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 L'Alchimie des Molécules

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MessageSujet: L'Alchimie des Molécules   Mar 8 Juin - 16:52

¤,.°o°O Chapitre 11 : A l'Heure du Jour... O°o°.,¤
« L'alchimie des molécules »
1

Sho était assis sur la dernière des six marches qui menaient à la porte de la maisonnette. Une brise venue du nord s’engouffrait dans son épaisse chevelure. Ballottés comme de simples filaments de soie, ses cheveux imitaient la couleur de la nacre à la racine puis viraient progressivement au pourpre en remontant vers la pointe. Son visage exprimait une profonde impassibilité qui se reflétait aussi bien dans son regard que dans son attitude. La brise dessinait des vaguelettes sur ses larges habits de satin ; leur donnant une forme tantôt replète tantôt comprimée. Appuyé contre son épaule droite, Hoshiyo, son nodachi irradiait par la noirceur de son fourreau et de sa poignée.

Sho – Prions pour que je n’ai pas à te tirer de ton fourreau aujourd’hui.

Son regard glissa vers l’ouest où les montagnes se dressaient telles des remparts coiffés de pics acérés. Le matin n’était pas encore tout à fait lever. Le ciel arborait ce bleu fade qui allait en se désagrégeant au fil des minutes. Entre deux sommets effilés, la lune quasi pleine poursuivait sa descente fantomatique sans se soucier du regard que pouvait lui porter les mortels. Reine d’une nuit froide, elle laissait progressivement la place au maître du jour dont la robe flamboyante se révélait déjà à l’est. En contrebas, Kumo dormait paisiblement à l’ombre des montagnes. Le village était fait d’innombrables bâtiments semblables, au loin, à des fenêtres noires séparées par des arrêtes plus ou moins larges selon les endroits. Le parc Yamekuteka faisait office d’exception; véritable mare végétale au milieu d’amas de briques et de pierres. Le visage de Sho vira à l’amusement en se remémorant le jour où son vieil ami, Kôsuke Hondô, lui avait fait découvrir cette vue imprenable pour la toute première fois. Hélas, bien que ce souvenir lui était plaisant, il lui rappelait également que Kôsuke n’était plus de ce monde et que plus jamais il ne le réentendrait raconter l’histoire du village tel que lui l’avait vécu.

Une ombre se dessina soudainement au nord. Sho crut d’abord à un mirage, mais il réalisa qu’il se trompait lorsque l’ombre se mua en une silhouette masculine. Les yeux plissés, il la vit s’approcher encore et encore jusqu’à ce que sa robe noire se fende de formes et de couleurs. L’individu portait un hakama blanc et un juste au corps sans manches qui laissaient entrevoir des bras minces ornés de tatouages. En franchissant les frontières du domaine, l’homme révéla finalement une chevelure blonde tombante et un visage fin où la beauté se mêlait à une expression débordante d’assurance. Coiffé d’un léger sourire, l’homme s’arrêta à trois mètres tout au plus de Sho. Lentement, il s’inclina.

? – Ai-je bien à faire à Sho Nagoshi ?

Sho – Tout dépend de qui le demande.

? – On m’avait prévenu que le véritable Sho Nagoshi donnerait cette réponse.

Les ongles rouges de Sho ceinturèrent instinctivement le fourreau d’Hoshiyo. Un geste qui ne passa guère inaperçu aux yeux vivaces de l’inconnu.

? – Ne me craignez pas car même s’il me venait l’idée absurde de vous attaquer, je n’aurai aucun moyen en ma possession pour vous défaire.

Sho – Dans ce cas, qu’est-ce qui vous amène ?

? – Je m’appelle Yokuro Sanô, je viens au nom d’Hanzuke Sanô, mon père. Il m’a demandé de vous remettre ceci.

Il sortit un parchemin d’une interstice taillée sur le flanc de son hakama. Sho le toisa du regard, empreint de méfiance à son égard, puis il lui prit finalement le parchemin des mains.

Sho – Qu’attendez-vous ? N’étiez-vous pas simplement venu me porter le message de votre père ?

Yokuro – Je crois que vous feriez mieux de jeter un œil à ce parchemin.

Intrigué, Sho défit le nœud qui tenait scellé le parchemin. A chaque instant, il ne pouvait s’empêcher de lever son regard vers Yokuro comme pour s’assurer qu’il n’entreprendrait réellement rien d’absurde; ainsi qu’il l’avait dis. Le parchemin était parcouru par une écriture fine mais masculine. Cela se traduisait par des lettres aux courbes abruptes, comme taillées dans un marbre fragile. L’auteur du message; qui n’était autre que Hanzuke Sanô, l’informait qu’un local lui avait été trouvé quelque part aux abords de l’Asakura. L’adresse était inscrite au bas du parchemin quand plus bas encore, Hanzuke le priait de bien vouloir l’excuser pour son absence et de s’en remettre à son fils pour ce qui était de le guider jusqu’au local. Chassant toute autre méfiance à l’égard d’Yokuro, Sho rangea le parchemin sous un pan de tissu et gratifia son invité d’un sourire amical.

Sho – Excusez ma froideur de toute à l’heure. Les temps sont si sombres qu’il m’arrive de ne plus distinguer l’ami de l’ennemi.

Yokuro – Je jugerai le contraire surprenant. Asahi nous guette d’une manière qu’il nous ait encore difficile de déterminer quand d’autres groupuscules, peut-être plus sombres encore, attendent patiemment à nos portes que nous fassions le moindre faux pas.

Sho se redressa en empoignant son nodachi.

Sho – Vous parlez comme un shinobi.

Yokuro – Oh et bien c’est probablement parce que j’en suis un.

Les deux hommes abandonnèrent l’ancienne propriété de Kôsuke Hondô, la laissant seule perdue dans la montagne. Ils suivirent les pentes de gazon verdoyant jusqu’à un petit chemin de terre qui servait autrefois de route commerciale. Ils le longèrent sur une centaine de mètres environ avant d’arriver à un escarpement où des mottes d’herbes desséchées côtoyaient de près des rochers aussi larges que trois hommes de forte stature mis côte à côte. Plus loin, derrière une avancée de roc, un passage leur ouvrit une vue sur un escalier naturel qui les mena au pied de la montagne. Là encore ils marchèrent sur près d’un kilomètre à travers champs pour atteindre la porte sud du village.

Tout le long, Sho eut vent de la fonction qu’occupait Yokuro au sein d’une cellule de recherches médicales employée par le grand hôpital de Kumo. Il fut surpris d’entendre que le grade de Juunin lui avait été octroyé après un service de quatorze mois dans la section de torture et d’interrogation. Autant qu’il fut étonné d’apprendre que lui et Yokuro partageaient le même age.

En avançant dans la plus grande rue marchande du quartier de l’Asakura, les deux hommes échangèrent quelques questions d’usage; chacun d’eux essayant d’en apprendre un peu plus sur l’autre.

Yokuro – Ainsi, vous avez été promu il y a de ça deux ans ?

Sho – Vous semblez en savoir beaucoup plus que vous ne voulez bien le montrer.

Yokuro sourit.

Sho – Mais oui cela remonte déjà à deux ans. C’était au retour d’une mission de sauvetage. Je faisais parti d’une équipe établie exceptionnellement après la grande session d’entraînement voulue par l'Intendant.

Ils bifurquèrent soudainement vers le nord-est au détour d’une petite place plongée dans la pénombre.

Sho – Quatorze mois dans la brigade de torture et d’interrogation… vous avez probablement fait la connaissance de Masao et Senhime Iwaki ?

Yokuro – Il m’était difficile de ne pas les connaître; Masao était mon supérieur hiérarchique. Je dépendais exclusivement de ses ordres.

Sho leva ses yeux vers le ciel. Il lui sembla distinguer un rayon doré sur le toit le plus proche. Il ne donnait pas une heure à cette rue pour se remplir de promeneurs, de commerçants, et d’autres malfrats déguisés en paysans.

Yokuro – Si je peux me permettre, pour quoi vous procurer un local ?

Sho lui jeta un regard en biais.

Sho – Je constate que vous n’avez rien perdu de votre séjour au sein de la brigade d’interrogation.

Yokuro croisa son regard, l’air amusé.

Yokuro – Excusez mon indiscrétion.

Tous deux approchaient maintenant de la frontière nord du quartier.

Sho – Vous êtes un homme de confiance…

Yokuro – Comment pouvez-vous le savoir ?

Sho – Masao le sait.

Yokuro reporta son regard droit devant lui.

Sho – … ce local servira à accueillir un centre de recherches.

Yokuro – Poisons ? Pilules ? Virus ? Ou peut-être même cadavres ?

Sho – Je ne sais pas encore.

Yokuro ne posa plus aucune question après ça. Lui et Sho quittèrent l’Asakura pour une ruelle à peine assez large pour les accueillir tous les deux. Là encore ils marchèrent une centaine de mètres avant de trouver l’entrée qui les intéressait. Yokuro poussa des portes au revêtement terne et écaillé et invita Sho à entrer.

Sho – C’est un drôle d’endroit.

Yokuro – C’est vrai. Il ne passera que mieux inaperçu.

Il n’avait pas tort. Le couloir qui servait d’hall d’entrée était miteux. La plupart des portes qui s’offraient à leur vue étaient condamnés par de larges poutres en bois clouées grossièrement les unes aux autres. Personne ne prendrait le temps de s’attarder ici pour une raison ou pour une autre. Ce qui en soit rassurait Sho quant à la discrétion de son entreprise. S’il n’était pas dans son idée de garder ses installations cachées aux yeux des autorités; il était en revanche crucial de les préserver du grand public.

Yokuro – Par ici, suivez-moi.

Sho suivit son guide jusqu’au quatrième et dernier étage du bâtiment. L’escalier en colimaçon qui servait d’épine dorsale à ces lieux cessa de grincer après leur passage tandis que la poussière soulevée par le pas retombait progressivement autour de leurs traces.

Yokuro – Voilà c’est ici.

L’étage n’accueillait que deux portes. La première, en bois, était celle qui intéressait nos deux amis. L’autre, en métal rouillé, devait certainement conduire au toit ou alors à un vieux grenier encore plus insalubre que ne l’était l’intérieur du bâtiment dans son ensemble.

Sho poussa la porte en bois; qui manqua presque de se décrocher comme une vieille mâchoire. Derrière, il découvrit un vaste local comme il aurait été difficile de le croire tant le contraste était saisissant entre son état de conservation et celui du reste du bâtiment. Il y avait bien quelques murs où l’enduit cloquait, une épaisse couche de poussière sur le sol, ou encore une telle crasse sur les fenêtres que la lumière extérieure prenait une teinte ocre en entrant. Malgré ça, le local était d’une rare grandeur. Sho n’imaginait d’ailleurs pas trouver une telle surface disponible même dans ses rêves les plus fous. C’était parfait. Un grand coup de serpillière, un peu d’ameublement et il obtiendrait certainement un antre plus grand encore que ne l’était celui d’Akai à l’hôpital.

Sho – De grandes choses seront bientôt à l’œuvre ici.

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MessageSujet: Re: L'Alchimie des Molécules   Mar 15 Juin - 21:25

¤,.°o°O Chapitre 11 : A l'Heure du Jour... O°o°.,¤
« L'alchimie des molécules »
2

Sho avait pris place au centre de la pièce. Il avait trouvé une chaise contre l’un des quatre pilonnes qui soutenaient le plafond et s’était ensuite installé au milieu approximatif de la salle de sorte à pouvoir la regarder dans son ensemble simplement en pivotant son buste. Yokuro était parti. Sho était seul avec son ombre étalée sur le mur opposé aux fenêtres. Il imaginait déjà plus ou moins où irait les divers plans de travail, son bureau, ou encore la manière dont il agencerait les quelques bibliothèques qui viendraient revêtir les murs. La seule chose à laquelle il devait sérieusement réfléchir était à la direction qu’il prendrait une fois le matériel en place. Les domaines qui s’ouvraient à lui étaient tous aussi vastes et dissociables les uns des autres. Son choix devrait prendre en compte de nombreux paramètres; notamment les turbulences futures de sa discipline et le propre intérêt personnel qu’il déverserait dans ses recherches.

Plusieurs coups retentirent brusquement. Sho eut à peine le temps de pivoter sur son bassin que la porte d’entrée s’écrasait sur le sol, projetant un nuage de poussière qui mis plusieurs minutes à retomber totalement. Une petite silhouette s’arrêta à un mètre de lui, les poings appuyés sur ses hanches. C’était une fille qui ne devait pas mesurer plus d’un mètre quarante. A vu d’œil, Sho lui donnait peut-être douze ou treize ans à tout casser. Elle avait un visage en forme de diamant encadré par des cheveux blonds coupés courts. Ses grands yeux noisette étaient fixés sur lui, ses sourcils froncés dans une parfaite expression de colère profonde.

Sho la considéra avec étonnement.

? – Qu’est-ce qui te prends de visiter MON local ?

Sho parut d’autant plus étonné que la voix de la jeune fille bouillonnait de haine à son égard. Il était pourtant persuadé de ne l’avoir jamais rencontré auparavant.

? – T’es muet en plus ? Hey je te parle !

Yokuro réapparut dans l’entrée. Il était aussi essoufflé que s’il avait couru à toute allure sur un bon kilomètre de dénivelé.

Yokuro – … ex… excusez-la … elle ne sait pas ce qu’elle dit.

? – Tais-toi imposteur ! Ton père m’avait promis qu’il me trouverait un local digne de ce nom. C’est celui-là que je veux !

Après avoir jeté cette réplique à la figure du pauvre Yokuro, elle pivota sur ses talons et fusilla Sho du regard.

? – Désolé pour toi mais ce local est à moi. Tu peux partir.

Sho avait la nette impression de se trouver au centre d’un conflit qui ne le concernait quasiment en rien à ceci près que cette « gamine » s’auto-proclamait propriétaire du bien qu’il venait d’acquérir.

Sho – Quel est ton nom ?

Elle prit une moue mi-surprise mi-boudeuse.

? – Ryûzoji … Hiroko Ryûzoji, c’est comme ça qu’on m’appelle. Et toi t’es qui ?

Sho – Sho Nagoshi… c’est comme ça qu’on m’appelle…

Yokuro – Hiroko ! C’est un juunin, tu lui dois le respect !

Le ton autoritaire d’Yokuro sembla glacer Hiroko pendant une fraction de seconde. Une seule fraction de seconde…

Hiroko – Il pourrait tout aussi bien être le Raikage que j’en aurai rien à foutre.

Yokuro – Hiroko !

Visiblement agacée, la petite se retourna en un instant et envoya son pied dans le tibia d’Yokuro. Celui-ci eut beau cracher un juron en se tenant la jambe, la tornade Hiroko Ryûzoji semblait inarrêtable. Sho avait très clairement distingué un lien entre eux. Hiroko avait une certaine forme de respect pour Yokuro – en faisant abstraction du coup de pied qu’elle venait de lui infliger – cela se traduisait principalement par le fait qu’elle ne croisait jamais son regard alors qu’elle ne se gênait pourtant pas pour le fixer lui. Yokuro de son côté se montrait bien assez « poli » en sa présence. C’était à se demander s’il ne la craignait pas.

Catapulté au centre de cette situation plutôt cocasse, Sho se laissa peu à peu gagner par un sourire amusé. Sourire qui agaça Hiroko presque plus que ne l’avait agacé les mots d’Yokuro.

Hiroko – Qu’est-ce qui te fait rire ?

Sho – Toi bien sûr.

Le visage d’Hiroko vira au rouge. Elle replia son bras droit, arma son poing, mais Yokuro interrompit son mouvement en la saisissant par le bras. Il ouvrit la bouche, sans doute pour la railler une nouvelle fois, quand Sho hocha la tête pour lui faire comprendre que tout se passerait bien et qu’il pouvait la lâcher. Yokuro s’exécuta sans broncher. Sho n’avait aucune raison de la craindre. Il ressentait davantage de la curiosité pour elle que de la peur, du mépris, ou n’importe quel autre sentiment de cette sorte.

Sho – Il s’avère que cet endroit m’appartient que tu le veuilles ou non.

Hiroko prit un air renfrogné.

Sho – Tu es inscrite à l’académie ?

Hiroko – Sombre crétin, tu crois quoi, que je ramasse de la bouse à longueur de journée ? Bien sûr que je suis inscrite à l’académie ! Je suis chuunin.

Sho ne releva pas sa remarque. Il était de plus en plus amusé et intrigué par ce drôle de personnage.

Sho – Spécialité ?

Hiroko – Eisei… et puis merde ! C’est quoi ? Un interrogatoire ?

Sho – Non, simplement de la curiosité.

Hiroko – Tu sais où tu peux te la mettre ta curiosité ?

Yokuro – HIROKO !

Cette fois-ci, Hiroko se retourna non pas pour envoyer un autre coup de pied dans les tibias d’Yokuro – bien que l’envie pouvait bien la démanger – mais pour le fusiller du regard.

Yokuro – De toute façon, tu n’aurais jamais eu assez d’argent pour te payer ce local. Ça ne sert à rien de continuer à t’acharner sur lui, il n’y est pour rien.

La situation prit soudain une toute autre direction.

Sho s’attendait à ce que la petite Hiroko s’énerve de nouveau, mais il n’en fut rien. Elle resta planté devant Yokuro, silencieuse. Son visage délaissa peu à peu la colère pour l’impassibilité. Puis sans un mot ni même un regard, elle pivota sur ses talons et quitta la pièce. Sho garda son regard fixé sur l’entrée pendant plusieurs minutes. S’il n’arrivait pas concrètement à comprendre ce qu’il venait de se produire en coulisse, il pouvait néanmoins ressentir le malaise d’Yokuro. L’homme affichait une mine sombre qui laissait croire qu’il s’en voulait.

Sho – Yokuro ?

Il ne le regardait plus. Ses yeux étaient noyés dans le vide.

Yokuro – Je n’aurai pas du dire ça… même si ça ne se voit pas au premier coup d’œil, c’est une petite fille fragile.

Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, Sho le croyait. Il avait presque perçu la sensibilité d’Hiroko derrière ses réactions colériques.

Yokuro – Elle est issue d’une famille paysanne … une famille plutôt pauvre installée en plein cœur de l’Asakura. Elle travaille dur tous les jours pour donner un peu d’honneur à son nom…… c’est ce qui lui a valu son rang de chuunin. Elle écume les missions de rang C et B sans presque jamais s’arrêter.

Sho – Je suppose que tout l’argent qu’elle gagne sert à l’entretien de sa famille ?

Yokuro hocha la tête.

Sho – Vous feriez mieux de la rattraper et de lui transmettre cette proposition: si elle le souhaite, je lui ouvre les portes de ce local. Elle sera libre d’y faire les recherches qu’elle souhaite et ne me devra rien si ce n’est un compte-rendu de ses avancées.

Yokuro le dévisagea pendant une bonne minute, les sourcils légèrement froncés.

Yokuro – Est-ce de la pitié ?

Sho – Non, de la reconnaissance. Je sais ce que c'est d'être issu d'une famille paysanne.

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MessageSujet: Re: L'Alchimie des Molécules   Mer 16 Juin - 16:39

¤,.°o°O Chapitre 11 : A l'Heure du Jour... O°o°.,¤
« L'alchimie des molécules »
3

Les heures passèrent à une vitesse ahurissante. Sho demeura la journée entière dans le local à organiser ses pensées comme il le pouvait. Établir son propre centre de recherches impliquait quelques conséquences qu’il lui était encore difficile d’entrevoir. Il était seulement conscient qu’une réorganisation de son emploi du temps s’imposait. S’il voulait rendre viable son nouveau projet, il lui fallait passer assez de temps dans cet endroit sans pour autant négliger les missions que le village avaient à lui offrir. L’intégralité du financement de ce local passait par l’exécution des missions. Les négliger se résumait vaguement à se couper soi-même l’herbe sous le pied. Heureusement, Hiroko Ryûzoji pouvait quelque peu changer la donne si toutefois Yokuro réussissait à lui faire entendre raison. S’assurer sa pleine collaboration revenait à s’assurer que quelqu’un s’occuperait du centre en son absence; même s‘il avait bien conscience qu‘elle ne se tiendrait sans doute presque jamais à sa disposition. Mais qui sait, peut-être réussirait-il à trouver les mots pour la convaincre sans craindre pour ses tibias.

Le crépuscule installa un climat de froideur à l’intérieur du local. Sho ouvrit une à une les six fenêtres imbriquées dans le mur extérieur. Les quelques brises qui réussissaient à s’y engouffrer trouvaient à peine la force de soulever la couche de poussière au sol; sans doute parce qu’elle était beaucoup trop compact. Sho posa son nodachi contre le mur puis il s’accouda aux rambardes de la deuxième fenêtre en partant de la gauche. Son regard balaya la vue plutôt dégagée que lui offrait la hauteur du bâtiment. Devant lui s’ouvrait la partie sud du parc Yumekuteka avec plus loin les premiers bâtiments du quartier commerçant. A droite, il pouvait voir l’extrême pointe du quartier de l’Asakura à ses larges bâtisses résidentielles; et à sa gauche, plusieurs bâtiments tassés les uns contre les autres, pour la plupart occupés par les plus riches paysans du village. A l’ouest, le soleil n’était plus qu’un vague cercle rouge orangé qui ne tarderait pas à disparaître totalement sous la courbe de l’horizon.

Hey.

Sho tourna subitement la tête. Il s’étonna d’abord de croiser le regard d‘Hiroko puis ensuite de ne pas l’avoir entendu arriver. Hiroko le fixait sans ciller, les bras croisés dans son dos.

Hiroko – Yokuro m’a dis que t’avais une proposition pour moi.

Sho – C’est exact.

Sho la regarda faire un pas en avant.

Hiroko – Que ce soit bien clair entre nous, si j’accepte je ne serai pas ton larbin.

Il s’était attendu à ça. Hiroko était ce genre de kunoichi pour qui la liberté était le bien le plus précieux. Elle savait reconnaître les priorités, mais ne sacrifiait rien sur l’autel de l’indépendance. Elle avait tout simplement des principes pour lesquels elle avait sans doute luter toute sa vie. Ni lui ni personne pouvait y changer quoi que ce soit. Hiroko travaillait seule et resterait seule.

Sho – Entendu.

Elle se tourna et jeta un coup d’œil autour d’elle.

Hiroko – Tu vas avoir du mal à nettoyer ça tout seul.

Sho sourit. Il devait reconnaître que les répliques tranchantes de sa nouvelle collaboratrice lui plaisaient tout particulièrement. Elle avait un véritable don pour rejeter les problèmes sur les autres même quand elle y était plus ou moins liée.

Sho – J’ai passé ma jeunesse les pieds dans la boue, c’est pas un peu de poussière qui va me rebuter.

Même s’il ne pouvait voir qu’une moitié de son visage, Sho nota son léger haussement de sourcil. Il se doutait bien que l’évocation d’un passé plus ou moins identique à celui qu’elle avait vécu les rapprocherait ne serait-ce que très subtilement.

Hiroko – Te fous pas de ma gueule. Toi, un paysan ? Je sais ce que Yokuro t’a raconté à mon sujet mais j’ai pas besoin de compassion, je me porte très bien.

Sho – Crois-le ou pas. Je ne suis pas né à Kumo.

Hiroko – Je m’en fous tu sais.

Sho – J’en doute pas un seul instant. Seulement ne pense pas que tu es la seule ici à être passée par ce que tu es passé.

Il pivota sur ses talons et s’appuya de nouveau contre les rambardes de la fenêtre. Ses yeux balayèrent l’horizon. Quelque part au nord-est, bien au-delà des montagnes, son père devait être entrain de rentrer son troupeau à l’étable. Son oncle et sa tante ne devaient pas être bien loin, probablement à préparer le repas du soir. Où qu’elle ait été envoyé après sa mort, sa mère devait les observer lui et tout ce beau petit monde en souriant comme elle l’avait toujours fait. A cette seule pensée, le sourire de Sho s’étira sensiblement.

Hiroko – Tu auras besoin de moi pour remettre cet endroit à neuf.

Sho tourna son buste et lui jeta un regard par-dessus son épaule.

Sho – Est-ce que ça veut dire que je peux compter sur toi ?

C’était peu vraisemblable quand on avait vu et surtout entendu la tornade Hiroko en action.

Hiroko – Non… ça veut dire que si tu me supplies, je pourrai faire un effort.

Le rire de Sho sembla redonner quelques couleurs à la pièce. En revanche, il secoua Hiroko au point qu’elle fronça d’abord ses sourcils avant de lui tourner le dos.

Sho – J’aurai bien besoin de ton aide, je ne peux pas le nier. Donc est-ce que tu veux bien me donner un coup de main ?

Hiroko ne lui répondit pas. Elle resta silencieuse pendant près de cinq bonnes minutes. Sho pouvait vaguement imaginer le débat intérieur qui la secouait. Si elle décidait de l’aider au nettoyage du local, cela revenait en quelque sorte à lui servir de larbin. Ce qu’elle ne voulait résolument pas être. D’un autre côté, si elle refusait de l’aider, elle redoutait sans doute qu’il mette fin à leur accord. L’offre en or qu’il lui avait proposé lui filerait sous le nez et cela elle ne pouvait clairement pas s’y résoudre. Jamais personne ne lui offrirait l’opportunité qu’il lui avait offerte. Elle devait bien le savoir. Sho ne s’inquiétait toutefois pas du chemin que prendrait son raisonnement. Si Hiroko était aussi intelligente qu’il l’imaginait alors elle se résoudrait à l’aider quoi que cela puisse lui en coûter sur le plan personnel.

Hiroko – Hmm…

Sho glissa une main sur sa nuque.

Hiroko – Bon ok, je t’aiderai. Mais c’est bien parce que tu serais vraiment dans la… enfin tu comprends… sans ça.

Sho – Je t’en remercie.

Elle fit une moue bizarre en se tournant vers lui. Sho n’aurait su dire si c’était du mépris ou bien de la gêne qu’il lisait sur son visage.

Hiroko – Je dois partir. Demain je serai disponible à partir de dix heures ça te va ?

Sho – Pour commencer le travail de nettoyage ça serait parfait.

Hiroko – A demain alors.

Sho hocha légèrement la tête, mais Hiroko n’y accorda aucune attention. Elle ne lui adressa aucune salutation. Elle se contenta de tourner les talons et de quitter la pièce aussi silencieusement qu’elle l’avait rejointe. Sho referma les fenêtres et quitta les lieux peu après. Son nodachi posé sur son épaule droite, il se faufila dans les étroites ruelles du quartier jusqu’à la porte sud-ouest du parc Yumekuteka. Il s’y promena une vingtaine de minutes histoire de faire le vide puis il en sortit par la porte nord. Quand le soleil eut totalement disparu sous la courbe de l’horizon, Sho était chez lui, assis dans le canapé du salon, à regarder la silhouette de Setsuko pelotonnée contre lui.

...

Le lendemain Sho se réveilla sur les coups de huit heures. Setsuko avait déjà quitté le nid. Elle l’avait prévenu la veille qu’une mission les attendaient elle et les deux autres filles de son équipe au sud du pays. Elle s’absenterait durant une semaine au mieux, deux au pire des cas. Sho l’avait bien évidemment couverte d’attention durant la nuit à défaut de dormir convenablement. Son insomnie ne le quittait jamais, même s’il devait reconnaître que depuis qu’il était installé avec Setsuko, il lui arrivait parfois de faire des nuits de deux ou trois heures. Ce qui à ses yeux était déjà un énorme progrès par rapport aux six dernières années écoulées.

Fatigué mais non moins réveillé, il passa un bref quart d’heure sous la douche, enfila un pantalon en toile blanc et un débardeur bleu nuit, et termina sa route dans le salon armé d’une choppe remplie de thé et de quelques biscuits dont il ne raffolait pas particulièrement mais qui avaient cependant le don de le revigorer au moins jusqu’à la mi-journée. Noyé dans un silence tout relatif, il but et mangea sans se soucier de rien ni penser à rien. Il profitait de l’instant présent, de ce silence, de ce calme, car il savait que d’ici quelques heures il ferait de nouveau face aux sarcasmes et aux répliques tranchantes de la petite Hiroko. En plus de quoi il passerait probablement toute sa journée à redonner un semblant de propreté au local. Autant dire qu’à part les petits pics d’Hiroko, il ne trouverait rien de bien festif à se mettre sous la dent.

Au terme de son petit-déjeuner, il fila dans la remise d’où il sortit deux balais, deux seaux ainsi qu’une serpillière et une bouteille de détergent. En revenant vers la cuisine, il ajouta quatre bouteilles d’eau à son armement et sortit. L’horloge du salon indiquait 09H15.

Mais à peine eut-il mis le pied dehors que ses yeux remarquèrent la présence d’un homme blond à quelques mètres de sa porte. Yokuro était vraisemblablement plus matinal que lui.

Sho – Je suis surpris de vous voir ici.

Yokuro marchait calmement vers lui, son sourire si particulier accroché à ses lèvres comme une marque indélébile.

Yokuro – Votre surprise montera encore d’un cran quand vous entendrez ce que j’ai à vous dire.

Sho ne ferma la porte qu’à un seul tour, se tournant pour mieux interroger Yokuro du regard.

Yokuro – J’ai démissionné de mon poste…. et si vous me le permettez, j’aimerai entrer à votre service. Je suis prêt à fournir autant de lettres de références qu’il vous en faudra.

De la surprise, Sho en ressentait forcément. Mais ce qui l’habitait plus que n’importe quoi d’autre en cet instant c’était de l’incompréhension.

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MessageSujet: Re: L'Alchimie des Molécules   Mer 23 Juin - 12:40

¤,.°o°O Chapitre 11 : A l'Heure du Jour... O°o°.,¤
« L'alchimie des molécules »
4

Qu’est-ce qu’il lui était passé par la tête ? La question pouvait prêter à rire sous certains aspects, mais la vérité ne s’y prêtait pas tout à fait. Sho ne comprenait pas comment Yokuro avait pu quitter sa place au centre médical pour se tourner vers lui. La logique voulait qu’on reste là où le profit était le plus grand. Hors il n’avait rien à lui offrir, pas même un salaire – et si cela avait été le cas le dit salaire n‘aurait jamais été aussi conséquent que celui qu‘on pouvait lui verser à l‘hôpital. Dans ces conditions, que pouvait-il bien espérer ? Sho avait beau tourner la réflexion dans tous les sens; essayer de distinguer quelques avantages, il n’arrivait pas à comprendre ce qui avait pu décider Yokuro à entreprendre un tel chamboulement dans son existence. La réponse tomba comme une énorme pierre au milieu d’une eau calme.

Yokuro – J’aurai pu continuer mon travail à l’hôpital. J’aurai pu amasser une petite fortune et vivre une vie confortable. Mais soyons réaliste, cela n’aurait été qu’une vie de ras de laboratoire, constamment enfermé entre quatre murs à servir les intérêts de parfaits inconnus terrés je ne sais où dans l’aile administrative. J’aurai pu … et le bon sens voudrait que je continue à travailler pour ces personnes, mais il me manquerait l’essentiel…

Il accentua son sourire.

Yokuro – … l’aventure.

L’aventure … Sho devait reconnaître que jouer aux petits chimistes des heures et des heures durant entre quatre murs n’avait rien de bien aventureux. Malgré tout, le goût de l’aventure ne pouvait pas totalement justifier une telle décision. Il y avait forcément autre chose. Quelque chose qui faisait vraiment toute la différence.

Yokuro – Je crois sincèrement que vous pouvez apporter quelque chose de nouveau à ce village. Je ne sais pas comment, je ne sais pas quand, mais je sais que vous changerez les choses d‘une manière ou d‘une autre. Le fait que vous ayez réussi à convaincre Hiroko prouve que vous êtes capable de grandes choses, même si cet exemple vous paraît dérisoire en comparaison de ce que vous vous apprêtez à faire à la tête de ce centre de recherches.

Admiration ou véritable folie, Sho était en tout cas incapable de répondre le moindre mot à ça. Il était paralysé par l’idée effrayante que cet homme s’en remette presque entièrement à lui pour changer la direction qu’avait pu prendre sa vie depuis quelques années. En bon instructeur, il avait appris à endosser des responsabilités; même quand il s’agissait de veiller sur la vie de trois pauvres genin déboussolés. Mais là, c’était comme vivre avec le rêve d’un enfant sur les épaules. Un enfant qui espérait corps et âme qu’on lui apporte l’objet de ses désirs. La seule question qui se dégageait de tout ça était : « était-il réellement capable de changer les choses ? »

Yokuro – Alors, que dites-vous ?

Sho tourna plusieurs fois sa langue dans sa bouche en faisant osciller son regard entre Yokuro et le vide. Il avait beau essayer de peser le pour et le contre, il ne voyait qu’un seul argument contre : son propre échec et la désillusion que cela pourrait représenter pour Yokuro. Alors que pouvait-il bien lui répondre si ce n’est qu’il était un crétin, mais que toute aide serait la bienvenue; surtout de la part d’un homme qui avait fait ses preuves depuis longtemps déjà.

Sho – De toute façon, je ne crois pas pouvoir changer grand chose à votre détermination; quoi que je puisse dire de votre bêtise.

Yokuro rit de bon cœur et se pencha pour lui prendre un seau.

Yokuro – Dans votre langue, je crois que ça sonne comme un oui ?

Sho secoua la tête, résigné. Il sourit bien malgré lui et tendit l’un des deux seaux à son nouveau collaborateur.

Sho – Il ne nous reste plus qu’à définir les termes de notre accord je crois.

Yokuro se redressa en souriant.

Yokuro – Je me contenterai du même contrat que celui d’Hiroko.

Sho – Dans ce cas … tu peux me tutoyer maintenant.

...

Hiroko – Pousse-toi de là. On t’a jamais appris la galanterie ?

Yokuro – Tu n’es qu’une enfant, la galanterie n’est pas encore à l’ordre du jour.

Sho regardait ses deux adjoints se chamailler avec un plaisir non-fin. Hiroko était ce qu’elle était. A savoir une gamine de quatorze ans peu soucieuse de ce que les autres pouvaient penser d’elle. Elle n’avait aucune limite à proprement parler. Même Yokuro n’en était pas une à ses yeux; bien qu’après coup, Sho ait appris qu’ils se connaissaient depuis trois ans déjà. De son côté, Yokuro arborait toujours cette même sérénité qu’il avait amené avec lui la veille lorsqu’il était venu le trouver dans les montagnes. Il souriait souvent – une autre de ses habitudes – et se laissait aller à quelques rires parfois. Il était en quelque sorte une véritable bouffée d’allégresse pour quiconque prenait le temps de passer un moment en sa compagnie. Il avait cette joie communicative, presque contagieuse, qui arrachait un sourire à n’importe qui. Même au cœur de pierre.

Le local avait été nettoyé de fond en comble en à peine cinq heures de temps. La couche de poussière au sol avait fait place à un parquet encore bien amoché, mais propre. Les murs avaient recouvrés leurs blancheur d’antan grâce au coup de pinceau irréprochable de Yokuro. Hiroko s’était chargé de donner une seconde vie aux fenêtres. Elle en avait nettoyé les armatures aussi bien que les carreaux. Sho avait finalement changé la porte d’entrée après que l’ancienne eut été détruite par le coup de pied ravageur d’Hiroko. Quelque peu essoufflés, transpirant, les trois amis prenaient une pause bien méritée. Chacun d’eux était affalé contre un pilonne, le regard dirigé vers l’une des six fenêtres grandes ouvertes qui donnaient sur le ciel. Hiroko mâchouillait un sandwich fait maison; Yokuro un bol de riz fumant. Quant à Sho, il tenait dans sa main droite une pipe aussi fine qu’une brindille d’herbe composée d’un tuyau en bois et d’une tête en cuivre d’où se dégageait une très légère fumée blanche.

Fumer n’avait jamais été qu’un hasard pour lui. Il se souvenait encore du jour où il avait commencé. C’était quelques années plus tôt, peu après sa nomination au rang de juunin. Il avait fait la rencontre d’un vieil herboriste près de ce qui était la demeure familiale des Okamoto. Ils avaient tous deux discutés pendant des heures et des heures du monde extérieur et d’un tas d’autres sujets tous aussi utiles qu’inutiles. Au bout d’un moment, le vieil homme en était venu à lui parler des richesses du Pays du Thé et notamment d’une qualité de feuilles séchées que les plus vieux kuméens se plaisaient à faire venir par barils entiers. A partir de là, il l’avait initié et Sho s’était naturellement pris au jeu. Il avait découvert que le parfum de ces fameuses feuilles avait le don d’apaiser son esprit lorsqu’il devenait beaucoup trop encombrer. Depuis, il ne manquait jamais une occasion de faire le vide en empoignant cette pipe que le vieil homme lui avait offert en guise d’amitié. Il n’y avait toutefois pas de quoi en raffoler. Il n’était pas comme ces nombreux hommes qui passaient leur temps à cracher leurs poumons au milieu des rues pour un oui ou pour non. Fumer était occasionnel et c’était sans doute très bien comme ça.

Hiroko – Hey Boss ! T’as déjà réfléchi à ce que tu allais installer comme matériel ?

Sho secoua la tête, résigné. Hiroko avait pris la mystérieuse manie de l’appeler « boss » ce qui avait par nature tout de suite eu tendance à l’agacer. Mais après six heures de travail acharné pour rendre les locaux présentables, il n’avait plus la force de résister. De toute façon, il fallait bien qu’il se fasse une raison. Hiroko n’était pas le genre à revenir sur ses paroles simplement parce que la personne à qui elle les adressait ne les aimait pas. Il avait plutôt tendance à croire qu’au contraire, elle prenait un malin plaisir à lui torturer l’esprit.

Sho – J’ai quelques idées, pourquoi ?

La jeune chuunin planta vigoureusement ses dents dans son sandwich en tortillant sa tête tel un carnivore arrachant la viande trop élastique d’une proie morte depuis longtemps.

Hiroko – Noghm… mdeghmandcé… cétou

Yokuro lança un regard amusé à Sho.

Yokuro – Il semblerait que tu ne sois pas le seul à posséder ton propre langage.

Hiroko – Raah tais-toi ! J’avalais un morceau avant que mon ventre ne se dissolve. J’ai bien le droit non après toute la sueur que j’ai versé ce matin !

Elle se tourna vers Sho.

Hiroko – Je disais donc, non je me demandais c’est tout.

Sho hocha la tête et Hiroko retourna à l’attaque de son sandwich. Réfléchir il avait réfléchi, mais plusieurs interrogations subsistaient encore. Se lancer dans ces recherches demandaient naturellement de savoir plus ou moins ce qu’on voulait rechercher. Hors il n’avait pour le moment pas déterminer laquelle des voies qui s’offraient à lui était la meilleure à suivre. Il avait seulement réussi à écarter l’étude des cadavres; les morts devant rester aux morts selon lui. Restait un choix à faire entre les poisons, les pilules, l’approfondissement des techniques de médecine défensive, ou encore l’approche des virus et autres dérivés chimiques ou synthétiques.

Ce n’était pas une mince affaire de distinguer la discipline la plus attirante du lot. Il en était bien conscient. A ses yeux, il n’y avait d’ailleurs qu’une seule façon de faire le bon choix: s’adresser aux personnes compétentes. Akai Juutai était bien évidemment toute désignée tout comme Shina Okamoto ou encore Toru Adachi. Chacun d’eux avait à sa manière répondu à cette question bien avant lui. Akai et Shina avaient jetés leur dévolu sur les poisons et autres antidotes – Shina était peut-être une spécialiste du ninjutsu, elle n’en était pas moins une spécialiste des meurtres éclairs, type par poudre toxique et autres armes enduites dans du poison, à ce qu’il se racontait dans l’aile administrative de l’académie. Toru, lui, s’était tourné vers l’art des pilules. D’après Souryo Hakujou il ne se débrouillait pas trop mal en la matière même s’il n’atteignait pas la qualité d’un eisei défensif.

Hiroko – Tu réfléchis trop Boss..

Sho tourna son regard vers Hiroko tout en soufflant un nuage de fumée par dessus son épaule droite.

Sho – Ça vaut pour toutes les fois où tu ne le fais pas assez.

Hiroko – C’est que tu commences à être drôle Boss !

Un sourire s’étira sur le visage de Sho tandis que Yokuro se levait et marchait jusqu’à la fenêtre la plus proche de son pilonne.

Yokuro – La petite a pas tort … tu as l’air bien songeur.

Sho – Je me demande juste où tout ça va déboucher…

Hiroko – Avec vous deux, je dis pas, on a de grandes chances de se planter. Heureusement, je suis là pour relever le niveau alors vous en faites pas je vous sauverai la mise.

Tous trois se regardèrent et secouèrent la tête d’un commun accord en souriant à l’extrême.

¤,.°o°O ... O°o°.,¤

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