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 Premier tour de Cadran

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MessageSujet: Premier tour de Cadran   Lun 12 Juil - 16:27

~Premier tour de Cadran – Henge~

Malgré moi, la nuit avait été mouvementée. Non pas que le sommeil, comme un insaisissable ami, fuyait devant moi. Il m'attrapa bien vite. Malheureusement, je fus tourmenté comme jamais je ne l'avais été, et les images qui m'apparurent cette nuit là furent incapables de calmer mes appréhensions face aux questions et intrigues qui m'assaillaient... Je me levai donc très tôt. La nuit avait été courte, et, lorsque je me levai au matin, le soleil avait à peine percé la brume matinale. Il ne la percerait d'ailleurs pas de la journée, mais à cette heure il était encore caché derrière la crête des falaises kiréennes. Le froid était encore mordant lorsque je m'hasardai à poser les pieds sur le plancher de la galerie, et le jardin était couvert d'une couche de rosée glaciale. Grâce à ce réveil matinal, j'aurais sûrement le temps de renouveler ma garde robe et mes stocks de nourriture avant de partir rejoindre Kasuo. D'autant plus que, lorsque j'étais arrivé dans mon salon, afin de m'y préparer un thé, j'y avais découvert une enveloppe, avec un mot de Kasuo, et quelques billets.

"Ekei. Voici de quoi survivre, pour quelques jours du moins, avant que tu puisses subvenir à tes besoins par tes propres moyens.
Je te donne donc rendez-vous au terrain d'entraînement indiqué par le schéma que j'ai inscrit au dos de cette brève lettre, afin que nous reprenions ensemble les bases. Sois là bas à neuf heures, s'il te plaît.
Kasuo."


J'avais donc passé ma matinée à me consister des provisions et, lorsque je pris le chemin du terrain indiqué par Kasuo, ce fut avec la satisfaction d'avoir reconstitué de quoi vivre sans problèmes pour quelques semaines. Tout était allé très vite: à cette heure matinale, personne ou presque ne sillonnait les rues du village caché, malgré l'ouverture des commerces dès les premières lueurs du jour. Dans le quartier marchand, l'ambiance était donc plutôt calme... Le chemin jusqu'au terrain d'entraînement avait été au départ plutôt encombré: je n'étais pas le seul à vouloir m'exercer dès le matin. Puis, au bout de quelques centaines de mètres, la densité d'individus diminua sérieusement, jusqu'à ce que je parvienne à une grande étendue, en contrebas du sentier, qui se composait de lacs, de rivières et de mangroves. Le tout dégageait une sérieuse impression de violence et de sauvagerie, tandis que le ciel s'assombrissait. L'orage pourrait éclater d'un moment à l'autre, mais cela n'empêchait pas Kasuo de m'attendre patiemment. Je distinguais de loin son imposante silhouette, reconnaissable entre mille. Descendant le petit chemin de terre qui menait jusqu'à lui, je le saluai de loin. Il me répondit par un sourire et, lorsque j'arrivai devant lui, il prit la parole, d'un ton qui se voulait confiant et rassurant. Je n'avais pas besoin d'une telle attitude. Mais je n'allais pas lui faire croire le contraire, il devait y avoir une raison bien particulière pour qu'il adopte ce ton condescendant. Takeshi lui avait-il demandé d'être coulant avec moi, de m'enseigner le ninjutsu comme lui même l'avait fait pour moi avec le sabre?

Kasuo – Bien. Maintenant que tu es là, nous allons pouvoir commencer à tenter de te transformer en quelque chose d'efficace.

Ce qui le fit rire une fois de plus, tandis que je souriais à l'annonce de ces mots. En apparence, seulement. Car ils signifiaient beaucoup plus que ce qu'ils pouvaient laisser paraître de prime abord. Il avait parfaitement compris, Kasuo, que mon problème était de se sentir tel une lame tirée de sa saya, sans toutefois être maniée. En profiterait-il pour prendre un peu plus d'emprise sur moi, pour assurer ma fidélité vis à vis des autorités du village? Une fois de plus, j'avais le sentiment que des fils invisibles régissaient chacun de mes mouvements. Il faudrait trouver de quoi les couper.

Kasuo – Tout d'abord, je vais effleurer les bases. Je sais que tu as les connaissances théoriques quant au chakra. Toutefois, j'ai remarqué que tu es incapable de le régir sans entrer dans cette posture spéciale que t'avait enseigné Takeshi. Désormais, tu suivras mes recommandations jusqu'à pouvoir visualiser et contrôler parfaitement ce flux.

Mettant de côté un ressentiment naissant à l'encontre du chuunin, je me pliai à ses exigences. Quelques minutes durant, je m'exerçai à sentir ce flux incessant. De temps à autre, Kasuo m'enjoignait d'agir sur ce chakra, puis il me laissait le visualiser à ma guise. Ce n'était, pour l'instant, guère éprouvant. Au bout de plusieurs essais, je parvins à cerner la chose: c'était une sorte de fluide traversant chaque cellule du corps, et qui irradiait dans chaque fibre de mes muscles. A la moindre sollicitation, ce fluide réagissait à l'appel de celui qui souhaitait le maîtriser. C'était donc ça, la base que Kasuo souhaitait me voir maîtriser. Lorsqu'il se rendit compte que j'avais compris ce qu'il souhaitait m'enseigner, il m'abreuva encore de quelques détails techniques à propos du chakra, des techniques, du rôle de l'entraînement. Je l'écoutais d'une oreille distraite, ayant déjà entendu parler de toutes ces notions par le passé: j'avais dévoré de fond en comble la bibliothèque de mon père, ce marchand de choses étranges.

Ekei – D'accord, je saisis ces concepts. Tu sais, j'ai déjà abordé pas mal de ces détails, par le passé! J'ai même commencé à maîtriser une de vos techniques.

Kasuo – De nos techniques, Ekei, ne l'oublie pas! Si tu ne reprends pas les bases, tu ne comprendras pas pourquoi certains obstacles se dresseront sur ta voie. Si tu souhaites réellement aiguiser ta lame, fais donc un effort.

Ekei – Arrête de me voir comme l'aveugle que j'étais. J'assemble les pièces du puzzle, Kasuo. Je n'ai pas l'intention de me laisser dominer, diriger, sans réagir!

Kasuo m'adressa une fois de plus ce même regard se voulant rassurant. Mais cette fois, la condescendance se mua en une pitié que Kasuo parvenait à peine à dissimuler... Que savait-il donc de moi, n'était-il pas lui même un obstacle? J'avais haussé la voix lorsque je protestais. Lorsqu'il reprit la parole, ce fut d'un ton beaucoup plus calme.

Kasuo – Patiente. Je suis en mesure d'apporter de nouvelles pièces, mais, en attendant... Plie toi à nos directives. Je sais comment t'aider, alors ne nous fais pas violence ainsi, s'il te plaît. Il ne tient qu'à toi de t'offrir un avenir. Le choix t'appartient, à l'instant même.

Je baissai alors la tête, comme vaincu par les arguments du chuunin. Si je voulais accéder à la vérité, il me faudrait courber l'échine, simuler l'obéissance pure et parfaite. Je n'en voulais pas au village et à son autorité. Non, j'en voulais à ceux qui m'avaient amené là, qui m'avaient dirigé comme une marionnette. A savoir, Kasuo et ses comparses, et pourquoi pas Takeshi? Lorsque je relevai la tête, ce fut avec une lueur de défi qui brillait au fin fond de mon âme. Kasuo l'avait remarqué, mais ne dit rien. Il se contenta d'opiner du chef: il avait compris mon choix. Il se dirigea vers un tronc d'arbre proche, couvert de mousse d'un vert d'une profondeur inégalée, qui reposait sur le sol, et s'y assis. Puis il fit un signe du bras, comme pour m'indiquer de commencer un quelconque entraînement.

Kasuo – Montre moi donc une nouvelle fois cette fameuse technique que tu es sensé maîtriser.

Je m'exécutai alors, mettant une grande part de mes forces dans la chose. Je voulais lui montrer à quel point je n'étais pas déterminé à devenir docile... Fermant les yeux, je procédai comme à l'accoutumée, suivant la méthode de Takeshi. Au dernier moment, je me rappelai les bases, revues et corrigées par Kasuo. J'infléchis alors le procédé. Ouvrant les yeux, je puisai intentionnellement dans la réserve de ce flux de chakra, pour parvenir à créer mes clones. L'accomplissement de la technique ne fut pas aussi parfait qu'à l'accoutumée, mais je parvins tout de même à me dédoubler. Regardant Kasuo en souriant, j'annulai le sort. Mon double disparut aussi soudainement qu'il était apparu.

Kasuo – Okay. J'ai pu voir les problèmes qui persistent, malgré tes efforts à l'application de tes nouvelles bases! Mais pour corriger cela, je ne vois qu'un moyen... Je vais t'enseigner l'art du Henge...

[A suivre...]

MessageSujet: Re: Premier tour de Cadran   Ven 16 Juil - 18:37

Ekei – Merde! J'en ai ras le bol, de tes conseils!

Pour la cinquième fois de la journée, je venais d'échouer à prendre la forme de Kasuo. Il faut dire que les conditions n'étaient pas réunies pour que je puisse pratiquer dans un calme certain. Les paroles de Kasuo vrillaient toujours mon esprit à la manière d'un instrument de torture des moins raffinés. Il avait instillé une drogue dans mon esprit. Celle du questionnement et du doute incessants, quant à mon passé truqué. Je tentais de m'exercer, mais je ne pouvais pas me calmer. Kasuo avait fait vibrer le nerf de la fureur, et les effets de ses provocations troublaient ma quiétude habituelle. Comment était-il parvenu à me mettre dans cet état? Il avait tout simplement fait une démonstration de la technique qu'il souhaitait m'enseigner, et qui composait avec celle que je connaissais déjà la base de l'enseignement qu'il souhaitait de même me voir suivre. Bien entendu, il avait choisi d'affecter la forme de Takeshi, ce qui m'avait dérangé au plus haut point. Comment aurais-je pu réagir autrement? Il venait de me jeter un matériel de réflexion impressionnant, dont Takeshi était un des pivots, et prenait désormais sa forme.

Kasuo – Tu dois faire attention aux moindres détails, quand tu uses du Henge. La moindre différence avec le modèle d'origine peut s'avérer fatale, ou mettre un terme à ta mission. Et n'oublie pas. L'avenir de la mission, le prestige que tu rapportes au village, est le plus important.

Il avait donc commencé son travail de sensei d'une manière évidente: il voulait s'assurer par les faits de ma fidélité, après l'avoir conquise par les mots. Chacune de ses phrases était soigneusement étudiée pour me faire comprendre le rôle que je devais jouer, si je voulais demeurer un shinobi du village caché de Kiri no Sato. La fidélité passait pour Kasuo par l'apprentissage. Il créait ainsi un lien puissant, qu'il me serait difficile de briser, et encore plus de trahir. Qu'importe. Je m'entrainerais, puis parviendrais à récupérer chaque pièce du puzzle de mon arrivée ici. Après sa petite démonstration, il avait pris quelques minutes pour m'expliquer le fonctionnement de la technique, puis m'avait laissé m'entraîner à prendre son apparence, installé tranquillement sur un rondin de bois. Je dus tout d'abord encaisser des échecs cuisants. Malgré mes tentatives et mon suivi de ses conseils, la technique résistait à ma volonté. Je ne produisais aucun effet. J'étais bien trop concentré sur ce que m'avait dit le chuunin pour pouvoir m'exercer en toute quiétude.

Kasuo – Calme toi un peu! Si tu continues comme ça, tu peux faire une croix sur ton apprentissage, Ekei!

Il avait raison, mais le fait que ce soit lui qui me le fasse remarquer m'énervait encore plus, et je contrôlais de moins en moins de violentes sautes d'humeur. Chacun de mes essais se transformait donc en un fiasco des plus retentissants, et chacun de mes échecs faisait sourire Kasuo. Un cercle vicieux, en somme. Comment le briser? Je continuai alors des heures durant à m'entraîner, sous le regard condescendant de Kasuo. Un regard qui me faisait me consumer intérieurement...

Kasuo – Allez, arrête, on va manger un bout. Tu me fais pitié, là, tu n'en peux plus.

Il avait raison, malheureusement. La nuit tombait déjà, et je n'avais plus de forces. La colère m'avait stupidement consumé, et avait brûlé plus d'énergie que l'accomplissement de la technique lui même. J'avais dilapidé mon capital énergie en moins de temps qu'il n'en fallait pour finir un plat de nouilles. Une erreur stupide et fatale. Je profitai de ce moment de clairvoyance pour me faire une promesse. Un leitmotiv, auquel je devrais désormais me tenir. Rester calme.

Kasuo – Bon, tu viens, ou tu comptes vivre ici d'amour et d'eau fraîche?

Cette fois, ma colère s'évanouit dans les limbes de ma propre bêtise. Je ris aisément à la pique de Kasuo, puis lui emboîtai le pas, fourbu, le long du sentier qui nous ramènerait au village. Sentier qui me sembla bien plus long qu'à l'aller. Était-ce parce que mes jambes supportaient mal le poids de mon corps fatigué? Comme s'il avait deviné mes soucis, Kasuo se tourna vers moi.

Kasuo – Après une telle séance d'entraînement, reprends ton souffle avec méthode. Longtemps et calmement. Tu veux qu'on fasse une pause, le temps que tu reprennes tes esprits?

Ekei – Ça ira, merci.

Nous entrâmes une fois de plus dans ces ruelles qu'avait l'air d'affectionner tout particulièrement Kasuo. Mais cette fois-çi, il ne me mena pas vers ce fameux bar miteux qu'il m'avait fait découvrir le soir précédent. Cette fois, il m'emmenait au restaurant. Histoire de reconstituer mes forces affaiblies par l'entraînement, je suppose. Ou alors, une de ses énièmes tentatives de me faire rentrer dans le rang? Quoi qu'il en soit, je décidai alors de profiter au mieux de la soirée. La salle dans laquelle nous pénétrâmes, celle d'un restaurant discret dissimulé entre deux demeures massives, au beau milieu d'une impasse, était d'une sobriété épatante, tandis que l'ambiance se révélait être plutôt feutrée. Ce choix me serait révélé et expliqué plus tard dans la soirée. En attendant, nous nous installâmes tranquillement, dans la quiétude de cette calme salle. Éclairée chaleureusement et décorée à la mode actuelle, la salle avait un effet tranquillisant. Aussi, j'oubliais toutes les douleurs de mon corps, me laissant aller à savourer le repas qui nous était servi. Un de moins à payer, cela dit en passant.

Kasuo – Ah, au fait... Tu savais que Takeshi n'est pas, directement, ton oncle?

La phrase avait été lancée sur un ton badin. Je n'en avais tout d'abord pas saisi le sens, tout calmé que j'étais dans la brume de la fatigue. Les mots avaient mis quelques minutes à atteindre mon esprit. Ils s'étaient frayés un chemin au travers du labyrinthe de mes questions pour parvenir au terre plein de mes réponses.

Ekei – Attends. Tu veux dire quoi, par là?

Mon ton s'était fait quelque peu agressif. Je ressentais le danger qui se cachait derrière la découverte d'une telle vérité.

Kasuo – Eh bien, ce que je viens de te dire! Takeshi n'est pas directement ton oncle. Il n'est que le mari de ta tante. D'ailleurs, l'ex-mari de ta tante.

Une minute. Je n'avais pas connaissance de ces faits. Je ne savais même pas que j'avais une tante. Et Takeshi l'avait quittée? Ce qui voudrait dire qu'il n'avait réalisé cette union qu'avec un but précis en tête, ou sur un coup de sang. De plus, ma mère ne m'avait jamais parlé de cette union. Ni de ces liens familiaux, plus complexes qu'il y paraissait de prime abord. Mes sens s'embrouillaient, et la colère qui s'était éteinte en même temps que ma résolution surnageait à nouveau.

* Et merde! C'est quoi, encore, cette histoire? *

Les pièces de ce puzzle se démultipliaient à l'infini, à la manière d'une pierre qui, tombée dans un lac, génère autour d'elle autant de ronds. Me levant violemment de table, je quittai le restaurant sans piper mot. Si Kasuo me cherchait, il me trouverait.

Sur le terrain d'entraînement.

MessageSujet: Re: Premier tour de Cadran   Mar 20 Juil - 20:51

Le vent se faisait de plus en plus froid, et ses bourrasques me frappaient continuellement. J'étais sur le chemin pour rentrer m'abriter dans mon appartement. La nuit avait été, une fois de plus, éreintante. Pour oublier les paroles de Kasuo, je m'étais entraîné sans relâche. L'énergie qui me remplissait n'aspirait qu'à jaillir de mon corps en un épanchement violent de force brute. J'avais ressassé sans arrêt les informations que le chuunin m'avait communiquées, essayant de renouer chaque partie d'histoire. Je m'entraînais certes sans relâche, mais, oublier était un objectif que je pouvais malheureusement perdre de vue.

* Encore une fois, allez... Jusqu'à ce que tu tombes de fatigue. *

Essai après essai, minute après minute, heure après heure, je faisais toujours plus pour me perdre dans le tourbillon de l'inconscience. Je tentais d'atteindre une quasi perfection à chaque métamorphose. J'avais décidé de continuer à affecter la lourde silhouette de Kasuo. Si je parvenais à prendre l'apparence d'une personne si imposante, la technique pourrait s'avérer plus facile à manipuler par la suite. Je parvenais de mieux en mieux à maîtriser la technique à mesure que je l'accomplissais de manière répétitive. J'avais commencé par une vague forme de Kasuo. Puis, j'avais tenté de représenter distinctement chacun de ses traits. Puis, j'avais représenté son attirail ninja. Désormais, ces détails m'étaient bien plus accessibles, et les plus petits d'entre eux devenaient de plus en plus machinaux. La tyrannie de l'habitude, en somme. Encore et encore, jusqu'à ce que je m'écroule. J'avais bien cru abandonner plus tôt que prévu, lorsque la pluie avait éclaté. Une pluie drue, froide et violente, de celles qui vous saisissent au plus profond de votre cœur, vous gèlent les os. Un instant d'hésitation. Puis, une nouvelle tentative. J'avais décidé que les éléments n'auraient aucune prise sur moi. Je voulais ne pas y déroger.

Pourquoi? L'image de Takeshi, et de ses leçons si particulières brillait encore intensément dans ma mémoire. Je le revoyais me pousser à braver le risque d'un sauf conduit direct dans la rivière en cas d'erreur de répétition de ses mouvements, je le voyais encore me refuser le retour lorsque le vent et la pluie frappaient conjointement. Mais je me rappelais aussi, à mon grand dam, les paroles de Kasuo. Takeshi ne m'avait-il pas, selon ses dires, endurci pour m'éviter de chuter dans ce monde, celui que ma mère dénigrait de toute son âme? Pourtant, il s'avérait que ses intentions n'étaient peut-être pas aussi louables qu'il voulait bien l'admettre. Car ses enseignements me servaient encore, désormais, alors que je m'entraînais à maîtriser le Henge. Tu m'as bien eu, Takeshi. Mais puisque c'est ainsi, je suivrai ce chemin que tu m'as préparé. Je le laisserai courir sous mes pieds, sans remettre en question sa direction. Mais, arrivé au bout, prends garde à toi, car je le remonterai à toute vitesse.

Le bruit me tira de ma semi-torpeur. Le bruit de mon propre corps chutant dans la boue, alourdi et rompu par les efforts constants. La fatigue était telle que je ressentis le choc seulement après avoir entendu le bruit de cette chute. Le sol était humide, la boue collait à mon visage, tandis que l'eau s'infiltrait dans mes vêtements. Je ressentais la douleur dans chacun de mes os.

* Tu es content, désormais, Takeshi? *

Maintenant que je repose dans la boue, fourbu. Comme la première marche vers l'achèvement de la volonté de Takeshi. Non. En fait, sa volonté est déjà accomplie. Je n'y peux plus rien. Il m'a abusé, certes. Mais il m'a ouvert cette porte. Pour cela, je l'aimerai et le haïrai. Le ciel tournait au dessus de ma tête, ses formes déchirées et ses éclairs blafards me rappelant le tumulte de la guerre, tumulte que j'avais découvert dans les récits des plus grands maîtres de guerre et des plus humbles paysans, et dont j'avais eu un petit avant-goût lorsque j'avais servi comme mercenaire dans la caravane de mon père. Finalement, je m'arrachai de mon lit humide de boue sombre, et pris le chemin du retour. Il était lui aussi balayé par les vents et les violentes gouttes, mais je m'empressai de le remonter. En moins d'une dizaine de minutes, j'étais à l'entrée des quartiers d'habitation et, le temps de retrouver mon chemin, j'arrivai à la porte du domaine quelques heures avant le lever du soleil.

Kasuo – T'en a mis du temps, dis moi. Tout ça pour maîtriser un Henge, avec les bases que tu avais? Mais qu'a donc fait Takeshi?

La voix m'avait surprise pour la deuxième fois en une soirée. Je n'avais une fois de plus pas saisi directement les propos de Kasuo. Le chuunin m'attendait, juché en haut du portail. Son apparence et ses paroles suffirent pour que je me laisse aller à faire éclater ma fureur.

Ekei – Takeshi, parlons-en! C'est quoi, son but? Ou plutôt, c'était quoi, hein?

Ma phrase fit rire le shinobi kiréen, perché au dessus de moi. Il avait toutefois perdu son rictus suffisant – je m'en étais rendu compte grâce à la lueur opportune d'un éclair silencieux de l'orage qui s'éloignait – mais continuait à me tenir tête joyeusement. Comme s'il n'avait rien à m'apprendre de plus.

Kasuo – Laisse donc Takeshi de côté. Il a réussi, et tu le sais très bien. Tu n'es pas là pour rien. Quand il reviendra, il te touchera deux mots de ton passé. En résumé, hein.

Je ne pouvais que l'écouter parler. Malgré mon refus d'accepter ses paroles, mon cœur hurlait la réponse et mes nerfs tentaient de la supporter. Je savais aussi bien que lui que la mission de Takeshi était, en réalité, le recrutement. Mais je ne savais pourquoi elle avait été si délicate dans mon cas. Comme elle devait l'être dans de nombreux autres. Kasuo m'appela alors, m'invitant à monter à ses côtés. Comme je ne comprenais pas comment y parvenir, il me dit alors :

Kasuo – Il doit bien te rester deux ou trois gouttes de chakra, non? Rassemble tout ça dans tes mains, et grimpe, va!

Malheureusement, Kasuo devait avoir une trop haute opinion de moi, ou bien il ne savait pas ce que j'avais fait cette nuit. Je ne parvins même pas à rassembler suffisamment de chakra pour sentir un quelconque effet me permettant de monter à la paroi. Désemparé, je me laissai chuter une nouvelle fois au sol. Sur une herbe plutôt douce, cette fois.Il dut s'abaisser à descendre à mes côtés, ce qui me fit la plus grande joie.

Kasuo – Tu sais... Je t'ai observé, toutes ces heures. Enfin, j'exagère un peu. Au moins une heure! Ou, une demi heure. Il marqua une courte pause, avant de reprendre. Enfin, bref. Je pense que tu maîtrises plutôt bien cette technique. Continue de la travailler, de temps en temps, et ce sera parfait!

Je l'écoutais d'une oreille distraite, la douleur de l'entraînement parcourant chacun de mes os et de mes nerfs... M'éloignant d'un pas tremblant, je le saluai de dos.

Ekei – Ouais, ouais.

Je tombais de fatigue.

[Fin de cette session!]

MessageSujet: Re: Premier tour de Cadran   Lun 22 Nov - 21:08

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