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 Origines du Monde

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MessageSujet: Origines du Monde   Sam 13 Nov - 23:39

Civilisation balbutiante

Ce qui est aujourd'hui devenu le monde shinobi a pendant longtemps été complètement déserté, hormis par quelques tribus nomades qui le traversaient dans l'idée de rejoindre l'un des continents les plus vivants. Il y en avait bien quelques unes pour s'établir plus durablement que les autres, elles vivaient alors de chasse, de pêche et de travaux simples dans un isolement complet et une tranquillité certaine. La vie du monde se situait ailleurs, principalement au nord, à Hakkado et au sud, à Umi, deux énormes continents. Hakkado cependant était agité par d'épouvantables guerres entre les différents pays, des guerres qui ne semblaient jamais devoir cesser. Il y avait parfois des périodes de trêves de dizaines d'années, puis les conflits reprenaient avec une ardeur renouvelée, les massacres s'enchaînaient sans raison et personne ne savait plus exactement quelle était l'origine du problème. Ces guerres provoquèrent, sur plusieurs centaines d'années, d'importants flux migratoires. Des populations entières s'installèrent progressivement au sud de Hakkado, dans un monde encore pratiquement vierge. Ils s'y installèrent en villages, qui devinrent des villes sans se hâter et qui nécessitèrent bientôt des administrations efficaces pour les diriger.

Ainsi, la naissance du futur monde shinobi fut davantage un accident qu'une volonté d'expansion. Personne ne songeait à s'approprier ces terres, riches au demeurant, mais pas plus qu'ailleurs. Les dirigeants des pays de Hakkado avaient trop à faire pour se soucier de s'approprier des terres éloignées, il s'agissait davantage pour eux de ne pas se faire rogner leurs frontières par leurs voisins aux dents longues. Mais ce chaos demeura longtemps, trop longtemps pour que quelque chose de réellement solide s'agence. Les populations s'accroissaient à mesure que les décennies s'écoulaient, mais il n'y avait toujours pas de réelle nécessité à s'organiser en pays et d'établir des cartes frontalières précises. Le monde resta dans une relative indécision, mais les richesses progressaient de concert avec la population, et les disparités les suivirent naturellement. Bientôt, les terres devinrent un repaire de bandits en transit. Hakkado en fournit énormément, car si de nombreuses bandes survivaient des rapines et des restes que laissaient les armées qui se déchiraient, la perspective d'un argent facile au sud avait fait son chemin.

Les villes finirent par se rejoindre, pour fonder des pays sans noms qui dépendaient de l'autorité d'une personne, un daimyo, lui-même dépendant de tout un cortège de politique qui se mit en place laborieusement. En cela, le monde avait copié sans honte le fonctionnement de Hakkado, parfaitement huilé, mais en hâte. Hakkado avait mis des siècles à asseoir complètement son système, les pays n'avaient pas vu leur autorité leur tomber sur les épaules après avoir simplement créé les daimyos. Ils découvrirent alors les difficultés à gérer un pays dont ils ne connaissaient même pas les frontières. Des discordes naquirent de leur tentative d'ordre, d'aucuns leur disputant le droit de diriger les vies d'autrui, si bien que ces rebelles finirent par prendre, en plusieurs endroits de la carte, les armes. Une réalité très simple avait complètement échappé aux daimyo nouvellement en place. Si Hakkado fonctionnait, c'était justement parce qu'elle avait un atout de poids, un atout à qui ils devaient leur migration : des armées. Avec une force armée, on pouvait défendre son territoire et punir les bandits, jusqu'à ce qu'ils évitent de passer sur les terres. On pouvait établir des cartes, convaincre les villes de nous rejoindre, les disputer aux autres pays et, s'ils n'étaient pas d'accord, les attaquer jusqu'à ce que le plus fort remporte le lot. Mais même une fois avertis, mettre en place cette condition s'avéra d'une lenteur abominable. Et pour cause : alors que les daimyo se débattaient avec des milices d'amateurs, d'anciens paysans, les bandits avaient derrière eux des siècles d'exactions et de pillage. Par dessus cela, s'ajoutait les rebelles qui développèrent rapidement de réels talents pour les actes terroristes, ce qui n'était jamais que le début d'une organisation plus rigide, avec de vrais clans, puis bientôt des villes, qui nourrirent à leur tour leur propre dissidence... c'était un immense chaos duquel personne ne savait qui pouvait en réchapper. Il y avait de nombreuses violences, des villes entières furent incendiées et pillées, suite à quoi une paix factice retombait. Le rythme était haché, il n'y avait aucune cohérence possible, aucun ordre établi.

Les guerres de Hakkado avaient cessées. Si cette longue trêve permit à l'économie des villes de fleurir à nouveau, elle fit fuir davantage de bandits de grands chemins et de franches organisations terroristes. Attaquer des pays déchirés et piller ce que les armées laissaient derrière elles était une chose... s'en prendre à ces mêmes armées, énormes, parfaitement organisés, qui maintenaient une discipline de faire dans tout le pays, en était une autre. Les daimyos du continent sans nom se retrouvèrent avec des menaces grandissantes tout autour de leurs cités. Et tout le monde s'en frottait les mains, car il était plaisant de savoir que les brigands et autres pirates étaient assemblés en un endroit, un endroit qui n'intéressait personne d'autre du reste.

MessageSujet: Re: Origines du Monde   Sam 13 Nov - 23:39

Le monde samouraï

Au nord d'ici, à Kashin, quatre personnalités allièrent leurs talents. Il s'agissait de Aoi Kusanagi, Yui Akebono, Satoshi Shingo et Katsuko Otoe, ceux qui étaient amenés à devenir les Fondateurs, considérés encore aujourd'hui comme de véritables dieux. Si les jeunes années de leur vie n'est que mal connu et sujet à de nombreuses spéculations, il est avéré qu'ils décidèrent un jour de s'installer dans un petit village sans le moindre attrait, qui survivait péniblement à l'emprise étouffante de la jungle et aux fréquents raids des sauvages alentours. Les quatre guerriers prétendirent qu'ils avaient le pouvoir de repousser quiconque se présenterait aux portes du village, ce qui était les paroles de fous car si les sauvages peuvent être tués, il n'est pas possible d'échapper à la jungle. Mais les Fondateurs inspiraient une confiance naturelle, comme si leurs paroles étaient déjà inscrites dans la réalité. A mesure que les travaux d'agrandissements progressaient et que la rumeur de la fondation d'une ville dans un climat aussi hostile amenaient davantage de bras pour la construction, les attaques se multipliaient. Les mouches avaient repéré le miel et se dépêchaient de se ruer dessus. Les quatre guerriers tinrent cependant leur promesse sans la moindre difficulté. Ils écrasèrent toute opposition, systématiquement, jusqu'à ce que les attaques cessent tout à fait. La ville en devenir fut appelée Kobi, et si elle est aujourd'hui considérée comme la Mythique Cité, ce n'est pas un fait anodin. Les Fondateurs y firent des choses que personne, même à Hakkado, n'avait jamais fait. Ils réussirent, à eux quatre, à créer la plus puissante organisation militaire au monde : les samouraïs, guidés par le Kido, l'art des démons.

En de mauvaises mains, Kobi aurait pu déverser les flammes de la haine et de la guerre partout où elle le désirait. On raconte volontiers que personne, même les trois autres pays de Hakkado réunis, n'aurait pu se tenir face aux Fondateurs et leurs Castes respectives. Mais à cette époque, tout ce que les gens avaient, c'était des rumeurs. Kobi ne fut pas considérée comme une menace, si bien que personne ne vérifia la puissance des Fondateurs, qui eurent tout le temps pour réaliser leurs projets. Ils conçurent quatre Castes distinctes. La Caste de l'Eau, dirigée par Aoi Kusanagi, où on manipulait les lames ; la Caste du Feu, dirigée par Yui Akebono, spécialisée dans les chaînes ; la Caste de la Terre de Satoshi Shingo, où on frappait au bâton, et la Caste du Vent de Katsuko Otoe, spécialisée dans les armes d'hast. Il est difficile d'établir des chiffres précis, mais il est probable que chacune d'entre elle accueillait près de trois cent disciples, du moins dans les premières années où Kobi s'imposa comme une force naissante. Le chiffre final pourrait être de mille à trois mille disciples par Caste, un chiffre en soi énorme, mais qui pouvait sembler risible à l'époque. Les armées du pays le plus puissant de Hakkado, Hei, comptaient plus de trois cent mille lames à son service, de manière officiel, auxquelles s'ajoutaient les mercenaires et les tribus alliées. Néanmoins, chacun des guerriers de Kibo était en lui-même porteur de toute une philosophie du combat, de tout un art, celui des démons. Chacun d'entre eux portait en lui, à cette époque, un peu de l'essence divine des Fondateurs et cela aurait suffit, disait-on, à détruire n'importe quelle armée, fut-elle cent fois supérieure en hommes. Cela n'aura jamais été vérifié. Le fait est que Kibo devint l'une des villes les plus puissantes au monde, pas seulement sur un plan militaire, mais aussi pour tout ce qui était lié à la culture ou à l'art. Les noms des Fondateurs étaient sur toutes les lèvres, dans le monde entier, que ce soit à Hakkado ou à l'extrême sud, à Umi, et pourtant, très peu de personnes les avaient jamais vu. Ils avaient déjà acquis un statut mystique.

Avant cela cependant, les daimyo du continent sans nom osaient à peine rêver de cette armée. On disait que les Fondateurs souhaitaient transmettre leur art au plus de personnes possible, la possibilité de les contacter pour formuler un pacte semblait envisageable, mais ils craignaient de se nourrir de chimères. La situation était pourtant intenable sur leurs terres, les factions et les clans se livraient des guerres horribles pour un contrôle imparfait, les murs des villes n'avaient rien de rassurants ou de protecteurs. Alors ils décidèrent de franchir le pas : ils se rencontrèrent, en comité réduit parce qu'il était délicat de contacter les dirigeants des "pays" les plus éloignés, et votèrent pour envoyer une maigre délégation à Kobi. Après deux années écoulées, ils avaient abandonné tout espoir et se félicitaient d'avoir envoyé peu d'hommes, qui s'étaient vraisemblablement fait massacrer en chemin. Un jour cependant, Satoshi Shingo se présenta au daimyo le plus proche. Il lui annonça que Kobi était prêt à accueillir quiconque désirait la rejoindre et qu'ils s'engageaient personnellement à purger ce continent de toute menace hostile. C'était un accord tel qu'il n'y en eu jamais plus, un accord qui ne s'intéressait pas au gain financier, mais qui visait quelque chose de plus diffus : la volonté de voir chacun capable d'assurer sa survie et celle de ses proches. C'est à ce moment que Kobi devint réellement incontournable et où les Castes se mirent à accueillir des centaines de disciples supplémentaires. Il fallut une bonne dizaine d'années pour que les samouraïs vident le continent des bandits qui s'y étaient rassemblés. Ils fondèrent de nombreuses écoles partout où ils passaient, qui devinrent de véritables bastions dans la guerre qu'ils menèrent face aux brigands. Mais la guerre, bien que longue, ne représenta aucune difficulté pour les samouraïs. Le continent sans nom devint le monde samouraï, car c'était désormais eux les figures d'ordre.

Cet ordre, le monde le ressentit complètement. On établit bientôt des frontières distinctes, on nomma les choses pour se repérer. Il n'y avait plus de traque, plus de tension, l'heure était à la paix et la paix avait besoin d'ordre. On nomma ainsi le pays qui avait reçu Satoshi Shingo le Pays de la Terre, en hommage à la Caste dont il était le représentant. Le pays au sud devint le Pays du Vent, en l'honneur de Katsuko, le pays à l'est le Pays du Feu, en référence à Yui, et les îles disparates tout à l'est, le Pays de l'Eau, pour Aoi. Des daimyos furent mis en place, ils avaient le temps de se former car alors plus rien ne pressait. Ils géraient l'aspect économiques des pays, sur le modèle de ce qui se passait à Hakkado, pendant que les représentants des Fondateurs s'occupaient des choses armées. Ces représentants se regroupaient en dojo, puis en garnisons et, peu à peu, ils finirent par rejoindre les cités desquelles ils étaient chargés d'assurer la sécurité. Le monde samouraï devint enfin un réel continent, avec une vraie force armée, comparable à Hakkado bien que de proportion moindre. Ce fut la première période de paix durable depuis l'ère des tribus nomades et la dernière en réalité. Le monde samouraï commença à se peupler, surveillé depuis Kobi par les Fondateurs. Des villages-forges furent construits, afin de fournir en équipement les garnisons en place et Kobi elle-même, ce qui marqua le début d'un commerce mondial, avec Hakkado et Umi notamment.

Une vingtaine d'années s'écoulèrent ainsi. Le monde samouraï avait pris des couleurs. A Kobi cependant se déroulait un drame qui fit tout basculer en très peu de temps. Yui, de la Caste du Feu, fut accusée d'avoir assassiné Katsuko, de la Caste du Vent. Les deux amants, au terme d'une dispute, auraient dégainés et se seraient mesuré l'un à l'autre. L'événement a été déformé d'une multitude de façon, que le temps n'a pas égrainé. On parle ainsi aussi bien d'un assassinat sournois dans le dos que d'un duel qui dura plusieurs mois, dans des descriptions toutes plus fantaisistes les unes que les autres. Mais malgré tout, c'était bien la seule chose qu'il était possible d'entendre, car d'une part l'événement semblait trop incroyable pour être vrai, notamment hors des murs de Kobi, mais surtout personne n'a jamais eu le fin mot de l'histoire. Les conséquences, elles, furent connues de tous. Durant l'enterrement de Katsuko, une lutte monstrueuse éclata entre la Caste du Feu et la Caste du Vent, les disciples s'entretuant dans le plus complet chaos. Ce fut Aoi, Satoshi et leurs propres disciples qui parvinrent à canalyser le massacre, si bien qu'il ne totalisa que deux cent morts en moyenne, ce qui était infime au vue du nombre de personnes impliquées et de leur puissance. Mais Yui fut bannie, Aoi et Satoshi s'y pliant avec réticence. Leur coeur leur disait que leur amie était innocente, ils savaient que Yui était trop puissante pour tuer par amour, qu'elle n'aurait jamais, jamais été maladroite à ce point, qu'il y avait en elle trop de science, trop de talent et trop d'amour pour que les faits qui lui étaient reprochés soient véritables. Mais c'était la seule façon d'espérer ramener un semblant de calme, et cela, ils le savaient tous. Néanmoins, ce fut imparfait.

MessageSujet: Re: Origines du Monde   Sam 13 Nov - 23:40

Le monde shinobi

Dans tout le monde samouraï, la grogne montait. Les différentes garnisons montraient les crocs, bien que l'onde de choc mit du temps à les toucher. Mais elle ne fit pas les choses à moitié. Tout l'équilibre reposait sur Aoi et Satoshi, un équilibre qu'ils n'avaient plus la volonté de porter. Ils finirent par annoncer leur propre retraite. Quand ils quittèrent Kobi, les Castes en tant que telles furent dissoutes, mais leur esprit perdura. Il fut altéré par les événements, mais au final, cela fut insuffisant à le faire disparaître. Car une fois les deux derniers Fondateurs disparut, l'édifice qu'ils avaient fondé (un monde) s'effondra sur lui-même. Les guerres explosèrent, mais cette fois-ci, c'était les armées elles-mêmes qui s'engageaient. Les partisans de telle ou telle Caste se lançait à l'assaut de villes gardées par d'autres Castes, et de nouveaux massacres naquirent dans tout le monde. Les Pays, de manière désordonnée, se livrèrent une guerre sans merci de laquelle rien ne réchappa. Les samouraïs se détruisaient de l'intérieur, si bien qu'on pensa que des arts avaient disparu de la surface de la terre. On pensa notamment pendant plusieurs années que tous les représentants de la Caste du Feu, et donc du maniement de la chaîne, avaient été exterminés. Jusqu'à ce que d'autres dojos se joignent à la bataille, et participent à écraser une autre Caste. Il est impossible de déterminer le temps que dura cette période troublée, mais elle fut propice au retour des charognards, des pirates et autres bandits. Le résultat fut de laisser les samouraïs dans une position inédite, complètement exsangues et affaiblis, éparpillés sur toute la surface de leur monde. De nouveaux pays étaient nés, certains pour marquer leur refus d'affiliation aux samouraïs – dans l'espoir naïf que cela leur permettrait d'échapper aux mouvements des armées – d'autres n'étant que le résultat naturel des guerres. Parmi les plus célèbres de ces pays nouveaux-nés, on compte notamment le Pays de la Foudre, le Pays de la Cascade ou encore le Pays du Thé, chacun bénéficiant de nouvelles frontières, qui n'étaient pas encore celles qu'on leur connaît aujourd'hui car le monde semblait priver à tout jamais de sa stabilité.

Dans ce climat de guerres, de nouveaux talents naquirent. Ce fut l'avènement des clans, qui rejoignaient la cause de pays et se battaient à leurs côtés. On ignore là aussi le temps que durèrent ces guerres, probablement un siècle en moyenne, mais de nombreux clans s'élevèrent avant de retomber à tout jamais dans l'oubli. Beaucoup de dons furent perdus dans cette période sans que personne n'y puisse rien faire, tout se décidait en fonction du pays rejoint. Les daimyo décidèrent de reprendre les choses en main, car les guerres s'essoufflaient et le moment d'agir semblait être arrivé. Les daimyo du Pays de la Terre décida de fonder ce qui devint le premier Village Caché, Iwa, dirigé par Kagetsu, le Faiseur de Montagne. Les Villages Cachés étaient appelés ainsi parce qu'ils représentaient encore une force couvée, qui n'avait pas atteint son potentiel et qui ne devait pas s'abîmer avant d'être parvenu à maturation. Le nom demeura néanmoins, même après qu'Iwa devint la seule superpuissance au monde, des décennies plus tard. Le fait est que l'initiative d'Iwa fut copiée par d'autres pays, celui de l'Eau, du Vent, de la Rivière, de la Cascade, de la Neige, du Feu... puis d'autres encore, chacun voulait son armée personnelle. Alors on intégrait ces clans qui manipulaient, de façon souvent imparfaite, le chakra et on les logeait dans de nouveaux Villages Cachés. Aujourd'hui, beaucoup sont ceux à ne pas avoir survécu à l'usure du temps ou des guerres, car le monde n'a jamais connu de paix réelle. C'était et c'est toujours un temps de suspicion, de traîtrise et de coups : le monde des shinobi était arrivé. De nombreux dojos samouraïs furent fermés ou détruits sur ordre des daimyos, qui n'hésitaient pas à tourner le dos à une force qu'ils avaient supplié de venir les aider bien des années auparavant. Progressivement, les samouraïs furent réduits à un état d'extrême pauvreté ; d'aucuns continuaient à vendre leurs talents en tant que mercenaire, mais la plupart, complètement abattus par le sort qui les avait précipité dans la fange, se résolurent à vivre dans ces taudis aménagés à la hâte, souvent par eux-mêmes. Ils sont toujours là aujourd'hui, bien que des villages entiers aient préféré migré vers Hakkado plutôt que de rester dans un monde qui les avait abandonné et dans lequel ils avaient de sinistres souvenirs. Les samouraïs nourrirent très rapidement une haine farouche envers les shinobi qui, non content d'avoir pris leur place de façon parfaite, étaient formellement accusés d'avoir participé à provoquer leur chute. Plus personne ne s'intéressa aux samouraïs alors.

Car les Villages Cachés se chargèrent de gérer tout ce qui relevait de l'armée d'un pays. Leurs méthodes différaient toutefois, les shinobi vivant de contrats qu'ils remplissaient plutôt que de ne faire que de la surveillance de frontière. Cela participa à créer cette instabilité encore sensible aujourd'hui, cette impression que le monde entier est en équilibre, un équilibre qui peut basculer en fonction du bon vouloir d'un individu trop puissant. Les villages, et les pays qu'ils représentaient, avaient alors tous l'opportunité de marquer l'histoire de leur empreinte. On en retint six. Les cinq Villages Historiques, pour commencer, à savoir Iwa du Pays de la Terre, Kiri du Pays de l'Eau, Konoha du Pays du Feu, Suna du Pays du Vent et Kumo, du Pays de la Foudre. Ces villages sont ou ont été parmi les plus puissant d'une période et sont, de manière définitive, considérés comme historiques car sans eux, le monde shinobi n'aurait probablement jamais pris son envol. S'ajoute à cette liste Kawa, du Pays des Rivières, célèbre pour un fait unique : celui d'avoir participé à la guerre shinobi la plus longue et la plus atroce, celle qui l'opposa à Iwa. Le monde shinobi a subi de nombreuses mutations au fil du temps, mais les frontières demeurèrent les mêmes dans leur majorité. Au fil des ans, le degré de puissance augmentait, à mesure que de nouvelles techniques, de nouvelles méthodes et de nouvelles tactiques étaient découvertes. Il vit notamment l'avènement de la seule superpuissance répertoriée à ce jour, celle d'Iwa sous les ordres de la Sandaime Tsuchikage, Renshi Asamon, qui avait alors plus d'influence que n'importe quel daimyo et qui était, pour ainsi dire, le vrai Pays de la Terre. De clans continuaient à rejoindre ces noyaux de puissance et s'y ajoutaient contribuant à la richesse de chaque village. Mais à la différence du temps des Fondateurs, dont la philosophie était fondée sur la transmission de leur savoir, les shinobi se montrèrent cachotiers, volontiers portés sur les secrets de toutes sortes, les organismes indépendants, les petits couloirs sombres. Le crime le plus grave était la désertion, non pas parce qu'elle jetait le discrédit sur le pays tout entier, mais parce qu'un shinobi portait en lui trop de secrets pour avoir même la propriété de son corps et de ses déplacements. On pense que les shinobi, les daimyos ou ceux qui étaient encore au-dessus souhaitaient se détacher autant que possible du modèle samouraï, un modèle qui, selon eux, avait montré ses limites par le passé et qu'il fallait désormais bannir. Cela donna lieu à de nombreux abus, à des mentalités malades sur lesquelles il était dur alors de revenir. Les samouraïs quant à eux furent l'objet d'un vif regain d'intérêt. Ce n'était pas leurs conditions misérables de vie qui choquaient, mais le savoir antique dont ils étaient les uniques représentants. Car le Kido s'était raréfié à la surface de ce monde shinobi, on ne comptait plus que quelques dojos ouverts, loin des chiffres de l'âge d'or. Il est impossible de chiffrer le montant des arts perdus, mais de nombreuses techniques sont mortes avec les samouraïs qui les portaient. Ces rares dojos s'autarcissèrent, et malgré la volonté avide des shinobi de mettre les mains sur les techniques restantes – inestimables – ils furent dans leur large majorité confrontés à un mur. Cela continue de faire rêver beaucoup de shinobi, sans qu'ils ne comprennent pour la plupart à quel point leur désir est déplacé.

Depuis le commencement du monde shinobi, l'histoire n'est plus partagée, mais propre à chaque village. Ils sont secrets au point de faire leur légende seuls, isolés dans leur pays et sans réelle volonté de s'ouvrir. Que ce soit la montée en puissance d'Iwa, puis sa chute, la guerre avec Kawa, les guerres civiles du Pays de l'Eau, les Raikage de Kumo, la constitution puis les rencontres avec l'Asahi, l'histoire, elle, se passe désormais dans la vie indépendante de ces Villages Cachés.
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