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 L'appartement de Yasuki Ekei

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MessageSujet: L'appartement de Yasuki Ekei   Sam 10 Juil - 14:04

~Les Engrenages dans le boitier~

Le pas déterminé, j'avais suivi sans plus me poser de questions le chemin que m'avait indiqué Kasuo. Au bout d'une centaine de mètres, j'entrevis dans un clair obscur doré la demeure dont il m'avait parlé. Le portail était éclairé par deux lampions rouges qui jaillissaient de l'obscurité, semblables à des diables de lumière perçant la tristesse d'un noir de cendre. Ces lampions donnaient un air merveilleux à l'ensemble: un bâtiment central, et deux ailes de chaque côté, le tout autour d'une cour intérieure tranquille, ornée d'une fontaine dont l'eau clapotait dans le froid du soir et veillée par un beau saule aux feuilles encore vertes. Les portes des divers appartements donnaient sur une galerie couverte de tuiles en bois, galerie qui faisait tout le tour de la grande bâtisse. Impressionné, je passai sous le porche. J'avais honte de mes guenilles et de mes loques de voyageur perdu, mais je n'avais d'autre choix. Commençant à avancer jusqu'à l'appartement désigné par Kasuo, je m'aperçus que, pour parvenir à la galerie, des chemins pavés rayonnaient à partir du portail d'entrée. Ce lieu dégageait une impression de froid, la nuit tombée, mais aussi de fantasmes et de délires oniriques.

* Voilà qui devrait me convenir à la perfection... Un lieu calme, propice à la réflexion! *


Je suivis ainsi le chemin de pierres plates, rendues quelque peu glissantes par la rosée qui commençait déjà à se déposer sur le jardin endormi. Arrivant sous la galerie, à l'emplacement de la porte du premier appartement, je jetai un œil au nom inscrit au dessus de ce qui pouvait s'apparenter à une sonnette. "Yasuki Ekei". Aucun problème, c'était bien ici. Poussant la porte coulissante, je m'aventurai à l'intérieur. Tout d'abord, je ne distinguai rien. Puis, mes yeux s'accoutumant à l'obscurité, je distinguai de quoi éclairer la pièce. Lorsque la lumière vint, je pus enfin distinguer ce qui allait me servir d'abri pour les années à venir. La pièce dans laquelle je me trouvais était relativement grande. Meublée sobrement, elle comportait une petite cuisine, un canapé ainsi qu'une table basse. Un tapis couvrait la plus grande partie du plancher, tapis d'une couleur rouge sombre. Au fond, on pouvait distinguer un escalier, qui montait très certainement au seul étage de cet appartement. Je me dirigeai alors vers la volée de marches, que je montai deux à deux. L'étage était à l'image du rez-de-chaussé. Sobre, mais confortable. Un grand lit occupait la plupart de l'espace disponible, accompagné d'une table de nuit simple et de sa lampe de chevet. Une grande armoire vide couvrait un des murs, tandis que, de l'autre côté, une cloison de bois solide coupait la chambre d'une salle de bains fonctionnelle. Cet étage comprenait deux fenêtres: une donnant sur la rue, du côté de la salle de bains, et une autre donnant sur le jardin. Avec chance, un petit bureau avait été installé, juste sous cette fenêtre, qui irradiait de la lumière diffuse d'un clair de lune timide, kiréen.

* Eh bien... Plutôt sympathique, comme ensemble. Je n'ai plus qu'à remplir les armoires et les placards, et tout ira pour le mieux... *


En disant cela, je plongeai la main dans mon sac de voyage miteux, pour voir ce qu'il contenait. Une cinquantaine de piécettes à peine, un peu de nourriture, une carte abimée, et un ou deux rouleaux de géopolitique m'intéressant au plus haut point. Accompagnés, bien sûr, d'un nécessaire d'écriture hérité de ma grand-mère, et d'un carnet dans lequel je consignais la plupart de mes observations, de mes savoirs. Il y figurait par exemple des indications sur des techniques de Iaido, l'art de dégainer le sabre, mais aussi quelques observations du travail du forgeron Takeshi, lorsqu'il forgeait ses grands katanas, ou taillait ses bokkens. Je rangeai les rouleaux sur une planche de la bibliothèque, le carnet et le nécessaire sur le bureau. Me défaisant de ma cape de voyage et de mon sac, je les abandonnai sur le dossier de la petite chaise de bois noir, puis descendis jusqu'au salon, mon écharpe de soie blanche, souvenir d'un voyage passé et révélateur, posée sur mon épaule droite. Elle était trouée, et aurait bien besoin d'un lavage en règle... Le voyage avait laissé ses séquelles sur mon corps fatigué. Soulevant mes manches, j'y constatai en effet nombreuses égratignures, tandis que mes jambes et mes côtes étaient couvertes de bleus, d'un violet sombre à un jaune ténébreux. Un bon bain, d'eau brûlante, reposerait au mieux ce corps fatigué. Comment avais-je tenu? Je ne pouvais le savoir, mais, ce qui était sûr, c'est que mes pas m'avaient guidé sur le bon chemin. Celui qu'on m'avait préparé, comme un parcours, une haie d'honneur.

Un poids me pesait. Un poids qui me frappait les omoplates, au fur et à mesure que je descendais les marches de bois clair. J'avais complètement oublié mon sabre! Décrochant la sangle de cuir qui le maintenait attaché dans mon dos, je cherchai du regard un endroit pour l'installer. Avisant la surface plane d'un placard de bambou, je l'y déposai avec révérence, enroulé dans un tissu blanc que j'emportais toujours avec lui. Ainsi, j'étais enfin prêt à me détendre. Me dirigeant vers la petite cuisine fonctionnelle, j'y fis chauffer une casserole d'eau, tandis que je partais à la recherche de quelques feuilles de thé au fond de mes provisions de voyage. Une précaution essentielle dans un sac de voyage. Des feuilles de thé. Je finis par en dégotter un petit paquet: elles étaient froissées et desséchées, mais suffiraient pour survivre un soir de plus. J'avais survécu avec moins que cela, durant mon voyage...

* Ne profite donc pas trop du confort, tu vas te radoucir terriblement! *

J'avais anticipé la possible réaction d'un Takeshi formateur face à ce confort tout personnel qui devenait le mien. Malgré cela, j'avais gagné, je pensais, le droit de me détendre un soir au moins. Saisissant la tasse de thé tiède, je me dirigeai vers le panneau de bois qui donnait accès à la galerie, puis, éteignant les lumières de l'appartement, m'aventurai sur le plancher du dehors. La nuit était de plus en plus noire et, le temps que je m'installe, les lampions avaient été éteints. Pas un bruit ne filtrait, et la brume cachait toujours plus le clair de lune. Savourant une gorgée de la boisson, j'osai faire quelques pas dans le jardin. Tous dormaient, étaient absents, ou alors la demeure était vide, car je n'entendais pas de paroles, pas de mouvements. Excepté, évidemment, celui d'une eau clapotant doucement dans la nuit ténébreuse. Décidément, la vie ici s'annonçait plutôt bien.

Au lit, maintenant. La journée de demain sera mouvementée.

MessageSujet: Re: L'appartement de Yasuki Ekei   Jeu 19 Aoû - 22:05

Ekei : + 9 XP
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