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 [Mission D] Démonstration, Evolution, Néant

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MessageSujet: [Mission D] Démonstration, Evolution, Néant   Lun 22 Mar - 23:26


Démonstration, Evolution, Néant
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Il était évident que la jeune femme n’allait pas pouvoir battre la champagne éternellement, du point de vu des autorités et surtout de ses engagements. Le village caché allait faire appel à elle, et plutôt deux fois qu’une, car s’il était une chose dont les dirigeants étaient sur, c’était que faire crouler quelqu’un sous le travail représentait la meilleure façon d’empêcher cette personne de penser à autre chose qu’à ses tâches immédiates. Cela limitait les problèmes, et permettait aussi de faire une sélection assez conséquente dans certains cas. Concernant Shijima Seika, cette sélection était en cours depuis longtemps, et n’avait pour le moment pas forcément portée ses fruits. Etait-elle réellement apte ? Ou fallait-il l’écarter dès à présent des tâches militaires du village ? Le Juunin Hakujou Souryo n’en savait rien. Comme pour beaucoup de recrues « prometteuses », il lui avait fait suivre un emploie du temps assez lourd. Chuunin, on attendait d’elle et de sa féminité une ardeur au travail toute particulière. De plus, ajoutait le moine zen, c’était un bon moyen de lui faire oublier ses horreurs passées. La thérapie par le travail, une bonne idée en théorie, mais qui dans la pratique, ne réservait pas toujours un résultat si probant, surtout quand le suivi du patient ne se faisait pas avec toutes les précautions nécessaires. Le village surveillait Shijima oui, mais cela ne pouvait être fait vingt-quatre heures sur vingt-quatre non-plus ! Aussi une personne revenue du passé avait-elle surgit, pour planter en elle des griffes rouges d’un sang qu’elle ne pensait jamais connaître : celui de sa propre existence. Depuis, les choses avaient changés, la jeune femme avait replongé. Mais par un habile jeu administratif, cette dernière avait conservé sa place au sein du village. Cette pause lui avait permit de faire le point, d’apprendre de nouvelles techniques, et bien entendu de barricader son cœur et son esprit en vu des épreuves qu’allaient constituer chaque journées passées au sein de Kumo.

Et aujourd’hui, l’une de ces épreuves allait avoir lieu. Bien entendu il ne s’agissait que des épreuves d’une vie, de la vie de tous les jours. Seika n’était pas en reste de difficultés, mais celles-ci lui faisaient moins peur que l’idée de ne pas les vivre, de ne pas « savoir » ce qu’elle vivait depuis ce jour il y avait de cela plus d’une décennie : en enfermement, non-volontaire, dans l’attente d’être utilisée, soit comme arme, soit comme pion dans les jeux gouvernementaux du pouvoir à travers le monde. Savoir ça, provoquait bien entendu un effondrement de soi assez conséquent, mais heureusement sous cette structure en apparence vitale, Seika avait mit à jour les fondations d’un autre mouvement du cœur, d’une autre philosophie, d’une autre calme. Si elle en avait parlé à Souryo, celui-ci aurait vu dans sa façon de penser, de méditer, de prendre du recul sur son monde, quelque chose d’assez proche de la culture « zen » dont il était un fervent pratiquant. Mais être pratiquant n’empêchait apparemment pas d’être Ninja, aussi Shijima restait-il à la botte du village. Si elle avait refusé, la veille, qu’est-ce que cela aurait changé ? Elle n’aurait pas pu quitter le village de toute façon. Au moins en faisant partie de la force « dirigeante », on suivait le courant, et on augmentait nos chances d’arriver à nos objectifs, se disait-elle pour se convaincre, ce qu’elle arrivait plutôt bien à faire d’ailleurs.

La jeune femme à la chevelure d’ébène fit un pas en arrière et observa son reflet dans la glace, ou le morceau de miroir était-il plus exact de le nommé, de sa chambre. Une demoiselle au regard sombre, au visage peu souriant, à l’élégance marquée mais au dédain de celle-ci affichée, voilà ce qu’elle voyait en cet instant. Belle, mais totalement différente de ce qu’elle était quelques mois plus tôt, Seika Shijima était à présent une autre personne, tout en restant malgré tout un peu d’elle. En effet, impossible d’effacer une personnalité en claquant des doigts, et même en quelques mois, par sa simple volonté, aussi forte soit-elle. Aussi lorsque la jeune femme quitta sa « demeure » ou plutôt de le taudis de l’Asakura lui servant de demeure, cette dernière prit avec elle les parchemins utilisés de la nuit, pour son entrainement aux sceaux. La calligraphie n’avait jamais été une passion, ni même un art très connue d’elle, qui était portée par sa constitution à s’intéresser quasi exclusivement au Ninjutsu. Aussi son entrainement à leur maniement se devait d’être intensif pour lui permettre de maîtriser le plus rapidement possible les bases de la plupart des « arcanes » des sceaux. Chose difficile et peu aisée car, comme dit précédemment, la calligraphie n’était somme toute pas très répandue dans « tout » le village. Quelques personnes maîtrisaient ça et là des prémisses de sceaux, des bases. D’autres, parmi les professeurs de l’académie, maîtrisaient cependant assez bien et précisément une couleur de sceau. Seika devait se rapprocher de ces personnes pour pouvoir apprendre plus facilement les bases des couleurs correspondantes. Il n’y avait cependant que les sceaux de guérisons que Shijima ne pouvait pas prétendre maîtriser, car ils étaient à l’opposée de son Chakra.

En descendant les escaliers, la jeune femme ne croisa pas la face de chien du propriétaire, et continua sa route jusqu’à la porte sortie de ses gongs marquant l’entrée dans l’immeuble du quartier du mur de l’Asakura. Les autres maisons qui formaient un demi-cercle intérieur étaient habitées par des familles uniquement. Des familles, souvent nombreuses. Dans la cour, un cercle de traine-savates, les habitués des lieux, se réchauffaient près du feu brûlant presque à chaque heure du jour et de la nuit. La coutume voulait qu’une personne désirant s’y réchauffer, apporte quelque chose pour aider à continuer le feu de « vivre ». La belle mais énigmatique jeune femme du second n’était pas exactement comme les personnes qui se serraient les uns contre les autres autour de ce feu : sans un mot, dès qu’ils l’aperçurent, les mendiants donnèrent des coups de coudes à leurs vis-à-vis lui tournant le dos, pour la laisser passer. Seika tendit le bras, révélant de la manche de sa longue cape grise, une main blanche et délicate tenant une liasse conséquente de parchemins. Elle lâcha ces dernières dans les flammes, et quitta immédiatement le cercle : pas le temps de discuter aujourd’hui ! En effet la jeune femme avait une mission à accomplir ! Oh rien de bien difficile, une simple mission de rang D pour se remettre en jambe. Elle avait d’ailleurs prévu d’en faire quelques-unes dans les prochains jours, pour bien remettre sa présence dans les rangs Ninjas de Kumo dans l’esprit de certains qui la croyaient définitivement partie.

Et sa première mission donc, depuis quelques mois, allait consister à assister l’un des professeurs de l’académie durant son cours. Quelque chose qu’elle n’avait encore jamais fait. Il s’agissait donc d’une expérience, qui, si elle portait ses fruits, serait intéressante à renouveler car certains professeurs cherchaient sans cesse de nouveaux assistants pour les aider à faire des démonstrations durant certains cours « pratiques », plutôt que théoriques. D’ailleurs certaines techniques de Ninjutsu ne pouvaient s’utiliser qu’avec deux personnes, aussi ces demandes étaient-elles tout à fait normales. Bien entendu Seika avait immédiatement écartée les propositions des professeurs de Genjutsu, dont elle ne pouvait, et ne voulait rien penser. Ces ordures n’étaient pas dans ses petits papiers, pour diverses raisons qu’elle ne souhaita pas se remémorer, tandis qu’elle traversait le quartier pauvre du village caché de la foudre, en direction de la rue principale du centre du village, chemin par lequel elle pourrait rejoindre l’académie. Après elle avait préféré mettre de côté les demandes des professeurs d’Eisei. En effet les médecins avaient, parait-il, une curieuse façon de traiter leurs assistants, et Shijima étant loin d’être insensible, la vue du sang, des cadavres, et ce genre de choses ragoutantes trainant dans les laboratoires des Eisei-nin… Non-merci quoi. Aussi s’était-elle penchée sur les demandes des professeurs de Taijutsu et de Ninjutsu. Pour les premiers, ceux qui demandaient des assistants le faisaient pour deux raisons : soit pour avoir un autre pratiquant du Taijutsu et ainsi démontrer ce que donnait un combat entre « initiés » des affrontements au corps à corps ; soit pour affronter à titre démonstratif un pratiquant d’un autre art et ainsi marquer les différences de leur type de combat avec les lignées plus « habituelles » des Shinobis. Mais l’idée d’un combat ne la réjouissait pas, surtout contre une personne capable de briser un mur avec un doigt.

La jeune femme s’arrêta à l’orée de la grande rue. Aujourd’hui elle n’était pas passée par les toits, comme il lui arrivait de le faire assez souvent. Comme il ne pleuvait pas, le sol sec supportait son faible poids et ne dérapait pas, lui permettant de marcher en gardant ses forces pour la journée, ce qu’elle ne faisait pas avec un jogging de début de journée rempli d’utilisations de Chakra. Et puis, vu le gus qu’elle allait aider… Mieux valait en effet qu’elle garde ses forces. Il y avait pas mal d’activités ce matin-là. Ou disons plutôt que la vie battait son plein, alors même que le village était en difficulté. Mais, d’après les rumeurs de coins de portes, les choses se passaient mieux pour le moment, et la situation, bien que mauvaise, s’améliorait sans cesse. Ailleurs de par le monde les choses n’étaient pas bien claires non-plus : on avançait un peu à tâtons. Le village caché du feu, Konoha, semblait conserver une puissance militaire supérieure à la leur, mais le village caché de l’eau, Kiri, n’était pas en reste de prétentions. Mais son avancée était bloquée par des problèmes internes dont rien ne filtrait vers Kumo. Les états mineurs, et leurs villages cachés, restaient spectateurs de tout ça. Après l’attaque d’Asahi sur Konoha, ils s’étaient d’ailleurs bien gardés de faire le moindre geste, de peur de s’attirer les foudres des grands de ce monde. Mais les grands vivaient, et mourraient comme tous les êtres vivants… Même si certains pouvaient, disait-on, vivre éternellement parmi eux. Mais cela prouvait-il qu’ils soient en vie ? Seika elle-même, n’était pas sur de l’être vraiment. Malgré ses idéaux, malgré ses objectifs, tout ceci avait-il réellement un sens pour elle ? Son destin s’était mit sur sa route comme une rumeur silencieuse, et avait prit les rennes de son existence sans qu’elle s’en aperçoive : sur quelles traces marchait-elle ? Des questions, peu de réponses, mais des certitudes, ou plutôt une certitude : stagner ne servait à rien.

La Kunoichi traversa la grande rue, zigzaguant entre les passants et les charrettes, prenant garde à ne rentrer dans personne. Depuis quelques temps elle détestait plus que tous les contacts physiques, et cela s’en ressentait quand quelqu’un s’avisait de la « toucher » sans qu’elle l’y ait invité. Heureusement ce fût un sans fautes sur la traversée, et la jeune femme s’enfonça sans un regard en arrière dans de nouvelles ruelles. Celles-ci, contrairement aux rues jonchées de détritus de l’Asakura, respiraient la propreté, l’œuvre architecturale. Une ville propre, possédant un quartier propre… Cachant ses déjections dans un quartier sale. Telle était l’hypocrisie qu’elle voyait dans cette situation, depuis qu’elle avait mit les pieds dans ce lieu privé de « lumière ». Les bras invisibles, le long du corps, Seika traversa rapidement ce quartier, repassant par la même et éternelle ruelle où avait eu lieu son « éveil ». C’était ainsi qu’elle repensait à cet instant, aussi difficile avait-il été pour son psyché. A force de passer ici, elle savait avec précision le nombre de pas qu’elle avait à faire pour achever son chemin, et déboucher face à l’académie Ninja. Plus que trente… Plus que vingt… Elle se souvient de la pluie, des reflets sur les flaques. Quelle étrange journée cela avait été vraiment. Plus que cinq. Quatre, trois… La lumière au bout du chemin plus sombre qu’était cette partie de la ruelle. Mais une lumière fausse et illusoire. Seika s’arrêta enfin, et planta son regard sur le bâtiment à l’architecture traditionnelle. Enroulée dans sa cape grise, la jeune femme sentit un frisson la parcourir, comme souvent ces derniers temps lorsqu’elle voyait apparaitre les lieux du pouvoir du village. Secouant finalement la tête, la Kunoichi s’avança à découvert vers l’entrée, ses bottes en cuir s’enfonçant légèrement dans le sol encore humide ici. Sous sa cape, bas noirs, jupe noire, chemise noire sur t-shirt blanc pour ne pas faire une impression trop « sombre » devant les élèves même si l’apparence de leurs professeurs étaient pour la plupart vraiment farfelues. Elle ne portait quasiment plus de gants, mais ce n’était qu’une question de temps jusqu’à ce qu’elle en rachète. De même, cette tenue n’avait rien de celle qu’elle faisait confectionné par le forgeron du village, Akio. Une nouvelle tenue, pour une nouvelle vie, voilà qui était une façon pour elle de marquer le coup.

De ses deux mains tendus, la demoiselle au visage doux mais sans sourire poussa la grande porte d’entrée, donnant sur un hall en apparence propre, mais au sol peu reluisant. Apparemment le ménage n’avait pas encore été fait cette semaine. Dans les lieux, peu de monde. Quelques étudiants en train de discuter. Les cours n’avaient pas encore commencé mais la plupart des élèves devaient déjà être levés, s’être mis en route pour l’académie, comme elle en son temps. Seika se passa une main distraite sur le visage et se frotta les yeux : la fatigue du petit matin n’était jamais loin après une nuit d’études et d’essaies. Elle ne devait pas oublier de se reposer, car si pendant plusieurs mois elle avait pu mener ce train de vie, c’était uniquement grâce au fait qu’elle n’avait rien d’autre à faire de ses journées. A présent que son travail de Chuunin reprenait, la jeune femme à la chevelure d’ébène allait devoir reprendre un rythme de vie plus sain. Comme quoi on ne pouvait pas perdre les bonnes vieilles habitudes… Prenant une grande inspiration, Seika se dirigea vers l’escalier dont elle monta les marches l’une après l’autre, pour atteindre le deuxième étage de l’académie et ses salles de classe, dont celle du professeur et Shinobi qu’elle allait assister. En y repensant, était-ce vraiment une bonne idée ? Une épreuve sans aucun doute cette journée allait être pour elle, mais elle allait tenir bond ! Il le fallait ! Survivre à un de ses cours, c’était comme de réussir une mission périlleuse. D’accord elle schématisait un peu en exagérant, mais ses collègues n’en disaient pas moins : les élèves qui restaient à ses cours jusqu’au bout sans avoir une furieuse envie de se défenestrer ou de faire autre chose se comptaient sur les doigts de la main. Pourtant le bougre était adorable et pas mauvais du tout dans son métier ! En plus de ça, son grade de Juunin lui assurait un savoir et une expérience encore plus riche, permettant d’animer ses cours d’exemples concrets ! Mais là, là était le plus grand problème avec Uchiwa Hoshi, professeur de Ninjutsu de l’académie Ninja de Kumo : il finissait par ne plus raconter « que » ses expériences et rien d’autre. Pendant cinq minutes ça allait. Mais passé ce délai ça devenait vraiment imbuvable. Aussi, lorsque Seika était passée au centre des missions la veille, près des portes du village dont elle avait longuement admirée l’imposante carrure, le Ninja qui avait prit et noté sa demande de mission avait haussé un sourcil révélateur en voyant le nom du professeur qu’elle se proposait d’assister. Ca en disant long sur les préjugés qui entouraient le Shinobi Uchiha, surement l’un des seuls de son clan dans le village d’ailleurs. Mais la jeune femme était bien loin de connaitre tout le monde…

Dans les escaliers la jeune femme fût dépassée par quelques Ninjas qui descendaient, surement pour aller accueillir les jeunes élèves, ceux n’ayant pas encore eu leur diplôme de l’académie, et sur qui ils devaient veiller un peu plus intensivement que sur les autres. Se tenant à la rambarde de bois elle les laissa passer et les suivit du regard. Seika n’avait plus vu beaucoup de Ninjas ces derniers temps, mais le village avait l’air d’avoir eut de nouveaux effectifs. Ou plutôt, les professeurs présents à l’académie semblaient plus nombreux, et c’était justement pour ça qu’elle en avait moins croisé dans les rues. Sans rien penser d’autre que la présence de nouvelles têtes dans les rangs des professeurs, la Kunoichi posa un pied sur le palier de l’étage et prit sur sa droite. Elle savait très bien où l’Uchiwa faisait cours et n’eut aucune difficulté à retrouver la porte familière de la salle de son prédécesseur, qu’Hoshi avait remplacé peu après. Seika l’avait déjà vu dans sa jeunesse, alors qu’il étudiait aux côtés de son Sensei pour prendre sa place. Mais il s’agissait d’une autre époque et aujourd’hui, c’était lui le professeur. Pour certains ce n’était pas la meilleure nouvelle du monde… La jeune femme frappa à la porte, et n’ayant aucune réponse, se contenta d’entrer. Comme elle le pensait il n’y avait encore personne sur les bancs du petit amphithéâtre. Reniflant, la Kunoichi sentit dans l’air une odeur de brûlé, surement le résultat des démonstrations de Katon du professeur de Ninjutsu. Seika fit une moue désapprobatrice : ses techniques étaient dangereuses, et très dévastatrices dans leur genre. D’accord c’était incomparable avec un Raiton mais les dégâts externes du feu pouvaient marquer à vie, contrairement au Raiton… Qui tuait pour de bon. Ok, pas de comparaison. Sans pour autant se laisser aller à rêvasser, la demoiselle en tenue noire, sans enlever sa cape grise car elle allait encore en avoir besoin pour se tenir chaud, avança jusqu’aux fenêtres et les ouvris. Celles-ci donnaient sur le village et la vue toujours aussi agréable sur le centre de Kumo, qu’elle admirait de temps en temps à l’époque où elle grattait le parchemin avec les autres, ici. Remontant les marches et passant à côté des pupitres, Seika ouvrit toutes les fenêtres et s’arrêta près d’un banc : celui portait encore une marque de son passage, moins d’une dizaine d’années auparavant. Mais les souvenirs de cette époque ne vinrent pas avec la redécouverte de ce petit coup de Kunai laissé dans le bois : les souvenirs, les bons, ne venaient plus aussi facilement aujourd’hui qu’hier… Le coude sur le rebord de la dernière fenêtre, la Chuunin resta là, à observer le monde qui l’avait vu grandir. Dans quelques instants les jeunes recrues du village n’allaient pas tarder à entrer. Seika préféra ne pas penser qu’elle allait vraiment faire cours avec Hoshi. Elle ? Faire cours ? Absurde ! Et pourtant… Heureusement que ce n’était que comme assistante, car elle n’était vraiment pas faite pour çà. Pas comme Shinzo qui le ressentait en son for intérieur et le clamait haut et fort. Les yeux un peu dans le vague, elle n’entendit pas les premiers étudiants arriver…

MessageSujet: Re: [Mission D] Démonstration, Evolution, Néant   Jeu 25 Mar - 11:45


Démonstration, Evolution, Néant
~ 2 ~
[Seito] - Elle est bizarre la dame là-bas…

[Deshi] - C’est clair. Ca peut pas être une élève vu son âge.

[Zurui] - C’est peut être notre nouvelle prof’ ?

[Rikou] - Impossible, j’en aurais entendu parler à la maison, mon père est…

[Gekido] - On sait tous que ton père est Ninja dans un bureau au palais du Raikage ! Tu ne vas pas nous le ressortir à chaque fois si ?

[Rikou] - Mais… !

[Shizuka] - Calmez-vous tous les deux, ça ne va pas recommencer alors qu’on n’a même pas débuté les cours !

[Gekido] - Oh ça va ça va.


Seika entendait les voix des élèves derrière elle. La jeune femme n’avait pas bougé de sa place, ni même adressé un seul regard aux gamins qui prenaient place sur les bancs. La Kunoichi préférait rester là à regarder le village s’éveiller pleinement, prendre vie. Elle entendait au loin par les fenêtres ouvertes les rumeurs du marché. Les étales y étaient dressés, les produits installés, les clients ne tardant pas à se montrer à leur tour. Dans les cafés et les bars, on servait des tasses chaudes et fumantes de thé, et d’autres breuvages du matin qui donnaient une bonne forme pour les longues mâtinés de travail de la population de Kumo. Dans le lot quelques Ninjas étaient là, mais pour la plupart leur journée ne faisait que se prolonger, car ils la commençaient bien avant les habitants. Les travaux de l’administration militaire demandaient une attention et un travail de tous les instants, que la jeune femme n’aurait pour rien au monde voulu connaitre. Mais si on lui donnait l’ordre d’y travailler, Seika n’aurait d’autres choix que d’accepter bien entendu. Elle n’était pas une rebelle dans l’âme, même si ces derniers temps son attitude avait changée. Elle aspirait juste à vivre différemment, ce qu’elle faisait plutôt bien.

Cependant le temps passait, et les minutes s’allongeaient d’elle-même sur la longue route du temps et sa course immuable. Où était donc passé l’Uchiwa ? Que pouvait-il bien faire ? L’annonce n’était pourtant pas un remplacement pas un assistanat. Peut être que le Juunin n’était pas encore rentré de mission, tout simplement. Mais du coup, qui allait s’occuper des jeunes gens assemblés ici ? Elle ? Cette idée ne lui plaisait pas du tout, mais cependant le ton montait déjà d’un cran dans la salle…

[Seito] - Zu’ te reste des chocolats s’il te plait ?

[Zurui] - Non désolé j’ai tout mangé…

[Gekido] - Menteuse ! Tu en cache dans ta poche ne fait pas l’innocente !

[Deshi] - Gekido pas besoin de crier voyons...

[Gekido] - Oh toi le lèche-botte tu la fermes.

[Shizuka] - Kiki’ tu nous pompes l’air dès le matin t’es vraiment chiant.

[Gekido] - Comment tu m’as appelé ?!


Evidement ce qui doit arriver dans ce genre de situation arrive. Seika n’eut même pas besoin de regarder pour se représenter la scène : un gamin, bagarreur et violent, se jeta sur une jeune fille d’apparence fragile mais avec du caractère, et essaya de l’attraper par les cheveux. Il y arriva de justesse, mais se prit immédiatement plusieurs claques sur le nez, qui n’arrivèrent cependant pas à lui faire lâcher prise. Tirant d’un coup sec sur ses cheveux, le gamin arracha un cri de douleur à la jeune fille dont les larmes devaient déjà lui monter aux yeux. Ah ces enfants, vraiment indisciplinés. Mais ça on ne pouvait en vouloir qu’à l’éducation qu’ils recevaient, de la part de parents pour la plupart absents, et d’autre part d’un professeur tout autant absent, et qui passait son temps à raconter en priorité ses exploits de batailles. Où était la discipline là-dedans hein ? Bien entendu comme il devait s’agir là des deux plus fortes têtes de la classe, les autres n’osaient pas intervenir, surtout que le gamin énervé devait intimider, tenant d’une façon aussi cruelle sa camarade entre ses griffes. Il lui arracha un nouveau cri, surement avec un sourire sadique sur le visage. Il y en avait partout des gamins comme ça. Cependant un bruit insolite se fit entendre, suivit de plusieurs exclamations dans la salle. Seika haussa un sourcil, et céda à la curiosité. Se retournant, elle découvrit la scène qui, bien que s’étant tout d’abord passée comme elle l’imaginait, avait évoluée en l’espace de quelques secondes. La gamine qui auparavant était coincée, se trouvait maintenant sur son collègue colérique, ce dernier tremblant comme une feuille, et les autres élèves regardant ça en formant des ronds avec leurs bouches, incapables de faire autre chose que de manifester leur admiration. Et en effet, s’il s’était bien passé ce que Seika croyait, ce n’était pas rien. Plissant les yeux, la Kunoichi se détacha du rebord de la fenêtre et se mit à marcher vers les deux enfants. Ses bottes, claquaient sur le sol à chaque pas, et la plupart des étudiants se détachaient de la scène de leurs camarades pour regarder cette femme étrange et sombre avancer. Elle était là avant qu’ils arrivent, ils avaient un peu fini par l’oublier dans l’agitation régnante.

Tranquillement, Seika vint se placer face à la gamine. Celle-ci souriait difficilement, comme un sourire forcé. Ses camarades ne lui en voulaient surement pas d’avoir fait ce qu’elle avait fait, au contraire quelqu’un avait enfin réussit à le calmer ce gamin, mais elle-même, en son fort intérieur, était-elle de cet avis ? Evidement que non, sinon sa joie aurait été évidente d’avoir mit à terre son camarade. La Kunoichi se pencha sur le corps encore agité de soubresauts du dénommé Gekido. Elle posa sa main sur son front, et ouvrit ses yeux clos, et lui donna une petite gifle pour le réveiller et le faire se fixer sur son visage. Evidement Seika n’était pas Eisei-nin loin de là, cependant elle savait reconnaitre les effets d’un Raiton lorsqu’elle en voyait un, et avait appris à combattre ces effets. Lorsqu’on passait des années avec un professeur qui n’hésitait pas à vous prendre pour cible car il s’agissait du meilleur exemple pour dire « Voilà, ça vous devez le faire ressentir à vos adversaires », évidement on essaye de trouver des parades pour éviter de faire du break dance à tout bout de champ. La jeune fille était descendue du bureau sur lequel elle était montée, Gekido sous elle, et reculait à présent vers le fond de la classe. Les autres élèves s’interrogeaient du regard, passant de cette femme à la chevelure d’ébène enroulée dans une cape grise crasseuse à leur camarade inconscient, puis à Shizuka pour certains. Pour cette dernière, le stress était à son comble, et la jeune femme n’eut pas besoin de tourner la tête pour l’entendre détaler. Des camarades qui se tapent dessus, ça n’a rien d’étonnant et ça arrive dans toutes les écoles du monde.

Mais une Aspirante Ninja, qui utilise une technique de Ninjutsu offensive, même à faible puissance, sur son petit camarade, cela relève d’une sanction plus grave. Seika finit par se redresser, pour laisser de l’air au gamin qui venait d’ouvrir les yeux. Il se tenait la tête dans les mains, encore sonné par la décharge qui avait somme toute du être conséquente pour le mettre KO d’un seul coup. Sa camarade avait du potentiel…

[Seika] - Ca va jeune homme ?

[Gekido] - Qu’est-ce qui c’est… Passé ?...

[Seito] - C’est Shizuka elle… !


Mais le regard noir que lui lança la Chuunin le dissuada d’en dire plus. Cependant le mal était déjà fait et déjà l’esprit tortueux du gamin se mettait de nouveau à fonctionner pour se préparer à lui faire dire de nouvelles bêtises qui allaient lui valoir encore quelques ennuis avant la fin de cette journée.

[Gekido] - Shizuka ?! Cette salle garce ! Elle va me le payer je vais … !

Le garçon retomba à la renverse, après s’être pourtant difficilement relevé. Certains, qui n’avaient pas les yeux fixés sur la scène, regardèrent à droite à gauche sur le visage de leurs camarades pour comprendre ce qui avait bien pu se passer. Une rechute ? La technique employée par la fille la plus douée de la classe avait elle été trop puissante ? Seules les personnes les plus proches du bureau où venait de retomber Gekido avaient vu ce qui s’était passé… Seika l’avait giflé pour de bon cette fois, et pas pour le réveiller ! Ou si, dans un sens pour la jeune femme, il s’agissait là de réveiller cet abruti qui ne pouvait même pas comprendre les sentiments de sa camarade qui s’était enfuie, non-pas pour fuir les conséquences d’après elle, mais parce qu’elle s’en voulait à présent énormément d’avoir agressé son camarade, même pour se défendre elle-même ! Et un gamin incapable de comprendre ça, méritait encore cent autres baffes de ce genre.

Seika se retourna et fit face à de nombreux regards aussi surpris qu’interloqués. Certains avec des yeux comme des boules de billards, d’autres des billes dont ils ne savaient pas trop sur quoi les poser. La Kunoichi se passa une main sur la nuque : elle n’aurait peut être pas du se laisser aller à lui coller une gifle, mais elle espérait que ça le réveillerait pour de bon cette fois. Laissant retomber sa main le long de son corps, elle posa un coude sur un bureau légèrement surélevé par rapport à celui sur lequel se trouvait allongé le gamin. Ses voisins de derrière allaient être mis à contributions.

[Seika] - Vous deux, Seito et Deshi c’est ça ? Vous allez conduire votre camarade à l’infirmerie et revenir ensuite ici. Uchiwa’san va arriver d’une minute à l’autre.

Puis elle descendit les marches de l’escalier, tandis que les deux garçons à l’air un peu ahuri se regardaient, et que le reste de la classe restait incrédule, avant de se retourner vers elle et de déclarer en souriant.

[Seika] - Je vais vous ramener Shizuka, et vous verrez que tout ira bien.

Certains poussèrent des petits soupires de soulagement : si cette femme disait que tout allait bien se passer, c’était que se passerait bien. Bien entendu aucun d’eux n’avaient idée de qui elle était, et de toute façon elle ne s’était pas présentée. Cela n’avait aucune espèce d’importance. Faisait signe de la main aux deux garçons qui transportaient leur camarade de passer par la porte qu’elle maintenait ouverte, Seika les suivit et referma celle-ci. Un instant de pause devant celle-ci : des petites voix commençaient à murmurer de l’autre côté. S’ils parlaient entre eux, alors tout allait bien, et cela voulait dire qu’ils n’étaient pas trop choqués non-plus par ce qui venait de se passer. Bon sang mais c’était comme ça tous les jours ici ? De son temps il y avait plus de calme et de discipline ! Encore quelque chose dont elle devrait parler à Hoshi. Tien, en parlant du loup…

Le Juunin arrivait en trottinant, visiblement endormi. Et il n’arrivait pas de l’escalier et donc de l’extérieur : il arrivait de la salle de repos des professeurs au bout du couloir. Seika, calme malgré un sentiment naissant d’agacement, le regarda arriver un air d’excuse sur le visage.

[Hoshi] - Salut Shijima’san, désolé du retard j’ai…

[Seika] - … Rattrapé du sommeil en retard ?

[Hoshi] - Euh oui, oui on peut dire ça. Les élèves sont toujours là ?

[Seika] - Il en manque quatre : l’un est conduit à l’infirmerie, les deux camarades qui le portent reviendront vite. La quatrième… Je vais la chercher.

[Hoshi] - Attend, attend, attend, infirmerie ?!

[Seika] - Je n’ai pas le temps de t’expliquer mais ce n’est rien de grave rassure-toi. Demande à tes élèves des explications, je reviens.


Et la Kunoichi le planta là. S’il était arrivé plutôt aussi, la situation entre les élèves n’aurait pas dégénérée. Mais Seika n’était pas blanche non-plus, et la Chuunin savait qu’elle aurait elle-même pu intervenir plus tôt. Le résultat aurait été le même sauf que la gamine n’aurait pas eu l’occasion de lancer un Raiton. Le gamin par contre, se serait retrouvé étalé sur un bureau de la même façon, par une bonne gifle pour lui apprendre à respecter ses camarades. Il s’agissait de la base de leur fonctionnement après tout. Sans ça… On ne pouvait guère qualifier Kumo « d’organisation militaire ». Le coup de chacun pour soi et Dieu pour tous, ce n’était pas vraiment la philosophie du village.

Elle entendit la porte de la classe s’ouvrir derrière elle, et l’Uchiwa s’adresser à ses élèves, puis la porte se referma. Bien, à présent elle devait retrouver la petite. Mais l’académie était grande, difficile de retrouver quelqu’un ne désirant pas être retrouvé. Pour une personne ayant été élève ici, et qui n’aurait jamais eu de difficultés particulières dans sa jeunesse, du genre de celle que venait de vivre Shizuka, le but de sa recherche aurait été de la retrouver pour l’envoyer s’expliquer avec les professeurs. Mais Seika n’était pas instructrice de toute façon, et elle comprenait très bien ce qu’avait pu ressentir la gamine. Un sentiment de pouvoir, le sentiment d’avoir fait quelque chose de juste, pour soi et pour les autres ! Mais aussi le sentiment d’avoir été contre soi, contre ses principes, et contre l’esprit même du village qui se voulait être une grande famille soudée… Si seulement oui, mais la réalité était tout autre et depuis quelques années, c’était bien malheureusement le « chacun pour soi » qui était le maître mot des Ninjas de Kumo. Malgré des tentatives à droite à gauche, les problèmes internes ne cessaient de s’accumuler : l’Asakura, le manque de mission, les tentatives infructueuses pour former des équipes soudés et durables… Seika elle-même faisait parti de l’équipe de Sho Nagoshi, l’Eisei-nin, pourtant depuis ce soir sur les toits, elle avait préféré mettre de la distance entre eux. Il y avait eu à ce moment une précipitation, un vide en elle qu’elle avait désiré combler avec la présence étrange mais réconfortante de l’homme aux cheveux rouges. Après cette journée passée sous la pluie, ses désirs avaient été tout autres, et cela ne l’aurait pas étonné qu’on lui annonce demain ou même dans la journée, à son prochain passage au centre des missions, le démantèlement de l’équipe.

Tant pis, cela ne faisait plus grande différente pour elle : le travail en solo avait aussi du bon, et puis ça évitait parfois certains problèmes. Ce qui étonnait un peu Seika, en marchant en cet instant dans les couloirs du bâtiment, c’était qu’elle ne croisait que peu de têtes connues. Oh certes elle ne connaissait pas grand monde ici au-delà des professeurs mais, par exemple, où était le sympathique Takeshi, et d’autres personnes qu’elle avait vu lors de sa première mission avec Sho en dehors du village ? Bizarre, étrange, ou tout simplement le manque de chance qui faisait qu’elle ne les croisait pas. En cet instant la femme à l’allure froide ne donnait absolument pas l’impression de chercher la gamine disparue, et pour cause, elle savait comment la retrouver vite. Passant devant l’escalier menant au hall d’entrée, Shijima s’arrêta devant la porte à sa droite et n’eut pas besoin d’appuyer sur sa poignée pour l’ouvrir. Quelqu’un était passé par là, un peu trop rapidement, sans prendre le temps de se préoccuper de cette porte laissée entrouverte. Celle-ci menait à une sorte de placard, cachant en fait l’échelle permettant d’atteindre le toit. Un peu d’exercice de bon matin… Surtout qu’elle n’en avait pas encore fait, pour garder ses forces pour la journée.

La jeune femme attrapa la première barre, posa son pied sur la dernière, et commença son ascension vers le toit. En jupe ce n’était pas bien pratique et c’était surtout assez gênant de se dire que, si quelqu’un passait en-dessous en cet instant il verrait sa… Bref. Une chose était sur : bientôt le changement de tenue ! Seika secoua la tête et se concentra sur la montée de l’échelle. Même si elle avait peu de force dans ses bras, elle en avait bien assez pour porter son propre poids vers les hauteurs de l’académie. Arrivant contre la trappe en bois sur laquelle reposait une fine couche de carrelage, la Kunoichi la poussa de sa main droite en se tenant à l’échelle de la gauche, et s’ouvrit un chemin. Finissant de monter, elle se laissa tomber sur le rebord du trou, haletante. Plus dur ce genre d’exercice que le fait de courir de toit en toit. Mais c’était surtout parce qu’elle n’avait pas usé de Chakra dans l’histoire du coup… Se levant, la jeune femme s’étira, avant de tomber sur le dos de la gamine de la classe d’Hoshi, installée là où elle le pensait, sur le toit de l’académie. Malgré un vent frais, le soleil et sa chaleur étaient réconfortants… C’était un endroit agréable pour être seul… Seika y venait souvent avant de rencontrer des personnes bien dans sa jeunesse. Mais tout ça, c’était une autre affaire et les raisons qui la poussaient à venir ici étaient bien différentes de celles de Shizuka…

MessageSujet: Re: [Mission D] Démonstration, Evolution, Néant   Ven 26 Mar - 13:18


Démonstration, Evolution, Néant
~ 3 ~
La gamine devait avoir entre dix et treize ans, comme les autres enfants de la classe. Il s’agissait de personnes n’ayant pas encore obtenu leur diplôme de l’académie, leur donnant accès au droit de porter un bandeau Ninja, un vrai. Seika n’en était pas sur, mais il était possible que dans la juridiction du village soit inscrit que le fait de porter un bandeau non-officiel pouvait être suivi de sanctions. Après tout, se faire passer pour un Ninja était quelque chose de grave dans leur monde. Brune, châtain clair même, elle semblait perdue dans la contemplation du village depuis le haut du toit de l’académie. Derrière elle s’étendaient les arbres du parc jouxtant les terrains d’entrainement de l’académie. Habillée de vêtements blancs et noirs, agrémentés d’un assemblage stylisé de foulards roses lui couvrant la taille, la poitrine, et finissant sur ses bras à la manière d’un châle, elle était aussi mignonne que triste à regarder. Car si pour certains la vue de cette gamine à cet endroit n’aurait chez eux rien évoqué, chez Seika cela la replongeait dans des souvenirs bien lointains.

Ses bottes faisaient assez de bruit mais de toute façon la gamine savait que quelqu’un était monté sur le toit depuis qu’elle avait ouvert la trappe permettant de redescendre dans le couloir de l’académie. Doucement, la Kunoichi s’avança, et vint finalement s’assoir à côté de la jeune fille, les jambes repliés sous son menton comme elle. Elles restèrent là toutes les deux, à regarder le temps défiler, une activité à laquelle s’adonnait bien souvent Seika, quelques mois auparavant, et depuis toujours en fait. Elle avait été dans l’attente de quelque chose. Ce quelque chose arrivé, aujourd’hui elle passait le plus clair de son temps à étudier, en vu d’un autre jour, qui n’arriverait ma foi, que dans bien longtemps. La petite voix de l’Aspirante Ninja la tira de ses rêveries.

[Shizuka] - Comment va-t-il ?

[Seika] - Surement encore un peu sonné, je l’ai envoyé à l’infirmerie sur le dos de deux de ses camarades.


La gamine porta la main à sa bouche pour réprimer un petit cri de détresse et tourna son visage vers elle. Ses yeux étaient embuées de larmes et elle s’apprêtait vraiment à pleurer, pensant que c’était elle qui avait fait aussi mal à son camarade, au point de l’envoyer se faire soigner. Comprenant aussi la méprise, car elle était partie bien vite sans voir la suite de la scène, Seika leva les mains et lui fit signe de se calmer. Sa main droite se posa sur son avant-bras, et la jeune femme lui raconta ce qui s’était passé après son départ pour la rassurer et lui assurer qu’elle n’était « quasiment » pour rien dans le fait que son petit colérique de camarade se soit retrouvé totalement dans les pommes.

[Seika] - Ce n’est pas ta faute je te rassure tout de suite ! C’est à cause de moi qu’il est à l’infirmerie…

[Shizuka] - … Comment ça ?

[Seika] - Et bien… Je l’ai aidé à se réveiller, et un de tes camarades, Seito je crois, a voulu lui dire que c’était bien toi qui l’avait mit dans cet état. La première chose que cet idiot a faite a été de t’insulter… Je lui aie collé une gifle. Un peu trop forte en fait, et il est retombé dans les bras de Morphée.

[Shizuka] - Vous l’avez assommé d’une simple gifle ?

[Seika] - Rien de vraiment extraordinaire, il était déjà affaibli et à moitié dans les vapes alors…


Ce que la Kunoichi ne lui dit pas, c’était que sur le moment, sous le coup d’une colère rapide et passagère, Seika avait concentrée naturellement son Chakra dans son bras et filé autre chose qu’une « baffe normale » au garçon. Celui-ci allait avoir une belle trace sur sa joue en tout cas, ça allait lui servir de leçon : lorsqu’une femme s’énerve pour de bon, ce n’est jamais en vain. Cependant sa petite explication avait fait son effet sur l’étudiante qui souriait un peu et regardait Seika avec respect, et admiration. Quelque chose que la jeune femme n’aimait pas beaucoup en fait, car elle n’avait rien fait dans sa vie qui mérite l’admiration de qui que ce soit…

[Seika] - Uchiwa’sama est arrivé au fait, tu devrais peut être retourné en cours.

[Shizuka] - Pas encore s’il vous plait… ?


Ah oui le nom évidement. Vu qu’elle ne s’était toujours pas présentée difficile de la nommer. Souriante, Seika plissa les yeux et pencha la tête de côté, retrouvant un peu de ses habitudes comportementales des instants passés avec Sakura et Ina… Des moments révolus.

[Seika] - Shijima, Seika. Oui, restons encore un peu là toutes les deux… A moins que tu préfères être seule Shizuka’chan ?

[Shizuka] - Non ! Non, vous pouvez rester Shijima’sensei…

[Seika] - Shijima’san suffira jeune fille, je ne suis là aujourd’hui que pour assister ton professeur dans son cours. Je n’avais pas prévu qu’il soit en retard…


La demoiselle ne répondit rien, et se contenta de tourner de nouveau son visage vers le village en éveil. Au-delà de la cime des montagnes, le soleil avait déjà parcouru une bonne distance et grimpé plus haut dans le ciel. Sa lumière et sa chaleur les englobaient toutes les deux, même si elles frissonnaient à cause du vent matinal. Dans le village la vie battait son plein, et les rumeurs du marché leurs parvenaient, même à cette hauteur, portées par la brise. Seika aimait bien ces instants de calme. Cependant c’était rare qu’elle soit accompagnée pour les vivre, mais pour une fois cela ne la gênait pas, et ne l’empêchait pas de se détendre l’esprit. Elle avait énormément stressé la semaine passée, car elle devait rendre sa décision de rester ou pas dans le corps Ninja. Maintenant que c’était passé, elle devait se calmer, se détendre, passer la marche au-dessus et continuer d’avancer comme elle l’avait fait jusque là. Seika balaya une nouvelle fois le village du regard avant de revenir à la jeune fille. La brune avait posé son front sur ses avant-bras, et semblait presque endormie. Ce n’était pas tout ça mais elles allaient vraiment devoir retourner en cours, surtout Seika car elle n’avait aucune idée du pourquoi de l’annonce d’Hoshi. Surement des démonstrations mais il pouvait s’agir d’un autre assistanat. En gros elle devait aller accomplir son job ! Alors que Seika commençait à bouger, s’étirant et baillant en portant la main à ses lèvres, préparant aussi mentalement ce qu’elle allait bien pouvoir dire à la jeune fille pour la faire redescendre avec elle, celle-ci la prit de court et lui demanda subitement.

[Shizuka] - Est-ce que vous aimez quelqu’un Shijima’san ?...

La question, malgré tout naturelle pour une jeune fille de son âge, n’en restait pas moins déstabilisante pour la Kunoichi pour qui les notions d’amour et d’amitié n’étaient plus que des idées vagues dans sa tête depuis un moment. Aussi, prit-elle un petit moment pour y réfléchir. L’étudiante tourna son visage vers elle : apparemment il y avait quelque chose qui allait dans ce sens dans sa tête, dans le sens d’une question d’amour subjacente. Le regard de la jeune fille était pesant, assez pour que Seika s’en sente mal à l’aise et décide de se lever pour se dégourdir les jambes, et avancer jusqu’à la grille du toit empêchant des personnes ayant eu la bonne idée de monter jusque là de sauter pour se suicider. Stupide idée de mettre des grilles, puisque de toute façon si un Ninja désirait se suicider, il y avait des moyens plus simples de le faire. Remettre son bandeau à la garde par exemple, faire une connerie… Comme pour le cas de… Rah, toujours se souvenir qui revenait ! Proche de la grille, la Kunoichi frappa celle-ci et laissa ses doigts s’accrocher aux trous des nœuds de fers. Elle ne savait plus quoi répondre à la question de Shizuka. Celle-ci s’était levée, et l’avait rejoint près de la grille. Compréhensive, elle savait que la question posée subitement avait prise Seika au dépourvu et que celle-ci devait à présent penser à des choses tristes ou énervantes, mais avant qu’elle ne puisse s’excuser, la Kunoichi lui répondit.

[Seika] - J’aimais, quelqu’un, si l’on veut. On peut même dire que j’aimais plusieurs personnes.

[Shizuka] - Et ce n’est plus le cas ?... Pardon je dois vous embêter avec mes questions…

[Seika] - Ne t’en fais pas Shizuka’chan, tu ne m’embêtes pas… Oui, ce n’est plus trop le cas. Et toi jeune fille, que ressens-tu pour ton turbulent camarade ?

Cette fois ce fût au tour de l’étudiante d’être prise au dépourvue. La preuve étant faite, qu’elle se mit à rougir et détourna brusquement la tête. Qu’ils sont mignons à cet âge là vraiment. Seika avait visé juste : la fille la plus calme et peut être la plus forte de sa promotion avait dans son cœur son camarade Gekido. Elle passa à table sans même avoir besoin d’être forcée, car elle en avait gros sur le cœur et avait besoin d’en parler à quelqu’un. Et s’il y avait bien quelque chose que la Kunoichi était capable de faire en cet instant, c’était de rester près d’elle et de l’écouter.

[Shizuka] - Je… Vous êtes perspicaces Shijima’san. Tout le monde croit qu’on se déteste cordialement tous les deux… Ce n’est pas la première fois qu’on se bat, mais c’était la première fois en classe… Je… L’ai toujours apprécié. Parce qu’il est franc, et honnête… Mais il n’est pas toujours facile à vivre. Quand il est calme il est vraiment gentil vous savez ? Mais… Il me provoque toujours, parce que je suis la meilleur de la classe, et moi je ne veux pas paraitre faible alors je me défends… Et souvent je gagne…

[Seika] - Souvent ?

[Shizuka] - … Toujours.


Ca elle l’aurait parié ! En effet ce garçon devait avoir du ressentiment envers elle, mais que pouvait-elle y faire ? On ne sacrifie pas toute sa personne par amour pour quelqu’un, surtout quand cette personne n’est pas forcément des plus charmantes avec nous. Seika n’était pas faite pour aimer, c’était la conclusion qu’elle avait tiré pour le moment de ses expériences passées. L’histoire de l’étudiante, n’était finalement que quelque chose de très confus dans sa tête, avec peu d’explications à donner et de sens à trouver pour quelqu’un qui ne ressentait plus ces choses. Enfin, qui ne ressentait plus, plutôt qui ne voulait plus les ressentir à présent. Et c’était plus facile qu’il n’y paraissait sur le long terme. Et si en cet instant elle était à nouveau normale avec cette jeune fille, c’était surement parce qu’elle lui rappelait de bons souvenirs derrière les horreurs qu’elle avait vécu. Tous ces souvenirs n’étaient pas morts avec la mort ou la disparition de sa vie des personnes avec qui elle les avait partagés : juste obstrués.

[Seika] - Je ne sais pas quoi te dire Shizuka’chan, si ce n’est que les choses ne s’arrangeront peut être jamais, si vous restez sur cette lancée… Je ne connais pas Gekido’kun mais pour ce que j’en ai vu et entendu dans la classe tout à l’heure il ne semble pas toujours prêt à écouter. Ces personnes sont les plus difficiles à raisonner, ou tout simplement à approcher…

La jeune fille détourna le regard une nouvelle fois, se contentant de rester accrocher au grillage comme la Chuunin. Cette discussion n’allait les mener nulle part : Shijima n’était pas faite pour être psychologue, ni même pour réconforter les gens par ses paroles. Mais ses actes pouvaient l’y aider. Comme elle avait aidé Xang… Exemple stupide en fait. Seika serra les dents et ses phalanges blanchis sur la grille se crispèrent. Heureusement elle se reprit et se calma avant que l’étudiante ne remarque son énervement croissant. Comme si elle avait lu en elle, elle tourna de nouveau son visage vers elle avec un sourire. Un petit, mais un sourire tout de même.

[Shizuka] - Vous avez raison, c’est moi qui suis la plus forte, c’est à moi de lui faire comprendre. Merci, Shijima’san.

[Seika] - De rien jeune fille, retournons en cours à présent…


Elle n’était pas bien sur d’avoir compris par quel résonnement la demoiselle en était arrivée à cette conclusion tirée des paroles de sa Sempai, mais apparemment elle semblait avoir retrouvé une volonté renouvelé d’affronter le regard de Gekido et de lui faire comprendre ce qu’elle ressentait pour lui. Comme la femme à la chevelure d’ébène ne croyait guère à toutes ces histoires sur l’amour, l’âme sœur, et tout ce baratin, elle voyait déjà d’ici la scène… Cependant l’adolescente l’avait prise au dépourvu une première fois déjà, qui sait si ça n’allait pas recommencer. Seika suivit donc la gamine par l’échelle et descendit après elle, en refermant la trappe avant de descendre. Lorsqu’elles furent toutes les deux en bas, Seika remarqua en ouvrant la porte donnant sur le couloir que la lumière éclairait une rougeur anormale sur les joues de Shizuka. Mais cette dernière ne semblait pas avoir de fièvre… Aussi Seika se remémora-t-elle une pensée qu’elle avait eut à l’allée : sa jupe. La Kunoichi se mit à rire et fit un clin d’œil à la gamine avant de lui faire signe de sortir de là qu’elles aillent enfin en cours, elle pour étudier, Seika pour assister son professeur. En approchant de la salle ils entendirent de grands éclats de voix qui ressemblaient à ceux d’Hoshi. Ce dernier devait encore être embarqué dans une histoire folle sur ses aventures.

Mais cela fit sourire la jeune femme, qui finalement, trouvait que le plus dur de la journée était passé. Le reste, ce n’était qu’une affaire d’endurance rien de plus. La Kunoichi posa une main réconfortante sur l’épaule de l’étudiante qui semblait avoir reprit contenance, et était à nouveau prête à affronter l’univers difficile et complexe d’une salle de classe… Ce que Seika n’avait jamais réussi à faire, pour sa part. Elle jeta un coup d’œil à l’horloge du couloir : fin des cours dans deux heures. La jeune femme poussa la porte… Allez ma grande, du courage ! Il ne s’agissait là que du premier pas vers une reprise d’activité constante, il ne fallait pas lâcher le morceau ! C’est cette volonté de ne pas lâcher l’affaire, qui lui permit de tenir ce jour là. Bien évidement en rentrant chez elle dans son appartement de l’Asakura, ce fût pour s’allonger et dormir directement : une mission avec Hoshi ça valait au moins trois missions dans les montagnes pour aller chercher des plantes…
Fin

MessageSujet: Re: [Mission D] Démonstration, Evolution, Néant   Lun 29 Mar - 12:15



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