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 Derrière les traces de la Saltimbanque blanche

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MessageSujet: Derrière les traces de la Saltimbanque blanche   Dim 2 Mai - 23:21

[Seuls les administrateurs ont le droit de voir cette image]



Pseudonyme : Shiro Kage - L'ombre blanche

Nom et Prénom : Satsubatsu Aishuu

Âge : 25 ans

Village : Native d'une petite parcelle de terre isolée

Grade Envisagé : Voyageur de rang émérite

Quête légendaire : Oui


Dernière édition par Shiro Kage le Dim 20 Juin - 18:01, édité 7 fois

MessageSujet: Re: Derrière les traces de la Saltimbanque blanche   Dim 2 Mai - 23:30

Préface : A l’ombre de l’ambre et de l’améthyste…


Le jeune homme, trempé par la pluie qui s’abattait dehors, laissait une marque de son passage sur le planché. Il naviguait entre les ivrognes qui, complètement imbibés, mais eux, de l’intérieur, braillaient, bougeaient, d’une manière incessante. La pièce était dans un état lamentable : les tables subissaient l’alcoolémie des larrons, la nourriture était dispatchée un peu partout, ce qui conférait à cette taverne un air massacré. Mais s’il voulait vivre, il se devait de faire ce qu’il qualifiait de « travail ». Il trainait avec lui une sacoche de cuir qui semblait lourde et usée. Les lattes du planché grinçaient désagréablement sous ses pas, alors qu’il s’apprêtait à s’approprier la scène.
Personne ne portait vraiment attention à cette personne à la peau dorée par le soleil. C’était un homme du voyage, il baignait jusqu’au pore dans la liberté de ne savoir où vivre, où dormir. Un homme qui vivait au jour le jour, car le futur est pour un homme libre, ce qu’est une femme : une chaine contraignante. Cela allait faire huit ans qu’il s’était choisi de vivre en ermite.
Torse nu, le jongleur s’approcha du bord de la scène pour y déposer une écuelle afin de récolter le butin de sa prestation, avant de gravir cette marche. Il se laissait dévisager par les gens, ça n’avait pour lui qu’une maigre importance. Il savait qu’il avait un physique des plus attrayants, et que ce soir, il ne dormirait pas seul : en effet, une serveuse n’avait pu détourner son regard de son corps musclé et semi-dénudé depuis qu’il avait franchis le seuil de la porte. Il avait tout pour plaire, et c’était ainsi qu’il obtenait l’argent qui lui servait à vivre. D’ailleurs, il était en soi assez riche par rapport à son statut qui ne lui conférait aucun avantage. Sa peau, d’un cuivre halé semblait scintiller sous les flammes des torches. Son torse était musclé, comme si un sculpteur grec avait choisi de tailler son corps dans le moindre galbe. Ses bras forts conféraient à toutes les demoiselles une illusion de sécurité lorsqu’il les enlaçait. Ses mains agiles tenaient deux torches chacune avec lesquelles il jonglait habillement, éclairant la salle de la rage du feu, qui illuminait son regard d’un rouge vif. Ses cheveux ébouriffés dansaient avec les étincelles, roux comme ils l’étaient, ils se confondaient à la douceur de la chaleur. Il était là pour le spectacle.
Quelques voix exclamatives témoignèrent de leur admiration alors qu’il enchainait les prouesses techniques avec les quatre torches qui crépitaient sous le joug de l’incendie. Puis une ombre blanche glissa dans la foule, retenant l’attention du saltimbanque… Un de ses jouets échappa à son contrôle et manqua de peu de tomber sur le sol boisé. Heureusement qu’il était vif, sans quoi la taverne aurait fini en brasier. La beauté givrée avait disparu… La plupart des gens ne s’intéressait qu’à la qualité de la bière, et le peu qui suivait les mouvements de l’artiste se retrouvèrent à hurler leur désinvolture face à l’acte qui manqua de se produire. L’ambiance devenait électrique…

[?] - « Elle lui ressemblait… »

Perdu dans ses pensées un peu trop longtemps à son goût, il ne put contrôler ce soupir qui s’écoula de sa bouche, mais qui fut couvert par le brouhaha des spectateurs. Il reprit ses esprits, mais remarqua que pendant ses quelques secondes d’absence, une bagarre avait éclaté. Il n’y avait pas plus destructeur que cela pour nuire à une recette nocturne. Cela pressait, il fallait absolument qu’il trouve un moyen de les intéresser.
La jolie serveuse, suite à un clin d’œil aguicheur, s’approcha en lui apportant un seau d’eau. Son déhanché lui était bien agréable, mais il était à présent troublé. Pourtant, il n’y avait pas de raison à ça, cette nuit, c’est elle qui lui payera sa chambre pour quelques heures de volupté. S’emparant du seau, il lâcha les torches dans le liquide, les laissant agoniser dans une fine fumée grise, avant de saisir sa sacoche et de l’empoigner fermement. Il devait passer au stade au dessus. Il attrapa délicatement cinq couteaux à la lame longue et redoutablement aiguisée, et s’élança sur les tables d’un saut maitrisé, jonglant à nouveau avec ses engins de mort. Il dansait sur les tables, révélant un charme certain et une assurance savamment dosée, qui en épatèrent plus d’un.
Fort heureusement pour lui, les regards s’adressèrent à nouveau à lui, et tous l’acclamaient dans l’espoir qu’il anime comme jamais ce lieu si dépravé. Du coin de l’œil, il suivait la serveuse qui s’avançait entre les gens, un plateau à la main, lorsqu’elle croisa son patron qui la bouscula violemment. Elle chuta et ce porc se pencha sur elle et n’allait pas se contenter que d’un sourire.
Le regard du jeune homme devient plus sévère, et un de ses couteaux vola en direction du pervers, lorsque soudain… Il n’y avait qu’un dixième de seconde pour voir ce qui s’était produit. Un épais plateau de bois avait coupé la route au couteau, et qui, avec son poids, l’entraina dans sa chute : il était fendu en deux par le milieu… Les badauds se turent, se tournant tour à tour vers le jeune homme et le dirigeant du coin. Un silence incroyable s’était posé. Le regard du gros tavernier pivota avec un air parfaitement énervé, hurlant à l’auguste de déguerpir, quand une rose de glace s’approcha du coin. La jeune femme était très pâle, sans doute trop pour que cela ne choque pas, mais cela ne rehaussait que sa beauté et son élégance. Sa main tenait encore la chope qui était posée sur ce qui était un plateau. Le jongleur se figea en la voyant. Il ne se passa rien, pas un mot. Seule la demoiselle s’animait, avançant félinement vers la serveuse, afin de l’aider à se relever. Les regards suivaient son chemin, mais elle ne tourna pas une seule fois la tête… Après avoir exécuté sa bonne action, elle se retourna, et disparu de là où elle était venue, comme un fantôme…
Le cinéma était trop bien orchestré. Les gens se mirent à applaudir en lançant une pluie de pièce d’or dans l’écuelle, clinquant d’un son très doux. Mais cela n’avait jamais été prévu, contrairement à ce qu’ils imaginaient. L’artiste n’avait toujours pas reprit vie, les pièces passaient au dessus de lui sans qu’il ne puisse les voir… Pourtant, ce soir, c’était son succès. Elle venait et elle partait, telle une illusion, serait-ce elle ?
La voix de la serveuse le sorti de sa torpeur, alors qu’il réagissait à la tournure qu’avaient pris les évènements. Il se laissa glisser, descendant de son piédestal afin de s’incliner aux côtés de la belle et jeune serveuse. Lorsque les acclamations prirent fin, il s’empara de sa nouvelle acquisition, tout sourire, bien qu’au fond de lui, il portait le trouble. Il enlaça ensuite la taille de la demoiselle à ses pieds et lui fit un redoutable sourire. Ce n’était qu’une ressemblance fortuite, elle n’était plus. Ce soir, il serait avec la naïve qu’il venait de faire succomber. La taverne pu redevenir un véritable tohu-bohu.

Alors que le beau jongleur avait envahit le comptoir, face à sa conquête, l’artiste suivant devait tenter sa chance pour survivre. Mais il ne fallait pas se leurrer, après le triomphe du saltimbanque, il allait en falloir beaucoup pour que la foule daigne ne serait-ce qu’orienter son regard vers la scène. Le pauvre prétendant suivant devait se trouver bien malheureux… D’ailleurs, il s’agissait d’une prétendante. Malgré son physique fortement remarquable et ses vêtements osés, pas même un intéressé pervers ne se tourna pour la regarder : le néant de l’attention. Pourtant la jeune femme n’était pas banale.
Sa peau était d’une pâleur livide, comme si elle n’avait, contrairement au jeune homme, vu le soleil, jamais baigné son corps dans la douceur d’un rayon de miel. Cette couleur, ou plutôt, cette absence de pigmentation, rehausser la beauté de ses traits fins, et de ses jolis yeux d’améthyste. Ses yeux violets démentaient la fraicheur de son teint de coton et de ses lèvres, pareilles à un bourgeon de rose. Elle était coiffée de longs cheveux blancs, d’un blanc pur, comme s’ils incarnaient la lumière elle-même, montée en queue de cheval, resserrée par un collier de perle aussi lilas que ses iris. Elle intriguait énormément, et pourtant, là, rien.
Elle se dirigea d’un pas lent vers le bord de la scène pour y déposer un modeste bol en guise de récipient pour l’or. Elle n’attirait même pas l’attention des gens, il lui serait difficile d’acquérir le moindre gain. Cependant, le saltimbanque n’était pas parvenu à quitter ses yeux du corps étrangement vêtu de la pauvre ignorée. En effet, sa tenue n’était pas des plus répandues… Sa poitrine était laissée nue, se contentant de se dissimuler tendrement derrière l’ourlet du kimono violacé qui lui faisait d’amples manches, et qui retombait derrière elle d’une façon longue et simple. Devant, elle était fendue en un pan simple et court, qui s’effilait entre ses jambes. Sous sa poitrine était lacée une ceinture large brodée de motif argenté qui rappelait la bordure de ses longs bas sombres. A ses mains, elle portait de longs et fins gants noircit qui se figeaient à la moitié de ses phalanges. Etrangement, elle ne portait pas un collier autour de son cou tendre, mais on y retrouvait d’étroites bandelettes de soie qui s’enroulait autour d’elle comme un anaconda. Elle l’intriguait…
Elle s’approcha ensuite du centre de la scène, s’asseyant lentement sur une petite hauteur, puisqu’elle n’était à peine digne d’une chaise. Humblement, elle attrapa une étroite sacoche cylindrique, et l’ouvrit délicatement pour en sortir un objet finement travaillé. Sa main glissa sur le bois blanc de sa flûte, caressant les sculptures qui la composaient. Ses paupières ses baissèrent, tandis que ses mains déposaient le bois tendre à la commissure de ses lèvres.
L’agitation était à son comble, un débat des plus intéressants faisait rage : la remise en question des résultats du concours de bière. Le jongleur soupira, désespérée pour la pauvre créature qui se faisait humilier… Elle n’avait rien fait pour mériter un tel manque de respect. Puis un rustre commença à lancer un morceau de pain dur sur la jeune femme en hurlant qu’elle était inutile. Un peu remonté, le jeune homme ne put rien dire, voyant que sa colombe d’un soir riait comme une hyène sur ses genoux. Pourtant, elle lui avait rendue service…
Dans ce désordre, la femme-cristal ne se défila pas. Elle souffla ses premières notes… Un silence se fit aussitôt : ces mots faits de musicalités semblaient pénétrer au plus profond le cœur de chacun. Ses doigts bougeaient avec grâce sur les embouchures de l’instrument, jouant une mélodie sucrée qui semblait venir d’un village lointain. La musique n’est pas une langue, mais pourtant, les gens semblaient comprendre les notes, les mots, et tous dans un même sens. Une terrible mélancolie retint tout le monde en haleine, même l’alcool se montrait calme. Chacun comprenait la dure vie qu’avait subit la jeune musicienne durant tout le long de sa vie, la maladie, le voyage et l’exclusion. Traquée comme elle l’était, ils avaient le cœur serré par l’intensité des mots, la force des paroles sous-entendues… Les personnes qui s’étaient montrées grossières éprouvaient même du remord. Elle les avait bien eus…
Le temps s’était figé, pourtant, son souffle cessa, la symphonie périt. Le silence laissait les badauds cois. Plus rien, comme si tout était mort avec la tirade de note. Puis il y eu une sonorité qui vint briser ce timbre morne : celui de l’or qui cognait sur la porcelaine. Les pièces venaient de partout, elle s’en sentait même presque agressée. Mais elle ne bougeait pas, elle était bien trop vive, elle pourrait risquer de se faire reconnaitre…
Le jeune homme ne bougeait plus, subjugué. C’est elle qui l’avait eu… Il souleva délicatement la serveuse sur ses genoux, et se redressa, attrapant son écuelle débordante… Il avança vers la scène et déposa aux pieds de la demoiselle tout ce qu’il avait durement gagné quelques minutes après. Ainsi placé à genoux face à elle, il cherchait à croiser son regard, c’était lui qui communiquerait l’identité de la perle blanche. Mais il n’en fut rien, elle le fuyait. Elle se leva, ne prenant que ce qu’elle avait besoin, et s’enfuit dans la foule, laissant la sacoche de son seul ami sur le sol. Le jongleur s’en empara et caressa le cuir fin du bout des doigts…

[?] - « Et la colombe y laissa une plume… »

La timbre de sa voix était grave, et sonnait sombrement, comme si le doute s’éprenait pour l’envie. Il se retrouva, las, sous la pluie de pièce, alors que celle qui l’avait méritée avait fuit. Le mystère dansait dans l’ombre. L’améthyste de glace avait cherché l’échappatoire, tandis que l’ambre rayonnait dans l’envie de savoir.

La serveuse s’avança sur la scène et commença à cacher un maximum de pièces dans ses poches, en s’approchant, aguicheuse, de celui avec qui elle s’imaginait déjà mariée. Elle glissa dans son dos, l’enlaçant tendrement, caressant son torse du bout de ses doigts. Elle approcha sa bouche auprès du creux de son oreille et lui glissa d’une voix mielleuse…

[Serveuse] - « Et si tu venais t’installer dans ma chambre ? Ca t’économisera le prix de la nuit… »

L’auguste acquiesça d’un hochement de tête, et elle l’empoigna de sa petite main pour qu’il la suive jusqu’à l’escalier délabré qui conduisait aux chambres de l’auberge. C’était assez modeste, mais il savait qu’il ne fallait pas faire le difficile lorsqu’il s’agit de se mettre au chaud la nuit… La jeune conquérante savait qu’elle avait tout bon dans sa manœuvre, et entre-ouvrit la porte de sa chambre afin de montrer au jeune jongleur où est-ce qu’il allait pouvoir se détendre. Cependant, le regard de l’homme à la pauvre d’ambre se porta sur un ruban violet qui s’était coincé dans le verrou de la porte d’une chambre un peu plus loin.
Il lâcha alors la main de l’employée et s’avança dans le couloir qui craquait sous ses pieds. Le ruban de soie avait l’air décapité, ainsi abandonné. Il ne pouvait s’en empêcher… Ignorant totalement les remarques de sa dernière conquête, il attrapa du bout des doigts le tissu délicat d’une main, tandis que l’autre tournait lentement la poignée. La porte laissa plaindre un de ses cliquetis, et s’ouvrit lentement… Il la poussa avec légèreté, progressant dans la salle qui était dans la totale obscurité. Néanmoins, pour ne pas se retrouver avec la serveuse sur le dos, il ferma la porte et la verrouilla avant de retourner à son exploration. Sa main glissait sur le tissu pour la guider, tel un fil d’Ariane.
Sa vue ne s’habituait pas dans une telle obscurité, si profonde, telle un abysse. Il n’y avait pas la moindre arrivée de lumière, les volets étaient totalement fermés, et un rideau épais était dressé devant la fenêtre afin de couper la venue de la lune entre les rainures. Rien ne bougeait, mais il avançait dans la pénombre, jusqu’à sentir un souffle chaud dans son dos… Alors, tout se figea. Il tourna les talons, lorsqu’il sentit une pression s’exercer sur lui. Dans sa main, il sentait fuir le ruban…
La jeune femme avait tiré avec une certaine force sur le ruban, refermant son piège sur l’homme indiscret. Le ruban enlaça son corps, et se resserra autour, le piégeant dans une étreinte empoisonnée. Elle noua d’un nœud bien serré les extrémités des tissus, et poussa le cocon qui chuta sur le sol dans un craquement brusque. La jeune musicienne glissa féline, et s’approcha de cette personne bien curieuse avant de s’assoir sur lui. Elle approcha son visage à proximité du sien, le dévisageant, le perforant de ses yeux prune…
Le jongleur, en position de faiblesse savait néanmoins cacher une de ses vocations principales… Après de longs efforts qui se voulaient discrets, il parvint à attraper la hanse d’un kunai qui était dissimulé sous le haut de son pantalon. Il devait être le plus prudent possible puisque la demoiselle était à une proximité intime de lui. C’est avec une précaution magnanime qu’il parvint petit à petit à trancher le tissu, lui laissant une plaie fileuse béante. Il remontait peu à peu, jusqu’à pouvoir libérer ses mains. Pendant se temps, la vagabonde approcha son visage du sien, puis glissa son nez le long de son cou, se délectant de ses effluves…


[Aishuu] - « Que cherches-tu, encore, par ici ? »

Sa voix sonnait comme une lame de givre qui se brisait contre un rocher : fine et meurtrière. Contrairement à toute logique, le mot « encore » s’estompait, presque murmurer, tandis que dans ce genre de situation, il aurait plutôt eu à porter l’accent. Du bout de l’index, elle retraça l’axe de symétrie de son visage, continuant de le humer comme un tendre effluve. Elle le sentait retenir son souffle haletant, elle le sentait déglutir, mais elle ne surveillait pas ses arrières.
Le jeune combattant posa ses mains sur sa taille, et l’empoigna pour la plaquer sur le sol et reprendre le dessus. Il tenait fermement ses poignets pour éviter le moindre volte-face, il l’avait eu par surprise, ça ne se représenterait plus jamais de cette manière, plus jamais à son avantage. Ses yeux commençaient enfin à ce faire à un tel degré de noirceur, et il tentait de tracer les lignes du visage de son adversaire, cependant, avec un air doux. Cette fois, il avait vu juste…

[?] - « On joue la morte avec moi, Ai ? »

La jeune femme avait beau être quelqu’un d’habile et de fortement intelligent, elle ne pouvait rien face à la force brute qui la maintenait au sol. Plus elle bougeait, plus il s’approchait d’elle… Lassée, elle se résignant, appuyant sa tête sur le parquet âgé, fermant les yeux en échappant un soupir…

[Aishuu] - « Essaierais-tu de me faire croire que je t’ai manqué ? » Le timbre épineux de sa voix n’échappa pas au ninja…

[?] - « Tu sais parfaitement où nous en étions tous les deux, alors pourquoi agir ainsi ? »

[Aishuu] - « Il n’y a d’excitant dans un binôme que l’instinct maladif qu’a quelqu’un pour quelque chose qui lui glisse entre les doigts… »

[?] - « A quoi rime ce jeu ? Cela va beaucoup trop loin… »

[Aishuu] - « Ne t’es-tu pas senti vivant lorsque tu es parvenu à m’avoir ? »

[?] - « L’élève a dépassé le maître… »

Le silence figea les deux corps enlacés. L’élève avait-elle réellement vaincu le maître ? Au plus profond de lui, il voyait de quoi voulait parler la musicienne, en effet, lorsqu’il l’avait aperçu, il avait senti son cœur battre : et cela faisait bien longtemps qu’il pensait que ce n’était plus possible. Une éternelle chasse à l’homme n’était pas non plus ce qu’il recherchait, d’autant plus que depuis la mort de sa dulcinée au caractère glacial, il avait multiplié ses conquêtes à l’échelle d’une par jour. Cependant, il s’en voulait un peu, de ne pas avoir cherché un peu plus une trace d’elle. Elle était dans sa peau, et sommeillait dans son corps… Tout n’était pourtant qu’un jeu.
S’il en était ainsi, autant profité du gain éphémère qu’il avait sous la main. Il caressa sa joue du bout de son nez, effleurant ses lèvres envieusement. Elle ne bougeait plus, s’abandonnant à celui qui la tenait prisonnière. Son otage ne montrait aucune marque de désapprobation : alors, il se lança. Caressant toujours ses lèvres, il vint cette fois les embrasser, passionné par leur goût, cette saveur qui lui manquait. Se laissant au gré de se plaisir, il lâcha son emprise, et eu la surprise de voir qu’elle lassa ses bras autour de son corps. Peu importe qui payait la chambre cette nuit : cette nuit, c’est elle qu’il voulait.
Il passa ses bras sous ses genoux, puis sous ses épaules, et la souleva pour l’allonger sur le lit. Il glissa son bras sur la large ceinture de tissus et remonta, caressant son flanc, pour finir par lui retirer son kimono. Une fois que leurs corps furent totalement refusés à autre vêtement que les draps, ils se mêlèrent pour créer la plus pure des alchimies. Une communion bruyante de plaisir animée de désir. La nuit leur fut longue, mais le sommeil timide.

Le lendemain matin, la lumière agressait les yeux du jeune homme enveloppé dans les draps. Après une nuit de volupté, il fallait toujours dormir à son aise, et là, ce détail l’avait dérangé. Les volets, tout comme la fenêtre, étaient grands ouverts… Il posa sa tête dans sa main en soupirant. Elle aurait osé ? Son visage sembla soudainement clos, et il pâlit lorsqu’il pu correctement distinguer un plateau sur sa table de nuit, avec le petit déjeuner servi, avec une petite enveloppe blanche… Il l’attrapa aussitôt, encore plein d’espoir.

« Jamais la Lune et le Soleil ne pourront gouverner sur le même ciel.
Ai. »



Dernière édition par Shiro Kage le Ven 18 Juin - 20:28, édité 1 fois

MessageSujet: Re: Derrière les traces de la Saltimbanque blanche   Dim 9 Mai - 13:53

Chapitre 1 : La naissance de l’exclusion


L’air froid glissait sous la porte d’une petite maison de fortune. S’engouffrant dans la pièce modeste, il sifflait comme s’il cherchait à se faire remarquer. Dans ce courant d’air frais hivernal se trouvait une belle jeune femme, accroupit devant une table basse, avec un pinceau dégoulinant d’encre dans sa main. Un frisson lui parcouru l’échine, ce qui eut pour effet de faire perler une goutte noire sur le magnifique papier ancien, qui devait dater de bien des générations. Sournoise, elle se propagea dans les fibres du parchemin, s’infiltrant et conquérant le terrain. La jeune femme ne retint pas sa tête lorsqu'elle ’lissa en avant, balayant ses cheveux bleus hors de son visage. Ses deux yeux étaient clos, Morphée avait déjà serré ses bras autour d’elle. Son visage était cependant un peu inquiet, malgré que la fraîcheur de sa peau ne cherche à faire croire à un apaisement.
Mise appart les plaintes du vent, il n’y avait aucun bruit dans la petite maisonnette de fortune. Tout était rangé d’une manière très méthodique et droite, rien ne dépassait, comme si classer était un maître mot d’ordre. Tout ce qui rendait cette pièce un peu vivante, c’était le corps inanimé de la jeune femme. Sinon, les estampes, les livres, les parchemins, tout se voyait clos dans une parcelle qui n’était pas plus grand que leur propre taille, comme pour les soumettre à une norme, à une façon d’’être et de ne pas ressortir de la masse. Tout était savamment calculé, ce qui donnait une impression de faux, comme si tout n’était qu’illusion. La senteur du bois usé parfumé l’air, mêlée aux effluves du papier ancien. Tout avait une odeur qui rappelait le passé, comme si la vie n’avait jamais eu de présent. Cet univers qui avait beau sembler être un cadre idéal, avait quelque chose d’étouffant, de terriblement angoissant pour ceux qui vivait en son sein.
Timidement, une main se posa sur la poignée de la porte d’entrée… De toutes ses petites forces, une enfant tentait d’appuyer sur la vieille protubérance qui était assez réticente à chaque contact. Après avoir lutté contre elle, la demi-personne parvint à se faire respecter de la porte et l’ouvrit, faisant rentrer avec elle le froid et la pluie. De petite taille, frêle et trempée, la petite fille tremblait sur le seuil. Elle n’eut pas la présence d’esprit d’accompagner la porte pour la fermer, et celle-ci se claqua violement, réveillant la demoiselle. Cette dernière sursauta, noircissant une fois de plus le palimpseste d’une énorme tâche. Comme si ce geste était automatique, elle se retourna vers la porte, pour y voir, un peu apeurée, la petite demoiselle aux cheveux de neige… Le saphir se leva et se dirigea immédiatement sur la moitié de personne, d’un air mêlant gravité et inquiétude.

[Airô] : « Ai, te rends-tu compte de l’heure qu’il est ? Je t’ai attendue toute la nuit, je n’ai même pas pu travailler, je vais encore me faire réprimander par le Kage. Je sais que tu ne comprends pas encore tout ça, car tu es jeune, mais tu dois rentrer beaucoup plus tôt. Déjà que ton père est un vrai fantôme dans cette maison, ne fait pas de même… »

Tout en délivrant sa leçon, la jeune femme aux cheveux d’océan enlaça sa fille tandis que cette dernière, un peu confuse, baissait la tête. Elle n’avait rien d’une enfant désobéissante, et de ce fait, elle prenait toujours très à cœur les reproches, ce qui la chagrinait un peu. Toujours tremblante comme une feuille morte, elle dit d’une petite voix enfantine et timide…

[Aishuu] : « Je crois que je suis maudite… Papa aussi… Nos cheveux blancs nous rendent peut-être fantômes Maman… J’ai peur… »

Elle cacha sa tête entre les bras de sa mère, comme si elle attendait qu’on la punisse pour une quelconque bêtise… Cependant, Airô resta coi face à l’angoisse de sa fille, qui était bien trop jeune pour tout comprendre. Elle était séparée entre deux hypothèses : lui mentir, ou lui dire la vérité. Mais la vérité fait souvent beaucoup plus peur que ce qu’on ne le voudrait. Elle ferma ses yeux pour réfléchir, lorsque la porte s’ouvrit derrière elles.
Il y eu un long moment de silence, comme si, même à l’extérieur, le vent, la pluie, avaient cessé de parler. Une ombre entra, cachée par une multitude de bandage. L’enfant, retrouvant tout d’un coup le sourire, s’écarta des bras de sa mère pour sauter sur son père. Alors qu’elle fut en contact avec sa jambe, deux choses la frappèrent. La première, c’était que le corps presque entier du ninja était bandé, on ne voyait plus une seule parcelle de sa peau. La seconde fut beaucoup plus dure pour elle : c’était une odeur persistante, une odeur aigre qui flétrissait l’air par ses effluves. Une odeur de sang, une odeur de mort. Reculant de deux pas pour faire face à son second parent, la petite ne pu s’empêcher, inquiétée par toute cette mise en scène autour du corps de son protecteur.

[Aishuu] : « Papa, tu es blessé ? Tu es tout caché sous les pansements ! »

Airô fondit en larme, se laissant glisser sur le sol, le dos appuyé contre la porte. La maladie se propageait d’une manière impressionnante, bientôt, son époux ne serait plus qu’un amas de chair pourrie, et dont la vie ne sera plus qu’une question de temps. Voyant ce triste spectacle, le ninja baissa la tête vers sa fille, pour lui murmurer…

[Takeo] : « Je suis désolé de t’avoir condamnée à une vie de souffrance… »

Après ça, la petite fille ne comprit pas tout. Dans sa tête, une seule chose se présentait : machinalement, elle cacha contre elle le livre qu’elle avait trouvé dans la journée, celui qui avait attiré toute son attention. En effet, Ai était une enfant plutôt précoce. Quoi qu’il puisse être dans la vie d’une novice, elle avait tout appris très tôt, et seule. Malgré son âge encore jeune, elle savait déjà lire, écrire, et elle apprenait même la calligraphie, cependant, elle s’était vite rendue compte qu’elle ne connaissait rien de son passé. Tout n’était que brume à ce sujet.

[Aishuu] : « Moi aussi je serai un fantôme, pas vrai ? »

Sa voix semblait déjà plus triste, comme si peu à peu, elle comprenait ce qui se passait…

[Takeo] : « Pourquoi dis-tu ça ? Tu me trouves fantomatique ? Je suis pourtant bien là non ? Puisque tu peux me voir et me toucher. »

[Aishuu] : « Mais les autres ne pensent pas comme ça. Ils m’appellent tous l’Ombre blanche… Celle qui est venue aussi vite qu’elle partira… »

Ses petits yeux s’emplirent de larmes, si bien qu’elle voulut s’essuyer les yeux du dos de sa main, cependant, avec ce petit mouvement, elle en fit tomber son livre. Ses parents levèrent instantanément le regard l’un vers l’autre, comme si leurs yeux suffisait à se délivrer un dialogue. Sa mère s’approcha de l’enfant, l’enlaçant tendrement, tandis que Takeo ramassait le bouquin qui semblait si important pour sa famille. Sur la couverture était noté : « Les origines du Mal ». A peine eut-il lu la première page que le ninja envoya le recueil volé dans la pièce. Sous le regard effrayée d’Ai, qui le pensait en colère, il sortit de la salle principale, se rendant vers sa chambre, où il revint avec un épais livre qui lui était très cher.

[Takeo] : « Jamais tu ne devras croire les horreurs que les gens disent sur toi. Je vais t’apprendre ce qui semble te travailler, comme cela, tu sauras tout. N’oublie pas que la vérité est plus forte que les préjugés, ne te laisse jamais marcher dessus… » Après une petite pause, il reprit : « Et puis, ce livre va te revenir, aujourd’hui, puisqu’il est déjà tard pour moi… »

Airô sanglota, tout en essayant de s’en cacher à sa fille. Tous les trois s’installèrent autour de la petite table basse, et Takeo ouvrit l’épais et ancien livre…



« […] Au village de Suna, le peuple de la douleur ne fut guère mieux reçu. Après avoir été trompé, il se retrouva mis sur le pied d’égalité avec les esclaves, certains étaient même encore moins considérés. Ils savaient que sans le soutient de leur médecin, ils leur étaient impossible de survivre, et avoir une vie courte pour un ninja, ce n’est glorifiant que lorsque l’on meurt décemment. […]
Mais un jour, la coupe fut pleine, et ils décidèrent de s’exiler… »



Takeo lui narrait lentement la longue histoire qui mêla le clan Satsubatsu à la soumission et peu à peu, à la rébellion. Tout s’enchainait dans la tête d’Aishuu, restée silencieuse. Elle n’imaginait pas faire partie d’une famille aussi noble, bien que si repoussante. Ses yeux étaient rivés vers son père, et elle n’avait pas bougé d’un millimètre. Mais malgré tout ce que son père lui avait dit, il restait en elle des questions sans réponse. Cependant, elle ne savait pas vraiment si avoir les réponses lui serait bénéfique pour son épanouissement personnel. Après s’être mordu la lèvre, comme pour se conforter dans son choix, elle demanda, sans osciller…

[Aishuu] : « S’il n’existe aucun traitement, nous allons tous décliner plus ou moins vite ? Et ou sont les autres ? Nous sommes les derniers ? »

Ses questions furent suivit d’un long silence, comme s’ils cherchaient les réponses eux-mêmes. A vrai dire, c’était le cas… Son père referma bruyamment le recueil familial et le tendit à sa fille avant de se lever d’un geste cérémonieux.

[Airô] : « Takeo, ne fais pas ça ! »

Le ninja souleva sa manche et attrapa l’extrémité de son bandage, pour tirer dessus violemment… Les bandes tombèrent, rouges, sur le sol. L’air devint nauséabond, tandis que l’enfant restait là, les yeux vides, devant le spectacle qui se dressait devant elle. Le bras dénudé de son père était marqué de cicatrice, de plaies et de chairs putréfiées… Aishuu ne bougeait plus, sa mère s’avança rapidement sur elle pour lui voiler le regard, en jetant des éclairs des yeux à son conjoint. Choquée, la petite ne réagit même pas.

[Airô] : « Tu es fou ? Tu vas la bouleverser ! Ce n’est qu’une enfant ! »

[Takeo, après un soupir] : « Elle reste une Satsubatsu qui ne sait rien du mal qui la ronge, tu trouves cela normal ? »


Après quelques échanges verbaux entre les deux parents, Aishuu retrouva ses esprits et renouvela ses questions avec d’autant plus de convictions. Les regards se tournèrent à nouveau vers elle, qui n’avait jusque là pas mis son nez dans la confrontation.

[Aishuu] : « Pourquoi sommes-nous seuls ? »

[Takeo] : « C’est une question qui a une réponse qui est floue même pour nous. Mais si tu veux, je peux te dire ce que ton grand père m’a dit, mais la précision fera défaut. Il faudrait presque plus se méfier de ça que des légendes du clan. »

[Aishuu] : « Je me méfierai. »

[Takeo] : « D’après ce que l’on m’a raconté, durant l’exil de notre peuple à Suna, il est venu un moment où nous avions dû conquérir les mers. Sauf qu’aucun de nous ne connaissait ce terrain. Il y eut plusieurs naufrages, plusieurs pertes, sans compter que des pirates ont accosté certains bateaux, notamment celui des femmes. Un de nos ancêtres faisait parti de l’équipage dont le bateau s’est échoué. Etant Eisei, il est parvenu à tenir et à se trouver un abri. Cependant, jamais il ne su ce que sont devenus ses frères, ni s’ils ont trouvé leur terre d’Eden. Il est parvenu a fondé une famille avant de mourir : nous descendons de lui. Pour le reste du clan, soit nous n’existons pas, soit, s’ils ont connaissance de notre existence, ils doivent nous prendre pour des parias. C’est pour cela que tu ne dois jamais chercher plus loin tes origines. Promets-le-moi. »


Après avoir hoché la tête, Aishuu se leva pour embrasser son père. Elle posa sa main sur son bras torturé, avant de lui murmurer à l’oreille…

[Aishuu] : « Je trouverai un remède… »

Sans dire un mot, l’enfant s’inclina et se dirigea dans sa chambre…


MessageSujet: Re: Derrière les traces de la Saltimbanque blanche   Mer 12 Mai - 21:49

Chapitre 2 : La vérité porte un masque





Dehors, le ciel était encore dégagé, bien que des intempéries ne soient au programme. Mais dans les yeux d’un enfant, rien n’est vu pareil : pas même les risques, pas même la peur. Il était tard, la nuit avalerait tout sur son passage d’ici peu. Vorace comme les corbeaux, elle ne triait rien, et n’épargnait personne. Pas même le petit rêveur qui courrait au loin pour s’égarer au beau milieu de nulle part.
Il s’était lancé à la poursuite d’un magnifique papillon violet, et sa seule volonté était de l’admirer jusqu’à pouvoir le posséder. Comme tous les enfants, c’était pour lui un jeu : être le maître ou le servant. Pour une fois, il aurait aimé être le chef de troupeau et pouvoir dire aux autres : « Regardez ce que j’ai trouvé ! Jamais vous n’en aurez un comme ça ! ». Cependant, le Destin avait choisi un autre son de cloche. Sa chevelure rousse s’éteignait à l’horizon, et il disparut au beau milieu de nulle part.
Dans sa quête enfantine, il ne s’était pas rendu compte qu’il s’enfonçait dans le dédale bien connu que représentaient les chutes en retrait de Taki. Cet endroit était utilisé comme terrain d’entrainement des quelques forces militaires du minuscule village car son décor était assez hostiles et que s’y retrouver était une preuve d’un sens de l’orientation. De plus, ici, tous les éléments se côtoyaient… Surtout sous les cascades immenses vers lesquelles l’enfant s’avançait dangereusement sans le savoir. Il n’avait pas remarqué que l’air devenait humide et que ses pas s’enlisaient dans la boue. L’air se refroidissait dans les alentours du Voile de la Veuve, la cascade la plus meurtrière jusqu’à nos jour.
Ce nom remontait à bien des années… Dans les légendes locales, il était dit que suite à la guerre qui avait ravagé et affaiblit Taki qui était une puissance à l’époque, le dirigeant du village avait été exécuté. Sa femme était respectée, mais aussi crainte car elle était considérée comme une sorcière pour toutes les contrées voisines. Elle aurait maudit le pays avant de se jeter du haut de la cascade, et depuis, Taki se voit soumis aux autres villages… Tout comme les contes, les légendes ont une par de réalité, mais elles devenaient tellement populaires qu’on en oubliait vite leur origine… Au comble de sa bêtise, l’enfant ne savait pas s’arrêter…


[?] : « Attend-moi ! »

Une oreille se tourna après avoir entendu la petite voix du garçon. Dans le silence, le moindre bruit faisait un écho entre les roches calcaires et les arbres noirs. Le dos adossé contre un roi de la forêt, la vagabonde se releva, s’orientant dans la direction contraire de l’émission de la voix. Personne n’approcherait l’ombre vouée à disparaître dans la douleur pour se permettre de rire de son malheur. L’enfant était bien amère. Depuis que son l’histoire lui hantait l’esprit, elle avait remarqué d’autant plus de manières de la part des autres que ce qu’elle avait autrefois relevé. Elle fatiguait. C’était le pourquoi de sa présence ici. Elle pouvait se vanter de connaître l’endroit par cœur, puisqu’elle y venait chaque jour afin de s’isoler.

[?] : « Où es-tu ?...Tu oses me laisser seul ?... Comme les autres… »

La voix plaintive du garçon s’estompa dans le labyrinthe naturel, mais elle eut au moins le mérite d’empêcher à l’Améthyste de s’en aller. Les deux pieds sur la roche de la falaise, il regardait le magnifique papillon prend son envol au-delà de la cuvette, s’évadant de la prison d’ambition que lui avait façonné le petit personnage. Il ne bougeait pas, comme s’il attendait qu’il revienne, cependant, c’était un sol qui n’était pas bien résistant, il pouvait semblait dur, mais à l’intérieur, il était d’une mollesse impressionnante avec l’humidité permanente.
Après avoir laissé s’esquisser sur son visage un sourire de soulagement, elle s’en alla retrouver celui qui savait visiblement ce qu’était le retrait. Même si elle restait une enfant jeune et novice dans l’art de la vie, elle se sentait obligée de voir qui était l’autre. Comme si quelque chose les liait. Aishuu mit beaucoup moins de temps que lui à arriver là où il se trouvait, de par le fait que le terrain lui était parfaitement connu…
Le petit bonhomme, toujours posé sur l’appendice rocheux, patientait, attendant le retour de son papillon d’un violet qui l’hypnotisait. Posant sa main sur l’écorce forte d’un tronc, elle passa sa tête sur le côté, pour apercevoir celui qui semblait tout aussi solitaire qu’elle. Il avait le visage déjà fin, pour un enfant, et ses longs cheveux flammes encadraient son visage d’une façon délicate. Il était plutôt beau, cet enfant. Pourtant, il était là, seul sur son rocher, les genoux sous son menton et ses mains sur ses chevilles.


[Aishuu] : « … Ne reste pas là… C’est dangereux… »

Le garçon sursauta, surprit d’entendre une voix, surtout de ce timbre, ici. Et encore heureux pour lui, il n’était pas du coin, donc il n’avait pas au creux de l’estomac un poids causé par la peur de faire une mauvaise rencontre. Suite à son geste impulsif, il y eut un son fin, mais qui exprimait une déchirure.

[Aishuu] : « Privilégie la boue à l’eau… La terre est plus sûre que le perchoir que tu as choisi. »

La voix enfantine de l’errante contrastait avec la sagesse qui s’écoulait dans ses paroles. Le jeune homme chercha du regard la source du conseil, mais elle avait pris le soin de se dissimuler. Pas question d’être encore fuie, surtout que dans cette situation, un drame pouvait vite arriver. Assaillir par la voix, et ayant un mauvais pressentiment quant au bruit de craquelure qui se propageait sous lui, l’enfant aux cheveux de braise sauta sur la terre ferme, laissant teinter un bruit de ferraille et de clochette… Et après avoir entendu le bruit de surprise que lâcha celle qui veillait sur lui, il s’approcha de l’arbre qui devait siégeait là depuis quelques siècles.

[ ?] : « Qui es-tu ? »

Il commença à tourner autour du tronc, mais il fut imiter par la Satsubatsu. Il ne fallait pas qu’il la voit, tout serait mieux ainsi. Le jeune homme laissait crier un bruit métallique à chacun de ses pas. Face à lui, la jeune vagabonde était silencieuse comme l’ombre.
[ ?] : « Montre-toi… »

Alors qu’il jouait au chat et à la souris, le rocher calcaire céda, sombrant dans le gouffre aqueux. Le bruit de sa chute se fit remarquer, et fit tressaillir le jeune auguste. Heureusement que celle qui ne voulait se montrer était là. Silencieuse mais soulagée, l’enfant parti en courant dans le noir de la nuit. Le joueur ne put apercevoir d’elle que ses cheveux blancs qui volaient derrière elle… et ses yeux d’un violet pareil à celui des ailes du papillon qu’il poursuivait. Sa respiration s’arrêta un instant laissant place à l’imagination débordante des bleus de la vie…

[ ?] : « Et si elle était ce papillon ? »

Il s’adressait à lui-même, mais à voix basse. Mais ça réflexion fut perturbée lorsqu’il remarqua enfin qu’il faisait nuit noire, et ce depuis un petit moment déjà. Il n’était pas du coin, et il avait pu remarquer que l’Améthyste, elle, semblait bien connaître le terrain…

[ ?] : « Attends-moi… Je ne suis pas d’ici, je suis perdu… La compagnie va me chercher partout… »

[Aishuu] : « Compagnie ? »

Le jeune homme aux yeux d’ambre tressaillit : elle n’était donc pas partie… Mais où était-elle cette fois…

[ ?] : « Nous sommes des gens du voyage, nous faisons des haltes dans les lieux habités pour quelques représentations et quelques animations. Je suis un jongleur, mais également un musicien. Nous avons juste posé nos bagages dans l’auberge la plus proche d’ici, mais je me suis égaré… »

[Aishuu] : « Moi aussi, j’aime la musique… »

Cachée sur une haute branche de l’arbre au dessus de la tête du saltimbanque, l’enfant admirait ce personnage atypique. Elle n’avait jamais vu quelqu’un avec ce physique si remarquable, ni même entendu parler du genre de vie qu’il vivait. Il l’intriguait…

[ ?] : « Il n’y a rien de mieux pour adoucir les mœurs, n’est-ce pas ? Et toi, que fais-tu ? »

[Aishuu] : « … Je fuis… »

Le timbre sombre de sa voix fit frissonner le jeune garçon. Il leva la tête, curieux, et put voir fuir un ruban. Elle était juste là, précédemment.

[Aishuu] : « Suis ma voix… »

L’errante s’enfuyait, mais sa voix guidait les pas de l’auguste égaré. Elle lui contournait les obstacles, et lui montrait le chemin le plus court vers son arrivée… Quant à lui, il suivait, soucieux de savoir qui était cette étrange personne…

[ ?] : « Merci… Demain nous ferons une présentation sur la place du village… A bon entendeur… »

Déposé à la sortie du labyrinthe, il s’en alla, sans vraiment savoir si son invitation avait été entendue. Tournant le dos à l’enfant qui était perchée sur une branche, il s’écarta de ce lieu angoissant, marchant vers la bourgade proche. Les yeux rivés sur lui, elle le suivait du regard…

[Aishuu] : « A demain… »


S’endormant à son tour, la nuit s’effaça du ciel. Dans son éveil, le soleil parut, ne cherchant plus à se cacher derrière les nuages pluvieux. Rien n’avait changé entre ce jour et la veille. Aishuu se retrouva seule dans la maison, entourée de ses vieux fantômes, et le jeune homme se réveilla dans le couloir, recroquevillé sur lui-même car les adultes avaient eu besoin de la chambre, seuls. Ce qui s’était passé dans la nuit n’avait rien apporté de plus que de l’occupation sur le moment, ils n’avaient finalement rencontré « personne » puisqu’ils n’avaient pas cherché à faire connaissance.
Plus le temps passait, moins elle se sentait en sécurité chez elle. Les murs craquaient tout autant que le sol, tandis que le toit se voutait vers sa tête, comme si la pluie déformait leur abri de fortune. Elle préférait prendre l’air, et de toute manière, il n’y avait rien à faire dans cet endroit clos. De son côté, le garçon aux yeux d’ambre était descendu, quittant l’auberge pour s’assoir sur le par terre, dans un coin au soleil. Il n’avait plus croisé de papillon depuis.






MessageSujet: Re: Derrière les traces de la Saltimbanque blanche   Dim 20 Juin - 0:32

Chapitre 3 : Une perle pour un coeur


Le village s’était éveillée depuis déjà quelques heures, dans un étrange climat joyeux et heureux. Il y avait un éclaircit, et le petit peuple en profitait, ce qui aidait grandement une certaine et peu commune troupe. En effet, il y avait un rassemblement autour de la petite place où se déroulait, les fins de semaines, le marché.

[Haru] : « Approchez ! Approchez ! N’ayez crainte, nous ne sommes que des porteurs d’amusements et de magie ! »

La voix de l’homme qui interpelait la foule était claire, mais emplie d’une puissance certaine. Il réussissait à captiver les passants, par l’écho de ses paroles, mais aussi par son physique remarquable. Sa tête dépassait de bien loin la plupart des autres, il régnait de sa grandeur, que les gens qui lui semblaient admiratifs. Ses cheveux se faisaient discrets, tombant par quelques mèches indisciplinées sur son visage, d’un noir ébène, colorés par des perles ornées. En effet, il était coiffé dune sorte de turban, une étoffe assez fine et douce au toucher servait de bouclier contre le soleil qui était redoutable dans le désert. Il devait venir du désert… Sa peau bronzée contrastait avec les pâleurs du coin, et elle semblait encore brunir à vue d’œil. Son torse nu laissait loisir aux yeux des demoiselles de se balader sur sa musculature affirmée. C’était tout simplement un piège à filles : les hommes de sa carrure ne sont pas destinés à dormir dehors, même s’ils sont en situation financière précaire, tout ce qu’il suffisait de faire, c’était d’appâter celle qui deviendra l’hôte de la nuit… Vu comment se comportait le reste de la troupe à son égard, il avait tout pour être le meneur de l’expédition. Alors que ses compagnons installaient les affaires, il était déjà sur l’estrade, à s’animer pour ameuter les attentions. Le spectacle se préparait, peu à peu, on pouvait distinguer une sorte de petit théâtre en plein air. C’est à ce moment que tout s’activa, comme si la clef avait suffisamment été tournée dans la boite à musique pour qu’elle commence sa mélopée.
Une jeune femme encore pure et fragile monta alors à ses côtés, vêtue d’amples tissus aux couleurs variées et à l’opacité moindre. Après un petit clin d’œil aguicheur, elle commença à danser, alors que l’homme du voyage installait un bac assez humble pour récolter le butin du spectacle. Il descendit alors, laissant sa charmante partenaire prendre le relai sur scène, et se recula, s’approchant d’un jeune garçon à la tignasse d’un rouge rubis. Il semblait ailleurs, intrigué par le vide… Il posa sa main sur l’épaule du jeune voyageur et glissa à son oreille :
« Un souci ? ». Il avait une allure très paternelle avec lui, comme si tous deux partageaient le même sang. L’enfant ne répondait pas, et il comprit alors qu’il était sans doute plus tranquille sans lui sur son dos. Comme un enfant, il retourna alors voir la charmante jeune femme qui attendait derrière la scène, attendait que son tour ne vienne. Dans ses ultimes phrases toutes prêts issues d’on-ne-sait quel livre de séduction en promotion, il jetait de petits regards intéressés vers cette créature douce…
Perdu dans ses pensées, il en fut malgré lui tiré à cause d’un bruit soudain qui venait de derrière lui : le charmant Don Juan qui tournait autour de la demoiselle avait finalement récolté, comme à son habitude, une gifle monumentale. L’enfant aux yeux d’ambre fixait toujours l’horizon, espérant apercevoir les battements d’ailes timides d’un papillon égaré. Elle ne viendrait pas. Il sentit alors, de nouveau, l’emprise paternelle se faire sur son épaule, il tourna la tête pour regarder Haru qui lui glissa quelques mots qui lui étaient bien familiers.


[Haru] : « C’est à toi, l’artiste ! »

Le jeune garçon n’avait pas l’air très satisfait d’avoir à se pavaner là, alors qu’il s’intéressait à une denrée bien plus rare. Alors qu’il s’avançait de l’estrade, un sourire, faux mais troublé, s’immisça sur son visage, comme s’il portait un masque. Il était la plus jeune pousse du groupuscule de saltimbanques, et il était encore un débutant néophyte dans l’art du jonglage… Faisant face à la foule, il s’inclina respectueusement, même si son regard s’était éloigné puisque la hauteur lui conférait un meilleur champ de vision. Elle n’était pas là. Il sortit alors de son petit sac quelques masses et quelques cerceaux, et il commença son entreprise, concentré qu’à demi-mot. Son agilité se détachait de son âge encore puéril, il maitrisait ses gestes, et savait s’y prendre pour ne commettre aucune faute. Les gens le fixaient, avec une admiration pleine de compassion pour ce petit homme qui travaillait déjà comme un grand pour subsister.
Haru, toujours en retrait, regardait d’un œil protecteur son poulain. Il était assez fier de ce petit, qui malgré ses débuts difficiles, commençait à prendre une assurance certaine. Mais il était encore trop pur pour comprendre tout ce que sous-entendait ce genre de style de vie. Il savait, et cela lui étreignait un peu le cœur, qu’un jour, il faudrait lui dévoiler que la vie n’était pas le rêve qu’il s’imaginait. En meneur, c’était lui qui devait s’occuper de cette tâche, et cela ne l’enchantait guère. Il s’était attaché à lui, d’un lien fort qui lui dictait de le laisser découvrir de lui-même, mais d’un côté, il avait peur qu’il soit encore plus déçu de cette manière. Alors qu’il était perdu dans une pensée, le regard posé paternellement sur l’enfant qui semblait s’amuser à jongler, il crut entrevoir un fantôme.
Une ombre blanche était à l’écart de la foule, ses yeux vitreux et pâles posés sur la petite flammèche qui se démenait sur scène. Discrète, elle s’était glissée ici sans qu’on la remarque, et à l’abri des regards, elle essayait de contempler, elle aussi le spectacle. Le jeune homme fut surpris de voir une enfant se comporter ainsi, mais il comprit très vite, lorsqu’une femme qui s’en allait de la foule tourna la tête vers elle et lui lança un regard plein de dégoût. Les enfants ne méritaient pas de mûrir trop vite, et encore moins car ils devaient se supporter seuls. Il ressentait de la pitié pour elle, et une sorte de rancœur pour tous ceux qui agissaient d’une manière aussi haineuse avec une personne frêle et fragile. Cependant, une chose le frappait, c’était cette sérénité qu’elle portait sur le visage : avec sa peau blanche, on aurait dit une poupée de porcelaine.
Aishuu était silencieuse, et dans ce climat festif, elle était bien la seule. Elle paraissait, d’attitude, beaucoup plus âgée qu’elle ne l’était, totalement neutre et figée, comme si elle avait perdue toute vie. La nuit avait été pour elle très courte, elle n’était pas vraiment du genre à dormir pendant une dizaine d’heure pour repartir vivre de futilités. Elle était plus énigmatique… Ses paupières se baissaient rarement sur ses yeux, elle restait de glace, éloignée de tout. Ses pupilles glissèrent vers la droite, et se posèrent sur l’homme qui la fixait depuis tout à l’heure. Il ne l’avait pas quitté des yeux, intrigué de voir à quel point l’enfance pouvait être arrachée tôt au berceau. Il se demandait si elle regrettait son insouciance… Elle n’aurait pas pu lui répondre. Aishuu adressa un sourire bref au jeune homme, et tourna à nouveau la tête vers l’ambre qui s’inclinait, ayant fini sa prestation. Un nouveau sourire naquit sur son visage, mais plus long, plus franc, et entre ses lèvres, glissèrent un :
« Bonjour… »

Il finissait sa prestation fièrement, s’inclinant face à son public. Le fait qu’elle ne soit pas venue le troublait. En se relevant, son regard s’égara, suffisamment pour tomber directement sur une personne étrange. Il ne la connaissait pas, et sa vue ne lui disait rien, mais quelque chose faisait qu’il restait bloqué sur elle. Elle lui semblait incroyablement froide, presque inhumaine, il y avait en tout cas quelque chose qui l’angoissait. Ses yeux, posé sur lui, le dévisageait, il se sentait déshumanisé… Il fut soudain prit d’un malaise et descendit précipitamment de la scène. Voyant cela, Haru s’avança hâtivement vers lui et l’attrapa alors qu’il manquait de tomber. Il ferma les yeux et inspira profondément… Pendant ce temps, Haru tourna la tête en direction de la jeune fille, mais elle avait disparu. Les yeux d’ambre s’ouvrirent brusquement, comme s’ils sortaient d’un mauvais rêve, et il se redressa, cherchant l’Améthyste. Elle avait disparu aussi vite qu’elle était apparue… Soudain, quelque chose dans sa tête se déclencha. Cette facilité à aller et venir lui rappelait bel et bien quelque chose de la veille, mais cela ne pouvait être possible : elle était si fantomatique…
Aishuu s’était réfugiée à l’ombre d’un grand bâtiment déserté, le dos appuyé contre le mur. Ses hanches la faisaient souffrir, une douleur insoutenable s’était insérée chez elle, et la tordait littéralement en deux, comme si quelqu’un écrasait sa chair de l’intérieur. C’était à présent indéniable... Elle était comme son père. Une faible odeur de sang se dégageait sous ses tissus, et peu à peu, ils s’imbibèrent… L’enfant paniqua, et s’en alla directement chercher des bandages chez l’un des seuls ninjas du bourg. En effet il avait décidé de se retirer pour pouvoir exercer comme médecin. Elle arriva jusque chez lui de justesse, la douleur la faisait vaciller, et les gens n’avaient aucune pitié pour elle. A peine eut-elle poussée la porte qu’elle s’écroula sur le sol en gémissant… Le médecin s’approcha à toute hâte de l’enfant, et, la porta jusqu’à un des lits qui étaient là au cas où. Elle semblait vraiment souffrir… Il retira son haut pour voir d’où provenait le sang, et en voyant la peau rouge de sang qui se contorsionnait, il comprit très vite qu’il n’y avait rien à faire. Il chercha ses rouleaux de bandages, et serra fort le lien autour de l’enfant qui n’avait cependant pas échappé une larme. Elle aussi était malade, le fléau familial ne l’avait pas épargné… Même le médecin éprouvait du dégoût pour ce clan maudit, qu’il n’avait vu qu’ici. Aishuu serrait la couverture entre ses doigts, et faisait grincer ses dents…

La compagnie avait fini de se produire, et dans des éclats d’applaudissements, elle récolta ce qui la ferait vivre pendant un petit moment. Les pièces volaient et tombaient dans le récipient d’osier tressée, que brandissait fièrement le meneur. C’était un triomphe, pour eux, mais aussi pour ce petit endroit qui n’avait pas l’habitude de recevoir des étrangers, et encore moins d’animation. Haru souriait avec un air charmeur vers toutes les jolies demoiselles du coin, sous le regard de la charmante blonde qui l’accompagnait. C’était leur style de vie, elle le savait, puisqu’elle était obligée de faire pareil. Pendant ce temps, le garçon d’ambre songeait activement à sa soirée passée la veille, et à celle qu’il avait aperçue précédemment. La blancheur peu commune de sa chevelure, même si elle l’avait perturbait, était bien celle qu’il avait scruté dans la nuit, tel un fil d’Ariane dans ce labyrinthe. Elle était venue, et il l’a faite fuir. Soudainement, il s’en voulut, il avait jugé sur les apparences, alors qu’elle, n’avait fait preuve que de bons sentiments à son égard. Finalement, n’était-il pas comme ceux qu’il blâmait en suivant les battements légers de son papillon compagnon d’un soir ? Il se tourna vers Haru, qui était absorbé par une nymphe.


[?] : « Je prend congés… »

L’homme acquiesça d’un hochement de tête, et l’enfant se dirigea aussitôt vers l’endroit où s’était tenue la poupée de porcelaine. Son odorat se heurta à une odeur écœurante, qui lui souleva le cœur dans la poitrine. La mort s’était-elle tenue ici ? Debout et patiente ? Elle avait répandu ses effluves, et avait marqué son territoire. La mort avait-elle pris le pétale frêle qui était là ? Car toutes autres insinuations ne seraient qu’ironie. Le jeune homme cherchait où avait pu s’en aller celle qu’il avait attendu. Il interpela quelques passants, mais lorsqu’il eut établit la description, il n’eut à l’oreille que des soupirs et des paroles qui semblaient à : « Que la terre la reprenne ! ». Il ne savait pas vraiment que penser de tout ça, après tout, elle lui était inconnue. Avait-elle mérité ces remarques ? Etait-elle quelqu’un de fréquentable ? Peut-être qu’elle était du genre de ces personnes antipathiques qui ne faisait que souhaiter le mal aux autres… Mais si c’était le cas, elle l’aurait regardé tomber. Il le verrait bien de ses yeux. Ne remerciant guère trop ceux qui n’avaient que des méchancetés à lui répondre, il repartit dans sa quête qui ne répondait qu’à sa curiosité…
Enfermée, seule dans une sorte d’infirmerie, Aishuu commençait à s’habituer à ce spasme régulier et tiraillant. Elle s’était relevée, assise dans le lit, et regardait par la fenêtre. Personne ne s’inquiétait dehors, au contraire, elle savait que si les évènements étaient rapportés, tous seraient bien contents d’apprendre cette nouvelle. Elle lâcha un soupir. Même le jeune garçon de la veille voyait en elle un monstre. Tout était injuste. Un nuage s’était déplacé au dessus du village, comme si en même tant que la joie du spectacle, le beau temps avait cessé. Elle passa sa main dans sa chevelure blanche, qui se reflétait de violine, toujours pensive. Quelque chose clochait chez elle comme depuis le premier jour. Elle regarda son bandage qui lui étreignait un peu la taille, et saisit son haut pour se rhabiller et ainsi, quitter cet enfer qui sentait l’herbe médicinale. Sans prévenir, elle ouvrit la fenêtre et sauta pour tomber dans la ruelle. L’onde de choc lui fit vibrer l plaie, ce qui lui offrit un petit rictus de douleur discret. Alors qu’elle s’apprêtait à prendre le large, elle entendit derrière elle :


[ ?] : « Attend s’il te plait… »

Elle ne bougea pas. Sans se retourner, elle avait très bien comprit qui se tenait là, après, qui d’autre pourrait chercher à lui parler par ici ? Cependant, vu où il se trouvait, il devait voir la tâche de sang qui ornait le kimono d’Aishuu… Elle souleva ses talons, et pivota lentement, pour faire face au saltimbanque qui la fixait, un peu apeuré.

[ ?] : « Cette odeur était donc justifiée… »

La jeune fille ne chercha pas à faire un long discours, et hocha la tête. Le garçon sembla mal à l’aise. Il se souviendra de cette leçon longtemps : parfois, il faut garder le mythe sans chercher la vérité, il était indéniable qu’il était déçu de voir celle qui lui avait insufflé le mystère la nuit. Il ne se l’était pas imaginé ainsi… Ses grands yeux améthystes, cependant, le tenaient en respect, il se sentait petit face à eux, ils étaient si profonds…

[Aishuu] : « Ne t’embête pas d’avantage, j’ai compris… »

Il l’attrapa par le poignet et déposa dans la paume de sa main un objet étrange par sa petite taille. Elle n’eut pas le temps de savoir ce que c’était qu’il lui referma lentement les doigts dessus, tout en la fixant. C’était froid dans sa main. Et sphérique. Mais qu’était-ce ? Le garçon du voyage reposa lentement la main de la fillette, et il annonça d’une voix chaude comme l’était la couleur de ses cheveux.

[ ?] : « Je m’appelle Kaishin, jongleur de la troupe Kan’ki. Et je te suis reconnaissant pour hier, Chou. »

Chou ? Aishuu sourit à cette appellation. « Papillon » ? C’était plutôt mignon. Et cela changeait de ce dont elle était habituée. Son visage s’illuminait peu à peu d’une vie, bien que fraiche et brumeuse.

[Aishuu] : « Enchantée Kaishin… »

[ Kaishin] : « Et toi, comment t’appelles-tu ? »

[Aishuu] : « … Ai… Aishuu... »


Cependant, la conversation n’eut pas le loisir de se prolonger. Le cliquetis d’un grelot attira l’attention du jeune homme qui fit un demi-tour fulgurant. La troupe levait le campement, il lui fallait partir à présent. Il lança un dernier regard à Aishuu qui comprit, et lui répondit d’un hochement de tête discret. N’attendant que ça comme signal de départ, il s’enfuit, pour tenter de les rattraper, bien qu’il sache qu’Haru ne le laisserait pas tomber. Alors qu’il était loin et qu’il ne lui lançait plus de regards, la jeune fille ouvrit sa main pour voir apparaitre dans le creux de celle-ci, une magnifique perle d’une couleur améthyste. Elle sourit en refermant sa main. Il était à elle…


MessageSujet: Re: Derrière les traces de la Saltimbanque blanche   Dim 20 Juin - 19:41

Chapitre 4 : Et Eve croqua le fruit défendu




Le temps était passé depuis le jour où elle avait décidé de prendre le chemin du monde, sans restriction de frontières. Les évènements s’étaient enchaînés de telles sortes qu’elle n’avait trouvé que dans l’errance son éden. Il y avait cette rencontre, alors qu’elle savourait ses ébauches de libertés nocturnes, cette troupe et l’ambiance qu’elle apportait, ce premier cadeau, qui l’avait marqué… Et plus tragiquement, la découverte de la mort de son père. Sa mère et elle ne l’avaient pas su tout de suite, c’est en cela que l’épisode traumatisa l’enfant. « Il était mort comme un chien »
Ce qu’il y avait eu de plus brutal encore, ce fut le fait de voir le corps, car, les médecins l’avaient découvert de toutes ses bandes. Airô n’était guère étonnée de voir cet amas de chair putréfiée, elle était au courant de tout, sauf que, il n’était à la base pas prévu qu’Aishuu découvre ce patrimoine. A l’époque, l’enfant souffrait en silence et n’avait parlé à personne de ce début de gangrène familiale qui s’éprenait de ses tissus. La vue de ce tas de viande répugna la pauvre fillette qui ne reconnaissait plus son père…

[Médecin] : « Je ne vous apprendrais rien en vous disant qu’il est mort de maladie… On l’a retrouvé au pays du thé, par hasard… Nos condoléances… »

[Airô] : « Il était parti chercher une plante particulière pour faire une infusion à notre fille… Il s’inquiétait de sa santé. »

La voix de la mère était tremblante, mais elle se refusait de pleurer devant sa fille. Elle serrait les dents, et on pouvait entendre fuir par moment un : « Je le savais, ça devait se finir ainsi… ». Après avoir entendu les paroles de sa mère, Aishuu eut l’impression d’être responsable de tout ce drame, mais le pire restait à venir… Les médecins se tournèrent vers l’enfant et la dévisagèrent… Physiquement, elle avait tous les symptômes de son père : la peau pâle à l’extrême, une chevelure d’un blanc éblouissant… Ils commencèrent à s’approcher d’elle, la fixant d’un air pervers…

[Médein] : « Mieux vaut qu’on l’oscule, elle a peut-être les mêmes maux, et puis, c’est peut-être contagieux vous savez ! »

[Aishuu] : « Non ! Non ! Maman ne me laisse pas ! »

L’enfant se débattait, et sa mère ne savait plus quoi faire… Alors que sa fille bougeait dans tous les sens en criant, elle se retrouva déconnectée de tout ce qui se passait. L’Améthyste parvint à se défaire de leur étreinte et sortit de la pièce à toute hâte, ne cherchant qu’à quitter cet enfer. Elle courait sans se retourner. Même sa mère se mettait à la haïr, du moins, c’était ainsi qu’elle l’avait interprété.




Aishuu sursauta.

[Aishuu] : « S’il y a bien une chose qui peut m’empêcher de dormir, ce sont bien certains épisodes du passé… Encore et encore, pourquoi faut-il que mon inconscient me ressasse ce que je déplore ? C’est injuste ! La vie entière n’est qu’une injustice masquée ! »

Sa voix était agacée, et elle avait empoigné le drap dans un rictus d’énervement… Mais un ronflement la sortit de son état second. Elle soupira voyant celui qui dormait à moitié nu à côté d’elle, et sorti d’un petit sac une perle améthyste, qu’elle plaça à la suite d’une sorte de long collier qui lui servait de ruban pour ses cheveux. Un cœur de plus arraché le temps d’une nuit. Il était loin le temps où elle était sûre de retrouver un toit à chaque nuit que s’avançait. Aujourd’hui, rien n’était moins sûr. La vie était pour elle faite de hasard, lorsqu’elle avait tout quitté, le premier jour, elle vivait de petits vols et de mascarades qui lui auraient valu un oscar. Maintenant, c’était le stade au dessus. A défaut d’avoir une troupe, la jeune femme se vendait dans les tavernes, profitant de l’ivresse de gens et de son physique. Son curriculum était varié, elle savait à peu près tout faire. Tout ce qu’elle savait, c’est qu’il fallait que ça plaise à l’œil. En effet, contrairement aux hommes qui joue les solitaires et qui comptent sur les serveuses et sur leurs muscles en cas de problèmes, la femme fragile qu’était Aishuu n’avait que le charme et la séduction pour éviter les embrouilles. C’est ainsi que les nuits, elle les passait accompagnée, car cela lui économisait le prix de la chambre.
Il était l’heure de partir, les hommes n’avaient pas à la voir au réveil, c’était son compromis. Elle sortit de dessous les draps en vrac et se rhabilla. Avec soin, elle replaça ses bandes, les resserrant d’avantage, et ferma son kimono sur sa poitrine nue presque visible à l’aide de sa ceinture. Elle se dirigea vers un miroir pour arranger ses cheveux, les attachant à l’aide de son ruban de perles et elle s’en alla sans se retourner. Atterrissant dans le couloir vide de monde, elle frappa à l’une des portes reculées et attendit qu’elle s’ouvre : elle avait toujours eut le chic pour tomber sur les chambres des serveuses. Sur son visage se lisait de la peine, elle baissait la tête, comme prête à pleurer…


[Aishuu] : « Excusez-moi… J’ai eu un différent avec mon compagnon… Ca vous dérange si je prends une douche ? »

L’autre femme qui se levait difficilement compris la douleur de l’actrice et accepta sa requête. C’était tous les jours comme cela. Aishuu entra donc dans la salle de bain et laissa son kimono tomber sur le sol après qu’elle eut dénué sa ceinture. Le corps nu, elle glissa dans la douche, ouvrant le robinet. Elle ne craignait pas l’eau froide et n’avait aucun mal à rester dessous le temps qu’elle chauffe. L’eau lui procurait un bien fou chaque matin, elle la ressourçait, comme si elle la lavait plus moralement que physiquement. La sensation de cette caresse aqueuse sur ses formes affirmées lui était si douce. C’était son moment privilégié. « Hm… » Un petit rictus de plaisir qui s’immisçait dans cet instant intime. Elle était si bien… Sa main se posa sur l’arrivée d’eau, et elle la referma lentement, lissant ses cheveux à l’arrière de son visage de son autre main. Attrapant la serviette, elle se sécha lentement le corps, et resta ensuite un moment dévêtue. En effet, il venait l’heure de regarder si la maladie s’était propagée. Elle devait faire ça chaque matin… Un rituel macabre mais qui lui servait à se rassurer.

[Aishuu] : « Heureusement, toujours rien ! »

Et saisissant un rouleau de bandes neuves, Aishuu recommença son rituel de momification. Plus les jours passaient, plus elle resserrait, s’étreignant parfois la respiration à la manière des corsets. Les actions étaient toujours les mêmes. Une fine buée venait se plaquer sur les vitres et les miroirs, une buée qui inspirait toujours la jeune femme, comme si elle s’évadait dans un nuage, dans une brume dense. Un sourire jouait avec ses lèvres avant devenir le masque triste qu’elle se fût précédemment créée. Elle fit glisser l’étoffe douce de son kimono sur sa peau et s’habilla rapidement et sortit de la salle de bains. Généralement, la serveuse s’était rendormie, elle n’avait plus qu’à partir…
Il guettait par ce début de matinée encore un peu fraîche mais qui prévoyait le beau temps. Il passa sa main dans sa chevelure rouge, et réajustant son chapeau, il attendait que sa dulcinée ne sorte. Kaishin avait grandit, lui aussi. Bien qu’il ai gardé un souvenir de la première, une perle qu’il avait placé à sa mèche de cheveux, il était devenu un jongleur reconnu dans son domaine et dans sa compagnie, beau comme un charme, mais, lui, avait décidé de vivre accompagné ! C’était donc un vrai casse-tête pour payer les chambres la nuit tombée. Mais il était heureux ainsi. Sauf que sa chère et tendre passait toujours des heures dans son bain, n’ayant pas de pitié pour celui qui l’attendait dans le froid. La porte grinçant se fit entendre, et il fait alors volteface. Le sourire aux lèvres, prête à accueillir dans ses bras la pauvre petite poupée qu’il affectionnait. Pourtant, il fut surpris…


[Kaishin] : « Non… »

L’Améthyste sortait, naturellement, laissant ses cheveux vaguer au vent. La silhouette ne la fit guère osciller, elle changea à peine sa trajectoire, mais pour lui, c’était différent. Il commença à la suivre, intrigué, et persuadé de ne pas faire erreur sur la personne. Puis finalement, pour avoir le cœur net, il se laissa aller, et lui empoigna la main.

[Kaishin] : « Chou ? Ai ? Est-ce vraiment toi ? »

La jeune femme s’arrêta alors, net. Elle tourna lentement la tête pour apercevoir la peau bronzée de l’homme qui était bien plus grand qu’elle, et dont les yeux ambrés la détaillaient… Elle resta figée un instant et sourit… Dans un élan que ni l’un, ni l’autre ne contrôlèrent, elle l’enlaça tendrement pour venir poser ses lèvres sur sa joue.

[Aishuu] : « Tu reviens me hanter vieux fantôme ? »

[Kaishin] : « C’est tout un honneur pour moi de hanter une telle créature… »

Et comme tous les séducteurs, il lui fit son plus beau sourire, mais Aishuu n’en fit rien, hochant de la tête.

[Aishuu] : « Ce n’est pas au vieux singe qu’on apprend à faire la grimace tu sais ? Que fais-tu par ici ? Tu n’es plus avec ta troupe ? »

[Kaishin] : « Depuis que je partage ma vie ave… »

Il ne prit pas le temps de finir et se recula, cherchant du regard celle qu’il attendait. Toujours très sûr de lui, il ne paniqua pas, sans doute était-elle encore dans son bain !

[Kaishin] : « … Avec quelqu’un, c’est un peu dur de vivre en ermite dans une troupe, donc je suis parti en solitaire, mais accompagné ! Et toi, tu es seule et dehors à cette heure-là ? Ne ferais-tu pas mieux de travailler ? »

[Aishuu] : « Je vis de mes rentes de spectacles au jour le jour… Je n’aurais jamais dû venir te voir se jour-là. Tu m’as contaminée de ta passion pour les pitreries ! »

Il y eut un silence, qui servait à chacun d’eux de détailler le devenir de l’autre et de l’apprécier. D’un côté, il y avait le corps à demi-nu de Kaishin, homme qui avait prit peut-être trop d’assurance, dévoilant sans complexe sa musculature fine et travaillée sous sa peau que le soleil aimait à caresser. Ses cheveux étaient désormais long, très long, toujours animés de cet éclat. Son regard ambré se posait de la même manière qu’il y avait une dizaine d’année. De l’autre, une femme à la peau pâle, comme si la lune se l’était appropriée, jusqu’aux moindres de ses fils blancs qui composaient sa chevelure. Ses yeux étaient toujours aussi profonds, toujours aussi lointain, sauf qu’à présent, la jeune femme semblait heureuse, le sourire aux lèvres… La rencontre interdite entre la Lune et le Soleil. En effet, l’un pour l’autre, ils étaient le jour et la nuit : malheureusement pour les cœurs endoloris, lorsque le contraire séduit, il faut craindre les retombées. Ils étaient là, silencieux à se regarder, se scruter, mais ils semblaient se comprendre, l’un à l’autre.
Derrière une fenêtre de l’auberge, une petite femme brune regardait la scène, la main posée sur le carreau. La femme l’intriguait tellement son profil ne lui était pas commun. Cependant, elle voyait très bien la douceur qui venait de son regard, ainsi que la caresse que posaient les yeux de son compagnon. Machinalement, elle ne put s’empêcher de mordre sa lèvre inférieure, à la fois avec un peu de colère, mais avec une triste compréhension de la situation…
« Hm… ». Elle n’avait à son sens plus grand-chose à faire, et sans dire un mot, elle se dirigea vers la porte de derrière et s’en alla : elle aussi était une femme du voyage, finalement, elle prenait cette relation comme un gain d’intérêt. La mentalité des saltimbanques est étonnamment décalée par moment. Pour elle, il n’y avait qu’une chose à comprendre : « Tu as perdu ton toit, une autre l’a gagné. » C’est ainsi que ça se passe, dans le métier. L’herbe est toujours plus verte ailleurs, et, elle était bien déterminée à la cueillir…
Pendant ce temps, dehors, il n’y avait guère eu de mouvements. Aishuu, derrière un sourire espiègle, repensait à une phrase lointaine : Il était à elle… L’enfant autrefois repoussée avait à présent tout ce qu’elle voulait, sans pour autant finir dans la débauche. Les tours qu’elle était capable de jouer avaient un certain impact, du genre de ceux qui vous laissent une trace. Elle vivait sa vie pleinement : mais il lui manquait quelque chose… Le jeu. Mais à présent, la jeune femme savait qu’elle avait trouvé de quoi se rendre vivante… La fuite n’est-elle pas la seule chose qu’elle avait vécue avec cet homme ? Et bien si, et même s’il osait espérer à un moment le contraire, la vérité viendrait toujours réveiller ses lendemains. Elle était heureuse…
Kaishin était un peu coupé de sa réalité pendant ce moment. Il n’avait soudainement plus de compagne, plus de souci, plus d’itinéraire à respecter pour parvenir à une prochaine auberge avant la nuit noire, tout lui était bouleversé, d’une simple et douce présence. C’était une sensation tellement douce… Il se risqua à tendre la main vers la jeune femme, pour caresser le velouté de sa peau. Il fut presque étonné de son geste, mais le fut d’avantage lorsqu’il vit qu’elle n’y voyait aucun inconvénient. Finalement, elle était à lui. Peut-être que tout ce qu’il attendait, c’était de retrouver le fantôme qu’il avait croisé autrefois. Alors qu’un sourire se dessinait sur ses lèvres, il remarqua quelque chose. Dans les cheveux de la jeune femme, siégeait un collier de perles améthyste
.

[Kaishin] : « Tiens, tu en as trouvé de semblables ? Je n’espérais même pas que tu la gardes. »

[Aishuu] : « Je suis passée à Yuki, le pays blanc et glaciale, et en les voyant, je n’ai pu m’y résoudre… J’ai sans doute dévalisé la pauvre commerçante. »

[Kaishin] : « Tu n’en as pourtant pas tant que ça, serais-tu de celles qui exagèrent tout le temps ? »

Comme elle se doutait qu’il ne croirait que ce qu’il verrait, la jeune femme sortit de sa sacoche une bourse bien remplie, mais pas d’or. C’était une ribambelle de ses perles qui meublait l’étoffe et la tendait sous les deux galons fins. Elle lui sourit, sans rien dire.

[Kaishin] : « C’est étrange… »

[Aishuu] : « Une perle pour un cœur. »

Kaishin fut tout d’abord amusé, mais quelque chose le frappa. Il y en avait eu beaucoup depuis lui. Sans se mentir, il savait que de son côté, c’était la même chose, même si depuis peu, il avait décidé de ne rester qu’avec une personne… Une personne qu’il était en train de négliger. Contrairement à lui, elle avait totalement intégré le mode de vie des gens du spectacle, alors qu’elle n’avait pas passé sa vie dans ce monde. Mais lui, pourtant, n’avait pas su s’y habituer.

[Aishuu] : « Il y a des cœurs qui valent plus que d’autres… »

Le jeune homme comprit immédiatement l’insinuation et sourit. Mais Aishuu enchaîna aussitôt…

[Aishuu] : « J’ai du chemin à faire, je te laisse désormais. Bon voyage, et au plaisir de te recroiser, petit enfant égaré. »

Sans ajouter un mot, elle s’évada, d’un coup, et avec une souplesse très féminine. Il l’a regardait s’éloigner, hagard. Il croisa les bras sur son torse, baissa discrètement son chapeau sur ses yeux pour faire semblant de regarder, et dévora la silhouette de la jeune femme de haut en bas, et de bas en haut. Décidément, Haru aura déteint sur lui jusqu’au confinement de ses attraits. Un sourire de satisfaction se dessina sur ses lèvres, et il attendit jusqu’au dernier pas qui séparait la douce créature de son champ de vision. Elle était partie comme elle était arrivée… Après un soupir, il retrouva ses idées, et décida d’entrer dans l’auberge pour y trouver sa douce, car vu le temps qu’elle mettait, il commençait à s’inquiéter. C’était-elle noyé dans son bain ?
Aishuu avait un itinéraire chargé. Après avoir eut le plaisir de croquer un fruit dans les mains d’une autre qu’elle, elle devait se remettre à son périple : elle voulait aller au pays du Thé. Là-bas, parait-il, il y avait un rassemblement ponctuel de saltimbanques, et elle était d’une curiosité fraiche de rencontrer des camarades du monde. Et en plus de cela, il y avait cette plante si particulière qui servait à faire des infusions médicinales : son père lui en faisait régulièrement. Il y avait du chemin entre là où elle se trouvait, et son but dessiné
.


MessageSujet: Re: Derrière les traces de la Saltimbanque blanche   Lun 21 Juin - 10:59

Chapitre 5 : La tentation qui mène à la Quête



La jeune femme n’avait pour carte que l’horizon qui la narguait, et l’intuition de retombée sur un lieu déjà visité. Le mon était vaste, mais il lui était familier, certes, plus grand que sa poche, disons, comme sa sacoche. C’était un mode de vie qu’elle avait parfaitement adopté, et qui l’avait façonné d’une manière très solide, comme s’il la voulait plus que quiconque. Aishuu avait beaucoup de grâce et d’ampleur dans ses gestes, même lorsqu’elle marchait. Il ne suffisait que d’un regard pour savoir qu’elle vivait du spectacle, et tout autant pour fantasmer sur le thème de ceux-ci. Sa légèreté et sa souplesse lui conféraient une sorte de douceur, commune, qui rappelait celle du vent, ou d’une écume isolée sur le dos d’une vague paisible. Elle était fille d’Ondine, fou était celui qui tentait de l’avoir entre ses mains. Qui pourrait chercher à l’emprisonner dans une cage de verre ?
Elle donnait l’impression de flotter lorsque ses pas s’élançaient. C’était une sorte d’artiste acrobate, qui avait pour plaisir de marcher sur un fil, un fil invisible qui servait sa bonne humeur d’artiste flou. Le soleil nacrait la peau de celle qui marchait sur des toiles d’araignées perlées, caressant sa blancheur, sans la brûler : même lui le savait, elle souffrait bien assez derrière ce masque d’enfant, qui délivre l’impression d’une joie épanouie par le plaisir des cirques. Endurer, en santé comme en périple, c’est ce qu’il fallait faire, et quand on voulait monter sur scène, le sourire était nécessaire.
Tout attirer son attention, elle était constamment aux aguets, ouverte au monde. Le moindre bruissement d’ailes, les moindres pas derrière un buisson, tout était pour elle un enchantement dans la nature…


[Aishuu] : « C’est la première fois que je vais assister à ce genre de rassemblement colossal, je suis curieuse… »

Etant de celle qui faisait le show toute seule, elle n’était malheureusement pas très informée sur le reste du monde, lorsqu’elle n’y avait pas un pied à terre. C’était à ça que les compagnies étaient bienvenues. Et puis, elle était encore à ses débuts, pour le métier, l’occasion de créer des liens ne s’étaient encore jamais présentée. Mais cette lacune, elle comptait bien la combler durant son séjour au timide pays du thé. Cette motivation se lisait sur sa mine radieuse…

Le soleil tournait, la journée déclinait peu à peu son joug sur la contrée. Aishuu avait marché sans relâche, sans faire une pause, s’acquittant de boire et de manger dans un même rythme que celui de ses pieds qui battaient la terre. L’air s’emplissait peu à peu d’odeurs sucrées, et d’autres un peu plus épicées. Au-delà des fleurs et des plantes vertes typiques de ce pays, se multipliaient les petits domaines de fortune qui vivaient des feuilles séchées. Celles-ci laissaient une emprunte olfactive dans ce monde sans saveur. Enfin, elle y était.
La fatigue ne l’affectait pas, pas pour ce genre de trajet, court, et pour lequel le dénivelé était presque nul. C’était une véritable promenade de santé ! Elle leva les bras, détendant ses muscles, et glissa ses mains dans ses cheveux, pour jouer avec cette cascade fileuse qui s’écoulait paisiblement. Tout était serein, sans doute à cause des herbes, qui, d’ailleurs, n’étaient pas toutes célèbres pour la boisson. Du moins, certaines étaient l’ingrédient privilégié d’alcool aux effets dévastateurs, d’autres se consumaient en fins rouleaux, et se savouraient par la fumée, une fumée dense, blanche comme la peau de la saltimbanque.
Au loin, elle voyait déjà le village, avec tous ses détails. Les bruits qui en venaient lui donnaient l’envie de courir ! Toutes ses voix joyeuses qui se prêtaient au chant, et aux encouragements, c’était une ambiance comme elle en rêvait souvent. Elle pressait le pas, ayant peur de rater quelques minutes, que dire, quelques secondes du spectacle ! Suivant sa curiosité, elle s’immisça dans le regroupement déjà commencé. Alors qu’elle s’était mise à côté de gens, elle sentit un regard posé sur elle. Tournant la tête en sa direction, Aishuu remarqua une femme au style étrange, les yeux verts, vêtue d’une tenue à carreau avec un long bonnet en deux branches terminés par deux énormes grelots. Elles se fixèrent, et, au même instant, se sourirent mutuellement. Cependant, l’Améthyste restait intriguée par cette personne. Elle dégageait quelque chose d’à la fois doux, et puissant, derrière un masque un peu espiègle. C’était vraiment, étrange. Elle avait prit en optique de lui parler d’ici la soirée.

Les yeux rivés sur cette perle polaire, la jeune femme ne disait mot. D’un hochement de tête, elle annonça qu’elle allait monter sur la scène. Sous le regard de ses partenaires, elle monta sur les planches de la scène de sa compagnie, compagnie qui, à chaque fois, transportait le lieu d’exposition dans ce genre d’évènement. Elle n’était pas très grande, du moins, en comparaison avec les autres. Mais elle se tenait droite, fièrement. Son instant privilégié allait commencer. Nago la regardait avec un sourire sournois, alors qu’elle se cambrait en arrière, la tête tournée, et les bras levés vers le ciel. Un jeune homme s’assit sur le bord de la scène, en prit sur son épaule une sorte de violon, et commença à esquisser les premières notes de la mélodie. Peu à peu, d’autres musiciens se levèrent et l’accompagnèrent, certains avaient une lyre, d’autre, une mandoline. Même l’inconnue, celle qui n’avait encore jamais été vu s’approcha des artistes, sans honte ni gène, et présenta sa flûte à la commissure de ses lèvres. Aishuu prenait part au concert qui accompagnait la femme sur scène. D’un coup, elle se plia littéralement en deux, avec une vitesse et une souplesse remarquable. Ses mains et ses pieds se côtoyaient, et elle restait gracieuse. Elle posa ses mains sur ses chevilles, et approcha son menton du sol. Son buste vint caresser le bois du planché, la tête entre ses deux pieds. Elle l’inclinait au rythme de la musique.
Aishuu admirait ce spectacle, en laissant s’échapper de l’ouverture de sa flûte non plus de la musique, mais de la pure émotion. Elle se laissait vaguer, dans un ailleurs, jusqu’à peu à peu ne plus suivre le violoniste qui menait. Elle prit peu à peu la place du soliste, accompagnée par le thème symphonique. Le spectacle, l’ambiance, tout cela la faisait vaciller dans un domaine onirique, elle jouait, improvisant totalement, et allant jusqu’à laisser son corps s’adonner à la danse. Il y eut alors une double représentation en vis-à-vis.
En bonne artiste, la femme ne s’étonna guère de cet imprévu, au contraire, elle en était ravie, cela lui permettait de se régaler autant que les autres. Elle enchaina les contorsions, avec une souplesse inhumaine, comme si on lui avait retiré chacun de ses os et ne lui avait laissé qu’une texture élastique dans les membres.
A elles deux, elles tinrent tout l’audimat en respect.
Lorsque la symbiose prit fin, il y eu une apnée collective, comme pour témoigner de la décharge monumental qui venait d’avoir lieu. Les deux femmes échangèrent un sourire un peu complice, et chacune alla dans un opposé. Finalement, Aishuu n’aurait guère besoin de lui parler pour la découvrir… Elle gardait un attrait tout particulier pour ce qu’elle faisait et pour son originalité. De l’autre bout, proche de la scène, elle entendit la voix de l’homme qui l’attendait, toujours souriant, hochant la tête.



[ ?] : « Naho, magnifique, quel renard tu fais ! »

L’Améthyste sourit, elle avait son nom. Naho, une contorsionniste. Elle espérait pouvoir la recroiser, elle l’avait véritablement impressionnée. Cependant, aux vues qu’elle ne comprenait pas la présence de « renard » dans la phrase, elle se dit qu’elle n’avait pas du entendre correctement les propos de l’homme assez mystérieux qui s’établissait aux alentours du planché. Aishuu s’en voulait un peu de laisser trainer ses oreilles… Mais elle portait de l’intérêt à rencontrer les gens…

Et la soirée se déroula… Avec tout ce que cela implique…




MessageSujet: Re: Derrière les traces de la Saltimbanque blanche   Mer 23 Juin - 2:26

Répertoires des épopées :

- Tome 1 : Cha no Kuni

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  • Chapitre 9 :
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- Tome 2 : Yuki no Kuni

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- Tome 3 : Tori no Kuni

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Dernière édition par Shiro Kage le Mer 13 Avr - 22:06, édité 18 fois

MessageSujet: Re: Derrière les traces de la Saltimbanque blanche   Ven 2 Juil - 21:31

Et bien que dire ...

Premièrement bienvenue sur Ryoma. Et puis, un grand bravo. J'ai réellement apprécié la lecture de ton texte.

C'est tout simplement excellent.

J'accepte amplement toutes tes demandes, toutefois, je te demanderai de me contacter par MP, juste qu'on parle un petit peu de ta quête légendaire et du fonctionnement de celle-ci sur le forum.

En ce qui concerne la KG, c'est pour moi très bien interprété. Je pense très sérieusement que Liori (qui est le dépositaire de ce Kekkai) me rejoindra sur ce point. C'est pourquoi je le devance un peu (peut-être as-tu fait la présentation avec lui ?) et je te valide cela aussi.

Te voilà donc voyageur émérite sur les routes de notre forum, charmant petit papillon.

Shiro : + 80 XP

MessageSujet: Re: Derrière les traces de la Saltimbanque blanche   Jeu 19 Aoû - 9:11

Liste des rencontres (PnJ) :



  • Kaishin Nokuri
    Dit l'Ambre, Kaishin est un homme qui sait plaire aux femmes. Ayant longtemps joué de son corps pour faire parvenir les gains, ainsi que le succès auprès du sexe opposé, il a trouvé le calme en intégrant la troupe des Kitsune. Cracheur de feu, jongleur, il aime jouer avec le feu.
    C'est un homme grand et fort, à la musculature sèche et sculpté, il a le visage fin et de longs cheveux rouges flammes ornés de perles. Bien qu'il porte souvent un ample chapeau qui ombre son visage, on le reconnait souvent à sa dégaine d'homme affirmé. Ses yeux qui environnement le jaune ou le châtain clair, ils sont pareils à l'ambre, ce qui lui doit son surnom. D'un caractère assez doux et protecteur, il reste un peu taquin.
    Relation avec Ai : Aishuu et Kaishin sont d'éternels coeurs liés, bien qu'il subisse les petits jeux d'indépendance de cette dernière. Amoureux et protecteur envers elle, il reste du genre discret devant les autres.
    Spoiler:
     

  • Naho Fuki
    Naho est une jeune femme ayant environ la vingtaine au profil ravageur : membre de la troupe des Kitsune, elle danse sur plusieurs styles particuliers. Que ce soit son équilibre frôlant la perfection qui fait d'elle une excellente funambule, ou la souplesse à la limite de l'inhumain qui la fait contorsionniste, cette jeune femme ne manque pas de savoir. Elle n'est pas vraiment très bonne professeur, car pour elle, la meilleure façon d'apprendre, c'est dans l'empressement du moment.
    Elle est reconnaissable à ses vêtements tape à l'oeil radin en tissus et au motif façon damier d'échiquier, et à son bonnet de bouffon long qui lui tombe en bas des fesses à l'aide d'énormes grelots. Elle est aussi la plus boudeuse de la troupe, mais elle s'en remet très vite... Naho est une impulsive qui suit ses intuitions et sa curiosité.
    Relation avec Ai : elle a un béguin pour la saltimbanque blanche.
    Spoiler:
     

  • Taiji Ikochi
    Taiji est un jeune homme qui fait parti de la troupe des Kitsune. Illusionniste et magicien, il aime faire naitre de belles images au sein des têtes. C'est un homme très maniéré et gentleman, qui serait près à tout pour plaire à une charmante demoiselle. Toujours au petit soin pour ses dames, il est cependant très mal vu des hommes en général, et particulièrement d'Eido.
    Un peu efféminé dans la posture, dans la voix, et dans sa douceur, Taiji se voit jouer le parfait androgyne, ce qui a beaucoup de succès auprès des femmes. Il est grand, fin et svelte, avec une chevelure blonde qui lui fait un carré. Sa voix est douce pour celle d'un homme et hypnotique... Il est surtout reconnaissable à sa petite cape qui se tient fermé par un large bouton gravé sous son cou.
    Relation avec Ai : Ils tendent peu à peu vers l'état de complicité.
    Avatar :
    Spoiler:
     

  • Eido Heichi
    Eido est un homme mûr qui fait parti de la troupe des Kitsune. Il est l'un des ainés de la compagnie et fait valoir son autorité en tant que tel. De plus, le fait que ses tours se jouent autour de sa force herculéenne font pâlir les irrespectueux très vite.
    Il est d'une carrure impressionnante et imposante : grand, musclé à outrance, son crâne chauve accentuant l'air grave que forment ses sourcils, il est celui qui fait respecter les lois dans la petites échelles de la troupe. Il peut être très rigide et sec, mais il cache rarement son côté plus que moqueur. Cependant, il ne faut pas le provoquer... Souvent en bataille avec Taiji, qu'il a du mal à traiter pour un homme, il vire souvent l'image du tyran pour celle d'un clown...
    Relation avec Ai : Moqueur, et provocateur : on ne change pas une équipe qui gagne...

  • Shoutensuru
  • Ayame
  • Ankisuru
  • Hasu
  • Azane Urayamu
  • Nigawarai Urayamu



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Dernière édition par Shiro Kage le Dim 7 Nov - 1:22, édité 2 fois

MessageSujet: Re: Derrière les traces de la Saltimbanque blanche   Ven 1 Oct - 13:47

A venir :


  • Ayame : La preuve d'une renaissance
  • Chapitre 9 : Chant d'Ombre
  • Chapitre 10 : Entre les mains de l'Empire de Poussières
  • Chapitre 11 : Sous les jougs du silence de Yuki




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MessageSujet: Re: Derrière les traces de la Saltimbanque blanche   

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