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 [Yuki] ... Comme celui qui conquit la toison...

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MessageSujet: [Yuki] ... Comme celui qui conquit la toison...   Dim 16 Jan - 20:38

[Arrivant de [Seuls les administrateurs ont le droit de voir ce lien]]

Un vent froid martelait son visage. Un sol de terre sombre encore parsemée de plantes herbacées se déroulait devant ses pas. Au loin, non à quelques dizaines de mètres seulement, une arête se découpait dans le ciel masquant mal le bruit d'une eau qui venait battre la roche.

Son pied vint faire basculer deux petits cailloux qui, par la force des choses, furent projeté dans un immense vide. En bas, seulement des rochers et de l'écume pour les accueillir... des centaines de mètres dessous. Ses deux iris noirs, si semblables à ses pupilles, pointaient dans la baie de l'est. Sa chevelure décolla de son dos, entraînée par un remous d'air qui, chez elle, provoqua un frissonnement. La jeune fille déposa son sac pour en sortir un vêtement supplémentaire qu'elle se passa après avoir ôté son manteau; et avant de le remettre.

Le littoral et son calme.


Elle remit en place son sac avant d'inspirer profondément. Le soleil était dans son dos, encore loin de se coucher, mais dans son dos. Elle sentait encore quelques tièdes rayons, les seuls qui persistaient dans cette fraîche atmosphère.

A côté, elle aperçut du coin de l'oeil Kuzako qui s'éloignait, reprenant sa marche sans dire un mot. Évidemment, les arrêts n'étaient que peu permis, particulièrement si l'on ne voulait pas se faire piéger par la nuit. Ou par le froid. Encore que, les deux allaient de paire.

Les frontières n’étaient que des traits dessinés sur un bout de papier. Une fois dehors, rien n’indiquait que Sawa n’était qu’un souvenir et que Yuki ouvrait ses portes. En fait, le seul indice était le changement de paysage, mais il s’était amorcé bien plus tôt et ne reflétait en rien le résultat de siècles de travail humain. Se battre pour savoir quoi appartient à qui pour arriver à des compromis parfois plus imposés qu’acceptés. Et un jour, se battre à nouveau pour ce bout de pain que l’autre possède et sur lequel nos aïeux lorgnaient… Sur lequel nous lorgnons.

Taka soupira discrètement sans que son maître ne s’en rende compte. Le soleil avait disparu derrières les hautes montagnes qui les entouraient et dont le flanc n’offrait plus qu’une obscurité grandissante de seconde en seconde.

Elles avaient emprunté un sentier escarpé dont la fin n’était pas visible. De l’autre côté du gouffre que les parois dessinaient, des lumières brisaient le voile qui s’installait sur la région. Encore un peu de marche et les deux femmes s’offriraient une halte supplémentaire. Un repas chaud, une couverture tiède surmontant des draps accueillants ; en y ajoutant un bain chaud, c’était là tout ce que Taka désirait avant de reprendre la route, au lendemain matin.

°°


Sérénité

Là-haut, très haut. Bien au-dessus des nuages… pourtant victime de la mer langoureuse dont le bruit de l’échouement ne parvenait presque plus aux oreilles.

Taka était assise sur un rocher, emmitouflée dans un habit long et épais, le regard perdu dans l’horizon imperturbable. Ses cheveux flottaient au vent, lisse et souples, attachés dans une demi-queue tressée et retombant sur son habit. La jeune fille s’était installée en tailleur et demeurait là depuis plus d’une heure déjà. Elle avait joint ses mains qu’elle cachait sous ses larges manches et laissait apposées sur ses chevilles. Sous son perchoir, la falaise s’étendait sur des centaines de mètres et bien plus encore. Elle l’avait apprivoisée, ou l’inverse. Mais peu importait, soumettre la nature ou lui être soumise n’enlevait rien à cet endroit. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas trouvé un lieu qui l’inspirait tant, qui lui offrait tant. Pas même ce petit jardin laissé à l’abandon au fur et à mesure des années. Là, à cet instant précis, sur cette roche, sans personne autour, elle se sentait… mieux que bien.

Une main vint subitement se poser sur son épaule. Une intrusion mal acceptée bien que douce. Le geste avait été délicat et maîtrisé. Qui plus était, elle savait que quelqu’un était arrivé avant même que la personne n’eût osé la toucher. Ses yeux quittèrent l’a ligne de l’océan pour remonter le long du bras de l’étranger. Ils tombèrent sur deux iris marrons qu’ils connaissaient bien. L’homme qui se tenait là ne tarda pas à prendre parole, un sourire accueillant aux lèvres.


- Je sais que je dérange, mais il va falloir s’y remettre.

Le cou de la jeune fille replaça sa tête face au paysage.

- Je sais. De toute façon, il n’y aura bientôt plus rien à voir.

La main qui était sur son épaule la quitta alors qu’elle se relevait avec légèreté. Elle se retourna pour faire face à l’homme qui se tenait derrière elle, une seconde plus tot.

- Tu vas me faire travailler jusqu’à quelle heure, Kino ?

Il afficha un sourire bienveillant avant de répondre.


- Jusqu’à ce que tu le maîtrises… Et je voudrais profiter de ces moments où tu as passé ton temps à regarder là-bas

- Pourquoi ça ?


- Parce que tu es plus agréable et plus détendue… De meilleure compagnie.

Elle fronça les sourcils. Lui s’était contenté d'un dernier sourire puis s’en était allé sans attendre. Taka se retourna une ultime fois comme pour s’approprier ces dernières secondes de calme, puis elle se retira à son tour.

°°

C’était un temple, ou quelque chose dans ce goût-là. Taillé directement dans la roche, sa construction s’était étendue sur deux générations et il abritait sa population depuis plus de huit-cent ans.
En façade, il était très austère. Après tout, la roche de cette région était entre le gris et le brun. Néanmoins, ses architectes avaient sculpté l’entrée en dessinant des colonnes dont l’alignement – quelque peu courbe – proposait un renfoncement très pratique pour les journées pluvieuses d’été. Certes, les visiteurs n’étaient pas bien nombreux dans le coin, mais il arrivait parfois que quelques voyageurs fassent le déplacement volontairement.

A l’intérieur, l’éclairage était bien assuré. Les murs étaient tantôt bruts, tantôt dallés et si l’on marchait un peu trop fort, le bruit des pas résonnait contre les pans des couloirs jusqu’à se perdre au loin.

Bien qu’elle eût été dans cet endroit depuis plusieurs jours, Taka n’avait pas bien compris l’intérêt premier de sa construction. Ses habitants cachaient un secret, une histoire, à commencer par l’histoire de la naissance de leur ordre.

Oui, elle appelait ça un ordre, ou une secte. Ils ne vivaient pas reclus, mais n’avaient pas forcément non plus beaucoup de contact avec l’extérieur. Ce n’étaient pas des moines bien qu’ils eussent fait preuve d’une profonde piété. Leurs croyances n’étaient pas dogmatisées et bien que chacun eût fait comme il le souhaitait, il régnait en cet endroit un ordre et une discipline impressionnants. Parfois presque effrayants.

C’est dans cet ordre qu’elle avait fait la connaissance de Kino. Jeune garçon, à peine plus âgé et fort responsable. Il avait des sourcils fins, un crâne rasé, un menton un peu anguleux mais un visage très accueillant. Sa voix était chaude et il s’en servait avec une sorte de douceur capable d’amadouer le plus fougueux des interlocuteurs.

Ils s’étaient rencontrés à l’heure du repas, au terme d’une matinée qu’elle avait passé à regarder l’océan. Dès ce premier jour, elle avait trouvé toute cette atmosphère reposante. Au détour d’une conversation difficilement engagée, ils s’étaient trouvés quelques points communs et depuis, ils avaient passé le plus clair de leur temps ensemble. Cela alla même jusqu’aux heures d’exercices. Car oui, dans ce lieu reculé, l’on s’entraînait.

Certains savaient se servir de leur chakra sans pour autant être officiellement des ninjas. Evidemment, leur statut n’avait pas laissé les nations indifférente et même à ce jour, ils n’étaient pas forcément acceptés, bien que tolérés. Cependant, Kino et ses amis n’étaient pas des fauteurs de trouble et leur utilisation des arts du combat relevait plus d’un gagne-pain. Un peu… comme des mercenaires. Des mercenaires bien éduqués, avec un code et une dignité.



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MessageSujet: Re: [Yuki] ... Comme celui qui conquit la toison...   Ven 25 Fév - 0:22

- Tu ne crois donc en rien?

- Je n'ai pas dit que je ne croyais en rien. Son doigt se leva vers le ciel avant de s'agiter de part et d'autre de son axe puis son coude se posa sur la petite balustrade en pierre. Mais je ne crois plus en la volonté divine.

- Pourtant, je t'ai vue te recueillir.

- Un recueillement n'a pas besoin d'entités à idolâtrer. Et il n'y a pas d'entités qui décident de mon destin, de ce que je dois faire ou dire...

- Donc tu penses contrôler ta vie? Il s'autorisa un sourire presque charmeur.

- Je n'ai pas non plus cette prétention.

- Alors si tu ne crois pas en toi et que tu ne crois pas en les dieux, tu ne crois en rien. Un haussement d'épaule agita son corps tandis qu'une moue se formait sur son visage.

- Ce que tu peux être restrictif quant tu le veux... Je n'ai pas besoin de croire, voilà tout, et je n'ai pas non plus besoin que l'on croie en moi. Ses yeux ne quittaient pas l'horizon. Déjà le soleil filait se cacher entre les monts, pourtant il était encore tôt; encore très tôt.

- Tu es au fond du gouffre.

La jeune fille tourna brusquement la tête pour lui jeter un regard noir.

- Ce qui m'étonne, c'est que tu arrives encore à n'en pas donner l'impression.

Un rictus fit vibrer la poitrine de Taka alors même qu'un jet d'air s'extirpait violemment de ses narines. Elle délaissa les yeux de Kino qui, si beaux fussent-ils, étaient toujours moins intéressants qu'un bout de ciel échancré par les pics du Pays des Neiges. Elle rapprocha ses bras tous deux accoudés et se pencha un peu en avant, un air pensif sur le visage. Quelques instants de silence les séparèrent comme s'ils avaient été à des kilomètres l'un de l'autre puis elle prit la parole.

- Non, le fond du gouffre je l'ai déjà vu... et il est bien plus bas. Je sais que je n'ai pas besoin de croire pour avancer. Si je vois les choses de la façon la plus juste, si je les réfléchis correctement, si je les perçois presque telles qu'elles le sont vraiment; si je fais tout ça, je n'ai pas besoin de croire.

- Tu ne peux pas mettre ta subjectivité de côté... Son regard... Son regard s'était posé sur la jeune fille et n'en démordait plus. Sans même s'en rendre compte, la fréquence de ses battements de cils était quasiment nulle. Il n'en perdait pas une miette comme elle ne laissait aucun instant de la course du soleil lui échapper.

- Moi non, d'autres si. Je n'ai jamais dit que j'avançais seule. Il y a du monde autour; mes supérieurs, mes subalternes, ma famille, des amis.... même de simples connaissances. Si je sais quoi prendre en chaque chose et en chacun, je n'ai besoin de rien d'autre.

- Les gens sont donc des objets dont tu se sers pour leurs fonctions?

- Au premier abord, oui, toujours. Après tout, aller vers quelqu'un ne se fait que par intérêt, que l'on s'en rende compte ou non. Je ne crois plus à l'altruisme gratuit.

- Pourtant, cela te va si bien.

Un rire clair vint ponctuer cette dernière phrase. Un rire qui, depuis longtemps, caractérisait Taka.

- On me l'a souvent dit. Mais même moi qui parait parfois si naïve et si gentille à la fois, je me dis que je le suis parce que ça me fait me sentir bien. Donc rendre service, c'est autant voire plus pour moi que pour le service en lui même.

Kino fronça les sourcils avant de secouer la tête négativement.

- Tu te leurres... Je parierai ma vie que tu n'es pas comme ça.

Il eut droit à un faible sourire pour seule réponse. Épiloguer ne servait à rien et ils ne s'entendrait probablement jamais sur une histoire pareille. Quelques secondes passèrent sans qu'aucun n'eusse osé prendre la parole. Une semelle frotta la pierre dans un bruit feutré et la silhouette du jeune homme glissa de quelques centimètres sur le côté, un peu plus près de la kunoichi.

Elle ne tourna que faiblement la tête, stoppant par la même occasion le mouvement de Kino. Paradoxalement, il trouvait chez sa nouvelle amie une chaleur tendre et attirante qui cohabitait avec ces quelques expressions dont l'effet premier était de vous stopper net dans toute lancée. Ses yeux noirs, sa peau clair, cet air sévère qu'elle avait parfois et qui contrastait avec ces petits sourires comme elle avait l'habitude d'en offrir. Oui... elle était douce et rude à la fois, souvent avenante et pourtant effrayante à ses heures.

Elle soupira comme pour briser l'élan qui s'était inscrit dans le temps. Et pour être sûre de s'être faite comprendre...


- Je repars bientôt.

- Oui, oui... je sais.

Ils échangèrent un regard avant de viser chacun quelque chose d'autre.

- Tu crois qu'on se reverra.

- Non. J'en suis même sûre. Enfin, sauf si tu viens à Konoha un de ces jours, sinon... c'est non.

Elle se redressa et s'étira légèrement. C'était le signal et il l'avait bien compris. Avec galanterie, il la laissa s'engouffrer la première dans le couloir sur lequel donnait l'accès principal. Au terminus de cette marche se trouvait cette même salle dans laquelle elle avait passé le plus clair de son temps, depuis qu'elle était là.

°°


Sur son front, une marque d'un bleu ciel éclatant se dessinait. A la fois discrète mais aussi point de mire principal sur son visage, elle ne s'étalait que très peu au milieu des gouttes de sueur qui perlaient.

C'étaient les dernières heures. Qu'elle eût réussi ou non, le lendemain matin sonnait l'heure du départ. Mais au fond d'elle, elle savait qu'elle ne se pardonnerait que mal de n'avoir su y arriver avant de devoir regrouper ses affaires pour la suite du voyage. Pourtant, quelque chose lui échappait encore. Non pas sur ce point particulier mais sur la compréhension général du Fuuinjutsu.

A côté d'elle, Kuzako se tenait allongée, sans dire un mot, un livre à la main et l'attention aussi rivée sur les pages que ses yeux l'étaient. Kino, lui était assis en tailleur les yeux fermés et visiblement pris dans une profonde réflexion. Taka pesta contre elle même et s'autorisa même à souffler de contrariété. Elle leva les bras et étira ses muscles et tout son corps dans un ensemble de mouvements bien moins gracieux qu'à l'accoutumée. Pendant quelques secondes elle entreprit de faire le tour de la pièce en marchant.

Sans bouger de l'endroit où elle se trouvait, sans même mouvoir autre chose que ses yeux, Kuzako suivit le mouvement de son élève.

- Déjà fatiguée?

- Chut...

La plus âgée des deux s'autorisa un rire léger; elle s'était immiscée dans un de ces instants où il fallait laisser Taka seule avec elle même. Des instants qui, malgré leur nature différente, se faisaient beaucoup plus fréquents depuis quelques jours.

Soudain, la Chuunin s'arrêta. D'un geste vif elle fit volte face et revint se pencher sur un morceau de papier qui était posé au sol. Elle le parcourait une énième fois lorsqu'un sourire apparut sur son visage...

- C'est assez... J'arrête ici.

Sans plus de cérémonie, elle se retira.


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MessageSujet: Re: [Yuki] ... Comme celui qui conquit la toison...   Dim 5 Fév - 22:58

Impossible… Ca ne peut pas être plus compliqué qu’une simple technique. Evidemment, et même si les classifications laissent parfois à désirer, son rang explique sa difficulté. Mais j’aurais déjà dû y arriver. Cela fait bien deux semaines que je planche là-dessus sans grand résultat, je devrais pouvoir… Il est l’heure.

Son regard passa par la maigre lucarne qui ornait le mur de sa chambre. L’austérité des lieux était la même en chacune des pièces, sauf peut-être la salle d’entraînement où, pour des questions d’ordre pratique, des couleurs sombres mais aussi nobles ornaient quelques pans de murs et rideaux. La jeune fille passa la première bretelle de son sac sur son épaule droite, puis la seconde sur son homologue avant de recouvrir l’ensemble de son corps de son traditionnel manteau de voyage. Ses mains s’élevèrent puis se dégagèrent de l’épaisse protection que lui offrait l’habit pour aller saisir la capuche qui reposait encore sur le haut de son dos. Le tissu vint recouvrir son chef et assombrir son visage dans un silence quasi absolu. Ses pupilles, alors bien camouflées dans cette enveloppe obscure, balayèrent rapidement la chambre à la recherche d’un quelconque objet oublié.

Il n’y avait plus rien ici qui lui appartenait.

Taka se glissa d’un pas feutré par l’encadrement de la porte et, alors même qu’elle s’apprêtait à prendre le couloir qui a mènerait jusqu’à la sortie, s’immobilisa.

- Que fais-tu ici, la nuit était trop courte ? Sa voix résonnait froide comme le temps dehors, et le silence qui habitait les couloirs n’aurait pu être plus parfait pourtant personne ne pouvait l’ouïr s’il ne se trouvait pas juste à côté d’elle.

- Je voulais te voir, avant que tu ne partes.Sa silhouette était adossée au mur depuis quelques secondes. Dans la noirceur environnante, il était impossible de savoir quelle expression son visage arborait, cependant Taka y devinait de la gravité.

- Je ne sais pas si nous nous reverrons, je te l’ai...

- Je ne suis pas là pour ça. Il laissa une seconde de temps mort avant de reprendre. Lorsque tu exécute ta technique laisse le temps à ton chakra de…

- Merci, Kino. Je trouverai bien moi-même. Tu m’as déjà aidée plus que de raison alors que tu ne me devais rien.

- Mon mentor tenait ton maître en respect. Je l’honorais simplement en t’aidant. Fais bonne route, et si jamais tu repasses par ici n’hésite pas.

Le jeune homme poussa sur son dos et prit la direction du fond du couloir. La kunoichi lui fit dos et emprunta le chemin opposé. Dehors le vent soufflait et le froid était mordant. Une fois passé l’entrée du temple, Taka leva les yeux pour regarder autour d’elle. Kuzako n’était pas encore là ; il lui faudrait attendre un peu.

Laisse lui le temps de s’exprimer, de trouver son rythme. Les méthodes sont toujours les mêmes, que l’on soit aspirant, genin ou gradé. Les flux s’agitent inexplicablement dans mon corps depuis un moment, j’ai de plus en plus de mal à les maîtriser. J’ai un mauvais pressentiment. Quelque chose ne va pas… Hakai, j’espère que tu n’es pas en danger.

Ses yeux se jetèrent dans le gouffre qui juxtaposait la route. Dans le ciel, les couleurs du jour n’avaient pas encore pris le dessus, pas en montagne en tout cas. Néanmoins l’on discernait un fin liseré derrière les montagnes : il ne tarderait plus. La jeune fille resta ainsi, à attendre, durant quelques minutes ; jusqu’à ce que des pas résonnent enfin dans le couloir. Kuzako fit bientôt apparition et, d’un accord tacite, les deux femmes se mirent en route.

Pas un mot, pas un bonjour. Uniquement un signe de tête qui témoignait de leur envie commune de prendre la route le plus rapidement. La fin de l’été approchait et pourtant l’automne semblait déjà si avancé entre les pics escarpés du pays des neiges qu’il ressemblait presque à un rude hiver du pays du feu. L’une à côté de l’autre, les deux représentantes du village de la feuille avançaient sans dires, visant mentalement le point d’arrivée du soir qui devait être l’autre versant de la montagne.

Dans une brève conversation, le doyen du temple avait affirmé à Kuzako qu’un village se trouvait à une journée de marche, sur la face nord du pic. Elles y trouveraient un refuge pour la nuit moyennant quelques ryos.

Alors que Kuzako maintenait son allure de croisière, Taka semblait ralentir de minute en minute ; tant et si bien qu’elle se retrouva rapidement à la traîne sans pourtant le réaliser.

Définir une zone active, cibler chaque personne à prendre en compte. Des notions de base que je maîtrise déjà. Il faut que j’arrive à créer un lien avec leur corps. Je visualise l’espace et le temps et je concentre mon chakra comme pour une téléportation classique. Garder en tête la marque des sceaux…

Elle arrêta sa marche. Plus loin, Kuzako s’interrompit elle aussi. Ses yeux suivirent les brusques mouvements de son disciple qui forma un ensemble de signes avec ses mains. Puis Taka s’approcha en courant avant de venir écraser la paume de sa main au sol. Un halo noirâtre fit son apparition sur la roche et la plus jeune des deux redressa sa tête vers son aînée.

- On a bien dit Kazokusei, n’est-ce pas ?

- Oui, pourquoi ?

Taka s’autorisa un sourire. Un cercle bleu luminescent vint se dessiner autour des pieds de la chef du Tigre avant de se remplir d’étranges symboles. Son élève ferma les yeux alors que la carte de la région défilait à toute allure dans son esprit.

- En route…

Leur deux corps furent happés par une lumière bleue étincelante. Lorsqu’elle disparut, il n’y avait plus personne.

°°

En fait… ce n’est pas si compliqué. De la concentration, beaucoup de travail et une intense réflexion. Il ne faut jamais perdre de vue le protocole, jamais. Mais la prochaine fois si…

- Plus jamais la basse cours…

Leurs rires éclatèrent conjointement tandis qu’elles sortaient d’une étable où l’odeur du bétail était plus qu’étouffante. Taka retira sa capuche et regarda attentivement autour d’elle. Elles étaient dans un petit village d’altitude où l’herbe était cependant suffisante pour procurer une certaine autonomie aux paysans qui vivaient là. Cette ferme était calme et il ne semblait y avoir personne à cette heure de la journée.

Les deux kunoichi s’extirpèrent discrètement de la propriété privée puis se dirigèrent vers le centre du village où l’activité n’était pas rayonnante. Elles s’arrêtèrent devant un panneau où une carte rudimentaire de la région était dessinée. En forçant le rythme, elles atteindraient facilement le pays de la foudre. Un regard échangé, un œil aux provisions... déjà elle n’étaient plus là.


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