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 La vie a une fin, le chagrin n'en a pas.

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MessageSujet: La vie a une fin, le chagrin n'en a pas.   Dim 30 Jan - 23:14

I
Pour taper sur le ventre du colosse, il faut savoir s'y hausser

Cela faisait un moment que Sokka n’avait pas pris la peine de regarder le village se réveiller. Il avait toujours sa place, la meilleure selon lui, la fenêtre de son appartement situé au cœur de Kiri. Il l’avait simplement ouverte, s’appuyant sur le rebord. Peu importe qu’il fasse froid, son corps s’y était habitué depuis le temps. Il n’y avait pas encore grand monde à cette heure ci, mais il s’en fichait. Cette vue révélée par la faible lumière du Soleil l’avait plongé dans ses pensées. Il se demandait ce qu’il allait faire aujourd’hui, est-ce qu’il allait faire comme tous ces gens sortant de chez eux, pour rencontrer des personnes, ou encore aller voir ce que le marché quotidien de Kiri pouvait offrir d’intéressant, ou alors rester la journée, seul et enfermé dans sa chambre, à s’apitoyer. Le Chuunin n’avait pas le moral ces temps-ci. Il se remémorait sans cesse le dernier instant qu’il avait passé en compagnie de Mitsu. Cela faisait si longtemps qu’il ne l’avait pas vu. Un long mois qu’elle est partie en mission. Une mission simple et qui prendrait peu de temps disait-elle. Le Kawaki espérait qu’elle allait bientôt revenir. Dire que leur relation battait de l’aile, il ne se pensait plus s’y attacher à elle. Pourquoi ce n’est qu’en leur absence qu’on reconnait l’importance des personnes qui nous sont chères ? C’était la troisième fois. La troisième que le jeune homme en faisait l’expérience. Son père, Kenichi – peu de temps après – et maintenant elle. Cela ne devenait pas pour autant une habitude. Il priait pour que ça ne devienne pas une habitude.

Il se mit une claque pour que ces pensées quittent son corps. Il a été un vrai idiot. Ce n’est pas en s’apitoyant sur son sort et celui des autres, qu’on faisait avancer les choses. Il le savait mais il continuait à le faire. Il devait sortir. Il se retourna pour chopper sa veste qu’il s’empressa de mettre sur son dos. Peu de temps après, il était face à la porte, prêt à sortir, même s’il ne savait pas ce qu’il pourrait bien faire dehors. Au moment où il allait empoigner la poignée, des bruits de pas se faisait entendre de l’autre côté. Sokka bloqua son mouvement et ne fit aucun bruit pour pouvoir juste écouter plus attentivement. La personne s’était arrêté devant sa porte, et n’eut pas à attendre longtemps pour que cette dernière toqua à la porte de son appartement. Sokka se demandait bien qui cela pouvait être. Personne lui avait rendu visite dernièrement. Et son cercle d’amis s’était assez reinstrint.

Anzu – Il n’a pas l’air d’être là, Sei-kun.

Seichi – Tant pis, Anzu. On réessayera un autre jour.

Anzu – Je n’ai pas envie d’avoir fait ce chemin pour rien, Sei-kun.

Deux ? Ils étaient deux ? Pourtant, le Shinobi était sûr qu’il avait entendu qu’une seule personne marcher. Son esprit lui jouerait des tours ? Dans le doute, il devait vérifier, et se dépêcha d’ouvrir pour voir à qui il avait affaire. Il avait devant lui une seule silhouette. Une silhouette féminine. Son visage s’illumina quand elle remarqua que la porte s’était ouverte toute seule. Elle n’était pas venue pour rien finalement. Un mince sourire s’esquissa et ses paupières se fermèrent pour ne laisser qu’un fil bleu azur s’échapper de ses yeux. Elle devait avoir la trentaine. Elle avait les cheveux roux assez long attaché à l’arrière en chignon, habillée d’une simple veste noire fermée par une ceinture au niveau de la taille, laissant apparaître un chemisier blanc dont les premiers boutons ont été enlevés pour pouvoir montrer son bandeau de ninja et un pendentif. Ce pendentif rond en or qu’elle tenait dans sa main droite, porté à sa bouche. Elle le lâcha brusquement quand elle vit que Sokka la dévisageait entièrement. Ce dernier ne savait absolument pas qui était cette Anzu, ni ce Sei. D’ailleurs il ne le voyait pas. Il n’était pas devenu fou, seule la kunoichi se tenait devant lui, qui finit par briser le silence qui venait de s’installer.

Anzu – Bonjour. Vous êtes bien Kawaki Sokka?

Sokka acquiesça d’un léger coup de tête. Il sortit un peu plus du couloir, car il savait que la discussion ne faisait que commencer.

Anzu – Bien. Je me présente je suis Inaba Anzu. Je ne vous dérange pas, au moins ?

Sokka – Non du tout.

Anzu – J’aimerais parler un moment avec vous, Kawaki-san.

Sokka – Très bien. Pouvons nous faire ça sur la route ? J’étais sur le départ, je suis assez pressé.

C’était un mensonge bidon, mais il devait le faire. Il ne pouvait plus rester dans cet appartement, l’air frais lui faisant grand bien. A son tour, Anzu bougea légèrement sa tête de haut en bas pour montrer son accord. Sokka avança en fermant la porte derrière lui. Il commença par avancer dans le couloir extérieur du petit bâtiment. Son pas fut emboité immédiatement par la jeune femme. Le silence régnait jusqu’en bas des escalier. A cet endroit la jeune femme se dépêcha de se mettre au niveau du Kawaki et commença à parler.

Anzu – Je ne vais pas vous cacher mes intentions. Je suis venu vous voir pour vous parler de quelqu’un que vous connaissez. Orai Kenichi, ce nom vous dit bien quelque chose ?

Il y avait bien longtemps qu’il avait entendu ce nom prononcé dans la bouche de quelqu’un d’autre. Ca devait bien faire des années qu’on lui avait parlé de lui. Sokka arrêta net sa marche et fut dépassé par son interlocutrice qui se retourna sans attendre, pour faire face au jeune homme. Elle avait bien raison que ce nom lui disait quelque chose. Même s’il ne l’a pas connu beaucoup de temps, il l’avait côtoyé assez longtemps pour savoir certaines choses sur lui. Il l’avait découvert comme un ami de son père, voulant devenir son mentor. Mais, rien ne s’est passé comme prévu, et leur relation avait été écourtée. Il ne le revoyait plus depuis 3ans maintenant. Sokka baissa la tête face au souvenir que lui procréait ce personnage. Il était vraiment bizarre. Anzu continua pensa que le silence de son interlocuteur comme une réponse positive.

Anzu – Je ne sais pas ce que vous savez de lui, mais je vais vous dire ce que nous savons. C’est un Juunin parti en mission de très longue date. Je devrais peut-être ne pas dévoiler la suite, mais tant pis. C’est en tant que Oi-nin qu’il est parti. En traque de l’assassin de votre père, Kawaki-san.

Sokka montra peu d’émotion face à ce qu’elle racontait. Il savait déjà tout ça ou l’avait deviné, grâce au drôle d’adieu que lui avait offert Kenichi. Un bien drôle d’adieu.

Sokka – Je ne vois pas à quoi vous voulez en venir.

Anzu – J’aimerais juste vous poser des questions à ce sujet. Mais je crois qu’il est mal choisi pour en parler dehors en pleine rue.

Sokka – Vous avez raison, il fait plutôt froid ce matin. Il semblerait que je vais devoir changer le plan de ma journée. On va aller dans le magasin dans le coin de cette rue.

Anzu – Je ne pense pas qu’un lieu public…

Sokka – Ne vous inquiétez pas. Ce lieu est assez discret.

Le Chuunin invita la Kunoichi à le suivre en direction de l’échoppe. On pouvait déjà y voir les inscriptions sur l’enseigne. Quelques lettres peintes en noir entourées d’or, écaillé et effacé par le temps et la pluie. On y pouvait encore lire le nom de « La Tasse à Boire ». le Shinobi connaissait bien ce bâtiment dirigé par le vieillard Chôji. Il entrèrent rapidement dans le salon de thé et furent accueillis par une douce chaleur qui provenait du feu de cheminée se trouvant à l’autre bout de la salle. Juste à côté cette dernière, se trouvait une personne d’un certain âge les yeux rivés sur un petit carnet de cuir noir. Sans lever la tête, il pointa du doigt la porte d’entrée.

Chôji – Désolé, nous ne sommes pas ouvert pour le moment, je vais vous demander de bien vouloir sortir, s’il vous plaît.

Sokka – C’est moi, Ojîsan.

Le vieil homme leva la tête d’un coup, laissant tomber ses lunettes sur son torse, pour voir qui osait l’appeler ainsi. Il vit que c’était un de ces client plus que régulier.

Chôji – Sokka, je t’ai déjà demandé de ne plus appelé comme ça. Ce n’est pas parce que tu m’as battu la dernière fois au Go que…

Il s’arrêta quand il vit que l’Eisei n’était pas tout seul. Une personne était derrière et de ce qu’il pouvait en voir c’était une jolie personne. Il décala sa tête pour en voir un peu plus, mais il fut arrêté avant par les paroles de Sokka.

Sokka – J’aimerais avoir une de tes salles privées, s’il te plaît. Ce n’est pas qu’il y a grand monde dans ton salon en ce moment…

Chôji – Je t’ai déjà demandé de ne pas plaisanter sur ça, il me semble.

Il prit une courte pause, prenant ses lunettes pour les remettre sur le bout de ses nez, avant de se lever de son tabouret.

Chôji – Tu peux prendre la salle rouge, elle est ouverte. Mais avant, aurais-tu le plaisir de me présenter qui est avec toi ?

Anzu allait se présenter d’elle-même, comme si c’était une vieille habitude de dire à tout le monde qui elle était. mais le jeune homme prit la parole juste avant elle, souriant.

Sokka – Nous n’avons pas le temps, désolé. Je sais bien qu’avec toi, cela pourrait s’éterniser, vu le fouineur que tu es.

Le patron montra légèrement ses dents blanches face à cette réponse, avant que son visage repprenne son sérieux habituel. Voyant, que le couple de personne se dirigeait vers la salle, il décida de retourner feuilleter son carnet de compte.

Sokka – Désolé. Mais si je le laissais faire, il n’allait plus nous lâcher.

Anzu – Je comprends.

Sokka prit la peine de coulisser la mince porte en bois devant lui avant d’entrer dans la petite salle qui s’offrait devant lui. L’endroit était assez sombre, mais malgré tout accueuillant. D’épais coussins molletonnés se cachai en dessous d’une longue table basse de bois sombre et laqué. Les murs vermillons fournissaient la raison du nom de cette salle. La faible lumière ambiante rendait la pièce intime. Peut-être trop intime pour la conversation qui allait suivre. Mais, Sokka s’en fichait. Il savait qu’il allait pouvoir être tranquille en cet endroit. Il invita d’un geste de la main, la jeune femme à s’asseoir, avant de faire de même.

Anzu – Cette salle est étrange.

Sokka – Pour Chôji, elle est faite pour méditer en paix ou même jouer tranquillement au jeu de go. Mais il n’a jamais voulu me dire pour cette passion du rouge. Mais, revenons à ce pourquoi vous êtes venue me parler.

Anzu – Oui. Je vous ai donc dit que je voulais vous questionner sur Orai Kenichi. Il ne vous a rien dit concernant sa mission ?

Sokka reprit un ton grave, et répondit que non. Il ne savait pas ce que voulait cette jeune femme. Il ne savait rien d’elle, ne l’avais jamais vu auparavant et un matin, elle le cherche pour lui parler de quelqu’un qu’il n’avait pas vu depuis trois ans ? C’était plus que bizarre. Il espérait avoir des réponse suite à cette conversation. Des réponses… Quoi qu’il fasse, il en cherchait toujours finalement.

Anzu – Cela m’étonne pas, en fait. Il a toujours été très discret, parlant peu. Il se démarquait néanmoins par ces faits.

Sokka savait qu’elle avait tord. Kenichi était un beau parleur. Il aimait raconter tout ce qui se passer dans sa tête. Le problème est qu’ à cause d’une certaine maladie, sa voix refusait de lui obéir, le mettant peu à peu dans un mutisme total. Mais, elle ne devait pas connaître ce genre de détail. Tout ce qu’elle savait delui, devait être marqué noir sur blanc dans un dossier qu’on lui avait confié. Cela est sûrement une mission pour la kunoichi. Il restait à savoir quelle genre de mission devait faire intervenir Kenichi, ou bien plus important encore pourquoi, lui-même, était concerné par cette affaire. Anzu reprit son interrogatoire, le regard trahissant un espoir désespéré.

Anzu – Vous pouvez me dire ce que vous savez de lui ?

Sokka – J’aimerais vous arrêter, avant de continuer à répondre à vos questions. Je voudrais savoir pourquoi est-ce que vous vous interessez à Kenichi-sama. Et surtout, en quoi je suis concerné ?

Son regard devint plus froid. Les yeux bleus de la jeune femme transperça les émeraudes du Kawaki. Son air était plus grave. Elle ramena ses mains dont les doigts s’entremêlairent. Elle pensait qu’elle aurait eu un peu plus de temps, un peu plus de confiance avant de rentrer dans le vif du sujet.

Anzu – En trois ans, vous n’avez jamais eu l’envie de faire comme Orai-san, retrouver l’assassin de votre père ?


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