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 Un maître...

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MessageSujet: Un maître...   Mer 10 Nov - 22:04

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Chapitre 2 : Grandir
Partie 2 : Un maître...





Il est des jours où la lassitude vous guette. Le bruit, les gens, les cris, les mendiants, les rires, les charettes qu'on tire, les chevaux qui hénissent, les gardes qui passent, le réveille qui sonne, la bouilloire qui siffle, l'eau chaude qui brûle, la porte qui claque, les escaliers qui grincent. Et puis là, c'en est trop. Il est temps de faire une virée au loin, dans la nature, près des arbres et des zoziaux tout meugnons, là où l'homme ne va que rarement. C'est justement l'objectif primordial : éviter la race humaine comme la peste bubonique. Aussitôt, on attrape ses chaussures, on enfile une veste, son manteau, on balance son sac sur son épaule, et on s'en va. Le périmètre autorisé n'est pas gigantesque, mais cela suffira largement pour combler l'appel de la nature. D'autant plus qu'il s'agissait d'une grande première pour moi. J'allais visiter les montagnes de Kumo. Une petite surface, en effet, était considérée par les autorités comme un territoire propre au village, ce qui permettait même à des shinobis de rang inférieur comme moi d'y vagabonder sans demander d'autorisation particulière. Tout ce qui était requis, c'étaient de bons mollets pour grimper les pentes et une veste car les vents soufflaient avec vigueur, sans la contrainte des reliefs rabats-joie.

Je traversai le village à toute allure, sans me soucier des gens autour de moi. Dans ma bulle rien ne m'atteignait. Encore heureux, comme si j'allais prêter attention à ce qui provoquait aujourd'hui en moi une sorte de révulsion maladive. Quand mes pieds abandonnèrent le sol pavé pour les graviers et la terre fraîche, je me sentis soudainement plus légère. Je n'attendais que ça, l'épanouissement, que la main de Dame Nature m'attrape et m'emporte dans sa quiétude séculaire. Ma mine inexpressive dessinait peu à peu un sourire à mesure que je m'enfonçais parmi les sapins et les mélèzes, laissant derrière moi les feuillus trop frileux. Le chemin comptait encore quelques promeneurs, mais l'atmosphère me parut beaucoup plus supportable. Je décidai de continuer, de chercher la solitude parfaite. Tout en haut de ce versant ? Pourquoi pas ? Mes pas s'accélérèrent de nouveau, grimpant sans relâche le petit chemin de gravier en zig-zag qui laissa bientôt place à des pâturages verdoyants sans tracé réel. Voilà ce que je cherchais. Cela faisait déjà plusieurs jours qu'il n'avait pas plu. L'herbe d'un vert généreux était sèche et aussi agréable que la carresse du vent dans mon cou dénudé. Plus loin, une falaise imposante barrait la route. Elle n'avait rien d'insurmontable, aussi pris-je l'initiative de partir à sa rencontre. En effet, beaucoup de prises, une pente abrupte certes, mais parfaitement accessible, et à la clé derrière l'immensité et la solitude. Il ne fallut pas plus de quelques minutes, juste le temps d'accrocher correctement mon sac à mon dos, et de fermer convenablement ma veste, avant de commencer l'escalade. Bien qu'étant plutôt néophyte dans l'art d'escalader des parois, je ressentais une certaine aisance, presque inée je dirais, à me faufiler parmi les rochers, choisir mes prises, bondir d'appui en appui afin d'atteindre un sommet finalement décevant, tant il avait été facile de parvenir à mes fins. J'envisageai donc la falaise suivante...

L'espace entre les deux altitudes me sembla immense, et encore, je ne pouvais pas tout appréhender depuis ma position, le relief abrupt créant des portes fermées à ma vue. Je compris cependant pourquoi un grand nombre de shinobis venait s'entraîner en de tels endroits. Le calme, la solitude, et l'assurance que rien ne viendra vous déranger, trois conditions idéales pour réussir à se dépasser. Mais ce n'était pas mon but aujourd'hui. Quoique, grimper la prochaine falaise serait à coup sûr un exercice d'adresse remarquable. Je choisis même le plus compliqué d'entre eux, celui qui menait directement à un plateau qui touchait presque le pic du sommet des reliefs alentours. Il y en avait bien pour six-cent mètres de montée, jalonnés par de petits espaces plats sur lesquels on pouvait se reposer. A partir de cette altitude, je quittais les tons verts pour me diriger vers le monde des rocailles et de la neige. Heureusement nous étions au printemps, aussi le risque de rencontrer le moindre flocon me paraissait hautement improbable, d'autant plus que l'espace réservé au village ne comptait pas de massif très haut. Tout au bout du chemin, sur le plateau qui jouait le rôle d'objectif, nous étions peut-être huit-cent mètres au dessus du village des nuages, ce qui en soit était très peu. Je ne disposais pas des équipements nécessaires, mais l'ascension ne me semblait pas dangeureuse, notamment grâce à ces corniches larges qui pouvaient se voir sur à peu près tous les pans de rochers de la falaise. Avec un bon appui condensé en chakra, il m'apparaissait meme possible de grimper jusqu'au plateau par bonds successifs. Je reconnus qu'il faudrait tout de même une bonne réserve pour faire ainsi de A à Z.

Me voici au bord de mon adversaire du jour. Pas si terrible que ça finalement. Plié en une bonne heure. Eh oui, je suis au bord, mais en haut, assise en tailleur à deux pas du précipice. Le vent souffle fort, très fort même, mais j'adore ça. Et puis ce paysage ! Le village de la foudre est si beau vu du ciel. Les grandes bâtisses en pierre, la muraille autour, le parc Yumekuteka qui ne semblait plus qu'un petit carré de gazon pour lutins pygmés. Et au delà, une chaîne de montagnes majestueuses que caresse un ciel orangé dont les nuages cotonneux soulignent la douceur. Un éveil des sens, un régal des yeux.



??? - " Bouh ! "



J'emmène au creux de mon ombre des poussières de toi. Le vent les portera.

MessageSujet: Re: Un maître...   Mar 16 Nov - 20:02

[Etsuko] - WAAAAAAAH !

Le souffle chaud d'un je ne sais quoi venait d'atteindre mon cou, ponctué d'un "bouh" plutôt malvenu. Je bondis sur mes jambes, manquant de tomber de la falaise au bord de laquelle j'étais nichée. Après deux trois moulins dans le vent, une prière pour qu'une bourrasque ne m'aide pas à chuter, et un rétablissement en catastrophe sur la terre ferme, je pris enfin la peine de tourner mon regard vers celui qui avait émis ce son. Un homme, ou une bête, je mis quelques secondes à choisir à la vue de cette crinière de cheveux longs, épais et noirs. Le reste s'y accordait bien. Un homme, définitivement, accroupi, torse nu, à la peau plus sombre que la normale. Cela ne m'affectait pas tant que ça, nous avions aussi chez les Toshiya une couleur de peau plutôt sombre comparée aux autres habitants de la région. Couleur que je n'avais pas, ne m'étant pas entraînée depuis longtemps sur les falaises ensoleillées du mont Kido. Un torse nu, donc, accompagné d'un pantalon léger, et de sandales ouvertes. A première vue, il se croyait à la plage. Comment faisait-il pour ne pas avoir froid ? Toujours était-il qu'il semblait s'accomoder facilement de l'altitude et des bourrasques glaciales qui vont avec.

[???] - Et dire que je viens habituellement ici pour être au calme, voici qu'une demoiselle vient me rendre visite.

Il était souriant, plutôt amical, je n'avais apparemment pas à m'inquiéter des débouchés de cette rencontre. J'arquai un sourcil puis souris tout en lui répondant.

[Etsuko] - C'est amusant, j'ai grimpé jusqu'ici pour les mêmes raisons. Vous étiez là depuis le départ ? Je n'ai pas senti votre présence.

L'homme se redressa sur ses jambes en un petit bond athlétique. Il était plus grand que moi, d'une demi tête environ. Ses yeux sombres, complétant sa panoplie de noirceur, n'avaient pourtant aucune animosité en eux. A vrai dire, j'avais l'impression d'avoir rencontré un paradoxe vivant. L'image d'un démon, mais une personnalité d'ange, une bête au coeur d'homme.

[???] - Je sais y faire pour rester discret.

Il me tendit une main, ornée d'une mine joyeuse et accueillante.

[???] Je suppose que vous êtes également de l'ordre shinobi, mademoiselle ?

Je tendis la main à mon tour, quelque peu confuse qu'il ne me donne pas son nom. A mon tour de parler, je ne sus vraiment quelle formule adopter pour le coup. Mais comme il n'avait pas fait l'effort de donner son identité en premier, j'estimais que je n'avais pas à fournir plus d'effort que ça.

[Etsuko] - Etsuko. Nouvellement genin de ce village. Enchantée.

Ma réponse l'amusa. Il se rapprocha du vide, et s'assit de la manière dont j'étais placée auparavant. Je décidai de le rejoindre. A la manière d'un enfant, il balançait ses jambes comme sur une balançoire. Les mains en arrière, afin de s'ancrer mieux au sol, il semblait profiter du vent qui soufflait sur nous de toute sa rigueur. Il finit par tourner la tête vers moi, ce même sourire s'esquissant le long de son visage juvénile.

[???] - Alors mademoiselle Etsuko, tu pratiques souvent l'escalade ? Il faut un sacré niveau pour arriver jusqu'ici.

J'appréhendai à nouveau la falaise que je venais de monter, et, perplexe, je répliquai :

[Etsuko] - Et bien non. Mais j'ai trouvé ça facile. En fait, j'ai l'impression que j'ai ça dans le sang.

Les araignées à tête de lion... Notre emblême n'était peut-être pas qu'un symbole finalement...

[???] - Tout comme moi. Je suis chuunin de ce joli village en contrebas. Tu t'y plais ?

J'acquiesçai brièvement. Il semblait chercher ses mots, ne savoir que dire. Ou peut-être réfléchissait-il. Il se leva de nouveau et me fit signe de venir plus au centre du plateau, à l'abri des vents, derrière un gros rocher.

[Gekko] - Dis-moi, pourrais-tu malaxer du chakra, rien qu'un peu s'il te plait ?

D'abord surprise par la requête de ma nouvelle connaissance, je me dis qu'après tout il devait avoir ses raisons, en plus d'être hiérarchiquement mon supérieur, et donc apte à me donner des ordres. J'acquiesçai et plaçai mes mains sous le signe de la chèvre. Mon flux spirituel et corporel s'unit alors pour créer ce qu'on appelle chakra, au niveau de mon estomac, ne sachant qu'en faire, cependant, je le laissai là, alors qu'à d'autres occasions, il aurait vogué dans mon corps, ou à l'extérieur. Il se dissipa de lui même, inutilisé. Ce fut mon interlocuteur qui interrompit la pratique, lançant d'une traite, un sourire en coin :

[???] - Merci, mademoiselle Toshiya.

Je restai pétrifiée d'étonnement. Comment avait-il su en quelques secondes mes origines ? Etais-je si reconnaissable ? Je me remémorai rapidement tout ce que j'avais pu dire, ou la séquence produite à l'instant devant ses yeux, mais je n'y décelai pas le moindre indice. Je finis par lui demander. Il me répondit tout simplement :

[Gekko] - Ta posture, la position de tes mains pour exécuter le taô, l'ancrage de tes pieds sur le sol, c'est typique de l'éducation Toshiya. Ne t'inquiète pas, ce n'est pas marqué sur ton front. Si j'ai pu le savoir aussi vite, c'est que j'ai cotoyé beaucoup d'élèves ninjas de ta famille dans mes cours.

C'était donc par expérience, et comparaison avec d'autres membres du clan. A y réfléchir plus intensément, sa conclusion avait du sens. J'ai appris le maniement du chakra à l'aide des méthodes du clan, en suivant des postures, des schémas et des séquences définies par la famille, pour les membres de la famille. Ce processus est le même pour tous les enfants Toshiya, aussi, après avoir rencontré beaucoup de membres de ma famille, il doit être facile de reconnaître à la posture, à la position des doigts lors du Taô de la chèvre, ou encore à l'évolution de mon chakra dans mon corps si l'on possède la sensibilité suffisante, des indices de mon origine. Mais cela restait quand même un exercice de perception extrêmement ardu. La personne que j'avais en face de moi n'était assurément pas n'importe quel shinobi.

[Etsuko] - On ne peut rien vous cacher, apparemment... Et vous êtes professeur à l'Académie si j'ai bien compris ? Qu'enseignez-vous, monsieur ?

[Gekko] - Des choses et d'autres. La plupart du temps, du ninjutsu élémentaire, le Raiton plus précisément. Mes cours de combat en montagne n'attirent pas grand monde, ils sont trop dangereux à ce qu'il paraît. Et tu peux m'appeler Gekko.

Il ponctua sa phrase d'un petit rire amusé. Je souris également, afin d'accompagner sa boutade, et je pris la balle au bond. Raiton, venais-je d'entendre. Voilà qui m'intéressait au plus haut point. Je savais depuis plusieurs années que j'étais primairement destinée à cet élément. On m'avait dit que c'était une chance, car je pourrais trouver des professeurs facilement au pays des nuages, ce qui n'était pas le cas pour mes camarades ayant obtenu des affinités plus tropicales. En tant que shinobi, maintenant, il me fallait être capable de me défendre, mais les spécialités du clan Toshiya m'étaient encore peu ouvertes. Les arts assassins de l'arc nécessitaient que j'arrive à toucher à nouveau à cette arme sans penser à ce que j'en ai fait la dernière fois. Le ninjutsu propre aux Toshiya est extrêmement rigoureux, et je n'avait pas la maturité nécessaire, selon Takeo-sensei, pour les manipuler encore. Peut-être qu'en attendant, ma voie se situait dans la manipulation de la foudre. J'osai exposer ma requête à mon interlocuteur.

[Etsuko] - Gekko-sama ? Pourrais-je profiter aujourd'hui d'un de vos cours en ninjutsu élémentaire ?

Un long sourire s'esquissa sur sa mine joyeuse. Apparemment, je lui plaisais. Il mit quelques secondes à réfléchir, les mains dans les poches, puis se gratta le menton.

[Gekko] - Alors comme ça tu es d'affinité Raiton ? Voilà qui explique nos atomes crochus. Le truc, c'est que je suis en congé aujourd'hui...

J'avais l'impression qu'il avait déjà décidé de m'accorder une petite séance, mais qu'il voulait s'amuser avec moi un petit peu avant d'accepter. Je lui répondis donc, sur un ton amusé

[Etsuko] Ce serait une occasion d'honorer nos atomes crochus, vous ne trouvez pas ?

[Gekko] - Tu n'as peut-être pas tort. Allez soyons fous.

Je m'inclinai doucement pour le remercier. Quand je relevai la tête, l'expression de mon sensei improvisé avait totalement changé. On sentait qu'il passait cette fois aux choses sérieuses et qu'il ne rigolerait plus comme depuis ce petit quart d'heure passé ensemble. Il plaça ses mains sur les hanches, me demanda si j'étais prête. Je posai mon sac et mon manteau dans un alcôve du rocher le plus proche, et revins à ma position.

[Gekko] - Que connais-tu du Raiton ?

Un peu confuse, je préférai dire la vérité.

[Etsuko] - Absolument rien, Gekko-sensei.

La nouvelle particule que je venais de lui donner lui provoqua un petit rictus. Bizarrement, ma réponse ne semblait pas le déranger, au contraire. Il me semblait qu'il se réjouissait d'avoir un matériau brut à sa disposition. Une pierre simple, non taillée, dont tout le travail était à faire. Il se voyait déjà artisan, joaillier, trouver les interstices fécondes pour tirer le meilleur de moi-même. Ca tombait bien, j'étais tout à fait disposée à profiter ainsi de son enseignement d'orfèvre. Les choses sérieuses pouvaient commencer.


J'emmène au creux de mon ombre des poussières de toi. Le vent les portera.


Dernière édition par Etsuko Toshiya le Jeu 18 Nov - 20:35, édité 1 fois

MessageSujet: Re: Un maître...   Jeu 18 Nov - 20:06

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En demandant à Gekko, ma nouvelle connaissance, de prendre en charge mon éducation à la maîtrise du Raiton, je n'avais pas imaginé l'ampleur de la tâche qui m'attendait. L'après-midi que j'avais passé sur le plateau venteux n’avait servi qu’à deux points, dont le premier ne concernait même pas encore la foudre en elle-même. Il fallait avant tout en effet que je maîtrise le ninjutsu, que j’en comprenne les arcanes et les principes, avant de me lancer plus en avant. Pour cela, Gekko avait prévu de me faire travailler sur la matière brute, le chakra de l’estomac, non modelé, tout juste malaxé. Le mouvement semblait simple, l’exécution se révélait pourtant diablement difficile. Le chuunin me demanda de se rapprocher de lui. Nous nous assîmes en tailleur, et après quelques minutes de concentration, il joint ses deux mains par l’extrémité de chacun de ces doigts. Pouce contre pouce, index contre index, et caetera, on eut dit qu’il tenait dans ses mains une boule invisible. Mais quelques secondes plus tard, la boule apparut, lumineuse, faite de chakra pur, non modelé, autrement dit spectral. De l’énergie vitale sous forme de lumière simple, encore accrochée au corps.

[Gekko] - Je veux que tu fasses exactement la même chose. Que ton chakra se déplace jusqu’entre tes mains, et se stabilise sous la forme d’une boule qui prend exactement la surface entre tes doigts. Ni plus, ni moins.

Je n’eus pas d’autre explication. Gekko s’en alla plus loin sur un rocher, méditer de nouveau comme il le faisait avant notre rencontre, un quart d’heure plus tôt. Et moi, j’avais un exercice à terminer en un temps record. J’avais soif de foudre, pas de bouboules entre les mimines pour faire joli joli. Je me mettai donc aussitôt au travail. Le processus de malaxage ou d’acheminement jusqu’à mes mains ne me posait en soi aucune difficulté. Je savais déjà le faire lorsque je me servais du Henge par exemple. Je compris rapidement que l’exercice n’était pas une question de capabilité, mais de mesure. Créer une boule de chakra malaxé entre ses mains, tout ninja sait le faire, même si ça ne sert absolument à rien. Sous cette forme, le chakra reste implacablement inutile. Pas encore matériel, pas encore modelé, sans aucune propriété. Bref un jeu d’enfant. Non, la difficulté principale résidait dans un souci de précision. Accumuler cette énergie au même endroit, puis lui donner exactement la taille de l’espace entre mes doigts se révélait un enfer. Je compris au bout de quelques tentatives que plus la quantité de chakra malaxé s’entassait au même point, et plus il était instable. Tantôt la boule se désagrégeait faute d’un contrôle suffisant de ma part, tantôt elle jaillissait de mes doigts car je la comprimais bien trop. Il fallait procéder à tâtons, par à coups successifs, doucement, sans se décourager, comme lorsqu’on essaie de passer le fil dans le chas d’une aiguille. Je dus donc faire preuve de patience, de concentration, pour voir les fruits d’un travail laborieux apparaître au bout de quelques heures.

Gekko, entre temps, n’avait pas bougé du haut de son monticule, les yeux fermés, souriant. On sentait qu’il était dans son élément, là, seul, au milieu de nulle part, dans une nature sauvage et préservée que la main de l’homme n’avait même pas encore effleurée. Il n’avait même pas regardé l’avancée de mon travail. Etait-ce par confiance en ma réussite, ou par total désintérêt ? A mon avis, la relative simplicité de l’exercice faisait que n’importe quel ninja était passé par là tôt ou tard, et que tous avaient réussi. En un sens, il n’avait pas tord. N’importe qui était capable de reproduire ce que j’avais fait, la seule différence étant le temps nécessaire pour l’accomplir. Je ne sus pas si j’avais été rapide ou non, mais le résultat était le même, et en tout cas, suffisant pour mon sensei, qui après mon appel, regarda d’un œil satisfait une démonstration concluante.


[Gekko] - Bien, nous allons maintenant partir de cela pour te faire comprendre le fonctionnement du Raiton.

Alors que je me levai, je reçus presque instantanément, sans le voir arriver, une décharge électrique dans tout le corps qui me fit retomber lourdement sur le sol. Je n’avais jamais ressenti une telle sensation. Comme une étrangère qui s’était infiltré dans mon corps, la foudre reçue, désagréable intruse, rebondissait en moi aléatoirement à une vitesse incroyable, au point de me faire chavirer, et perdre l’équilibre. Je restai pendant quelques secondes assise sur le sol, tentant de reprendre mes esprits, puis me relevai d’une manière pataude, regardant d’un air surpris Gekko qui rigolait doucement.

[Gekko] - Mon sensei à moi, quand j’étais plus jeune, m’a appris à manipuler le Raiton de la même façon. Tu viens de faire connaissance avec une nouvelle amie, la foudre. Mais c’est une amie dangereuse, il faudra toujours la manier avec discernement, mesure, et contrôle.

Je compris le but de la manœuvre. Il est impossible de pouvoir manipuler la foudre si l’on ne comprend pas sa nature profonde. Il faut qu’elle vous ait traversé le corps au moins une fois pour dessiner sa silhouette, comprendre son fonctionnement, sa philosophie : son sens de l’aléatoire.

[Etsuko] - Je suppose que c’était une petite décharge, ce que je viens de recevoir ?

Tout en me donnant sa main pour que je me relève, il me répondit

[Gekko] - Oui, juste de quoi te faire tomber, mais rien de bien méchant. D’ailleurs, si je le refaisais mais que tu y étais préparée, tu ne vascillerais même pas.

Je dépoussiérai mes habits grisés lors de ma chute.

[Etsuko] – Dans ce cas, puis-je vous demander de me faire subir un vrai choc ?

[Gekko] – Et pourquoi donc ?

[Etsuko] – Parce que je suis de celles qui ont besoin d’un grand coup de pied aux fesses pour avancer

D’abord l’air interrogateur, Gekko rit de bon cœur. Je sentais qu’il était fait pour moi, son attitude, son regard, ce côté solitaire, tout en lui m’inspirait la confiance et l’envie d’aller de l’avant. Il reprit l’explication

[Gekko] - Pourquoi pas après tout ! Mais soyons ambitieux : je veux qu'à la fin de l'exercice prochain, tu maîtrises ton premier jutsu Raiton. Il est fondateur de tous ceux que tu pourras voir par la suite, aussi il te faudra le comprendre à la perfection. Je vais te demander de te remettre dans la position précédente, celle que tu as assimilée juste avant, et de placer ton chakra de la même manière, entre tes doigts. Je vais t’envoyer un jutsu qui a le nom de son élément. Raiton, l’éclair primordial. Je viserai cette forme de chakra que tu auras crée. De ton côté, essaie de faire de cette foudre ton propre matériau, en donnant à ton chakra les mêmes propriétés que ce qui te traverse. Tu es prête ?

Je pris une position défensive, afin d’encaisser facilement la salve que j’avais moi-même demandée. Je plaçai mes mains comme précédemment, et regardai finalement Gekko

[Etsuko]Prête !

[Gekko] Alors c’est parti !

Il composa trois taôs simples, la chèvre, le chien puis le cheval, et plaça ses doigts de la même manière que les miens. Au bout de chacun d’entre eux, un point lumineux apparut soudainement. Il n’eut plus qu’à écarter ses doigts et des arcs électriques très fins se développèrent. Sa maîtrise était étonnante. L’éclair était comme capturé dans un espace duquel il essayait par tous les moyens de se libérer, mais se nourrissant du chakra de Gekko, il ne pouvait faire mieux que de s’octroyer sa liberté dans un espace confiné. Je réalisai alors l’importance du contrôle que Gekko avait exigé de moi avant tout. Si le chakra du chuunin s’éparpillait en ce moment même, la foudre en profiterait aussitôt pour s’échapper, et devenir incontrôlable. De ses dix doigts, Gekko en retira huit, ne laissant plus que ses index faire le travail. Je compris qu’il réduisait l’intensité au minimum afin de ne pas me blesser. Ca ferait mal, un mal de chien peut-être, mais je n’avais rien à craindre. Ses mains s’ouvrirent soudainement vers moi, et l’éclair mit à peine une seconde à me toucher au torse. Je sentis le choc me pousser en arrière, mais l’amorti de mes jambes suffit à encaisser sans problème. L’intensité était cependant beaucoup plus forte que la dernière fois. Je grimaçai de douleur, mais j’avais vu bien pire, ne serait-ce que pendant les entraînements intensifs de mon enfance pour développer nos talents. La douleur surpassée, c’était maintenant à moi de jouer. Je tentai de maîtriser cette énergie qui circulait en moi et de l’amener vers mon estomac, à l’origine de mon chakra. J’en malaxai une bonne quantité, et fit tout mon possible pour qu’il prenne les mêmes caractéristiques que l’inconnue qui me traversait de part en part. Je copiai ainsi les taôs réalisés par Gekko quelques secondes plus tôt, tout en visualisant mentalement les propriétés que je voulais insuffler au flux créateur qui émanait de moi. Une énergie libre, sans attache, aléatoire, vive, lumineuse, implacable.

Lorsque je sentis le déclic, j’emportai aussitôt cet afflux vers mes mains afin qu’il ne se développe pas en moi. La petite boule de chakra déjà malaxée qui attendait sagement au creux de mes paumes servait justement d’appât à cette force que je savais attirée par l’énergie que je voulais bien lui donner. Il ne restait plus qu’à lui donner vie à l’extérieur de moi-même. L’orbe de chakra que je tenais prit soudain une teinte bleutée, et un crépitement se fit entendre. Je redirigeai cette énergie dans le bout de mes doigts, puis la séparai en écartant mes mains. Un arc électrique jaillit soudainement entre mes deux index et mes deux majeurs. Les autres ne devaient certainement pas avoir assez de carburant pour résister. J’en avais gâché une bonne partie dans mon inexpérience. Il ne restait plus qu’à faire survivre ces deux jaillissements en leur donnant un afflux de chakra constant comme une offrande pour qu’ils restent auprès de moi. Ils le consumaient néanmoins très rapidement , ce qui me fit réaliser que je ne pouvais maintenir bien longtemps une telle énergie entre mes mains. Mais où la jeter ? Je regardai Gekko d’un air paniqué, et il entreprit aussitôt de me donner conseil :


[Gekko] Choisis un point dans le décor, et envoie une petite gerbe de chakra dans cette direction. La foudre prendra aussitôt ce chemin, et se consumera en frappant la cible.

Je m’exécutai. La cible : un rocher à une dizaine de mètres de moi. A peine l’afflux de chakra supplémentaire lancé dans cette direction que la foudre créée partit immédiatement l’avaler en gloutonne invétérée. La foudre n’était pas mon amie. Une fois mon chakra transformé en cet élément, il m’était impossible de la considérer comme mon alliée. Son seul but était de trouver un conducteur dont elle pourrait se nourrir, et je devais me servir de mon chakra encore vierge, comme un appât à poisson vorace. L’idée était là, la précision beaucoup moins. Au lieu du bloc, mon trait de foudre avait touché le sol cinq mètres plus tôt. L’essentiel avait toutefois été compris. Je tournai la tête en direction de mon sensei, un immense sourire sur le visage.

[Gekko] Bienvenue dans la communauté des charmeurs de foudre, mademoiselle Etsuko.

Des charmeurs, c’était exactement ça. La foudre serait à jamais neutre, sans but, sans ennemi, ni d’autre volonté que celle de se nourrir. C’était maintenant à moi de la charmer, de l’attirer dans mes filets par mon appétissant chakra, et de la mener où je voudrais à la manière d’un dompteur et de son fouet.

Ce fut tout pour aujourd’hui. J’avais épuisé beaucoup de chakra à manipuler ces objets nouveaux pour moi, et la nuit tomberait bientôt sur les montagnes de Kumo, ne nous laissant plus la visibilité nécessaire pour une descente en toute sécurité. Nous décidâmes de rentrer chacun de notre côté. A vrai dire, je n’aurais pas eu le niveau pour le suivre dans ses pirouettes vertigineuses sans risquer de me briser le coup dès le premier saut. Autour d’une dernière poignée de main, je remerciai mon professeur d’un jour. Apparemment, il n’en avait pas fini avec moi. Le rendez-vous était donné, dans une semaine, pour la suite d’un apprentissage qui durerait toute ma vie.




J'emmène au creux de mon ombre des poussières de toi. Le vent les portera.

MessageSujet: Re: Un maître...   Dim 21 Nov - 0:58

Spoiler:
 


*** Dans la peau de Gekko ***

Quand j'y repense, je me demande pourquoi je me suis engagé là dedans. Les liens du sang ? Qui serait assez stupide pour croire en ce genre de choses ? Comme si une question d'acide désoxyribonucléique pouvait s'immiscer dans le territoire des sentiments. Qui peut prétendre se connaître après tout ? En temps normal, je ne l'aurais même pas abordé, alors pourquoi ? Du haut de mon rocher, je l'ai vu monter la dernière paroi, sans peine, puis se poser tout près de moi sans un bruit. Ces yeux, noirs, vides, des espaces d'une absolue tristesse. Elle est comme perdue dans un songe. Comme moi ? Ai-je ces mêmes pupilles mélancoliques, suis-je un enfant de la noirceur, engeance d'une fissure impossible à combler ? N'est-ce pas le destin de chacun d'entre nous, de naître, vides de sens, pour ensuite vivre, vides d'essence ?

Oui, ce sont ces yeux qui m'ont touché, comme la pointe d'une épée en plein coeur. Je le reconnus aussitôt, notre nature est né des mêmes racines, s'est repu aux mêmes sources. Elle est une partie de moi, une partie de ce grand Rien qui me compose. Infimes résidus de l'abyme qui nous a enfanté, nous voguerons ensemble. Je serai derrière toi, pour te pousser de mes deux paumes ouvertes, te porter de mes deux épaules découvertes, et ensemble nous transcenderons peut être le gouffre qui nous ronge.

Elle est une Vénus primitive, une petitte déesse du spleen au corps d'albâtre nu, aux hanches féminines et généreuses, à la silhouette légère que forment ces cuisses rebondies, jointes l'une contre l'autre en une attitude timidité qui n'a d'égale que la profondeur du regard. Femme plutôt qu'homme, tout en elle invite à la chair et non à la contemplation. Et pourtant, je la regaarde, je ne cesse de la regarder, doux objet de mes réflexions les plus enfouies, je pose mon long regard sombre sur elle. Elle me scrute pensivement, tente de percer mon âme d'ombre sans matière, elle le sent qu'elle est à un cheveu d'entre en contact, de deviner, de dialoguer, et puis elle renonce brusquement et j'ai le sentiment excédant d'avoir assisté au spectacle d'une femme qui se contemple dans une glace sans tain sans se douter que derrière, quelqu'un l'observe.

La voilà, devant mes yeux, moi l'artisan, le sculpteur qui va façonner ce talent avec comme outils mon bon sens, mon expérience, et sa raison à elle. Elle se débrouille pas mal, il faut dire. Pour seulement quelques cours de ninjutsu, sa maîtrise est remarquable. On dirait que les vieillards de la maison Toshiya font toujours du bon boulot, c'est bon signe. Sa posture est fluide, et souple, elle n'éparpille pas son chakra, et joue d'économie dans chacun des mouvements énergétiques qu'elle enclenche. L'apprentissage sera rapide.


[Gekko] - Augmente la cadence, c'est bien. Une fois que l'orbe fera le tour entier de ton corps, on pourra passer à l'étape suivante.

L'exercice du jour était la maîtrise du Jiba No Tate, le bouclier magnétique. Si assimiler un tel jutsu n'est en soi pas compliqué, le temps d'apprentissage pour un élève varie du simple au quadruple, en fonction de sa facilité à gérer les aléas de la foudre. Mais nous étions sur la bonne piste. Etsuko a compris rapidement comment faire jaillir du corps une couche de chakra élémentarisé. L'étape actuelle consiste à faire jaillir ce chakra à distance respectable pour ne pas se blesser lorsque l'énergie sera lancée. Une quarantaine de centimètres suffisait, mais c'est un véritable travail de fourmi de parvenir à grapiller quelques centimètres de plus. Pour peu que l'on soit trop ambitieux, la cloche de chakra s'effrite et la foudre s'éparpille. Si l'on est trop prudent, on ne fait aucun progrès. Le Raiton, indéniablement, demande un sens profond de la mesure. La loi du juste milieu, si chère à de nombreux philosophes prenait toute sa logique dans le maniement d'un tel élément. L'hubris, la démesure, n'a pas sa place, lorsque l'exagération peut engendrer les pires catastrophes. Mais je n'ai pas l'impression d'avoir à me soucier de cela pour aujourd'hui. Etsuko m'a l'air extrêmement méticuleuse, elle comprend vite où sont les limites, même si elle n'hésite pas à les pousser de temps à autre. Décidemment, c'est un vrai plaisir de donner cours à l'une de mes petites cousines. D'autant plus amusant qu'elle ne saura jamais les liens du sang qui nous unissent.

[Gekko] - Bien, mangeons un morceau, ce n'est pas bon de trop forcer

Le vent particulièrement rigoureux des hauteurs de Kumo nous force à nous abriter dans un petit alcôve. Il est midi mais nous ne voyons pas le soleil au dessus de nous. Les nuages en ont décidé autrement, plongeant sur notre terrain de jeu une sorte de clair obscur que j'affectionne particulièrement. Je ne remercierai jamais assez le hasard d'avoir fait de ces montagnes mon terrain de jeu personnel. Il est en ces terres tant de richesses naturelles cachées qu'il me faudrait une vie entière pour les découvrir toutes. Quel bonheur de redécouvrir des gorges anciennes creusées par une érosion millénaire, se promener dans les pâturages d'un vert si éclatant qu'on se demande si un homme a déjà foulé cette terre auparavant, escalader les parois les plus délicates sous un ciel menaçant, ajoutant à la difficulté de l'épreuve physique celle de le peur d'une pluie menaçante. Un petit sourire niais sur le visage, je contemplais les nuages qui passaient à la vitesse d'un cheval au galop, poussés par un vent hyperactif.

[Gekko] - Alors, qu'est-ce qui t'a décidé à venir dans notre magnifique village de la foudre, plutôt que d'embrasser la carrière habituelle des membres de ta famille ?

Je n'avais pas choisi le bon moment, elle venait tout juste d'engouffrer dans sa bouche une énorme boule de riz vinaigré, si bien que j'eus le temps de voir passer plusieurs anges avant qu'elle puisse articuler correctement un mot.

[Etsuko] - Hum... c'est compliqué à expliquer à quelqu'un qui n'est pas Toshiya...

[Gekko] - Essaie toujours

Tu serais surprise, ma petite demoiselle !

[Etsuko] - En fait, nous fonctionnons normalement par binôme. Et je suis seule depuis quelques années. J'ai passé un temps à étudier la botanique avec Dame Tezuka, l'une des doyennes du clan, puis j'ai décidé de venir à Kumo pour servir au village dans le cadre de notre accord.

A la lumière de cette explication, j'essaie de ne pas paraître surpris. J'ai entendu parler d'une histoire au sein du clan il y a de ça quelques années, et si cela correspond, alors ce serait-elle la membre des jeunes générations qui a tué son binôme. Je comprends maintenant beaucoup mieux cette solitude ressentie et partagée. Et cette Tezuka, toujours là pour s'occuper des Toshiya en détresse, une vraie mère poule. Ca fait bien longtemps que je ne suis pas venu leur rendre visite. A quoi bon après tout... J'enchaînai sur une réponse, afin de ne pas paraître trop étrange.

[Gekko] - Oui, cet accord qui nous vaut d'avoir quelques nouveaux shinobis chaque année dans nos rangs. D'accord, je comprends mieux tes raisons.

[Etsuko] - Et vous Gekko-sensei ? Quelle est votre histoire, si ce n'est pas trop indiscrêt ?

Haha, je l'avais bien mérité après tout. Malheureusement elle allait être déçue...

[Gekko] - Et bien comme tu le sais, je m'appelle Gekko, et puis c'est à peu près tout... Je sais pas trop d'où je viens, je suis shinobi depuis déjà tout petit, et j'ai passé ma vie à Kumo à servir le village. Voilà.

Voilà, j'en étais sur, ma présentation rapide et pas du tout précise la fit arquer un sourcil presque aussitôt. Mais je crois qu'elle a perçu ma gène, et ne préfère rien ajouter, par respect certainement. Elle se contente finalement d'un petit hochement de tête, et reprend l'assaut de son bentô dans la même vigueur carnacière qu'avant. Nous sommes restés un petit moment à discuter de choses et d'autres, de ses envies pour les mois qui arrivent, de ses premières missions, de nos goûts culinaires. En fait, nous avons surtout parlé d'elle, et pas du tout de moi, si ce n'est qu'elle sait maintenant que j'ai un petit faible pour les algues sechées et le thé au jasmin, autrement dit, pas des informations capîtales.Puis le soleil réapparaissant, nous sommes repartis à la charge.

Deuxième étape, contrôler cette cloche de chakra pour qu'elle serve d'un bouclier, et ne disparaisse pas en quelques secondes. Encore une épreuve de patience, de persévérance, et d'abnégation. Je ne pouvais pas l'aider mieux que l'encourager de temps en temps, la motiver par des conseils qui la feraient progresser plus vite. Le reste, c'était à elle de s'en charger, elle avait tout ce qu'il faut pour s'en sortir. En attendant, j'allais faire un tour dans les environs, un peu d'escalade, puis de la méditation au bout de la falaise, pas très loin du vide histoire de pimenter la chose. Au bout de quelques heures, l'exercice semblait avoir porté ses fruits. J'en profitai pour consolider les expériences acquises aujourd'hui.


[Gekko] - Que dis-tu de me servir de sparring partner pour une ou deux passes ?

[Etsuko] - C'est à dire que le taijutsu et moi, on est pas très...

En voilà une réponse étonnante. Si elle a été formée pour servir d'assassin elle a forcément dû recevoir comme enseignement un socle en arts martiaux. Ou alors serait-elle rouillée ?

[Gekko] - Il n'y a pas de mais qui tienne. Si tu veux que cette technique soit efficace en combat réelle, tu dois t'assurer maintenant que tu la maîtrises au moins dans de bonnes conditions. Et puis il s'agit d'entraîner ton ninjutsu raiton, pas des poings ou tes pieds. Alors utilise simplement ton bon sens. Tu es prête ?

Elle acquiesça. J'attendis quand même qu'elle active le bouclier, ce qui lui prenait encore un peu de temps, puis je partis à l'assaut, enfin, si l'on peut appeler ça un assaut. J'y allais molo, pour ne pas dire que je n'y allais pas du tout, mais l'essentiel consistait dans son aptitude à se mouvoir, à parer mais aussi à encaisser sans relâcher le Jiba No Tate. A ce petit jeu, elle s'en sortait plutôt bien. Il y a bien ce coup de pied qu'elle n'a pas vu arriver pour lequel elle a désactivé la barrière lorsqu'elle a encaissé, j'ai pu remarquer plusieurs fois où l'intensité diminuait, mais elle avait compris dans les grandes lignes en quoi consistait le maniement de cette technique. D'autant plus compris que j'en ressentais directement les effets sur mon corps. A chaque coup porté, je pouvais ressentir mes muscles s'engourdir, traverser une zone d'une forte densité, rendant mes coups plus lourds et moins fluides. L'aspect physique avait été complètement acquis par Etsuko. A ce rythme, on pourrait passer aux choses sérieuses d'ici peu de temps. Et puisqu'il fallait aussi combattre pour de vrai, j'accélérai le rythme. Un enchaînement de poings, suivis d'une tentative de rapprochement, puis je me laissai aller volontairement à encaisser un de ses pieds pour lui donner l'opportunité de passer à l'offensive, ce qu'elle fit avec la manière. Au lieu de me rejoindre pour lancer un quelconque enchaînement hasardeux d'un taijutsu qui n'était pas son fort, elle avait aussitôt reproduit la position du jutsu Raiton et quelques instants plus tard, je dus encaisser une salve ma foi pas encore très puissante, mais bien plus précise que ce que j'avais pu voir la semaine dernière. Indéniablement, elle s'était entraînée durant la semaine. En voilà, une élève persévérante.


[Gekko] - Tu as eu raison de préférer tes forces plutôt que de continuer avec ta faiblesse. Tu es clairement une adepte du ninjutsu. Mais il va quand même falloir renforcer ta garde et tes mouvements, sans quoi tu seras trop vulnérable. D'accord ?

La leçon avait été comprise, tout du moins il me le semblait.

[Gekko] - Allez, rentrons. Pour le retour, laisse moi te montrer un endroit sympathique

... et les meilleures figues de tout le pays des Nuages. Miam !


J'emmène au creux de mon ombre des poussières de toi. Le vent les portera.


Dernière édition par Etsuko Toshiya le Mer 6 Avr - 20:18, édité 2 fois

MessageSujet: Re: Un maître...   Dim 28 Nov - 13:17


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