Partagez | 
 

 Annexe médicale - Arai.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

MessageSujet: Annexe médicale - Arai.   Dim 9 Mai - 21:10

Ce vent, qui murmure et virevolte dans cette prairie, emporte les pensées et projette l’esprit au-delà des nuages, à l’abri. Dans un monde auquel nous seuls puissions régner, car notre âme y est maîtresse. Là-bas, tout nous est permis. Colère, orgueil, luxure, envie… chacun de ces sentiments naturels et au final légitimes à notre espèce peuvent errer en ces lieux.

Car cette situation est oppressante.
L’homme se dresse de tout son corps face à cette période de son existence. Une étape à passer, une marche à gravir, et le tour sera joué. Jamais un escalier n’aura été aussi dur à parcourir pour ces frêles jambes. Jamais ses pieds n’auront été aussi lourds et primaires. Le chemin, celui que tout homme se doit d’empreinter, est malheureusement le pire d’entre tous. La volonté est nécessaire, prendre du recul et veiller à ne pas commettre d’erreur.
Et parfois…

[Arai] – Et merde !

Lâchant son ustensile des mains, ce dernier retombe avec écho sur la table d’opération. Le bruit de métal résonne tandis que le ninja violet sort de la pièce en grommelant. Les portes à double battants s’ouvrirent violemment, offrant un excès de lumière à la pièce, puis engloutirent de nouveau le tout, Arai y compris.
Le mur trembla sous le coup, et le sang perla sur le poing d’Arai. Une fissure était apparue, aux côtés des précédentes, nombreuses, telles les rides de ce visage plat. Le ninja les recouvrit de son dos, et glissa jusqu’au sol. Ca n’était pas la première fois que ça lui arrivait. Souvent ces temps-ci il se laissait porter par ses pulsions de violence, un déchainement qu’il préférait depuis peu extérioriser. Cette formation médicale le poussait à bout, et visiblement aucun résultat ne semblait percer.
Le plus gros pallier qu’il ait eut à connaître.

Cela faisait six mois dorénavant qu’il s’était engagé. Six mois à tester sur des corps l’efficacité de nouveaux traitements, de nouveaux médicaments et méthodes de soins. Six mois à s’entraîner à perfectionner son art, celui pour et par lequel il vit. La voie qu’il eut choisit lorsque sa vie n’avait plus d’autre sens que la conservation de celles des autres.

Les portes s’ouvrirent de nouveau, une ombre rejoignit le kuméen assis au sol.

[Arai] –Encore un discours inutile à formuler ? Ca ne sert à rien.

[Mentor] – Tout comme ce que tu fais là. T’énerver, foutre en l’air le travail des autres et partir en pleurant, rien de mature là-dedans.

[Arai] – Je ne pleure pas. Et personne ne m’a demandé d’être mature.

[Mentor] – C’est bien facile ça. Mais figure toi que si. Kumo en premier. Négliger ton âge, ton talent et tes responsabilités, tout ceci met en danger ton entourage qu’il soit large ou petit. Tu ne t’es pas aventuré dans l’artisanat pour ton propre plaisir, tu es entré dans l’académie du village. Et celle-ci a pour but de défendre sa population, dans son entier. Alors, soit tu lèves ton cul de ce sol et tu fais ton boulot, soit tu remballes et te reconvertis.

L’homme se leva, fixa son apprenti un instant et continua.

[Mentor] – J’en ai assez de devoir venir là chaque jour, te récupérer et te répéter les mêmes choses. Le bord du ravin, tu y es maintenant. Tu assumes ton poste, ou tu dégages.

Il tourna les talons et disparu derrière les portes.
De nouveau seul, Arai faisait la moue. Encore jeune, perdu dans ce qu’il cherchait à devenir, visant tantôt trop bas, tantôt trop haut, chaque mur qu’il se prenait était un véritable coup dur.
Assumer ou partir. Pour faire quoi d’autre ? Se morfondre ? Encore, désespérer inutilement comme l’homme sait si bien le faire. Aucune utilité. Autant se lever, prendre le problème à deux mains s’il le faut et foncer. Ce n’est pas en versant des larmes sur ses blessures qu’un corps se soignera.

Dans la salle d’opération, les médecins poursuivaient leur travail. Une jeune femme était étendue sur une table illuminée par de larges lampes. Son abdomen était ouvert, un médecin palpait son cœur, les autres assistaient de plusieurs manières.
Un grincement, un éclat de lumière, et quelqu’un était revenu.

[Arai] – J’assume.

Un regard satisfait émana de son mentor face à lui, et en guise d’approbation il lui tendit un scalpel. Arai l’attrapa, respira profondément et entailla un tissu, poursuivant l’opération.


Deux heures passèrent.

[Mentor] – Il manquerait plus que tu nous quitte deux jours avant la fin des tests.

Arai retira sa blouse, la rangea dans un sac et commença à se changer. Les portes des casiers claquaient ci et là, les gens bavardaient, la pression redescendait peu à peu.

[Arai] – On dit souvent que la fin est le plus dur. Je suis partagé. Ca dépend vraiment des gens. Là dans mon cas, c’est approprié, mais… demain, qu’en sera-t-il ?

[Mentor] – Ne lâche rien va. Une équipe est une équipe. On ne peut avancer aisément sans ses compagnons. Tu as besoin de nous comme on a besoin de toi. Te sous-estimer causera ta perte, tout comme te surestimer. Sang-froid mon ami, garde ton sang-froid. Tel un serpent, calme et serein.

Arai sourit à cette remarque. Il savait ce que c’était que d’agir comme le serpent, et c’était loin d’être aussi facile. Avoir le sang-froid était quelque chose de plutôt désagréable en soit. Et puis, ces écailles et ces sensations nouvelles… Vraiment autre chose.

[Arai] – Je crois que, je vais aller réviser deux trois choses en salle 12.

Il attrapa son sac, et sortit de la pièce aussi sec. La salle 12 n’était pas à côté. Un ascenseur et quelques couloirs plus loin…
Il ouvrit la porte, et alluma une lumière prêt d’une table. Le matériel de premier soin toujours à ses côtés, il s’y assis et retira le haut de ses vêtements. Délicatement il passa sa main sur ses épaules, son cou. Il retira un peu plus de tissu et poursuivit. Chaque fois qu’il terminait une partie du corps, un soulagement se ressentait sur son visage. Les jambes maintenant. Rien aux pieds, rien aux genous.
Les hanches…
Ses doigts s’arrêtèrent sur le côté de sa hanche droite. La texture qu’ils perçurent ne lui plut pas. Il vérifia plusieurs fois, comme si son toucher avait pu le tromper, mais il n’en était rien. Il attrapa la lampe à tête amovible et l’approcha de la zone à éclairer.

[Arai] – tss…

Il détestait cette sensation. Cet aspect rugueux et à la fois lisse, dur mais flexible. Savoir sa peau devenir « ça »… Le changement entre les deux était assez doux. Comme une transformation sur le long terme. Les écailles sur sa main avaient disparues elles, celles de ses épaules aussi. Mais jamais la transition n’avait été aussi légère. Peut-être dans deux mois le bas du corps entier en serait recouvert. Encore fallait-il connaître la vitesse du changement.
Arai attrapa un appareil proche de lui et le passa au dessus des écailles sur sa hanche. L’appareil scanna l’état moléculaire en cet instant T. Il ne restait plus qu’à en imprimer une sortie de données. Un bruit d’impression débuta, Arai se leva, remit ses vêtements et se dirigea vers l’imprimante.
Attrapant le papier dès sa sortie, il retourna près de la table, rangea ses affaires et sortit aussitôt.

Il marchait vite, pressé, stressé, inquiet. Il n’y avait pas trente six personnes à voir.

Juutai Akai.

[Oh le tout petit post x) La suite plus tard ! – Désolé Sho, je ne trouve pas notre sujet (pas bien cherché à mon avis)… montre moi =p ]
[Edit : ha ba si, trouvé... désolé =D]



MessageSujet: Re: Annexe médicale - Arai.   Jeu 1 Juil - 19:52

Maintenant qu’il s’était aperçu du ‘mal’, Arai sentait les écailles frotter contre ses vêtements alors qu’il courrait dans les couloirs de l’académie. Le stress montait, l’adrénaline n’arrangeait rien. Comment avoir les idées claires dans un moment pareil ? Il fallait demander conseil à quelqu’un. Arai avait entendu parler d’Akai Juutai, spécialiste en poisons et maladies, elle était très professionnelle et plus humaine qu’elle n’y paraissait. Il n’y avait aucun indice pour identifier ce qui lui arrivait, mais confirmer ou infirmer un empoisonnement serait le début d’une solution. Et s’il le fallait Kazoku serait là, même si leur lien familial pourrait changer la donne.

Un flash lumineux l’aveugla. Il trébucha, mais se rattrapa de justesse. Il secoua sa tête pour reprendre ses esprits et regarda autour de lui. Qui est-ce qui avait fait ça ? Une farce d’étudiant ? Un reflet de lumière dans une vitre ? Dans un couloir sans fenêtre ni élève, cela risquait d’être difficile. Hallucination, pure et simple. Le stress était la seule issue. Arai ne chercha pas plus loin et reprit son chemin. Il se tenait maintenant devant la salle où se trouvaient les professeurs le plus clair du temps, sauf aujourd’hui. Il toqua à la porte, un fois, une autre… Rien, aucune réponse. Aucun retour à part ces interférences dans sa vue. Comme si quelqu’un s’amusait à dilater ses pupilles dans un rythme hasardeux. Et sa tête. Une pression augmentait dans son crâne, et ces faits n’arrangeaient rien à son inquiétude. Tout était-il lié ? La sueur coulait abondamment sur son visage. Si personne n’était là, il y aurait bien quelqu’un pas loin. Arai ne resta pas devant la porte, il marcha vers sa droite, l’ombre d’un bruit, d’une existence parvint à ses oreilles.
Un nouveau flash, et son souffle se coupa. Il chuta au bout du couloir. Des chuchotements débutèrent, entrecoupé de silences gênés. Mais, toujours personne. Un rire, puis un autre, étouffés aussitôt. Mais, une nouvelle fois, personne.
Ses yeux s’agitèrent dans tous les sens, bougeant la tête de gauche à droite, observant le plafond, le sol, partout. Mais rien. Pourtant ces bruits, ces sons. Ils venaient bien de quelque part. Ils devaient venir de quelque part !
Hallucinations ? Encore ? Que se passait-il ? Quelqu’un ! Il fallait quelqu’un !... Ou… de l’eau.

Il se releva et chercha aux alentours. Ses souvenirs allaient-ils être brouillés par toutes ces sensations parasites ? Il devait trouver un point d’eau, proche. Mais… où ? quel était le chemin ? Là ?... là… ? Au hasard, il prit le couloir face à lui. Il ne courrait plus, mais essayait, ce qui le faisait ressembler à un cheval boiteux tentant de trotter avec chaos. Chaque mur qu’il croisait lui servait d’appui, et nombreux ils furent à passer sur son chemin. Il chercha sur les portes ce sigle universel, les toilettes. Les flash ne manquaient pas de lui rajouter un peu de piment, et quand ça n’était pas une lumière blanche et vive, c’était le noir complet qui s’en chargeait. Arai croyait devenir aveugle… jusqu’à croire devenir fou.

Un nouveau rire. Il se retourna, effrayé, coléreux… Mais, personne. Encore et toujours, personne. Un brouhaha commença à poindre son nez, étouffant les rires, puis le silence vint recouvrir le tout. Plus rien. Du moins, d’humain. Tout n’était plus que sifflements, frottements, cliquetis métalliques et autres bruits. Le tout noyé dans un bourdonnement maître. Qui s’intensifiait… encore… encore… Ses tympans brûlaient.

Il tomba à genoux, et sentit la douloureuse sensation de marches percuter ses tibias. Des images apparurent, remplaçant le brouillard qui lui faisait face. Une pièce sombre… puis de nouveau une lumière vive. D’autres vinrent, par à-coup, se mêlant à l’escalier qui lui faisait face. Il ne comprenait aucune des visions qu’il subissait. Mais chaque fois que l’une d’elles apparaissait, son corps semblait exploser. Ce n’était donc pas que visuel, tout son être souffrait.
Comme mû par une force qu’il ne comprenait pas, son corps grimpa les marches une à une, non sans difficulté. Du sang coulait de ses oreilles, il y porta la main, tremblant. Des larmes perlèrent aux coins de ses yeux. L’incompréhension le gagnait. Le sol, plat sous ses pieds, lui indiqua que son ascension était terminée. Il prit à droite, affalé contre le mur il marchait péniblement, ses jambes se dérobant tous les quatre pas.
Là ! Il y était presque. La porte fermée à quelques mètres renfermait ce dont il avait besoin. Du moins ce qu’il espérait. Sa main se tendit loin devant loin, son bras le brûlait, ses cuisses faiblissaient et sa tête… sa tête manquait d’exploser à chaque mètre parcouru.
Ses doigts se refermèrent sur la poignée, son poids ouvrit la porte et son corps tomba au sol. A genoux face au salut, une vague de toux le surmena. Ses poumons s’embrasèrent, sa gorge manquait de se déchirer à chaque expulsion d’air et le sang ne tarda pas à sortir. Tout s’accéléra. Les flash réapparurent, le bourdonnement s’intensifia, la toux persista.
Et son corps lâcha.

Il s’effondra sur le carrelage, ajoutant un nouvel hématome à sa liste de blessures.


Ses paupières remuèrent, aucune lumière ne s’infiltrait, et l’air qu’il respirait était moite et poussiéreux. Une légère lueur verte apparut peu à peu, douce, et macabre. Un bureau était installé sur un bord de la pièce, des tas de dossiers et encore davantage de feuilles volantes y étaient entassés chaotiquement. Des rouleaux de parchemins étaient étalés ci et là, mêlés à divers outils, plus ou moins connus. Les murs reflétaient de nombreux symboles, écrits, dessins et schémas… Un amas de connaissances et de recherches… Rien d’autre ? Arai se tourna, se retourna, la lueur verte grandissait, la pièce s’allongeait, le mobilier apparaissait. Lentement. De larges vasques remplies de liquide, entreposées les unes sur les autres, à même le sol ou sur des espèces de socles métalliques. Le tout relié à un réseau de câbles et tuyaux en tous genres.
De drôles de formes gisaient là-dedans. Des animaux, probablement. Arai toussa et sa vue se troubla un instant. Une odeur infecte monta peu à peu. Une odeur de mort, de pourriture, comme si le mal lui-même dégageait quelque chose. Cette pièce… Le chuunin se dirigea vers les écrits, peut-être comprendrait-il davantage en lisant qu’en observant.
Rien à faire, c’était codé, ou alors dans une langue qu’il ne connaissait pas. Il lui faudrait des années pour comprendre une unique page par ses propres moyens.
Encore restait-il à déterminer si tout était réel. Le contact était là, les sens olfactifs également… Tout semblait indiqué que oui. Mais, le cerveau humain peut générer tellement de fantasmes, et l’homme user des Illusions, parfois plus vraie que le réel lui-même. Alors comment savoir… ?
Il n’y avait rien à faire, rien qu’Arai pouvait faire.
Dans le doute, il attrapa une feuille et la rangea dans une poche. Puis il s’assit et fixa tous les symboles face à lui. Les mémoriser, au cas où. Car si c’était une illusion, il se réveillerait bientôt, et si c’était la réalité, il n’aurait pas pu arriver ici seul, c’est donc que quelqu’un l’y avait conduit et reviendrait probablement d’un moment à l’autre. Dans tous les cas, il fallait comprendre, ou tenter de le faire.

La plupart des documents étaient composées de données mathématiques et chimiques. Beaucoup de calculs, de dosages, visiblement méticuleux. Les ratures ne manquaient pas, celui ou celle qui travaillait ici faisaient de véritables recherches, et pas de simples exercices de formes. De nombreux symboles lui semblèrent familiers. Des schémas encore davantage. Mais, rien de précis ne lui revenait en tête. Tout était flou, obscur.

Quelque chose bougea plus loin, derrière les vasques. Arai s’en alerta aussitôt. Peut-être que quelqu’un était encore là, ou quelque chose… Il se leva, timidement et approcha. Les vasques brillèrent par à-coups violents, saturant son iris de lumière. Il toussa de nouveau, la main en sang. Son crâne suivit. Devant lui une forme remua. De longs et larges reflets blancs se déplaçaient à quelques mètres. Ses yeux se fermaient naturellement pour se protéger mais il voulait voir. Saisir l’opportunité de comprendre, il força sur ses paupières et n’eut le temps qu’apercevoir une gueule géante l’engloutir en une fraction de secondes dans un hâle primitif.
Puis plus rien.

Son corps, encore étendu à l’entrée d’une salle d’eau, noyé dans une flaque de sang coulant de sa bouche, entouré d’une foule d’élèves alarmés qu’il n’avait pu percevoir.



MessageSujet: Re: Annexe médicale - Arai.   Dim 19 Déc - 12:37


    Arai ( Niveau 21 )
    : +40% Bonus Inclus
    : + 21 XP


MessageSujet: Re: Annexe médicale - Arai.   Mar 27 Sep - 23:39

[Juste précision : Pas encore de brûlures, cheveux blancs etc. Il est encore "normal"]

Une étrange atmosphère régnait, une foule d’élèves s’était rassemblée, chuchotant frénétiquement puis à chaque bruit suspect s’arrêtant immédiatement, dans un silence lourd. Tous étaient là, en demi-cercle autour de l’entrée de la salle d’eau du 2e étage de l’académie. Aucun n’avait été assez dérangé pour venir à l’intérieur, aucun n’avait été assez intelligent pour s’occuper de qui s’y trouvait. Mais tous, sans exception, curieux, immatures, craintifs, observaient la scène dans la perversité la plus banale qui soit. Parce qu’un jeune homme inconscient, baignant dans une flaque de son propre sang au milieu d’une salle d’eau dont les éviers commençaient à déborder, ça laisse pantois. Mais peut-être était-ce l’aspect du garçon qui les avait arrêtés. Certains avaient bien aperçu quelques tâches sur le haut de son cou, et d’autres, plus près et plus observateurs, s’étaient bien rendu compte qu’il s’agissait d’étranges écailles sombres.
Soudain, tandis qu’enfin une jeune fille osait s’approcher, demandant avec une hésitation certaine dans la voix si le jeune homme était conscient, elle recula d’un bond à l’apparition fulgurante d’un serpent, crocs sortis, et crachant avec véhémence. Ce nouvel élément fit hurler de peur la moitié du groupe, mêlant filles et garçons dans un chahut encore plus conséquent. Certains étaient pourtant restés, par tétanie ou par curiosité et perplexité. La jeune fille, assise au sol, les yeux grands ouverts, ne bougeait plus un cil. Le reptile était sorti d’une poche du garçon, à l’affut, tel un gardien.

L e bruit causé par toute cette agitation ne manqua pas d’alerter quelques personnes plus qualifiées que des élèves incompétents. Une voix de femme assurée ordonna avec moins de politesse qu’il n’en était possible de dégager immédiatement et de cesser ce vacarme. Les premiers spectateurs entendirent les derniers se faire pousser, et les grognement approcher. Instinctivement ils se décalèrent et laissèrent passer une jeune kunoichi à la peau sombre, et aux cheveux imposants. Agacée, une lueur électrique se baladait frénétiquement dans ses pupilles.

Izawa – Bon qu’est-ce que c’est que ces conneries ? Qu’est-ce que v… Arai ?!

Réalisant soudain que son ami d’enfance était allongé au sol, recouvert de sang, elle se précipita vers lui, ignorant sans le vouloir la présence menaçante du serpent protecteur. Le reptile lui sauta sur le bras, plantant ses crocs venimeux tandis qu’elle s’apprêtait à soulever le corps de son compagnon. La douleur fut étrangement plus forte que prévue. Izawa recula d’un pas, empoigna le sabre qui dormait derrière ses reins et élança sa lame dans un arc de cercle hypnotique. Mais ce ne fut pas le serpent qu’elle toucha. Elle ne l’avait pas vu entrer, un garçon qu’elle ne connaissait pas venait de s’interposer , courant le risque de se faire attaquer des deux côtés. Et il n’y avait pas échappé. Il retenait la lame du katana dans une main et s’était protégé le visage des morsure de l’animal en y présentant son autre bras. Sa chevelure blonde arborait des reflets orangés et ses yeux dorés avaient ce côté dérangeant que les regards peuvent dégager. Une large faux était attachée dans son dos, menaçante et paisible. Essuyant une nouvelle vague de morsure sur son avant-bras, il regarda la kunoichi et lui adressa la parole, faisant bouger une brindille coincée entre ses lèvres.

Toru – Range ta lame, ça devient gênant.

Izawa semblait perdue tout en restant énervée. Elle garda son appui, insistant un peu plus sur sa poussée.

Izawa – Dégage morveux !

Toru – Range ta lame, répondit-il d’un calme déconcertant. Si tu tues ce serpent, on ne trouvera peut-être pas ce qui est arrivé à ton ami. Et vu l’état dans lequel il est, on ne peut rien négliger. Alors, si tu tiens à le sortir de là, tu ranges ta lame et tu vas attendre dans le couloir comme tout le monde.

Son regard n’avait pas quitté celui de la jeune femme, provocateur et serein, tout ce qui pouvait la faire sortir de ses gonds. Mais, et s’il avait raison… Enfin, il avait raison, mais la colère était parfois plus forte que la raison. Par défiance, Izawa retira sa lame mais prit le temps de la faire glisser le long de la blessure déjà existante, creusant un peu plus la plaie. Aussitôt libéré de l’acier au creux de sa paume, Toru se retourna en un éclair et attrapa la tête du serpent entre son pouce et son index. L’animal ne pouvait rien à présent à par s’enrouler désespérément autour de son poigné dans l’espoir de le faire lâcher. Il se releva, plongea de nouveau ses yeux dans ceux de la kunoichi et fit trembler une dernière fois la brindille au coin de sa bouche.

Toru – Porte le et suis-moi.

Après quoi il sortit de la pièce, faisant écarter les élèves toujours présents comme un pestiféré repousse les curieux intimidés, naturellement et sans encombre. Izawa quant à elle resta une seconde le regard dans le vide puis rangea sa lame dans son fourreau d’un geste délicat et inattendu, se baissa en douceur et souleva le corps d’Arai toujours inconscient. Une fois debout, elle se retourna et prit la suite de Toru, ignorant royalement la foule autour d’elle, ignorant tous ces regards qui contemplaient avec avidité ‘ce’ qu’elle transportait dans ses bras. Et alors qu’elle s’éloignait, des chuchotements commencèrent à poindre et les rumeurs n’allaient pas tarder à s’embraser.

Izawa suivit le jeune homme tout en restant muette. Elle était perturbée, elle ne le connaissait pas, il venait de lui faire la leçon et elle ne comprenait où il se rendait. Ruminant depuis quelques minutes déjà, elle déchira le silence.

Izawa – Qui es-tu, et où vas-tu ?

Toru était toujours devant elle, n’affichant que sa chevelure des blés et son imposante faux. Et sans se retourner, il prit le temps de lui répondre tranquillement.

Toru – Je suis Adachi Toru, et j’emmène ton ami à l’annexe médicale du premier étage.

Izawa – Oui enfin c’est moi qui le porte, faudrait pas tout confondre.

Sur ces mots, Toru ouvrit une porte dont l’insigne « Personnel uniquement » était clairement visible. Izawa le suivi dans cette partie du bâtiment. Elle ne s’y était jamais rendue, était-ce ici, l’annexe médicale ? Elle en aperçu rapidement les réponses. Un lieu froid et désagréable comme tout domaine de médecine. Toru lui indiqua un lit sur lequel elle devait déposer Arai pendant que lui-même ouvrait une cuve et y déposait attentivement le serpent avant d’en refermer la sortie. Il se dirigea ensuite vers une porte au fond de la salle et l’ouvrit.

Toru – Hakujou-sama ? Un petit souci, s’il vous plaît…

Il revint aussitôt en compagnie d’Izawa, laissant la porte ouverte derrière lui. Il remarqua son expression perdue et décida d’en éclaircir l’horizon.

Toru – Adachi Toru, Chuunin instructeur de Kumo. On ne s’est jamais croisés, je suis nouveau, disons, dans ce corps professoral. Et le tonneau de deux mètres qui va bientôt arriver c’est Hakujou Soryuu-sama, également professeur.

Elle voulu prendre la parole mais il ne le lui permit pas, et poursuivit.

Nous excellons dans l’art de la médecine, et sommes tout disposés à comprendre ce qu’il arrive à ton ami. Et ne te préoccupe pas des élèves agglutinés derrière la porte, cette salle est prévue pour les empêcher d’entrer ou d’entendre ce qui se passe à l’intérieur. « Personnel uniquement ». Une petite astuce pour camoufler un sceau de silence et de blocage.

Et, non, ne pars pas. Tu es la plus à même à nous renseigner sur les activités de ton ami.


Toutes ces informations vinrent clarifier des éléments importants pour la kunoichi, mais elle en resta tout de même perturbée. Elle fixait maintenant la porte par laquelle elle venait d’entrer. Rien n’avait été particulièrement évident, un sceau disait-il ? Ou alors était-elle pas assez calme pour réfléchir et observer convenablement ? Une troisième voix vint la sortir de ses pensées.

Soryuu – C’est du saké que tu me ramènes là, Toru-chan ?

Un énorme personnage tout d’orange vêtu venait de faire son apparition dans la pièce. Un large collier de perles roulait sur sa poitrine imposante et une urne de saké accrochée à sa ceinture débordait par à-coup à chaque pas lourd qu’il faisait. Il venait de jeter un regard à la kunoichi, et ne semblait pas la lâcher.

Soryuu – Les présentations n’ont été faites que dans un sens, jeune fille. Alors à moins que tu ne m’apportes un verre, je serais curieux de connaître ton nom, héhé.

Un sourire coquin se dessina sur sa bouille de bon vivant. Ses joues rosées décoincèrent la tension dans l’atmosphère et Izawa put enfin sortir un son.

Izawa – Je m’appelle Seikoku Izawa, et lui c’est Tsumetai Arai. Nous sommes Chuunin au sein de l’équipe n°11.

Alors qu’elle expliquait ces maigres détails, Toru avait retiré l’écharpe et la veste d’Arai, et ouvrait à présent son t-shirt en le déchirant des deux mains. Izawa balbutia quelques sons inaudibles et les deux médecins devinrent plus silencieux encore, fixant avec force ce qui se présentait à eux.
Ce n’était pas une petite zone près de la hanche, mais bel et bien la majorité du torse du chuunin qui était recouvert à présent d’écailles. Une fois le pantalon retiré, tous pouvait constater que ‘mal’ partait de la cuisse et remontait jusqu’au cou, laissant toute fois le bras droit libre si ce n’est que quelque peu ‘tâcheté’.

Soryuu – Où l’avez-vous trouvé ?

Toru, constatant qu’Izawa était réduite sous silence – Dans la salle d’eau du 2e étage, baignant dans son propre sang. Et ce serpent semblait en garder le corps.

Il désigna à son mentor le reptile qu’il avait enfermé un peu plus tôt dans une urne sur la table derrière. Soryuu lança un regarda insistant à la kunoichi. Elle ne bougeait plus. Il s’approcha, retira le bouchon de sa bouteille de saké et lui tendit avec un sourire apaisant.
Elle l’attrapa et en prit en longue gorgée avant de tousser abondamment, la bouche en feu. Soryuu se mit à rire grassement. Ce n’était pas un alcool pour les jeunes gringalets. Récupérant son dû, il reporta son regard dans celui d’Izawa, l’incitant à enfin parler.

Izawa – Je ne sais pas… Je n’ai jamais vu ce serpent. Je… C’est vrai qu’Arai semblait un peu étrange de temps en temps. Mais je doute que ça soit lié.

Soryuu lui attrapa l’épaule, compatissant.

Soryuu – Rentre chez toi. Nous allons nous occuper de lui. Reviens quand tu auras les idées plus claires.

Izawa ne comprit pas. Ses pupilles allèrent d’un bout à l’autre de la pièce, et la main de Soryuu commençait à la pousser vers la sortie. Prit de panique et de colère, Izawa frappa du poing contre le mur, un éclair presque imperceptible vint en déchirer la surface, creusant une fissure peu harmonieuse et loin d’être discrète.

Izawa – Faudrait savoir ! Je pars ou je reste ? Vous avez besoin de moi !

Soryuu n’avait pas lâché son emprise, ni n’avait perdu son zen naturel. La foudre ne l’avait même pas fait sourciller.

Soryuu – Pas dans cet état là. Reviens demain.

Constatant qu’elle ne pouvait absolument rien contre lui, Izawa lui fit dégager sa main, attrapa la poignée de la porte et baissa le regard. Une seconde d’attente et elle sortit avec fracas. Les élèves toujours agglutinés devant la salle bondirent en arrière, certains furent d’ailleurs projetés par la kunoichi elle-même, hors d’elle, mais silencieuse.

Soryuu se retourna vers Toru et déposa son urne sur une table.

Soryuu – Pose lui Gentei, ça va nous faire gagner du temps.

Toru – J’ai déjà pris l’initiative de poser le sceau de limitation… C’est à se demander si c’est bien vous qui m’avez formé.

Soryuu – Bien, cela nous laisse environ deux à trois heures pour trouver une solution. Pendant que je me charge de prévenir qui de droit, aucune bestiole ne doit s’approcher de lui, alors tu vas me poser un Kemonokeno Fuuin sur son lit, car je ne crois pas que tu l’aies déjà fait, ça. C’est à se demander si c’est bien toi que j’ai formé. Hahahaha


Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Annexe médicale - Arai.   

Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Annexe médicale - Arai.
» salle de visite médicale n°3 infirmière Noeliana
» Visite médicale des femmes n° 2 infirmière Sate
» Annexe: L'OCP (Archives)
» Annexe de l'Hôpital

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Ryoma - Le forum des Shinobi :: Ryoma 1.0 :: L'Académie de Kumo-