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 La lourde croix

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MessageSujet: La lourde croix   Jeu 28 Oct - 18:16

Il était de retour.

Sans remous d'aucune sorte, avec une simplicité étonnante. La rumeur selon laquelle il avait passé les portes du village pour faire directement son rapport à Shinji avait largement filtré dans tout le village et les discussions allaient bon train. On le disait mort, certains prétendaient même qu'il avait déserté pour diverses raisons (celle qui revenait le plus souvent impliquait immanquablement une femme gâtée par la nature et sans aucun doute née pour procréer), mais tout au long des mois qui avaient privé kiri de son inestimable présence, tout ce que les gens avaient à se mettre sous la dent étaient une cohorte de rumeurs. Haya connaissait une partie de la réalité, mais elle aurait été incapable de préciser sa pensée. Il était quelque part et il reviendrait probablement c'était tout ce qu'elle pouvait dire. L'administration l'avait entendue à la suite de sa mission, un moment pénible parmi d'autres...

Shinji – Disparu... ?

Haya – Oui. D'un coup.

Shinji avait l'air douloureux des mauvais jours. Haya espérait que l'entretien se terminerait le plus vite possible, elle était épuisée et aspirait à une douche méritée. Peut-être même un bain, mais elle n'en aurait probablement pas la force et mourir noyée après une telle mission, c'était injuste. Ils avaient d'abord pensé laisser Chiyoko faire le rapport à Shinji seul pendant qu'eux-mêmes iraient rendre compte à Satoshi de leur formidable aventure humaine, mais Shinji avait tôt fait de la contacter à son tour pour qu'elle monte le rejoindre. Heureusement, à son arrivée, Chiyoko n'était plus là. Elle se demandait ce qu'il avait bien pu dire à son sujet. Peut-être qu'elle risquait une sorte d'avertissement disciplinaire ? Ce serait un peu fort, Haya n'avait pas tué une centaine d'hommes pour se voir réprimander en bout de course. Mais Shinji ne cherchait pas querelle, il posait des questions précises et lui demanda de relater comment exactement Akio Raitero avait disparu.

Haya lui raconta la fin du combat, l'état d'Akio en passant rapidement sur les raisons de cet état (bien qu'il y aurait eu beaucoup à dire sur le discernement du chunin) et la façon dont elle avait invoqué quelque chose pour s'occuper de lui. L'entretien ne dura pas, Shinji regrettait de ne pas avoir Hyô sous la main mais il semblait avoir sa propre idée sur la question (idée qu'il ne partagea pas, fort heureusement, avec Haya, qui put rejoindre son appartement).

Depuis, la situation n'avait connu aucune évolution. Akio était toujours porté disparu. Alors dans ces conditions, son retour avait été remarqué. Le chunin était allé directement se présenter auprès de Shinji et rien ne filtra de leur entretien, du moins dans un premier temps. Il ne fallut pas deux jours pour que tout un chacun sache qu'Akio avait été indisposé suite à de graves blessures et qu'il était parti récupérer auprès de son école de taijutsu, une histoire de miroir orange. Haya ne savait pas du tout si cette version était réelle ou inventée pour les besoins de l'explication. Elle devait bien avouer que cela ne l'intéressait pas plus que cela, elle estimait avoir porté la croix qu'était Akio suffisamment longtemps. Malgré tout, Haya se demandait à quoi il ressemblait maintenant. Haya avait compris, progressivement, que les créatures de glace ne se contentaient pas de rendre service, elles allaient prendre leur dû auprès d'akio. Il ne serait plus... pareil... peut-être qu'il était devenu encore plus crétin. Pourvu qu'ils ne lui ai pas pris ses maigres ressources intellectuelles, se disait Haya, je ne voudrais pas courir le risque de le prendre en pitié.

Tôt ou tard, il lui faudrait lever le voile sur cette pesante interrogation, mais Haya repoussait soigneusement l'échéance chaque fois que l'occasion se présentait. Néanmoins, l'échéance vint à elle sans que la jeune femme n'y puisse rien faire. Akio, hélas, voulait la revoir.

Haya se disait que, dans une vie antérieure, elle avait dû se montrer monstrueuse envers ce qu'était alors Akio. Il s'agissait certainement de l'un de ces papillons de nuit pas très malin, ceux qui s'obstinent à se noyer dans la moindre goutte d'eau ou qui grillent contre les ampoules. Haya l'aura sans doute torturé pendant des nuits et des nuits, en éclatant d'un rire sadique à chaque battement d'aile. Dans tous les cas, elle avait dû se montrer particulièrement méchante pour que le sort s'acharne ainsi. A ses yeux, toute cette expérience était gênante, comme une nuit d'amour ratée avec quelqu'un qu'on est amené à rencontrer tous les jours. On n'en parle pas et on passe à autre chose, c'est beaucoup plus simple de cette façon, inutile de s'appesantir ou (pire) de recommencer.

Mais Akio s'était spontanément présentée à elle tandis qu'elle s'entraînait avec la flamme jaune, près des lacs. Il marchait posément, les bras le long du corps, la démarche souple. Au moins, il ne bavait pas en bredouillant des propos incohérents sur ses couches, ce qui était un signe encourageant. Il salua de la main Koshiro, qui lui répondit d'un signe de tête amical. Naikin et Ryosen interrompirent leurs échauffements pour l'observer s'avancer à leur rencontre. Benihime, debout à côté d'Haya, le fixait à la façon d'un faucon gourmand, pour peu qu'un faucon puisse avoir l'air gourmand.

Arrivé à quelques mètres d'elles, il salua Benihime d'un sourire et d'un signe de tête (elle ne cilla pas et continua de le dévisager avec une insistance totalement impolie), puis se tourna vers Haya. Il y avait toujours une étincelle dans son regard, mais c'était sans doute un reflet du soleil, même avant son séjour avec les créatures gelées, Haya ne se souvenait pas d'étincelle remarquable dans ses yeux.

Akio – Salut Haya.

Il attendit une réponse mais Haya ne voyait rien de précis à lui dire. Elle se rappela brusquement qu'il ne savait pas qu'elle parlait, alors il ne pouvait pas raisonnablement attendre d'elle une réponse articulée. Mon dieu, se dit-elle, j'ai assassiné les ultimes neurones de ce pauvre homme, il me doit la vie, il est venu me réclamer une tutelle.

Akio – Est-ce que je pourrais te parler cinq minutes ?

Haya – Heu... cela ne me dérange pas, mais... tu es bien sûr de pouvoir t'exprimer pendant cinq minutes entières ?

Benihime éclata d'un rire bruyant et ouvertement insultant, ce qui n'avait pas du tout été l'intention d'Haya. Elle se rendit compte que sa question pouvait être mal interprétée, pour quiconque ne risquait pas de devoir materner un abruti jusqu'à la fin de ses jours. Akio se rembrunit mais fit un effort louable pour sourire légèrement, en amorçant un geste de départ.

Akio – Ce n'est pas grave, je me disais bien... bon...

Haya – Non non, je me suis mal exprimée. Viens.

Elle l'attrapa par le bras et l'amena loin d'une Benihime qui se tenait littéralement les côtes. Ryosen l'observait d'un œil docte, en essayant vraisemblablement de déterminer les chances qu'elle avait de mourir d'asphyxie. Elles ne semblaient pas suffisamment bonnes pour qu'il vienne lui donner un coup de main dans l'appareil pulmonaire. Akio se laissa conduire, vaguement surpris. Haya lui jetait de nombreux regards en coin pour essayer de déterminer ce qui pouvait se passer dans son cerveau, s'il se passait quoi que ce soit. Il avait déjà compris qu'il s'était fait rabrouer (par erreur, mais personne ne pouvait comprendre la subtilité), c'était un bon signe.

Haya finit par s'arrêter et lui fit face prudemment en l'invitant à poursuivre. Akio se passa une main dans les cheveux, visiblement gêné, et lâcha d'un ton un peu plus fort qu'il ne l'aurait voulu :

Akio – Merci...

Haya inclina la tête dans l'attente d'une suite composée de borborygmes et de production salivaire excessive, mais rien ne se passa. Elle se détendit brusquement.

Haya – Ha, bon, ce n'est rien. Pas de problème. Je suis contente que tu ailles bien.

Il sourit. Haya le désigna du menton.

Haya – Tu vas bien n'est-ce pas ?

Akio – Oui, oui... je vais bien. Je...

Haya – Tu te sens fatigué, tu veux t'asseoir peut-être ?

Akio la regardait avec des grands yeux et Haya s'arrêta de penser tout à coup. Il la regardait comme si c'était elle, la débile. C'était insultant ce regard sur ce visage en particulier. Qu'il meure à l'instant d'une pénurie de neurones.

Akio – Je vais bien je t'assure. J'ai vraiment... bon... j'ai chier dans la colle pendant la mission.

Haya – Ha tu peux le dire oui. C'était abominable, une telle série de mauvais choix, moi j'étais sûre que tu travaillais pour l'ennemi. Ce n'était pas possible autrement.

Akio grimaça.

Haya – Je plaisantais. Je testais ta capacité à comprendre l'humour. C'est un échec.

Le jeune homme ne semblait plus vraiment savoir où se mettre. Il dévisageait Haya comme si elle représentait un élément particulièrement incertain, une bombe par exemple, qu'il convenait de manier avec une extrême précaution. Voire même, de l'éviter, autant que faire se pouvait. Mais ce bref moment de honte ne saurait rivaliser avec celle qu'avait éprouvé la jeune femme lorsqu'il avait fallu rendre compte de la disparition de ce sinistre sir, entre autre élément désagréable de la mission (la mort, de son fait, de tous les passagers du bateau de croisière le talonnait de très près).

Akio – Hum... désolé je ne suis pas habitué à t'entendre parler, c'est difficile de déterminer si tu plaisantes ou pas. Et à vrai dire je pensais que ce serait un moment un peu plus... solennel.

Phrase articulée de plus de dix mots, cet Akio était indubitablement meilleur que le précédent. Une brillante réussite à mettre sur le compte de la redoutable ignorance d'Haya sasaki, mais qui s'en souciait ?

Haya – Je suis passée à autre chose à vrai dire. Je suis contente de voir que tu vas bien, mais honnêtement, ce qui s'est passé à yagi, c'est loin pour moi. Il n'y a pas d'excuses à recevoir ou quoi que ce soit.

Akio – En fait je voulais te parler des... enfin... des guerriers gelés.

Haya s'assit par terre et étira ses jambes dans l'herbe. Le chunin l'imita, appuyé sur son genou.

Akio – C'est vraiment toi qui les a... invoqué ?

Se souvenir de cet instant en particulier n'était pas compliqué, étant donné que la jeune femme avait été amenée à y réfléchir de nombreuses fois, y compris au cours des dernières semaines.

Haya – Non pas vraiment. C'est plutôt eux qui sont venus. Quand je t'ai touché, tu étais presque mort. Je n'avais rien pour t'aider et les médecins de notre équipe n'avaient pas la compétence pour te sortir de là. J'ai juste demandé à ce qu'on t'aide. Mes pouvoirs se sont manifestés. Une voix a dit que j'étais encore en vie et je lui ai demandé de s'occuper de toi. Elle a dit qu'elle avait le pouvoir de te sauver... et elle t'a amené.

Haya haussa les épaules.

Haya – Je ne savais pas où. Ton copain Chiyoko m'en voulait, mais je savais que tu reviendrais. J'ai senti, d'après ce que je ressentais auprès des créatures, que tu ne t'en sortirais pas entier. Alors je pensais qu'elles t'avaient pris les quelques neurones qui te restaient. Mais je vois qu'ils sont toujours solidement en place.

Akio eut un sourire plus franc. Il s'évanouit cependant très vite.

Akio – Ils m'ont pris quelque chose... mais je ne sais pas quoi. Je crois que des choses ont changé depuis. Je ne sais pas si je serai un homme meilleur. Je l'espère. Je vois les choses différemment. Cela faisait des mois que j'étais prêt à revenir, mais je suis retourné auprès de mon école. Revenir aux sources, tu sais.

Le cerveau d'Haya se mit en mouvement dans un brusque élan. Son rythme cardiaque augmentait progressivement. Tu sais. Akio était entré en contact avec les Bishamonten que lui avait décrit Yomi. Akio savait qu'Haya disposait de propriétés Aisu. Les Bishamonten sont une des seules techniques exclusives aux Kasen, pour ce qu'en savait Haya. Son père, Kade Kasen, était célèbre pour la maîtriser. Il ne l'utilisait que dans de rares occasions, mais cette technique était attachée à sa légende. Akio l'observait avec le plus grand sérieux.

Ce type sait qui je suis. La vérité de cette seconde la frappa de plein fouet et la laissa complètement étourdie. Il sait que je suis la fille de Kade Kasen. Presque malgré elle, Haya glissa un coup d'œil dans la direction de la flamme jaune.

Akio – Tu ne crains rien. Je suis peut-être un crétin, mais j'ai de l'honneur. Tu m'as sauvé la vie en utilisant une technique qui avait des chances de te démasquer. Il n'y a pas tant de ninjas qui l'auraient fait, crois moi.

Haya avait la bouche pâteuse.

Haya – Je ne... l'ai pas fait exprès. Je ne connaissais pas cette technique. Seulement après...

Akio – Alors tu es vraiment sa fille... c'est dingue. J'ai connu ton père quand j'étais môme. Il nous faisait rêver tu sais. On adorait le détester. Il dégageait des choses puissantes. Le vieux ne l'aimait pas du tout.

Haya – Quel vieux ?

Akio – Kenji. Kenji Eichino.

Haya – Ha...

Haya avait l'impression qu'il ne l'aimait pas beaucoup elle non plus, ils avaient brièvement eu l'occasion de se parler durant le procès de Nezu. Il savait sans aucun doute qu'elle était la fille de Kade. Dans tout le village, hormis ses amis proches, ils ne devaient pas être plus de cinq à être dans le secret. Akio venait s'ajouter à l'équation. C'était certainement pour cela, entre autre choses, qu'il avait voulu voir Shinji en premier lieu. Haya se sentait très mal à l'aise. Akio n'était pas exactement le genre de personne à qui elle aurait aimé faire confiance, mais il semblait que le destin lui forçait un peu la main sur ce coup. Hormis l'assassiner, il ne lui restait pas beaucoup d'options et le mal était fait.

Un silence gêné s'installa. Haya regardait par terre fixement, comme si elle peinait encore à mesurer le problème dans sa globalité. Akio était au courant... elle n'y avait jamais songé, pas même un instant. Comment cela avait pu lui échapper ? Dès que le nom Bishamonten avait été prononcé, elle aurait dû sauter au plafond, faire le rapprochement avec Akio... c'était ses neurones à elle qui avaient disparu...

Akio – Je ne garde pas de vrais souvenirs de mon séjour avec les hommes de glace. Comme un rêve, tu sais, quand tu essayes de toutes tes forces de te le rappeler. Il y a des choses qui me reviennent... la sensation de geler, des voix profondes, des éclats bleus... ce sont des dieux hein ? J'étais avec des dieux... je sentais leur puissance physiquement, et pourtant, je n'avais plus aucune sensation. Mais c'était si écrasant, si total...

Il secouait la tête lentement.

Akio – Je n'ai fait le rapprochement qu'après. Quand j'étais à l'école. Je repensais à toi. Je me disais : j'ai déjà vu ce regard. J'ai déjà ressenti cette impression. Quand tu m'as touché. J'étais presque inconscient mais pas complètement. Pas complètement... à l'instant où tu m'as touché, quand les hommes de glace se manifestaient à toi, je commençais à comprendre je crois. Après, j'ai tout oublié. Je m'en suis souvenu à l'école. L'impression que tu dégageais, c'était vraiment celle de ton père. Chiyoko n'a pas connu Kade, alors il n'aura pas fait le rapprochement. Et il n'aura pas senti la chose aussi profondément que moi. Ne t'en fais pas, ton secret est à l'abri, même si tu vas avoir du mal à le croire.

Akio posa sa main sur son genou (un geste qui, quelques minutes plus tôt, aurait été très déplacé, mais Haya avait bien d'autres soucis en tête).

Akio – Tu m'as sauvé la vie. Pas seulement en apparence. Tu as changé ma vie. Je vois clair maintenant. Je ne l'oublierai pas. Peut-être qu'il y a des gens qui voudront s'en prendre à toi quand ils apprendront. Peut-être que tu courras des dangers. Mais tu pourras me faire confiance et si l'occasion m'est donné de payer ma dette, je le ferai. D'accord ?

Haya acquiesça avec une infinie lenteur. Elle toussa et prit le temps d'articuler quelques mots.

Haya – Si tout se passe comme je l'imagine, il ne devrait pas y avoir d'affrontement.

Akio – Ok. Mais au cas où...

Cette découverte engendrait de nouvelles ramifications. Qu'une personne en plus connaisse son secret ne changeait pas radicalement la donne, même si cette personne s'appelait Akio Raitero, finalement. C'était déjà une chance qu'Akio n'ait pas une dent particulière contre Kade, et qu'il n'ait pas bondi sur l'occasion pour livrer Haya à ses ennemis. Ce qui aurait été un peu fort après tout le mal qu'elle s'était donnée pour le sauver, mais malgré tout, c'était loin d'être une hypothèse absurde. Si les ninjas étaient des chevaliers, cela se saurait, mais heureusement pour elle, Akio semblait encore empreint de valeurs de la vieille école... moins arriviste qu'il ne le paraissait.

Haya – C'est une grosse nouvelle mais je pense que je m'y ferai.

Akio – Bon, tant mieux. Je voulais pas trop te brusquer mais je pensais qu'il valait mieux que tu saches. Maintenant, les choses sont claires... quand je pense que tu es la fille de Kasen, c'est dingue. Je rêvais de lui parler moi. Je sais pas comment ils ont fait pour cacher qui était ton père. C'est fou.

Haya – Ils n'ont pas relayé toutes les informations en même temps. La mort de mon père n'a été rapportée que très tard. J'étais déjà à kiri depuis quelques temps. Quand je suis arrivée, je crois que personne n'a demandé qui j'étais et d'où je venais. Il y a des tas d'orphelins dans le village, une de plus... Mon père nous avait appelé Sasaki. Alors ils ont continué à nous appeler Sasaki. Les équipes d'intervention sur place n'ont pas eu grand-chose à se mettre sous la dent. Kajima avait retiré tout ce qui était trop compromettant. Hakame a été informé. On lui a laissé une photo de mon père avec nous. Pour le reste des équipes, on était juste des civils qui s'étaient faits avoir par des pillards. Puis la mort de Kade a été rapportée. J'étais toujours à l'hôpital, il paraît que cela a fait du bruit. Mais personne n'a jamais établi le rapport entre ma venue et la mort de Kade, puisque les deux étaient sans corrélation. Peu de personnes étaient averties que Kade était mort à l'heure où il est mort. Et c'était des personnes de confiance. Kiri s'est assuré que je bénéficie de la couverture que mon père avait créé, et j'en bénéficie toujours aujourd'hui. Pour l'instant.

Akio – Tu comptes dire qui tu es ?

Haya acquiesça. Elle savait comment elle le dirait. Pour le moment, elle se demandait encore si elle en aurait le courage au moment de le faire. Mais il n'y avait pas d'autre doute dans son esprit. Le plan devait fonctionner sans accroc, au moindre problème, l'équilibre du pays serait perturbé. Il suffisait d'une attaque de kiri sur une île pour qu'elles s'embrasent toutes. Les vieilles cicatrices n'étaient pas encore complètement refermées (elles ne le seront jamais). La seule puissance de frappe ne suffirait pas, Haya en avait conscience. Mais elle aiderait à maintenir la haine à distance assez longtemps. Il n'y avait qu'une compréhension intime des choses qui pouvaient soigner une haine sclérosée.

Akio – Ca va être coton. Tu dois le savoir, mais ton père est encore dans les pensées de pas mal de ninjas. Cela ne fait pas si longtemps qu'il est mort pour nous. On ne sait pas du tout ce qu'il a fait. Shinji m'a dit deux trois choses, mais pas les plus importantes. Ca me va, pas besoin d'en savoir beaucoup plus.

Haya – Il faut que les gens sachent la vérité. Je ne veux pas qu'on utilise ma famille comme ça. On m'a retiré ma famille, je veux récupérer son nom. Ce n'est pas par caprice, mais c'est avec des mensonges tels que celui-là que des pays sont manipulés et acculés à la guerre, que des familles disparaissent et que des clans sont submergés. Ce n'est pas normal. S'il y a des gens pour le croire, ces gens sont mes ennemis et je le leur ferai savoir.

La jeune femme finit par se remettre debout, le regard baissé sur Akio. Le jeune homme regardait l'herbe sous ses pieds, d'un air absent. Son visage était plus sombre que dans le souvenir d'Haya, même si on pouvait mettre cela sur le compte du temps qui séparait leur précédente rencontre. Mais elle sentait elle aussi que quelque chose avait changé chez lui. Une infime variation qui s'était implantée en lui jusqu'à des niveaux impossibles à toucher.

Haya - Ce que les cavaliers t’ont retiré... tu dois le chérir parce que cela ne reviendra jamais.

Akio releva doucement la tête vers elle. Il lui adressa un sourire heureux.

Akio – Je me suis parfois détesté pour mes réactions puériles. Je me disais que je valais mieux que cela. Maintenant, je pense que c'est vrai. Tu ne méprises pas l'enfant que tu as été, je ne méprise pas l'homme que j'étais. Mais, les temps ont changé pour nous deux.

Les temps ont changé...

Quand Haya retourna auprès de la flamme jaune, ils s'interrompirent tous, étonnés. Benihime la prit par les bras, les sourcils froncés. Elle lui dit qu'elle était pâle à faire peur. Haya sourit pourtant en les rassurant. Elle leur dit qu'Akio connaissait la vérité sur son père, mais que leurs plans demeuraient inchangés. Il y avait une certaine faiblesse à prétendre pouvoir tout contrôler. Une vie domestiquée est triste et sans saveur. De cette nouvelle donnée pouvait dépendre beaucoup de choses, mais fondamentalement, Haya n'était pas plus inquiète qu'elle l'aurait cru. Ils devaient être préparés à répondre à toutes les situations. Il y avait quelque chose de rassurant dans cet Akio, une impression de sérénité qu'il n'avait jamais dégagé dans le passé. Quel que soit l'élément que les Bishamonten lui ont pris, Akio allait devoir se reconstruire sans. Mais peut-être qu'il montrerait de nouveaux visages, moins prévisibles... Haya, elle, savait qu'elle y serait obligée de son côté, dans l'intérêt de son entreprise.

MessageSujet: Re: La lourde croix   Sam 25 Juin - 16:28

Dans les jours qui suivirent, Haya fut amenée à beaucoup penser à Akio.

Elle devait garder un œil attentif sur sa mission, car l'attaque sur yukan exigeait une concentration de tous les instants. Néanmoins, fréquemment, Akio s'invitait sans prévenir dans ses pensées. Haya se demandait ce qu'il avait pu vivre auprès des rois gardiens qui soit si fort que cela puisse altérer sa perception des choses. Elle se demandait ensuite si l'homme était réellement sincère, si elle n'allait pas se retrouver avec un couteau dans le dos au moment où elle ne pourrait plus se le permettre et si enfin le contact prolongé avec les rois gardiens n'allait se manifester par une brusque rechute plus tard. Koshiro lui avait certifié qu'Akio était digne de confiance, mais ce n'était pas si facile. Elle ne le connaissait pas et même, pendant la période qu'ils avaient partagé, elle avait eu le temps de se forger un avis négatif à son sujet. Le fait de lui avoir sauvé la vie (de l'avoir changée comme il le disait) ne suffisait pas, pas aux yeux d'Haya. Les ninjas, au cours d'une mission, ont l'habitude de se sauver la vie, toute la mission consiste à se maintenir mutuellement en vie pour augmenter les chances de succès. Ce n'était pas quelque chose qui avait tant de valeur que cela dans cet univers, la jeune femme s'en était aperçu. Haya avait rendu un service à Akio, peut-être, mais ce qu'elle attendait de lui dépassait de très loin leur survie individuelle. Par un mot de trop, il pouvait non seulement dresser un obstacle infranchissable entre la vérité et le mensonge, mais également déclencher des évènements très incertains. Haya était parfaitement incapable de dire ce qui se passait si, le lendemain, tout un chacun savait de qui elle était la fille. Est-ce qu'ils lui en tiendraient tant rigueur que cela ? Peut-être pas à titre personnel. Mais ils devineront le mensonge et cela les mettra en colère. Haya ne voulait pas faire trop de cas de sa propre importance, mais on lui avait suffisamment répété que la haine que générait son père était à ce point déraisonnable qu'elle en devenait chaotique pour qu'elle fasse attention.

Il lui restait encore un peu de temps avant l'attaque sur yukan. La jeune femme éprouvait un besoin de plus en plus vif de mener sa propre enquête sur Akio. Pas seulement pour s'assurer de sa fidélité, car il y avait malgré tout peu de chances qu'elle parvienne à découvrir la moindre supercherie, mais pour retrouver ce qu'il avait perdu dans le royaume des gardiens. D'une manière très étonnante, Haya se sentait comme responsable de ce qu'il était désormais, alors que quelques temps plus tôt, elle l'avait pratiquement occulté de son esprit, remplacé par des choses plus urgentes et personnelles. Maintenant... elle ne savait plus trop à quoi s'en tenir. Akio lui même semblait ignorer l'élément qui lui manquait, s'il lui manquait bien quelque chose. Haya n'avait pas écarté la possibilité qu'il ait progressé par lui-même, à partir d'une expérience définitive, un peu comme Haya l'avait fait. Elle ne manquait pas d'interlocuteurs pour poser ses premières questions.

Haya - Est-ce que tu connais bien Akio Raitero ?

Benihime - Pas plus que ça non. Je sais qu’il se vante d’être l’homme le plus rapide de kiri. Il a cessé de me parler quand je lui ai demandé si c’est ce que lui disait sa copine.

Elles se trouvaient à peu près au même endroit où Akio était venu les rejoindre, près des lacs. Benihime s'était rhabillée pour combattre dans le cadre de son entraînement quotidien pour acquérir une nouvelle technique. Ryosen occupait le rôle envié de cobaye nécessairement consentant. Benihime acheva d’attacher sa combinaison.

Benihime - Tu devrais poser la question à Koshiro. Il a travaillé avec lui.

La jeune femme suivit ce conseil à contrecœur. Elle avait la très nette impression que Koshiro, emporté par ses hormones, s'imaginait des choses à son sujet. Il semblait avoir fait un rapprochement hâtif entre le célibat d'Haya et son intérêt soudain pour Akio, une connexion très hasardeuse qui était, pour ainsi dire, opposée à la réalité. Il y avait tout de même une nette différence entre essayer d'estimer la dangerosité potentielle d'une personne et se renseigner sur ce qu'elle aimait manger le matin. Haya trouva Koshiro occupé à une séance d'entraînement qui lui parut, même de loin, trop éprouvante pour un être normalement constitué (ce que Koshiro était de toute évidence, comme Haya pouvait le voir et comme elle avait déjà pu s'en rendre compte par le passé). Il levait sans doute plus de son poids à bout de bras, sans se presser, le corps ruisselant de sueur. Il se payait même le luxe de parler sans (trop) s'essouffler. Mais c'était pour frimer.

Haya - Koshiro... je te dérange ?

Koshiro - Non, non. Juste de l’entraînement. Qu’est-ce que je peux faire pour toi ?

Haya - Est-ce que tu connais Akio Raitero ?

Koshiro - Oui. Tu veux savoir quelque chose en particulier ?

Haya se retint à grand mal de lever les yeux au ciel. Encore ce ton, comme s'il avait vu clair dans son jeu d'adolescente amourachée. En vérité, c'en devenait vexant. Akio quoi ! Il s'était peut-être sensiblement amélioré depuis la dernière fois qu'haya avait eu le malheur de le croiser mais quand même, de là à sortir avec un homme qui, par son incompétence crasse et son emportement, avait manqué les tuer, c'était aller un peu vite en besogne. Elle voulait bien admettre qu'il n'était pas responsable de tout ce qui s'était mal passé lors de la mission, mais sa responsabilité était nette. Pas tant parce qu'il était chef d'équipe, mais justement parce qu'il s'imaginait être leur chef sans en avoir la prestance et la qualité. Mais la jeune femme ne souhaitait plus penser à cela, elle avait passé suffisamment de semaines à le maudire au sortir de la mission, avant que des choses beaucoup plus importantes ne viennent le remplacer.

Haya – Je vais faire semblant de ne pas avoir remarqué ton air entendu.

Koshiro reposa la barre et se redressa en s'étirant de tout son long. Haya devait quand même admettre que Saeka n'avait pas à se plaindre. Il attrapa une serviette et entreprit d'essuyer la sueur qui le recouvrait.

Haya – Qu'est-ce que tu penses de lui?

Koshiro - Bien... il est plutôt bon dans ce qu’il fait.

Il laissa négligemment la serviette sur son épaule, tandis qu'il buvait une substance qui devait probablement le doper. La salle dans laquelle ils se trouvaient était pratiquement vide, à part deux pauvres adolescents maigrichons qui faisaient vraiment peine à voir, surtout quand on avait sous les yeux un Koshiro à peine échauffé mais déjà luisant et, même, étincelant. Mais ce n'était pas tant la différence physique que leur incroyable capacité à faire du bruit qui frappait Haya. Cela faisait peut-être deux minutes qu'elle était là et il y avait au moins deux appareils de sabotés, à grands renforts de cris et de mouvements brusques. Haya se détourna de ce triste spectacle pour se concentrer sur son interlocuteur.

Haya - Sur le plan humain je pensais.

Koshiro - Ah... c’est un con. Mais un bon gars. Si je devais organiser une soirée, je penserais à lui. Si je devais remettre ma vie entre ses mains... je flipperais. Il serait prêt à mourir pour sauver quelque chose, mais disons que mort, il ne risquerait pas de sauver quoi que ce soit. C’est quelque chose qu’il n’arrive pas à comprendre. Un con quoi.

Haya acquiesça longuement. Cela recoupait avec ce qu'elle avait deviné de lui au cours de la mission, mais cela remontait à longtemps et la période qui l'intéressait était plus proche.

Haya – Et aujourd'hui ?

Koshiro remit son tshirt et haussa les épaules.

Koshiro – Aucune idée. On ne s'est pas trop vus. Mais il se fait moins remarquer. Pourquoi ?

Haya – Je crois qu'il a changé depuis qu'il est entré en contact avec les bishamonten.

Koshiro – On changerait pour moins que ça j'imagine. En quoi ça te concerne ? Tu t'inquiètes parce qu'il est au courant ?

Haya hocha la tête.

Koshiro – Te prends pas la tête avec ça. On ne sait pas ce qui va se passer. Avec de la chance, il n'aura pas à porter ce secret trop longtemps. Dans le pire des cas... c'est un ninja, il a connu pire. Il ne nous mettra pas en danger.

Haya – Je me pose aussi des questions sur ce qu'il a perdu en rencontrant les rois gardiens.

Koshiro – C'est trop trop mignon. Hé, je plaisante ! Sérieusement, tu t'en fous. C'est un grand garçon. Tu lui as sauvé la vie, sois contente. Tu n'es pas responsable de ce qu'il en fera, ni de ce que ça lui a coûté.

Haya fit la moue. C'était quand même beau la vie pour Koshiro. Rouge, bleu, bien, pas bien, content, pas content. Il y avait quand même, sans aller chercher trop loin, des subtilités nécessaires qui venaient complexifier la donne. Et puis, il y avait d'autres choses. Prendre conscience qu'akio était parvenu à percer à jour son secret mettait ses sens en alerte. Akio n'étant pas réellement la personnalité la plus vive (dans le domaine de l'esprit) de kiri, il se pouvait que d'autres personnes établissent un lien au fil du temps... ou pire, l'avaient déjà établi et attendaient leur heure pour le révéler au grand jour. Heureusement, le temps qui leur restait à porter ce secret était court, car les événements étaient amenés à se précipiter sous peu. Néanmoins...

Koshiro – Tu n'as pas l'air convaincue. Parle à Kenji alors. Kenji Eichino.

Haya - Ah, sans façon, merci.

Koshiro – C'est vrai, tu l’as déjà rencontré...

Le bref épisode du procès leur revint à l'esprit. L'un des quelques événements qui s'était déroulé pendant l'absence d'akio. Kenji n'était pas quelqu'un de foncièrement sympathique, mais le fait qu'il savait de qui elle était la fille n'encourageait pas le moindre rapprochement...

Haya - Oui, il est un peu terrifiant.

Koshiro - C’est vrai... il paraît que ton père non plus ne l’aimait pas.

Haya - J’ai parfois l’impression que vous avez tous connu mon père bien mieux que moi.

Koshiro eut un haussement d'épaules indécis, mais il n'ajouta rien, peu sûr de ce qu'il convenait de dire. Haya regarda du coin de l'oeil les jeunes gens bruyants quitter la salle, en criant pour changer, une sombre histoire de pied gonflé et de barre trop lourde.

Koshiro - Dans tous les cas, si tu veux en savoir plus sur Akio, tu peux également demander à Idan.

Haya - Qui ?

Koshiro - Idan Sö. C’était mon professeur préféré. J’ai beaucoup appris grâce à lui, sur des choses plus profondes que le combat. Je pense que tu l’apprécieras.

Haya - Ah oui ?

Koshiro - Oui. C’est un peu... un fauve blessé à mort, qui agonise depuis des années. Il ne fait pas de concession, et tu n’en as toi-même jamais voulu, même à l’époque où tu étais encore une gamine muette qui venait nous casser les couilles tous les jours.

La jeune femme grimaça.

Haya - J’étais vraiment ça pour vous ?

Koshiro - Bien... quand on a l’habitude d’être évité, qu’on cesse de parler quand on rentre quelque part, pour reprendre de plus belle dès qu’on a le dos tourné... on a tendance à voir une agression dès que quelqu’un essaye de nous contacter. On est plus habitué à ça, on se dit qu’il y a forcément une intention nuisible. Et la flamme jaune a besoin de se protéger, alors on t’a repoussé. Mais tu insistais, et je dois dire que cela m’avait beaucoup impressionné, avant même que je ne sache qui tu étais.

Cette époque paraissait tellement lointaine maintenant... Haya se demandait parfois ce qu'aurait été sa vie à kiri sans la flamme jaune. Elle y aurait eu des amis, mais il lui aurait manqué quelque chose, cette relation très rare qu'elle n'avait jamais réellement connue dans sa vie. C'était un lien qui se rapprochait de celui d'une famille, mais Haya n'essayait pas de transporter sur eux ce qu'elle avait perdu dans le passé, c'était un autre type de relation, qui apportait cependant un bonheur et un équilibre similaire. Un équilibre qui lui permettait de prendre les bonnes décisions et de ne pas avoir peur, quelque chose qui lui était très précieux et sans quoi elle aurait eu du mal à devenir la jeune femme qu'elle était aujourd'hui, deux ans après son arrivée à kiri.

Koshiro - Idan est un peu dans cette situation. On l’évite généralement, même si c’est un excellent professeur. Il sera peut-être étonné que tu viennes lui parler, d’autant que tu n’assistes pas à ses cours. Il sera peut-être méchant, aussi, mais il se protège. Je crois qu’il en faudrait beaucoup plus pour te détourner, d’après ce que j’ai pu voir. Tu vas l’apprécier.

Il sourit.

Koshiro - Et si tu as de la chance, peut-être qu’il t’appréciera lui aussi.

MessageSujet: Re: La lourde croix   Jeu 30 Juin - 19:33

Si Haya devait être tout à fait honnête avec elle-même, il lui fallait bien avouer que cela faisait un bon nombre de mois qu'elle n'avait plus mis les pieds à l'académie. Elle avait su trouver d'autres professeurs, pour améliorer les points qui lui tenaient à cœur et s'extraire un peu de l'enseignement commun. A ses yeux, c'était la preuve que l'organisation du village fonctionnait bien : après avoir pris confiance en soi, on finissait par déterminer soi-même ce qui convenait de travailler et on se tournait alors vers ses propres professeurs, qu'ils le soient officiellement ou non. Haya avait trouvé tout cela, et plus encore, au sein de la flamme jaune et de ses satellites, de sorte que l'académie ne représentait plus ce qu'elle avait représenté par le passé. Mais en arpentant les longs couloirs habituels cependant, la jeune femme ressentait tout le chemin parcouru plus vivement qu'auparavant. Il lui semblait que des années entières s'étaient écoulées depuis son arrivée à kiri, car pour ce qu'elle en voyait, elle avait progressé rapidement, grâce à de bonnes rencontres. Elle ne savait pas quoi penser de ce revirement, s'il convenait de l'appeler ainsi, mais il ne faisait aucun doute qu'il était nécessaire pour l'avenir.

Petit à petit, les couloirs devinrent moins reconnaissables, à mesure qu'haya s'enfonçait dans des secteurs de l'académie qu'elle avait rapidement déserté. Elle se souvenait que dans les semaines qui suivirent son intégration, on leur avait demandé de suivre des cours physique, dans l'étage consacré au taijutsu. Mais l'état lamentable d'haya lui avait épargné l'essentiel de cette mise en forme (à l'époque, elle quittait péniblement ses béquilles). Sa rééducation avait pris longtemps en partie pour cette raison, car progressivement, on ajoutait aux exercices simples des tests pour vérifier la solidité de son corps et pour l'augmenter patiemment. On lui avait suggéré de nombreux exercices, auxquels elle s'était par ailleurs pliée pour retrouver un corps en meilleure forme qu'auparavant. Depuis, elle n'avait plus remis les pieds ici et elle ne s'en portait pas plus mal.

En se fiant uniquement aux informations qu'avait pu lui fournir Koshiro, Haya avait appris qu'à cette heure ci, Idan devait être en train d'achever son cours dans la pièce au fond du couloir. La jeune femme se demandait bien à quoi pouvait ressembler une salle d'étude de taijutsu, car pour le coup c'était quelque chose de nouveau. Quand elle avait eu son bref stage de taijutsu, cela se déroulait en extérieur (d'ailleurs il pleuvait et cela avait fortement amoindri la foi qu'haya pouvait éprouver pour l'organisation de l'académie, ce n'était pas parce que le village était métaphoriquement lié à l'eau qu'il fallait prendre la sauce pour apprendre). Elle s'attendait à tomber sur quelque chose qui ressemblait vaguement aux salles de ninjutsu, avec peut être davantage de place pour les exercices physiques. Jusqu’à présent, tout ce qu’elle connaissait concrètement du taijutsu se résumait à ce qu’elle voyait lors des entraînements de Koshiro et, à un degré moindre, de Ryosen. Il y avait beaucoup de puissance et les fois où Haya s’était confronté à lui pour apprendre à gérer ce type d’adversaire, elle avait éprouvé quelques difficultés à le maintenir à distance. Ce n’était pas tant que les coups faisaient particulièrement mal, même si Ko pouvait frapper plus fort ou nimber ses membres de chakra, c’était surtout qu’ils ne s’arrêtaient jamais. Si Haya avait retenu une seule chose des adversaires partisans du taijutsu, c’était bien qu’il fallait soit les empêcher de toucher, soit les maintenir résolument à distance. Koshiro et elle n’étaient jamais allés au bout, mais pour ce qu’elle pouvait en juger, ce dernier n’était pas réellement entamé par leurs échanges, ce qui ne laissait présager rien de bon (Haya, de son côté, devait bien avouer qu’elle puisait sans vergogne dans ses réserves de chakra).

Haya ouvrit la porte, entra dans la pièce mais s’arrêta dans son mouvement. La salle était presque vide, si bien que la jeune femme jeta un coup d’œil dans son dos pour s’assurer qu’elle ne s’était pas trompée. Il y avait bien un… attroupement, au bas des escaliers, mais rien qui put constituer une classe. Haya referma la porte, se disant que le professeur avait dû terminer son cours plus tôt. Cela ne l’arrangeait pas, car peut-être avait-il mieux à faire et n’aurait-il dès lors pas de temps à lui accorder. Ce n’était pas très grave, Haya pouvait bien revenir lorsque Idan serait disponible et de toute façon, ne pas prendre rendez vous de manière préliminaire comme elle le faisait comportait son lot de dangers. En descendant lentement les marches, Haya discerna mieux les dernières personnes encore présente. Trois de dos, il était délicat d’observer quoique ce soit à leur sujet, et une autre de face qui la fixait en continuant à parler aux autres. Haya lui retourna son regard jusqu’à arriver à portée de voix et demeura debout, à l’écart. L’homme se désintéressa d’elle pour rapporter son regard aiguisé sur ses interlocuteurs. Haya reconnut immédiatement en lui Idan Sö, quand bien même ne l’avait-elle jamais vu. Il portait une ample chemise d’un vert sombre marbré de noir, ses doigts fins ouvraient un paquet neuf de cigarette d’une manière experte et économe en mouvement. Il porta une cigarette à sa bouche sans l’allumer, termina sa phrase et se détourna de ceux qui devaient être ses élèves. Haya fut surprise de les voir aussi âgés. Elle reconnut même un chunin qui lui avait un jour fait une remarque sur… une remarque un peu limite, mais Haya avait feint avec un certain talent (et pour cause) le mutisme et la surdité. Heureusement, il paraissait aujourd’hui relativement pétrifié par la présence que dégageait Idan, alors que celui-ci ne faisait jamais que s’allumer une cigarette.

Les étudiants déguerpirent sans demander leur reste, dans un silence religieux. Idan n’avait toujours pas bougé, les yeux fermés, la tête penchée en arrière, il relâchait un long filet de fumée. Haya prit le parti d’aborder la bête (par le flanc).

Idan – Stop.

Haya n’en avait pas l’intention, pourtant elle s’était arrêtée aussitôt les mots prononcés comme si le sol devant elle menaçait d’être électrifié. Idan n’avait pas ouvert les yeux, il recueillait une nouvelle bouffée de fumée.

Idan – Le cours est fini. Tu peux retourner d’où tu viens et essayer, si cela te paraît envisageable, de te réveiller la prochaine fois avant que la nuit tombe.

Haya – Je souhaite vous parler d’Akio Raitero.

Idan inclina la tête vers elle et détailla rapidement ses traits du regard, pour voir si elle était sérieuse ou non. Il craignait bien que oui et cela ne lui disait rien du tout. Il tira sur sa cigarette tout en rejoignant son bureau où était posé un sac qui n’avait pas dû être touché de tout le cours.

Idan – Je n’ai rien à dire sur Akio. Pourquoi est ce que j’aurais envie de parler d’Akio ?

Il avait prononcé la dernière phrase pour lui-même, comme s’il essayait d’imaginer une bonne raison sur terre pour parler de son jeune collègue. Apparemment, il n’en trouvait aucune. Haya, qui sentait bien que son gros poisson se débattait frénétiquement pour sa liberté, grimpa jusqu’à lui.

Haya – Je vous demande une minute. Si ce que je vous dis ne vous intéresse pas, vous repartez et je ne reviendrais pas.

Idan lui jeta un regard froid.

Idan – Je n’apprécie pas que l’on dicte les termes d’une conversation que je ne désire pas, surtout par une inconnue.

Comme il continuait à la dévisager, Haya jugea que c’était une façon détournée de lui signifier qu’il l’autorisait à investir de son mieux la minute qu’elle réclamait. Au vu de son air toutefois, il paraissait clair que quoi qu’elle dise, sa décision de partir était déjà actée mais qu’il lui prenait la fantaisie de faire preuve d’une politesse superflue. Haya prit une rapide inspiration et chercha dans sa tête les mots les plus susceptibles d’intriguer le juunin.

Haya – Je m’appelle Haya sasaki. Akio a été absent aussi longtemps par ma faute. Je sais qu’il a été amené à perdre quelque chose, quelque chose de profond et qu’il mettra peut-être des années ou toute une vie à identifier. J’ai besoin de savoir l’homme qu’il est, car d’une manière qu’il ne soupçonne pas entièrement, il me met en danger. J’ai demandé à Koshiro Negame, il n’a pas rassuré mes craintes mais m’a conseillé de vous consulter. J’ai une confiance absolue en Koshiro, j’ai une confiance absolue en vous.

Un long silence épais accueillit ses paroles. Idan prit le temps de terminer sa cigarette et de l’abandonner par terre sans l’écraser. Il ne la quittait pas des yeux, comme s’il essayait de l’estimer, de chercher les réponses qu’il ne cernait pas encore tout à fait. Il finit par répondre d’une voix lente et précise, comme s’il se faisait une réflexion tout haut.

Idan – Koshiro Negame… vous êtes amie avec Koshiro Negame.

Ce n’était pas une question, aussi Haya préféra-t-elle conserver le silence, se préparant à réagir à la moindre attaque de son interlocuteur et à s’engouffrer dans la moindre brèche qu’il dédaignerait lui laisser. La jeune femme était surprise de l’allure que prenait la conversation, et pourtant elle s’y était préparée. Si Idan ne combattait plus physiquement du fait de sa condition, il poursuivait ses duels à un autre niveau, infiniment plus subtil et insidieux, mais sans malice ni cruauté. Elle sentait qu’il ne rencontrait pas souvent d’adversaires dignes de ce nom, qu’ils étaient nombreux ceux qui s’écartaient précipitamment, effrayés par l’aura de l’homme et les implications d’une telle confrontation. Idan laissait d’autres blessures, peut-être le cherchait-il pour continuer à éprouver le frisson du danger, du combat, de la sueur et de l’effort. Ce n’était pas des blessures que la majorité des ninjas souhaitaient s’imposer, mais Haya faisait partie de celles qui étaient armées pour de telles bataille, qui ne reculeraient pas au moment de recevoir le coup et d’y répondre de toutes ses forces.

Idan – Un garçon talentueux et ce n’est pas si fréquent, surtout dans notre discipline. Il n’accorde pas son amitié et son respect à la légère, il a compris très tôt que c’était une richesse qu’il fallait préserver. Je connais ton nom. Il se trouve que j’ai entendu parler de toi. De Satoshi, notamment. Il semblerait que tu intéresses des personnalités difficiles à contenter, mais malheureusement, je m’en moque éperdument.

Idan attrapa d’un geste expert son sac, qu’il glissa le long de son épaule. Il alluma une nouvelle cigarette, rangea son briquet et se détourna d’Haya en remontant lentement les escaliers de la salle de cours.

Haya – Vous fumez énormément.

Idan – Un sens de l’observation digne des plus grands. Je sens mon intérêt remonter en flèche.

Idan ne s’arrêta pas, aussi Haya lança-t-elle ses dernières munitions dans la bataille. Dès les premiers mots, le professeur s’arrêta sans toutefois se retourner, mais la jeune femme sentait qu’il écoutait avec la plus grande attention ce qu’elle disait.

Haya – Vous savez, il y a beaucoup de personnes brisées dans ce village, beaucoup de victimes. J’ai eu mon lot de problèmes. Je ne les surmonterais jamais, car ils laisseront des marques profondes en moi. Mais je n’y serais jamais soumise pour autant, je ne les laisserai jamais façonner ma vie. Je ne suis ni brisée, ni victime et vous non plus. Une personne brisée cherche la vengeance, elle s’abandonne à elle, elle s’oublie en elle. Sa vengeance devient quelque chose de vivant, quelque chose qui la possède entièrement et qui la dirige comme une marionnette. Je tue les personnes qui m’ont fait du mal, et pourtant ce n’est pas de la vengeance. Je donne à mon père et à mes sœurs une paix que je suis la seule à pouvoir leur fournir. Je ne leur donne pas ce qu’ils m’ont donné, car ils ne m’ont pas tué, je ne leur donne pas ce qu’ils ont donné à mes sœurs, car je ne les torture pas sous les yeux de leurs proches. Ce n’est pas de la vengeance, c’est de l’amour. Je ne laisserai pas le nom de mon père dans la fosse où on l’a abandonné, je ne laisserai pas ma personnalité être sculptée par les actes qui m’ont précipité à kiri. Vous ne laissez pas votre maladie diriger vos mouvements, vous préférez prendre la cigarette et poursuivre votre passion d’une manière différente. Ce n’est pas quelque chose que vous aviez prévu mais c’est quelque chose que vous avez décidé. Pourtant vous savez comme moi que cela laisse des traces. On choisit notre voie, c’est vrai, mais ce n’est pas idéal pour autant on peut être tenté de céder à la facilité. Votre amertume vous tuera avant les cigarettes si vous rejetez indifféremment les gens qui ont touché du doigt votre degré de douleur et ceux qui l’ignorent et s’en moquent.

La gorge d’haya lui brûlait. Il lui était toujours pénible et douloureux de maintenir un flot de parole continu, surtout à un interlocuteur éloigné de plusieurs mètres qui refusait d’être convaincu. Elle se passa la langue sur les lèvres.

Haya – J’ai perdu ma vie d’avant et je me suis retrouvée à kiri sans le vouloir. Vous avez perdu l’usage de votre corps alors que c’était une grande partie de votre vie. Akio a perdu quelque chose qui déterminera sa vie à lui, qui l’obligera à changer pour survivre. Il nous a rejoints contre son gré dans notre sphère, d’une manière différente, peut-être, mais il a choisi de ne pas se laisser briser par la mort ou la vie et de poursuivre. Qu’on le veuille ou non, cela nous lie et j’aimerais vous parler.

Si on lui avait posé la question, Haya n’aurait su dire ce qui la poussait à s’ouvrir à Idan Sö. Même si elle ne pouvait prétendre faire confiance à akio, elle savait qu’il ne trébucherait pas et que son secret reposerait tranquillement en lui. Bien sûr, Haya était perturbée par la connaissance que cela pouvait se produire, qu’on puisse deviner qui elle était, que chacune de ses actions à kiri laissait systématiquement un peu de traces derrière elle, des traces qu’il suffisait de suivre pour retrouver son identité réelle et celle de son père. Ce n’était pas tellement cela qu’elle cherchait ici, auprès d’une personne peu encline à s’ouvrir et à délivrer ses secrets. Haya ne se faisait pas d’illusions, elle était encore très jeune, même selon les critères ninjas. Un couple d’années plus tôt, elle se trouvait toujours au milieu de sa famille, avec un père bien vivant, des perspectives totalement différentes (des perspectives qui lui faisaient toujours envie aujourd’hui, peut être plus qu’à l’époque en réalité, comme on regarde un temps perdu qu’on peinera à retrouver un jour). Aujourd’hui elle était engagée sur un terrain de guerre et se préparait à la mener jusqu’au bout, mais s’il fallait qu’elle y survive, Haya ne savait pas ce qui resterait d’elle une fois ses objectifs accomplis. Une fois Nagata mort, si cela ne débouchait pas sur une guerre totale du pays de l’eau, quelles seraient ses options ? Aurait-elle réellement apporté la paix au sacrifice de son père ?

Les coups qui lui ont été portés, Haya savaient bien qu’ils ne guériraient jamais en totalité. Ce serait toujours partiel et insuffisant. Son corps et son esprit s’étaient remis, mais elle sentait toujours en elle les marques dont elle parlait. Sa seule présence ici était l’une de ces cicatrices. Idan ne donnait pas l’impression d’être parvenu à dépasser sa condition, la nouvelle donne qu’il s’était choisi, qu’on l’avait obligé à choisir. Rien n’indiquait qu’akio était armé pour réussir malgré ses bonnes dispositions. Mais si Idan était toujours debout aujourd’hui, malgré sa maladie, les événements qui avaient traversé kiri et ses propres envies, c’était bien qu’il y avait un espoir quelque part, même dans une vie qui n’avait rien pour nous plaire. Idan désigna d’un mouvement de tête la porte de la salle.

Idan – J’ai l’impression que c’est ce que tu fais depuis un moment, parler. Suis-moi, on sort.

MessageSujet: Re: La lourde croix   Dim 7 Aoû - 17:32

Idan marchait comme s’il avait totalement oublié qu’il avait demandé à Haya de le suivre. La jeune femme ne chercha pas à le gêner et s’aligna sur son pas et son attitude. Elle ne pouvait toutefois s’empêcher d’admirer la démarche sobre et souple du professeur, qui économisait chacun de ses mouvements pour supprimer tout ce qui lui était superflu. Il évitait les enfants qui couraient (ou les enfants qui couraient l’évitaient, selon les points de vue), les coins de couloir, tous ces éléments communs au point de les ignorer qui prenaient, dans sa position, des allures menaçantes. Cela avait forcément dû aiguiser à l’extrême ses capacités, Haya s’était souvent fait la réflexion que l’attention aux détails était un facteur déterminant de la réussite d’une entreprise, aussi modeste soit-elle. Néanmoins, Idan avait certainement toujours eu cette habitude, cette manière de procéder même à une échelle moindre. Ce n’était pas quelque chose qui s’apprenait parfaitement par hasard, de la même manière que tous les amputés ne choisissaient pas de persévérer dans leur voie et de simplement s’adapter. Idan avait fait ce choix, adapter sa vie mais poursuivre sa carrière de ninja. L’épreuve ne semblait pas l’avoir répugné, malgré sa difficulté et sa dangerosité et ce devait être un élément déterminant de sa personnalité.

Une fois parvenus à l’extérieur, Haya se fit la remarque que l’air s’était rafraichi depuis qu’elle était entrée, ou bien c’était seulement la présence d’Idan qui altérait ses sensations. Ce dernier manqua la faire sursauter quand il lui adressa brusquement la parole, d’une voix précise et mesurée.

Idan – Je te connais tu sais. Tu n’es pas comme je l’imaginais. Je te voyais plus âgée, mais moins marquée. Tu es devenue juunin extrêmement vite, sans exploit particulier pour ce que j’en sais.

Haya fut incapable de déterminer s’il s’agissait d’une pique ou non. Elle y avait déjà réfléchi de son côté, mais seulement parce qu’on lui avait fait remarquer que c’était inhabituel. Trois ans plus tôt, elle ignorait parfaitement les mécanismes d’un village tel que kiri et il lui fallait bien avouer qu’encore aujourd’hui, il lui restait des lacunes. Quand elle était arrivée, elle ne maîtrisait rien et n’envisageait même pas d’intégrer le village. Ce n’était pas elle qui avait décidé de se rendre à kiri, on l’y avait transportée quand elle était encore entre la vie et la mort. Curieusement, le fait que le village l’a sauvé n’avait pas, à sa connaissance, influé sur sa décision de devenir ninja. La phrase sonnait bizarrement dans son esprit. Devenir ninja… ce n’était pas ainsi qu’elle s’était représenté les choses sur le moment. Mais ses options étaient limitées alors, et Haya cherchait un moyen de les élargir. Elle ne sentait plus son corps, qui ne lui répondait plus que sporadiquement, son esprit était hanté par des images qu’elle aurait aimé oublier. Devant la proposition d’hakame, une proposition parfaitement sérieuse motivée par des raisons qui lui échappaient alors (avec un père tel que Kade kasen, on pouvait attendre de sa fille un certain talent, même si c’était stupide), Haya avait découvert une porte de sortie qui s’était révélée être une porte d’entrée. Elle avait fait le choix de ne pas chercher à fuir, d’accepter les événements qui leur était arrivé, à elle et au reste de sa famille, d’accepter qu’elle avait survécu et que oui, il lui faudrait porter certaines cicatrices douloureuses jusqu’à la fin de ses jours. Elle voyait chez les ninjas une façon d’apprendre à vivre avec et en cela, Haya n’avait pas été déçue.

Haya ne s’était pas dit qu’elle pourrait s’épanouir dans cette voie, elle s’attendait à être une ninja tout à fait médiocre (comme d’autres) et elle le fut pendant un temps. A mesure qu’on la formait, la jeune femme mit le doigt sur ce qu’elle cherchait réellement : un moyen de terminer ce qui avait été commencé. C’était la seule raison qui l’avait poussée à s’investir dans ce qu’elle faisait, à chercher le renfort de ceux qui lui paraissaient les meilleurs et les plus capables de le lui fournir (la flamme jaune), afin d’être prête à retrouver les auteurs de son histoire. Ce n’était pas un exploit particulier, mais une motivation suffisante pour aller vite.

Idan – Parvenir à approcher et à apprivoiser la flamme jaune ressemble toutefois à un exploit, réflexion faite. Il y a peu de personnalités qui les intéressent. Ce sont des jeunes très talentueux, une flamme jaune impressionnante, qui parviendra certainement à égaler celle de Kade Kasen.

Haya glissa un regard vers Idan, qui continuait à regarder où il marchait. Entendre le nom de son père prononcé par hasard au détour d’une phrase la mettait toujours vaguement mal à l’aise, comme si lui avait pincé les fesses sans crier gare. D’un autre côté, Haya était curieuse de savoir ce que quelqu’un comme Idan pensait de son père. Néanmoins, il ne poursuivit pas dans cette voie. En réalité, il s’arrêta de parler, sans qu’haya n’ait pu déterminer là où il voulait en venir. Ils avaient rejoint une rue animée, assez loin au sud de l’académie. Idan poursuivait sa route d’un pas sûr, sachant de toute évidence où il désirait se rendre. Imaginer un Idan indécis avait de toute façon quelque chose d’embarrassant.

Haya – Ce n’était pas un exploit, il suffisait d’insister. J’avais mes raisons.

Idan – Nous avons tous des raisons d’insister.

Idan désigna un établissement où il devait avoir ses habitudes, car il s’assit à une table dans le coin contre le mur avec une aisance huilée par la répétition. Haya se retrouva face à lui, sans plus trop savoir pourquoi elle avait voulu le rencontrer. Comme s’il percevait son trouble, Idan chargea sans la moindre intention de le dissiper.

Idan – Alors, exposes les raisons pour lesquelles nous nous trouvons attablés ici.

Haya répondit avec trop de spontanéité à son goût, se faisant la réflexion qu’il lui fallait soigneusement peser chaque mot face à un tel interlocuteur.

Haya – J’ai besoin de savoir ce que vous pensez d’Akio raitero. Il a… il est rentré au village dernièrement. Nous avons fait une mission ensemble et c’est au cours de celle-ci qu’il a disparu. Je… c’est moi qui l’ai fait disparaître. Il allait mourir, alors je l’ai envoyé… ailleurs, où il pourrait peut-être survivre. Mais…

Haya cherchait ses mots, dans l’espoir un peu vain de parvenir à ne pas trop en dévoiler, tout en en disant suffisamment pour qu’Idan puisse l’aider voire même, pour qu’il ne se rende pas compte qu’elle essayait de masquer la pleine vérité. Espoir déjà éventé à en juger par le regard sceptique que lui lançait Idan à l’autre bout de la table, comme un professeur qui prêterait une oreille distraite aux explications maladroites et emmêlés d’un élève un peu gauche. Il ne chercha pas à venir en aide à la jeune femme une seule fois, jusqu’à ce que le silence s’épaississe entre eux. Quelqu’un vint prendre leur commande, expédiée en une poignée de secondes. Le temps qu’il revienne, personne n’avait prononcé le moindre mot.

Idan – C’est un pouvoir peu commun.

Haya – Hmm ?

Idan – Envoyer quelqu’un… ailleurs pour lui sauver la vie. C’est un pouvoir peu commun.

Il parlait d’un ton dégagé mais malicieux. Il savait qu’il avait déjà trouvé la corde sensible du récit d’haya et il s’amusait à l’agacer un peu pour en tester la solidité.

Idan – J’imagine que ta gêne vient du fait que tu souhaiterais préserver le secret de ce pouvoir et qu’akio n’est pas exactement la personne dont tu aurais rêvé pour garder un secret. Un secret de poids, apparemment, et non une coquetterie de ta part. Il y a un risque derrière et tu ne souhaites pas le prendre.

Haya ne répondit rien, mais elle savait que de toute façon, quoi qu’elle dise, Idan avait d’ores et déjà tiré ses conclusions en l’espace de quelques secondes. Au moins, on ne lui avait pas menti sur les qualités de cet homme. Pas plus que sur ses défauts, mais cela était d’une moindre importance.

Idan – Je vais répondre à cette interrogation. Akio est un individu dangereux pour lui-même et pour les autres. Il se plaignait comme un enfant de n’être pas encore passé au grade supérieur, comme s’il s’agissait d’un jouet qu’on lui refusait par caprice. J’ai connaissance de la mission dont tu me parles. Il était insensé de votre part de laisser une telle personnalité diriger votre destin. Vous étiez inexpérimentés, passons. Si tu m’avais demandé si ton secret était en de bonnes mains quelques semaines plus tôt, j’aurais ris de bon cœur. Aucune chance qu’akio nous épargne la façon dont il aura survécu à la mort. Ton rôle aurait été minoré, certes, mais il t’aurait cité ne serait-ce que pour que tu puisses corroborer son récit fantastique. Toute l’académie et tout le village saurait comment Akio Raitero a vaincu la mort, ou n’importe quelle autre bêtise.

C’était à quelques détails près le tableau que s’était peint Haya. Akio… du moins le Akio qu’elle avait connu à Yagi, était bien le profil-type de la dernière personne au monde à qui elle confierait les liens de son hérédité. Depuis qu’elle savait qui avait été Kade Kasen avant d’être son père, ou pendant qu’il l’était, Haya avait soigneusement dissimulé tout ce qui pouvait la relier à lui ou, plus largement, à sa famille. Seules quelques proches étaient dans la confidence et c’était uniquement des personnes qui cherchaient la même chose qu’haya. Alors qu’ils s’engageaient sur la dernière pente avant le dénouement, c’était le dernier moment pour faire une erreur. Tout pouvait se régler en une poignée de secondes et mettre des mois (des années ?) de préparation par terre. Nagata avait de son côté suffisamment de ressources pour apporter une réponse solide, sans qu’il faille ajouter par-dessus des fautes qui auraient pu être évitées.

Idan – Néanmoins, dès que j’ai posé les yeux sur Akio peu après son retour, j’ai remarqué qu’il était changé. Comme redécouvrir un lieu que l’on a fréquenté assidûment quoique sans jamais y faire plus attention que cela, et de remarquer des changements subtils ou violents, tour à tour. Akio n’envisage plus les choses sous le même angle, c’est très visible. Quand il est rentré dans la salle des professeurs, Lya a retiré son casque pour lui demander en riant dans quel lit il avait passé les derniers mois. Akio a eu un sourire gêné et s’est excusé pour son absence, puis il s’est écarté très modestement à la fenêtre pour y finir sa boisson. Avant qu’il ne réponde, j’envisageais déjà ses réponses. La plupart auraient eu pour but d’insinuer avec la subtilité d’un phacochère l’idée à Lya de coucher avec lui, là tout de suite. J’ai été extrêmement surpris, avant de me dire que non, c’était naturel : le changement qu’il portait sur lui était seulement plus marqué que je ne le pensais de prime abord.

Idan faisait tourner sa boisson dans son verre. Haya se fit soudainement la réflexion qu’Idan appréciait de partager ses conclusions sur n’importe quel sujet avec quelqu’un et qu’il ne devait pourtant pas avoir souvent l’occasion de le faire.

Idan – Alors je ne sais pas ce que tu lui as fait mais, pour te répondre simplement, il est impossible que cet Akio te mette volontairement en danger. Après, il reste Akio, il est d’un naturel maladroit. Mais je pense qu’il fera attention. Il n’a pas tellement l’habitude que l’on fasse des choses pour lui. Même s’il a beaucoup d’amis et, hum, de connaissances… il n’oubliera pas qu’il te doit la vie.

Haya – Il ne me doit rien. J’ai fait cela sans y penser, je ne savais même pas ce que je faisais exactement. Quand il est revenu, Akio a cherché à me voir. Il m’a tout de suite dit ce qu’il savait de moi.

Haya avait à nouveau répondu sans prendre le temps de formuler sa pensée. C’était pourtant fidèle à ce qu’elle ressentait. On pourrait presque dire que tout cela n’était qu’un accident, mais un accident qui avait eu une finalité heureuse, du moins en apparence. Elle revoyait Akio étendu sur la plage, carbonisé sur une large surface de son corps, que la vie fuyait comme elle l’avait jamais fui… à cet instant, Haya éprouvait de la détresse, beaucoup d’excitation des suites de leur bataille mais aussi de la colère. Qu’akio puisse s’en sortir finalement aussi facilement, par une mort héroique alors que son attitude avait été d’un bout à l’autre déplorable… qu’il n’avait jamais aidé à quoi que ce soit et que sa mort ne les aidait pas davantage… c’était à se taper la tête contre les rochers. Il fallait qu’il survive, il fallait qu’il grandisse, Haya avait presque l’impression de voir un enfant agoniser sur la plage, fauché au moment où il allait commencer à s’affirmer.

Est-ce que les émotions qu’elle ressentait à cet instant avaient influé sur ce que s’étaient approprié les Rois Gardiens ? Est-ce qu’ils avaient capté la pensée d’haya lorsqu’elle estimait qu’il fallait qu’akio grandisse et l’avaient interprété à leur façon ? Haya n’avait pas eu une volonté de sauver Akio parce qu’elle tenait à lui ou même, une volonté totalement désintéressée si une telle chose pouvait exister. Elle voulait lui montrer quelque chose, peut-être même lui donner une leçon. Les Rois Gardiens étaient peut-être parvenus à recréer une personnalité qui saurait la satisfaire, elle, Haya Sasaki, une personnalité qui n’aurait jamais dû être appliquée à Akio Raitero… Haya se passa le dos de la main sur le front, essayant sans grand succès de dissimuler son trouble. Elle comprenait à présent avoir joué sans le vouloir à un jeu dont les conséquences la dépassaient de très, très loin.

Idan – Il y a donc des choses à savoir sur Haya Sasaki.

Idan avait remarqué son malaise mais ne cherchait pas à appuyer dans cette direction. Au contraire, il changea radicalement de sujet, ce qui fit augmenter d’autant l’attention d’haya. C’était bien la première fois qu’idan ne cherchait pas à appuyer son avantage ou à la ménager, ce ne devait pas être tout à fait innocent de sa part.

Idan – Je te propose un jeu sans conséquence. Qu’en dis-tu ?

Haya acquiesça d’un mouvement de la tête.

Idan – Choisis entre le physique et le mental.

Haya – Comment ça ?

Idan – Cite-moi ce que préfères faire. Un jeu physique ou un jeu mental.

Il était désagréable de réfléchir en devinant, dans le cerveau de l’autre, les mécanismes de notre réflexion. Elle préféra écarter tout cela de son esprit et se demanda le plus sérieusement du monde ce qui l’intéressait réellement de faire, à cet instant précis.

Haya – Physique.

Idan – Intéressant. Je te propose un duel contre l’un de mes anciens élèves. Si je l’emporte, je t’exposerais point par point mes conclusions à ton sujet. Si tu l’emportes, je répondrais à la question que tu te refuses à poser depuis que tu es entrée dans ma salle de cours. Est-ce que nous avons un accord ?

Haya eut son premier sourire depuis sa rencontre avec Idan Sö.

Haya – Donnez-moi une date et une heure et j’y serai.

MessageSujet: Re: La lourde croix   Dim 11 Sep - 16:30

Satoshi Kagehisa attendait adossé contre le mur épais d’un bâtiment qu’haya n’avait jamais identifié, même si elle passait devant plusieurs fois par semaine. Il conservait une cigarette éteinte au coin de la bouche et allumait machinalement son briquet, passant l’un de ses gros doigts dessus pour éteindre la flamme. Haya était étonnée de le rencontrer par hasard au coin de la rue car généralement, Satoshi avait mieux à faire dans un coin quelconque du village ou du pays. Il leva les yeux sur Haya mais son attention revint très vite à son briquet. Il marmonna quand même quelques mots dès qu’elle fut assez près.

Satoshi – Tiens, voilà la rouquine.

Haya grimaça mais s’arrangea pour faire passer cela pour un sourire coincé. Elle lui avait déjà signifié à maintes reprises qu’elle n’appréciait pas cette appellation, et c’était certainement précisément pour cette raison que Satoshi persévérait. Malgré son âge, son expérience et son charisme indéniable, l’homme gardait beaucoup du sale gosse. Il avait dû faire tourner quelques têtes dans sa jeunesse, dans un sens comme dans l’autre. Il continuait, du reste.

Haya – Heu, voilà le cancéreux ?

Satoshi grogna et cela fit aussitôt sourire Haya, tandis qu’elle s’adossait à ses côtés, le regard tourné vers la rue encore en manque d’activité. Il y avait quelque chose dans sa façon de gronder qui n’évoquait ni un assentiment, ni de la désapprobation, seulement la neutralité d’un gros félin vaguement importuné. Elle comprenait pourquoi son attention s’était portée vers l’école des lions, Satoshi était un barbare raffiné et souverain même lorsqu’il ne combattait pas.

Haya – Qu’est-ce que vous faites là ?

Satoshi – Je porte le mur. Tu as des yeux pour voir, pas seulement une bouche pour parler.

Haya – Je fais beaucoup de choses avec ma bouche.

Satoshi lui glissa un coup d’œil.

Haya – Comme manger et sourire.

Désintérêt immédiat.

Satoshi – Non, je suis venu te dire qu’on est plus associés. Tu es juunin, comme moi apparemment, cela t’ouvre de nouveaux horizons. A toi de les saisir.

Haya – Vous avez dû beaucoup répéter cette phrase, non ? Cette façon de la rendre à la fois dégagée et solennelle, c’est bien trouvé.

Satoshi – Ouais, et tu commences à me casser un peu les couilles.

Cette fois-ci, Satoshi se décida à allumer sa cigarette, mettant fin à un suspense qui commençait à tirailler Haya. Il tira longuement dessus et ses yeux étincelèrent à la lueur de la braise, tandis qu’il reportait son regard sur Haya. Il était plus grand qu’elle d’une tête et la jeune femme avait toujours l’impression d’avoir quinze ans devant lui. Ce ne fut que lorsque Satoshi lui recracha sa fumée au visage qu’haya fit le rapprochement. Elle ouvrit de grands yeux (qu’elle ferma aussitôt à cause de la fumée).

Haya – C’est vous l’élève d’idan?!

Satoshi – Ouais. C’est moi qui vais te casser la gueule, si on veut résumer.

Haya – Mais je pensais que c’était un jeune!

Satoshi – Sympa. J’en connais une qui va avoir du mal à faire autre chose avec sa bouche que boire sa soupe pendant les prochaines semaines.

Haya – Je voulais dire, un jeune contre lequel j’allais pouvoir… enfin… faire quelque chose.

Satoshi haussa ses larges épaules, un sourire en coin.

Satoshi – Tous les élèves d’idan sont des tueurs. Tu es folle d’avoir accepté son défi. Il est venu me voir et il m’a dit : j’ai besoin de toi. Je lui ai répondu : Idan, je t’aime bien, mais j’ai une vie moi, j’ai une partie à tohoku dans deux jours. Il m’a dit : c’est pour te battre contre haya sasaki. Je lui ai dit : je te défonce la rouquine quand tu veux.

Haya – Ben merci…

Satoshi – Tu es une fille à moitié stupide, mais tu es plutôt jolie (passable on va dire) alors je te le pardonne. Il se trouve que tu es devenue plus forte ces dernières années. Il se trouve que tu évolues maintenant dans ma cour. Et il se trouve que j’ai envie de voir ce que tu vaux. Rien de plus, rien de moins.

Haya se gratta le sommet du crâne. Elle ne s’attendait pas à cela. Idan lui avait dit de le rejoindre ici, elle n’avait pas fait le rapprochement avec le fait d’y trouver Satoshi. C’était lui, l’ancien élève. Ils avaient pratiquement le même âge !

Haya – J’y crois pas trop à votre histoire d’ancien élève.

Satoshi – J’ai appris ce que je connais avec les lions du pays du feu. J’étais un jeune…

Satoshi tira pensivement sur les restes de sa cigarette. Il avait cette manie de la fumer jusqu’à la fin, comme pour ne rien en gâcher. Haya ne savait pas pourquoi, mais elle trouvait cela inexplicablement agaçant.

Satoshi – Un chieur, on va dire. Un casse couille, un peu comme toi, mais en plus ramenard et en plus beau. C’est idan qui m’a canalisé, qui m’a structuré. Il ne pouvait déjà plus exercer. A l’époque où je l’ai rencontré, je me suis foutu de sa gueule parce que j’aimais ça. Je n’ai plus jamais recommencé, ce type en imposait alors qu’il était à moitié impuissant.

Satoshi finit par achever son mégot et s’étira comme un chat, les mains jointes au-dessus de la tête.

Satoshi – Enfin peu importe. Tu vas me montrer ce que tu as dans le ventre. Je te retrouverai ce soir, vingt heures, là où vous vous entraînez avec la flamme jaune.

Haya hocha de manière automatique la tête, les rouages de son cerveau travaillant en coulisse. Cette conversation n’était pas une bonne nouvelle. Perdre le défi n’était pas important en soi, le contrecoup n’avait rien d’insurmontable. Mais en acceptant, Haya voulait réellement impressionner Idan, lui montrer qui elle était… même si maintenant, la jeune femme n’en voyait plus les motivations. Satoshi ne représentait pas le profil type de l’ancien élève qu’elle envisageait d’affronter, c’était un homme qui demeurait dans son esprit et dans celui de la totalité de kiri (ne lui en déplaise) quelqu’un d’infiniment supérieur à elle. Dans toute sa vie, Haya s’était battue pour de vrai (l’expression la fit grimacer mentalement) moins d’une douzaine de fois. Satoshi avait dû empiler les batailles au même rythme que les cigarettes et à ses yeux, écarter Haya ne représentait pas un effort autre qu’écraser l’un de ses énièmes mégots. C’était un client, il n’y avait pas à discuter.

Mais quelque part, cela la satisfaisait. Satoshi représentait une évaluation sans concession sur sa forme actuelle. Qu’il l’écrase, qu’elle parvienne à faire illusion ou qu’elle l’emporte, Haya saurait ce qu’elle pouvait faire face à une personne de sa stature.

Haya – La flamme jaune m’a dit qu’elle n’aimerait pas vous combattre.

Satoshi – Ils ont raison. A tout à l’heure Sasaki.

Satoshi s’éloigna d’elle en levant le poing en un salut approximatif. Haya se fit la remarque qu’idan ne s’était pas dérangé à venir les voir. Il serait certainement présent dans la soirée pour assister au combat. Les règles n’avaient pas encore été abordées. La jeune femme haussa les épaules et remonta la rue pour retourner chez elle. Il lui fallait retrouver la flamme jaune plus tard dans l’après-midi, peut-être auraient-ils des conseils à lui prodiguer. Haya avait beau se dire qu’elle ne risquait rien dans ce combat, à part quelques os brisés et autres joyeusetés, elle n’avait vraiment pas envie de le perdre. Peut-être justement parce qu’elle affrontait Satoshi Kagehisa, un homme qui n’avait plus rien à prouver à kiri ou à qui que ce soit d’autre, et qu’il lui était enfin donné l’opportunité de se jauger.

Et puis, si elle se faisait retourner, elle aurait toujours l’excuse d’avoir combattu contre Satoshi et personne n’aurait envie de lui montrer comment elle aurait dû s’y prendre.

Haya repensa à la cigarette de Satoshi et cela la fit sourire. Qui avait inspiré qui ? L’élève ou le maître ? Haya estimait que ce goût immodéré pour les cigarettes devait être profondément enfoui en l’un comme en l’autre et que ce n’était finalement qu’un hasard ou une correspondance dans leurs personnalités respectives. Comment avait-elle pu manquer de rapprocher les deux hommes ? Ils avaient de nombreux points communs, maintenant que la lumière de cette révélation lui permettait d’analyser sous un jour neuf la situation. Leur répartie, leur caractère, leurs goûts, leur spécialité… ils devaient se faire de redoutables parties de cartes.

Plus tard dans l’après-midi, la flamme jaune accueillit la nouvelle avec un enthousiasme qui ne manqua pas d’étonner Haya. Il lui sembla qu’ils surestimaient un peu ses compétences martiales, et Haya se trouvait bien placée pour en juger. Elle s’était battue plusieurs fois depuis son arrivée à kiri et elle avait, de toute évidence, survécue jusqu’à présent. La première fois, ce devait être contre ce garçon aux yeux rouges qu’elle avait probablement tué dans la confusion, lors de la guerre civile. Elle n’en conservait qu’un souvenir brouillé, Haya se rappelait que le garçon n’arrêtait pas de parler. Il lui disait qu’il n’était pas la peine de se relever si elle ne voulait pas souffrir et si Haya avait été capable de parler à cette époque, elle lui aurait demandé qui il était pour parler de souffrance. Quelques mois plus tôt, la jeune femme se retrouvait étendue au sol, brisée en morceaux et entourée des cadavres de sa famille et c’était uniquement parce qu’elle s’était relevée, parce qu’elle n’avait pas abandonnée malgré les circonstances, qu’elle se retrouvait là aujourd’hui.

Iba lui manquait. Ce souvenir en remonta d’autres à la surface. Cela faisait des mois que lui et Hyô étaient partis traquer Karasu, le frère de shinobu. Elle n’avait jamais réellement noué de relation avec lui, mais il lui manquait inexplicablement. Cette quête semblait lui tenir à cœur, il s’agissait d’une quête familiale de laquelle haya était exclue. Elle ne connaissait ni karasu, ni particulièrement shinobu. Haya connaissait l’histoire, bien sûr, mais pas l’intimité des hommes. Une confrontation entre trois des aisu les plus puissants, cela ferait certainement du bruit. Elle espérait qu’hyô et iba s’en sortiront… quoi qu’il en soit, ces deux-là avaient une expérience plus prononcée que la sienne aussi. Mais il ne servait à rien de se compromettre dans de telles pensées. Ce combat serait une évaluation du chemin parcouru.

A yagi, malgré de mauvaises décisions, haya s’en était sortie durant la confrontation alors qu’elle ne donnait pas cher de leur peau. La traque de ces dernières semaines avait également affuté ses sens, l’avait aiguisée au combat. Ses adversaires n’étaient pas à sa taille, Nagata aurait des personnalités bien plus puissantes à lui opposer à l’avenir, mais le processus lui avait coûté, il avait fallu prendre sur soi pour le mener à son terme et cela était une expérience supplémentaire. Haya passa le reste de l’après midi sans plus penser au combat du soir. Elle s’entraîna comme d’habitude, avec koshiro et ryosen en priorité, jusqu’à dix neuf heures. Benihime revint avec de quoi manger et ils partagèrent tous ensemble un moment simple et riche. A vingt heures précises, idan apparut de son pas souple. Il était accompagné d’un jeune homme qu’haya ne connaissait pas, bien bâti et l’air timide. Koshiro alla à leur rencontre, ils échangèrent quelques mots à se joignirent au reste de la flamme jaune. Idan posa son regard l’espace d’une seconde sur haya, avant d’engager la conversation avec naikin.

Koshiro se chargea de présenter le nouvel arrivant inconnu au reste du groupe.

Koshiro – Voici Daigo Sakuraba, le dernier élève d’idan. Il l’a amené pour qu’il puisse voir Satoshi combattre. Un événement assez rare, finalement.

Daigo était petit, peut-être de la même taille qu’haya et paraissait en réalité moins costaud de près. Il s’inclina brièvement mais il n’était pas difficile de voir qu’il ne se sentait pas à l’aise. Haya se rappela que la flamme jaune souffrait d’une réputation intimidante et, d’une façon générale, peu flatteuse. Il s’assit néanmoins à même le sol, les jambes ramenées sous lui et les poings posés sur ses genoux. Il tourna son profond regard bleu vers Haya.

Daigo – Tu es celle qui va combattre Satoshi Kagehisa.

Haya acquiesça d’un signe de tête. Daigo émit un grognement pensif, comme s’il essayait mentalement d’estimer ses chances. Aucune conclusion ne se lisait sur son visage fin. A la pensée qu’elle avait peut-être sous les yeux le prochain Satoshi, Haya chercha à savoir ce qu’elle était censée éprouver mais ne trouva pas de réponse. Elle imaginait que lui aussi, à l’échelle qui était la sienne, il lui faudrait faire ses preuves progressivement pour se hisser à son plein potentiel. Si on avait dit un jour à Haya qu’elle se retrouverait dans cette situation, à affronter l’une des puissances majeures d’un village d’égal à égal dans le regard de ses pairs, elle n’y aurait pas cru un instant. Ni à son arrivée à kiri, ni quelques semaines plus tôt. Aujourd’hui, si cela la décontenançait d’être face au fait accompli, elle comprenait la démarche. Ce n’était pas exactement comme si elle s’était tournée les pouces depuis son arrivée et elle portait un lourd héritage du côté de son père.

Sur cette pensée, Satoshi se téléporta à une dizaine de mètres, mains dans les poches et sans la moindre cigarette à la bouche. Il s’approcha de son habituelle démarche précise et détachée, salua la troupe d’un poing levé au niveau de son épaule et trouva le regard d’haya (qui ne s’était pas levée depuis qu’idan et Daigo étaient apparus).

Satoshi – On est tous là. Discutons un peu des modalités.

Idan – Je suggère deux tours. Tout le monde peut remporter un combat.

Satoshi haussa les épaules.

Satoshi – Mais tout le monde ne le fait pas. Ca marche pour moi. Rouquine ?

Haya – On combat deux fois ?

Idan – En effet. Nous ferons une pause d’une heure entre chaque affrontement. En cas d’égalité, un troisième duel vous départagera, sauf en cas de blessure grave auquel cas nous remettrons le défi à plus tard.

C’était très rassurant, mais Haya se sentit curieusement ragaillardie par cette annonce. Ce combat serait un réel moyen de voir ce qu’elle pouvait faire, il n’y aurait pas de coup de chance. Soit elle l’emportait, soit elle perdait. Le résultat lui importait de moins en moins au fil des minutes qui s’écoulaient. Il fallait qu’elle se concentre sur son combat, sur ses mouvements et sur les décisions qu’il lui faudrait prendre à mesure que le combat évoluerait. Tout irait très vite et une erreur pourrait ne jamais être rattrapée. Lorsque Satoshi frappa dans ses mains, Haya se sentait aussi prête qu’elle pouvait l’être.

Satoshi – En piste.

MessageSujet: Re: La lourde croix   Lun 3 Oct - 20:43

Duel Classique, Haya Sasaki contre Satoshi Kagehisa

ROUND 1


Situation à distance

Masse : Suffisamment de Terre
Pélagie : 13

Rappel des règles : la Pélagie du Lac peut diminuer si elle est utilisée. Nous verrons pour le deuxième round si nous ajustons cela ou pas.

Règles : Duel Classique

- Deux rounds à la suite
- En cas d’égalité, troisième round pour se départager
- Chaque round comptera comme un combat séparé, avec Blessures Durables et expérience associés
- Les HP et MP seront restitués à chaque nouveau round


Arbitre : Akogare

MessageSujet: Re: La lourde croix   Mar 4 Oct - 19:39

ROUND 1. TOUR 1.

Citation :
Action 1 :
Satoshi bondit au corps à corps. Haya relâche les Lames d’Éther (- 50 MP) (Pélagie : 15). Satoshi perd du chakra (- 20 MP), il est repoussé à quelques mètres.

Citation :
Action 2 :
Satoshi se dépêtre des Lames d’Éther. Haya relâche une Grande Cataracte énorme (- 75 MP, Hydrolyse : -7). Elle n’inflige que 23 dégâts (Pélagie : 10) mais Satoshi paraît désorienté. Il ne peut s’approcher de Haya ce tour-ci (effet des Lames d’Ether, action par défaut : +20 MP). La situation à distance est maintenue.

Note : Satoshi perdra deux actions au tour suivant (Grande Cataracte, Hydrolyse 7).

Citation :
Action 3 :
Satoshi retrouve le corps à corps, mais Haya relâche aussitôt de nouvelles Lames d’Éther, mais en utilisant davantage d’eau cette fois-ci (- 50 MP, Hydrolyse 6) (Pélagie : 14). Satoshi perd du chakra (- 20 MP), il est repoussé au loin.

Citation :
Action 4 :
Satoshi s’allume une cigarette (effet des Lames d’Éther, action par défaut : +20 MP). Haya lance sa première attaque concrète avec le Hahonryuu (Torrents Démentiels, - 40 MP, Hydrolyse : -5), amélioré par ses soins (- 30 MP, Maîtrise des Eaux et Création d’Eau : +4 Pélagie, Pélagie : 13). Satoshi perd (- 83 HP). Satoshi jette sa cigarette mouillée.

***

Résumé

Pélagie : 13

Haya

- 0 HP
- 245 MP
A distance de Satoshi
Ne peut plus utiliser Hydrolyse 7 de la Grande Cataracte pendant encore : 3 tours

Total : -0 HP / - 245 MP

Satoshi

- 106 HP
- 0 MP
A distance de Haya
Perte de 2 points d’action pour le tour suivant (actions 1 et 2 en l’occurrence, Satoshi rejouera action 3)
Les effets des Lames d’Éther se sont dissipés pour l’action suivante

Total : -106 HP / - 0 MP

MessageSujet: Re: La lourde croix   Mer 5 Oct - 18:52

ROUND 1. TOUR 2.

Citation :
Action 1 :
Haya met à profit le répit qu’elle s’est ménagé. Hahonryuu (Torrents Démentiels, - 40 MP, Hydrolyse : -5), amélioré (- 30 MP, Maîtrise des Eaux et Création d’Eau : +4 Pélagie, Pélagie : 12). Satoshi perd (- 83 HP).

Citation :
Action 2 :
Hahonryuu (Torrents Démentiels, - 40 MP, Hydrolyse : -5), amélioré (- 30 MP, Maîtrise des Eaux et Création d’Eau : +4 Pélagie, Pélagie : 11). Satoshi perd (- 83 HP).

Citation :
Action 3 :
Satoshi se téléporte au corps à corps (- 80 MP), et décoche un puissant coup dans la foulée (- 120 HP). Hahonryuu (Torrents Démentiels, - 40 MP, Hydrolyse : -5), amélioré (- 30 MP, Maîtrise des Eaux et Création d’Eau : +4 Pélagie, Pélagie : 10). Satoshi perd (- 83 HP).

Citation :
Action 4 :
Satoshi écrase son poing contre Haya (-50 MP, -56 HP). Haya est assommée.

***

Résumé

Pélagie : 10

Haya

- 176 HP
- 210 MP
Au corps à corps avec Satoshi
Ne peut plus utiliser Hydrolyse 7 de la Grande Cataracte pendant encore : 2 tours
Haya n’est plus assommée pour l’action suivante

Total : -176 HP / -455 MP

Satoshi

- 249 HP
- 130 MP
Au corps à corps avec Haya

Total : -355 HP / - 130 MP

MessageSujet: Re: La lourde croix   Mer 5 Oct - 22:28

ROUND 1. TOUR 3.

Citation :
Action 1 :
Satoshi envoie son genou dans le bas ventre de Haya, mais avant qu’il ne frappe, Haya se téléporte sur une centaine de mètres (activation de l’action de réserve, - 60 MP). Elle est quand même légèrement touchée par l’attaque du maître de Taijutsu (- 15 HP)

Note : Sur cette action, Satoshi a frappé à 51. La règle Partielle de la Téléportation Défensive s’est donc activée à un point de dégât près. Tu as bien fait de déclarer cette action en réserve, tu savais qu’elle allait être activée, mais si tu t’étais contentée de la mettre en action 1, Satoshi aurait eu l’initiative sur toi. Les dégâts de Croissance se sont greffés dessus.

Citation :
Action 2 :
Satoshi approche. Haya récupère de sa téléportation (action par défaut, + 20 MP).

Note : le Champ de Sirop Gluant n’est pas considéré comme une action défensive, puisqu’il cible Satoshi en l’occurrence. J’ai considéré ton action perdue et j’ai décalé tes actions (ton action 4 sera perdue, ton action 2 deviendra ton action 3).

Citation :
Action 3 :
Satoshi rejoint le corps à corps. Haya relâche son Mizuame Nabara en économisant son chakra (- 32 MP, Hydrolyse : -1, Pélagie : 9) dans lequel s’empêtre Satoshi.

Note : je ne sais pas si tu l’as fait en ayant cela en tête, mais le mot « mouvement » dans la description du Mizuame ne fait pas référence aux mouvements de Taijutsu, mais aux déplacements (pour avancer, reculer, etc).

Citation :
Action 4 :
Satoshi assomme Haya (-50 MP, -56 HP).

Note : c’est quand même bien joué de ta part, parce que même en n’ayant pas déclaré de mouvement à la fin de ton tour à cause du décalage, tu auras le choix libre en action 1 du prochain tour, à cause du Mizuame.

***

Résumé

Pélagie : 9

Haya

- 71 HP
- 72 MP
Au corps à corps avec Satoshi
Ne peut plus utiliser Hydrolyse 7 de la Grande Cataracte pendant encore : 1 tour
Haya n’est plus assommée pour l’action suivante

Total : -247 HP / -527 MP

Satoshi

- 0 HP
- 50 MP
Au corps à corps avec Haya
Évasion diminuée de moitié
Esquive impossible pendant encore : 8 actions
Coût des déplacements augmentés d’un point d’action pendant encore : 8 actions

Total : -355 HP / - 180 MP

MessageSujet: Re: La lourde croix   Jeu 6 Oct - 19:37

ROUND 1. TOUR 4.

Citation :
Action 1 :
Haya se téléporte à nouveau, en économisant son chakra ( - 17 MP). Satoshi dégage son poing du Mizuame.

Note : pas mal la téléportation à 17 MP ! J’ai été confronté à un petit problème de résolution vis-à-vis du Mizuame et des déplacements de Satoshi. Il est écrit que les déplacements de Satoshi coûtent un point d’action en plus, et il faut deux points d’action à Satoshi pour te rejoindre, ce qui fait 4 points d’action à cause de ta téléportation. J’ai préféré considérer que le total des points d’action nécessaire à se rapprocher augmentait de 1, sinon on ne s’en sort plus. Enfin, je dis ça mais…

Citation :
Action 2 :
Satoshi prépare quelque chose. Il a que ça à faire de toute façon. Haya prépare aussi quelque chose.

Note : joli bluff pour passer ton attaque de sioux en action défensive, tu apprends vite mon padawan !

Citation :
Action 3 :
Satoshi relâche le Gin Gan no Shishiou (-45 MP, +40 FOR, immunité aux pénalités de mouvement, pénalité adverse de 50% en Evasion, ignore les Esquives), les choses sérieuses commencent. Haya repasse à l’attaque avec son Hahonryuu (Torrents Démentiels, - 5 MP, Hydrolyse : -5), amélioré (- 30 MP, Maîtrise des Eaux et Création d’Eau : +4 Pélagie, Pélagie : 8). Satoshi perd (- 83 HP).

Note : je ne comptais pas utiliser les Yeux d’Argent, mais tu me prends la tête avec tes pénalités de mouvement !

Citation :
Action 4 :
Satoshi paye son entretien (-45 MP). Il se téléporte au corps à corps (-80 MP) et décoche un coup que Haya est incapable d’esquiver (-160 HP). Haya relâche son Hahonryuu (Torrents Démentiels, - 40 MP, Hydrolyse : -5), amélioré (- 20 MP, Création d’Eau : +3 Pélagie, Pélagie : 7). Satoshi perd (- 83 HP).

***

Résumé

Pélagie : 7

Haya

- 160 HP
- 112 MP
Au corps à corps avec Satoshi
Evasion réduite de 50% sur les attaques physiques de Satoshi
Esquive impossible sur les attaques physiques de Satoshi

Total : -397 HP / -639 MP

Satoshi

- 166 HP
- 170 MP
Au corps à corps avec Haya
Immunité aux pénalités déplacement
FOR : +40

Évasion diminuée de moitié
Esquive impossible pendant encore : 4 actions

Coût des déplacements augmentés d’un point d’action pendant encore : 4 actions [ Annulé par le Gin Gan no Shishiou ]

Total : -521 HP / - 350 MP

MessageSujet: Re: La lourde croix   Jeu 6 Oct - 22:02

ROUND 1. TOUR 5.

Citation :
Action 1 :
Satoshi paye son entretien (-45 MP). Il lève le poing sur Haya mais comme il l’avait prévu, celle-ci se téléporte (-17 MP) (déclenchement de l’action de réserve). Haya perd (-10 HP).

Note : j’ai mis une attaque normale en action 1 au cas où il y aurait cette téléportation, pour éviter de payer les 50 MP d’Assommer. Au pire tu mangeais quand même une centaine de dégâts, au mieux cela m’économisait des MP. C’était une situation un peu paradoxale parce que tu évitais l’attaque, grâce à la téléportation, mais tu l’encaissais aussi, à cause de la règle Partielle. En l’occurrence, tu aurais pu être considérée comme Assommée même en ayant réussi ta téléportation. Mais cela ne m’intéressait pas parce que j’aurais perdu un point d’action à rejoindre le corps à corps.

Citation :
Action 2 :
Satoshi paye son entretien (-45 MP). Satoshi rejoint le corps à corps. Haya relâche son Hahonryuu (Torrents Démentiels, - 40 MP, Hydrolyse : -5), amélioré (- 30 MP, Maîtrise et Création d’Eau : +4 Pélagie, Pélagie : 6). Satoshi perd (- 83 HP).

Citation :
Action 3 :
Satoshi paye son entretien (-45 MP). Satoshi assomme grièvement Haya (-50 MP, -96 HP ). Haya est assommée pour encore deux actions.

Citation :
Action 4 :
Satoshi paye son entretien (-45 MP). Il exécute le premier mouvement de Kyouran (-10 MP) et fracasse la bouche de Haya (-207 HP, Croissance pris en compte). Haya est encore assommée pour une action.

***

Résumé

Pélagie : 6

Haya

- 313 HP
- 87 MP
Au corps à corps avec Satoshi
Evasion réduite de 50% sur les attaques physiques de Satoshi
Esquive impossible sur les attaques physiques de Satoshi

Total : -690 HP / -726 MP

Satoshi

- 83 HP
- 240 MP
Au corps à corps avec Haya
Immunité aux pénalités déplacement
FOR : +40


Total : -604 HP / - 590 MP

MessageSujet: Re: La lourde croix   Ven 7 Oct - 20:36

ROUND 1. TOUR 6.

Citation :
Action 1 :
Satoshi paye son entretien (-45 MP). Il exécute le second mouvement du Kyouran. Haya est projetée à terre (-240 HP, Croissance pris en compte), inconsciente.

Note : sur la fin ça ne se voit peut-être pas, mais c’était très serré. Tu aurais mieux géré la distance avec Satoshi sur les deux derniers tours, tu aurais pu grignoter un peu ses HP, jusqu’à ce qu’il soit obligé de se passer du Gin Gan (tu n’es pas passé loin, j’allais l’interrompre l’action suivante). Tu as très bien géré le combat mais j’ai l’impression que tu as un peu paniqué avec le Gin Gan, comme s’il t’interdisait la fuite : ce n’est pas nécessairement le cas, en tout cas, avec le Gin Gan (le Kin je dis pas)

***

Résumé

Pélagie : 6

Haya

Inconsciente

- 240 HP
- 0 MP

Total : -930 HP / -726 MP

Satoshi

Gain du round 1

- 0 HP
- 45 MP
Au corps à corps avec Haya
Immunité aux pénalités déplacement
FOR : +40


Total : -604 HP / - 635 MP

MessageSujet: Re: La lourde croix   Sam 8 Oct - 19:26

Duel Classique, Haya Sasaki contre Satoshi Kagehisa


ROUND 2


Situation à distance

Masse : Suffisamment de Terre
Pélagie : 13

Rappel des règles : on va maintenir la Pélagie du Lac comme pour le tour précédent, je trouve que tu as bien géré le problème et si tu gagnes, tu l’auras fait avec la difficulté maximum ! Si je remporte ce combat, Satoshi remporte le duel.

Règles : Duel Classique

- Deux rounds à la suite
- En cas d’égalité, troisième round pour se départager
- Chaque round comptera comme un combat séparé, avec Blessures Durables et expérience associés
- Les HP et MP seront restitués à chaque nouveau round

MessageSujet: Re: La lourde croix   Sam 8 Oct - 22:15

ROUND 2. TOUR 1.

Citation :
Action 1 :
Satoshi adopte une course spécifique. Haya relâche les Lames d’Ether en utilisant beaucoup d’eau (- 50 MP, Hydrolyse 6) (Pélagie : 17). Satoshi perd du chakra (- 20 MP), il est repoussé à quelques mètres (activation de l’action en réserve).

Citation :
Action 2 :
Satoshi perd du temps (+ 20 MP). Haya réalise le Odori Doshaburi (- 5 MP).

Note : tu as indiqué utiliser Maîtrise du ninjutsu sur ton Odori, j’ai considéré qu’il s’agissait bien du coût de lancement et non d’un coût d’entretien. Note cependant que tu ne peux pas diminuer un coût d’entretien avec la Maîtrise.

Citation :
Action 3 :
Grâce à la pluie, Haya choisit de prendre l’initiative sur cette action. Elle exécute le Mizuame Nabare (- 32 MP, Hydrolyse 1) (Pélagie : 16). Satoshi se retrouve empêtré dedans, mais sa course ignore les effets de la technique de Haya (Élan Bestial, Hashitte).

Citation :
Action 4 :
Haya paye son entretien (- 15 MP). Elle exécute une téléportation défensive (- 17 MP), activation de l’action en réserve) avant que Satoshi ne lève la main sur elle. Odori Doshaburi augmente la Pélagie sur le terrain (Pélagie : 18)

Note : c’était un peu le bordel dans l’ordre d’initiative, surtout vue la technique que Satoshi s’apprêtait à utiliser. J'ai fait au mieux, au final cela t'avantage légèrement.

***

Résumé

Pélagie : 18

Haya

- 0 HP
- 119 MP
A distance de Satoshi
Sous l’effet du Odori Doshaburi : Haya peut prendre l’initiative sur Satoshi quand elle le souhaite, Pélagie +2 à la fin de chaque tour
Entretien du Odori Doshaburi à payer dans : 2 actions
La prochaine action de Haya doit être défensive

Total : -0 HP / - 119 MP

Satoshi

- 0 HP
- 0 MP
A distance de Haya (2 actions pour rejoindre le corps à corps)
Évasion diminuée de moitié
Esquive impossible pendant encore : 8 actions
Coût des déplacements augmentés d’un point d’action pendant encore : 8 actions

Total : -0 HP / - 0 MP

MessageSujet: Re: La lourde croix   Dim 9 Oct - 13:23

ROUND 2. TOUR 2.

Citation :
Action 1 :
Satoshi adopte une course spécifique. Haya prépare quelque chose.

Citation :
Action 2 :
Haya paye son entretien (-15 MP). Haya relâche le Daibakufu (Grande Cataracte, -42 MP, Hydrolyse : 7) (Pélagie : 14). Satoshi n’est presque pas égratigné (- 23 MP), mais le premier sang est à nouveau pour Haya. Satoshi rejoint le corps à corps.

Citation :
Action 3 :
Haya réalise les Lames d’Éther (-50 MP). Satoshi est repoussé à distance (-20 MP). Il reprend sa marche.

Note : tu as oublié de préciser que tu utilisais l’Hydrolyse ? Dommage pour toi !

Citation :
Action 4 :
Haya paye son entretien (- 15 MP). Haya relâche son Hahonryuu (Torrents Démentiels, - 40 MP, Hydrolyse : -5), amélioré (- 30 MP, Maîtrise et Création d’Eau : +4 Pélagie, Pélagie : 13). Satoshi perd (- 83 HP). Satoshi rejoint le corps à corps. La Pélagie augmente grâce à la pluie (Pélagie : 15)

Note : tu as trouvé la bonne astuce avec la Danse de la Pluie, mais je suis un homme patient et Satoshi a plus de 1000 HP. Il devrait pouvoir rattraper son retard.

***

Résumé

Pélagie : 15

Haya

- 0 HP
- 192 MP
Au corps à corps avec Satoshi
Sous l’effet du Odori Doshaburi : Haya peut prendre l’initiative sur Satoshi quand elle le souhaite, Pélagie +2 à la fin de chaque tour
Entretien du Odori Doshaburi à payer dans : 2 actions
Ne peut plus utiliser Hydrolyse 7 de la Grande Cataracte pendant encore : 3 tours

Total : -0 HP / - 311 MP

Satoshi

- 106 HP
- 20 MP
Au corps à corps avec Haya
Évasion diminuée de moitié
Esquive impossible pendant encore : 4 actions
Coût des déplacements augmentés d’un point d’action pendant encore : 4 actions
Perte de deux points d’action au tour 3

Total : -106 HP / - 20 MP

MessageSujet: Re: La lourde croix   Mar 11 Oct - 18:55

ROUND 2. TOUR 3.

Citation :
Action 1 :
Haya réalise un Hahonryuu (Torrents Démentiels, - 40 MP, Hydrolyse : -5), amélioré (- 20 MP, Création d’Eau : +3 Pélagie, Pélagie : 13). Satoshi perd (- 83 HP).

Citation :
Action 2 :
Haya paye son entretien (- 15 MP). Haya réalise un Hahonryuu (Torrents Démentiels, - 40 MP, Hydrolyse : -5), amélioré (- 20 MP, Création d’Eau : +3 Pélagie, Pélagie : 11). Satoshi perd (- 83 HP).

Citation :
Action 3 :
Haya relâche son Hahonryuu (Torrents Démentiels, - 40 MP, Hydrolyse : -5), amélioré (- 30 MP, Maîtrise et Création d’Eau : +4 Pélagie, Pélagie : 10). Satoshi perd (- 83 HP). Satoshi récupère ses esprits et délivre un puissant coup de genou dans le ventre de Haya (- 51 HP).

Citation :
Action 4 :
Haya paye son entretien (- 15 MP). La juunin se téléporte à distance (-17 MP). Satoshi avait prévu la manœuvre et se téléporte à son tour (-80 MP) et frappe fort Haya (-120 HP). La Pélagie augmente grâce à la pluie (Pélagie : 12)

***

Résumé

Pélagie : 12

Haya

- 171 HP
- 237 MP
Au corps à corps avec Satoshi
Sous l’effet du Odori Doshaburi : Haya peut prendre l’initiative sur Satoshi quand elle le souhaite, Pélagie +2 à la fin de chaque tour
Entretien du Odori Doshaburi à payer dans : 2 actions

Total : -469 HP / - 700 MP

Satoshi

- 249 HP
- 80 MP
Au corps à corps avec Haya

Total : -521 HP / - 200 MP

MessageSujet: Re: La lourde croix   Mar 11 Oct - 21:06

ROUND 2. TOUR 4.

Citation :
Action 1 :
Haya se téléporte à nouveau immédiatement (- 17 MP). Satoshi adopte une course particulière (activation action réserve).

Citation :
Action 2 :
Haya paye son entretien (- 15 MP). Haya prépare quelque chose. Satoshi rejoint le corps à corps.

Citation :
Action 3 :
Haya relâche son Hahonryuu (Torrents Démentiels, - 5 MP, Hydrolyse : -5), amélioré (- 22 MP, Maîtrise et Création d’Eau : +4 Pélagie, Pélagie : 11). Satoshi perd (- 83 HP). Satoshi délivre un coup mais ce petit serpent de Sasaki l’évite.

Note : non mais si en plus tu commences à avoir de la chance aux dés c’est pas la peine =D

Citation :
Action 4 :
Haya paye son entretien (- 15 MP). Haya relâche son Hahonryuu (Torrents Démentiels, - 40 MP, Hydrolyse : -5), amélioré (- 30 MP, Maîtrise et Création d’Eau : +4 Pélagie, Pélagie : 10). Satoshi perd (- 83 HP). Satoshi s’y reprend à deux fois et donne un coup de genou à Haya (-51 HP). La Pélagie augmente grâce à la pluie (Pélagie : 12)

Note : (musique à suspens) Restera-t-il suffisamment de MP à Haya pour retirer à Satoshi ses 300 HP restants ? Satoshi va-t-il utiliser une technique de sioux, malgré le fait que cette cochonne de Sasaki le prive de l’initiative depuis quatre tours ?

***

Résumé

Pélagie : 12

Haya

- 51 HP
- 144 MP
Au corps à corps avec Satoshi
Sous l’effet du Odori Doshaburi : Haya peut prendre l’initiative sur Satoshi quand elle le souhaite, Pélagie +2 à la fin de chaque tour
Entretien du Odori Doshaburi à payer dans : 2 actions

Total : -520 HP / - 844 MP

Satoshi

- 166 HP
- 0 MP
Au corps à corps avec Haya

Total : -687 HP / - 200 MP

MessageSujet: Re: La lourde croix   Mer 12 Oct - 19:15

ROUND 2. TOUR 5.

Citation :
Action 1 :
Haya se téléporte à nouveau immédiatement (- 17 MP). Satoshi adopte une course particulière (activation action réserve).

Note : quelque chose me dit que je vais regretter de ne pas avoir déclaré de téléportation moi aussi. Surtout que j’ai de la marge à ce niveau mais que veux-tu, je suis radin.

Citation :
Action 2 :
Haya paye son entretien (- 15 MP). Haya prépare quelque chose. Satoshi rejoint le corps à corps.

Citation :
Action 3 :
Haya relâche son Hahonryuu (Torrents Démentiels, - 5 MP, Hydrolyse : -5), amélioré (- 22 MP, Maîtrise et Création d’Eau : +4 Pélagie, Pélagie : 11). Satoshi perd (- 83 HP). Satoshi délivre un coup, le petit serpent perd 51 HP.

Citation :
Action 4 :
Haya paye son entretien (- 15 MP). Haya relâche son Hahonryuu (Torrents Démentiels, - 5 MP, Hydrolyse : -5), amélioré (Pélagie : 5). Satoshi perd (- 83 HP). Satoshi achève son enchaînement (- 20 MP), Haya est touchée (-117 HP). La Pélagie augmente grâce à la pluie (Pélagie : 7)

Note : l’un de nous est-il inconscient ? Vite, vite, je saute sur ma calculette. (oui je suis un mauvais arbitre, j’ai la flemme de vérifier pendant le combat alors je vérifie après)

***

Résumé

Pélagie : 7

Haya

- 168 HP
- 79 MP
Au corps à corps avec Satoshi
Sous l’effet du Odori Doshaburi : Haya peut prendre l’initiative sur Satoshi quand elle le souhaite, Pélagie +2 à la fin de chaque tour
Entretien du Odori Doshaburi à payer dans : 2 actions

Total : -688 HP / - 923 MP

Satoshi

- 166 HP
- 20 MP
Au corps à corps avec Haya

Total : -853 HP / - 200 MP

Note : alors là je dis attention. En un coup, tu es KO. En trois coups, Satoshi est KO. Je vais jouer comme un gros bourrin je préfère prévenir. Éblouis-moi mon padawan ! TU PEUX LE FAIRE ! NOUS AVONS TOUS FOI EN TOI ! L’U.R.S.S TE REGARDE !

MessageSujet: Re: La lourde croix   Mer 12 Oct - 20:56

ROUND 2. TOUR 6.

Citation :
Action 1 :
Haya relâche les Tsurugi no Kitai (Lames d’Éther, - 50 MP, Pélagie : 9). Satoshi est expulsé hors du corps à corps et son action est annulée (+ 20 MP).

Citation :
Action 2 :
Haya paye son entretien (- 15 MP). Haya relâche son Hahonryuu (Torrents Démentiels, - 5 MP, Hydrolyse : -5) (Pélagie : 4), Satoshi perd (- 83 HP). Satoshi ne peut rien faire (+20 MP).

Citation :
Action 3 :
Haya relâche les Tsurugi no Kitai (Lames d’Éther, - 50 MP, Pélagie : 6). Satoshi est maintenu à distance une action supplémentaire. Satoshi ne peut rien faire (+20 MP). Haya puise dans ses réserves (Au-delà des Limites : -45 HP)

Citation :
Action 4 :
Haya annule son entretien. Satoshi récupère l’initiative, mais son action est annulée (+20 MP). Haya relâche son Hahonryuu (Torrents Démentiels, - 5 MP, Hydrolyse : -5) (Pélagie : 1). Satoshi perd (- 83 HP). Haya puise dans ses réserves (Au-delà des Limites : -5 HP). Elle tombe inconsciente.

Note : au HP près tu tombes inconsciente. Le combat aurait continué un tour supplémentaire, tu serais quand même tombée inconsciente puisque tu n’avais plus de MP ou de HP, mais c’était quand même un très beau tour, bien pensé. Rien à regretter, même si tu avais annulé ton entretien plus tôt, Satoshi t’aurait eu à cause de son initiative (oui comme un gros bourrin j’avais déclaré quatre téléportations offensives). Moi je dis bravo ! Tu as calculé au millimètre ta Pélagie sur le dernier tour pour toujours pouvoir relancer Hahonryuu, mais tu étais 100 MP trop juste pour cette stratégie coûteuse.

***

Résumé

Pélagie : 1

Haya

Inconsciente

- 50 HP
- 125 MP

Blessures Durables Superficielles :

- Nez Cassé (Visage)
- Côtes Fêlées (Corps)

Expérience gagnée :

+ 56 XP

Total : -738 HP / - 998 MP

Satoshi

Gain du round, gain du combat

- 166 HP
+ 80 MP

Total : -1019 HP / - 120 MP

MessageSujet: Re: La lourde croix   Lun 17 Oct - 19:07

Haya toucha avec la plus extrême précaution le bout de son nez. Il n’était plus douloureux. Ryosen avait insisté pour le lui remettre en état, mais Haya lui avait demandé de se contenter de le remettre droit et d’arrêter l’écoulement de sang. C’était il y a deux semaines, à la suite de son combat contre Satoshi kagehisa, l’un des gradés les plus reconnus du village. Ce dernier était en mission sur l’une des îles du pays, pour ce qu’elle en savait. Il n’avait pas manqué de la féliciter sur son combat et Haya savourait cela avec le recul. Elle s’était inclinée deux fois, mais pas sans lui tenir la dragée haute, alors qu’elle aurait pensé se faire écraser comme la mouche sous la paume. C’était encourageant. Cela lui permettait de mesurer l’étendue du chemin parcouru depuis qu’elle était arrivée à kiri, inconsciente et entre la vie et la mort. Quand elle s’était retrouvée sur les bancs de l’académie, Haya n’aurait pas cru un instant en ses chances d’affronter un jour, presque comme un égal, un des piliers du village caché de la brume. Alors qu’elle s’apprêtait à porter la guerre sur l’île la plus modeste du pays de l’eau, yukan, cette satisfaction sur ses capacités à combattre était plus que bienvenue.

Haya se détourna du miroir, laissa tomber au sol la lourde serviette qui l’emmitouflait et s’habilla en vitesse. Le soleil était bien levé, Idan devait encore être occupé à donner son cours. Satoshi lui avait demandé de passer le voir dans ses appartements, au nord du village, un endroit qu’haya n’avait jamais visité et n’aurait en réalité jamais espéré visiter. Satoshi n’était pas très expansif sur sa vie privée, hormis pour se protéger, quand il s’amusait à égarer ceux qui s’aventuraient à lui poser des questions trop personnelles. Haya voyait cela comme une curieuse marque de… reconnaissance, peut-être même de respect, elle n’aurait trop su le dire. Elle était réellement heureuse d’avoir gagné le respect de quelqu’un d’extérieur par ses compétences à elle, et non par son hérédité. La flamme jaune tenait à elle pour ce qu’elle était, cela haya en était convaincue, mais ce qui avait aiguisé leur intérêt au départ de leur relation, c’était d’apprendre que Kade kasen avait eu une fille.

Haya se remémorait très bien le combat.

Elle essayait de maintenir Satoshi à distance. Ce dernier s’approchait sans hâte, avec de rares fulgurances. Il respectait le jeu posé par son adversaire, il ne cherchait pas à le brusquer. Il savait qu’haya coupait les solutions, l’empêchait d’agir en position de force, et le lion rusé qu’il était trop expérimenté pour l’ignorer et foncer tête baissée. Haya gardait en mémoire la manière dont elle s’était inclinée lors du premier tour. Alors qu’elle commençait à envisager la victoire, elle avait fait l’erreur de laisser une ouverture et Satoshi l’avait immédiatement repérée. Il avait frappé de toute sa force, Haya avait reculé d’un bon mètre, complètement sonnée par la puissance de l’attaque. Le second coup lui avait explosé le nez, et avant même qu’elle ne tombe au sol, Satoshi l’achevait. Haya avait sombré dans l’inconscience, seulement pour voir le visage soucieux de Ryosen au dessus d’elle, alors qu’elle revenait à elle. Il lui avait rapidement remis en place le nez (qui, disait-il, s’était un peu enfoncé sous l’impact) et avait soigné ses blessures les plus évidentes.

Pendant qu’ils se reposaient, Haya cherchait une meilleure façon de combattre. La flamme jaune demeurait silencieuse, respectant sa réflexion, confiante peut être même. Haya cherchait dans le répertoire qu’elle connaissait une manière de limiter le champ d’action de Satoshi, qui évoluait avec trop d’espace. Sa confiance allait augmentant, à mesure qu’il sentait sa proie céder peu à peu du terrain. Satoshi fut dominé lors des premiers échanges du second tour, il perdait de l’énergie en vain, là où haya essayait de s’économiser au mieux. Mais il évoluait avec toujours la même patience et pour chaque coup d’haya, il comptait combien il en faudrait des siens pour rattraper son retard. Malgré la fatigue, malgré les protestations de ses muscles et de ses os, la juunin parvenait à maintenir la puissance de son adversaire à distance. Il n’utilisait pas ses yeux argentés. Haya savait pourquoi, elle ne lui laissait pas le temps d’en profiter. S’il exécutait cette technique, il perdrait son chakra trop vite et pour rien.

Et puis finalement… haya sentait ses forces diminuer, elle avait encaissé quelques coups sévères et sa marge de manœuvre avait trop diminué. Satoshi était blessé, son front était baigné de sang, mais il tenait bon. Cela s’était peut-être joué sur l’expérience, la puissant juunin n’est pas du genre à craquer même acculé, il avait la science du combat, de la confrontation sous toutes ses formes et il ne se laissait pas impressionner par les dégâts qu’il encaissait. Haya a fait de son mieux en jetant ses dernières forces dans la bataille, mais elle a senti qu’elle était allée un peu trop loin. La dernière chose dont elle se souvenait, c’était une étoile devant ses yeux qui semblait exploser, une étoile de fatigue, puis le sol qui se rapprochait dangereusement. Satoshi n’avait pas eu à lever la main pour la terminer, elle s’était écroulée toute seule. Néanmoins, d’après ce que lui avait dit la flamme jaune, il n’était pas certain que satoshi aurait été capable d’exécuter un nouveau mouvement, tellement il avait perdu d’énergie. A la fin du combat, il avait observé haya à terre pour voir si elle se relevait et, voyant que non, il s’était laissé aller dans l’herbe détrempée par les attaques répétées d’haya.

Ryosen avait eu fort à faire, mais ils avaient tous deux finis à l’hopital. Conscients mais réellement fatigués, même si Satoshi supportait avec plus de facilité son état, peut-être davantage habitué à devoir repousser ses limites. Haya sourit à cette pensée. Elle n’était pas sûre de pouvoir affirmer qu’elle avait obligé Satoshi à repousser quoi que ce soit. Le juunin n’avait à aucun moment frappé pour tuer, il n’avait pas utilisé ses techniques les plus mortelles. Cela restait un duel d’entraînement, amical dans son ambition. Néanmoins, à moitié assoupie sur son lit d’hopital, haya n’avait pas cherché à atténuer le sentiment de profonde satisfaction qui l’habitait. Elle avait certes perdu à deux reprises, mais elle avait su tenir tête à un homme qu’elle avait déjà vu combattre, longtemps auparavant, et qui à l’époque lui paraissait évoluait à un tout autre niveau que le sien, un niveau qu’elle ne s’imaginait pas atteindre un jour.

Or, il y était aujourd’hui, à quelques ajustements près.

Sa volonté s’en trouvait raffermit. Haya ressentait d’une manière profonde et complexe qu’elle avait, comme son père avant elle, le pouvoir de faire changer les choses ou plutôt, d’essayer de les changer, en ayant quelques chances de réussir. Elle ne perdrait jamais de vue que son père, pourtant plus expérimenté et plus puissant qu’elle (plus isolé aussi), avait échoué là où il aurait dû réussir. Haya savait dans quoi elle s’engageait. Elle avait maintenant la confirmation d’être capable d’aller jusqu’au bout.

La jeune femme se retrouva devant le bâtiment que lui avait indiqué Satoshi. C’était une grande bâtisse blanche aux teintes grises, surmontée d’un toit en ardoises plates et sèches. Vu de là où elle était, l’édifice ne paraissait pas être partagé avec d’autres, mais devait davantage être une propriété. Haya sourit à cette pensée, dans son esprit, Satoshi habitait dans un coupe gorge glauque et dangereux, même si un tel lieu n’existait pas dans l’enceinte du village. Elle tapa timidement à la porte et patienta pendant plus d’une minute avant que la porte, étonnamment large, ne souffre brusquement. Satoshi la dévisagea de haut en bas et lui indiqua du menton de rentrer. Il n’était pas dans ses vêtements habituels, il portait une chemise grise ouverte sur un torse glabre et un pantalon intégralement noir qu’elle ne lui avait jamais vu. Haya passa devant sa chambre et haussa les sourcils en apercevant une jeune femme probablement nue sous de voluptueuses couvertures, qui croisa son regard. Haya, un peu embarrassée, emboîta rapidement le pas de son hôte. Elle ne put retenir un sourire en revoyant la mine impérieuse de la jolie jeune femme, exactement le genre de fille avec qui elle imaginait Satoshi. Satisfaite qu’au moins l’un de ses préjugés sur satoshi se vérifie, après la déception de la maison, haya pouvait se concentrer sur l’action présente.

Le juunin, qui n’avait toujours pas prononcé un mot (il avait grommelé quelque chose, mais impossible de savoir si c’était un salut ou une grossièreté), s’installa lourdement sur son canapé, les jambes écartées et la tête rejetée en arrière. Il poussa un long soupir et se pencha en avant, les mains jointes.

Satoshi – Remise de notre petit duel?

Haya acquiesça.

Haya – Oui. Je ne pensais pas que j’aurais été capable de faire quelque chose contre vous.

Satoshi grimaça et fit un geste las du bras.

Satoshi – Tu sais pourquoi je n’ai pas d’élèves?

Haya – Parce que vous êtes un piètre professeur?

Satoshi la regarda avec une lueur qui paraissait, au choix, amusée ou menaçante.

Satoshi – Tu es provocante. J’aime ça chez les femmes. Peut-être qu’à la fin de ta puberté, tu seras vaguement intéressante. Non. Je n’ai pas d’élèves pour éviter qu’ils me jettent du vous à la figure à tout bout de champ. Ca me fait me sentir vieux. Je suis jeune et encore capable de faire mouiller les filles dans leur culotte. Alors ma grande, range ton vous entre tes petites fesses, tu veux bien ?

Haya aurait été incapable de déterminer si Satoshi était agacé ou s’il s’amusait seulement avec elle. Elle prit tout de même le parti le plus sûr d’hocher la tête, sans parvenir tout à fait à dissimuler son sourire. Semblant se rappeler les bonnes manières, Satoshi se leva brusquement

Satoshi – Je nous apporte à boire. Tu bois de l’alcool ou pas ?

Haya – Heu, aucune idée.

Satoshi – Je vais prendre ça pour un oui.

Son hôte s’engouffra dans une autre pièce. Bientôt, le bruit du verre frappant le verre se firent entendre. Haya en profita pour mieux observer la pièce dans laquelle elle se trouvait. Encore une fois, ses fantasmes étaient un peu déçus. Les murs étaient rouges et blancs, les étagères parfaitement ordonnées avec des livres dont haya ne parvenait pas à déchiffrer les noms de là où elle était, quelques plantes vertes qui n’avaient pas décolorées sous l’indifférence de leur propriétaire… le canapé sur lequel haya était assise était le même que celui de satoshi, un épais et confortable siège au noir et blanc, tous deux séparés par une élégante table d’un noir poli. Définitivement pas ce qu’elle s’était imaginée voir, mais, se dit-elle, les gens sont pleins de surprises et il était difficile de les saisir en un coup d’œil.

? – Un conseil ma chérie, quand un homme te propose à boire, refuse. Généralement, il veut te saouler suffisamment pour ouvrir ton champ de perspective… et tes cuisses, accessoirement.

Haya sursauta et se retourna d’un même mouvement. C’était la jeune femme impérieuse qui était l’instant d’avant roulée dans les draps. Elle portait un déshabillé très léger qui ne manquait pas de faire remarquer la joliesse de ses courbes, peu prononcées, mais harmonieuses. Son teint était plus pâle qu’haya ne l’aurait cru au premier coup d’œil, impression peut-être rehaussée par la noirceur de ses longs cheveux qui cascadaient jusqu’à ses coudes et par ses profonds yeux de la même couleur. Elle arborait un sourire qui parut un peu condescendant à haya, mais la jeune femme se dit que ce devait être sa manière habituelle de sourire. Et après tout, elle aurait tort de se priver.

Haya – Ha, je pensais aussi.

La jeune femme alla s’installer sur le canapé occupé par Satoshi. Elle ramena ses jambes contres sa poitrine et passa ses bras autour de ses chevilles, avec un air mélancolique qui surprit haya. Cette dernière eut brusquement une inspiration: peut être se trouvaient-ils chez elle, et non chez satoshi? Elle manqua lever les yeux au ciel. Ce satoshi était définitivement quelqu’un d’embarrassant.

Conquête – Enfin, pas d’inquiétudes avec Sato. Il n’est pas trop déloyal, pour ce que j’en sais.

Satoshi – Akashia, Akashia, toujours prête à dire du mal…

Satoshi revint avec une bouteille et trois verres, comme s’il avait su que la jeune femme (akashia, apparemment) aller venir les rejoindre. Il posa les verres, servit tout le monde et se réinstalla dans son canapé. Akashia étendit ses jambes en travers des siennes et attrapa son bras droit des deux siens. Satoshi porta son verre à ses lèvres. Haya l’imita mais fronça aussitôt les sourcils. Satoshi devait laver les taches de graisse avec ce détergent… après avoir avalé sa première gorgée cependant, haya atténua son impression: l’alcool laissait un bon goût, mais elle devait manquer d’expérience pour réellement l’apprécier.

Satoshi – Haya, haya, haya… j’ai plusieurs choses à te dire. Déjà, félicitations pour ton combat. Je ne pensais pas que je t’écraserai facilement et je ne l’ai pas fait, tu as fait montre de ténacité et d’une compétence réelle. Maintenant, je pense que j’étais encore un peu trop fort pour toi, mais ta marge de progression est grande. Tu as le potentiel pour te hisser au niveau de ton père et, humainement, de le dépasser dans l’esprit des gens.

Le regard d’haya glissa vers akashia, qui la dévisageait sans rien dire. La mention de son père devant une inconnue ne pouvait manquer de la mettre mal à l’aise, mais la jeune femme ne semblait pas y avoir prêté la moindre attention particulière. Satoshi non plus à vrai dire.

Satoshi – Ensuite… je sais ce que tu projettes de faire, bien sûr. Je sais que c’est pour bientôt. Tu vas aller à yukan et…

Haya – Attendez! Attends…

A nouveau, le regard d’haya rencontra celui d’akashia. Celle-ci lui sourit à nouveau, avec ce même pli amusé et taquin. Satoshi la regarda à son tour et écarquilla les yeux, pour se moquer d’haya.

Satoshi – Oh mon dieu. J’ai complètement oublié que tu étais là akashia. Comment ai-je pu l’oublier, alors que tes jambes sur les miennes me causent une raideur lancinante… quelle maladresse…

Satoshi dirigea un regard méprisant à haya et en profita pour se tirer une cigarette. Trop c’est trop, apparemment.

Satoshi – Aka est là pour une bonne raison et je te demande de me faire confiance. Bref. Tu vas aller à yukan tuer hideyoshi. C’est une bonne chose. Mais il faut que tu saches certaines choses. Les pirates sont en mouvement à l’est. Ce n’est ni naturel, ni anodin. Il y a toujours des mouvements pirates sur les mers, on peut rien y faire. Mais ces mouvements là ne sont pas des hasards, ils sont importants. Aka travaille, heu…

Il énuméra sur ses doigts.

Satoshi – Pour le daimyo… pour kumo… pour kiri bien sûr… pour moya… pour les toshiya, bien sûr… pour des particuliers aisés, dirons-nous… au marché noir, quand elle a le temps… pour asahi aussi, disons le… est ce que j’ai fait le tour ma grande ?

Akashia – Un tour exhaustif.

Satoshi – C’est notre alliée. Elle a des renseignements qui nous sont dissimulés, et elle les a parce qu’on oublie souvent de les lui dissimuler à elle. Nous pensons, elle et moi, que nagata est derrière les mouvements des pirates. Ses traces sont peu évidentes à suivre, mais néanmoins suffisantes. On pense également, et tu le penses également, que kakumei est derrière nagata. Ces mouvements sembleraient indiquer que nagata s’apprête à passer à l’action. Tu lui fais peur. Néanmoins…

Haya observait satoshi.

Haya – Néanmoins..?

Akashia – Personne ne vous aidera lors de votre assaut de yukan. Tu devras faire avec l’équipe que tu te seras choisie. Pour des raisons politiques uniquement, nous ne pourrons pas te venir en aide. Nous sommes obligés d’attendre que nagata fasse le premier mouvement. Nous pensons qu’il frappera kiri et la ville où réside le daimyo, ainsi que l’île d’ohashi pour des raisons personnelles et peut être d’autres cibles secondaires. Satoshi s’occupera de kiri, je m’occuperai du daimyo. Tu t’occuperas de nagata.

Satoshi – Nagata va devoir diviser ses forces. Tu ne pourrais pas faire face à son armée au complet à yukan. Je ne sais pas ce qu’il te réserve. Je ne sais même pas où il choisira de te combattre. Il exécutera son plan, et nous serons obligés de le suivre. Peut être qu’il cherchera à te pousser à l’attaquer à yukan, peut être qu’il viendra te déloger ici…

Haya observa tour à tour les deux personnes qui lui faisaient face. Elle savait tout cela. Du moins, elle le devinait. Comme si elle percevait ses pensées, la jeune femme prénommée akashia les devança.

Akashia – Ce qu’on veut te dire, c’est que si tu choisis de ne pas attaquer maintenant, nagata le fera probablement. Il n’y a pas de bon ou de mauvais choix. Pendant que tu combattras, il faudra que tu saches que nous organisons nous aussi la défense des lieux de commandement du pays du l’eau. Tu pourras combattre sans poids supplémentaire, te concentrer sur l’assassinat de nagata. Il y aura du sang de versé au sol, mais les survivants en sortiront avec un avantage décisif contre le grand adversaire, contre kakumei.

Satoshi – Si tu parviens à accomplir ce que tu projettes, tu rentreras à kiri en conquérante. Tu pourras rétablir le nom de ton père. Tu pourras atteindre un peu de la paix dont tu m’as parlé. Parce que chacun verra la trahison de nagata, chacun verra que tu as fait ce qui aurait dû être fait, ce que kade kasen a tenté et a échoué.

Akashia – Tu auras une importance politique. Toi et la flamme jaune. Tuer nagata est un acte politique, et je m’intéresse à la politique. J’ai cru comprendre que ton adversaire était kakumei.

Haya essaya de faire rapidement le tri parmi les choses qui avaient été dites. Ce n’était pas du tout ce qu’elle s’était imaginée quand satoshi lui avait annoncé qu’il désirait la voir chez lui, mais haya décida de faire une croix sur ce qu’elle s’était imaginé pour se concentrer sur ce qu’on lui proposait concrètement. Akashia, une femme qu’elle avait pris pour une obscure conquête boudeuse de satoshi, se révélait être une femme… aux compétences multiples, engagée sur plusieurs terrains, qui fraye notamment avec des ennemis notoirement connus (asahi? le marché noir? quoi d’étonnant venant de la part de quelqu’un partageant sa couche avec satoshi, ceci dit sans a priori), mais avec un ennemi établi : kakumei. Haya en était arrivée à cette conclusion de son côté. Le nom de kakumei revenait trop souvent, pour des problèmes trop profonds (des problèmes politiques, dirait sans doute akashia), mais avec les informations qu’elle détenait, il lui était difficile de se faire une réelle idée du problème. Que kakumei soit engagé aux côtés de nagata, c’était une information qui lui était parvenue, de la bouche de tsuna, qui le tenait elle-même de la bouche de yomi. Mais elle manquait d’éléments.

Cependant, il n’était plus l’heure de partir à la quête. Il fallait agir. Nagata devait avoir une idée sur ce qu’il convenait de faire, sur comment concrétiser ses objectifs, qu’haya parvenait encore mal à définir.

Haya – Kakumei, oui.

Akashia – C’est un adversaire de poids. Les armes sont impuissantes contre lui. Mais pas la politique. Tu es du même sang que Shinobu, du même sang que ton père et du même sang que la dénommée Yomi. Tu es intelligente. Tu es faite pour commander. Tu auras une idée. Si tu survis à Nagata, et je le souhaite pour l’avenir de ce village, tu auras une idée sur comment combattre à une plus grande échelle. C’est une nécessité.

Haya – Vous n’avez pas cette idée ?

Akashia eut un nouveau sourire. Elle ramena ses jambes sous elle.

Akashia – Je ne suis pas une fille avec beaucoup d’imagination. Je suis davantage dans la planification méthodique et froide.

Satoshi – Le pays va changer. Nagata va entraîner beaucoup de choses dans sa folie. Nous devrons préserver autant de choses que possible. Mais cela nous permettra aussi d’en détruire d’autres.

Haya – Comment cela ?

Ce fut au tour de Satoshi de sourire d’un air mystérieux.

Satoshi – A nouveau, fais moi confiance.

Satoshi frappa dans ses mains.

Satoshi – Je crois qu’on a fait le tour. De toute façon je reste à kiri pour les prochains jours si jamais tu as besoin de me parler. C’est surtout parce qu’akashia rentre chez elle ce soir que j’ai hâté nos retrouvailles, il était important que vous vous rencontriez.

Avant qu’haya ne puisse réfléchir à ce qui se passait, elle était debout et à la porte de satoshi. Akashia posa sa main fraiche sur son bras et serra brièvement.

Akashia – Fais attention à toi et à tes amis. Vous êtes très précieux.

Elle rajouta sur un ton plus enjoué, tout en refermant la porte :

Akashia – A bientôt j’espère!

Haya resta un instant là, songeuse, alors que les deux adultes devaient reprendre les festivités là où elle les avait interrompues. Quand elle rejoignit la rue principale, haya se dit qu’elle devait être un peu en retard pour son rendez-vous avec idan. Il n’allait pas être content… elle décida de repousser toutes ses pensées à l’orée de son esprit pour l’instant, afin de ne pas paraitre trop déconcentrée. On lui avait fourni beaucoup de matière à réflexion et il n’était pas bon de hâter le processus. Il fallait digérer patiemment. Elle espérait toutefois que satoshi savait réellement ce qu’il faisait, mais il n’était pas l’heure de se laisse impressionner par l’immensité de la chose.

Idan n’avait pas terminé son cours lorsqu’haya entra dans la salle. Elle patienta sagement dans le fond, sans parvenir tout à fait à s’empêcher de réfléchir à son entretien précédent. Jamais elle ne s’était sentie aussi prête à agir. Finalement, Idan acheva ce qu’il disait, récupéra son sac et monta sans se presser au niveau d’haya, qui s’était redressée à son approche. Les juunins sortirent ensemble et sortirent de la vieille académie, qui paraissait partiellement désertée aujourd’hui. Idan parlait peu, comme si lui aussi était perdu dans ses pensées. Il s’arrêta à la même terrasse que la dernière fois, à la même table et commanda la même boisson. Il tapotait doucement le coin du bois avec son index, son regard fixé sur celui d’haya.

Ce fut elle qui rompit la première le silence installé.

Haya – Je ne pensais pas que Satoshi avait été votre élève.

Idan – Mon role auprès de satoshi s’est davantage rapproché de celui de mentor que de maître. Nous avions le même âge. J’étais juste mieux organisé. Mais déjà inopérant militairement.

Idan avait employé un ton neutre, tranchant comme à son habitude, mais haya entendait bien percer une légère amertume à jamais figée en lui. Comme un acte passé sur lequel il n’était plus possible d’agir, sur lequel en vérité il n’avait jamais été possible d’agir. On ne pouvait que prendre acte de ce qui s’était déroulé et essayer de se reconstruire après. Haya connaissait cela. Sa reconstruction à elle aussi était passée par kiri, mais son mal avait été différent. Les vestiges physiques avaient été dépassés, l’usage de son dos, revenu, sa voix, revenue. Mentalement il avait été nécessaire de terminer ce qui avait été commencé sans elle, de témoigner de la responsabilité de chacun. Car pour haya ou idan, tout n’avait pas été perdu et brisé. Il fallait seulement trouver la force de se redresser et de prendre au moins une bonne décision de laquelle dépendraient toutes les autres. Idan avait choisi avec succès l’enseignement pour poursuivre sa passion. Haya avait choisi la guerre.

Idan – Tu as en tête de sombres intentions.

La voix d’idan était traînante et néanmoins précise, comme s’il ne faisait qu’évoquer l’évidence. Il l’observait, l’œil brillant, avec comme une sorte de curiosité dans l’air. Haya répondit sans hésitation.

Haya – Oui.

Idan – Tu es certaine que c’est pour le mieux.

Haya – Oui.

Idan laissa échapper un grognement d’assentiment. Il haussa à peine les épaules et vida son verre d’un trait.

Idan – Alors fais ce que tu as à faire. Il y aura des conséquences. Peut-être seront-elles lourdes et douloureuses. Je vois que tu as déjà connu la douleur. Nous sommes quelques-uns à la connaître, sous différents visages. Je te demande de réfléchir à une chose seulement. N’impose pas ta douleur aux autres. Ne fais pas souffrir, par tes actions, de manière délayées, ceux qui n’ont pas de responsabilités dans cette affaire.

Haya – Idan Sö, je suis convaincue que nous avons tous une responsabilité dans l’état du monde dans lequel nous vivons. Je ne reculerai pas devant les responsabilités que me donne la force que j’ai acquise ici. Je l’utiliserai. Je l’utiliserai toujours. Je tuerai grâce à elle, je sauverai grâce à elle. Et ceux qui doivent payer paieront. Ceux qui doivent mourir mourront. Il n’y aura pas de paix. Il n’y aura pas de répit. Il n’y a pas d’innocents.

Dans la façon dont idan la dévisageait, haya percevait de manière diffuse les épreuves qu’il avait dû traverser pour arriver là où il en était. Il la regardait comme on regarde la tempête dans la plaine, comme il avait dû observer ses jambes traîtresses et faibles, avec cette même accusation silencieuse et impuissante. Mais idan avait appris. Il n’en voulait pas à ses os. Il ne s’en voulait pas à lui-même. Il n’en voulait même pas à ceux qui murmuraient sur son passage. Il savait que certaines choses dépassaient l’action de l’homme, que certaines choses devaient se faire. Peut être qu’il n’en sortirait rien de bon, peut être que ce serait la fin d’une époque pas si désagréable. Mais cela pouvait aussi apporter du mieux, de l’apaisement ou du soulagement. Et idan sö comprenait la nécessité d’être apaisé mieux que quiconque.

Il sourit tristement et détourna le regard.

Idan – Tu es définitivement aussi effrayante que ton père.
Daiisu Aisu
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MessageSujet: Re: La lourde croix   Mar 18 Oct - 16:10

Haya Sasaki (Niveau 25)
: +50% Bonus Inclus
: 200 XP

Hum, je ne sais pas trop quoi dire. C'était tout simplement génial, j'ai adoré ton post du début à la fin et ton interpretation de Satochi est malade. Ce que je donnerais pour avoir une fraction de ton talent...
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MessageSujet: Re: La lourde croix   

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