du coin de l’œil tout en avalant les derniers morceaux de pain qu’il restait du sandwich.

Kinimo était joueuse, c’était évident. De plus lorsqu’elle agissait ainsi avec des humains, elle oubliait facilement tout ce qui l’entourait pour se concentrer uniquement sur la discussion, si l’on peut appeler ainsi le court échange entre les deux êtres perchés sur leur toit. Certes le paysage était beau, mais elle aurait tout le temps de l’observer plus tard : seul le ciel gardait encore un minimum d’attirance pour le moment, la chienne levant de temps en temps son regard vers cette immensité bleue et nuageuse au dessus de leur tête, où elle pouvait apercevoir ce soleil qui brillait tout les jours pour elle et pour les autres habitants de cette terre. La chienne sentait également cet air pesant qui l’entourait, transpirant sous cette épaisse fourrure dont elle ne pouvait se défaire : certes elle n’abandonnerait pour rien au monde ce doux pelage qui, en plus de plaire aux humains, la protégeait du froid, mais elle enviait souvent ces êtres qui enlevaient simplement une couche de vêtements dés que la température montait un peu… bien que son corps s’adapte plus facilement aux différents climats qu’un corps humain. Mais en cet instant, elle se fichait bien de ce climat auquel elle n’avait jamais été habituée.

Lorsque la chienne n’eut plus rien à se mettre sous la dent, elle s’allongea entièrement là où elle se trouvait, posant délicatement sa tête sur ses deux pattes avants croisée. Ses yeux restèrent grand ouverts, se tournant légèrement en direction de l’homme à la chevelure hérissée qui occupait entièrement son esprit pour le moment : même si la chienne ne laissait rien paraitre, elle avait réellement envie de faire un peu connaissance. L'homme attendait sans doute également un nom, ou autre chose lui permettant de comprendre ce qu'il avait en face de lui, mais Kinimo se plaisait à faire durer les présentations...

MessageSujet: Re: Dans l'Oeil d'Or   Jeu 24 Déc - 13:36

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? Merci, vous aussi.

Il y a plusieurs manières de réagir dans ce genre de situation, plusieurs chemins à suivre pour arriver à un même résultat. Il y a les gens qui écarquillent les yeux, froncent les sourcils, ou encore poussent un cri de surprise, et se contente de vous regarder avec une expression plus crétine qu'autre chose. Il y a les gens qui lèvent les yeux au ciel en se disant qu'ils ont certainement rêvés et qu'il vaudrait mieux pour eux de penser à autre chose avant qu'ils ne sentent la folie les gagner. Il y a celles et ceux qui en réponse déclenchent une avalanche de questions pour dissiper leurs doutes. Qui êtes-vous ? D'où venez-vous ? Comment ça se fait que vous parliez ? Et tout un tas d'autres questions dont les réponses finissent toujours par être oubliées. Enfin, il y a les inconscients ; ceux qui ne portent pas plus attention à ce genre de détail qu'à l'annonce d'une invasion imminente. De tous ceux-là, Sho Nagoshi ne sentait pas plus proche d'un que d'un autre.

Surpris, il l'était, même si cela ne se lisait pas sur son visage. Un chien qui parle – une appellation décidément trop réductrice à ses yeux – ce n'était pas le genre d'individu qu'on avait l'habitude de croiser par ici. Il n'avait d'ailleurs pas mémoire d'avoir croisé un seul kuchyose de toute sa vie. Car il était désormais évident que cet animal ne pouvait être qu'un kuchyose. Évident ? ... pas tout à fait. Le monde dans lequel il vivait lui avait appris que même les choses impensables finissaient par prendre forme dans leur réalité. Il n'était donc pas à l'abri d'une nouvelle idée farfelue d'un savant fou ou d'une de ces expérimentations qui avait mal tourné.

Malgré toutes les hypothèses délirantes qui pouvaient lui venir à l'esprit, Sho se leva et décida de rejoindre l'animal sur son toit. D'une petite impulsion de chakra sous la plante de ses pieds, il enjamba les quelques mètres de vide qui le séparait de son étrange interlocuteur ... ou n'était-ce pas plutôt une interlocutrice ? Le vent avait quelque peu tapis la voix qui lui avait répondu, mais il lui avait semblé reconnaître le timbre de voix d'une femme plus que celui d'un homme. Dans le doute, il remit la réponse à plus tard. Il ne tarderait de toute façon pas à le découvrir si tout se déroulait comme il l'imaginait.

En s'approchant, il découvrit un chien différent en de nombreux points de ceux qu'on avait pour habitude de croiser dans les ruelles du village. Celui-ci possédait un pelage plus lumineux, des yeux plus expressifs, et une oreille gauche décorée d'une fleur et percée par un anneau. Un chien coquet ? Ce n'était pas vraiment évident à deviner, surtout quand on ne savait pas quoi penser de ce qui se trouvait sous ses yeux. Mais Sho pencha pour une chienne coquette à bien regarder ses yeux et son pelage particulièrement soigné.

SHO. Je doute être le premier homme que vous rencontrez, j'éviterai donc les questions déplacées sur ce que vous êtes.

L'eisei-nin courba très légèrement l'échine, tel qu'il l'aurait fait devant n'importe quel être humain. Puis il s'installa sur le bord du toit – exactement dans la même position que sur l'autre. Ses jambes pendant dans le vide, il porta sa pomme à moitié entamée jusqu'à sa bouche. En mâchant, il se remémora cette comptine que lui avait chantonné le vieux Hondô.


Il allait toujours seul
Sur les routes du bout du monde,
Il allait toujours seul
Sur les anciennes mers vagabondes,
Il allait toujours seul
Mais pas toujours,
Car même à la lumière
L'ombre le suivait,
Il allait toujours seul
Suivis de près par son fidèle Kuchyose.

Un sourire apparut sur son visage. Il ne savait pas pourquoi cette comptine lui était venue à l'esprit mais cela n'avait pas grande importance. Il tourna légèrement sa tête sur le côté et jeta un regard par-dessus son épaule en direction du chien ou de la chienne qui se trouvait là.

SHO. Si j'en crois ce que je vois, vous n'êtes pas d'ici. Le célèbre village des Nuages vous apparaît-il comme vous l'imaginiez ?

Sho surprenait toujours autant par cette approche que certain jugeait maladroite alors qu'il n'en était rien. L'eisei-nin aux cheveux rouge savait très bien ce qu'il faisait. Il n'avait jamais aimé les questions habituelles, les protocoles, et toutes les choses qui ne vivaient que d'une seule ligne directrice. Lui aimait parcourir les sentiers inexplorés et les chemins peu fréquentés. Il aimait s'adresser aux gens comme il le faisait en cet instant : simplement, sans fioritures, comme s'il les connaissait depuis assez de temps pour passer les habituelles " je m'appelle ... et vous ? " ; " d'où venez-vous ? " ; " je suis un chuunin instructeur et vous ? " ; ou encore le tristement célèbre " c'est une belle journée n'est-ce pas ? "

Chien, kuchyose, ou toute autre créature de ce monde, l'individu qu'il fixait du regard n'échapperait pas à ce procédé.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: Dans l'Oeil d'Or   Sam 26 Déc - 16:19

L’humain se rapprocha d’un bond, courba l’échine devant elle puis retourna s’asseoir au bord du toit juste devant la chienne. Cette dernière était à nouveau surprise de la façon d’agir de son interlocuteur : non seulement il se comportait de façon tout à fait respectable avec elle, mais en plus il ne se mettait pas à la harceler de questions la concernant. Kinimo appréciait cette attention, c’était peut être même la première fois que cela lui arrivait. Être questionnée sur ses origines était devenue une habitude depuis qu’elle avait commencé son voyage, bien qu’elle n’ait jamais vraiment aimé répondre à toutes ces interrogations répétitives.
La chienne se contenta d’acquiescer aux paroles de l’homme d’un léger signe de tête, un sourire bien visible sur son visage canin. Le silence s’installa un moment, le temps que l’humain croque dans la pomme qu’il tenait entre ses mains, puis il se mit finalement à questionner Kinimo à propos du village. Une fois encore la chienne resta un instant sans rien dire, un peu surprise par ce que demandait l'humain : il est vrai que personne ne lui avait posé cette question jusqu’ici, les gens étaient tellement absorbés par l’être qu’ils avaient devant eux qu’ils ne cherchaient même plus à savoir ce qu’elle pouvait penser d’eux ou de leur village. L’animal se redressa sur ses quatre pattes, secoua un peu son corps pour remettre en ordre quelques poils rebelles puis s’approcha du bord du toit où s’était installé l’humain : elle s’allongea juste à sa droite, puis répondit enfin à sa question.


Kinimo. - Difficile de se faire une idée du village avant d’y entrer, le peu de personnes auprès de qui je me suis renseignée ne connaissaient qu’au mieux l’emplacement approximatif de ce lieu…

Elle fit une courte pause, se rappelant tout le trajet qu’elle avait fait depuis son départ : visiter les trois villages cachés que sont Konoha, Kiri puis Kumo d’affilé avait été assez épuisant. Mais au moins maintenant elle savait où ils se trouvaient et à quoi ils ressemblaient.

Kinimo. - Mais simplement en me basant sur cette appellation du nuage, je m’attendais à quelque chose d’un peu plus différent des autres villages où je me suis rendu. Par contre je dois avouer que la vue est magnifique.

Surtout qu’ils se trouvaient en hauteur sur un toit, ainsi ils pouvaient avoir une vue d’ensemble du village et de ses alentours. Toutes ces montagnes et ces lacs qui s’étendaient sans fin devant eux étaient bien plus plaisants à observer que simplement une forêt entourant le village comme c’était le cas ailleurs. Kinimo laissa un moment son regard se balader au milieu des montagnes, à nouveau perdue dans ses pensées : l’homme à coté d’elle était totalement différent de ceux qu’elle avait croisés jusqu’ici… et il y avait une question qu’elle voulait absolument lui poser, en rapport avec une autre rencontre qu’elle avait faite dans un autre village :

Kinimo. - J’ai rarement vu quelqu’un se comporter comme vous avec moi… j’ai une question à vous poser à ce propos : pour vous, qu’es-ce qu’une invocation ?

Kinimo n’avait pas cherché à passer par quatre chemins, autant être franche et directe. Elle se demandait quel genre de réponse cet humain allait lui donner : elle s’attendait à plusieurs versions, mais étant donné comment il avait agit jusqu’ici, cette nouvelle réponse serait sans doute encore surprenante. En fait il n’y avait qu’un seul genre de réponse qu’elle n’aimerait pas entendre : exactement celle qu’on lui avait donnée la première fois. Depuis elle n’avait pas réessayé d’aborder le sujet avec un autre shinobi, jusqu’à aujourd’hui : la plupart d’entre eux devaient penser de la même façon, puisqu’après tout, c’est ce qui leur était enseigné durant leurs cours… l’invocation du shinobi protégeant son maitre jusqu’à la mort, voilà qui résumait ce que répondraient bon nombre de ninjas, sans autre lien entre le shinobi et le maitre que celui du combat, sans autre utilité à la bête que celle de combattre.

La chienne se mit à lécher une de ses pattes avant pour enlever quelques morceaux de pains qui restaient coincés entre ses poils. Elle ne cherchait pas à croiser le regard de l’humain tant qu’il n’avait pas répondu : on pouvait lire toutes les pensées de quelqu’un simplement en fixant ses yeux, et elle ne voulait pas influencer sa réponse. Elle avait parlé de façon tout à fait neutre, comme elle aurait pu demander l’heure qu’il était. De plus en la regardant on pourrait presque croire qu’elle ne s’intéressait pas à la réponse, et pourtant elle n’attendait que ça.

MessageSujet: Re: Dans l'Oeil d'Or   Dim 27 Déc - 13:28

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Plongé dans un silence modéré, Sho regarda la chienne se dresser sur ses quatre pattes, jouer avec son pelage, puis s'avancer dans sa direction pour finalement s'allonger à sa droite.

? Difficile de se faire une idée du village avant d’y entrer, le peu de personnes auprès de qui je me suis renseignée ne connaissaient qu’au mieux l’emplacement approximatif de ce lieu…

Cette réponse lui en apprenait plus que toutes celles qu'entraînaient les questions qui avaient cours habituellement entre deux inconnus. Un léger sourire au bout de ses lèvres, il acquiesça avant de reporter ses yeux vers l'horizon. Cette chienne avait décidément plus d'une corde à son arc. Elle avait vraisemblablement voyagé dans le vaste monde, peut-être même plus loin que Sho n'était jamais allé. Mais comme lui, elle avait soutiré des informations à droite et à gauche pour imager l'impensable avant de le découvrir de ses propres yeux.

Il était de nombreux pays que Sho n'avait jamais foulé, de nombreux villages cachés qu'il n'avait jamais visité. Le Pays de la Foudre, et Kumo, le Pays du Feu, et Konoha, voilà à quoi se cantonnait ses anciennes expéditions. Mais tôt ou tard ses pas le conduiraient encore plus loin vers les îles du Pays de l'Eau, les grandes vallées du Pays du Thé, les déserts du Pays du Vent, les falaises escarpées du Pays de la Terre ou encore la vieille cité du Pays de la Pluie. Cela n'était qu'une question de temps, même si rien ne le prédestinait à une destination en particulier. Il irait là où ses missions le conduiraient.

En pensant à cela, ses lèvres frémirent très légèrement.

? Mais simplement en me basant sur cette appellation du nuage, je m’attendais à quelque chose d’un peu plus différent des autres villages où je me suis rendu. Par contre je dois avouer que la vue est magnifique.

La réponse était sagement prononcée aux yeux de Sho. Lui-même avait imaginé un village de la feuille bien différent de celui qu'il avait fini par découvrir au cours du tournoi chuunin. Au final, il était tombé sur des structures proches de celles qu'on voyait par ici ; une organisation certes différente et un peuple différent, mais au final Konoha ne différait de Kumo que par son climat et sa position géographique. La nation du feu avait en effet privilégié l'établissement du village à l'orée d'une falaise et protégé par une grande forêt. La nation de la foudre avait quant à elle préféré le climat lourd et nuageux de ses hautes montagnes et la protection naturelle de ses imposantes barrières rocheuses. Le temps n'était peut être pas aussi clément qu'à Konoha mais il avait au moins le mérite de dissimuler naturellement le village aux yeux les plus indiscrets.

? J’ai rarement vu quelqu’un se comporter comme vous avec moi… j’ai une question à vous poser à ce propos : pour vous, qu’es-ce qu’une invocation ?

La question qui lui était posée dissipa brusquement la réflexion qu'il avait commencé à nourrir sur la protection des villages cachés. L'eisei-nin ramena ses yeux sur la chienne au moment où celle-ci se léchait les pattes. Pendant quelques secondes, il resta silencieux, se contentant de l'observer.

Finalement, il dirigea son regard vers le temple.

SHO. Je ne suis pas un expert en la matière ... mais comme vous me demandez mon avis, le voici.

Sho glissa sa main droite derrière sa nuque.

SHO. C'est un lien indéfectible entre deux âmes, une alliance entre deux entités que parfois tout oppose, une alchimie assurant le bien des deux parties qui décident de passer ce pacte. L'homme y trouve un allié et l'invocation y trouve un ami. Mais au final, l'allié et l'ami finissent toujours par ne faire qu'un. Ils deviennent indissociables. Voilà ce que je crois ...

Au terme de sa réponse, Sho ramena son regard sur la chienne. Était-elle une de ces célèbres créatures qui provenaient d'un sanctuaire caché ? Sho commençait à le croire. Mais si cela s'avérait exact alors où pouvait bien se trouver sa moitié, l'homme qui lui servait d'allié et d'ami ? Était-il en ville ? Quelque chose dans le regard et les manières de cette chienne lui laissait penser que non. Elle semblait seule ... tristement seule.

SHO. Par chez moi on dit que celui ou celle qui cherche une réponse finit toujours par la trouver s'il trouve la bonne question. Quelque chose me dit que vous cherchez encore cette question et que la réponse vous échappe depuis un temps.

Si cette chienne était bel et bien un kuchyose, tel qu'il le pensait, alors sa question sur les invocations soulevait un problème plus grand. Un problème que Sho cerna rapidement en partant du postulat qu'il avait émis plus tôt. Si cette chienne était un kuchyose, elle cherchait indéniablement à trouver le sens de son existence. Voilà pourquoi elle lui avait demandé son avis sur les invocations.

SHO. Qui que vous soyez, ce lien indéfectible vous relie forcément à quelqu'un, quelque part.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: Dans l'Oeil d'Or   Mer 30 Déc - 3:42

Lorsque l’homme se mit à répondre, Kinimo ferma les yeux : elle l’écouta silencieusement, sans un geste jusqu’au bout. Comme prévu, l’humain donnait une réponse assez particulière à laquelle l’animal n’avait jamais été confronté. Tout ce qu’il disait était très intéressant, et pouvait même se rapprocher de la vérité : c’était assez précis pour ne concerner que les invocations, et en même temps plutôt général, ne limitant pas l’invocation à une simple utilité guerrière. Un lien entre deux êtres… un allié, un ami… pour ne faire qu’un… le seul problème était que Kinimo ne se reconnaisse absolument pas dans tout ce qu’il venait de dire, puisqu’elle était seule depuis longtemps maintenant, mais il est vrai qu’elle était plutôt un cas particulier et ne pouvait donc pas le contredire sur ce point. Une fois qu’il eut fini, la chienne rouvrit les yeux, tournant son regard vers cet humain qui l’intriguait toujours plus à chacune de ses phrases :

Kinimo. - C’est une vision des choses assez intéressante, j’aimerais pouvoir y croire.

Elle resta assez vague, consciente que sa phrase pouvait ne pas être comprise par son interlocuteur : il lui avait parlé d’un lien qui reliait l’invocateur et son Kuchyose, si ce lien existait réellement, alors il persistait probablement après la mort… comme l’avait très bien expliqué cet homme, une invocation par définition se devait d’avoir quelqu’un avec elle, qu’elle le considère comme un maître ou un ami, qui soit présent pour lui dire quoi faire, pour lutter avec elle, pour qu’elle puisse l’assister… sans cette présence, Kinimo se sentait affreusement seule, à longueur de journée. Elle savait ce qu’elle devait faire, bien qu’elle ne sache pas vraiment comment s’y prendre, et pourtant il y avait comme un trou dans son existence… peut être l’invocation n’avait-elle pas été si bien réussie que voulue ? Peut être Kinimo ne pourrait-elle pas tenir sans son maître bien longtemps… même si tout avait été mis en œuvre pour qu’elle puisse continuer seule, peut être qu’un jour ce lien faiblirait, et elle repartirait d’où elle venait… d’ailleurs d’où venait-elle ? Puisqu’elle était née sur le sol de la sombre chambre froide où avait eut lieu l’invocation, elle n’avait aucune idée d’à quoi ressemblait cet endroit où les Kuchyoses passaient la majorité de leur temps. Kinimo reprit la parole, sentant que la tristesse s’emparait entièrement de son esprit : en parler ne pouvait être qu’une bonne chose, mais il est vrai qu’elle ne s’était jamais sentie aussi seule qu’à ce moment là… y penser durant un instant venait de lui rappeler tout ce temps qu’elle avait passé et qu’elle allait encore devoir endurer loin de celui qui lui avait permis de vivre.

Kinimo. - Malheureusement je ne reverrais jamais cette personne… et ce lien se contente de me le rappeler sans cesse.

Sans vraiment y penser, elle déposa sa tête sur l’une des jambes de l’humain, totalement absorbée par ses pensées. Le lien qui la reliait à son invocateur n’était pas si imaginaire qu’on pourrait le croire, elle le ressentait régulièrement, sous la forme d’une légère brulure au niveau de l’oreille qui ne demandait qu’à s’amplifier. Elle en souffrait peu, en de très rares occasions la douleur pouvait s’éveiller sans raison, mais généralement elle s’éveillait plutôt lorsque la chienne se blessait, comme si la moindre petite goutte de sang qu’elle perdait affaiblissait le lien qui la retenait sur ces terres : y penser était assez effrayant, mais depuis le temps Kinimo s’y était faite. Au début elle avait toujours cru qu’elle ne partirait pas tant que sa mission ne serait pas achevée, mais son but pouvait très bien se solder par un échec… sa mort par exemple, d’une façon ou d’une autre.
La chienne sortit enfin de ses pensées, se rappelant que l’humain venait de répondre à une de ses questions de façon tout à fait amicale : il risquait de s’en vouloir d’avoir ravivé quelques mauvais souvenirs de Kinimo aussi facilement… elle ne voulait pas non plus qu’il s’inquiète pour elle. La chienne soupira un instant, puis reprit sur un ton beaucoup plus assuré, cachant immédiatement la tristesse qu’elle pouvait ressentir :


Kinimo. - Désolé de vous ennuyer avec ces problèmes… vous devez avoir plusieurs questions qui vous intriguent et moi je vous bassine avec ça… il y a sans doute quelque chose que vous voudriez savoir non ?

Elle se sentait un peu gênée d’avoir étalé une partie de sa vie privée ainsi, surtout que ce n’était pas son genre. Mais au final elle était assez contente d’en avoir parlé à quelqu’un, et elle serait ravie de pouvoir l’aider en retour en répondant à ses questions. Mais que devait-il penser d’elle maintenant ? Surtout qu’elle venait de remarquer qu’inconsciemment elle avait agit comme l’aurait fait une véritable chienne, et bien qu’elle n’ait pas vraiment envie de bouger, sa gêne ne faisait qu’augmenter.

MessageSujet: Re: Dans l'Oeil d'Or   Mar 5 Jan - 18:14

¤,.°o°O Chapitre 10 : Les Prémisses du Changement O°o°.,¤
« Dans l'oeil d'or »
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Kumo semblait plus paisible que jamais. De là où il se trouvait, Sho pouvait voir chaque toit du village jusqu'au mur d'enceinte. Le quartier du temple était plongé dans un silence que seul les courants d'air, les pas et les discussions des passants, pouvaient troubler. Mais provenant de loin, il pouvait entendre le brouhaha qui commençait tout juste à secouer le centre-ville. Du haut de son toit, il voyait le village dans toute sa grandeur. Dire que des centaines de vies dépendaient d'un si petit nombre d'hommes et de femmes ... Dire que des centaines de vies pouvaient dépendre des choix que lui-même faisait ... cela semblait si surréaliste. Perché sur les toits du monde, l'homme avait toujours tendance à se poser les questions qu'il n'osait jamais se poser dans son quotidien. Seul, il laissait vagabonder son esprit en quête de réponse. Parfois, il ne faisait que trouver d'autres questions, plus complexes que les premières ; d'autrefois, il obtenait des réponses à des questions qui ne le préoccupaient pas outre mesure d'habitude. En cet instant, Sho se demandait quelle serait sa prochaine épreuve et quelle serait celle de la chienne qui se trouvait à ses côtés ?

N'obtenant d'autre réponse que le silence des lieux, il abaissa son regard sur la chienne au moment où celle-ci étendait sa tête sur sa jambe. Plus les minutes s'écoulaient, plus il s'attachait à connaître l'histoire de ce pauvre animal. Quelque chose, une force invisible, le poussait à s'interroger sur la raison de sa présence. Pourquoi avait-il bien pu croiser la route de cette chienne ? Pourquoi l'avait-on placé sur son chemin ? Si les réponses à ces questions restaient muettes, Sho ne perdait pas espoir. Étrangement d'ailleurs, il repensa à l'entrevu qu'il avait eu avec l'Intendant du village quelques jours plus tôt. Le rouleau d'invocation du village ... l'implication du Yondaime Raikage ... les kuchyose éparpillés à travers le monde ... Pourquoi pensait-il à tout ça ?

Soudainement, la réponse – aussi incertaine soit-elle – se matérialisa concrètement dans son esprit. Le Destin avait peut-être voulu que la chienne rencontre la seule personne – en dehors des autorités du village caché des Nuages – qui pouvait l'aider à comprendre le sens de sa vie, vu qu'elle était concrètement la seule et unique à avoir une connaissance plus poussée que la moyenne sur les kuchyose. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, Sho savait ce que la chienne devait trouver pour regagner sa liberté. Les yeux légèrement plissés, il fixa le petit animal allongé contre lui et dans un geste que lui-même ne commanda pas, il lui caressa le cou dans le sens du poil. Lui qui connaissait si peu de choses à la tendresse affective, il se servait pourtant d'un des plus vieux gestes de l'humanité pour exprimer son ressenti. La gêne n'habitait ni son coeur ni son visage.

? Désolé de vous ennuyer avec ces problèmes… vous devez avoir plusieurs questions qui vous intriguent et moi je vous bassine avec ça… il y a sans doute quelque chose que vous voudriez savoir non ?

Elle avait dit qu'elle ne pourrait plus jamais revoir la personne avec qui elle avait passé le pacte de sang. Peut-être n'avait-elle même pas connaissance de ce pacte ? Elle semblait juste être consciente du lien qui l'unissait à un esprit bien humain. Si ce lien lui était clair, alors il y avait fort à penser que si ce lien existait malgré la supposé disparition de l'homme avec qui elle avait pactisé, alors cela voulait dire que le rouleau d'invocation existait encore. Conscient de cela, Sho stoppa net ses caresses. Il ramena ensuite sa main contre sa bouche.

SHO. Des questions ? J'en ai de nombreuses qui me viennent à l'esprit, mais aucune à laquelle vous puissiez répondre. En revanche ...

Sho planta ses canines dans son pouce. Une goutte de sang gonfla à la surface de sa peau. Elle avait la couleur d'un rubis rougeoyant au soleil. Persuadé que ce qu'il s'apprêtait à faire ouvriraient bien des horizons à la chienne, il étala son pouce sur le sol, tout juste sous le nez de l'animal, lui faisant découvrir une ligne de sang pur. Seule, cette ligne ne voulait pas dire grand chose pour le commun des mortels, mais Sho était persuadé que cela réveillerait un souvenir dans l'esprit de l'animal – si tant est qu'il se souvienne.

SHO. Voici le lien le plus cher qu'un homme peut offrir à un individu : son sang. Maintenant, voici le lien qui scelle la vie du kuchyose à son possesseur.

Lentement, laissant tout d'abord le temps à une nouvelle goutte de sang de se former sur son pouce, Sho écrivit son nom en kanji de sang juste au-dessus du trait horizontal.

SHO. Si vous voulez vraiment connaître le lien qui unit un kuchyose à un homme alors vous devez retrouver le rouleau d'invocation imbibé de votre chakra et le pacte de sang que votre invocateur a conclu avec son propre sang dessus.

La clé était là. L'animal qu'il regardait était un kuchyose qui avait perdu son invocateur. Le lien subsistait et il subsisterait toujours tant qu'elle ne remettrait pas la patte sur son rouleau d'invocation. Ce n'est qu'en le retrouvant qu'elle redonnerait un sens à sa vie. Ce n'est qu'en le retrouvant qu'elle pourrait tourner un chapitre de son histoire et se lier à un autre individu si elle le décidait. Elle pourrait tout aussi préserver le rouleau, le mettre en sécurité, et devenir l'animal libre qu'elle ne semblait pas capable de devenir pour l'heure.

Une brise souffla sur le toit, portant avec elle les murmures du centre-ville. Un léger sourire aux lèvres, Sho passa une nouvelle fois sa main dans le pelage du canidé en se disant qu'il l'avait peut-être aidé à trouver la bonne question ; celle qu'elle devait se poser pour trouver la réponse qui lui manquait tant pour ne plus paraître si abattue.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: Dans l'Oeil d'Or   Mer 13 Jan - 1:36

Kinimo ferma les yeux, sentant que l’homme commençait à la caresser doucement au niveau du cou : elle était bien, la tête ainsi posée sur les genoux d’un humain compréhensif, réfléchissant à chacune des phrases qu’il lui avait dites jusqu’à maintenant. Un léger vent rafraichissant aurait été suffisant pour que la scène devienne parfaite et que la chienne se sente réellement à l’aise, malheureusement le climat ne le permettait pas, le souffle qu’elle sentait était toujours aussi chaud et lourd... Elle n’était pas chez elle, tout comme cet homme n’était pas son maître, si sympathique soit-il avec elle. D’ailleurs Hakai ne l’était pas non plus… Kinimo repensa à cet humain qu’elle avait rencontré à Konoha, à tout ce qu’il lui avait dit, et surtout à sa proposition : travailler pour le village avec lui en échange d’informations… malheureusement elle ne pourrait pas rester son toutou bien longtemps. S’il n’avait réussi jusqu’ici qu’à éveiller quelques doutes en Kinimo, les quelques phrases qu’ajouta l’humain aux cheveux rouges ne firent que confirmer ses pensées.

La chienne rouvrit les yeux lorsqu’il retira sa main, suivant son geste avec attention du début à la fin : l’homme ne se plaignait pas des questions de la chienne, au contraire il continuait à lui expliquer ce qu’il savait alors qu’elle lui laissait l’occasion de la questionner. Il alla jusqu’à se faire saigner pour elle, traçant une ligne de sang sur le sol devant elle : ce geste n’avait rien d’exceptionnel pour un Shinobi, c’était un passage nécessaire pour de nombreuses techniques, généralement d’invocations. Mais Kinimo fut tout de même touchée par la volonté qu’avait cet homme d’expliquer de façon la plus claire possible ce qu’il connaissait des invocations : elle sentait en lui le désir d’aider cet animal dont il ne connaissait finalement que peu de choses.


Kinimo. - Le pacte de sang…

Kinimo murmura ces mots sans vraiment vouloir les dire, fixant désormais l’inscription au coté de la ligne de sang que l’humain venait d’écrire : Sho… c’était sans doute son nom.
Elle avait vu cette marque à de nombreuses reprises dans ses recherches sans jamais vraiment s’attarder dessus : jusqu’ici elle avait toujours pensé que ce document n’était qu’un contrat entre l’invocation et son Kuchyose, une simple preuve de leur union et qu’il était représenté ainsi uniquement par habitude… et s’il y avait plus sous cette marque de sang ?
La chienne redressa la tête, approchant légèrement son museau du sol où Sho venait de dessiner le symbole : le sang encore frais semblait presque briller au soleil, ou peut être était-ce seulement un effet de son imagination ? Un reflet de cette illumination qu’elle venait d’avoir qui se propageait dans sa vision ? Elle resta un bon moment à fixer l’inscription ainsi, enjambant à moitié Sho pour s’en rapprocher au mieux : son museau touchait presque le sang, elle sentait l’odeur du liquide vitale s’engouffrer dans ses naseaux tandis qu’elle réfléchissait silencieusement à toutes les possibilités qu’elle pouvait imaginer simplement à partir de cette marque.

A cet instant, Kinimo zappa totalement l’humain à ses cotés qui venait de lui faire percuter ce qui était pourtant sous son nez tout ce temps. La chienne approcha une de ses pattes de sa gueule, plantant à son tour ses crocs dans un de ses coussinets jusqu’à permettre à son sang de s’échapper de son corps canin. Elle leva sa patte au dessus de l’inscription de Sho, laissant une goutte de sang tomber en plein milieu… puis deux… puis trois… formant un petit monticule de liquide sur la ligne droite. Elle se mit ensuite à dessiner d’autres traits autour de l’initial, retraçant à peu près les grandes lignes du parchemin qu’elle connaissait presque par cœur à force de l’avoir étudié. Elle finit par un cercle joignant les deux extrémités de la première ligne, puis releva légèrement sa patte avant de l’abattre brutalement au cœur de l’inscription ainsi modifiée, pile au niveau des trois gouttes de sang qu’elle avait préparées au début.

La chienne releva la tête dans la direction opposée à l’humain, fixant le ciel comme si elle espérait qu’une quelconque confirmation allait venir d’en haut. Il ne s’était rien passé, puisqu’évidemment ce dessin sous sa patte n’était pas un véritable pacte de sang… encore que si elle n’avait pas déjà été invoquée, elle aurait peut être été liée à Sho en le complétant ainsi… quoi qu’il en soit, Kinimo ratura l’inscription d’un coup de patte, la rendant totalement illisible. Elle se retourna à nouveau vers Sho, contournant l’humain pour se rasseoir de l’autre coté de ses jambes : elle reprit enfin conscience de sa présence tout en léchant sa patte blessée dont le dessous était totalement ensanglanté après avoir étalé son sang sur le toit. La chienne jeta un regard amusé à l’homme, reprenant l’air de rien la discussion où elle en était avant cette étrange interruption.


Kinimo. - Je ne compte pas me lancer dans la recherche de mon propre pacte de sang. Où qu’il soit, il est déjà suffisamment à l’abri, et je n’ai aucune intention de m’en libérer tant que je n’ai pas accomplit ce qui doit l’être.

La chienne se contenta de sourire après ses paroles puis s’approcha légèrement plus près de l’homme, frottant sa tête contre son torse pour le remercier de l’avoir aidé : même s’il n’avait probablement pas compris ce que la chienne venait de découvrir, l’animal venait de faire sa première véritable avancée depuis de longs mois, et elle la lui devait.

Kinimo. - Il parait que les chiens sont parmi les créatures les plus fidèles envers leur maître, quelle que soit la situation… je ne sais pas si c’est le destin, un choix de mon maître ou même un pure hasard qui nous a lié ensemble, mais ce n’est pas moi qui fausserait cette rumeur.

Elle rigolait tout en terminant sa phrase : son attitude avait changé du tout au tout. Son état à moitié dépressif de l’instant d’avant s’était comme envolé, voila qu’elle était toute joyeuse maintenant… Sho c’est bien cela ? Elle se souviendrait de ce nom… comment pourrait-elle lui rendre ce petit coup de pouce qu’il venait de lui rendre ? L’humain n’avait qu’à demander, elle pouvait sans doute faire quelque chose pour lui. Et dans le pire des cas, elle avait une assez bonne mémoire pour s’en souvenir…

MessageSujet: Re: Dans l'Oeil d'Or   Ven 15 Jan - 3:06

¤,.°o°O Chapitre 10 : Les Prémisses du Changement O°o°.,¤
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? – Le pacte de sang ...

Les yeux couleur ambre suivirent la chienne. Elle humecta le sang encore frais en silence, l'analysa, puis s'en écarta momentanément pour se blesser superficiellement. Son sang, légèrement plus carmin, tomba goutte à goutte sur le sol. Elle se mit alors à dessiner des formes qui attisèrent la curiosité de Sho.

Les lignes se mêlaient aux cercles, les cercles aux symboles, et les symboles aux signes pour former un enchevêtrement complexe qu'il était incapable d'identifier. Il avait peut-être connaissance des procédés, mais il n'avait jamais eu un rouleau d'invocation entre les mains pour savoir que cet enchevêtrement en était bien une esquisse.

Finalement, la chienne s'arrêta pour contempler le ciel. Sho resta terré dans son silence, la laissant suivre le digne cheminement de ses pensées. Quand d'un coup de patte, elle fit tout disparaître. Absolument tout.

Là où se trouvait quelques instants plus tôt une magnifique frise, jonchait désormais des traces de sang raturées. Bien qu'il ne comprenait pas cette réaction soudaine, l'eisei-nin se préserva de faire la moindre remarque. La chienne devait avoir de bonnes raisons. Cela lui suffisait amplement.

Elle revint s'asseoir près de lui comme si de rien était pour panser la plaie qu'elle s'était volontairement infligée. Il l'observa pendant plusieurs secondes sans rien dire. Ce petit être lui semblait si différent du reste. Il ne savait pas si c'était de l'affection qu'il ressentait à son égard ou bien un profond respect. Mais ce dont il était persuadé, c'est qu'il garderait en mémoire cette rencontre probablement jusqu'à la fin de ses jours.

Un sourire fit son apparition sur son visage.

Sho – Jinsei Noshi

La main tendue vers la patte de l'animal, il soigna sa blessure d'une seule caresse de chakra. La chienne le regarda, une lueur pétillante dans le regard.

? – Je ne compte pas me lancer dans la recherche de mon propre pacte de sang. Où qu’il soit, il est déjà suffisamment à l’abri, et je n’ai aucune intention de m’en libérer tant que je n’ai pas accompli ce qui doit l’être.

Sho n'avait peut-être pas tous les éléments en sa possession pour comprendre avec exactitude ce qui venait d'être dit, mais il savait qu'elle faisait le bon choix. Il le savait car la certitude se lisait dans son regard pétillant. Elle savait exactement où elle allait. Ce qui semblait être encore loin d'être le cas quelques minutes plus tôt. Au final, peut-être avait-il vraiment réussi à l'aider ?

Un sourire plus prononcé, incontrôlé, le saisit au moment où la chienne frotta sa tête contre son torse. Sûrement était-ce là sa manière de le remercier.

? – Il parait que les chiens sont parmi les créatures les plus fidèles envers leur maître, quelle que soit la situation… je ne sais pas si c’est le destin, un choix de mon maître ou même un pur hasard qui nous a lié ensemble, mais ce n’est pas moi qui fausserait cette rumeur.

Sho apposa sa main sur son encolure pour la caresser. Son sourire se transforma pour laisser échapper un petit rire soutenu. Peut-être avait-elle raison, peut-être le destin avait souhaité qu'ils se rencontrent sur ce toit dans un but bien précis ? Lequel ? Il était fort probable qu'ils ne le découvrent que bien des jours, des mois, voir des années plus tard. Mais en attendant cette date fatidique, Sho se sentit heureux de compter une nouvelle amie à l'intérieur de son cercle.

Le bon sens disait qu'il ne connaissait rien de cet animal mais l'eisei-nin n'y portait aucune attention. Il était persuadé qu'il y avait une raison à tout, même dans la voie qu'il avait décidé de suivre.

Depuis la nuit des temps, des générations de ninjas s'élevaient et retombaient ... s'élevaient et retombaient ... mais toutes ces générations avaient préservés des liens indéfectibles entre elles. Des liens qui se transmettaient encore aujourd'hui sous l'aspect de valeurs et de devoirs. Son devoir, aujourd'hui, avait été de marcher vers cette chienne et d'entamer une discussion avec elle. Sa valeur, aujourd'hui, avait été de l'aider en parfait inconnu qu'il était. Il n'y avait aucune raison explicable à cela. Ils avaient agis par instinct, sans se préoccuper des a priori.

C'était l'essentiel.

Sho – Il paraît que l'homme sait reconnaître la valeur d'un chien au premier regard qu'il lui porte. Mon regard me dit que nous serons amenés à nous revoir de nombreuses fois malgré la distance qui sépare nos chemins respectifs. C'est peut-être ce que les sages appellent l'amitié ?

Il tapota délicatement la tête de l'animal avant de lui caresser le dos une dernière fois. Le sourire aux lèvres, il se redressa doucement et lui annonça.

Sho – Pour toi, je serais Sho Nagoshi, ton ami des Nuages.

Le tutoiement. Un dernier pas pour sceller une grande amitié.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

MessageSujet: Re: Dans l'Oeil d'Or   Sam 16 Jan - 6:39

Sho… Sho Nagoshi… ce nom résonnait dans l’esprit de Kinimo comme un doux carillon annonçant la naissance de quelque chose : le début d’une véritable amitié. Un sourire était visible sur chacun de leurs visages, ils avaient même laissé échapper quelques rires : la chienne ne s’était pas sentit aussi bien depuis un long moment, elle pouvait remercier Sho du fond du cœur. Elle repartirait vers Konoha le cœur léger, son objectif bien en tête. Dire qu’elle avait failli rater cette rencontre… si par malheur elle n’avait pas suivi son instinct jusqu’au bout, si pendant une seule seconde elle avait douté de ce que lui dictait son cœur, elle serait probablement encore en train de se morfondre sur son sort. L’homme fini de parler en tutoyant Kinimo : le regard de la chienne sembla briller en cet instant, et en elle, elle savait qu’un jour ils se recroiseraient.

Kinimo. - Je reviendrais te voir, mon ami. Tu pourras m’appeler Kinimo, comme l’a choisi mon invocateur à ma naissance…

Sa voix était douce et calme, le respect et l’amitié qu’elle éprouvait pour l’humain pouvaient se sentir simplement à sa façon de parler. Elle eut une rapide pensée pour son maître défunt, puis frotta une dernière fois sa tête contre la jambe de l’humain avant de replonger son regard dans ce paysage qui s’étendait devant eux. Elle se remit à lécher sa patte, jetant un bref coup d’œil à la plaie : elle était totalement guérie, il n’y avait même plus de marque de blessure. Cet homme était donc un soigneur parmi les siens ? Une chose de plus qu’elle pouvait apprécier chez lui.
Elle espérait le revoir... Non, elle voulait le revoir. Si le hasard ne la ramenait pas ici d’une façon où d’une autre, elle reviendrait de sa propre volonté.

La certitude pouvait se lire dans ses yeux : elle avait suffisamment réfléchit désormais, elle était enfin sûre d’elle. Travailler pour un village caché pendant quelques temps en espérant par la suite recueillir des informations était une bonne chose, mais ce ne devait pas être son seul et unique objectif. Elle allait accepter de travailler avec Hakai, de s’entrainer avec lui, par contre… ses diverses sorties ne seraient pas si occasionnelles que prévues. Un jour… une semaine… un mois… elle prendrait à chaque fois le temps qu’il faudra, puis elle reviendrait vers l’humain pour travailler dans le village. C’était ainsi que les choses devaient se faire, peu importe que cela prenne plus de temps : c’était bien la seule chose qu’elle avait, du temps. Elle avait été invoquée pour ça, pour gagner quelques années, pour que les recherches de Kiel durent pendant une vie encore, la sienne. Et si Hakai refusait, elle trouverait quelqu’un d’autre pour l’accompagner dans ses missions, peu importait.

Elle se tourna une dernière fois vers Sho avant de le laisser partir, imprégnant bien l’image de son ami dans sa mémoire pour être sûre de ne jamais l’oublier. Elle retenait également son odeur, pourtant plutôt commune : mais elle lui semblait différente… sans doute était-ce le parfum de l’amitié qu’elle pouvait flairer ? Quoi qu’il en soit, si Kinimo décidait un jour de réellement partir à la recherche de Sho, elle le trouverait sans grande difficulté pour peu qu’il soit toujours dans cette ville.


Kinimo. - Je vais rester là encore un peu, pour profiter une dernière fois de cette vue avant de repartir…

En vérité, elle n’était pas pressée de rentrer. Il le fallait, elle n’avait rien à gagner en restant à Kumo : d’ailleurs sitôt que Sho se serait éloigné, elle sentirait à nouveau cet air lourd qu’elle avait presque oublié. Mais elle aurait voulu que cet instant dure plus longtemps, ou que son ami reste avec elle… Hélas les choses sont rarement comme on désirerait qu’elles soient. La chienne leva la tête vers le ciel, laissant le soleil se refléter dans son regard, puis elle ouvrit la bouche pour prononcer un unique mot de façon presque inaudible, comme un murmure qu’elle laissait se faire porter par le vent :

Kinimo. - Merci…

Sho était sans doute déjà partit, d’ailleurs ce doux mot ne lui était pas réservé qu’à lui : elle remerciait également Kiel, cet homme qui lui avait permit de vivre, et sans qui rien de tout ceci ne serait arrivé. Elle l’imaginait là-haut, l’observant à chaque instant dans l’espoir qu’un jour enfin elle réalise son rêve.

Kinimo regarda par la suite cette marque au sol qu’elle avait dessinée puis rayée : il faudrait qu’elle pousse sa réflexion plus loin, elle était sur une piste. Bien sûr la vérité mettrait encore longtemps avant d’apparaitre sous ses yeux, mais chaque petit pas qu’elle faisait était déjà une satisfaction.

Enfin la chienne se redressa, secouant son corps pour remettre son doux pelage en ordre : il était temps de partir. Un dernier regard sur Kumo un ultime sourire, puis la chienne disparue d’un bond au milieu de la foule des habitants de Kumo, se dirigeant vers les portes du village.


[topic terminé]

MessageSujet: Re: Dans l'Oeil d'Or   Sam 16 Jan - 13:38



    Sho : + 69 XP ( bonus chuunin inclus )
    Kinimo : + 69 XP ( bonus voyageur compétent inclus )


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MessageSujet: Re: Dans l'Oeil d'Or   

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