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 Tristes Horizons

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MessageSujet: Tristes Horizons   Lun 15 Mar - 2:05

TRISTES HORIZONS



L’objectif était presque atteint puisque Mash arrivait désormais proche de la côte. Il avait volontairement choisi un espace sans infrastructure pour pouvoir observer l’océan. Il n’avait jamais eu l’occasion de voir une telle étendue d’eau, et cette première image, il voulait la conserver sans aucun parasite humain. Cet animal politique avait depuis longtemps pollué les terres par ses travaux dans le meilleur des cas, et de son sang dans le pire des cas. La technologie avait amené la concurrence, la concurrence avait créé la jalousie, cette jalousie avait entrainé la haine, et la haine donna naissance aux guères, quelles qu’elles soient.

Sa tension montait car il commençait à entendre le murmure des vagues se mourant sur le rivage. Lorsqu’il atteignit le sommet de la dernière colline le séparant de l’eau vive, il s’immobilisa. La mer était agitée, et la vision n’en était que plus majestueuse. Un vent fort faisait danser à ses cheveux un rock d’une vitesse modérée, mais bien présente. Il avança les yeux partiellement plissés à cause des intempéries jusqu’à atteindre un rocher à seulement deux mètres de l’eau, puis s’assit. Cette plage était composée de galets grisâtres parfaitement polis où le soleil aurait pu y refléter sa lumière s’il avait réussi à percer les nuages présents. Composée également de petits cailloux allant du blanc au noir sans pour autant être ternes. Ils étaient moins lisses que les galets, mais restaient néanmoins idéals pour quelques ricochets, que l’état de la mer de permettait pas. De toute façon, il ne savait même pas que le ricochet existait, et c’était pas dans ses montagnes qu’il aurait pu apprendre à en faire. Et de ce fait, ces cailloux là, il s’en foutait, et royalement.

Son perchoir était confortable, aussi, il s’autorisa de manger un bout de sandwich acheté dans une bourgade un peu plus tôt, avant de reprendre la route. Maintenant qu’il avait vu la mer, il devait retourner à son objectif premier ; en apprendre plus l’art ninja, progresser, et tuer ce vieux porc sournois et vicieux. Sa mort ne saurait qu’être bénéfique pour tout le monde, il ne risquerait pas trop d'ennuie en l’égorgeant. Il devait réfléchir à un moyen d’en apprendre plus sur les différents arts des shinobi. Il ne connaissait dans l’immédiat que ce qu’on lui avait enseigné à la va vite durant quelques mois, soit quelques mouvements de Taijutsu ainsi qu’une vaine technique dite de Ninjutsu. Ce n’était bien entendu pas suffisant, d’autant plus qu’il avait été incapable d’utiliser correctement ces techniques lorsque l’occasion s’était présentée. Il devait se focaliser sur les villages ninja, c’était ici qu’il trouverait le plus de renseignement. Le village le plus proche étant Konoha, ça serait sa prochaine destination.

Avant de repartir, il s’accorda une pause bien méritée. Il en profita pour piquer une tête dans cette eau pourtant agitée afin de garder en semblant d’hygiène et une odeur respirable à moins de 5 mètre de sa personne. C’était froid. Très froid, et en plus de cela, il but la tasse. Dégueulasse, immonde, infâme, et bordel de merde furent ses premières pensées, sans compter l’envie de vomir, qui lui vinrent à l’esprit l’instant d’après. C’est donc dégouté qu’il sortit de l’eau pour se sécher, se rhabiller, et partir. Konoha….

MessageSujet: Re: Tristes Horizons   Mar 16 Mar - 2:03

Kinimo entrouvrit légèrement les yeux, dérangée par la lumière qu’émettait le soleil haut dans le ciel. Quelle était la dernière chose dont elle se souvenait ? Elle avait été enfermée dans une cage… combien de temps ? Une semaine… un mois… plus ? Sans doute plus, elle se sentait tellement faible à présent… elle se rappelait vaguement d’un bateau qui tanguait continuellement, la berçant jour et nuit comme dans un rêve, ou plutôt un cauchemar. Un homme également… avait-elle déjà aperçu son visage ? Pas d’après ses souvenirs… de toute façon, le simple fait de repenser à cet homme était déjà suffisamment douloureux sans qu’en plus elle ait à se rappeler de son visage probablement enjoué… bref, elle avait été enlevée pour une raison toujours obscur.

Et pourtant, elle était là… allongée au milieu des galets, incapable de se souvenir des quelques jours qui avaient du s’écouler entre ses récents souvenirs et son arrivée sur cette plage. Peut être ne s’était-il rien passé après tout ? L’homme en avait simplement eut marre, et l’avait déposé ici pour se débarrasser d’elle, espérant qu’elle sombrerait au milieu des poissons au cours de la journée ? Tout cela n’avait aucun sens. Etait-elle au moins toujours à Konoha ? Etant donné la chaleur qu’elle pouvait sentir dans l’air ambiant, probablement…

La chienne se remit lentement sur ses quatre pattes. Elle était si faible… elle ne pouvait pas se présenter devant Hakai dans cet état. Surtout que depuis le temps, l’humain ne l’attendait sans doute plus. Comment tout cela avait-il pu arriver ? Son objectif avait été juste devant elle… à portée de main, il n’y avait plus qu’à tendre le bras, et à patienter pour l’atteindre… et maintenant, plus rien.
Kinimo fit quelques pas au bord de l’eau, fixant son reflet dans le liquide bleuté : elle avait bien mauvaise mine… par contre, étonnamment, sa fleur était toujours à sa place, sur son oreille gauche. Quand à son pelage habituellement si resplendissant, il paraissait sale et emmêlé. L’homme qui venait de la relâcher avait une idée en tête. Laquelle, elle n’en savait rien, mais sans doute valait-il mieux se méfier. Si seulement elle pouvait se souvenir de ces derniers jours…

La chienne trébucha après quelques mètres, se blessant à une de ses pattes au milieu des cailloux : décidément, elle ne se sentait même pas capable de continuer. Pourtant elle aurait du être heureuse d’enfin quitter cette prison, de retrouver sa liberté… mais l’inquiétude régnait, et ce n’était pas un petit rayon de soleil qui suffirait à la balayer. Pourtant, c’était inutile de rester là, allongée sur ces galets à regarder quelques gouttes de sang couler de sa patte blessée. Kinimo se releva à nouveau, s’éloignant de l’étendue bleutée cette fois. Il faut dire qu’elle l’avait suffisamment vue ces derniers jours… c’était probablement la seule chose qu’elle avait pu observer à bord de ce bateau, la mer.

Tandis qu’elle avançait, Kinimo frôla un humain trempé, ne remarquant même pas sa présence : son état était plus grave que ce qu’elle aurait put l’imaginer, toute cette fatigue qu’elle ressentait n’était pas seulement le résultat d’une absence d’énergie ou même d’un manque de nourriture. Quelqu’un s’était amusé à jouer avec elle, ou du moins avec son cerveau. Elle était totalement perdue, elle semblait même avoir oublié ce pour quoi elle luttait depuis tout ce temps… finalement, l’animal chuta à nouveau lourdement sur le sol à quelques mètres seulement de l’humain : elle n’avait pas le courage de se relever. Ses yeux grands ouverts fixaient le paysage devant elle : des galets, des rochers, de l’eau… puis encore des galets, puis des rochers, et encore de l’eau, et ainsi de suite à perte de vue. Une vaste plage vide, un peu comme son esprit…

MessageSujet: Re: Tristes Horizons   Mar 16 Mar - 20:59

Un vieux polo trempé. C’est ce qu’avait cru voir Mash en se retournant pour regarder une dernière fois cet autre univers qu’était l’océan. Seulement, un vieux polo trempé de respirait pas jusqu’à preuve du contraire, il était bien obligé de l’admettre. Il se rapprocha de cet étrange phénomène puis compris que le polo était un chien. Ce qui le frappa en premier lieu fut cette fleure accrochée sur son oreille gauche. Il avait du être apprivoisé ne serait ce qu’un temps pour avoir ainsi une telle marque d’affection. En seconde lieu, c’était ce regard perdu, désorienté que son état physique accentuait encore plus. Ses poils se battaient en duel le long de se petit corps, pour le prix du plus sale et du plus emmêlé. Ca devait être un bel animal sans toute cette crasse, à n’en pas douter, sans compter cette fatigue apparente qui, une fois dissipée devait laisser place à une humeur câline et joviale.

Il avança lentement sa main vers l’animal pour essayer de le rassurer quant à ses intensions. Celui-ci ne bronchant pas, plus par dépit qu’autre chose, il laissa lentement sa main se glisser sous son pelage, qui, à sa grande surprise, était d’une douceur étonnante malgré son état. Il prononçait quelques paroles réconfortantes d’une grande banalité, ne pensant pas trouver quelqu’un à qui parler, tout en continuant ses douces caresses. L’animal était en vie malgré son état car celui-ci réagit en sentant la proximité du voyageur. Un regard toujours autant perdue mais pourtant si chaud. Peut être appréciait-il la tendresse du jeune vagabond. Encouragé par ce simple regard, Mash attrapa délicatement l’animal et le couvrit d’une serviette trainant dans son sac pour le réchauffer un peu, le mettre à l’aise, et, de toute évidence l’éloigner de cette eau qui avait du bercer une bonne partit de sa journée. Il s’éloigna du rivage et s’assit un peu plus loin sur une herbe onctueuse malgré la fertilité réduite de cette terre. Tendrement, il posa l’animal sur le sol et chercha d’éventuelles plaies qu’il aurait pu essayer de soigner en les pansant. N’en voyant aucune, il se contenta de répéter ses précédentes caresses, tout en faisant attention de ne pas effrayer cette pauvre bête.

Il ne savait pas quoi faire du chien. Le vagabond ne pouvait pas le laisser là, l’abandonnant à une mort quasi certaine, mais il ne pouvait pas non plus le laisser voyager avec lui. Il devait avancer vite s’il voulait saigner le Vieux Porc. Il n’arrivait pas à se décider, d’autant plus qu’il ne connaissait absolument personne qui aurait pu s’occuper d’un animal, ne serait-ce quelques jours le temps que celui-ci reprenne des forces. Ses pensées s’échappèrent de son corps pour aller mourir contre cette plage de galets.

- Qu’est ce que je vais faire de toi ? Y’en a qui ont pas de chance dans la vie, et je crois bien que t’en fais partit…

Ses caresses étaient désormais automatiques. Il cherchait vainement une solution à ce problème, mais n’en trouvant pas, il soupira.

MessageSujet: Re: Tristes Horizons   Ven 19 Mar - 2:23

Kinimo ne remarqua la présence de l’humain que lorsque celui-ci commença à la caresser. Aussitôt, la chienne tourna son regard vide vers lui, s’interrogeant sur l’identité de cet inconnu, ainsi que ses intentions. A première vue il n’était pas hostile puisqu’il la recouvrit d’une serviette avant de l’emmener un peu plus loin, sur une herbe douce bien plus agréable que les galets de la plage. Mais alors que voulait-il ? Etait-ce simplement par pitié qu’il s’occupait d’elle ainsi ? Ah oui… la pitié… un des nombreux sentiments humains qu’elle se plaisait à exploiter. Mais pour une fois, elle n’y était pour rien : en fait, elle était réellement dans une situation pitoyable. Elle aurait bien remercié l’humain pour son aide, néanmoins elle préférait rester sur ses gardes jusqu’au bout : si cet étranger l’entendait parler, son attitude risquait fortement de changer. C’est pourquoi Kinimo se contenta d’avancer sa tête vers ce bras qui faisait des allers-retours incessants au milieu de ses poils emmêlés et lécha amicalement la main de l’humain. Après quoi, elle laissa retomber sa tête devant elle, fermant les yeux pour se reposer : elle ne savait toujours pas qui était cet homme, mais elle se sentait en sécurité auprès de lui pour le moment.

L’humain parlait, cherchant probablement à rassurer l’animal. Kinimo n’entendait pas tout, les paroles de l’étranger étaient perdues au milieu d’un brouillard sonore continu. Néanmoins, elle en comprit le sens en majorité. Il ne pouvait visiblement pas s’occuper d’elle le temps qu’elle se remette de ces derniers jours… bref, elle allait devoir se débrouiller toute seule. Un soupir de l’humain lui confirma ses pensées : la chienne rouvrit les yeux, fixant l’horizon en espérant entrevoir ne serait-ce qu’une petite lueur d’espoir en vain.
Kinimo commença à remuer, cherchant à se remettre sur ses pattes : malheureusement elle s’emmêla les pattes dans la serviette qui la recouvrait et se retrouva à nouveau immobilisée contre le sol. A quoi bon lutter? Dans son état elle ne ferait pas vingt mètres sans trébucher. La chienne tourna à nouveau la tête vers l’humain, le fixant dans les yeux pour être certaine qu’elle ne craignait rien de lui. Finalement, après quelques instants à rester ainsi, Kinimo conclut qu’elle n’avait rien de mieux à faire que de lui parler. Un léger sourire apparut sur son visage fatigué par l’horreur de ces derniers jours, puis elle ouvrit la bouche pour enfin s’exprimer normalement :


« J’aurais préféré que personne ne puisse me voir comme ça… mais merci pour ton aide. »

Au moins, elle serait fixée d’ici quelques instants, une fois que l’effet de surprise serait passé. Kinimo tenta à nouveau de bouger, pour s’asseoir cette-fois : elle commençait à renoncer à l'idée de reprendre la route tout de suite. Elle envisagea plutôt de démêler une partie de ses poils elle-même, ne serait-ce que pour se sentir un peu moins mal, mais l’horrible gout d’eau salée qui s’était imprégné dans son pelage la dégouta de continuer. Elle allait devoir rester comme ça jusqu’à trouver une ville, ou une maison isolée…

« J’imagine que tu ne vis pas dans le coin ? »

Non pas qu’il ne ressemble pas à un habitant de Konoha, mais Kinimo se disait simplement qu’avec sa chance de ces derniers temps, elle ne risquait pas de tomber comme par hasard sur quelqu’un qui pourrait régler son problème capillaire. D’ailleurs cela devait bien lui sembler secondaire… mais pour le moment, ses pensées restaient en désordre… se sentir mieux dans son corps l’aiderait probablement à se remettre un peu plus rapidement. Enfin bref, pour le moment ce n’était pas le cas.

MessageSujet: Re: Tristes Horizons   Ven 19 Mar - 21:25

Tandis qu’il s’efforçait de trouver une solution à son problème, la pauvre bête commençait à sortir de cet état second, pour le moins déconcertant. Il la vit essayer de se lever mais la serviette entrava ce mouvement futile pour un animal, ou même un être humain dans se trouvant dans cette situation. La fatigue l’emporta sur le reste et le chien retomba dans l’herbe, le visage modelé par le découragement. Mash se pris à observer l’animal, et fut quelque peu déconcerté de le voir sourire. Il avait peut être imaginé cette scène, mais cela semblait si réel. Il n’y avait aucun mal à rêver, au contraire, cela était bénéfique tant pour le corps que pour l’imagination, mais rêver en pleine journée, ça, c’était plutôt inquiétant. Aussi, lorsque le chien se mit à parler d’une voix assurée pour son état, le voyageur fit deux conclusions : Soit il se trouvait en plein délire, ce qui n’était pas rassurant, soit cet animal possédait une conscience humaine, ou disposait du moins d’une capacité à comprendre et articuler certaines phrases. Aussi, il décida de ne pas répondre et de continuer à observer le chien le plus naturellement possible.

Le fait de voir par la suite l’animal faire sa toilette l’invita à penser qu’il était fou. Si il possédait une conscience se rapprochant de cette de l’homme, il ne devait pas agir comme une bête, au contraire. Cela ne dura pas longtemps. Visiblement, le chien n’aimait pas le goût de sa fourrure. Son regard se riva vers Mash, et son museau s’ouvrit, et prononça ces quelques mots :

- J’imagine que tu ne vis pas dans le coin ?

Il n’avait donc pas rêvé ce qui était rassurant d’un côté. Cependant, un détail lui revenait de son apprentissage bref mais intense des arts ninja. Le Patron avait certifié qu’il existait un type de ninjutsu visant à invoquer des créatures avec lesquelles on aurait « pactisé », pour utiliser ses termes. Peut être que le chien en faisait partit ? Cela le rassura et préféra répondre, tout en demandant confirmation à ses pensées.

- En effet, je ne vis nul en fait. Je vis du voyage, de la générosité des hommes, et de mon talent.

Il se laissa quelques secondes pour réfléchir à une formulation de ses questions sans paraitre offusquant, puis repris, tout en essayant d’apparaitre comme des plus amicaux :

- Je m’appelle Mash. Excuse-moi si ma question est vexante mais je n’ai jamais rencontré d’animaux sachant parler. J’ai seulement entendu dire qu’il existerai un type de ninjutsu permettant de sympathiser avec des créatures souvent douées de paroles et de conscience humaine. J’ai vu juste ?


Il espérait n’avoir pas été trop brusque avec lui, qui était visiblement encore très fragile. Il voulait rassurer l’animal, si bien qu’il sortit lentement de quoi manger de son sac. Il ne trouva qu’un peu de pain dur, mais il n’avait pas mieux à offrir. Il brisa le morceau en deux parties, le plus équitablement possible, puis en tendit une à son étrange interlocuteur.

- Excuse-moi, mais j’ai rien de mieux à offrir. Je ne te propose pas d’eau, je suppose que t’en a assez bu.


Cette dernière remarque était complètement dénuée d’ironie. Seulement de la compassion. Il n’avait aucune raison de se moquer de ce chien, et il ne comptait pas le faire, d’autant plus qu’il devait être magnifique dans ses beaux jours. Il sourit. Il avait toujours aimé les chiens.

MessageSujet: Re: Tristes Horizons   Dim 21 Mar - 2:36

La réponse de l’homme ne surprit même pas Kinimo : après tout c’était exactement la façon dont elle vivait. Néanmoins la formulation était assez amusante : la « générosité » des humains… il est vrai que certains ouvraient leurs portes bien facilement, que ce soit pour accueillir un pauvre animal frigorifié ou un courageux voyageur. Quand au talent dont l’homme parlait, la chienne n’avait aucune idée de ce que cela pouvait bien être. Pourtant elle ne le questionna pas, tout simplement parce qu’elle n’y pensa pas. Elle se contenta d’écouter la suite dans laquelle l’homme se présentait et questionnait à son tour la chienne sur ce qu’elle était. Cela n’avait rien d’étonnant, d’ailleurs Kinimo était habituée à cette scène. Mais aujourd’hui, elle se contenta d’acquiescer brièvement aux paroles de l’humain sans rien ajouter : de toute façon, même si elle l’avait voulu elle n’aurait rien pu dire de plus. Elle paraissait à peu près en état de suivre la conversation, d’ailleurs elle parlait sans gène avec l’humain. Mais dans sa tête, ses pensées se bousculaient toujours, l’empêchant de se remémorer précisément ce qu’elle répondait habituellement à ce genre de question. La chienne ne comprenait toujours pas pourquoi elle avait été relâchée, ni ce qu’on lui avait infligé avant cela pour qu’elle souffre d’autant de troubles psychiques…

La nourriture que sortit l’humain par la suite fut la bienvenue : Kinimo venait de remarquer qu’elle avait faim. Après tout, depuis quand n’avait-elle pas mangé ? Puisqu’elle ne se souvenait pas des récents événements, elle ne pouvait pas répondre à cette question. Mais son estomac ne la torturait pas tant que ça, son ravisseur avait donc dut la nourrir avant de la relâcher… étonnant, encore une chose illogique. La chienne laissa échapper un petit rire à la remarque de l’humain : en effet, elle était trempée, elle n’avait qu’à se passer la langue sur le museau pour trouver un peu d’eau… mais bon, l’eau salé n’étant pas vraiment potable, tout ce qu’elle avait dut avalé n’était sans doute pas bon pour sa santé. L’animal remercia l’humain pour la nourriture, attrapant délicatement le morceau de pain qu’il lui tendait dans sa gueule. Elle s’allongea à nouveau, bloquant son petit casse-croute entre ses pattes-avant pour pouvoir le dévorer sans difficulté, comme l’aurait fait n’importe quel autre chien avec un os. Le pain était un peu dure, mais elle ne s’en plaignit pas : c’était déjà un bon début d’avoir quelque chose à se mettre sous la dent, elle le mangea donc entièrement, finissant par se lécher les pattes pour enlever les quelques miettes qui s’étaient logées entre ses poils. Après quoi, Kinimo reprit la discussion avec l’humain :


« Au fait, as-tu une idée d’où nous sommes ? A l’origine il me semble que je me dirigeais vers Konoha… tu sais dans quelle direction se trouve ce village ? »

Enfin… c’est ce dont elle se rappelait. Elle devait normalement retourner voir Hakai. Mais maintenant, à quoi bon retourner à Konoha ? Elle n’avait plus rien à y faire, tous ses projets étaient partis en poussière. D’ailleurs, elle avait beau chercher, elle ne se rappelait même plus ce qu’Hakai avait de si intéressant à lui apporter… cela lui reviendrait sans doute plus tard. Du moins, elle l’espérait ! Si cette petite perte de mémoire ne se dissipait pas d’ici quelques jours, Kinimo risquait de rapidement devenir une pauvre chienne sauvage sans autre but que celui de survivre. A cette pensée, Kinimo se releva, s’ébrouant pour faire tomber la serviette au sol : elle tourna un instant autour de l’humain avant de s’asseoir à coté de lui. Elle était clairement en meilleure forme qu’il y a quelques minutes à peine, son énergie lui revenait peu à peu… la chienne posa sa tête sur le bras de l’humain, regardant son visage tout en continuant de parler :

« Et toi d’ailleurs, pourquoi voyages-tu ? Tu cherches quelqu’un ? »

Peut être ne voudrait-il rien dire, mais Kinimo aimerait bien en savoir un peu plus sur cet humain qui venait de l’aider. Peut être trouverait-elle un moyen de l’aider en retour, même si elle ne voyait pas vraiment ce qu’elle pourrait faire pour ça, surtout dans son état !

MessageSujet: Re: Tristes Horizons   Dim 21 Mar - 21:44

Il n’avait été surpris qu’à moitié par la réponse muette du chien, ou plutôt, de la chienne. Une voix aussi douce ne pouvait être que celle d’une femme, et cette fleure sur son oreille n’était pas vraiment un signe de virilité. Néanmoins, il n’était toujours pas avancé concernant la provenance d’un animal sachant parler. Il préféra, très certainement à juste titre, ne pas insister sur ce point. Une absence de réponse valait bien mieux qu’un mensonge préparé sur le tas.
La chienne avait accepté volontiers le maigre repas du voyageur, et n’en avait pas laissé une miette. Mash se demanda encore une fois comment elle en était arrivée là et combien de temps elle avait séjourné dans les eaux, mais cela ne le regardait pas, du moins pas encore. Peut être finirait-elle par le lui dire. En attendant, celle ci repris la parole. Sa question montrait à quel point elle était désorientée. Intérieurement, Mash compatissait. Il connaissait la déchéance, la misère, l’oublie, même si cela avait été relativement différent pour lui.

- On est à peu près à l’Est de Konoha, sur la côte du pays du feu. Je ne pourrais te dire où se situe Konoha exactement, j’y suis jamais allé, mais je pense savoir à peu près ou le village se trouve. Deux à trois jours de marche très certainement. Dans ton état je dirais plutôt quatre.

Pourquoi cherchait-elle le village ? Cette interrogation brulait les lèvres du voyageur, la curiosité était un défaut depuis longtemps acquis et maîtrisé, mais ça restait néanmoins douloureux mentalement de se retenir à chercher la vérité, le savoir et la connaissance. Tous les être humain aime être au courant de tout, car un homme sachant des choses est influent, et cette influence était, est et sera très utile, dans de nombreux domaines, pas tous très nets malheureusement.

La chienne reprenait ses esprits. Mash sourit à la vue de cet animal qui, enfin, se mouvait comme tel. Celle-ci vient poser son museau contre le bras du voyageur, avant de poursuivre par une question bien plus personnelle, déroutante en sois.

- Et toi d’ailleurs, pourquoi voyages-tu ? Tu cherches quelqu’un ?


Mash s’apprêtait machinalement à répondre, cependant, il s’arrêta. Il ne connaissait pas la réponse à cette question. Il était sortit de son pays pour voyager, changer de vie. Maintenant, il voyageait toujours, sans aucune but réel si ce n’était continuer son apprentissage des arts ninja. Il avait presque oublié les raisons de son départ. L’ennuie, ça devait être ça, il n’en était plus sûr. Cherchait-il quelqu’un ? Non, il ne cherchait personne, néanmoins il était persuadé du contraire. Le nombre de ses connaissances pouvait se compter sur les doigts d’une main, il ne cherchait aucune d’entre elles. Il aurait à chercher le Vieux Porc un peu plus tard, après son apprentissage, mais ça n’avait pas d’importance dans l’immédiat.

La réponse lui vint soudainement, après ses tentatives infructueuses de recherche. Il cherchait en effet quelqu’un. Lui. Il sourit puis répondit vaguement.

- Ouais, moi.

Il savait sa réponse incompréhensive, posant plus de question qu’elle ne donnait de réponse, mais cela, il s’en foutait. Il sourit béat, en pensant à cette réponse. Il se reprit rapidement pour que la chienne ne le prenne pas pour un fou.

- Mais dans l’immédiat, je cherche à rentrer dans les différents villages cachés. Je comptais commencer par Konoha. Et si je suis ici, c’est parce que je voulais voir la mer avant d’y aller.

Là encore il ne donnait aucune réponse. Au moins, il jouait à jeu égale avec la chienne.

MessageSujet: Re: Tristes Horizons   Mer 24 Mar - 1:54

D’après la réponse de Mash, Kinimo n’avait en fait presque pas bougé depuis le début de son enlèvement ! Pourtant, s’il y avait une chose qu’elle se souvenait parfaitement, c’était d’avoir été sur un bateau en pleine mer qui naviguait sans qu’elle ne sache où il se dirigeait. Alors ils avaient simplement tourné en rond durant ces… jours ? Semaines ? Mois ? Peu importait… en quatre jours de marche elle serait à Konoha d’après l’homme… la chienne sombra dans ses pensées, doutant maintenant sur ce qu’elle devait faire : tant que sa mémoire ne serait pas entièrement revenue, il n’était pas question de reprendre ses activités habituelles. Et de toute façon, elle ne comptait plus se rendre à Konoha. Pourquoi un changement de plan aussi radical ? Simple mesure de précaution : cet homme l’avait peut être justement relâchée dans les environs de Konoha en espérant qu’elle s’y rende, pour obtenir on ne sait quelle information du village… après tout, peut être était-elle suivie ? D’instinct la chienne regarda autour d’elle, humant l’air pour repérer une quelconque odeur : pourtant il n’y avait personne… à part elle et cet homme qui l’avait récupérée évidemment. Voila qu’elle devenait paranoïaque maintenant…

L’homme répondit ensuite à la question un peu plus personnelle que lui avait posé Kinimo : d’ailleurs, la chienne resta interdite un instant devant cette réponse étrange. Il se cherchait lui-même ? Sans doute au sens figuré, ou peut être même y avait-il autre chose. Quoi qu’il en soit, Kinimo aimait bien ce genre de réponse, elle se mit donc à rire doucement avant de donner un coup de langue sur la main de l’humain. Apparemment il n’avait pas non plus envie de trop en dire : il était toujours dangereux de révéler certaines choses, chaque phrase pouvait se retourner contre vous un jour ou l’autre. Surtout pour un voyageur, qui en général n’a absolument rien pour se protéger contrairement aux membres d’un village.

L’homme se reprit, pensant probablement que sa précédant réponse n’était pas suffisante : pourtant Kinimo n’avait rien demandé, mais puisqu’il voulait en dire un peu plus, elle l’écouta tranquillement. Il voulait voir la mer avant d’aller à Konoha ?... Voila quelque chose… d’utile !... Ou pas. Autant la première réponse de l’humain, presque dénuée de sens à première vue avait été très compréhensible pour l’animal, autant cette fois-ci, elle n’avait aucune idée de ce qu’il venait faire ici. Néanmoins la chienne ne se laissa pas abattre par une petite incompréhension. Elle s’éloigna de quelques pas de l’humain, se redressant sur ses quatre pattes face à lui, puis elle s’exclama :


« Puisque tu te cherches, ça te dérangerait que je cherche avec toi pour quelques jours ? Je n’ai pas l’intention d’aller à Konoha, néanmoins je dois me diriger vers le village pour mieux me repérer et enfin reprendre ma route. »

L’excuse était toute trouvée, et pas totalement fausse. Kinimo voulait surtout accompagner pendant quelques temps ce jeune homme : une sorte d’instinct animal qui lui disait de le suivre, ne serait-ce que pour quelques jours. Ou peut être était-ce simplement un désir de trouver comment le remercier d’avoir pris soin d’elle aujourd’hui ? Dans tous les cas, elle devrait attendre sa réponse : après tout elle risquait de lui faire perdre du temps dans son état. Quoi que, elle commençait à aller mieux. Maintenant elle pouvait marcher sans risquer de rechuter à chaque pas. Elle ne risquait pas de faire la route en courant, mais si l’humain n’était pas particulièrement pressé…
Kinimo reprit de sa voix douce après quelques instants, ajoutant quelque chose qui pouvait intéresser l’humain : elle ne pouvait sans doute rien faire pour l’aider concernant ce qu’il cherchait, mais après tout… elle s’était déjà rendue à Konoha, et dans deux autres villages également.


« Au fait, j’ai déjà été voir les trois villages ninja que sont Kiri, Konoha et Kumo depuis que je voyage. Si tu as des questions dessus, je pourrais peut être répondre. Je connais seulement ce qu’un simple visiteur peut connaitre, rien de bien passionnant, mais si tu veux savoir un peu à quoi t’attendre… »

Et même si elle en connaissait plus, elle ne dirait rien. Un voyageur était véritablement une mine d’or d’informations, surtout lorsque comme elle il passait son temps à faire diverses recherches dans un domaine… mais évidemment, rien de ce qui sortirait de sa bouche ne concernerait quelque chose de confidentiel, ou qui pourrait nuire à quelqu’un. De toute façon, encore faudrait-il qu’elle s’en souvienne !

MessageSujet: Re: Tristes Horizons   Jeu 25 Mar - 0:12

Visiblement la chienne appréciait les réponses vagues du voyageur. Ce genre de réponses était pourtant très souvent vu d’un œil suspicieux, mais ce n’était pas le cas ici. Peu de temps après la chienne se releva, montrant une assurance à laquelle Mash n’avait pas eu l’occasion d’assister depuis cette rencontre, puis se posa face à lui. La proposition faite par la chienne était alléchante, dans le sens ou un peu de compagnie ne lui ferait pas de mal, mais il devait rester prudent. Un voyageur n’avait pas que des amis, bien au contraire, et tomber dans un piège aussi grotesque serait d’une banalité affligeante. Néanmoins, à son souvenir, Mash n’avait fait de tort à personne, si ce n’est à son père. Celui-ci l’aimant plus que tout, il était impossible qu’il vienne lui tendre un piège, surtout aussi loin de chez lui. Oui, la chienne était blessée, mais il n’était pas vraiment pressé, alors pourquoi pas ne pas la laisser l’accompagner ? Elle ne s’était pas montrée agressive, au contraire, et pour un chien, elle possédait un assez large vocabulaire pour passer le temps. Oui, pourquoi pas après tout, un voyageur et son toutou, ça ne pouvait pas paraitre louche.

- Je ne suis pas contre un peu de compagnie durant ces quelques jours, merci.

La proposition qui suivait était des plus intéressante. Mash ne connaissait absolument rien sur les différents villages cachés, si ce n’est ce qui était de notoriété publique, soit pas grand-chose. Il réfléchi à ce qu’il pourrait bien lui demander. En premier lieu, il devait apprendre à les trouver. Si cette chienne y était déjà aller, elle devait obligatoirement connaitre leurs emplacements. Il devait également connaitre l’opinion des différents villages concernant les voyageurs, pour qu’éventuellement, il prépare son arrivée. Il mit en forme ses pensées puis les exprima :

- Oui ça peut m’être bien utile, étant donné que j’y suis jamais allé, tu pourrais me dire comment les trouver, des repères ou quelque n’importe quoi me permettant de ne pas chercher bêtement à des bornes d’où ils se situent ?

Mash marqua une pause le temps que la chienne réponde. Il ne voulait pas paraitre trop curieux, et étaler ses interrogations sur un plus grand laps de temps était préférable, d’autant plus qu’il allait visiblement passer quelques jours avec elle. Il sélectionna préalablement les mots qu’il allait utiliser, puis continua :

- Et tu ne saurais pas par hasard l’opinion des villages envers de simples vagabonds ? C’est que j’ai pas envie de rester devant une porte fermée, comme un con.

Il prononça cette dernière phrase avec une pointe d’humour, mais il espérerait réellement ne jamais être dans une telle situation.
Il prit machinalement la serviette étendue sur le sol, la plia et la rangea dans son sac de voyage. Il était près à se remettre en route, mais n’était pas à la place de la chienne, il ne pouvait pas savoir ce qu’il en était pour elle. Il l’étudia un petit moment dans le but de se faire une idée ; Elle ne laissait rien paraitre de sa fatigue, mais celle-ci ne pouvait avoir disparue comme ça, telle une bourrasque. Ne préférant pas juger à la place de l’animal, il prit l’initiative en prenant la parole.

- Si tu te sens prête, on peut partir maintenant. Mais je ne suis pas pressé personnellement, donc si tu veux, on peut trouver un coin tranquille où passer la nuit, tu pourras te reposer sur tes deux oreilles si tu le souhaites, je veillerai.

Le voyageur esquissa un sourire bienveillant, et attendis patiemment la réponse de la chienne. Quoi qu’il puisse se passer, que le temps soit compté en jours ou en semaine, Mash atteindrait Konoha sous peu. L’excitation commençait à monter.

MessageSujet: Re: Tristes Horizons   Sam 27 Mar - 1:43

Kinimo afficha un petit sourire lorsque Mash accepta sa proposition : au moins, elle ne passerait pas ces quelques jours à tenter vainement de se rappeler de ce qu’elle avait oublié. Avec quelqu’un à ses cotés, elle oublierait rapidement cette affaire, ou du moins elle y repenserait plus tard, à tête reposée. Elle attendit ensuite que Mash la questionne sur les villages, puisqu’elle avait elle-même proposé de le renseigner. Sa première interrogation fut assez prévisible : l’humain cherchait à savoir où ils se trouvaient. Kinimo s’empressa d’y répondre tranquillement, sans chercher à cacher quoi que ce soit :

« Pour Konoha, le plus simple c’est encore que je t’accompagne jusqu’aux portes du village. Il se trouve au milieu de la forêt, dans une sorte de grande clairière. La première fois qu’on s’y rend, il est facile de perdre plusieurs heures à le chercher. Pour Kiri… je ne pourrais vraiment pas t’expliquer comment trouver le village… Je dois t’avouer que je suis tombé par hasard sur quelqu’un qui s’y rendait lui-aussi, et je l’ai suivi. Quand à Kumo, le village ninja est assez difficile à repérer. Il se trouve tout au nord-est, au milieu des montagnes et des lacs. Je pourrais te l’indiquer un peu plus précisément sur une carte. A partir du moment où l’on sait vers où il se trouve, on peut le repérer de loin si l’on se place un peu en hauteur. »

Ses informations étaient plus ou moins vagues : la chienne ne se repérait pas vraiment de la même façon que les humains, elle n’avait donc pas retenu de traits particuliers dans le paysage ni même de nom de lac ou autre. En fait l’odeur des habitants lui suffisait, à partir du moment où elle se rapprochait du lieu, elle trouverait toujours une piste à suivre. Mash lui posa ensuite une seconde question plus particulière, et pourtant aussi intéressante que la première : comment étaient reçus les voyageurs dans les villages ? Kinimo ne pouvait pas réellement comparer avec son cas personnel, on ne laissait pas rentrer de la même façon un animal et un humain… néanmoins elle avait sa petite opinion sur la question :

« De ce que j’en ai vu, du moment que tu n’es pas recherché, que tu n’as jamais causé de tord au village, que tu ne viens pas pour une quelconque raison qui pourrait nuire au village… il n’y a aucune raison qu’on t’empêche de rentrer. Par contre on risque de te demander un motif pour ta venue à l’entrée, ainsi quelques infos personnelles. Si tu passes pour quelqu’un de douteux, il est en effet possible que tu te retrouves à la porte. Mais je n’ai jamais vu de cas semblable… même moi, ils m’ont laissé passer sans trop de soucis. Par contre, une fois à l’intérieur, je pense que le moindre faux pas de notre part serait remarqué… je n’ai rien fait de bien incroyable pendant mon séjour là-bas, je me suis contentée de visiter donc je ne peux pas vraiment en être sûr, mais je pense que les vagabonds sont surveillés au moins de loin… après tout, ce sont tout de mêmes des villages ninjas.»

Voila pour son opinion personnelle, après, Mash ferait comme bon lui semblait. Une fois qu’elle eut terminé ses explications, la chienne se rapprocha de l’humain, se positionnant à sa droite, signe qu’elle était prête à partir. Elle se sentait à peu près rétablie… étonnant, l’instant d’avant elle n’arrivait pas à marcher sans trébucher ! Le problème était visiblement plus mental que physique, d’ailleurs elle sentait toujours que quelque chose clochait dans sa tête… mais quoi ? Aucun moyen de le savoir pour le moment. Mais au moins, cela ne l’empêcherait plus de marcher. Kinimo hocha donc la tête aux paroles de Mash, attendant calmement qu’il indique la route à suivre : après tout, elle était toujours perdue pour le moment…

« Ne t’en fais pas pour moi, je vais mieux maintenant. Si ce n’est que je ressemble toujours à un épouvantail. »

En effet, Kinimo n’avait toujours pas eut l’occasion de remettre en ordre son pelage. Elle aurait volontiers rit à sa propre blague si son physique n’avait pas été aussi important pour elle : malheureusement dans son état, Mash devait être le seul humain à bien vouloir rester avec elle. Et encore, il l’avait rencontrée alors qu’elle était inconsciente… mais si elle avait la mauvaise idée de chercher un toit accueillant dans cet état, personne ne lui ouvrirait sa porte. Et même personnellement… Kinimo ne supportait pas d’être sale.

MessageSujet: Re: Tristes Horizons   Jeu 1 Avr - 0:05

Les renseignements qui la chienne donnait étaient instructifs, bien que peu complets. Pour Konoha il n’y aurait pas de problème si elle l’accompagnait, et pour Kumo, il suffisait de marcher dans les hauteurs pour l’apercevoir, d’après elle. Se rendre au village caché de la Brume allait être plus délicat, autant pour le transport que pour la localisation. Il irait en dernier de toute façon, il n’avait pas besoin de s’en préoccuper pour le moment. Une seconde source de préoccupation en moins concernait la seconde réponse de la chienne. Mash était irréprochable. Aucune mauvaise action, aucune animosité envers le village, et surtout, complètement inconnu. Théoriquement, il rentrerait aisément dans les différents villages cachés, mais tout le monde savait que la théorie, des fois, c’était de la merde.

La chienne disait aller mieux, et Mash ne pouvait que la croire. C’est vrai que son état était déplorable, mais le ton de sa voix prouvait le contraire, et il avait tendance à se laisser bercer et influencer par les sons de sa voix plutôt que par son aspect irritable. Cela lui rappelait ses compositions, qu’il avait depuis longtemps abandonnées, faute de moyen. Il sourit en pensant à ça, mais le cœur n’y était pas. Ca lui manquait. Il aurait du être un artiste, pour pouvoir raconter sa vie… Mais il était voyageur, pour le pire et le meilleur, dans le rire et dans les pleures… Ou bien poète, mais il n’était plus maître de sa destiné désormais. Il avait des choses à faire, en tant que vagabond, en tant que justicier et en tant qu’assassin.

- Très bien, on part maintenant dans ce cas. J’ai besoin d’agent, on va faire escale dans un village que j’ai traversé en venant.


Il n’en dit pas plus. Pour faire durer le suspens ? Même pas, juste par flemme. Quand la flemme va, tout va ! Ou pas…
Mash se s’étira en se relevant, puis fit craquer les jointures de ses doigts, chose qu’il aimait par-dessus tout. Enfin, pour finir en beauté, il laissa pendre sa nuque sur le côté gauche jusqu’à entendre ce son si doux et harmonieux que faisaient ses vertèbres en peu trop tendues. Oui, Mash craquait complètement. Lorsqu’il eu finit ce petit rituel, il sourit à la chienne puis commença à partir en direction de l’ouest. Il fit trois pas puis se retourna, l’impression d’oublier quelque chose, comme si il lui manquait une information. La réponse sortit de sa bouche avant même qu’il puisse y penser.

- T’as pas un nom par hasard ? On sait jamais s’il me prend l’envie de te parler durant ces trois jours.


Il laissa un petit blanc puis repris, se délectant de l’expression du visage de la chienne.

- Nan je rigole, j’aime bien plaisanter de temps en temps, j’espère que c’est ton cas aussi. Si ça l’est, on va bien s’amuser durant ces quelques jours.

Cette fois ci il était sérieux. L’humour. Lorsque le ciel est trop noir, il est là, dessinant un sourire avec les sombres nuages.



- oOoOoOoOoOoOo -



Mash fumait intérieurement. L’offre qu’il comptait prendre n’était plus affiché sur le tableau du village. Quelqu’un avait du la prendre un peu plus tôt, privant ainsi toute concurrence. Il y avait bien cette autre offre, mais elle était payée deux fois moins pour le même boulot. S’il avait été le toutou, il aurait grogné, mais hélas, pour le coup, c’était lui l’humain.
En désespoir de cause il arracha le morceau de papier désignant l’emploie de son support et commença à repartir en donnant quelques explications à Kinimo.

- J’ai besoin d’un peu d’argent, donc je prends quelques offres quand j’en trouve. Celle-ci est une demande protection. Une caravane de babioles qui doit se rendre pas loin de Konoha pour ce que j’en sais.

Le lieu de rendez vous se situé à un kilomètre au Sud du village. Là bas il aurait plus d’informations. Il était écrit que la caravane attendait que quelqu’un réponde à la petite annonce avant de partir. Les premiers cents mètres furent silencieux, mais le vagabond brisa cette sympathique petite balade par sa voix écorchée par les intempéries.

- Tu prends de l’argent ou pas ? Comme tu parles, t’as peut être un porte monnaie caché quelque part, non ?

Sa question était con, il se l’accordait, mais après tout, Mash était con, suivant le point de vue.
Ils arrivèrent en vue de la caravane une petite dizaine de mètres avant. Un gros monsieur avec un gros chien, relativement identiques, si on exceptait la différence d’espèce, attendaient sur des chaises à côté de la caravane. Une pancarte mal écrite indiquer l’annonce. Elle était moins bien payée sur celle-ci que sur le bout de papier qu’il avait arraché. Mash n’était guère inspiré, mais il avait vraiment besoin de cet argent.

- Monsieur, je viens pour l’annonce. Je m’appelle Mash.

- Okay, parfait, t’es prêts à partir maintenant ?


Sa voix était grossière et dégoulinante, ce qui irritait les oreilles raffinées du voyageur. Son odeur quant à elle devait irriter le museau expert de Kinimo, mais Mash ne se retourna pas pour vérifier.

- Oui, quand vous voulez. Je récapitule. Notre rôle, à moi et à ma chienne c’est juste de vous protéger durant le voyage, je me trompe ? Rien d’autre.

- Si, je rajoute une condition. tu vas faire la cuisine midi et soir. Je rajouterai un p’tit quelque chose en plus à ta paye.


Une espèce d’enflure. La cuisine, il ne voulait pas qu’il lui change ses couches non plus ? Mash était vert. Penser à l’argent. Ne penser qu’à l’argent, et ça se passera bien.
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MessageSujet: Re: Tristes Horizons   Ven 2 Avr - 17:35

Mash : +25 XP
Kinimo : +20 XP

Petite pause XP, en attendant la suite. Session très agréable, continuez comme ça =)

MessageSujet: Re: Tristes Horizons   Sam 3 Avr - 15:56

Mash semblait décidé à reprendre la route. Et pour commencer, il voulait gagner un peu d’argent. Kinimo se contenta d’hocher la tête, n’étant pas non plus contre un petit boulot histoire de se remplir les poches pour quelques temps. Après quoi, ils se mirent enfin en marche… enfin presque. Mash se livra à un petit rituel personnel qui aurait fait frissonner une bonne partie des personnes sensibles à ce son de craquement si particulier qu’émettaient les vertèbres et autres parties du corps humain. Pour sa part, sans pour autant apprécier, Kinimo ne fit aucune remarque et se contenta de sourire en coin en le regardant faire. De son coté, elle se contenta de s’ébrouer presque inutilement : cela ne suffisait évidemment pas à remettre son pelage en état. L’homme rappela ensuite à la chienne qu’elle ne s’était toujours pas présentée depuis leur rencontre : en entendant la façon de s’exprimer de Mash, Kinimo ne sut tout d’abord pas comment réagir, elle se contenta donc de le regarder d’un air interdit et resta muette. Mais finalement, elle n’eut rien à dire dans l’immédiat : l’homme confirma rapidement que sa phrase était effectivement une blague, arrachant un sourire à Kinimo. Elle n’en était pas non plus aux éclats de rire, mais voyager dans une ambiance légère n’était pas pour lui déplaire.

« On m’a appelé Kinimo. Et tant que tu ne me demandes pas de porter un nez rouge comme un certain taré que j’ai déjà croisé, tu peux dire toutes les plaisanteries qui te passeront par la tête, ça sera plus agréable que passer trois jours à rester muets. »

Etrange que le souvenir de Reishou lui revienne justement à ce moment ! En même temps, c’était à peu près la seule personne peu sérieuse qu’elle avait croisée depuis qu’elle voyageait… bref, ce petit voyage avec Mash promettait d’être plutôt agréable.

_______________

Kinimo passa la majorité du trajet jusqu’au village où souhaitait se rendre Mash la truffe en l’air, à la recherche d’une quelconque odeur qu’elle reconnaitrait : ce ne fut que sur place qu’elle se repéra enfin, se rappelant être passée non loin de ce village lors de son premier voyage en direction de Konoha. Toutefois, il restait un détail qui chagrinait l’animal : elle allait entrer dans le village dans cet état ? Décidément, ce n’était pas sa journée… la chienne marcha aux cotés de Mash la tête basse, ne prononçant plus un seul mot dés qu’elle fut à l’intérieur du village. Même lorsque l’humain lui expliqua en quoi consistait cette soi-disante mission qu’il comptait effectuer, la chienne se contenta d’acquiescer d’un mouvement de tête sans rien ajouter. Ce ne fut que lorsqu’ils sortirent enfin du village qu’elle sembla reprendre vie, au moment même où il la questionna sur l’argent : en effet, même si pour elle la réponse était évidente, habituellement les animaux n’avaient pas besoin d’argent. La chienne refit donc à nouveau entendre sa douce voix pour répondre à Mash :


« A partir du moment où je ne vis pas sous la tutelle d’un humain, j’ai en effet besoin d’argent. C’est malheureusement le seul moyen d’obtenir ce que l’on cherche bien souvent. »

Après quelques mètres supplémentaires, Kinimo se figea, sentant sa truffe agressée par une odeur nauséabonde. Vers où se dirigeaient-ils ? Elle priait intérieurement pour que cette odeur ne soit pas leur employeur… mais hélas, plus ils avançaient, plus elle se faisait forte. Et lorsqu’enfin Mash s’approcha d’un homme accompagné d’un gros chien assis sur des chaises, la chienne ne put que constater que l’odeur venait bel et bien d’eux. Elle lança un regard désespéré à Mash qui ne se retourna même pas : d’après ce qu’elle entendait, l’humain était également à plaindre. D’ailleurs, Kinimo faillit exploser de rire lorsqu’elle entendit leur employeur déclarer que Mash devrait faire la cuisine midi et soir. Elle se retint comme elle put, ne laissant échapper qu’un petit rire qu’elle fit rapidement passer pour une toux avant de reprendre son sérieux, gardant simplement un petit sourire aux lèvres.
Malheureusement, elle se doutait que le pire restait à venir pour elle… son maître temporaire - puisque c’est à peu près comme cela qu’il venait de parler d’elle à l’autre humain – allait certes passer trois jours en compagnie d’un homme tout à fait insupportable, mais Kinimo quand à elle allait passer trois jours avec un gros chien tout aussi affreux. D’ailleurs, cette espèce de bestiole sans cervelle s’approchait de Kinimo d’un pas lourd, la langue pendante, avec probablement en tête avec la seule pensée que son être stupide pouvait avoir en ce moment. Bon, certes, Kinimo était une chienne… la présence d’un mâle n’était donc pas gênante en soi, au contraire. Par contre, jamais un être aussi stupide qu’un gros toutou tout aussi dégoutant que son maître ne poserait ne serait-ce qu’une patte sur elle. Evidemment, cela réduisait grandement les possibilités… mais bref, Kinimo s’assit et détourna le regard dédaigneusement, espérant que son désintérêt suffirait à faire abandonner l’autre.

Malheureusement, cet imbécile sans cervelle se rapprochait toujours d’elle, jusqu’à ce qu’elle puisse sentir son haleine fétide. En temps normal, Kinimo l’aurait déjà envoyé paitre, mais aujourd’hui, non seulement elle ne devait pas trop l’abimer avant que le voyage ne soit terminé, mais en plus elle avait un petit atout qui ferait rapidement lâcher prise au chien : lorsque l’animal tenta une petite léchouille sur le pelage de Kinimo, il recula immédiatement, toussotant comme s’il venait de gouter un quelconque poison. La femelle pouffa de rire, et ignora à nouveau l’autre chien pour se replacer aux cotés de Mash. Pour une fois dans la journée que son petit séjour dans l’eau de mer lui servait, elle n’allait pas s’en plaindre… d’ailleurs, puisqu’ils allaient escorter une caravane, elle allait avoir tout le temps de se remettre en état.

La chienne lança un regard à Mash, comme pour savoir s’il allait tenir ces quelques jours sans devenir à moitié fou : de toute façon, il n’était pas seul. Enfin, Kinimo ne comptait pas ouvrir la bouche devant cet humain répugnant, ne serait-ce que pour éviter des heures d’explications vaines… mais la simple idée de ne pas être seul dans cette galère devrait leur permettre de tenir. Kinimo frotta doucement sa tête contre la jambe de Mash, et attendit calmement que la caravane se mette en marche.

MessageSujet: Re: Tristes Horizons   Mar 6 Avr - 19:52

Mash sentit la tête de la chienne se frotter contre sa jambe. Le regard qu’ils échangèrent par la suite était des plus clairs. Autant ils possédaient tout deux un corps bien différent, autant ils avaient tout deux la même envie de se casser ou de tuer, au choix. Il sourit tant bien que mal, voulant se donner espoir, courage et bravoure.
Si cette mission était menée à bien, un jour, les chants des louanges de ces deux héros qu’étaient Mash et Kinimo feraient danser les différentes tavernes du monde entier. Mais en attendant, il allait falloir supporter ces deux immondices puants.

La caravane partit une demi-heure plus tard. Elle avait pour objectif un petit village enfoncé dans la dense forêt du pays du feu, non loin de Konoha d’après les dires de l’employeur. L’allure de voyage n’était pas rapide, mais la forme des chevaux n’y était pour rien. Les malheureux devaient trainer deux immondes masses de graisse en plus de la charge prévue. Le maître passait son temps à caresser l’horrible bête, et à siffler un air payard de la région. Mash l’avait entendue quelques jours plus tôt dans une auberge, et il fut ravi que celui-ci se contente de la siffler. Les deux vagabonds marchaient en tête à côté de chevaux. L’homme passait de temps en temps une main sur l’encolure des animaux pour les rassurer et leur montrer qu’ils n’étaient pas seuls. Ils marchèrent ainsi sans bruits durant une petite heure, puis, l’autre con ouvra sa gueule :

- Hey, convoyeur ! J’ai soif, va me chercher de l’eau à l’arrière de la caravane !

Le gros porc ne devait pas s’apercevoir que sa vie ne tenait qu’à l’argent remplissant son porte-monnaie. Mash rejoignit l’arrière de la caravane en évitant soigneusement de regarder son employeur, puis grimpa à l’intérieur, chercher de quoi subvenir à ses besoins. De nombreux bibelots en tous genres peuplaient ce véhicule, objets de décorations en passant par les jouets pour enfants, ou encore des ustensiles de cuisines. Tout était visiblement d’occasion et plus ou moins bien entretenue, mais cela ne le regardait pas. Son bouleau à lui était uniquement d’escorter cette cargaison en lieux sûr, et de faire la cuisine à son employeur, rien de plus.
Il attrapa une gourde, vérifia son contenue puis sortit pour rejoindre le Tas. Oui, il avait purement décidé de l’appeler comme ça ; Ca sonnait bien, c’était bref mais précis et tellement vrai.

- Tenez, votre gourde.


La politesse n’avait pas du faire partie de son éducation. Il l’ignora en buvant le contenue de manière grossière, laissant couler plus de la moitié du breuvage le long de son torse. Au moins, ça allait le laver ne serait-ce qu’un peu se dit le vagabond. Lorsqu’il eu finit, il lui ordonna d’allait remplir la gourde pour, je cite : « Faire plaisir à Rouminou ». A ces mots, le chien tourna sa tête vers son maître, un regard abruti pensant certainement avoir gagné une sucrerie. C’était vraiment trop ridicule, et Mash préféra obéir, pour éviter d’exploser de rire devant cette scène.

Une fois cette tache effectuée, Mash rejoignit la chienne et lui parla doucement, afin qu'elle seule entende.

- Hey Kini, il est sympa le petit Rouminou ?

Mash était hilare. Vraiment, il y a des gens qui sont trop cons, et ça, on y peut rien.

MessageSujet: Re: Tristes Horizons   Dim 18 Avr - 2:50

Pour Kinimo, le début du voyage fut légèrement moins pénible que prévu. Au final, elle se contentait de marcher à la vitesse de la caravane, humant l’air pour repérer l’odeur d’un quelconque groupe de brigand ou autre : chose que l’autre bête aurait aisément put faire si sa propre odeur n’avait pas été suffisamment répugnante pour lui enlever toute chance de flairer quoi que ce soit d’autre. Et puis après tout, qui s’embêterait à attaquer une caravane aussi moisie que celle-ci ? Rien qu’à l’odeur, on pouvait remarquer qu’il n’y avait rien d’intéressant parmi les marchandises… à moins que le gros tas n’ait caché un quelconque trésor au milieu du reste, ce qui était peu probable. Bref, Kinimo ne servait pas à grand-chose, et elle ne s’en plaignait absolument pas : après tout, la somme d’argent récupérée serait la même qu’elle se fatigue ou non.

Quand à Mash, son employeur le prenait plus pour une bonne que pour un garde du corps. En plus de faire la cuisine, le voyageur se voyait obligé d’obéir à l’autre humain sans même recevoir de remerciement en retour…
Kinimo pouffa de rire en entendant l’homme malodorant réclamer à boire, et se contenta de suivre Mash du regard tandis qu’il effectuait sa besogne. Lorsqu’il revint à sa hauteur, Mash glissa à Kinimo une petite question ironique concernant l’animal, révélant le nom débile que son maitre lui avait donné. La chienne sourit en coin, répondant discrètement à son compagnon :


« Il est à peu près aussi stupide que son nom le suggère… mais ça, tu t’en doutais, non ? Oh, et petit n’est pas très approprié… »

La simple idée que cette bête dénuée d’intelligence garde son regard fixé sur Kinimo, la langue pendante depuis le début du voyage dégoutait la femelle : mais tant qu’il restait aux cotés de son maître, le chien ne dérangerait pas Kinimo... elle devrait seulement supporter son odeur, ce qui n’était déjà pas facile ! Hélas, la tranquillité dont elle jouissait depuis le début du voyage toucha à sa fin après quelques minutes supplémentaires : d’une simple phrase, l’autre imbécile transforma un simple voyage ennuyeux en un véritable calvaire.

« Hey, elle doit être fatiguée ta jolie chienne à marcher comme ça ! Elle devrait plutôt s’asseoir avec Rouminou, y’a encore de la place ! »

Hum… Mash allait pouvoir rire à son tour visiblement… plusieurs répliques tournaient dans la tête de Kinimo, que ce soit un simple « non merci », ou plutôt une vanne, comme « Vu la place qu’il reste entre les deux gros tas que vous êtes, je préfère marcher ». Pourtant la chienne ne dit rien, non sans mal : l’autre voyageur pouvait facilement voir qu’elle se mordait la langue pour ne pas répliquer. Finalement, elle poussa un long et profond soupir et se retourna la tête basse pour grimper à son tour sur cette caravane, aux cotés de ces deux êtres répugnants. L’argent… elle avait déjà fait bien pire pour recevoir moins, ce n’était pas un humain sale et son animal stupide qui allaient la faire craquer.

Etrangement, la chienne avait choisit de se mettre à coté de l’autre animal, et non à coté de l’humain… pourtant elle semblait prendre plus de « risques » ainsi, mais Kinimo préférait encore être reniflée par cet animal stupide que de sentir la main sale de cet homme dans son pelage… d’ailleurs, Rouminou n’attendit pas qu’elle se soit installée pour lui faire une léchouille bien baveuse sur le visage. En cet instant, la chienne aurait préféré être jetée à nouveau à la mer… il ne perdait rien pour attendre celui-là, si elle le recroisait en dehors de cette mission, il pouvait être certain de recevoir un coup de griffe bien placé qui le calmerait pour le restant de sa misérable existence.
Faisant mine de rien, Kinimo ignora à nouveau le mâle et s’allongea confortablement en attendant que ce voyage en enfer se termine. De son coté, Rouminou la reniflait de partout, remuant la queue comme s’il croyait qu’elle s’était installée ici juste pour lui faire plaisir [HS : cette phrase est très douteuse…]. Kinimo sentait son haleine fétide qui se mélangeait à l’odeur moisie de son maître, elle entendait ses reniflements incessants autour d’elle… elle sentait la bave de sa langue qui coulait de temps en temps au milieu de son pelage… trois jour ainsi ? Elle ne tiendrait pas… elle voudrait s’endormir, au moins le temps passerait plus vite, elle ne se rendrait pas compte du calvaire qu’elle subissait… mais la mélodie que l’humain sifflotait faussement l’empêchait de fuir cette réalité… elle priait pour un miracle, n’importe quoi ! Même un groupe de brigand serait le bienvenue !

Et le miracle eut lieu !

La caravane s’arrêta brutalement, dans un brouhaha mélangé des hennissements de surprise des chevaux et des injures que proféra celui qui les dirigeait. Sans même chercher à comprendre ce qui se passait, Kinimo sauta sur l’occasion pour bondir de la caravane : une fois à terre, elle s’ébroua pour évacuer toute cette salive immonde qui la recouvrait, et chercha des yeux la cause de cette interruption. Elle n’eut pas à chercher bien longtemps : une des roues de la caravane avait quitté le convoi après une rencontre avec un petit rocher. Ce n’était pas vraiment le genre de choses qu’elle pouvait réparer elle-même, néanmoins toutes les raisons étaient bonnes pour rester à l’écart des deux imbéciles qu’elle avait dut supporter l’instant d’avant… elle se contenta donc de ramener la roue à l’aide de sa gueule, en espérant que Mash saurait quoi faire : elle n’avait pas l’intention de passer la nuit ici en compagnie de ces deux rustres en attendant qu’un quelconque voyageur vienne les dépanner ! Quand à leur employeur, il ne semblait pas avoir l’intention de régler le problème lui-même…
Lorsque Mash rejoignit la chienne, elle ne put s’empêcher de lui parler, ne serait-ce que pour se détendre un peu. De toute façon le gros était bien trop occupé à caresser son chien pour remarquer que Kinimo engageait la conversation l’air de rien avec son soi-disant maître.


« C’est marqué dans le contrat qu’ils doivent revenir entiers ? Ou on doit juste ramener la marchandise ? Je fais finir par l’assommer le Rouminou… »

Le ton de sa voix était assez agacé, et paraissait presque sérieux… pourtant cela semblait être une blague, mais un petit doute planait…

MessageSujet: Re: Tristes Horizons   Mer 6 Oct - 19:29

[Kinimo] – Il est à peu près aussi stupide que son nom le suggère… mais ça, tu t’en doutais, non ? Oh, et petit n’est pas très approprié…

[Mash] – En effet, je crois que Rouminou essaye de ressembler à son maître. Il est fort sur ce point, très fort. Peut ête mérite-t’il une médaille, tu ne penses pas ?


Kinimo ne répondit pas. En fait, elle ne parlait pas pendant le trajet. Il semblait évident que celle-ci ne souhaitait pas que son étrangeté se divulgue, et Mash respectait cela.
Après quelques minutes, la chienne fut invitée à se poser à côté de Rouminou. Le vagabond vit à l’expression de la chienne que celle-ci n’obéissait pas de son plein grès. Le plus frustrant pour cette chienne devait être de devoir continuellement cacher son don de parole et son intelligence égale à celle d’un être humain. Mash s’interrogeait encore concernant la réelle identité de Kinimo. Comment cela pouvait être possible ? Un esprit humain dans un corps animal, pourquoi pas ! Étant donné qu’elle ne pouvait être une de ces « invocations » avec qui certains shinobis émérites étaient alliés, il n’y avait pas beaucoup d’autre solution. Si tel était le cas, sa peine devait être immense. Perdre son corps ne devait pas être plaisant. Peut être était-il préférable de perdre un membre à la place, au moins, on gardait notre identité. Et par-dessus tout, on était normal.

Ah ah ! Le voyageur se délectait de l’expression faciale de la chienne. L’autre mou semblait tout excité. Mais comment Kinimo pouvait elle résister à de telles avances ? Mash n’était pas callé en matière de séduction animale, mais il aurait été près à parier que le brave Rouminou défiait toute concurrence. Ironique ? Un peu.

« Miséricorde, blasphème, sacrilège, profanation ! » s’écria le gros cochet de manière bien moins poétique. Mash se retourna et examina le problème ; Une roue manquante à la caravane, contre une roue dans la gueule de la chienne. Après un bref calcul de probabilité, le vagabond en déduit que cette dernière était celle de la caravane.
Il jeta un coup d’œil au puant ce qui lui permis de confirmer ses craintes : L’autre porc le regardait fixement, comme s’il attendait quelque chose. Mash ne pris pas la peine de demandé et rejoignit Kinimo à côté de la caravane. Celle-ci ne tenait plus visiblement. Il sourit à la remarque de la chienne. Heureusement qu’elle était là, elle au moins ne puait pas.

[Mash] – Revenir entier ? Je ne sais pas, tu veux que je lui demande ? De toute façon il ne comprendrait pas l’ironie de ma question.


C’était bien beau de rire et de plaisanter, mais cela ne faisait pas avancer le schmilblick. Jamais Mash n’avait eu à remonter une roue. En sois ça ne devait pas être difficile, il devait suffire à soulever la caravane, de replacer la roue puis de remettre l’écrou permettant son maintient. Il regarda en vitesse sur le sol mais ne le vit pas. Sans cet objet, la réparation allait être délicate.
Il se retourna pour voir ce que faisait les deux immondices et s’aperçu sans grande surprise qu’ils ne se préoccupaient pas du tout du problème. C’était tout à fait normal pour Rouminou qui ne devait pas posséder d’une intelligence suffisante pour faire la différence entre un écureuil et un poulpe. Cependant, c’était plus inquiétant pour Le Tas qui aurait du se soucier ne serait-ce qu’un minimum de sa caravane qui devait jusqu’à preuve du contraire lui servir de travail.
Le problème ? C’était que Mash allait avoir besoin de la coopérativité de son employeur pour réparer la caravane. Discrètement, il s’adressa à Kinimo car il allait avoir besoin d’elle aussi.

[Mash] – Si tu veux quitter Rouminou le plus rapidement possible je vais avoir besoin de ton aide. Il faut que tu retrouve le boulon qui permettait le maintient de la roue. Si tu veux voir à quoi ça ressemble, regarde sur les autres roues, je pense que c’est les même si Le Tas ne s’est pas amusé à bricoler sa caravane.


Il lui sourit en guise de remerciement par avance puis se dirigea vers le boss. Le plus stressant n’était pas la pression que celui-ci exerçait sur ces employés, non, c’était plutôt de se retenir de le tuer. Très délicat. Lorsqu’il arriva à la hauteur du chien et du maître, il fit sa demande en essayant d’être le plus courtois possible.

[Mash] – Excusez-moi monsieur, j’aurais besoin de votre aide pour réparer votre caravane.

Mash avait bien insisté sur le « votre ». Sans son aide, il allait avoir du mal à finir la réparation avant la nuit.

[Le Tas] – Comment ça mon aide ? Je te paye pas pour me regarder bosser que je sache ! Nan, j’ai pas envie de bouger, et puis je vais pas laisser Rouminou tout seul quand même ! Démerde-toi. Et fais ça vite !

Le tuer ? Telle était la question. Que devait-il faire ? Surement l’un des plus grands dilemmes de son existence. Mash repartit vers l’arrière de la caravane. Il souffla un peu s’adossa à celle-ci. La fin d’après midi allait être longue. Très longue…

MessageSujet: Re: Tristes Horizons   Mar 26 Oct - 21:31

Jusqu’ici, le voyage avait été à la limite du supportable… heureusement, les diverses blagues de Mash et Kinimo leur permirent de tenir, du moins jusqu’à ce qu’une des roues de la caravane ne craque sous le poids abusif de son maître et de sa marchandise. Si la chienne était capable d’expliquer à quelqu’un des formules d’invocations de niveau avancé, réparer une caravane ne faisait malheureusement pas parti de ses connaissances… Mash tenta néanmoins de lui expliquer ce qu’elle devait chercher : un simple boulon permettant de maintenir la roue accrochée. Kinimo se mit donc en quête de cet objet sur le sol, se doutant bien qu’il avait été éjecté à quelques mètres d’ici lors du choc, tout comme cette pauvre roue. Après-tout, elle préférait largement chercher quelque chose qu’elle ne retrouverait peut-être jamais plutôt que d’aller discuter avec les deux autres comme Mash le faisait…

La chienne ne put retenir un petit rire lorsqu’elle entendit la discussion de loin : Mash avait-il vraiment espéré que l’autre gros tas ne daigne se déplacer pour "aider" ? A ce niveau, ce n’était même plus de l’espoir, il divaguait totalement. La chienne commençait à vraiment s’éloigner de la caravane, certaine d’avoir retrouvé la piste du boulon de roue : quelques buissons bordaient la route, sans doute y avait-il été projeté.
Tandis que la chienne fourrait son museau à l’intérieur des feuilles d’un buisson, une odeur nauséabonde facilement reconnaissable agressa son odorat. Si le maître n’avait pas l’intention de bouger, ce n’était pas le cas de son animal de compagnie qui profitait de la pause pour faire une petite escapade… d’ailleurs, la pauvre excuse de l’homme tombait à l’eau, même s’il en trouverait rapidement une toute aussi minable si Mash lui redemandait de l’aide. Rouminou semblait particulièrement intéressé par ce que faisait Kinimo, malgré qu’il n’en comprenne pas le sens… il s’amusa donc à l’imiter et cacha à son tour sa tête dans les feuillages, déposant au passage de grands filets de bave au milieu des buissons. Même si la simple présence du tas de graisse la répugnait, la femelle fit mine de rien et continua sa recherche. Malheureusement, Rouminou ne se laissa pas ignorer longtemps ! Vexé, il s’approcha à nouveau de Kinimo pour l’enduire de cette matière visqueuse qu’il semblait capable de produire en quantité astronomique.

C’en était trop pour la chienne. Même si son honneur passait bien souvent au second plan au milieu des humains, il n’était pas question de se laisser marcher dessus par un "semblable" et encore moins par celui-ci. Lorsque le mâle posa ses deux pattes avant sur le corps de Kinimo, croyant sans doute impressionner la femelle par ce geste, la chienne ressortit du buisson où elle cherchait le boulon d’un bond pour plaquer le pauvre Rouminou au sol. Ce ramassis de graisse était lourd, néanmoins il ne semblait pas y avoir un gramme de muscle là-dedans… d’ailleurs, il avait également l’équilibre d’un enfant de 2 ans, puisqu’il tomba à la renverse avec une facilité déconcertante. Mais la chienne au pelage beige ne s’en contenta pas : sans laisser le temps à sa proie de se rétablir, elle lui bondit dessus, et abaissa sa gueule au niveau de la gorge du cabot. Attirés par les couinements de frayeur du Rouminou, les deux humains purent observer Kinimo dont les crocs semblaient prêt à se refermer sur la gorge du mâle… l’autre tas semblait même s’être levé pour l’occasion !

Contrairement à d’habitude, le regard océan de la chienne était particulièrement hargneux tandis qu’elle fixait l’autre au sol dans les yeux. Elle l’avait à peine pincé… la peur lors de l’action était plus importante que la douleur, sans doute s’en souviendrait-il un moment. Relâchant son étreinte sur son prisonnier, la chienne reporta enfin son attention sur les deux humains, et plus particulièrement sur le maître de Rouminou qui arrivait en "courant", trainant avec difficulté le tas de graisse qui lui servait de corps… mais sans aucune raison apparente, il s’arrêta après quelques pas seulement, puis se mit à observer l’endroit où devrait se trouver la roue qui attendait au sol d’être réparée. Quand à son pauvre toutou effrayé, il s’échappa en courant – de façon beaucoup plus efficace que son maître – pour retourner à la seule place qui lui semblait sécurisée, le siège de la caravane.


« Alors cette roue, ça vient ?! »

Après un instant d’hésitation pendant lequel le gros tas avait paru légèrement perdu, il retrouva enfin une raison pour son arrivée à cet endroit précis. Monsieur voulait observer l’avancement des travaux, évidemment ! D’ailleurs, la chienne revenait avec le fameux boulon, l’air de rien. Elle l’avait finalement retrouvé, totalement par hasard… en fait, elle avait plaqué Rouminou dessus sans le savoir ! Cet imbécile aura au moins servit une fois dans sa misérable existence…
Mash aurait probablement pu divaguer à nouveau en cet instant, et redemander l’aide de son employeur puisque celui-ci s’était levé… mais non, voilà déjà trop longtemps que monsieur s’était levé, il fallait qu’il se rasseye rapidement sous peine de s’effondrer de fatigue ! L’homme à l’odeur irrespirable retourna donc rejoindre sa copie à quatre pattes, et s’exclama d’un air puéril :


« Hé bah mon gros, de quoi t’a peur maintenant ? T’a croisé un insecte ? »

Difficile de dire ce qui montrait le plus que quelque chose ne tournait pas rond : le fait que l’homme agisse comme si rien ne s’était passé, ou l’air enjoué de Kinimo ? La chienne se délectait de cette scène… et pourtant, le meilleur restait à venir ! Comprenant enfin que son cabot n’était pas au meilleur de sa forme et qu’il ne jouait pas la comédie – il en était incapable de toute façon –, son maître eut la bonne idée d’appeler la chienne pour lui tenir compagnie…

« Hey, le chien, vient avec Rouminou comme avant, tu dois déjà lui manquer, héhé… »

La femelle ne se fit pas attendre. Elle était impatiente de voir la suite : la seule difficulté était de garder son sérieux dans cette situation bien plus amusante que tout ce qu’elle avait traversé durant cette journée. Une fois à proximité des deux bombes odorantes, la chienne ralentit un peu, histoire de ne pas attirer les soupçons… et de profiter au maximum de la crainte visible dans les yeux de Rouminou. Douce vengeance… voilà qu’elle reposait une patte sur le siège, s’attirant un grognement du cabot qui commençait déjà à s’échapper à l’autre bout de la caravane. Surpris, le gros tas n’eut pas l’intelligence suffisante pour comprendre son animal qui pourtant devait avoir le même quotient intellectuel que lui. Kinimo grimpa d’un bond, et immédiatement… Rouminou descendit, sous le regard abasourdi de l’humain. Un éclair de génie traversa enfin son cerveau peu développé, et il s’exclama…

« Descend, redescend ! Il ne veut pas de toi, tu le vois bien, idiote ! Allez, va marcher avec ton maître, tu t’es suffisamment reposée ! »

Kinimo descendit… et Rouminou remonta immédiatement de l’autre coté. La chienne fit semblant d’éternuer pour camoufler un léger rire qui lui avait échappé, tandis qu’elle retournait enfin aux cotés de Mash. D’un coup, la journée semblait s’illuminer ! Comme si le soleil venait à peine d’apparaître haut dans le ciel ! Il ne restait plus qu’à réparer cette roue, et ils repartiraient dans une ambiance bien plus appréciable ! Toute contente de son petit tour, Kinimo frotta doucement sa tête contre une des jambes de Mash, se demandant ce qu’il pouvait bien avoir compris de la scène… après-tout, comment pouvait-il deviner qu’en plus de parler, elle avait d’autres dons ?
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