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 Les Feux du Mal

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MessageSujet: Les Feux du Mal   Mar 22 Juin - 22:43

La vie leur était paisible. Bien ancrés dans leur petite routine quotidienne, dans leurs habitudes faciles et simplistes … Les environs du centre ville de Konoha reflétait cette agréable sentiment d’être en sécurité, de se sentir au dessus du danger. Konoha devait oublié les figures du passé, les figures noires et menaçantes qui planaient sur lui encore aujourd’hui. Il y en avait tant … Konoha n’était qu’un masque faible qu’on peuplait d’arbres, de fontaines, de verdures, de petits parcs sympathiques et d’aires charmantes. Le soleil, la température, la lumière, clarté charnelle de sa vie, l’ombre reposante des grandes ramures ; rien n’était qu’un seul mirage pour mieux les apprivoiser. Nikita passa sa langue sur ses lèvres, cachées derrière son masque blanc, et sourit intérieurement. Avide d’un sang qu’il n’avait plus fait tomber depuis plusieurs semaines, il s’entrelaça dans son grand vêtement noir et raffermit le nœud de l’écharpe mauve qui tenait sur son bras gauche. Là, il sauta.

Les ruelles du village étaient illuminées par quelques lampadaires épars. Nikita se mouvait dans l’ombre des grands bâtiments, évitant tant que faire se peut d’en rencontrer une autre, bien mobile, bien vivante. Il n’y avait que très peu de passants, mais c’était déjà trop. Et pourtant, il faisait cela avec un tel génie. Rampant contre les murs de pierre, léchant le sol d’un silence effrayant, il avançait, doucement. Sa respiration était contrôlée, lente et particulièrement régulière. Chacun de ses pas se posaient sur le sol avec douceur, si bien que personne ne pouvait apprécier sa trajectoire, ni même l’idée qu’un homme venait. Un homme, une ombre. Une âme, plutôt. Son masque blanc grésillait sur le flot incessant des lumières qui luisaient dans la nuit noire. Une imposante lune s’était levée depuis quelques heures. Une lune d’un jaune inquiétant. Comme périmée, l’astre continuait d’avancer dans le ciel et laissait derrière elle une queue invisible, décolorant le toit bleuté et infini. Nikita s’arrêta et la contempla, l’espace d’une seconde. Une des rares secondes pendant lesquelles il se donnait le temps, l’envie, la patience et le plaisir de contempler autre chose que le petit monde dans lequel il évoluait. Un monde qui lui en voulait terriblement, lorsqu’il repensait aux conditions de son arrivée ici, aux conditions de sa détention, s’amusait-il à déblatérer au milieu d’un flot incessant et pas bien sérieux de paroles déjà ivres et foulantes d’alcool, autant que son haleine.

[…] – Tu pues encore la boisson …

[Nikita] – Ne me respire pas à plein nez. Il renifla, sous son masque d’ivoire. Et lâche-moi.

[…] – Je ne peux pas, tu le sais. Je suis plus forte que ça et toi, bien trop faible. Ce jour-là, tu n’aurais pas du me tuer. Tu aurais du me laisser vivre, respirer et peut-être ne t’aurais-je pas hanteur, peut-être t’aurais-je laissé ce qui restait de ta vie, un peu plus serein, un peu plus calme, un peu plus tranquille. Ou peut-être pas.

Le jeune homme leva ses bras dans les airs. Cachés sous sa cape, celle-ci s’envola aussitôt, laissant deux mains gantées apparaître à la lueur nocturne. Il renifla une deuxième fois et posa une cigarette mal roulée sur sa bouche, relevant lentement le bas de son masque. Sa bouche, ses deux lèvres roses et deux rangées de petites dents aiguisées apparurent, alors que le filtre brun se posait sur sa chaire et qu’une petite flamme jaune, presque blanche, vint illuminer très succinctement son environnement. Ses pupilles se dilatèrent et son visage afficha une moue fatiguée. Cette voix le suivait, chaque fois qu’il faisait un pas, chaque fois qu’il reculait, qu’il tournait. Quoi qu’il puisse faire, elle serait là, derrière lui, suintante de mort, acerbe, agressive. Elle ressemblait à ces vulgaires échardes qui chatouillaient ses chaussettes par les temps de sécheresse, lorsqu’il marchait, nu pied, sur les planches d’un petit embarcadère loin d’ici. Encore enfant. Une écharde pas franchement dangereuse, juste embarrassante et pénible. Une écharde qu’il était néanmoins très ardu de retirer. Les solutions au problème étaient minces, et les trouver relevait finalement d’une difficulté plus grande encore.

Il revoyait dans des souvenirs étranges de précisions la petite salle dans laquelle ils s’étaient retrouvés. Elle avait énormément changé, beaucoup vieillie, en fait. Quelques rides de plus étaient venu plissés son front et ses mains tremblaient. Au début, il crut qu’il l’effrayait, mais très rapidement il avait oublié cette idée. Elle ne craignait rien. Et peut-être aurait-elle du, parce que lorsqu’il posa sa main sur sa gorge, un peu de sang jaillit et la vieille femme siffla son dernier soupir.

Non, je n’aurais jamais du t’achever, vieille chimère.

[…] – Je t’entends, tu sais.

Il imaginait son sourire satisfaire.

Oui, je sais.

Immanquablement, il réitérait l’expérience. Il avait ce besoin d’en posséder plus que le sombre et narquois rictus qu’il imaginait en entendant cette voix. Il avait besoin de revivre ce moment, comme s’il était fondamental et qu’il comblait chacune des secondes de sa vie. Nikita tuait inlassablement dans l’optique de reproduire le crime parfait, celui qu’il avait effectué quelques années auparavant et il parcourait le monde dans l’espoir de retrouver cette sensation. La lame cinglante, posée contre la peau rose de sa proie, et la fouetter lentement, qu’il la sente vibrer entre ses veines, à chaque fois que son cœur battait à un rythme infernal. Ce soir-là, par cette lune jaune, sur un toit de Konoha, il s’empara d’une énième personne. Elle n’avait pas de nom, pas de visage, pas de sexe. Aucune personnalité, aucune particularité. C’était un simple cœur qui battait vite, très vite et qui demain, ne battrait plus rien, sinon le pavé du village, une perle de sang dans les yeux, une marre rouge autour du crâne. Et la gorge déployée.

Sur les toits, l’humidité s’était condensé et rendait le combat plus difficile qu’il ne l’avait imaginé. Un combat … s’il pouvait l’appeler ainsi. Il était un lion, et elle, un fébrile scarabée qui se débattait comme il pouvait. Et il ne pouvait pas grand-chose, à vrai dire. Néanmoins, elle gesticulait assez pour rendre la tâche un peu plus complexe qu’il ne l’avait imaginé. Elle était même parvenu à s’extirper de son emprise quelques secondes, d’un fabuleux coup de pied dans le menton alors qu’il montait peu à peu sur son corps allongée et que la pointe fine de sa lame léchait sa peau et le tissu de ses vêtements. Là, elle avait écarquillé les yeux de frayeur et dans un sursaut d’inconscience, elle l’avait frappé. Il était tombé, quelques mètres plus bas, avait passé la main sur sa mâchoire endolori et en gesticulant, avec emportement, l’avait rattrapé. Elle courrait sur les tuiles des pavillons hauts de quelques étages, affolées. Lui, il s’élançait vers elle avec une assurance folle, comme obstiné par sa proie et par les sensations qui allaient enfin venir à lui, en lui, lorsqu’il lui trancherait la jugulaire.

Mais la jeune femme fit une chose à laquelle il ne s’attendait pas. Posant ses yeux en contrebas, il lui restait deux choix. Sauter, et trouver la mort, en bas. Ou l’attendre. Et la trouver dans ses bras, bien au chaud. Au contact de l’acier. Avec un sourire perdu dans l’ivoire de son masque, Nikita savait qu’elle resterait là, de marbre, et qu’il ferait tinter une fois encore le scintillement de son arme. Elle parut hésiter, mais l’allure monstrueuse du masque qui se dirigeait comme une furie vers elle sembla prendre le pas sur sa peur. Elle sauta. L’homme s’arrêta, écarquilla les yeux, surpris, puis reprit sa course folle. Son pied se posa sur la dernière tuile et la, ses deux jambes se tendirent. Et il s’envola. Dans son effort, il chuta sur le corps de sa proie et le dévia de sa trajectoire. Ils se projetèrent sur le pavillon en face duquel elle s’était laissé tomber, et lui sauté. Un étage plus bas, une grande baie vitrée vola en éclat. Le corps inerte gisait sur le sol chaud de l’appartement. Nikita était sagement assis dessus, reprenant ses esprits, peu secoué. Il sentit le contact de sa lame toujours bien incrustée dans son poing. De sa main libre, il caressa la joue endormie de sa proie et contempla rapidement le décor dans lequel ils avaient atterri, sans prendre grand soin d’en garder un quelconque souvenir. Ses doigts descendirent le long du crâne de la jeune femme, chatouillèrent son menton puis longèrent les traits de son cou.

Là, ils s’arrêtèrent sur un morceau de tissu, et une porte s’ouvrit, dégageant un peu de lumière dans la pièce. Un homme puissant apparut, droit, formidablement bâti. Nikita sourit, sous son masque blanc, posa son regard sur l’âme encore vivante. Son arme se posa sur la nuque de la jeune femme sur laquelle il reposait, assis tranquillement sur son bassin et lentement, son autre main débarrassa la nuque de sa proie. Il leva lentement le morceau de tissu vers la lumière et sans rien dire, tourna ce qui semblait être une plaque de métal vers la lumière.


[…] – Tu le vois. Faible. Effrayé. Là. Il t’attend.

L’insigne de Konoha luisait. De mille feux.



Hakai Toshiya
Aspirant de Konoha
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MessageSujet: Re: Les Feux du Mal   Mer 23 Juin - 14:27

La nuit était lourde éclairait par une lune jaune. Les nuages ténébreux venaient couvrir par intermittence la seule source de lumière durable du village. Les lampadaires du quartier restaient généralement allumé jusque une heure du matin environ. Passer ce temps, le générateur était fermé, pour l'économie d'énergie il disait... Bref, il se faisait bien tard et le genin était encore debout. Sa journée avait été bien remplie d'où l'explication d'une douche à cette heure tardive.

L'eau ruisselait sur son corps, suivant les traits distinct de sa musculature. Ses cheveux sombres étaient plaqués sur sa tête et dressé en arrière paressant ainsi beaucoup plus long. La couleur paraissait beaucoup plus sombres, comme si cela était possible. Sa main puissante vint tourner le robinet coupant le clapet. Peu à peu, les filets d'eau perdaient en puissance et puis, un par un, finissaient par s'épuiser laissant la suite à de petites gouttelettes. La salle de bain ressemblait à un sauna. La vapeur d'eau c'était condensé sur les vitres, une chaleur presque infernal régnait dans la petite pièce. Le pied du jeune homme s'éleva de la paroi émaillée de la douche pour venir se poser sur une serviette prévue à cet effet. La chute n'était pas permise. Sa main se porta sur la vitre en verre de la douche et se saisit d'une seconde serviette qui, cette fois-ci, serait utilisé correctement. Se rinçant tout d'abord la chevelure, l'homme s'essuya ensuite le corps. C'était un rite qu'il avait exécuté des milliers de fois dans sa vie, comme obligeait de le faire sans quoi, les dieux seraient contrariés. Plus aucune goûte ne venait perturber les détails de son corps. Il passa alors un coup de chiffon sur le miroir, enlevant cette eau qui pouvait faire pas mal de dégâts dans la pièce si l'homme ne s'en occupait pas. De la moisissure pourrait se former dans les murs, la tapisserie serait foutue et s'en parler des problèmes de santé qu'une pièce trop humide pouvait apporter. Sa main vint donc naturellement se poser sur cette petite poignée en plastic blanc qui, sous ,a force du colosse, venait pivoter pour laisser circuler un courant d'air dans la pièce.

Son corps frissonna quelques instants, le temps qu'il s'habituait à ce mélange. L'air chaud était comme aspiré par cette bouche et irrémédiablement remplacé par l'air glacial qui régnait dehors. Essayant de lutter le mieux possible, l'Uchiha enfila son marcel rouge tout comme son bas d'entrainement, qui traînait sur cette chaise depuis plusieurs jours. L'envie n'y était pas ces derniers temps. Beaucoup trop d'élément était venu perturber l'équilibre mental de l'Uchiha. Ses amis, sa famille, son entourage avait bien du mal à le reconnaître. Habituellement empli de vie, il était à présent représenté comme un jeune homme neutre, que son visage n'exprimait aucune trace de vie, aucune joie ou tristesse. Comme si les nerfs étaient sciés... Et pourtant le problème était de se situer en dessous de cette face. Son coeur était meurtri, incertain des choix qu'il devait à présent faire. Sa vie allait changer de tout au tout, de nouvelles connaissances allait irrémédiablement apparaître tandis que d'autre allez peu à peu s'effacer et probablement être oublié.

Mais tout ceci allait être perturbé. Un bruit fracassant se fit, l'Uchiha pensa tout d'abord que des racailles étaient occupés de lancer des cailloux aux fenêtres, mais très vite il comprenait que quelque chose venait de se passer chez lui. Dans un empressement certain, la porte s'ouvrit, claquant contre le mur. La faible lumière de la salle de bain se reflétait dans cette grande pièce. Les ténèbres régnaient ici, l'Uchiha dû forcer sa vue pour observer deux silhouettes. L'une assise sur l'autre. Son regard se posa ensuite sur la baie vitré qui avait volé en éclat. Il essayait de se mettre la scène en tête sans toutefois quitter du regard ce type. La pénombre alentour ne permettait pas au genin de faire une description complète sur cet individu, mais cependant, n'importe quel débile serait qu'un masque venait couvrir son visage.

L'Uchiha ne savait quoi dire, quoi faire. Un inconnu masqué qui fracassait sa baraque en pourchassant... une fille? Le regard du genin se fit plus oppressant sur l'homme masquait. Seul deux organisations portaient des masques dans ce village, les anbu et les Oi-nin. Celui-ci ne portait pas l'équipement habituel des anbu, cependant... N'importe qui pouvait enfiler un masque et poursuivre une jeune fille dans Konoha. Mais rare étaient ceux à aller jusque que là... Une déserteuse? Les yeux noirs de l'homme suivait chaque mouvement de l'inconnu qui semblait un peu trop s'intéresser à la nuque de la jeune femme. Hors de question que l'Uchiha laisse un meurtre se commettre chez lui, Oi-nin ou pas... Il arracha ce qui paraissait être à première vu un morceaux de tissu. Son bras se tend avec l'ornement au bout. Hakai regarda quelque seconde cette chose avant d'apercevoir le métal ou le signe de la feuille y était gravé.

Cette vision était le déclic pour l'Uchiha. Son regard prit une teinte rougeâtre qui ressortait à présent des ténèbres. Lentement, ses pieds s'avançaient en direction du suspect. Très lentement, brusquant rien. Les bras étaient levés du corps et venait, paume vers le ciel, de chaque côté, exécutant presque une requête.

[Hakai] « Tu es chez moi... »

Son ton était calme et pourtant agressif. Comme une mise en garde. Son corps continuait peu à peu à s'avancer vers eux. Son sharingan était activé lui confèrent un temps d'avance sur sa cible. Il était prêt à intervenir au moindre geste suspect. Il ne laisserait pas cette fille mourir sous ses yeux, pas par ce psychopathe.

MessageSujet: Re: Les Feux du Mal   Mer 22 Sep - 12:50

Hakai : + 9 XP
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