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 [Mission rang D] Troubles dans l'Asakura...

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MessageSujet: [Mission rang D] Troubles dans l'Asakura...   Jeu 1 Avr - 0:56

Cherche rencontre pour sauver moral

La courte matinée qui avait amené Kaori dans cet endroit s’était révélée éprouvante pour ses nerfs, et le jeune homme commençait sérieusement à douter de sa propre motivation à se maintenir dans ces lieux… S’il n’en avait été de ce contrat qu’il avait signé et qui le contraignait, par l’honneur du nom de son père spirituel, à rester à Kumo, il se serait déjà enfui très loin. Mais il n’en était pas capable, et quelle honte cela aurait représenté pour lui d’ailleurs ! Il prenait donc sur lui, en espérant que le jour suivant estomperait ses doutes, et qu’une bonne nuit de repos apaiserait son âme…

Néanmoins, pour ce faire, il fallait pouvoir coucher quelque part. Et tout le problème reposait en cette proposition : Kaori était nouveau. Il lui fallait trouver quelqu’un, et son périple dans les rues de Kumo n’avait guère d’autre intérêt que celui-là. Mais… une chose en entraîne parfois une autre, et lorsque le garçon constata que la ville semblait sans fin, la curiosité de découvrir son nouveau cadre de vie l’emporta sur l’instinct qui le pressait pourtant à trouver un logement. L’aspirant se laissa donc prendre à examiner le village caché des Nuages tout en continuant de se déplacer à une allure quelque peu inégale, tantôt accélérant pour sentir le vent sur son visage, tantôt s’arrêtant pour contempler des points de décor particuliers.

Objectivement, Kumo n’était pas un modèle extraordinaire d’architecture. Néanmoins, le lieu avait le charme caractéristique des villages cachés tels que son mentor lui avait décrit, ou du moins, c’est tout ce que Kaori en avait entendu. Le village respirait. La densité des maisons, le trafic incessant de piétons et de carrioles donnait à l’ensemble un air vivant : tout exhalait la solidarité, et, sur ce point au moins, l’idée de devenir shinobi pour protéger cette communauté trouvait écho dans le cœur du garçon. Bien entendu, pour lui, cela n’aurait su passer par des concessions sur son propre code d’honneur, mais il voulait bien admettre l’intérêt de défendre ce microcosme… Les maisons s’empilaient, selon des formes géométriques diverses, et dans une disposition relativement bancale : les constructeurs disposaient soit de grands pouvoirs, soit de faibles connaissances en ingénierie…

Les bâtisses exposées à la sortie de l’académie avait cet aspect douillet de maison bourgeoise, et Kaori y vit bien entendu le reflet des habitations de campagne que certaines de ses connaissances s’étaient vu attribuer dans son village. Mais à mesure que l’on progressait vers le centre, la nature de la cité reprenait ses droits. Les maisons coquettes laissaient place à des taudis sans nom, et les saoulards se multipliaient sur le bas-côté. Peut-être était-ce la nature de la société qui était ainsi faite, ou peut-être la solidarité des bourgs ninjas n’était-elle juste pas aussi exemplaire que l’on aurait pu le penser… Mais, au fond, cela importait peu. Seules comptaient les réalités, et, à ce titre, Kaori était assez grand pour les observer.

La misère frappait, ça et là, des individus, les narguant et semblant leur dire : « Maintenant, que tu survives ou pas, ton sort est le même ». Il y avait dans cette situation tant de cynisme que même la candeur d’un enfant n’eut pu y faire face sans choc. Or, qu’était le garçon si ce n’est un enfant. Bien sûr, cette réalité ne lui était pas étrangère, et, bien qu’ayant vécu, au choix de ses parents, dans des conditions modestes, il avait toujours eu une vue d’ensemble de la pauvreté. Mais celle-ci s’incarnait dans des personnages qu’il connaissait, des individus qui avaient une vie ou en tout cas qui en avaient eu une. Là, dans ce village des Nuages où aucune vapeur ne venait masquer les bas-fonds, tous étaient anonymes. Et cela rendait la situation, aux yeux de celui qui se prétendrait bientôt ninja, encore plus cruelle. Il était, comme souvent, impuissant. Mais de voir ces individus qui rampaient pour survivre inspira à Kaori un courage sans borne. Il était fier, debout et n’avait rien raté. Tant qu’il n’était pas là, avec eux, tant qu’il ne vivait pas dans cet essaim grouillant, il pouvait avoir la foi. Mais se servir de sans-le-sou pour se redonner du courage était-il vraiment moral ? A vrai dire, le cœur du garçon balançait… Il sentait au fond de lui-même que ces gens pouvaient être aidés, mais il soupçonnait que leur exemple ne soit au fond qu’une source potentielle de motivation supplémentaire… Kumo n’ignorait pas leur existence, et si ses fonds ne permettaient sans doute pas de maintenir à un haut standard de vie toute la microsociété, il ne faisait aucun doute qu’aucune aide n’était apportée, pas plus qu’une main ne leur était tendue. Kaori marcha longuement dans ces quartiers…

Il fut surpris de constater que les tentatives de revenir à la vie semblaient viables économiquement : partout fleurissaient, quoique ce terme soit malvenu pour parler de cet endroit, des petites échoppes, des bars et des endroits dont il valait sans doute mieux se tenir éloigné mais qui contribuaient à rendre le quartier bruyant et, étrangement, actif. Pour autant, il est peu prudent pour un aspirant quel qu’il soit de s’aventurer dans des quartiers qu’il ne connaît pas, surtout quand ces derniers regroupent le peuple du tréfonds de l’échelle sociale. Les ninjas, même ici, représentaient le pouvoir et l’argent, choses dont personne ne disposait ici. C’est ainsi qu’au détour d’une ruelle, Kaori perçut quelques airs menaçants qu’il prit d’abord pour de l’intimidation, une façon de lui prouver avec fierté qu’ils étaient aussi capables que lui, ce que le garçon acceptait sans peine. Mais quand les regards s’accompagnèrent de marches lentes en sa direction, il ne put que se rendre à l’évidence : ces messieurs en avaient après lui… Evidemment, s’il s’était agi de vulgaires gosses de rue, Kaori les aurait rossés, comme il avait pris l’habitude de le faire dans son village dès que la situation n’avait plus d’autre recours. Mais là, devant la détresse fortifiante de ces gens, l’aspirant eut un mouvement de recul…

Alors que la marche de ces gros bras se poursuivait sans que Kaori ose bouger de peur de déclencher une attaque que, finalement, les hommes n’avaient peut-être pas prévue, une femme d’une cinquantaine d’années vint perturber les pas silencieux...


« - Allez, laissez le tranquille, c’est qu’un gosse, vous voyez bien… Allez, files mon garçon… »

Mais le sourire de celle qui avait du être une belle femme autrefois disparut alors que le bras d’un des individus hostiles vint la balayer, la laissant un genou à terre et les mains ensanglantées.

« - Cesses de nous importuner vieillarde, il porte une veste de l’Académie, et ça se vend assez cher au marché noir… En plus, je suis sûr que ça lui pose pas de souci de nous la donner, pas vrai ? Allez, garçon, donnes-moi ça et tu t’en sortiras bien… »

Trop d’éléments à la fois venaient perturber Kaori : d’abord, il y avait cette femme bienveillante, au sol, qui s’était fait frappé pour le défendre et qui, si le conflit dégénérait pourrait subir d’autres dommages ; ensuite, il y avait le fait que les hommes étaient adultes, grands et relativement musclés, ce qui, même si sa vitesse était sans aucun doute largement supérieure à la leur, pourrait lui porter préjudice si le combat durait ou si les hommes se révélaient plus résistants que prévus ; enfin, il y avait l’obligation contractuelle de conserver sa veste, presque seule « preuve » qu’il était étudiant à l’Académie, n’en déplaise à ces balourds. La seule solution envisageable était donc la fuite, et c’est l’estomac noué que Kaori s’élança à travers les ruelles, courant au hasard, jetant des regards furtifs de temps en temps pour vérifier s’ils étaient encore derrière lui. Dans les faits, il semblait qu’ils n’aient jamais eu l’intention de le poursuivre, mais le garçon, affolé, continua sa course pendant près de dix bonnes minutes jusqu’à se retrouver sur une place, organisée autour de trois bars qui semblaient se faire réciproquement une concurrence sévère.

La place avait l’odeur caractéristique des bas-fonds, mélange d’urine, de sueur et d’alcool de riz, mais les lieux étaient ici aménagés avec plus de soins que quelques rues auparavant et le lieu, moins tassé et, de ce fait, plus lumineux, diminuait le sentiment d’oppression qui était pourtant indissociable de la visite des quartiers pauvres. Trois bars étaient en perpétuelle effervescence, et aucun ne semblait vouloir désemplir. Ainsi, le premier, à la façade rougeoyante et aux lanternes particulièrement colorées, semblait s’orienter vers un service « exotique », apportant un peu de neuf aux bistrots du village tandis que le second, rigoureusement en face, laissait entrevoir des femmes aux formes sublimes servant la clientèle en multipliant les sourires radieux. Si exotisme il y avait ici, ce dernier s’accompagnait sans aucun doute d’un pourboire. Enfin, juste à côté du second, une troisième enseigne attirait l’attention de par sa simplicité. L’effectif semblait se composer d’un seul homme, et la clientèle, d’habitués. Kaori prit le temps de contempler l’endroit, qui par analogie n’était rien de plus qu’une clairière au milieu d’une forêt sombre, avant de reporter son regard sur les passants.

Là, au milieu de tous, une jeune fille attira son attention : elle était jeune, ou en tout cas pas assez vieille pour être issue de ce quartier, et ses cheveux luisaient, ce qui, là encore, n’était pas particulièrement caractéristique des bas-quartiers. Son élégance et sa prestance lui faisait un peu penser à ces professeurs qu’il avait pu apercevoir à l’Académie, et le garçon décida de tenter sa chance. Il s’approcha d’un pas décidé vers la jeune femme, les yeux encore embués des larmes qu’il avait versées par peur, avant de lui demander :


« - Bonjour mademoiselle… Je ne vous ferais pas l’outrecuidance de vous assommer de questions, n’ayez crainte. Je m’appelle Kaori Zenryuu, et je suis nouvellement arrivé dans ce village. J’aspire à devenir shinobi, et votre allure me laisse à penser, peut-être à tort, que vous en êtes une. Ainsi, j’aimerais savoir si vous pourriez m’indiquer ne serait-ce qu’un endroit pour dormir qui soit sûr pour cette nuit, et, à plus long terme, vers qui je devrais me tourner pour contracter un bail. La perspective de dormir ici après avoir manqué de me faire dérober ma veste d’aspirant ne m’enchante, je l’avoue, guère… »

Le ton de Kaori se voulait posé, mais sa voix aurait stressé même le plus serein des moines bouddhistes tant elle était chargée de peur, de colère, d’impuissance, de détresse et tant les efforts effectués la saccadaient. Il attendait la réponse de son interlocutrice, séchant ses larmes pour se redonner une contenance, mais ses yeux ne pouvaient que trahir son espoir que la personne à qui il avait exposé son problème ait été la bonne.

Chapitre 1.2




Dernière édition par Kaori Zenryuu le Mer 21 Avr - 18:29, édité 6 fois

MessageSujet: Re: [Mission rang D] Troubles dans l'Asakura...   Mar 13 Avr - 5:37

.:: La place des trois ::.
Chapitre 3 : Pourparlers
- Rencontre –


La nuit commença à tomber sur ce magnifique village. Le soleil se couchait pour laisser la lune et les étoiles nous éclairer. Un léger rideau de nuage couvrait la surface sur ciel. Au travers, il était aisé de constater un début d'apparition lunaire. Des frissons m'avaient parcourue tout le long du corps. Une légère brise avait caressé ma nuque. Il ne faisait pas assez froid pour porter de gros chandail. La température était tout simplement confortable. Le quartier de l'Asakura était quelque peu fréquenté en cette période de la semaine. En effet, les travailleurs disposaient d'un nouveau salaire à dépenser dans l'alcool ou le jeu. Chose que ce quartier avantagea. D'une façon involontaire bien entendu, mais bien réelle. Même dans une structure militarisée comme un village caché, il n'était pas rare que quelque illégalité prenne naissance.

Les travailleurs plus ou moins honnêtes devaient commencer à s'installer. Cela allait de la vente d'objet -volé ou non- au pari sur un combat de coq. Les autorités d'un village ne pouvaient pas toujours tout contrôler à 100%, il y aura toujours des écarts. Tel que des gens qui ont un peu trop buent et qui met le bordel dans un bar.

Un homme se tenait devant moi, je parvenais sans la difficulté à lire sur son visage la détresse et la misère qui le hantait. Quoi exactement? Ça, je ne pouvais pas le dire. Lorsqu'il m'aperçut, il s'avança vers moi. Sa démarche aussi appelait à l'aide. Il était stressé et cela se voyait très bien. Enfin, pour un Shinobi du moins.


[Kaori] - Bonjour mademoiselle… Je ne vous ferais pas l’outrecuidance de vous assommer de questions, n’ayez crainte. Je m’appelle Kaori Zenryuu, et je suis nouvellement arrivée dans ce village. J’aspire à devenir shinobi, et votre allure me laisse à penser, peut-être à tort, que vous en êtes une. Ainsi, j’aimerais savoir si vous pourriez m’indiquer ne serait-ce qu’un endroit pour dormir qui soit sûr pour cette nuit, et, à plus long terme, vers qui je devrais me tourner pour contracter un bail. La perspective de dormir ici après avoir manqué de me faire dérober ma veste d’aspirant ne m’enchante, je l’avoue, guère…


Par contre, les mots qu'il m'eut dits m'avaient choquée. Cet homme était plus jeune que moi et disposait d'une façon de parler des plus impressionnante, mais derrière son vocabulaire, sa voix était loin d'être posée. Sa voix m'en disait long sur son état d'esprit. Enfin, état du moments. Cela ne faisait que confirmer ce que je croyais.

[Seiki] – Ne vous a-t-on jamais dit que vos aviez la verve?


Même si je savais très bien que ce n'était vraiment pas le moment pour lui dire un truc du genre, ce fut des mots impossibles à arrêter. Comme si vous aviez programmé une machine pour faire 15 tours sur elles-mêmes, mais que vous aviez oublié d'y mettre un bouton arrêt dessus. Un défaut de fabrication. J'avais ce problème, lorsque j'ai envie de dire quelque chose, je ne peux pas m'en empêcher. Avec le temps, j'avais appris à contrôler cela, pour peu que mes dires aient une grave répercussion. Ce qui ne devait pas être le cas.

[Seiki] – Kaori, c'est bien cela? Bonsoir, je me nomme Seiki Naru, enchanté de vous rencontrer.

Les paroles du jeune homme défilaient encore dans mon esprit.


[Seiki] – Il faut tout d'abord se calmer. Pour ce faire, nous allons allez dans un endroit plus calme et moins populeux d'accord. Je connais un restaurant servant de des Dango à la saveur suave et d'un très bon thé. De plus, c'est à trois pas d'ici.

L'homme avait l'air quelque peu réticent à mon invitation. Il était vrai que c'était la première fois que nous nous rencontrions. Sauf que j'ai été élevée comme cela.

[Seiki] - traite les gens qui le méritent comme s'ils étaient de ta famille. C'est l'une des innombrables devises de mon père et je sens qu'un peu de thé ne te ferait pas de mal, tu as l'air si stressé.

Puis, je regardai de tout bord tout côté. J'avais de la difficulté à me situer dans cette partie de l'Asakura. Je pris quelques instants pour retrouver mes repaires puis fis signe à Kaori de me suivre

[Seiki] – Viens, c'est par ici
.

***

Le restaurant était fait très simplement, il y avait quelques fauteuils pour le confort des consommateurs. Quelques tables pour ceux qui n'aiment pas les fauteuils. Une douce musique de fond. Du Shamisen pour être plus précise. Une lumière tamisée pour le confort des yeux et une serveuse à l'entrée pour nous donner les papiers de thé. Je poussais la porte vitrée pour entrer et fis signe à Kaori de passer en premier. Puis, je regardai en direction de la serveuse lui souriant.


[Seiki] – Deux Chichis Dangos et deux thés verts, c'est moi qui offre.

Je pris un tout petit instant pour réfléchir à l'endroit ou kaori aimerai s'assoir. Je m'étais dit que quelque chose de mou serait plus adéquat et lui présenta les fauteuils. On prit place.

[Seiki] – J'espère que tu aimes les Dangos... et le sucre ou le thé vert... ou le thé tout court. Pardonne-moi, je n'y avais pas pensé. Enfin, il est trop tard.

Je me sentais légèrement malaise. Il était rare d'inviter, enfin de brusquer quelqu'un de cette façon lors d'une première rencontre, mais il avait besoin de se calmer pour pouvoir réfléchir normalement et me donner les renseignements dont j'avais besoin.

[Seiki] – Reprenons ce que tu as dit lors de notre rencontre. Tu cherches un endroit pour dormir et quelqu'un aurait voulu te voler ta veste? À cette heure-ci, les bureaux de l'académie sont fermés. Tu pourras aller réclamer une chambre dès demain. C'est étrange qu'il ne te l'a pas proposé à ton arrivée.


Dernière édition par Seiki Naru le Mer 14 Avr - 17:09, édité 1 fois

MessageSujet: Re: [Mission rang D] Troubles dans l'Asakura...   Mer 14 Avr - 11:54

Vous préférez votre thé fumant ou fumeux ?


Kaori saisissait mal pourquoi il était confortablement assis dans un fauteuil en train de siroter un thé, qu’il eût préféré noir, et de grignoter des petites boules de riz sucrées. L’enchaînement des événements lui apparaissait flou, et le garçon se surprit à lutter pour recomposer ses souvenirs. La jeune femme, qui tentait a priori de s’imposer en psychologue vis-à-vis de son kouhai, s’était montrée particulièrement mielleuse lorsqu’elle s’était exprimée, et Kaori était dans un état d’acculement mental suffisamment important pour ne pas chercher plus loin que ce sourire apaisant. Qui plus est, et la dénommée Seiki l’avait souligné, le garçon était particulièrement stressé, et le fait de reprendre son calme se révélait indispensable. En d’autres circonstances, l’attitude de la femme aurait été pris par Kaori pour de la condescendance, mais le garçon ne souhaitait pas entretenir de mauvaise relations avec ceux qu’il serait peut-être un jour amené à côtoyer de façon plus soutenue. Se froisser maintenant n’aurait eu pour effet que de priver Kaori de l’espoir d’en apprendre plus sur le monde qui était maintenant le sien, et de lui ôter le soutien possible de la jeune femme.

Le jeune homme ferma donc les yeux quelques secondes, pour se préparer à répondre. Il se laissa porter par les sonorités particulières qui s’échappaient de l’instrument dont jouait sobrement un vieil homme dans un coin de la pièce. Une mélodie envoutante, pleine de retenue déchirée par un homme ô combien étrange. Le son de ces cordes inspirait le désespoir. Le désespoir, ce n’est pas l’obscurité totale mais plutôt une aube constante, la fin de tout espoir de voir le soleil plein, l’échec de la conception d’un jour nouveau. L’aube constante, c’est la fin de toute chose puisque ce ne peut en être le début. Tenir quelqu’un dans l’attente d’un départ tout en l’informant qu’il ne le prendra jamais : il s’agit bien de la plus cruelle des tortures, le désespoir. Toutes ces émotions étaient contenues dans trois cordes, et ces dernières auraient presque pu arracher des larmes au garçon s’il ne s’était révélé qu’elles étaient pour l’instant épuisées. En l’attente d’un nouveau stock lacrymal, Kaori se contenta de répondre de façon apaisée à son hôte d’aujourd’hui, espérant apaiser sa soif de détails, d’une part, et lui faire comprendre d’autre part que, quoiqu’il ait paniqué, la charité ne faisait pas partie des choses qu’il recherchait en priorité lorsqu’il était venu la voir.


« - Merci pour l’invitation, je vous suis reconnaissant d’avoir pris de votre temps pour me permettre de me calmer. Mais maintenant, je vais mieux. Je vous rembourserai bien volontiers d’ailleurs… »

Le garçon fouilla ses poches avant de s’apercevoir qu’il n’avait pas encore perçu sa solde, et qu’en conséquence, il était plutôt démuni et, surtout, incapable de rembourser Seiki.


« - Euh, enfin quand j’en aurais les moyens… Pardonnez-moi… Pour en revenir à cette histoire de logement, je ne savais pas que l’Académie proposait des logements de fonction, et j’avoue que j’aurais apprécié le savoir plus tôt… Mais ce qui est fait est fait, et puis c’était sans doute le destin qui voulait que nous nous rencontrions. »

Pendant une fraction de secondes, Kaori pensa demander à son interlocutrice ce qu’elle pensait du destin, mais cette idée disparut vite de son esprit alors qu’il prit conscience du fait que la conversation n’était pas encore celle de deux amis, ce qui, si la jeune femme ne prenait pas conscience que la désinvolture de son attitude apparaissait aux yeux du garçon comme un manque évident de respect, ne se produirait sans doute jamais…


« - J’irais dès demain au secrétariat et je me débrouillerai pour ce soir… Je suppose que si je laisse ma veste en caution, n’importe quel hôtel voudra bien m’accueillir une nuitée… Merci pour ces précieuses informations. Mais venons-en à des considérations plus essentielles… »

Kaori avait pu reprendre ses esprits, et il s’en voulait maintenant de ne pas avoir alerté Seiki plus tôt sur les risques qu’encourait sa bienfaitrice. Mais le fait de reprendre conscience de son environnement, et de s’accorder du recul sur la situation présente rendait Kaori plus lucide qu’auparavant et donc plus apte à gérer ses émotions et surtout à analyser le contexte. Les hommes étaient quatre, certes, mais leur haleine laissait à penser que leurs chairs étaient imbibées de saké. A mieux y réfléchir, la démarche lourde aurait pu s’apparenter à une difficulté pour se mouvoir et non à une menace tacite… Soyons clairs : le fait de s’en prendre à une pauvre femme sans défense les rendait coupables, au moins aux yeux de Kaori, et le fait qu’ils soient ivres ne les excusait pas. Cependant, il était peut-être possible d’y retourner sans prendre plus de pincettes… Mais l’idéal serait…

« - … que vous veniez avec moi… »

Devant l’incompréhension de Seiki, Kaori s’empressa de s’expliquer.

« - Ceux qui ont voulu me dérober ma veste sont au nombre de quatre. Ils sont grands, assez musclés, comme peuvent l’être des travailleurs des bas-fonds, mais ils sont aussi gauches et passablement ivres, ce qui limite considérablement leur vitesse et leur capacité d’analyse. Une femme qui voulait s’interposer a été mise à terre. J’ai paniqué, et j’ai fui. Il est possible qu’ils l’aient laissée tranquille, mais si ce n’est pas le cas, il faut y retourner vite… »

Après un petit silence, Kaori ajouta :

« - En fait, la présence de ces hommes ivres en bande et capables de frapper sans raison une femme innocente constitue une menace… Dans tous les cas, il faut que j’y retourne… Mais la présence de deux aspirants sera une sécurité supplémentaire. Viendrez-vous ? »

Le malaise de Kaori pouvait s’expliquer par le fait qu’il n’était pas habitué à fuir. Qui plus est, il avait laissé quelqu’un derrière lui, quelqu’un qui avait pourtant essayé de l’aider et à qui il n’avait pas rendu la pareille… En déroulant le combat dans son esprit, le garçon comprit qu’il aurait pu s’en sortir seul ou presque… Il lui aurait suffi de prendre sa veste de la main gauche, de faire s’approcher le chef du groupe, de lui lancer la veste au visage pour dissimuler son crochet au foie. Si l’homme était aussi alcoolique que Kaori le supposait, un coup de la sorte lui aurait ôté tout espoir de victoire… Ensuite, dans l’hypothèse où les autres, privés de leader, auraient voulu combattre, ils n’auraient plus été que trois, et à l’aide de la technique que lui avait enseigné son mentor, Kaori aurait pu se débarrasser d’au moins l’un d’entre eux en quatre secondes. Il lui aurait ensuite suffi d’affronter deux adversaires, ivres et démoralisés par la perte de deux des leurs et par la démonstration de force du garçon… Un jeu d’enfant s’il en était, et donc une victoire facile pour le jeune combattant… Evidemment, il aurait fallu garder son calme pour ce faire. Pourtant, ne lui avait-on pas répété des centaines de fois que le courage était sans nul doute la vertu la plus importante pour celui qui aspirait à faire du combat sa vie ? Kaori se sentait légèrement honteux, et ses joues prirent une légère teinte rosée. Mais maintenant, il fallait une réponse de Seiki. Si elle était positive, et sans perdre plus de temps, le garçon lui demanderait de payer, en s’excusant encore de ne pas pouvoir le faire lui-même, puis il s’élancerait en direction de l’endroit où il pensait avoir laissé la personne âgée en détresse… Le péril ne lui faisait pas vraiment peur…


Chapitre 1.2




Dernière édition par Kaori Zenryuu le Mer 21 Avr - 18:31, édité 1 fois

MessageSujet: Re: [Mission rang D] Troubles dans l'Asakura...   Mer 14 Avr - 23:10

.:: La place des trois ::.
Chapitre 3 : Pourparlers
- Un problème? –


Même une personne non-entraîner aurait plus le voir. Kaori était mal-à-l'aise. Il était vrai que je l'avais bousculée. Cela devait être difficile comme première rencontre et je ne voulais pas partir sur de mauvaise base. À n'en juger par sa veste, c'est un aspirant et je n'avais pas envie d'avoir quelques froids avec quelqu'un qui partage mon métier si je puis dire. J'avais de la difficulté à imaginé deux personnes se détestant et qui auraient été coéquipier pour une mission crucial. Cela n'aurai pas été très crédible. J'étais perdu dans mes pensées et je n'avais pas remarqué que l'homme voulait partir.

[Kaori] - Merci pour l’invitation, je vous suis reconnaissant d’avoir pris de votre temps pour me permettre de me calmer. Mais maintenant, je vais mieux. Je vous rembourserai bien volontiers d’ailleurs Euh, enfin quand j’en aurais les moyens… Pardonnez-moi… Pour en revenir à cette histoire de logement, je ne savais pas que l’Académie proposait des logements de fonction, et j’avoue que j’aurais apprécié le savoir plus tôt… Mais ce qui est fait est fait, et puis c’était sans doute le destin qui voulait que nous nous rencontrions.»

C'était l'une des premières fois que quelqu'un abordais un sujet tel que le destin. J'avais toujours été quelqu'un de rationnelle et cela était du à la concentration de mon père pour la science. Il m'avait élevée de façon à être capable de voir les choses avec un point de vu objectif. Chose qui me permettait de prendre du recul lorsque des évènements plus ou moins grave venait à surgir dans ma vie. Je chuchotais

[Seiki] – Je crois que …

Je ferma ma bouche avant de dire quelques chose de plus. Je ne voulais pas envenimer les choses en disant que le destin n'était qu'une façon d'excuser des actions. Je ne croyais pas au destin. Du moins, je ne voulais pas y croire. Une entité supérieur à nous qui dicte nos actions n'était pas vraiment quelque chose que j'aimai. Si nous sommes ou nous sommes, c'est simplement parce que nous y avons mis les efforts et pas parce qu'un livre ou un je-ne-sais-trop-quoi aurait dit : Rends-toi là. Dire que c'est le destin qui nous avais fait nous rencontrer, ne me dérangeai pas en soi. Si Kaori ce plaisait à y croire, tel était son choix. Ce qui m'énervais, c'était les gens qui disait : « le destin ne voulaient pas que je réussisse »


[Kaori] - J’irais dès demain au secrétariat et je me débrouillerai pour ce soir… Je suppose que si je laisse ma veste en caution, n’importe quel hôtel voudra bien m’accueillir une nuitée… Merci pour ces précieuses informations. Mais venons-en à des considérations plus essentielles… »


Je regardais Kaori dans les yeux, puis je lui fit un sourire


[Seiki] – Tu sais, si vraiment tu n'as nul part ou dormir et que l'hôtel n'accepte pas. J'ai deux solutions pour toi. De une, je te prête ma chambre à l'académie pour la nuit et je vais dormir chez mon père. Ou de deux, nous allons dormir chez mon père. Tel que je le connais, cela lui fera plaisir, moi aussi d'ailleurs.


Il avait l'air pensif, je me demandai même s'il avait compris le proposition que je venais de faire


[Kaori] - … que vous veniez avec moi… »

Sur le coup, je n'avais pas du tout compris ce qu'il voulais me dire et mon visage s'accordait avec ma compréhension.


[Kaori] - Ceux qui ont voulu me dérober ma veste sont au nombre de quatre. Ils sont grands, assez musclés, comme peuvent l’être des travailleurs des bas-fonds, mais ils sont aussi gauches et passablement ivres, ce qui limite considérablement leur vitesse et leur capacité d’analyse. Une femme qui voulait s’interposer a été mise à terre. J’ai paniqué, et j’ai fui. Il est possible qu’ils l’aient laissée tranquille, mais si ce n’est pas le cas, il faut y retourner vite. En fait, la présence de ces hommes ivres en bande et capables de frapper sans raison une femme innocente constitue une menace… Dans tous les cas, il faut que j’y retourne… Mais la présence de deux aspirants sera une sécurité supplémentaire. Viendrez-vous ? »

Il ne me fallu pas plus de quelques secondes pour lui répondre

[Seiki] – Je t'accompagne. Oh et, qui vous à dit que j'étais aspirante?

Lui dis-je avec un sourire

MessageSujet: Re: [Mission rang D] Troubles dans l'Asakura...   Sam 17 Avr - 16:30

« Ça m’avait manqué… »


Emporté dans ses pensées, et sûr qu’aucun hôtel ne résisterait à l’appât du gain, Kaori n’avait même pas entendu la proposition de celle qui allait se révéler être sa partenaire d’aujourd’hui. Pour autant, le garçon aurait sans doute été touché de cette attention, et s’il ne s’était avéré que les paroles de Seiki n’avaient constitué qu’un élément de plus dans le brouhaha ambiant qui empêchait l’aspirant de réfléchir, peut-être son opinion à propos de la jeune fille aurait été différente. Mais qui allait regretter cette incompréhension ? Kaori n’en avait pas même conscience, et il y avait fort à parier que la jeune femme était trop altruiste pour se vexer au titre d’une réflexion trop profonde de son interlocuteur…

Mais je digresse bien trop, et envisager les possibles pour compléter le réel ne me concerne pas puisque je suis ce qui est et non pas ce qui pourrait être quoique pour l’instant vous ne puissiez comprendre ce que cette phrase implique. Après tout, il est certaines choses dont personne n’a conscience comme les pensées de Seiki s’égarant légèrement après que le garçon ait parlé du destin, ou encore le destin, justement, de cette vieille dame tellement seule en cet instant et que Kaori regrettait tellement d’avoir abandonné…

Pour autant, il n’y avait plus lieu de réfléchir, Seiki avait accepté de l’accompagner et Kaori s’empressa donc de se lever, invitant la jeune femme à en faire autant. Il sortit avec empressement du salon de thé, saisissant le sourire de la kunoichi et captant simplement ses mots. Il la vit régler l’addition, et dès qu’il fut sûr qu’elle pouvait le suivre, il se mit à courir en direction de l’endroit qu’il présumait être celui où il avait laissé la vieille femme. A mieux y réfléchir, il était souvent vexant d’être sous-estimé, et le garçon en avait lui-même fait l’expérience quelques minutes auparavant lorsque son interlocutrice avait vu en lui un frêle jeune homme. La remarque alors anodine de Seiki concernant son grade lui revint aux oreilles, et il considéra un instant s’arrêter pour s’excuser, mais le temps lui était peut-être compté, et il préférait ne pas prendre de risques. Il se contenta donc d’un léger signe de tête en direction de la jeune femme et ses lèvres inscrivirent une formule d’excuse que Seiki parviendrait peut-être à lire. Après tout, son mentor ne lui avait-il pas dit que le bandeau était la marque des shinobis confirmés, et qu’obtenir celui-ci serait sa principale tâche en tant qu’aspirant ? Évidemment, cette information, comme beaucoup d’autres, sommeillait dans l’esprit de Kaori et ne demandait qu’à être réveillé par des expériences concrètes. Néanmoins, quoique la jeune femme soit d’un grade supérieur au sien, elle semblait peiner à suivre l’aspirant qui, lui, avançait très vivement à travers les ruelles qu’il avait, il y a peu, empruntées dans le sens inverse. Il se mit à envisager les différentes possibilités qui se déroulaient devant lui. Peut-être que, frustrés de la fuite de Kaori, les soulards s’étaient montrés cruels envers elle… Ou peut-être étaient-ils au contraire trop ivres pour s’être souvenu qu’elle existait et que c’est en partie à cause d’elle s’ils avaient perdu leur proie… En fait, mieux aurait valu ne pas y penser, et le sang de Kaori se glaçait à mesure qu’il s’enfonçait de nouveau toujours plus dans les bas-quartiers. Il jeta un coup d’œil à Seiki, toujours assez loin derrière lui, puis il reporta son attention devant lui. Il y était. Enfin.

Il marqua un temps d’arrêt à l’entrée de la place pour examiner la situation. Il ne put réfréner un soupir de soulagement en s’apercevant que la vieille dame s’était remise à travailler et à balayer devant chez elle… Les mains en évidence sur son balai, ces dernières portaient de simples écorchures, et son visage n’était absolument pas tuméfié… Quoique le « préjudice moral » fût peut-être important, elle ne semblait pas vraiment blessée physiquement parlant.

Pourtant, les hommes étaient encore là. Toujours quatre, l’un d’eux sembla voir le garçon et prononça quelques mots à l’attention des trois autres qui orientèrent son regard vers lui. Apparemment, l’alcool n’avait pas cessé de produire ses effets sur leurs esprits, toujours aussi embrumés… Kaori s’élança vers eux. Il n’aimait pas chercher le conflit, mais il se préparait ici à le faire. Il apparaît complexe de comprendre son état d’esprit à ce moment tant il résultait de multiples facteurs. D’abord, il y avait la chute de la nervosité, la combinaison chimique des endorphines et de l’adrénaline qui mettait le garçon dans un état d’euphorie qui, chez lui, se muait en une furieuse envie de se dépenser. De plus, il y avait un stress latent, non neutralisé pour sa part, qui concernait son avenir dans le village de Kumo, et la perspective de se défouler attirait donc fortement Kaori… Et puis il y avait cette part de lui qui le faisait « lionceau » ainsi que son mentor aimait l’appeler…


***

Extraits du journal de Kaori Zenryuu, voyageur et ami de Kumo

« … Plus je l’observe se battre, et plus le plaisir qu’il semble y prendre m’apparaît malsain. Imaginez un garçon de douze ans se complaisant dans les craquements et les plaies… Son talent pour détruire ne fait plus aucun doute à mes yeux, et si lorsqu’il ne se bat pas, on peut encore le voir comme un enfant candide, les sourires qu’il déploie lorsque nous nous entraînons tous les deux et qu’il parvient à me frapper dépassent de très loin la fierté d’avoir pu me toucher. Entendons-nous bien, ce garçon aime le goût du sang dans sa bouche plus que celui de n’importe quel alcool… Il progresse vite dans les domaines qui étaient les siens bien avant mon arrivée ici, et parfois j’avoue me demander si le faire devenir toujours meilleur est un bon choix… J’ai peur… Peur de mes choix, et surtout peur des siens. Il doit trouver un but sous peine de faire de terribles erreurs… Le village de Kumo me doit quelques services, et je suis sûr qu’ils seraient prêts à accueillir mon disciple si je leur envoyais. Après tout, ses talents dans le combat au corps à corps sont non négligeables… »


***
Kaori était sur eux. Son poing disparut de la vue des quatre hommes encore groupés. Subrepticement, un sourire éclaira son visage… Était-ce à la perspective de frapper quelqu’un ou était-ce parce qu’il se remémorait les jours qu’il avait passé à essayer d’apprendre la technique qu’il allait réaliser, personne ne le savait… Toujours est-il que son esprit formula la phrase suivante : « Ça m’avait manqué… »

***

« - Mais je ne comprends vraiment pas !

- Mais je t’ai déjà dit que comprendre était totalement inutile et que, de toute façon, je ne m’y connais guère plus que toi… C’est juste, je sais pas moi, de l’instinct ! »


Le mentor et le disciple commençaient à s’énerver, comme souvent. Il fallait bien reconnaître que le jeune garçon faisait preuve d’une mauvaise volonté des plus marquées. Cela faisait maintenant une semaine que son maître essayait de lui expliquer son coup le plus efficace, sans aucun succès, et ce dernier commençait donc à se sentir agacé par le manque de réactivité de son élève.

« - Bon, je recommence. Tu ressens l’énergie en toi, tu la matérialises dans ton bras et tu frappes de la façon la plus directe possible pour que l’effet de vitesse soit encore plus important. C’est pas si compliqué, si ? »

Il fallait croire que si, et pour la énième fois, le bras du combattant en puissance fouetta l’air sans qu’on ne puisse percevoir une quelconque différence avec un coup classique…

« - Bon, allez, c’est bon pour ce soir… Fais ce que tu veux de ta fin de soirée… A partir de demain, on revient aux basiques, peut-être qu’on a juste pas assez travaillé ça… »

Mais pourtant, le garçon se sentait frustré de ne pas y arriver alors que son mentor, lui, le faisait sans aucun effort ou presque… Dans sa tête, il repassait encore et encore les explications de la technique, et essayer de mettre des concepts sur les mots qu’avait prononcé son mentor… Ressentir une énergie semblait facile pour le garçon, il était toujours prêt à se dépenser et à se battre ou à s’agiter. Mais pourtant, quelque chose clochait… Comment pouvait-on placer un état d’esprit dans une partie du corps ? Le voyageur était peut-être très fort, aux yeux du jeune homme, mais il n’était vraiment pas bon pédagogue. Peut-être que si le fils de marchand avait eu une explication théorique sur le chakra et ses caractéristiques, il s’en serait mieux sorti, mais il ne possédait que le mot et cette explication tellement incomplète : le chakra est une énergie intérieure… Il devait réussir, sinon pour son mentor au moins pour lui…

Le garçon ferma les yeux. Il n’était pas particulièrement friand de la méditation, mais parfois, mieux valait simplement oublier et se calmer pour recommencer les exercices sur des bases saines. Le travail acharné qu’il accomplissait tous les jours engourdissait ses bras, et les entraînements intenses avec son professeur n’arrangeaient pas vraiment la situation. Quelques minutes de détente ne pourraient donc pas lui faire de mal, pensait-il. Les yeux clos, le garçon repensait à ces quelques semaines qu’il venait déjà de passer en compagnie du voyageur qui l’avait sauvé des gosses de rue qui ne le supportaient pas. Il voulait que ce dernier soit fier, mais surtout, il voulait qu’il n’ait plus à intervenir. S’il avait été plus rapide cette fois-là, rien ne se serait passé… Il aurait poursuivi son combat, il aurait gagné, et tout se serait arrêté là. Il se serait fait une réputation dans le village, aurait dicté sa loi quelques temps puis il se serait tourné vers le métier de ses parents. Parfois, une erreur d’appréciation, une chute, et tout est chamboulé à jamais. Le bras droit de Kaori picotait. Les coups répétés dans l’air avaient eu raison de quelques vaisseaux sanguins qui exprimaient leur mécontentement en rappelant au jeune homme qu’il avait échoué…


« - Kso ! »

Il était difficile de se concentrer une fois le corps endolori… Le garçon se redressa donc vivement et se remit au travail. L’esprit embrumé par la fatigue naissante et la frustration qui s’agrippait à sa chair, il reprit ses frappes dans l’air. Quelques instants après, fatigué par le manque de résultats, il arrêta de bouger et se laissa tomber dans l’herbe verte de la clairière où il s’entraînait. Le ciel était particulièrement gris, et l’orage n’allait sans doute pas tarder à se déclarer… De fait, très vite un éclair déchira le ciel. Il y avait dans ces arcs électriques une telle beauté. Le père du garçon lui avait dit il y a bien longtemps que l’on ne voit jamais les éclairs, mais seulement leur image, et qu’ils sont beaucoup trop rapides pour que l’œil humain puisse les discerner. Un élément si vif qu’on ne le voit qu’après qu’il ait frappé et qu’il ait eu le temps de s’arrêter… Une rapidité aussi absolue, c’était le rêve du villageois… Mais il n’y arrivait pas… Peut-être n’y arriverait-il jamais d’ailleurs… La pluie s’abattit soudainement, comme si les gouttes de pluie voulaient masquer les larmes de frustration qui étouffaient le jeune homme. Le ciel ne voulait pas le voir pleurer, le destin non plus. La foudre s’abattait, semant des flammes et propageant la peur du divin. Si cette dernière se faisait tant entendre, peut-être fallait il y voir un message… Le garçon se sentait bien là, sous la pluie battante, son cœur synchrone avec les éclairs qui se multipliaient et venaient relier le ciel et la terre dans une teinte bleutée tirant vers le violet. Le ciel ? Oui, évidemment, peut-être que tout le problème résidait là… Un sourire éclaira le visage de celui qui prendrait bientôt le nom de Kaori.

***

« - Shuugeki Kaminari ! »

Il lui avait fallu des semaines, mais le résultat était là. Les yeux de l’un des hommes s’écarquillèrent. Perdant brusquement toute force dans les jambes, il tomba à genoux. Le poing gauche de Kaori, après avoir disparu aux yeux des quatre hommes, était réapparu au moment de s’écraser contre l’homme qui, pour ne pas avoir à sentir la douleur, venait de s’évanouir. Le poing était venu se loger juste sous les côtes, selon un angle très légèrement ascendant, visant à toucher le foie sans briser ou même toucher les côtes. Le foie étant déjà un des organes les plus sensibles du corps humain lorsque son activité est normale, un coup alors qu’il est occupé à éliminer l’alcool constitue une frappe décisive. Le coup avait été porté si vivement que le foie avait eu à rejeter une masse sanguine beaucoup trop importante, coupant les jambes de l’adversaire, et lui infligeant une douleur apparemment insoutenable… La question pouvait se poser de savoir si le jeune homme avait voulu préserver les côtes ou s’il avait juste souhaité frapper directement le foie pour démultiplier l’impact sur le système nerveux de son ennemi mais Kaori avait frappé par pur instinct, sans vraiment rechercher autre chose que l’efficacité… Difficile de le blâmer donc, et en un sens, bien qu’il n’en ait pas conscience, cela l’arrangeait un peu… Il avait été bien formé.

Pourtant, il lui avait fallu ce déclic, cette image de la foudre s’abattant fatalement sur le monde pour comprendre l’essence même de la technique qu’il venait d’utiliser. User du ciel pour compléter l’outil physique et frapper le sol, rien ne le prédisposait à le faire ou même à en avoir l’idée lorsqu’il avait débuté son entraînement. L’idée du chakra lui était alors apparu distinctement ou presque. Il fallait combiner ciel et terre, esprit et corps. L’esprit de cette énergie résidait dans le dualisme. Il fallait que toute l’énergie de son esprit s’incarne dans son bras et que sa force physique vienne compléter cela. Quoique Kaori n’en ait pas eu conscience, et tel qu’il l’apprendrait bientôt, sa maîtrise du chakra corporel était à l’époque parfaite, mais il n’avait jamais envisagé à un seul instant l’existence d’un chakra spirituel qu’il voyait simplement à présent comme une réalisation de son esprit. En ce sens, il se rapprochait peu des shinobis qu’il allait être amené à côtoyer, et tenait plus du commerçant que du ninja. Mais cela changerait sans doute après quelques explications. Le garçon comprenait vite, et celui qui sous-estimait cette capacité à apprendre était stupide.

Mais il restait trois hommes devant Kaori, et ces derniers avaient repris leurs esprits assez vite. Avant toute chose, il fallait terminer le travail qu’il avait commencé. Il avait déjà été surpris une fois par le réveil d’un supposé inconscient, et il ne comptait pas réitérer l’exploit. L’homme à genoux et inconscient ne put éviter le coup de pied largement descendant qui vint le frapper au sommet du crâne. Il n’y avait eu aucun véritable craquement sec qui aurait pu laisser penser que le jeune homme en avait trop fait, ce qui était sans doute mieux s’il espérait poursuivre une quelconque carrière au village ou même ne pas jouir d’une réputation trop douteuse… Toujours est-il que l’homme s’effondra, et s’il n’était pas mort, son état restait relativement peu brillant… Mais Kaori s’en moquait, fiévreux qu’il était de pouvoir enfin montrer ce dont il était capable. Une partie de lui espérait que Seiki n’était pas trop loin et qu’elle aurait l’occasion d’observer un peu le spectacle. Un adversaire était KO, et trois autres étaient en sursis. Mais ces derniers semblaient s’être réveillés…

De fait, l’un d’eux, un grand gaillard, vint jeter son poing en direction du visage du jeune homme qui, surpris, eut simplement le réflexe de rejeter sa tête en arrière pour atténuer le choc. Légèrement sonné, il vacilla en arrière, ce dont profita un autre homme pour lancer son pied dans l’abdomen du garçon. Ce dernier contracta ses muscles, mais l’impact le déséquilibra beaucoup trop, et il bascula définitivement en arrière. Entraîné par le poids de son corps, Kaori eut cependant le réflexe d’apposer au sol ses mains pour se rétablir prestement sur ses deux jambes, la vue troublée par le choc sur son visage. Il fallait vite repartir vers l’avant pour garder une certaine impulsion dans les jambes… Kaori s’élança donc une nouvelle fois, mais le coup avait du être plus violent qu’il ne le pensait, et le monde sembla se dérober sous ses pieds alors qu’il commençait à pencher sur sa droite… Faisant de cette infortune un avantage, Kaori laissa entièrement le poids du corps retomber sur le côté où il chuterait inévitablement pour accélérer le processus. Ce faisant, il roula sur le côté puis vers l’avant, toujours vers les trois hommes qui l’attendaient avec impatience, écartés les uns des autres comme pour lui barrer toute issue qui aurait pu lui servir à fuir. Évidemment, ces hommes étaient ivres et ne prenaient pas conscience que leur division causerait sans nul doute leur perte. Le garçon, emporté par sa roulade, profita de l’élan apporté alors qu’il allait entamer une nouvelle rotation pour plaquer une nouvelle fois ses mains au sol, et bondir vivement en hauteur, jambe tendue, et venant frapper un des hommes à la gorge. Étouffé, ce dernier tomba. Quoique chancelant, le garçon put prendre le temps de se rééquilibrer alors que les autres semblaient trop médusés pour bouger. Il frappa d’un direct le plexus solaire de l’homme qui avait été touché, afin d’être sûr qu’il ne représenterait plus aucune menace, le système respiratoire de l’ennemi étant momentanément neutralisé. Il restait deux adversaires à combattre, mais Kaori comprit bien vite que la tâche serait ardue seul. En effet, les deux hommes s’étaient rapprochés l’un de l’autre, formant une masse compacte, et ils avaient compris que le garçon en face d’eux avait perdu de son équilibre et, surtout, une partie de sa vision. En effet, un petit filet de sang obscurcissait son champ de vision, suite au coup reçu et à ses roulades sans précautions. Les deux hommes allaient venir sur lui très vite, et il ne pourrait sans doute pas lutter contre les deux. Si sa coéquipière n’arrivait pas, il allait devoir combattre. Il analysait trop lentement, mais il supposa que s’il venait à reproduire la technique secrète de son mentor, il pourrait au moins en éliminer un autre avant de se retrouver seul à égalité contre le dernier. Le garçon cracha le sang qui s’était infiltré dans sa bouche depuis sa lèvre entrouverte. Il extrapola les différents scénarios qui s’offraient à lui. Offrir un coup à la gorge pour masquer un véritable coup au foie semblait la route la plus sûre, mais si l’homme se révélait plus coriace, Kaori serait démuni… Deux individus groupés, plus grands que Kaori, sans doute musclés, mais assurément ivres contre un garçon sonné par un coup à la tête et donc moins rapide qu’il ne l’avait été jusque là.

Dans l’idéal, il lui fallait Seiki. Vite.



Chapitre 1.2




Dernière édition par Kaori Zenryuu le Mer 21 Avr - 18:31, édité 1 fois

MessageSujet: Re: [Mission rang D] Troubles dans l'Asakura...   Mar 20 Avr - 0:53

.:: La place des trois ::.
Chapitre 1 : Mission D
- Quatre gros méchants loups -


Même si Kaori n'était qu'un étudiant, il était très rapide. Plus rapide que moi qui passais mes journées à satisfaire ma curiosité intellectuelle. Peu de temps avant de se mettre en route, Kaori m'avait indiqué où je devais aller. Le seul problème, c'est que j'avais une boussole interne achetée dans un magasin un ryo. Elle ne valait pas grand-chose. Il ne lui avait pas fallu beaucoup de temps pour me semer et les ruelles de l'Asakura ne m'inspiraient vraiment pas confiance. C'est comme tourner dans un labyrinthe plein d'alcool, de jeux et de gens violents. Ce n'était pas l'endroit qui me plaisait le plus au monde. Si cela n'avait pas été de Kaori, jamais je ne me serais aventurée dans cet endroit quelque peu répugnant.

Tout allait bien, je me dirigeai le plus rapidement que je pouvais jusqu'au moment où je fis volte-face avec un chemin séparé en deux. En effet, devant moi se tenait un mur. Je pouvais aller sois à droite, soit à gauche et je ne savais que faire. Si j'arrivais trop tard et que l'aspirant venait à être gravement blessé par quatre gros tas pleins de graisse et d'alcool, je ne me le pardonnerais pas. Je ne pouvais cependant pas prendre un chemin au hasard, cela n'aura pas été mon genre. Je tournais les choix dans ma tête pendant quelques instants. Un moment, une dame m'approcha


[Dame] – Pourquoi restez-vous planté là à regarder le mur?


Je la regardai, puis lui souris


[Seiki] – C'est que je suivais l'un de mes amis, mais il allait plus vite que moi et je ne sais plus par où il est partie

[Dame] – Par la gauche.


M'avait-elle dit en me pointant la direction

[Seiki] – Merci bien, vous êtes bien aimable.


Sans perdre plus de temps je me mis à courir en dans la direction qu'elle m'avait pointée.


***

À mon arrivée, je pus constater que les hostilités avaient déjà débuté. Kaori était mal en point, du sang s'était infiltré dans son oeil et il en cracha de minimes quantités une fois de temps en temps. Il lui arrivait parfois de perdre pied, signe qu'il devait tout voir flou. Il allait sans doute avoir du mal à combattre seul les deux gorilles restants. Deux choix s'offraient à moi, d'abord je soignais Kaori et ensuite avec son aide, nous aurions de la facilité à pulvériser deux saoulons. Ou bien, je me la jouais solo et je combattais les deux hommes. Je n'étais pas assez forte pour affronter deux hommes saoul, plus musclé et plus âgé que moi. Je n'avais pas la force physique de Kaori. L'option un était la plus alléchante.

Je me mis à courir en direction de Kaori lorsque l'un des hommes tentait de m'en empêcher. Il se mit entre lui et moi me bloquant totalement le passage. Il était légèrement plus gros que les autres et de ce fait, ressentirait moins les coups et la douleur. C'était bien ma veine

[Homme Saoul] – Hé ho petite, on n'intervient pas.

Sur ses mots, il s'avança vers moi et voulut me frapper pour n'empêcher d'intervenir. Je réussir à éviter le coup de justesse en faisant un pas par en arrière. Je le regardais dans les yeux. J'avais pris un air sérieux et je ne voulais pas plaisanter

[Seiki] – Laisse-moi passer

Il éclata de rire

[Homme Saoul] – Sinon quoi?

Il avait raison... Sinon quoi? Que pouvais-je faire contre un adversaire aussi fort et aussi gros que lui. Je ne m'étais jamais entrainée pour le combat physique, ma partie à moi c'était la médecine. La médecine était la partie des arts ninjas que je maitrisais le mieux, alors pourquoi ne pas l'utiliser? J'avais obtenu à l'académie des connaissances sur tout le corps. Tout ce que j'avais de besoin, c'était de quelques instants pour me focaliser sur mes connaissances, d'une instant pour me concentrer. Instant que la fille dont m'avait parlé Kaori me donna en interpellant les deux gros babouins. Elle essayait de les raisonner, chose futile avec des hommes qui ont un peu trop abusé de l'eau de vie. Par contre, l'homme qui était devant moi perdit la concentration qu'il avait sur moi pour insulter à vive voix la dame. Pendant cet instant, je revis le corps humain en entier et dans ses moindres détails aussi rapidement que je le pouvais.

J'avais trouvé l'endroit idéal ou frappé. Par contre, pour ce faire, il fallait que le gros tas m'attaque. Chose plutôt facile, car l'alcool pousse à la violence. Je pris une roche qui était à mes pieds et lui lança dessus. Il la reçut en pleine tête. Bien sur, il n'eut pas vraiment ressenti l'attaque, mais après tout, tout ce que je voulais c'était attirer son attention et le forcer à m'attaquer. Quoi de mieux qu'un caillou en pleine poire? Comme je l'avais espéré, il fonça sur moi le poing droit plus haut que sa tête. C'était évident qu'il comptait m'attaquer avec cela et c'était justement ce que je voulais. Au moment où il arriva pour me frapper, je déviai mon corps de quelques degrés vers l'intérieur de son corps. Pris son bras avec ma main gauche tira pour mettre le coude en hyperextension et avec la main gauche, je frappai un nerf sous l'aisselle. L'homme s'écroula inconscient


[Seiki] – Lorsque ce nerf est frappé pendant que le bras est en extension. Il envoie un signal trop fort au cerveau qui a comme réaction de tout fermer causant une perte de connaissance. Pour frapper un nerf, il ne faut pas être fort

Dis-je en souriant l'homme inconscient. Puis, je me dépêchais d'aller voir Kaori


[Seiki] – Ne bouge pas quelques instants

J'approchais mes mains de son visage. Un flot de chakra verdâtre partant de mes mains se rendit dans son visage. Ses plaies commençaient tout doucement à se refermer. Ce n'était qu'un soin léger, mais cela allait l'aider pour la suite.


[Seiki] – Je ne suis pas assez forte pour l'affronter seule, alors aide-moi.

MessageSujet: Re: [Mission rang D] Troubles dans l'Asakura...   Mar 20 Avr - 11:21

Conclusion de l’affrontement et affrontement concluant…

Meilleur timing eut été difficilement envisageable, et alors que Kaori s’était résigné à l’idée de se prendre une raclée, un des deux hommes se déporta. Un bref coup d’œil informa Kaori de l’arrivée de Seiki, et le bruit d’une masse de chair s’effondrant sur le sol lui indiqua qu’ils n’étaient plus que trois dans ce combat… Enfin deux et demi puisque le garçon était vraiment mal en point. Mais sa coéquipière allait sans aucun doute réussir à mater ce dernier loubard, pas vrai ?

« - Je ne suis pas assez forte pour l’affronter seule, alors aides moi. »

Cet aveu de quasi-impuissance déstabilisa l’aspirant qui n’avait jamais cessé d’imaginer la jeune femme comme capable des meilleures prouesses. Bon, il était aussi vrai qu’elle venait de le soigner par des procédés qu’il ne connaissait pas. Si les effets du coup au visage semblaient vouloir ne jamais s’estomper, le soin avait au moins eu le mérite de refermer la plaie qui handicapait son arcade et, de ce fait, son œil. Kaori avait recouvré sa vision et globalement, il se sentait plus léger, prêt à en découdre. Il devait remercier sa bienfaitrice du jour en l’aidant à combattre cet homme. Peut-être aurait-il pu le faire seul, mais il préférait l’idée d’un combat en équipe. S’il pouvait se faire une amie en démontrant ses capacités au combat ainsi que sa vivacité et son esprit d’analyse, il n’allait pas s’en priver. Kaori était de ceux qui pensaient qu’un peu de vantardise bien placée pouvait toujours aider aux relations sociales. Ce faisant, il prit quelques secondes pour réfléchir à la situation. Leur ennemi était seul, mais son allure était moins paniquée que celle des précédents adversaires qu’ils avaient eu à combattre. Les effets de l’alcool étaient-ils moins marqués sur lui, ou était-il simplement plus habitué aux combats. L’histoire de l’homme importait peu à Kaori, mais si ce dernier se révélait beaucoup plus coriace, cela allait se révéler difficile.

Et de fait, avant même la fin de la réflexion de l’aspirant, son adversaire s’élança vers lui, épaule en avant, le visage plaqué contre cette dernière pour ne laisser aucune ouverture à la gorge. Kaori ne put guère qu’opposer une garde imparfaite face à une telle attaque brutale. Il décolla très légèrement du sol avant d’exécuter une roulade en arrière. Seiki fit un bond pour le rejoindre. L’homme ne semblait pas vouloir s’arrêter en si bon chemin, et il entama une nouvelle ruade. A la surprise de l’aspirant, la jeune femme qui l’accompagnait vint s’interposer entre lui et la brute. A la seconde où sa paume toucha souplement l’épaule de son ennemi, la jeune femme prononça distinctement :


« - Jinsei Noshi ! »

Du sang s’écoula de l’épaule de l’homme qui avait, du coup, cessé son mouvement. Il eut l’air interloqué un moment puis il reporta son regard sur Seiki, un rictus rageur au coin de la bouche.

« - Espèce de petite… »

Le coup prit la kunoichi au dépourvu, et l’angle selon lequel il s’était écrasé se révélait particulièrement dangereux. Kaori bondit, son genou prêt à se détendre pour réaliser un coup de pied sauté. Son adversaire recula vivement pour se mettre hors de portée de la jambe de celui qui aurait du être sa proie.

« - Ça va ? »

Seiki n’était peut-être aussi habituée aux coups qu’il ne l’était, et son visage commençait déjà à être tuméfié.


« - T’inquiètes pas, on va l’avoir… »

Le garçon, qui s’était accroupi auprès de Seiki pour lui parler se redressa et déposa son regard empli de colère sur son ennemi. La kunoichi se releva, une main sur l’épaule du jeune homme, une lueur verdoyante sur celle-ci. Elle le soignait sans doute… L’homme ne pouvait pas se permettre de les laisser mettre un plan en place. Il s’élança, poing à peine reculé sous ses côtes, prêt à frapper vite et fort. Du sang perla de son visage alors que le pied de Kaori vint l’atteindre à la joue.

« - Kso, raté… Accroches-toi ! »


Décidément, le chakra avait des particularités intéressantes. S’il pouvait soigner, il pouvait aussi entailler. Et parfois, il pouvait même se transmettre. L’aspirant de Kumo n’était guère différent des autres, et cela impliquait surtout qu’il possédait lui aussi des veines de chakra, veines qui pouvaient accueillir un chakra étranger pour qu’il s’en serve comme conduit. En ce sens, le talent de Seiki était indéniable. Était-elle en confiance, ou simplement extraordinaire, personne n’aurait pu le dire. Mais ce qui était sûr, c’est que si le pied de Kaori avait touché la tempe de son ennemi, le combat était terminé. Un coup renforcé par l’effet du Jinsei Noshi… Une puissance terrifiante née de la collaboration entre les deux jeunes gens.

C’était Kaori qui en avait eu l’idée. Pourtant, il ne connaissait pas grand-chose au chakra, et Seiki l’avait bien ressenti lorsqu’il lui avait demandé de faire son truc magique en se servant de lui comme réceptacle. Mais a priori, l’idée lui avait plu puisqu’elle s’était effectivement servie de lui pour apposer les effets du Jinsei Noshi dans le pied de Kaori qui avait pu frapper avec d’autant plus d’efficacité le rôdeur qui leur faisait face. Mais l’effet de surprise était maintenant estompé, et le garçon souhaitait se servir encore un peu de cette méthode. Il avait donc demandé à Seiki de rester à distance de contact de lui, la main dans son dos, afin de pouvoir user de sa magie au mieux. En y réfléchissant bien, Kaori savait déjà ce qu’était le chakra, mais il concevait mal l’idée qu’on puisse en faire un autre usage que celui qu’il en avait pour frapper plus vite… Il fit donc un bond vers l’avant, en prenant garde de ne pas être trop vif pour être sûr que Seiki le suive. Cette dernière le copia parfaitement, et le poing de Kaori fendit l’air pour venir frapper et entailler le torse de leur ennemi. Ce dernier eut un mouvement de recul, et Kaori le suivit aussitôt, bondissant vivement. Mais à la seconde où ses pieds heurtèrent le sol, il tomba à genoux. Une douleur terrible venait de lui lacérer le dos, à l’endroit où la main de Seiki s’était posée. L’aspirant préféra oublier l’idée d’une trahison et prit soudain conscience que la jeune femme était peut-être plus mal en point qu’il y semblait. Le contrôle de son chakra avait du lui échapper, et ça, même s’il ne raisonnait pas en ces termes, Kaori l’avait compris. Il se releva, l’homme ayant visiblement cru à un autre piège, et fit un signe de tête à Seiki qui signifiait : « On oublie ça, et on passe à la suite… ». Il fallait maintenant céder la place au plan B.

Le garçon se rua en avant, et la jeune femme plaça un genou à terre, sans doute épuisée par un tel combat. L’homme ne prit donc pas le temps d’examiner les gestes de la kunoichi et se concentra sur la furie qui s’élançait sur lui. Arrivé à une distance qu’il jugeait suffisant, Kaori stoppa tout mouvement pour se pencher à peine en avant, pivotant le haut du corps vers la droite simultanément. Sa main droite vint se poser au sol, et son corps se souleva, jambe gauche prête à frapper en extension. Le soulard opposa une garde efficace et leva ses deux poings pour contrer la jambe du garçon. Ce dernier redoubla son coup de pied, et lorsqu’il fut sûr que son adversaire ne rebaisserait plus la garde, il acheva son mouvement de pivot pour se retrouver le ventre en face du sol et asséner un double coup de pied digne de la plus rustre des mules. Le loubard décolla du sol mais parvint à rétablir son équilibre alors qu’il le touchait à nouveau. Un filet de bave et de sang humectait ses lèvres, et son air sembla soudain apeuré lorsqu’une voix claire s’éleva :


« - Ote-zume. »

Les yeux de l’homme s’envolèrent vers le ciel et il perdit connaissance. La frappe de Seiki dans la nuque avait été parfaite. Se faire oublier pour mieux frapper, c’était une tactique assez connue pourtant… Dommage que ce n’ait pas été son cas. Kaori souriait. Il laissa retomber la tension de l’affrontement. Ils avaient vaincu quatre adversaires tout seuls… Ils se sentiraient peut-être moins puissants maintenant qu’ils avaient été rossés par deux jeunes comme Seiki et lui… La gueule de bois du lendemain allait sans doute se révéler particulièrement importante. Kaori allait lui aussi avoir du mal à se lever le lendemain, et Seiki semblait blessée également. La pensée du lendemain s’accompagna presque immédiatement de nouveau de l’inquiétude pour son logement.

« - Wouhouh ! Trop classsssse… Avec le petit « Ote-zume » à la fin et tout… Non franchement, ça claque quand même… »


La voix s’était élevée juste à côté de Kaori qui sursauta aussitôt avant de se tourner vers la source du bruit. Là, une femme se tenait. Non contente d’être magnifique, sa voix était également pure et son sourire amenait de la lumière à cet endroit qui en manquait cruellement. Un bandeau de Kumo sur le front, elle avait l’air contente d’être là.

« - Désolé de ne pas être intervenue plus tôt… Mais c’était marrant, faut me comprendre aussi… On a eu une plainte à propos de troubles dans l’Asakura, et là je vois quoi ? Un aspirant et une genin en train de massacrer des mecs bourrés… Ah non mais des fois… Enfin bon, a priori la plainte ne portait pas tant sur ce que vous avez fait vous que sur le fait que ces hommes causaient du tort aux habitants et qu’ils ont endommagé quelque peu la terrasse du restaurant qui est là-bas. »

Elle pointa du doigt un restaurant où le sol était jonché d’alcool et où certaines tables avaient été renversées.

« - Alors alors… A priori, c’est une mission de rang D que je devais faire en ma condition de juunin à qui on refile d’office les missions ch… ennuyeuses mais urgentes, mais là, vous avez fait le boulot à ma place. J’ai quelques principes quand même, donc y’a pas de raison que vous ne soyez pas récompensés pour ce que vous avez fait. »

Kaori était surpris. D’une part, la femme était apparue sans qu’il distingue sa présence une seule seconde, alors qu’a priori elle était là depuis un moment. De plus, sans nul doute, elle parlait beaucoup et très, très vite…

« - Bon, je vais en parler à l’Académie, on verra ce qu’ils en pensent… Mais euh, soyez pas déçus si vous voyez rien arriver hein, c’est pas si grave… Bon, je me présente, Yui, juunin de mon état, mais ça vous l’aurez déjà compris, parce que vous avez l’air intelligents et que… D’ailleurs, c’était quoi ce truc avec l’Eisei ? Enfin je veux dire moi j’avais une cousine… »


Dix minutes plus tard, le flot de paroles restait ininterrompu.

« … Enfin bref, faut que j’aille emmener ces quatre brutes aux geôles de Kumo, ça va les dégriser vous verrez…

- Euh avant de partir, si vous allez à l’Académie, vous pourrez leur demander un logement pour moi… »

Les joues de Kaori devinrent écarlates alors qu’il comprit que sa demande était totalement déplacée dans la situation présente. Mais étonnamment, la jeune femme ne sembla pas se formaliser, et éclata même d’un rire sonore.

« - Bah ça tombe bien, il fallait que je demande à l’Académie de mettre une annonce, je cherche un colocataire. T’es tout mignon avec tes joues toutes rouges, alors t’es le candidat idéal. Bah du coup, attends moi ce soir devant les portes de l’Académie, je viendrais te montrer ton nouvel appart’. »

Kaori sourit mais la honte était toujours présente, il se sentit donc soulagé lorsque la juunin disparut aussi facilement qu’elle était apparue. Il se tourna vers Seiki qui était restée aussi muette que lui lorsque la juunin avait parlé… En réalité, pour parler, il aurait fallu qu’elle fasse une pause ne serait-ce que de quelques seconde, or « s’arrêter » ne semblait pas faire partie du vocabulaire de cette kunoichi. L’air de Kaori redevint sérieux alors qu’il s’inclinait en direction de Seiki.

« - Merci. Sans toi je n’aurais jamais réussi à les vaincre tous, et sans aucun doute ma punition n’aurait pas été enviable. Tu es vraiment forte Seiki, et j’aimerais bien avoir le quart de tes capacités… J’aimerais bien pouvoir soigner les gens comme tu le fais… »

Kaori était sincère. La médecine le fascinait déjà quand il était petit, mais maintenant qu’il savait que cela existait et que les prouesses permises étaient encore plus grandes dans le monde des ninjas, il se sentait attiré vers cette voie. Il ajouta, avec un grand sourire :

« - Et je te rembourserai, ne t’inquiètes pas. »



Chapitre 1.2




Dernière édition par Kaori Zenryuu le Mer 21 Avr - 18:31, édité 1 fois

MessageSujet: Re: [Mission rang D] Troubles dans l'Asakura...   Mer 21 Avr - 1:07



Mission de rang D - Troubles dans l'Asakura - Accomplie

Kaori : + 47 XP ( bonus mission inclus ).............
+ 25 £ ...................................
+ 1 Réputation ........................

Seiki : + 35 XP ( bonus genin et mission inclus )
+ 25 £ ...................................
+ 1 Réputation ........................

C'était plaisant à lire et l'idée était bien exploitée. Beau travail à vous deux =)
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MessageSujet: Re: [Mission rang D] Troubles dans l'Asakura...   

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