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 Le revers de la médaile

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MessageSujet: Le revers de la médaile   Mar 21 Déc - 1:18


---Suite de: Entrainement à la plage -bouclier aqueux---


Première partie: Les riques du métier ou Lorsque le coeur dicte la cadence.


Je sortais enfin du village! Je faisais enfin un vrai voyage de ninja!

Pas un petit entrainement banal, ou un voyage en première classe avec mon père. Non, j’accompagnais Hayate dans une mission sur un petit bateau à moteur. D’ailleurs, parlons-en de ce bateau. Assez sale, contenant six passagers, plus le conducteur, à l’arrière. Hayate l’avait choisit pour son faible coût, mais je savais qu’il y avait un autre motif : il voulait tester ma soif d’aventure. J’en étais sûr. J’avais vue la façon dont il m’observait lorsqu’on était arrivés au bateau, ses regards discrets durant le trajet. Il voulait voir si je réalisais les mauvais cotés de mon souhait, lorsque je clamais mon rêve d’aventure. Et bien je peux vous dire qu’il n’a pas été déçu! Il me regardait, tout surpris, à chaque nouvelle manifestation de mon émerveillement. J’ai rapidement quitté mon siège pour observer de plus près la beauté qui nous entourait, faisant fi de l’odeur et du bruit du moteur, fi de la saleté qui garnissait la rampe sur laquelle je m’appuyais, fi du va-et-vient déstabilisant de l’embarcation. Non, ignorant ses défauts, je remarquais ses qualités. Car, l’avantage de ce genre de « navire », c’est qu’il a la possibilité de passer par des endroits plus méconnus, dont l’hostilité était magnifiquement bien gérée par les talents du conducteur. Je regardais la majestueuse nature, la vrai, la nature libérée, la nature sauvage. Des oiseaux de toutes sortes, qui tentaient d’être à l’abri des activités de l’homme, des poissons exotiques, caractéristiques des endroits peu propices à la navigation où nous traversions quelque fois, une étendu d’eau infinie, d’une clarté apaisante, partagée avec aucune autre embarcation, bref, la nature me montrait ses plus beaux atouts. Nous passions même très proche d’un immense rocher, que je touchais presque tellement on en était près. Par le clin d’œil du conducteur à mon sensei, je crû comprendre que, devant mon excitation, notre matelot avait voulu m’impressionner avec cette dernière manœuvre. Cela avait fonctionné, car je n’eu jamais passé un aussi beau voyage. Apaisé par cette beauté pure, je ne m’étais pas senti aussi calme et vide de préoccupation depuis la mort de mon père. C’était comme le relâchement après la période d’entrainement intense. Moi, fils de riche, habitué du luxe, jubilais devant ce voyage. Je savourais l’inconfort des chaises, l’odeur nauséabonde du moteur, le va-et-vient déstabilisant du navire. Non, à bien y penser, ces éléments ne nuisaient pas au voyage, au contraire, il lui rendait toute sa magnificence. La vie luxueuse nous plonge dans une insécurité insouciante, un sentiment d’indestructibilité, on en oublit notre fragilité matérielle. L’inconfort, la proximité de la nature, nous rappel la vulnérabilité de notre enveloppe charnelle, qu’on peut perdre à tout instant. Mes sens se réveillaient, je n’avais rien expérimenté d’aussi vrai. La prise de conscience de la mort permet paradoxalement de mieux savourer la vie. Je savourais donc avec attention chaque détail du voyage. D’ailleurs, entre tout ces moments d’extases, le moment où je surpris le plus Hayate fut surement celui où, les eaux commençant à devenir plus violentes, je fus projeté, tête la première, sur le mat. Alors que deux des passagers se dirigeaient vers moi pour m’apporter de l’aide, je me contentai de me lever et… de rire aux éclats. Tout les passagers furent stupéfaits de ma joie inatteignable… et peut être aussi par la vision macabre d’un garçon, la bouche déployée par le rire, agité par des soubresauts violents, le sang coulant abondamment le long de son corps…

Rien ne pouvait gâcher ce moment…ou presque…

On banda donc mes blessures et un des deux bons samaritains qui avaient voulu m’aider, un homme un petit peu plus vieux que moi, vint observer le paysage à mon coté. Moi, je l’examinais du coin de l’œil, le plus discrètement possible. Il avait une barbe de quelques jours, même grandeur que moi, donc assez grand. Il semblait tout de même plus vieux de plusieurs années. Il était mince aussi, du corps comme du visage. Rapidement, il se mit à parler :

-À ce que je vois, tu es un ninja toi aussi. Pas vrai?

Il regardait mon bandeau, attaché après ma jambe.

-Ouais, exactement, lui répondis-je, avec mon sourire, ma gentillesse, qui m’avait apportée les bonnes grâces de bien des gens au cours de ma vie.

-Quel grade?

Durant une fraction de seconde, je restai interdit devant cette question. Pas longtemps. Je me repris assez vite, mais cela avez été dit si rudement, comme si ça avait une réelle importance. Quel niveau? Quel grade? Ce n’était pas vraiment ce que j’appelais du tact, surtout que nous venions à peine de commencer la discussion.

-Genin.

-Ahh… fiouf! J’avais peur de perdre mon temps avec un novice. Tu sais, les apprentis, ça ne vaut pas mieux que des villageois normaux.

Je tiquai. Je savais maintenant à quel genre de personne je m’adressais : un idiot. Un ninja modèle, donc. Je gardai tout de même mon calme, et me contentai de lui sourire. Lui, il continua de s’enfoncer.

-Je suis genin aussi. Mais bon, je le sens, je vais bientôt monter. D’ailleurs, je m’en vais faire une mission à Aso. Pour demander cela à moi et à mon coéquipier, alors que nous sommes encore genin, il faut vraiment nous faire confiance!

-La mission est si importante que ça? dis-je, comme les politesses demandent parfois de sembler s’intéresser aux choses complètement inintéressantes.

-Ah… je ne peux t’en parler. J’en ai fait le serment et j’ai trop d’honneur pour le briser. C’est pour ça, selon moi, qu’ils m’apprécient. Ma plus grande valeur, c’est l’honneur, et je la respecte quoi qu’il arrive!

-C’est remarquable de respecter une valeur si scrupuleusement, alors qu’elle est si inutile.

-Merci.

L’idiot regarde l’horizon, son égo flatté. Puis…oh? Ce pourrait-il qu’une lueur de lucidité lui ai traversé l’esprit? Il me regarde, incertain, se demandant surement si je venais de l’insulter ou de le complimenter. Pour le troubler encore plus, je lui fis mon plus beau sourire, un sourire innocent, joviale. Indécis, il se contenta d’aller se rassoir. Mon plan avait porté fruit : j’avais trouvé la réplique parfaite pour me débarrasser de l’imbécile sans toutefois m’en faire un ennemi. Il avait tout de même réussit à me gâcher le voyage : de l’excitation de la vie de ninja je passai à la haine pour ceux qui pratiquaient la même voie. Surtout que celui là n’était pas bien différent des autres : il portait à cœur son honneur. L’honneur, voilà une bien belle façon de désigner une obéissance aveugle en un code de conduite douteux. À mes yeux, l’honneur vaut bien moins que des valeurs comme la générosité, l’altruisme, la famille ou le respect.

Je pris une profonde inspiration pour me calmer. Je voulu ensuite faire le point sur les derniers événements pour me changer les idées. Je fermai mes yeux et me remémorai, le mieux que je pouvais, la journée d’hier…

Hayate m’avait convoqué chez lui, dans son bureau. Cette fameuse salle, où j’avais dormit durant tant d’années, m’évoquait toujours de bons souvenirs. Elle m’évoquait un temps d’extase, ou tout était possibilité. Un endroit de transition, où j’y ai été transformé. L’endroit où je suis devenu, lentement, mais surement, un ninja. Un grand tournant de ma vie, bref. Cependant, je revins vite à mes esprits en posant les yeux sur mon professeur. Il me regardait, gravement. J’attendis donc poliment qu’il prenne la parole avec appréhension. Que voulait-il me dire de si important?

-Akihiko, tu sais très bien que, depuis maintenant un mois, je tente de te trouver un groupe, et un sensei, étant donné que tu fais maintenant partis des genins de Kiri…

Il prit une pause, hésitant à se lancer. Puis, comme s’il voulait s’en débarrasser :

- J’irai droit au but : si je t’ai appelé, c’est pour te dire la nouvelle qui suit : cela semble impossible, du moins très difficile, de t’inclure à un groupe. Beaucoup de Juunins instructeurs sont occupés, et d’autres ont connu ton père et donc…

Hayate s’arrêta, ne sachant s’il devait continuer. Je finis donc la phrase pour lui :

-Et donc ils ne veulent pas de moi. Ils ne veulent pas d’un Nao.

Le Sayori soupira.

-Tout instructeur recherche un groupe d’élite, un groupe motivant, bref, pas d’élève qui risque d’être en difficulté.

Un grand silence tomba. Après un moment, Hayate repris la parole, mais ce fut à grande peine :

-Et donc, devant cet échec… et devant de nombreux conseils de mes subordonnés… je vais te prendre en charge et superviser ton éducation de genin.

Mes yeux s’illuminèrent. La situation passait d’un échec humiliant à une nouvelle réjouissante. Hayate, voyant mon excitation, rajouta aussitôt :

-CE-PEN-DANT, au moment où un autre instructeur se propose, tu iras le suivre.

Je ne pouvais y croire, c’était donc ça la mauvaise nouvelle? J’avais une grande confiance en Hayate, un certain lien s’était tissé entre nous, cette nouvelle me transportait donc de joie! Ce ne semblais pas être le cas du Juunin. Il est vrai que cela faisait longtemps qu’il n’avait pas accompli de mission importante, qu’il était un peu rouillé. Il était aussi vrai qu’il n’avait jamais enseigné à autre chose qu’un apprenti, mais il y a un début à tout! J’aimais bien mieux confier mon entrainement ninja à un oncle professionnel qu’à un inconnu rempli de mauvais préjugés sur moi. Ensuite, toujours aussi calme, il continua :

-Pour me remettre lentement dans le bain, et pour te mettre en réelle situation de danger, tu vas m’accompagné à Aso. J’ai une mission à accomplir, que je fais à peu près à chaque an.

Une mission? À chaque an? Hayate était peut être moins inactif que je le pensais…

Le cri du matelot me sorti de ma rêverie. On était arrivé à Aso.

Le conducteur nous salua gentiment pendant que Hayate paya son dû et nous quittâmes rapidement les autres passagers. On avait débarqué dans un petit port, assez discret, qui allait de pair avec le prix modique du voyage. Je me surpris, à l’instant, à me demander si l’endroit où nous débarquions n’avait pas été choisit pour la mission : c’était discret, semblait assez peu connu, comme le bateau, bref. Aurais-je sous-estimé l’importance de la mission de mon sensei?

En réfléchissant à ces questions et tout en continuant d’avancer, j’observai les alentours. L’île était charmante. Elle faisait penser à Kiri, si on enlevait tout les bâtiments du grand village et qu’on les remplaçait par la végétation du pays du brouillard. Je ne puis rien dire du peuple qu’elle contenait par contre, car nous avions déjà quitté le port pour s’infiltrer dans la forêt. Je m’émerveillai, en découvrant ce paysage inconnu. Il n’y avait pourtant pas une végétation si différente de Kiri, mais la quantité de celle-ci dépassait de loin celle de ma ville natale. Pas de sentier, on était en pleine forêt. On n’allait pas chercher du lait au centre-ville, au non! De l’aventure à l’état pure, avec l’excitation qui va avec. Bon, j’exagérais peut être un peu, mais mes émotions étaient à fleur de peau : autant l’excitation, la joie, que la crainte… J’essayai d’ailleurs de me calmer, pour « honorer le plus possible mon titre ninja » (à m’entendre on jurait que mon égo vient de prendre la dimension propre au métier). Par chance, on était bien dans cette forêt, pas trop touffue, mais juste assez pour nous réchauffer, ce qui aida à me relaxer. Cependant, aussitôt calmé, mon cœur repris sa rapide cadence et j’arrêtai quelque peu mon tourisme, car un détail attirait mon attention : Hayate avait une mine très grave, et semblait préoccupé. Cela me fit réfléchir. La magnifique aventure commençait à se ternir: je ne savais rien de ce qui nous attendait, j’avais trop de questions, j’étais plongé dans le mystère, et cela m’angoissait. Ne pas être informé produit le même effet sur moi que le contraire sur un autre ninja : ça m’énerve. Je n’ai pas le contrôle, et je suis obligé de donner toute ma confiance aux autres. Le silence n’aidait d’ailleurs vraiment pas, car cela me plongeait encore plus profondément dans mes pensées, et par le fait même dans l‘angoisse. Heureusement pour moi, le Juunin finit par prendre la parole et me permit de me sortir un peu de cette incompréhension.

-Nous allons voir mon oncle. Le frère de ton grand-père. Il habite de l’autre coté d’un vieux cimetière, je dois lui apporter ce document. Après nous repartirons.

Il me montra le lourd parchemin, caché dans son sac de voyage, d’un geste distrait. Son inquiétude s’amplifiait, il jetait des regards furtifs autour de lui. Rassuré par les paroles, son attitude détruit toutefois tout le travail accomplit sur mon humeur. Le stress commençait à monter de plus en plus en moi, mais rien de fâcheux n’arriva, ce qui accentua mon incompréhension devant son inquiétude.

Nous arrivâmes enfin au fameux cimetière. Un cimetière énorme, comme je n’en avais jamais vu. Sur plusieurs mètres, des centaines de petites sépultures se partageaient difficilement cet immense territoire. À perte de vue, de petite pierre tombales improvisées, de frêle petites pierres craquelées, chacune occupant à peine un mètre carré de terre. Ce cimetière semblait perdu, car personne de vivant ne s’y trouvait. À part nous… et un étrange couple. Une femme, portant des habits assez criants, soit un corset et une jupe noire et rouge sang, tenait un petit parasol, apparemment fait pour aller avec la robe, car de mêmes couleurs. Une petite personne, dont le sexe m’était inconnu, à cause de la capuche noire relevée sur sa tête, se tenait à coté d’elle. Les deux regardaient une pierre tombale, surement quelqu’un qu’elles connaissaient.

-Je n’ai jamais vue quelqu’un venir ici pour y pleurer un proche. Si tu crois me bluffer, saches que c’est manqué, s’écria Hayate.

Son regard avait changé. Il n’avait plus ce calme professionnel, cette maitrise de lui-même. Si tout à l’heure il avait l’air tendu, maintenant c’était réellement majeur. Il avait un regard dur, avec une pointe de colère, et, j’avais peine à me l’avouer, prêt pour le combat.

La femme releva la tête, puis s’approcha lentement, restant tout de même à une dizaine de mètres, ce qui me permit de mieux la voir. Des yeux d’un vert magnifique, une peau lisse, immaculée, des cheveux d’un noir ténébreux, attachés à l’arrière, un charmant sourire : elle était d’une grande beauté. Une beauté rendue macabre par son style d’accoutrement gothique, par son regard de défi.

-Ah… c’est fâcheux. J’avais remarqué que nous avions été découvertes. J’ai donc voulu expliquer notre présence…

Sa voix étant aussi magnifique que son visage. En fait, tout dans son être inspirait le désir… pas l’amour, mais bien le désir.

-Tu ne nous suis que depuis notre arrivé sur l’île, ce qui veux dire que tu savais qu’on allait venir ici. De plus, j’ai vu et revu toute la paperasse concernant les nuke-nins recherchés de Kiri, et même un peu des autres villages, et tu ne me dis rien. Qui es-tu et que nous veux-tu?

La femme pencha la tête sur le coté et nous observa, amusée.
-C’est normal que tu ne m’as pas vu dans tes papiers, je ne suis pas nuke-nin, je ne suis qu’une simple voyageuse. Ni kiri, ni konoha, ni kumo, ni suna, ni aucuns autres villages cachés ne m’a vu naître. Je n’ai déserté aucun village. J’ai, de plus, rarement été réduite à tuer mes ennemis, pour les villages cachés je ne représente donc pas grand danger. Je ne suis qu’une voyageuse qui remplit des missions ici et là. Ce n’est pas parce que mon dessein va à l’encontre du tient que je suis une dangereuse criminelle. Comment je sais que vous êtes là? Il faudrait demander à mon employeur. Même chose pour le parchemin.

Elle fit un signe de tête en direction du fameux parchemin. L’expression de Hayate se durcit. La tension augmentait encore plus.

-Vous n’aurez rien.

Le sourire de la femme changea, devenant plus compatissant.

-Je n’ai pas le choix très cher. Je vais devoir aller le chercher. Yami!

Son compagnons, ou devrais-je dire sa compagne, s’approcha à son tour. Je pu donc la voir de face. Elle était encore plus lugubre que la première. Du type timide, elle avait un teint pâle, fantomatique, les yeux quelque peu renfoncés dans leur orbite. Une frange de cheveux bruns cachait la moitié de son visage. C’était assez étonnant de voir à quel point cette fille, à peu près du même âge que moi, qui m’arrivait au torse, m’inspirait la terreur.

-Elle va rester près de moi et bien observer ton acolyte. Si jamais il participe, elle s’occupera de lui. Ainsi nous aurons un duel équitable.

On était pris au piège. La jeune fille allait surement m’attaquer de toute façon, et me tuer. Les battements de mon cœur s’accéléraient, le bruit saccadé du sang dans ma tempe commençait même à en devenir insupportable. Si, dans la forêt, j’étais en état d’alerte, ce n’était rien à comparer à maintenant. Jamais, dans ma vie, j’eu aussi peur.

-Finissons cela rapidement.

Hayate s’était lancé. Reculant significativement du cimetière, pour être sur un terrain plus ferme, il se mit à lancer ses kunaïs. Durant le vol, ceux-ci se multiplièrent. Pour chaque kunaï lancés, trois apparaissaient. Les lancés étaient rapides, parfaits. La femme en évita plusieurs, mais dû se résigner. Plusieurs la coupèrent au passage. À un moment, je pu voir qu’elle tenta de lancer une technique, puis cette distraction lui valu un kunai un plein dans le ventre.


Au même moment, j’entendis Hayate gémir.


Un gémissement de surprise… et de douleur.


Je me retournai vers lui, et je vis ses yeux, grands ouverts. On pouvait y lire l’effroi.

-Non…

Se contenta-t-il de murmurer.

-Seishin Himei, mieux connu sous le nom de hurlement mental. À chaque fois que tu réussiras à m’attaquer, tu recevras une partie de mes souffrances.

Hayate regardait par terre, encore sidéré. La femme, après l’avoir observée un peu, continua :

-Comme tu semble l’avoir remarqué, je suis un maître de genjustu, et plus précisément du domaine de la douleur.

Elle lui souriait, un sourire bestial, un sourire de victoire.

-Mon employeur m’a pourvu de nombreuses informations te concernant, dit-elle, tout en regardant nonchalamment ses ongles. Je sais que cela fait de nombreuses années que tu t’abstiens le plus possible du terrain. Je sais aussi qu’en combat, tu es quelqu’un de bien équilibré, que tu maitrise assez bien le combat en général et le ninjutsu, mais aussi que tu ne te démarques dans rien. Rare sont les fois où tu surprends ton ennemi.


Hayate releva la tête, regarda haineusement son ennemi. Il avait quelque peu repris son calme, et la peur laissa place à la haine. Il sourit à son tour à la femme et lui répondit :


-Disons que je m’adapte.

Sur ces mots, il couru vers elle. Celle-ci, aucunement surprise, s’écria :

-Tu te replis sur la corps à corps en sachant que tu t’attaques à un maître du genjutsu. Intelligent, mais il t’en faudra plus.

Lançant son parasol dans les airs, qui gênait ses mouvements, elle commença ses signes incantatoires. Malgré sa grande vitesse, mon maître était assez loin et elle eu le temps de finir. Lorsque ce fut fait, le résultat fut instantanément observable : le Sayori se mit à trembler, et ses mouvements furent plus lourds, comme si chacun d’eux nécessitait un grand effort. Il en fallait plus pour abattre mon sensei. Comme si rien ne lui était arrivé, il continua sa course et arriva devant son adversaire. Je remarquai, un peu en retard, que mon maître avait aussi profité de sa course pour sortir son Katana. Utilisant l’arme, il se mit à frapper la femme d’une vitesse remarquable, si on considère son récent handicap. Non, à bien regarder, les coups s’enchainaient à une vitesse ahurissante même pour un homme en pleine possession de ses moyens! Aux premiers abords, je fus surpris par la vitesse surhumaine de mon maître. Je me rendis bien vite compte de mon erreur : Cela ne dépendait pas de ses capacités physiques, mais de sa maitrise de chakra. Je me rappelai la technique Arashi no Hasaki, la tempête de lames, que j’avais lue durant mes études personnelles.

Hayate multiplia donc les coups, renforcés grâce au chakra, que la femme évitait de peine. Ses bras, ses jambes, commençaient à être de plus en plus meurtries. Le sang perlait de sa blessure au ventre. Elle tenta elle aussi de le frapper à mains nues, mais c’était peine perdue : Elle ne dura que quelques minutes.

Ensuite, il se passa quelque chose d’assez étrange. La femme, n’ayant pas d’arme et n’étant pas habile au combat, incapable de rivaliser contre mon maître, en pris volontairement un de plein fouet. Elle amplifia même son élan, lorsqu’elle fut projetée. À son atterrissage, elle roula par terre. Je me rendis au même moment compte d’un détail : son parasol, encore ouvert lorsqu’elle l’avait lancé, s’était contenté de descendre lentement, exactement à l’endroit ou elle se trouvait maintenant. Elle n’eu qu’à tendre gentiment le bras. Elle regarda son adversaire, son visage souriant teinté de gravité. Son acolyte arriva à l’instant à ses côtés. Ceci me fit réaliser ma stupidité : trop absorbé par le combat, j’avais oublié la fille, qui aurait pu me tuer facilement, sans que je puisse me défendre. Une autre erreur de l’incapable Nao… qui aurait pu, cette fois, lui être fatale.

-Tu es, en effet, très habile... surprenant, même. Je n’en attendais pas moins d’un Juunin…

Elle tenait fermement son parasol et le baissa, Yami sa rapprocha. Pendant que sa partenaire parlait, elle sortit des poches de celle-ci une fiole, et fit couler son contenu dans un trou, au milieu du fameux objet.

-Mais, comme tout mentor, tu as une faiblesse.

À cet instant, elle fit tourner son parasol sur lui-même aussi vite qu’elle le put. De celui-ci, une myriade de senbons en sortit. Pendant un instant, je figeai. Pas de pensées, pas de réaction, juste de la stupéfaction. Puis, animé par je ne sais quoi, mon réflexe fut de préparer mon bouclier aqueux. Tout se passait au ralenti. Je sentis mon corps se faire prendre. Hayate s’était jeté sur moi, et tournait maintenant pour me couvrir complètement des aiguilles. J’utilisai ensuite ma technique pour couvrir le dos de mon sauveur. Cependant, l’eau n’étant pas présente en grande quantité, je ne pus le couvrir entièrement. Je sentis ensuite nos corps retrouver la terre, et rouler sur quelques mètres. Durant cet instant, Hayate me lâcha et je continuai mon élan un peu plus loin. Un peu sonné, je me relevai, et constatai les dégâts : mon maître avait été touché par un senbon. Sur le coup, je fus terrorisé. Je repris instantanément contact avec la réalité, et tout était redevenu bien net, trop net. Puis, rapidement, j’analysai la situation : ce n’était qu’un tout petit senbon, pourquoi je réagissais ainsi? Puis je compris ce que mon subconscient avait, lui, assimilé : Hayate ne bougeait pas, et avait les yeux grands ouverts. Je m’approchai, pour constater qu’il portait ses mains à son torse.
-Ton cœur à beau redoubler d’efforts, ça ne sert à rien. Le sang ne se répand plus comme il le devrait et tu n’y peux rien.
C’était la femme qui avait parlé. Ses yeux gardaient la même gravité, son sourire avec perdu de l’éclat. Elle ne jouait plus, elle accomplissait sa mission. Le « calme » des deux adversaires était rompu. Ce n’était plus une compétition. C’était rendu ce que ça devait être : un combat, une volonté de donné la mort à l’autre. Au même moment, je sentis tout le poids de la situation. Je sentis le poids de ma prison charnelle. Je sentis le poids du réel danger, du danger que JE courrais. Je n’étais plus spectateur, mais acteur. Un acteur qui venait de perdre tout sentiment d’invulnérabilité, propre à tout être humain qui n’a pas encore expérimenté une pareille situation. Dans le bateau, je me sentais plus vulnérable. Ici, ma vie n’était tout simplement plus entre mes mains.

-Ce poison m’a couté très cher. Je n’utilise pas mon arme secrète souvent, je réussis mes missions avant en général. Tu m’as surpris.

Tout en parlant, elle avançait vers lui, Yami sur ses talons. Je regardais la scène, mes pensée se bousculaient : hésitant entre le désir de protéger mon maître et la terreur qui me prenait au tripes, je ne savais que faire. Il est dur d’agir en héro lorsqu’on n’a encore jamais expérimenté de réels risques. Lorsqu’on a toujours vécu dans le monde du confort, on ne connaît pas les règles de vie du monde du danger. On ne connaît que le moment présent, que l’instinct, que les émotions. Finalement, dans un acte de folie, motivé par un subconscient qui avait subit trop d’humiliation, je fis quelques signes incantatoires et me plaça entre elle et mon maître, à une dizaine de mètres de chacun.

-Ne… n’approche pas!

Elle reprit son visage de pitié, tout en gardant cette récente gravité. La tête penchée, elle dit :

-Tu veux protéger le parchemin. Que c’est courageux…

Le parchemin? Mais quel parchemin?

-Yami, occupes toi de lui.

La fille marcha lentement, contourna son maître. Elle releva la tête, et me fixa. Il n’y avait pas de peur dans ses yeux, ni de plaisir, ni de détermination : ils étaient sans émotions. Elle me fixait et, en la regardant, j’eu l’étrange impression qu’elle était possédée. Il était impossible de plonger dans ses yeux, ils étaient vides : vide de sens, vide de vie, vide d’humanité. Un froid automate se tenait devant moi, et il ne s’était fait donner qu’un seul ordre : le meurtre, et la cible, c’était moi. Subitement, elle releva la tête et les bras vers le ciel, comme en transe. Ce qui suivit me pétrifia d’horreur. Son ombre, qui se trouvait derrière elle, se mit à monter, lentement. Un à un, elle couvrit tout les membres de son corps. Devant moi, se tenait maintenant une sombre forme humaine, déformée à plusieurs endroits, comme de la chair mutilée, qui, dans l’ensemble, n’avait rien d’humain. On pouvait encore voir son œil non couvert, rajoutant encore plus d’épouvante au spectacle. Complètement sous le choc, je voulu reculer, mais je tombai.

Je n’étais pas au bout de ma terreur.

De derrière moi, de ma propre ombre, n’acquit des tentacules, des rubans sombres qui voulaient me transpercer le corps. Sur le coup, je ne pensai même pas à mon bouclier aqueux que j’avais préparé. Je reçu l’attaque de plein fouet.

Complètement perdu, je me retournai ensuite lentement sur moi même. Je ne respirais plus, je ne dictais plus mes pensées, elles étaient rivées sur une chose : la peur. Une peur bestiale. Mon cœur, comme pour compenser l’arrêt des poumons, battait à se rompre. Je fixais le sol, que je ne voyais pas. Je vomis. Mon corps n’acceptait plus la situation, il cherchait par tous les moyens de la rejeter, simplement. Bien que le risque d’une autre attaque fût toujours présent, je n’y pensais même pas et je ne pouvais détacher mes yeux du sol. Tout mon corps tremblait : il avait atteint son quota de terreur, il était à bout.

Je sentis ses pas, elle approchait. Je fermai mes yeux, attendant, impuissant, la rencontre. Puis, il arriva quelque chose d’inattendu.

Je vis, à l’ombre sur le sol, qu’une personne s’était subitement mit devant moi. J’entendis la voix de Hayate :

-Ne l’approche pas.

-Qu-quoi? Mais, comment as-tu…? répondit la femme au parasol.

-Moi aussi j’ai mes ressources. Cela me coute cher, mais j’ai tout l’attirail contre les virus ou les poisons. J’ai confronté trop souvent des membres de l’esei pour ne pas prévoir ça.

Je relevai lentement la tête vers lui, ébahit, reprenant quelque peu espoir.

-Disons que j’avais juste besoin d’une distraction pour prendre mon remède sans qu’on m’en empêche, rajouta mon sensei, en me regardant avec complicité.

-Surprenant…

-Disons que je m’adapte, répondit-il, sur un ton de défi.

La femme se renfrogna, puis changea rapidement d’expression, reprenant son sourire. Elle leva les bras au ciel et s’écria.

-Félicitation! Tu as gagné, j’abandonne! Il ne me reste plus de ressource!

Sur ce, elle se retourna, et s’en alla.

Yami s’interposa au dernier moment, et reçu de plein fouet le kunai lancé par le Sayori.

La dame s’arrêta. Elle resta ainsi longuement, puis finit par parler. Ayant retrouvée son sérieux, elle rajouta :

-Ce n’est pas finit. L’honneur ne m’est pas une valeur importante, et je préfère ne pas tuer. J’accepte très facilement la défaite. Cependant, ce contact là, il pourrait me rapporter gros.

Elle prit une pause.

-C’est un contrat à long terme. Cette mission est une question de vie ou de mort. Tant que j’aurais une utilité, ils me payeront, et me payeront cher. Cependant, une chose qui est sûr, c’est que lorsque je ne leur serais plus utile…

Elle prit une autre pause, plus longue. Je regardai mon sensei. Il avait un visage neutre, nullement choqué ou étonné, ce n’était pas non plus de la haine, juste alerte et sérieux. Il ne semblait pas préparer quelque chose. Il la laissait partir.

-Attendez-vous à ce qu’on se revoit.

Puis elle s’enfuit en courant, son acolyte sur ses talons.

Enfin, c’était finit. Le cauchemar était finit.

Mais, pour combien de temps?

MessageSujet: Re: Le revers de la médaile   Mar 21 Juin - 2:10

Deuxième partie : La face noire du métier ou Une famille bien morbide

Hayate s’était remis à marcher comme si de rien n’était. Il avait traversé le cimetière et s’était replongé dans la forêt, s’assurant que je le suivais. Alors qu’on tentait de se frayer un chemin à travers les buissons, plus touffus que dans la forêt d’où nous venions, je me décidai à lui demander :

-Pourquoi l’avoir laisser partir?

Il se retourna vers moi et me regarda, intrigué. Puis continua à avancer, avec son calme professionnel, tout en me répondant:

-Bah, rien de bien compliquer. J’ai beau avoir eu l’air de gagner le combat, ses techniques m’ont bien amoché. N’oubli pas que, bien que physiquement je semble être en pleine forme, j’ai été martyrisé mentalement. La femme a tenus sa technique, Seishin Himei, durant tout le combat, et ça a porté fruit. De plus, cumuler à son poison, cela m’a beaucoup affaiblit. En sommes, il n’en manque pas beaucoup pour m’achever. Bien entendu en temps normal j’aurais assez contrôlé la situation pour m’assurer de maîtriser cette novice sans problème, mais là, les risques que je commette une erreur sont trop grands, et, avec toutes les blessures que j’ai encaissées, la moindre erreur aurait pu m’être fatale. Je ne peux en réchapper, je manque d’entrainement sur le terrain depuis quelques années, cette pause de mission a ses effets, mes compétences ne sont plus optimales, je ne peux plus me faire confiance comme avant. Je ne pouvais risquer ma vie, et par le fait même la mission, en la pourchassant.

-Vous l’avez tout de même laissé partir alors qu’elle était juste devant vous.

-Notre mission n’est pas de la capturer. On doit apporter le parchemin, et c’est ce que nous faisons présentement.

S’ensuivit un long silence, d’où seul le bruissement de la végétation sur notre passage se faisait entendre. Ensuite, comme s’il se sentait coupable du ton cassant qu’il avait employé, il reprit nonchalamment, un sourire en coin :

-J’espère que tu ne t’attends pas à avoir une reconnaissance pour cette mission.

Ah… je n’y avais même pas pensé, tiens…

-Mes supérieurs ont accepté que tu me suives, mais cela ne compte pas comme une mission pour toi, seulement une formation.

-Oui, d’ailleurs, pourquoi ils ont accepté que je vienne? Pourtant cette mission semble si importante…

Hayate ne répondit pas, du moins pas tout de suite. Il perdit son sourire, puis finit par dire :

-Je te l’ai dit, c’est une formation…

Et encore un autre lourd silence. Cette fois-ci, agacé tout en ne le laissant pas paraître, c’est moi qui le cassai :

-Je n’ai pas trop compris comment la femme pensait gagner. Lorsque vous avez foncé sur elle, elle semblait prête. Mais au corps à corps, elle n’a rien pu faire. Sa seule défense n’était que quelques techniques servant à vous rendre moins efficace. Elle s’attendait à quoi? Elle n’avait aucune arme, et donc aucune chance.

-La peur te change vraiment, toi.

Je m’arrêtai, tout surpris de cette réponse peu anodine. Hayate fit de même, se retourna, pour être face à moi, et enchaina, amusé :

-Elle l’était, armé.

Sa réponse me frappa. Je n’avais pourtant rien remarqué.

-Elle avait une paire de Tegaki, attachée sur son corsait de façon à l’enfiler rapidement. Ce qu’elle a tenté de faire. Je serais arrivé une seconde plus tôt, et elle les aurait eux en mains. Le problème de cette femme, c’est qu’elle comptait trop sur la surprise de l’adversaire. Sa première technique m’a en effet frappée de stupeur, mais la deuxième fois, j’y étais préparé et je n’ai donc pas ralenti.

J’étais sonné. La peur m’avait vraiment tout enlevée. En général je suis quelqu’un à l’affût du moindre détail. J’admire, mais aussi j’analyse. Et pourtant je n’avais aucunement remarqué ces armes, qui semblaient, selon ce que Hayate me disait, bien en vue. Si un ennemi me confrontait seul, je n’avais aucune chance.

Mon sensei se remis en route, et, encore troublé, je fis de même. Après avoir monté une légère côte, nous étions arrivées.

Il fallait avoir de bons yeux pour la voir. Cachée dans les feuillages, la petite maison se fondait dans les arbres. Et pourtant, elle était toute simple, en bois, comme on en voit partout, aucune tentative de camouflage dans sa construction. Cependant, grâce à son emplacement, proche de grands arbres feuillus, on pouvait passer à dix mètres de celle-ci sans la remarquer. De plus, bien enfoui dans un creux du terrain, il n’y avait aucune chance de l’apercevoir de loin.

Le Sayori alla cogner, moi à ses coté. Soudainement, il regarda dernière lui. Il semblait préoccupé. Pas comme il l’était lorsqu’il sentait la présence de la femme par contre. Non, là il semblait agacé, il y avait même peut être un peu de pitiés mélangé à tout ça...

-Bon…heu….attend moi ici. S’il répond, explique-lui que tu es avec moi. Je reviens.

Puis il se précipita, aussi rapidement et discrètement qu’il pu, dans les feuillages autour. Je regardai l’endroit où il était parti, puis la porte, puis l’endroit où il était partie. Je n’en revenais pas. Je fais quoi déjà s’il rép…

-Oui?

Un homme avait ouvert la porte, attendant une réponse. C’était un colosse qui se tenait devant moi. Non qu’il était si grand, mais il était musclé, très musclé. Ce qui était d’autant plus surprenant si on considérait ses cheveux d’un blanc laiteux, attaché en queue de cheval derrière sa tête. Il semblait très vieux, et pourtant en pleine possession de ses moyens. Je l’aurais facilement vu briser un homme à mains nu.

-Qui es-tu?

En plus, il semblait impatient.

-Et bah…en fait… j’accompagnais mon oncle… il est parti… vous savez, le ninja,... pas très impressionnant, un peu coincé… il a un paquet de feuille à vous donner…

color=brown]-Ton nom.[/color]

-A…Akihiko?

-Connais pas.

Et il commença à fermer violement la porte.

Non, Hayate m’avait dit de lui faire part de notre venu!

Je la bloquai avec mon pied, puis, prenant me courage à deux mains, je repris contrôle de moi même et dit, munit d’une nouvelle assurance :

-Mon nom est Akihiko Nao. J’accompagne Hayate en mission pour vous remettre un document urgent.

À la seconde où je prononçai le mot « Nao », l’homme ouvrit grand la porte et me regarda, ébahit. Un grand sourire fendit son visage, et l’homme, soudainement moins intimidant, me lança, tout en rentrant chez lui, laissant la porte grande ouverte :

-Aller, entre.

Je poussai un soupir de soulagement. La peur m’avait vraiment, mais vraiment tout enlevé. Cela avait beau être finit, je sentais encore les contrecoups de l’attaque. Mon habilité à parler s’était enfui. Je me pris le pied un moment pour calmer la douleur, car le gars avait la force qui allait avec ses muscles, puis je lui obéis.

L’intérieur de la maison était aussi chaleureux que l’extérieur. Tout simple, un foyer sur le mur de droite, une table entre moi et celui-ci, de l’argenterie sur une petit tablette, en haut de ce même foyer. À ma gauche, une porte entrouverte, donnant sur une petite chambre. Sur le mur du fond, un comptoir, finissant de former une cuisine avec la table et le foyer, et une porte face à moi. Petit, simple, rien de bien impressionnant. Seule chose moins anodine dans cette salle : un ours empaillé, juste à ma droite, griffes sorti et gueule ouverte.

L’homme préparait du thé, dos à moi. Il portait des vêtements aussi sobres que la maison. Une tunique beige, tout ce qu’il y a de plus simple et de confortable. Tout ce décor réussissait presque à rendre le colosse invitant et réconfortant. Il finit par amener deux tasses pleines sur la table, à s’asseoir et à me désigner une chaise face à lui.

Je m’assis poliment, tout en buvant un peu de thé chaud. Durant ce temps, l’homme m’observait, me jugeait même. Un sourire en coin, il semblait bien amusé de la situation.

-Tu es donc le fils de Sei Nao? finit-il par dire.

J’arrêtai de boire. Je levai ma tête, les yeux grands ouverts de stupeur.

-Vous… vous connaissez mon père?

-Bah… je ne l’ai jamais vu, pour être franc. Mais j’en ai souvent étendu parlé, lorsque Hayate venait faire sa visite annuelle.

Ah, mais oui, que j’étais bête, cet homme était de la famille. Tout de même, le lien qui l’unissait à moi était assez lointain…et encore plus lointain avec mon père.

-Donc le fils de Sei, Akihiko, est finalement devenu un ninja…. intéressant…

Hum, apparemment, il connaissait aussi la réputation des Nao…

-D’un autre coté tu as du sang de Sayori, et, bien que ta mère n’était pas aussi compétente que son frère et sa sœur, elle était tout de même un bon ninja.

-Heu, excuser moi, qu’est-ce que vous venez de dire?

Décidément, les surprises arrivaient à la tonne, aujourd’hui.

-Vous avez dit…sa sœur?

-Mais oui, Hatsu.

L’homme me dévisageait drôlement, il semblait surpris que je ne connaisse cette Hatsu.

-Attend… ne me dit pas que….AHAH! AHAHAHA! Hayate ne t’a même pas parlé de… ahahah…ohoh…

L’homme riait aux larmes. Cela dura un bon moment. Lorsqu’il finit par se calmer, il me considéra, supérieurement.

-Je ne peux croire que Hayate soit allé jusqu’à éviter de parler de sa sœur.

-J’ai une tante? Ninja en plus? dis-je, de plus en plus intrigué.

-Oui, et tout un ninja d’ailleurs.

Il plongea son regard dans le miens, observant ma réaction.

-Un Oï-nin.
Un grand silence s’en suivit. Le vieux s’adossa à sa chaise, considérant l’effet que ça me faisait. J’étais sidéré. Apprendre, comme ça, d’un inconnu, que j’avais une tante… et oï-nin en plus! J’avais oublié tout savoir vivre, j’avais oublié ce qui m’amenait ici. Je voulais en savoir plus.

-Elle est comment?

L’autre ne me répondit pas tout de suite. Il restait silencieux, gardait son foutu sourire supérieur. Il commençait même à m’énerver, c’est dire…

-C’est un des meilleurs ninjas que j’ai vu. À la différence de ta mère ou de ton oncle, elle, elle a tout compris.

-Vous voulez dire?

-Tu as surement remarqué que Hayate n’est pas un homme d’action. Il reste au village, comme un fonctionnaire. Bien qu’il est utile et très compétent, qu’il sort un peu de ces tâches ingrates pour former quelques apprentis, il pourrait faire tellement plus… sais-tu pourquoi il se limite?

Je fis lentement non de la tête.

-Il déteste tuer.

Bien que cette information ne fût pas si étonnante, ce fût un choc pour moi. Cela expliquait tant de chose. Pourquoi il restait proscris au village malgré son talent, pourquoi il semble désillusionner sur la vie de ninja, pourquoi il avait laissé partir la femme…

Mais, aussi, en même temps, ma perception de lui changeait. Bien que je l’appréciais, je l’avais tout de même toujours vu comme un ninja : Un idiot qui se sent supérieur; Un pantin qui effectue aveuglément des ordres. Je l’avais vu, au début, qu’il me jugeait, comme les autres. Il le cachait, mais il me jugeait.

Mais, maintenant, c’était rendu un humain. Un humain qui réfléchissait, un pantin doté de morale.

Si, aux yeux de l‘homme, cette information discréditait Hayate, à mes yeux, il venait de monter dans mon estime.

-Car aussi non il aurait pu aller bien loin, comme sa sœur. À ce niveau, ce n’est plus la persévérance qui entre en jeu, mais bien notre façon de voir les choses, si on est vraiment fait pour aider notre pays. Les ninjas de Kiri n’ont pas besoin de cœur, et Hatsu, elle, l’a compris.

Je venais d’apprendre que Hayate n’était pas un ninja comme je les voyais…et que ma tante, quant à elle, remplissait pleinement le profil

-Même chose pour ta mère. Elle, non seulement elle n’était pas aussi talentueuse, mais en plus elle n’avait pas les dispositions pour aller loin. C’était une âme généreuse, une idiote dangereuse pour le village.

-Vous avez raison, la générosité est quelque chose de tellement stupide! La loyauté aveugle est tellement plus intelligente!

Je l’ai dit, j’avais oublié où j’étais, j’avais oublié à qui je parlais, j’avais oublié toute forme de politesse. Je ne m’étais pas retenu une seconde pour répliquer avec ce sarcasme.

L’homme resta silencieux. Son expression faciale n’avait pas changé, et il ne brisa ce sourire que pour parler.

-Ta mère est morte sur le terrain, je te rappelle.

Je n’étais pas le seul qui n’avait aucune retenu dans ses répliques. Mais on ne peut pas me battre aussi facilement sur ce terrain.

-Et comment cette Hatsu a tué d’inconnu, selon vous?

-Beaucoup, et pas n’impor…

-Et comment ma mère en a tué?

Cette fois-ci, son visage fût teinté de surprise. Était-ce à cause de la comparaison? Du fait que je lui avais coupé la parole? Les deux? Aucunes idées…

-Aucun. Elle n’a tué personne. Elle soignait les gens en pleine bataille, à la place de se battre.

-Per…personne?

Pensant boucher mon interlocuteur - à tord, car il l’avait dit : selon lui, les ninjas ne devait pas avoir de cœur, et donc se foutait de combien de gens avait été tués- , c’était plutôt moi qui étais sans voix. Je savais qu’elle répugnait le meurtre, mon père me l’avait déjà dit cent fois. Je m’étais attendu à un très faible nombre de meurtres, le strict nécessaire pour rester ninja, qui aurait eu l’air risible devant le nombre d’hommes morts par les mains d’Hatsu, que j’avais estimé très haut. Mais…rester Chunnin tout en ayant tué personne… c’est impossible, il me semble! Ma mère était donc réellement un ninja pacifique…

-Elle préférait garder tout les ninjas de son village en vie, plutôt que de réellement obéir aux ordres. Dans une guerre, le meurtre est inévitable, on ne peut garder tout le monde en vie si on veut faire avancer les choses.

L’homme était maintenant sérieux, bien sérieux.

-Hatsu n’a jamais hésité à tuer, ou même à faire souffrir les ennemis du village. Elle a compris, que tous les ennemis de Kiri, sont aussi nos ennemis.

Ça frôlait le fanatisme, son truc…

-As-tu remarqué la peur de Hayate à l’égard du genjutsu?
Pour poser sa question, l’homme avait approché son visage du mien, et avait retrouvé son sourire. Il recommençait à s’amuser avec moi. Cependant, il abordait tout de même un sujet intéressant et je sautai sur l’occasion.

-Oui! Vous savez pourqu…

-C’est ce qui arrive lorsqu’on est dans le chemin d’Hatsu.

Cette fois-ci, c’est lui qui m’avait coupé, et c’était moi qui avais la surprise.

-Elle adore faire souffrir ses ennemis. Du moment qu’une personne s’interpose à une mission, elle se donne le droit d’en faire ce qu’elle veut.

Un silence de mort régnait entre le martèlement de chaque réplique.

-Hayate fût chanceux de réussir à s’en échapper.

Cette fois, l’homme jubilait : il avait réussit, j’étais pétrifié de peur.

-C’est réellement après ce fameux duel qu’il a quitté la vie active de ninja.

Il avait finit. Il se rassit lentement, profitant de mon absence de réponse. Cela allait loin. Plus loin que ma haine des ninjas. Non, là, j’étais terrifié, terrifié par l’histoire de ma propre famille.

C’est à ce moment que Hayate fit son entrée.

Il nous considéra lentement. Puis, comme ayant compris quelque chose, il regarda Osamu d’un regard noir :

-Que lui as tu dit?

-Mais rien, voyons, que quelques petites anecdotes de familles!

À ma grande surprise, je vis, bien que cela dura qu’à peine quelque secondes, un rictus de soulagement dans le visage d’Haytate. N’avait-il vraiment pas compris le sous-entendu ou il s’était attendu à quelque chose de bien pire? Quoi qu’il en soit, il reprit un visage plus calme et s’approcha de son oncle pour lui donner le parchemin sans dire un mot.

C’est alors que ça me frappa.

J’avais oublié la mission, avec la rencontre de cet homme… nous devions aller porter un papier important et… à lui! Maintenant que je l’avais vu, que j’avais vue où il se terrait, je ne comprenais vraiment pas. Que pouvait-on bien lui donner de si important pour qu’on veuille nous tuer pour l’avoir? Cette maison était tout ce qu’il y avait de plus sobre, si ce n’était de son emplacement. L’homme ne semblait pas être prêt pour un combat ou faire partie d’un quelconque conseil. Il ne semblait ni prendre les décisions de Kiri ni les appliquer. Donc, qu’est-ce que Kiri pouvait bien lui donner de si important? C’était un grand mystère, qui n’était pas près d’être résolu, à mon avis.

Alors que l’homme considérait le contenu du parchemin, Hayate le regarda impatiemment et dit :

-Bon, mission accomplit, Osamu, on peut y aller?

Le vieux leva lentement la tête de son document, puis, pointant la tasse à moitié peine d’un coup de menton, répliqua :

-Mais tu n’as aucun savoir vivre, voyons! Mon invité n’a toujours pas finit son thé!

À la réponse de l’oncle, les deux Sayori se défiaient du regard. Moi, ne trouvant pas d’autre façon de défaire la tension, je me mis à caller ma tasse. Du moins, je commençai, car je fus interrompu par le fameux Osamu :

-Mais non, voyons! Il n’y a rien qui presse, prend ton temps!

Puis, il se retourna, tout sourire, vers mon sensei. Celui-ci pris finalement une chaise, ne lâchant pas son oncle du regard. Une magnifique réunion de famille!

Le silence pesait. J’étais d’ailleurs assez mal à l’aise de le briser par la déglutition de mon breuvage. Il fallait pourtant que je la fasse : c’était ma seule porte de sortie.

Comme pour oublier dans quelle situation j’étais, je détournai mon regard et observa le foyer. Il était assez bien entretenu. Non, vraiment, cette maison avait le profil de la petite chaumière familiale. Pourtant il n’y avait qu’un vieil homme, seul, reculé dans la forêt. Un homme spécial, et qui recevait des missives biens impor…

J’avais vu un mouvement par la petite fenêtre, entre le coin du mur et le foyer. Comme un objet qui avait tombé. Je ne l’avais fixé, il n’avait fait que passer dans mon champ de vision. J’avais tout de même vu sa couleur.


Rouge.


Un beau rouge sang.


Je me levai aussitôt de ma chaise. Les deux hommes, surpris par mon mouvement soudain, m’observaient. Après un court moment de silence pendant lequel je tentai de mieux regarder par la fenêtre, Hayate demanda :

-Ça va, Akihiko?

-Je crois que j’ai vu un cadavre tomber.

Sur ces mots, nous sortirent tout les trois dehors pour confirmer mon étrange observation. Nous tournèrent le coin de la maison pour voir son flanc droit, puis finalement j’aperçu ce qui avait tombé.


J’avais visé dans le mile, c’était un cadavre.


Un cadavre humain.


Du moins, qui semblait l’être…


La carcasse était étalée sur le sol. Un membre ressemblant à un bras était encore accroché à une branche… et au reste de l’amas difforme qui était le corps. On semblait avoir joué dans sa cage thoracique : elle était ouverte, les organes la contenant étaient tout mélangé, arraché, déchiqueté, broyé. Son crâne semblait avoir reçu un puissant coup de plein fouet. Il était renfoncé, vers l’intérieur, du sang et un peu de cervelle tentant de sortir entre les morceaux du crâne sous la pression ainsi créer.


Je n’avais rien vu d’aussi affreux.


-Avez-vous été suivis?

Hayate pris un moment pour répondre.

-Une femme a tenté de nous arrêter.

-Hum… elle a surement dû faire une victime sur son passage. Elle veut vous avertir. Elle n’a pas lâché l’affaire.





Nous avertir…


Une fois le choc passé, une idée me vint instantanément en tête : après avoir expérimenté le danger, j’en constatais le funeste résultat. Je voyais quel risque je prenais en me plaçant volontairement en situation précaire, en prenant la voie des shinobi.


Un frisson me parcouru la colonne.


L’image allait rester à jamais gravée dans ma mémoire.


Comme j’avais été fou de sous-estimer la vie de ninja.


J’avais toujours su qu’elle était risqué, bien risqué et, malgré ma haine que je portais pour eu, j’étais conscient de leur courage. Cependant, jamais, mais jamais, je ne m’étais préparé à une telle image.


Mais qui aurait été préparé?

-Bon! Ton thé doit surement être froid, maintenant, il est donc inutile de venir le finir. Je vous souhaite bon retour!

Osamu rentra, comme si de rien n’était. Nous, on resta devant le tas de chair, encore frappé de stupeur. Puis, sans dire un mot, mon mentor pris le chemin du retour.

Je le suivis, et ce fus dans ce silence de mort qu’on loua une chambre pour la nuit, dans une auberge miteuse du port.

Mes pensées, agité par d’innombrables questionnements, m’empêcha de trouver le sommeil durant une bonne partie de la nuit.

Lorsque je le trouvai, il fût agité par les pires cauchemars que je n’avais jamais eus.

Mais ils n’arrivèrent même pas à la cheville de la réalité.


Épilogue

L’attente fut longue.

N’osant bouger tant que je n’étais pas sûr qu’Akihiko s’était endormit, je restai ainsi sur le lit, fixant le plafond. Le plus pénible dans tout ça, c’était que chaque minute de son insomnie était une preuve de son traumatisme. Il n’aurait jamais dû vivre ça, et surtout pas si rapidement.

Quand je lui avais proposé, je m’étais attendu à un voyage calme, sans péril. De quoi le faire sortir du village, dans une vraie expédition de ninja, et non en première classe. Bien qu’il ait prouvé sa détermination durant la longue période d’entrainement qu’il avait fait avec moi, je voulais tout de même voir sa réaction sur le terrain. Un ninja doit savoir s’adapter dans toute la situation et ne jamais s’en plaindre, il était donc important de faire ce voyage avec lui entant que formation. De plus, après tout, cette mission, bien que très importante, ne rencontrait jamais d’obstacle. Elle était, théoriquement, sans danger…

Mais, arrivé à bon port, j’avais bien vu qu’on nous suivait. Cela trahissait même un certain manque de professionnalisme. Tendu, aux aguets, j’attendais avec appréhension le moment ou ils allaient se dévoiler. Après tout, professionnels ou pas, ils étaient tout de même là pour nous attaquer et Akihiko était loin d’être près à vivre son premier combat...

Lorsque le choc arriva, j’essayai de le gérer au mieux de mes capacités. Le but était de se débarrasser de ces adversaires de la meilleure façon possible. Il ne fallait pas qu’Akihiko soit impliqué, il fallait régler cela rapidement pour évité un traumatisme trop précoce et il fallait se garder de l’énergie pour le reste du voyage. Tentant de ne pas trop m’investir pour ces poursuivants de basse qualité, je les aie malheureusement sous-estimés. Cela a donc forcé mon élève, non pas seulement à voir un vrai combat en terrain, mais a participé à ce combat. Il a dû risquer sa vie, dans une situation au contrôle non assuré. Quel mauvais maître je fais…

J’ai tout de même tenté de le calmer par la suite, adoptant un ton nonchalant. Je ne sais si j’ai réussit mais, peu importe, à n’en pas douter, Osamu à tout gâcher…

Le laisser avec cet homme, avec un Sayori de cette génération… une deuxième mauvaise décision…

Mais, de tout ça, le pire, fut surement le cadavre. Le type de vision qui reste gravé dans la tête du shinobi, essentielle à bâtir une détermination inébranlable pour le combat, pour la vie de ninja. Le type de vision qui, d’un autre coté, peu amener l’insécurité, une remise en question, une insomnie chronique, un renfermement, de l’angoisse. Un type de vision qui, s’il est trop précoce, peut même corrompre un ninja. La peur permet de justifier le pire des vices…

Avec un élève normal, j’aurais été affolé de lui faire vivre un événement de la sorte. Avec Akihiko, c’était donc la panique totale. Ils n’avaient pas acquis une confiance en ses moyens physique assez grande… et avec raison. De plus, il avait connu le luxe et le confort. Le but du voyage était de savoir s’il saurait endurer un voyage de ninja pour une mission banale… et au final il s’est rendu jusqu’à voir le résultat d’un massacre digne d’un nuke-nin de haut niveau...

Ce fût une totale perte de contrôle de la situation.

C’est en jonglant à tout cela que je m’étais finalement rendu à la demeure de mon oncle. Je m’avançai donc vers la porte, y cognai et attendis que Osamu répondre. Cela ne pris pas beaucoup de temps : à peine eu-je finis de cogner que j’entendis la poigné tourné. Il m’attendait…

-Vraiment intéressant, ton Akihiko.

Il parla dos à moi, allant nonchalamment se rassoir à sa table.

-Bien qu’il ait la carrure d’un cure-dent, il n’a pas hésité à faire ce que le commun des Chunnins n’oserait même pas pensée. Il m’a défié. Ça se voyait dans son regard, dans ses répliques.

J’attendis, impassible, qu’il finisse, retenant, comme d’habitude, le fond de ma pensée.

-Il est incroyablement sur de lui, ce bonhomme. Bon, il essai de bien paraitre, mais il se croyait supérieure à moi, qui suit pourtant âgé…

-Akihko, se penser supérieur?

Poliment, je fis par de ma surprise. Osamu, finalement assis, me regarda et, sans surprise, me fis par de sons fameux sourire moqueur.

-Tu es le meilleur analyste pour ce qui est de déceler les compétences d’un ninja, mais…un si mauvais psychologue…

Je restai, debout, à attendre la fin de sa phrase. Il fallait garder mon calme, après viendra mon tour de lui parler de cette journée…

-Bon, j’avoue, plusieurs personne pourrait se laisser berner par le petit ninja, tout polie, à qui j’ai ouvert la porte, mais n’a tu jamais parler du fond de sa pensée à cet élève! Il me regardait de haut, jugeait ma façon de voir les choses…

-Il faut dire qu’il n’est pas le seul.

Je le coupai, doucement. Je le savais, cette réplique ne le surpris pas, il me considéra, son sourire prenant quelque peu de douceur.

-Oui… mais en général, mes interlocuteurs, de part mon expérience, garde tout de même le bénéfice du doute. Je mets le doute dans l’esprit des autre, même ceux qui semblent le plus offensé! J’attaque, je pousse l e bouchons, mais j’ai toujours une réplique à chacune de leur protestation, faisant en sorte que la personne a qui je parle semblent impuissantes devant mes paroles…

-Et pas avec Akihiko?

-Non, lui, c’était littéralement une joute verbale…

-Alors pourquoi avoir voulu le traumatiser, s’il était si intéressant?

Je réussis finalement à glisser ma question. J’attendis avec intérêt la réponse, regardant intensément mon oncle. Il sourit de plus belle, je venais de lui faire plaisir…

- Il m’énerve au plus haut point.

Je réprimai avec peine mon envie de répliquer.

-Il se croit si sur de ce qu’il pense... et, le pire, c’est qu’il est encore plus enfoncé dans une vision naïve du monde que les autres. Je voulais lui montrer la vie dans laquelle il s’était embarqué. Je voulais, d’un seul coup, rabattre toute son insolence, avec le meilleur argument qui soit : une preuve visuelle de toute la laideur du monde.

-Tu n’as pas pensé qu’il n’était pas prêt?

-Être prêt? ÊTRE PRÊT? Comment ne peut-on pas être prêt à voir le monde pour ce qu’il est vraiment? S’il est assez vieux pour juger des agissements s de ta sœur, il est assez vieux pour découvrir ce qu’est la vie. En plus…

Il marqua une pose, savoura ses prochaines paroles.

-J’en est profiter pour faire naître en lui une haine de l’ennemi.

C’était fait. Osamu venait de confirmer deux de mes pensées. La première était qu’il avait parlé de ma sœur, chose qui était assez évidente de part la réplique qu’il m’avait faite à mon entré dans sa demeure. La deuxième était qu’il avait voulu faire naître cette haine, typique des Sayori, de l’ennemi. Il avait mit dans la tête d’Akihiko que la personne qui avait massacré le cadavre était la femme qui nous avait attaqué. Alors que c’était tout faux, le seul responsable, c’était Osamu lui même.

J’embarquai dans son jeu, tenta de réfléchit étrangement comme il le fait, en répliquant :

-Tu as donc gaspillé un dispositif de sécurité pour ça? Je te croyais plus professionnel…

-Bah…il ne me servait à rien. Je ne pouvais faire fuir des gens de l’île avec, sans quoi cela attirerait l’attention des villageois vers cette forêt. J’ai donc utilisé ce cadavre caché dans les arbres pour donner une leçon de vie à ton cher élève.

-J’aimerais, à l’avenir, m’occuper personnellement de l’éducation de mon élève.

C’était la réplique la plus rude dans lequel j’allais m’embarquer et ce ne fis aucun effet sur Osamu. De toute façon, il le savait aussi bien que moi : il était trop tard.

-Sinon, la route s’est bien passée?

Je m’adossai au mur, les mains entre mon dos et celui-ci. Je ne voulais m’asseoir, mais je tentai tout de même d ‘adopter une position confortable pour mon récit. Il était déjà dur de rester calme et de changer si radicalement de sujet après ce qu’il avait fait…

Mais bon, je sautai tout de même sur l’occasion.


-Non, on s’est malheureusement fait attaquer…

-Quoi? Ah ah… non… pas en plus?

Le sayori s’amusait de plus belle.

-Oui, une femme, avec une apprentie. Je voudrais d’ailleurs savoir ton avis sur la chose.

-Mais aller, parle voyons...

Je restai silencieux un moment, fixant Osamu du regard. Le silence était pénible, mais était nécessaire à calmer mon énervement avant d’enchainer. Comme à son habitude, il jouait la comédie. Il venait de changer subitement pour un ton polie et engageant. Son sarcasme m’énervait autant toujours et il le savait.

-La femme ne semblait rien savoir sur la mission et était de plus loin d’être un ninja professionnel. J’ai pu l’entendre dès mon arrivé sur l’île. Je trouve seulement ça étrange de la part de son employeur d’engager une femme de la sorte pour s’impliquer dans quelque chose de si sérieux.

-Mais tu le sais c’est pourquoi, pas vrai?

-Je veux avoir ton avis.

-La méthode du « jeter après usage ».

En effet, bien que je ne l’aurais pas dit en ses termes, c’était exactement ce que j’avais pensé. Souvent, lors de mission bien compromettante, les employeurs usaient de ruse lors de l’engagement : il choisissait quelqu’un de bien, mais qui, en même temps, serait facile de faire disparaître lorsqu’il serait inutile. La personne en question pouvait réussir la mission en attendant les conditions propices, puis ensuite elle se ferait rayer de la carte à peine quelque jour plus tard. La femme elle même, d’après ce qu’elle nous avait dit, semblait penser à un tel stratège.

-Cela expliquerait aussi pourquoi elle t’a attaqué aujourd’hui.

Je fronçai les sourcils, intrigués.

-Tu avais un fardeau. Tu étais avec ton élève.

Ces paroles me frappèrent. Elles me frappèrent non pas pour l’information directe qu’elle prodiguait, mais bien les conclusions qu’on pouvait en tenir.

-Elle me regardait donc faire depuis longtemps? Cela est absurde, je l’aurais remarqué.

-Et pourquoi? Elle pouvait t’attendre, à chaque fois que tu amenais le parchemin en regardant de l’une des tavernes. Il y a tant de gens douteux dans ce port, pourquoi l’aurais-tu remarqué elle plus qu’un autre?

J’étais donc suivi depuis longtemps…

-Qui pense-tu qui l’a engagé?

-Je n’en ai pas la moindre idée mais, chose qui est sûr, il a surement de bon contact…

Nous restâmes ainsi immobile, plongés dans nos pensées. Les choses prenaient des tournures effrayantes. J’étais observé depuis longtemps, sans le savoir, alors que j’accomplissais une mission de haute importance. J’étais sidéré. J’avais l’impression d’avoir perdu le contrôle de ma mission. Je me sentais coupable.


-J’ai aussi une autre interrogation sur son sujet.

-Oui?

-Lors du combat, en voulant trop garder de mes forces, j’ai malheureusement sous-estimé cette ennemie. Cependant, alors que le combat semblait gagner pour elle, qu’elle pouvait enfin accomplir ce qu’elle voulait, elle semblait venir vers moi pour prendre le parchemin. Elle n’est pas allée kidnapper AKihiko, comme je l’aurais pensé. Voler une fois un parchemin, c’est minime. Avoir un incitatif pour que je lui amène tout les parchemins, pouvoir proférer des menace de mort sur mon élève, cela aurait dû être son but. Était-elle si stupide?

La question était complexe et la réponse semblait dure à trouvée. C’est donc pour ça que le shinobi, à l’intelligence pourtant assez élevée, pris un moment pour me répondre.

-Peut-être que son employeur en sait encore plus qu’on le pense.

Osamu me fixai. Il ne souriait plus, il avait un regard songeur, il réfléchissait.

-Si elle aurait volé le parchemin, le professionnel shinobi que tu es n’aurais jamais osé révéler la perte de contrôle de cette mission. Tu aurais gardé cette information pour toi, et la femme aurait pu te menacer de la proférer si tu ne lui apportais pas d’autre parchemin.

-C’est absurde, je ne cacherai pas un échec si cela implique de m’enfoncer encore plus dan celui-ci.

-Mais, est-ce que le coupable Hayate, qui n’ose plus servir sur le terrain, aurais l’audace de dire qu’il n’a pas été à la hauteur de ses quelque grandes responsabilités qui lui reste encore?

Je ne transmis aucune réponse à cette question. Osamu avait le don de plongé dans un univers dans lequel je n’aimais jouer: les vices, le fond me la pensées, les limites de mes valeurs. Je n’étais pas habile pour creuser ma personnalité. Je repoussais toujours ce genre de questionnement.

Je fis donc lentement mine de partir, ayant eu les informations que je voulais. Je fus soudainement arrêter par la voix de mon oncle.

-Dis-moi, Hayate, pourquoi avoir été si offusqué par mes gestes.

Je me retournai, attendant la suite. Devant moi, j’avais un Osamu abattu, un Osamu profond et sérieux. Un Osamu qu’on ne voyait que trop rarement.

Je savais à quoi il pensait.

-Pourquoi cet élève, qui se croit si intelligent, à été si surpris de voir ce cadavre.

Je ne disais mot. Il n’en attendait pas moins.

-Logiquement, il devrait pouvoir descendre avec nous dans la cave, et la regarder, sans surprise. C’est ça qui devrait ce produire dans un monde lucide. Pourtant, il n’est même pas capable de regarder un seul cadavre sans en avoir des séquelles. Pourquoi dois-t-on caché le contenu de mon sous-sol au gens, à quoi s’attende-t-il?

- Certaines personnes osent encore profiter de la vie et croire en un monde juste et bon. Ils osent encore croire en un village cohérent qui, au moins, respecte ses propres interdits.

- Oui, tout ça est « interdit » et ont tentent d’éradiquer cette pratique.
L’oncle fixa le vide, dégouté, comme à l’habitude, par la naïveté du monde. Sa colère monta.

-Cependant, le village sait très bien que, malgré toutes ses tentatives, il restera toujours des gens qui continueront dans cette voie. Pire, des gens qui s’en servirons contre le village. Pensent-ils que Kiri attendrai sagement une attaque du genre sans en être préparé? Ils ne pouvaient se contenter de prendre ce risque, et ils s’assurent donc de garder, comme toujours, une longueur d’avance sur l’extérieur. C’est logique. C’est normal…

Osamu ne dévoilait ses sentiments, ses énervement, ses peines, qu’à de très rares personnes. J’étais un membre de sa famille, et rare était les fois que j’assistai à un tel discours. La rencontre d’Akihiko avait vraiment ravivé une vielle blessure.

-J’aimerais lui dire Hayate. J’aimerais lui dire, à ton cher élève et à tous les autres : Un groupe fût monté. Trois hommes. Trois shinobi , pratiquant de l’esei, très puissants, se furent remettre pour mandat de pousser leurs connaissances dans ce domaine, secrètement. Cette idée est, aussi affreuse qu’elle peut paraître, extrêmement intelligente car, à la différence des autres pratiquants, plus isolé, un réseau de contacts fût placé entre les trois chercheurs. Nous nous entraidons. Tout ça, grâce à l’aide de quelques shinobi qu’on sait loyaux, mais aussi proche du chercheur en question.

Osamu ricana amèrement, avant de continuer.

-Oui, et je plongerai mon regard dans le sien, tout en lui dévoilant le contenu de mon sous-sol. Hayate, dis-moi lorsqu’il sera prêt. Pour le bien du village, je m’en remets à ton bon jugement, mais, je t’en pris, dis moi-le.

Voir un Osamu brisé était quelque chose d’affreusement désagréable. J’avais peine de rester. D’un autre coté, je me sentais mal à l’aise de partir.

-Un jour, je lui montrerais, et je lui ouvrerai la porte de mon caveau.

Daiisu Aisu
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MessageSujet: Re: Le revers de la médaile   Lun 31 Oct - 15:45

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