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 [Aire d'entrainement] Une grue dans la rivière

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MessageSujet: [Aire d'entrainement] Une grue dans la rivière   Jeu 10 Juin - 20:16

PROLOGUE


L'astre solaire finissait sa course dans une voute stellaire aux reflets devenues orangées, alors que notre ami Hayabusa Toyome achevait une journée de plus à l'académie. Son visage, quoique couvert aux deux tiers par sa capuche, en disait long sur la somme d'information qu'il dût ingurgiter en à peine dix heures. L'aspirant paraissait particulièrement exténué, mais peut-être était-ce également à cause de ces perpétuelles nuits blanches qu'il menait continuellement. Ainsi donc, les yeux injectés de sang, la frimousse marquée des séquelles de la fatigue et une peau bien pâlichonne, le garçon se dirigeait vers son appartement loué gracieusement par le pays du feu. Il fallut bien une bonne demi-heure à notre protagoniste, pour la simple et bonne raison qu'il trainait des pieds, anesthésié par l'épuisement, mais en même temps terriblement friand de tout ce qui se vendait sur le chemin. Des fruits d'un volume appétissants et aux arômes tout bonnement exquis, en passant par des friandises telles que le yôkan dont il était franchement amoureux, ou tout simplement les librairies, l'endroit par excellence où il ne fallait pas l'inviter au risque d'y passer toute la journée...Quoi qu'il en fut, et après s'être littéralement forcé de ne pas craquer pour ne pas vider son compte en banque d'une traite, le natif des eaux du pays de la brume arriva à destination, sans se douter un seul instant que ce qui l'attendait.

[Hayabusa] 'Maman!'

En effet, un couple stationnait patiemment sur le palier de l'immeuble dans lequel résidait le futur shinobi. Figurez-vous qu'il s'agissait des parents du jeune Toyome, qui avaient fait un détour par Konoha pour des raisons professionnelles. Et évidemment, c'était l'occasion parfaite pour voir leur progéniture et sa nouvelle vie. Imaginez donc la surprise du garçon en les apercevant au loin! Hayabusa sauta au cou de sa génitrice, heureux de la revoir après autant de temps, et il lui adressa un chaud baiser sur la joue. C'était comme s'il retrouvait une partie de lui-même, comme s'il retrouvait une forme d'équilibre intellectuel perdu depuis quelques mois. Il ne put réprimer une soudaine larme qui perlait inévitablement le long de sa joue. Et, comme libéré d'un poids, il souleva la capuche noire qui lui masquait le regard. Ryomô, avec le geste inimitable d'une maman douce et attentionnée, essuya délicatement du pouce le liquide salé qui coulait.

[Ryomô] 'Regardez-moi ça... Ça pousse à une vitesse folle. Les filles doivent tomber à la renverse en te voyant!'
[Hayabusa] 'Maman, s'il te plait...Je les faisais déjà toutes craquer, tu le sais!'

La bonne humeur était au rendez-vous, du moins jusqu'à ce que l'enfant vit son père, qui se tenait à ses côtés, inerte. Le large sourire de l'adolescent se mua presqu'aussitôt, le visage tout entier prit des traits sévères. Hayabusa enleva ses bras, qui enveloppaient précédemment sa mère, pour les ranger le long du corps, tandis que ses mains se cachèrent dans les poches du pantalon. D'une voix strict et monocorde, les deux hommes se faisaient face, dans le malaise le plus total. De l'électricité flottait à présent entre eux.

[Hayabusa] '...'
[Ryuhi] '...bonsoir, Hayabusa'

La mère eut le sentiment de revivre la scène qui précéda et précipita le départ de l'enfant prodige sur les terres fertiles du pays du feu. Un véritable crève-coeur! Ryomô, dont les yeux oscillèrent avec inquiétude entre les deux protagonistes, prit immédiatement la parole, soucieuse de désamorcer le conflit.

[Ryomô] 'On passait juste te faire un coucou, on se doute que tu as énormément de chose à faire...Ah! Tant que j'y pense! Tiens, mon chéri. On a ramené du thé spécialement pour toi. Il est excellent, parait-il. Et ton père a également quelque chose pour toi.'

La femme martela du regard son mari, dont les grommellements inaudibles ne faisait que s'accentuer davantage. Le père prit finalement la sacoche par la anse, et l'envoya avec vigueur sur son fils, surpris de la force du jet. Son dos s'arcbouta sous la violence imprimé à l'objet. Ryomô reprit de plus belle.

[Ryomô] 'Tu y feras attention. Ton père a dépensé une fortune pour avoir ces rouleaux...'

La mère avait changé la direction de son regard, s'en prenant cette fois-ci à son fils, qui semblait tout aussi joyeux que son père à l'idée de lui adresser la moindre parole, et plus encore s'il s'agissait d'une quelconque reconnaissance. Néanmoins, quand une femme veut quelque chose, elle l'obtient toujours, c'était une règle qui prévalait partout en ce monde.

[Hayabusa] 'Merci, Ryuhi...ahem...papa!'

Il régnait depuis ces derniers mots un silence de cathédrale entre Hayabusa et son vis-à-vis. Il était heureux que le crépuscule ne soit pas encore au rendez-vous, car sans l'effervescence agitant le village jusqu'au coucher de soleil, le malaise eût été encore pire. L'adolescent aux cheveux d'ébène posa l'anse de la sacoche sur son épaule, avant de se diriger vers les marches qui menaient jusqu'à son appartement, situé au troisième étage. Il stoppa net sa marche, une main sur la rambarde, tournant la tête en direction de ses parents.

[Hayabusa] 'Vous voulez pas entrer un instant? J'ai pas grand chose à vous proposer et c'est le souk, mais ce sera toujours mieux que rien...'
[Ryomô] 'Non, merci. C'est gentil, mon fils, mais on a beaucoup de chemin à faire, et nous allons être en retard si on ne part pas de suite. On essaiera de passer en fin d'année. A cette période de l'année, tu sais comment ça marche...'
[Hayabusa] 'Voui, c'est pas génial, les affaires...'
[Ryomô] 'Allez, viens nous faire un câlin...La prochaine fois, promis, on restera plus longtemps.'

Le visage de l'adolescent l'illumina de nouveau, et son sourire domina peu à peu le reste de sa bouille. Un vrai réplique de casanova dans ses plus belles années, se disait alors la mère d'une quarantaine d'année. La blonde hérita d'ailleurs d'un bisou à en faire rougir la plus belle des maman, tandis que son père ne reçut qu'un discret 'Porte-toi bien.'. Ce n'était pas rien, loin s'en faut, ce qui n'eut point échappé au père à la longue chevelure noire et à la barbe naissante. Ce dernier tourna les talons et se contenta d'agiter une main porté très légèrement vers le ciel orangé. La mère lâcha alors l'emprise qu'elle avait sur son petit, suivant avec un regret non dissimulé son mari. Le jeune garçon les regarda s'éloigner avec un certain pincement au coeur, tapotant nerveusement le sac qui pendouillait sur sa hanche.

-----------

Hayabusa ouvrit la porte grinçante de son appartement, puis se déchaussait tout en jetant sans aucune précaution la sacoche au loin. Il se dirigea ensuite vers la petite cuisine qui ne faisait qu'un avec le salon et la chambre, saisissant une théière au passage. D'un geste mécanique, il fit couler l'eau du robinet, et la fit chauffer dans un récipient prévu à cet effet. Le parquet craquait à chacun de ses pas, tandis que les derniers rayons de soleil parvenait à traverser la baie vitrée du logement. L'adolescent se tourna par la suite vers la besace qu'il avait négligemment envoyé de l'autre côté de la maison, cherchant les quelques feuilles de thé nécessaire à la préparation de la boisson. En chemin, il ne manqua pas de pousser du pied les quelques morceaux de papiers dont étaient juché le sol, se disant qu'il faudra faire un brin de ménage ici. Et, en ouvrant le sac, il aperçut deux rouleaux de parchemins, réalisant qu'il s'agissait là du fameux cadeau offert par son père, ce qui lui a couté si cher. Curieux, il en déroula un. La surprise fut de taille lorsqu'il vit qu'il s'agissait là d'une technique de suiton, certes basique, mais néanmoins pouvant servir en cas de besoin, comme c'était souvent le cas avec le ninjutsu.

Les yeux du garçon aux cheveux hirsutes s'illuminèrent d'une curiosité presque animale, et ce dernier se rua vers la table basse qui trônait au milieu de la pièce, enlevant tout ce qui était posé dessus d'un violent mouvement de bras. Il déroula ensuite le bout de papier avec un intérêt toujours croissant au fur et à mesure qu'il lisait les notes de droite à gauche. Il ne faisait plus attention à ce qui l'entourait, pas même à l'eau qui commençait à bouillir sur le feu. Plus rien n'existait, ni passé, ni présent, ni futur. Seul comptait l'apprentissage, la connaissance, l'encre sur la feuille, chaque kanji rédigé...Il est presque certain que même une explosion dans le bâtiment n'aurait pu interrompre Hayabusa dans sa lecture. C'était toujours la même chose quand il se mettait à lire. Une chose était sûr: Après ses cours demain matin, il irait faire un tour dans la forêt afin de mettre en pratique ce qui était consigné dans ce papelard...




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MessageSujet: Re: [Aire d'entrainement] Une grue dans la rivière   Sam 12 Juin - 15:42

[Entrainement au Mizu no Tate (Ninjutsu suiton / Aspirant)]

***

[Hayabusa] -'Aaaaaaaiie!!!!!!'-

Hayabusa était pilonné par un jet de pierre que l'énergie cinétique envoya à toute allure sur le garçon. Chacun de ces projectiles faisait mouche, ce qui était fort douloureux. Couvert de bosses et pantelant, le natifs des mers du pays de la brume s'écroulait au sol, tel un tronc que l'on scierait et qui tomberait sans aucun mal. Il était à la limite de l'évanouissement. Étendu sur le sol meuble et sablonneux à quelques mètres à peine d'une rivière au débit plutôt faible, l'aspirant peinait à absorber l'oxygène nécessaire. Chaque respiration était littéralement un calvaire. Il avait probablement quelques côtes cassées par la violence et la fréquence des lancers, sans compter les hémorragies externes et internes et autres vilaines bosses. Chaque mouvement reproduit était proprement insupportable pour le garçon tout habillé en noir, même bouger un simple doigt demeurait pratiquement impossible. La nuit se levait alors doucement dans le village caché de la feuille, les animaux de la forêt s'affairant dans les broussailles. On distinguait de plus en plus nettement les hululements des hiboux regardant méticuleusement chaque portion de terrain en quête de chair fraiche et tendre. L'eau s'écoulait patiemment, creusant au fur et à mesure le lit de roche.

--------------------

Plus tôt dans la journée, le jeune Toyome se réveillait le nez devant les parchemins, comme à son habitude. Une joue posée sur la table basse, Hayabusa se réveilla, surpris par l'appel du soleil qui commençait un nouveau voyage dans le ciel, un bout de papier restant collé à son visage. Encore une fois, il était en retard, ce qui n'était pas du goût de tout le monde, à commencer par ses professeurs et la concierge. En effet, une fois savonné, nourri et encapuchonné à la va-vite, l'adolescent partit de chez lui en quatrième vitesse. Evidemment, la vieille dame toute ridée nettoyait ce jour-là les escaliers du bâtiment sans vraiment une once de motivation. L'enfant de kiri n'y faisait alors guère attention, passant à toute allure à côté de la femme aux cheveux blancs sans ménagement. La concièrge manqua de tomber à la renverse, sans compter les traces laissées derrière lui. La femme âgée d'environ la soixantaine jura que si elle était plus jeune, il aurait reçu une volée de bois vert, et autres phrases du même acabit.

[Hayabusa] 'Excusez-moi, Akise-sama!'

La femme continua à grogner, prétextant que de son âge, les enfants n'étaient pas si irrespectueux des ancêtres, tandis que le jeune aspirant la qualifiait de 'vieille peau!'. Rien de neuf sous le soleil, en somme. Hayabusa commençait à peine sa journée qu'il avait envie d'apprendre les techniques notées sur les rouleaux de papier offerts par son père Ryuhi. Il eut à ce propos un mal fou à se concentrer correctement pendant ses cours, son retard doublé à une certaine insolence vis-à-vis de l'autorité lui valurent bien des ennuis en cette journée fraiche et nuageuse. A vrai dire, et pour être honnête, notre protagoniste était particulièrement pénible à supporter quand il était dans cet état d'excitation, autant pour le corps enseignant que pour ses proches. Le petit génie avait manifestement besoin de discipline, ce qui n'était pas gagné du tout. Quoi qu'il en fut, et malgré le cauchemar vécu par ceux qui côtoyaient le beau Toyome, la journée se finit. Heureusement, car certains n'aurait pas hésité à le tuer s'ils étaient resté une seule minute de plus en sa compagnie.

Les derniers rayons de soleil irisaient le ciel de Konoha, alors que l'adolescent encapuchonné s'empressa d'aller dans la forêt afin de se trouver l'endroit idéal. Dans la mesure où il s'agissait de ninjutsus suiton, il fallait absolument partir en quête d'un point d'eau, ce qui n'était pas gagné par ici. Néanmoins, il savait déjà où aller. En effet, le beau Toyome avait trouvé l'endroit parfait où travailler son ninjutsu, au hasard de ses pérégrinations dans le village. C'était au coeur d'une clairière, entouré d'une part de bouleaux et de hêtres, et d'autre part d'une rivière qui serpentait dans la région. Un cadre reposant et vivifiant, il n'y avait rien de tel pour trouver en soi les ressources nécessaires afin de progresser. Quoi qu'il en fut, Hayabusa s'installa dans le coin en commençant à installer une sorte de mécanisme: Plusieurs filets furent accrochés dans les branchages sur plusieurs arbres, reliés à un système de cordage. Ainsi, plusieurs fils pendouillaient, tandis que l'adolescent testait leur fonctionnement en tirant sur deux des filins. Le principe inventé était relativement simple : Il s'agissait là de charger les filets en grosses pierres. Par la suite, il suffisait de tirer sur les cordes qui pendaient pour libérer les roches de leurs prisons. L'exercice consistait donc de se protéger de cette douche létale en actionnant ce qui était mentionné dans son parchemin comme un bouclier acqueux, le fameux Mizu no Tate. Convenons qu'il s'agissait là d'un entrainement fort risqué...mais qui n'en tentait rien n'avait rien! Le garçon s'échauffa ensuite quelques minutes, alternant courses et étirements. Le soleil déclinait lentement, mais la nuit était encore loin derrière lui. Puis, lorsqu'il se jugea prêt, il se positionna droit comme un I sous un de ces fameux filets.

Les essais se succédèrent, sans vraiment de motif de satisfaction. Les taos était plus ou moins effectués rapidement, alors que le délicieux Toyome tentait de mobiliser une bonne partie de son chakra avant de tirer sur le cordage qui libèrerait la masse rocheuse qui pendait au-dessus de sa tête. Le malaxage ne se faisait pas sans difficulté, la faute à un exercice qui n'était pas encore automatique. Evidemment, plus Hayabusa prenait de roches sur sa tête, plus l'exercice devenait pénible à réaliser. Peut-être était-ce trop compliqué pour lui pour le moment...Néanmoins, ce dernier ne souhaitait absolument pas reculer, pas encore. Il s'était établi un planning rigoureux dans lequel il parviendrait à utiliser correctement cette technique en deux semaines. Ce serait extrêmement long pour celui dont le front était rougit par le sang et les bosses.

Après quatre ou cinq tentatives, le bonhomme se tordait déjà de douleur, et pour cause! Non pas qu'Hayabusa était physiquement fatigué, ni même mentalement d'ailleurs...enfin, si, peut-être. Mais le réel problème se trouvait dans la souffrance persistante qui tressautait dans chaque membre supérieur de son corps, un mal lancinant, comme des milliers d'aiguilles qui transperceraient par moment les muscles et les nerfs de l'enfant prodige de Kiri. Cela ne l'empêcha pas de se relever -péniblement- et de s'approcher de la prochaine corde, soufflant comme pour évacuer l'excès de stress. Lentement, tentant de faire fi de chaque brûlures, l'adolescent fermait les yeux, comme à son habitude. Ses cheveux d'ébène dansaient avec le vent, tandis que le joli Toyome cherchait à ressentir cette énergie qui parcourait chaque méridien, chaque terminaison nerveuse, chaque parcelle de muscle et de peau. Puis, dès lors qu'il décida que le chakra accumulé dans son corps était suffisant, presque mécaniquement, il tira sur la corde à côté de lui afin de libérer les projectiles de leur prison. Ceux-ci, sous l'effet de la gravité, s'approchaient dangereusement de leur cible, l'aspirant-ninja exécutant aussi vite que possible les taos afin d'activer le jutsu. L'eau présente dans l'air ambiant, ajoutée à celle qui s'écoulait à seulement quelques mètres, s'agglutinait dans des pièges de chakra ainsi créés par notre protagoniste, comme s'il s'agissait de cristaux de glace s'assemblant autour d'un autre cristal, formant une sorte de structure résistante et cohérente. En vain...Le corps tout entier d'Hayabusa se raidissait sous l'effort nécessaire, quelques gouttes de sang perlant le long de ses tempes. Il en résulta plusieurs chocs assez violents, des hurlements de douleur et un état proche de l'évanouissement. L'enfant chût, épuisé, l'organisme perclus de blessure. Une mare de sang se créa peu à peu autour de sa dépouille, une fine rivière de liquide rougeâtre se mêlant à l'eau claire et pure des environs.

[Hayabusa] *Han! Je pensais pas que ce serait si difficile que ça...Ouch! Je suis si...fatigué!*, pensa-t-il, quelque peu énervé contre sa propre faiblesse.

Même réfléchir devenait un véritable calvaire, et le garçon se demandait comment il rentrerai chez lui. A sa grande déception, il devait abandonner pour aujourd'hui. Ses yeux restaient ouverts, fixant un ciel noir serti d'une myriade de points blancs. Quant bien même la forêt dans laquelle il se trouvait était à l'intérieur des enceintes du village, il ne devait en aucun cas rester ici dans cet état, car les prédateurs pullulaient. Ainsi, péniblement, et après trente minutes dans le cirage, Hayabusa tenta de se relever, les bras et le visage teintés d'un rouge vif si caractéristique. Puis, boitant terriblement, il tenta de retourner chez lui, non sans difficulté, vous pensez bien. En chemin, la grue de Konoha chercha à faire le bilan de cette expérience : Douloureux! Il ne pouvait pas faire mieux, ne pouvant pas d'une part savoir s'il était en progression, ni d'autre part cogiter correctement au regard de son état actuel. Et dire que le lendemain, il avait cours...Les lanternes délicatement décorées éclairaient son chemin, telles des lucioles immobiles.




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MessageSujet: Re: [Aire d'entrainement] Une grue dans la rivière   Dim 13 Juin - 1:06

Hayabusa titubait dangereusement, marchant machinalement en direction de son appartement sans réellement savoir où il allait. Ses pas l'emmenait presque indépendamment de lui, malgré un état visiblement critique. Pour être complètement honnête, seul l'instinct guidait ses pas et faisait fonctionner la machine organique. Aussi, il n'était guère étonnant de le voir déambuler dans les ruelles du villages caché de la feuille tel un fantôme, sans vraiment emprunter le chemin le plus court. Toujours encapuchonné, l'adolescent manqua à plusieurs reprises de trébucher, frôlant les poubelles, les arbres, les poteaux, voire même les badauds. C'était vraiment malheureux de le voir dans un état pareil. La nuit s'était installé depuis près d'une heure, la cité se parant alors une autre robe, lumineuse et sombre à la fois, si belle et pourtant si sinistre, silencieuse et voluptueuse. Les commerces respectables cédèrent leurs places à des casinos et autres boui-boui en tout genre, mais pas forcément fréquentables. C'était vraiment un autre monde, un univers dans lequel les hommes étaient à la limite de l'ivresse, ceux qui ne l'étaient pas étant en général ceux qui faisaient régner une justice à deux vitesses. L'argent dominait cette autre facette. Et pourtant, il y avait des irréductibles, ceux qui sortaient le soir pour découvrir une autre beauté, les amoureux qui se promenaient main dans la main avec l'élu de leur coeur, ou tout simplement les naïfs. Un vent frais ratissait la capitale du pays du feu.

L'enfant de Kiri cherchait mécaniquement, donc, le chemin du retour, lorsqu'il se cogna sur quelque chose de dur. Il vacilla longtemps, peinant à retrouver le semblant d'équilibre qui lui permettait au moins de se déplacer, tel un garçon ayant abusé de saké. Il avait du mal à analyser l'objet qui l'avait désarçonné, comateux. Il s'agissait, à en juger à la silhouette gracieuse et harmonieuse, d'une femme, ou plutôt d'un petit bout de femme. La vingtaine, tout au plus, pourvue d'une très longue crinière argentée dont les reflets se mariaient avec élégance au croissant de lune de cette nuit. A peine plus grande qu'Hayabusa, de longues jambes et un corps aux formes plus qu'avantageuses finissait le tableau.

[???] 'Hayabusa? Mais...Mais...'

La demoiselle détaillait le garçon de ses yeux d'un vert éclatant. Elle n'eut aucun mal à reconnaitre une démarche qu'elle n'avait pas oublié malgré autant d'années...et les nombreuses blessures dont était pourvu le jeune Toyome. Ce dernier laissait derrière lui une légère trainée de sang, ce qui n'échappa point à la femme. Elle paniqua. Ses mains fines et délicates se posèrent sur une bouche aux lèvres pulpeuses. On pouvait d'ailleurs aisément lire l'effroi sur son visage. Vêtue d'une robe d'un blanc éclatant et de talons de même couleur, elle saisit un bras de l'aspirant pour l'entourer sur sa nuque afin de le transporter dans les meilleures conditions possibles. Le jeune homme n'eut pas la force de décliner l'invitation, malgré une fierté trop mal placée par moment. Il n'était même pas sûr de connaitre l'inconnue qui l'emmenait chez elle, même s'il crut identifier la voix d'Hakufu, une amie d'enfance (et voisine, le hasard faisant bien les choses).

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[Hakufu] 'Ah...Tu te réveille enfin...'

La grue de Konoha se réveillait péniblement sur un lit qu'il n'avait pas encore vu. Sa voix était plus rauque qu'à l'accoutumé, et l'aube faisait son apparition dans la fenêtre à sa gauche. Hayabusa jeta à rapide coup d'oeil autour de lui, un peu perdu d'avoir ouvert les yeux dans un endroit qu'il ne connaissait pas. Il vit alors son corps recouvert de bandages tâchés de sang. Le torse, les bras, la tête également...Non loin de ressembler à une momie, l'enfant vit d'abord une silhouette en face de lui, avant d'en distinguer un peu plus. Par la suite, il entendit cette voix qui paraissait presque angélique.

[Hakufu] 'Tu es un imbécile!'

Presque angélique. Hayabusa soupira, à présent certain d'être en vie, mais pas encore tout à fait sûr de se souvenir de ce qu'il se passa en fin de soirée. La jeune femme se dirigeait vers le lit dans lequel était installé l'enfant prodige, s'asseyant à ses côté, tandis que ce dernier tenta de se relever avec la seule puissance de ses abdominaux, certes difficilement mais avec succès. La dénommée Hakufu, genin de Konoha, fronça les sourcils, la mine sévère, puis elle gifla violemment son vis-à-vis. L'aspirant sentit le coup passé, la faute à de nombreuses bosses, mais aussi en raison de la force déployée par la kunoichi. Ils se regardèrent alors droit dans les yeux.

[Hakufu] 'Tu es un imbécile, Hayabusa! C'est incroyable, tu ne fais que penser à toi! C'était vrai il y a trois ans, et ça l'est encore aujourd'hui! A quoi t'as joué hier soir?! Je...'
[Hayabusa] '...tu t'es fais du soucis.', anticipa-t-il. 'Toi non plus, t'as pas changé, tu sais...'

Le garçon, torse nu et donc sans sa capuche, rigolait avec difficulté, les muscles zygomatiques étant visiblement aussi endommagé que le reste. La demoiselle demeurait énervée. Mais plus que de la colère, c'était davantage de peur et forcément du soulagement qui dominait le regard émeraude de la kunoichi.

[Hakufu] 'Tu as encore la force de rigoler, c'est bien. Mais n'en fais pas trop, tu veux!'

Elle s'approcha de son ami, l'enlaçant avec vigueur, soulevant au passage un gémissement de la part d'Hayabusa, en même temps qu'une esquisse de sourire. Une larme glissait le long de sa joue bronzée, tandis qu'elle humait avec envie la fragrance douce et fruitée de son compagnon. Elle ne pouvait oublier tout ce qu'elle avait vécu avec son ancien petit copain.

[Hakufu] 'Tu m'as fait peur! Quand tu m'as percuté hier soir, tu étais en sang. Tu en as perdu énormément, je me demande encore comment tu as pu faire autant de chemin sans y laisser ta peau.' Elle délaissa le garçon, baissant la tête et le regard. 'Je sais pas ce que tu as fait pour en arriver là mais je t'en pris, fais plus attention.'
[Hayabusa] 'Je m'entrainais...Mais j'avoue avoir surestimé de mes forces. Il faudrait effectivement que je trouve un autre moyen de réussir cette fichue technique.'
[Hakufu] 'Tu parles de ninjutsu? J'en ai entendu parler, oui. Tes parents sont passés me voir hier. Ton père est inquiet, il m'a raconté comment vous vous êtes séparé, il y a quelques mois. C'est triste, vous qui étiez inséparables...'

Elle marqua une pause. La belle demoiselle se retira du lit moelleux, se dirigeant vers le miroir qui faisait corps avec l'armoire de droite. Hakufu prit une longue bouffée d'air, regardant le reflet de son ami, qui ne disait rien, se contentant d'observer la locutrice, comme pour se remémorer des bons souvenirs qu'il eût avec elle.

[Hakufu] 'Tu sais...J'ai eu beaucoup de mal à t'oublier! Même encore maintenant, en fait. J'aimerai vraiment qu...'

Le petit Toyome, aussi prompt qu'il fut possible d'être dans son état, se leva de son lit. Il anticipa la suite de la phrase en saisissant fermement mais délicatesse les hanches de son amie, la retournant de sorte qu'ils soient face-à-face. Quelques centimètres seulement séparaient les deux personnes, chacun d'eux pouvant sentir le souffle de l'autre. Ils se frôlaient mutuellement, Hakufu frémissant sous le contact viril et pourtant si doux. Puis, il glissa un doigt sur les lèvres humides de la belle kunoichi, dont la robe blanche était encore maculée du sang de son patient d'un soir. On devinait le passé tumultueux qu'il y eut entre les deux jeunes, mais il n'en fut rien ce jour-là.

[Hayabusa] 'Je ferai gaffe. Promis! Et puis, je sais que tu seras toujours là pour moi. Ecoute...Je dois aller en cours. Je changerai ma façon de m'entrainer, comme ça, tu n'auras plus à te faire du sang d'encre.'

La demoiselle propulsa son compagnon hors de son espace vital à l'aide de ses paumes ouvertes, appuyant au passage volontairement sur des côtes qui devaient selon toute vraisemblance être fêlées. C'était un moyen assez fin et plutôt efficace qu'il n'était pas en état de forcer sur les exercices physiques. Elle lança un discret 't'as intérêt!', avant de lui sourire. Le natif des eaux du pays de la brume lui rendit un sourire gêné, puis se dirigea vers la sortie, amoindri par les chocs reçus la veille, tenant dans sa main la veste noire. Hakufu regarda alors celui qu'elle eût tant aimé, regrettant que ce dernier faisait recours à une capuche pour cacher des yeux qui faisaient partie, selon elle, de son charme.

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Une semaine passait, et Hayabusa récupérait lentement de ses blessures. Il était par ailleurs raillé par le reste de ses camarades, traité la plupart du temps de 'réplique de Toutenkarton', en référence à la momie d'un lointain pays appelé l'Egypte. Cela ne le faisait rien, tout cela était tellement gentil par rapport à ce qu'il avait entendu auparavant...Et puis, c'était amical, voire même affectueux pour certain. Son naturel enjoué et sa propension naturelle à aller vers les autres étaient indéniablement un atout quand il s'agissait de se faire des connaissances. La grue de Konoha réussissait, avec pas mal de facilité, à alterner cours et entrainement, le manque de nuit blanche ces derniers temps aidant.

A ce propos, et comme il avait promis ce soir-là à son amie d'enfance, il avait trouvé une façon beaucoup moins risquée de travailler à la réalisation du Mizu no Tate. En effet, pour parvenir à maitriser une telle technique, il n'était en aucun cas nécessaire d'avoir à recevoir des projectiles de cinq kilos sur la tête. En voulant en faire trop, il mettait en péril son intégrité physique, et vraiment trop tôt. Pour un premier entrainement, l'enfant de Kiri avait placé la barre vraiment trop haut pour lui. il changea alors radicalement de méthode, privilégiant la sérénité d'esprit et le calme plutôt que la précipitation. Le concept était simple. Assis en tailleur sur la rive du cours d'eau, les mains à plat sur les cuisses, il ne contentait tout naturellement de concentrer une certaine somme de chakra le long de son corps. Par la suite, il malaxait la masse énergétique ainsi créée afin de maitriser le liquide et lui donner la forme voulue, en l'occurrence un dôme de protection. Cela mobilisait concentration et mental, tout en laissant au repos un corps meurtri par les exercices du premier jour, ce qui était bienvenu pour l'aspirant-ninja de Konoha. Pour autant, les soirées se succédèrent sans grand succès. Les progrès furent sensibles dès le sixième jour, sans être formidables non plus. Mais il se décourageait pas, continuant sans relâche malgré un état de fatigue croissant, le beau jeune homme puisant toujours un peu plus dans ses réserves. Il était comme cela, cherchant à dépasser ses propres limites au détriment de son intégrité, comme ce fut le cas il y a une semaine maintenant. Mais force était de constater que cela lui réussissait bien pour le moment...




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MessageSujet: Re: [Aire d'entrainement] Une grue dans la rivière   Lun 14 Juin - 3:02

[Hayabusa] 'Mizu no Tate!'

Essoufflé, l'adolescent tentait désespérément de parfaire le jutsu. Voici dix jours qu'Hayabusa s'entrainait après les cours, et l'aspriant avait pris ses repères, ses habitudes, et y prenait même goût. Naturellement, il avait moins de temps pour étudier les nombreux parchemins qui juchaient sa garçonnière mais il se surprit à autant aimer les bouquins que les exercices d'apprentissage...ou les exercices tout court. Allait-il tenir longtemps, c'était la question à se poser. Quoi qu'il en fut, la grue de Konoha finissait sa formation quotidienne au suiton sur une ultime tentative, alors que le vent apportait quelques gouttes de pluie et que l'astre brulant se couchait, caché par d'épais nuages gris. Des éclairs zébraient le lointain, tandis que l'eau du ciel commençait à se répandre sur Konoha. Celle-ci rafraichissait considérablement l'air ambiant portant encore les séquelles d'une chaleur anormalement élevé et incroyablement lourd à respirer. Mais le beau et svelte Toyome savait. Le baromètre qu'il eût bricolé grâce à de savants plans inscrit sur des parchemins indiquait déjà ce matin-là que la pression atmosphérique était basse, trop basse pour que le soleil domine les cieux aujourd'hui. Tôt ou tard, il aurait cédé sous les assauts répétés des cumulonimbus...Peu importait de toute façon, car le bout d'homme aimait la pluie. C'était comme si les kamis souhaitaient nettoyer une terre corrodée par l'égoïsme et l'ignorance. De plus, il se sentait dans son milieu, d'où probablement cette affinité à l'élément aqueux.

Mais revenons à nos moutons. L'enfant prodige, encore et toujours en position du tailleur, les jambes parfaitement croisées et les mains sur les cuisses, la pluie ruisselant le long de son joli minois, faisait appel à toute sa concentration et toute l'énergie intérieure dont il était composé. Hayabusa cherchait à ressentir tout ce chakra qui circulait par les méridiens de son corps. Les yeux clos, il éprouvait quelques difficultés à rassembler l'énergie spirituelle nécessaire préalable au bon déroulement du jutsu. Toutefois, et après quelques minutes pendant lesquelles il était arrosé copieusement, la grue de Konoha parvint à éprouver ce pouvoir qui était le sien, cette force si puissante chez certains shinobis. Elle se propageait partout dans le tronc, puis dans les membres, transpirant par la suite par les pores de la peau blanche et satinée du gamin. Toute cette énergie qui s'évacuait par des trous microscopiques donnait l'impression que l'aspirant-ninja était recouvert d'un halo bleu, d'un voile protecteur et bienfaisant. Il propulsa alors toute cette vitalité invisible en dehors de la prison charnelle afin de la concentrer en un rond d'une dizaine de centimètre de diamètre et de la présenter sur la rivière poissonneuse. Cette figure géométrique, de par sa nature même, attirait l'eau en son sein. L'eau de la pluie, cumulée à celle du petit fleuve, formaient ainsi une belle sphère aqueuse. Hayabusa forçait de plus en plus sur son esprit afin de contrôle chaque parcelle du globe, et l'on peinait à savoir s'il transpirait ou non au regard de la trombe d'eau qui s'écrasait sur le délicieux Toyome. L'objet sphérique changea peu à peu de forme en s'étirant, devenant tantôt elliptique, tantôt plate tout en étant pourvu d'une certaine épaisseur. Le Don Juan du pays du feu cherchait par la suite à diviser sa création liquide, non sans émettre quelques mous en disant long sur la souffrance qu'il était en train de s'infliger. C'était encore difficile d'en conserver le contrôle, et il était plus dur encore de le garder sur plusieurs morceaux. Il arrêta là, l'eau retombant bruyamment dans l'affluent en rejetant une grosse gerbe d'eau. il rouvrit enfin les yeux, dont les pupilles en amande se rétrécirent légèrement sous la faible luminosité ambiante. Sa longue chevelure d'ébène avait perdu la forme hirsute qui caractérisait tant son porteur. Ils se contentaient de retomber le long du visage fin de la grue sous la pluie diluvienne qui s’abattait sur le village de la feuille. Il était exténué, mais satisfait des progrès entrevus les jours précédents. La mine déconfite mais le cœur léger, il se leva péniblement, réhaussant sa capuche afin de couvrir son regard, pour finalement se diriger chez lui.

Les jours se succédaient sans se ressembler alors que l’entrainement final approchait. Si l’on se référait au planning du bonhomme à capuche (qu’il suivait méticuleusement), le moment tant attendu était dans à peine quelques minutes. Hayabusa était intenable, et plus personne n’était étonné par son attitude, quoique l’envie de lui couper la langue et les membres subsistait dans les têtes. Ainsi donc, survolté et les cours terminés, la grue de Konoha s’envolait pour son petit coin à lui à grosses enjambées…‘Son coin de paradis’, comme il aimait à le dire. L’œil d’Amateratsu finissait son voyage dans les cieux, alors que la cité s’endormait paisiblement, alors que les nombreux poissons qui animaient la rivière commencèrent un véritable tango : La saison des amours approchait, et n’importe quelle personne douée d’un minimum du sens de l’observation pouvait le noter sans difficulté. Il convient de relever que l’enfant guérissait de ses plaies, sans pour autant se mouvoir avec aisance. ‘Ce n’était pas si grave que ça, finalement,’ pensa-t-il dans un rictus. Il revoyait tout le chemin emprunté durant ces deux semaines de torture, de joie, de peine, de travail, apercevant au loin toutes les perspectives que lui offraient autant de dur labeur. Il espérait en son for intérieur que cette dernière soirée serait la bonne. Il se l’était promis, à lui et à Hakufu, et une journée de plus aurait été catastrophique, voire déshonorant pour un garçon aussi talentueux dont on lui prédisait un avenir radieux. Mais à l’heure actuelle, debout sur la rive qu’il connut pendant ces quatorze jours, les mains dans les poches, il s’interdisait d’envisager autre chose que la réussite. C’était là la recette de ses victoires, et il comptait bien poursuivre dans cette voie-là. Ainsi donc, le séduisant Toyome se mit en position et se mit à l’ouvrage, plein de cœur et d’envie.

Les heures passèrent sans que le garçon aux yeux de chat ne parvienne réellement à créer le bouclier aqueux. Pour autant, notre ami semblait à même de maitriser le globe de chakra et d’eau, et même à en contrôler plusieurs à la fois, ceux -ci étant proportionnellement plus petit. L’entrainement toucha à sa fin sous une voute délicieusement étoilé, lorsqu’Hayabusa tenta une ultime fois le Mizu no Tate…en condition réelle. C’était risqué de sa part, non pas que les projectiles qu’il allait utiliser était dangereux mais plus pour la correction qu’il pouvait recevoir si son amie d’enfance s’en apercevait. Doucement, le jeune Toyome se releva, chargeant les pierres sur un filet qu’il suspendit à un chêne, laissant choir un bout de corde dont il se servit comme d’une chasse d’eau pour libérer la pluie de rocher. L’escalade de l’arbre était relativement pénible, ses côtes étant toujours douloureuse. Mais ceci étant fait, le garçon se plaçait sous le piège. Les yeux clos, il essaya une dernière fois de retenir la quantité d’énergie spirituelle nécessaire à l’exécution du jutsu. La moindre parcelle de son corps ruisselait de cette force inexplicable, et l’enfant prodige savait instinctivement mesurer la dose parfaite de chakra, celle qui attirait et cadenassait l’eau pour en faire ce qu’il voulait. Bien loin des grands maitres en Suiton, ces quelques jours étaient un premier pas dans la connaissance du liquide transparent et de son utilisation. Aussi sûrement que les deux semaines lui permirent, il fit les taos, ajustant les derniers préparatifs avant le grand saut. Son organisme était suffisamment solide pour résister à une salve de pierre, même s’il allait souffrir et probablement rouvrir des plaies qui avaient eu le temps de cicatriser.

[Hayabusa] ‘Mizu no Tate !’

L’aspirant créa une sorte de parapluie aqueux sous l’appel du corps et de l’esprit, lévitant comme par magie avec une certaine poésie, par ailleurs. Les projectiles franchirent le dôme de liquide, qui freina toutefois suffisamment leur course pour altérer leur vitesse. Il fut percuté par cette avalanche de terre, mais l’affliction était moindre que la dernière fois. Hayabusa se frottait le haut du crâne, sentant du toucher une ouverture dans son cuir chevelu. Il avait également un filet de sang qui s’écoulait de l’arcade sourcilière. Il était quelque peu déboussolé, ne sachant pas vraiment s’il avait moins senti la douleur parce qu’il avait réussi son jutsu ou bien si c’était parce qu’il s’était endurci bien malgré lui…Quoi qu’il en fut, c’était sans gloire qu’il retourna dans sa garçonnière, faisant toutefois attention à ne pas croiser son ainée.

[Hayabusa] ‘Quel jutsu pathétique! Papa s’est fait enflé, on dirait…et moi aussi!’

[Entrainement au Mizu no Tate (Ninjutsu suiton / Aspirant) terminé]




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MessageSujet: Re: [Aire d'entrainement] Une grue dans la rivière   Lun 12 Juil - 14:59

Hayabusa : 63 XP

Technique validée


// Une folie de se jeter des cailloux sur le crâne. A titre indicatif, je te propose de te référer aux News quant à l'apprentissage des techniques. Akogare a posté un petit quelque chose qui t'éviteras (si cela t'embête trop) d'avoir à rédiger des entraînements (qui selon moi ne sont pas des masses épanouissant en terme d'écriture). \\

MessageSujet: Re: [Aire d'entrainement] Une grue dans la rivière   Mer 14 Juil - 0:55

[Entrainement à l’Hydrolyse (Ninjutsu suiton / Aspirant)]

***

[Hayabusa] ‘Ying…’

Sa voix résonnait dans la chambre noire de notre ami kirisien, inondée par les ténèbres de minuit. Ses doigts croisés sur la nuque, les yeux grands ouverts, son esprit explorait ses souvenirs. Il s’était réveillé une énième fois en sursaut, la faute à ce cauchemar récurrent. Toute son attention revenait alors sur cette fille qu’il avait rencontré par hasard dans cette crêperie. Revoir son visage était comme une bouffée d’oxygène, une source de réconfort après un rêve aussi tourmentant. Son buste nu à peine caché par les draps, il passa doucement les extrémités d’une main sur ses lèvres, comme si ce rituel aidait à se souvenir de la douce sensation qu’était ce baiser. Il se revoyait encore céder à cette envie irrépressible en répondant à ce contact buccal, explorant les coins et recoins de la bouche de la belle Niwa avec sa langue. La lettre que la kunoichi lui avait écrite avant de partir en mission restait encore posée sur sa table de chevet, tel un souvenir impérissable de cette journée mémorable.

*Tu penses encore à moi ? Tu arrives à dormir ? Où es-tu en ce moment ? Encore en mission ? Ou bien es-tu revenu à Konoha…Ying…*

Hayabusa se laissait pour une fois aller à cet ensemble de sentiments illogiques, les laissant l’envelopper dans un tendre cocon. Ce n’était pas si désagréable que cela, même si au final, il ne supportait pas l’idée d’être guidé par autant d’irrationalité. Après tout, c’était probablement à cause de la fatigue que son esprit cartésien ne s’exprimait pas plus que cela. En tout état de cause, allongé sur le matelas, il rêvait de la ravissante adolescente. Il espérait sa venue, et il se surprit même à vouloir entendre maintenant une main frappant à la porte, dans l’idée bien sûr que ce soit elle qui l’attende derrière l’entrée. Cela n’arriverait pas, mais il souhaitait tellement ce que cela fût le cas…Quoi qu’il en fut, la nuit fut longue, avant que les persiennes ne laisse filtrer les premiers rayons du soleil. L’étudiant du village caché de la feuille n’avait pas trouvé les bras de Morphée, obsédé ce visage si angélique, ce corps si féminin pour son âge, ces longs cheveux noir comme le charbon, ces yeux verts tels deux émeraudes lumineuses. L’esquisse de cerne naissait sous les globes oculaires de notre protagoniste, tandis que ce dernier se levait péniblement de son futon, lâchant un long bâillement. Dur, dur !

Lentement, simplement vêtu d’un shorty noir et bleu, il se dirigea vers la cuisine. Machinalement, il fit chauffer de l’eau et sortit une plaquette de tofu du réfrigérateur. Après quoi, il prit une orange de la corbeille à fruit, la pelant et la mangeant avec une apathie toute particulière. Le morceau de tofu eut droit au même traitement, tandis que le récipient contenant l’eau émit un sifflement aigu. L’enfant versa l’eau chaude dans une tasse, dans laquelle il rajouta quelques feuilles de thé. Il finissait par s’agenouiller sur le mince coussin qui faisait face à la table basse du salon, sur laquelle trainaient de nombreux parchemins. Son regard, d’abord perdu dans le vide abstrait, fut ensuite attiré par une œuvre en particulier. Il s’agissait d’un des trois parchemins qu’avaient légué les parents de Hayabusa lors de leur passage éclair à Konoha. Il avait laissé de côté ces écrits, notamment à cause d’un planning constamment chargé…et aussi à cause d’un manque d’expérience flagrant en matière de chakra. Tenant sa tasse d’une main et y prenant une lampée, il saisissait le morceau de papier. L’apprenti-shinobi y jeta un œil dubitatif, se remémorant du pourquoi il avait laissé à l’écart un écrit aussi important. Il grimaçait légèrement à cause de la chaleur du breuvage, se rendant compte par la suite de la raison : Il ne comprenait pas certains caractères. A vrai dire, ce n’était pas si étonnant. Il avait entendu dire que certains idéogrammes différaient selon les pays. Quoi qu’il en fût, il but le contenu du récipient tout en cherchant à décrypter ces mots. Puis, toujours perplexe, il marcha d’un pas trainant vers la salle de bain, dans laquelle il se décrassa pendant plusieurs minutes. Comme à son habitude, il restait longtemps sous la douche, histoire de se sentir propre et séduisant. Il en sortit le tronc dévêtu et en pantalon, quelques gouttes d’eau perlant encore le long des muscles et les cheveux encore humide.

Les caractères étaient toujours imprimés dans son esprit, mais rien n’y faisait, il bloquait encore et encore sur leur sens. L’idée d’un tour à la bibliothèque s’imposait d’elle-même. Aussi, il mit sa veste à capuche noire, avant de s’éclipser de son appartement. Le cliquetis des clefs résonnaient dans le couloir, puis ce fut au tour des semelles claquant sur le sol. Ces images tourmentaient les neurones de l’adolescent, à tel point qu’il avait du mal à esquiver les nombreux passants présents dans l’avenue. Pas même les odeurs de nourriture et d’encens ne venaient troubler son cerveau. Ainsi, le parchemin en main, et après plusieurs minutes de marche lente et désinvolte, la grue de Konoha se trouva devant l’immense bâtisse qu’était la bibliothèque du village caché de la feuille. Sa présence à l’intérieur de la structure ne surprenait plus personne. Tout le monde le saluait, de la secrétaire aux simples habitués. Evidemment, le charme qu’il dégageait y jouait certainement un rôle, mais peu importe. D’un geste de la main, il répondit à chaque personne l’accueillant. Un peu pressé, il se dirigeait directement vers l’allée qui contenait les diverses œuvres relatives à ses recherches. Après quoi, il sortit du rayonnage avec une pile impressionnante de bouquin et s’en alla s’assoir dans un coin.

Voici quelques heures que notre héros planchait sur ces écritures bizarres. Plusieurs livres étaient ouverts, tandis qu’il les lisait les uns après les autres. Tantôt il en parcourait les pages, tantôt il griffonnait quelques mots sur un bout de papier. Son index l’aidait de temps en temps à se repérer dans ce fouillis de vocable. La table sur laquelle il s’était installé était pleine d’œuvres à vocation. Il convient de noter que Hayabusa s’était créé un véritable cocon tout autour de lui, ne faisant pas vraiment attention aux lecteurs qui se succédaient dans l’immense salle lumineuse. Cela ressemblait à un vrai ballet, ou plutôt à une gigantesque pièce de théâtre dans laquelle les acteurs changeaient continuellement. Le kirisien prit quelques minutes pour souffler, le crayon dans sa bouche, balançant sa chaise d’avant en arrière. Il croisa alors les doigts sur sa nuque, levant ses deux cristaux d’ambre sur le plafond. Il soupirait, un peu agacé de ne pas avoir encore la réponse à ses interrogations. Et, comme si le hasard s’acharnait sur lui, la silhouette de Ying apparut une nouvelle fois dans son esprit. Elle était vague, comme entourée d’un halo lumineux si puissant qu’elle paraissait n’être qu’une ombre sans visage. D’autres interrogations s’ajoutèrent alors dans la longue liste du jeune Toyome.

*Je me demande ce que tu fais, maintenant…Ying…Ying…Qu’est-ce que t’as bien pu me faire…*

Les lèvres du jeune élève de Taka Uchiha vinrent s’affubler d’un grand sourire, alors que le crayon oscillait entre ses dents sous l’impulsion d’une langue agile et experte. Il était intéressant de constater qu’à chaque fois que ses pensées étaient obnubilées par la délicieuse kunoichi, le visage du garçon irradiait d’un bonheur sans nom. Impossible de savoir pourquoi, ni comment, et c’était bien cela, le cœur du problème pour notre ami. Et pourtant, les faits étaient là. Il était vraisemblablement encore jeune et trop sensible qu’il ne voulait le laisser paraitre. Sa première vraie histoire amoureuse…Tous les grands auteurs en avait fait l’apologie, mais jamais Hayabusa aurait pensé avoir à expérimenter de tels sentiments. Quoi qu’il en fût, et dans un mouvement de balancier trop important, l’adolescent perdit le contrôle de sa chaise, tombant lourdement sur le sol dans un fracas à réveiller les morts. Cela souleva un bon nombre de réaction, dont la plus importante fut un ‘chut’ prolongé de la part de tous les utilisateurs. Un sourire gêné et un regard qui en disait aussi long plus tard, le kirisien remit en place le siège avant de s’y réinstaller et de potasser à nouveau, jusqu’à ce que le soleil disparut complètement sous la ligne d’horizon. Après quoi il s’en retourna chez lui, après avoir remis tous les bouquins en place et sans bien entendu oublier le parchemin de technique sur lequel était noté en gros ‘HYDROLYSE, l’art de maitriser les eaux.’. Cela, au moins, il avait pu trouver des équivalents pour en faire une traduction correcte. Il n’en demeurait pas moins que le futur ninja de Konoha était particulièrement frustré, lui qui avait toujours eu cette capacité de résoudre les problèmes et les énigmes avec une vitesse faramineuse. Le génie se cassait finalement les dents sur un simple exercice de version. Frustrant, oui, c’était le mot. En se trouvant sur le patio qui le menait dans sa garçonnière, sous la lumière froide de l’astre lunaire, il commençait réellement à s’interroger sur la façon dont tout cela se produisait. Ying était-elle vraiment derrière cette piètre performance intellectuelle ? Pas volontairement en tout cas, mais cet ‘amour’ semblait avoir des effets plus que désagréables. A moins que cette translation ne soit vraiment une pratique difficile, même pour lui…




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MessageSujet: Re: [Aire d'entrainement] Une grue dans la rivière   Sam 17 Juil - 18:41

Un jet d’eau chaude se répandait dans la baignoire, diffusant de longues volutes de vapeur dans la pièce close. Une main plaqué sur le mur qui lui faisait face, Hayabusa laissait sa tête pendre sous le geyser, pensif. Ses yeux à moitié fermés fixaient le produit nettoyant devant lui sans réellement y prêter une quelconque attention. Son cerveau était actif au possible, ce qui était des plus surprenants au réveil. La vérité, c’est qu’une fois de plus, il n’avait pas vraiment dormi. Ses pensées étaient comme aimantées par cette si ravissante jeune fille, et par ce cauchemar qui surgissait à chaque nuit, ou presque. Les cernes se développaient au creux de ce visage à la fois angélique par ses traits et démoniaque par ses pupilles en amande. Le kirisien restait plusieurs minutes, immobile, laissant le bouillant liquide transparent effleurer et ruisseler le long de sa chevelure châtaine, de sa peau roussit par la température mais ô combien douce. De temps à autre, il créait un dôme aqueux avec la substance qui sortait du pommeau de douche, de façon à cesser l’écoulement et pouvoir respirer tranquillement. Finalement, au bout de près d’une heure de baignade, il tourna le robinet dans un grincement stressant. Le bruit alors relaxant de l’eau s’éclatant sur les rebords en céramique se tut, laissant un silence de cathédrale dans la salle de bain et une curieuse sensation. Comme une sorte de solitude qui s’exprimerait de façon induite. Encore tout nu, l’adolescent se tourna vers le miroir qui était accroché au-dessus d’un lavabo parfaitement blanc. Il prit une serviette afin de s’essuyer et d’effacer la buée qui s’était agglutiné sur la surface réfléchissante. Ce jour-là, il n’aimait pas ce visage qui lui faisait face. C’était vraiment exceptionnel. Il posa ses doigts sur le bas de ses globes oculaires, touchant les traits bleus-gris dont il était pourvu.

*Ca peut pas durer comme ça…Il faut vraiment que je me repose.*

Cette réflexion, il se l’était déjà faite. En effet, au début de son aventure à Konoha, sa soif d’apprendre et d’explorer le village caché de la feuille l’avait emmené à passer des lunes et des lunes sans dormir, un rythme rapidement devenu insupportable pour notre ami. Cela étant, ce n’était plus les mêmes données dans ce cas précis, ce cauchemar récurent et l’image de Ying l’empêchant de trouver par lui-même ce repos tant escompté. Et puis, il y avait ce parchemin qu’il n’arrivait toujours pas à décrypter par lui-même…et tant d’autres petites choses qui à force de s’accumuler dans son esprit devenaient trop lourdes à porter. A cet instant précis, il eut envie de pleurer, las de toute cette vie. C’était vraiment exceptionnel pour un garçon aussi jovial et optimiste que Hayabusa. Pour autant, il se refusait de se laisser aller à des sentiments aussi malsains, et il tenta de les faire disparaitre en prenant une longue bouffée d’oxygène et en esquissant un semblant de sourire. Il s’habilla d’un jean moulant à la taille et aux cuisses, et large au niveau des chevilles. Puis, il se munissait d’un tube de crème, apposant une noisette au bout de ses doigts, et l’étalant sur son visage. Après quoi il sortit de la salle de bain, un peu chamboulé.

L’étudiant se dirigeait doucement vers le salon, là où son thé l’attendait. Il s’en versa une tasse, avant de le boire par petite gorgée, tandis que ses yeux se posèrent sur le parchemin de techniques. Il bloquait toujours autant sur cette maudite phrase qui l’empêchait de comprendre tout le sens des écrits. Son courage diminuait à mesure des minutes qui passaient et au fur et à mesure des aspirations bruyantes que sa bouche faisait à chaque lampée du breuvage. Et puis, par dépit et sous l’élan d’une colère trop longtemps contenue, il envoya la céramique contenant encore un peu de ce liquide verdâtre valdinguer sur le mur qui lui faisait face, qui se brisa dans un son aigu. Il prit sa tête de ses mains fines, laissant une larme naitre au cœur d’une prunelle d’ambre qui semblait affreusement dépitée. Il ne se sentait plus maitre de sa vie, ni bon à quoi que ce soit. Il voulait hurler à s’en crever les cordes vocales, mais rien ne sortait. Ce n’était pas son genre de succomber à ses instincts primaires, mais il avait le sentiment que tout lui échappait. Cet épisode avec Ying, le manque d’emprise sur son sommeil, et puis aussi toutes les tensions dont étaient témoins les shinobis, tout cela avait fait de notre ami une boule de nerfs qui ne demandait qu’à exploser au bon moment. Au final, la traduction de l’Hydrolyse n’était que la goutte d’eau qui avait fait déborder le vase.

Soudain, à la limite du sanglot, il entendit quelqu’un taper à la porte. Il ne répondait pas, mais par je-ne-sais quelle astuce, cette personne savait que le jeune Toyome était présent. Etouffée par la cloison, la voix demanda d’une intonation familière si elle pouvait rentrer. C’était Hakufu qui souhaitait pénétrer la garçonnière, comme si son sixième sens féminin se doutait que quelque chose arrivait à son ami. Hayabusa, toujours sous le choc et amorphe, ne répondait toujours pas. Inquiète, mais d’un ton parfaitement mielleux, réitérait son offre mais d’une façon un peu plus directive.

[Hakufu] ‘Je sais que t’es là, Haya…De toute façon, si tu m’ouvres pas, je me débrouillerai pour rentrer à ma manière. Et tu sais que j’en suis capable.’

Un profond soupir se dégagea de la bouche pulpeuse du garçon, qui se leva de son coussin. S’en suivit des pas audible du côté de la jeune femme, puis le cliquetis des clefs sur la serrure. Il ouvrit ensuite doucement l’ouverture en bois dans un grincement sinistre. Après quoi, la kunoichi entra sans ménagement, la mine faussement énervée.

[Hayabusa] ‘Apparemment, tu comprends pas que je veux voir personne aujourd’hui…’
[Hakufu] ‘Non…Désolé ! Ne me joue plus jamais ce numéro, t’as compris ?’

Elle posa une main sur la joue de son interlocuteur, lequel détourna ostensiblement la tête, souhaitant éviter tout contact. Ou peut-être voulait-il échapper au regard de la belle blonde. Cette dernière effaçait alors ses faux airs de femme vexée pour arborer une moue peinée. Ses deux iris d’émeraudes irradiaient d’une tristesse à peine voilée, mais elle ne souhaitait pas encourager ce comportement. Aussi se dirigea-t-elle vers le cadavre de la tasse qu’elle avait repéré de sa position initiale. Elle ramassait tous les morceaux, continuant de s’exprimer à son camarade avec une voix tranquille et amusée, comme pour désamorcer le chagrin dont était en proie l’adolescent.

[Hakufu] ‘Non, mais regarde-moi ce souk…Heureusement que je suis là. Allez, raconte-moi. C’est à cause de cette fille, là ? Euh…Yang ?’
[Hayabusa] ‘C’est Ying…’, grommelait-il, tout en restant immobile devant l’entrée de l’appartement et en croisant les bras.
[Hakufu] ‘Oui, peu importe. C’est elle ?’
[Hayabusa] ‘Qu’est-ce que ça peut bien te faire…’

La kunoichi-ménagère se sentait offusquée par cette réponse désinvolte, mais elle continuait à rester stoïque. D’ailleurs, elle le connaissait assez bien pour qu’elle sache quelles informations tirer d’une telle attitude. Elle conservait alors son sourire, cherchant à rester aussi agréable et gentille que possible.

[Hakufu] ‘D’accord…Et il y a quoi d’autre ?’
[Hayabusa] ‘J’ai pas envie d’en parler ! C’est pourtant clair, non ? Et puis, en quoi ca t’intéresse ?’

C’en fut trop pour la kunoichi, qui se redressa et qui se dirigea vers l’adolescent. Celle-ci, outrée, n’en pouvait plus, et gifla son vis-à-vis avec tellement de force qu’il recula. Il ne chercha même pas à éviter ce geste, qu’il avait bien mérité après réflexion. Néanmoins, son regard demeurait toujours aussi mélancolie. Lentement, il s’accroupissait pour finir par s’assoir sur le parquet, les genoux recroquevillés sur sa tête. Il finissait par sortir quelques mots, après un moment de silence qui dura quelques minutes, au cours desquelles la genin fixait son ami en lui laissant le temps qu’il fallait pour réfléchir à son acte.

[Hayabusa] ‘Je…J’en peux plus…J’arrive plus à trouver le sommeil avec ce cauchemar…Et puis, il y a Ying…Ce que j’éprouve pour elle m’empêche de réfléchir avec la même sagacité…J’arrive pas à décoder ce foutu parchemin…J’ai l’impression…’. Il se mit à pleurer toutes les larmes de son corps. ‘J’ai l’impression de ne plus être bon à quoi que ce soit…Pourquoi ? Pourquoi ?’

Il cogna le sol avec son poing de colère et d’impuissance, tandis que sa voix était rythmée de nombreux trémolos qui trahissaient son désarroi et son affliction. Il continuait de murmurer des ‘Pourquoi ?’ saccadés. La jeune fille se mit à regarder son ami avec un regard tendre et compréhensible. Elle s’accroupissait alors juste en face de lui, alors que son index vint soulever le menton de son compère. Puis, ses doigts écrasèrent les nombreuses larmes qui perlaient le long de ses joues. Jamais elle ne l’avait vu dans cet état auparavant, et c’est cela qui lui permit, dans une douce contradiction, de lever ses zygomatiques.

[Hakufu] ‘Alors tu n’es qu’un homme ? J’avais des doutes jusque là.’

Dans une immense envie de réconforter son ami, elle vint s’assoir à ses côtés, lui ouvrant ses bras afin qu’il vienne déposer sa tête sur sa poitrine, ce qu’il fit tout naturellement, son torse dénudé ressentant la douce du t-shirt rosé de sa comparse. Les mains de cette dernière se posèrent alors sur l’épaisse crinière du garçon. Sa voix était douce et reposante, tel un rayon de soleil caressant la peau.

[Hakufu] ‘Tu n’es pas un robot. Tu ne peux pas être joyeux tout le temps. Et ton destin n’est pas tracé en ligne droite. Jamais tu n’auras le contrôle de ta vie de A à Z. Ce sont les décisions que tu vas prendre qui vont faire que ta vie sera comme ceci ou comme cela. De temps en temps, il faut que tu te lâche…comme tu l’as fait avec cette fille, ou comme tu viens de le faire avec cette tasse. Ce que tu ressens vis-à-vis d’elle est tout à fait normal. Nous sommes tous fait de chair et de sang, et il y aura des choses que tu ne comprendras pas forcément, tout simplement parce que nous ne somme pas des engins de mort dénués de sentiments. Ecoute…Ce qui t’anime à l’égard de fille n’a rien à voir avec ta capacité à réfléchir, c’est tout simplement parce que tu es fatigué que tu n’y arrives pas. Ca va aller maintenant, je suis là…’

Après quelques minutes de pleurs et de souffle court, l’adolescent s’endormait, comme enlevé par les bras de plus en plus puissant de Morphée. La vérité, c’était qu’il s’était libéré d’un poids trop pressant, et l’aide de Hakufu n’y était pas étranger. Aussi, au creux de son corps, il se mit à explorer le monde des songes, sans le moindre cauchemar. La kunoichi, elle, contemplait son protégé arborer un visage devenu serein. Elle resta immobile pendant quelques heures, berçant son ami avec des caresses adroites et douces. Elle était heureuse d’avoir pu observer le caractère le plus sombre de son camarade d’arme. De ce point de vue, on pouvait affirmer sans la moindre retenue qu’elle était tout simplement contente d’avoir été celle qui rassurait au lieu d’être celle qui était rassurée. Cela changeait, et cela faisait du bien. Elle s’était sentie utile pour lui, tout simplement…




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