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 [Mission D] Surveillance à la piscine

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MessageSujet: [Mission D] Surveillance à la piscine   Dim 4 Juil - 23:10

Le réveil était particulièrement difficile ce matin-là. Ying, qui avait dormi dans la chambre, était partie très tôt le matin, aux premières lueurs de l’aube. Ou était-ce pendant qu’il faisait encore nuit, sous les croassements nocturnes des grenouilles ? Hayabusa ne savait pas trop, en réalité. Tout ce qu’il savait, c’était qu’affalé sur le parquet avec un simple oreiller et une fine couverture, il n’avait pas vraiment fait attention à son départ. Ou plutôt si, mais son regard vitreux et l’esprit encore embourbé dans ses rêves, il n’avait pas fait attention ni à l’heure, ni à son environnement. Il était tout simplement un peu tracassé par la sortie de la kunoichi. Elle avait été convoquée pour une mission plus ou moins importante, et l’adolescent le savait pertinemment. Cela étant, après cette journée folle en rebondissement et en sensation forte, il avait un goût amer dans la bouche, comme s’il devait redescendre trop vite sur terre sans avoir profiter un peu plus des cadeaux que la vie offrait aux plus impétueux des vivants.

Ce qu’avait ressenti l’étudiant la veille était tout nouveau. C’était une expérience fantastique, au-delà même de tout ce qu’avait pu imaginer notre protagoniste aux yeux de félin. Néanmoins, le fait de ne pas comprendre l’alchimie naissant dans son cerveau le laissait dubitatif. Comment avait pu se produire une telle chose ? Tout cela était tellement trivial, tellement irrationnel, et pourtant si évident par certains aspect…Pendant qu’il se préparait un petit déjeuner léger à base de pate de soja et de thé dans la brume spirituelle la plus épaisse, Hayabusa se remémorait ce baiser fougueux qui eut duré tellement de temps, cette sensation si agréable lorsque les deux langues se chevauchaient passionnément et délicatement à la fois, cette rencontre si impromptue au détour d’une crêperie, ce panorama et cette averse qui surprirent les deux adolescents…Tellement d’images se bousculaient dans sa jolie bouille, au point de sentir un manque lors de ce repas matinal. Les rayons de soleil frappaient la table sur laquelle le shinobi mangeait, éclaboussant tout sur son passage. Une lumière si claire, réchauffant un cœur un peu désabusé comme pour le laver de toute trace de tristesse. Il ne savait en rien ce qui l’attendrait au détour d’une ruelle aujourd’hui, l’existence étant parsemée de cadeaux comme l’était devenue Ying. Enfin…Elle reviendrait, il le savait, il le sentait, du tréfonds de son âme. Voilà qu’il commençait à croire en l’instinct, cette notion si vulgaire et si absurde. Il ressentit le besoin d’aller se détendre, comme pour évacuer son être d’autant de sottises.

Sa toilette faite, légèrement parfumé comme à son habitude (oh, le coquet !), il quitta sa garçonnière à nouveau vide, se coiffant de sa capuche afin de cacher sa malformation. La porte grinçant, les clefs s’enfonçant dans la serrure pour la fermer dans un bruit de ferraille résonnant à travers le couloir, Hayabusa était prêt à faire un tour en ville pour se changer les idées. Il en avait grand besoin, les senteurs de la kunoichi subsistant dans l’appartement lui faisaient encore trop penser à elle. Non, ce n’était pas possible, il ne pouvait pas ressentir de telles choses aussi futiles si rapidement ! Cette promenade promettait d’être salutaire. Après avoir descendu les nombreuses marches qui le séparait du plancher des vaches, il fit la rencontre d’une jeune femme, tout au plus le même âge que Taka, mais deux rubis beaucoup plus glaciaux que les yeux de l’Uchiha. La demoiselle au corps élancé et féminin arrêta l’étudiant d’un signe de la main. Sa voix, monocorde, semblait de la même nature que son regard creusé par de légers cernes.

[Azami] ‘Hey, p'tit ... T'es bien à l'Académie ?’
[Hayabusa] ‘Oui…C’est pour quoi ?’
[Azami] ‘Pour une mission d'ordre capital. Suis-moi.’

L’adolescent demeurait incrédule devant cette femme au demeurant assez effrayant. Son bandeau était fièrement dressé sur elle, comme pour montrer une certaine appartenance à un autre…ou tout simplement pour la tranquillité d’esprit. En tout état de cause, Hayabusa était presque statique devant autant de fermeté, comme si une chaine fantomatique retenait ses membres. Ce n’était pas du tout le même sentiment qu’inspirait la sensei de Taka. Non ! Elle…C’était plus de la crainte, une aura effrayante, une odeur de mort qui transpirait de la demoiselle aux cheveux auburn. Le jeune Toyome ne connaissait pas encore tout le quotidien d’un shinobi entrainé et accompli, et c’était sûrement ce qui l’empêchait de déduire tout ce qui émanait de l’inconnue.

Sans un mot, elle prit les devants, guidant le kirisien avec un pas mesuré. Celui-ci suivit la demoiselle sans trop savoir pourquoi…ni comment, d’ailleurs. D’où pouvait venir cette sensation étrange qu’il avait envers cette femme ? Si seulement il arrivait à mettre un mot là-dessus…Le bon côté des choses, c’était que Ying n’était plus le seul objet de ses pensées, ces dernières étant désormais occupées à comprendre et décrypter cette fébrilité qui l’animait depuis qu’il eut croisé le regard de la kunoichi. Lui d’habitude si enjoué avait bien du mal à sourire alors que le soleil s’était levé, dardant le ciel de rayons jaunâtres et orangés. Un groupe d’oiseau survolait le village caché de la feuille alors que les deux ninjas se frayaient un chemin dans la population déjà relativement active. Quelques cafés parsemaient l’air d’odeur de nourriture, tandis que les volets métalliques s’ouvrirent dans un raffut innommable. Finalement, leur chemin les amenait dans un endroit relativement fréquenté de la cité. Les effluves de chlore parvinrent au nez de l’étudiant. C’était parfaitement désagréable, à la limite de l’insoutenable…mais il s’y habituait, petit à petit.

Le colosse qui servait de chien de garde de l’établissement laissa entrer sans broncher les deux compères, lançant même une moue effrayée. C’était pour le moins bizarre, surtout venant d’un homme au corps si musclé. Il y avait beaucoup d’enfants, pour la plupart de moins de dix ans. Les gens venaient ici très souvent, probablement à cause de la fournaise éternelle qui régnait au pays du feu. Toujours aussi muette, la kunoichi fit un geste de la main, lui signifiant de rester dans les parages. Il tentait un sourire aimable comme il savait en faire. Charmeur, ce dernier ne reçut qu’une expression curieuse, qui semblait être à la fois signifier ‘arrête de m’afficher ce sourire béat, ça m’énerve’ et ‘…intéressant…’, du moins quelque chose comme ça. Hayabusa était proprement paumé, ce qui l’énervait plus que tout. Il perdait tout contrôle sur la situation, tout comme avec Ying, même si le contexte était véritablement aux antipodes. Le garçon cherchait dans la poche intérieure de la longue veste un briquet et une cigarette, qu’il alluma nerveusement. Qu’est-ce qu’il fichait là, d’abord…

Finalement, sa cigarette achevée, il jeta le mégot dans un endroit approprié. Il prit ensuite la direction d’un banc, sur lequel il s’asseyait, complètement sur l’expectative. L’avantage était que cette dose de nicotine avait calmé cette agitation intérieure. Il finissait même par engager la discussion avec une môme de douze ans. Elle disait s’appeler Eiko, et était venue avec ses parents. Elle lui confia même qu’elle avait tapé des pieds et des mains pour qu’ils l’amènent faire trempette. C’était amusant, et Hayabusa blaguait avec la petite avec une facilité déconcertante. La kunoichi eut choisi cet instant pour faire son apparition, affublée d’un maillot deux pièces qui épousait parfaitement ses formes féminines. A vrai dire, cela contrastait furieusement avec ses airs d’assassine. L’adolescent restait assis, un peu surpris par l’allure de la konohéenne.

[Azami] ‘La mission capitale confiée est de surveiller ces abrutis, pour éviter qu'ils se noient. Si jamais y'en a un seul qui y passe, t'es totalement responsable.’
[Hayabusa] ‘…’. Il n’en crut pas ses oreilles. C’était cela ? Juste cela ? Il crut défaillir. ‘Je rêve, là ! Et en quel honneur tu m’amène ici roulant des mécaniques ou je ne sais quoi ? Bon…Je suppose que je n’ai pas vraiment le choix. Très bien, je m’en occupe.’. Il pointa du doigt sa capuche. ‘Mais je garde ça sur moi, j’ai pas le choix.’

L’étudiant s’éloignait vers le bassin tout en marmonnant, ronchon comme jamais. La colère eut été plus forte que cette intimidation presque maladive qu’elle provoquait chez Hayabusa. Cela étant, son problème envers l’autorité demeurait plus fort que tout. Il allait probablement payer son manque de respect, mais après tout, c’était elle qui avait commencé en manquant cruellement de politesse. Il convient par ailleurs de noter que le kirisien était malgré tout content d’effectuer une mission au bord de l’eau, un domaine avec lequel il se sentait à l’aise. Le torse presque nu, avec pour seule couverture sa longue veste noire, il s’est mis à observer l’endroit, repérant tout lieu susceptible d’accueillir quelques accidents. Il souriait à tout le monde…pas de doute, la furie était plus que passagère !




oOo Thème musical oOo

Le savoir est la clef du pouvoir.
Le savoir est la clef du salut des Hommes.
Seul le savoir anéantira les ténèbres dans ce monde.

MessageSujet: Re: [Mission D] Surveillance à la piscine   Mar 6 Juil - 5:17

Cette nuit-là avait été calme. A l'exception de ces saletés de moustiques, vrombissant à vos oreilles, vous pompant votre sang, et qui se multipliaient au fur et à mesure que vous les tuiez. Une plaie qui a faillit me coûter un appartement, vu que j'étais à deux doigts de ... les envoyer tous en enfer, tous autant qu'ils sont. Après réflexion, j'ai passée la nuit avec la couverture sur la tête, à maudire ce fléau démoniaque sans qu'ils n'arrêtent de s'acharner sur ma pauvre peau ... A noter que je devais acheter de l'anti-moustique, pour demain. Ils paieraient donc tous leur insolence, et je ferai par ailleurs un bien joli génocide. Cela me consolait sur le moment, et je pouvais trouver le sommeil, après quelques longues minutes qui me parurent être une éternité. En ouvrant les yeux, je ne pouvais que me rendre compte que l'aube venait à peine de poindre.

Et que le sommeil me tenaillait encore, marquant sa présence par de fines cernes sous les yeux. Moi qui était arrivée à m'en débarrasser ... Je soupirais, lasse. Je me rattraperai un autre jour, après tout. Il y avait beaucoup de jours dans une semaine, et encore plus dans un mois entier. Passage sous la douche obligé, et coup de peigne attentionné pour discipliner mes boucles, je repartais de nouveau à ma chambre. J'enfilais dans un bâillement une paire de pantalons jetés sur le sol, boutonnais une chemise blanche à manche courte un peu froissée, enfilais ma cuirasse noire et sanglais les épaulettes, avant de me diriger vers la cuisine-salon de mon petit appartement somme toute confortable, et j'accomplissais ... Le rituel. C'est à dire que je me servais dans mon frigo une canette de soda parfumée à la cerise, je m'asseyais à table, feuilletant quelques rapports qu'on m'avait transmis, une fois finie la canette, je me servais une tasse de café grâce à la merveilleuse machine dont j'avais fait l'acquisition ... Et enfin, je fumais une clope à la fenêtre de l'appart', admirant la vue ... un peu minable, de la ruelle, du haut de mon deuxième étage.

Ces quelques moments sont les plus divins de ma journée. Mais aussi les plus ennuyeux, je sais toujours comment ils se déroulent. Mais ils me permettent de me recentrer face à l'incertitude quotidienne, de faire le point en quelque sorte. J'aime bien m'attarder dessus, sans pour autant y passer des heures. Mes obligations prévalent, Konoha prévaut. J'enfilais avec un soin particulier mes bottes et mes gants, accrocher mon bandeau au front, afin de me faire reconnaitre par tous et toutes comme shinobi, attrapais au passage un sac laissé à coté de l'entrée la veille, avant de finalement m'aventurer au dehors, avec un objectif bien précis, un objectif précis dont dépendait le reste de ma journée. Soit je l'accomplissais au plus vite, et la journée serait des plus agréables, soit il ne l'était pas ... Et ce serait plus fastidieux. Je ne m'en inquiétais pas tellement, je forcerai le destin.

Je descendais bien tranquillement les marches de l'immeuble, confiante, marches innombrables pourtant bien dénombrables me dirigeant inexorables vers le sol ferme, m'arrêtant dans la cour, un besoin irrépressible guidant ma main dans la poche de mon pantalon, et en retirant briquet et paquet de cigarettes. Clope achevée et écrasée, je me permettais enfin d'y aller ... Avant qu'un gamin ne sorte en trombe des escaliers, d'où je venais moi même. Visage caché sous une capuche, habillé légèrement, une infime fragrance se laissait sentir, en sa présence ... Pas plus de seize ans à vue d'œil. Un signe du destin ?

Ma voix résonna, quelque peu monocorde, la fatigue transperçant à travers.


- Hey, p'tit ... T'es bien à l'Académie ?
- Oui…C’est pour quoi ?
- Pour une mission d'ordre capital. Suis-moi.

Je lui fis signe de suivre, prenant les devants, me permettant d'esquisser rien qu'un petit sourire, des plus discrets. Il ne pouvait pas tomber mieux.

oO~*~Oo

- La mission capitale confiée est de surveiller ces abrutis, pour éviter qu'ils se noient. Si jamais y'en a un seul qui y passe, t'es totalement responsable.

C'est dans un magnifique maillot de bain deux pièces, d'une discrète couleur noire, que j'annonçais à mon "coéquipier du jour", la raison si particulière de notre présence ici, auprès de ces étendues d'eau bondées, puantes, et sûrement sales vu le nombre de morveux présents. On ne pouvait savoir quelles déjections ils auraient osé répandre là dedans ... Et moi, je devrais y mettre les pieds, voir mon corps entier ? Pourquoi le ferai-je, quelqu'un d'autre s'en occuperait à ma place ! Les joies de la délégation !

- Je rêve, là ! Et en quel honneur tu m’amène ici roulant des mécaniques ou je ne sais quoi ? Bon…Je suppose que je n’ai pas vraiment le choix. Très bien, je m’en occupe. Mais je garde ça sur moi, j’ai pas le choix. Dit-il, sur un ton furibond que les enfants savent si bien employé (ou pas), en pointant sa capuche du doigt.

J'hésitais à le lui arracher, après tout, sa réaction aurait peut-être un quelque chose d'amusant. Néanmoins, je réprimais cette envie, alors que j'observais comment il s'éloignait à grandes enjambées. Au moins, il n'était pas du genre capricieux, ni de celui fortes tête. Il n'avait opposé qu'une simple résistance avant de se plier à mes ordres, ce qui me plaisait. Un simple étudiant, ou genin (je ne mettais même pas préoccuper de me renseigner au sujet de son grade) doit obéissance à son supérieur, c'est naturel. Et un grain de rébellion n'était pas pour me déplaire, non plus. Je haussais les épaules, avant de me tourner vers les chaises longues ... Session de bronzage en perspective !
Enduite de crème solaire, allongée sur le dos, musique à fond dans mes écouteurs, je profitais de la rayonnante journée de repos. Aucun incident à l'horizon, cela promettait d'être calme ... Juste être là, à profiter de la chaleur de l'Astre Mère, de ses doux rayons apaisants, de cette luminosité embellissant toutes les choses, leur laissant une brillance si vivante ...

Enivrée par tout cela, la kunoichi ne prit garde au chaton qui s'approchait dangereusement du bord de la piscine ... Et qui finit par y plonger tête la première, bousculé par des enfants en folie.

Mais, après tout, quelle importance aurait une misérable bestiole geignarde à ses yeux ?





Spoiler:
 


~ Je veux entendre ce monde hurler de douleur à en devenir sourde ~

~*o Azami's song o*~

MessageSujet: Re: [Mission D] Surveillance à la piscine   Mar 6 Juil - 20:46

Tout se passait plutôt bien globalement jusque là. Plusieurs heures passèrent sans le moindre incident en vue. En fait, le problème venait surtout de cette chaleur accablante, mêlée aux vapeurs de chlore et autres produits industriels disséminés un peu partout dans l’eau, qui accablait notre protagoniste. Avoir une capuche noire n’arrangeait en rien les choses, même si Hayabusa était vêtu léger. Quelques gouttes de sueurs finirent par couler le long du visage et du corps de l’étudiant, ce dernier suffoquant presque. Il était probable qu’il enviait la femme au corps de rêve en maillot noir. Celle-ci profitait de son inactivité pour lézarder au soleil, ayant même créé son petit cocon. Musique dans les oreilles, lait protecteur, allongée sur un long transat dans une posture plus ou moins lascive, il semblait évident qu’elle n’était aucunement dérangée par ce brouhaha perpétuel. Elle recueillait le moindre photon afin de récupérer un peu de couleur. Oui, la demoiselle était pâle, beaucoup trop pour que cela soit naturel. Observant tantôt la piscine, tantôt les enfants qui gambadaient joyeusement autour, tantôt cette mystérieuse créature, il eut rapidement noté ce détail troublant, échafaudant théorie sur théorie, la plus plausible étant qu’elle eut passé trop de temps enfermée dans une pièce peu lumineuse.

Se faisant, le gracieux Toyome ne fit pas attention à un chat qui s’approchait dangereusement du rebord du bassin. Le félin glissa, tombant dans l’eau tiédie par l’étoile du jour. Il ne fallut que quelques millièmes de seconde pour que l’étudiant ne repère l’anomalie. L’animal paniquait, battant désespérément des pattes pour échapper à la noyade, sans pour autant réussir. De plus, les enfants batifolant dans le liquide clair ne calmaient en rien son état de panique devenu critique. Tandis qu’il s’essoufflait irrémédiablement et s’étouffait avec le fluide, le maitre nageur improvisé agita ses mains avec une agilité toute particulière. Illusion ou réalité, Hayabusa créait un cylindre aqueux qui remonta le mammifère au niveau de l’aspirant. On jurerait qu’il s’agissait un mécanisme semblable à une fontaine, mais il n’en était rien. Les gamins barbotant dans l’eau étaient fasciné par le tour de force déployé, certains croyant à un tour de magie, d’autres se demandant si ce dispositif énigmatique allait à nouveau se mettre en marche. Après quoi, le kirisien vint récupérer un chat apeuré, haletant et crachant le liquide qu’il absorba lorsqu’il se débattait en vain. Ses bras vinrent envelopper le fauve dans une douceur infinie, lui caressant le long de la colonne. Il lui murmura des mots d’apaisement, avant de le déposer à terre, sous les regards interdits des marmots.

Ce petit numéro avait eut au moins le mérite d’attiser la curiosité des enfants vis-à-vis du ‘monsieur à capuche’. Il souriait toujours autant, à tout le monde, sans exception. Rien ne semblait le perturber dans ses allés et venus, sauf peut-être cette femme qui ne l’aidait absolument pas. De temps à autre, Hayabusa lui envoyait un regard furieusement teinté d’envie, sans avoir de réponse de sa part. L’indifférence qu’il recevait était pour le moins frustrant, mais heureusement, il y avait toujours des mômes pour lui remonter le moral et lui adresser cette attention dont il se sentait affreusement dépourvue. Ces descendants étaient fascinés par le charisme que dégageait le kirisien. Et puis, il semblait avoir réponse à tout. Certains venaient pour poser des questions comme ‘Comment t’as fait pour sortir le chat sans te mouiller ?’, ou encore ‘Pourquoi le ciel est bleu ?’, ‘C’est quoi, cette odeur ?’, ou encore ‘Pourquoi je suis rouge et pas lui ?’. Intéressons-nous plus en détail sur le cas d’une fille d’une dizaine d’année environ. Courts cheveux blond, petite et un peu ronde, ses yeux brulaient d’un éclat similaire à ceux de l’adolescent. Vêtue d’un maillot rouge une pièce décoré de quelques froufrous, elle se dirigeait vers le futur shinobi, un peu hésitante. A seulement quelques mètres de la mystérieuse dame en maillot noir, notre ami aux pupilles en amande observait soigneusement la foule, jusqu’à ce que la gamine tira sur la manche de sa longue veste. Ayant obtenue son attention, elle questionnait le bonhomme souriant.

[Fille] ‘Dis ! C’est pourquoi que tu portes une capuche ? T’as pas chaud ?’
[Hayabusa] ‘Si, horriblement !’

Il riait devant autant de naïveté. Il était vrai que l’interrogation n’était pas dénuée de logique. Tandis que la petite regardait avec étonnement son interlocuteur s’esclaffer joyeusement, ce dernier se posa un genou sur le carrelage de la piscine afin de se mettre à sa hauteur.

[Hayabusa] ‘Je peux pas l’enlever.’
[Fille] ‘Comment ça ?’. La môme prit un air encore plus étonné qu’il y a quelques instants, avant d’ouvrir grand les yeux, persuadée d’avoir trouvée la raison. ‘Aaaaah ! J’ai compris ! Tes parents ne veulent pas, c’est ça ?’

Le magnifique Toyome arbora un large sourire brillant. Puis, il lui passa la main dans sa chevelure dorée, la décoiffant au passage. C’était un geste plein d’affection, mais aussi plein de malice. Il venait d’avoir eu une idée susceptible de recevoir quelque attention vis-à-vis de la teigneuse de vingt ans aux cernes légèrement creusées.

[Hayabusa] ‘T’as tout compris. C’est quoi ton nom ?’
[Chiyoe] ‘Chiyoe !’, avoua-t-elle dans un sourire enfantin.
[Hayabusa] ‘Je vais t’avouer un secret, Chiyoe.’

Ses yeux se mirent à luire de mille feux, séduite à l’idée qu’un aussi gentil garçon s’intéresse à elle. Et puis il était fort, joli. En somme, il ressemblait au frère de ses rêves, celui que Chiyoe n’avait pas eu pour des raisons qu’elle ne soupçonnait pas encore.

[Hayabusa] ‘En fait, ma maman, c’est la fille juste là, tu vois ?’. Il pointa du doigt celle qui l’amena en ces lieux. ‘Tu le vois pas, mais elle est toute ridée, avec des pustules partout. Tu les vois pas parce qu’elle les cachent. Mais le pire…’

Hayabusa prit un ton faussement grave, alors que la jeune enfant ouvrait grand ses mirettes, dessinant un ‘O’ avec sa bouche sous le coup de la surprise. Chiyoe voualit voir de plus près si ce corps pourtant parfait de prime abord était aussi horrible en fin de compte. Mais elle fut retenue par la main de l’adolescent posée délicatement sur son épaule.

[Hayabusa] ‘…c’est que c’est une sorcière. Une vraie de vrai. Mais moi je suis un gentil magicien.’
[Chiyoe] ‘Oooooooooh ! Je le savais !’
[Hayabusa] ‘Il faut pas que tu t’approche d’elle, sinon tu vas te faire dévorer. Elle aime manger les petits enfants de ton âge. C’est pour ça que je suis là, c’est pour vous protéger d’elle.’

Cette histoire abracadabrantesque fonctionnait pourtant très bien sur l’imaginaire de la petite Chiyoe. Elle prit un air sévère et secoua la tête de haut en bas, sous le sourire malicieux de l’adolescent. Elle voulait être forte, comme lui. Bon ! Il n’était pas si fort que cela, mais son emprise sur les jeunes esprits était renversante. Il n’avait pas encore rencontré tous les gamins qui barbotaient dans cette espèce de mare, mais il était certain que ces futurs citoyens de Konoha adoraient le nouveau maitre nageur. En attendant, elle reçut une légère tape de la part du kirisien au niveau de l’épaule, ainsi qu’un clin d’œil complice qu’elle ne put voir. Après quoi, elle s’en alla, courant vers ses amis. Au passage, il convient de noter qu’elle tira la langue à la femme aux deux grenats, et qu’elle hurla à s’en époumoner ‘Z’êtes méchante, sale sorcière !’.

Cela ne manqua pas de faire rigoler plus encore notre ami à l’imagination délirante. Au vu de son courage, c’était une future kunoichi, il ne faisait aucun doute. Encore fallait-il qu’elle ait les capacités, mais en tout état de cause, elle ne manquait pas de cran. Hayabusa recula de trois pas, lentement, toussotant encore de rire. Puis, fixant toujours la piscine, il glissa à la femme avec une voix chaude, musicale, et surtout mutine.

[Hayabusa] ‘C’est fou ce que c’est marrant, les enfants. Quelle imagination fertile…’

Avait-elle seulement fait attentions aux remarques de la petite Chiyoe, et à celles de l’étudiant ? Il ne savait pas vraiment. A vrai dire, il était encore fasciné et amusé par l’audace de cette fille qui courrait à toute allure vers un groupe d’enfants.




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MessageSujet: Re: [Mission D] Surveillance à la piscine   Jeu 8 Juil - 5:38

Certaines caresses sont plus douces que la plus infime des soieries, d'autres rêches comme la pierre la plus granuleuse, d'autres encore s'oublient juste en y repensant, alors que les dernières restent à jamais gravées sur notre peau, immuables à l'érosion du temps. La brise qui s'éleva ramena à la surface quelques relents de souvenirs, des images éparses, des séries de mots déliées, des couleurs s'enchaînant trop rapidement pour que je puisse les discerner, à travers mes paupières closes.

Le soleil dardait sauvagement ses rayons orangés, jaunâtres et rougeâtres, alors que la Senjago bronzait, captivant autant de lumière qu'elle le pouvait, afin de redonner à sa beau sa douce couleur bronzée habituelle. Ces plusieurs mois enfermées à l'hôpital avaient été horribles pour ma teinte. Pas que l'albâtre me dérange, loin de là. Juste que je trouvais qu'il était hors de propos en ma personne ... Qu'il ne me reflétait pas telle que je devrais l'être, fière représentante du feu et des cendres. C'était sûrement cela, oui. Je ne m'en préoccupais pas plus, revenant plutôt à une image arrêtée lors de mes rêveries. Une image qui trônait dans mon salon, d'ailleurs. Une image de quatre shinobis aux masques d'animaux, fiers.

En fouillant un peu plus dans le trou béant que représentait ma mémoire, j'arrivais à sortir un contexte, des voix, un son ambiant, et même un passé, un présent, et un futur à cette scène.

On revenait de chasse ce jour-là, une chasse très profitable. On avait éliminé un déserteur pas très dangereux, avec toute sa clique. Un abruti, dont je n'avais jamais connu le nom, et dont je ne soupçonnais même pas l'existence jusqu'avant. Le genre de type qu'on oublie à peine on le croise, comme en témoigne le flou alors que j'essaye de remettre un visage sur cette loque. Bref, même le bruit des gros et puissants coups de hache qui s'écrasaient contre la lame d'Hisoka avaient plus de consistance, c'était un espèce de bucheron. *tchomp tchomp* le bruit de la hache qui s'abat sur le tronc d'arbre. *tchomp* tout court, alors qu'elle rate sa cible, et vient se loger au sol, et qu'impuissant il essaye de la dégager. *tchap* pour le bruit qu'a fait la lame quand elle a tranchée la chair molle du cou. Et quel cou, d'ailleurs ! Hisoka avait dû s'y remettre à deux fois avant de séparer définitivement la tête du reste du corps !

Moi, je ne faisais que regarder, impassible. On s'était tous mis d'un commun accord que le premier qui le trouverait s'en occuperait. Et manque de chose, c'était Hisoka qui avait incombé de la tâche de le réduire de quelques centimètres. Il nous avait même avoué qu'il aurait préféré qu'on s'en occupe, que ce combat ne lui avait apporté le plaisir qu'il en escomptait. Que ça avait été décevant, en somme. Hisoka prenait clairement du plaisir à affronter, oui. Une poussée d'adrénaline exquise, m'a-t-il révélé un jour, alors que j'étais entre ses bras, et que j'étais perplexe. Quelque chose que je n'ai jamais compris, cette excitation. La mort n'a rien de drôle, ni de rien de jouissif. Je lui avais fait remarqué, dans des petites protestations, avant qu'il ne les interrompent derechef, de la façon qu'il connaissait si bien : Ses lèvres sur les miennes, me caressant langoureusement, son souffle enivrant me faisant palpiter.

Une caresse à jamais gravée sur ma peau ...

Mais à un moment, on doit se réveiller, comme me le rappelle aimablement une voix geignarde étouffée par le son de mes écouteurs. Avec une certaine frustration, je me retournais pour dévisager l'agresseur, qui repartait déjà rejoindre son groupe d'amis. Une morveuse à peine âgée de dix ans, aux boucles blondes. Je n'avais strictement rien compris à ce qu'elle avait dit, et j'en savais tout autant sur ses intentions. Tout ce qui était sur, c'est qu'elle était partie.

La chanson s'acheva sur un magnifique solo de violon, avant de finalement s'éteindre dans mon oreille, me laissant en proie à tous les sens ambiants. A savoir éclaboussures d'eau, cris enthousiastes de morveux, discussions ambiantes ... Même, je ressentais avec plus d'intensité cette atroce odeur de chlore. Surprenant à quel point une paire d'écouteurs pouvaient vous couper aussi bien de la réalité. Surprenant et inquiétant, ça n'aurait pas pardonné en mission. Mais elle n'était pas en mission, après tout. Elle retira l'appareil de ses oreilles, les massant quelque peu, bidouillant l'appareil afin qu'il rembobine. C'est alors que, le jeune étudiant que j'avais enrôlé décida d'intervenir. Avec un grand sourire, ce genre de sourire que les gamins affichent quand ils sont fiers d'eux, et avec une voix qui allait de paire, il dit :


- C’est fou ce que c’est marrant, les enfants. Quelle imagination fertile…

Marrants, on pouvait dire ça. Aussi hilarants qu'un charbon ardent vous glissant dans le dos ou qu'un insecte au goût amer qui vous mord la langue, car l'aillant confondu avec un pop-corn. Je ne relevais pas, préférant l'ignorer et me consacrer à mon appareil. Une certaine satisfaction éclaira faiblement mon visage alors que j'entendais les cassettes faire un petit clic, qui signifiait qu'elle s'était rembobinée. Je m'apprêtais à installer les deux écouteurs confortables sur mes oreilles, qu'enfin ... Un nouveau clic résonna, dans mon esprit cette fois. La morveuse, le gamin. Ces bruits étouffés de porc qu'on noie et sa réplique mutine. Le lien se faisait automatiquement. Et je me vexais, juste un peu.

Je ne pouvais pas laisser cela impuni. C'est pour cela que je me levais donc, en posant avec délicatesse l'appareil audio sur la chaise, et que je décidais de le dominer de ma ... taille ? Si telle avait été le but, il était raté quoi que je puisse y faire. Je le vais la tête, dardant mon regard sur le sien, avant que, furtivement ... Je le pousse à l'eau. Oui, tout simplement, sans aucun commentaire. Je me contentais juste de faire pression sur son torse, et le balançais joyeusement (ou pas) sur l'étendue aqueuse. Je ne manquais pas d'être éclaboussée, une première fois, lors de sa chute, ce qui me fit secouer la tête, pour me débarrasser des gouttelettes sur mes boucles. Effort réduit à néant, alors que le gamin me balançait de l'eau sur le visage, ce qui m'arracha un regard désapprobateur. Teinté de surprise.

Sous sa capuche, qui s'était retirée de son visage ... Que voyais-je ? Des yeux en amande, mais pas comme ceux de Mianzo. Plutôt comme celles d'un chat, avec la pupille bien verticale. Des yeux bien intrigants, fascinants. Mais sa voix me retira de mes contemplations.


- Mais t'as encaissé une insolation ou quoi ?

- Mais t'as des yeux de démon ou quoi ? Répliquais-je, avec la première chose qui me passait par l'esprit. Une chose bien entendue blessante.
[i]
Il me jeta un regard fatigué, alors qu'il soupirait, tournait les talons et marmonnait un "Typique". J'avais toujours eu un don pour trouver le sobriquet qu'il fallait, humiliant et blessant. J'observais comment il s'éloignait, sans pour autant me déranger à la rattraper. Je n'y avais aucun intérêt.

J'installais mon appareil audio sur mes oreilles, une nouvelle fois, m'allongeant à nouveau sur la chaise-longue, et je décidais d'ignorer les dernières minutes. Cette journée était magnifique, rien ne la gâcherait.

La musique résonna puissante, m'isolant du reste du monde.




Spoiler:
 


~ Je veux entendre ce monde hurler de douleur à en devenir sourde ~

~*o Azami's song o*~

MessageSujet: Re: [Mission D] Surveillance à la piscine   Ven 9 Juil - 0:57

[Hayabusa] ‘Typique…’, marmonnait-il.

Oui, c’était typique des réactions suscitées par la vue de ces yeux aux pupilles en amande, aussi charmeurs soient-ils. C’était compréhensible, mais à vrai dire, il eut espéré autre chose de la part de cette femme enveloppée d’une aura mystérieuse. Après tout, depuis quelques temps, les personnes qui eurent vu cette tare ne firent en rien ce genre de remarque blessante, du même genre qu’il entendait était plus jeune. C’était tellement facile de parler sans savoir…Ses pas l’éloignèrent de la belle au caractère ardant, à la fois déçu et en colère, deux choses qu’il chercha à cacher derrière une capuche remise à sa place et un sourire forcé. Rien ne devait transparaitre, pas devant autant d’enfant. D’ailleurs, tant que sa tâche n’était pas achevée, il ne devait pas se laisser envahir par quelques sentiments. Stoïque, droit et fier, son menton était redressé, comme pour montrer que rien ne s’était passé.

Cela s’était passé ainsi. La demoiselle vêtue de noir avait très certainement compris quelle sorte de tour Hayabusa lui avait joué, derrière son dos, avec cette Chiyoe. Et dans un élan de vexation, elle se mit sur ses longues jambes afin de défier du regard l’étudiant, déposant son appareil électronique sur le transat. Ses yeux se levèrent vers ceux de notre ami encapuchonné, un peu coite de se rendre compte que le garçon était légèrement plus grand qu’elle. Néanmoins, cela ne l’empêcha pas d’apposer ses doigts courts et fins sur le torse de notre protagoniste. Le contact était fugace, mais retirait pourtant un frémissement de la part d’un adolescent qui ne connaissait pas grand-chose aux contacts féminins. Finalement, égale à elle-même, dans une expression austère et parfaitement silencieuse, elle appuya sur les deux points de jonctions situées sur les pectoraux, pour pousser son vis-à-vis dans l’eau tiède de la piscine. Dans la chute, l’étoffe quitta la chevelure du kirisien. S’aidant de ses deux bras, chaque muscle du haut de son corps travaillant dans une symphonie visuelle parfaite, le délicieux Toyome sortit du bain sans pour autant s’apercevoir que ses deux joyaux d’ambre étaient visibles de tous. Il s’approcha alors de la taquine, encore humide de son voyage au cœur du bassin. De nombreuses gouttes d’eau perlaient le long du thorax et du visage du bonhomme, qui secouait la tête comme pour s’ébrouer. En temps normal, l’étudiant aurait rigolé d’une action comme celle-là. Mais là, il n’eut pas l’air jovial du tout en se retrouvant devant la mégère. Ce qui le dérangeait le plus, c’était qu’il y avait trop de monde en ces lieux, des personnes qui ne connaissaient rien sa caractéristique. Il était malvenu de causer du grabuge, les Hommes étaient si prévisibles…Ainsi, c’était dans un esprit plutôt maussade qu’il s’adressa à la moukère aux rubis hostiles, lui tenant un langage pas forcément approprié, mais ses mots dépassèrent ses pensées. Encore une fois, il s’était laissé surprendre par ses sentiments, comme avec Ying. Pour simple réponse, il récolta la tempête, une remarque déplacée sur la forme de ses pupilles. Pire encore, elle les qualifiait explicitement de démoniaque dans une question qu’il prit pour rhétorique. En fait, il n’en était pas tout à faire certain, mais les flammes de sa rage érodaient tout esprit calculateur. Pas question de s’emporter extérieurement, il fuyait tout combat. Il était hors de question de montrer le mauvais exemple devant des enfants, et encore moins dans ce qui apparaissait être une mission. Vous connaissez la suite…

Encore une fois, la joie apparente des marmots étaient une source de réconfort pour notre ami kirisien. Leur candeur procurait en soi un profond attachement vis-à-vis de ces créatures. Eux représentaient l’avenir de toute une nation, ceux par qui le pays vivrait…Il y avait là l’expression d’une boucle qui se refermait pour Hayabusa, et c’était peut-être aussi pour cela qu’il adorait les côtoyer. Séchant rapidement grâce à un astre agressif, il retourna à sa surveillance en fixant scrupuleusement tous les alentours. Les plongeons se succédaient aussi divers que variés dans un raffut presque mélodieux, tandis qu’un gamin vint héler notre protagoniste. Sa voix était stridente malgré les tons masculins qui en émanait. Il courrait très vite, manquant même se tomber à la renverse en glissant sur les dalles humides.

[Garçon] ‘Monsieur ! Monsieur !’

Son souffle était court alors qu’il s’arrêtait à quelques centimètres de l’adolescent. Le dos courbé, il poussait de longs halètements, pour finalement regarder le futur shinobi avec ses yeux tristes. Ils étaient d’un bleu profond, tandis que sa petite taille contrastait grandement avec sa stature, pour le moins opulente. Ce dernier semblait chagriné par quelque chose, chose qu’il confirma de suite, après avoir attiré l’attention du kirisien.

[Garçon] ‘Dites ! Vous savez nager, hein ? Vous pouvez m’apprendre ? Les copains, ben ils se moquent de moi tout le temps parce que je sais pas nager…’. L’ébauche d’une larme naquit au coin de l’œil du petit d’homme, dans une attitude qui laissait transpirer un cruel manque de confiance. ‘…alors peut-être que j’apprends, ils se moqueront plus de moi ! Allez ! Dites oui !’

Ses doigts froissaient nerveusement les pans de son short, tandis que sa tête demeurait terriblement basse. Cette histoire touchait profondément notre ami, qui posa un genou sur le sol, avant de poser affectueusement une main dans la chevelure du petit, un large sourire naissant. Il ne pouvait pas quitter sa capuche…encore que ! Il se releva rapidement, auscultant les environs d’un œil vivace et entrainé. Son regard se focalisa tout naturellement vers une adolescente plutôt mignonne qui profitait des lueurs de midi pour se faire une peau bronzée au possible. D’un pas assuré, il se dirigea vers la ravissante créature, usant de son charme naturel et de son talent à la discussion pour subtiliser l’accessoire convoité : Une paire de lunette noire. La mission accomplie, il retira la longue veste noire qui lui couvrait le torse et grâce à laquelle la capuche tenait. Hayabusa n’était en rien un colosse, une montagne de muscle de la trempe de certains taijutsuistes, mais il possédait un corps d’une finesse de toute beauté. Il conservait une suavité que beaucoup jalouseraient et que d’autres envieraient. Un corps sain dans un esprit sain, ne cessait de répéter le paternel…Pour le coup, on pouvait deviner que l’adolescent entretenait son corps ! Toujours était-il que notre ami retourna vers le gamin haut comme trois pommes, tout en retirant son pantalon, laissant aux yeux de tous un shorty noir qui épousait toutes ses formes, comme une seconde peau.

[Hayabusa] ‘Le secret, c’est de toujours avoir confiance en soi-même, sinon, tu coule. Je vais te montrer…’

D’un geste agile, il retira les lunettes noires qui étaient posées sur son nez, fermant presque immédiatement les yeux. Il les donna à son élève d’un jour, puis, il plongea dans l’eau tiède avec une grâce toute féline. Il sortit la tête du liquide translucide en balançant sa tête de droite à gauche pour éjecter le surplus aqueux. Après quoi, faisant une ou deux longueurs en brasse, puis en crawl, il retourna sur le rebord de la piscine, au niveau de l’enfant encore ahuri par autant d’adresse. La synchronisation entre battement de jambes, oscillation des bras et respiration était tout simplement superbe. La vie passé dans un bateau servait bien à quelque chose, après tout…Les bras d’Hayabusa reposaient sur la rigole, encore palpitant de l’exercice, tandis que ce dernier réclamait les lunettes laissées. Il les remit en position, avant de s’exprimer à nouveau.

[Hayabusa] ‘N’aie pas peur, viens. Je te tiens.’. Le gamin eut une moue dubitative, avant de se laisser faire. Il tomba lourdement dans l’eau, tandis que l’étudiant l’aidait à flotter. ‘N’essaie pas encore de m’imiter. Pour le moment, essaie juste de rester à la surface. Le reste viendra avec le temps…’

Il lâcha le garçon, le laissant tout seul en proie aux eaux calmes de la piscine. Le gamin tenait péniblement sa ligne de flottaison, pour finalement et après cinq bonnes minutes de travail parvenir à surnager minablement…mais il surnageait ! Hayabusa n’était pas étranger à cette performance, lui qui n’avait qu’à agiter ses doigts en faisant des taos et à resserrer les molécules d’hydrogène et d’oxygène les unes les autres. Discret, mais terriblement efficace. Et tandis que l’enfant souriait en ondoyant, le félin Toyome eut une idée. Il en voulait toujours à cette créature au maillot noir et au casque dans les oreilles. Pourquoi ne pas lui jouer un tour dont lui seul avait le secret ?

D’un mouvement de main, il demanda au garçon de se reposer, tandis que l’adolescent aux lunettes noires sortait du bain. Son shorty lui moulait parfaitement et sensuellement son corps, alors que ses abdominaux légèrement mais suffisamment creusé travaillaient joyeusement. Puis, il exécuta une série de signe lourde de conséquences. Une plaque aqueuse vint se former au dessus de sa tête, sous les yeux ébahis de la population venue se baigner. Ce pavé liquide était en suspension dans l’air chaud et écrasant de Konoha. Hayabusa fit en sorte de le mouvoir en direction de la demoiselle. Après quoi, l’objet arrivant juste au-dessus de son visage…et plouf !




oOo Thème musical oOo

Le savoir est la clef du pouvoir.
Le savoir est la clef du salut des Hommes.
Seul le savoir anéantira les ténèbres dans ce monde.

MessageSujet: Re: [Mission D] Surveillance à la piscine   Dim 18 Juil - 17:08

Je sens ...

Quelque chose d'ardent, brûlant, caressant ma peau à l'en dévorer. Une sensation désagréable dont je ne fais pourtant rien pour me défaire. Le sentiment qu'une langue de feu lèche mon corps ... J'ai bien l'impression que je souffre, dévorée par une bête mythologique, sujette aux sucs gastriques.

Ou que j'ai pris un coup de soleil, c'est possible aussi. Je me retournais avec une lassitude palpable sur mon transat, me faisant au passage aveuglée par le rayonnement solaire. Une pointe d'agacement vint palper mon esprit, alors que je me redressais tant bien que mal. L'envie d'un massage fut irrépressible. Tout comme celle de se procurer une paire de lunettes de soleil, celle-ci même sur laquelle j'avais posée l'œil avant-hier. Je chassais rapidement les deux pulsions, bien tenaces, et posais un pied sur les dalles du sol. A défaut d'un massage ou de lunettes, je pouvais au moins profiter d'une glace désaltérante.

C'était froid et glacé. Tout ce qu'il était possible de chercher chez une glace digne de ce nom, se trouvait actuellement fourré dans ma bouche, qui profitait d'un agréable parfum à la vanille. Je n'avais daignée adresser la parole qu'au marchand, ne retirant même pas l'appareil audio de mes oreilles, me contentant de lui dire ce que je souhaitais et de le payer, bref, j'avais expédié tout ça très vite, et il devait sûrement être heureux que je m'attarde aussi peu. Un client qui vous raconte sa vie n'a rien d'intéressant, passionnant, ou autre chose de ce genre là. Pourtant ces déchets se sentent obligés à vous partager leur inintéressant quotidien.

Pas lent, posture droite comme une rapière pointant vers le ciel, je revenais à ma place d'origine sans pensée particulière à l'esprit, avant qu'un quelque chose d'humide vienne m'éclabousser l'arrière du cou, laissant un long frisson s'exprimer sur mon échine. Du sang. Ou de l'eau, vu qu'on était quand même dans une piscine, aux dernière nouvelles.
Je me retournais lentement, pour fixer d'un regard neutre "l'agresseur", qui se révéla être une jeune fille rousse, âgée de sept ans tout au plus, à la bouille joyeuse et si irritante que possède toutes les filles normales de leur âge, pointa son petit pistolet en plastique, me jetant une gerbe d'eau au visage, avant de s'écrier :


- T'es morte ! Lisais-je sur ses lèvres, alors que je passais ma main sur le visage, essuyant les gouttelettes perlant sur les joues.

Je restais interdite, un moment.
Les voix dans ma tête me disaient de l'égorger sur place. Mais ce ne serait pas une excuse valable devant un tribunal. Je me contentais donc de m'accroupir, et d'être mon visage à hauteur du sien, toujours aussi joyeux. Glace toujours fourrée à l'intérieur de ma bouche, je la dévisageais, toujours neutre. Si il y a bien quelque chose que je déteste dans ce monde, c'est les gosses. Parce qu'ils représentent en fait tout ce que je méprise chez l'Humanité. Enfin, je crois. Sinon, c'est peut-être parce qu'ils sont chiants, collants, et stupides. La musique violente au possible, dans mes oreilles, ne m'aidait pas à garder le sang-froid. Et pourtant, j'y arrivais. Je retirais ma glace de la bouche.
Et je lui foutais une pichenette au front, en répondant, traînante.


- T'es morte.

- Même pas vrai ! Répliqua-t-elle, alors qu'elle me tirait la langue bruyamment, et que de la même façon qu'elle était arrivée, elle reparte brusquement, dans un grand éclat de rire.

Je hais les gosses. Mais vraiment.

Ce qui ne m'empêcha pas de l'oublier aussitôt allongée à ma place d'origine, un soupir d'aise résonnant discrètement, les yeux clos. Nous étions bientôt en fin d'après-midi, et rien ne gâcherait ma journée. Mais j'avais déjà eu cette réflexion plus tôt dans la journée. Et, à part un ou deux détails, ça s'était réalisé dans la quiétude. Non, vraiment, je pense qu'à l'avenir je ferai ça. Oui, je n'arrêterai pas de répéter ce que je souhaite, vu qu'en y pensant fort, ça se réalise.

Et tout cela se noya dans un flot de pensées. Et dans les flots tout court, qui me trempèrent, me faisant écarquiller les yeux de surprise. Agressée, pensais-je tout d'abord. Puis, finalement, le bon sens reprit le dessus : Qui serait assez con pour mettre le bordel dans une piscine publique ?
Je me redressais vivement, aux aguets, balayant les alentours d'un regard acéré tel l'aigle, tel l'acier rutilant, tel une fourchette piquant dans un gâteau sablé. Et mon regard croisa celui de l'être humain aux yeux de bête. Une bête qui riait, à s'en fendre la mâchoire. La comparaison me parut étrange sur le moment, me demandant à quel point une bête sauvage paraîtrait amicale un sourire sur les lèvres.

Puis, quelques secondes après, comme si l'espace d'un instant le temps s'était arrêté, j'avisais d'un crépitement désagréable dans mes oreilles. Mon appareil audio avait rendu l'âme. Et une bouffée de colère m'envahit toute entière, alors que je me levais, et me dirigeais d'un pas furieux vers le démon à forme humaine, avant de poser mon doigt sur son torse.


- Ca te faire rire, hein, sale gosse ? Mes yeux palpitant d'une lueur assassine.

- Autant que le fait d'être la réincarnation d'un démon. Se contenta-t-il de répondre, un sourire sur les lèvres.

Mes mains se joignirent sur son torse, et exercèrent la même pression qui l'avait envoyé tout à l'heure dans les flots aux senteurs de chlore. Sauf que cette fois, une autre pression, exercée celle-ci sur mon poignet, me les fit rejoindre à mon tour. L'eau était mouillée, notais-je sarcastiquement. Et l'eau me rentrait par les narines, la bouche, les oreilles, à tel point que je la recrachais, à moitié étouffée, désagréable goût de chlore m'irritant le palais.

Si je le noyais, ça pourrait presque passer pour un accident. Un rictus déforma mon visage, l'espace d'un instant, révélant des dents un peu trop blanches.


Je finissais de boutonner ma chemise blanche, avec mes doigts désagréablement fripés tels des raisins secs, dû à un contact bien trop prolongé avec les eaux, qu'une pensée me rappela que je n'étais guère seule en fait, que le môme que j'avais trainée avec moi était toujours là, avec sa capuche lui voilant ses yeux peu communs.

- Dis ... C'quoi ton nom déjà ? Demandais-je, sur un ton traînant.

- Tu ne me l'as pas demandé ... C'est Hayabusa.

- Hayabusa tout court ?

- Hayabusa Toyome.

- J'm'en souviendrai, chaton.

Je notais mentalement le nom, avant que sa voix ne s'élève à nouveau, me reprochant mon surnom bien amical, bien plus qu'il ne le méritait. Je me contentais de hausser les épaules, avant de le congédier d'un geste de la main, me permettant un bâillement.

- Ouais, ouais. Mission terminée. A plus tard, on se revoit ... bah plus tard, comme dit.

Et je disparaissais de mon coté, à la faveur de la soirée.

oO~*~Oo

- Un excellent modèle, mademoiselle, croyez moi ... Une qualité de son unique, une batterie longue durée ... Ce qu'il y a de meilleur, sur le marché !

Le ton du marchant ne me plaisait pas, c'était un fait. Je n'aimais pas les marchands tout court, cela dit. Ils ne cherchent que leur profit, quitte à léser leurs interlocuteur. Des personnes cupides et opportunistes, tous autant qu'ils sont, des êtres pas mal méprisables, des gens comme celui que j'avais en face de moi, avec les dents pourries. Mais il est vrai que le petit appareil tenu entre mes mains m'intrigue. Et que cela me tenterait bien de l'acheter, de le faire mien. D'un œil un peu blasé, je regardais tour à tour l'appareil et le vendeur, faisant mine de réfléchir, la décision déjà toute prise, afin de finalement répondre, sur une voix traînante.

- J'le prends. Alors que je rangeais l'appareil dans ma sacoche, sans accorder le moindre regard à l'homme jouissant.

Je me retournais, quittant le magasin, sous un regard quelque peu surpris, avant que je me stoppe dans le mouvement, avec cette impression d'avoir oublié quelque chose. Un quelque chose de primordial, lorsque l'on se procure un article sur un lieu de vente. Puis, ça revenait d'un seul coup, m'obligeant à lever ma voix une fois de plus, me laissant échapper un soupir de frustration.


- Ah ouais, j'oubliais. Faites parvenir la facture à l'Académie. Au dénommé Toyome Hayabusa. En précisant bien qu'il ferait mieux d'aller à la piscine, pour s'rafraîchir les idées.




Spoiler:
 


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