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 Wada Kamiko

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MessageSujet: Wada Kamiko   Mer 29 Sep - 15:53

Fiche de Présentation Voyageuse




Nom : 和建 [Wada]

Prénom : 神子 [Kamiko]

Âge : Vingt ans

Origine : Ishigaki [Kawa no Kuni – Pays des Rivières]

Affinité : Suiton

Grade Envisagé : Voyageur Débutant

Kekkai Genkai Souhaitée : Shisha [KG d’invention – Ex-clan de Kawa]

Quête Légendaire : Oui [informations sur la guerre entre Iwa et Kawa, techniques perdues de Kawa,…]

Note : J'ai pris quelques libertés concernant Kawa, en essayant de rester cohérent et en espérant que cela convienne. Bonne lecture.

Histoire :





Prologue à une vie : Introduction
Le Chaos du Passé


« Du Chaos naît toute chose, car ce n’est rien de plus qu’un assemblage hétéroclite de matière première, attendant patiemment que d’un nouvel ordre surgisse la somme d’une évolution. Et qui peut dire ce dont elle sera faite ? »
– Un alchimiste au nom disparu dans le gouffre du passé –




Je suis née avec la paix.

C’est ce que ma mère, au lendemain de ma naissance, voulut retenir de ce jour. Après vingt-quatre ans d’un conflit sanglant contre le Pays de la Terre et son village caché Iwa, Kawa, mon pays, s’avoua vaincu et jeta ses armes aux pieds de ses adversaires.

Ma mère crut alors intelligent de me donner le nom de Wada. Etymologiquement, cela signifie quelque chose comme « bâtisseur de paix ». Peut-être espérait-elle que j’appartienne à la génération de ceux qui feront renaître le Pays des Rivières pour lui redonner force, gloire et richesse dans un monde stable.

Pourquoi pas le nom de mon père ? D’après elle, c’était un soldat ennemi qui l’aurait violée sans avoir l’amabilité de lui donner son nom. En grandissant, j’ai vite compris qu’elle affabulait quelque peu les choses, ce qui m’amène à considérer son récit d’un œil critique, d’autant plus qu’elle se livrait de temps à autres à la prostitution.




Je suis née avec la défaite.

C’est ce que la majorité de la population de Kawa retient de cette période. Un goût de bile amère serrait leur gorge alors qu’impuissants et épuisés, ils regardaient ces assassins de la veille les dépouiller, un sourire bravache aux lèvres. L’impôt de la guerre, disaient-ils. Pour réparer les souffrances que notre peuple leur avait causées. Et puis l’éradication des dernières poches de résistance, des derniers ninjas de notre pays.

Je n’ai pas de souvenir de cette époque, quand les vainqueurs nous pillaient sans vergogne, mais je la connais. Enfant, je pouvais la voir gravée sur un monument amputé de ses dorures, sur ces maisons abandonnées, vidées de tout contenu de valeur, de tout occupant, et je la lisais dans la peur qui luisait dans les yeux de ceux qui croisaient un ninja d’Iwa. Et puis, à voix basse, au coin d’un feu qui crépitait loin des oreilles indiscrètes, les murmures incriminaient perpétuellement nos anciens adversaires.




Et j’ai grandi, comme tant d’autres enfants.

Le temps passa, et rien ne changea. Ils avaient su paralyser nos cœurs en les emprisonnant dans le filet invisible qu’est la terreur. Leur étreinte se relâchait, progressivement, et je ne vis plus qu’occasionnellement ceux qui nous tenaient au creux de leur main. Cependant, il était trop tard. Ceux qui avaient fait la guerre étaient vieux, fatigués et affamés. Les plus jeunes n’avaient connu que le chaos laissé par le cortège funèbre de la guerre. Violence, vols, morts et viols. Et pour survivre, la plupart d’entre eux, en ville, appliquèrent ces principes, sombrant dans une délinquance aveugle.

Mon enfance, au sein d’Ishigaki, fut bercée par ces mœurs. Ma mère me battait. Les caïds du coin me frappaient et m’exploitaient. Mes demi-frères ne se gênaient pas pour en faire autant. Pas plus que moi, lorsque j’avais l’occasion de rouer de coups mes victimes. J’ai volé pour manger, pour me saouler, pour payer ma mère. Lorsque je ne lui ramenais rien, je devais dormir dehors, grelottant sous un porche lorsque les nuits étaient humides, ou observant la voûte étoilée, le corps meurtri par les formes irrégulières des tuiles.

Et pourtant, curieusement, je suis nostalgique de cette période de ma vie. Quand j’y réfléchis, rationnellement, il n’y avait pas grand-chose de positif. Mais il y avait cette étincelle d’intense liberté, cette excitation du jeu de la vie et de la mort, la sensation violente d’exister, de vivre, la rage désespérée de vaincre. Peut-on se passer de cette drogue ? Personnellement, je n’y suis pas parvenue.

Les dieux, si tant est qu’ils existent, m’ont cependant épargné la folie, en m’écartant de cette vie d’infortune. Est-ce par égard au prénom pompeux dont ma mère m’a affublée ? Kamiko, l’Enfant des Dieux, l’Enfant Divin. Une idée fort étrange, et peu appropriée. Et qui, je m’en doute, ne changea fondamentalement rien au cours de ma vie. Car chasser le mal par le mal, n’appartient probablement pas au répertoire divin. À moins que mon ascendance ne révèle quelques liens intimes avec le Dieu de la Mort ?

En effet, la mort me poursuivait, lancinante, cruelle et infatigable, me contraignant à me réfugier dans les campagnes. Une vie paisible, rythmée par les saisons et les crues m’y attendait. Cependant, je n’ai pas pu y prendre goût. Malgré l’amour qui épanouissait mon cœur, et à cause de la jalousie qui, finalement, le rongeait. Et puis, j’y ai vu la haine assoupie de Kawa pour le Pays de la Terre, malgré les années passants, malgré la chute précipitée d’Iwa, avalé par la terre secouée de colère. Aujourd’hui, on parle toujours du Pays de la Terre, comme l’origine de tous nos maux, l’ennemi séculaire dont seule la destruction pure et simple nous débarrassera. Il ne s’agit que de paroles, de jurons, comme si le ressentiment, assagi par des années d’inactivité, s’était résolu à ne pouvoir marcher sur Iwa.

Mais, et certains l’ont bien compris, les braises sont encore chaudes.

Il suffit de souffler dessus et…




Prologue à une vie : Extrait
Le Chaos du Présent


« La Vérité vous rendra libre. »
– Un des ces Saints à jamais célèbres –



« Salut. Tu es… ? »

« Sugai Sayuri. »

« Je t’attendais, Sayuri. », répondit-il, accompagné d'un hochement de tête.

Deux sourires furtifs. Une poignée de main impatiente.

« Je suis Kagamine Len. Entre donc. »

Sayuri pénétra dans un appartement aux allures de bibliothèque. Ou plutôt d’archives, se reprit-elle en observant les dossiers empilés. Son attention se reporta sur le frêle blondinet aux yeux verts. Il se déplaçait en fauteuil roulant, les deux jambes amputées au dessus des genoux.

« Un accident, lorsque j’étais enfant, déclara-t-il lorsqu’il remarqua que le regard de sa visiteuse s’attardait sur ses membres handicapés. Alors qu’un convoi militaire passait, une voiture s’est précipitée sur moi. Les chevaux ont fait de leur mieux pour m’éviter, mais les roues ont broyé mes jambes. Et la gangrène n’a pas laissé le temps à mes os brisés de se régénérer… »

Sayuri resta silencieuse. Un convoi militaire ? Même s’il n’avait pas désigné à quel pays appartenait ces hommes coupables, elle le devinait aisément. Elle révisa finalement son jugement à propos de Len : il devait être plus vieux qu’il n’en avait l’air, pour avoir connu ces défilés. Durant son court récit, le sourire de Len s’était teinté d’une gentille tristesse, trahissant son acceptation des évènements. Un sage, donc. Qui n’avait pas besoin de sa compassion.

« Assieds-toi. »

La jeune femme obéit, se déplaçant entre les allées bien ménagées pour le passage du fauteuil roulant, et se laissa tomber dans un fauteuil trop moelleux. Il lui tendit une tasse de thé noir aux fragrances agréables, en même temps qu’un maigre dossier.

« Pardonne-moi, je n’ai pas eu beaucoup de temps, pour ces recherches. D’habitude, j’en fais bien plus, mais comme tu as l’appui de ton maître… Disons qu’on a sauté quelques formalités. », fit le jeune homme en affichant un sourire contrit.

Sayuri jeta un œil à l’unique feuille, avant d’afficher un sourire en coin, satisfaite au fond d’elle-même qu’ils n’aient pas, et de loin, toutes les informations à son sujet.

« C’est peu. Tu n’as pas interrogé mon maître ? »

« Si, mais il se montre très réticent lorsqu’il s’agit de délivrer des informations. », déclara-t-il en riant.

« C’est vrai, j’en ai fait les frais, moi aussi. »

« Mais je suis sûr et certain que ni Sugai Sayuri, ni Sumeragi Kaname ne sont tes vrais noms. » ajouta-t-il soudain, une lueur dans le regard.

Kamiko, alias Sayu, alias Kana, reposa sa tasse de thé sur la table basse en bois massif. Le thé était véritablement exquis, de la grande qualité.

Le maître, c’est Hazuki Ryû, un médecin de campagne à l’âme charitable. Il tient ce qui semble être à première vue un orphelinat, dans une région du pays éloignée de toute ville. C’est chez lui qu’elle a trouvé refuge, sous le pseudonyme de Sumeragi Kaname, il y a plusieurs années. Il lui a fait découvrir cette organisation, dont il est apparemment un membre important, suffisamment pour appuyer fortement sa candidature.

« Je peux dire la même chose : Kagamine Len n’est pas ton vrai nom. » répliqua-t-elle avec malice.

« Tout à fait. »

Ils se dévisagèrent mutuellement un long moment. Il détailla son visage aux traits harmonieux et ses yeux étonnamment bleus alors qu’elle essayait de lire son regard d’émeraude, jusqu’à ce qu’il brise le silence.

« Cela dit, pourquoi souhaites-tu rejoindre l’organisation ? », fit-il en portant sa propre tasse à ses lèvres.

« Je suis obligée de répondre ? », demanda Kamiko, ennuyée.

« Si tu veux nous rejoindre, oui. »

« Pourtant, mon maître… »

« Ton maître accélère le processus, coupa-t-il abruptement, rien de plus, rien de moins. Il te faudra faire tes preuves avant de devenir membre à part entière, mais avant cela, je dois estimer si ça en vaut la peine. »

Son ton tranchant contrastait avec la discussion aux allures de salon de thé gentillet qui s’était déroulée quelques minutes seulement auparavant. Son visage entier s’était transformé pour afficher une expression sérieuse, dure et bien plus mature.

Kamiko se sentit un peu naïve et stupide d’avoir cru que cela suffirait. Une erreur. Elle prit le temps de se ressaisir. Il voulait jouer ? Bien. Elle se composa une figure impassible et hautaine, à peine agacée par le petit moucheron qui lui tournait autour en émettant des sons désagréables.

« Comme vous voudrez, dit-elle d’un ton glacial en adoptant le vouvoiement, mais je voudrais avant tout savoir jusqu’où, en la matière, Hazuke-sensei se porte garant. »

Elle crut lire un éclair d’approbation dans les yeux de son interlocuteur, mais cela disparut aussitôt, si bien qu'elle en douta.

« Votre assentiment à notre objectif final est déjà certifié. Mais il y a beaucoup d’autres moyens pour y parvenir, ou nous y aider, alors pourquoi celui-là ? », répondit-il en s’adaptant au vouvoiement décrété par l’ambiance pesante.

Voilà une information que tu n’auras donc pas, du moins pas de ma bouche, pensa la jeune femme aux longs cheveux noirs.

« Je suis simplement et banalement à la recherche de la vérité. » affirma-t-elle d’un ton dégagé.

« C’est une quête difficile. Après tout, il existe autant de vérités que de témoins, n’est-ce pas ? »

« C’est exact. Il serait peut-être plus précis de dire que je recherche toutes les vérités, au travers des fragments qu’on nomme informations. »

« Certaines informations sont pourtant fausses. », objecta-t-il.

« Le mensonge n’est que la face cachée de la vérité, répliqua-t-elle aussitôt. La vérité est, le mensonge n’est pas. Sauf qu’il existe une multitude de mensonges, bien plus que de vérités. Alors, pourquoi ce mensonge précisément ? Quelle est la vérité intentionnellement dissimulée ? Par conséquent, les informations fausses contiennent déjà une piste vers la vérité. Le plus difficile étant d’avoir un esprit suffisamment acéré pour démêler le vrai du faux, notamment au sein d’une seule et même information. Rien n’est rarement tout blanc ou tout noir… »

Malgré le désir de convaincre qui la gagnait, et sa nature prompte à s’enflammer pour ses convictions, la voix de Kamiko demeura posée, égale au masque qui ne quittait pas son visage.

« Et pensez-vous qu’il existe des informations qu’on ne peut pas vendre ? », reprit Len.

« Evidemment. Preuve en est, que je ne vendrai aucune information sur l’organisation, ou qui soit dangereuse pour elle. Ou pour notre pays. »

Il sourit.

« C’est bien joli, tout cela. Mais serez-vous capable, vous une fille de la campagne, de vous adapter à Ishigaki, et de savoir comment vous y débrouiller, comment y trouver ce que vous cherchez ? »

« Je vous avais dit que mon autre identité serait relativement facile à trouver. Après tout, je suis originaire d’ici, et je compte réactiver certains contacts. », indiqua posément Kamiko.

La vague des souvenirs défila devant ses yeux. Oui, le passé allait ressurgir, dans les jours à venir… Un mélange d’appréhension et d’allégresse l’envahissait à la seule pensée des retrouvailles.

« Je vois. Bon, cet entretien n’est pas grand-chose, il est surtout là pour la forme, si tu veux savoir. Pardonne-moi de t’avoir un peu brusquée. »

Il reprit un air guilleret qui le rajeunissait, lui donnant l’apparence d’un jeune adulte, tout juste sorti de l’adolescence. Il en avait même profité pour renouer avec le tutoiement.

« Mais je ne savais vraiment pas que tu étais originaire d’ici. C’est intéressant… »

Ses yeux verts, pétillants de malice, se posèrent sur Kamiko comme si elle représentait pour lui un appétissant gâteau au chocolat bien fondant…

« Je vais te laisser le temps de prendre tes marques, puis je te confierai quelques tâches, histoire de voir ce que tu vaux. Après seulement, nous pourrons envisager ton acceptation dans la grande famille qu’est l’une des meilleures organisations de renseignements de la ville, Shirakawa. »

Len invita la jeune femme à le suivre vers la sortie. L’entrevue aura donc été très courte. Tant mieux, elle avait beaucoup de choses à faire, cet après-midi.

« Je te recontacterai le moment venu. », déclara soudainement le blondinet.

« Comment ? »

« Ne t’en fais pas. Peu importe où tu seras, je trouverai un moyen de te prévenir. Ce serait quand même bien si tu pouvais rester en ville, évidemment. »

Il déverrouilla la porte et la tînt ouverte. Ils échangèrent une dernière poignée de main, et Kamiko s’engagea dans l’escalier, en songeant que ces marches réduisaient Len à un état de dépendance. Il devait recevoir régulièrement la visite d’un proche, d’un complice pour lui apporter ce dont il avait besoin. Cependant, même s’il avait pu se balader dans les rues d’Ishigaki, l’aurait-il fait ? Sans doute que non. Les faibles sont des proies, aux yeux des bêtes qui rôdent dans la ville.

« Es-tu à la recherche d’une vérité personnelle ? »

Elle avait à peine descendu quelques marches, quand la question avait jaillit des lèvres du jeune homme. Elle s’immobilisa, et releva la tête pour croiser les yeux verts qui rappelaient ceux d’un chat.

« Oui. Disons que je chercher à percer les nuages de mensonge créés par ma mère, avec ce rayon de lumière qu’est la vérité. »

« Veux-tu que je trouve, pour toi ? »

Dans sa poitrine, Kamiko se sentit déchirée. Tout savoir, tout de suite, en dévoilant tout d’elle, ou trouver d’elle-même, plus lentement, plus sûrement ? Sa main serra un peu plus fort la rampe. Il pouvait tout aussi bien s’agir d’un piège qu’il lui tendait, destiné à savoir jusqu’où elle irait pour découvrir sa vérité.

« Non merci. Je préfère obtenir cela grâce à mes propres efforts. », articula-t-elle finalement, avec effort.

Elle eut un sourire amusé, avant de rajouter :

« Et puis, si tu veux savoir quoi que ce soit sur moi, de ma bouche… Il te faudra payer. Cher de préférence. »

« Entendu… »

Kamiko disparut sans plus attendre dans la cage d’escalier, assaillie par un étrange malaise.

« Mais tu sais, je saurai tout de toi, tôt ou tard. », murmura-t-il en refermant sa porte.

Ce garçon a quelque chose de malsain, pensa Kamiko.




Prologue à une vie : Conclusion
Les Fragments du Futur


« Les citations courtes vous rendent célèbres. Ou pas. »
– Kamiko, de mauvaise humeur après de longues heures d’études –




Peut-on apporter une conclusion à une vie qui n’a pas véritablement commencé ? Décemment non, en dépit du fait que le début et la fin d’une histoire sont totalement arbitraires. Alors contentons-nous de la fameuse ouverture tant appréciée par ces chers enseignants, et observons les fragments d’un avenir troublé…



« Sugai Sayuri, à présent que tu en es devenu membre, il te faudra faire honneur à Shirakawa. Alors pour commencer, je vais te demander une chose. À quelle gloire devons-nous boire ? »

Un magnétisme étrange se dégageait de l’homme qui parlait. Ses longs cheveux argentés attiraient irrémédiablement l’œil, jusqu’à ce que derrière ses lunettes à monture d’acier, on distingue ses yeux dorés. On jurerait deux billes de caramel, dégageant sagesse et bienveillance, force et rigueur à la fois. Kamiko lui répondit par un sourire ambitieux, en songeant aux véritables objectifs de l’organisation Shirakawa.

« À la gloire de notre grande et belle nation, à la gloire de ses morts, de son peuple – de notre peuple – qui se soulèvera de la fange où on l’a roulé. Nous montrerons au monde l’étendue de notre force, et au Pays de la Terre à quel point ils se sont trompés lorsqu’ils nous ont cru brisés ! », déclara-t-elle avec force.

Il hocha la tête, approbateur, et leva son sakazuki, la soucoupe dans laquelle on sert le sake.

« KAWA BANZAI ! », s’écria-t-il.

A son tour, suivant le mouvement de ses nouveaux complices, elle leva son sakazuki. Une chaleur nouvelle se répandait en son être, la sensation d’être là où elle devait être, de faire ce pourquoi elle vivait. Elle été entourée de ces gens devenus familiers, enveloppée par leur foi à tous. Ensemble, ils chasseront le mal que leur avait apporté Iwa et son pays mille fois maudit.

« KAWA BANZAI ! », répétèrent-ils à l’unisson, tel un seul homme donc les vœux s’envolent pour atteindre la voûte céleste.

Comme pour sceller cette promesse, le son éclatant des sakazuki se brisant, projetés contre le sol de ciment, vint tinter aux oreilles de tous. Kamiko sentit ce vent invisible qu’elle seule pouvait percevoir. Il soufflait dans son âme, portant des chuchotements inquiétants. Souvent, ils étaient incompréhensibles, comme si plusieurs personnes se disputaient la parole. Aujourd’hui, ils s’étaient unifiés.

« KAWA BANZAI ! », crièrent-ils eux aussi.

Étrangement, il lui vînt à l’idée qu’ils n’étaient pas seuls, dans cette salle. Que les morts étaient présents, derrière elle, trinquant eux aussi pour leur pays. Le monde qu’elle apercevait se teinta d’une brume aquatique, et elle n’eut alors plus d’yeux que pour l’homme à la chevelure argenté, et dont l’aura bouillonnait d’une énergie rouge et or.

Il est puissant…, comprit-elle, le souffle coupé.




Kamiko se pencha sur l’homme au teint sombre, et pressa ses lèvres contre les siennes. Ses mains caressaient son torse nu, appréciant le contact de sa peau chaude, palpitante de désir. Il fit à son tour glisser le tissu du kimono de la jeune femme, découvrant ses épaules et ses seins, qu’il s’empressa d’explorer, impatient. Leurs deux souffles s’accélérèrent sous l’effet de l’excitation qui les envahissait.

Leurs peaux formaient un contraste saisissant, entre la délicate blancheur d’une rose et l’épiderme basané, bruni par le soleil étouffant du Pays du Vent. L’ivresse de ces si agréables sensations fit oublier toute prudence à Kamiko. Elle n’interrompit pas le tendre geste de son partenaire, qui posa sa main sur sa nuque afin de l’attirer à lui.

De ce contact, une étincelle sembla jaillir, picotant les doigts de l’homme, alors qu’une onde frissonnante parcourait agréablement sa colonne vertébrale. Cela ressemblait à de l’électicité statique.

Mais, ça n’en était pas.

Trop tard pour reculer, désormais. Déjà, la méfiance de son compagnon s’éveillait. Rapide comme l’éclair, il la fit basculer, nouant ses deux poignets dans sa main qui lui avait promis des délices. De l’autre, il écrasait avec force sa tête contre les draps de soie. Son genou s’enfonçait dans son dos, forçant son immobilité.

Elle se sentait curieusement amusée par la tournure des évènements. Elle n’avait pas prévu qu’il l’attirerait dans son lit. Ni qu’elle cèderait à ses avances. Et encore moins que l’objet de sa visite fut si vite dévoilé. Il repoussa ses cheveux, dévoilant l’étrange sceau marquant sa nuque depuis toujours, et poussa un grognement.

« Qu’est-ce que c’est que ça ? », s'exclama le bel étalon.

« Hé ? Surpris… ? J’aurai dû faire plus attention, histoire de pouvoir davantage tirer profit de la situation… », répondit sournoisement Kamiko.

« Salope ! »

Il relâcha sa prise, la retourna et la plaqua brutalement contre la tête du lit, serrant sa gorge entre ses doigts puissants.

« Arrête de jouer ! Qui es-tu ? Et qu’est-ce que tu veux ? »

Emporté par sa colère, l’homme ne sentait plus sa force. Il broyait la gorge de Kamiko, qui ouvrait inutilement la bouche en quête d’un air qui ne pouvait plus circuler. Dans sa poitrine, ses poumons s’enflammaient d’un combustible invisible. Sa vision se brouillait, et bientôt, dans un univers de plus en plus sombre, elle ne distingua plus qu’une balafre lumineuse. Celle qui ornait l’œil gauche de son assassin.


Spoiler:
 


Kamiko Wada
Sayuri Sugai
Kaname Sumeragi


Dernière édition par Kamiko Wada le Mer 19 Oct - 20:42, édité 5 fois

MessageSujet: Re: Wada Kamiko   Mer 29 Sep - 23:16

Bonsoir et bienvenue sur Ryoma.

Morte dès l'inscription, original Wink Bref, j'arrête de tourner autour du pot !
Pour ma part, c'est une très bonne production qui donne envie d'en connaitre plus, le style et soigné, précis, c'est intéressant à lire et à suivre. Cependant, j'aimerai que tu m'en dises plus sur cette organisation s'il te plait. Au final, elle reste malgré tout très peu définie, et je préfèrerai savoir de quoi il en retourne.
Sinon, orthographiquement parlant, et synthaxiquement parlant, je n'ai rien à redire, je n'ai rien vu de désobligeant. La narration est fluide, seulement, on se perd un peu dans les dialogues, par manque de signalétique de personnages.
De plus, pour ton rang, je suis totalement d'accord, en tant que Voyageur Débutant.

Seulement, je me prononcerais uniquement en en sachant plus sur cette organisation Smile

Cordialement, Aishuu


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MessageSujet: Re: Wada Kamiko   Jeu 30 Sep - 2:07

Bonsoir,

Merci pour l'accueil et la prise en charge de mon inscription, j'essaierai de tenir compte de ta remarque sur les dialogues, mon point faible à vrai dire Smile [EDIT : Après relecture, j'ai d'ailleurs fait quelques ajouts à ce sujet]

L’organisation Shirakawa, la Rivière Blanche, est présente dans le quartier de l'Allée de Suigara, à Ishigaki. Son fond de commerce principal, ce sont les renseignements, le vol d'information, retrouver des objets ou des personnes disparues ou au contraire les dissimuler, falsifier des données, créer de faux... Elle fait partie des meilleures du pays en la matière, et possède des ramifications partout où se trouvent des gens originaires de Kawa, et fidèles à leur patrie.

Son succès vient justement de là : ils visent à réhabiliter Kawa. De ce fait, beaucoup de personnes dans le pays en sont des membres passifs, qui vont, par exemple, leur signaler des évènements louches. C'est un objectif vaguement connu des autres, souvent relégué au rang de rumeur pour les "étrangers", puisque que ce n'est pas une intention clairement affichée. "Les informations sont le nerf de la guerre", voilà de quelle manière ils comptent aider Kawa, tout en s'impliquant dans des œuvres caritatives, des orphelinats et autres actions similaires.

J'espère que ces précisions suffiront. J'ajoute qu'il semblerait qu'au sujet de l'objectif Kawa, Shirakawa ne soit qu'un rouage d'une machine plus importante encore, même si ses membres ne sont pas au courant... Cependant, c'est un point que je préfèrerai, si possible, développer dans mes futurs RPs.

Cordialement,


Kamiko Wada
Sayuri Sugai
Kaname Sumeragi

MessageSujet: Re: Wada Kamiko   Jeu 30 Sep - 21:34

Merci bien, si je t'ai demandé cela, c'était simplement pour savoir si l'organisation n'était pas d'un peu trop haute volée, mais je suis plutôt convaincue, suite à ta réponse, que non. Et pour ce qui concerne les dialogues, l'édite rend cela un peu plus clair, oui en effet.

Suite à cela, je te valide donc, un membre du staff t'attribuera ta couleur et ton 'bandeau' (qui n'est en pas un, chez nous, voyageurs !)
Bienvenue parmi la troupe des nomades, bon jeu !

Kamiko +14xp de présentation
Aishuu +10xp (lectrice)


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MessageSujet: Re: Wada Kamiko   Jeu 30 Sep - 23:07

Tout est parfait alors, merci pour tout Smile


Kamiko Wada
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MessageSujet: Re: Wada Kamiko   

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