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 La Renaissance [Rupture de 4 ans]

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MessageSujet: La Renaissance [Rupture de 4 ans]   Ven 12 Fév - 20:16

« Il y a bien un jour dans la vie durant lequel on apprend que tous nos principes ne sont qu’une vision erronée de ce que peut bien vouloir refléter l’eau en nous voyant. Et il ne faut pas négliger le déclique qui jouera la goutte d’eau en trop, puisqu’il n’y a rien de mieux qu’un raz-de-marée pour repartir à zéro, et purifier les idées passées. Je n’ai jamais vraiment cru qu’il serait possible pour moi, un jour, de prendre conscience du danger qui guettait mes pas, les surplombant d’une dense noirceur. On ne m’a jamais vraiment prise au sérieux, à quoi bon ? Peu importait les destinations temporaires qui ponctuaient mes errances, je n’étais qu’une mendiante, qui n’avait pour elle que sa santé fragile. Peu importait votre nombre, vous ne me voyiez que comme un objet, une chose tellement futile que souiller son âme et ternir son cœur n’était même pas dans la moindre de son attention. Pourquoi faire attention à une enfant idiote qui n’ose même pas regarder l’horizon, de peur de le salir ? Tous aussi sales, tous aussi criminels, il n’y a pas eu chez vous cette étincelle, la conscience, pour vous interdire de commettre l’impardonnable. J’espère que vous en garderez un bon souvenir, car il est venu le jour de la renaissance, et cette fois, je demande à ce que les purges sanglantes viennent nettoyer vos impuretés… »


La voix de Hanako n’était plus aussi cristalline, et sa douceur passée laissait une sensation déchirante à l’intérieure, venimeuse, ensorcelée. La fleur avait fané, une deuxième fois. L’enfant promise à un avenir banal, mais qui se concentrait autour de son altruisme avait laissé place à l’adolescente qui survivait, mais avait cessé de vivre, se courbant sous le joug d’un poing sentencieux. A cette époque, les premiers pétales avaient commencé à joncher le sol derrière ses pas. Mais comme si une bourrasque était venu achevé le travail du temps, la fleur se flétrit et s’explosa sur l’écume, en miette, et séchée par les épreuves. Ce qui sonnait si terne dans sa voix autrefois si claire, n’était-ce pas la corde de la rancœur ? Celle qui ne vibre qu’après avoir empoisonné le cœur ? Celui qui d’ouïe pouvait identifier la jeune femme ne devait pas la connaitre depuis longtemps. Ca en était choquant. Choquant de voir à quel point il est dur d’être bon, tellement l’Homme est d’une nature à s’obscurcir. Il n’y avait pas que le timbre, loin de là, l’essence même de la voix n’était pas seule à avoir migrer vers un ciel plus catégorique. Les paroles, autrefois dignes enchevêtrements de mots, de phrases qui se voulaient caresses, s’étaient vu changées en épineuse liane de ronces. Piquantes, acerbes, elles semblaient se révolter contre le monde entier, ne contournant nullement la généralité. Plus question de faire un cas par cas, tout était bon à jeter dans ce monde. Rien que dans cette voix qui chantait d’un son plus grave, on pouvait s’attendre aux lugubres prémisses…
Dans un mouvement lent, Hanako s’avance près d’une entrée timide des rayons du soleil. L’ombre qui se dessina alors sur le sol était tout ce qu’il y a de plus appétissant. En effet, elle se faufilait, longue et fine, dans les mains de la mère nature, qui aime que ses jouets soient de toute beauté. Ses galbes n’avaient guère changés. Ils désignaient la dextérité dont usait la Mère du monde pour façonner ses petits joyaux. Un corps aux lignes alléchantes, qui sait se faire désirer… La jeune femme était taillée telle une sculpture de canon grec. Une statue de marbre blanc aussi magnifiquement formée dans ses courbes et ses serpentines. En effet, sa peau était d’une pâleur morbide, mais pas assez grisée pour sembler nécrosée. Son velouté était éclatant, un blanc pur, capable d’éblouir au soleil. Cette décoloration des ses pigments venaient de son nouveau mode de vie, qui s’articulait méticuleusement dans l’ombre de la Lune. L’ombre d’une ombre, c’était un concept qu’elle avait adopté dès lors que l’idée de fausser compagnie à ce cher Kisagi était venu s’immiscer en elle. Sa main s’approcha doucement d’un rayon du soleil pour venir le caresser, jusqu’à ce que ses doigts se heurtent à la fraicheur de l’eau de la cascade qui lui servait de porte d’entrée. Le frisson qui la parcouru lui prouva une fois de plus qu’elle était bien vivante, et qu’à ce prix, elle avait du ménage à faire ailleurs. Puis ses doigts mouillés se replièrent pour faire le poing de la jeune femme, qui vint se fracasser contre la paroi rocheuse de son domaine. Pendant les quatre années qui s’étaient passées, Hanako avait eu pour réflexe, inhabituel certes, de se sédentariser pour échapper à son tyran. Elle connaissait exactement sa façon de penser pour pouvoir affirmer qu’assumer un tel point de vue n’était pas une idiotie. Et pour son confort, elle avait trouvé que le pays de l’eau était fort bien à son aise, car il lui rappelait vaguement son enfance. Mais ce qui parvint à la satisfaire, c’était cette magnifique cascade qui avait creusé avec le poids du temps, une galerie au-delà de ses chutes. C’est ici qu’elle s’abritait, de tout. Et ce fut ici que s’effectua le changement décisif… En effet, bien que physiquement, Hanako n’a guère évolué, il y a toujours quelques choses qui tend à évoluer, mais rien de très choquant : ses cheveux n’étaient plus si court, il n’était plus possible d’identifier son ancien carré. Aujourd’hui, elle arborait une chevelure longue et dense de ses cheveux d’un noir corbeau qui avait perdu de l’intensité, elle tirait plus sur un gris sombre emplit d’un bleu aussi profond que l’océan. Ses yeux qui était autrefois une terrible arme lorsqu’il s’agissait d’assagir ou de séduire un homme s’étaient vu changé d’expression : moins niais, moins emprunts à la découverte et à l’émerveillement, ils semblaient plutôt tournés vers le mépris et cette impression était rehausser par le regard hautain qu’ils avaient adapté à la beauté des lignes de l’ovale de la kunoichi.


« C’est aujourd’hui que renait le phénix… »

Quatre ans de fuite, à courir derrière un échappatoire onirique. Quatre ans qu’avait disparu une perle dans ce monde bien trop abrupte. Il s’en était passé durant ce temps qui n’avait cessé de filer. Bien plus qu’il ne pouvait y paraitre. Chaque année avait eu son rôle définitif et irrémédiable.
Durant la première année de la disparition d’Hanako, le seul but, le seul intérêt qu’elle tenter de préserver, c’était sa vie. Peu lui importait le sort de l’humanité tant qu’elle pouvait s’écarter le plus possible de danger qui ne l’avait jusqu’alors jamais quitté. Tout avait commencé lorsqu’elle quitta Iwa. Il y avait eu un élément déclencheur qui avait eu raison d’Hanako, et il lui avait fait ouvrir les yeux d’une manière immuable. Alors qu’accompagnée de loin par Kisagi, elle s’approchait des portes d’Iwa, il n’y avait personne pour venir l’empêcher de faire quoi que ce soit. Ce qui provoqua d’ailleurs sa surprise. Iwa, capitale du Pays de la roche, avait été glorieuse par le passé, mais il y a toujours plus fort que nous ailleurs, et ce dernier avait eu raison de la beauté de la ville. L’absence d’un pouvoir exécutif empêchait que les projets soient réalisés, tout ça à cause des pertes que les forces militaires avaient essuyées. Ainsi affaiblit, n’allez pas imaginer que quiconque n’aurait pas sauté sur l’occasion… Sans défense, Iwa dû essuyer un grand nombre de pillages signés des Nuke-nin les plus recherchés, comme des simples loubards qui n’ont pas un plomb dans la caboche. Rabaissée à l’état de village pauvre et moindre, cette terre n’était plus très conseillée aux touristes et autres voyageurs dont le but reste indéterminé. Pourtant, c’était là bas que Kisagi voulait absolument aller. Pourquoi ? Il n’avait pas à fournir la quelconque justification à sa « chose ». L’air était frais, et était la seule source de bruit dans tous les environs, ce qui créait une atmosphère particulièrement lourde. Les pas lents de la jeune femme fait rouler les graviers sous ses pieds, comme si tout cherchait à la dissuader de s’approcher. Elle manqua d’ailleurs de trébucher une bonne dizaine de fois. C’est salie par la poussière des roches qu’elle s’approcha, timidement des portes désertes. « Y a-t-il quelqu’un ? » L’unique son du silence résonna, laissant la jeune femme perplexe tant bien sur sa façon d’agir que sur ses raisons de sa présence. Elle pivota la tête, cherchant désespérément Kisagi du regard, mais il n’était pas dans son champ de vision… Posant un pieds, puis l’autre, elle se décida à commencer l’exploration des vestiges de la cité. Mais elle n’eut pas vraiment le temps de faire le tour. Des loubards s’étaient tranquillement camouflés, comme attendant la proie bien patiemment. Elle n’eut pas le temps de dire le moindre mot lorsque l’un d’entre eux l’attrapa en posant sa main sur sa bouche et sa lame sur sa gorge. Evidemment, un malheur n’arrive jamais seul, et ainsi les autres vinrent se montrer, et ici commença une véritable boucherie pour l’âme d’Hanako. L’acte était encore plus répugnant par le fait de la répétition et des remarques qui s’en suivaient, d’autant plus qu’elle savait que Kisagi voyait ce qui se passait. Et pour une fois, il ne bougea pas le petit doigt… C’est à ce moment précis qu’Hanako se sentit trahie, et qu’elle comprit que sa relation n’avait jamais été saine, et ne le sera jamais avec un être pareil. Les horreurs s’enchainèrent, et il ne fit rien, non, comme s’il regardait la scène. Le temps sembla en suspend, au vue de la durée qui lui semblait interminable. Elle n’était donc vu que comme une chose, un jouet ? Cela ne pouvait perdurer. Ce n’était pas ainsi qu’on éduquait une Tanaka. Bientôt, il lui faudrait trouver une échappatoire. Alors qu’ils l’abandonnèrent là, au milieu des gravas, les vêtements déchirés, arrachés, elle ne sentait même plus son cœur battre dans sa poitrine. L’envie de vomir lui tenait l’estomac, et le dégoût lui coulait de la commissure de la bouche. Perdue au milieu d’un rien, elle ne bougeait plus, se laissant échouée sur le sol, tremblante de froid et de colère : Il n’avait rien fait. Dans son méandre de pensée, tout s’emmêlait, même la confusion. Elle fut tirer de ses torpeurs par un bruit de pas qui s’approchait. Bien que la peur soit lisible sur son visage, elle ne voulait et ne pouvait plus bouger. Elle aurait préféré mourir là, ici et maintenant. C’était lui, du haut de sa carrure immense, il lui dévoilé son visage, Kisagi… A la base, c’était un jeune homme d’une beauté incroyable, dommage qu’il soit aussi pourri que pourrait l’être une charogne au fond d’un trou sous terre… Tout ce qu’il fit, c’est frapper, encore et encore et répétant qu’elle n’est bonne à rien. Elle le savait, sinon, elle n’aurait jamais voyagé avec un pareil monstre ! Mais pour survivre, il fallait souvent se briser sous l’illogisme et la peur. Elle voulait vivre, mais pas ainsi, c’est une manière tellement affreuse, et rabaissant pour l’héritière d’un nom. Son regard était vide, et elle ne laissa aucun son quitter son corps sous les coups. Il pouvait la battre à mort, elle ne crierait pas, elle ne supplierait pas. En ce jour, il fallait changer, changer pour devenir autre qu’une proie… A ce stade, on ne peut plus nommer ça de la bonté : Hanako avait grandi en même temps que son idiotie. Lorsque la pluie de coups cessa, Kisagi disparu, laissant pour seuls témoins les bleus et les hématomes… La jeune femme se redressa lentement, cherchant d’un regard fuyard celui qui c’était évanouie dans l’immensité du décor… Elle se cacha sous les dédales et les poussières, jusqu’à revoir le Nuke qui la cherchait, avec un air inquiet. Elle retenait son souffle et ses colères, attendant que l’orage ne parte, pour pouvoir à son tour déguerpir. Ce ne fut pas simple, car il resta dans le village un très long moment à la recherche de sa « chose », et l’absence de cette dernière lui incrusta un rictus énerver au travers de ses traits si fins… Après son départ, Hanako resta une journée de plus sur place, afin d’être sur qu’il ne soit pas là, à guetter. Il y avait des avantages à trainer partout comme une mendiante : la faim et la soif, au bout de dix ans, n’était plus un problème sur des périodes d’une journée, elle n’eut donc aucun mal, si ce n’est mental, à rester tranquillement à attendre que la nuit se pose. Et c’est alors que la Lune régnait en seule monarque dans le ciel, que la jeune femme s’enfuit, pour ne jamais tourner la tête derrière elle. Peu importait sa direction, elle n’avait aucune destination, la seule chose à retenir : c’était fuir au plus loin de lui. C’était après un périple d’environ trois semaines, passées entre terre et mer, qu’elle finit par trouver une terre d’asile… Cachée au creux du pays de l’eau, elle vécut à l’ombre d’une cascade, clandestinement, attendant que les jours tournent.
Cette année ne fut ni la plus courte, ni la plus simple. Elle revit tout, toute sa vie, ses habitudes. Fort heureusement, elle se contentait de peu, et ainsi, elle ne fut guère ennuyée à se passer de choses futiles sous la menace, elle savait ce qu’elle encourait . Elle changea de rythme de vie, préférant vivre d’une façon nocturne, pour croiser moins de monde, et avoir la possibilité de se cacher aisément. Il était aussi plus simple pour elle de chercher de quoi manger à l’abris des regards. Mais son but premier, en faisant tout pour rester loin de Kisagi, c’était de s’entrainer pour devenir autonome. Il y a une chose qu’un homme ne pourra jamais retirer à une femme, c’est sa volonté. Et Hanako, après avoir prit conscience qu’elle n’était pas entrain de vivre, mais de survivre, avait acquis une volonté particulière quand à l’objet de ses recherches. Et dans toute recherche, il y a la pratique. Pour commencer, la jeune femme devait apprendre une chose : il ne fallait rien attendre des autres et ne compter que sur soi. Le monde est bien plus dur qu’elle ne voulait l’admettre, et aucun beau sourire n’y a changé quelque chose. La vie aujourd’hui n’a plus rien à voir avec la beauté du passé, à l’époque où elle était protégée par le secret dans sa bibliothèque dorée. Même le feu, le sang et les cris qui avaient rompu cette belle époque n’avaient pas percuté suffisamment l’enfant à ce temps, pour lui faire réaliser la dureté de la vie. Mais tout était bien révolu, et le temps avait fait son œuvre, la fleur fana, et un nouveau allait éclore. Malheureusement, elle éclora plus noire, et protégée de piquants cette fois. En se renforçant, néanmoins, elle perdit de son parfum, de sa saveur. Oui, le monde n’était pas si beau, mais la colère la fit voir encore plus laid, encore plus noir, et comme si ses veines se voyaient transporter de l’encre, peu à peu, les ténèbres de la rancœur s’éprirent de son cœur… C’est vrai, cela endurcit, mais cela aveugle aussi…


Lorsque se brouille la confusion...


Dernière édition par Hanako Tanaka le Dim 14 Fév - 20:10, édité 2 fois

MessageSujet: Re: La Renaissance [Rupture de 4 ans]   Dim 14 Fév - 18:00

La cécité, le pire moyen qu’emploie la confusion pour vous faire suivre un chemin loin de celui de la raison. Plus Hanako avançait, et moins la lumière était présente. L’ombre se mêlait à la brume, possédés d’attentions malsaines. L’année s’écoulait avec une lenteur machiavélique qui n’avait pour ambition que de faire subir les pires tourments… Le premier commandement fut la solitude. En effet, l’aboutissement de cette première année était le poids de l’absence : il n’y avait plus personne avec elle, plus personne pour venir lui parler. Ce fut un déclencheur terrible pour la suite des évènements…
En effet, sa deuxième année d’exil s’axa énormément autour de ce manque. La solitude, triste sentiment que de se sentir en marge, abandonnée du reste et seule à pouvoir s’apitoyer sur son sort. Tout commença lors d’une sortie nocturne. La lune était voilée derrière un épais masque de nuages, ce qui conférait une obscurité presque totale à tout le lieu. La faim la guidait dans son entreprise de chasse, il était tant qu’elle reprenne des forces. Il n’y avait pas énormément de quoi chasser dans ce coin, cependant, une bonne rencontre était toujours à envisager, sinon, la jeune femme s’accoutumait des fruits de ses trouvailles, végétaux et autres baies. Chacun de ses pas était léger, ses pieds nus caressaient le sol humide. L’habitude lui permettait de ne plus s’écorcher sur les pierres qui subissaient les colères de la chute d’eau. Elle marchait, telle un fantôme, elle flottait presque. Sa rigueur l’avait menée à dépasser certaines de ses habitudes, comme de trop vouloir compter sur ce sur quoi elle se reposait. C’était une des causes principales de ses chutes répétées. La confiance, elle en avait trop, sans en avoir elle-même, c’était quelque chose qu’elle ne pouvait apprendre que seule. Peu à peu, elle avait commencé à prendre plus d’assurance… La nuit laissait les reflets bleutés de ses cheveux s’exprimer, créant un rythme presque aqueux, qui suivait les ondes. Un petit souffle frais vint faire valser ses fils comme des algues suivant le courant. Cependant, elle avait sur le visage une expression crispée, froide et lassée, comme si, jusqu’à présent, tout n’était qu’ennui. Il lui manquait l’étincelle qui provoquait son amusement. Sa démarche féline montrait plutôt un caractère hostile, comme celui d’un prédateur face à une proie. Constamment sur ses gardes, elle se déplaçait, armée, et évitait chacun des contacts humains pouvant se réaliser. Elle s’élançait, conquérante, à la recherche de quelques choses à manger. Un soupir suinta d’un feuillage dense, et à peine l’eut-elle ouïe qu’elle s’élança sur une branche. Un bruissement d’aile, un croassement, et un craquement sourd. Puis à nouveau le silence. La jeune femme était là, sur une branche, accroupit, les cheveux devant le visage, tenant dans sa main la dépouille d’un oiseau suffisamment gros pour lui servir de repas. Un rictus sadique se dessina sur ses lèvres, et elle disparut, comme elle fut venue, se laissant choir de son piédestal. Elle opta pour une fuite, un départ rapide, et sans retour : un aller simple pour son domaine. C’était un endroit bien modeste : de la pierre, assez coupante et rapeuse, c’était tout. Il n’y avait comme aménagement, c’était quelques roches posées en guise d’assise, et quelques creux en tant que rangement. Elle posa son dos contre la froideur immuable, et se laissa glisser jusqu’à se retrouver accroupie, et vouter au dessus de son gain. D’un geste insensible, elle arracha par poignée le plumage sombre de l’animal, commençant le nettoyage. Dès que la partie charnue fut propre, elle planta ses dents dedans et arracha la viande avec faim. C’était une scène bestiale, il n’y avait plus rien de commun avec la douceur qui était propre à la prédatrice. Elle ne laissa rien de côté, chaque partie de chair, accrochée aux os, elle alla jusqu’à les ronger avec appétit.


« Hmmm… Voila enfin un véritable repas. Finalement tu es bonne à quelque chose quand tu m’écoutes. Arrête, je ne t’ai pas plus écouté que les autres fois. Tiens, tiens, serais-tu en train de lever la voix sur moi ? Fais bien attention, je pourrais le prendre mal… Je ne monte pas la voix, je te demande juste d’arrêter de te croire supérieure à moi. Mais ma douce… Tu comprendras que je te suis nécessaire. Cesse ! »

Son poing serré vint s’écraser dans la paroi rocheuse. Un rictus de douleur s’inscrivit sur son visage, et elle se laissa tomber, en appuis sur ses genoux. Ses phalanges s’étaient toutes déplacées, ce qui lui infligeait une sensation incroyable. Elle venait de littéralement s’exploser la main, et elle ne pouvait s’en rendre compte mais trop tard. Sa respiration était haletante et son expression devint froide…


« Je te l’avais dis, tu es vraiment idiote quand tu veux. Tu es vraiment désagréable. Et toi, pas vraiment intéressante… »

Les voix s’alternaient : douce, aigre, capricieuse et hautaine. En une même parole, on pouvait distinguer l’ombre de deux personnages. C’était ça, les effets vicieux de la solitude. Après avoir commencé à se parler à elle-même, très vite, Hanako a fini par se rompre en deux entités opposées, ce qui fut la cause de ses nombreuses altercations physiques. Cela pouvait sembler surprenant, mais c’était normal. Hanako était une femme faible qui, de plus, avait subi de nombreux séquelles durant sa vie. Et il faut un jour le payer.
L’amalgame de ses troubles psychologiques avait crée un trouble du comportement, et celui-ci était plus que palpable. Tout a commencé lorsque la solitude l’avait amené à penser tout fort, comme pour se prouver qu’elle était encore en mesure de s’exprimer, ou alors, pour combler le terrible et lourd silence. Très vite, il lui fallait remplacer le silence par sa voix, puis, l’absence de dialogue vint s’installer. C’est ainsi qu’elle en était arrivée. Combler le dialogue, se replacer dans un régime de soumission : elle retranscrivait Kisagi en elle-même, elle en était arrivée bien bas. Ainsi fissurée entre deux courants de pensées, elle déclencha très rapidement une schizophrénie, comme en tant que moins de lutter contre son exil.


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Dernière édition par Hanako Tanaka le Mar 16 Fév - 0:01, édité 1 fois

MessageSujet: Re: La Renaissance [Rupture de 4 ans]   Mar 16 Fév - 0:01

La nouvelle identité fracturée en trois

Hanako est la première des trois personnalités, celle sans laquelle il n’y aurait pas tout ce sentiment d’inattendu face à ce corps de nymphe. Elle est l’auteur de ce qui peut sembler un jour être une forme de schizophrénie plus qu’avancée. En effet, ce personnage qui peut sembler psychologiquement faible, s’avère être, en réalité, d’une capacité mentale incroyable. Issue d’une famille ayant des pré disponibilités dans la perte de raison, elle a très vite apprit qu’entre folie et génie, il n’y a aucune différence. L’affable Fabulatrice a très vite développé ce que l’on pourrait appeler un trait qui prête à la ranger dans les « hors catégories » des normes définies par la bienséance. A la base, la jeune femme était quelqu’un qu’on pouvait qualifier de normal, dont la supériorité se faisait quant à son intelligence et à son esprit de déduction, sans cela, elle ne serait jamais ce fabuleux spécimen d’aujourd’hui. En effet, c’est grâce à une profonde connaissance de sa richesse psychique que Hanako a su se provoquer ce que les ignares appelleraient « Schizophrénie ». L’enjeu en est tout autre. Cette kunoichi a en effet su aller au-delà de bien des réalités. Après s’être étudiée pendant de longues années, en tentant de créer le profil du shinobi parfait grâce à de nombreux écrits quant à cet art Hanako a peu à peu joué avec les failles du cerveau, jusqu’au jour où elle est parvenue à briser les barrières mentales, et faire voler en éclats la psychologie trop structurée qu’elle s’était établit. Après avoir scindé son esprit et les liaisons internes de son cerveau, Hanako ne s’avéra n’être plus qu’une facette issu d’une enveloppe charnelle qui lui était sien, mais aussi autre. Elle a su conditionné ce qui pour elle est le shinobi parfait : trois ninja en un corps, tous les trois indépendants. Ce que l’un sait, l’autre ne le sait pas forcément, et le changement de personnalité peut s’effectuer d’une manière totalement volontaire. Néanmoins, chaque expérience ne peut être parfaite, bien que dans ses défauts, on y retrouve toute une utilité. Ce que cache ces mots, c’est que derrière les deux nouveaux visages qu’abrite le corps, se mêlent des handicaps sensitifs plus ou moins important, et dont chacun d’entre eux pourrait être considérer comme une entrave à l’existence de ninja.
Depuis ce jour, Hanako n’est plus vraiment la même : jeune femme vulgaire dans l’attitude comme parfois dans le parler, elle a un air loubard qui sait se mêler à une sensualité qu’elle aime manipuler. Tentatrice, manipulatrice, sadique, sensuelle, osée et sans gêne, elle se voit l’actrice des pires tourments pours la gente masculine, pour qui elle éprouve un malin plaisir à les torturer durant sa petite partie de poursuite, aussi alléchante que révoltante. C’est une jeune kunoichi particulièrement réfléchit, mais illogique, qui ne cherche refuge que dans l’art de l’alchimie charnelle. Dans ce petit jeu, elle aime se représenter telle une prédatrice à l’affut des ses proies, pour qui elle n’aura aucune pitié : la traque, la chasse, et le festin. Elle assume autant son corps que ses petits tours de passe-passe, et s’adonne volontiers à n’importe quelle proposition tant qu’elle y trouve le moindre intérêt. Malgré les apparences qui auraient plutôt tendance à l’illustrer telle une catin, elle n’en reste pas moins une jeune adepte de l’art de tuer, qui joue aussi bien de son corps pour le plaisir des ivresses, que pour l’orgie d’une agonie. Un personnage aussi psychotique que dérangée, elle n’en porte pourtant aucun trait physique, si ce n’est peut être sa démarche excessivement féline et aguicheuse. En effet, même si sa voix sait se montrer mielleuse, et son visage, attractif, aucun rictus de déraison ne vient jamais entacher sa beauté réelle, et illusoire… Femme de plaisir, femme d’un soir, elle n’est pas vraiment sédentaire : au contraire, la liberté est son idéal, et l’en priver, c’est chercher à réveiller son sadisme qu’elle a plus habitude de montrer pour jouer, plutôt que pour attaquer…

Meshii est la deuxième colocataire du corps, et étrangement, c’est celle-ci qui se voit la plus connue parmi ce monde. Elle est cause de beaucoup de fait : de mort, de vie, de soulèvement de société, et d’aberration idéologique. Qui pourrait penser qu’une femme pouvait être si dangereuse ?
Il y a de nombreuses choses qui font qu’elle n’est pas quelqu’un de normal, et ces choses sont presque toutes des entités psychiques, mis appart son désavantage face à la nature : Meshii est aveugle. Cette jeune femme, lorsqu’elle apparait, parvient à faire de son corps magnifique, un objet de dégoût et d’apeurement. Il semble devenir si froid, et sa blancheur lumineuse apparait comme s’il s’agissait d’un morceau de glace brute traversée par un rayon du soleil, ou par l’éclat timide de la lune. Tout chez elle se montre comme distant et hautain, comme si elle marchait sur un piédestal, tandis que les autres rampaient dans la boue. L’harmonie de ses traits parait si paradoxale que l’idée que ce soit un piège anguleux noue constamment la gorge de ceux qui portent leur regard sur son velours. Tout ce qui peut être vrai chez elle, ce sont ses yeux. Comme deux piques prêts à vous lacérer chacun des organes qui constituent un corps, congeler chaque parcelle d’humanité, et semer le trouble au sein de la propre pensée de chacun. Ses yeux sont mortels, si attractifs, mais si captivant, on ne sort de cette absinthe que lorsque la déesse le décide, et il s’agit souvent d’y laisser ses plumes. Meshii est la pire de toutes, celle sur qui on prit pour ne pas la croiser. Femme de pouvoir et de savoir, elle manie aussi bien les lames que les stratagèmes… Poison venimeux qui vous emplit les veines, elle a un certain côté additif. Sa présent vous devient vitale, une femme fatale comme elle l’est, à son apogée, ne peut laisser que des séquelles, des plaies béantes dans les poitrines, en espérant que ça ne soit qu’un sens figuré. Elle est dans un point de mesure une psychopathe dont on ne peut connaitre aucune de ses réactions au préalable. Elle peut être une criminelle raffinée dont la recherche artistique serait de ne laisser aucune trace sur le corps, ne voir aucune goutte de sang, tout comme elle peut rechercher un esthétique dans la profusion d’un sang qui est loin d’être de sa majesté. Que sa soit sa froideur physique, ou son incapacité à pouvoir parler, l’alchimie créée la rend terriblement oppressante et angoissante : Elle est d’une parfaite indifférence, face à l’amour, face à l’amitié, face à la vie, face à la mort, comme si elle n’était pas une vivante, mais son ombre, muette, qui suit sans se détacher de son concepteur, mais sans pour autant s’impliquer.
S’il n’y avait que ça. C’est une kunoichi hors du commun qui a sa propre conception de la vie, une conception basée sur ce qu’elle nomme l’ « idylle du paroxysme ». C’est une manière originale de s’accaparer la philosophie et de la détourner pour faire en sorte d’avoir toutes les bonnes pensées, et se justifier des crimes. En effet, Meshii part du principe qu’elle est un tout, un tout qui brille de son plus bel éclat, tandis que le reste ne rayonne même pas au contact de sa lumière. Elle est le centre de tout ce qui peut être, et il n’y en a que pour elle. Cette arrogance ne se descelle que dans sa façon de faire ses choix, et quant à la mégalomanie, sa gestuelle en est un bon témoin. Très ample, cherchant à quérir tout l’espace possible et imaginable, elle est volatile…
Il faut se méfier du silence, on ne sait pas qui y guette…

Shin est une femme qui marche énormément suivant ses intuitions, et selon l’écoute de ses sens puisqu’elle est dépourvue de toutes capacités à s‘exprimer oralement, il n’y avait que du silence. Troisième personnalité d‘Hanako, elle est cependant le parfait contraste entre chacune des deux autres. D’une patience interminable, et d’une douceur qui ne peut être plus pure, elle s’adonne à la passion pour l’art, quelque soit sa forme, et va jusqu’à tous les pratiquer, malgré son handicap. Ouverte à toutes conversations, elle est quelqu’un qui aime apprendre et enseigner, recherchant toujours à élargir sa culture et ses connaissances. Elle a de propre, une attitude très précieuse, axée autour de la sagesse et des belles choses, celles qui touchent en pleins le cœur, et non par une quelconque tentative de séduction de l’œil. Elle attache une grande importance quant à la façon de faire : elle doit toujours être exemplaire. Aucune bavure, aucune marque, elle ne veut pas se voir rater la moindre tache, même s’il s’agit de tuer… Obéissante et disciplinée, il ne suffit que d’un impératif pour la voir commettre l’irréparable. Elle s’exécute, même si parfois c’est à contrecœur : on n’a jamais appris à un soldat, même des plus savants, à réfuter un ordre. Shin peut être altruiste au naturelle, il suffit de lui demander d’achever pour qu’elle le fasse, peu importe qui, comment, seul le pourquoi peut être source de débat. Elle avait trouvé un moyen de mêler sa passion avec une solution pour parer son handicap. L’art musical était son échappatoire, elle ne se sépare jamais de sa flûte traversière, le seul outil qui lui permet de « parler ». L’accord des sons et l’harmonie peut se voir très significatif pour quelqu’un qui aurait la présence d’esprit suffisante pour communiquer avec elle. Shin est une personne complexe, souvent prise pour un fantôme car sa présence est discrète et qu’elle est dotée d’une incroyable légèreté : elle semble presque flotter. Elle est cependant la plus dure personnalité à captiver, et lier un lien avec elle est une chose qui n’est pas simple.
Cette alchimie au sein d’un même corps avait été volontaire, et cet acte n’avait rien de lâche. Hanako s’est souvent vue qualifier de faible, de quelqu’un de soumis, néanmoins, les trois années passées en ermite avait procuré une véritable armure autour de son cœur. Cependant, c’était sa tête qui avait pendant un temps cédé, en créant un profil qui se voulait dominant. Bien que cela la renforçait, ça a très vite dégénéré. En réalité, la personnalité qui s’immisçait en Hanako s’avérait de plus en plus malsaine, si bien que la jeune femme à donc chercher à se débarrasser de la vermine qui commençait à la pourrir de l’intérieur. Cependant, Shin et Meshii ne sont pas arrivées par hasard :
Tout commença par une lassitude. La perte d’envie de lutter contre soi-même. Hanako se sentait oppressée et avait l’impression de régresser dans son idéal. Sa décision fut sans appel, il fallait faire cesser cette mascarade. Ce qui la sauva, ce fut sa mémoire. En effet, très jeune, la petite ingénue avait la malheureuse habitude de mettre son nez là où il ne devait pas être. Elle lisait, discrètement, des parchemins qui étaient ici pour être protégé des regards indiscrets. Mais jamais elle n’aurait cru qu’elle retiendrait une technique interdite. Cette technique était expérimentale : elle avait pour ambition de créer de parfaits petits soldats en séparant le cerveau pour trois identités, celles-ci servant chacune indépendamment. C’était une manière détournée de cacher des informations au sein même d’un esprit, en partant du principe qu’une personnalité n’enregistre pas les mêmes données que son autre. Hanako ne réalisa pas, à l’époque, de l’impact que cette lecture allait avoir sur sa vie.
Maintenant, elle avait vingt-trois ans, et elle se retrouva face à ses souvenirs. L’opportunité était trop belle. Elle pouvait se débarrasser de ses ennuis, et au-delà de cela, elle pouvait prétendre devenir quelqu’un de fort, et peut-être même gagnerait-elle en reconnaissance. C’est ainsi qu’elle en vint à exécuter quelque chose que beaucoup pourrait prendre pour de l’irresponsabilité. Elle fractura sa propre âme, et scinda le tout en sa seule enveloppe corporelle. C’est ainsi que naquirent ces deux nouvelles personnes. Cependant, comme toutes techniques nouvelles et trop audacieuses, il y a toujours un contrecoups, des effets non désirés. Si tout c’était passé ainsi, alors Hanako aurait tout eu du guerrier parfait pour la recherche d’informations, néanmoins, il y eu des séquelles inattendus : chacune des deux entités fraîchement venues ont reçu un handicap lié au sens… ce qui compromettait tout avenir brillant… Ainsi, son caractère et ses humeurs se retrouvèrent séparé par des comportements différents, des noms différents, et une mémoire totalement indépendante l’un de l’autre. Il y eu d’ailleurs de nombreux problèmes identitaires à ce propos : seule Hanako pouvait jouir d’avoir une enfance, même si celle-ci n’était pas glorieuse. Meshii et Shin se sont longtemps cherchés, jusqu’à ce que chacune s’invente une vie… Aujourd’hui, Hanako n’était qu’une de ses trois propres façades… Le tout était de savoir quand le faux et le vrai aller créer la confusion…



Lorsque se brouille la confusion...

MessageSujet: Re: La Renaissance [Rupture de 4 ans]   Mer 21 Avr - 20:15

Hanako : +38 XP

Plutôt pratique d'avoir une équipe de trois dans un seul corps =D
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MessageSujet: Re: La Renaissance [Rupture de 4 ans]   

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