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 AK001 - La mort aussi se prépare

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MessageSujet: AK001 - La mort aussi se prépare   Ven 12 Mar - 17:09

C’était un soleil un brin rouge qui se leva ce matin-là. Il avait quelque chose de sanglant, à la fois extraordinairement magnifique et d’effrayant. Il était encore très tôt, mais déjà sur le village de Konoha, l’astre commençait à poindre le bout de son nez, perçant les plus grandes cimes qui découpaient l’horizon. Il était ainsi, tout-puissant, maître chez lui et étonnement régulier. Malgré l’heure si peu avancée, Iki ouvrit les battants de sa fenêtre et fit quelques pas sur le petit balcon. Une cigarette à la main, il repensait à la veille. Une soirée bien peu agréable, se dit-il soudainement. Yasu n’était toujours pas revenu et elle pouvait être absolument n’importe où. A quelques heures du village ou six pieds sous terre bien loin de tout.

Le deuxième cas était peu probablement, c’était une Anbu. Et pas n’importe laquelle, c’était son Anbu. C’était possessif, particulièrement égoïste, mais ça avait ce brin charnelle qui lui plaisait bien. Et qui plairait bien moins à ses meurtriers.

Six heures tapantes, ce n’était pas une heure pour se lever. Mais étrangement, Iki n’avait rien trouvé de mieux à faire que de fumer quelques cigarettes en se penchant sur un bouquin que lui avait laissé Tsubaki la semaine passée, puis de s’endormir sur son matelas, posé à même le sol. Logiquement, après une bonne nuit de sommeil, il s’était réveillé, un peu trop tôt à son gout. De sa main libre, il déplia la lettre cachetée d’un bon gros sceau à l’effigie du village. Il l’ouvrit, jeta un œil dessus et sourit. Keira n’avait pas chômé, mais pour une fois, une rare fois, elle ne s’était pas moquée de lui. La mission qu’elle lui proposait – même si proposer était un bien grand mot, il était shinobi, et comme tous les autres on le payait à exécuter les contrats. Et les contrats, à son grand damne, il ne les écrivait pas et, pire, il ne les choisissait pas – avait quelque chose d’un peu plus piquant que la précédente. Elle l’avait envoyé non loin d’ici, régler une vieille histoire d’inceste dans une riche famille aristocratique du sud du pays, qui s’amusait à détourner quelques marchandises dont le prix atteignait des sommets. Et puisque le montant était proportionnellement le même aux autorités du pays, personne ne s’était vraiment intéressé à eux. Dommage que les deux bâtards qui formaient la fin de la lignée n’aient pas réussi à s’entendre et se mettent sur la gueule. Dommage, c’était une belle affaire, ça avait l’air particulièrement rentable. Ca l’était.

Il n’était pas question de cela aujourd’hui. Une semaine après son intégration, Iki pensait qu’on lui enverrait un doux contrat avec une belle tête de déserteur au bout, qu’il pourrait ramener au village sur une belle pique tâchée de son sang. Du sang de sa proie, sa première proie. Cela y ressemblait, c’était tout comme en fait, mais cette fois il faisait cela en toute officialité, sans masque, sans précaution, seulement par la force de ses poings. Et peut-être bien avec sa tête, même s’il en doutait plus ou moins.

Le compte rendu était bref, bien trop bref à son gout et cela l’énervait déjà. Néanmoins, le défi était intéressant et ressemblait étrangement à un entraînement à son futur travail de traqueur. Il ne mentionnait que deux noms, celui du commanditaire et celui du destinataire, ainsi qu’une famille vaguement connue dans le pays. Rien d’autre. C’était assez pauvre pour une mission de rang A, mais il s’en contentait déjà.

[Iki] – Haneke Gennosuke, Haneke Gennosuke, un beau nom de vainqueur tiens.

Il tira joyeusement sur sa cigarette et regarda la fumée se dissiper lentement dans l’air encore frais de Konoha.

[Iki] – Où que toi sois, je te trouverais mon bonhomme.


***


Retrouver Etsu Honoka n’était pas une si mauvaise idée en soit. Mais devant l’excentricité potentielle de la jeune femme, Iki s’attendait au pire et préféra passer par des chemins plus détournés et sûrement plus efficaces. C’était une solution, et elle s’avèrerait sûrement être bonne, néanmoins il fallait une bonne dose de stupidité pour payer un village à retrouver un homme qui lui avait piqué une écharpe. Et qui, éventuellement, avait tué un de ses proches. Cela se tenait plus ou moins, néanmoins Iki ne s’attendait pas à trouver un discours parfaitement clair et cohérent dans la bouche d’Etsu.

Il était préférable, avec ce genre de femmes, d’avoir les cartes en main. Parce que s’il fallait une bonne dose de stupidité, comme il s’attendait à en trouver chez cette personne, il était clair qu’elle possédait surtout une bonne dose de petites pièces d’argent et qu’elle récompenserait gracieusement le village pour son dû. Et que pour la mort d’un homme, certains se persuadaient volontiers de la bonne fortune de cette opération. De manière générale, Iki mangeait la même nourriture que tous les autres et, toujours de manière générale, il fallait lui aussi qu’il se la paye. Et son compte en banque n’affichait pas assez de ronds pour qu’il puisse se permettre de raisonner sur les bienfaits moraux d’une telle entreprise.

Il balaya les rues vides de Konoha rapidement et se dirigea vers le bureau des archives, posté au sous-sol du bâtiment Hokage. Il pénétra les lieux sans porter attention au maigre personnel qui travaillait déjà et descendit une à une les marches des escaliers. Là, il tomba enfin sur les grandes archives du village. C’était une salle immense qui rayonnait de longues et hautes étagères dont l’épaisseur ne variait jamais et qui donnait l’impression que tout ce bazar littéraire et administratif était méticuleusement rangé. Iki doutait toutefois de cette impression, pour y avoir fourré une ou deux fois le nez. Aussi eut-il la prudence de se diriger directement vers le fond de la grande salle, à un large bureau où une jeune femme lisait tranquillement une livre assez épais pour qu’elle y passe sa petite semaine de fonctionnaire, confortablement installée dans un fauteuil de magistrat, répondant de temps à autres aux interrogations très peu intéressantes de gens qui, comme Iki, n’avaient qu’un début de commencement d’idée de là où il fallait mettre les pieds.

L’odeur du tabac froid le devança rapidement. La jeune femme releva la tête avec un sourire honnête, quoi que relativement déformé par la fatigue qui se lisait facilement sur le reste de son visage. D’un geste sûr de la main, elle rabattit quelques mèches brunes en bataille derrière son oreille et posa son regard sur lui.

[Iki] – Salut.

Il sourit, amusé.

[Iki] - J'espère que je ne vous dérange pas, il y a affluence ce matin.

Elle lui répondit par un même sourire, heureuse de toucher d'un peu d'ironie aussi tôt dans la journée.

[Iki] – Je cherche tout ce qui toucherait à la famille Gennosuke, à Konoha et dans le Pays du Feu, c'est important. Et c'est urgent.

La jeune femme le regarda fixement et pointa un sourire étincellant.

[…] – Attendez un instant.

Elle s’éclipsa juste un instant dans une arrière salle dont elle semblait être la seule à y avoir accès et en ressortit avec un petit cahier, épaissi par des feuilles qui s’entrelaçaient dans une organisation inexistante et dont la couverture était usé par le temps et peut-être bien par l’usage. Elle posa également une chemise cartonnée, sans y porter grande attention. L’archiviste se rassit et ouvrit le cahier, concentré sur les données qui s’y trouvaient, cherchant du bout du doigt quelque chose qui pourrait les intéresser.

[…] – Il existe une seule lignée de Gennosuke recensée. Aujourd'hui, elle ne compte plus que deux personnes encore en vie : Yûri Gennosuke et son fils Hanataro Gennosuke. Vous trouverez leur adresse ici...

Iki imprima ces noms dans sa mémoire et passa rapidement à autre chose. La jeune femme ouvrit la pochette en carton, qui paraissait bien plus officielle que le reste - comme de vieux dossiers qu’on aurait trié à la va-vite et qu’on aurait posé-là en laissant une note identifiant clairement des informations sur cette famille. Elle en sortit une simple feuille qu’Iki attrapa nonchalamment de la main et lut d’un coup d’œil rapide. Il plia aussitôt la feuille en quatre et la lâcha dans l’une des poches de sa veste.

La jeune femme tira toutefois son attention vers une autre information, avec le même sourire plaisant et généreux. Presque trop.

[…] – Si ça peut vous intéresser, j'ai également trouvé une famille du même nom domiciliée à Kumo. Je ne sais pas si ces deux familles ont un quelconque lien commun mais elles portent le même nom.

Iki haussa les épaules et afficha une moue dubitative.

[Iki] - Mouais, Kumo c'est encore trop loin pour moi. Donnez quand même, on ne sait jamais, j'aimerais autant ne pas avoir à revenir ici.

Il faillit se retourner avant d’attirer l’attention de la jeune femme sur un point qui lui revint subitement à l’esprit et qu’il avait jusqu’ici plus ou moins négligé, plus par choix. Mais il menait une mission plus qu’importante et dans un long soupir, il se persuada que toute information bonne à prendre, même s’il devait en assumer les conséquences. Et ce genre de conséquences seraient très, très lourdes.

[Iki] - Ah une dernière chose. Vous savez où je peux contacter Etsu Honoka ? Une adresse, un village ? C'est une riche personne, ça devrait laisser des traces ces machins-là.

L’archiviste afficha des yeux ronds, peu enclin à répondre à cette pointe de sarcasme qu’elle ne comprenait décidemment pas mais qui avait toujours amusé le shinobi. Aussitôt après, elle se remit à fouiller dans tous ses papiers avec une vigueur presque folle, comme une transe dont il ne comprenait pas les tenants. Mais il se dit qu’il devait ressembler à peu près à ça en combat – ou au lit – et qu’à chacun son travail, chacun son plaisir, chacun sa méthode.

Non, vraiment, c’était un sale métier.

[…] – Etsu Honoka ? ... moui... Etsu, Etsu, Etsu... Honoka... j'ai déjà entendu ce nom quelque part…

Du bout du doigt, elle sortit une clé de la poche de son pantalon et la titilla avec un air satisfait, dont le succès qui dépendrait de cette initiative n’enjouait qu’elle et ouvrit un tiroir de son bureau. Elle en sortit un pile de registre qu’elle feuilleta avec la même frénésie effrayante et leva finalement un doigt vainqueur en levant les yeux vers Iki, qui affichait une mine un peu inquiète quant à l’état de son vis-à-vis, déjà si nerveuse et affligeante de sérieux et de passion pour son travail si tôt le matin.

[…] – Shimisu, un tout petit village à une heure de route d'ici, direction nord-est. Je n'ai pas d'autres précisions.

Iki lui sourit à peine et sans un merci, se retourna et quitta la petite pièce.
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MessageSujet: Re: AK001 - La mort aussi se prépare   Mar 16 Mar - 3:04

C’était une grande bâtisse implantée au beau milieu des quartiers populaires de Konoha. Elle était clairement identifiable et particulièrement visible puisqu’elle possédait un terrain bien plus grand que la grande majorité de toutes les autres habitations qui l’entouraient. Bien plus ancienne que le reste du quartier, elle ressemblait au bastion d’un tout autre temps, un temps révolu, auquel elle avait résisté tant bien que mal. Les hommes avaient détruits, construits, puis détruits à nouveau et reconstruits encore pour que le paysage ressemble au Konoha d’aujourd’hui mais elle, elle était toujours là, formidablement insolente et finalement formidablement belle comparée à son état, bien moins reluisant. Le temps s’était pris d’un amour fou pour cette bâtisse et avait laissé le lierre et la vigne vierge s’accoupler avec passion aux pierres qui composaient les murs, et montait doucement mais sûrement jusqu’à la toiture qui reposait sur une puissante charpente de bois. Ca et là, quelques puissantes toiles d’araignées indiquaient un manque cruel d’entretient et rendait à l’habitation son côté magique et un peu glauque à la fois.

Iki leva les yeux sur les deux étages et sourit. Lentement, il sonda les deux fenêtres qui donnaient sur la ruelle, quelques ombres lointaines lui indiquant qu’il y avait bien âme qui vivent encore en ces lieux. Son regard se déporta méthodiquement sur le grand jardin qui entourait la maison et qui devait se prolonger un peu plus loin derrière. Satisfait, il ouvrit le loquet du petit portail de métal et s’avança tranquillement le long de la courte allée qui menait au grand perron qui précédait la porte.

Sa main frappa trois fois contre le bois. La porte coulissa dans un crissement aigu, laissant deviner de vieilles armatures usées et fatiguées de s’ouvrir et de se fermer à longueur de journée depuis des dizaines d’années. Iki afficha un visage surprit lorsqu’il qu’un long couloir vide en face de lui, jusqu’à ce qu’il se rende compte que c’était un gamin de huit ou neuf ans qui venait de lui ouvrir. Pas bien haut, il gigotait follement sur ses deux petites guibolles et jouait de ses mèches brunes. Subitement, l’enfant s’immobilisa et ses pupilles brunes se posèrent sur lui et s’élargirent anormalement. Iki suivit, amusé, le regard de l’enfant et comprit très vite qu’il restait en admiration devant son imposante carrure, ou peut-être bien devant le bandeau qu’il portait sur son bras gauche.

[?] – Wooaaah ! Vous êtes un ninja ?

Quelques pas lointains firent grincer le parquet du couloir, à l’intérieur de la bâtisse mais ne vinrent pas jusqu’à eux. Le grincement s’arrêta quelques mètres plus loin, sans que personne n’arrive. Soudainement, une voix féminine légèrement étouffée par la distance sortit du couloir et les interpella.

[?] – Hanataro, à qui parles-tu ?

Hanataro. C’était un joli nom, quoi qu’un peu dur à prononcer, probablement une syllabe trop long. Iki sourit intérieurement et posa son regard sur le jeune garçon qui ne semblait pas prendre attention de la voix derrière lui, préférant dévisager l’étranger qui frappait à sa porte. Et pas n’importe quel étranger !

[Hanataro] – Comment vous vous appelez ?

Le Juunin lui lança un sourire sympathique, quoi que pas tout à fait sincère, mais juste assez bien joué pour qu’il paraisse assez crédible aux yeux de l’enfant. Il n’avait jamais été confronté à ce genre de situation, d’ailleurs, il ne s’était jamais posé la question de savoir s’il entendait un jour avoir des enfants. Il n’avait pas eu une enfance normale, une enfance digne de ce nom. Chacun de ses souvenirs de gamins étaient mués par le désir d’être plus fort et comblé par l’entraînement avide et poussé de Kawazi, dans un univers unique. Et Iki n’était pas un homme particulièrement sociable. Néanmoins le challenge l’intéressait et l’amusait.

[Iki] – Salut, je suis Iki Namikaze.

Il s’agenouilla face à l’enfant et son sourire s’élargit finalement en quelque chose de beaucoup plus sincère. Un sourire qui venait plus ou moins de son cœur, du moins était-ce ce dont il se persuadait et sa voix devint bien plus agréable qu’à l’accoutumée, presque sage.

[Iki] - Et oui, je suis bien un shinobi, mais ne le crie pas trop fort, c'est un secret. Juste entre toi et moi.

Il passa une main amicale dans les cheveux bruns de l'enfant.

[Iki] - C'est d'accord ?

L’enfant esquissa un sourire amusé et leva subitement les yeux vers le haut et haussa sa voix.

[Hanataro] – Je parle à Iki Namikaze !

Iki lui lança un petit clin d’œil discret lorsqu’il comprit que l’enfant venait d’omettre qu’il était shinobi. Et finalement, cela le soulager, il évitait ainsi les frasques d’un adulte qu’il n’avait pas particulièrement envie de rencontrer pour le moment.

[?] – Iki quoi ? Encore un de tes amis imaginaires je suppose.

[Hanataro] – Non, celui-là il est bien vrai !

D’un geste vif et impatient de la main, il claqua la porte derrière, comme ennuyé par cette voix qui l’embêtait et qui, de toute manière, ne le prenait jamais au sérieux. C’était un petit jeu que l’enfant semblait toutefois comprendre et dont il commençait à jouer lui-même.

Il se concentra finalement bien explicitement sur le bandeau d’Iki, toujours agenouillé devant lui, qui suivait l’échange avec amusement. Du bout du doigt, il toucha la plaque de métal et le retira aussitôt.

[Hanataro] – Vous ne l'avez pas piqué à quelqu'un du village hein ?

Iki sourit, amusé par la réaction de l'enfant. Il fallait être un tantinet fou pour s’amuser à se trimballer tranquillement dans Konoha avec un faux bandeau, ou un bandeau volé, et, qui plus est, frapper à la porte de gens qu’il ne connaissait absolument pas et poser tout un tas de question tout en se faisant passer pour quelqu’un qu’il ne serait alors pas.

Il fallait être fou ou il fallait avoir l’imagination débordante et l’ignorance exhaustive d’un enfant de huit ans.

[Iki] - Non rassure-toi, c'est bien le mien. Je suis un vrai shinobi. D'ailleurs ...

Il passa un doigt dans la boucle du tissu qui retenait le bandeau à son bras et la défit. Rapidement, il rangea le bandeau dans la grande poche de son manteau.

[Iki] - Voila, comme ça, notre secret est scellé.

Hanataro dessina un sourire complice sur son visage et lui fit un clin d’œil grossier qui provoqua un rire léger chez Iki. Soudainement, les yeux de l’enfant changèrent d’expression et ses épaules, tendues par le plaisir tombèrent aussi sec. Il afficha une mine étrangement sérieuse, presque triste, comme s’il venait de comprendre que jouer un shinobi n’était pas un jeu pour les enfants mais bien une affaire d’adultes et que malgré son plaisir à discuter avec l’un d’eux, Hanataro devinait qu’il y avait une bonne raison à se retrouver face à Iki.

Et que, quelque part, il aurait peut-être préféré ne jamais le rencontrer.

[Hanataro] – Pourquoi vous êtes ici ?

Iki fut d’abord surpris. Et sa surprise ne se dissipa mais se transforma. Autant la question était directe et digne de l’insouciance d’un enfant, autant il lui semblait étonnant qu’un homme de si petite taille puisse si facilement percevoir les choses. Il ne les comprenait pas, c’était certain, mais il les percevait. Et il admirait presque cela.

Lentement, son esprit se mit à organiser les mots qui venaient à lui, afin qu’ils soient assez bien formulés pour que Hanataro en saisisse leur substance sans toutefois l’inquiéter outre mesure. Et d’une toute autre manière, il ne voulait pas lui mentir. C’était ce genre de situations qu’il redoutait : faire un choix entre la vérité, cruelle, violente, et le mirage d’une douce plage remplie de sable, bordée d’une mer et d’un ciel bleu.

[Iki] - Je suis venu prendre des nouvelles d'un bon ami à moi, un ami dont je n'ai plus entendu parler depuis quelques temps. Et cela m'inquiète. Tu comprends n'est-ce pas ?

Hanataro resta impénétrable puis hocha négativement de la tête. Iki laissa un bref soupir briser le silence.

[Iki] - Je cherche Haneke, tu le connais ?

Il grimaça étrangement – les enfants ont cette particularité, étrange donc, de pouvoir faire un peu tout et n’importe quoi avec leur visage – et imita Iki, dans un plus long et triste soupir.

[Hanataro] – ... non je ne sais pas qui c'est.

[?] – Je peux savoir qui vous êtes et ce que vous faîtes sur mon terrain ?

La voix était féminine, pas désagréable quoi que l’agressivité latente qui l’animait l’ankylosait amèrement. Iki se releva et se retourna sans sourciller, quoi que légèrement surpris par l’irruption de ce second personnage. Il avait été tellement pris dans son jeu avec Hanataro qu’il avait relâché toute son attention et s’était fait surprendre comme un vulgaire débutant. Mais il ne s’en voulut pas, le jeu en valait largement la chandelle, se dit-il en portant une dernière fois son regard sur Hanataro et sur sa bouille rose.

La femme était paraissait jeune, en tout cas il émanait d’elle une beauté qu’on ne pouvait ignorer, malgré la pointe de fermeté qui luisait dans le fond de son regard. Ses cheveux bouclés avaient la même couleur châtain que ceux d’Hanataro et son visage angélique resplendissait sur le bas du perron. Elle avait refermé ses bras sur un petit sac de course qu’elle tenait contre sa poitrine.

[?] – Hanataro, rentre à la maison s'il te plaît.

Hanataro baissa la tête, attristé, et retourna à l'intérieur, laissant Iki seul avec la jeune femme qui semblait être chez elle. Ou du moins, en avait-elle l’attitude.

Le Juunin fit un bref au revoir du regard à l’enfant et resta immobile.

[Iki] - C'est un chouette gamin que vous avez là, lâcha-t-il en souriant. Hanataro, c'est un joli nom.

Son visage se fit ensuite plus sérieux, et plus grave. Il plongea lentement sa main dans la poche de son manteau et en ressortit le bandeau de shinobi qu’il avait caché comme preuve de sa bonne volonté à Hanataro. Preuve d’une fausse confiance. Il le lia à son bras et porta un coup d’œil profond à la jeune femme.

[Iki] – Vous êtes Yûri Gennosuke ? Je m'appelle Iki Namikaze et je suis Juunin. Je suis à la recherche d'Haneke Gennosuke, j'aurais juste deux ou trois questions à vous poser.

Elle resta muette. Ses yeux se déportèrent évidemment très vite sur le bandeau à l’effigie du village puis, sans rien dire, elle le dépassa et s’arrêta sur le pas de la porte.

[Yûri] – C'est un bon garçon. Il porte le même nom que son père...

Yûri se déchaussa et invita Iki à l’imiter s’il désirait continuait cette conversation.

[Yûri] – Entrez, nous serons mieux à l'intérieur.
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MessageSujet: Re: AK001 - La mort aussi se prépare   Mar 16 Mar - 16:51

Iki resta immobile, fixé, concentré sur le visage angélique de Yûri. Elle était belle, vraiment très belle et il ne pouvait se demander ce qu’il ferait d’une femme comme celle-ci. Indirectement, ce qu’un shinobi comme Hanataro, son mari, avait fait d’une femme comme Yûri. Indéniablement, il avait du partir durant de longs jours, revenir, puis repartir encore. Le bougre, Yûri ne semblait pas âgée, sa beauté parlait pour elle, alors il ne devait pas l’être non plus. Mais il était mort, et elle était là, seule.

Quelque soit l’issue de sa mission, quelques soient les réponses aux questions qu’il se posait, Iki n’avait soudainement plus envie de poser son regard sur elle une dernière fois. Ce n’était pas tant une certaine forme d’amour qui l’intéressait, mais il craignait sa tristesse plus que toute autre chose. Elle la rendait si ferme, elle qui devait rayonner. Et puis il y avait Hanataro. C’était le premier enfant qu’il rencontrait. Oh, il en croisait très régulièrement un peu partout dans le village et à l’académie mais ils se mélangeaient à la foule comme une masse vulgaire qui se moquait de lui lorsqu’il leur tournait le dos ou qui préférait baisser les yeux en croisant son chemin. Il ne pensait pas que leur destinée soit liée, Iki ne croyait pas à ce genre d’inepties sombres et idiotes. Il savait juste qu’il avait envie de le revoir autrement que dans le cadre de sa mission et qu’il pourrait peut-être forcer sa motivation pour arriver à cette fin. Ca n’avait rien de magique, ça n’avait rien de divin. C’était juste une décision, qu’il avait prise.

Iki finalement la tête et accepta bien volontiers l’invitation de Yûri. Il aurait pu ne pas sortir son bandeau et jouer l’ami fidèle et acharné tout droit sorti de son imagination et ne jamais mêler le Haut Conseil à cette famille, et cela leur aurait peut-être été profitable. Mais il ne se sentait pas de leur mentir. Hanataro n’aurait rien dit, certes, mais Yûri l’aurait découvert d’une manière ou d’une autre. Peut-être bien quand elle verrait la tête d’Haneke sur un pieu qu’on hausserait fièrement au milieu du village. Mais non, de toute manière, il ne savait pas mentir, il ne mentait que rarement – ou trop, il ne savait pas encore – pour la simple raison qu’il avait toujours aimé dire la vérité, aussi dure et blessante soit-elle. C’était une manière d’exister, une manière d’ouvrir sa grande gueule et de se faire remarquer. Cela ne l’avait pas toujours servi.

Mais cette fois, il espérait que si.

Yûri s’enfonça dans le hall d’entrée. Ce n’était qu’une petite pièce carrée et peu profonde où elle entreposait justement les chaussures de ses invités et les vêtements qu’il paraissait inutile de conserver en intérieur. Iki se défit de sa veste mais préféra garder son armure. Un paon ne se défait jamais de sa queue, s’amusa-t-il à penser. D’un signe de la main, Yûri lui indiqua le salon, juste sur sa droite et l’invita à le découvrir par lui-même, disparaissant dans une autre pièce de la maison. Iki s’avança sans rien ajouter et découvrit la table basse entourée de quatre canapés individuels. Yûri réapparut très vite tenant entre ses mains un plateau. Elle s’agenouilla aux pieds de la petite table et transvasa les deux grandes tasses blanches et une petite théière fumante qu’elle ramenait de la cuisine. Là, elle posa le plateau au milieu et s’assit en face d’Iki avec la même mine songeuse. Celle qu’on peut arborer lorsqu’on reçoit chez soi un shinobi de Konoha aux allures de montagne et un Juunin, de surcroit.

Iki se dit que Yûri savait. Comme Hanataro, elle ne pouvait pas deviner la raison exacte de sa venue, mais elle savait. Qu’il n’y aurait rien à fêter dans son discours. Néanmoins, Iki préféra ne pas enfoncer le clou, pensant que l’ambiance était déjà assez tendue ainsi et que, malgré le lien plus ou moins fort qui liait sa proie à son hôte, il n’était pas question qu’il la juge sur ce point et uniquement sur ce point.

[Iki] – Vous possédez une très belle maison, Yûri, dit-il d'un air franc, contemplant les tableaux qui parsèment les murs.

Il sortit une cigarette de sa poche et la tint bien en évidence entre ses doigts, interrogeant Yûri du regard. Elle décocha un sourire bien trop éphémère parce que magnifique, mais il s’en contenta. C’était la première fois qu’elle lui souriait et Iki n’en demandait pas tant. De son autre main il fit craquer son briquet d’où jaillit une petite flamme rêche et alluma sa cigarette sans demander son reste.

[Yûri] – Vous aviez des questions à me poser il me semble ...

Son visage redevint lui-même, sérieux, sobre et froid. Pourtant, elle ne semblait pas lui en vouloir, sinon elle l’aurait déjà mis à la porte, elle ne l’aurait même pas invité à rentrer et l’aurait poliment jeté de son terrain. Et il l’aurait tout à fait compris et serait parti. Mais Yûri semblait comprendre qu’avec ou sans son aide, il parviendrait à ses fins et qu’elle se sentait assez confiante dans sa propre morale pour répondre franchement aux attentes du Juunin.

Iki n’était pas coutumier de ses situations. Il se demandait si son travail d’Oi-nin devait ressembler à ça. Dans son esprit, les interrogatoires étaient plus empruntés de violence et l’homme masqué ne devait pas perdre de temps dans ces commérages finalement peu importants, voire inutiles. Néanmoins, il ne portait pas son masque aujourd’hui, il était officiellement en mission et même si l’objectif de sa mission restait similaire et s’il devrait à un moment ou à un autre s’enquiller d’une traque intense. Haneke ne semblait pas être un imbécile, sinon il serait déjà en prison, ou mort – mais cela il l’était peut-être déjà également – et il ne se laisserait pas trouver aussi facilement. Iki comprit finalement que son expérience en la matière ne se résumait qu’à un bref aperçu de ce à quoi représentait la mort et qu’il n’avait jamais conclu ses missions que dans un bain de sang. Ses poings, toujours ses poings, ils étaient là pour régler ses problèmes et c’était pour cela qu’il représentait une place importante pour Konoha et pour Keira.

C’était nouveau, de réfléchir un peu avec sa tête, autrement qu’en frappant dans un tas de chair, en espérant que le coup ne soit plus rude que celui que son adversaire lui infligerait ensuite. Logiquement, l’attitude à avoir envers Yûri ne lui parut pas évidente. Il ne se sentait pas désarmé, il doutait seulement de la manière dont ses mots s’organiseraient dans sa bouche et de l’impact qu’ils auraient chez son interlocutrice. Plusieurs approches lui vinrent en tête, mais la seule qu’il retint fut finalement celle qui paraissait lui ressembler le plus, même si les formules de politesses et les discours respectueux n’avaient jamais fait son fort. La vérité, rien d’autre que la vérité.

[Iki] - Je vais être franc avec vous, Yûri. Quelqu'un a posé un contrat sur la tête d'Haneke Gennosuke et je suis celui qui doit honorer ce contrat. Ce ne sont pas des affaires qui regardent directement Konoha, ce ne sont donc pas des affaires qui me plaisent. C'est juste ... une grosse somme d'argent qu'on a posé sur un bureau en disant qu'un homme en avait tué un autre et que pour tout cet argent, le village pouvait tout de même s'en occuper.

Il posa ses coudes sur ses genoux et laissa ensuite son menton tomber sur ses deux mains entrelacées.

[Iki] - Je dois le retrouver et je suis ici pour que vous m'y aidiez. Parce qu'il porte vos gênes, les gênes de votre fils et que ce même fils a perdu son magnifique sourire lorsque j’ai prononcé son nom. Haneke Gennosuke. Il tira sur sa clope et laissa le silence imprégner le salon une ou deux secondes. Qui est-il ?

Yûri écouta avec attention, portant le même masque neutre et impénétrable. Rien de ce qu’Iki pouvait dire ne semblait la toucher et dans son simulacre de résistance, elle s’en sortait particulièrement bien. Iki avait prit cette voix rauque et profonde, un peu grave, juste assez dramatique pour que les mots qui sortaient de sa bouche ne soient pas que de vulgaire sons, mais des hallebardes aiguisés et mortelles. Des hallebardes qui inscrivaient leur message à même la peau. Chaque syllabe avait été soupesée, aucune liaison n’avait été oubliée. Iki avait parlé lentement afin de bien être compris. Mais Yûri ne dit rien. Elle se pencha en avant et versa la thé fumant dans une première tasse qu’elle tendit à son invité puis dans sa propre tasse qu’elle porta à ses lèvres sans les y poser, ses deux mains l’entourant comme s’il s’agissait d’un précieux trésor, de son propre enfant.

Elle se rassit et fixa Iki intensément.

[Yûri] – L'homme que vous cherchez est un très lointain cousin de mon défunt mari. Il n'appartient pas à la branche des Gennosuke de Konoha mais à celle de Kumo.

Elle posa finalement ses lèvres sur la tasse brûlante et avala une seule gorgée du breuvage dont l’odeur faisait déjà pressentir d’un gout précieux et délicat. Elle remit la tasse sur son socle et laissa glisser lentement ses mains sur ses cuisses puis redevint immobile.

[Yûri] – Nous l'avons rencontrés pour la première fois il y a de ça un an. Il s'est présenté ici et il nous a raconté qu'il était un membre de notre famille à la recherche de ses racines. Il nous a appris plus tard qu'il avait obtenu une permission de son village pour voyager. Il voulait connaître les Gennosuke du monde entier, ce qui avait le don de faire rire mon mari. Haneke était un bon garçon. Il était toujours souriant et il aimait beaucoup plaisanter, surtout avec Hanataro. Mon fils le vénérait.

Yûri avala de nouveau une petite quantité du thé et porta son regard vers la fenêtre qui donnait sur le jardin, à sa gauche.

[Yûri] – Il y a quatre mois, les funérailles de mon mari ont eu lieu. Haneke était présent, il paressait soucieux ou peut-être tout simplement attristé... quoi qu'il en soit nous ne l'avons plus revu depuis.

Lentement, ses yeux reprirent leur cible originelle et se posèrent sur Iki avec une petite pointe de tristesse difficilement identifiable mais bien présente.

[Yûri] – Hanataro en a beaucoup souffert.

Sans qu’Iki ne demande rien, Yûri continua de parler.

[Yûri] – Aussi mystérieuse que soit son existence, Haneke n'était pas mauvais. Vous me dîtes pourtant que sa tête a été mise à prix pour le meurtre d'un homme... je ne peux m'empêcher de croire que vous faîtes fausse route. Ce n'est pas dans sa nature. D'autant que Haneke est un ninja de Kumo. Il connaît mieux que quiconque les règles de cette vie.

Au plus profond de lui-même, c’est qu’Iki voulait entendre. Il ne croyait pas dans la bonne volonté des hommes, il ne leur faisait pas confiance et il les savait capable de toute sorte d’atrocités, mais Iki avait foi en Konoha et que Haneke vienne du Pays du Feu ou de celui de la Foudre, il était un shinobi et c’était une chose qu’il ne pouvait oublier. Cette idée de trahir son village et d’être trahi par l’un des siens ne l’atteignait pas encore, même s’il imaginait qu’à la longue, qu’à mesure qu’il traquerait des déserteurs, il s’y ferait et que cela le rendrait peut-être un peu plus noir encore qu’il ne l’était déjà. Ou un peu plus détaché. Mais un déserteur donnait d’excellentes raisons au Haut Conseil de s’occuper de son cas. Haneke n’en était pas un et chacune des accusations qu’on portait contre lui venait d’une tierce personne.

D’habitude, ces gens-là préfèrent rester dans l’ombre. Etsu Honoka avait étalé toute son arrogance et toute sa naïveté en criant haut et fort qu’elle était l’heureuse propriétaire d’une fortune immense et d’un contrat sur un shinobi. De Kumo ou de Konoha, cela lui était égal. C’était une erreur. Iki s’empara de la grande tasse et en avala une gorgée avec la satisfaction intérieure de faire quelque chose de bien. Ce n’était pas encore fait parce que, malgré la bonne foi de Yûri, il avait peut-être bien tué quelqu’un et que si cela s’avérait vrai, il paierait – et Iki serait intransigeant sur ce point – mais la chose se précisait. Il sentait déjà la langue râpeuse et sinistre d’Etsu lui lécher l’oreille lors de la première et prochaine rencontre. Et peut-être pas la dernière.

[Iki] - Je vous l'ai dit, avec de l'argent, on peut amener quelqu'un à faire n'importe quoi. On me demande ... Konoha me demande ... Quelqu'un a payé Konoha pour me demander de trouver cet homme, et de le tuer. Et je n'aime pas beaucoup cela.

Il laissa son esprit divaguer sur les murs de la maison, décrivant les grandes armoires de bois massif monter jusqu’au plafond et jetant son regard aléatoirement sur les grands bouquets de fleurs et les tableaux aux couleurs chaudes et reposantes qu’on avait posé dessus avec un un certain plaisir. Gennosuke, cette bâtisse, ces tableaux, cette richesse d’esprit. Le temps de leur puissance devait être beau.

[Iki] - Vous savez, j'ai fait quantité de missions et j'ai tué beaucoup d'hommes. Nous sommes des shinobi, des meurtriers, on nous apprend à tuer, peu importe comment, peu importe les conséquences, il suffit juste de vaincre et de survivre. Alors on prend le dernier souffle de quantité de personne. Des hommes, des femmes, des vieillards, des enfants, la différence ? Chacun d’eux avait la capacité d’en finir avec nous si l’on n’en finissait pas avec eux plus vite qu’ils ne pouvaient le faire. J’ai tué des enfants, et j’ai tué des vieillards et je n’en suis pas fier. Mais pour être honnête, je fais ça plutôt bien, sans trembler, sans même pleurer, même s’ils ne méritaient peut-être pas la mort.

Son regard se reposa sur Yûri.

[Iki] - Mais chacun de ses meurtres est ordonné par Konoha, par le village, pas notre village, et cela depuis tellement longtemps que je ne suis pas sûr que cela vous surprenne. Et lorsque le Haut Conseil m'envoie en mission, c'est parce qu'ils savent que cette mission est juste et que, si cet enfant ne méritait peut-être pas de mourir, s'il m'était insupportable de le tuer, cet enfant avait été choisi. Choisi par Konoha. Et Konoha ne choisit jamais ses cibles au hasard. Jamais. Il appuya ce mot. Jamais.. Il en était convaincu. Ce n'est pas Konoha qui a choisi Haneke, c'est une personne que je retrouverais elle aussi, parce que comme vous j'aurais quelques questions à lui poser et parce que depuis le début cette affaire ne me plait pas telle qu'elle est. Mais j'ai confiance en Konoha et le Haut Conseil a confiance en moi. Si la mort d'Haneke n'a plus lieu d'être, pour une raison ou pour une autre, alors ce contrat, je le déchirerais de mes propres mains. Et vous pouvez être sûre, Yûri, que j'en écrirais un autre moi-même pour retrouver les enfoirés qui auraient commis un tel crime. Mais vous savez aussi bien que moi que ...

Il tira sur sa cigarette et afficha un sourire compatissant.

[Iki] - J'ai besoin d'Haneke, j'ai besoin qu'il me prouve son innocence, parce qu'il n'y a que lui qui peut le faire. Et s'il ne l'est pas, alors je le tuerais. Mais d'une manière ou d'une autre je le retrouverais.

Yûri l’écouta attentivement. Rien de ce qu’il disait ne semblait vraiment la surprendre et Iki en fut satisfait. Il n’aurait supporté de devoir consoler une femme qui découvrait la très dure réalité de la vie, lui-même n’en comprenant pas tous les tenants et les aboutissements. Mais son regard froid et attentif et ses mains immobiles sur ses cuisses montraient toute la force qui ruisselait dans son âme. Une force bien fragile, il n’en doutait pas, mais une force à même d’entendre un homme qui annonçait la très probable mort d’un de ses cousins. Elle qui venait de perdre son mari, elle acceptait presque la mort d’un autre de ses proches sans broncher, comme si elle se demandait quand est-ce que le monde lui prendrait la vie de son fils et quand est-ce qu’elle la laisserait irrémédiablement seule.

[Yûri] – Mon mari faisait parti des forces spéciales. Ne me demandez pas comment je pouvais le savoir, je le savais. Il est des choses qu'une épouse ressent sans que cela ne trouve d'explication concrète. Je sais ce que votre contrat représente et je sais pertinemment qu'une raison, honnête ou malhonnête, a poussé le Haut Conseil à agir.

Iki hocha de la tête, remerciant sa compréhension à ce sujet. Il sortit enfin un morceau de papier maladroitement plié de sa poche, jeta un rapide coup d’œil dessus et le rangea aussitôt. Il se remit droit contre le dossier du petit canapé et son visage changea, comme sa voix. Iki laissa de côté son ton sombre et dramatique : il n’avait plus besoin de se faire comprendre, il n’avait plus besoin de rompre le masque que portait Yûri pour la convaincre de l’aider. Elle l’avait aidé sans donner aucune de ses raisons sinon sa confiance en son cousin et très certainement dans le jugement du shinobi qui venait à elle. C’était une réaction dangereuse.

Mais Iki s’en contenta, préférant se promettre à lui-même de satisfaire cette confiance et de ne pas la gâcher, même s’il pourrait tuer facilement Haneke quel que soit l’issue de son enquête et qu’elle n’en saurait probablement jamais rien. Dans le pire des cas, il se fichait pas mal de l’avis des gens. La colère d’une femme et d’une famille ne ferait que se mêler à celle de toutes les autres personnes qui le haïssait. Iki n’était plus vraiment à ça près. Mais à trop jouer avec le feu, on s’en brûle les ailes.

[Iki] - Mon rapport de mission indique que le cousin de votre mari a été vu plusieurs fois dans le Pays du Feu sans pouvoir le localiser précisément. Etes-vous au courant d'un quelconque pied à terre de votre famille ou de la branche de Kumo dans les environs ? Une seconde maison, un village auquel votre famille serait affiliée ? Une lointaine parente ?

Avec le même détachement, Yûri porta une troisième fois la tasse à sa bouche. Elle laissa Iki terminer ses interrogations purement pratiques, sourit à peine et répondit aussitôt, comme si elle avait déjà imaginé cette conversation et que dans le raisonnement plus ou moins juste du shinobi, il lui semblait parfaitement logique qu’il en arrive à cette conclusion. C’était parfaitement simple, Iki n’était pas venu pour prendre un peu de thé et pour discuter avec la lointaine cousine d’un Gennosuke considéré comme renégat. Il était là pour le retrouver, il le lui avait clairement et honnêtement dit sans trembler, sans douter, préférant jouer carte sur table.

[Yûri] – Il y a bien une maison, oui, mais ce n'était pas la sienne. Elle se trouve à deux heures de route d'ici environ, direction nord. C'est la première maison d'un tout petit village prénommé Okoru. Vous y trouverez une de ses nombreuses conquêtes. De mon avis, celle qu'il a gardé le plus longtemps.

Iki grava cet énième nom dans sa mémoire et ne répondit rien. C’est à ce moment-là qu’Hanataro réapparut dans l’entrée du salon. Sa petite tête dépassait légèrement comme s’il les espionnait tout en faisant bien attention d’être vu. C’était un jeu que seuls les enfants comprenaient et qui les liaient avec leur parent comme deux véritables complices. Espionner n’était parfois pas tant amusant que d’être trouvé, pensa Iki, amusé. Sans lâcher le shinobi du regard, Yûri dessina un petit sourire sur son visage blanc et devina la présence de son fils, quelque part dans l’entrée.

[Yûri] – S'il s'avère que Haneke est innocent, s'il vous plaît, faîtes-lui savoir qu'un petit garçon espère le revoir ici, lança-t-elle finalement, le ton bien plus bas comme pour éviter à son fils de l’entendre.

Iki hocha de la tête de bas en haut.

[Iki] - Je n'y manquerais pas.

Il tira sur sa cigarette, termina d'une traite sa petite tasse et se lèva aussitôt.

[Iki] - Je vous remercie pour votre hospitalité et pour votre aide, Yûri. Bonnes ou mauvaises, vous aurez de mes nouvelles. Prenez bien soin de lui, il a l’air de le mériter.

Il se tourna et avança vers la porte d'entrée. Sans s'arrêter, il passa à côté d'Hanataro et chuchote ces quelques mots, assez fort pour que Yûri l'entende sans que l'enfant ne doute qu'il soit le seul à participer à cette conversation. Et, du bout du doigt, il montra le bandeau attaché à son bras gauche.

[Iki] - N'oublie pas gamin, c’est notre secret.

MessageSujet: Re: AK001 - La mort aussi se prépare   Sam 27 Mar - 2:35

La première nuit, la pluie tomba goutte à goutte sur son pauvre corps rapiécer. Il se dissimula comme il le put sous les plus épais feuillages afin d’éviter le plus gros de l’averse. Mais le déluge était tel qu’il gagna le sol, gorgeant la terre au point de la rendre boueuse sous n’importe quel pied. Là encore, il resta immobile. Les insectes piégés par les torrents d’eau essayèrent de s’agripper vainement à lui. Sa douleur était si grande que même les pattes et les antennes des plus horribles insectes rampant ne réussissaient à le stimuler. Ils passaient sur lui comme l’eau qui coule.

Cette douleur lui remontait depuis le genou de sa jambe droite. Un genou brisé au milieu d’une jambe en bien mauvais état. Le tibia fracturé, une entaille profonde remontant du talon jusqu’aux muscles jumeaux, et une autre, plus superficielle, offrant une coupure nette sous le genou. Depuis que ces blessures lui avaient été causées, il était passé par différents stades de souffrance. D’abord, il avait sentit le bas de sa jambe se comprimer comme si quelqu’un avait cherché à l’emplâtrer. Peu après, un volcan s’était réveillé environ à la hauteur de son tibia, projetant comme des étincelles de chaleur qui lui remontaient désormais presque dans l’estomac. Même son front s’était mis à ruisseler de sueur sous l’effet de la chaleur. Une chaleur qu’il était bien le seul à ressentir par cette nuit pluvieuse. Finalement, le dernier stade s’était manifesté à l’aube du deuxième jour sous la forme d’une douleur lancinante capable d’aller et de venir le long de sa jambe. Une douleur horrible et en soit terrifiante. Il avait comme l’impression qu’on lui tailladait la jambe à coup de vitres brisées.

Au début, cette douleur lui arracha quelques cris mais progressivement il s’habitua à elle. A la tombée de la nuit, il ne criait plus. La faim y était sans doute pour quelque chose. Quarante huit heures sans manger laissait toujours des traces. Quant à boire ? La pluie diluvienne de la nuit précédente avait manqué de le noyer. Ce n’était donc pas l’eau qui lui avait le plus manqué. Dans son court sommeil — qui s’était enclenché plus par une extrême fatigue que par un réel besoin de dormir — il rêva des quelques mets de son enfance. De ceux que sa mère lui concoctait amoureusement quand il n’était encore qu’un pauvre gamin insouciant et peinant à s’asseoir correctement sur les bancs de l’école.

Le hasard des choses ou son malheur, l’avait conduit à vêtir la tenue des shinobis d’Oto, dit le village caché du Son. Comme nombre d’hommes et femmes, il s’était entraîné sans relâche pour devenir de ce qu’il était devenu. A savoir un vaillant Chuunin sur le point d’obtenir un précieux sésame pour la cour des Juunin.

Malheureusement, la mission qui était censé le mener à ce succès s’était révélée plus difficile qu’il ne l’avait imaginé. D’autant qu’un imprévu fort regrettable s’était interposé entre lui et la ligne d’arrivée : un duo particulièrement redoutable de nukenin du Pays de la Neige. Ils avaient croisés sa route à quelques mètres de la forêt où il se tenait, sur une route connue d’une grande majorité de voyageurs. Ils s’étaient montrés impitoyables avec lui… ses blessures étaient les seules choses qu’ils lui avaient laissés. Son argent, son équipement, tout lui avait été volé. Il avait pourtant essayé de les en empêcher mais l’un d’eux l’avait plongé dans une illusion si puissante qu’il lui sembla errer durant des jours et des jours dans un tunnel sans fin. Mais il ne pouvait que se réjouir tout compte fait. Il aurait tout aussi bien pu trouver la mort sur cette route mais il avait survécu… ou tout du moins ses adversaires avaient eu la bonté de lui laisser la vie sauve.

La douleur revint parcourir sa jambe de tout son long quand son regard discerna une vague lueur à travers les feuillages. Probablement le soleil qui se levait. Ses yeux d’un vert émeraude se fermèrent sous la torture. Tout son corps lui semblait pris d’une lourdeur indéfinissable. Même battre des cils était devenu une tâche difficile. Sa vie s’amenuisait à mesure que le temps s’écoulait. Ses forces le quittaient peu à peu dans un silence de mort que seul le bruissement des feuilles balayées par le vent pouvait apaisé. Probablement finirait-il ainsi, perdu au bord d’une route. Abandonné de tous, il périrait dans le silence de la forêt soit de fatigue, soit de faim.

En son âme et conscience, il aurait très bien pu se résoudre à une telle fin si seulement le coup du Destin n’avait pas décidé de placer quelqu’un sur sa route à ce moment là.

Daisuke ouvrit brusquement les yeux. Dans le rêve qu’il venait de faire, il lui semblait avoir entendu des bruits de pas s’approcher de lui. Des bruits de pas plus réels que jamais. En tendant un peu l’oreille, il les entendit plus clairement encore que dans son rêve. Quelqu’un approchait, probablement par la route.

Malgré la douleur, il essaya de se redresser sans grand succès. Sa jambe droite pesait trop lourd. Impression ou réalité, il ne pouvait pas bouger. S’il voulait avoir un espoir de sortir de cet enfer, il ne lui restait plus qu’une seule solution : crier. Prenant une profonde inspiration, il emmagasina un maximum d’air qu’il expulsa dans un cri ressemblant vaguement à celui d’une bête sauvage. Cela faisait maintenant trois jours qu’il n’avait plus parler à personne. Trois jours que ses cordes vocales n’avaient pas joués la moindre note. La machine était donc un peu enrouée.

Frappant machinalement son poing contre sa poitrine, il tenta un deuxième essai beaucoup plus concluant.

[Daisuke] – AU SECOURS ! A L’AIDE !

Daisuke pencha tant bien que mal sa tête en direction de la route pour mieux entendre. Les bruits de pas approchaient de sa position mais rien ne semblait indiquer que l’auteur de ces pas l’avait entendu.

[Daisuke] – AU SECOURS ! AIDEZ-MOI !

Cette fois-ci les bruits de pas cessèrent. Un élan d’espoir le submergea. Il sentit son cœur battre comme jamais contre sa poitrine. C’était comme si des ailes lui poussaient dans le dos et que d’une minute à l’autre il allait s’envoler dans les cieux. Il était sauvé. Il en était persuadé.

[Daisuke] – EST-CE QUE VOUS M’ENTENDEZ ? AU SECOURS !

Les bruits de pas reprirent. Ils semblaient se précipiter dans sa direction.

Il était sauvé !
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MessageSujet: Re: AK001 - La mort aussi se prépare   Lun 25 Oct - 23:19

C’était idiot de sa part. Idiot de penser que la bouille de l’enfant avait pu le choquer. Idiot de concevoir qu’une famille comme celle de Yûri méritait de vivre paisiblement. Idiot de percevoir la vie un peu différemment qu’à l’habitude. C’était idiot et stupide, d’avoir oublié à quel point l’amour, aussi destructeur puisse-t-il être, pouvait entourer la vie des hommes et des femmes dans ce foutu monde. Lui, qui n’avait jamais rien vécu d’autre qu’un monceau de haine dans un océan de tristesse … tout cela lui semblait dramatique, si honteusement dramatique, qu’il s’en voulait d’en vouloir au monde. La boucle, bouclée, en somme. La chaleur de cette maison lui manquait déjà, le sourire enchanté et malin de Hanataro, la douceur de sa mère, toute cette ambiance qui les entourait, malgré le calvaire, malgré le suplice que leur infligeait Haneke. Un lointain cousin, un mari défunt. Avait-il déjà assez côtoyé la mort pour la dédramatiser ? Il suffisait de deux disparitions pour ruiner une famille et cela, cela, il ne pouvait s’en contenter. C’était typiquement le genre d’injustice qui le répugnait. Et l’envie de faire quelque chose contre ça le rendait impatient. L’idée que quoi qu’il fasse, rien ne rentrerait dans l’ordre l’énervait. Iki sortit de la maison des Gennosuke déterminé. Il resserra le haut de sa veste et se dirigea tout droit vers les portes du village.

Il avait en sa possession plusieurs directions. La première, celle qui lui était venu en premier à l’esprit avait été de retrouver la commanditaire de sa mission afin de tirer certaines choses aux claires, notamment quant à la bonne conduite d’Haneke dans sa vie de shinobi, bonne conduite qui rendait cette mission illégitime à ses yeux. Mais à ses yeux seulement et sans preuve, il lui semblait bien inutile d’aller fatiguer une jeune femme bien assez riche pour imposer sa loi aux ordres de mission de Konoha, ou du moins leur montrer la direction à adopter. Si bien qu’Iki opta pour une deuxième solution, celle de retrouver Haneke, en bonne et due forme. Et là, surpassant sans nul doute ses fonctions, il se ferait justice lui-même et statuerait, seul, de la bonne conduite de la mission, en fonction des arguments qu’Haneke aurait à lui proposer. C’était le plan qui sortait tout droit de sa tête et qui lui paraissait sans accrocs, même si le terrain restait le terrain et qu’il savait avec pertinence que le terrain agit toujours à sa guise et qu’il prend un malin plaisir à redorer l’aspect pratique que la théorie oublie souvent d’envisager.

Le rapport indiquait que Haneke était encore dans le pays ; qu’il y était resté. Le shinobi avait un objectif, lequel, Iki l’ignorait. Mais en tant que membre du village de Kumo, il n’avait aucune raison de rester dans les parages, se savant ou non, recherché. Logiquement, il avait demandé à Yûri s’il possédait un quelconque pied à terre et se dirigeait alors à vers lui.

La clope au bec, le lion avançait sans se presser sur le large chemin qui s’enfonçait dans la forêt du Pays du Feu, au nord de Konoha. Toujours aux aguets, il se permettait toutefois de se soustraire à une quelconque alerte continuelle, se sentant en sécurité si près de Konoha. Et subitement, il s’arrêta. Une branche, un claquement d’aile, un cri. Et comme un chuchotement qui lui léchait les tympans. Insignifiant, d’abord. Puis, inaudible, mais bien présent ensuite. Iki se releva, tendit l’oreille et s’avança vers ce qu’il pensait être un cri. Une troisième et dernière fois, la voix s’éleva dans les airs. Elle était toujours incompréhensible, mais l’intensité du cri ne faisait aucun doute. Il maintint sa cigarette entre ses lèvres et sortit du chemin en urgence. Là, zigzagant entre les branches basses et les plantes hautes, il découvrit, quelques dizaines de mètres plus loin, le corps d’un homme. Allongé sur le sol, essoufflé, dans une marre de sang, il s’arrêta et cligna des yeux, circonspect. Bien sûr, c’était évident. C’était même commun, des blessés graves à quelques heures de marches de Konoha, dans un pays surveillé et puissant. Oui, cela arrivait tous les jours. Il afficha un sourire moqueur et se rapprocha dans un sursaut de l’homme.

[Iki] – Pas obligé de beugler putain, j'ai pas envie de finir dans cet état là.

Posant un genou au sol, Iki s’affaissa à ses côtés et tira largement sur sa cigarette. Il posa une main sur sa jambe ensanglantée et grimaça, sans trop comprendre pourquoi. Il sortit la gourde son sac, l’ouvrit et la posa sur les lèvres de l’homme et le fit boire.

[Iki] - T'es salement amoché l'ami.

Sans lui laisser le temps de répondre, il porta la gourde à ses lèvres et but abondamment. Là, il laissa la fumée de sa clope envahir sa bouche et s’amusa tranquillement avec.

[Iki] - Tu crois que tu pourras tenir encore un peu ? Il devrait y avoir une maison pas loin par là-bas. Il indiqua vaguement le bout du chemin qu'il suivait jusqu'alors. C'est pas l'hôpital de Konoha, mais j'ai que ça sous la main.

Le bonhomme tenta d’analyse la distance, de rassembler ses forces, mais la seule expression qui émanait de son visage était la souffrance que la douleur provoquait. Sa simple respiration semblait l’atteindre, son visage se crispant de part en part.

[Daisuke] – Si vous m'aidez, je pense que je peux arriver à atteindre cette maison mais je ne donne pas cher de ma peau après ça. Iki confirma, d’un regard sceptique et nonchalant. De ce que j'en comprends vous n'avez aucune prédisposition pour la médecine... je suis foutu...

Iki ne répondit pas. Il resta de marbre face au défaitisme que dégageait l'homme et grimaça une fois encore, ne semblant pas vraiment apprécier cette façon de voir les choses. Il passa un bras sous la tête de l'homme et la posa sur son genoux. Son autre main plongea dans son manteau et ressortit avec une petite pilule entre les doigts, d'une couleur bleue pas bien attrayante. Il commença à jouer avec et repassa encore et encore dans sa tête ce qu'il envisageait d’en faire, comme pour peser le pour et le contre. Puis, dans un soupir longuet, il rouvrit la gourde, lâcha la pilule dans la bouche de Daisuke et lui posa la gourde sur les lèvres, vidant un peu de son contenu.

[Iki] - Avale ça. Ca ne va pas guérir tes blessures mais tu te sentiras un peu mieux.

Il l’avala sans rechigner. De toute manière, que pouvait-il faire de plus ? Aux bords de la mort, ou tout du moins d’atroces souffrances qui découleraient sur une inévitable et douloureuse fin, il ressemblait plus à un vulgaire pantin des aléas de la vie qu’autre chose. Et d’une manière ou d’une autre, il pouvait difficilement aggraver sa situation. Un flux d’énergie diffuse traversa son organisme et un frisson parcourut sa peau. Iki passa lentement son bras le long de ses épaules et passa sa main sur ses côtes de sorte qu’il put se relever sans grand mal. L’homme réussit tant bien que mal à tenir debout et, jouant de sa respiration afin de calmer son interminable souffrance, sourit à peine. Mais il sourit.

[Daisuke] – Je vous suis redevable. Merci.

Iki ne savait pas trop en quoi il devait être redevable de quelque chose, son seul concours ayant été de posséder la bonne pilule au bon moment. Ou de lui avoir légué le seul médicament qu’il possédait en pleine mission de recherche. L’homme se détendit doucement et tenta de tenir droit par ses propres moyens, ce qu’il réussit, en grandes peines, à faire.

[Daisuke] – Si ce n'est pas trop indiscret pour vous, quel est votre nom et que faîtes-vous par ici ?

[Iki] - Iki Namikaze. Je suis en mission, rien d'intéressant.

Daisuke le fixa.

[Daisuke] – Daisuke Hori, également en mission, c'est encore moins intéressant.

D’un coup d’œil amusé, Iki insista. Il lui semblait, tout de même, intéressant, de savoir ce qui, n’ayant si peu d’importance, avait pu mettre un shinobi en déroute complète au beau milieu du Pays du Feu. Daisuke comprit très vite que cette réponse n’était pas satisfaisante aux yeux de son sauveur et abaissa le regard, songeur. Le silence les sépara quelques secondes durant lesquelles Iki resta inflexible, patientant sans grand mal jusqu’au dénouement final. Lorsque Daisuke releva la tête, c’était pour fixer un horizon invisible, caché par les arbres de la forêt, perdu dans ses pensées.

[Daisuke] – Il y a trois jours, j'ai croisé la route d'un duo de nukenin du Pays de la Neige, les jumeaux Adachi. Peut-être en avez-vous déjà entendu parler ? On les dit impitoyables et ils le sont... j'en ai fais l'amer expérience... mais pour une raison qui m'échappe encore, ils m'ont laissés la vie sauve alors qu'elle ne demandait plus qu'à s'éteindre sous leurs yeux.

Il prit une profonde inspiration avant de croiser le regard du Juunin.

[Daisuke] – Ils doivent certainement rodés dans les environs car ils n'avaient pas l'air pressés, bien au contraire. Avant de m'évanouir, je les ai entendus parler d'un homme et d'une écharpe je crois. Grimaçant, il continua. Mes souvenirs sont flous, je dois certainement divaguer.

[Iki] - Ca doit être sûrement ça, oui ... lance-t-il sans faire attention si Daisuke le suivait ou non. Suis-moi. Il y a un chemin à quelques pas d'ici. La maison est un peu plus loin.

Il resta songeur et continua de marcher devant, tout en faisant bien attention de ne pas distancer l’homme blessé.

[Iki] - Tu pourras t'y reposer, finit-il par lâcher, sans grande conviction.
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