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  [Menace - ] Réunion préparatoire.

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MessageSujet: [Menace - ] Réunion préparatoire.   Dim 3 Oct - 19:55

[Menace d'indicatif M001: Kaze, Insurrection.]

~ Réunion préparatoire ~

Le vent qui courrait dans les rues du village de Kiri était porteur de mauvaises nouvelles. Il se faisait l'augure de temps de plus en plus sombres, de mauvais présages. Je longeais pour l'instant les murs d'une ruelle aux pierres disjointes. Mes pas résonnaient dans le vide du matin, au cœur glacé. Je n'avais pas prévu ce qui allait advenir de mon début dans l'équipe. Si j'avais su que je serais entraîné dans un engrenage un peu trop imposant pour moi, je n'aurais sûrement rien osé, rien tenté. Je ne me serais pas présenté ce matin déjà révolu, et je n'aurais jamais osé faire le premier pas dans la machine kiréenne, parfaitement huilée, montée pour résister aux embruns quotidiens d'une vie se durcissant. Mais non, je n'avais pas hésité, j'avais franchi le pas. Takeshi m'avait félicité d'avoir osé. Il était venu me voir, un après midi, quelques temps avant de repartir pour une autre de ses missions à rallonge, et s'était invité chez moi. Son apparition m'avait fait énormément plaisir, et, en même temps, il me paraissait bien plus lointain qu'avant. Comme si, même si j'osais tendre la main en sa direction, la peau que je sentirais sous mes doigts ne serait que glace et parchemin diaphane. Sa présence auparavant si chaleureuse avait pris un air désagréablement formel.

Je lui en avais fait part, bien entendu. Depuis son retour, il n'avait fait aucun secret du pourquoi et du comment, des raisons qui l'avaient poussé à me sélectionner ainsi. Et j'avais décidé de lui révéler mes sentiments à son encontre. Lorsque je les avais énumérés, il avait éclaté de rire à l'évocation de mon "Aversion". Le mot lui était resté en travers de la gorge, mais il n'en montrait rien. Il ne voulait pas briser l'image qu'il s'était reconstruit avec tant de délicatesse. Sa position dans mon esprit était similaire à celle d'un funambule. Un seul faux pas, un manquement aux règles de sûreté les plus élémentaires, et il chuterait. Pour, cette fois, n'avoir plus aucune chance de se relever. Et cette fois çi, il n'avait pas non plus méprisé la sécurité. Lorsque je lui avais annoncé que j'avais du mal à le percevoir encore comme cet oncle miraculeux qui m'avait tant apporté, il m'avait simplement répondu, d'une voix à demi éteinte:

Takeshi – Je vois, c'est une réaction... Normale.

J'avais eu du mal à le croire. Lorsque j'avais essayé d'en parler avec Kasuo, il avait balayé mes questions. A la manière d'un total déni de réalité. Il avait directement embrayé sur la raison qui m'avait poussé à traverser cette fameuse ruelle aux pierres rendues glissantes par la brume matinale. Il avait commencé à me parler des devoirs militaires d'un shinobi kiréen. Comme dans tout autre village caché, un shinobi était assimilé à un soldat. Un soldat d'élite, certes, mais un soldat tout de même. Il avait d'ailleurs les mêmes devoirs que le soldat, quoique tempérés d'un peu plus de libertés. Puis il a insisté sur le rôle de mercenaire que le ninja était amené à adopter. Se lançant dans de larges digressions au sujet de l'économie des villages – qui ne m'intéressaient d'aucune façon, j'avais déjà lu tout ce qui s'était écrit sur le sujet, ou presque – il passa une bonne heure à faire son petit cours. Cette fois çi, il se révéla ennuyeux. Ce sujet ne l'intéressait pas le moins du monde. Mais je voyais briller une étrange lueur au fond de ses yeux, comme s'il me cachait une chose, une agréable surprise.

Je l'écoutai donc sans protester. Si le jeu en valait la chandelle, j'avais tout intérêt à subir ce cours magistral. D'autant plus que nous étions assis à ma table, une théière emplie à ras bord entre nous. Le petit poêle à bois dont je disposais réchauffait de plus en plus l'atmosphère, si bien qu'on pouvait avoir l'impression que Kasuo était empressé d'en finir avec sa démonstration. Il me jettait de temps en temps un regard qui semblait signifier: "désolé de t'infliger ça, mais je ne peux pas déroger à la règle". Je n'avais pas grandi dans le village, il me manquait donc tout de même quelques connaissances pratiques... Enfin, il arriva au bout de sa tirade.

Kasuo – Donc. Nous pouvons avoir un rôle de mercenaires. Et... Voilà qui va t'intéresser.

Il sortit un rouleau déjà descellé de sa poche abdominale, et le déroula sous mes yeux, qui s'ébahirent au fur et à mesure qu'ils descendaient au pied de la feuille. Elle était couverte d'une écriture serrée, simple et directe. Elle ne voulait rien dire, et pourtant révélait beaucoup.

"A l'attention du chuunin Sojira Kasuo.

Votre demande concernant l'intégration de l'aspirant à la mission M001 concernant un conflit mineur a été acceptée, à la condition sine qua non que sa participation aux éventuels combats soit limitée dans la durée et dans l'intensité.

Une réunion d'information se tiendra en salle 308 de l'académie, ce dimanche matin."


Je ne voulais pas analyser cette lettre, mais je ne pus me retenir. Elle était très claire. Ma participation à une mission en dehors du village était acceptée, à condition que je sois encadré, et que ma liberté d'action soit réduite. Mais ce bout de papier voulait dire bien plus de choses que ce qui y était écrit. Il signifiait que, comme moi, Kasuo avait fait une croix sur les évènements passés, qu'il était fier de me compter parmi ses connaissances, et qu'il avait fait un gros effort pour m'intégrer à cette mission.

Ekei – Et toi, tu viens?

Kasuo – Je ne sais pas encore. Mais tu y retrouveras une connaissance. Kawaki-san. Je n'ai pas d'autres informations sur les autres participants, mais je pense que ta prise en charge sera efficace. Et tu as quand même quelques bonnes bases!

Il avait ri, et maintenant, se sourire était gravé en moi. Il représentait tout un tas de choses, diverses et complexes, opposées mais pourtant complémentaires. J'y repensais avec un petit serrement de coeur, tandis que je rasais les murs de près. Ma nuit avait été agitée, le cauchemard qui s'était déroulé sous mes yeux n'avait rien de plaisant. Une histoire de meurtre, d'incendies et de larmes, coupées avec une tonne de déformations étranges. Un bon concentré de déprime, en bref. Le temps de cette matinée ne pouvait pas rattraper mon moral. La pluie venait de s'arrêter. Au bout de dix minutes, j'arrivai enfin en vue de l'académie. Montant rapidement au troisième étage, je pressai le pas. Mais la porte du 308 était encore fermée à clef. J'étais en avance. Des pas montaient l'escalier. Kawaki-san, ou une future connaissance?
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