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 Appartement d'Azami

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MessageSujet: Appartement d'Azami   Mer 7 Juil - 3:54

De sang et d'encre, le ciel était fait aujourd'hui, alors que l'Astre-Mère continuait sa course dans l'horizon, afin de laisser place à sa sœur lunaire à la robe de nacre.

La kunoichi au regard de braises soupira, alors qu'elle se dirigeait invariablement vers une rangée d'immeubles, tous identiques. Elle savait que c'était les résidences de fonction de ses pairs, des appartements laissés à disposition par l'administration. C'était en quelque sorte un privilège qu'on nous a accordé à nous, qui protégions l'intégrité de ce village et le commun des mortels. Un bâillement résonna, alors qu'elle montait les marches une à une, lentement, comme si le poids de sa fine cuirasse ébène et de ses épaulettes recouvrant entièrement ses épaules lui pesaient terriblement. C'était plus profond, pourtant. Depuis quelques semaines déjà, qu'elle avait la pleine disposition de ces moyens, elle ne s'occupait que de tâches administratives, elle donnait cours, elle dirigeait des missions de rang D insipides. Elle bouillonnait intérieurement, elle rouillait.
Cette sensation la tuait. Mais pourtant, on se refusait à lui assigner des missions plus importantes, plus à risques. On redoutait encore qu'elle ne se soit pas encore remise entièrement. Elle s'en doutait, elle n'en avait jamais douté. Quand on lui avait dit de prendre quelques vacances, alors qu'elle avait réclamé son équipement d'Oï-nin, tout s'était éclairé en elle. Et malgré la colère qui palpitait dans ses veines, elle resta silencieuse à ce moment. Elle l'avait mérité.

La clé cliqueta, alors qu'elle s'introduisit à l'intérieur de la serrure, et que d'un mouvement ferme, elle la poussa. La jeune femme, visiblement épuisée, pénétra à l'intérieur de son antre sombre, qu'elle illumina en appuyant sur l'interrupteur.

L'appartement se présenta à elle, dans toute son étendue. A sa gauche, un placard où elle rangeait ses bottes et chaussures, à sa droite, les toilettes, qu'elle gardait toujours propres. Elle se délesta de ses bottes, dans un soupir d'aise, avant de continuer à marcher en direction de la cuisine-salon, juste en face d'elle. Plutôt vaste, un grand canapé était logé au fond, contre le mur droit, d'une couleur sombre qui contrastait avec la peinture blanche des murs et du plafond, juste à coté, une table basse en cristal soutenait divers rapports et autres parchemins qu'elle étudiait pendant son temps libre, ainsi que trois cadres.

Elle s'y dirigea au petit trot, prenant soin de jeter ses gants sur la grande table blanche de la cuisine, où elle prenait ses repas du matin et du soir, et s'y laissa tomber lourdement, s'y affalant de tout son long, dans une position quelque peu lascive. C'est ainsi qu'elle resta de longues minutes, soupirant d'aise, avant de se forcer à se relever, dans la plus grande des difficultés, effort colossal.

Le frigo, remplit de choses qu'elle chopait au hasard au super-marché, gardait néanmoins une constante : Les canettes de soda à la cerise, à qui elle vouait une adoration sans bornes, et la bouteille d'alcool fort, qu'elle gardait pour quand ses deux amis de toujours, Mianzo et Koga, venait lui rendre visite. Celle qui se trouvait actuellement là était une bouteille en cristal, contenant une raffinée liqueur de poire, qu'elle n'avait jamais osée gouter seule. L'alcool la dégoutait, généralement. Elle en tolérait bien un verre ou deux, mais cela ne tenait pas à plus. Il fallait bien qu'elle échappe à un vice après tout, et elle doutait pouvoir assurer et ses dépenses en tabac (qu'elle essayait d'arrêter, sans grand succès) et ses dépenses en alcool. La jeune femme aux boucles auburn ne tenait pas à être une droguée de bas étage, son honneur lui interdisait. Plutôt se priver que de se rabaisser à ça.

Un repas rapidement avalé, et une canette à la main, c'est un peu plus revigorée qu'Azami était installée sur le canapé, sirotant la boisson tranquillement, consultant les rapports des jours. Cette tâche l'ennuyait, mais elle s'y attelait avec zèle. Elle avait toujours accompli son travail avec zèle. Elle avait toujours fait ce qu'on attendait d'elle. Son regard vague s'attarda sur les trois photos, sur la table basse. Des photos qui la faisaient ressassés des souvenirs.

La première, la plus ancienne, datait de l'époque où elle était genin. Une photo de l'équipe 23 au grand complet, avec un Renji-sama sans cheveux gris. La deuxième était aussi l'équipe 23, mais nous étions plus âgé cette fois-ci. Je nous reconnaissais en tant que Chuunin, tous les quatre, avec une boucle d'oreille en forme de croissant de lune. Ma main se dirigea d'instinct à l'oreille, pour caresser le bijou, preuve tangible. Enfin, je contemplais le dernier cadre. L'équipe d'Oï-Nin que nous formions, Koga, Mianzo, Hisoka, et moi. Avec chacun notre masque, celui de corbeau du Nara, celui de lion pour l'imposant médecin offensif, le serpent pour mon malin amant, et le phénix, pour moi ... J'étais arrogante n'empêche.

Je soupirais, me détournant de cette nostalgie, balayant du regard l'appartement. Je devais bien avouer que je l'avais quasiment laissé tel qu'on me l'avait confié. Surtout la chambre d'amis, à laquelle je n'avais touchée, et dans laquelle je rentrais que pour faire la poussière. Seules ces photos étaient ma touche personnelle ... Un nouveau soupir résonna, encore. Mais ça n'avait aucune importance. A quoi cela servirait-il de rajouter des plantes chiantes qu'elle devrait arroser ou autre truc de couleur chiant et criard (deux défauts en un)?

Elle n'en avait pas besoin, pensa-t-elle à nouveau, alors qu'elle se recouvrait de la fine couverture blanche, déshabillée totalement, caressée par la douce brise nocturne qui s'infiltrait à travers la fenêtre entrouverte. A travers l'obscurité, elle regarda fixement le plafond, sentant la fatigue l'emporter. Mais, juste avant, elle se retourna en direction de sa table de chevet, où une photo trônait. Celle où Hisoka et moi étions ensemble, au Parc. Je joignais deux doigts à mes lèvres, les embrassant, avant de les poser sur les lèvres du Hisoka photographié, au sourire immortel.


- A demain, mon amour. Alors que je fermais les paupières, et m'enlisais dans l'étreinte du sommeil




Spoiler:
 


~ Je veux entendre ce monde hurler de douleur à en devenir sourde ~

~*o Azami's song o*~

MessageSujet: Re: Appartement d'Azami   Mer 22 Sep - 12:45

Azami : +6 XP
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