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 [Pays du Thé] - Entre les mains de l'Empire de Poussières

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MessageSujet: [Pays du Thé] - Entre les mains de l'Empire de Poussières   Mer 2 Fév - 12:04


Chapitre 10 : Entre les mains de l'Empire de Poussières



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Aishuu regardait ses mains qu’elle voyait couverte de sang. Son silence était tel que la Nature environnante avait cessé toute activité, les crépitements des éléments avaient abandonné leur fureur pour se laisser contribuer à l’ambiance malsaine qui s’établissait, muet… La Blanche levait les yeux, n’apercevant rien dans le brouillard matinal… Elle releva lentement les mains, paume vers le haut, pour regarder le sang qui séchait sur les pores de sa peau pâle. Ses yeux semblaient crépiter, comme les braises d’un feu, sauf qu’il n’y avait aucune lueur pour animer ses pierres.

Il y avait une brume épaisse, crachant des nuées de venin happant le décor dans un appétit salace. Ce pays si beau et si parfumé qu’était Cha commençait à se mourir dans une putréfaction virulente et violente qui le faisait convulser aux abords de l’agonie. Les nuages, qui semblaient bas, donnaient l’impression d’être aussi râpeux que des pics, et aussi tranchants que des lames de rasoir. Aishuu était statique dans ce cadre qui empoignait son âme par ses tripes et les lui arrachait à petit feu. Son corps se mit à frémir, ses jambes à trembler, rendant ses appuis frêles.

Les échos soupiraient leur mal être dans le creux de son hémisphère gauche, figeant davantage sa posture et sa stature dans une glace qui ne cherchait pas à fondre. Elle qui avait cherché à être plus forte pour permettre à d’autres de vivre, elle s’était montrée une fois de plus trop faible pour pouvoir assumer cette responsabilité. Elle avait failli à sa propre promesse, et il était temps pour elle d’assumer les conséquences de sa faiblesse.

Aishuu était seule à la bordure du pays, à l’orée de la forêt qui avait abrité la troupe des Kitsune un temps, aujourd’hui, elle était en route pour un autre horizon, plus vert, ou moins noir. La saltimbanque ne reverrait la plupart de ses esbroufeurs que dans un futur qui se pouvait tout aussi lointains qu’immédiat. Elle se retrouvait à s’occuper d’elle, seule, sans la compagnie de Kaishin, de Naho, de Taiji, et des Renards. Quant à Eido, il l’avait abandonnée comme on se permettait d’abandonner sa vie au cours d’un jeu de gestuel.

Ses jambes fléchirent, violemment et soudainement, ce qui entraîna tout le corps de la Blanche sur le sol boueux, s’empattant dedans d’au moins cinq centimètres… Son kimono s’infiltra sournoisement dans les fibres de ses tissus pourpres, souillant la beauté de la jeune femme. Quelques éclaboussures vinrent s’entasser sur son visage fin, comme de fines larmes impures. Un soupir fila entre ses lèvres, s’évadant dans l’indiscrétion d’un nuage de buée qui s’éleva le plus vite possible. Aishuu ne voulait pas vraiment se relever, quitte à laisser les racines des rois d’écorces se nouer autour de ses chevilles pour la contraindre à vivre dans la même inertie que leurs bras forts. Elle était trop fragile, plus souci à l’attention qu’à en porter.

S’avouant vaincue, elle laissa sombrer ses pierreries dans les ténèbres de ses paupières, relâchant les derniers muscles qu’elle contractait, son corps s’affaissant lourdement sur le sol. Les griffures à l’apparence animale dans son dos la fit tressaillir, endolorie par ce soupçon d’inhumanité qui se cachait en elle, éclosant un peu plus chaque bourgeon de son enfer sous sa peau. Sa mâchoire se resserra, atténuant son envie de crier, tandis que sa main se refermait lentement sur la boue qui meublait l’interstice de ses doigts.

Aujourd’hui, la réalité était plus franche et moins douce : montrant son plus grand apparat de scène, dévoilant un spectacle plus macabre que gracieux, plus douloureux que séduisant.


[?] : « Cha no kuni, ça faisait bien longtemps que je n’avais guère foulé ces terres. Pourquoi quadrillons-nous ce secteur aujourd’hui Irumi ? »

[Irumi] : « On ne pose pas des questions lorsqu’il s’agit d’un ordre. Apparemment, Il aurait dis qu’Ayame était dans le secteur. Il faut voir s’il n’y a pas eu de victime, dans le meilleur des cas. Dans le pire, les ramener pour les soigner… Sinon, il s’agit alors de faire taire leurs secrets. Les corps se vendent à prix d’or à Suigara, il ne serait pas négligeable d’éviter de leur laisser accès à des connaissances dangereuses pour le bonne équilibre de l’ordre des choses. Tout devra se taire dans la poussière. »

[?] : « Je n’aime pas tellement quand tu es si défaitiste, tu sais. Une femme est plus belle lorsqu’elle sourit. »

[Irumi] : « Une femme est toujours plus belle en vie Haruka. »

[Haruka] : « … »

Un soupir fila entre ses lèvres, avant d’y accueillir la tige encore fraîche d’un brin d’herbe d’un vert émeraude. Tous deux vêtues de longue tunique à l’éclat terni par l’écume grise qui maculait un blanc crème rehaussé d’un nuage noir sur leur dos, ils avançaient avec vigilance, portant leur attention sur tout ce qui pouvait se cachait dans la densité de la brume.

[Haruka] : « Pourquoi Ayame s’était-elle réveillée ? »

Haruka était le genre d’homme à pouvoir rester discret en tout lieu. Il avait une longue chevelure d’un noir de jais, soutenue en queue de cheval haute pas un large ruban gris qui lui affinait le visage. Il avait de longs yeux prenant vie par leur teinte bleue qui élevait son charme à celui d’un séducteur. Il semblait plutôt fin pour un homme, mais cachait une solide force qui s’ancrait dans ses muscles. Sa grande taille lui donnait facilement deux têtes d’avance sur sa partenaire…

Sa foulée légère se marquait à peine dans les sillons de boues qui révélait un pays en plein éveil, dans cette heure si matinale…

[Irumi] : « Les femmes savent ce qu’elles veulent. Elle n’a pas voulu que son nom ne meure avec son fiancé, je présume. »

Irumi était une femme plutôt petite dans sa corpulence, avec un visage plutôt reconnaissable. Son nez, légèrement en trompette, rendait son visage moins gracieux qu’il n’aurait pu l’être, lui donnant un petit côté grotesque qui déformait la beauté autre de ses traits. Ses grands yeux de biche s’appuyaient sur les éléments du décor avec minutie, déposant le vert de jade de ses iris sur le monde… Ses cheveux courts, d’une blondeur jeune, tombaient mèche à mèche sur son visage.

Elle releva la tête et se mit à sourire, brièvement, en regardant l’expression torturée de son partenaire.

[Haruka] : « Vous les femmes… »

Leur discours étouffé par la distance ne venait pas se heurter aux tympans du Rayon de Lune qui s’abandonnait sur le sol. Aishuu ne disait mot, se contentant de chercher un moyen de venir en aide aux autres, par ses moyens actuels. Son visage s’éclaircit un instant, le soleil commençant à percer l’avancée de la brume. Aishuu sourit…

[Aishuu] : « La vie se défend par la vie… »

Haruka marqua une halte, interpellé par les quelques mots d’une voix inconnue…

[Irumi] : « Haruka ? »

[Haruka] : « Je crois qu’il y a quelqu’un… »

Aishuu tenta comme elle le pouvait de se relever, tremblant quelque peu d’une torpeur bien profonde, sa main cherchant le rempart d’un arbre à ses côtés. Ses yeux s’écarquillèrent lorsqu’au lieu de sentir l’écorce rude sous ses doigts, elle put toucher le délicat velours d’une étoffe. Elle voulut se reculer, sauf qu’une main puissante empoigna son poignet et l’aida à se relever.

Irumi arriva ensuite, contente de constater que son coéquipier avait déjà trouvé la mystérieuse personne. Cependant, alors qu’elle s’approchait d’eux, elle s’arrêta presque aussitôt, dénaturant du regard la blancheur totale du flocon de neige qui lui faisait face, dans les bras de Haruka.

[Haruka] : « Ne t’inquiète dont pas, nous ne sommes pas bien méchants. »

A vrai dire, il n’avait pas encore réellement regardé celle qu’il tenait dans ses bras, et c’est alors que le saphir de ses yeux s’abaissa sur elle qu’il comprit les regards furtifs d’Irumi. Cette pâleur ne leur était visiblement pas inconnue, puisqu’ils communiquèrent un long moment, en silence, au dessus de la tête de la saltimbanque. Se lançant des regards interpellés, ils vinrent à en convenir qu’il fallait absolument la lui présenter.

[Haruka] : « Vous n’avez rien ? »

La jeune femme releva sensiblement le visage, détaillant le visage de l’homme qui la soutenait, avec une attention mesurée. Elle semblait légèrement ailleurs, quelque peu troublée, néanmoins, pas moins choquée. Haruka l’aperçu d’une seule seconde.

[Aishuu] : « Je vais bien… »

Le cristal de sa voix vint tendrement résonnait au creux de l’oreille d’Haruka, qui fut prit d’un frisson. Elle tenta de se tenir sur ses jambes, mais elle se sentait malgré tout encore trop faible pour en arriver là.

[Irumi] : « Je suis Irumi Nageo, et voici Haruka Kokahi. Puis-je vous demander votre nom ? »

Bien entendu, l’inconnue attendait quelque chose en particulier, histoire d’avoir confirmation sur les dires silencieux qu’elle avait échangé quelques secondes avant avec lui. Elle s’avança alors, calmement, mais s’arrêta net dès lors qu’elle entendit la voix de la musicienne.

[Aishuu] : « Shiro Kage. »

La main d’Haruka se resserra sur son bras, et son autre main se posa sur sa taille, se préparant à la porter. La jeune femme voulue réagir, sauf qu’elle n’eut guère la force de pouvoir rivaliser, appuyant sa paume contre son torse pour le repoussant. Cependant, la pression qu’il exerçait sur son corps ne pouvait guère lui permettre de se sortir de cette prison. Aishuu grimaça, se demandant ce qu’il se passait si soudainement.

[Irumi] : « Nous devons t’amener voir quelqu’un d’important. C’est dans ton intérêt. »

[Aishuu] : « Lâchez-moi… »

[Haruka] : « Fais-moi confiance… »

Il lui envoya un sourire sain et calme, tandis qu’une de ses mains vint se déposer sur ses yeux. Ce noir fut la dernière chose qu’elle put voir, avant de profondément sombrer dans une sorte d’inconscience apparemment maîtrisée… La jeune femme abandonna alors sa défense, sa main tombant, ballante, pendante dans le vide…

Irumi s’approcha alors, presque aussitôt, pour murmurer à l’oreille de l’homme qui tenait le corps.

[Irumi] : « Peut-être ne le sait-elle pas… Il faut qu’il la voie, peut-être l’aiderons-nous à comprendre ce qui lui arrive… »

[Haruka] : « Tu es un véritable ange gardien. »

Le jeune homme se mit à rire, soufflant chaudement sur le visage de la femme qui lui parlait, se mettant à son tour à sourire.

[Haruka] : « Ne tardons pas davantage, si elle se réveille, elle risque de vite s’agacer. »

[Irumi] : « Allons-y. »

Arrivés tous deux comme les messagers de la vie, blancs comme neige, pour repartir avec le lot gelé des perles de Yuki. Ils avançaient vite, avec une sorte de fantomatisme rendu par les envolés de leur tissu blanc, et la sorte de lévitation dont ils faisaient preuve de par la légèreté de leurs gestes. Haruka avait une attitude particulièrement protecteur envers la proie qui s’avérait aussi être l’objet de toutes les attentions. Elle semblait si fragile, pareille à une enfant assoupie, le visage cependant marqué par un profond trouble qui abreuvait ses sillons… Durant le déplacement, Haruka s’attardait plus particulièrement sur les traits fins de son visage, et les taches de boues qui créaient un contraste.

[Haruka] : « Ce n’est peut-être pas judicieux de l’amener aux alentours de Suigara… »

[Irumi] : « Sauf qu’Il est là-bas, et que tant que nous y sommes, nous pouvons conserver une longueur d’avance sur les crapules. Je pense que ce n’est pas négligeable. »

[Haruka] : « Elles seront également plus vite derrière nous si nous restons dans ce périmètre avec ce genre d’anomalie étudiable. »

[Irumi] : « Douterais-tu de tes capacités ? »

Un sourire narquois vint s’apposer sur son visage, avec une lueur qui tirait presque vers la démence sur le visage de la jeune femme. Elle le fixait, sans daigner relâcher ce duel visuel, amusée par ce petit jeu.

[Haruka] : « J’ai plutôt peur pour toi, tu pourrais te briser, aussi fragile que tu sois. »

[Irumi] : « Inquiétons-nous plutôt pour elle, pour ma part, je n’ai rien à t’envier du côté de ma défense. »
[Haruka] : « Je pense qu’elle aussi, elle serait en mesure de se défendre… Shiro semble porter certaines traces d’un éventuel affrontement. Elle est peut-être plus docile que ce que l’on veut bien penser. »

[Irumi] : « Quelqu’un de docile ne reste pas seule dans la boue… »

[Haruka] : « Elle n’en reste pas moins malade… »

[Irumi] : « Tout ne s’excuse pas. »




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Dernière édition par Shiro Kage le Mer 2 Fév - 22:35, édité 1 fois

MessageSujet: Re: [Pays du Thé] - Entre les mains de l'Empire de Poussières   Mer 2 Fév - 19:33

2




[?] : « Reste calme, Chou, aussi éphémère que vous soyez, vos ailes resteront à jamais délicatement irisées. »

L’air sentait le même parfum que celui de la peau de la Pale. La fleur de cerisier blanche, une fleur aussi frêle qu’elle n’en était belle, et dont le parfum permettait l’ivresse de tout homme. La douceur de ces senteurs se mêlait délicatement à l’odeur plus appuyée du musc et au calme apaisant du tilleul, tous les trois dansants dans une valse olfactive qui variait les plaisirs des sens. La lumière du soleil, finement tamisée derrière des panneaux de bois et de papier de soie ne conservait que l’essence même de la pureté du jour. C’était un lieu délicatement, assez enivrant, qui donnait à cette pièce, un goût d’ailleurs. L’intérieur très traditionnel jouait avec les horizontales et les verticales, d’ébènes, et de contraste allant du noir au blanc. C’était dans un style épuré typiquement issu des traditions nippones, dans lequel la pureté du bois joue avec la délicatesse du noir.

Aishuu était allongée sur un futon, qui était placé de telle sorte à répondre convenablement aux règles du feng shui. Sa chevelure blanche tombait parcimonieusement sur son visage, mèche à mèche, se fondant par la pointe au blanc des draps. Elle dormait, visiblement plus apaisée que lorsque Haruka fit sa trouvaille. Devant la femme de glace demeurait un homme, agenouillé devant son lit, le regard à la fois froid et protecteur. Il était d’une posture assez impressionnante, cependant, il demeurait très calme, parfois même très distant avec le reste des gens. Il y avait une certains rigidité dans ses traits, plus issu de la prise de distances avec les choses, qu’avait un quelconque sentiment. Sa main blanche se déposa sur son front, contrôlant la possible fièvre, puis se retira pour glisser dans sa cheveux d’un noir d’ébène.


[?] : « Hm… »

La porte coulissante glissa, dans un fin bruissement boisé dont le parfum s’évadait délicatement. L’homme tourna la tête pour voir se dessiner la silhouette de la dite Irumi. Son regard se noircit…

[?] : « J’avais demandé de nous laisser seuls. »

[Irumi] : « Pardonnez-moi Teiou-sama, nous nous inquiétions juste de son état. »

[?] : « Elle a encore de la fièvre, cette dernière est probablement la cause de ses dernières hallucinations. »

[Irumi] : « Nous n’avons fait rapport d’aucune hallucination, Teiou-sama. »

[?] : « Elle a vu le sang sur ses mains. »

Irumi s’arrêta, déplaçant successivement son regard sur l’homme, puis sur la Blanche qui sommeillait, avec une réelle intrigue portée à son visage. A nouveau, elle s’inclina vers l’inconnu et reprit, sans réellement comprendre.

[Irumi] : « Du sang ? »

[?] : « Veuillez disposer s’il vous plaît. »

[Irumi] : « Soit… »

Toute l’attention de l’homme fantomatique restait posé et attribuée à la femme pâle qui soupirait entre les draps, son visage rigide mais qui déclarait une finesse délicate de par ses traits. Cependant, alors que tout en lui trahissait l’inattention, il fut surprit.

[Aishuu] : « Empereur… »

Elle n’avait pas même daigner ouvrir les yeux, blottit entre les linges blancs, ses lèvres susurrant tristement les éclats des mots qui lui avaient fait écho dans la pièce. Malgré tout attente, Aishuu cherchait encore à être présente, et à enregistrer les bruits de ses environs pour lui permettre d’établir une visualisation de là où elle se trouvait. Son inconscience avait été pourtant profonde, alors était-il possible qu’elle eut été en mesure de se souvenir du chemin à emprunter pour revenir dans cette somptueuse demeure.

L’empereur se recula, soudainement méfiant, se relevant pour s’élever de toute la prestance de sa carrure. Son regard s’assombrit alors, tandis que ses traits se durcirent. Il figeait son regard sur le velours de la peau de marbre de la jeune femme, et murmura.


[?] : « Savez-vous où nous sommes ? »

Aishuu n’échappa qu’un soupir, glissant entre ses lèvres fines… : « Oui… »


L’empereur inclina la tête en déposant son index sous son menton, avec une attitude profondément réflexive. De longues mèches noires vinrent glisser le long de sa joue, se déposant comme un mur derrière lequel il pouvait se cacher des autres. La profondeur de ses yeux se figeait suivant les nœuds du bois de la pièce, cherchant à comprendre qu’elle était la meilleure manière d’appréhender ce problème. Il ne dit rien un long moment, laissant un calme lourd et pesant s’écraser de tout son poids sur l’air de la pièce.

Aishuu tourna fébrilement la tête, entrouvrant les yeux pour laisser s’échapper le prune de son regard. Il dévala le long du corps de l’inconnu, comme une caresse sous l’étoffe de soie. Ses lèvres se pincèrent, cherchant à parvenir à les humidifier.


[?] : « Vous êtes l’unique personne qui se souviendra avoir foulé ce sol. »

[Aishuu] : « Les autres se sont vu manipulé par des tours ? »

[?] : « Les autres n’étaient plus. »

[Aishuu] : « Vous les avez supprimé ?... »

[?] : « D’une certaine manière. »

[Aishuu] : « Que me voulez-vous dans ce cas ?... »

[?] : « Voir s’il est possible de vous aider. Satsubatsu-san. »

Aishuu ne sourcilla pas, encore dans une sorte d’état second qui li retirait quelque peu les traces de sa propre personnalité. Ses paupières encore lourdes cherchèrent à tomber, mais la jeune femme lutait, de chaudes perles de sueur coulant sur son front comme de tristes larmes d’Eden. Ses doigts se serrèrent autour des draps qu’elle tenait, fatiguée de ne savoir ce qui se passe.

Silencieusement, le ténébreux se leva, s’agenouillant tout au bord du lit où se trouvait la saltimbanque. Il lança calmement sa main, tendant son bras et formant un quart de cercle vers la droite, relevant dans un geste ample les longues manches noires brodés d’argent. De son autre main, il tira de ses cheveux un ruban blanc dont il se servit pour bloquer le tissu de ses manches, le nouant autour de son torse en y cachant les plis sombres. Son regard constamment vide se déposa sur le visage de la Blanche, sur lequel il vint déposer sa peau. L’appuyant légèrement sur le front, il souffla lentement sur ses doigts, une lueur colorée se révélant timidement au bout de ses membres.

La musicienne sentit une chaleur délicate embaumer son corps, s’infiltrant parcimonieusement dans ses tissus et ses vaisseaux. Un doux sourire vint de lui-même s’imposer sur son visage, tandis que ses douleurs se calmaient dans une hâte agréable. Un soupir d’aise fila d’entre ses lèvres fines. Sensiblement, elle releva l’améthyste de ses yeux pour les faire caresser la silhouette de l’inconnu.



[Aishuu] : « Qui êtes-vous ? »

L’homme se mit à sourire, passant derrière son oreille une mèche qui fuyait sur sa joue. Inévitablement, elle lui rappelait quelqu’un. Il tourna la tête en direction de la porte, et susurra.

[?] : « Je suis médecin. »

[Aishuu] : « Quel genre ? »

[?] : « Le genre dont il serait préférable de se passer. »

Après un dernier regard posé sur la jeune femme, il se releva et lui tourna le dos, se dirigeant vers la porte. Déposant ses doigts sur bois, il fit une courte pause pour glisser à l’attention de la demoiselle.

[?] : « Habillez-vous, vos vêtements seront lavés, je vous ai déposé un des kimono d’Irumi dans l’armoire. Je vous prierai ensuite de me rejoindre, à l’autre extrémité du couloir qui dort derrière cette porte. »


Sans ajouter une respiration de plus, il laissa coulisser la porte et s’engagea dans un lieu totalement inconnu pour la jeune femme, restée muette. Une fois qu’à nouveau le bois claqua, Aishuu sursauta, soulevant les draps pour constater qu’elle ne portait en effet plus ses vêtements, son corps se contentant des bandes médicales qui couvraient sa poitrine et du dernier tissu qui, par chance, lui était accordé. Elle se releva, forcée de constater que demeurait une large bassine de bois sur une petite table, et l’armoire tout près. Chancelant légèrement à cause des fourmis qu’elle avait dans les jambes, elle s’avança jusqu’au récipient pour arroser son visage de l’eau fraîche qui se reposait dans les lattes des bois, pour rassurer l’éclat de sa peau claire. Ainsi, calmement elle retrouva ses esprits et le contrôle de son propre corps.

Un fin soupir s’écoula, presque comme une brise sur sa peau, tandis que sa main venait caresser ses cheveux. Ils filèrent entre ses doigts, légers et doux, comme recherchant à jouer, danser dans les bras inconnus des valses. Après s’être rafraîchie, la jeune femme se tourna vers l’armoire dont elle ouvrit les longues portes de cerisiers, A l’intérieur, il s’y trouvé le kimono noir, plié correctement sur l’étage du milieu, centrée face au deux lattes de bois. Sans sourcillée, elle l’attrapa du bout des doigts et le déplia, pour constater qu’il s’agissait du même kimono que celui qu’elle portait. Après en être convenue qu’il s’agissait probablement d’un uniforme, elle se mit en tête de demander en quel honneur chacune de ses personnes en portait un, et à quoi prétendaient-ils faire parti.





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MessageSujet: Re: [Pays du Thé] - Entre les mains de l'Empire de Poussières   Dim 6 Fév - 20:06

3



Ses pieds nus foulaient le planché, tandis que ses doigts d’ivoire caresser le grain du papier japonais qui constituait le majeur revêtement de la séparation entre la chambre et le couloir. Dans un bruissement fin de papier qui se heurte à la caresse de l’air, la saltimbanque fit coulisser la porte, engagea un premier pas au travers du couloir blanc. Refermant la porte derrière elle, Aishuu lança un rapide coup d’œil à ce qui semblait être une chambre pour voir si elle n’avait rien oublié, avant de se tourner vers l’étroit couloir qui s’étendait dans toute sa longueur face à elle.

Le tissu noir tombait jusqu’à ses genoux, se terminant par une large bande de tissu blanc, brodé de spirales d’argent. Une large ceinture d’argent venait étreindre sa taille jusqu’à sa poitrine, s’affublant d’ornement au fil de soie noir. De longues manches noires tombaient jusqu’à ses coudes, réduisant l’encombrement par rapport au kimono de l’homme. Et dans son dos, semblait se mouvoir un nuage d’argent, filant comme une étoile déchue. Aishuu s’interrogeait beaucoup sur ce qui se passait dans cette demeure magnifique.

Les bois étaient d’un noir laqué, brillant dans un éclat irisé, s’opposant à la transparence fine du papier de soie. Il régnait une harmonie qui se dégageait par l’opposition des verticales et des horizontales du décor, se cadrant dans un univers linéaire au travers lequel on ressentait la richesse de l’intériorité, plus que la richesse extérieure, celle de l’apparence, tant le cadre dépouillé suintait une noblesse digne. Elle prenait beaucoup de plaisir à regarder la sérénité qu’apportait une telle décoration, qui ne s’emplissait que par son vide.



Le parterre craquait timidement sous ses pas, dans une mélodie douce et langoureuse qui éveilla un soupçon dans les méandres pensifs de la jeune femme. Son instrument lui aurait-il été dérobé ? Elle n’en avait pas aperçu ne serait-ce que la silhouette depuis son arrivée surprise. Ses doigts s’agitèrent, palpant délicatement l’air tiède qui stagnait, immuable. C’était comme si elle essayait de tisser une toile invisible dans la plus fine des bobines. Ce geste était plus issu d’une habitude, celle de caresser le bois de sa flûte et d’en boucher avec douceur les clefs de l’extrémité de ses doigts. Sa lèvre se pinça sous l’ivoire, lorsque la jeune femme aperçut une silhouette se détacher dans le fond du couloir, filant vers la porte qu’elle se devait de rejoindre. Paradoxalement, sa foulée s’accéléra, comme pour répondre à une curiosité brûlante, une intrigue naïve qui la mènerait probablement à sa perte. Sa main se posa sur la fente dans la paroi qui abritait la porte coulissante en son cœur, penchant son visage dans l’autre monde, la pièce suivante.

[?] : « Aimez-vous le thé des bourgeons de fleurs de cerisiers ? »

[Aishuu] : « Ce thé blanc est exquis. »

L’inconnu était agenouillé devant la table centrale dans la pièce, posé devant deux tasses d’un même service, et la hanse de la théière laissant s’enfuir une fine brume chaude. Sa main s’inclina franchement, laissant suinter les larmes du récipient qui tombaient chaudement dans les deux tasses sans laisser la moindre goutte s’enfuir. Les deux pièces de terre étant remplies, il déposa la théière, un souffle de thé coulant de l’embouchure pour épouser amoureusement ses courbes.

Aishuu avait répond instinctivement, et sans même marquer une pause après la question de cet homme, comme si, au fond d’elle, elle s’attendait à cette question. Sans doute avait-elle été guidée par les effluves parfumés du délicieux breuvage.

La pièce répondait à la même harmonie que la chambre, et que le couloir, comme si chacune des entités ne formaient qu’une seule et même trame. La jeune femme était particulièrement sensible à cette mise en place des énergies spirituelles par l’aménagement de son intérieur. Cette pensée lui arracha un sourire.

[?] : « Connaissez-vous les traditions liées au thé ? »

La jeune femme hocha la tête dans un mouvement lent et calme, s’approchant de lui pour s’installer en face de lui.

[Aishuu] : « La perfection est dans l’imperfection humaine, n’est-ce pas. »

Il sourit…

[?] : « Mon service à thé vous évoque donc quelque chose. »

[Aishuu] : « Une tradition voulait que les hommes qui utilisaient un sabre comme prolongement logique de leur corps expérimentent autre chose que l’art de la mort. En créant des services à thé pour la cérémonie annuelle, ils canalisaient leur âme et l’apaisaient, cherchant à représenter des récipients, et non des œuvres parfaites. C’est ce qui rend leur travail si unique. »

[?] : « Vous avez de la culture. »

[Aishuu] : « Cha est un merveilleux pays. »

La jeune femme disposa ses doigts autour du petit récipient, le soulevant pour l’apposer au bord de sa lèvre, avalant une lampée de ce précieux liquide. Son regard s’apaisa, sous le poids de ses paupières.

[Aishuu] : « Un régal. »

[?] : « Saviez-vous que le thé a de nombreuses effets thérapeutiques ? »

[Aishuu] : « Bien entendu. »

[?] : « Ce thé blanc éviter l’assèchement des tissus. »

[Aishuu] : « Je le sais, en effet. »

[?] : « Savez-vous que vous êtes malade ? »

[Aishuu] : « Je le sais. »

[?] : « Un mal répertorié notamment comme héréditaire. »

[Aishuu] : « Oui. »

[?] : « Rattaché au nom Satsubatsu. »

[Aishuu] : « Oui. »

[?] : « Pourquoi avoir répondu que vous vous nommiez Shiro Kage dans ce cas ? »

[Aishuu] : « Certains se font appeler Empereur… »

L’Empereur laissa fuir un rire, déposant la tasse vide sur la table dans un petit son fragile.

[?] : « Vous êtes de ses gens, pleins de secrets. »

[Aishuu] : « Au même titre que vous, n’est-ce pas ? »

[?] : « Il n’y a de secrets que les vérités que l’on oublie soi-même. »

[Aishuu] : « Belle esquive. »

La jeune femme déposa sa main sur la hanse, soulevant une fois de plus la théière pour servir délicatement celui qui se tenait face à elle, l’affublant d’un sourire.

[?] : « Hiji Kimitsu, Empereur de l’Empire de Poussières. J’ai connu ton père. Je t’offre ma confiance, et des réponses, je ne demande que ton silence. »

Aishuu s’arrêta, lâchant sa tasse. Le thé s’envola, tombant sur son kimono, sur la table, et par gouttes éparses sur le sol, tandis que le service de terre se vouait à une mort violente. Hiji tendit le bras au moment opportun, rattrapant la tasse par-dessous, pour la déposer avec calme sur la table. La jeune femme restait béate, sur cet homme, se posant trop de nombreuses questions pour pouvoir les trier d’un coup. Sa main se resserra sur le tissu du kimono, le contraignant à se plier douloureusement entre ses doigts. Son visage se crispa.

[Hiji] : « Vous en saurez plus, mais plus tard. Je vous laisse aux soins de Haruka. »

L’homme déposa ses paumes sur ses genoux, et sous l’impulsion de ses pieds, et déplia son corps en un seul et même mouvement fluide. Il ondulait comme un serpent de mer. Hiji regarda un instant Aishuu, se figeant dans une posture totalement neutre, comme s’il se perdait un peu dans un dédale de pensée. Son visage vint ensuite s’enfouir entre ses mèches d’ébène, alors qu’il s’inclinait face à elle. Il n’ajouterait pas un mot de plus.

La jeune femme le regardait, le suivant du regard alors qu’il se retirait de la salle, allant en direction de la porte pour disparaître dans horizontales noires. Elle resta là, muette, cherchant quelques réponses possibles quant à toutes les interrogations qu’il avait soulevé. Son visage semblait résolument troublé, bien qu’il reste moins froid et vide que lors de sa rencontre avec les deux compères.

Le silence lui sembla peser lourdement sur ses épaules, l’air s’affaissant et cherchant à lentement l’étouffer.

Une main se posa sur son épaule, ce qui ne la fit, pourtant, pas réagir. Elle était là, mais pourtant si loin par son absence…

Haruka se surprit au final tout seul, par ce manque total de réactivité de la part de la saltimbanque. Il s’agenouilla alors derrière elle, pour souffler derrière son oreille, cherchant à la faire sortir de sa torpeur.

[Haruka] : « Shiro… »

La main de la musicienne se décrispa sur son kimono qui souffrait le martyr, ainsi maltraité. Lentement, elle la souleva, estompant les plus grosses synapses qu’elle avait infligées à la tenue, alors que de fines nervures tristes continuaient d’exister. Aishuu déposa ses doigts sur le bord de la table de bois et respira profondément, tandis qu’Haruka venait la rejoindre, s’accroupissant à côté d’elle.

[Aishuu] : « Cette posture donne souvent des crampes, maintenue. »

Haruka se mit à rire, répondant sans trop réfléchir à cette remarque.

[Haruka] : « Ce n’est pas aux vieux singes que l’on apprend à faire la grimace. »

[Aishuu] : « Vous ne me donnez pas l’impression d’être un vieux singe. »

[Haruka] : « Seuls persistent nos secrets… »

[Aishuu] : « … c’est tout ce qui nous reste lorsque nos masque s’émiettent. »

[Haruka] : « Je ne pensais pas que vous connaîtriez ce dicton de Taki. »

La jeune femme ne relança pas, se tournant vers lui pour lui faire face. Elle le fixait, de son regard d’améthyste, se murant dans un silence qui lui devenait plus doux et agréable. Elle s’étonna à lui sourire, tandis qu’Haruka se pencha, semblant chercher un objet sur lui. Dans les plis de sa ceinture, il y glissa les doigts, en ressortant le petit objet en bois de la musicienne. Son visage sembla s’illuminer à sa simple vue, cependant, il n’avait pas fini. Dans la foulée, il sortit un petit carnet artisanal, dont la couverture était issue de l’origami d’un lotus, attaché par une reliure japonaise avec un fil de lin violet. Lorsque Haruka lui tendit, elle s’en saisit avant même prendre le prolongement de sa main. Elle lança un regard soudainement plus sombre à l’homme, rendant le livre dans ses tissus.

[Aishuu] : « Vous… »

[Haruka] : « Oui, je l’ai lu. Veuillez m’en excuser, mais je ne peux pas me permettre d’amener n’importe qui ici. Comme vous devez le savoir, jamais une personne, vivante, n’a franchi le seuil de la demeure appart nous trois, et vous, Aishuu. »

La Blanche baissa la tête, soupirant tristement.

[Aishuu] : « En plus d’avoir fait voler en éclat mon plus beau masque, ses plus beaux ornements, vous avez arraché mes secrets. »

[Haruka] : « Vous avez une bonne plume. Cela vous viendrait-il de votre mère ? »

[Aishuu] : « Cessez de parler de choses que vous ne maîtrisez pas. »

La vagabonde se tut à nouveau, beaucoup plus en position défensive. Entendre de parfaits inconnus parler de son père, de sa mère, et connaître sur elle plus qu’elle n’en saura jamais sur eux, c’était un peu trop, un peu trop dur à digérer. De plus, Haruka tenta une position plus délicate.

[Haruka] : « Aishuu Satsubatsu, née à Taki no Kuni. Fille d’Airô, romancière, et de Takeo, défenseur des droits des membres de son village. »

Aishuu, dans un excès de colère, se releva avec hâte, empoignant par le col du kimono le jeune homme, le serrant avec violence.

[Aishuu] : « Taisez-vous ! Vous parlez comme quelqu’un sans cœur, comme un shinobi ! »

En guise de réponse, il se mit à rire à demi voix, ce qui agaça résolument la saltimbanque.

[Aishuu] : « Arrêtez ! »

[Haruka] : « Comme quoi il me reste encore quelques mauvaises habitudes. Sachez cependant, que si je n’avais pas voulu que vous m’attrapiez, vous ne l’auriez jamais fait. »

Le regard de la jeune femme trahit une soudaine panique, tout comme ses gestes. Elle lâcha son kimono, reculant de plusieurs pas pour mettre une distance entre eux, se cachant la tête entre ses mains…

[Aishuu] : « Laissez-moi… »

[Haruka] : « Aishuu, brûle-le. »

La voix d’Haruka sembla plus calme et surtout plus protectrice, alors que son ton se baissait lentement. Le simple fait de ne plus la vouvoyer releva son attention, son regard se déposant dans le sien. Sa main trembla un instant, tandis que l’homme lui lançait son carnet. Elle le rattrapa, pour venir le coller contre son cœur.

[Aishuu] : « Je ne peux pas. »

[Haruka] : « Une personne de secrets ne laisse aucun témoin de ses origines. »

[Aishuu] : « Tu me demande me mettre mon cœur au supplice et d’immoler mon âme ? »

[Haruka] : « Alors assume-le, et vis avec. »

[Aishuu] : « Je ne peux pas me le permettre. »

[Haruka] : « Pourquoi ? Tu n’as jamais justifié sur une seule ligne tes motivations à ce propos. Seuls les shinobi se résument à effacer leur âme pour devenir une autre personne. Pourquoi t’infliges-tu ça ? »

[Aishuu] : « Vous en étiez un. »







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Dernière édition par Shiro Kage le Mar 8 Fév - 19:50, édité 1 fois

MessageSujet: Re: [Pays du Thé] - Entre les mains de l'Empire de Poussières   Mar 8 Fév - 19:45

4



Haruka se mit à sourire, déposant ses yeux sombres sur la peau claire d’Aishuu. Son visage semblait d’une sincérité transcendante, pourtant pas un mot ne vint éclairer la jeune femme. De toute manière, ce n’était pas une question. Aishuu sourit à son tour, une larme fluette venant glisser sur sa joue, se figeant sur son menton. Cette dernière finit son chemin sur la couverture de son journal, et fut instantanément absorbée. Elle la regarda, le temps de son agonie, et releva la tête vers lui. La Pâle retrouva un semblant d’éclat, une fois la lumière pouvant se raccrocher à ses formes. Elle déposa ses deux mains sur son cœur, avec pour seul obstacle le petit carnet violet, et inclina la tête sur le côté.

[Aishuu] : « Je ferai don de mon passé à quelqu’un. »

L’homme sursauta, en effet, soit la jeune femme était bonne comédienne, soit elle changeait d’humeur d’une manière lunatique. En effet, la saltimbanque s’était redressée vers lui pour poser sa main sur son épaule, et ajouta, avec un petit timbre enfantin.

[Aishuu] : « Par contre, il ne s’agira pas de toi, violeur de la porte aux mystères. »

Son visage rayonnait d’une douceur étrangement piquante, ce fut d’ailleurs la raison pour laquelle Haruka se méfia un bon moment de la jeune femme, évitant pleinement de la perdre de son champ de vision. Le Rayon de Lune s’avança, après avoir dissimulé le carnet dans l’ample kimono, et soupira à son intention, un fin sourire aux coins des lèvres. Le médecin se tenait sur ses gardes, presque prêt à riposter.

[Aishuu] : « Nous allons pouvoir parler comme de vieux amis alors. »

L’homme s’apaisa, regardant avec un œil bienveillant la saltimbanque, se relevant à son tour pour la rejoindre.

[Haruka] : « Que veux-tu savoir, Aishuu ? »

[Aishuu] : « Fais de moi ton élève. »

L’attitude de l’homme se crispa soudainement, essayant de voir jusqu’où elle pouvait bien aller dans cette voie. Aishuu s’avança vers lui, jusqu’à presque s’appuyer sur son torse, déposant sa main sur son épaule pour souffler au creux de son oreille.

[Aishuu] : « Je n’ai pas réellement de talent, mais j’ai envie de venir en aide aux gens. »

Haruka releva la main, pour venir tapoter le haut de son dos en soupirant. Aishuu sentit un long frisson s’emparer de son dos, comme si elle sentait indéniablement venir le couperet qui viendrait sanctionner ses espérances et trahir sa personne. Elle voulut bouger, mais elle ne le put. Elle s’arrêta alors, retenant son souffle, craignant tout comme elle attendait d’entendre le son de sa voix…

[Haruka] : « Je suis piètre soigneur. Je suis un médecin comme ceux qu’on préférerait se passer ! Tu devrais demander à Irumi pour cela. Mais, évidemment, il y aurait une contre partie. »

L’homme fit un pas en arrière, et tendant la main vers elle, lui ajouta, avant qu’elle n’eut le temps de lui demander « laquelle ? ».

[Haruka] : « Rejoins notre empire. Tes ambitions sont nobles, et nous les partageons. De plus, tu as à mon sens de quoi parfaitement rejoindre ce cadre. »

Ne s’attendant pas un seul instant à cela, Aishuu put se décontracter, expirant lentement l’air qu’elle emmagasinait. Sa main attrapa la sienne, et elle commença à suivre ses pas qui s’enchaînaient lentement vers la porte.

[Aishuu] : « Je suis ignorante au sujet de votre empire. »

[Haruka] : « Ne t’inquiète pas, tu vas vite savoir tout ce qu’il y a à savoir, l’Empereur t’expliquera. »

[Aishuu] : « Pourquoi ne l’appelles-tu pas par son nom ? »

[Haruka] : « Parce que je ne le connais pas, Aishuu. »

La jeune femme se tut alors, baissant un instant la tête. Alors, lui aurait-il menti pour la rassurer sur ses intentions qui restaient malgré tout mystérieuses, ou en savait-elle plus que lui sur l’identité de son supérieur hiérarchique ? Aishuu avait évidemment un penchant pour la première solution, se mordant la lèvre dans un rictus entre gêne et malaise. Etait-elle réellement en sécurité ici ? Jusqu’à présent, elle essuyait confidence et traîtrise à chaque seconde qui s’écoulait : fallait-il pour elle se basait sur les éventuelles informations possibles pour elle d’avoir, bien que puissant être fausses, ou fallait-il restait sur ses certitudes, des certitudes qui lui disaient de se méfier d’eux, ce qui, à chaque battement de cils, arracher un souffle à son cœur en faisant parler ses secrets. La saltimbanque serra un peu plus la main d’Haruka. Il était pourtant si gentil avec elle depuis le début… Tous les masques qui flottaient sur cet empire lui faisaient peur. « Je vis dans un monde aussi faux que je le suis, où est la limite entre le vrai et le faux ? La réalité de la vie passe-t-elle par le mensonge ? ».

Haruka pencha la tête vers sa main, sentant la pression supérieure des doigts de la Blanche étreindre sa main, comme pour lui signaler une peur. Alors, il s’arrêta, et dans une attitude paternelle, se tourna vers elle pour la prendre dans ses bras, déposant son menton sur le sommet de sa tête.

Aishuu ferma les paupières un instant, profitant de cette étreinte pour calmer son cœur qui s’emballait sous les doutes et les craintes. Elle sentait sa main glissait sur ses cheveux, et ses mots qui lui demandaient de se calmer. Près de lui, jusqu’à présent, il ne pouvait rien lui arriver. Timidement, elle releva la tête vers lui, et lui sourit, hochant la tête pour lui signifier que ça allait mieux. Rassuré, l’homme reprit sa marche au travers du couloir, se dirigeant vers une énigmatique porte plus éclairée que toutes les autres.


[Haruka] : « Tu vas entrer ici à présent, et demander à l’Empereur si tu peux rejoindre notre empire. Toi qui portes un masque, n’oublie pas que les yeux trahissent, pas le cœur. C’est la plus belle cour intérieure qu’il m’ait été donné de voir, je pense que tu vas être émerveillée par la magie de ce cadre. »

La sensation de sa main s’évada pour quitter ses doigts blancs, sa silhouette s’éloignant lentement dans les longs couloirs d’un calme sanctuaire. L’homme disparu au milieu des horizontales noires, abandonnant Aishuu à son sort. Sa main se déposa sur la porte de papier de soie, d’une luminosité éclatante. Elle retint son souffla, ses doigts caressant sur la paroi pour faire coulisser la fine séparation. Une lumière vive vint jaillir de l’entrebâillure dont elle était l’auteur, éblouissant quelque peu ses yeux d’améthyste. La Pâle s’avança à l’aveuglette. Sa peau blanche illuminait l’endroit, l’éclat s’amplifiant d’une teinte joyeuse et chaleureuse. Les reflets dansaient sur sa peau comme l’eau sur les écailles d’un dragon, tandis que ses cheveux se rehaussaient d’une teinte violacée. Un fin sourire se dessina sur son visage.

Ses yeux s’accommodèrent à cet ensoleillement, et commencèrent à distinguer un paravent dans les mêmes codes que l’intérieur intégral de la maison, évitant au soleil de n’être que trop agressif. Sa peau blanche illuminait l’endroit, l’éclat s’amplifiant d’une teinte joyeuse et chaleureuse. Les reflets dansaient sur sa peau comme l’eau sur les écailles d’un dragon, tandis que ses cheveux se rehaussaient d’une teinte violacée. Un fin sourire vint éclore sur son visage, la vue des magnifiques taches rouges envahissant son espace. De délicats pétales se détachèrent entre eux, pour sculpter les magnifiques sillons tumultueux d’un bégonia. Un merveilleux mur végétal s’élevait, timidement avec d’éclatants bourgeons éclos d’un rouge si parfait, que leur beauté rendait admirative la musicienne. Sa main voulait si méprendre à caresser leur onctuosité, mais une masse blanche attira son attention sur sa droite. Elle pivota, glissant lentement vers elle, s’approchant pour essayer de comprendre ce qu’il se passait. Des formes plus noires finirent par se détacher de ce halo éblouissant…

Un corps blême, dont la vie avait quitté les sillons, dormait dans les bras forts d’Hiji. Aishuu tressaillit. Ses cheveux noirs tombaient sur le sol, un bandeau blanc cachant son regard dont s’extirpait des larmes de sang, et la main de l’Empereur se tenait sur son front. Contrairement à elle, l’homme avait un air serein, en regardant cette charogne avec une attitude paternelle… La saltimbanque se figea, fixant les deux corps avec effroi.


Le regard d’Hiji se tourna vers Aishuu, et il lui signifia de s’approcher, d’un geste de main. La jeune femme s’avança, conservant une certaine réserve, un peu étonnée de constater un tel spectacle.

[Hiji] : « As-tu peur de la mort, Aishuu ? » - Sa voix fila comme une brise jusqu’à l’oreille de la musicienne. Une brise délicate mais aux senteurs cendrées…

[Aishuu] : « Plus une fois qu’elle a cueillit la vie. Ma réaction étrange a été due à l’étonnement, plus qu’à la peur. »

[Hiji] : « Que veux-tu ? »

[Aishuu] : « Rejoindre l’Empire de Poussières. »

[Hiji] : « Non. »

Aishuu sentit toute l’incompréhension possible lui tomber sur les épaules, avec tout le poids que cela peut entraîner naturellement. Elle voulut lui demander pourquoi, mais elle n’en eut le temps.

[Hiji] : « Chacun à son rôle. Le Soleil illumine nos terres, tandis que la Lune ne fait que la réfléchir. Certains sont affiliés à la vie, d’autres, à la mort. Il y en a qui détruisent pour construire, et d’autres qui construisent pour détruire. Je me voue à la mort pour entretenir la vie, et toi, tu dois te vouer à la vie, pour entretenir la mort. » [i] - Il marqua une pause…
« Tes mains sont pleines de sang, Ai, tandis que les miennes sont propres. Le vois-tu ? Nous n’empruntons pas les mêmes chemins, mais nous suivrons les mêmes voies. Que vois-tu, immédiatement, Ai ? »

La jeune femme s’avança pour s’agenouiller devant lui, et inclina la tête.

[Aishuu] : « Vous, et les restes d’une vie. »

[Hiji] : « Simplement ? »

[Aishuu] : « Il y a eu une extraction oculaire. »

[Hiji] : « Pourquoi ? »

[Aishuu] : « La torture ? »

[Hiji] : « Non. »

[Aishuu] : « Je ne sais pas… »

[Hiji] : « Cet homme, Irumi l’a retrouvée mort. Il était particulier, dans le sens où il avait des aptitudes physiques qui sont unique à certains clans. Ce sont des secrets qu’il abritait, même mort : des secrets scientifiques qui peuvent créer de véritables problèmes dans un avenir bien réel et concret s’ils sont trouvés par des gens malhonnêtes. Suigara en regorge. Nous sommes là, l’Empire de Poussières, pour faire des secrets qui doivent le rester la poussière qui ne les trahira pas. »

Aishuu écoutait, sans dire un seul mot : son regard se déposait sur lui, caressant son corps d’un œil intrigué. Elle déposa sa main sur sa cuisse, relevant la tête vers les fleurs, pour les abaisser vers la dépouille.

[Aishuu] : « Vous êtes des messagers de la mort, qui entretiennent la vie. »

[Hiji] : « Oui, et tu ne peux être parmi nous, car tes mains sont déjà couvertes par le sang. C'est-à-dire que tu as été en contact avec la mort fraîche : nous ne le serons jamais. Nous sommes neutres dans une guerre invisible : notre statut de fantôme nous permet d’éliminer des informations précieuses, tandis que d’autres cherchent à sauver les vies. Je ne sauve pas la vie de l’individu, mais celles de ceux qu’il pourrait mettre en péril par sa mort. Le comprends-tu ? Je travaille pour ceux qui restent après le départ d’un être cher afin d’éviter qu’une partie de leur père, de leur frère, ou de leur femme ne se retrouvent en un autre être qui s’en sert comme outil de destruction. Je préserve leur mémoire… »

[Aishuu] : « … »

[Hiji] : « Dans ta démarche, toi, tu veux cueillir le mal à la source, pour éviter les pertes innocentes, de ce fait, tu vas aller vers un radicalisme : chercher à retirer la vie de ceux qui l’attentent à d’autres. Tu ne seras donc pas neutre, mais totalement impliquée. Comprends-tu la nuance ? »

[Aishuu] : « Oui… »


[Hiji] : « Nous sommes complémentaires, c’est pourquoi je te parle de tout cela : nous viendrons probablement à nous revoir et à travailler ensemble, mais d’une manière différente. » - Il marqua une pause supplémentaire. « C’est de cette manière, d’ailleurs, que j’ai connu ton père, ses secrets, et ceux qui reviennent naturellement à toi et tes descendants. »




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MessageSujet: Re: [Pays du Thé] - Entre les mains de l'Empire de Poussières   Mer 9 Fév - 13:07

5



[Aishuu] : « Attendez. »

La Blanche coupa court au discours de l’Empereur, continuant de le fixer d’un regard profond et interrogateur. Beaucoup de choses venaient sonner en écho à son oreille, cependant, elle ne voulait pas perdre la raison, submergée par un flot continu de nouvelles informations à digérer. Elle releva la main, pointant l’homme d’un index accusateur, et lança, sans perdre le nord.

[Aishuu] : « Vous savez tout de moi, donc à présent, c’est à moi d’en savoir plus sur vous. Après nous parlerons des maillons communs de nos deux chaînes historiques, si vous le voulez bien. »

Sa voix était plutôt accusatrice et offensive, appuyant le doigt sur le point sensible d’Hiji. Il se contenta de sourire, en hochant la tête, comme s’il s’attendait particulièrement à ce genre de réaction de la part de la jeune femme. Il retira sa main du front du cadavre, et déposa sur ses doigts sur son menton.

[Hiji] : « Tu es prévisible. Mais ce marché me semble honnête, donc je vais te raconter mon histoire, dans les passages les plus importants, pour que nous soyons à égalité. »

Son regard se figea dans celle de l’Améthyste.

[Hiji] : « Je suis un enfant de famille noble, d’ailleurs, ce domaine est mien. Ma famille était issue d’un clan aristocratique fortement apprécié de la plupart des villages des alentours, et souvent des plus riches. Mon père était un médecin reconnu, tandis que ma mère était plus dans le domaine économique, c’est cette alchimie qui nous a rendu si connu. De ce fait, j’ai énormément eu de chance dans ma jeunesse, puisque j’ai pu jouir de nombreux voyages et de nombreuses découvertes. Cependant, elles ne furent pas toutes heureuses. » - Sa voix s’assombrit légèrement. « Alors que j’étais encore jeune, j’ai visité Kawa. Notre statut nous conférait un lieu sécurisé en hauteur, avec une vue improbable sur le village. D’ailleurs, je pense avoir eu la plus belle vue de ma vie sur une guerre civile qui éclata dans le sang. Je n’aurais jamais pu imaginer l’homme capable d’une telle violence et d’une telle froideur insensible. Ce fut un massacre qui a marqué un tournant de ma vie. Suite à cela, j’ai voulu consacrer ma vie à celle des autres, demandant ainsi l’éducation militaire de mon père, et en récoltant un maximum d’informations à propos de la médecine, dans les diverses bibliothèques que j’ai peu visiter. J’en ai appris énormément. Et puis un jour, j’ai rencontré Hanabi. » - Un sourire délicat vint orner son visage… « C’était une femme splendide que je croisais souvent à l’hôpital, lorsqu’elle rendait visite à certains de ses collègues, la plupart shinobi, au même titre qu’elle. Je pense avoir vécu avec elle mes plus belles année : mais mon cœur m’a été arraché de la poitrine. » - Ses sourcils se froncèrent, alors que sa voix prenait des aspérités lugubres qui firent frissonner la jeune femme… « Sa mort fut un terrible choc, cependant, le pire fut de manquer de peu de perdre la vie face à un Nuke-Nin qui avait savamment bien pensé son coup. Ma réputation commençait à se faire reconnaître dans mon domaine, et son idée fut plutôt efficace. Il utilisa le corps de mon aimée pour en faire une de ses monstrueuses marionnettes… Jamais je ne me souviendrais du contact de ses mains de la même manière. Suite à cela, j’ai décidé de prendre la voie que je t’ai dictée tout à l’heure. Peux-tu donc concevoir mon point de vue ? »

Aishuu hocha la tête, silencieusement…

[Hiji] : « Sache qu’aujourd’hui, je n’existe plus. Je suis considérée comme mort et enterré. »

[Aishuu] : « Vous avez vendu votre vie, votre passé au comble de la terre. »

[Hiji] : « Tout comme tu aurais dû mettre le tien aux enfers. »

[Aishuu] : « Je le sais… »

Un long silence voulut s’installer, seulement la saltimbanque ne voulut pas se laisser croquer par ses crocs aiguisés.

[Aishuu] : « Merci pour votre confiance. A présent, nous pouvons voir ce que nous avons en commun. »

La mort qui s’infiltrait dans chacune des fleurs rouges comme le sang commençait à se manifester, convulsant d’envie de pouvoir envahir de nouveaux pores. Ses souffles froids se frottaient à la peau blanche de la saltimbanque, la faisant réagir par un frisson langoureux. Ses caresses sensuelles cherchaient à épouser les courbes de son velours, comme pour l’adoucir et l’endormir, pour mieux l’attirer dans ses filets. Cette douce infiltration venait lentement glisser sous ses bandages, s’afférant dans la plaie de son dos, avec un sourire ravageur. Aishuu ressentait ses vibrations malsaines, s’évadant timidement de la dépouille aveugle.

La jeune femme rehaussa son regard sur le visage blême du médecin, sa pâleur de peau reflétant moins d’éclat que la sienne. Il semblait cadavérique, comme si les lueurs de sa propre vie s’étaient enfuies avec son propre passé enterré. Elle déposa sensiblement sa main sur la joue du gisant, le visage neutre de toute expression, soupirant à demi mot.

[Aishuu] : « Mon père était ainsi, lorsque vous l’avez rencontré. »

Hiji regardait les agissements de la musicienne avec beaucoup de curiosité et d’attention, quelque peu intrigué par un tel comportement. En effet, sa voix suintait un calme presque trop plat, et ses gestes ne trahissaient aucune émotion. Telle une marionnette, ou pire, un mur, la jeune femme était là, pantomime, à agir sous les ordres de sa réflexion, et non de son cœur.

[Hiji] : « Non, Irumi l’a trouvé agonisant. Nous avons donc tenté de le soigner. »

Aishuu tourna sensiblement la tête vers lui, soudainement intriguée.

[Hiji] : « Il m’intéressait beaucoup, ton père. Ainsi que tes aïeuls, et dans le même acabit, tu m’intéresses beaucoup. »

[Aishuu] : « Pourquoi ? »

[Hiji] : « Quelque chose vous a suffisamment longtemps tenu en vie pour vous permettre de prospérer loin de tous les soins qui vous sont habituels. D’ailleurs, vous êtes un mystère total pour moi. Je n’avais jamais vu vivre des Satsubatsu aussi loin de leur village. »

[Aishuu] : « Village ? Nous avons toujours vécu à Taki. »

[Hiji] : « Tu ne connais donc pas l’histoire de ton clan. »

[Aishuu] : « Apprenez-la moi. »

[Hiji] : « Non, tu devras le découvrir par toi-même… »

La Blanche baissa la tête, quelque peu déçue…

[Hiji] : « Cependant, ton père m’a donné cela, au cas où il nous serait donné de nous voir. Sur le coups, je n’ai pas compris ce geste, puisque je ne suis qu’un émissaire de la mort, cependant, il savait déjà très probablement qu’il était temps pour lui de laisser place à quelqu’un d’autre. Par contre, je pensais que tu éprouverais moins de honte à faire parti de cette famille. »

[Aishuu] : « Ce n’est qu’une famille modeste, vivant à Taki, et qui est maudite. »

[Hiji] : « C’est tout ce que l’on t’a appris ? »

[Aishuu] : « C’est tout ce que j’ai trouvé. »

L’Empereur accompagna la tête de l’inanimé sur le sol, dégageant ses genoux, et se releva lentement, presque cérémonieusement. Il se tenait face à la jeune femme, qui lui était encore inférieure, et lui tendit la main pour l’aider à se tenir debout, accompagnant son geste d’un hochement de tête.

[Hiji] : « Suis-moi, Aishuu, je vais te montrer quelques choses. »

La jeune femme répondit à son épaule, le suivant pas pour pas avec une certaine curiosité. Elle tourna une dernière fois la tête vers la dépouille, avant de partir vers la porte coulissante, pour retrouver l’harmonie plus froide de l’architecture intérieure. Leurs pas légers sonnaient en un même échos, se dirigeant vers un bureau un peu plus à l’abri des regards. Il s’établissait, modestement, au centre des lignes, dans un noir ébène sobre sur lequel dormait plusieurs papiers d’un blanc crème. Sa main grise de l’homme vint se déposer sur la poignée d’un tiroir, se glissant sournoisement en son sein pour en extirper un parchemin roulé. Ses doigts l’enveloppèrent de part et d’autre du corps cylindrique, pour venir dérouler le papier un peu jaunit par le temps, pour en développer la vue d’une carte du monde. La cartographie était un art graphique d’une précision imparfaite, pourtant, elle était un appuie délicat et important pour tous vagabonds. Les méridiens et les parallèles ondulaient devant Aishuu, toujours aussi intriguée par les gestes inexpliqués d’Hiji. L’homme pointa lentement son doigt sur le pays de l’eau, entourant délicatement sa capitale : Kiri no kuni.

[Hiji] : « C’est ici que tu trouveras tes réponses, Aishuu. Cependant, n’y va que lorsque tu auras les moyens de te défendre. Il se pourrait que tu y rencontres des difficultés. »

Le faible sourire que venait de s’instaurer sur son visage de neige s’estompa presque instantanément…

[Aishuu] : « On ne m’a jamais dit que Kiri était un village hostile. »

[Hiji] : « Il le deviendra pour toi… »

Tandis que leurs liens semblaient s’intensifier peu à peu, Aishuu conservait une certaine distance dû à l’intimidation. Elle baissa la tête, silencieusement, alors que l’homme semblait amusé de la voir ainsi.

[Hiji] : « J’aimerai t’apprendre quelque chose, avant que tu ne t’en ailles. Cela pourrait t’aider pour la quête de ton passé. Comme je sais que tu aimes l’art, j’ose espérer que tu apprécieras cette danse. »

Il attrapa la main de la saltimbanque, la sienne étant emprunte d’une lueur verte sordide. Ses lèvres s’approchèrent de son oreille, soufflant à son attention.

[Hiji] : « Tu dois te concentrer sur ton énergie vitale… Lentement la faire apparaître dans un triste éclat, et sentir délicatement une puissance macabre s’établir entre toi et moi… »

La jeune femme soupira, apeurée, sentant un frisson s’extirper sur son échine. Alors que ses paupières s’abaissèrent pour plonger la musicienne dans un état hypnotique, à la recherche de cette force intérieure capable de pourfendre les corps. Elle agita ses doigts, timidement, alors qu’ils s’engourdissaient d’un éclat vert qui commençait dans une teinte saphir, pour venir s’affaiblir dans un symptôme agonisant verdâtre… Elle agissait à l’aveuglette, guidée par la voix de l’Empereur…

[Hiji] : « Concentre-toi, appuie cette force, contiens-là pour qu’elle devienne plus forte… »

Aishuu se laissa aller, simplement de la manière qui l’inspirait le plus, son corps glissant au gré de quelques pas de danse…

[Aishuu] : « Une danse mortelle… »






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MessageSujet: Re: [Pays du Thé] - Entre les mains de l'Empire de Poussières   Sam 12 Fév - 23:42

Shiro Kage (level 12)
  • Bonus 20%
  • + 78 XP
  • Technique Shino Mai acquise


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MessageSujet: Re: [Pays du Thé] - Entre les mains de l'Empire de Poussières   Lun 14 Fév - 11:25

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Alors qu’Aishuu faisait preuve d’une grâce et d’une douceur certaine dans ses amples mouvements, Hiji sembla perturbé, quittant un instant la femme des yeux. Le sourire fin, mais présent, s’estompa alors, devinant au bruit des pas qui avançaient l’objet de la prochaine arrivée. La saltimbanque prenait un plaisir étrange à reproduire cet exercice dont le but ne lui était pas encore familier. Le coulissement de la porte, dans un son souple, résonna la pièce, dissipant par l’effet de surprise l’étrange halo vert qui enrobait la main de la musicienne. Haruka s’imposa de lui-même dans la pièce, s’inclinant devant l’Empereur.

[Haruka] : « Je me suis occupé du corps, Teiou-sama. »

Sa voix ne tremblait pas. Son timbre était étonnamment ténébreux et résonnait tel un écho dans une sinistre caverne. Cette voix fit tressaillir la Blanche qui n’aurait su coller une telle froideur au propos de l’homme. Alors qui s’arrêtait de danser, Haruka releva la tête vers elle, remarquant par la même occasion l’opération qu’elle était en train de réaliser avant son irruption. Assez satisfait de voir qu’Aishuu allait faire parti des leurs, il se mit à sourire amicalement à son intention.

[Haruka] : « Cette technique est une de mes préférées. Elle est dévastatrice et sait faire d’une vie, un souvenir. »

L’Améthyste s’arrêta net, se figeant face à Haruka, quelque peu choquée. Cet homme semblait si doux et attentionné il y a peu encore, là il se montrait sans pitié et ne témoignait que peu d’importance à la fragilité d’une vie. Remarquant l’actuelle béatitude de l’invitée, Hiji leva la main vers son subordonné, lui demandant d’approcher. Haruka s’exécuta sans même témoigner d’une confusion, s’approchant après s’être incliné.

[Hiji] : « J’aimerai que vous restiez discret quant à l’usage que vous faites de cette technique. Elle n’est pas destinée à être une future embaumeuse. »

Une gêne soudaine s’empara du visage de l’homme, semblant presque pâlir à l’évocation de ces mots. Sa seule réaction fut de baisser la tête pour constater que le plancher était toujours aussi luisant et propre. Il se recula, seulement de quelques pas, pour pouvoir à nouveau apercevoir le Rayon de Lune dans un regard fugitif. Leurs regards convergèrent en un instant, et Haruka tenta de la rassurer, sans mot à dire. Aishuu releva sensiblement le nez pour pouvoir voir autre chose que le bout de ses pieds, tout aussi gênée de ne savoir réellement ce qu’elle cherchait à maîtriser, ou même de ce qu’elle devait penser.

[Haruka] : « Shino mai. C’est une sorte de communion avec la vie et la mort. C’est un instant privilégié qu’il est bon de savourer pour ses bons côtés, plutôt que de le craindre pour ses mauvais. J’espère que tu n’en auras jamais l’utilité. Cependant, n’oublie pas que cette technique est dévastatrice et n’hésitera pas à te sortir de mauvaises passes. Et puis, tu pourras penser à nous ainsi, à l’Empire, après ton départ. »

Le calme et la nouvelle empathie dont sa voix était le témoin rassurèrent à nouveau la jeune femme qui lui répondit d’un chaleureux sourire, son regard se perdant quelque peu sur son corps qui semblait si « humain ». Trop humain pour permettre certaines choses… Connaître son ancienne affectation de shinobi était assez difficile à entendre pour le papillon, puisque pour elle, cette espèce sans cœur ne lui évoquait nullement ce qu’était Haruka. Sans doute était-ce pour cela qu’il avait fait de son passé des poussières sur lequel il avait su souffler suffisamment fort pour les envoyer s’éteindre au loin de son futur.

Sans ajouter la moindre parole inutile, l’embaumeur quitta la pièce après s’être à nouveau incliné, laissant Hiji et Aishuu seuls. L’empereur se retourna vers elle et ajouta, avec un sourire presque sournois gravé sur le visage.

[Hiji] : « Tu ne partiras pas sans nous emporter avec toi. »

Surprise, la Fantôme ne comprit pas réellement la portée de ses propos, restant quelque peu hébétée face à l’homme qui venait de lui tourner le dos pour accéder à un tiroir. Ses doigts glissèrent en son sein pour lui soutirer un étrange objet de petite taille, un objet sur lequel Aishuu ne parvenait à mettre un nom. Hiji se tourna vers elle et s’approcha, attrapant son poignet sans la prévenir. Elle aurait peut-être dû se débattre, peut-être aurait-elle dû empêcher qu’il n’emprisonne son corps au travers d’un objet, peut-être aurait-elle dû, pour sauvegarder sa main, son extrémité qui bloquait le lien. Peut-être. Lorsque Hiji eut fini son arrangement, il se recula d’un pas et se retourna presque instantanément, pour cacher le sourire mélancolique qui venait de s’emparer de ses traits. Son regard dévala son bras. Aishuu fut forcé de constater qu’à présent, à son poignet, se trouver un bracelet tressé dans une fibre douce, souple et brillante. Le tressage conférait de délicats motifs, ornés d’eux-mêmes à la surface. Dans leurs étreintes effrénées, les liens serraient de petits grelots d’argents, dont le tintement cristallin calma aussitôt toutes les inquiétudes qui la tenaient.

Un fin soupir de soulagement s’échappa d’entre ses lèvres fines.

[Hiji] : « Ce bracelet à une résonance unique. Je l’ai moi-même choisi auprès d’un artisan d’Oto no kuni, qui par ailleurs, est un merveilleux village. Autant te dire que ce son m’est très familier pour la raison que je l’ai offert à ma promise pour nos fiançailles. A présent, il ne signifie plus grand-chose, et il ne sert pas sa beauté dans un tiroir fermé à clef. Je reconnaîtrais le tintement quelque en soit la distance, quelque en soit la provenance. Si jamais tu as besoin de nous contacter, sert-en. »

Après avoir marqué une courte pause, sereine, il se retourna, et ajouta, toujours aussi souriant.

[Hiji] : « Cependant, n’oublie pas notre neutralité. Je ne viendrais pas si tu l’utilises parce que tu as des ennuis. Ca irait à l’encontre de mes principes. Cependant, si jamais tu as des questions, ou même des réponses quant à ta préservation de la maladie, retrouve-nous. »

Absorbée par ce nouveau cadeau d’une valeur, à ses yeux, inestimable de par son passé, la jeune femme ne lui répondit que d’un hochement de tête. Elle souriait, à la fois étonnée et rassurée de savoir qu’elle n’était plus si seule que ça depuis peu. La voir ainsi décrocha un petit rire à l’Empereur, quelque peu touché par sa réaction. Il se dirigea ensuite vers la porte et lui souffla…

[Hiji] : « Un thé ? »

[Aishuu] : « Volontiers. »

[Hiji] : « Je vais l’apporter ici alors. Attends-moi. Et s’il te plaît, ne cherche pas dans mes papiers, tu serais effroyablement étonnée. »

Le sourire de la jeune femme se figea, alors que l’homme gris se retirait derrière la porte, traversant lentement, et d’un pas serein, le long couloir. Elle ne s’attendait pas à cette dernière remarque, se contentant à aller au centre de la pièce pour s’asseoir en tailleur sans broncher. Elle regardait, partageant les temps, le bracelet et le sol, toujours un peu gênée par la pensée sans confiance que lui avait accordé Hiji. Il était particulièrement paradoxal…

[Irumi] : « Teiou-sama, Ayame s’est déplacé. Il semblerait qu’elle soit dans le coin. »

[Haruka] : « Je crois qu’elle la cherche. Si elle arrive jusqu’ici, l’Empire va choir… »

[Hiji] : « Personne ne mettra les pieds ici sans mon invitation distinguée. Si jamais elle venait à découvrir la demeure malgré nos précautions, il faudra que l’on s’en occupe. »

[Irumi] : « Et si elle cherchait la Satsubatsu ? »

[Hiji] : « Si c’est le cas, ça ne nous regarde pas, mais si elle pénètre ici, ça devient une affaire personnelle. »

Aishuu ne dit rien, restant perplexe quant à ce qu’elle entendait…

[Haruka] : « Je préférerai qu’Aishuu soit hors d’atteinte s’il venait à y avoir un problème. »

[Hiji] : « Moi aussi. »

[Haruka] : « C’est un peu notre faute si elle est là… »

[Irumi] : « Elle ne doit rien en savoir. »

Hiji déposa sa main sur la porte et la fit lentement coulisser, son regard se posant droit sur Aishuu.

[Hiji] : « Je pense qu’il est déjà trop tard. »

La jeune femme sembla crispée entre les deux hommes, son visage se déformait à la vue de la saltimbanque. Aishuu baissa naturellement la tête, soupirant à l’intention de l’Empereur…

[Aishuu] : « Merci pour le thé, mais il se fait tard, je n’aurais pas dû arriver jusqu’ici. Il est tant que je parte. »

La jeune femme sembla crispée entre les deux hommes, son visage se déformait à la vue de la saltimbanque. Aishuu baissa naturellement la tête, soupirant à l’intention de l’Empereur…

[Aishuu] : « Merci pour le thé, mais il se fait tard, je n’aurais pas dû arriver jusqu’ici. Il est tant que je parte. »

Elle ne dit rien de plus, forcée de constater le silence imposant qui pesait sur ses épaules. Elle releva lentement la tête, dépliant son corps pour se redresser de toute sa longueur, les améthystes figeaient sur le sol froid de bois. Sa main glissa le long de la ceinture d’argent, tirant d’un coup sec sur le ruban. L’étreinte donnée ouvrit le nœud qui servait d’attache aux vêtements. Alors qu’Aishuu avançait vers la porte, ses jambes se découvrant, nues, peu à peu dans l’entrebâillement qui s’élargissait de la tenue défaite. Le tissu vint dévaler ses épaules, glissant pour s’arrêter le long de sa poitrine.

[Aishuu] : « Puis-je avoir mes vêtements ? »

Il n’y avait guère de bruit, pas même un soupir qui s’échappait d’une des trois bouches. L’étoffe finit de dévaler sa peau blanche pour tomber à ses chevilles dans un souffle léger. Son corps à demi nu continuait d’avancer vers eux. Son regard caressait les silhouettes, vides.

[Hiji] : « Mais tu n’iras nulle part. »

[Aishuu] : « Je ne resterais pas non plus. »




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MessageSujet: Re: [Pays du Thé] - Entre les mains de l'Empire de Poussières   Lun 14 Fév - 18:58



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Son corps ainsi lentement dévoilé, Aishuu se montrait, face à eux, sans mot dire ni rien penser. Le tissu avait déserté la peau de la jeune femme, tombant comme une trace, un souvenir, à l’encontre des pas qu’elle avait exécuté depuis. Le kimono noir et gris se mourait, informe, sur le sol frais, ses plis prenant un aspect presque rebutant, comme dégoulinant salement. Elle livrait de cette manière son corps, s’avançant vers eux, pour les écarter d’un geste de main las, se faufilant entre leurs corps immobile. Ses jambes s’animaient lentement dans la même et lente mécanique articulaire. La blancheur de sa peau se confondait paisiblement dans le papier de soir des parois, alors qu’elle traversait le couloir pour s’établir à la porte de ce qui avait été son refuge, sur laquelle elle vint poser sa main. Ses doigts s’attachèrent autour d’une verticale de bois noire, pour lentement l’attirer vers la droite, l’ouvrant sous la pression de son bras. Elle s’engouffra dans la pièce, se retournant un instant vers les membres de l’Empire de Poussières…

[Aishuu] : « Vais-je avoir mes affaires ? »

Haruka s’avança de quelques pas vers elle et sourit, inclinant la tête sur le côté, avec un sourire narquois sur le visage.

[Haruka] : « Je trouve qu’ainsi, ce n’est pas plus mal. »

La jeune femme ne répondit rien, fermant la porte derrière elle pour cacher le vis-à-vis avec ces regards extérieurs. Aishuu regarda l’intérieur de la chambre, cherchant du regard s’il ne se trouvait pas en quelque part un morceau de l’étoffe violette. Ses pas s’aventuraient, dans le but d’explorer les moindres recoins de la pièce au mobilier dépouillé. Ses mains filaient sur le bois laqué sans parvenir à la caresse légère d’une pièce de fibre de soie. Rien ne témoignait la présence d’un quelconque vêtement dans la chambre.

Alors qu’Aishuu cherchait encore, la porte s’ouvrit derrière lui. La jeune femme pivota soudainement, se tournant vers l’arrivant qui approchait. Ses cheveux flottèrent tant le demi tour fut rapide. Ses gestes conservaient une certaine grâce qui lui était digne de ses facultés de femme de spectacle. La Blanche tourna ses yeux d’améthyste sur la silhouette qui entrait dans l’espace confiné.

Hiji se figea, regardant la Fantôme avec un air plutôt amusé encré sur son visage à l’aide d’un pinceau de calligraphe. Ses mains étaient dans son dos, ses doigts enlaçant son propre poignet, le tenant à l’abri de la saltimbanque.

[Hiji] : « Décidément, tu es une bien étrange personne. »

La jeune femme laissa filer, retournant à sa tâche qui était de trouver son kimono. Ce comportement fit croître le sourire de l’Empereur, au faire et à mesure que les clochettes d’Oto soufflaient sous les quêtes de ses mains. Il s’approcha davantage d’elle, l’attrapant entre ses bras. Il tenait les deux extrémités de la tenue de la musicienne, le lui déposant au creux de ses épaules.

[Hiji] : « Tant de cérémonie pour si peu. »

Aishuu se retourna, l’expression toujours figée dans une attitude particulièrement froide. L’homme ne dit rien, étonné de la voir agir de cette manière.

[Aishuu] : « Merci pour l’invitation, à présent, je dois partir. »

[Hiji] : « Il ne me semble pas avoir donné à quiconque l’accord pour quitter mon domicile. J’aimerai que tu entendes autre chose que des paroles volées avant de t’emporter ainsi. »

La saltimbanque s’arrêta net, releva la tête vers l’homme dans un mouvement fugitif.

[Aishuu] : « Serais-je prise en otage ? »

L’expression de son visage voulut se durcir davantage, cependant, elle avait du mal à jouer ce domaine là de la comédie. Elle préféra opter pour la fuite, se retournant dans un soupir. Hiji, silencieux jusque là étudiait les petites mimiques, les moues et la manière de réagir de la jeune femme avec un intérêt presque scientifique. Ce mimétisme lui était si attractif qu’il voulait en comprendre les moindres rouages. Il avança d’un pas lent, et souffla à demi voix.

[Hiji] : « Cesse d’agiter les clochettes, nous sommes là. »

La Pâle baissa naturellement la tête, contemplant ses jambes encore nues, et tenant dans sa main ses bas, tandis que son kimono baillait dans une grande bouche ébahie, souffrant de ne voir ses liens de soie se nouer. Pour se calmer, elle noua délicatement les pans de ses vêtements pour donner un aspect moins débraillé à sa silhouette, et se montrer plus présentable. Rien ne fila entre les lèvres des personnages qui se tenaient près l’un de l’autre.

[Irumi] : « Teiou-sama, d’après l’informateur, Ayame est en progression dans la zone, et elle commencerait à se faire reconnaître par ses semblables. Doit-on faire quelque chose ? »

Irumi venait de débouler d’un seul coup au travers de la chambre, trahissant l’apparent calme sur son visage par des situations brusques. Elle n’adressa qu’un rapide coups d’œil sur la scène, attendant une unique réponse de la part de son supérieur.

[Aishuu] : « Qui est Ayame ? »

Cependant, elle ne s’attendait pas à ce que l’invitée s’en mêle. Hiji se tourna lentement vers elle, et elle lui témoigna une sorte de répulsion à l’idée d’éclairer la Blanche.

[Hiji] : « Réponds-lui. »

La médecin se résigna…

[Irumi] : « Ayame est une des ombres de Suigara. C’est une ancienne kunoichi d’Oto, devenue sourde au cours d’une mission, elle déserta pour se lier avec un malfrat des plus douteux. Jusqu’à dernièrement, elle était prise pour morte, mais il semblerait qu’elle cherche à se tourner à nouveau vers la lumière puisqu’elle est retournée chez l’un des plus véreux riches du marché noir pour avoir des informations sur un éventuel larcin à commettre. Elle a abattu de sang froid un homme, dont nous n’avons pas retrouvé le corps. »

Aishuu serra le poing…

[Aishuu] : « Ayame… Où est-elle ? Que savez-vous d’autre ? »

Piquée par la curiosité soudaine de la jeune femme, Irumi se redressa et lui fit face, se heurtant à la seule vision de son dos.

[Irumi] : « En quoi peut-elle bien intéresser une femme de voyage comme tu l’es ? »

[Aishuu] : « Elle a tué un de mes amis et partenaires. »

[Irumi] : « Mais il s’agissait d’un Kitsune… »

Sa voix resta longuement en suspend, tandis que le Papillon se tournait vers la sortie de la pièce.

[Hiji] : « C’est vrai, Haruka ne t’a rien dis que Aishuu… »

[Irumi] : « Si elle est de cette école, il est très probable qu’elle sache se battre, de ce fait, il aurait été préférable qu’elle ne découvre jamais cet endroit, Teiou-sama ! »

[Hiji] : « C’est une école comme tant d’autre… »

[Irumi] : « Ils ne pensent qu’à des pitreries ! »

Hiji tourna son regard vers Aishuu qui semblait visiblement bouillonner… La jeune femme s’avança, et effleura l’Empereur, mais Irumi chercha à lui bloquer le passage. La Kitsune la repoussa d’un revers de main, reculant son corps jusqu’à la paroi.

[Aishuu] : « Nos jeux ne s’amusent pas de la mort. »

La membre de l’empire s’empara du poignet de la saltimbanque et l’attira vers elle pour la saisir avec force.

[Irumi] : « Ici tu n’es pas chez toi. »

[Hiji] : « Je te demande d’arrêter. »

[Irumi] : « Mais… »

[Hiji] : « Elle n’a rien fait. De plus, elle n’est pour rien dans tes divergences d’opinion. Laisse mon invitée tranquille… »

[Irumi] : « Teiou-sama… »

[Hiji] : « Pour Ayame, livre tous tes rapports à Aishuu, et renseigne-là. Je vais demander à Haruka de surveiller la zone. Quant à toi, tu raccompagneras gentiment notre invitée jusqu’à Cha no kuni. C’est ce que je te commande de faire. »

[Irumi] : « Bien Teiou-sama. »

Ses doigts desserrèrent leur emprise sur le poignet blanc de la jeune femme, la libérant de l’étreinte. En attendant qu’Aishuu se tourne vers elle, elle s’inclina pour demander pardon. La saltimbanque ne fit qu’hocher la tête en guise de réponse. Pendant ce temps, Hiji les devança dans le couloir, un grand sourire affiché sur son visage.

[Irumi] : « Gomen… Tu devrais finir de t’habiller d’abord, puis retrouve-moi dans le salon de thé. Teiou-sama m’a confié que tu étais tout aussi amatrice de thé que je ne le suis moi-même. »

L’expression d’Aishuu se décrispa alors, laissant place à son éternel masque blanc d’un lisse éclatant. Son expression neutre se détourna un instant pour accorder un fin sourire à Irumi, cet instant étonna le médecin qui ne s’y attendait pas, ce qui, pour cacher les apparences, déclencha sa marche à travers le couloir pour accéder au salon de thé. La saltimbanque ne dit mot, attendant calmement de voir sa silhouette s’effacer au derrière du papier, pour prendre place devant un long miroir immaculé, comme si rien n’avait osé marqué son reflet dans ses sillons. La jeune femme laissa ses doigts naviguer dans ses cheveux, cherchant dans sa sacoche la froideur des perles d’améthyste qui lui servaient de ruban, et l’en sorti, délicatement, pour venir nouer ses long cheveux blanc. Un fin sourire vint s’installer sur son ovale, témoignant d’une certaine sérénité malgré tout… « Eido, je suis là, et je ferais ce que j’ai à faire. »

Attrapant ses bras fins, elle les fit gravir les galbes de ses jambes pour les installer à mi cuisse. A peine le travail achevé, elle se cantonnait déjà à une autre partie de son vêtement de scène si banal. Un à un, elle renoua les liens de soie qui servaient d’attache pour la perfection du retombé du tissu, tout en vérifiant si rien ne manquait dans son inventaire. Elle était visiblement prête. Prête à accomplir la triste tâche que lui avait assigné, à peine plus tôt, l’Empereur de la neutralité.

[Aishuu] : « Alors j’éradiquerai le mal à sa source… »

Ses doigts se serrèrent, lacérant des ongles sa paume avec un regard presque assassin à l’encontre de son reflet. Plus un son ne vint trahir ce moment si ambigu qui consistait à se décider, à accepter que son avenir prenne une autre tournure que celui auquel elle avait pensé. En face de ce miroir, Aishuu reconnut l’existence du Destin, et elle s’inclina respectueusement devant lui, en preuve de soumission. Si le sang avait, a et aurait à souiller la blancheur lumineuse de ses mains, il le ferait. Si sa pureté devait engendrer une noirceur au-delà de ses espérances, elle le ferait.

Cependant, elle n’avait que trop peu de notions dans l’art du combat pour pouvoir clairement affirmer servir à quelque chose dans l’état actuel. Ses yeux se baissèrent naturellement vers son poing serré, et elle soupira, à demi voix…

[Aishuu] : « Tu n’es plus une enfant, mais il est à nouveau temps d’apprendre… »

Un soupir vint sculpter sa nuque, et un reflet glissa sur sa nuque. Hiji s’afficha avec elle, dans l’encadrement du miroir, avec un air résolument calme. Visiblement, il avait tout entendu, et ce, pas elle ne savait quel moyen. Sans doute les murs avaient-ils des oreilles ? Il déposa sa main sur son épaule et la frictionna délicatement entre ses doigts.

[Hiji] : « Si tu veux apprendre, je connais un excellent endroit. Cependant, tu dois me faire une promesse. »

La jeune femme ne se retourna pas, se contentant de scruter son reflet de ses yeux violets. Son visage sembla interrogé. Elle remonta ses doigts jusqu’à caresser la paroi froide de la glace. Ses lèvres s’entrouvrirent légèrement, laissant son souffle se déposer sur le miroir.

[Aishuu] : « Quelle est cette promesse ? »

Hiji sourit, piquer ainsi la curiosité de la jeune femme était une vile action de sa part, cependant, elle réussissait à s’attirer toutes les bonnes faveurs qu’il pouvait lui offrir.

[Hiji] : « Tu dois vivre pour toi-même, et profiter de ta vie, avant de chercher à vivre pour quelqu’un d’autre. Ne change pas de vie, mais assume-toi réellement pour celle que tu veux être. »

La saltimbanque inclina la tête en signe de respect, et d’acquiescement. L’Empereur, satisfait, se pencha sur son oreille…

[Hiji] : « Va à Yuki… Il y a un temple… Tu y apprendras la maîtrise d’un art unique… »

L’homme se retira lentement après s’être poliment incliné. Son visage serein, il se retira de la chambre dans le silence le plus total, abandonnant à nouveau la jeune femme face à elle-même, seule comme elle l’avait été jusqu’à présent. Les lèvres de la musicienne se relevèrent en un sourire délicat, caressant l’air avec douceur. A présent, elle n’était plus seule, il y avait des gens qui croyait en elle…


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MessageSujet: Re: [Pays du Thé] - Entre les mains de l'Empire de Poussières   Ven 18 Fév - 10:50

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Kaishin, Taiji, Naho, Haruka, Hiji… Il s’écrivait des noms, de plus en plus de noms qui venaient graver ses pages du bout d’un pinceau pleurant des larmes noires. Aishuu n’était résolument plus seule, cependant, vivre pour soi-même n’était pas spécifiquement plus simple dès lors. Jusqu’à présent, elle donnait l’impression de vivre pour les souvenirs de son père, ou alors, pour les fuir peut-être. Depuis la mort d’Eido, la saltimbanque réclamait sa vengeance… Mais qui désirait cette sentence ? Est-ce Eido, ou elle ? Pour qui voulait-elle vivre ? Pour un autre, pour elle, ou pour un souvenir ?

Devant elle, il y avait de nombreux exemples : certains glorieux, d’autres moins. Kaishin avait su se prendre en main, il avait évolué au milieu de gens, et pourtant seul, il s’était développé. Aujourd’hui, il veillait comme un père sur plusieurs personnes, mais chacune se montrait indépendante les unes des autres. C’était ça, la vraie vie de voyageur : tenir à quelqu’un, mais savoir sans détacher. Elle avait beaucoup joué avec cela dans leur relation passée. Aujourd’hui, tout était différent entre eux, et elle n’appartenait pas réellement à ce cercle protecteur, du moins, dans sa tête. Paradoxalement, la voix de celui que venait de la conseiller était tout autre. Hiji ne vivait pas pour lui. Est-ce alors l’expression d’un regret qui trahissait ses mots ? L’Empereur était le souffifre d’un souvenir, un souvenir dévorant et assassin. Le souvenir terni d’une passion brûlante, éteint violemment par les méandres aqueux d’un froid de givre. Hiji espérait voir revenir la douce femme dans la finesse de ses caresses, et non dans la mortalité empoisonnée de ses coups.

Aishuu ne dit mot, un sourire discret se dessina alors qu’elle ouvrait la porte pour aller rejoindre la femme qui l’attendait là où elle avait goutté un thé savoureux quelque peu plus tôt. Des effluves amères s’élevaient dans le couloir, faisant presque grimacer la jeune amatrice de ce délicat breuvage. Les traits de son visage se fermèrent, son nez se relevant légèrement pour laisser place à une moue désagréablement surprise. Au gré de ses pas, elle espérait s’éloignait de ce miasme, mais à sa plus grande surprise, il n’en fut que plus fort encore… Un long frisson la parcourut au moment d’ouvrir la porte… Ses doigts glissèrent, et la paroi coulissa, et là, Aishuu prit une violente gifle tant l’odeur vint s’emparer de son nez.

[Aishuu] : « Oh mon dieu… »

Irumi se retourna et la fusilla du regard.

[Irumi] : « Si tu parles de ce que tu viens de voir à quelqu’un, je te fais taire à jamais ! »

[Aishuu] : « C’est une boucherie… un véritable massacre… »

Irumi cherchait à dissimuler ses lacunes les plus disgracieuses mais l’hôte ne la quittait plus des yeux.

[Irumi] : « Ou alors aide-moi, mais ne reste pas planté là comme ça ! Teiou-sama pourrait arriver ! »

Aishuu se figeait, plantée devant la porte tout juste close, avec un air visiblement consterné. Ses zygomatiques remontèrent timidement d’abord, pour dessiner un bref sourire qui séparait son visage en deux hémisphères imparfaites… Ce sourire alerta Irumi qui se retourna presque aussitôt vers elle, accourant soudainement vers la Blanche, comme pour chercher à la faire taire… Cependant, cette réaction eut le mauvais effet : en effet, il déclencha ce que la médecin essayait d’empêcher… La Pâle se mit à rire, comme prise d’un soudain fou rire, déposant sa main devant son visage pour étouffer ce bruit amusé qui venait emplir tout l’espace.

[Irumi] : « Pitié tais-toi ! »

[Aishuu] : « C’est la première fois que je vois une telle amatrice de thé ! » - Souffla t-elle entre deux rires aigus…

C’était une bien piètre vision que de voir Irumi préparait le thé. Ayant ainsi décimé des familles entières de feuilles de thé, elle n’adoptait pas pour autant une attitude coupable.


[Aishuu] : « Tu es monstrueuse ! »

La saltimbanque s’avança vers le lieu du carnage, voyant dormir les corps en décomposition d’énormes poignées de feuilles de thé à la surface de deux petites tasses. Quelques survivantes tentaient de se faire voir à la surface de l’eau, tandis que des nombreuses miettes criaient de désespoir au fond même du récipient. Il ne semblait plus rien y avoir d’aqueux : au contraire, la couleur du liquide s’approchait plus tristement d’un noir d’encre… L’odeur acre du thé trop longuement infusé continuait d’agresser les sens de la jeune femme…

[Aishuu] : « Tu ferais mieux de jeter cela dehors avant qu’il ne s’en aperçoit. Si tu es parvenue à lui faire croie jusqu’ici que tu étais amatrice de thé, je me demande bien par quel miracle il a pu te croire… Ou alors, tu as tenté de m’empoisonner. »


Irumi grimaça, s’emparant des tasses pour les vider cul sec, avalant au passage tous les cadavres de feuilles… Elle manqua de s’étouffer, sous le regard effaré d’Aishuu qui restait bouche bée quant à de tels agissements… Elle déposa son index sur sa lèvre et vint doucement en mordiller la chair du bout des lèvres, quelque peu choquée par un tel degré de bêtise…


[Irumi] : « Tu veux bien préparer le thé ?.. »

[Aishuu] : « Après de tels témoins de détresse, je ne peux pas refuser de t’aider… »

La Blanche vint s’approcher d’elle, saisissant’ à nouveau, deux récipients du service à thé, et attrapa de longues feuilles séchées pour les déposer au fond de la théière, contenant les douces brumes chaudes de l’eau. Refermant son couvercle, elle attendait, les sens alertes, cherchant le meilleur arôme, la meilleure infusion… Irumi la regardait du coin de l’œil, avec un semblant de dédain, mais beaucoup de curiosité quant à certaines nécessités de service et à certaines traditions. Les doigts de la musicienne caressaient délicatement les courbes de la théière, cherchant la chaleur douce qui s’épanouissait en rougissant sa peau.

[Aishuu] : « C’est prêt. »

Le filet brûlant vint couler du bec creux de la théière, se déversant somptueusement dans chacune des tasses. Un succulent effluve se fit sentir, sereine, alors que la fantôme tendait une tasse du bout de ses doigts blancs à la médecin.

[Irumi] : « Ayame t’intéresse donc. »

[Aishuu] : « Oui. »

[Irumi] : « On raconte qu’elle était autrefois l’une des plus dangereuses de kunoichi d’Oto no kuni. Elle redorait un blason terni de cette puissance déchue, jusqu’à ce qu’un traumatisme vint réveiller un côté bien plus sombre chez elle. C’était une passionnée. Au vue de l’instrument que tu gardes avec toi, vous avez un point commun : un amour pour la musique. Sauf que contrairement à toi, une escouade lui a retiré son sens le plus aiguisé, son ouïe au cours d’une mission. La médecine de son village, trop faible, n’a pas pu lui permettre de retrouver cet usage, et c’est suite à ce qu’elle a considéré comme une trahison, qu’elle a désertée. Suite à ça, elle s’est retrouvée à devoir faire face à de nombreux contrats sur sa tête, car Suigara cherchait à faire tomber une fois pour toute Oto et elle était un obstacle… C’est ainsi que sa réputation prit une autre tournure, lorsqu’elle vint rejoindre une organisation qui s’opposait radicalement à son ancienne patrie… » - Elle marqua une courte pause… « Là bas, elle y rencontra un homme, que je connaissais plutôt bien. Formant un binôme plutôt reconnu, une histoire eut malheur de naître. Et il fallut en tuer un, pour que l’autre meure un peu également. »

Aishuu ne réagit pas, préférant jouer à celle qui avait sauté une petite étape, afin de ne pas remuer le couteau.

[Irumi] : « Tu dois tuer Ayame. »

Le soudain timbre solennel de la voix de la médecin fit tressaillir le Papillon, sentant un long frisson langoureux s’emparer de son échine…

[Irumi] : « J’aimerai t’apprendre quelque chose qui pourrait t’être utile. C’est une technique que je me suis interdite depuis ma dite mort d’utiliser. Cependant, tu l’utiliseras pour moi. Je vais rompre mon serment le temps de te l’enseigner. »

[Aishuu] : « Non. Ce sera un honneur pour moi d’agir en ton nom, mais ne rompt aucune promesse à ce sujet. Décris moi la procédure à suivre. J’apprends vite… »

[Irumi] : « Tu m’impressionnes. »

Lui offrant un sourire doux, Aishuu inclina sa tête en signe de respect, vidant le contenu délicat entre ses lèvres fines comme pour sceller entre elles cet accord. Irumi fit alors de même et, une fois le thé savouré, elle lança à son attention.

[Irumi] : « Pour cet apprentissage, mieux vaudra que nous allions dehors, si tu l’acceptes. »

Aishuu ne lui répondit rien, se contentant de déposer la vaisselle sur la table pour se diriger alors vers la porte. Irumi lui sourit, comme si à ce seul instant de complicité, la saltimbanque avait appris à lire en elle et à la devancer. La Blanche traversa le long couloir et procéda par élimination afin de trouver la porte qui menait à l’extérieur du domaine. Lorsque la porte glissa, l’air ravi de Haruka s’exposa à quelques centimètres de la jeune femme…

[Haruka] : « Tu avais prévu de me dire au revoir, j’espère ! »

[Aishuu] : « Bien entendu. »

[Haruka] : « Et puis, je veux te laisser un petit souvenir, moi aussi. Apporter ma pierre à l’édifice. »

La Pâle enfouit sa tête pour se dérober derrière ses cheveux, cherchant à cacher une certaine gêne. Si son visage se cachait, mais il fut vite rappeler à l’ordre…

[Haruka] : « Allez, allons-y… »

[Irumi] : « C’est la mienne ! »

L’homme se mit à rire et il fit un geste amical de la main pour lui témoigner ses respects…

[Haruka] : « Chacun son tour alors, et, l’honneur aux femmes ! »

Il fit alors une révérence sarcastique à l’intention de la médecin, laissant Aishuu passer en le longeant, suivit de près par Irumi, et referma la porte derrière celles.

Les délicats rayons du soleil venaient couler comme un fin miel aux courbes tendres. Les perles d’eau et de rosée venaient se nourrir de la lumière pour la distribuer sous forme d’éclat d’or et de poussières de diamant. L’air suintait une légère humidité à cause des pluies récentes, cependant, le la journée apparaissait plus belle depuis que les nuages s’étaient écartés de devant l’astres solaires. Il y avait des éclats de couleurs si intenses que le regard de la Blanche prit une pleine claque visuelle. Son visage vint se fissurer par un sourire radieux, elle était rassurée, son petit monde était toujours intact. L’apocalypse était donc bien remise à plus tard. Le bout des ses doigts vint caresser sa peau blanche, accompagnant son sourire dans une douce caresse. Irumi approcha derrière elle et déposa sa main sur son épaule, précédant l’arrivée d’Haruka.

[Irumi] : « Je commencerai donc ton enseignement, et n’oublie à aucun moment qu’il s’agit pour moi d’une véritable confidence que je te livre. Respecte-là… »

Irumi tourna alors la tête et elle passa à côté d’elle pour venir prendre place un peu plus loin, tout près d’un arbre aux écorces encore dégoulinantes de larmes. La saltimbanque hocha la tête, s’inclinant sous sa demande…

[Aishuu] : « C’est enregistré. »

[Irumi] : « Il s’agit d’une technique plutôt douloureuse, du moins, pour les autres… Retiens bien son nom… Il s’agit du Gouwan. »

Haruka pivota presque aussitôt à l’écoute du dernier mot, presque prit d’un sursaut…

[Haruka] : « Irumi… »

[Irumi] : « Je sais ce que je fais. »

[Haruka] : « Mais… »

[Irumi] : « Si tu lui fais confiance, si, au-delà de ça, l’Empereur lui fait confiance, je n’ai pas d’autre choix qui de m’en remettre à elle. Je ne peux plus accomplir la tâche pour laquelle j’ai travaillé cette technique… »

Haruka se retourna, faisant mine de ne plus s’intéresser à la scène qui allait s’opérer…









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MessageSujet: Re: [Pays du Thé] - Entre les mains de l'Empire de Poussières   Sam 26 Fév - 21:47

8



Un tendre soupçon d’air frais vint caresser l’épiderme de glace de la Blanche, qui restait muette depuis, s’était laissée au soin de la jeune femme. La beauté du paysage lui avait été si soudainement arrachée, plongée dans un noir abyssal clôturé par ses paupières. Elle n’entendait plus rien, du moins, plus aucun son ne parasitait la voix de son enseignante. Plongée dans une concentration sans faille, le Papillon parvenait lentement, mais sûrement, à faire abstraction de toutes les distractions possibles. Le vent ne soufflait plus, et ses caresses ne faisaient plus gémir les feuilles. Les perles de rosée de tombaient plus, leur cri apeuré ne résonnait plus bruyamment entre les branches. Les oiseaux avaient pris leur envol silencieusement, pour pouvoir piailler plus loin sans la déranger. Jamais un lieu n’avait su se taire et retenir son souffle aussi longuement…

Aishuu avait dissipé ses améthystes derrière ses paupières, les bras le long du corps, et la silhouette droite. Le bout de ses doigts glissait le long de la soie de son kimono, pour venir étreindre tendrement entre ses doigts… Ses lèvres se séparèrent pour laisser un court soupir filer, tandis que ses narines venaient inspirer profondément l’air pur.


[Irumi] : « Fais bien le vide… Il n’y a plus que toi et moi… Rien d’autre… »

L’Améthyste laissa tout son corps se détendre, chacun de ses muscles la remerciant d’ainsi les ménager. Un délicat sourire vint se graver sur ses lèvres, jusqu’à ce qu’une nouvelle relation vint éveiller ses attentions. La délicieuse sensation qu’était l’énergie coulant dans ses veines vint s’éprendre de ses cellules. Ses doigts furent prit d’une légère crampe, s’agitant timidement pour faire s’évader les fourmis qui l’attrapaient.

[Irumi] : « Concentre tout ton chakra vers ta main, et serre le poing maintenant… »

Ses cellules s’agitaient avec une intense chaleur qui vint très vite encombrer ses facultés. Une forte sensation vint s’abreuver dans ses canaux d’énergie, s’extirpant douloureusement d’un flux bouillant. Le visage de la saltimbanque se crispa sous une naissante douleur…

[Irumi] : « Ne relâche rien… C’est douloureux la première fois. »

Aishuu intensifia alors son travail de respiration, jaugeant savamment la limite entre endurance et brutalité. Ce genre d’opération aurait aisément pu lui déchirer les tissus si elle ne parvenait pas à doser la violence de ses courants internes. Ses doits s’agitèrent, endoloris…

[Irumi] : « Ferme ton poing ! Maintenant ! »

Un torrent dévastateur vint abreuver ses sillons, la force enrobant ses muscles, les irrigant pour les fortifier. Aishuu tressaillit en ressentant ses modifications s’opérer. Violemment, elle mordilla sa lèvre, ce qui eut pour effet de la réveiller de son état hypnotique. Les pierres à nouveau dévoilées, la jeune femme découvrit la lueur brûlante qui émanait de son poing, le faisant trembler…

Ses doigts se serrèrent violemment, confrontant ses ongles au creux de sa paume. Il tremblait, indéniablement, comme les crépitement d’une flamme qui venait s’écumer sur le charbon. Aishuu continuait de se concentrer, voir les effluves lumineux s’intensifier autour de ses doigts. L’aura glissait sur sa peau la brûlant et la piquant par petites touches. Cette maîtrise avait un contre coups sensiblement remarquable sur le lanceur dès lors où il ne savait pas réellement si prendre.

Haruka pivota un moment pour apercevoir Aishuu et le gouwan qui prenait forme. Il remonta son index au niveau de son menton et le frictionna intrigué. A croire que la jeune femme avait des prédispositions dans ses gênes… Un fin sourire vint remonter ses lèvres, et il s’approcha d’elle dans son dos…

[Haruka] : « Elle apprend vite. »

[Irumi] : « C’est imparfait. »

[Haruka] : « Tu es dure. »

[Irumi] : « Trop faible… Pas assez de concentration… » - Sa voix s’arrêta un moment… « Shiro ! Plus de force ! Tu attends quoi pour te concentrer ! Je veux que tu concentres tellement d’énergie dans ton poing que tu dois t’évanouir à la fin de l’exécution ! »

Haruka ne dit rien… Lançant un regard quelque peu froid à son encontre. Irumi avait dû lui confier une mission particulière, le genre qui lui tenait à cœur pour s’investir ainsi. Il sourcilla, d’autant plus que dans ces bêtises, Aishuu la suivait, redoublant d’effort… Il la regardait, se concentrer et malaxer son chakra jusqu’à ce que l’aura lumineuse s’impose aux yeux de tous, avec un air désabusé…

[Haruka] : « Elle veut partir et tu veux la faire sombrer dans l’inconscience… »

[Irumi] : « Tais-toi… »

Aishuu faisait toujours abstraction de tout ce qui se passait autour… Sa concentration d’énergie laissait de plus en plus ressortir ses vaines, tandis que son visage crispé contemplait les déformations s’opérant…

[Irumi] : « Relâche tout dans le corps de l’arbre à ta droite ! Une frappe nette et forte ! »

La jeune femme s’écarta, tandis que la saltimbanque vint pivoter pour écraser son poing dans l’écorce qui vint voler en éclat. Ses doigts vinrent caresser l’écorce, l’écorchant de par en par… Le bois venait se heurter à ses phalanges, cherchant à égratigner sa peau blanche dans une marée d’écume rouge. La force du choc laissa place au craquement sec du tronc, une sonorité ressemblant presque à des os se brisant.

Haruka avait fermé les yeux afin de pouvoir s’offrir la surprise du résultat. Irumi n’avait qu’à peine jeté un œil à son travail, s’étant contenté d’admirer d’un coin de l’œil furtif l’homme.


[Aishuu] : « Aie… »

Se réveillant à son tour, Irumi tourna la tête vers Aishuu et son arbre, voyant un léger fil de sang venir mourir sur le sol. Le liquide synonyme de vie s’enfuyait sans qu’elle ne cherche à réagir, la seule intonation de douleur qu’elle s’était permise étant un « aie » soufflé entre ses lèvres fines…

[Irumi] : « C’est un travail mal soigné. »

Haruka soupira, ce qui rappela aussitôt la jeune femme à l’ordre…

Un long craquement s’échappa d’en face d’Aishuu, un craquement langoureux qui vint perturber le calme. Le Papillon regardait, silencieusement, la carcasse encore verticale de l’arbre, alors que ce dernier commençait à tanguer dangereusement. Haruka écarquilla les yeux en voyant la silhouette du roi de sève glisser brutalement vers la saltimbanque…

[Haruka] : « Aishuu ! »

Mais la Blanche ne réagit pas, toujours immobile devant le pilier affaiblit qui tomber en sa direction. Elle ne dit rien, pas même un sursaut lorsque l’arbre vint s’écraser à quelques centimètres d’elle. Son feuillage pleurant l’agonie de son maître dans une délicate pluie de rosée. Le cadavre saignait sur la terre humide…

[Irumi] : « Mais elle est idiote ! »

Il ne lui laissa guère le temps de finir, s’élançant pour venir rattraper Aishuu dont le corps se laissait choir… Son corps vidé vint s’écraser dans les bras du médecin, sous le regard apeuré d’Irumi…

[Haruka] : « C’était prévisible… Tu n’as jamais su te montrer très pédagogue… »

[Irumi] : « Elle a vraiment donné toute ses forces dans mon exercice ? »

[Haruka] : « Sans doute pour ne pas te décevoir, mais tes exigences ne l’ont pas ménagées… »

[Irumi] : « Je suis désolée… »

[Haruka] : « Elle repartira donc demain… »

La main de la Satsubatsu remonta pour les déposer sur sa main, serrant le tissu entre ses doigts… L’homme abaissa le regard vers elle et il fut étonner d’apercevoir le violet de ses yeux… Un sourire vint se dessiner sur son visage clair…

[Aishuu] : « Non, je n’ai pas fini… »

La jeune femme chercha se relever pour se libérer de l’étreinte d’Haruka, d’une manière à retrouver l’emprise de ses jambes. Elle s’enracina fébrilement pour se redresser vers Irumi, souriant presque intimidée.

[Irumi] : « Il y a des choses à revoir, mais tu maîtrises la base… »

Les doigts glissaient le long de sa joue, avec une fine inquiétude sur son visage. En effet, Irumi se voyait gênée de voir que la jeune femme se donnait à fond… Le sang continuait de couler le long des doigts de la Blanche qui se tenait droite et ne disait rien … Elle s’approcha, quelque peu désolée, et vint se poster près de sa main pour venir soigner cette blessure superficielle.

Une délicate chaleur vint enrober les doigts blancs de la jeune femme qui soupira timidement d’aise. La douceur qui venait s’éprendre de ses phalanges s’évaporait dans chacune de ses pores.

Aishuu baissa le regard vers Irumi, elle vint s’apercevoir de ce qui se passait réellement, regardant sa peau s’étendre et rejoindre l’autre partie de la plaie. La vue ne lui faisait pas particulièrement d’effet, bien qu’elle aurait pu se montrer écoeurante, mais aux vues des lacérations qui comblaient son dos. Finalement, elle ne tenait pas réellement à son corps puisqu’elle n’hésitait jamais à lui faire subir les pires tourments, ne craignant ni la douleur, ni les cicatrices. Elle pinça timidement sa lèvre, et ne parvint pas à soutenir le regard vers la rapide séance de soins…

Haruka s’avança vers elles, regardant intriguée Aishuu, frottant son menton entre son index et son pousse… Son regard se déposait sur sa silhouette frêle, cherchant à comprendre les mystères de ce si petit corps, soufflant à demi mot…


[Haruka] : « Je suis étonné de voir que de nos jours, il reste encore des forces de la nature. »

Aishuu tourna la tête vers lui, quelque peu étonnée, mais ne dit rien…

[Haruka] : « Tu es un peu comme une fleur de Yuki, celle qui lute contre les vents et affronte les flocons. C’est l’une des fleurs les plus parfumées, l’une des plus douces et délicates pourtant. »

[Hiji] : « Elle me fait penser à un iris japonais… »

L’empereur s’était glissé dans la scène, s’approchant dans un silence révérenciel, voyant la dépouille sylvestre et les trois personnages… La médecin se tourna vers lui et soupira…

[Irumi] : « La fleur des larmes ?... »

[Hiji] : « Elle-même. La fleur qui n’attend que la main d’un combattant pour venir la cueillir… »

[Haruka] : « La fleur qui née sur les champs de batailles… »

[Hiji] : « La fleur du sang, oui. »

Aishuu tourna alors la tête, préférant fuir de telles comparaisons. Savoir qu’on l’imaginait d’une manière à relier des opposés ne lui convenait pas particulièrement… Le sang, les fleurs, les larmes, c’était autant de mots qu’elle cherchait à fuir, ne préférant pas chercher à retrouver les sensations et les parfums de ses éléments… Elle serra ses doigts lentement, et calmement, se retirant de quelques pas des dialogues qui la concernaient. Jusqu’à ce jour, elle avait bien suffisamment de surnoms pour tenter d’en mémoriser de nouveau.

Haruka la rattrapa avec un sourire amusant, déposant sa poigne sur son épaule pour lui faire sentir sa présence. La Blanche ne voulut pas se retourner, alors il eut à tourner autour d’elle, comme un vautour autour d’une carcasse, pour se placer bien en face d’elle, l’obligeant à le regarder…

Devant tant d’acharnement, Aishuu ne put que se résigner à sourire, amusée de voir que cet homme pouvait parfois jouer le plus parfait clown à son insu…

[Aishuu] : « Oui Haruka ? »

[Haruka] : « J’ai l’impression que tu prends mal les compliments. »

[Aishuu] : « Les critiques sont souvent plus objectives à mon sens… »

[Haruka] : « Tu devrais prendre l’habitude aux douceurs, par moment, elle manque tellement que l’on perd la confiance que l’on met des années à se bâtir. Tu as des capacités : sois-en fière. »

[Aishuu] : « J’y penserai, un autre jour. »

[Haruka] : « A t’entendre, j’ai l’impression que tu préfères les journées grises. »

[Aishuu] : « Elles sont toujours plus douces que les noires. »

[Haruka] : « Tu es bien négative, Aishuu. »

[Aishuu] : « Non, je suis en deuil. »

L’homme sembla soudainement gêné, comme si elle venait de lui exposer violemment la réalité qu’il avait par mégarde oublié… Il leva les yeux au ciel et lui murmura, entre quatre yeux…

[Haruka] : « Tout le monde est en deuil, un jour ou l’autre, ou pour certain, toute une vie. Seulement, il y a des gens qui comprennent, d’autres jamais. Ceux qui vivent doivent le faire avec plus de passion et d’ivresse qu’ils n’en ont jamais eu. Nous portons la vie de ceux qui s’en sont allés. »

La Blanche baissa les yeux, volontairement distante de tous les propos de l’homme, comme si elle ne se sentait pas réellement concernée par ses propos.




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MessageSujet: Re: [Pays du Thé] - Entre les mains de l'Empire de Poussières   Lun 28 Fév - 23:05




9





[Haruka] : « Mon enseignement t’intéresse-t-il toujours ? »

Aishuu ne releva pas le nez, admirant avec attention le sol sur lequel reposaient ses pieds au milieu des feuilles qui pleuraient la mort de leur père. Son regard fuyait les ombres qui s’infiltraient lentement derrière elle, ne murmurant à elle-même que des soupirs. Elle agita lentement ses doigts, comme pour les dégourdir, avant de s’intéresser à nouveau à la scène dont elle était actrice. Hiji et Irumi était un peu plus loin, discutant probablement de la voyageuse et de ses prochaines aspirations qu’elle-même ne connaissait pas. Haruka tourna la tête vers elle, quelque peu intrigué par son absence mentale, comme si Aishuu tentait de s’effacer.

[Haruka] : « Allez, écoute-moi… »

[Aishuu] : « Allons-y… »

La Blanche balayait la zone d’un regard, ses cheveux blancs voletant sous la brutalité du mouvement. Son visage semblait assez fermé à la conversation, bien qu’elle ne témoigne en aucun cas d’une certaine dose d’agressivité. Elle était mécanique, ne communiquant que le minimum au gré de ses traits, comme si elle cherchait à s’imperméabiliser. Son regard se déposa sur le visage souriant d’Haruka, mais elle ne réagit en aucun cas, attendant un réaction de sa part.

L’homme se tourna quelques poignées de secondes vers l’Empereur et sa collège, mais il n’eut le droit qu’à une drôle de grimace de la part de cette dernière, Hiji se contentant de regarder l’autre scène avec le même regard qu’un scientifique devant une expérience nouvelle.

Aishuu leva la main pour passer ses doigts sur sa joue, son visage se tourna vers Haruka, avançant de quelques pas vers lui.


[Aishuu] : « Montre-moi ce que tu as à m’apprendre. »

L’homme se mit à sourire et avança de quelques pas vers elle en s’approchant vers elle.

[Haruka] : « Je vais t’apprendre à leurrer ton organisme… » - Son sourire s’abaissa… « Ton corps étant une fantastique source de ressources, la possibilité qui s’offre à toi si tu stimules certaines de ses sources, tu peux obtenir de fantastiques capacités. C’est cela que je vais t’apprendre à maîtriser… »

Il vint s’installer juste derrière elle…

[Haruka] : « La maîtrise de son propre corps… »

Il vint alors se poster juste derrière elle, déposant ses lèvres aux creux de son oreille…

[Haruka] : « Alors écoute-moi bien, et concentre-toi. Il faut que tes muscles soient lentement et délicatement embaumés de ton chakra finement dosé. Il doit infiltrer tes muscles, rejoindre tes tissus pour les alimenter avec une intensité supérieure à ce que peut produire d’ordinaire ton corps. »

Il déposa ses deux mains sur ses épaules fermement, tandis que la jeune femme laissait ses paupières se fermer…

[Haruka] : « Tu dois les duper… Les stimuler pour leur faire croire qu’ils sont en pleine production d’adrénaline, afin de faire croître ta force. »

La jeune femme se laissa enrober doucement sous les effluves de son énergie interne, serrant mes doigts de sa main de manière à légèrement entrer ses ongles dans la chair de sa paume.

[Irumi] : « Pensez-vous qu’elle pourrait avoir la moindre chance face à Ayame ? »

[Hiji] : « Bien qu’elle en est la volonté, actuellement, elle en serait incapable. »

[Irumi] : « C’est malheureusement mon avis… »

[Hiji] : « Mais elle le devra, un jour… »

Les muscles de la jeune femme se raidissaient alors qu’elle tentait de leur insuffler un peu d’énergie en leur sein. La crispation vint se marque sur son visage, subissant un tiraillement musculaire. Haruka se concentrait sur la courbe de ses muscles et, remarquant des sillons trop exacerbés, il lui souffla de s’arrêter…

[Haruka] : « Détend-toi… Calme ton flux pour venir l’aider, et non le déchirer… »

Le vent souffla, décrochant une feuille de l’arbre arraché, qui vint s’écraser contre la joue de la jeune femme à la chevelure blanche… La poigne de l’homme va serrer son épaule…

[Haruka] : « Comme la feuille, sois souple… »

L’air était d’une fraîcheur délicate, cette sensation venant aider la Blanche à calmer ses ardents quelque peu enflammées, apaisant les concentrations parfois excessives… Sa peau vint se couvrir de fins picots de frisson, ses muscles montrant plus de détente et de concentration qu’auparavant. Ses doigts vibraient de l’intérieur, comme s’ils sentaient en eux l’envie transcendante de témoigner d’un changement… Aishuu ouvrit les yeux, sentant tout son corps réagir… Haruka sourit et soupira…

[Haruka] : « Il te faudra t’entraîner à cette maîtrise, mais sache que cette technique te permettra d’augmenter ta force de frappe, ce qui pourra t’être utile. Ne l’oublie pas… »

[Aishuu] : « Je n’oublie jamais un enseignement... »

Dès lors, Aishuu se retourna vers Haruka et s’inclina respectueusement…

[Aishuu] : « Merci Haruka. » - Elle marqua une courte pause et termina… « Je dois y aller, merci pour l’accueil. »

Hiji s’approcha alors, tandis qu’Irumi et Haruka se retiraient à l’intérieur suite à un de ses signes de tête. L’Empereur s’approcha d’elle, s’inclinant devant la saltimbanque…

[Hiji] : « N’oublie pas de me contacter, je viendrais… »

[Aishuu] : « Je n’ai pas envie de vous remercier… Par votre faute, je ne pourrais jamais faire mon deuil… »





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MessageSujet: Re: [Pays du Thé] - Entre les mains de l'Empire de Poussières   Jeu 3 Mar - 3:08

Shiro Kage (level 15)

  • Bonus 30%
  • + 68 XP
  • Technique Adrénaline acquise


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