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 Qui sait ?

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MessageSujet: Qui sait ?   Ven 26 Mar - 1:18

Le petit parchemin glissait et tournoyait entre les doigts habiles de son propriétaire. Il jouait avec, l’observant attentivement de ses yeux rouges sang, assis sur la roche, le village de Konoha à ses pieds. Il leva un instant la tête vers la forêt, délestant de son regard le fin papier. La canopée était orangée, baignant dans les timides rayons levants de l’astre du jour. Il était si tôt que la fraîcheur de la nuit n’avait pas encore tout à fait disparu, laissant les riverains matinaux frissonnant, emmitouflés dans une couette bien chaude ou se rendant sur leurs lieux de travail. Le jeune ninja, lui, ne craignait pas le froid. Il n’était d’ailleurs vêtu que d’une légère tunique de couleur sombre, à peine plus épaisse que la feuille qu’il tenait à la main. Il se retourna pour regarder sa tente, arrachée de ses fondations. Le vent avait soufflé cette nuit. C’était pour cela qu’il s’était levé si tôt. La toile s’était presque envolée et il avait bataillé avec les éléments pour qu’elle ne lui échappe pas et qu’il ne perde pas son toit. Il bailla longuement, et ses yeux revinrent sur le message. Il l’ouvrit, pour le relire, encore une fois.

Ca fait déjà quelques semaines que je l’ai reçu, et je n’y ai toujours pas répondu... Que vont-ils en penser ?...

Son père lui avait cette lettre très impersonnelle, pour lui signaler que quelque chose était arrivée au sein du clan. Sans préciser ce qu’il en était, toutefois. Peut-être de peur que le message n’arrive pas à destination, et tombe entre de mauvaises mains. Il s’imaginait aussi, au ton de ses mots, qu’Akizuchi quitterait Konoha pour revenir à Iwa et prendre connaissance de la situation. Le jeune aspirant éclata d’un rire sonore qui se répercuta sur les falaises. Comment pourrait-il le faire de toute façon ? Il ne comptait pas déserter. Ce serait stupide, d’une parce qu’il était beaucoup trop faible pour ça, de deux, parce que ça ne servait en rien sa quête de force. Il ne reviendrait dans son clan que quand il aurait obtenu la force nécessaire pour le redresser et le libérer. C’était une décision qu’il avait prise de lui-même, sous l’impulsion d’une jeune femme qui ne quittait pas son coeur, et il n’en avait parlé qu’à elle. Il eut un petit sourire, ses yeux s’adoucirent, et le visage d’Ine apparut en son esprit maintenant apaisé. Pendant un court instant, il se demanda ce qu’elle pouvait être en train de faire, en ce moment même. Puis, sachant pertinemment que la réponse ne tomberait pas du ciel, il laissa tomber, se relevant prestement et avec fluidité.

Il écrasa le message entre ses doigts, refermant le poing, et déposa le tout dans la tente. Puis, il s’agenouilla, cherchant une feuille vierge et un crayon. Il allait répondre, en espérant que ses destinataires reçoivent le message et y répondent à leur tour pour lui expliquer ce dont il était question.

Il trouva enfin de quoi écrire, et retourna s’asseoir sur les flancs des rochers. Le soleil était maintenant haut dans le ciel, mais une ombre passa sur le garçon, tandis qu’il s’attelait à trouver les mots. Il posa une de ses mains sur son front pour se protéger de la lumière, et leva les yeux. Un grondement perça le silence de la matinée, et le sol sembla trembler doucement. La nature s’ébranlait. Akizuchi fronça les sourcils. L’orage menaçait. Et étant donné l’état sombre du ciel, la tempête qui l’accompagnerait promettait d’être terrible. Il fallait qu’il se dépêche, sinon le messager volant ne pourrait pas partir.

Il baissa les yeux sur la feuille. Et nota finalement :

Père,

Vous me parliez d’une situation grave ? Qu’elle est-elle ? Le clan est-il en danger ? Vous pouvez parler sans risque, je doute que le village s’intéresse aux problèmes d’une famille perdue dans les forêts du pays de la terre. Et puis, en tous les cas, que voudriez-vous qu’il arrive si le message venait à se perdre ? Tout le monde nous a oublié...

J’ai cru comprendre que vous me demandiez de revenir pour voir de mes propres yeux, mais c’est impossible. J’ai des obligations en tant qu’aspirant ninja du village de Konoha, et je n’ai pas le droit de le quitter sous peine de déserter et donc de mourir. Je reviendrai vers vous lorsque j’estimerai que le temps sera venu.

Je n’en ai pas encore la force, même si j’en ai la volonté. La prochaine fois que nous nous verrons, père, soyez sûr qu’une discussion s’imposera. J’ai pris des décisions nous concernant, et je crois que cela bouleversera entièrement la façon de vivre du clan Hayasa...
J’ai aussi beaucoup de chose à vous dire, au-delà de ces problèmes. Je me suis rappelé des souvenirs du village d’Iwa, lorsque vous m’y emmeniez étant enfant... Et j’ai rencontré la mère de cette petite fille, celle que j’ai tué... J’ai pu expier mon péché, et j’ai aidé cette dame à trouver la paix... Je crois qu’elle ne m’a pas pardonné... Et je ne me suis pas pardonné non plus. Mais à présent, je sais au nom de quoi me battre. Tous ces événements ne doivent pas rester sans conséquences...

Pour finir, j’espère que vous vous portez bien.

Akizuchi.


Il la relut une fois, deux fois, jusqu’à ce qu’il décide que c’était suffisant. Il avait ressenti le besoin de confier quelques secrets à son père, mais après tout, s’il ne pouvait le faire à quelqu’un de son sang, à qui le pourrait-il ?

Il siffla, et après un instant, un faucon vint de poser à ses côtés. Il passa le message enroulé autour de sa patte, et ganta sa main de cuir, avant de la lever pour que l’oiseau s’y pose. Il caressa lentement son plumage, puis donna une impulsion. Le rapace s’envola, en direction du pays de la terre. Et une goutte tomba sur le visage du jeune ninja. Il ferma les yeux, appréciant la fraîcheur de l’eau sur sa peau nue. Il inspira longuement, il aimait le parfum de la pluie et la senteur de l’orage. Le soleil avait disparu, et les nuages recouvraient tout le ciel à présent.

Au sein de ce dernier, un grand oiseau de proie battait des ailes pour se sortir de la tourmente. Il luttait, ses forces mobilisés pour battre les éléments et la nature qui lui avait donné la vie. L’eau frappait ses plumes, les rendant lourdes et difficilement contrôlables. Sans s’en rendre compte, il dévia de sa trajectoire initiale, jusqu’à presque repartir dans le sens inverse. Et le vent le poussait à présent, alors il se laissa faire, ne pouvant combattre plus contre la force irréelle qui l’empêchait de mener à bien sa mission.
Après plusieurs heures, à bout et agonisant presque, l’oiseau parvint à s’extirper de la tempête. Il baissa la tête, descendant lentement vers le sol sans pouvoir rien y faire. L’eau appuyait sur ses ailes. Et il lui sembla qu’il allait mourir ici, au-dessus de ce groupement d’île.

Il essaya de fournir un effort supplémentaire, mais rien n’y fit. Il cessa de se battre. Ses ailes s’arrêtèrent. Et il chuta, droit en piquet. En direction du sol, en direction d’un village, en direction d’une belle jeune fille aux cheveux flamboyants... Ne voulant pas la percuter, il réussit à dévier son plongeon, mais ne put éviter le choc avec la terre...


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MessageSujet: Re: Qui sait ?   Dim 28 Mar - 5:10

Aujourd'hui est un jour ... nouveau. Un jour différent. Un jour pas comme les autres, en fait.
Non je plaisante. C'est encore une journée pluvieuse, grise et désagréable à souhait, comme toutes celles qui l'ont précédées depuis un moment.
Un sourire s'étira sur mon visage, venant contredire allégrement le cynisme de mes pensées. Il est toujours heureux jour celui où Sœur Pluie vient nous rendre visite ... Je retirais une mèche de cheveux trempée de devant les yeux, qui menaçait de se caler insidieusement dans ma bouche, pour me faire apprécier son goût.
Peut être devrais-je penser à les couper ... Mais voilà que l'idée fusait dans mon esprit, que je la rejetais violemment.
J'y tiens, et pas qu'un peu, à ma tignasse flamboyante. "Une chevelure touchée par l'Unique", ainsi la qualifiait, Sanzo.
Bref ... Tout ça pour dire que j'y tiens, et que le premier qui approche sa paire de ciseaux risquent de perdre quelque chose de précieux.
Le sourire s'élargit, alors que j'écartais une autre mèche, qui elle brouillait ma vision.
Je me sens bien, là. Et pourtant, quelque chose m'étreint, là, au niveau du cœur. Une sensation de manque, un sentiment de vide. Un truc qui nuit à mon "bonheur", que j'essaye de me construire. Et pour, un quelque chose que je me sais devoir vivre avec pour toujours.
Je ne comprendrais jamais, les gens qui essayent de nous rassurer, avec des paroles creuses au possibles ...
Et encore moins, ces mêmes personnes qui avancent pour fond, le "Tu finiras par oublier."
C'est ... sot. L'on n'oublie pas, jamais, non ... L'on vit avec. Cela fait partie de nous, à jamais.
On vit avec, oui ... Et on le relègue dans une part reculée, poussiéreuse, de notre âme. Nous n'avons pas de temps à perdre en lamentations.
Il y a tellement de choses qui en valent la peine ... Comme ...
Je tournais la tête, un son infime attirant mon regard, neutre.
Comme cet oiseau, là. Cet oiseau qui va s'écraser sur moi, en fait, là, tout de suite ...
Un moment ...Cette partie du monologue s'adresse-t-elle réellement à moi ?
Mes yeux s'écarquillèrent de terreur, alors que je revenais brutalement à la réalité. Oiseau. Moi. Rapide. Trop. Près. Trop.
Une seconde, même pas. J'envisageais ma mort. Tuée par ... l'aile d'un oiseau. J'ai toujours envisagée la mort avec sérénité. En soi, je suis même certaine que ce doit être une expérience intéressante .... Après tout, une mort, dans une arène, face à un fauve enragé, n'est-ce donc digne d'une balade ? Par contre, mourir écrasée sous la roue d'un chariot, ça, comme expérience, je suis sûre qu'il y a mieux.
Remarque, j'ai aussi la certitude que, mourir sous le choc d'un météore ailé, n'est pas la mort la plus intéressante, romantique, héroïque qu'il soit.
Je ne veux pas mourir, pas comme ça. Mes bras se levèrent, en bouclier, alors que je fermais les yeux, dans un moment de lâcheté.
Ma dernière pensée : Au moins, ce serait une mort silencieuse.

Ou pas. Oui, "Ou pas".
Celle-ci aurait été ma dernière pensée, plutôt ... Ou le fait de penser que "Ou pas" était ma dernière pensée ...
Tout ça pour dire, que ma dernière pensée n'est pas encore arrivée. Je suis là, dans la même position qu'il y a quelques secondes.
Je suis effrayée. Je suis heureuse. Je suis honteuse. Et ce contraste de sentiments s'exprime à travers un rire nerveux, à la limite de l'hystérique.
Shinobi, et pourtant j'ai été incapable d'utiliser mes compétences. J'ai réagis comme une civile. J'aurais dû mourir, et pourtant, je dresse ce froid constat, là : Je ne suis pas morte.
Mais peut-on en dire autant, de mon "agresseur" ?
Inerte, les ailes en croix ... Le verdict est clair. Et peut être que je devrais m'en tenir là, et continuer ma route vers la résidence.
J'écartais une mèche de cheveux de devant mon visage, avec irritation, alors que ma vue ne pouvait se détacher du cadavre ailée, avec une certaine fascination morbide, dira-t-on ... C'est rare, les oiseaux qui s'écrasent comme ça. Et encore plus qui s'écrasent sur moi. C'est même le premier, en fait.
Mille fois sotte que je suis ... Je me maudissais pour la platitude de mes réflexions, mais j'en avais besoin. J'ai ce besoin maladif d'oublier que ma vie a défilé devant mes yeux, une seconde avant le heurt violent du sol de cet oiseau. Enfin, façon de parler, je me comprend ... Je n'ai à aucun moment vu ma vie défiler devant moi, aucun souvenir n'est revenu à la surface, même.
J'ai juste vu le néant, quand mes yeux se sont fermés. Peut-être est-ce ça, la mort. Un néant éternel, les ténèbres insondables. Une perspective qui n'a rien de réjouissant.
Je grimaçais, crachais, et écartais avec plus de brutalité une autre mèche de cheveux, que le vent et sœur Pluie ont poussé devant mes yeux, et dont l'extrémité s'est glissée entre mes lèvres.
Arrête de penser à ça, Uzu' ...
Je secouais doucement la tête, pour remettre en place mes idées. Je reportais mon attention sur le rapace à terre, un haut-le-cœur m'animant.
Mort, l'idée s'imposait d'elle même. Mais je devais m'en approcher, le ... toucher. Je dois en avoir le cœur net ...

Dame Jour laisse place à Soeur Crépuscule, et entraîne avec elle sa douce et incandescente lumière pour que Dame Nuit reprenne ses droits.
Et moi, je suis toujours là, devant mon bureau, avec ce morceau de papier ... Ce même morceau de papier, qui était accroché à la patte de celui qui avait failli me tuer. Et depuis que j'étais rentrée à la résidence, je lisais et relisais les quelques lignes écrites, encore et encore ...
Et une chose est sure, ça ne m'est pas destinée.
Récapitulons, donc ... L'expéditeur de la lettre est Aspirant de Konoha, et il appartiendrait au clan Hayasa. La lettre était destinée à son père, qui logerait, lui et le reste de son clan, dans les forêts du pays de la Terre. Le sujet traite d'une situation grave, indéterminée, et de l'impossibilité de l'expéditeur à prendre part à l'évènement en question, dans l'immédiat.
La forme et le fond est analysée ... Maintenant, démêlons le vrai du faux.
Je lisais de nouveau les lignes, puis j'essayais de lire entre les lignes.
Une lettre qu'on ne peut pas qualifier de banale, oui ... Mais c'est une lettre que n'importe qui aurait pu écrire, sans pour autant avoir d'arrière-pensée, enfin, je crois. A part à un détail près ...
Le pays de la terre se retrouve à l'extrême opposé du pays de l'eau ... Et j'ai passé l'âge de croire dans le hasard. Tout n'est que fatalité.
Je passais mes mains sur mon visage, étouffant un bâillement, sous la lumière de ma bougie.
Il cherche un manipulateur du Suiton ... le pourquoi de Kiri.
Son identité, son grade, son village ... Non, il doit bien venir de Konoha, sinon comment espérerait-il une réponse ? Bref, je ne suis sûre de rien à son sujet ... Hayasa ...
Le nom du clan résonnait dans mon esprit. Hayasa, un clan qui n'était pas répertorié dans les bibliothèques ...
L'auteur du message tient à rester dans un certain anonymat.
Plusieurs passages restèrent accrochés, après une énième lecture ... Le premier paragraphe, en enlevant tout le détail et le superflu ... Il installe le cadre, "Une situation grave" ... Il cherche à attiser la curiosité du lecteur.
Le second paragraphe puis le début du troisième introduisent ses intentions ... Il ne peut s'y rendre seul, et cherche un quelqu'un pouvant faire face à la "situation grave", un quelqu'un qui l'escorterait.
Je m'appuyais contre le dossier de ma chaise, perplexe. Le pays de la terre est connu pour être désert, depuis le grand cataclysme d'Iwa ... Alors, pourquoi ... pourquoi cherche-t-il à s'y rendre ..?
Qu'est ce qui vaut la peine de se rendre parmi des ruines fumantes, hantées par les espoirs en lambeau de centaines de morts ..?
Un quelque chose qui en vaut la peine ... Un quelque chose qui pourrait m'intéresser ...
Mais un quelque chose de dangereux.
Un assassin ... C'est ce que je lisais, dans le dernier paragraphe. Ce "Hayasa" est un individu dangereux, il le sous-entend habilement.
Subtil et dangereux ...
Je me massais les tempes, yeux clos. Un shinobi, ou un nuke-nin, assassin spécialisé. On ne laisse rien au détail, non ... Si il a précisé que c'était une petite fille, qu'il avait assassiné, c'est dans le but d'avancer l'allégorie de la pureté, de l'innocence ... Il n'hésitera pas, il écartera tout ce qui le gênera.
M'associer à un tel individu ... Ca me met mal à l'aise. Qu'en penserais Lean ?
... Je ne sais pas. Et il ne pourrait pas me le dire, dans l'immédiat ... il vaquait à ses occupations de Juunin.
Je soupirais, me trouvant dans une impasse créée de toute pièce par moi-même. Je suis attirée par ce qu'il sous-entend ...
Un Pays soit disant abandonné, une situation soit disant grave ... Mais d'un autre coté, la nature de l'expéditeur refroidit mes ardeurs.
Ha ha, refroidir un glaçon ... Il fallait le faire. Je souriais, lasse, à ma propre plaisanterie.
Lui répondre, oui ... Ou, plus simplement ... Oublier.
Je froissais la lettre dans la paume de ma main, fixant la bougie.


- Hey Zuzu' !


Je me retournais, affichant mon sourire habituel, c'est à dire, celui en coin, un oiseau noir et de grande envergure installé sur mon bras, me regardant fixement, alors que j'accrochais distraitement une missive à sa patte.

- Coucou Sanzo ... Ciel magnifique, tu trouves pas ?

- Je trouve aussi, on dira que ... c'est pour ça, que je m'étonne un peu de te voir avec "ça", perché sur toi.

Le corbeau croissa, comme pour affirmer son mécontentement. Je riais doucement, amusée, alors que j'assurais le maintien du message.

- Bah, tu sais ... Les corbeaux sont des animaux très intelligents ... Ils savent se défendre contre les oiseaux de proies, et sont plus endurants que ceux-ci ... Si ils ont si mauvaise réputation, c'est juste à cause de leur trop grand intérêt pour les ... ahem, voilà ...


Sanzo fronça les sourcils, alors que je continuais de lui sourire, affable.


- Ca ne répond pas à ma question, Zuzu ... Pourquoi ne prends tu pas Kurenai ?

Je levais le regard vers le concerné, un petit regard désolé en sa direction. Kurenai, un petit faucon pélerin d'un rouge vif, installé dans les hauteurs de la volière, semblait me jetait un regard accusateur.
Je tripotais nerveusement ma chemise, cherchant mes mots, la façon de le dire, cherchant à anticiper sa réaction ...
Comment me verra-t-il, après ça ..?


- J'ai recueilli Kurenai il y a quelques mois ... Il était abandonné, une aile cassée, dans les rues du village .... Ce n'était qu'une question de temps, avant qu'un chat, un chien, ou n'importe quoi d'autre vienne et achève son existence ... Pourtant, je suis arrivée avant. Je l'ai ramené, je l'ai soigné, j'ai pris soin de lui ... Et les jours passant, il s'est rétabli. Quand j'allais à la volière, il voletait autour de moi, j'étais la seule qu'il autorisait à caresser ... Il me reconnaissait comme sa maîtresse ... Mais, il n'ose pas aller plus loin. Il ne veut dépasser les cimes des arbres, il ne veut aller plus loin que la bordure du village ... Sanzo, j'ai fait confiance toute ma vie à des choses familières, et je n'ai pas avancé ... Peut être qu'il est temps que je change, peut être qu'il est temps que je prenne mon envol ... Sur des ailes noires.

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MessageSujet: Re: Qui sait ?   Lun 29 Mar - 3:56

Le Noir. Persistant, lourd, obscur. Une noir qui l’entourait entièrement. Il leva une main devant son visage. Invisible. Son coeur s’accéléra soudainement. Il recula d’un pas, mais ne ressentit pas son pied se poser. Pourtant, il n’avait pas l’impression de tomber. Il hurla, paniqué tout à coup. Mais même le son de sa propre voix ne parvint pas à ses oreilles. Il enserra sa tête entre ses doigts, sans même être sûr de le faire vraiment. Il était aveugle, sourd, muet... Paralysé, en un mot. Il n’avait même pas conscience de respirer, et pourtant il réussissait à penser, ce qui prouvait bien qu’il n’était pas mort. À moins que ce ne soit ça, la mort ? L’inconscience physique mais la conscience de l’esprit qui survivait à la mort du corps... C’était effrayant. L’esprit était-il immortel ? En ce cas, quand est-ce qu’il pourrait enfin se reposer ? Il était si fatigué. Fatigué de penser... Fatigué de réfléchir. C’était peut-être pire que la fatigue physique. Pire que la faim, la soif, la douleur. Tout cela, il ne le ressentait plus. Horreur patente, terreur qu’il ne pouvait exprimer ni par la voix, ni par le corps. Il avait la sensation que son cerveau envoyait les informations nécessaires à ses réactions physiques à un corps inexistant. Et, intérieurement, il était en proie à la confusion la plus totale. Panique totale. Il voulait pleurer ! Il voulait hurler ! Mais rien ne se passait. Au contraire, le noir semblait encore se refermer sur lui, toujours plus, l’emprisonnant dans une prison irréelle. Ou peut-être l’était-elle trop...

Puis, soudain, un chatouillis le réveilla. Qu’était-ce ? Quelque chose coulait sur son visage. Une goutte ? De la sueur ? L’expression de sa peur ? Il retrouvait ses sens. Un miracle, assurément. Il eut le réflexe de hurler “ OUI ! “, et faillit éclater de rire lorsqu’il entendit le son de sa voix à nouveau. Mais le noir était toujours là. Il se retourna, plissant les paupières pour tenter de discerner quelque chose. Puis, il recula d’un pas. Deux yeux le fixaient à travers le rideau d’obscurité. Deux yeux, flamboyants, rouges comme la braise. Deux yeux qu’ils semblaient reconnaître. Les yeux du Démon. Les yeux maudits des Hayasa. Il fit un nouveau pas en arrière. Non, ce n’était pas ces yeux. Comment pouvait-il se regarder ? Il n’y avait aucune lumière... Qui était-ce ?
Soudain, la paire de rubis se détourna de lui, et se mit à fixer un point, à droite. Akizuchi tourna la tête. Un rai blanc illumina la scène l’espace d’une seconde. Puis, il se rétracta, désignant à présent uniquement le sol, un peu plus loin. En se rapprochant, il distingua une silhouette allongée dans le rayon de lumière. Une voix fusa dans son esprit.

“- A-Akizuchi...

Une voix qu’il aurait reconnu entre mille. La voix de son père. Il tiqua, observant le corps à terre. Ce dernier leva une tête ensanglantée, et il n’y eu aucun doute possible. C’était les traits de son géniteur. Cela faisait longtemps qu’il ne l’avait pas vu, mais il ne pouvait pas l’oublier. L’homme, agonisant, avait du mal à respirer, et il leva une main qu’il tendit vers son fils.

“- A-Aide-moi... Je... Je vais m-mourir...

Le jeune ninja se précipita, le coeur serré, battant à tout rompre dans sa poitrine. Sa volonté vacillait, à voir l’homme qu’il aimait le plus au monde craquer et pleurer des larmes de sang. Puis, soudain, il s’écroula à terre, à quelques mètres du torturé. Il se retourna, pour se rendre compte que son pied venait de s’enfoncer dans le sable. Du sable ? Que venait faire du sable ici ?
Il ne put pas vraiment réfléchir plus longtemps à la question. Le sol sur lequel il se trouvait mollissait à vue d’oeil, et ses mains furent aspirées à leur tour à l’intérieur des fins grains orangés. Et son père continuait à l’appeler. Et il ne pouvait bouger. Impossible d’aller l’aider. Son corps presque entier fut bientôt immergé. Sa tête tenait encore à la surface, mais ça ne durerait pas. Il avait d’ailleurs oublié son père. Ses cris résonnaient toujours mais Akizuchi ne les entendait plus. Il n’était concentré que sur sa mort prochaine. Mourir aussi bêtement... Il ne l’aurait jamais imaginé. Mais comment pouvait-il mourir ? Il avait encore tellement à accomplir... Son clan, son père, ses buts, Ine... Il ne ferait rien de tout ça, il ne la reverrait pas. Une larme coula sur son oeil. Et il hurla, s’enfonçant toujours lentement. Il hurla. À la mort. Sans pouvoir s’arrêter, sans pouvoir contrôler sa panique. Tout allait disparaître. Les veines de son front ressortirent soudain. Il criait tellement qu’il ne sentit pas son menton submergé par le sable. Puis, le son fut coupé, brutalement. Les grains venaient de remplir sa bouche. Puis, son nez, ses yeux, et lui, tout entier. Il se débattait, mais rien n’y fit. Il allait mourir. Ici, seul. C’est peut-être ça, qui lui faisait le plus peur. Mourir seul. Il ne pouvait plus respirer. Il avalait le sable. Il cessa de se débattre. Ses poumons s’emplirent, mais ce n’est pas l’air, qu’ils contenaient à présent. La douleur succéda à tout le reste... Et un croassement de corbeau se fit entendre...

Il ouvrit les yeux. Il se redressa sur sa couche, prenant une grande inspiration. Il avait mal à la poitrine, à la tête, et il se mit à respirer frénétiquement, sortant difficilement du sommeil, sortant difficilement du cauchemar. Il passa une main sur son front, puis la regarda, trempée de sueur. Il s’appliqua à se calmer, lui et son coeur, pour reprendre ses esprits. Il essaya de soupirer, mais il eut du mal. Il se laissa retomber sur l’oreiller, posant le bras sur ses yeux, tentant d’oublier le cauchemar. Qu’est-ce que ça avait été ? Il n’avait jamais été persuadé que les rêves influaient sur la vie, sur le passé ou l’avenir, mais il devait reconnaître que tout cela était étrange. Un avertissement ? Il avait eu des expériences similaires depuis sa crise, et le Shukuchi avait déjà eu un effet similaire sur son corps, lorsqu’il s’était réveillé avec une douleur au coeur. Peut-être que la malédiction qu’il portait lui sommait de faire attention ? Ou peut-être cela voulait-il dire que la technique héréditaire des Hayasa allait bientôt se réveiller en lui ?

Il soupira, cette fois correctement, avant d’entendre de nouveau le cri d’oiseau qui l’avait tiré du cauchemar. Il haussa un sourcil, puis s’extirpa hors de sa tente. La tempête n’avait pas duré très longtemps, et il pensa un instant au faucon qu’il avait envoyé porter son message. Sn regard fut attiré par le soleil, puis l’oiseau cria de nouveau et le fit sursauter. Il était posé sur sa tente, et, après un examen rapide, il s’avéra qu’il portait un parchemin à la patte. Akizuchi resta dubitatif une seconde. Depuis quand les Hayasa utilisaient-ils des corbeaux pour porter leurs missives ?...

Il tendit la main vers le volatile, et détacha le papier. Il le déroula rapidement, et en parcourant les lignes, son étonnement grandit au fut et à mesure qu’il descendait vers la signature.

Il s’assit sur le sol, observant sans cesse l’étrange réponse. Il fronça les sourcils. Est-ce que quelqu’un tentait de le piéger ? Son faucon aurait-il vraiment pu se rendre à Kiri à cause de la tempête, ou est-ce que quelqu’un d’autre avait intercepté le message et tentait de lui soutirer des informations sur son clan ?... Kiri... Une femme. Aimable, mais c’était sûrement dû à l’inconnu et à la teneur écrite du message. Elle ne devait sûrement pas s’exprimer de cette manière en réalité. “Sayuri”...

Sa-yu-ri. C’est un nom magnifique... Astre Noir... Qu’était-ce donc que ça ?... Étrange... Elle a l’air très curieuse, mais si elle a lu mon message, il y a de quoi se poser des questions... Et si elle est vraiment de Kiri, c’est normal qu’elle soit étonnée par tout ça... Tout le monde a oublié les Hayasa. Bon... Décision prise. De toute façon, le clan est à même de se défendre contre n’importe quel ennemi. Ou presque, mais je prends la responsabilité.

Il rit doucement, et s’attela à la réponse à la lettre. Lorsqu’il eut fini, il siffla le corbeau, attacha le message à sa patte, et le laissa s’envoler en direction de sa maîtresse...

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MessageSujet: Re: Qui sait ?   Jeu 1 Avr - 4:01

Blanc et Noir. Tout et un. Un et rien. Rien et rien.
C'est cette impression qui m'assaille, encore et encore, alors que je m'allonge sur mon même pas lit, lorsque le sommeil me prend.
C'est cette même impression, qui me harcèle, lorsque je regarde le plafond, que je repense à ma journée, que je clos les yeux.
Et celle-ci même qui subsiste, alors qu'un jour nouveau se lève, et que la lumière chatoyante m'oblige à ouvrir les paupières ...
Je n'ai pas rêvé, cette nuit. Comme celui d'hier, et celle d'avant-hier ... Et celle de tous les jours, avant.
Je ne rêve pas, aussi loin que mes souvenirs me portent. Rien ne vient troubler mon sommeil, ni songes, ni cauchemars. Mes nuits sont calmes et limpides, comme la surface lisse d'un océan.
Je ne rêve pas, c'est un fait. Et quand j'entends les autres, parfois, m'en parler, je trouve ça bizarre. Pas de la jalousie, nan ... Je m'interroge, c'est tout, et je me demande à quel point c'est normal, que moi, je ne rêve pas comme eux.
Je me gratte la tête, lentement, la lumière diaphane du jour illuminant faiblement ma chambre. Une flemme énorme m'envahit, comme tous les matins, au réveil. Et en parlant de réveils, le mien, à la sonnerie stridente, me donne une envie violente mais réprimée de l'exploser contre le mur.
'Faut dire que j'ai encore plus la flemme d'en racheter un, en cas d'accident inopiné provoqué délibérément.
Ma main recherche à tâtons le réveil, un moment durant, avant de se refermer sur l'irritable objet, et de l'éteindre finalement, me faisant exhaler un soupir de bien être.
Qu'est ce que c'est bien, quand ça s'arrête ...
Un nouveau soupir rejoignait le premier, je me retournais dans le lit, fuyant la lumière. Mais rien à faire, elle était là, accablante, triomphante, se riant de moi comme Sansa au petit déj', alors qu'elle prend le dernier éclair au chocolat. D'une façon assez fourbe, donc, je précise.
Je me levais enfin, m'étirais, puis, vive, j'étais déjà au sol, et une seconde plus tard, j'avais rejoins la fenêtre, sur laquelle je m'accoudais.
Quand j'étais petite, je me souviens que j'essayais tout le temps, tout le temps de savoir à quel moment je m'endormais. Bien sûr, je n'y arrivais pas, à chaque fois que Morphée semblait valoir ses droits sur moi, je me réveillais aussitôt, aux aguets ... Jusqu'à ce qu'enfin, je m'endorme sans m'en rendre compte.
Là, c'était un peu pareil. Sauf que j'essaye de savoir à quel moment je me met à rêver, ou tout simplement savoir si je rêve.
Au moins, j'ai une réponse à l'une de mes deux interrogations ...

Ma lame resplendit à la lumière du soleil de midi, de son éclat morne et froid.
Une série d'estocades fendit l'air, alors que j'exécutais une série de mouvements offensifs, dans une garde détendue.
Je ne me défaisais de cette idée, de me sentir différente. Je soufflais un jet d'eau, lasse.
Je n'aime pas ça, non ...
Un cri familier retentit à mon oreille, je ne prenais même pas le temps de me retourner pour vérifier. Après tout, je savais ce que ça signifiait, non ?
Bruissement de plumes, une ombre noire s'installa sur mon épaule, la droite pas la gauche (c'est important de le préciser), et il portait un message à la patte. Comme je m'y attendais, en fait.
Et comme je m'y attendais, il avait faim, aussi. Et pas de grain pour le satisfaire, son appétit. Pas de cadavre non plus cela dit, mais remarque, j'ai pas tellement envie d'en avoir un à portée de main. L'odeur d'un maccabé, c'est pas ce qu'il y a de mieux pour se concentrer. Bref, tout ça pour dire que je me dirige vers la volière, lame "rengainée" (dans le rien), pour nourrir mon charmant oiseau de bon augure.
En chemin, je pris soin de détacher le message (fixé solidement), et d'en lire le contenu ... qui ne m'avance pas trop, en fait.
Ou plutôt qui m'en confirme un : Il ne me fait pas confiance.
Je ne trouve rien d'exploitable, mis à part un nombre affligeant de banalités ... Quoi que, il m'a donné la localisation. Un premier pas, oui ...
A moins que tout simplement, je me fasse des idées, que la tempête qu'il décrit ait vraiment dévié son faucon ... Mais si ce n'était le cas ?
Et ça l'était, je ne devais en douter. Son élocution ne laisse aucun doute planer à ce sujet.
Le troisième paragraphe ... Il faut être stupide, ou extrêmement naïf pour dévoiler une faiblesse ... Ou très brillant, au choix. Sous-entendus, subtilités, nuances ... Ce monde est si vaste, et je ne fais que l'appréhender.
Bref, je donnais du grain à mon messager ébène, que je parcours de nouveau les lignes. En parler au moins de monde possible, mouais ...
Si comme il le dit, son clan est si pommé que ça, quelle importance cela a-t-il que j'en parle autour de moi ?
Je suis sur la bonne voie, c'est une conviction inébranlable, je crois. Puis, un passage que j'avais survolé revenait à mes yeux. Je fronçais les sourcils.
Astre-Noir ... Une idée, un concept ... Un quelqu'un ... Une facette ... Moi, mais autrement, moi mais ... pouvant assouvir mes désirs inavouables.
Sombre comme cette partie de mon âme que je me fais violence à occulter, oui ...


~~~~

- Lean ..?

Mon visage était caché derrière un bouquin, que je feuilletais distraitement. J'étais même sûre d'avoir lu cette phrase au moins six fois, peut être plus, peut être moins, ça n'a pas tellement d'importance que ça.
Le concerné leva doucement son regard de sa calligraphie, un noble art tel qu'il en existe peu, "La fenêtre de l'âme" qu'il s'évertue à me dire, cette philosophie qu'il m'inculque à travers l'art de la gravure des sceaux ... Son visage affable se tourna enfin vers moi, je mettais à plat mon livre sur la table.


- Hmm ?

- Ca fait un moment ... Un très long moment en fait - depuis toujours même - ... Je ne rêve pas, ou je m'en souviens pas si c'est le cas. Certains sont tourmentés par des chimères incarnée dans de terrifiants cauchemars ... Moi j'aimerai partager cela, ne plus avoir de nuits mornes ...

Je laissais mes paroles faire leur effet, avant de continuer, la voix un peu tremblante.

- Suis-je anormale ?

Un sourire s'élargit sur son visage, alors qu'il se levait de son siège avec un flegme agaçant dans cette situation, contournait la table, jusqu'à se retrouver juste à coté de moi. Sa présence m'intimidait un peu, si proche. Son prunelles sombres se posèrent dans les miennes, son sourire en coin persistant, avant de pencher son visage vers le mien, et de chuchoter à mon oreille, sur un ton très sérieux.

- Tu l'es ... Anormale, dérangée, folle.

Sensation de douche froide, qui refroidit littéralement le glaçon que je suis, avant que sa voix résonne de nouveau, dans des intonations plus douces.

- Mais ... Tu veux que je te partage un secret ? Nous le sommes tous.

Il me serra dans ses bras, de façon paternelle. Je m'y blottissais, cherchant la chaleur qui irradie de son corps, sa présence sibylline pourtant si familière ... Si bien ...
Le contact se rompit bien trop tôt, mais un baiser sur le front m'arracha un sourire. Je ne devais pas douter, jamais.


- Va mon messager ...

Les ailes noires éclipsèrent l'espace d'un instant l'éclat agonisant du crépuscule.

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MessageSujet: Re: Qui sait ?   Ven 2 Avr - 5:13

“- Kyouki... Laisse-moi en paix, un peu.
- Attends, attends, n’est-ce pas toi qui me disait que tu en avais assez d’être seul ?
- Mais tais-toi donc...

Un long soupir se laissa entendre, puis il passa une main dans ses cheveux blancs, soudain accablé. La fatigue se lisait sur ses traits, au fond de ses yeux rouges. Il ne se retourna pas. Il marchait assez rapidement, essayant de distancer la personne qui semblait lui courir après. Mais il est difficile de semer une pile électrique, surtout quand celle-ci était complètement rechargée... Il se stoppa brutalement alors qu’elle le hélait de nouveau. Il baissa la tête, soupirant de nouveau. Elle lui rentra dans le dos, surprise par ce soudain arrêt.

“- Hey !

Il tourna la tête, puis le corps, pour lui faire face. Elle se tenait le front. Apparemment, elle marchait tête en avant, et avait frappé l’omoplate du shinobi. Il n’avait pas senti grand chose, mais son homologue féminin ne brillait pas par sa résistance et sa force physique. Elle esquissait une petite moue gênée, tortillant entre ses doigts une mèche de ses cheveux flamboyants. Toute petite, il la dépassait presque d’une trentaine de centimètres. Elle darda ses beaux yeux verts sur lui, une pointe d’énervement émergeant sur son visage fin.

“- Tu aurais pu faire attention, je me suis fais mal !
- Je t’avais dis de me laisser en paix, ne me reproche pas de m’être arrêté. Qu’est-ce qui te prends de me suivre d’aussi près ? De me suivre tout court, d’ailleurs !

Elle posa les mains sur ses hanches, bombant la poitrine, et arborant un air sûre d’elle, tout à coup.

“- Tu dis ça, mais je suis sûr que tu ne peux pas te passer de moi.

Elle avait un petit ton malicieux, un petit sourire accrochant ses lèvres, les pommettes creusées et le nez un peu retroussé. Très mignonne, au demeurant. Mais Akizuchi n’était pas dupe, elle avait toujours été séduisante, malgré sa relative hystérie. En tout cas, c’est l’impression qu’il en avait depuis qu’il l’avait rencontré, quelques jours plus tôt. Il se renfrogna.

“- Tu es fatiguante, Kyouki. Je ne t’ai rien demandé.

Elle s’approcha de lui, tendit le bras et posa l’index sur le bout du nez d’Akizuchi. Il recula violemment, agacé.

“- Quoi ? Mais dis-moi ce que tu me veux ?

Elle éclata d’un rire sonore.

“- T’embêter... Tu pars au quart de tour, c’est amusant...
- Tu sais que je suis habituellement vraiment très calme ? Akizuchi soupira et se massa les tempes une seconde. Je ne m’énerve presque jamais... Je ne m’énervais presque jamais, plutôt.
- ... Je te fais tant d’effets que ça ?

Il rougit brusquement. Il s’efforça de détourner les yeux de son beau visage, et reprit sa route. Bien entendu, elle lui emboîta le pas, marchant juste à côté de lui. Ils longèrent le magasin de fruits, et le marchand héla Akizuchi.

“- Hey, j’ai quelques framboises, si tu en veux ! Elles viennent d’arriver et elles sont délicieuses, comme d’habitude...
- Non... Pas aujourd’hui, merci... Il désigna la jeune femme d’un signe de tête. J’ai un parasite qui m’empêcherait de les apprécier.

Le marchand éclata de rire, puis le salua de la main.

“- Passe quand tu veux !

Il retourna à l’intérieur de son échoppe. Le trajet pour retourner chez lui se déroula sans un mot. La rousse avait décidé de se taire un moment, et il la remercia intérieurement pour ça. Ils montèrent tout deux jusqu’au sommet de la falaise des Hokage. Il se dirigea vers sa tente, entrant à l’intérieur pour chercher quelque chose à grignoter. Il n’avait rien mangé le midi précédent, et la faim lui tenaillait le ventre. Il trouva un morceau de pain qu’il porta à sa bouche, dégustant la croûte et la mie et appréciant la douceur de son goût. Puis, il fut interrompu par un appel de la jeune femme.

“- Aki, vas-tu enfin m’expliquer d’où te vient cette admiration pour les framboises ?

Il prit comme une douche froide. Le visage d’Ine s’imposa à son esprit, et il secoua la tête, ne voulant pas montrer encore ses faiblesses à Kyouki. Lors de leur rencontre, elle en avait appris beaucoup sur lui, et sur le coup, il lui en avait été reconnaissant, de pouvoir se confier à elle comme à une amie... Mais il le regrettait un peu, à présent. Il avait l’impression qu’elle le harcelait. Il soupira et s’extirpa hors de son abri. Il regarda la jeune femme, et hocha la tête négativement.

“- Ca ne te regarde pas.

Les yeux de la jeune femme se mirent à briller doucement. Mais le shinobi ne le remarqua pas. Il était en colère après elle, d’être là, de le harceler, et de lui rappeler des souvenirs qu’il n’avait pas forcément envie de se remémorer car le présent était douloureux. Il allait être encore plus cassant, lorsqu’un croassement se fit entendre. Sa fureur disparut d’un seul coup, tandis qu’il levait la tête vers le grand corbeau qui venait vers lui. Ce dernier se posa sur la tente, un message accroché à la patte. Akizuchi saisit le parchemin, sous le regard curieux et inquisiteur de Kyouki.

“- Qu’est-ce que c’est ?
- Tu n’en as pas assez de poser des questions sans arrêt ? Il ne l’avait même pas regardé en parlant, et elle insista.
- Une correspondance secrète avec une admiratrice lointaine, peut-être ?

Il laissa tomber le papier au sol, puis se retourna vers la jeune femme.

“- Kyouki, je te le redemande, laisse-moi en paix !

Il la saisit délicatement par les épaules, la retourna, et la poussa un peu dans le dos, sans être violent. Elle se retourna et revint près de lui.

“- Dis-moi !

Il soupira, et haussa un peu le ton.

“- Tu me fatigues, Kyouki ! Disparais, allez ! Je ne veux plus te voir pour le moment ! J’aimerai juste être seul !

Elle le jaugea du regard, essayant de voir s’il était sérieux. Puis, elle sembla se décomposer. Mais, comme précédemment, Akizuchi ne le remarqua pas. Il continua.

“- Oui, je suis sérieux. Allez, pars ! Je viendrai te voir, mais pour l’instant j’en ai assez !

Une seconde plus tard, et elle avait tourné les talons, déguerpissant en courant. Il sourit, soulagé, puis se pencha pour récupérer le message. Il parcourut les lignes rapidement, son sourire s’agrandissant doucement. Elle ne l’aurait pas comme ça, cette mystérieuse kiréenne... Certaines de ces phrases étaient bien trop théâtrales pour ne pas dissimuler des intentions cachées... Il s’assit devant son campement, saisissant un papier et un crayon. Et il s’attela à sa réponse.

Une petite demi-heure plus tard, il attacha la lettre à la patte du corbeau, et le regardant s’envoler vers le soleil. Étrange contraste... Le noir du malheur, qui rencontre l’astre maître du ciel...

Akizuchi avait été dur avec Kyouki. Il en avait conscience... Il lui faudrait aller la voir, pour s’excuser... Il avait perdu son sang froid, et c’était la première fois que cela lui arrivait vraiment. Il ne voulait pas la faire souffrir, après tout. C’était une jeune femme adorable, au demeurant, malgré sa curiosité insatiable et son énergie trop débordante pour lui. Il ne se le pardonnerait jamais, s’il lui avait fait mal. Il soupira, et alla s’asseoir au bord de la falaise, pour observer Konoha, et réfléchir à la situation.

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MessageSujet: Re: Qui sait ?   Dim 4 Avr - 5:51

Parfaitement droite, alors qu'un mètre tournait autour de moi, s'enroulait autour de ma taille, de ma ceinture, de mes bras, agaçant, prenait ses mesures, alors qu'une unique envie me pressait : Partir.
Et donc, la deuxième envie venait de paire : Que le supplice se finisse, vite de préférence. Je n'avais jamais aimé aller faire les magasins, avant, ce n'était pas maintenant que c'était prêt de changer. Mais Lean a insisté, et je n'ai pas pu refusée. Je ne peux pas lui refuser grand-chose, à vrai dire, et ça m'agace.
Il sait utiliser les mots et les nuances, malheureusement trop bien.
Je soupirais, enfin, pour la première fois. Je sentais les prochains arriver en masse.


- Trop maigre ... marmonna la couturière, alors qu'elle aussi soupirait.

Je tenais ma langue pour éviter une réplique cinglante qui risquerait de la mettre de mauvaise humeur.
On ne sait jamais, une aiguille qui traîne au mauvais endroit, et c'est le drame ... Bref, il fallait dire qu'elle avait le profil type de vieille dame vicieuse qui serait capable de faire ça, si si je vous assure !
Je remuais faiblement mes jambes, pour les détendre ... Je ne tenais pas aux crampes, ou tout du moins pas encore. Surtout pas ici et pour ça, en fait ...
Je tournais le regard vers Lean, qui me regardait, son sourire en coin sur le visage. Je le fusillais du regard, de me faire subir cette torture, mais rien à faire, j'avais même l'impression qu'il me regardait narquois, maintenant. Il n'a pas tout à fait tort cela dit, mais ça manque de tact.


- Allez, j'ai tout ce qu'il faut petite, tu peux y aller ...

Petite, moui ... J'étais plus grande qu'elle, n'empêche. Je ne savais pas si je devais relever, dans le doute, je décidais d'opter pour le silence, à nouveau. Je m'étirais discrètement, la vieille dame s'adressant maintenant à Lean pour les modalités de payement et autres sujets du même style. Je n'y prenais gare, mon regard se perdant dans la contemplation des multiples pièces exposées, avant que sa voix me tire de mes rêveries.

- Tu ne comptes pas prendre racine, Uzu' ? dit-il, m'adressant un clin d'œil.

Je haussais les épaules, tout simplement, avant de marcher à ses cotés.


- Si j'peux me permettre, vous faites un beau couple, tous les deux.


Elle nous gratifia d'un sourire qui avait dû voir de plus beaux jours, alors qu'elle nous raccompagnait à la porte.
Je pouffais de rire, Lean leva les yeux en l'air, la couturière nous regarde de travers
Un au revoir dit, nous nous perdions dans les allées marchandes, direction la résidence et un repos bien mérité.


- Tu n'étais pas obligé, tu sais ...

Je souriais malgré moi. Son attention m'avait touchée.

- N'est-ce donc pas la coutume, dans un couple ?


Il se mit à rire doucement, et je me joignis à lui, enjouée.



- Dis, Lean ... Je me demandais depuis un moment, elle te vient d'où, Berceau de l'Hiver ?


L'interpellé leva le regard de ses glyphes, tasse de thé reposant à ces cotés, la jumelle se trouvant entre mes mains, avant que son regard pétille de malice. Le sujet lui tenait à cœur on dirait, ça se voyait ... Pas seulement à ce détail, mais à plein d'autres, comme l'attention qu'il porte à son nettoyage, la douceur avec laquelle il passe la pierre à aiguiser sur le tranchant, la révérence qu'il semble mettre lorsqu'il la dégaine. Ca se voyait, que pour lui, ce n'était pas simplement une arme.
Et même si ça l'était, whoah ... Quelle arme. Comme en réponse à mes pensées, il se leva et la dégaina, avec une lenteur exaspérante, me permettant de graver dans ma mémoire chaque centimètre carré de surface métallique. Et, enfin, en dehors de son fourreau, il la soutint avec ses deux mains, à l'horizontale, s'assit et la posa sur ses genoux, avec délicatesse.
Son regard se posa sur moi, et il sourit. Sa voix s'éleva alors, douce, mais avec une pointe de passion.

- Berceau de l'Hiver est une relique familiale ... C'est père qui me l'a confiée, comme son père l'a fait avec lui, et comme l'ont fait tous ses ancêtres depuis des générations, auparavant ... Une arme terrible, pour des mains terribles, c'est ainsi qu'on la décrivait le plus simplement. Elle a versé beaucoup de sang, a éclaboussé l'histoire de son tranchant inflexible, et pourtant, et pourtant ... Nulle tache n'est jamais venue souiller son albâtre limpide. Morsure du Givre, Hiver Impitoyable, Glace Hurlante, et sous des dizaines de noms encore on la connaissait et la craignait ... Berceau de l'Hiver, nom magnifique, finalement on choisit ... pour cacher meurtrière nature.

Il prit une pause, laissant un petit silence de quelques secondes. J'attendais la suite, pensive.
Les talents d'orateur de Lean n'étaient plus à démontrer ...


- Certains seraient prêts à affirmer que l'arme que tu vois là serait un des sept sabres légendaires de Kiri ... D'autres disent qu'elle serait encore plus ancienne, que ce ne serait pas une main humaine qui l'aurait façonnée ... Qui sait ? Qui détient la vérité ? Peux tu me le dire, petite Uzumi ?

Il se pencha vers moi, sourire en coin, regard brillant.
Je soutenais son regard, imperturbable, avant de fermer les yeux, et de tremper les lèvres dans le thé, froid. Je déteste le thé froid ...


- Tu mens.


Deux mots, dignes d'une réponse de Sansa, clairs et concis.
Je rouvrais les yeux, pour constater un sourire qui s'étirait, narquois, et un regard troublant.
Je continuais de le fixer dans les yeux, et je commençais à me demander à quel point il avait peut être raison ... Mais c'est trop gros pour être crédible quoi ...


- A quel moment ai-je menti ?

Je soupirais doucement, soulagée, avant de répondre presque instantanément.

- Sur tout, sauf au niveau de l'héritage familial, je crois.

- Crois-tu, ou en es-tu sûre ?

J'affichais une petite mine pincée, avant de répondre.

- J'en suis sûre.

Son sourire s'élargit.

- J'ai menti depuis le début.

Je fronçais les sourcils, mon regard exprimant l'incompréhension, l'interrogeant silencieusement. Qu'essaye-t-il de me dire ? Et pourquoi comme ça ?
Il but une gorgée de thé, avant de reprendre, sur son ton calme mais sibyllin.


- L'important n'est pas ce que tu dis, mais la conviction que tu lui accordes. Il arrivera souvent que pour une raison ou une autre, bonne ou mauvaise, triviale ou essentielle, tu doives déformer ou occulter la réalité. Bien entendu, n'importe qui peut mentir ... Par exemple, là, je pourrais dire que tu es morte, mais tu ne me croirais pas pour autant, et tu penserais que je me moque de toi, avec raison. Mais, si, à tout hasard, insidieusement, je prenais le ton adéquat, l'expression adéquate, les arguments adéquats, en serais-tu si sûre, tout à coup ..?

Il s'arrêta, me fixant de ses iris sombres. Le sujet ne me plaisait pas tellement, en fait.

- Mentir est un art qui n'est pas à la portée de tous, Uzu' ... Commettre une erreur est si simple, et une fois commise, il n'y a de retour en arrière. C'est un domaine élitiste grâce auquel on peut monter si haut ... Mais aussi tomber si bas. Et mourir, aussi, il ne faut pas l'oublier.

Il gratta derrière l'oreille de Lunarris, qui s'était approché pour écouter la conversation. Le loup immaculé se glissa sur le dos, exposant son ventre pour d'éventuelles attentions, ce qui me fit sourire.

- Si tu dois mentir, fais le jusqu'au bout, et surtout, fais le bien. On n'en veut jamais aux bons menteurs.

Il détacha son regard du mien, pour le poser de nouveau sur sa tasse, et de boire une nouvelle gorgée du liquide.
Un sourcil fut parfaitement haussé, alors qu'un peu méfiante, et surprise, je le dévisageais. Il savait, pour ma correspondance. Ca ne pouvait être que ça, après tout ... Mais je me serais plutôt attendue à ce qu'il m'engueule, ou un truc du genre. Enfin, je me serais attendue à tout sauf à ça à vrai dire.


- Tu ne m'as toujours pas répondu ...
murmurais-je, regard azur perçant les ténèbres du sien.

- Dérobée sur le cadavre d'un samouraï, si je me souviens bien.

- Tu mens encore là ...

- Qui sait ?

Il haussa les épaules, sa voix sonnant indifférente.
Nous restions plongés dans le silence, dés lors, quelques minutes durant. Lui, qui remuait le contenu de sa tasse, à moitié pleine, moi, en méditation sur tout ce qu'il avait dit.
Je n'en tirerai pas plus de lui, aujourd'hui.


- Je déteste le thé froid ...


Je soupirais longuement, avant de prendre ma tasse, puis la sienne, et de me diriger vers la cuisine pour les réchauffer, Lean rangeant l'arme magnifique dans son fourreau.

Le corbeau avec son message arrivèrent, quelques jours après. Dans la soirée, ce fut un nouvel oiseau, tout aussi sombre, qui partit confier ma réponse. Intérieurement, j'appréhendais la réponse qui tarderait à arriver. Mais pas trop, en fait.

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MessageSujet: Re: Qui sait ?   Jeu 8 Avr - 0:59

Akizuchi : +29 XP
Uzumi : +32 XP

C'est sympa, agréable, original, continuez comme ça. Une petite réserve pour les spoiler, c'est pas ce que je préfère dans un Rp, mais ce n'est que mon avis.

J'espère voir la suite très bientôt !

MessageSujet: Re: Qui sait ?   Ven 9 Avr - 18:09

Je n’aurai pas dû être si dur avec elle... Et je ne l’ai pas vu depuis ce jour-là... Qu’est-ce qu’elle fait ? Est-ce qu’elle m’en veut tant que ça ?...

Akizuchi soupira doucement, passant une main dans ses cheveux gris. Le soleil baissait sur l’horizon, et les derniers rayons orangés de l’astre du jour baignait le village d’une douce lueur jaunâtre. La chaleur de l’été disparaissait légèrement elle aussi, laissant un climat plus agréable prend possession des lieux. Il faisait bon vivre à Konoha en ce moment, surtout quand le vent décidait de mettre à contribution son souffle pour apaiser un peu la fournaise de la journée. Le jeune Hayasa, quant à lui, parcourait les rues presque désertes à la recherche de Kyouki. Cela faisait quelques jours qu’il ne l’avait pas vu, depuis leur altercation, sur les falaises de Konoha, et il s’inquiétait tout de même pour elle. Il s’était rendu compte que malgré son habitude à le taquiner et son énergie débordante que lui-même avait du mal à contenir, sa présence lui manquait. Elle avait le don d’égayer ses journées et de rompre un peu avec la solitude qu’il vivait habituellement. Il devait la retrouver pour s’excuser. Un battement d’aile se fit entendre au-dessus de lui. Levant la tête, il avisa l’oiseau noir qui lui apportait les missives de Sayuri. Il laissa le corbeau se poser non loin, et alla détacher le message. Il lut rapidement le parchemin, et le fourra dans sa poche sans prendre le temps d’y réfléchir plus avant. Il voulait retrouver Kyouki avant tout. Il regarda le messager, et lui dit d’aller attendre à la volière du village. Il ne sut pas si ce dernier l’avait compris, mais malgré tout, il s’envola en direction dudit lieu. Hochant la tête de satisfaction, l’aspirant reprit sa course à travers les ruelles.

La nuit venait de tomber, et la lune avait succédé à son homologue de lumière. Akizuchi avait parcouru tout le village sans un seul signe de la Chuunin. Il soupira longuement, s’adossant au premier mur qui passait. Enfin...
Tout était fermé à cette heure, et les rues complètement vides. Il tourna la tête, réfléchissant.

Où pourrait-elle donc être allé ? Elle n’est pas en mission, j’ai été vérifié auprès de l’administration... Et je ne pense pas qu’elle soit sortie de Konoha... Je ne sais même pas... Tiens ?...

Un bruit se fit entendre à sa droite. Il se redressa, jaugeant du regard le bâtiment non loin. Les sources chaudes.

Impossible... Elles sont fermées aussi...

Il s’y dirigea tout de même, étant sûr que le bruit qui l’avait entendu s’était réellement produit. Son ouïe ne lui avait jamais fais défaut, il l’avait même travaillé pour ça, et ce n’était pas aujourd’hui qu’elle lui jouerait des tours. D’autant plus que le son, un mélange de clapotis et de brouhaha, se fit entendre de nouveau. Il s’avança vers la porte de l’édifice, et s’aperçut qu’il avait été forcé. Un sourcil se haussa sur son visage, tandis qu’il pencha la tête de côté, légèrement. Qui irait cambrioler des sources chaudes ? Et surtout, pour voler quoi ?

Il entra dans le bâtiment, essayant d’être le plus discret possible. Il essaya de repérer l’intrus, et ce ne fut pas difficile, étant donné le bruit qu’il faisait. Une minute après, et il fut entré dans la source. Il remarqua la personne qui était présente, et cette fois, ses deux sourcils se froncèrent. Kyouki. C’était donc elle, l’intrus...
Elle ne l’avait pas remarqué. Elle n’était vêtue que d’une serviette nouée autour du corps, mais il passa outre. Il était venu pour s’excuser, il ne voyait de toute façon rien qui nécessitait de se cacher la vue, et c’était elle qui était entrée ici de manière infiltrée, après tout.

Il se racla la gorge, et elle sursauta soudainement, lâchant le baquet d’eau qu’elle tenait, qui s’écrasa sur le sol dans un bruit épouvantable. Elle se retourna très vite et rougit, automatiquement. Ses yeux verts étaient brillants. Comme lorsqu’elle était partie, la dernière fois...

“- Tu m’as fais peur ! Et qu’est-ce que tu regardes, pervers !!

Elle était toujours aussi énergique que la dernière fois, mais elle ne semblait pas aussi encline à la joie... Akizuchi recula prestement, tournant la tête.

“- Rien... Je ne vois rien, ne t’inquiète pas.
- Qu’est-ce que tu fais là ? Elle posa un bras sur sa poitrine, qui était malgré cela déjà dissimulée par sa serviette.
- Je te cherche depuis le début de l’après-midi...
- Ah oui ? Tu veux que je te fatigue encore ? Tu renonces à ta paix en venant me voir ?

Ton sec, cassant. Elle lui citait ses propres mots. Il soupira longuement.

“- Je venais m’excuser pour l’autre jour...

Elle resta silencieuse. Il se racla la gorge une deuxième fois, et reprit la parole.

“- Je n’aurai pas dû agir comme je l’ai fais... C’était... Désobligeant.
- Tu n’as rien compris...

Cette fois, il ne put s’empêcher de la regarder, surpris. Elle ne se cachait plus, et se contentait de la regarder dans les yeux, et il lui rendit cette attention.

“- Tu m’as blessé.

Le coeur d’Aki accéléra. Il le savait. Et il s’en voulait. Mais elle devait le dire pour qu’il s’en rende vraiment compte. Et il devait la voir. Ses yeux brillaient plus encore qu’auparavant.

“- C’est toi qui t’es plaint d’être seul, quand nous nous sommes rencontrés... C’est toi qui m’a sollicité, même si notre rencontre a été de mon fait. Tu crois que tu peux disposer de moi comme tu l’entends ? Pour rompre ta solitude une journée ou deux, avant de me jeter parce que tu veux la retrouver ?

Elle tomba à genoux. Une larme coula sur sa joue, et le jeune homme se précipita vers elle.

“- Kyouki... Je... Il fut interrompu dans sa course par le regard de la jeune femme. Elle reprit la parole, d’une voix triste, et presque saccadée.
- Tu n’as rien compris... Moi aussi, j’avais besoin de toi...

Il resta les bras ballants, surpris, encore, par la déclaration. Il écarquilla les yeux en l’observant, sur le sol, devant lui. Elle continua.

“- Pourquoi crois-tu que je restais avec toi ? Ne t’es-tu pas demandé pourquoi je ne préférais pas rester avec ma famille, plutôt que de te suivre ? Pourquoi crois-tu que j’ai accepté d’être ton amie, de rompre cette solitude que tu portais comme un fardeau ?
- Je... Je ne me suis pas posé la question...
- Bien sûr que non. Tu étais content, avoir quelqu’un à qui parler. Et quelqu’un à jeter quand ça t’arrangeait...
- Non... Tu te trompes... Je...
- Mes parents sont morts en mission. Depuis, je suis comme toi. À la recherche de compagnie, simplement. Et tu es apparu, tu avais besoin de ce dont je rêvais. J’ai cru qu’on pourrait tout les deux s’accommoder de la présence de l’autre, puisque c’était précisément de cette présence que nous avions besoin.

Ses joues étaient noyées de larmes à présent, et le coeur du jeune homme se serra. Il s’approcha d’elle, et s’agenouilla. Il leva sa main, et la posa sur son épaule. Et elle se jeta dans ses bras. Il se pencha à son oreille, pour murmurer.

“- Je suis désolé.

Elle le serra un peu plus fort, se laissant aller contre lui.

“- Je ne te laisserais plus, d’accord... ? Je ne recommencerais plus, j’ai fais l’idiot.

Elle s’agrippa à lui, pleurant tout son saoul.

“- Tu sais... Ces derniers jours... Tu m’as manqué.

Elle le lâcha un peu, et releva la tête vers lui. Les larmes coulaient plus lentement à présent, il avait l’impression de l’avoir rassuré. Et là, il la trouva belle. Plus que jamais. Il lui offrit un doux sourire.

“- Sincèrement.

Il pencha la tête sur le côté, souriant toujours. Soudainement, elle se rapprocha de lui, et joignit leurs lèvres. Surpris, il ne réagit pas, mais recula un petit peu ensuite, pour les séparer.

“- Kyouki... Je ne... Elle l’interrompit en posant l’index sur ses lèvres, délicatement.
- Tais-toi. Je sais que ton coeur est pris. Tu ne me l’as pas dit, mais ça crève les yeux.

Elle passa une main sous sa chemise, caressant son torse musclé. Il soupira.

“- Alors tu sais que je ne peux...
- Chut. Je n’attends rien de toi après ça. Pas de promesses, pas d’obligation. Laisse-moi juste t’ôter cette solitude, que tu as là... Elle toucha son coeur, du bout du doigt, lui ôtant sa chemise par la même occasion. Puis, elle s’approcha de lui et l’embrassa tendrement. Il lui rendit avec douceur son baiser. Et ôte-moi la mienne, dans le même temps. Soyons deux, juste pour cette nuit.

Elle lui sourit, attendant sa réaction. Il s’approcha, et lui murmura, sur le même ton.

“- C’est d’accord.

Elle lui sourit, radieuse, puis se redressa sur les genoux. La serviette glissa lentement au sol, dévoilant son corps nu. Puis, elle lui appuya doucement sur le torse, l’obligeant à s’allonger, avant de passer au-dessus de lui.

Un hululement salua les deux amants...

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MessageSujet: Re: Qui sait ?   Sam 19 Juin - 5:02

La chambre, illuminée faiblement à la lueur des bougies, flottaient d'une façon presque irréelle dans la nuit, les contours des meubles et des formes vagues. La flamme crépita quelque peu, agitée par une brise nocturne ... Les rideaux à la couleur pâle s'agitèrent faiblement, de part et d'autres du lit. La fenêtre entrouverte distilla la douce odeur de fleurs de cerisier à l'intérieur de la pièce, m'envoutant lentement, moi, penchée sur un morceau de papier que je contemple, à moitié somnolente, depuis ... un long moment ? Des secondes, des minutes, des heures ?
Je soupirais, longuement, quelque peu blasée. Cela faisait plusieurs jours que je me retrouvais, à chaque fois, en tête à tête avec ce maudit message. De l'encre et du papier. Des mots. Auxquels je n'arrivais à répondre. Un nouveau soupir accompagna le bruissement du vent dans les branches de l'imposant arbre, en contrebas.
Je ne trouve plus rien à dire. C'est aussi simple que ça ... Et aucune explication à ça. C'est juste qu'il n'y a plus l'étincelle, plus rien pour faire vivre ma "double-vie", plus rien pour animer Sayuri ...
Comment devais-je le prendre ?
Je me levais, écartais d'un geste ralentis par la fatigue la chaise, avant de parcourir ma chambre, dans tous les sens, poussant mes neurones à trouver une réponse satisfaisante.
Finalement, je me laissais tomber sur le matelas doux, rebondissant une fois dessus, avant d'être complétement allongée. Je verrais bien demain, de toute façon ... Si j'en ai la force, l'envie, ou quelque chose comme ça ... Demain serait une grosse journée.


oO~*~Oo


- Bouge ton cul, Umi' !

Les tirs arrivèrent plus vite que je ne l'escomptais, et je dû prendre des postures assez ridicules pour tous les éviter. Je ne connaitrais pas Sansa que je croirais presque qu'elle veut me tuer ... En fait, c'est pas personnel, elle veut notre mort à tous. Je traçais les signes de ma prochaine attaque, que de puissants tirs aqueux se dirigeaient dangereusement en ma direction, les esquivant plus facilement cette fois-ci, l'effet de surprise passé. Les signes s'achevaient alors que je laissais place à un majestueux dragon, crocs ouverts, rugissant férocement au soleil en plein zénith, rayons se reflétant dans un prisme de couleur tout à fait magnifique, si l'on ne tenait rigueur de l'aspect meurtrier de la technique. La puissante figure s'éleva un moment, se braqua, avant de charger à une vitesse affolante son opposante.
Cela dit passant, elle se contenta juste de hausser un sourcil, histoire de dire "T'es sérieuse ?", avant de poser le plat de ses mains sur le sol, et qu'un rempart de roche s'élève entre elle et le dragon ... Magnifique, d'ailleurs, comme il s'est écrasé dessus. Et magnifique, aussi, de voir à quel point il m'a éclaboussé, non, vraiment. Pas le temps de me plaindre sur mes vêtements trempés que la contre-attaque résonna, tonnante, sous la forme de torrents d'eau, que j'opposais au mien, exécuté à la va-vite, et qui me permettait à peine de contenir l'assaut écrasant.
Je campais sur mes positions, affermissant au mieux ma situation précaire, alors que je faisais appel à mon don naissant ... L'air se rafraîchit, alors que des cristaux commençaient à teinter l'eau, à la geler ... Et que violemment, la colonne entière devienne givre et capture Sansa.
Ou pas, aussi, un nouveau rempart s'interposa, coupant court à la solidification ... C'est fou, je n'arrive à rien ! Bref, dernière tentative ... On fuit. Je me retournais vivement, pivotant des talons, avant de tenter, futilement, de couvrir la plus longue distance possible.
La pelouse est fraîche et tendre, je vous le dis. La chute en a été amortie d'autant. Je me roulais sur le sol, lentement, afin d'être sur le dos, et contempler le ciel ouvert. Je sais, je ne trouve rien d'autre à faire après avoir glissé sur une flaque d'eau que j'ai moi-même provoquée, ça doit être la lassitude. Par contre, mes contemplations, elles, ne me laissent jamais lasses. Un point positif qui me permet toujours d'avoir l'esprit occupé par de belles choses.


- Fais pas ta feignasse.

- La flemme ...

- Irrécupérable ...

Le soupir résonna en chœur, alors qu'elle tombait une main vers moi, afin de m'aider à me relever. Mais ce qui est en haut peut tomber en bas, ainsi la loi de la gravité me l'apprit. Et quand la main se saisit de l'autre, une force l'attira au sol, en ma douce et charmante compagnie. Elle ne s'y attendait pas à celle là !

- Raaah sale conne, t'vas voiiiir !

Et nous voilà, nous bagarrant au sol, comme des petites filles ... Nous éclations de rire, doucement, alors que nous nous allongions de nouveau sur le dos, et que nous restions un moment statique, silencieuse, juste accompagnée du sifflement de la brise et le choc de l'acier ...
Lean et Sanzo, figures graciles se découpant dans la lumière de l'après-midi, exécutant leur danse mortelle, les lames s'écrasant l'une contre l'autre dans une symphonie juste ... parfaite, harmonieuse, zanbato face au nodachi.


- Hey, l'entraînement n'est pas finis.

Mon regard se tourna lentement vers Sansa, le mouvement imprimé dans la tête lent, très lent, à dessein, un peu quand on s'attend à une événement terrible mais que l'on patiente le plus possible avant de se retrouver confronter à la réalité. Là, c'est pareil. Le sourire carnassier qu'elle m'adressait n'avait pas le don de me rassurer, loin de là.

- Heu ... Pause ?

oO~*~Oo


Ensemble, après de dures heures d'entraînement, autour d'un bon repas, dans la salle commune. Lean buvant son thé, comme tous les jours, Sansa mangeant des petits gâteaux, comme toujours aussi, Sanzo qui tirait quelques bouffées de sa pipe ... Comme toujours. La scène paraissait irréelle, après les âpres combats que nous avions menés. Je dégustais, moi, une glace à la vanille, me perdant dans la contemplation de mes partenaires. Un équilibré, voilà ce que c'était. Une harmonie qui faisait qu'il n'y avait rien à retoucher, là, maintenant, tout de suite. C'était juste parfait ...

- Putain, Sanzo, tu me voles encore un gateau j'te tue, ok ?


- Mais c'est pas moi ! Tu hallucines ma pauvre ! s'exclama-t-il, l'air angélique, un sourire innocent tout sauf crédible.

- Mauvaise récolte cette année, le thé est médiocre ... chuchota Lean, dans un murmure las.

Sansa, qui se levait pour frapper Sanzo, furieuse, Sanzo qui interposait le tabouret en bois, tout sourire, Lean entre les deux, yeux clos, sirotant son thé comme si de rien n'était. Moi, contemplant le tout avec un petit sourire satisfait, me sentant parfaitement à ma place, là.


- Ne changez surtout pas, vous trois ... dans un murmure, tendre.

oO~*~Oo

La nuit arriva bien tôt, aujourd'hui, comparée aux autres jours. Je me trouvais, comme les nuits précédentes, devant mon bureau, face à la lettre à laquelle je n'arrivais à répondre. Je croisais les bras sur le plat, avant de poser ma tête entre ceux-ci, yeux clos. L'impression d'une rupture, mais aussi l'impression ... D'un renouveau. Un quelque chose que je n'arrive à décrire, un quelque chose qui fait que je n'arrive plus à écrire. Les secondes passèrent longuement, alors que je laissais vaguer mon esprit vers d'autres horizons, très proches ceux là. Qui se rapprochent de plus en plus, même, à travers les limbes du sommeil ... Et une conversation qui revient en tête, pas plus tard que cet après-midi ...


- Umi', je peux t'emprunter des romans ? J'dois rendre un travail à la con pour l'Aca'.

- Hmm ... Bah oui, s'tu veux, par contre ils prennent la poussière.

- Genre ? Toi qui est tellement fan de ces conneries !

- Bah, j'ai plus b'soin d'les lire, la réalité m'apporte d'quoi rêver !

C'est ça, voilà. Un sourire éclaira mon visage, alors que le soulagement m'envahissait, me réchauffant jusqu'à la pointe des pieds. Juste ça, en fait. Je me levais, lentement, et saisissait les lettres, que j'avais entassée, mis à part la dernière, que je laissais à l'écart. Et, d'un mouvement sec, déchirait en deux, puis en quatre, et même en huit le papier, avant de jeter le tas informe à la poubelle. Souriant toujours autant, je prenais la lettre survivante, témoin d'un massacre sans nom, et je sortais avec, par la fenêtre, n'aillant nulle envie de perdre quelques secondes à descendre les escaliers. Le froid nocturne mordit doucement ma peau, dans une délicieuse caresse, alors que je me dirigeais, d'un pas assuré, vers la volière. Je balaye d'un regard rapide l'intérieur sombre, avant de finalement trouver l'intéressé au plumage sombre, intimidant ses congénères par sa taille et son agitation. Quelques mots doux, et quelques signes de la main, qu'il était posé sur mon bras, et que j'accrochais la lettre à sa patte, avec attention, sourire persistant.

- Va où le vent te mène ...

Je donnais une impulsion, afin qu'il prenne son envol, pour une destination inconnue. Peut être tombera-t-il sur quelqu'un curieux par son histoire, comme je l'ai été moi-même, et lui répondra-t-il, alimentant une nouvelle correspondance ... Qui sait ?
Cela ne me concerne plus, en tout cas. Je n'ai plus besoin de palliatif, non. Sayuri Astre-Noire peut désormais revenir dans les abimes de mon imagination, et y rester à jamais.

J'aime ma vie, après tout. Je n'ai pas besoin de la rêver.


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