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 Puissances

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MessageSujet: Puissances   Mar 22 Déc - 0:58

Le rapport sur Daiki Ekon était si mortellement ennuyeux qu’Akogare parvint à trouver sa plaisanterie de bon goût.

Il fallait tout de même être incroyablement mauvais pour se laisser piéger par des chasseurs de prime à la petite semaine. Konoha avait jugé bon d’autoriser deux Chuunin isolés, qui n’avaient pas l’habitude de travailler ensemble et qui, selon le rapport, ne se connaissait même pas, dans une mission pour le moins dangereuse. Le bon chiffre pour ce type de mission est quatre, avec un chef pour prendre les bonnes décisions, voire trois. Jusque là, on pouvait s’autoriser un certain amateurisme, parce qu’on avait le nombre pour soi. Mais si on partait seul ou à deux, il fallait absolument être bon, d’une part, et savoir avec qui on travaille d’autre part.

Akogare n’aurait jamais l’idée d’accepter un contrat de rang A sans quelqu’un qu’il connaissait parfaitement, ou sans connaître précisément la puissance de son partenaire et les risques de la mission. Ce n’était pas exactement comme s’ils allaient chercher des champignons.

Il n’avait pas de précisions, juste un rapport préliminaire de Kumo qui signalait le décès de Daiki et l’état relatif d’une dénommée Uchiha Taka, qui s’était présentée à leurs portes et avait séjourné à Kumo un certain temps pour récupérer. Kumo avait eu l’amabilité de ne pas préciser que la perte de Daiki leur était préjudiciable et que Konoha était tout à fait fautif dans cette histoire. Il indiquait simplement l’intervention d’une équipe de chasseurs de prime supposés, qui avaient pour mission de tuer Daiki. S’ils n’avaient pas tué Taka ni l’autre crétin qui était rentré seul à Konoha sans se dire que son équipière pouvait avoir besoin de lui - l’importance des liens dans une équipe, l’importance des liens… ce n’était pas qu’une idée romantique, mais une vraie mesure de prudence - et qu’il pouvait tout aussi bien tomber dans une nouvelle embuscade puisqu’ils n’avaient pas gagné leur combat.

Si on permettait aux crétins de devenir Chuunin et qu’on les autorisait à participer à des missions, il n’y avait pas à dire, Konoha était bien parti pour resplendir aux côtés de Taki ou de Kusa…

Il rangea le papier et s’étira sur sa chaise. Il fallait un peu de discipline chez ces petits. Akogare avait remarqué qu’ils pensaient souvent que leur grade, Chuunin, était déjà une marque de qualité. Que dalle. Il pouvait en manger dix comme eux sans suer. Parce qu’ils manquaient… de discipline. L’expérience était une donnée négligeable quand on était disciplinée et elle s’acquérait plus vite qu’on ne pouvait le croire. Comme si être Chuunin autorisait à être imbu de sa propre force… il fallait vraiment n’avoir combattu que des petites têtes pour s’imaginer ça.

Akogare quitta sa chaise et alla à la fenêtre de son appartement, son masque des forces spéciales entre les mains. Le loup bleu… Taka était rentrée depuis peu, Akogare lui avait fait porter une lettre pour la recevoir, en sa qualité de chef de la sécurité de Konoha ou, pour reprendre la terminologie de Keira, capitaine des forces spéciales. Il savait seulement que cela lui permettait de faire beaucoup de choses parfois plus ou moins légales, parce qu’un Village Caché ne reculait devant rien pour assurer sa sécurité. Après tout, sa sécurité représente celle de tout un pays et il était de coutume, ces temps-ci, d’infiltrer de petits rats dans son sein.

Tout cela rejoignait une autre idée qu’il avait en tête, mais cela viendrait plus tard. Il n’avait pas laissé d’adresse à laquelle répondre parce qu’il n’attendait pas de réponse - ce n’était pas comme si elle pouvait dire que non, elle avait mieux à faire pour occuper sa journée - et avait fixé le rendez-vous à seize heures dans la section dédiée aux forces spéciales, près des portes principales du village. Il était quinze heures et il allait doucement se préparer.

Akogare poursuivait un objectif très simple. S’il avait les noms de ceux qui avait tué Daiki, il pourrait proposer à Ten un petit extra. Il ne leur faudrait pas longtemps pour les retrouver s’il s’agissait bien de chasseurs de primes. Quand on cherche de l’argent, on va toujours là où il y en a et on laisse toujours derrière soit des gens de bonne mémoire et faciles à convaincre. Quelle abominable prétention de s’attaquer à un Village Caché ou à ses représentants et imaginer un instant pouvoir y échapper. Malheureusement, Akogare n’était pas de ceux qui pouvaient laisser ce genre d’agissement libre de toute condamnation. S’ils se sont permis d’attaquer Konoha, ils ont peut-être un soutien, peut-être un lien avec Kakumei ou n’importe quoi, auquel cas cela se révélerait doublement intéressants. Dans le cas contraire, il s’agissait seulement de petits imbéciles imbus de leur puissance. Un peu comme certains Chuunin de ce village…

Akogare quitta son appartement et se dirigea tranquillement vers les portes du village. Ten n’était toujours pas rentrée de mission et elle était en retard de deux jours sur les prévisions établies. La règle admise était de dire qu’à partir de cinq jours de retard sur les prévisions, c’était que quelque chose s’était mal passé et on pouvait alors envisager d’envoyer une seconde équipe de récupération. Cinq jours. C’était énorme, mais Konoha partait du principe que si quelque chose s’était effectivement mal déroulé, il ne fallait pas s’attendre à avoir des survivants et les morts ont tout leur temps. Mais justement, être capitaine des forces spéciales lui permettait d’influer là-dessus aussi. Toutefois Akogare irait seul, en tant qu’Oi-nin, pour que Ten ne l’accuse pas d’être très excessif si elle était toujours bien portante.

Il adorait avoir autant de rôles différents à assumer. Il y en avait toujours un pour le dépanner.

La section des forces spéciales n’était pas cachée, loin de là, il était sur l’aile gauche de la porte, une sorte de tour accolée au mur d’enceinte. Elle n’était pas cachée parce qu’il s’agissait d’un bureau de paperasses, qui ne gérait ni la prison, ni les interventions d’urgence, ni les informations capitales pour la sécurité du village. Toutes ces sections étaient à l’abri des yeux indiscrets. C’était certainement le bureau le plus ennuyeux du village et en général, il n’y avait qu’une à deux personnes pour s’en occuper et toujours des shinobi qui revenaient de missions et qui se reposaient avant une vraie pause. Comme il s’y attendait, il n’y avait qu’un homme derrière un large bureau, le nez plongé dans un rapport. Il leva les yeux et se leva précipitamment, son masque de serpent sur le visage.

[Akogare] - Bonjour serpent…

[Serpent] - Bonjour, Akogare-sama. Votre rendez-vous n’est pas encore là.

Tant mieux, Akogare n’aimait pas les gens en avance. Ni en retard, par ailleurs. Le serpent se rassit, son papier à plat sur la table. Le Hyuuga connaissait son nom, mais ils avaient l’interdiction de le prononcer - à juste titre. Akogare, malheureusement, était de toute façon reconnu même avec son masque.

[Akogare] - Est-ce que tu as des nouvelles de ma partenaire ?

[Serpent] - Non, aucune.

Akogare acquiesça et prit sur lui pour ne pas se montrer déçu. Il avait tout simplement horreur de savoir Ten loin de lui, dans une mission dangereuse, avec d’autres personnes que lui pour l’épauler. Ce n’était tout bonnement pas normal. Ils avaient toujours travaillé ensemble et plus d’une fois, Akogare avait repoussé ses limites pour que Ten ne soit pas blessée. Et plus d’une fois, Ten avait repoussée ses limites pour qu’Akogare ne soit pas blessé. Ce n’était pas un lien qui s’oubliait facilement et Keira commençait à sérieusement l’emmerder à réquisitionner Ten pour des missions de ce type. Il ne savait pas ce qu’elle voulait prouver mais cela allait cesser très bientôt.

Le Juunin s’assit derrière un bureau, étouffa un bâillement et attrapa un livre qui détaillait à grand renfort de schémas des sceaux ninjas.

Peu avant seize heures, la porte s’ouvrit à une jeune femme - Taka, Akogare la reconnaissait, il s’était quand même assuré qu’elle soit jolie avant de prendre de son temps pour un entretien privé… si elle avait été moche, il lui aurait seulement demandé de faire son rapport au brave serpent qui n’avait de toute façon rien de mieux à faire. Akogare lui fit un signe de tête, se leva et lui serra la main - d’habitude il faisait la bise aux jolies jeunes femmes, mais il se doutait que dans la situation présente cela ne s’y prêtait pas forcément. Cette histoire de rôles n’avait pas que de bons côtés.

[Akogare] - Bonjour Uchiha Taka. Asseyez-vous. Je suis Hyuuga Akogare, et je souhaiterais un rapport détaillé de votre dernière mission, BK002.

MessageSujet: Re: Puissances   Mar 22 Déc - 5:06

La légende serait humaine?
Elle venait de passer la porte de la maison. Personne ne l'attendait, de toute façon, personne ne lui aurait prêté de regard qui puisse suffisamment l'intéresser. La jeune fille s'avança de quelques pas vers le centre de la pièce lorsqu'elle posa ses yeux sur un papier qui lui semblait adressé. Elle leva la tête pour regarder autour d'elle... Aucun doute, c'était pour elle. D'un pas prudent, comme s'il avait s'agit d'un piège, elle s'approcha pour se saisir du document. Ses mains gantées extirpèrent le bout de papier pour le déplier sous ses yeux qui ne tardèrent à se plisser. Ce ne fut qu'après quelques secondes qu'elle réalisa de quoi il retournait. Aucune certitude cependant, elle ne pouvait exprimer que des doutes, mais lorsque les forces spéciales s'adressaient directement à quelqu'un, il ne fallait pas être stupide pour avoir connaissance d'un ou deux sujets épineux.
Le corps de la Kunoichi manqua de se raidir alors qu'elle jetait la lettre sur la table pour s'en aller dans sa chambre. Un bref coup d'œil à l'heure qu'il était lui indiqua qu'elle avait encore le temps d'éliminer toute cette mauvaise impression qui la dérangeait depuis quelques temps déjà. Taka saisit des vêtements et se dirigea vers la salle de bain. Il ne s'agissait pas de se faire belle, loin de là, mais bien de se présenter de façon respectable. Or, le temps de ce jour, l'avait rendue poisseuse et les moments qu'elle venait de vivre ne lui donnait pas le luxe d'une apparence irréprochable, et c'était bien là la seule chose qu'elle pouvait présenter de bien. La jeune fille pénétra dans la salle de bain et se jeta sous des trombes d'eau. En quelques minutes seulement, elle se trouvait fin prête, dans de nouveaux vêtement, identiques aux anciens par leur esthétique mais, néanmoins, beaucoup plus propres. Elle repassa par sa chambre, la chevelure encore mouillée, où elle vérifia une fois de plus l'heure. Avec vivacité elle attrapa une brosse et travailla sommairement ses cheveux raides et d'un noir de jais qui n'avaient jamais demandé beaucoup de travail pour être coiffés. La jeune fille se passa rapidement la main sur les mèches antérieures et attrapa une paire de gants propres qui était posée là sur le bord d'une étagère. Elle fonça dans le séjour, attrapa la lettre qu'elle rangea et sortit... Il lui restait quarante minutes pour se présenter aux portes.
Une fois dehors, elle entama sa route en marchant à bonne allure. Terminant d'enfiler ses gants, elle ne pouvait s'empêcher de laisser son esprit fulminer quant aux possibilités à venir dans les minutes qui suivaient. Il était vrai que depuis qu'elle était rentrée, elle n'avait pas daigné se présenter aux bureaux des forces spéciales pour déposer un signalement de ses agresseurs... Elle aurait du le faire dès son arrivée, sans même prendre le temps d'aller se balader ici et là, de discuter avec tel ou tel inconnu. Encore une fois, elle avait merdé mais heureusement que les autorités la rattrapaient. Alors que son pas s'accélérait et qu'elle sentait monter une certaine pression, elle s'efforçait de rassembler tous les souvenirs qu'elle avait gardés du voyage aller jusqu'à Kumo. Du moins tout ce qui pouvait intéresser les autres ninjas. Elle en arriva finalement à courir, gagnant les toits où la route serait surement plus dégagée que dans les rues. Se faisant, elle fonça directement vers la porte du village où le rendez vous avait été fixé. Il lui fallut une bonne trentaine de minutes avant d'arriver au pied du bâtiment qu'elle regarda sans se mouvoir. Quelque chose la paralysait... ce n'était pas cet endroit, ni cette pression qui ne cessait de grandir et qui déjà l'avait essoufflée. Pourtant, elle n'avait fait que courir... Non, le plus gênant restait nécessairement ce qu'elle trouverait dans le bureau où l'on l'avait convoquée.
La jeune fille leva ses yeux sur la tour, allant jusqu'à son toit. Finalement, elle se mit à avancer tout en frottant ses doigts les uns contre les autres en signe de nervosité. Arrivée devant la porte du bâtiment, elle souffla un grand coup et balaya tous les gestes parasites, toutes les mimiques qui pouvaient trahir son état d'esprit. Elle accéda au vestibule d'entrée puis se dirigea vers une porte derrière laquelle devaient inévitablement se trouver les bureaux. Doucement, elle posa sa main sur la poignée et la fit pivoter. La porte tourna sur ses gonds et elle entra dans le bureau en s'excusant de le faire de la sorte. Quand ses yeux se posèrent droit devant elle, elle eût du mal à cesser de ciller... C'était sûrement la pire des situations possibles. Elle ne prit même pas le temps de regarder plus longtemps qu'elle ferma derrière elle et se redressa pour se mettre dans une position fort similaire à un garde à vous. Son visage s'était figé dans quelque chose de... très neutre, l'étonnant elle même, alors que ses yeux visaient droit devant. L'homme lui fit un signe de tête avant de s'approcher et de lui tendre la main. Sans comprendre, elle baissa un peu les yeux sur le membre d'Akogare et finit par l'empoigner légèrement et avec hésitation. Leur poignée de main se rompit rapidement et il lui fit signe de s'installer sur une chaise.
La jeune fille semblait nettement perdue. Elle ne comprenait pas quelles méthodes utilisait l'homme, elle ne comprenait pas pourquoi on avait laissé les formules disciplinaires au placard... en fait, elle n'avait presque pas l'impression d'être un soldat au rapport devant l'un des plus hauts supérieurs qu'elle pouvait côtoyer. Et encore, c'était beaucoup dire car elle n'avait jamais imaginé qu'un jour elle aurait à faire un rapport à un ninja comme celui qui se tenait devant elle. Elle osa finalement jeter un bref coup d'oeil à ce dernier, s'arrêtant, comme la majorité des gens sûrement, sur ces deux yeux blancs qui pointaient au milieu de son visage. Par souci de représailles, ou de respect, elle ne le dévisagea pas, et redressa rapidement se champ de vision, picorant les petits détails qu'elle pouvaient apercevoir, chaque fois qu'elle s'autorisait à nouveau à affaisser son regard. Elle déclina l'offre qu'on lui faisait, restant dans une position très droite, campée sur ses deux jambes.
Taka – Je... Je ne sais pas vraiment par où commencer, Hyuuga-sama. Je dirais... Qu'on est parti avec un plan qui n'était pas parfait, mais pas non plus minable. Nous avions échangé des informations juste avant le départ quant à nos styles de combat et nous avons décidé comme ça de qui ouvrirait la route et qui se chargerait de la protection rapprochées du sujet. Elle marqua un petit temps pour se remémorer exactement le déroulement des faits, profitant de cet instant pour trouver une position un peu moins dérangeante mais toujours aussi formelle. C'est comme ça que l'on a décidé que je devais être affectée à cette tâche tandis que mon partenaire s'occupait d'ouvrir la route.
Taka – Il n'y avait pas plus d'une trentaine de mètres d'écart entre nous, c'était suffisant pour avoir une longueur d'avance si Riku se faisait attaquer mais aussi pour qu'il puisse intervenir rapidement au cas où on nous attaquait par l'arrière. Nous avons progressé comme ça toute la première journée... Au soir tombé nous avons trouvé un terrain couvert de végétation offrant une certaine discrétion et permettant de nous reposer dans des conditions plutôt confortables. Nous voulions accumuler le moins de fatigue possible...
Elle marqua un autre temps. Le récit s'avérait long vu sous cet angle. Aussi, elle se demandait si elle ne devait pas laisser des petits moments pour qu'il puisse intervenir. Ceci dit, il pouvait toujours la couper comme il le voulait, elle ne représentait qu'un petit soldat devant lequel il pouvait n'avoir aucune gêne. Les yeux de la jeunes filles se posèrent sur Akogare, semblant interroger sur le fait qu'elle poursuive ou non. Elle avait beau essayer de prendre sur elle... se retrouver face à lui ne la rendait pas tout à fait a l'aise. Après tout... c'était un commandant voire un homme d'une plus grande trempe encore.



Age: 20ans | Taille: 1m67 | Poids: 60,2kg | Résidence: Konoha | Grade: Chuunin | Matricule: 000Z135R38T | Statut: Célibataire

~ Registre des missions ~
D:0/0 | C:2/0 | B:0/1 | A:0/0

~ Assassinats ~
Aucun


Dernière édition par Uchiha Taka le Lun 28 Déc - 1:52, édité 2 fois

MessageSujet: Re: Puissances   Mar 22 Déc - 14:17

Akogare tiqua au « Hyuuga-sama » mais ne fit aucune remarque. Il n’aimait pas du tout qu’on l’appelle par son patronyme, pourtant la majorité des gens estimaient que c’était une sorte de marque de distinction. Il n’y avait pas grand-chose de distinctif à se faire appeler Hyuuga. D’autant plus que c’était ainsi que l’apostrophaient ses ennemis lorsqu’ils apercevaient ses yeux, quelque chose de très neutre. A la limite, il préférait encore qu’on l’appelle Ako, bien que pour des inconnus c’était un peu familier, voire Koko. Mais cela, il n’y avait qu’une sordide Juunin de Konoha aux longs cheveux roses qui se le permettait et Akogare limitait ses interactions avec elle. En partie à cause de ce nom ridicule.

Son regard ne quittait pas celui de Taka, même lorsque celle-ci le détournait. Elle était nerveuse, même si sa voix ne le laissait pas particulièrement transparaître. A quoi s’attendait-elle exactement ? Une fessée ? Ce n’était pas son rôle. Même si l’image pouvait être séduisante, Akogare ne se serait pas déplacé pour si peu - bien d’autres personnes pouvaient s’en charger mieux que lui, des gens qui aimaient crier. Son rôle était strictement de savoir qui était le petit crétin qui s’était imaginé, un bref instant, être de taille à contrarier Konoha, même de peu. Du moins, c’était là sa raison principale pour être ici. Il lui semblait évident que, d'une façon ou d'une autre, Taka savait déjà qu'elle avait échoué quelque part. Il n'était pas nécessaire de la mettre devant ce fait, si ce n'est pour éprouver un vague plaisir sadique à se sentir parfaitement maître de la situation. Mais Akogare était passé par trop de moments semblables, il avait éprouvé trop de fois cette peur sauvage de l'échec - et un échec dans dont les proportions étaient vastes - qu'il ne s'abaissait pas à cela. Si Taka essayait de se défiler, d'ignorer le fait qu'elle avait causé la mort de la personne qu'elle était censée protéger... sa position serait sans aucun doute différente. Cependant, à chaque fois, Akogare revoyait les images de son combat chaotique contre Kanda Shiuuku, le bruit de ses hommes qui mourraient autour de lui, prisonniers d'un combat complètement vain qu'il ne pouvait pas espérer redresser. Ce ne sont pas des images qui s'effacent facilement et Akogare savait que ce serait peut-être l'une des dernières choses qu'il aurait en tête au moment de mourir.

Cela étant, que Konoha ait autorisé deux Chuunin qui ne se connaissaient pas à partir dans une mission de ce niveau l’étonnait. Peut-être avaient-ils des compétences qui justifiaient cette confiance, mais deux personnes pour assurer la protection d’une autre, Akogare ne pouvait s’empêcher de trouver cela trop faible. Cette opération aurait demandé une préparation en amont plus importante, qu’ils n’étaient peut-être pas à même de réaliser à ce moment-là. Jusque là néanmoins, Akogare ne voyait rien à redire ; ils avaient fait preuve de sérieux, visiblement, et n’avaient pas eu d’excès de confiance. Alors que Taka s’interrompait en l’observant, Akogare estima qu’elle attendait une éventuelle intervention. Comme il n’était pas contrariant, il en profita pour glisser.

[Akogare] - Juste une petite chose. Ce n’est pas en restant debout pendant tout ton rapport, une position inconfortable s’il en est, que tu parviendras à apaiser ton échec. Je ne vais pas te punir et tu n’as pas non plus à te punir, même d'une manière aussi détournée. Si je te demande de t’asseoir, assied-toi, ne serait-ce que pour ne pas donner l’impression de me regarder de haut.

Il sourit légèrement pour indiquer qu’il n’avait pas pris ombrage de cette petite subtilité. Il ajouta, sur le même ton.

[Akogare] - De plus… je ne suis pas là pour te juger, pour te dire que c’était minable ou quoi que ce soit. Sans te manquer de respect, je ne serai pas venu personnellement si c’était le cas. Non, il y a quelqu’un qui a cru qu’il pouvait attaquer deux shinobi de Konoha, contrarier une mission et repartir librement. Ceci n’est pas tolérable et connaître leur nom nous serait utile. Mais je t’en prie, continue ton histoire chronologiquement, c’est important.

Si Taka était là aujourd’hui, bien vivante, c’est soit que leur adversaire était uniquement focalisé sur la mort de Daiki, et qu’il ne désirait pas tuer de shinobi de Konoha. Cela pourrait également indiquer qu’il était tout simplement trop grièvement blessé pour s’attarder une fois sa mission accomplie et qu’il n’a pu prendre le temps de la tuer. Si c’était le cas, les affronter ne représenterait définitivement pas un très grand défi une fois qu’il aurait récupéré Ten. Mais selon leur style de combat, ils pouvaient se montrer plus ou moins malins. Mais comment deux personnages si frêles se seraient opposés à Konoha ? Disposaient-ils de soutien ? Akogare n’oubliait pas l’ombre de Kakumei, bien qu’il soit dans l’habitude de cette organisation secrète de générer une atmosphère de paranoïa. Il était difficile de leur imputer l’échec d’une mission parmi tant d’autres, c’était tout de même une façon très mesquine de s’attaquer à Konoha. Certainement un peu trop mesquine pour que cela vienne bien d’eux, mais Konoha était un village important et ses ennemis étaient nombreux. Akogare n’était pas du genre à ignorer ce qui apparaît comme un détail. Un fiasco lors du tournoi était bien suffisant pour ne pas rempiler. Ce n’était pas exactement qu’il tenait à son poste et à sa paie, mais il avait déjà mis une fois le village en danger - certes, il n’était pas seul et aujourd’hui encore, il n’estimait pas qu’il eût été possible de faire beaucoup mieux - avec les conséquences qui en découlaient naturellement. Il y avait eu des morts et de la peur.

[Akogare] - Je sais que revenir sur un échec est un exercice très pénible, surtout quand il a causé la mort de quelqu’un et qu’on n’y a échapper que de peu. Mais une fois que cela sera officiellement réglé, tu pourras passer à autre chose sereinement.

MessageSujet: Re: Puissances   Mer 23 Déc - 23:19

Elle ne put franchement cacher ce petit malaise qui la saisissait. Dans son esprit, à aucun moment elle n'avait considéré comme un affront, ou une offense, le fait de se maintenir dans un carcan de formalités. Pour elle, s'asseoir, même si l'invitation lui avait été faite, c'était en partie se mettre à l'aise et, bien qu'il fut probable que cela arrange son supérieur, il restait chez elle cette part d'elle ne savait quoi qui l'empêchait de prendre place assise. Elle baissa soudain son regard sur l'homme, comprenant finalement à quoi il faisait référence, ses lèvres s'écartèrent l'une de l'autre sans qu'un son n'émane de sa bouche.
Dans ce petit silence, il n'y eut que le mince bruit de leur décollement. Même interloquée, elle comprenait parfaitement le but de cette manoeuvre. Elle connaissait déjà suffisamment son échec pour l'avoir ressassé pendant des heures et des jours, aussi la réprimander ou la sanctionner ne lui aurait rien fait de notable... c'était là un paradoxe, particulièrement lorsque l'on savait avec quelle nervosité elle s'était d'abord présentée. La jeune fille finit par quitter sa droite posture pour s'avancer d'un pas vers la chaise qu'elle attrapa par le dossier pour la tirer un peu en arrière. Très dignement – comme l'imposaient les règles de bienséance – elle s'installa en face d'Akogare, se retrouvant quasiment à sa hauteur. Dans son corps, elle put sentir une étrange décharge puis des fourmillements dans ses doigts qu'elle remua très légèrement dans le but de s'apaiser. Alors qu'il ajoutait une remarque supplémentaire, elle secoua la tête de gauche à droite avant de lui répondre.
Taka – Il a été pénible... Maintenant il faut juste que je prenne le temps de l'étudier en détail, pour ne plus faire les mêmes choses. Ses yeux fuirent à nouveau la silhouette du Hyuuga alors qu'elle décidait de reprendre là où elle s'était arrêtée. Donc... comme je vous le disais, le premier bivouac s'est fait en forêt à couvert. Il ne s'est rien passé de notable hors mis le fait que nous ayons encore conversé un certain temps pour palier aux derniers réglages. Je ne sais plus vraiment pourquoi, mais Riku avait supposé que l'on pouvait sûrement échanger les rôles, sans doute pour profiter de l'avantage de... mes yeux. Elle n'aimait pas le dire comme ça et son hésitation en témoignait clairement. Cependant, elle voulait encore moins prononcer le nom du Sharingan dans la conversation.
Au lendemain, nous sommes repartis tôt pour abattre le plus de chemin possible, mais en milieu de journée nous avons rencontré la seule et unique embûche du voyage... Ils étaient trois. Leur meneur? C'est celui qui m'a le plus frappée.. Un homme de taille moyenne, avec un chapeau marron et des habits de la même couleur. Il avait les cheveux très noir, sans doute comme les miens, qui lui tombaient jusqu'à la mandibule. Le genre de type à fréquenter les bordels je pense, vue la façon dont il m'a abordée. Elle marqua un temps, réfléchissant à n'importe quelle autre détail qui eusse eu l'amabilité de lui revenir en tête. Ses yeux se plissèrent légèrement avant qu'elle ne reprenne. Les deux autres ne parlaient pas, il n'y avait que lui avec qui interagir. Je suis persuadée qu'ils ne savaient pas qui nous étions au début car ils venaient simplement nous détrousser. Bref... Je ne sais pas pourquoi, mais dès que ce type, Jikeo, m'a parlé, Riku a quitté sa position pour venir s'interposer. Il s'est fait avoir par un petit tour de passe-passe et s'est retrouvé au sol après un croche-patte. Nous n'avons pas beaucoup parlé avec eux... Ils surveillaient une larges zone avec des Kage Bunshin. Nous nous sommes simplement faits passer pour une famille voyageant vers Kumo pour trouver un médecin, et nous les avons aiguillés sur une fausse piste. A croire que ça avait pris.
Elle expira un peu plus longuement, toujours à la recherche de ses souvenirs. Elle ne voulait pas rater une miette même si le temps avait déjà sérieusement tronqué le fil de l'histoire, dans son esprit. Elle se perdit un instant dans ses pensées avant de reprendre. Certes, la suite était évidente puisqu'il s'agissait de leur affrontement mais la difficulté était surtout de tout remettre dans le bon ordre. De toute façon, elle ne détaillerait pas cette partie. La jeune fille redressa son regard avant de poursuivre.
Taka – Ils nous ont laissé partir en pestant. Nous avons ensuite accéleré le pas, mais pour une raison X ou Y, nous n'avons pas pu aller bien loin. Après quelques minutes, nous sommes tombés sur deux paires de Kage Bunshin représentant Jikeo et son frère dont j'ignore le nom. Ils avaient simplement pour but de nous ralentir en attendant que les deux nous rattrapent. Sans prévenir, ils nous ont attaqués à l'aide de projectiles. C'est là que le combat s'est engagé.
On a commencé par s'en prendre au frère, car il était près de Daiki. Après ça, il a fallu faire face à Jikeo lui même. C'était de loin le plus dangereux, à mon sens. Mais je pense que Riku n'était pas forcément préparé à rencontrer un spécialiste du Genjutsu. Il a été mis hors course rapidement. Nous n'avons abattu personne... Le frère de Jikeo prenait généralement du temps pour se régénérer et se soigner mais dès que Riku a été mis au sol, il s'est précipité vers Daiki. J'étais empêtrée dans le combat contre Jikeo... j'étais sur le point de l'éliminer quand l'autre avait finalement pris son butin. Elle marqua une pause, affichant une moue indescriptible alors qu'elle se repassait la scène. Ce n'était pas de la contrariété, ou alors elle ne se voyait pas. En fait, elle était plus dans le registre du «si j'avais...». Ses yeux firent un bref aller et retour vers une étagère située un peu plus haute, puis elle reprit.
Une fois la tête du sujet coupée... Ils on cessé les hostilités. Ils semblaient à bout de forces alors que je n'avais quasiment rien. Je n'ai pas poursuivi pour autant... La mission s'arrêtait là. Il y avait encore une pointe de déception dans sa voix. Au lieu de les poursuivre, je me suis occupée de mon équipier. Il n'était pas mort, il fallait juste lui laisser le temps de se remettre sur pieds. Lorsque ça a été bon pour lui, je lui ai indiqué qu'il fallait que l'on poursuive et qu'on rapatrie le corps au village des nuages. Mais il ne semblait pas près de le faire. J'ai donc continuée ma route seule en masquant comme je le pouvais que je transportais un cadavre. Arrivée là bas, je l'ai remis aux autorités et j'ai fait parvenir mon rapport de la situation par message.
Elle s'arrêta là. C'était, semblait-il, la meilleure fin qu'elle eusse pu donner à son rapport. Forcément, il n'y avait rien d'autre à raconter, l'échec restait l'échec, elle avait été fidèle à la réalité – du moins elle le pensait – et s'était efforcée d'être claire. Sans doute aurait-elle quelques précisions à donner, mais à cet instant, elle pensait avoir achevé son exposé. Bien sûr... Elle se doutait qu'Akogare s'attacherait à certain détails qui pourraient servir aux forces du village dans une éventuelle traque.



Age: 20ans | Taille: 1m67 | Poids: 60,2kg | Résidence: Konoha | Grade: Chuunin | Matricule: 000Z135R38T | Statut: Célibataire

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MessageSujet: Re: Puissances   Sam 26 Déc - 12:40

Akogare n’essaya pas de dissimuler son sourire lorsqu’il entendit le nom de l’imbécile. Jikeo… Il en connaissait plusieurs, mais cela ne voulait rien dire, c’était un prénom courant. Il n’en connaissait toutefois aucun de suffisamment puissant pour imaginer, même un faible instant, s’en prendre indirectement à Konoha. Akogare était réellement impatient d’être face à cet homme ; il devait avoir des couilles en acier, un cerveau limité, un orgueil déplacé ou bien une sacrée bonne raison. C’était peut-être la chose la plus ludique qu’il y avait à chasser les déserteurs, bien qu’Akogare n’y goûte que de façon très légère. Découvrir leur raison.

Il l’avait appris au terme de plusieurs contrats, difficiles ou non ; certains d’entre eux, la plupart à vrai dire, avaient de très bonnes raisons. Beaucoup des Oi-nin ne s’aventuraient pas sur cette pente glissante. Apprendre les raisons de la cible qu’on devait tuer ? Et pourquoi pas l’embrasser pendant qu’on y est ? On court le risque de sympathiser avec son histoire… avec ce qui l’avait conduit sur un flanc que Konoha désapprouvait. Akogare avait, plusieurs fois, sympathisé avec l’une de ses cibles. Un enfant, incroyable, qui ne maîtrisait pas ses dons et qui avait tué deux marchands qui entretenaient des rapports privilégiés avec Konoha. Est-ce que cela valait la mort ? Non, certainement pas. Est-ce que le bras d’Akogare avait faibli au moment de l’écraser ? Non, certainement pas.

De plus en plus, Akogare se surprenait à imaginer qu’il ne faisait que se détruire lui-même en abattant des déserteurs. Une petite part de lui partait à chaque fois, sans qu’il n’y puisse rien faire. Alors il avait Ten. Si solide, si réconfortante… Elle lui posait la main sur l’épaule et la pressait légèrement, elle était juste là et c’était bien assez. Puis elle lui prenait sa main ensanglantée et l’essuyait, calmement, sans parler. Elle lui permettait de continuer. Les gens… pensaient que c’était si facile, quand on est fort, de tuer. Mais ce n’était pas vrai. C’était des soucis. Plus on était puissant, plus on attendait de nous. Alors les choix difficiles se multipliaient et à ce compte là, Akogare savait très bien ce que faisait la mort d’un vieil homme qu’on avait pour mission de garder en vie. Il s’agit d’une blessure qu’on porte en soi jusqu’à la fin de sa vie - et ce n’est absolument pas une vision romantique. La blessure pourra guérir, s’infecter, se cicatriser facilement… tout dépendait des circonstances et de l’individu. Taka ne semblait pas en souffrir de trop, c’était une bonne chose. Elle n’avait pas peur non plus d’aborder le sujet, malgré quelques faibles hésitations - qui la rendaient si humaine. Elle ne fuyait pas non plus ses responsabilités, comme la grande fille qu’elle était.

Akogare ajusta son jugement préliminaire ; ce n’était pas une écervelée.

[Akogare] - Je ne pense pas que vous ayez fait d’erreurs sur la première partie de ton histoire, si cela peut t’intéresser. Si tu regardes la situation d’un point de vue très pratique, votre attitude vous a permis de n’affronter que deux adversaires, alors qu’ils étaient trois au départ. Vous avez augmenté vos chances de succès et c’est essentiellement là dessus qu’on base, justement, la réussite d’une mission.

Akogare se passa une main sur le menton.

[Akogare] - En revanche… Tu parles de Kage Bunshin. Mais d’après ton récit, il s’agissait de Bunshin simple, non ? Ils n’ont pas eu d’influence sur le combat ? Parce que s’il s’agissait bien de Kage Bunshin, ils avaient, je pense, un niveau supérieur au vôtre.

Mais pas au mieux, estima Akogare. Il n’y avait rien, dans ce récit, qui pouvait le laisser penser que ce Jikeo et son frère étaient d’un niveau suffisant pour faire ce qu’ils avaient fait. Il n’arrivait pas à estimer exactement le niveau de Taka sans n’avoir rien vu d’elle, mais d’après son dossier elle était plutôt compétente mais encore loin du niveau de Ten. Alors si Jikeo avait eu de mal… Akogare ne pouvait avoir qu’une pensée émue pour ce qu’il allait laisser derrière lui.

[Akogare] - Mais vous avez fait des erreurs pendant votre combat et cela est dû, je pense, à une inexpérience individuelle et collective. Si vous étiez individuellement exceptionnels, vous auriez gagné, parce que voilà… vous auriez eu un niveau supérieur, tout simplement. Vous ne l’étiez pas spécialement face à eux, la différence de niveau n’était pas énorme. Si vous aviez été collectivement exceptionnels, malgré cette faible différence, vous l’auriez emporté aisément parce que chacune de vos actions, chacun de vos gestes, aurait soutenu une action plus grande que le combat immédiat : la victoire. Un Hyuuga de mon clan… Tokoshi… que je n’aime pas beaucoup, d’ailleurs, dit souvent que combattre, c’est bien, mais que l’emporter, c’est mieux. Le bon côté, c’est qu’en combattant on s’améliore toujours.

Akogare désigna de la main le dossier de Riku, sur lequel il tapota légèrement.

[Akogare] - On ne refait pas un combat, ce jeune homme n’a pas utilisé tous ses atouts. Tu as eu raison de ne pas les poursuivre si tu ne t’en sentais pas la force, l’inverse aurait été idiot. En revanche… laisser partir ton équipier était une énorme imprudence. S’il était suffisamment stupide pour y penser, tu aurais dû… je sais pas, le gifler jusqu’à ce qu’il entende raison, lui dire que oui il avait merdé et que c’était moche, mais que revenir à Konoha la queue entre les jambes n’aurait rien fait avancer. C’était un très grand risque. Surtout dans votre configuration : vous aviez oublié le troisième membre de leur équipe ou quoi ? Il aurait pu suivre l’un d’entre vous et le tuer, il n’avait pas combattu. Au final Konoha aurait perdu l’un de vous deux et personnellement, je pense que le premier devoir d’un shinobi - avant même d’obéir aux autres - est de rester en vie. Quelqu’un qui ne fait pas le maximum pour n’a pas le niveau pour faire ce genre de choses.

Akogare haussa les épaules.

[Akogare] - Enfin, j’ai un nom à fournir, je te remercie.

Le Hyuuga savait déjà ce qu’il allait en faire. Il voulait repartir avec Ten. Keira les tenait à distance. Elle le faisait pour le contrarier, il le savait. Elle voulait qu’il apprenne à sortir de ses habitudes. Ce n’était pas un jeu méchant, mais elle devait souhaiter qu’il donne leur chance à davantage de personne. Mais Keira n’était pas une shinobi. Elle ne connaissait rien des liens qui pouvait unir Akogare à Ten. Des liens si forts ! Certainement autant que ceux qu’on éprouve lorsqu’on est amoureux. Akogare acquiesça mentalement. C’était exactement cela. Ten… Ten était peut-être amoureuse de lui, d’une façon plus proche de celle qu’on entend habituellement. Mais Akogare n’y arrivait pas, tout en l’éprouvant. Si étrange… Il voulait repartir avec Ten. Les chasses, ce sentiment grisant de fin du monde… il se souvenait des regards, au coin du feu, des sourires furtifs, alors qu’ils se disaient tous les deux que demain, ils pouvaient aussi bien mourir. Il se souvenait des étreintes, quand ils se tenaient chaud l’un contre l’autre. Il éprouvait toujours le contact de son sang sur ses doigts, quand elle était blessée parce qu’il avait été un peu trop lent et qu’il n’y avait alors plus rien à faire. Ah… ce ne sont pas des choses que l’on peut comprendre sans les avoir intensément éprouvées.

Akogare reporta son regard sur Taka, plissa les yeux insensiblement, et décida de poursuivre la discussion un peu plus loin que nécessaire. Taka semblait être une fille plutôt protocolaire mais merde, il était le chef de la sécurité, s’il ne pouvait même pas avoir son propre protocole, à quoi cela lui servait ?

[Akogare] - Qu’est-ce qui t’intéressait dans cette mission ? L’aspect protection ? La personnalité de Daiki ? L’argent ou l’expérience que tu pouvais en tirer ? Rien du tout ?

Akogare sourit pour lui-même.

[Akogare] - Avant une mission, je me demande toujours en quoi elle m’intéresse… cela m’aide à y attacher l’importance qu’elle mérite. Mais c’est vrai que je peux parfois me permettre de refuser des missions et je sais que cela est un privilège.

MessageSujet: Re: Puissances   Sam 26 Déc - 17:20

Un sourire ravi... C'est ce que conclut Taka lorsqu'elle prononça le nom de Jikeo. Ce nom évoquait visiblement des choses différentes pour chacun des deux ninjas. Pour Akogare, c'était une information quasi capitale, pour Taka c'était le symbole d'une frustration évidente. Elle n'en montra rien, mais elle gardait en mémoire cette façon qu'il avait eue de s'adresser à elle avant et surtout après s'être fait carboniser. Son amour propre lui demandait de rédiger l'épilogue de leur histoire commune... mais elle ne savait pas pour qui elle passerait si jamais elle se risquait à une requête pareille. Mettant ceci de côté, elle poursuivit son récit de façon la plus juste possible jusqu'à en arriver à son point final. Il restait sûrement des choses à éclaircir et Akogare aurait vite fait de mettre le doigt dessus, aussi elle se contenta de mouvoir légèrement ses mains sur ses genoux, attendant la suite des évènements.

Elle passait et repassait cette mission dans sa tête avec un étonnant détachement bien qu'elle prenne à cœur certains aspects de ce chapitre. Étrangement, la mort en elle même de Daiki ne l'affectait pas plus que ça... Elle se rappelait l'avoir regardé pendant un moment, ressassant l'histoire qu'il lui avait contée, ce qu'il était devenu et pourquoi. Elle se souvenait s'être dit qu'il avait simplement rejoint sa femme. Au fond... elle savait qu'elle ne l'avait considéré que comme un objectif. Était-ce un mal? Elle qui se voulait si humaine? Oui, sans doute n'était-elle pas digne d'un tel qualificatif. Mais, sans doute aussi, le devenait-elle pour tout le tourment que lui avait apporté l'échec de cette mission, jusqu'à ce qu'elle fasse le deuil de leur incapacité, en se promettant presque de ne plus avoir à revivre un autre flop de ce genre. C'était un flop qui comportait de bons côtés selon Akogare. Sans doute avaient-ils optimisé leurs chances de réussite, mais jamais ils n'en avaient tiré partie. C'était presque plus indignant... C'était aussi la différence entre les bons et les excellents.

Taka – C'étaient des Kage Bunshin. Nous en avons éliminés quatre, qui se sont empressés de disparaître. Qui plus est, j'y ai repensé par la suite, et de ce que j'en sais, il n'y a que cette technique qui puisse permettre de savoir très rapidement ce qu'un des clones a pu vivre. S'ils surveillaient les alentours de Konoha et les chemins qui menaient à Kumo, il n'y avait que ce moyen là d'être efficace, ou alors avoir des connaissances sur le terrain et des sceaux de communication. Elle s'avançait sans doute un peu, mais de ce qu'elle retenait, c'était sans doute une évidence. Bien sûr, l'avis d'un tiers n'était pas à dénigrer, car il permettait d'envisager les choses sous d'autres formes. Quant à leur niveau, je n'ai qu'une intuition... Néanmoins, Jikeo ne tenait quasiment plus debout à la fin de notre affrontement. C'est pourquoi je pense que nous n'avons simplement pas été mieux que médiocres. Je crois qu'en combat individuel, nous les surpassions nettement mais que leur habitude a travailler ensemble les a fait atteindre leur objectif.

Elle soupira légèrement. L'impression de n'avoir été qu'une débutante semblait se confirmer. Elle n'avait eu l'occasion d'en parler en détail jusque là, c'était un bien de pouvoir aborder tout ceci dans un cadre purement théorique, et c'était une chance de pouvoir le faire avec le Hyuuga. Elle savait, sans le connaître, qu'il disposait d'une énorme expérience dont la simple transmission orale pouvait aider à de bien nombreuses reprises. Néanmoins, elle ne put réprimer une grimace lorsque le désagréable point de sa séparation avec son coéquipier fut abordé. Elle ne répondit que par un regard évasif. Riku avait été une tête de mule et s'était téléporté. Elle n'en parlerait pas... Non, il valait mieux qu'elle se taise. Elle le fit sans grande difficulté, se contentant de faire un simple signe de tête à Akogare en réponse à ses remerciements.

Un silence s'installa, silence pendant lequel elle ne sut quoi faire. Il ne lui avait pas ordonné de rompre les rangs, aussi pensait-elle qu'il n'en avait pas fini. Elle resta là, sans ne rien dire, attendant qu'il se passe quelque chose. Il semblait songeur, elle en profita pour le regarder un peu plus, pour voir à quoi correspondait physiquement ce nom qui courrait les rues et que les enfants s'évertuaient à vouloir porter lorsqu'ils jouaient entre eux à être des shinobis. Elle esquissa, malgré elle, un petit sourire en revoyant ce petit garçon là qui hurlait à ses camarades qu'il allait sauver Konoha parce qu'il s'appelait simplement Akogare. La jeune fille baissa les yeux, conservant son léger sourire, un expression d'envie sur le visage. Quelque part, elle enviait cet aspect de la célébrité. Être un modèle pour tous... Ou pour beaucoup... Certes, elle avait au moins été une référence pour sa soeur, mais là encore, elle sentait que c'était une époque révolue.

Elle redressa soudain la tête alors qu'il s'adressait à elle, hésitant un instant quant à la réponse à rendre.

Taka – Je... En fait c'était assez contextuel. D'abord, et pour des raisons personnelles, je voulais me sentir un peu loin d'ici... Donc une mission qui m'éloignait me convenait. La destination aussi était intéressante, c'était l'occasion d'aller voir de près un autre village caché, une chose que je n'avais jamais faite jusque là. Elle fit faire un petit tour à ses yeux, tout en réfléchissant la suite. Après... C'était aussi pour l'expérience, oui... Je n'ai eu que des affectations à la surveillance, ces derniers temps et je voulais autre chose. Et bien sûr, je voulais mettre la main à la pâte pour le village. La reconstruction n'est pas gratuite, aussi je voulais, même de façon infime, aider un peu à ma façon. J'avoue que j'ai perdu de vue cet aspect là, depuis... Elle afficha une moue indescriptible avant de reporter son regard sur son interlocuteur. Daiki-san ne pouvait pas franchement m'intéresser avant que je ne le rencontre. Nous avons eu l'occasion de parler un peu, en cours de route. Elle ne put s'empêcher de laisser un petit silence planer de nouveau. Elle aurait voulu ne pas le dire mais les mots qui suivirent sortirent d'eux même. J'aurais préféré qu'il ne s'agisse pas de ses derniers mots...

La jeune fille bougea légèrement ses doigts, les frottant doucement les uns aux autres. A nouveau, elle ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit. Semblant soudain hésitante, elle semblait avoir du mal à énoncer les mots suivants. Un manque de courage certain, mais surtout l'impression de la non légitimité de sa demande, l'empêchaient de poursuivre aisément. Finalement, elle se donna un coup de fouet, serrant ses poings qui étaient encore posés sur ses genoux.

Taka – Vous allez peut-être me trouver audacieuse... Mais j'aurais sans doute une demande à formuler. En fait... je voulais savoir s'il était possible d'accompagner celui ou celle qui sera affecté à la traque de Jikeo. J'aimerais pouvoir dire qu'il ne s'agit pas de vengeance... mais je crois que ce serait de mauvais goût d'affirmer ça.

La partie droite de son visage se crispa légèrement, faisant remonter sa joue tandis que son oeil se fermait un peu. Elle n'était pas sûre de la bienvenue de cette question... mais au fond, elle se disait que ne rien dire, c'était assurément ne rien obtenir. Elle espérait juste ne pas se faire virer du bureau dans la seconde qui suivait ses derniers mots.



Age: 20ans | Taille: 1m67 | Poids: 60,2kg | Résidence: Konoha | Grade: Chuunin | Matricule: 000Z135R38T | Statut: Célibataire

~ Registre des missions ~
D:0/0 | C:2/0 | B:0/1 | A:0/0

~ Assassinats ~
Aucun

MessageSujet: Re: Puissances   Sam 26 Déc - 20:05

Akogare mis l’information sur les Kage Bunshin de côté. Cela lui paraissait étonnant. Même lui, à son niveau, aurait été épuisé en maintenant deux Kage Bunshin. Sa réserve de chakra aurait été divisée par trois, au total, bien que dans son cas cela soit très anecdotique puisqu’il pouvait désentraver son chakra lorsqu’il le désirait. Mais pour un spécialiste des illusions, c’était quelque chose de très important. D’un autre côté, s’ils avaient maintenu les clones pendant plusieurs heures, ils avaient pu éventuellement récupéré quelque peu, voire absorber des substances pour leur permettre de récupérer plus vite. Akogare n’était pas impatient de s’engager dans un combat à six contre deux, si les deux frères étaient chacun capable de manifester deux clones. Mais il savait que même à six, cela resterait très insuffisant contre lui. Il était improbable que de tels clones résistent au Kaiten et très improbable que ce Jikeo s’amuse à gâcher la moitié de sa réserve de chakra sur un bête pari de ce genre.

Non, s’il était sérieux, il ne commettrait pas ce genre d’imprudence ; et s’il les commettait, le combat n’en serait que plus rapidement terminé.

Mais c’était également une excellente nouvelle. Ils n’étaient que trois en tout, ils ne formaient pas une organisation nouvelle, sauf très grosse surprise. Autrement, ils n’auraient pas eu à recourir à de tels subterfuges, si coûteux. Si les frères se sont séparés du troisième membre… et si Taka pense qu’ils ont surtout l’habitude de travailler ensemble, alors ils pouvaient aussi bien n’être qu’un groupe de deux. Akogare se passa un doigt distrait sur le dos de la main. Un combat à deux contre deux, avec pour l’instant une réserve sur leur niveau. Si Jikeo était un peu moins fort que Taka isolément, et que son frère était encore plus faible… ils n’avaient pas l’ombre d’une chance. Mais Akogare n’avait pas pour habitude de se donner vainqueur plusieurs semaines à l’avance. Ils étaient malins, ils seraient prudents. S’ils parvenaient à mesurer avec justesse la portée de leurs actes, ils sauraient que Kumo avait de bonnes chances de les prendre en chasse. Ils avaient tué l’un de leur partenaire, après tout. S’ils étaient encore plus malins, ils sauraient que Konoha ne prendrait pas à la légère ce genre de contretemps. Ils avaient de bonnes chances d’être doublement prudents.

Akogare se surprit à ne pas réellement désirer les tuer - il avait déjà désiré tuer des personnes, c’était un sentiment puissant, plus fort que la haine volage ou la colère, un désir profond qui s’enracinait en lui ; mais il ne le ressentait pas cette fois-ci. Jikeo et son frère n’avaient rien fait de vraiment mal, à ses yeux. Ils avaient suivi leur propre ligne de conduite et ce n’était pas une ligne aussi immorale qu’on aurait pu le penser. Il y avait eu un mort, c’était vrai, mais Akogare de son côté ne pouvait pas se vanter de ne pas laisser derrière lui des charrettes de cadavres. Ce n’était pas parce que ces cadavres étaient justifiés à ses yeux que c’était la vérité. Non, le vrai problème qu’Akogare avait par rapport à eux était un problème d’ordre professionnel. Tous ses rôles, à Konoha, que ce soit celui de chef de la sécurité ou d’Oi-nin, pointaient vers le mort de cette fratrie.

Ah ; chacun ses problèmes.

Akogare écouta avec attention les motivations de Taka. Il se dit que cela n’était pas très éloigné de ses propres motivations, repartir avec Ten. Loin de Konoha, de ces petits échecs répétés qui le piquaient méchamment. Il n’avait pas à se plaindre ; il partirait très bientôt.

[Taka] – Vous allez peut-être me trouver audacieuse... Mais j'aurais sans doute une demande à formuler. En fait... je voulais savoir s'il était possible d'accompagner celui ou celle qui sera affecté à la traque de Jikeo. J'aimerais pouvoir dire qu'il ne s'agit pas de vengeance... mais je crois que ce serait de mauvais goût d'affirmer ça.

Akogare dévisagea Taka sans témoigner de signe particulier. Il n’aurait pas pensé que la jeune femme aurait souhaité se venger. Pourquoi n’avait-elle pas commis l’imprudence de se lancer sur les traces de Jikeo d’elle-même - ce qui aurait assurément été une imbécilité ? Akogare l’observa plus attentivement. Que ce soit dans ses habits, dans les traits de son visage ou son maintien, il aurait juré qu’elle était Uchiha a priori même sans en avoir connaissance. Mais Akogare aimait bien le style des Uchiha. Les femmes étaient plus agréables que les hommes, pour ce qu’il en avait vu, qui avaient une curieuse propension à jouer à celui qui pissait le plus loin. Il lui semblait, bien que cela ne soit qu’une impression, que les femmes Uchiha étaient plus sympathiques. Ou alors, et c’était également probable, Akogare trouvait d’une manière les filles plus sympathiques et les Uchiha ne faisaient alors pas exception.

Mais l’attitude de Taka était intrigante. Elle n’était pas impulsive, elle intellectualisait sa revanche. C’était une attitude à la fois dangereuse et ferme, qui imposait une certaine rigueur. Ce n’était pas la mort de Daiki qu’elle voulait venger, pas seulement. C’était son échec. Du moins, c’était ainsi qu’Akogare interprétait sa volonté. Si la mort de Daiki avait provoqué une telle émotion en elle, elle aurait réagi émotionnellement ; elle se serait relevée et les aurait pourchassés, avec tous les risques que cela impliquait. Aujourd’hui, elle pourrait bien ne pas être en vie, à cause du troisième personnage de cette petite équation. Akogare avait d’abord pensé qu’elle avait eu la maturité de s’estimer au-dessus d’une vengeance, de la douleur de l’échec, et qu’elle avait plutôt cherché à rebondir. Mais c’était un peu plus compliqué que cela. Akogare se pencha légèrement en avant, sans se montrer menaçant pour autant.

[Akogare] - Jikeo et son frère seront pris en chasse par une équipe d’Oi-nin. Ces derniers sont spécialisés dans cet exercice, cela demande beaucoup de rigueur, de travail et de solides informateurs. C’est un processus qui, s’il peut s’improviser, ne supporte pas l’échec. Imagine un peu… quand un Oi-nin rate sa cible, il a d’énormes chances d’en mourir. Dans ton cas, ce serait abandonner un Sharingan à l’ennemi - pardonne mon pragmatisme, mais étant Hyuuga, je parle en connaissance de cause. Mais cet Oi-nin permet également à la cible qu’il était censé tuer de mieux échapper aux prochaines attaques, si bien que le retrouver sera extrêmement pénible et beaucoup plus dur. Plus aucun effet de surprise, le contrat pourrait aussi bien se trouver des compagnons pour le protéger et la difficulté triplerait. A cause simplement d’un échec.

Dans sa position, Akogare avait connu quelques échecs. Ce n’était pas comme si on pouvait réussir chacun de ses contrats. Ten et lui en avaient réchappé parce qu’ils se connaissaient bien et savaient reconnaître un échec quand ils en voyaient un. Alors ils se repliaient, et en règle générale, rentraient au village. C’était une règle entre eux : ne jamais courir de risques inutiles. Akogare se souvenait que quelques années plus tôt, le village lui tenait rigueur de ces échecs. Il partait du principe que tant qu’ils n’étaient pas morts, la mission n’était pas terminée. Akogare s’était battu contre eux, pour imposer sa vision. Il avait été odieux ; leur avait dit que c’était facile de dire cela, quand on avait le cul posé sur une chaise toute la journée. Qu’ils n’avaient pas l’expérience nécessaire pour le juger, qu’il se branlait de ses confrères fanatiques qui jetaient leur vie aux orties. Et c’était pour cela qu’aujourd’hui Keira le respectait, plus encore que pour sa simili-victoire face à Kanda Shiuuku. Elle savait qu’Akogare se battait pour ses principes et qu’il était homme à commander.

[Akogare] - Quand à suivre une équipe d’Oi-nin, je ne pense pas que cela soit envisageable. J’ai fréquenté ces shinobi, ils travaillent soit seuls, soit dans une équipe précise. Je pense que tu connais leur position, ils n’ont pas le droit de révéler leur identité, pour leur propre sécurité. Chaque équipe a ses petits rituels, alors qu’une inconnue y assiste… cela les mettrait mal à l’aise.

Akogare hocha la tête pour lui-même.

[Akogare] - Je ne voudrais pas être un donneur de leçons mais réellement, un échec n’impose pas de vengeance. Tu as perdu, c’est vrai. Mais j’ai aussi perdu, certainement plus souvent que toi, et dans des proportions parfois très graves.

Le Hyuuga se promit de revenir un peu plus tard sur les raisons qui motivaient Taka à désirer se venger, alors qu’elle ne l’avait pas fait sur place. Il s’intéressait à la force qui lui avait fait garder toute sa lucidité alors, et qui la poussait maintenant à prendre vengeance sur ces pauvres imbéciles. L’orgueil ? Il pensait à quelque chose d’autre. Akogare se s’adossa à nouveau à son siège et dessina le contour de son verre, sans quitter Taka des yeux.

[Akogare] - Je vais te raconter une petite expérience personnelle. Une expérience, à vrai dire, que je porte avec moi chaque fois que je pars en mission maintenant et qui continuera à m’habiter jusqu’à ce que je meure. C’était plusieurs mois en arrière, le jour où j’ai affronté Kanda Shiuuku. Tu dois connaître l’histoire, mais elle a été tellement déformée que je me demande s’il en reste quelque chose de vrai aujourd’hui. Keira m’a demandé de diriger une équipe, pour intercepter Kanda et ses hommes avant qu’ils n’atteignent le village. Je n’étais alors ni la « légende » de Konoha, ni chef de la sécurité. J’étais seulement un peu plus puissant que les autres et un bon tueur. J’ai choisi mon équipe. C’était… si détestable. J’étais sûr que j’allais mourir, que nous allions tous mourir quelles que soient nos compétences. On n’affronte pas Kanda comme s’il s’agissait de n’importe qui. Il était, et il est toujours par ailleurs, plus puissant que moi. Ses raisons de combattre, je ne les connais pas, mais ce sont de puissantes raisons.

[Akogare] - Alors je devais choisir mes hommes, en sachant qu’ils allaient mourir de toute façon. C’est une position que je ne te souhaite pas. J’ai choisi ma coéquipière lors de mes missions en premier. Je ne l’ai même pas vraiment choisie, en fait, elle voulait être avec moi quoi qu’il arrive. Je la regardais et je me disais qu’elle allait mourir, que j’allais peut-être même la voir mourir sous mes yeux et que je ne pourrais rien y faire, ou l’inverse. Je lui en voulais tellement de me suivre… Quand tu te tues à protéger quelqu’un, et qu’il est prêt à te suivre dans une situation de mort, tu ne te sens pas fier, tu te sens minable. J’ai recontacté ma famille, les Hyuuga. Ils étaient fiers de ce que j’allais faire. J’ai demandé l’aide de mon cousin, qui avait manqué me tuer quand j’étais jeune. Il est venu sans hésitation. Et il est mort sans hésitation non plus. Ce combat n’avait rien d’héroïque, il était abominable. Non seulement nous étions plus faibles que nos adversaires, mais personne, vraiment personne, n’était de taille contre Kanda. Je me battais contre lui, je l'intriguais. C’est quelqu’un d’intéressant tu sais. Il était en train de me tuer et je le trouvais intéressant. J’entendais ma coéquipière derrière moi souffler et souffrir derrière moi. Alors j’ai puisé en moi en me disant que c’était peut-être la dernière fois que je le faisais et j’ai attaqué en ayant la conviction que je n’aurais plus jamais à le faire. Kanda a reculé puis il a riposté et j’ai vu la mort, véritablement, parce que j’étais suffisamment lucide pour savoir que je ne pouvais pas éviter ce genre d’attaque. Là, j’ai été sauvé par une très vieille amie à moi, à qui j’avais demandé de venir quelques jours avant de partir pour tuer Kanda. Elle s’est interposée et a battu Kanda. C’est elle, l’héroïne qui nous a sauvés, absolument pas moi. Moi, j’étais seulement la personne envoyée par Konoha qui avait vu mourir un bon nombre de ses compagnons. Est-ce que j’en veux à Kanda pour cela ? Non… il faisait ce qu’il avait à faire et il s’avérait que cela était opposé à ce que moi, j’avais à faire. Il a tué mon cousin, des amis à moi, et je ne cherche pas la vengeance. Aujourd’hui, pourtant, je pense que je pourrais égaler sa force à peu de choses près. Mais cette défaite, et d’autres, m’ont appris l’humilité. Cette défaite me maintiendra longtemps en vie.

Akogare eut un sourire étrange. Il ignora le regard que lui jetait serpent, de l’autre côté de la salle. Ce n'était pas du reproche, oh non, mais de l'intérêt. Cette version de l'histoire, peu de personnes la connaissaient. Elle n'était pas secrète, loin de là. C'était en ces termes qu'Akogare l'avait exprimée auprès de Keira. Quelques uns encore savaient que ce n'était pas Akogare qui avait proprement mis en déroute Kanda, mais un élément extérieur, une femme. Akogare taisait son nom. Hasu n'était pas une amie de Konoha, ni d'aucuns Village Caché. Elle était chassée exactement comme l'était Kanda, mais elle n'avait pas hésité une seconde à venir les secourir, lui et ses hommes. La vie est toujours un peu plus nuancée que ne le laisse croire les rapports.

[Akogare] - Pourtant, je sais que si Kanda avait touché à ma coéquipière, je ne serais plus là aujourd’hui parce que j’aurais essayé de la venger et qu’aveuglé par l’émotion, je me serais vraisemblablement fait tuer. Ce n’est pas que j’aime plus ma coéquipière que mes amis décédés… c’est seulement qu’il y a certaines choses que je ne peux accepter de voir. Si de ton côté, tu ne peux accepter de voir un homme mourir ou de rater une mission, il faudrait peut-être travailler cela avant de poursuivre plus avant. Tu risques de te faire grièvement blessée, émotionnellement.

Akogare sourit pour lui-même : il avait tendance à trop parler.

MessageSujet: Re: Puissances   Sam 26 Déc - 23:35

L'absence de mots pour seule réponse... Ce manque de parole n'avait qu'un effet, celui d'effriter, de morceler cet infime espoir qui vivait en Taka. C'était face à une évidence qu'elle se dressait, évidence dont elle avait déjà connaissance avant même de formuler sa question. Mais elle l'avait fait quand même et voilà qu'elle se heurtait au silence. Les yeux d'Akogare la parcoururent assez singulièrement, comme s'ils voulaient la détailler, cherchant le pourquoi d'une telle requête sur sa présentation. Il fallait l'avouer, cela pouvait paraître surprenant, mais elle trouvait certain que l'homme en face d'elle disposait de tous les éléments pour répondre à cette interrogation. Pourquoi se venger?

Taka était ce genre de personne en qui l'on pouvait lire comme dans un livre ouvert. C'était une qualité dans les simples relations sociales – encore que parfois ça se retournait contre elle – mais aussi un net désavantage dans son métier. C'était un handicap que de laisser à l'adversaire le pouvoir d'envisager la seconde qui suivait... mais malgré tout le travail qu'elle pouvait abattre, elle n'arrivait pas à ce défaire de ce trait de caractère là. L'ultime solution était de se transformer en une statue humaine ou alors..., porter un masque. Mais un masque étouffe parfois.

Elle l'observa se pencher légèrement, entamant d'articuler quelques paroles à son attention. Évidemment, le travail des Oi-nin était contraignant, minutieux et réglé à la seconde. Évidemment, pour eux plus que pour n'importe quel autre shinobi, l'échec amenait de lui même une sanction immédiate. Tout cela, elle ne le savait pas mais elle pouvait se vanter d'en avoir l'intuition profonde... Certes, elle ne s'était jamais imaginée morte, en train de se faire dépecer, juste parce que l'on convoiterait son Sharingan. L'idée n'était pas fausse, elle aurait dû y penser.

Tout comme cette idée qu'elle se faisait du travail des Oi-nin, elle avait bien une appréciation de ce qu'il impliquait. A savoir, des équipiers totalement en phase, pour qui travailler ensemble était aussi simple que de travailler tout seul. Pour cela, il fallait nécessairement se connaître depuis longtemps et disposer d'affinités exacerbées. Enfin, c'est comme ça qu'elle l'imaginait. Une sorte de confiance absolue en l'autre et en ses actions, ainsi qu'une connaissance quasi totale de son partenaire. Forcément, introduire une nouvelle donnée avait de quoi perturber toute cette morbide routine. La jeune fille ne fut même pas déçue, après tout elle s'attendait pas mal à cette réponse là. Cependant, elle fut un peu surprise par rapport à la remarque de son interlocuteur. Il fallait l'avouer, elle ne s'était pas attendue à ce genre d'implication de la part du Hyuuga. Sans dire un mot, elle l'écouta entamer son histoire.

Une histoire qui ne lui était pas inconnue, qu'elle n'avait entendu qu'une fois et qu'elle, il fallait l'avouer, n'avait pas forcément retenue. Certes, Akogare était devenu célèbre, mais ce n'était pas pour ça qu'elle l'idolâtrait au point de savoir sur le bout des doigts tout ce qui avait attrait à sa personne. Elle ne le connaissait même pas, le respectait pour ce qu'il était, sans forcément se douter qu'il ne s'agissait là que de ce que Konoha avait voulu construire. Et dans cet édifice monté autour de sa personne, il y avait bien sûr l'épisode Kanda. Taka n'exprima qu'une moue dubitative devant l'affirmation du jeune homme, puis elle le laissa poursuivre sans l'interrompre. Tout en l'écoutant, elle s'imaginait dans cette situation initiale... Devoir choisir des hommes en qui elle croyait suffisamment tout en ayant à l'idée qu'ils y passeraient de toute façon. Par lâcheté, elle savait qu'elle aurait choisi des inconnus, elle en était persuadée. Évidemment, elle ne l'enviait pas et lui, il ne lui souhaitait pas d'avoir, un jour, à faire ce choix.

Un choix qui avait couté cher pour certains. Il n'était pas bien compliqué d'imaginer l'hécatombe que décrivait le shinobi. Le vivre était certainement autre chose, mais elle se rappelait cette mission où toute son équipe avait été décimée et ou son chef d'équipe s'était sacrifié pour qu'elle ait encore la joie de connaître tout ce qu'elle vivait depuis. Quelle joie... Si elle avait su, elle se serait retournée un peu plus tôt et l'aurait poussé de la trajectoire des coups. Elle balaya rapidement cet épisode de son esprit, focalisant son attention sur ce qu'on lui contait.

A nouveau, elle se laissa porter dans le récit, s'imaginant les choses comme si elle s'était trouvée à sa place. Étrangement, elle n'était pas choquée par ce qu'il expliquait. Etre trop conscient de quelque chose pouvait parfois nous laisser le temps de nous intéresser à d'autres faits. Comme dans ce cas là... où l'adversaire se retrouvait être aussi intriguant que dangereux. Un grand dommage qu'il soit parfois donné d'affronter des personnes pareilles. Quoi qu'il en fut... Cet intéressant personnage avait tout de même été mis en déroute. Une chose marrante dans tout ceci, c'était sûrement que ce soit l'homme en face d'elle qui en porte les honneurs. Elle ne comprenait pas pourquoi cette amie qui était venue, n'était mentionnée nulle part. Rapidement, elle en conclut qu'il s'agissait des dessous de la vie du village tout comme, parfois, elle se retrouvait face à des faits que seuls les dessous de son clan pouvaient expliquer. Ses yeux se détournèrent un instant.

Après tout... la petite morale que portait cette anecdote avait de quoi plaire et surtout de quoi être vraie, particulièrement dans leur domaine. Il sourit sans ajouter autre chose.

Taka – Je comprends... Je ne saurais dire si c'est purement et simplement de l'orgueil, mais je crois que je garderai quand même le regret de ne l'avoir abattu de mes mains. En d'autres circonstances, je m'en serais donnée à cœur joie, mais à cet instant là, mon équipier était dans un sale état et le laisser pour jouer au chat et à la souris aurait été aussi stupide que le laisser repartir seul par la suite. Et de toute façon, la mission s'arrêtait là.

Elle ne comptait pas le dire, mais elle se rappelait encore les paroles qu'il avait formulé à cet instant là. Oui... Riku était prêt à les affronter à nouveau, tout seul, alors qu'il ne tenait qu'à peine sur ses jambes. Elle se rappelait combien elle l'avait trouvé stupide et combien elle lui en avait voulu – et lui en voulait encore – d'être rentré comme ça, sans attendre. Elle lui devait une bonne correction et se languissait déjà de la lui mettre. Tout comme elle se serait languie si jamais elle avait pu aller exploser l'arrière train de Jikeo. Mais bon, tout ceci semblait conclu et rien n'y couperait court.

Taka – Accepter l'échec sans doute... Mais je ne voudrais pas non plus tomber dans le «c'est fait, c'est comme ça» et poursuivre sans jamais regarder derrière, me repencher dessus et travailler ce que j'ai à en retirer. Après ça, la mort de Jikeo n'aurait été qu'un petit extra pour son insolence dans le combat. Cette phrase... combien de fois se l'était-elle repassée dans son esprit? Des dizaines, peut-être même une centaine de fois. Ces quelques mots qui, même s'ils reconnaissaient la supériorité technique de la jeune fille, lui laissaient le goût amer de la moquerie. Sans en être vexée, elle aurait aimé voir ce qu'il en aurait été si jamais ils étaient venus à se rencontrer encore une fois.



Age: 20ans | Taille: 1m67 | Poids: 60,2kg | Résidence: Konoha | Grade: Chuunin | Matricule: 000Z135R38T | Statut: Célibataire

~ Registre des missions ~
D:0/0 | C:2/0 | B:0/1 | A:0/0

~ Assassinats ~
Aucun

MessageSujet: Re: Puissances   Dim 27 Déc - 19:43

Akogare pensait mieux saisir les problèmes qu’éprouvait la jeune femme. Peut-être Jikeo s’était-il fendu de quelques piques acérées avant de s’en retourner avec son trophée poisseux dans la main. Le Hyuuga l’avait observé à plusieurs reprises, et s’était permis également de son côté ce genre d’attaques qui suivent le combat proprement dit. Il était convaincu que celles-ci venaient d’une certaine faiblesse, de la peur d’avoir combattu et d’avoir survécu de peu. Le besoin de se rassurer, de prendre conscience qu’on avait gagné ; et qu’au final, peu de choses séparaient une victoire d’une défaite. Lorsque le gouffre qui séparait deux adversaires étaient béants… ils ne perdaient pas de temps à se lancer des piques, le combat était terminé avant de commencer, inutile de s’attarder.

Jikeo avait vraisemblablement appuyé là où cela faisait mal, ou alors ses mots étaient tout simplement de trop après une défaite - ils le sont souvent. C’était pour éviter ce genre de regrets que Taka ferait mieux la prochaine fois. En attendant, Akogare tuerait Jikeo. Il se demanda, en connaissant la réponse, s’il était concevable de l’intégrer à leur équipe ? Jikeo et son frère lui semblaient même si frêles qu’il aurait aussi bien pu n’amener que Taka avec lui, tout de suite, et même dissimuler le fait qu’il était un Oi-nin. Bien qu’elle aurait pu s’en rendre compte en le voyant faire. Et quoi ? Akogare n’était-il pas le chef de la sécurité ? Il pouvait bien s’arroger ce genre de droit sans que personne n’y trouve à redire. Et il avait suffisamment d’expérience pour commander efficacement Taka, même s’il ne s’était jamais battu avec et qu’il ne la connaissait qu’au travers des rapports et ces quelques minutes passées là. Ce n’était pas impossible ; mais il ne le pensait pas utile, ni pour elle, ni pour Konoha.

Akogare n’était pas encore assez blasé pour prendre à la légère deux bandits qui jouaient aux grandes personnes. Et quelque part, cette expérience au douloureux goût d’inachevé et de frustration fortifierait Taka. Le Hyuuga restait convaincu que l’apprentissage de l’échec, et son dépassement, constituait un passage fondamental qui finissait de départager les shinobi. Il y en aura toujours pour craindre l’échec si fort qu’ils finiront peu à peu par ne plus rien entreprendre, terrifiés à l’idée de rater quelque chose et de devoir en supporter les conséquences. Akogare ne pouvait pas leur en vouloir, c’était très humain - et il aimait quand les shinobi étaient très humains, même quand c’était à leur dépend. Plus important encore peut-être, savoir que gagner à tous les coups n’était pas possible, même si la vie nous avait toujours particulièrement sourit jusque là, et même si les échecs essuyés nous rappelaient des souvenirs qu’on aurait préféré enterrer quelque part.

[Akogare] - Bien sûr. On préfère généralement savoir que les personnes qui nous ont humiliées sont mortes. Et s’il est possible d’en éprouver un peu de satisfaction, on aime autant s’en occuper soi-même.

Akogare parcourait les lignes du rapport, mécaniquement. Il n’y avait rien d’exceptionnel à cette histoire, il était néanmoins heureux d’avoir un nom à se mettre sous la dent. Si Taka savait à quel point le destin de Jikeo était noir et troublé, peut-être serait-elle plus tranquille. La vérité, c’était que la trace que Jikeo et son frère allaient laisser disparaîtrait de façon irrémédiable une fois qu’il en aurait fini avec lui et cela, quelque soit la configuration. Akogare n’était absolument pas pressé. Il aurait des semaines tranquilles une fois la classe spéciale que lui avait promis Keira serait achevée. Il attendrait le retour de sa Ten, se préparait avec minutie et patienterait jusqu’à ce qu’elle soit prête à le suivre. Puis ils s’en iraient vers Kumo, afin d’obtenir la collaboration des autorités du Village Caché des Nuages. Ils ne lui refuseront pas cela. Pas parce qu’il était Akogare Hyuuga - cela, ils n’en sauraient rien, normalement - mais parce que Kumo avait certainement tout intérêt à ce que Jikeo meure. Jikeo n’était pas un déserteur de leur village, il n’était pas lié à eux, il n’était pas leur priorité, il ne s’agissait à leurs yeux que d’un fils de pute qui avait assassiné leur partenaire scientifique. Alors si un autre village voulait s’enquiquiner à le débusquer, tant mieux. Une fois qu’il aurait la localisation du bonhomme, ils iraient tranquillement. Ils l’observeront, afin de s’assurer qu’il n’y ait pas de petits aléas fâcheux (comme des alliés sortis de leur chapeau, ce qui constituait une mauvaise surprise en règle générale) et enfin ils le tueront, lui et son frère.

[Akogare] - Dans tous les cas, Jikeo mourra, cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Il était imprudent de sa part de s’attaquer à Konoha, et je m’interroge sur ses raisons. Nous avons besoin de savoir s’il fait partie d’une organisation qui chercherait à nous nuire ou s’il n’a simplement pas mesuré la portée de son geste. Je t’informerai pas courrier lorsque le rapport indiquant sa mort me parviendra et ce sera officiellement réglé, tu pourras, en quelque sorte, faire le deuil de cet échec, en tirer ce que tu dois en tirer et passer définitivement à autre chose.

Il opina de la tête.

[Akogare] - Tu peux disposer.

Akogare s’interrompit puis pensa à quelque chose qu’il avait noté mentalement un peu plus tôt.

[Akogare] - Au fait, je ne devrais pas tarder à ouvrir une classe spéciale sur la tactique, notamment pendant les missions. Si cela t’intéresse, tu seras la bienvenue. Il devrait y avoir plus d’informations affichées lorsque j'en saurais plus à ce sujet.

Pour le moment, Akogare ignorait encore la forme qu’allait prendre ce projet, mais il était à peu près certain qu’il verrait le jour. Keira n'oserait pas contredire l'un de ses rares élans vers l'enseignement. Réussir une mission était fondamentalement lié à un esprit de tactique et la plupart des points rapidement ébauchés ici trouveraient une réponse plus solide à ce moment-là. Certainement que Taka y puisera quelques éléments utiles, et peut-être que son imbécile de compagnon l'accompagnera alors, s'il ne s'était pas noyé dans son lavabo pour oublier la honte de son échec. Ah, les jeunes de son âge !

MessageSujet: Re: Puissances   Lun 28 Déc - 1:42



Évidemment... cela aurait été une grande joie que de savoir Jikeo mort, et une plus grande encore de l'exécuter avec ses propres moyens. Mais dans une organisation telle que le village de Konoha, ceci ne pouvait être toléré, sinon c'était souhaiter la bienvenue dans un monde sans foi ni lois où seul les plus forts imposaient leur règles. Ah non, nous avons dit sans lois? Alors si tel avait été le cas, les plus forts auraient survécu, point, barre. Sans doute était-ce cruel, profondément haineux que de vouloir la destruction d'un autre de la sorte. Taka n'en était pas au point où c'était devenu viscéral – ce point là n'aurait été atteint qu'en de rares occasions – mais elle semblait désirer de façon certaine la tête de ce pauvre homme qui n'avait sans doute fait que gagner sa vie.

Ça oui, il était pauvre. Un meneur bien sûr, à la tête d'un petit groupe d'après ce qu'elle avait vu... mais un meneur qui avait tendance à en mener large, se la jouant de grands airs en face de pauvres passants et, bien sûr, hurlant presque l'envie de retrouver le jupon de sa mère lorsque trop jouer avec le feu faisait qu'il se brûlait. D'ailleurs, il en garderait quelque cicatrices. Elle s'était retenu de le mentionner, préférant laisser cette découverte à celui qui s'en chargerait et surtout pour ne pas la ramener de trop. Il ne fallait pas oublier – chose qu'elle faisait remarquablement – qu'au bout du compte, l'ensemble de l'opération n'était pas une franche réussite.

La jeune fille regarda Akogare parcourir une nouvelle fois le rapport écrit bien qu'il sache qu'il n'y trouverait pas plus, et même beaucoup moins que ce qu'elle avait raconté depuis qu'elle s'était présentée devant ce bureau. Elle ne savait pas qui s'en chargerait ni comment, elle aurait réellement apprécié voir le travail, à défaut de pouvoir l'exécuter, histoire d'en apprendre un peu plus sur les façons de faire et peut-être même en tirer des inspirations pour des missions futures. Quoi qu'il en fut, elle fut déjà bien contente de se voir assurer la mort de Jikeo par le chef de la sécurité, elle ne put d'ailleurs restreindre son sourire qu'à un simple mouvement du coin des lèvres au lieu de le supprimer totalement.

Taka – Merci. Il n'y avait rien de plus à dire. Les mots étaient clairs et ne divulguaient pas non plus le plaisir qu'elle éprouvait à entendre ses paroles.

La Chuunin ne doutait pas qu'il placerait quelqu'un de compétant, répondant à un profil qui siérait parfaitement à la situation. Elle l'écouta parler, traitant de sujet comme des organisations qui pourraient être hostile à Konoha d'une façon générale ou sur des points particuliers. Evidemment, elle pensa directement à l'Asahi... Elle ne savait pas grand chose de ces histoires là, que ce soit concernant Asahi ou Kakumei, et pour dire vrai, elle n'était en rien qualifiée pour disposer de ce genre d'informations. Un jour peut-être... Qui pouvait le savoir?

Pour l'heure, le temps semblait venu d'avoir le droit de quitter ce bureau. Dommage, elle qui commençait à s'y sentir à l'aise. Elle ne s'en était pas rendu compte, mais après cette pression soudaine, cette rigueur et cette discipline dont elle avait faites preuve... après s'être faite inviter deux fois à s'installer pour finir par le faire... Elle avait pris ses marques, s'était un peu détachée et avait pu discuter normalement. Pourtant, elle ne semblait pas avoir oublié qui elle avait en face et malgré la petite ombre que son discours laissait planer sur la légitimité de son statut, elle ne niait pas qu'il devait sûrement être à la hauteur d'une telle réputation. Et puis bon... Qui n'avait pas quelques bémols à inscrire sur son CV? Si on devait être parfait pour être parmi les grands, il n'y en aurait aucun qui serait sorti du lot.

Lui répondant d'un simple et respectueux signe de tête, elle se redressa et le salua comme on saluait habituellement un supérieur, qui plus était, un haut dignitaire. Alors qu'elle tournait la tête vers Serpent pour lui adresser à son tour un petit signe en guise de « au revoir » poli, Akogare reprit la parole à son attention. Elle s'immobilisa tout en posant ses yeux sur lui. Lorsqu'il eut fini, elle s'inclina encore une fois devant l'homme avant de soumettre une réponse orale.

Taka – Bien sûr, j'en serai. Une phrase courte pour un ton normal, formel mais qui ne cachait aucune hypocrisie. Au contraire, on pouvait même penser un enthousiasme certain à participer à une telle classe, elle qui savait déjà qu'elle pouvait compter sur son expérience pour avancer. Elle s'illustra à nouveau par une marque de politesse, puis elle se retira d'un pas félin, replaçant au passage une mèche de cheveux qui la gênait avant de disparaître dans le cadre de la porte. Elle ne savait pas combien de temps elle avait passé dans ce bureau mais il était certain que commencer quelque chose à cette heure-ci était inutile... Il lui restait simplement à rentrer étudier un peu, faire de la théorie, lire... ou simplement réfléchir à la suite de son histoire.
~~Fin~~

[Taka Au rapport, Monsieur! ='). Bon... bah j'espère qu'elle aura aidé sa majesté dans son entreprise. C'est ici qu'on se quitte. A bientôt en classe!
PS : désolé pour le titre, mais j'avais trop envie xD]



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MessageSujet: Re: Puissances   Jeu 14 Jan - 12:29

Taka: +43 XP RP
Akogare: +61 XP RP

Alors, transformée ? Cool
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MessageSujet: Re: Puissances   

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