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 Coucher de soleil depuis les toits

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MessageSujet: Coucher de soleil depuis les toits   Dim 30 Mai - 21:37

Quelques notes de musique délicates, mélancoliques, semblant communiquer une certaine réflexion, provenaient de quelque part au dessus de la tête de tous les passants marchant dans les allées déjà moins fréquentées du village de Kiri. L’air de flûte se faisait plus puissant, plus entrainant, à certains moments, comme autant de sentiments qui se succédaient à l’intérieur du cœur du joueur.

Un homme leva la tête vers les toits et réalisa où il se trouvait.
*Aucun doute possible*, se dit-il en lui-même, avant de sourire franchement. La journée avait été agréable pour Kyo, les missions se faisaient rares en ce moment, ce qui n’était pas plus mal. Il décida après quelques secondes de réflexion de laisser le joueur de flûte tranquille pour le moment. Le Chuunin le retrouverait plus tard.

Les cheveux ondulant au rythme de la douce brise soufflant sur Kiri, le jeune homme finit par ouvrir les yeux, au terme d’un menuet de près de dix minutes. On pouvait distinguer à nouveau une petite tache grise dans ses yeux, lumineuse, pure, et bienveillante. Voilà bien longtemps que Kimaru avait composé cet air, lorsque, plus jeune, sa vie avait commencé à changer à l’annonce des circonstances de la mort de son père. C’était ici même, d’ailleurs, sur cette terrasse surplombant le village, qu’il avait passé de nombreuses heures à composer, se coupant de ses camarades de l’Académie pendant quelques temps. Son oncle Kyo, le cherchant partout alors que la nuit approchait, avait fini par le retrouver ici. Il s’était assis à côté de lui, sans rien dire, se contentant d’écouter l’air de flûte.




Pour Kimaru, magique était la sensation de pouvoir faire sortir ses émotions à l’aide de la musique, mieux valait cela que la violence, comme certains aimaient à le penser. Le Gennin vivait dans un monde intérieur, parfois, une sorte de toile de brume où tous ses souvenirs, bons ou mauvais soient-ils, se côtoyaient. Dans cet état, son regard se perdait dans le vide, signe d’une intense réflexion. Pendant toute la durée du menuet, il avait une fois de plus remué l’ensemble de ses souvenirs, pour profiter de certains tout comme en relativiser d’autres, au fur et à mesure des pérégrinations de son esprit sur cette toile psychique.

Kimaru, alors qu’il retirait la flûte de ses lèvres pour la ranger, sentit une fois de plus cette présence, la même que tout à l’heure, au début de son concert solitaire. Nullement inquiété, il se retourna lentement, avant de replacer son bandeau sur son front. Sortir de sa stase rêveuse lui prenait toujours un certain temps, comme si le monde dans lequel il vivait physiquement représentait une sorte de menace, alors même qu’il devait se sentir en sécurité à l’intérieur des murs de Kiri no Sato. Néanmoins, en ce début de soirée, il se savait en compagnie d’une de ses amies qui savait lui apporter le calme dont il avait besoin pour se sentir bien.
Kimaru prit la parole, en se tournant vers un mur dressé d’un côté de la terrasse, la séparant du toit :
- Miya, rejoins moi donc.
Il ne s’était pas trompé, il s’agissait bien d’elle.



Dix années plus tôt

Kimaru avait 6 ans, c’était son premier jour à l’Académie. Il s’avança dans les allées où un léger brouillard masquait le pied du bâtiment, à quelques mètres. Le toit de l’édifice perçait, là haut, la nappe de brouillard, spectacle fascinant pour qui le contemple pour la première fois. Le garçon serra fort contre lui son étui à flûte, et continua sans se retourner vers le bâtiment où il devait apprendre à grandir, selon les dires de son oncle Kyo. Personne ne se trouvait aux alentours, mais on pouvait entendre des conversations un peu plus loin. Des cris d’enfants excités, impatients d’apprendre à créer des clones et autres techniques passionnantes.
C’est alors qu’au beau milieu du brouillard, Kimaru entendit des pleurs. Des pleurs d’une jeune fille, des sanglots qu’il ne pouvait déjà plus supporter d’entendre, étant lui-même trop triste, encore sous le choc des mauvaises nouvelles concernant son père défunt. Une idée étrange lui vint en tête, comme si c’était la seule solution qui pouvait exister pour résoudre la situation. Le jeune aspirant attrapa alors sa flûte et entama un chant composé par sa mère. Celle-ci lui en avait montré de nombreux autres, et il tardait à Kimaru de voir si la musique aurait un effet sur les pleurs qu’il entendait quelque part, non loin dans la brume.
Après quelques secondes, une petite voix traversa le brouillard jusqu’à lui :

-Qui…qui est là ?, fit la fillette, continuant de s’étrangler avec ses pleurs.
- Qui es tu ?

Après cette question un peu idiote, Kimaru décida d’avancer.
Il la trouva là, assis sur ce banc de pierre, et il se souviendrait pour toujours du moment où leurs regards se croisèrent pour la première fois. L’un était surpris, l’autre était plein de gratitude.

- Tu es celui qui jouait de la flûte ?
- Oui. Je t’ai fait peur ?
- Non…je ne voulais pas dire ça. J’ai peur toute seule dans la brume ! Et je ne veux pas aller à l’Académie, je ne veux pas qu’on se moque de moi !

Kimaru fixa la gamine un long moment, et elle fit de même. La brume se dissipait rapidement, presque aussi rapidement qu’elle était apparue, permettant aux deux enfants de se découvrir complètement.

La fille portait une robe blanche soignée, avec une odeur de rose que Kimaru pouvait sentir même s’il se tenait à trois mètres du banc. Il prit beaucoup de temps pour la dévisager, et commença par croire qu’elle venait d’ailleurs, puisqu’elle se disait effrayée par la brume. Tout le monde à Kiri no Sato apprenait à vivre avec la pluie et le brouillard, cela ne constituait pas un véritable problème d’ordinaire.

Pas très pressé non plus de rejoindre l’Académie, Kimaru s’approcha doucement et prit place sur le banc de pierre, alors que la brume finissait de se dissiper, laissant entrevoir des rayons de soleil perforant les nuages au dessus de leurs têtes. Il reporta son attention sur la petite fille, avant de demander :

- Voilà. La brume est partie, tu vois ? Elle a entendu ton appel. Maman me dit souvent qu’il ne sert à rien d’avoir peur d’elle. Quand nous serons grands, elle pourra même devenir notre alliée.
- Notre alliée ? Tu es sûr ?
- Oui. Mon oncle, lui, a vu mon père à l’œuvre dans de nombreux combats. Kirigakure no Jutsu, par exemple. Une des techniques les plus puissantes que nos ancêtres continuent de nous transmettre.

Kimaru s’exprimait ainsi grâce aux longues journées passées aux côtés de sa mère, qui lui transmettait son savoir musical, ainsi que nombre de valeurs qui selon elle ferait de son fils un bon shinobi. Elle ne parlait pas beaucoup de ses techniques de kunoichi pourtant Kimaru savait, par son oncle, qu’elle était très douée. On ne lui en avait jamais dit plus.

- Kirigakure ? reprit la fillette au bout d’un certain temps.
- Et pourquoi les autres se moqueraient-ils de toi, dis moi ?
- Akame me dit tout le temps que je suis nulle, que je n’arriverais à rien, et que de toute façon je ne ferai pas long feu à Kiri, et qu’un jour je serai tuée par un Oïn Nin puisque j’aurais fui le village de honte.
La gamine s’apprêtait à repartir en sanglots, mais elle s’arrêta lorsque son voisin lui entoura les épaules de son bras droit, avant de lui dire :
- Moi je ne crois pas que tu sois nulle…Tu es déjà belle, n’est ce pas un début encourageant ?
La gamine écarquilla les yeux de reconnaissance, et se laissa entraîner vers le bâtiment où une nouvelle vie les attendait.
- Au fait, je suis Kim.

***

Miya se laissa tomber gracieusement depuis le haut du mur. Kimaru ne put se retenir de sourire en se remémorant leur rencontre, elle qui maintenant se débrouillait mieux que la plupart des Gennin, que ce soit en endurance, ou bien en termes d’exécutions de Jutsu.
- Je sais à quoi tu penses, ronronna t-elle.
Elle fit semblant de pleurer en se frottant les yeux, et s’écria :
- Aidez moi, je suis une jeune sotte perdue dans la brume !
Les deux amis se mirent à rire. Ce moment leur paraissait loin et proche à la fois, et se le rappeler était toujours aussi amusant.
Kimaru s’approcha d’elle après avoir rangé sa flûte. Il l’enlaça et passa ses mains dans les cheveux rouges de la jeune femme.
*Qu’elle est belle avec ses cheveux détachés…*
Son visage conservait les mêmes traits qui avaient conduit Kimaru à la complimenter lors de leur rencontre : un visage parfaitement équilibré, avec une peau douce et sans défaut, et cela sans aucune sorte d’artifice. Un nez fin, séparant magnifiquement ses yeux d’un bleu indescriptible. Ils semblaient simplement venir d’un autre plan d’existence tellement ils pouvaient perforer de part en part n’importe quel individu. D’un simple regard, Miya pouvait comprendre et rassurer son ami, telle était sa force, au-delà des ses talents de kunoichi.
Ils s’accoudèrent tous les deux à la rambarde, profitant des derniers instants du coucher du soleil.
- Je ne voulais pas t’interrompre lorsque tu jouais, Kim. C’était le Vent d’Hiver, non ?
Kimaru inspira profondément.
- Oui, le Vent d’Hiver.
La jeune femme glissa sa main dans la sienne. Ils restèrent là un long moment, jusqu’à ce que le dernier reflet rouge du soleil disparaisse à l’horizon, laissant Kiri dans le calme d’une nuit étoilée.
- Ces étoiles…elles me rappellent que nous ne sommes pas seuls. Je peux voir mes ancêtres, je peux voir Konoha, qui s’étend, tout là bas. Je peux tout voir.
- Dis Kim, tu m’apprendras à les reconnaître ?
- Oui, ce n’est pas compliqué tu verras. Tu pourras toi aussi méditer, leur adresser tes vœux les plus chers.
Miya fixa Kimaru un court instant, toujours sous le charme de ce genre de moments. Ils étaient rares, mais les deux savaient à quel point l’autre était important. Eloignés des soucis du quotidien, cette terrasse représentait leurs rêves communs, un théâtre d’évasion que rien ne pouvait remplacer, comme si les marionnettes du futur incertain dansaient devant eux, loin dans le ciel au dessus de leurs têtes.
Au bout d’un moment, la kunoichi embrassa son ami sur la joue, avant de se retrouver très vite en haut du mur.
-Dors bien, Kim, merci pour ce moment. On s’entraîne bientôt ensemble, hein ? Et puis, désolé de t’embêter avec ça, mais…tu devrais lire ce livre. Je suis sûre que c’est important, et puis ça t’apprendra à le connaître, d’une certaine manière tu ne crois pas ?
Elle disparut dans la nuit.

*Certes. Cela fait des mois, il serait temps que je m’y mette.*

Le temps d’un ultime menuet de flûte, Kimaru finit de se persuader qu’il était plus que temps de commencer la lecture du journal d’Hayate.
Quelques minutes plus tard, il se décida à rentrer chez lui, dans son propre appartement où il aimait se retrouver seul parfois, tout comme sur cette terrasse.

*J’arrive, papa.*




Dernière édition par Kimaru Honi le Lun 7 Mar - 19:02, édité 1 fois

MessageSujet: Re: Coucher de soleil depuis les toits   Mar 1 Juin - 21:57

[Suite du premier post de l'appartement]

Le Journal d'Hayate : Chapitre 1 : A coeur ouvert



De nouveau, seul, et ce n’était pas plus mal, Kimaru s’installa contre le mur en tailleur. Il tourna la tête des deux côtés, comme si Akame pouvait revenir, dans le même état de fureur qu’à l’appartement quelques minutes plus tôt.

Fier et heureux, Kimaru poussa un soupir de soulagement au moment de tourner les pages du livre.


A l’heure où je décide d’écrire ses lignes, je me rends compte de tout ce que j’ai laissé derrière moi. En me retournant, je m’aperçois que devenir Anbu a tracé une énorme faille entre moi et ma famille. Je peux me retourner, mais pas revenir en arrière. Chaque jour je vois ma famille dans mon esprit, qui m’attend, qui pleure d’anxiété, d’incompréhension totale. A toi je te le dis Kim, et peut être bien que ton oncle s’en doute : j’ai fait l’erreur de fricoter avec les hautes instances du pouvoir, à éxécuter des missions dont les enjeux me dépassaient moi aussi. Un membre des forces spéciales de Kiri, voilà ce que je suis. J’en ai fait le choix, j’ai été recommandé au Mizukage, mais je ne me rendais absolument pas compte de tout ce que cela allait me coûter. Je cherchais certainement la gloire, la force, la maîtrise parfaite de mes techniques. J’ai peut être réussi à maîtriser des jutsus que je pensais inaccessibles, mais ce n’est pas ce que mon cœur voulait.

J’étais obligé de consacrer tout mon temps à ces missions, je n’ai jamais pu expliquer à ta mère ce que je faisais. Je prétextais des choses dingues parfois, et elle comprenait que je puisse avoir d’importantes missions en tant que Juunin, mais tout était bien trop calme, et elle était bien trop intelligente pour ne pas savoir que je mentais. Peut être bien qu’elle avait découvert la vérité toute seule après tout, mais je ne pouvais vraiment pas en parler à qui que ce soit. Trop risqué, comme d’habitude, selon le Mizukage.

J’ai décidé d’écrire ce journal il y a quelques temps déjà, car je sais pertinemment, et je reconnais que c’est bien triste à dire, que je vais mourir. Je vais mourir car cette mission est ma dernière. Je le sens au plus profond de moi, au fur et à mesure que je croise les regards terrifiés mais plein d’espoir des familles à qui cet homme que je dois éliminer a fait du mal.
Cet homme est le mépris incarné. Je ne l’ai vu qu’une fois, et je l’ai laissé partir par excès de zèle, car au moment où je l’ai coincé, quelque part au pays de l’herbe, il était faible, je ne sais toujours pas pourquoi et je ne le saurais peut être jamais. Je voulais de tout cœur affronter cet homme en pleine possession de ses moyens, car je trouvais injuste qu’il ne puisse pas se défendre.

Mais je ne n’ai pas réfléchi, une fois encore. Je n’ai pas mesuré la portée de mon acte. Je n’ai pas réalisé à quel point cet homme est dangereux, à quel point une fois parvenu à pleine puissance il allait me faire mordre la poussière.
Erreur. Toujours des erreurs. Assis là, lors de cette soirée agréable, j’écris tout ça, pour peut être trouver un moyen de me pardonner à moi-même, bien avant que ta mère ne me pardonne, si elle en est capable.

A travers ces pages j’essaierai d’exister pour toi. En sachant que ma fin approche et que je ne connaîtrai jamais mon fils. C’est peut être ça le plus dur. Je me sens lâche de t’abandonner alors que ton histoire n’a pas encore commencé. Je me sens lâche de ne rien pouvoir te laisser de plus que ce journal. Lâche, en sachant que je ne dirai même pas adieu à ton oncle lorsque je lui remettrais l’ouvrage.

J’aurais aimé être là pour toi, c’est vrai. Mais je me rends compte qu’il ne sert à rien de ressasser le passé, et à quel point tu as dû souffrir à cause de ça.
Il me tient simplement à cœur de raconter à quelqu’un tout ce qui se passe par ici. Cette foutue mission qui dure beaucoup trop longtemps, qui m’a pris ma famille, qui va bientôt me prendre ma vie.
Autant que ce soit à toi, Kim. Pas question de te mentir à toi.


*Tu existes, maintenant.*
Kimaru retint ses larmes tant bien que mal. A partir de maintenant il devrait agir en vrai shinobi, ne plus s’attacher au passé car rien ne pouvait le changer.
Une simple introduction, et déjà des valeurs qui faisaient sens dans son esprit. Chérir sa famille, vivre sa vie telle que l’on veut la vivre.
Le jeune homme se leva, en serrant fort le livre dans le creux de sa main. Il aurait sans doute besoin d’en parler à son oncle dans les plus brefs délais. Pour l’heure, il était temps d’aller s’entraîner.

*Plus question de rêvasser, j’ai déjà assez de retard.Il faut aussi que je cherche Miya...*

Dans la brume matinale, le soleil perce une fois de plus les nuages. Des oiseaux s’envolent, comme lors de « la fin ».
Et puis, l’eau dort.

MessageSujet: Re: Coucher de soleil depuis les toits   Sam 20 Nov - 14:16

Kimaru : +17 XP
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