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 Destin et Rumeur Silencieuse

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MessageSujet: Destin et Rumeur Silencieuse   Sam 13 Mar - 23:09


Destin et Rumeur Silencieuse
~ 1 ~
Les choses ne se passent pas toujours comme on le voudrait dans la vie. Il y a des fois où l’on rencontre des personnes à qui l’on voudrait dire non, et auxquels on finit par dire oui. Il en va de même avec les sentiments du cœur : si certains sont faciles à tenir contre soin, à choyer, il en est d’autres qui ne demandent pas réellement la permission pour s’installer. Dire que tout ceci pouvait arriver en si peu de temps, et qu’il m’avait été impossible de contrôler les choses insondables du cœur. Impossible de fait, ou impossible parce que le l’avais voulu ainsi ? Je ne sais pas. Aujourd’hui les choses n’étaient plus pareilles. Pourtant il me restait des morceaux, des fragments de cette vie que j’avais laissée derrière moi. Et je ne sais pas si je souhaiterais retrouver ces fragments. Après-tout, que sont-ils d’autre pour moi qu’une réalité perdue ? Tout ceci n’avait jamais eu de sens, et n’en aura surement jamais. Durant cette période d’absence Seika n’avait pas spécialement chaumé. Disons surtout qu’elle était restée dans l’ombre des choses, des gens, du village lui-même. Il n’était pas nécessaire pour elle d’apparaitre en public pour savoir qu’elle existait. La « maladie » l’avait clouée au lit, mais même après ça ce n’était qu’elle qui avait choisi de déménager dans un nouveau quartier du village. Là au moins les choses étaient plus simples. Asakura, le quartier pauvre du village caché de la Foudre. Un endroit étrange s’il était besoin de le préciser après l’avoir qualifié de « malfamé ». Shijima n’aurait pas dit qu’il était malfamé dans le fond, juste qu’il était à part. Pourquoi cet endroit existait-il, sinon pour accueillir les personnes qui comme elle, n’avaient nulle par ailleurs où aller. Cet endroit était tout de même protégé par le mur d’enceinte, par ses Shinobis. Il aurait du l’être par elle aussi, mais ceci allait venir. Cela allait venir… Pour l’heure !

La jeune femme se leva de son pupitre minuscule en vieux bois branlant. C’était le troisième appartement minable qu’elle occupait. Depuis la dernière fois, outre le congé maladie, elle avait aussi déposé une simple demande de temps, du temps dont elle aurait besoin avant d’être à nouveau prête à affronter le village, sa vie, sa réalité. Les choses qu’elle avait apprise par le plus grand des hasards n’avaient pas été plaisantes, vraiment pas, et c’était à regret que la Kunoichi se trouvait encore enfermé dans celui-ci. Mais pour l’instant les choses ne pouvaient se dérouler autrement : le « contrat » la concernant n’était pas fini. Dire que tout ce temps elle avait ignoré ces choses, qui avaient pris aujourd’hui plus de sens qu’elles n’en auraient prit hier. Du sens, à sa vie, et une grande souffrance voilà ce qu’elle y avait gagné. La mort de Xang, la mort d’Ina, la fin de sa relation avec Sakura… Tout avait disparu du jour au lendemain depuis cet instant où sur le toit elle était morte, et ramenée à la vie par son « instructeur », Sho… Son poing se serra doucement, sans que son visage n’exprime une quelconque joie ou peine à ses souvenirs. Ils étaient derrière elle à, et l’avenir l’attendait. Son avenir… Sur le pupitre elle laissa derrière-elle des feuilles de parchemins vierges, certaines ne l’étaient pas et laissaient apparaitre des symboles étranges. La Chuunin les regarda du coin de l’œil et enfila sur son dos une cape grise et délavé sous laquelle elle portait une chemise blanche, et une jupe courte lui arrivant aux genoux noire. Sous cette couche déjà intime, un simple en dentelle noire, avec un porte-jarretelle retenant sur ses jambes des bas épais et chauds, qui lui avaient permis de tenir face à l’hiver rigoureux. Elle renifla l’air infect de cet endroit infect qui allait admirablement bien en contraste avec sa personne. Mais en elle-même elle portait les germes d’une pourriture encore plus grande : celle de la stagnation.

Depuis combien de temps n’avait-elle pas travaillée ? Il lui fallait du mouvement maintenant que certaines choses étaient derrière elle. Seika éteignit les lumières et prit rapidement un autre tas de feuilles sur lesquels des sceaux non-gribouillés étaient inscrits. La femme sembla hésiter un instant : ne faisait-elle pas une erreur ? Ne valait-il mieux pas s’arrêter ici et tenter de se rattacher à une vie normale ? Les feuilles dans les mains, son regard erra dans la pièce minuscule jusqu’à la fenêtre au-dessus de sa couche. Dehors le temps était gris, et il pleuvait. Bon sang… Pendant une seconde elle cru distinguer une silhouette se tenant à l’orée de son champ de vision sur un toit voisin. L’instant d’après cette silhouette avait disparue. Normal, après une si longue absence, la voilà qui revenait annoncer « Je suis en pleine forme et prête à effectuer n’importe quelle tâche » : impossible de ne pas attirer les soupçons elle aurait du s’en douter. Mais il aurait été encore plus étrange qu’elle ne revienne pas. Après tout le meurtre de Xang avait été élucidé à l’époque, elle avait été disculpé car il s’agissait d’un suicide. Mais cette soirée, cette nuit là… Oser lui faire ça à elle, ça n’avait pas été une situation des plus douces. Il ne l’avait pas considéré comme une Kunoichi de Kumo, aucun ne l’avaient fais. Cette réclusion n’avait pas écarté les surveillances de sa fenêtre bien sur, mais avaient-ils une seule idée de ce qu’elle avait fait durant tout ce temps ? J’espérais que non, tandis que mes pas me portèrent de nouveau à mon bureau, sur lequel je prenais les autres feuilles remplies de gribouillages. Shijima devait avoir été la plus grande consommatrice de papier de l’Asakura ces derniers mois ! Ressource peu chère et souvent inutile en ces lieux car nombreuses des personnes qui y habitaient ne savaient pas écrire. Une fois le tout saisi, elle en fit un rapide petit bâton de papier qu’elle garda sous sa cape entre ses doigts, en resserrant les pants de celle-ci sur sa poitrine. La porte s’ouvrit avec un grincement puis se referma derrière elle.

Ce petit quartier était peut être le plus calme de Kumo : ici c’étaient les vieillards, les exclus des travaux communs, qui moisissaient. Facile il avait été pour elle de profiter de la mort de l’un d’entre eux pour reprendre l’appartement : le propriétaire n’avait été que trop heureux de voir cette jolie donzelle débarquer. Tien, en parlant du loup… Alors qu’elle descendait les escaliers, un faciès ridé et rougeau se fit voir dans l’encadrement d’une porte. L’appartement du propriétaire était juste sous le sien.

[Banken] - Ooooh, mais ne serait-ce pas notre charmante locatriiiiiice ?

La jeune femme et dite « locatriiiiiice » poussa un profond soupire attestant de la gêne visible que lui causait l’apparition de l’homme à la face de chien, aussi bien qu’au nom. Cela faisait un mois qu’elle le supportait continuellement et l’envie comme le geste n’étaient pas loin de lui clouer le museau une bonne fois pour toute. Le problème étant qu’elle ne devait pas attirer l’attention surtout, et que l’idée même de toucher ce vieux fou ne serait-ce que pour le frapper l’incommodait.

[Seika] - Oui c’est moi. Un problème Banken ?

[Banken] - Ooooh pas le moins du monde mademoiselle Seiiiiiika je…

[Seika] - Je t’ai déjà dit de m’appeler par mon nom ou de ne pas m’adresser la parole baka.


Elle reprit sa route, mais la main du pervers était restée agile, et même si celle-ci ne se posait plus sur des fesses galbées depuis longtemps, il réussit cependant à lui attraper le poignet. Pas pour l’attirer à lui non, il n’avait plus cette force, mais juste pour la retenir une seconde. Le contact de sa main grasse et noircie par le charbon d’hiver la dégouta et elle faillit sortit son bras gauche de sous sa cape pour lui asséner un coup de poing dans la face. Heureusement elle contint sa répugnance et écouta ce que l’homme-chien avait à lui dire de si urgent qu’il ose la toucher, ce qu’il n’avait fait qu’une ou deux fois de la même façon jusque là.

[Banken] - Ecoute-moi Shijima ! Ne retournes pas chez les Ninjas, ils ne t’apporteront rien de bon et…

[Seika] - Alors que toi si ? Crache ta pastille.


Banken, le chien de garde car il gardait le petit immeuble de deux étages à toute heure du jour et de la nuit se lâcha les babines et s’approcha un peu plus d’elle pour atteindre son oreille car il était plus petit que la Kunoichi. Celle-ci se retint de respirer par le nez et n’écouta bien que d’une oreille ce qu’il avait à lui proposer. Evidement, elle aurait du se douter du contenu de sa proposition…

[Banken] - Eh biiiien, avec quelques personnes on peut monter une petite boîte… Et ce seraiiiiiit quelque chose de très prooooopre vraiment… Tu pourrais diriger les filles, tu toucherais un pourcentage à la journée…

[Seika] - J’y réfléchirais, maintenant lâche-moi.


L’individu obtempéra et détacha sa « main » si cette épave pouvait être qualifiée de telle, de son poignet, le rendant à la liberté de la jeune femme. Celle-ci lui jeta un regard noir et continua finalement sa route que l’intervention de ce naze n’avait pas égaillé. Elle, diriger un bordel ? Peut-être devrait-elle parler de cette histoire aux autorités… mais ce faisant ces derniers saisiraient les lieux, fouilleraient toutes les chambres, et finiraient pas tomber sur la sienne. Et tant qu’elle n’avait pas encore trouvé ou plutôt fait aboutir ses recherches, une telle chose ne pouvait arriver. Concernant sa proposition, la réponse était déjà prise bien entendu, mais le faire miroiter qu’elle accepte était bien la seule façon de lui faire lâcher prise pour le moment. L’encadrement de la porte inexistante de l’entrée, arrachée pour faire du feu voilà ce ça des années, laissa courir sur son visage un fin courant d’air froid. Dehors il ne neigeait pas, mais l’on voyait sur les toits quelques traces blanches. Des neiges tardives, mais tout semblait être rentré dans l’ordre niveau météorologie. Alors qu’elle posait un pied dehors, Seika remarqua un groupe de vieux rabougris, serrés les uns contre les autres autour d’un feu de fortune fait dans un bidon de métal vide et rongé par la rouille. Un frisson la parcourue, plus froid encore que le vent lui-même : était-ce ainsi que les humains devaient vivres et mourir au final ? La jeune femme à la chevelure noire préféra détourner les yeux et les tourner vers ce ciel gris qui était le leur depuis quelques temps. Il accompagnait le froid et le soutenait contre le village à première vue. Impossible de prévoir quand il finirait… Seika aurait pu appeler un orage, mais cela n’aurait pas fait fuir cette masse nuageuse-là. Tandis que son regard retombait sur le petit groupe d’individus, la demoiselle s’avança vers eux, qui lorsqu’ils l’aperçurent s’écartèrent pour lui laisser une place bien plus grande que nécessaire.

[Seika] - Besoin de chaleur hein ? Tenez, ça devrait raviver un peu ça…

Evidement si certains eurent en cet instant une vision douteuse de ce qu’elle allait faire pour les « raviver », les autres connaissaient de vu la gamine du deuxième. Bien sur ils ne lui avaient parlé, et de toute façon ceux qui s’y étaient essayés n’avaient eu en retour qu’un silence pesant. Finalement ils l’aimaient bien, même si elle était bizarre. Pour ceux qui avaient été mariés, avaient eu des enfants, et allaient sans doute finir leur vie dans la pauvreté à cause de telle ou telle erreur, car nombreuses étaient les histoires, Shijima était un rayon de… Lune, à sa façon. Car la jeune femme ne souriait jamais, même quand ils essayaient de la faire rire. Personne ne savait d’où elle était sortie et les rumeurs avaient du mal à parvenir jusqu’à l’Asakura. Mais la vérité se révèle toujours, et les habitants du quartier miteux finirent par apprendre « qui » elle était ou plutôt ce qu’elle avait fait. Certes ils ne lui redonnèrent pas le sourire, mais au moins lui apprirent-ils qu’elle n’était pas seule. Seika sortit sa main gauche de sous sa cape, et la souleva jusqu’au dessus du feu pauvre et qui ne devait les réchauffer que par la pensée. La jeune femme y lâcha ses feuilles, qui s’embrasèrent immédiatement. Pas de trace, une bonne action…

[Kinko] - Merci brave fille, alors t’as d’cidé d’y retourner y parait ?

Apparemment les choses se savaient vite dans un endroit aussi réduit. Mais le quartier du « mur » comme on le nommait dans l’Asakura était presque comme un petit village. Un petit village, très pauvre, où tous portaient une croix qu’ils étaient pour la plupart les seules à pouvoir porter. Cet endroit avait une drôle de réputation, c’était pour ça que Seika y était allée : on disait que ce lieu rassemblait tous les criminels involontaires de Kumo, ceux qui comme elle, avaient fauté, mais n’avaient pas été jugés coupables. Ceux qui avaient fait du mal, involontairement… En tout cas c’était ce qui se disait. Et comme Shijima n’était pas la femme la plus bavarde du monde, elle n’avait guère eut le temps de le vérifier.

[Seika] - Oui. C’est là-bas qu’est ma place.

[Kinko] - C’toi qui voit gamine, t’sais que t’auras toujours une place dans notr’cercle.


Elle ne répondit pas, et n’était pas sur de savoir quoi répondre à ce genre de déclaration aujourd’hui. Kinko était l’un de ceux qui portait sa croix en silence, mais dont l’histoire était connue : charpentier dans l’âme, il avait toujours rêvé de refaire le toit de sa maison, car il pensait qu’un beau toit protégeait les personnes à qui on tenait. C’était sa marque d’amour à lui. Lorsqu’il rencontra sa future femme, il refit donc son toit. Celui-ci tint pendant dix ans. Dix ans, pendant lesquels sa femme avait entretenu une autre relation avec le patron de Kinko. Le jour où il l’apprit, il était chez lui, avec sa femme. Celle-ci portait ce poids depuis tellement longtemps qu’elle devait lui avouer, ce qu’elle fit. Il y avait une tempête dehors, et le destin voulu qu’en apprenant ça, au moment de répondre, de donner son verdict sur le comportement odieux de sa femme, la foudre frappa le toit, transperçant et réduisant à néant ce qu’il avait bâti pour un amour qui n’en était pas un. La charpente s’effondra sur eux. Kinko sans sorti avec un bras et une jambe cassée, sa femme mourut sur le coup. Son patron n’hésita pas à le renvoyer une fois l’enquête ayant déterminé qu’il s’agissait bien de la faute de la foudre et non de la charpente, empêchant donc le mari trompé d’être inculpé d’homicide. Mais l’histoire l’avait ravagé, et incapable de continuer sa passion, il avait fini à l’Asakura, dans lequel il s’était soulé dix années de plus. Cinquante ans, et boiteux, il débarqua ici dans le quartier du mur. Depuis il a retrouvé un peu de sa personnalité d’antan. Silencieuse comme toujours, Seika se détourna du cercle qui se referma quelques secondes après sur le feu, et prit la direction des ruelles menant au reste des bas-quartiers, un peu moins « proches du cœur » que celui-ci de ce qu’elle avait pu en voir…

Shijima marcha pendant un petit moment. Lorsqu’elle se retournait, le mur d’enceinte s’éloignait de plus en plus d’elle… Au début ce dernier lui faisait peur : elle avait toujours l’impression qu’il allait d’une minute à l’autre exploser et s’effondrer sur elle. Puis finalement le temps passant, cette peur s’était transformée en rêve : celui de disparaitre avec une facilité aussi déconcertante, sans rien avoir à faire d’autre que de rester sous lui lorsque la foudre du ciel le frapperait. Impossible vous me direz, et pourtant. Car il était des choses qu’elle avait découvertes durant ces quelques mois, des choses que l’on nommait « sceaux ». Au départ ceci était partie d’un rien, d’une simple rencontre banale dans une bibliothèque avec un gamin aveugle. Celui-ci essayait de lire un ouvrage écrit par un auteur dont elle a oublié le nom, mais qui présentait là un recueil d’un art peu utilisé dans l’univers des Shinobis : celui du Fuuin, ou art des Sceaux. Autant dire que Seika alors, outre l’intérêt réel que ceci représentait, ne comprit pas à quel point il allait devenir « si » vitale pour elle de savoir l’utiliser. Depuis son combat d’entrainement à l’arène contre cette spécialiste du Genjutsu, elle n’avait de cesse de ressasser sa défaite, et d’y rattacher le souvenir de Xang. Si celui était mort, c’était parce qu’elle n’était pas assez forte pour l’arrêter sans le tuer. Et dans le sable chaud de l’enceinte du lieu de violence, elle n’avait même pas réussie à lui infliger quelque chose. Des soubresauts à la limite : un éternuement aurait fait de même. Se lançant à corps perdus dans l’aventure de la découverte de cet art, celui-ci avait finalement absorbé tout son temps, et toute sa force. Le schéma répétitif d’un apprentissage de technique se répétait peut être un petit peu, mais celui donnait accès à tellement de choses. Cependant tout ceci devait rester secret, et c’est donc avec prudence qu’elle avançait, pas après pas, presque à tâtons. Mais si pour l’apprentissage ça avançait petit à petit, dans la rue elle filait droit. Elle avait déjà fait ce chemin de nombreuses fois, et celui-ci le conduisait toujours à un cul-de-sac dans lequel elle concentrait son Chakra. C’était tellement mécanique qu’elle le faisait les yeux entrouverts, comme si elle dormait en marchant, ou qu’elle était aveugle. Entrée de la petite ruelle, malaxer le Chakra, le concentrer dans les pieds, maintenir le contact en plein mouvement, ne pas trop ou pas assez le concentrer, et finalement monter à l’assaut du mur. Sa cape et sa chevelure d’ébène tombèrent à la verticale et suivirent sa montée comme la traînée virevoltante d’une mariée. Mais une mariée à l’air si sombre, cela ne pouvait présager que d’un deuil non ? Elle ne sourit même pas face à la plaisanterie née de son propre esprit, et atteignit le toit du bâtiment duquel il était facile d’avancer par petit sauts jusqu’à la limite d’Asakura. De là il ne lui restait plus qu’à virer vers le nord jusqu’à atteindre l’académie Ninja. Elle avait quelque chose à rendre là-bas…

Shijima se lança à l’assaut des toits, tout en marchant, et continua de jeter des coups d’œil autour d’elle de temps en temps. La jeune femme resserra les pans de sa cape sur elle et sur son cou car le vent était plus fort ici et fouettait son visage à chacun de ses bonds. Zigzaguant entre les cheminées et les plaques de verglas laissées par le dégèle, Seika finit par arriver en vu du quartier centrale de Kumo, à plus d’une borne de là. Elle avait eu mainte fois l’occasion d’observer le village d’ici, et elle s’arrêtait souvent sur ce toit précis, car il donnait une vue panoramique de l’inégalité qui régnait dans le village : derrière elle l’Asakura, une ruine ; en face d’elle le centre du village, et ses rues bien entretenues et agréablement construites, pas à la va-vite comme là où elle résidait. Dire qu’elle avait même participée au nettoyage de ces ruelles, c’était à se taper le front contre un mur : comment avait-elle pu être aussi naïve ! Rien n’avait changé sa décision, ni la direction qu’elle donna alors à sa vie. Dans son cœur elle portait encore la gifle de sa meilleure amie… La jeune femme secoua la tête, et fit rouler ses épaules pour se donner de l’élan. Ici le saut à faire était un peu plus grand et surtout d’une différence de hauteur alarmante. Son Chakra concentrée dans ses pieds depuis l’instant où elle avait grimpée le mur, elle relâcha légèrement la pression pour ne pas la ralentir durant sa course d’envol. Seika se frotta les mains, tapota deux fois dans celles-ci, et finalement, se mit à courir. Les bras en arrière pour plus d’aérodynamisme, elle prit de la vitesse sur vingt mètres, posa son pied sur le muret délimitant la fin du toit, et poussa de toutes ses forces sur sa jambe. Alors la jeune femme aux yeux sombres prit son envol, reflétant en elle tout le ressentiment qu’elle nourrissait à l’égard de ceux qui lui avaient caché la vérité… Ses yeux fixèrent le point d’arrivé, puis heurtèrent au loin la vision du cimetière… La Kunoichi ferma brusquement les yeux… !

MessageSujet: Re: Destin et Rumeur Silencieuse   Dim 14 Mar - 14:26


Destin et Rumeur Silencieuse
~ 2 ~
[Seika] - A dire vrai je n’en sais pas beaucoup plus que cet unique sceau pour le moment, mais avec un peu plus de temps je devrais être capable de tirer quelque chose de ces ouvrages, je vous en prie laissez-moi les lire !

Chose qui était rare à la jeune femme : celle-ci inclinait la tête et arrondissait le dos, les mains posés sur le bureau de son supérieur, en signe de soumission et dans l’attente du bon plaisir de l’homme assit derrière lui. Bien entendu celui-ci sirotait une gorgée de saké dans une gourde dont on ne savait pas trop où il les remplissait. Le fait est qu’elles étaient toujours pleines, et que le Shinobi médicale n’était jamais à cours de boissons grisantes. Que cherchait-il à fuir en buvant de la sorte ? Seika n’en savait rien et s’en fichait. Depuis un moment déjà, le Juunin Hakujou Souryo s’était transformé pour la Kunoichi en une sorte de mentor bienveillant. Un mentor qui s’assurait que la jeune femme ait toujours une tâche à accomplir, une mission à remplir, ou tout simplement qu’elle n’ait pas le temps de penser à autre chose qu’à travailler. Aussi avait-il heureux en apprenant que la demoiselle passait de plus en plus de temps à la bibliothèque de l’académie à lire de vieux ouvrages. S’intéresser aux travaux des anciens était une preuve de sagesse et de respect vis-à-vis de ce qu’ils avaient légués aux Ninjas de Kumo. Mais il n’aurait jamais imaginé, et Shijima non-plus d’ailleurs, qu’elle découvrirait si vite quelques « secrets » si l’on peut les appeler comme ça, intéressants. Aussi le gros Juunin en toge orange ne pu que faire une moue désapprobatrice.

[Souryo] - Je ne pense pas que tu sois faîte pour utiliser ces sceaux Seika’chan, tu es bien trop gentille pour causer autant de chaos autour de toi. Concentre-toi donc sur les autres couleurs, tu pourrais même devenir un véritable atout pour Kumo si tu devenais performante dans cette voie.

[Seika] - Mais Souryo’sempai je… !

[Souryo] - Tais-toi Shijima, c’est un ordre : tiens-toi loin des sceaux de destructions pour le moment. Maintenant laisse-moi, j’aimerais savourer ma bouteille en paix.

La décision était sans appel, et c’est ce que je pense ce qui la blessa le plus. Même pas une once d’hésitation dans le regard, la messe était dite et rien ne pourrait changer ses paroles. Aussi, serrant les dents et les poings, c’était avec une certaine contraction musculaire et un dos raide comme un piquet que la jeune femme à la chevelure d’ébène sortie du bureau du Juunin. Pourtant, une fois la porte refermée délicatement derrière elle, sans céder à la colère qui lui donnait fortement envie de la claquer violement et de crier de rage, Seika se fendit d’un sourire : s’il avait raison, ceci ne devait vouloir dire qu’une chose… La demoiselle observa son reflet dans la vitre. Hakujou devait pouvoir sentir le Chakra des gens, et il avait surement du sentir quelque chose de particulier dans celui de Shijima au moment où elle était apparue dans son bureau, souriante et les yeux brillants : surement avait-il comprit que son Chakra spécifique aux sceaux était dominé par le violet, la destruction, un chaos intérieure que la jeune femme retrouvait très bien dans sa maîtrise et utilisation parfois chaotique des techniques de Ninjutsu. Aujourd’hui cela prenait un sens, et ne voulait dire qu’une chose : elle était faite pour manier le Fuuin de la Destruction. Mais difficile allait être son apprentissage si celui censé les avoirs étudiés ne voulait pas lui enseigner leurs maniements. Cela l’avait d’ailleurs surprise, quand en enquêtant un peu elle avait mit le nez sur le registre des emprunts, posé négligeâmes sur le bureau de la bibliothécaire Kunoichi en charge des lieux, car elle cherchait qui avait bien pu emprunter l’ouvrage relatif aux sceaux de Destructions et à leurs applications pratiques. Cela l’avait mené droit au Juunin en toge orange et à la boisson facile, étrange ce que la vie réserve comme surprise. Il semblait même à Seika qu’au moment de refermer la porte, le regard noir de Souryo, d’une expression qu’elle n’avait jamais vu affichée, avait tenté de la dissuader une nouvelle fois… Mais c’était peine perdue, bien sur. Car il y avait des choses, des événements en marche, que la jeune femme ne pouvait pas stopper. Aussi allait-elle devoir trouver du temps pour s’occuper de tout ça. Et le temps… Quand on est Chuunin, ne se trouve pas facilement. Et là était bien le problème de l’affaire !

Le regard de Seika se détacha du sien et se tourna vers le couloir qu’elle commença à arpenter, un sourire rapide en coin. Elle avait déjà commencé à travailler en fait, et l’aurait révélé si on le lui avait permis. Il y avait un deuxième ouvrage sur la destruction, très succin, mais pas trop mal pour comprendre un peu son fonctionnement et ses possibilités globales, dans un recueil parlant de tous les types de sceaux existant. Il fallait déjà qu’elle maîtrise la plupart des sceaux de base avant de se lancer dans les sceaux plus complexes. Cinq voies sur six lui étaient ouvertes, autant en profiter non ? Elle-même s’étonnait de tous les changements que cette nouvelle avait provoqué en elle. Non rien à voir avec l’histoire de la couleur de prédilection de ses sceaux, il s’agissait d’une autre affaire, à laquelle, bien qu’elle soit constamment soumise à ses effets depuis, elle ne préférait pas spécialement penser. Quand elle y pensait trop son corps se raidissait, ses mains se mettaient à trembler, et une goute de sueur unique perlait de son front. Dans ces instants, une voix en elle hurlait tout en souhaitant de tout cœur ne pas être entendue. Ainsi devait être la profondeur inviolable des pensées. Profondeur, que même les sceaux pouvaient pénétrer. Shijima secoua la tête : ils permettaient vraiment de tout faire. Dans l’escalier menant au rez-de-chaussée, la jeune femme croisa quelques étudiants montant les marches en sens inverse. Elle s’écarta pour les regarder passer en souriant. C’était bien une chose qu’elle n’arrivait pas à perdre malgré son désarroi, ce sourire… Il n’y avait personne d’autre dans le hall. On était en plein milieu de la mâtiné, chacun étaient occupés à droite à gauche. La jeune femme semblait désœuvrée au milieu de ce vide, mais c’était loin d’être le cas. Il lui fallait tout simplement un peu plus de temps pour réfléchir.

Quelque chose la prit à la gorge, comme un tremblement incertain. Pas bon ça. Seika toussa exactement trois fois, avant de se reprendre et de se reconstituer un sourire. Dans les ombres qui suivaient ses pas or de ces murs, Seika savait qu’il en manquait une à présent. D’un rapide pas, sa robe blanche voletant à chacun de ses pas, la demoiselle traversa donc des ruelles très connues du village par lesquelles elles passaient sans-cesse et se dirigea vers un point au nord de celui-ci. Un point, où elle avait toujours coutume d’aller quand elle en avait besoin, que ce soit pour réfléchir, passer le temps, ou tout simplement apprécier le contact de l’herbe, de l’air, la vue des montagnes… D’un mouvement agile et mille fois répété, Seika sauta par-dessus le muret déconseillant l’accès à la pente douce et verte se trouvant au-delà, et sur laquelle elle s’allongeait pour voir le ciel, et les cimes des monts. C’était ici qu’elle avait entendu la rumeur d’un piano pour la première fois sous le tonnerre et la foudre. C’était ici aussi que Sakura était venue la trouver pour qu’elles aillent ensemble découvrir si elle avait été réintégrée comme Kunoichi ou pas. Que de souvenirs lointains… Et d’ailleurs…

[Sakura] - Bonjour Seika.

[Seika] - Bonjour Sakura, je pensais justement à toi, au jour où tu es venue me trouver pour que nous allions voir si j’étais reçue comme Chuunin tu te souviens ?

[Sakura] - Je me souviens oui… Heureuse de savoir que tu n’as pas encore oublié ces instants-là.


Apparemment sa « meilleure amie » n’était pas là pour une visite de courtoisie. Elle semblait pensive, lointaine, et son regard n’était tournée vers elle qu’une seule fois. Son amie l’Eisei-nin à la blonde chevelure, était allongée dans une tenue assez complexe à base de cuir, d’un short, et d’un haut noir. L’herbe froide était aplatie sous sa tête, preuve qu’elle était ici depuis déjà un moment. L’attendait-elle ? Ou usait-elle, elle aussi de ce lieu pour réfléchir et passer le temps ? Seika n’en savait rien mais semblait curieuse, à la manière dont elle s’installa à ses côtés, de le découvrir !

[Seika] - Pourquoi devrais-je oublier ces moments passés ensembles Sakura’chan ? Après tout nous…

[Sakura] - Ne m’appelle plus ainsi Seika, seules mes amies le peuvent.

[Seika] - Alors que suis-je pour toi ?

[Sakura] - Plus rien je le crains à présent… Sais-tu quel jour nous sommes ?


Se redressant, elle posa ses coudes sur ses genoux repliés et plongea son regard dans celui de la Chuunin spécialiste du Ninjutsu. Celle-ci fronça les sourcils : il n’y avait aucune animosité dans le regard de son amie, juste une question simple et banale, mais cela cachait un poisson plus gros… A moi que ce ne soit un loup, plus gros, et prêt à lui jeter à la gorge. La tension était palpable entre-elles et elle devait bien avouer que l’Eisei-nin lui faisait quelque peu peur. Quelle réponse attendait-elle voyons ? Surtout que… Shijima tourna la tête sur sa droite et observa la vallée : elle ne savait pas quel jour on était ! Aussi se dit-elle que faire preuve d’honnêteté n’était pas une mauvaise idée…

[Seika] - Je l’ignore Sakura…

Alors celle-ci soupira, d’un profond soupire où transparaissait une déception encore plus grande. Depuis ce jour les choses n’avaient fais qu’empirer entres elles. Certes Seika aurait pu ne pas décider de changer, ne pas se plonger dans la lecture des sceaux, et leur apprentissage, mais ça avait été sa seule façon de ne pas craquer. La blonde à la poitrine volumineuse hocha péniblement la tête en direction des montagnes, et finalement se releva. Inquiète, Seika en fit de même et se remit sur ses jambes. Tapotant leurs vêtements pour voir s’ils n’avaient pas de traces, toutes les deux finirent par plonger leurs regards l’une dans l’autre. Chez la demoiselle au regard faussement souriant, c’était une profondeur sans limite, bordée de tristesse et d’une grande peine que l’on pouvait lire. Dans celui de la femme à l’air neutre, il n’y avait plus traces de doutes, mais une simple résolution, détermination, derrière laquelle déception, et peine la déchiraient. Une fleur épanouie, et une fleur fanée, ainsi étaient-elles toutes les deux l’une en face de l’autre. Puis le vent siffla à l’oreille de Seika. Mais il ne s’agissait pas de la douce caresse de la nature : sans qu’elle le voit venir, la belle blonde avait levé son bras et armé sa main. La gifle, maximisée par la forte puissance musculaire de sa constitution, l’envoya au sol à toute vitesse en marche arrière. Ses yeux ne voyaient plus rien, son corps n’assimilait pas encore qu’il venait de se prendre un sacré coup, elle flottait tout simplement, l’espace de quelques secondes, ce qui lui fit du bien mais ne la prépara pas au choc rude du sol. Celui la fit redescendre sur terre au sens littéral du terme. Un cri mi-étonné, mi-affligé par la douleur s’échappa de sa gorge.

[Sakura] - Ah ! Ca fait du biiiien ! Maintenant je pense que je peux retourner à ma vie l’esprit tranquille, au moins Ina peut-elle reposer en paix.

Seika se mit à tousser une nouvelle fois. Elle était de plus en plus malade. Et puis qu’est-ce que c’était que cette histoire avec Ina ? Se remettant à genoux, et crachant cette fois ses tripes, elle ne remarqua pas le regard rempli de pitié que lui lança son « amie ». Shijima était juste abasourdie avec cette histoire de reposer en paix ! Elle avait loupé un épisode là c’était clair et net ! Une fois que la toux fût passée, la Kunoichi se releva et fit face à Sakura, les iris injectés de sang, en proie à une fièvre galopante particulièrement efficace.

[Seika] - C’est quoi… Kof kof kof… Cette histoire avec Ina ?

[Sakura] - Tu es… Lamentable Seika. Ina est morte. Aujourd’hui était le jour de son enterrement.

[Seika] - Kof kof kof kof… Quoi ?! Kof…


La jeune femme retomba une nouvelle fois à genoux, mains sur la bouche, incapable de s’arrêter de tousser. Elle suffoquait réellement et après quelques secondes d’hésitations et de contemplation morbide de son corps agité de spasmes, Sakura s’agenouilla et entreprit de calmer son état. Malheureusement Shijima était un peu plus malade qu’elle ne le croyait et lorsqu’elle se pencha sur son souffle, le médecin eut un mouvement de recul : celui-ci exaltait la mort. Quelque chose en elle était en train de mourir réellement, et à en croire son état elle n’était pas si éloignée de ça de la fin. Surement son attention avait-elle était tellement absorbée par l’étude des sceaux qu’elle n’avait même pas remarqué que son état se dégradait. De plus la Kunoichi à la chevelure d’ébène semblait maigre, avec des cernes marqués. Son état frôlait le record médical. Malgré les ressentiments, le professionnalisme prit le dessus sur les sentiments de Sakura et la fit emmener la Chuunin de Kumo à l’hôpital le plus proche. Elle avait changé, elle n’était plus son amie, mais… L’Eisei-nin ne pouvait pas juger du bien fondé de son existence. Celle-ci lui appartenait à présent, pleinement…
҉

Elle avait perdu ces choses de la vie, qui lorsqu’on les possède vous semble futiles, mais qui lorsqu’on ne les possède plus, prennent une importance vitale. L’amitié, bien qu’elle ait pu la retrouver sous une moindre forme dans l’Asakura, n’était plus qu’un lointain souvenir. Un souvenir dissipé, et un autre, enterré. Toujours en apesanteur, la jeune femme rouvrit les yeux, les détournant du cimetière où était enterrée la vieille Ina Watanabi. Morte de vieillesse, tout simplement. Son mari avait encore quelques années devant lui à ce qu’elle en avait apprise, mais ces années allaient être raccourcies par l’absence de sa femme. Ainsi avait-elle fini hein, et Seika n’en avait rien su. Totalement absorbée dans l’étude des sceaux, il avait fallu une claque, et une hémorragie interne, pour qu’elle soit au courant de tout. Après ça Sakura était partie de sa vie : bien sur cela ne voulait pas dire qu’elle ne se recroiserait pas au cours d’une mission ou autre, car Kumo bien que grand faisait s’entrecroiser les files du destin avec une facilité déconcertante, et un hasard était vite arrivé. Shijima baissa les yeux et concentra à nouveau son Chakra dans ses pieds ainsi que dans ses muscles cuisseaux. Ainsi, sa résistance musculaire augmentée, elle ralentie considérablement l’impact au moment d’atterrir et n’eut besoin que d’une simple roulade pour dissiper la vitesse et le poids accumulé lors de la chute. Un saut, répété, encore et encore. Car son congé touchait à son terme aujourd’hui, et aujourd’hui elle devait donner sa réponse au village : quittait-elle irrémédiablement le corps Ninja ? Ou bien revenait-elle ? Bien entendu que ce soit la première ou la seconde option, elle resterait coincée dans le village, sans échappatoire. Ancienne Chuunin, elle avait eu accès à des techniques et des informations qui devaient rester dans le village. Mais Seika avait une réponse à leur donner, aussi peu important que soit leur intérêt de la voir revenir. Pendant ces mois d’absences le village avait continué d’avancer, et une Chuunin manquant aussi longtemps à l’appel… Ils devaient tous se dire que c’était la fin de sa carrière. Déjà déstabilisée mentalement plusieurs fois pendant sa jeunesse et sa carrière, que pouvaient-ils espérer de plus qu’un arrêt complet des activités ? Dans un sens c’était mieux ainsi et c’était ce qu’ils pensaient.

Le regard neutre, la jeune femme serra les poings, posés contre le toit du bâtiment sur lequel elle avait atterrit. Agenouillée, Seika releva les yeux vers le centre-ville, et au loin l’académie Ninja. Sur sa droite en remontant la grande rue il y avait le centre de missions et les portes. Sur sa gauche en descendant la rue il y avait l’hôpital. Au nord-est le cimetière près de la forêt servant de « parc » au village. Au nord-ouest, il n’y avait qu’un grand vide, celui de la vallée, et au loin les chaînes de montagnes. Dire qu’il existait un sceau pour… Shijima ne préféra pas y penser plus et se releva tout simplement en remettant soigneusement sa cape grise en place. Avant de repartir à l’assaut de toits elle se permit de faire quelques assouplissements : un instant d’inattention était un instant de retard sur le saut et elle avait légèrement trop tardé à concentrer son Chakra dans ses muscles, du coup le choc avait été plus dur que d’habitude mais rien de grave. Grâce au Chakra no Shuchu ce genre de mésaventure se passait sans problèmes la plupart du temps. Une concentration parfois trop chaotique avait dit le Juunin. Il n’avait pas tord, mais cela impliquait-il qu’elle ne puisse jamais arriver à la maîtriser ? Comme lors de ces quelques jours où Megane avait voulu lui apprendre le Rasengan. Peut-être devrait-elle se relancer un peu sur le Ninjutsu les prochaines semaines, entre une ou deux missions pour retrouver la forme et être de nouveau « présente » dans le village… Mais difficile était pour elle l’idée d’arrêter en si bon chemin l’apprentissage des sceaux. Surtout que, comme Souryo le lui avait conseillé, la jeune femme à la chevelure d’ébène avait aussi exploré toutes les autres couleurs, et ainsi assimilé la plupart des procédés de base décris dans les parchemins correspondants. A présent il ne lui restait plus qu’à, comme on dit… Il lui fallait parler avec les professeurs de l’académie, car certains possédaient les connaissances manquantes à son répertoire. Plus, il lui en fallait plus. Car plus elle en posséderait, plus ses chances de survies augmenteraient, et avec elle la garantie d’un jour sortir de cet enfer qu’était devenu sa vie, par n’importe quel moyen que ce soit…

MessageSujet: Re: Destin et Rumeur Silencieuse   Dim 14 Mar - 21:22


Destin et Rumeur Silencieuse
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En forme, et parfaitement remise de sa chute maîtrisée, la jeune femme se redressa et s’étira longuement, faisant craquer les articulations de ses omoplates et de son cou, ainsi que celles de ses mains. Trop tendue, cette pratique, faite raisonnablement c'est-à-dire une fois de temps en temps, lui faisait du bien et empêcher le stress de naître en elle. Ainsi elle repartit avec plus de confiance dans le regard qu’elle n’en avait à l’atterrissage. Il faut dire qu’il est difficile, impossible même, de se débarrasser de ces souvenirs, et que ce n’est que par la force des choses que Shijima Seika continue d’exister. Par la force des choses, et parce qu’elle a quelque chose à faire ici-bas. Sinon à quoi aurait rimé de se lancer à corps et cœur perdus dans tout ceci, de remuer la bibliothèque de l’académie de fond en comble pour y trouver tous les éléments relatifs au Fuuin, et de tenter les mémoriser un maximum ? Il fallait bien que cela serve un quelconque dessein. Seika avait donc reprit sa route le long de la ligne des toits. Par ici les rues se faisaient plus larges, et les petites ruelles moins nombreuses : jusqu’où comptait-elle bondir ainsi ? D’une simple marche de départ, c’était à présent une course en petite foulée silencieuse. Le genre de course qui ne durait pas longtemps avec elle, car elle gérait mal sa respiration. Le genre de truc qu’on apprenait aux étudiants de Taijutsu, ce qu’elle n’était pas. Il lui fallut bientôt bondir en zigzaguant de toit en toit jusqu’à atteindre une limite infranchissable : celle de la grande rue. S’arrêtant quelques secondes là pour reprendre son souffle, Seika fût un moment aveuglée par ses cheveux. Rah qu’est-ce qu’ils avaient encore ceux-là ? Se passant la main sur le front, elle remarqua que celui-ci était mouillé, ainsi que ses cheveux. Ah oui, il pleuvait…

Perturbée elle l’était, parfois au point de ne plus sentir la caresse des éléments sur son visage. Totalement perdue en elle-même et dans ses réflexions, son corps qui ressentait pour elle toutes les choses extérieures n’avaient plus le moyen de lui faire passer ses informations. Pourtant elle avait entendu la pluie… Mais avait fini par l’oublier. D’un mouvement proche de l’énervement, Seika se passa une nouvelle fois la main dans les cheveux et en égoutta une bonne partie, mais sa masse chevelure trop épaisse empêchait de faire réellement tomber toutes l’eau qui s’y trouvait, surtout qu’il pleuvait « toujours ». Shijima renonça finalement en secoua la tête et marcha en direction du bord du toit donnant sur la grande rue pas si déserte que ça malgré la pluie. Après-tout on était le matin, et les activités devaient avoir lieux, avec ou sans pluie. Comme si de rien n’était, la jeune femme continua de marcher et… Tomba tout simplement dans le vide, non pas en basculant et en tentant de se rattraper à quelque chose non, juste en « marchant ». Mais évidement son Chakra était toujours concentré dans la plante de ses pieds, et elle ne fit qu’aborder le mur à la verticale sans aucuns problèmes d’ailleurs. Seika s’arrêta quelques secondes avant de poser son pied sur le plancher des vaches : la ruelle était boueuse et des flaques d’eau éparses la dissuadaient de relâcher de suite sa concentration. Ainsi la jeune femme fit ce que d’autres dans un autre univers auraient qualifié d’une intervention divine : elle marcha sur l’eau des flaques sans que ses pieds ne les traversent. Incroyable non ? Mais pour certains les utilisateurs du Ninjutsu approchaient les dieux, en utilisant la nature, et tous les éléments de leurs environnements pour se battre, en allant jusqu’à les transformer, les créer bref, accomplir les travaux de destructions et de créations divines.

En tout cas à Kumo c’était un peu ainsi que les choses étaient vues, car le Raiton n’était pas un art des moins impressionnants loin de là. Frapper ses adversaires de la foudre, ce n’était pas à la portée de tout le monde, ou presque… Entre ses seins la jeune femme sentait reposer le pendentif manipulateur de temps. Oui, ce n’était pas aussi simple qu’on le croyait de manipuler le temps, même si certains s’y essayaient. Seika traversa la grande rue en passant entre les passants pour la plupart pressés. Peu lui jetaient des regards, cachés sous leurs parapluies protecteurs ils ne pouvaient pas voir la jeune femme passer à côté d’eux. Seuls certains ouvriers, ou des porteurs de nacelles, la regardaient tout en trottant, leurs marchandises sur le dos ou l’épaule. Les yeux sombres de Shijima ne leur renvoyaient rien d’amicale, mais rien de spécialement dangereux non-plus : comme si elle les regardait, prenait en compte leur présence, puis les effaçait immédiatement de sa mémoire. Cette mémoire… Que n’aurait-elle pas donné pour s’en débarrasser, du moins dans certains détails. Mais ce n’était pas encore à l’ordre du jour et mieux valait de toute façon qu’elle ne s’amuse pas trop à jouer avec sa conscience l’histoire d’éviter les mauvaises surprises des effets secondaires de ce genre de techniques. De l’autre côté de la grande rue, la jeune femme prit le chemin d’une petite ruelle et s’y enfonça sans faire de bruits, ses pas couverts pas les clapotis de l’eau. Le ciel pleurait, pour une raison qui lui était inconnue. Mais cette pluie nourrissait la terre, et d’elle naitrait à nouveau la luxuriante végétation qui faisait la joie des passionnés de la nature… Ce dont elle se foutait éperdument. Sans plus d’intérêt pour le monde qui l’entourait que n’en aurait eut un somnambule, Seika continua sa route, levant parfois les yeux vers le ciel. Ce jour là aussi, il pleuvait… Elle ferma brusquement les yeux… !
҉

Sacrée corvée ce nettoyage d’automne. Non vraiment elle en avait plein le dos pardonnez-moi l’expression. Ca n’avait pas été de tout repos d’une part, mais surtout vu la façon dont ça s’était terminé ! Ah non, clairement et définitivement non : plus jamais elle en ferait ça en tant que responsable des opérations ! Seika, allongée sur son lit, bougeait avec une lenteur et une minutie calculée, pour ne pas réveiller les douleurs qui se propageaient dans son dos et ses membres. Sans parler de la douleur dans ses bras, dire qu’elle s’était laissé embarquer là-dedans. Bon d’accord ça avait été sympa mais sans plus quoi. La jeune femme finit par se redresser sur sa couche, et, totalement dans le coltard, posa ses pieds sur le sol. A demi-nue, dans la pièce surchauffée, elle se sentait bien niveau température mais était totalement assommé par la journée passée. Ce n’était plus pour elle ces missions là… Elle préférait même garder des gosses tien, c’était plus sympa, et souvent moins fatiguant. Lentement, Shijima laissa son cou et sa tête basculer en arrière, puis fit quelques tours avec celui-ci l’histoire de vérifier si elle n’avait pas choppé un torticolis. A part une légère résistance lorsque l’articulation de son cou craqua, tout semblait aller bien ! Satisfaite, souriante malgré tout d’en avoir fini avec ça, Seika posa ses mains sur le rebord du lit et poussa doucement pour se mettre sur ses jambes et se diriger d’un pas traînant jusqu’à la salle de bain. Le carrelage froid la fit frissonner et la lumière lui donna un coup de fouet mental qui la réveilla aussi un peu plus. Une bonne douche chaude fût le bienvenue, et acheva de préparer la jeune femme à la longue journée qu’elle allait passer. Au programme aujourd’hui : entrainement, et lecture surtout. Car depuis l’apprentissage de se sceau de camouflage de l’énergie avec l’aveugle Shinji, Seika était de plus en plus enthousiaste à l’idée d’en découvrir un peu plus, et cela passait par une phase de recherche obligatoire.

Revêtue comme à son habitude d’une robe blanche, et de son débardeur de cuir marron, Seika referma derrière elle la porte de son appartement, de ses mains gantées. Son bandeau se trouvait à son cou, reposant sur les fils noirs d’un autre pendentif qu’elle faillit utiliser lorsqu’elle pointa le bout de son nez dehors. Les temps de chien et elle, ça faisait deux. Mais elle n’avait pas le droit de s’amuser à manipuler le temps, c’était un pouvoir dangereux d’une part, et surtout difficile à maîtriser, même en possédant une technique de Ninjutsu permettant de créer des orages. Mais cela n’avait guère d’importance, et lorsqu’elle descendit l’escalier de métal, ses bottes en cuir provoquant un crissement à chaque pas, la demoiselle à la peau claire, et à l’œil étincelant déplia son parapluie, lui évitant ainsi la désagréable expérience pourtant déjà expérimentée d’être trempée par l’eau du ciel. Quand on ne portait que du blanc… Seika se mit à rougir à cette pensée odieuse et se contenta de marcher le long du rapide trottoir de bêton jusqu’à la fenêtre ouverte des Watanabi, les propriétaires de ces appartements. Ina était là, comme à son habitude, mais elle semblait, assoupie…

[Seika] - … Ina ?

[Aichi] - Laisse-la se reposer ma fille, elle en a bien besoin.


Celui qui venait de parler n’était pas visible car l’intérieur de la pièce était faiblement éclairé, mais elle reconnut facilement sa voix. Il s’agissait d’Aichi Watanabi, le mari d’Ina, un ancien Shinobi qui avait réussi à survivre jusqu’à la retraite, chose assez rare dans la profession. En plissant les yeux, Seika pu l’apercevoir, assit sur un gros fauteuil, une couverture sur lui.

[Seika] - Qu’a-t-elle ?

[Aichi] - L’âge tout simplement Seika’chan. Elle est toujours là à vous attendre, prête à vous rendre service à toi et Sakura’chan dès que vous êtes là…

[Seika] - Ah… En effet il faut qu’elle se ménage… Nous, non, je, j’ai encore besoin d’elle et de sa gentillesse…

[Ina] - Et elle t’est acquise ma chérie…

[Seika] - Ina’san ! Tu es réveillé ? Il faut te reposer encore !

[Aichi] - Elle a raison Ina’chan, repose-toi encore un peu, je sais que la pluie te berce…


La vieille femme se redressa et posa une main ridée sur le rebord de la fenêtre, prenant appui pour éviter à première vue de tomber. Seika hésita à l’aider mais la dame lui fit signe de ne pas bouger. Après quelques secondes durant lesquels elle se massa les yeux, comme si elle sortait d’une profonde léthargie, Ina lui fit un grand sourire, posa ses coudes sur le bord de la fenêtre, et se remit à lui parler.

[Ina] - Alors comment vas-tu Seika’chan ? Je ne te vois plus beaucoup ces derniers temps.

[Seika] - Le travail, j’ai beaucoup de travail… Ils ne me laissent pas une minute de répit !

[Ina] - Ca veut dire qu’ils te font confiance ma fille, montre-toi digne d’elle !


La femme à la chevelure d’ébène lui sourit gentiment et la salua, ainsi qu’Aichi qui dans l’ombre, semblait s’être à son tour assoupi. De braves gens ces deux là, Seika avait de la chance de les connaître. Comme il n’était encore que le petit matin, les rues pleines d’eaux ne voyaient pas encore passer grand monde. Elle aimait bien traverser le village ces jours-là, et c’était avec une certaine joie intérieur, comme un accomplissement personnel la rendant heureuse, qu’elle fit donc son petit bout de chemin jusqu’à la grande rue. Dans celle-ci, il n’y avait plus de feuilles mortes. Mais bon le côté boueux des lieux rendait superflue l’absence de saleté sur le sol, même s’il n’y en avait pas quand on y faisait attention. Satisfaite que ceci ait été fait, la jeune femme traversa donc la rue principale du village caché de la foudre, en direction de l’académie Ninja.

Cela faisait un moment qu’elle allait mieux, intérieurement. Même avec l’affaire Xang, les choses semblaient s’être arrangées. Utopie qui était la sienne cependant, de croire qu’on l’oublierait. Telle une rumeur furtive, une ombre continuait de l’épier. Toujours la même, toujours « là », depuis si longtemps. Même la présence de cette ombre, qui à la base l’effrayait, était devenue une banalité de la vie de tous les jours, et parfois même une présence réconfortante. Ainsi elle savait que quoiqu’il arrive, quelqu’un veillait sur elle. Bien entendu elle aurait largement avoir cette ombre là, à côté d’elle dans la lumière du matin diffuse qui perçait à travers les nuages, mais l’on ne pouvait pas tout avoir. Elle aurait d’ailleurs préférée que cette ombre ait un visage, et que ce visage soit celui de… Pour la seconde fois en tout de même très peu de temps, Seika sentit le rouge lui monter aux joues. Elle-même ne savait pas ce qu’elle avait en ce moment à penser à lui comme ça, et peut être que Sakura saurait la renseigner, elle qui dans la vie comme dans l’amour, avait connu des situations diverses et variés.

Au détour d’un virage cependant, quelque chose d’anormale se produisit : alors que Shijima se perdait dans ses pensées et ses souvenirs de ses rencontres avec le Chuunin instructeur, son regard se perdit dans les flaques d’eau. Et l’une d’elle, plus grande que les autres, refléta quelques secondes une silhouette. Elle ne les avait jamais vu de près, mais cette tenue était reconnaissable : cape noire autour des épaules, capuche noire, masque blanc d’un animal… Pas de toute il s’agissait d’un membre de l’ANBU, la police secrète du village. Bien entendu tous les villages avaient un ANBU, mais ces derniers, s’ils étaient connus, n’étaient pas forcément reconnaissable. Le temps que ses yeux se fixent plus précisément sur la flaque, un remous provoqué par la pluie l’effaça et l’empêcha de distinguer plus précisément la personne qui l’observait. Plutôt que de se concentrer sur elle, Seika releva vivement les yeux et chercha sur les toits autour d’elle la trace de cette ombre fugitive. Pourquoi maintenant ? Alors que tout allait bien ? Etait-ce une nouvelle étape dans sa paranoïa ?... Cette idée la fit trembler : pouvait-elle devenir plus folle que ce qu’elle avait déjà montré sur les toits ce soir là ? Difficilement pensable mais la possibilité existait, et peut être en effet la décision d’en parler à quelqu’un serait plus sage, que de garder tout ça en elle. Ces souvenirs marinaient, et un jour pourriraient en elle, cela ne faisait aucun doute, aussi devait-elle sans débarrasser avant que ça n’arrive ! Mais qui ? A qui pourrait-elle bien raconter son histoire, et dire qu’elle croyait être suivie non-stop dès qu’elle sortait de chez elle ? Sho peut être… Surtout avec ce qu’elle lui avait « déjà » montré, cela ne pourrait pas plus l’étonner que ça. Mais le fait est, qu’il pouvait aussi ne « pas » s’agir d’une illusion née de son esprit ravagé survivant grâce à l’amour de ses amies…

Personne n’aurait alors imaginé, elle moins que les autres, ce qui allait se produire au virage suivant. Un virage, qui se produisit dans tous les sens du terme : physiquement comme mentalement. Son histoire prit une nouvelle courbe, et sa vie allait en être altérée, peut être à jamais. Ses pensées déjà assombries par la vision de cette silhouette l’épiant depuis les toits, Seika tourna à gauche dans une petite ruelle qui menait normalement à son terme à l’académie Ninja. Ses yeux fouillaient les flaques à la recherche d’une nouvelle image, et lorsqu’elle remarqua une masse noire visible dans les reflets de celles-ci, son cœur faillit s’arrêter : ses yeux remontèrent à la source de cette ombre : l’ANBU se tenait là, devant elle. La jeune femme à la chevelure d’ébène faillit en lâcher son parapluie, et celui-ci trembla dans sa main, tandis qu’elle regardait l’ombre de toujours en face d’elle, les bouches entrouvertes, la gorge sèche… Elle n’en était pas sur, mais l’aura qui se dégageait de cette personne, lui rappelait cette sensation, à chaque fois qu’elle avait cru l’apercevoir entre les feuilles d’un arbre, ou derrière la cheminée d’une maison. Que faisait-il là, sur sa route ? Etait-elle totalement devenue folle ?! L’ANBU hocha la tête sur le côté, et son masque à visage de loup suivit le mouvement. Puis il fit un pas vers elle, et un autre, et un autre… Seika ne pouvait pas bouger, aucuns muscles de son corps ne pouvaient bouger. La peur, ressentie des années et des années durant, refit surface en un éclair aussi rapide et précis que la foudre elle-même. Elle aurait voulu hurler, fuir devant cette ombre qui enfin prenait forme humaine. Mais n’était-ce pas elle qui, quelques minutes plus tôt, aurait souhaité avoir cette ombre à ses côtés et savoir de qui il s’agissait ? Quelle naïveté de sa part de croire qu’elle serait capable d’accepter son existence. Après un dernier pas, ne le séparant plus que de deux mètres de la jeune femme tremblante, le masque se pencha de nouveau, mais de l’autre côté de son cou, et lui adressa la parole.

[???] - Bonjour Shijima Seika.

Une voix d’homme, plus de la trentaine, ou moins. Elle n’était pas bien forte pour juger les personnes qu’elle croisait sur leur âge au seul son de leur voix. Mais il s’agissait d’un homme, ça c’était une certitude.

[Seika] - B… Bon… Bonjour… Qui êtes… Qui êtes-vous ?

Et voilà qu’elle bégayait ah ça allait de mal en pis cette histoire vraiment. Mais elle avait bien trop peur pour avoir ne serait-ce que les idées clair et la présence d’esprit de garder son calme malgré son entrainement. Que peut-on faire, quand son cauchemar d’enfance prend finalement forme matériel devant-vous ? Comment doit-on réagir ? Difficile de ne pas paniquer, surtout lorsqu’on est déjà fragile… De nouveaux mots sortir du masque blanc qui portait sur son front l’emblème de Kumo.

[???] - Quelqu’un qui t’observe depuis très longtemps, et quelqu’un qui porte un masque de toute évidence.

[Seika] - Que… Que me voulez-vous… Vous ?

[???] - Te mettre en garde. Ils t’utiliseront le moment voulu Seika, tu ne dois pas les laisser utiliser ce mensonge contre toi.

[Seika] - Quel, quel men… Mensonge ?

[???] - Cherche dans les archives l’histoire de Taki no Kuni, cherche leur généalogie, et tu comprendras.

[Seika] - Que… Quoi ?


Mais il état déjà trop tard. Sans avoir le temps d’ajouter quoique ce soit, l’ombre au masque disparue d’un seul coup, sans autre forme de procès qu’un changement d’image : une seconde il était là, la seconde suivante il avait disparu. Comme si le temps s’était alors arrêté, la jeune femme remarqua qu’elle n’avait plus entendu le bruit de la pluie. Et son corps, raide, ne réagissait toujours pas. Elle força mais ne rompit pas son immobilité musculaire. Il s’agissait peut être de… Seika concentra tout son Chakra de la manière la plus rapide possible dans sa main droite, et fit un signe, celui de la libération. Le Kai, le rempart contre les attaques mentales, s’activa et libéra son corps de sa lourdeur, mais pas seulement. La pluie se remit à tomber. Ou plutôt, plongée dans un Genjutsu, elle n’avait plus sentit sa caresse. En cet instant, son visage reçu une trombe d’eau, comme si le ciel essayait de la réveiller et de lui faire retrouver ses esprits. Shijima avait lâché son parapluie depuis l’instant où… Mais attendez… Seika fit un brusque tour d’horizon : elle était dans la ruelle où il y avait la grande flaque… Le Genjutsu l’avait piégé à ce moment là ! Secouant la tête, le monde tourna autour d’elle et la jeune femme s’approcha en tombant à moitié d’un mur contre lequel elle se plaqua, respirant difficilement. Plusieurs Genjutsu successifs, comment croire que tout ça ait été réel ? Même son apparence pouvait ne pas l’être ! Affolée, Seika resta là un long moment, tournant la tête de tous les côtés, cherchant de nouveau cette ombre qui, comme au premier jour, la terrorisait…

MessageSujet: Re: Destin et Rumeur Silencieuse   Lun 15 Mar - 0:55


Destin et Rumeur Silencieuse
~ 4 ~
Seika s’arrêta au croisement où l’événement avait eu lieu. Cet endroit portait encore dans son cœur, la marque de sa peur la plus profonde, celle de ne pas savoir qui l’on était, de ne plus être sur de rien, et finalement de se retrouver seule face à l’ombre d’un passé dont on ne pouvait percer le mystère. L’apparition du mystérieux individu l’avait poussé comme il le lui avait demandé, à fouiller ce jour là quelques archives historiques de l’histoire du pays de la cascade. Le résultat bien sur, avait fini par apparaitre au bout d’une journée quasi complète d’enquête. La femme de l’actuel Daimyo du pays portait le même nom que le sien. Immédiatement bien sur, son esprit n’avait pas pu considérer ceci comme quelque chose de rationnel : coup monté, nouvelle torture psychologique, simple coup du hasard. Et finalement, la jeune femme était tombée par hasard sur un arbre généalogique, écrit alors par un voyageur du pays de la foudre. Comment cet ouvrage avait pu se retrouver dans la bibliothèque d’une académie Ninja, Seika n’en savait rien. Mais il était clair que ceci n’était pas un hasard. L’ouvrage relatait cas par cas les personnes qui avaient été en contact de façon très proche avec la famille de l’actuel Daimyo, dont l’histoire n’était pas reluisante. L’une d’elle, une femme au nom inconnue, attira son regard : l’auteur avait dédié à chaque personne une esquisse faite sur le moment. Et cette femme…

C’était tout simplement le portrait craché de Shijima Seika. A partir de cet instant le doute n’avait plus été possible : il s’agissait réellement de sa mère. Ou bien s’il s’agissait d’un plan, d’une tentative d’obtenir quelque chose d’elle en inventant cette histoire, que ce soit ça, ou autre chose, dans les semaines qui suivirent Seika sombra peu à peu. Elle ne faisait plus rien de ses journées en apparence, et se contentait de lire, lire, et toujours lire. Durant cette période, Ina décéda de vieillesse. Sakura ne lui pardonna pas de ne l’avoir même pas su, et d’avoir délaissée ses amies. Aujourd’hui, dès qu’elle voit le cimetière elle pense au fait qu’elle n’a jamais été se recueillir sur sa tombe, raison pour laquelle elle ferme brusquement les yeux, et préfère oublier que ces événements sont arrivés. Seul reste, l’idée qu’elle n’est pas ici chez elle, comme elle l’a toujours sentie.

Inspirant profondément, Seika sentit un peu moins d’eau couler le long de ses joues : apparemment la pluie se calmait enfin. Dommage, depuis ce jour elle aimait beaucoup la pluie. La froideur de son contact lui faisait du bien, lui rappelait non-pas sa rencontre avec le mystérieux homme au masque, mais bien sa découverte d’une vérité : sa mère et son père était surement en vie. C’était alors posé la grande question dans son esprit : que faisait-elle donc là bon sang ? Mais les paroles prononcées par le membre de la police secrète les lui avaient révélées : Shijima était ici pour être utilisée. Dans quel but ? Celui d’être une arme humaine ? Certes elle n’avait pas voulu dans son enfance devenir Kunoichi, et puis le temps aidant elle s’y était faite. Aujourd’hui c’était tout ce qu’elle avait dans la vie. Et elle ne pouvait pas tout laisser tomber, ou bien elle n’aurait jamais la possibilité de la retrouver, la musicienne de Taki, sa mère…

[Shinzo] - Tu crois vraiment que c’est le bon choix Shijima’san ?

L’extravagant professeur de Ninjutsu de Kumo se tenait dans l’ombre d’un mur, à l’orée de la lumière provenant de la rue, de l’autre côté de laquelle se trouvait l’académie Ninja. Sa chevelure noire avait laissé place à une crinière rousse aux pointes, presque blonde à la racine. Un étrange changement qui lui allait ma foi, pas si mal, mais qui l’avait faite passer pour un inconnu aux yeux de la Kunoichi durant les premières secondes. Seika marcha encore un peu, et s’adossa au mur face au sien, distant de deux mètres l’un de l’autre. Personne ne savait quelle réponse elle allait donner, et ses allées et venues perpétuels ne laissaient planer que plus de doute sur ses intentions. Même si Megane ne savait pas qu’elle était sa décision, il essayait encore de la faire changer d’avis, quelle qu’elle soit. Ou plutôt l’invitait-il à y réfléchir une dernière fois, dans la ruelle, avec lui. Les bras croisés sur son torse, il la regardait du coin de l’œil, le visage tourné vers l’académie. Seika en fit de même, en soupirant.

[Seika] - Oui, je crois que c’est le bon choix Megane’san. Il n’y en a pas d’autres possibles.

[Shinzo] - Très bien… Tu as l’air sur de toi, mais tu auras un peu plus de mal à les convaincre à nouveau de l’autre côté de cette rue.

[Seika] - Je sais, et ça ne fait rien. Je ne cherche pas à leur prouver quoique ce soit.


L’homme aux allures de jeunot décroisa ses bras et tendit sa main au milieu de la rue, pour constater qu’il ne pleuvait plus. En cet instant il semblait, plus vieux. Le cas et l’absence de Shijima Seika avait été un sujet de trouble pour certains, d’inquiétude pour d’autres. Aujourd’hui c’était son dernier jour pour donner une réponse à ses supérieurs sur ses perspectives d’avenir. Si le statut de Kunoichi l’avait plus ou moins préservée jusque là, il n’en serait plus question si elle refusait de revenir. Le cas de la mort de Xang reviendrait à l’ordre du jour, et la jeune femme serait peut être condamnée. Une fin, car il en s’agissait bien d’une, peu enviable et que le professeur n’aurait jamais imaginé pour son élève. Il ne savait en effet rien, cela se voyait dans son regard : il espérait juste qu’elle ne fasse pas un choix qui lui fasse regretter cet instant toute sa vie. Les bottines en cuir de Seika crissèrent contre le bêton du mur auquel elle était plaquée. S’en détachant, elle fit face à Shinzo, professeur certes, mais du même grade qu’elle malgré tout. Dans les yeux de la jeune femme, il ne lisait plus cette flamme fragile qui était la sienne : il n’y avait plus qu’un braséro bleuté, une flamme plus bien grosse que celle qui était la sienne auparavant. Quoiqu’il se soit passé durant ces derniers mois, Shijima n’était plus la même. Etait-elle meilleure, ou pire que l’ancienne ? Le professeur n’en savait rien, et il se contenta de la regarder prendre la direction de l’académie. Alors qu’elle marchait droit devant elle, sans se préoccuper des flaques d’eau, Shinzo remarqua que ses bottines fort belles, ne portaient aucun signe d’avoir marchées dans la boue. La jeune femme marchait sur l’eau à chacun de ses pas… Cela fit naître un sourire en coin sur le visage de Megane : sa réponse allait peut être différente de celle à laquelle tous s’attendaient.

Dans le hall de l’académie, les choses n’avaient pas changés. Le tableau aux annonces était toujours là, l’escalier, les couloirs… Des Ninjas discutaient par petits groupes, des Aspirants et des Genins pour la plupart. Ils ne firent pas spécialement attention à elle lorsqu’elle pénétra dans le hall : après tout la différence vestimentaire était flagrante entre la Seika d’avant et celle d’aujourd’hui. Enroulée dans sa cape grise, elle avait l’air d’une belle mendiante. Magnifique… Et avec des bottines qui n’allaient pas du tout avec sa cape grise et crasseuse. Mais ça c’était à l’extérieur. Certains la reconnurent de vue, à cause de son imposante cascade de cheveux noirs. Ceux-là donnèrent des coups de coudes à leurs camarades et les informèrent de l’identité de la Kunoichi qui venait d’entrer. Sans chercher à sécher ses cheveux, Shijima ouvrit sa cape et révéla donc sa tenue noire sous celle-ci. Du blanc au noir, l’effet restait tout aussi… Agréable à l’œil.

[Shayou] - Tien, tien, tien… Shijima Seika. Tu as gagné ton pari Hoshi’kun bravo.

[Hoshi] - Encore heureux que je l’ai gagné, il n’y avait que toi pour croire qu’elle ne viendrait pas !


Un groupe de Ninja se dissipa comme par magie et s’écarta pour révéler les deux Juunin, chacun d’un côté de l’escalier, en bas de celui-ci. Ils étaient tous les deux adossé aux rambardes et semblaient… Comme d’habitude ? Le Uchiha souriait cependant plus « gentiment » que son comparse maître du Raiton, qui lui faisait une moue proche du sourire et du rictus à la fois, et qui contenait surement une grande part d’ironie. Des professeurs eux-aussi, à croire que tous ses Sempais s’étaient donnés rendez-vous aujourd’hui pour l’accueillir, mais en y allant chacun de leur façon.

[Seika] - Tasogare’sama, Uchiha’sama.

Elle s’inclina devant eux à tour de rôle et n’ajouta rien, se contentant de marcher la tête droite vers l’escalier, jusqu’à ce qu’elle passe entre eux. Les deux Juunins ne firent aucuns mouvements, mais une tension était palpable. Quelle en était la cause ? Seika atteignit la dernière marche de l’escalier, et s’apprêta à tourner à gauche pour se diriger vers le bureau de Souryo quand la voix de Shayou se fit entendre derrière elle. Mais pas derrière elle en bas de l’escalier : vraiment « juste » derrière elle. Une téléportation surement. Il se pencha sur son épaule et lui dit ceci.

[Shayou] - Ca ne marchera pas une nouvelle fois. Essaye de ne pas faire une nouvelle erreur quand à ton choix d’aujourd’hui.

La jeune femme à la chevelure d’ébène n’ajouta rien : que pouvait-elle bien lui répondre de toute façon ? Elle continua donc son chemin dans le couloir au plancher de bois, où toutes les portes étaient fermées. Il s’agissait de salles de classes, dans lesquelles Seika avait passé une partie de son enfance… Des portes closes. Une seule l’intéressait à présent : celle qui se trouvait devant elle, au bout du couloir. Ses pas l’y amenèrent, avec un claquement répétitif à chaque fois que ses talons entraient en contact avec le sol. A présent, c’était l’instant de vérité, le dernier contact à faire, le dernier effort… Avant de reprendre du service.

Sa main se leva toute seule : son corps voulait en finir, et il était temps en effet de mettre un terme à ses longs mois d’absence, à cette mascarade qu’elle avait joué loin des Ninjas, alors qu’elle-même était une Kunoichi. Toute sa vie était là. Son poing frappa la porte trois fois. Elle n’eut pas longtemps à attendre : après quelque chose qui ressemblait à un réveil en sursaut, l’occupant du bureau lui adressa la parole.

[Souryo] - Rah entrez !

Seika posa sa main sur la poignée et ouvrit la porte derrière laquelle elle trouva le Juunin en toge orange en train d’essuyer une tâche sur sa toge. Surement de l’alcool… Quelque chose disait à la jeune femme que le moine devait être en train de roupiller, une bouteille sur le ventre, et lorsqu’elle avait frappé, et bien était arrivé ce qu’il arrivait dans ce genre de circonstances. Hakujou ne manifesta pas plus de surprise en levant les yeux que si ça avait été la première Kunoichi venue. Après tout de quoi avait-il à être étonné ? Elle devait se présenter aujourd’hui, et bien elle était là.

[Souryo] - Ah, Shijima’san, justement je t’attendais. Un petit verre ?

[Seika] - Non merci Hakujou’sama, merci.


Elle resta debout après avoir refermée la porte derrière elle, entre les deux sièges placés devant le bureau du Shinobi spécialiste de l’Eisei. En face, le Juunin avait fini d’essuyer la trace même s’il restait un point sombre sur sa toge orante, et s’attelait maintenant à chercher dans une pille de dossier le sien. Mais il n’eut pas à chercher longtemps, il l’avait laissé tout au début presque. Un peu dans les vapes à première vue, il n’eut qu’à relire un peu le dossier pour hausser les sourcils et finalement redevenir tout à fait sobre. Après tout quand on passe son temps à boire, on finit par se découvrir une certaine résistance aux effets de la boisson.

[Souryo] - Hum… Vu ton dossier… Bah, après tout c’est à toi de décider. Alors ta réponse ?

Il se laissa aller dans son siège, attendant tout simplement que la jeune felle à la chevelure trempée donne une réponse simple et sans détours. Mais dans les yeux de Seika, s’il n’y avait plus cette flamme, ou cet éclair pensait Hakujou, il y avait autre chose, une nouvelle détermination. Le stylo entre les doigts, il savait déjà ce qu’elle allait dire : à force d’étudier le corps on comprend certaines choses plus facilement.

[Seika] - Je reste.

Elle n’ajouta rien de plus : l’économie des mots était devenue une de ses habitudes. De toute façon le Juunin n’avait pas besoin d’autre chose que ça pour écrire quelque chose sur le dossier, et le refermer aussi sec. Apparemment tout était réglé : le congé de Shijima Seika venait de prendre fin. Il lui fit un sourire de pure forme auquel elle ne répondit pas, et se contenta de s’incliner en silence, sans prendre congé. Immédiatement l’Eisei-nin fronça les sourcils et la regarda partir. La police secrète faisait bien de garder un œil sur cette fille. Mais au cas où cela devait être arrêté pour une raison ou une autre, le gros homme rouvrit le dossier et ajouta une dernière inscription « A surveiller ». Seika ferma la porte derrière elle et observa une nouvelle fois son reflet dans la vitre du couloir : elle avait un peu maigri, ses muscles s’étaient un peu tassés, même si elle pratiquait quelques exercices sur les toits de temps en temps. Elle allait s’y remettre en quatrième vitesse dès le lendemain, car pour l’heure…

Seika se dirigea vers le l’opposé de l’académie, toujours au même étage, et fila droit vers la bibliothèque. Là elle rendit le dernier ouvrage qu’elle avait emprunté et prit un des derniers parchemins sur le sujet des sceaux. S’installant cette fois dans la salle sans partir immédiatement, ce qu’elle faisait depuis des semaines pourtant, Shijima se plongea dans la lecture du rouleau sur les sceaux de blocage. Une sacrée plaie aussi ces sceaux d’après l’auteur, qui en fait n’était pas un spécialiste de cet art mais un combattant au… Taijutsu ? Après tout pourquoi ? Tout le monde pouvait apprendre à les manier, mais pour ça il fallait connaitre leur existence bien entendu, et ça c’était plus rare. Seika resta là un bon moment, le temps de lire tout ce qui l’intéressait là-dedans, et qui se recoupait avec les informations qu’elle possédait déjà… Pour la suite, elle devrait s’adresser aux professeurs concernés… Shinzo en faisait parti d’ailleurs, ce qui ne devrait pas poser de problèmes concernant les sceaux de communications… Ne resterait au final que le problème de Souryo, mais lorsqu’elle viendrait le trouver pour lui demander de lui enseigner la destruction… La Kunoichi aurait déjà derrière elle l’un des inventaires de techniques du Fuuin les plus complets de Kumo, du moins était-ce là son ambition immédiate ! Pour la première fois depuis deux mois… Seika sourit.
Fin

MessageSujet: Re: Destin et Rumeur Silencieuse   Lun 15 Mar - 18:47



    Seika : + 50 XP ( bonus chuunin inclus - techniques validées )

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MessageSujet: Re: Destin et Rumeur Silencieuse   

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