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 [Mission D] Quelques réparations.

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MessageSujet: [Mission D] Quelques réparations.   Ven 4 Mar - 14:59

~Quelques Réparations ~

Le vent frais s'était levé, et traversait mes vêtements comme le fil du sabre traverse la paille. Cela faisait désormais bien longtemps que je n'avais pas marché dans les ruelles du village, accompagné d'autant de personnes. Deux. Deux personnes qui marchaient à mes côtés, se dirigeant lentement vers les quartiers les plus excentrés du village de la Brume. L'un des deux faisait montre d'un enthousiasme débordant. L'autre, qui témoignait aussi d'une grande volonté de faire connaissance, marchait à mes côtés, calme.

Je m'aperçus que je n'avais pas négocié la rencontre aussi bien que je le pensais. Mais enfin, j'avais trois jours de labeur à meubler. Et je savais déjà que ces trois jours ne seraient pas de tout repos. Un service à rendre, à la force de nos petits bras. Je connaissais le contenu du problème, mais pas l'étendue des dégats. La tempête avait été violente et avait ravagé sans distinction cafés, maisons, entrepôts, et appontages. Sans oublier tout le reste. Tout ce qui fait un village caché.

Ekei – Je ne sais pas si vous êtes déjà allés visiter ce quartier, mais je pense que vous connaissez l'endroit mieux que moi!

Ils me regardèrent tous deux d'un air intrigué. Je crus alors être forcé de me justifier:

Ekei – Je ne suis pas kiréen d'origine.

En prononçant ces quelques mots, je m'aperçus à l'instant que j'avais été le seul à ne pas livrer au Satsubatsu des éléments de ma vie privée. Enfin, il n'en avait sûrement pas besoin, il avait surtout demandé une présentation afin de voir de quel bois nous étions faits, et de nous faire un peu connaître entre nous. Encore une erreur de ma part. Mais enfin, je me devais de laisser transparaître mon vrai moi.

Comme je l'avais supposé, mes deux camarades semblaient connaître la région, et, lorsque je leur donnai l'adresse du quartier, ils furent capables de nous y conduire sans hésitation aucune. Les petites ruelles de cette zone du village étaient assez différentes des autres: ce côté de Kiri était bien plus exposé aux vents marins, et le goût du sel flottait dans l'air.

Il me rappelait un peu l'épaisseur de l'air que j'avais traversé au cours de mes errances, lorsque j'avais croisé la route d'un groupe de ninjas en pleine escarmouche. L'air s'était alourdi du goût épais et repoussant de la graisse humaine, le parfum de corps en immolation. Ces souvenirs n'avaient rien d'agréable. Ni de désagréable non plus, d'ailleurs. C'était une première expérience du combat à laquelle je m'étais frotté indirectement. Un exemple des compétences terribles mais efficaces dont disposaient les shinobis.

Les voix s'élevant conjointement de la bouche de mes deux camarades me tirèrent de mes rêveries. Apparemment, nous étions arrivés. Nous nous trouvions en face d'un mur d'enceinte en pierres, surmonté d'une galerie de bois sombre. Les deux pans de la porte gisaient à terre, brisés. Leur peinture rouge s'était écaillée. J'eus la vision rapide d'un navire fracassé sur des rochers: la maison avait fait naufrage.

Nous entrâmes alors dans ce qui avait été un jardin. Désormais, il était dévasté: des ornières avaient été creusées dans le sol par la pluie et les tuiles que le vent avait trainées sur la pelouse. Les buissons faisaient pâle figure et des branches pendaient lamentablement de pins blessés. La maison se dressait au milieu de ce chaos, et semblait avoir passé elle aussi un moment désagréable. Les murs étaient couverts de boue, des tuiles manquaient au toit. Le plancher de la galerie extérieure serait à changer intégralement.

Ida – C'est vous, l'équipe 3?

L'homme qui venait d'apparaître à la porte de la demeure était imposant. Grand et bâti comme une force de la nature, il n'en revêtait pas moins des atours délicats, pleins de broderies et de délicats ourlets. Un sabre qui pendait à sa ceinture signifiait malgré tout son appartenance à la classe des guerriers. Des cheveux blancs ornaient son crâne, plantés là comme s'ils étaient arrivés de nulle part. Il respirait l'assurance et la force, mais aussi l'honnêteté. Un coup de chance...

Nous répondîmes en hochant la tête, intimidés par l'homme qui se dressait devant nous. Il nous indiqua rapidement de la main les principaux problèmes à régler, et les outils qu'il mettait généreusement à notre disposition.

Ida – Je suis Noburo Ida, fils de guerriers depuis l'origine du monde. J'espère que vous serez à la hauteur de mes attentes!

Il ne nous restait plus qu'à œuvrer.

MessageSujet: Re: [Mission D] Quelques réparations.   Ven 4 Mar - 17:28

Juste après leur rencontre et discutions au pied du monument Kiréen le plus fameux, les trois compères décidèrent de se donner rendez-vous une heure plus tard, au même endroit. Il fallait bien le dire, Koda ne s’était pas attendu à partir en mission si rapidement, et ce fut alors son idée de décaler le commencement de leur quête pour plus tard. En effet, sa tenue ne convenait sans doute pas à l’expectation d’une mission de rang D ; elle se montrait plutôt convenable pour toute sorte d’entrainement, chose que tous, du moins on peut le penser, eurent eut idée.

Le cadet se rendit au pas de course chez sa grand-mère, dérobant les travers d’un kilomètre de ruelles étroites et mal pavée en moins de cinq minutes. C’est sans aucun mal qu’il se força à quelques acrobaties sur son passage, sautant au dessus d’honnêtes citoyens, et virevoltant de mur à mur. D’humeur bien joueuse, le jeune Kiréen n’en trouva pas de plus drôle que de s’amuser en pleine air, dans des zones où les congestions d’habitants ne se faisaient pas rares. Il en alla même à faire tomber la perruque du vieux Nobu, le vendeur de fritures ambulantes.

En arrivant au palier de son appartement, il mit un certain temps avant de trouver sa clef, et fouilla ses poches bêtement, avant de la décrocher d’une chaine autour de son cou.

Biensur, Miyuki, sa grand-mère, était toujours au magasin, et ne serai pas de retour avant la tomber du soleil. Fouillant en coup de vent pour une tenue plus décontractée, Koda décida de prendre un simple pantalon de survêtement, munis d’un t-shirt sans manche, et de son manteau en fourrure. Sans plus s’impatienter, il se dirigea vers la cuisine, papier et stylo en mains, pour laisser à sa mamie un petit message, lui disant qu’il partait en mission, et pouvais ne pas rentrer avant trois jours.

Une fois finie, le jeune garçon rempli un sac à dos cordon de quelques provisions et vêtements secs, juste au cas où on ne le nourrirait pas. On remarquera que Koda n’eut pris que des paquets de Senbei ; biscuits peu nourrissant mais tellement bon pour la dent, et l’esprit.

A l’heure précise, l’enfant fut le premier, cette fois ci, au lieu de rendez-vous. Bientôt Ekei et Akihiro le rejoignirent, et le trio, au complet, pris marche pour le quartier côtier. Bien évidement, les trois shinobis discutèrent de tout et de rien en chemin, et c’est ainsi que Koda apprit un peu plus sur ses deux nouveaux camarades. L’un venait d’une grande famille d’artiste, l’autre n’était même pas Kiréen.
D’ailleurs, c’est en arrivant dans les quartiers portuaires qu’Ekei leurs donna une adresse à identifier, car c’était là-bas que leur mission devrait se dérouler. Koda, étant venu maintes fois dans ces parties pour rendre visite à son oncle, ne pris pas beaucoup de mal à guider les deux autres. Il se rappelait des journées d’été qu’il avait passé avec son cousin, à jouer cache-cache dans le port. Il était d’ailleurs, un très bon joueur, et n’avait trouvé jamais meilleur cachette que le fond d’un container. Si bien que son cousin de l’avait jamais retrouvé ; des marchants avaient embarqués la caisse contenant le jeune fripon.

Enfin arrivé devant la bâtisse, Koda se demanda qui pouvait vraiment vivre dans une épave pareille. Sa question fut vite répondu, lorsqu’un homme, aussi grand et large qu’un Ours brun, les accueillirent devant la baraque complètement battue par la tempête.

[Ida] : C'est vous, l'équipe 3?

Intimidés par le géant, les trois jeunes hommes hochèrent simultanément la tête. Paralyser de par l’immensité gargantuesque de l’homme au sabre, les trois compères ne firent que suivre des yeux les gestes du vieux militaire, écoutant ses requêtes et demandes, vis-à-vis des réparations de sa maison. Il montra du doigt une vieille grange, d’où, il leur expliqua, ils pourraient se servir des outils.

[Ida] : Je sors en ville pour acheter quelques provisions, tacher de ne pas détruire ma maison en mon absence !, dit-il, avant de lâcher un fourire.

Les trois ninjas se rendirent jusqu'à la grange, fouillant dans tout le brique-à-braque pour y trouver marteaux, clous, planches de bois et autres matériaux nécessaire à la reconstruction de la remise à bateau.

[Koda] : Si ça vous déranges pas, j’irai faire le toit. Il suffit juste d’aligner des tuiles, non ?

Le cadet se munis alors d’un sceau de tuiles canales et d’une échelle en bois. Ainsi, il ressemblait à un travailleur prêt à l’action.

MessageSujet: Re: [Mission D] Quelques réparations.   Sam 5 Mar - 7:52

Aider à la reconstruction d'une demeure.

Voilà ce qu'était notre mission.

Un travail de reconstruction.

Voilà ce qu'il considérait comme une tache minime, une mission de rang D.

C'était une insulte pure et dure. Une preuve sans contredit de l'égo ninja.

Je n'avais vraiment pas trouvé ça drole. Par chance, Yasuki était tourné vers Koda, lui ayant demandé son avis, et Koda était occupé à lui répondre. Personne ne vit ma mine sombre.

C'était donc ça une mission de rang D. On se "rabaissait" au niveau du peuple. C'était une mission "destinée au débutant". Faire le travail des artisants, des maçons, de ces hommes qui, bien que completement au dépourvu en situation de combat, travaillaient jour après jour à la sueur de leur front pour nourrir leur famille. Ma haine envers les ninjas était, au départ, passionnelle, je devais me l'avouer. Elle ne s'était basée sur rien de fiable. Mais, plus je m'aventurais dans cette voie, plus ce que je voyais confirmais mes pensées.

Bref, je rageai un moment, puis, revenant au présent, je consentis à l'heure choisie pour se retrouver. Profitant de ce moment pour apporter quelques provisions, cela me permis aussi de réfléchir. C'était le moment ou jamais de faire contact, mais aussi d'en connaitre un peu plus sur eux. Il me fallait completement oublier mon opinion sur les shinobis, et pour de vrai, cette fois.

C'était une ocasion en or, il ne fallait pas la manquée.

Surtout qu'elle avait été offerte par la chose... ça n'allait pas arriver souvant.

C'était donc un Akihiko enjoué, aimable au possible, plein de bonne intentions, qui arrivai devant mes deux camarades. Nous commençâme donc à marcher, moi toujours aussi calme et posé, le jeune Koda plein d'énergie et le cher Yasuki toujours aussi...mystérieux. Oui, en effet, j'avais senti en cet homme une forte personalité... intériorisée. Il semblait avoir beaucoup de bagage, une expérience qui lui avait appris de nombreuses règles de vie... tel penser avant d'agir.

Comme pour me contredire, je fus tiré de mes méditations par les paroles de celui-ci:

Ekei – Je ne sais pas si vous êtes déjà allés visiter ce quartier, mais je pense que vous connaissez l'endroit mieux que moi!

Assez surpris de la remarque, je laissai paraitre poliment et légitimement mon étonnement

Ekei – Je ne suis pas kiréen d'origine.

Hum... donc déjà de nouvelles informations. Voilà en effet un trait qui parlait de lui même. Une constante recherche d'apartenance, un sentiment de rejet, plusieurs hypothèses pouvaient être faites sur les conséquences de cette nouvelle. Pourrais-je retrouver un peu de moi dans ce shinobi?

Tout en réfléchissant à cela, je me contentai de leur fournir quelques indications ici et là. Remarquant tout de suite la prise en main de la situation par Hayashi, je fus soulager de voir que je pouvais arreter de chercher dans mes maigres souvenirs. Depuis mon choix de devenir ninja, je m'étais en effet peu déplacé dans Kiri. J'avais été proscris à m'entrainer.

Le chemin se fis donc tout seul. Conduit par notre guide, elle fus agrémentés de discutions ici et là. Rien de bien intéressant, on sentait que personnes n'étaient encore assez à l'aise pour aller bien loin dans ce qu'il disait aux autres, et je me contentai de parler vaguement de ma famille, du compositeur de génie qu'était mon père, de ma tante, une joueuse de flute dans un grand orchestre de Konoha. Des informations pour détendre l'atmosphère, non pour impressionnée. Je m'étais limité dans mes paroles, pusiqu'un bon parleur sait aussi laisser parler les autres.

Nous arrivâmes donc finalement à la fameuse maison.C'est en constatant les dégâts que je réalisai ce que je m'envenais faire... j'allais réparer tout ça? J'étais déjà fatigué rien qu'à y penser.

Mais il était trop tard, la décision était prise et, déjà, le client approchait et nous lança tout de suite ces paroles:

Ida – C'est vous, l'équipe 3?

Du genre molosse, la combinaison âge avancé/large carure me fis aussitôt penser à Osamu. Concentré à effacer ces images de ma tête, je n'eu même pas le temps de répondre.


Ida – Je suis Noburo Ida, fils de guerriers depuis l'origine du monde. J'espère que vous serez à la hauteur de mes attentes!

Puis après nous avoir indiquer l'emplacement des outils

Ida-Je sors en ville pour acheter quelques provisions, tacher de ne pas détruire ma maison en mon absence !

Sur ce il partit, et nous de commencer le boulot. Nous nous dirigeâmes vers une grange. Celle-ci était, comme nous l'avait dit l'homme, rempli d'instruments qui nous serait utile. C'est en regardant ceux-ci que je réalisai dans quel merdier j'étais: je n'avais aucune connaissance dans le domaine. J'étais un intellectuel, pas un manuel. Vraiment, je ne savais comment j'allait me trouver une utilitée.

Koda -Si ça vous déranges pas, j’irai faire le toit. Il suffit juste d’aligner des tuiles, non ?

Profitant de l'ocasion, je rajoutai:

Akihko - Hum... cela ne serait-il pas plus judicieux d'y aller tous ensemble et de faire chaque travail en groupe? Un travail du genre doit surement mieux ce faire à trois... et doit surement être plus agréable ainsi.

Tout en attendant la réponse, je pris une masse, ne sachant si je m'étais completement trompé d'outil pour la réparation d'un toit et me demandant de quoi j'avais l'air. Puis, je rajoutai:

Akihko - Pour réparer le toit, il faudrait déjà aller ramasser les tuiles répartis dans le jardin, à moins que vous en auriez vue des neuves dans cette grange. Si ce n'est pas le cas, je peux aller m'en occuper pendant qu'un de vous deux.... trouve l'échelle.

En effet, j'avais beau regarder autour de moi, et j'avais un oeil en général assez bon, je ne trouvais cette foutu échelle. S'il ne la trouvait pas... je ne sais pas pour eu, mais moi il n'y avait aucune chance que je puisse atteindre le toit avec mes déficiences motrices...

MessageSujet: Re: [Mission D] Quelques réparations.   Mar 8 Mar - 21:21

Eh bien. Voilà une mission qui commençait bien. La demeure d'un guerrier plus proche de l'ours que de l'humain qui nous abandonnait à nos occupations à réparer sans indications précises, des outils vieux et usés... Mes deux camarades semblaient aussi enthousiastes que moi. Autant dire que les débuts allaient être laborieux!

J'avais quelques rudiments en matière de construction. J'avais rénové de nombreux toits dans mon village, bien que certains d'entre eux fussent de chaume, et j'avais appris, du moins théoriquement, à clouer du plancher. J'avais tenté ainsi d'estimer rapidement la durée des réparations, mais ça n'était pas aisé. Une bonne demi-journée devrait nous suffire pour arriver à bout de la toiture. La galerie, c'était autre chose.

Mais enfin... Chaque chose en son temps, puisque les autres étaient déjà prêts à se mettre au travail. Koda me fit sourire: il avait déjà attrapé un seau plein et de quoi changer les tuiles dans la grange qui nous avait été indiquée. Akihiko, quant à lui, avait l'air moins à l'aise avec le choix de ses instruments que Koda.

Me revinrent alors à l'esprit les informations qu'il avait données à Liori lors de notre première rencontre. Il provenait d'une famille d'artistes. Je ne m'inquiétais pas pour ses capacités, mais j'avais toutefois peur qu'il se fasse du souci à ce propos.

Vint la question de l'échelle. Qui me fit sourire. Un ninja demandant une échelle! Puis, je pensai à le rassurer un peu. Nous devions travailler de concert.

Ekei – Ne t'en fais pas, Akihiko, on va se débrouiller sans. En s'appuyant sur la rambarde de la galerie, on pourra te hisser sur le toit.

Il me regarda, et j'essayai d'interpréter ce tir fulgurant des deux yeux. Interloqué? Je ne pensais pas. Peut-être se ravissait-il à l'idée de mettre enfin à profit l'esprit d'équipe qu'avait invoqué, à mi-mots, notre nouveau sensei. Cette idée-là me paraissait déjà plus crédible, et je décidai de l'archiver dans un coin de ma cervelle.
Puis il hocha la tête, en signe d'accord. Un progrès.

Ekei – Pour les tuiles, Koda en a dégotté là-bas, il doit en rester. Celles dans le jardin doivent être dans un piètre état.

Un peu dans le même état que celui d'un corps humain qui se serait jeté d'une falaise par temps orageux. Il aurait été balloté violemment par les vents, un peu caressé par la fulgurance de la foudre, puis, au choix, précipité au sol ou éclaté sur les rochers. Le résultat aurait été le même : des petits morceaux de corps humain, saupoudrés comme la neige couvre l'herbe en hiver.

Je m'abstins toutefois de faire part de ce cheminement particulier à mon coéquipier. Je n'avais déjà guère réussi à me montrer suffisamment éloquent – malgré mes tentatives certaines – pour en plus passer pour une personne à l'équilibre mental pour le moins douteux.

Koda était déjà parti à l'assaut du toit, et grimpait agilement, en s'accrochant, comme je l'avais prévu, aux piliers qui soutenaient la toiture de la galerie. Le bruit de ses pieds sur les tuiles abimées du toit m'avait sorti de mes rêveries. Et le regarder grimper aisément m'amena à une considération rassurante: ce serait plus aisé que ce que j'aurais imaginé.
Il faut dire que je n'avais pas une envie folle de réparer cette bicoque. Je le faisais surtout pour créer des liens avec ceux qui seraient mes camarades.

Ekei – Allez, c'est parti, Koda nous attend et il déborde de vitalité! On va s'occuper vite fait bien fait de ce toit, et ce sera parfait.

J'avais essayé de me montrer convaincant et motivé. Et le jeune ninja, face à moi, se rendit compte aisément que, justement, j'essayais. En un mot simple, c'était raté.

Grimper sur le toit nous prit à peine quelques minutes. Koda avait attrapé les paquets de tuiles que le Nao et moi avions apportés, puis nous avions aidé Akihiko à monter. Koda l'avait attrapé par la main, je l'avais hissé en lui faisant la courte échelle. Des shinobi, faire la courte... Il fallait d'urgence que je me mette plus sérieusement que ça à travailler l'adhérence. Marcher sur l'eau, c'était pratique. Grimper aux murs, ça l'était encore plus.

Une fois arrivé à bon port, je jettai un oeil à l'artiste, tout sourire.

Ekei – Tu vois, on s'en sort sans échelle!

Et, hop. Au boulot.

MessageSujet: Re: [Mission D] Quelques réparations.   Sam 2 Avr - 4:34

Ekei – Ne t'en fais pas, Akihiko, on va se débrouiller sans. En s'appuyant sur la rambarde de la galerie, on pourra te hisser sur le toit.

Outch... ouais... me hisser sur le toit...

Ma crédibilité était en chute libre.

J'hésitais donc mentalementsur l'attitude a prendre. Je n'étais pas une personne qui protégeais stupidement son orgueil à tout prix, mais, devant des ninjas, ces hommes que j'avais vu trop souvant humilier mon père, j'avais une certaine réserve. Après tout, n'étais-je pas moi même ninja pour monter dans leur estime, pour prouver que j'étais capable de me tailler une place dans cette institution?

Je devais donc éviter les humiliations au meilleurs de mes capacités.

En même temps, rejeter son offre serait bien trop sec, si peu subtil. Il fallait raffermir les liens. J'avais fait une erreur, mais il ne fallait pas empirer mon cas en tentant de la réparer.

Adoptant durant ce court temps de réflexion une visage le plus crypté possible, j'en profitai pour, en même temps, sonder les yeux de mon interlocuteur, découvrir SES pensées. Ses intentions semblaient noble. Cela confirma mon choix.

J'hochai donc de la tête.

Une si grande difficulté à prendre un choix si simple... mais bon, c'était voulu, chaque action était déterminante de l'impression que je donnais.

Ekei – Pour les tuiles, Koda en a dégotté là-bas, il doit en rester. Celles dans le jardin doivent être dans un piètre état.

Donc au final j'aurais pu me la fermer et ne pas avoir l'air d'un con. Mes paroles n'avaient servit à rien. Il fallait vraiment que je commence à apprendre à m'enfermer dans le mutisme ninja...

Nous montions donc. Bien entendu, j'avais l'air d'un sac de patate malhabile qu'on aidait péniblement à monter à coté de leur ascesion agile et rapide.

Ekei – Tu vois, on s'en sort sans échelle!

...

Bien que je ne sentais aucun ton hautain dans ses paroles, j'aurais aimé qu'il ne remu pas le couteau dans la plaie non plus... Surtout que sa tentative de motivation cachait à peine son propre marasme...

Bref, l'humiliation était finie, et il fallait passer à autre chose: les réparations.

Cette fois, il ne fallait pas échouer.

Je fis donc mine de contempler les alentours, comme peu habitué de monter si haut... ce qui était totalement faux, ayant visité quelques tours d'observations aux paysage beaucoup plus surprenant que ce que j'avais sous les yeux, et, pendant ce temps, je regardais du coin de l'oeil ce que faisait mes coéquipiers. Je voulais faire vite, car il ne fallais pas qu'ils voient ce geste comme de la paresse. Au pire des cas, il mettrait ça sur le compte de "l'artiste en extase" ou quelque chose du genre, mais il fallait s'assurer qu'ils n'associaient ça qu'à un étonnement d'un court instant. Lorsque j'eu une assez bonne idée de ce qu'il fallait faire, je me mis à effectuer à peu près les même actions qu'eux. De façon moins habile, c'est sûr, mais, au moins, je le faisais...

Et nous continuâmes ainsi quelque temps. Le travail était monotone et, étant assez habitué du geste pour l'effectuer sans une trop grande concentration, je décidai d'utiliser cette période de quiétude à profil.

Akihiko- C'est fou tout de même, le réalisez-vous? Nous faisons maitenant partie d'une équipe de ninja! Je me rapelle encore comme si c'était hier de mes débuts dans la grande maison des shinobis... on a quand même fait un bon petit bout de chemin!

Faisant une courte pose, pour séparer mon entrée en matière de la vrai question, j'ajoutai ensuite:

Akihiko- D'ailleurs, je me suis toujours demandé, moi qui fût formé par mon oncle...c'est comment, l'académie de kiri?

MessageSujet: Re: [Mission D] Quelques réparations.   Mer 13 Avr - 21:41

Eh bien.

Après avoir scruté le visage de mon camarade, je m'étais senti gêné l'espace d'un instant. Les mouvements presque imperceptibles de ses traits, comme ceux des grains de sable perdus sur une dalle, chahutés par une brise faible au bord de l'expiration, avaient laissé transparaître une vexation légère. Apparemment, mes mots, qui n'avaient comme objectif que de mettre en confiance, n'avaient pas eu l'effet escompté.

Ils l'avaient à première vue plutôt découragé, vexé. Et, lorsque je tentai de les repasser en revue, je m'aperçus qu'ils n'avaient pas été délicats, mais plutôt malhabiles. Et, pour un artiste, cela devait être plutôt vexant, je le comprenais amplement. Il fallait négocier le virage, et essayer de ne pas chuter.

Ces considérations, plus que nécessaires, m'étaient heureusement venues lors d'un moment d'égarement de l'artiste, ou d'un moment de contemplation. Bref, d'un moment où il laissait parler ces capacités d'ouverture à un monde de couleurs et de sons que je lui enviais, la sensibilité artistique. Mais heureusement, j'avais pu émettre mes pensées tranquillement. C'était en quelque sorte une phase préparatoire aux travaux.

Préparatoire … Je parlais là de moi et de l'artiste. Koda, plein de son enthousiasme débordant, et qui était si utile à l'ambiance de l'équipe, était déjà au boulot. Il clouait, détuilait puis retuilait. Assez efficace, apparemment !

Alors qu'Akihiko et moi saisissions nos outils, ce dernier s'extasia à nouveau de notre appartenance à cette équipe. Il me faisait sourire à chaque élan de … gratitude, ou de joie, qu'il laissait courir dans l'air lorsqu'il nous adressait la parole. Il avait l'air transcendé par cette vie au sein d'un groupe. Il devait sûrement y aspirer, intensément. La volonté d'être reconnu. De sentir son corps plongé au sein d'un réseau, attaché à chacun, évoluer avec l'autre, et gravir la pente tous ensemble.

Je le comprenais, parce que j'aspirais à la même intégration. Mais mes objectifs me semblaient différents – bien que je ne me sois pas assez interrogé à ce propos. Le destin de mon père était l'écharde dans ce trône qu'était ma vie présente. Il m'empêchait d'en profiter pleinement.

La question d'Akihiko faillit m'échapper, mais je parvins à rattraper ses dernières bribes au vol.

Ekei – Eh bien... Je ne suis pas vraiment en mesure de te répondre, désolé !

Gêné, je passai mon bras derrière ma tête. Puis regardai un peu partout autour de moi. Car j'allais devoir livrer un petit bout de ma vie. Et ça, vraiment, je n'en était pas friand.

Ekei – En fait, je ne suis pas passé non plus par l'académie. J'ai été pris en charge par … Un ami de mon oncle.

J'avais eu une hésitation légère, lorsque j'avais évoqué Takeshi. Mon oncle, ou ma manipulation? Il m'avait tellement trompé avec ses histoires, ses illusions, ses décors magnifiques, que je ne savais plus où j'en étais.

Puis, m'aperçevant de la similitude de formation entre Akihiko et moi, je souris en lui disant :

Ekei – Apparemment, la voie du shinobi est une affaire de famille pour nous !

Il sourit un bref instant. Un effort de plus. Puis, je me rendis compte que Koda nous attendait. Le pauvre empilait des tuiles depuis quelques temps déjà, seul, et avait déjà bien avançé la besogne. Son enthousiasme débordant avait dû prendre le pas sur son jeune âge, et il s'était mis au travail sans rechigner. Et nous, qui étions plus âgés, le regardions faire les bras croisés, pris dans notre discussion.

Koda me faisait sourire. Il me rappelait les moissons à Hitsume. Toute la marmaille était réquisitionnée. Une proposition équitable : la paire de claque ou la moisson. Mais l'ambiance s'en trouvait transfigurée. Il me vint un peu de cœur à l'ouvrage.

Le lendemain, j'allais déchanter. Mais, pour l'instant, j'avais trouvé un groupe pour m'intégrer. Durant quelques temps, du moins.

MessageSujet: Re: [Mission D] Quelques réparations.   Ven 15 Avr - 2:42

À ma question, je n'eu qu'une seule réponse. Et pas vraiment celle que je m'attendais:

Ekei – Eh bien... Je ne suis pas vraiment en mesure de te répondre, désolé !

Intrigué, je regardai le ninja, qui semblait hésitant à en dire plus. Apparament, j'avais visé juste: cet homme était un homme de peu de mot. Il semblait rétissant à lever le mystère à son sujet. Ses pensées étaint scellés d'un cadena à double tour. Cependant, crocheter ces serrures était ma spécialité.

Ekei – En fait, je ne suis pas passé non plus par l'académie. J'ai été pris en charge par … Un ami de mon oncle.

Hum, un passé commun, donc. Encore une fois, les réflexions faites au début de la journée semblaient se concrétiser. Ce shinobi semblait avoir de nombreux points en commun avec moi. Cela voudrait-il dire que les liens se tisseraient facilement entre nous? Je l'espérai.

Ekei – Apparemment, la voie du shinobi est une affaire de famille pour nous !

...

Hu hu...

Parfais.

Il ne me percevait vraiment pas comme un Nao.

Je ne pouvais demander mieux.

Je manifestais donc ma joie par un sourire, ne faisait qu'altérer celui-ci. Il fallait transparaitre une joie fourbe en une joie naive. Changé une satisfaction de l'ignorance de mon interlocuteur par une satisfaction complice envers lui.

Puis, tiré de mes pensées, je vis le jeune Koda, qui, n'ayant pas entendu ma question, avait continuer de travailler pendant ce temps. Cependant, là, il nous attendait. Pas politesse, je me remis donc au travail.

Ne pouvant m'en empêcher, mes pensées revinrent tout de même sur les derniers mots de Yasuki. Sans le savoir, il venait de dire des mots lourds de sens à mon sujet. Ils évoquaient les Sayori. Cette famille si loin de moi, que je n'avais que trop peu connu. Cette famille de ninja modelle. Puis, immanquablement, mes pensées vaguabondèrent vers Osamu.

Je ne pourrais en échapper. Je ne pouvais oublier cette journée...

Je restai donc silencieux tout le reste de l'après midi et je me contenta de travailler, redoublant même d'effort. Je tentait d'oublier par le travail. Sans succès.

Cela nous permis cependant d'avancer plus rapidement et, lorsque vint la nuit, nous avions enfin finit le toit. Nous descendîmes, fier de notre travail. Me faisant encore aider par mes confrères pour la descente, je me répétai que ce serait, au moins, la dernière fois que ma crédibilité en serait affligé de la sorte. Nous n'aurions surement plus à remonter, par chance...

Puis, choisissant un endroit encore intact du jardin, nous allions nous y installer. On pris le temps de faire un petit feu, avec les branche arrachées ici et là par la tempête, puis, on s'y assit.

Je pris donc un des petits sacs attachés après ma ceinture pour en sortir un simple sandwich. Avec cela, je pris aussi ma gourde attaché sur le même vêtement.

Le travail était terminé pour aujourd'hu, et on pouvait se détendre, je me décidai donc à rompre le silence en donnant le coup d'envoi à la discution. Cela allait mettre un peu de vie durant le repas.

Akihiko -Ah... on peu se féliciter, on a fait du beau boulot aujourd'hui. À ce rythme, on finira les travaux en un rien de temps.

Je mordai dans mon sandwich, pris le temps de mastiquer et rajoutai:

Akihiko- Mais, maintenant, c'est le temps d'un repos bien mérité.

Je fis un grand sourire à mes camarades.

Akihiko- D'ailleurs, on pourrait peut être reprendre les présentations quelque peu manqué de ce matin. Pourquoi vous etes-vous lancer dans la voie de ninja? Toi, Yasuki, on ne l'a jamais su au final.

J'adressai mon plus beau sourire ma cible. Je savais l'effort que cela pourrait lui prendre, mais j'avais aussi aperçu sa volonté de créer des liens, comme moi. Il était dans une impasse et allait surement me répondre.

Je voulais creuser en dessous de la carapace de ce Yasuki.

MessageSujet: Re: [Mission D] Quelques réparations.   Jeu 21 Avr - 13:29

[Désolé pour le temps de réponse]

Le jeune Hayashi s'était enroulé dans une épaisse couverture, et avait commencé à somnoler, son regard voguant entre la lumière douce mais chaude du feu, et le noir profond de la nuit qui gagnait du terrain. Il avait l'air exténué. D'ailleurs, ses yeux papillonnaient.

Il était celui qui s'était le plus investi dans cette … tâche. Une tâche, plus qu'une mission, mais enfin. Il avait passé la journée à travailler d'arrache-pied, bien plus qu'Akihiko et moi, soi dit en passant. Après s'être rapidement restauré, il avait vite sombré. J'avais l'impression que, désormais, il dormait.

Je me mis moi aussi à contempler le feu. La température était fraîche, mais le flamboiement puissant que nous avait préparés le Nao nous permettrait de passer la nuit sur place, s'il s'avérait nécessaire qu'il en soit ainsi.

Les flammes léchaient le ciel. Elles montaient, creusaient leur profond sillon au travers de l'obscurité, telles des lames sur lesquelles jouaient les rayons de la lune. Le pire des traîtres, et le meilleur des alliés. Le rayon sur la lame et la lame elle-même, le feu réchauffant et le feu dévorant. Cette vue me berçait, me reposait. Je laissais mes yeux jouer d'eux-même avec les tonalités allant du jaune au rouge, et la pointe de bleu, diffuse et discrète, qui se logeait en son cœur.

Ils se mouvaient seuls, parvenaient à se déplacer avec les couleurs qui les attiraient le plus, en totale liberté. Chacun suivait l'autre, bien entendu, mais ils arpentaient la nuit comme des voyageurs égarés qui attendaient de la lumière qu'ils observaient tout au bout du chemin un abri ou un réconfort quelconques.

Malgré mes errements, le silence commençait à me peser. Toutefois, je n'avais pas les capacités nécessaires à briser la glace. Mon angoisse d'être mal compris, comme cet après-midi, me tenaillait, formait autour de moi une muraille : elle me protégeait, certes, mais m'empêchait aussi de jeter un œil à l'extérieur.

Le premier assaut vint de la voix de l'artiste, et je l'en remerciai intérieurement. Il me questionna à propos de la raison qui m'avait poussé à prendre du service dans le village shinobi de Kiri no Sâto.

Devais-je répondre? Je voulais m'intégrer à cette équipe, bien entendu. Mais le but que je poursuivais de toute mon ambition dévorante, de tout le goût doux-amer de la vengeance, pouvait-il se flatter d'être mélangé à des liens tissés lors de ma formation? Ces liens, ne seraient-ils pas des obstacles à accomplir ce que j'appelais de tous mes voeux?

Finalement, je me décidai à laisser de côté ces interrogations. J'allais me dévoiler, un petit peu. J'allais livrer quelques grammes de moi, juste de quoi percevoir les grands traits de mon personnage, de saisir un peu les tenants et les aboutissants de mes réactions et prises de position.

Ekei – Je suis fils de marchand.

Un bon point de départ. Plus que quelques pavés, et la route qui m'avait menée au village caché serait, dans ses grandes lignes, retracée pour mes camarades. Enfin, surtout pour Akihiko, car Koda avait l'air, désormais, de dormir, du sommeil du jeune travailleur exténué par une journée d'efforts.

Ekei – Mais … J'ai rencontré quelqu'un, un oncle, qui a pris ma formation martiale en main.

Les mots avaient la plus grande des difficultés à sortir de moi. Je les renégociais à chaque instant. Chaque mot qui était lâché gagnait une position particulière dans la construction de cette histoire partielle. En outre, il fallait que je parvienne à mettre de côté mes réels intérêts, tout en laissant de quoi construire une histoire crédible, sans être non plus un mensonge.

Ekei – Cet oncle m'a, comment dire … Encouragé à venir le rejoindre ici. Il était recruteur à Kiri. La suite, vous la connaissez, je pense ! J'ai accepté.

Je tentai de sourire. Éclairé par la lumière vacillante du feu, ce sourire passa plutôt pour un rictus, d'angoisse, ou d'inquiétude. Je n'étais jamais à l'aise lorsqu'on me demandait de me dévoiler. Je détestais laisser filtrer des morceaux de moi. Mais, au contraire, j'adorais écouter les histoires des autres. J'affectionnais par dessus tout leur proposer mon aide pour résoudre leurs ennuis.

J'aimais écouter, je n'aimais pas parler. Ou seulement, parler pour faire parler.

Prépare toi, l'artiste, voilà la réplique. Le contrecoup arrive.

Ekei – Et toi, Akihiko? Tu es devenu ninja pour prouver quelque chose à quelqu'un?

Lors de sa présentation, il avait beaucoup parlé. Énormément, même. Comme s'il cherchait à se justifier devant nous, ne sachant rien de nos propres histoires. J'espérais seulement ne pas avoir été trop brutal dans mes propos. Enfin … L'artiste n'avait pas l'air fragile, de prime abord.

MessageSujet: Re: [Mission D] Quelques réparations.   Ven 22 Avr - 3:38

Chaque phrase, chaques mots, semblaient être arrachés de force au ninja devant moi. J'avais tapé dans le mille. Il était au pied du mur. J'avais écraser le dur fruit, et je pouvais recueillir quelque goute de son essence.

Les gouttes sortaient une à la fois, mais je me disais que l'attente vallait le coup, que de toute ces fausses éclaboussures sortirait surement le pur jus.

Ce ne fus pas le cas.

Il avait dévié l'escenciel. Par son "la suite, vous la connaissez!", il avait omis le plus important: son motif. Bien que l'histoire de son entré dans la famille des shinobis était intéressante, ce que je voulais savoir, c'était sa motivation. C'est avec cela que je pourrrais mieux le connaitre... et ainsi utiliser cette information pour le charmer, pour m'en faire un allier.

Je voulais de ces alliers. Je voulais être heureux, tout de même, en m'entrainant dans cette voie. Je voulais aussi qu'ils me percoivent comme un des leurs. Je voulais écraser leurs idées préconsus, la prison de dérision qu'il avait bati autour du nom Nao.

Ce n'était pas une question d'honneur, mais bien de leur prouver qu'ils avaient tord.

Tout simplement.

Mes pensées revinrent rapidement sur les mots de mon interlocuteur. Le plus surprenant dans tout ça, c'était la curieuse contradiction. Si j'avais bien compris, il avait dit qu'il avait été pris en charge par un ami de son oncle, alors qu'il venait de dire que c'était son oncle qui avait accomplit cette tache. C'était peut être une question de subtilité... ce n'était peut être pas un mensonge...

Mais bon, il me fallait maintenant passer à autre chose car, en évitant l'assaut, il avait tenter une réplique.

Ekei – Et toi, Akihiko? Tu es devenu ninja pour prouver quelque chose à quelqu'un?

La réponse était facile. Je pouvais y répondre sans me compremettre, et ce sans dire le moindre mensonge.

Akihiko- Et bien, je vous l'ai déjà dit, non? Je me suis lancé dans cette voie pour une simple quête d'aventure.

Et puis, s'ensuivi ma maligne tactique.

Je regardai Koda, comme réalisant qu'il dormait. Ensuite, je fis mine d'hésiter. Je démontrai une forte résistance.

Comme si j'avais perdu le combat, mes yeux démontrèrent une certaine mélancolie. Je m'ouvrais, c'était le temps des confidence.

En vérité, au pris de ce maigre sacrifice, Je tentai de m'approprié sa confiance.

Akihiko -Disons aussi que... j'aimerais bien briser la croyant générale. J'aimerais prouver qu'un Nao peut, lui aussi, être un ninja. Que c'est possible.

Je regardai Yasuki, un triste sourire au levre, puis, d'une voie douce:

Akihko - Mais, toi, Yasuki, tu ne m'as toujours pas dit qu'elles sont les raisons qui te pousse à devenir ninja, à progresser dans cette voie toujours plus pénible. Tu n'es aller qu'en surface, mais, au fond de toi, qu'est-ce tu pense obtenir de tout ça? Pourquoi risquer ta vie, passer de pénible jour au service de Kiri, à t'entrainer, à obéir, à accomplir nombre de missions?

MessageSujet: Re: [Mission D] Quelques réparations.   Mar 3 Mai - 20:00

La discussion commençait à évoluer. Des maladresses initiales, telles les pas de danseurs malhabiles, il ne subsistait que les lointaines ombres, qui se perdaient peu à peu dans le noir de la nuit, éclipsées – ou dévorées – par les flammes aveugles de ce foyer qui nous réchauffait.

La température tombait, petit à petit, degré par degré, comme les grains de sable d'un sablier brisé en son coeur : autant dire qu'elle tombait et avec elle, toute ma belle confiance en moi. Akihiko était entré dans mon petit jeu – ou était-ce lui qui l'avait lancé ? Toujours est-il qu'il feintait, attaquait, se retirait, puis revenait à la charge.

Il avait parfaitement senti que cela me gênait de me dévoiler sur ma vie, et pourtant, cela ne le freinait pas. Il continuait d'oser, de questionner, d'interroger. Cette lutte verbale était décidément bien étrange. Ou étais-je le seul à l'aborder comme telle ?

Il avait, lui, livré un bout de sa vie. Un tout petit bout, un petit copeau de rêves et de passé, mais un copeau qui pesait apparemment bien plus qu'il n'en avait l'air. Je m'interrogeai un instant à son propos. Que voulait-il dire par là ? Je n'étais pas kiréen de souche, je ne connaissais pas les histoires familiales qui régissaient le village. Je me promis de saluer cet effort de confiance de la part de ce nouveau camarade en décidant d'aller faire un tour à la bibliothèque.

Nao, hein. A noter, à creuser, et à vérifier.

Puis vint la phrase qui m'ébranla quelque peu. Tentait-il de me pousser dans mes derniers retranchements ? En lançant les thèmes de l'obéissance à des missions, des injonctions, la soumission à de pénibles entraînements, il avait lancé la machine à réfléchir. Le pouvoir était le concept qui me torturait le plus, en mon for intérieur.

Que faire des relations de pouvoir ? J'avais extrêmement de mal avec l'autorité. Je ne savais jamais comment me comporter vis à vis d'elle. Apprendre, lui prendre, ou renoncer et lui en remontrer ? Toujours est il que j'avais besoin à l'heure actuelle de ce qu'elle pouvait m'apporter. Si je voulais retrouver mon père, lui parler un peu.

Cas de conscience, mon grand, c'est inquiétant. Cas de conscience, et doutes vermeils.

Comment lui répondre ? Que lui dire ? Comment me justifier ? J'hésitai un long instant. Enfin, en mon moi intérieur. J'essayai de paraître sûr de moi, pour ne pas trop me trahir. Je n'avais plus le choix: ne rien lui dire, ce serait le frustrer, et perdre une chance de sortir un peu de mes connaissances habituelles, de mes fréquentations traditionnelles.

Il me fallait du nouveau, des trous au vilebrequin de la connaissance dans l'os dur de ma boîte crânienne pour faire circuler l'air dans mon cerveau, des coupures au rasoir dans mon abdomen pour vider mes tripes de leur angoisse.

Vlan. Va pour le masacre.

Ekei – Je ne me considère pas comme soumis. Je ne fais qu'apprendre ce que d'autres plus puissants que moi dans leurs domaines peuvent m'apporter. Je me soumets à leurs missions pour en tirer un profit, pour connaître mon corps et mon esprit.

J'avais du mal à ne pas partir dans des digressions trop marquées. Mon problème principal avait souvent été de parvenir à exprimer avec justesse ce que je pensais. J'avais peur.

Tellement peur ! Une peur panique, celle que l'on me comprenne mal, que l'on se méprenne sur mes pensées, mes idéaux, sur le sens de mes actes !

Du coup, je révélais de mon être des parts intimes sensées rassurer l'auditeur. Des grandes idées, de beaux concepts, de quoi bâtir un cadre clair pour ma cervelle et son contenu. Mais, justement, j'en déballais toujours trop. Et en en déballant trop, je troublais mon auditoire.

Je ne savais pas ce que pensait l'artiste après ma phrase. Peut-être que cela le faisait bien rire, tus ces concepts maladroitement énoncés, pour lui, qui connaissait la musique et le rythme des mots, leurs couleurs et leurs sons.

Je ne devais pas rester là-dessus. Regardant autour de moi, comme pour vérifier si personne d'autre n'allait reçevoir la lourde miette que je m'apprêtais à laisser choir, je lâchai :

Ekei – J'aimerais beaucoup revoir ma mère, à Hitsume. Et surtout … Surtout, essayer d'aider mon père. Qu'il redevienne ce qu'il était avant.

Me levant brutalement, je fis quelques pas autour du foyer. Il m'avait eu, et je n'avais pas creusé assez, je n'avais pas su résister, ou même lui imposer mon rythme.

J'étais extrêmement déçu. De moi même.

MessageSujet: Re: [Mission D] Quelques réparations.   Sam 7 Mai - 7:07

Ekei – Je ne me considère pas comme soumis. Je ne fais qu'apprendre ce que d'autres plus puissants que moi dans leurs domaines peuvent m'apporter. Je me soumets à leurs missions pour en tirer un profit, pour connaître mon corps et mon esprit.

Il essayait encore d'esquiver.

Mais il avait commis une faute.

Jamais je n'avais directement parlé de soumission. Lorsque j'avais mentionné le risque de perdre sa vie, je pensais plutôt à la peur que cela entrainait. Lorsque je parlais de pénibles jours, d'entrainements, de missions, je pensais à l'ennuit, à l'épuisement. Il n'y avait que lorsque j'avais parler d'obéissance que je faisais allusion à la soumission.

C'est pourtant la seule chose qui avait accroché son esprit.

Une information qui, bien qu'elle n'en avait pas l'air, en cachait une autre bien iplus ntéressante. En sachant la conséquence qu'avait eu ma question par sa réponse, je pouvais déduire le résonnement qu'i y avait eu entre les deux. Si Yasuki ne m'avais pas menti, il venait au moins de me parler d'un sujet longuement réfléchi. Ce cher Ekei a, ou avait eu, un certain problème avait ce qu'il appelait la soumission.

Je ne pus continuer sur cette lancé, car, alors que je croyais la discution morte, un geste de mon interlocuteur attira mon attention. Yasuki, répétant un scénario semblable à la mise en scène que j'avais joué, se mis a regarder aux alentours. Une seule différence différenciait cependant ses gestuelles des miennes: dans son cas, elles semblaient sincères. Il était entrain defaire un grand effort, et j'espèrais que le résultat en soit comparable.

Ekei – J'aimerais beaucoup revoir ma mère, à Hitsume. Et surtout … Surtout, essayer d'aider mon père. Qu'il redevienne ce qu'il était avant.

J'avais réussit.

Après plusieurs tentatives, j'avais finalement réussit à avoir l'information voulu. Une information si chère à mes yeux. Une information qui me permettait de pousser ma vision de l'esprit ninja. Yasuki avait finalement ouvert son coeur, et le contenu était plus qu'intéressant.

Cet homme n'était pas un shinobi habituel. Ces motivations étaient nobles. Ni désir de vengence, ni désir de gloire, non, plutôt un cri du coeur. Il voulais retrouver une famille perdu. La nouvelle me frappa. La pomme n'était pas encore pourrie. Yasuki était un ninja humain. Un ninja sain.

Puis, comme pour infirmer mes dires, il se leva, et, tel un névrosé en pleine crise, tourna autour du feu. Durant quelque instant, je le regardai, encore surpris, les yeux grands ouverts. Puis je me repris, par chance, avant qu'il puisse me voir.

Je fus subitement pris d'une grande pitié. L'homme qui était devant moi portait un bien lourd fardeaux. Devant moi, j'avais un infecté, un infecté qui allait se transformer en un autre de ces démons que je détestais tant, et j'avais le pouvoir de le sauver. Son mutisme allait le conduire à sa perte. De ses belles valeurs, il ne resterait plus qu'un goût amer, un vide à combler. Sa soufrance justifierait ses actes, ses vices. Devant moi se tenait un homme sur le point de briser.

Pauvre Yasuki. La discution lui avait fait prendre des choix qu'il regrettaient, maintenant. Il se sentait perdu, perdu dans son incompréhension. Sa confusion envers lui même. J'avais peut être trop forcé l'aveu...

Je figeai.

Une pensée me vint.

À la lumière de mes réflexions, j'analysai ce qu'il venait de ce passer.

Yasuki n'était pas le seul qui avait mal agit.

J'avais dévoilé mes motivations à un shinobi.

Pire, voilà à peine quelque secondes j'avais vu cela comme mineur. J'avais eu un si grand désir de creuser au fond du coeur de mon coéquipier que j'avait jugé cette information comme insignifiante. Bien sûr que Yasuki ne semblait connaître les Nao, mais cette information pouvait tout de même tourner mes actions en ridicule s'ils venait à l'oreille d'un autre ninja. Cela pouvait balaillé tout mes efforts de reconnaissance. J'avais pris un grand risque...et, après tout, qu'est-ce que j'en avait a foutre de me rapprocher de lui!?

Était-ce un besoin d'avoir un allié dans ce monde hostile? Où est-ce que je me fourvoyais sur mes propres motivations?

Qu'est-ce que je voulais vraiment en devenant ninja? Racheter l'honneur de la famille ou tout simplement ne jamais vivre l'humiliation que mes ancêtres avaient vécus?

Pour une des rares fois dans ma vie, je sentais perdre le controle de moi même. Je me sentais perdu.

Je devais mettre fin à cette discution.

Akihiko- Bon...désolé, je crois que cette discution est aller beaucoup trop loin. Je suis bien heureux que tu te sois ouvert, mais je ne voulais pas te faire tant de mal. Peut être qu'une bonne nuit de sommeil arrangera tout ça... bonne nuit, Yasuki.

Un triste sourire ultime, et je me coucha aussitôt.

Mettre de l'ordre dans mes idées.


Dernière édition par Akihiko Nao le Ven 3 Juin - 19:42, édité 1 fois

MessageSujet: Re: [Mission D] Quelques réparations.   Ven 3 Juin - 18:55

La danse était donc à mi-temps. Le temps sourd, et celui plus léger et aigu.

Sur le temps sourd, le lourd pied empiète sur le terrain de l'autre, arrachant avec ses questions des vérités à peine dissimulées. Sur le temps aigu, on se retire délicatement, on panse les blessures, on temporise. La discussion s'était muée en un entrelacs de ces différents pas. Un pied, puis l'autre. Le seul problème, c'est que cette discussion se déroulait sur le rebord d'une falaise qui, peu à peu, s'effritait. Les graviers tombaient dans la mer, et, petit à petit, la remplissaient. Une vision d'apocalypse que cette masse aqueuse se remplissant de terre.

Si bien que lorsque la discussion chute, ce fut comme si nos pas, devenus uniquement des pas lourds et sourds, nous précipitaient dans le vide, pour s'écraser dans ce mélange étrange. Nos doigts gourds faisaient de nos corps des voyageurs sans retour. La profondeur de l'eau, sa caillasse raide et désespérante, nos sautaient au visage comme la nuit nous saisit. Elle nous attrapait l'esprit, comme la muselière attrape la gueule du chien : il est bloqué, l'esprit, le chien. Il n'avance plus, et reste là où il est, vaincu, et désespéré.

J'avais l'impression curieuse de me trouver à la place de ce chien. Je me sentais défait. Mais apparemment, Akihiko s'interrogeait, lui aussi. Lui aussi devait sentir ces petits gravillons se détacher de la falaise et entendre leur bruit lorsqu'ils percutaient la surface de l'eau. Si bien qu'il décida d'arrêter le massacre. D'éviter de faire le grand saut, d'envoyer tous nos efforts balader. De mettre fin à notre tendance, un petit peu risible, à la dramatisation de la discussion, de nos rapports. Et se coucha aussitôt, enroulé dans sa couverture.

Me dirigeant doucement vers les limites du jardin, là où nulle palissade ne gardait l'accès aux étendues de la mer, je plongeai mon regard dans tout ce noir, dans toute cette obscurité, et essayai de percevoir la ligne de rupture entre le ciel et la mer. Je mis de côté cette discussion avec l'artiste, pour profiter pleinement de la solitude nocturne, celle là même que j'appréciais tant, celle là qui fournissait un manteau de sûreté et de tranquillité. Toutefois, le bruit des vagues qui se fracassaient sur les flancs du village caché m'intriguaient. J'avais toujours vécu à l'intérieur des terres, et les deux seuls bruits qui venaient perturber mes errances nocturnes étaient la douce voix du vent, qui courrait avec moi dans les sous bois, et celle de la rivière, avec laquelle je jouais régulièrement, et qui aimait à se frayer tout contre mon corps un chemin glacial, parfois seulement froid.

Mes jambes plièrent délicatement, et je m'assis face à cette mer qui restait cachée. Je commençais, petit à petit, à discerner cette limite que je voulais tant trouver. Le ciel était un tout petit peu plus clair que cette mer qu'il toisait de haut. J'allais tout détailler délicieusement. Au fur et à mesure que le jour se rapprocherait, je verrais petit à petit chacun des nouveaux rayons accrocher la vague qui lui était destinée : comme le retour du front du valeureux samuraï qui pénètre à nouveau dans son domaine, et retrouvant sa famille. Un contact doux, plein de sentiments. C'est cela que j'aimais dans ma nouvelle vie. Pouvoir ainsi surprendre ces retrouvailles timides. Et me perdre à refaire ma vie.

A comprendre où j'avais trébuché.

Plus que quelques heures, désormais. Je ne souhaitais pas dormir. Je savais très bien que cette discussion m'avait empli d'adrénaline, et que je ne pourrais trouver un repos serein. Je serais bien plus efficace pour les dernières réparation si je ne dormais pas. J'aurais tout le temps de me rattraper plus tard. Pour l'instant, je me ressourçais, j'exerçais mes mots, mon corps et mon esprit. Je passais en revue mes actes en tant que shinobi, mes luttes et mes connaissances, je réfléchissais à mon avenir.

Dans quelques heures, je me lèverais, j'irai chercher de quoi manger au marché du coin, puis ensuite je reviendrais, nous finirions ce travail, et nous serions libres de retourner voir Liori, satisfaits de ce premier travail en équipe. Qui serait, à n'en pas douter, un succès. Pas forcément glorieux, mais, au moins, utile.

***

Je jetai un coup d'oeil à mes deux compagnons. L'artiste avait l'air parfaitement éveillé. Quant à Koda, il semblait encore un peu fatigué. Il faut dire qu'il avait passé une journée active.

Ekei – Hé, vous deux ! J'ai fait de quoi manger !

J'avais réutilisé l'endroit que nous avions aménagé pour y faire un feu et préparé de quoi tenir le coup. J'avais fait le tour du propriétaire. Nous avions bien avancé. Le toit était fini, ou presque. Le jardin devait être déblayé, mais cela ne devrait pas prendre trop de temps à faire. Et enfin, il faudrait réparer la galerie. Ce serait le plus délicat, mais, en travaillant bien, nous aurions fini au soir. Je fis part de ces observations à mes deux camarades qui se restauraient, et ils acquiescèrent. Ils avaient fait les mêmes. Profitant d'un moment d'inattention du plus jeune, je me penchai vers l'artiste.

Ekei – Hier, c'était hier, hein.

Puis je me levai rapidement, me hissai sur le toit. Une vingtaine de tuiles à replacer, et un dernier coup de marteau à frapper, et c'en serait fini de cette partie. Je scrutai, avant de commencer, le jardin dévasté. Il faudrait redresser les deux lanternes de pierre, enlever toutes les branches brisées, et redresser quelques palissades, mais ce serait fait rapidement. Je me concentrai donc sur le toit, le temps que mes compagnons terminent leur repas. Mes membres n'étaient pas très fatigués, ils tenaient le coup.

J'en étais assez fier. Depuis que j'étais arrivé à Kiri, mon corps s'endurcissait. Il devenait plus solide et plus endurant. Un jour, je serais à même de ramener mon père du bon côté. Ou alors de m'occuper de sa vie, s'il se montrait plus stupide que ce que j'aurais prévu. Advienne que pourra, comme disaient les anciens, superstitieux.

MessageSujet: Re: [Mission D] Quelques réparations.   Sam 4 Juin - 5:17

À mon réveil, je me sentais en pleine forme, prêt à faire face au travail qui nous avait attendu toute la nuit. À mon réveil, le monde semblait beau, simple, n'ayant pour seul soucis que de finir ce travail.

Puis, rapidement, le cerveau se mit en branle, et ce fût à la mémoire de se réveiller. Les souvenirs de la soirée d'hier revinrent et, avec elles, l'angoisse.

Ce n'était pas une angoisse de peur ou de regret. Non, c'était une angoisse de confusion. La même angoisse qui pouvait au cœur prendre les philosophes néophytes. L'angoisse d'un homme perdu, qui souffre à voir son monde, pourtant en habitude si clair en son esprit, s'effriter et devenir de plus en plus flou. Mes propres motifs n'étaient plus aussi limpides que je le croyais. Que faire alors, lorsqu'on doute de nos intentions même?

Ekei – Hé, vous deux ! J'ai fait de quoi manger !

Quoi faire? S'arranger pour continuer à vivre, en mettant en attente toute volonté plus poussé. Pour l'instant, seul importait de finir cette mission tout en ne faisant rien d'irréversible. Je devais passer à travers cette journée et, après, lorsque j'en aurais le temps, je pourrais réfléchir à me redéfinir. Présentement, par contre, ce n'était ni le moment ni l'endroit.

Je m'assis donc, puis me contentai de remercier Ekei pour le bon repas. Je mangeai calmement ce même repas dans le silence. Je m'assurai cependant de ne projeter aucun ennui ou calme. Pour eux, présentement, j'étais juste silencieux...

Lorsque le Yasuki nous parla de la suite des événements, je me contentai de répondre poliment, simplement. Je restai normal, tout en ne m'investissant pas plus qu'il ne le fallait.

En même temps, intérieurement, je ne pu m'empêcher de l'observer minutieusement. Il semblait serein, il agissait, lui aussi, comme si de rien n'était. Je me demandais même s'il avait décidé d'oublier la journée d'hier.

Je me trompai, cependant.

Alors que le moment semblait le plus propice, que le jeune Koda semblait distrait, Ekei s'approcha de mon oreille et chuchota:

Ekei – Hier, c'était hier, hein.

Non, définitivement, il n'avait rien oublié.

Moi, ce que je voulais, présentement, c'était de continuer la mission, tout en restant en bon termes avec mes coéquipiers. Ce fût donc pour cette raison que je dis nonchalamment, sur le même ton bas, sans même me retourné vers lui:

Akihko- Je ne sais même pas de quoi tu parles...

Ne sachant qu'elle réaction ma phrase eue sur lui, je le regardai se hisser sur le toit et continuer seul le travail. Il ne restait pas grand chose et Koda et moi eurent finit de manger à peu prêt au moment où Ekei eu finit le toit. Puis, alors qu'il descendait, parlant assez fort pour que mes deux compagnons m’entendent, je proposai d’enchainer avec la galerie, puisqu'il serait plus intelligent de commencer la journée par le plus complexe, alors qu'on avait encore toute notre énergie.

Ainsi, à peine quelques minutes plus tard, nous étions maintenant afférer à réparer la galerie. J'étais aussi inexpérimenté que pour le toit et, pour cette raison, je devais encore les regarder faire avant de commencer. Je ne pouvais cependant avoir l'excuse du paysage, et ce fut pour cette raison que j'inventai une histoire stipulant que j'avais trouvé quelques défauts sur les outils que j'avais utilisés lors de la dernière journée. Cela me permit donc d’aller « vérifier s'il n'en avait d'autre dans la grange ». Je parti donc aussitôt, avant que l'un deux n'ai la brillante idée de vérifier l'outil en question...

À mon retour, ils avaient commencé activement les travaux et, alors que j'avançais lentement vers eu, je pu avoir une idée de ce qu'il fallait que je fasse. Ne restai plus qu'à dire que je n'avais malheureusement rien trouvé et à m'introduire dans leur travail.

La journée était belle aujourd'hui. Ensoleillé, chaude, mais supportable. C'était le genre de journée de travail qui faisait le comble d'un simple d'esprit.

J'essayai de vider ma tête, de ne penser qu'à ce que mes mains faisaient. À n'être qu'un ninja faisant des réparations sous un doux soleil.

Tentative vaine. Je ne pouvais en échapper. J'étais condamner à me compliquer la vie, à laisser aller mes pensées vers une multitude de choses à la fois, toutes plus complexes les unes que les autres.

J'étais condamné à rester Akihiko Nao.

MessageSujet: Re: [Mission D] Quelques réparations.   Sam 4 Juin - 20:20

La galerie était une pièce magnifique. La rambarde de bois sculpté avait été endommagée par le vent et les vagues, mais elle restait debout, solide et inflexible. A l'instar d'un puissant garde, elle tenait, droite et puissante, gardant la porte de la demeure de son maître. La finesse de ses ornements était un régal à l'oeil. Dans le plus pur style du pays des vagues.

L'espace d'un instant, je revis Hitsume. Ses maisons biscornues, ses toits cependant conformes à la tradition séculaire, sa place large, silencieuse comme le cimetière puis soudain, au retour de la caravane de Sui, bruyante et vivante, cathédrale de couleurs, de sons, d'odeurs, de corps proches et d'effervescence. L'architecture d'Hitsume était moins riche, et chacun avait tout bâti de ses propres mains. Cette maison-ci avait probablement été dessinée avec l'aide d'un maître charpentier, une des professions les plus importantes. Chaque latte avait été ajustée à la perfection, chaque lambourde bien pensée. Le parquet devait chanter de sa propre voix. Devait, avait. Car tout avait été tordu par la tempête.

J'avais mésestimé les dégâts, tout comme j'avais mésestimé l'apparence passée de cette maison. Elle devait être une des plus riches de ce quartier, et son jardin avait sûrement été conçu dans le but de ravir les sens. J'avais du mal à relier l'individu massif qui nous avait accueillis au propriétaire raffiné de cette maison, mais je ne devais pas me laisser surprendre. Après tout, pourquoi pas ? Le luxe et le raffinement étaient de très bons vecteurs pour oublier les problèmes et les rigueurs de la vie de guerrier, à vivre sur les routes, dormir à la belle étoile, et plus encore, souiller la lame éclatante et finement ornée du katana du sang poisseux et rouge de son adversaire, la rencontre du fer avec le fer.

Tirant mon esprit baladeur et hagard de ces considérations esthétiques peu utiles pour la mission, je me reconcentrai alors sur ce que j'étais en train d'accomplir. Il fallait tout d'abord réajuster les lambourdes, mais, pour ce faire, il faudrait enlever le plancher. Cette maison allait probablement perdre un peu de son cachet. Mais les maîtres charpentiers étaient rares, le samuraï avait dû se rabattre sur les services d'une équipe de jeunes shinobis pour temporiser. Je me souvenais de cette période où mon père avait accueilli dans sa caravane ce charpentier : cet homme leur valait un succès certain à chaque étape. Surtout dans les villes où la riche populace abondait.

Akihiko s'écarta un moment, prétextant la volonté de changer d'outil pour s'éclipser jusqu'à la grange. Je lui faisais confiance, je n'avais pas vu l'outil en question. Mais son ton me faisait hésiter. Décidément, je n'étais pas au bout de mes surprises avec l'artiste. Ce prétexte me donnait envie de creuser à nouveau sous sa carapace. Je me retins toutefois, nous devions avancer un peu. Regardant Koda qui commençait à attaquer le parquet, je souris et vins lui prêter main forte. Le garçon était efficace, n'hésitant pas à jeter toutes ses forces dans la mission au rabais que ses supérieurs lui avaient imposés, et cela me plaisait. Il n'hésitait pas à se dépenser pour ce qu'il estimait être bon pour lui.

Ekei – Ne fais donc pas tout tout seul, attends moi, ou tu vas mourir d'épuisement !

J'avais essayé de le faire rire, ou même sourire. Le rire ne vint pas, mais j'acquis sans trop de peine un sourire. Je n'avais jamais été très doué pour développer une ambiance chaleureuse, mais mes efforts du jour devaient être respectables. Peut-être cherchais-je à rattraper les erreurs de la journée d'hier. D'ailleurs, ma tentative de mise à part des difficultés avait suscité une réaction de la part du Nao, une réaction qui m'avait fait sourire.

Bien que nous ayons dévissé la veille au soir, les cordages avaient tenu bon, et même, s'étaient resserrés. Un bon point, en somme.

Soulevant délicatement une de ces magnifiques planches de bambou, du même acabit que celles que mon père troquait autrefois – ou troquait toujours, qu'en savais-je ? - , je mis à jour les lambourdes fatiguées. Certaines étaient même tordues, voire fendues. Je décidai de me diriger à mon tour vers la grange, d'y prendre le matériel qui nous manquait, afin de gérer ce problème. Il suffirait de clouer les nouvelles à la place des anciennes après les avoir débitées. Besogne accomplie en une bonne demi heure de travail acharné.

Ekei – Tout va bien, Aki ?

Je m'étais autorisé le diminutif pour tenter un rapprochement. J'avais l'impression qu'il souffrait d'être bloqué ici à devoir travailler le bois, alors qu'il pourrait être ailleurs, à accomplir d'autres choses bien plus intéressantes. A s'entraîner, par exemple. Tout comme moi, en fait. J'aurais aimé, aussi, devenir plus fort. Apprendre toujours plus, me spécialiser, m'entraîner. Pour pouvoir le retrouver, lui coller quelques baffes, et le remettre dans le droit chemin. Enfin, faire de lui l'honnête homme dont mon cher Hitsume avait besoin.

L'intéressé ne répondit que vaguement, se contentant de hocher la tête : il était occupé à clouer une de ces lambourdes, à clouer tandis que ses yeux voguaient dans le vague d'un évanescent ailleurs. Un rêveur. Soit deux. Soit des embrouilles, car je connaissais très bien ce trait. Je ne m'épuisais que trop à essayer de rattraper sans cesse ma tête, celle-là même qui s'échappait discrètement dans les limbes de la pensée, entraînant avec elle ma motivation et mon activité.

Je pris un court instant de pose, et m'assis sur le tas de vieilles lambourdes que nous avions démontées : elles étaient semblables aux os brisés de la maison, qui s'étalaient sur le sol. J'évaluai rapidement le reste du travail. Il serait bientôt midi, nous devrions sûrement manger avant de finir la galerie. Puis, nous devrions sérieusement nous occuper du jardin. Dans ce domaine comme dans les autres, j'avais mésestimé l'ampleur des dégâts.

Ida – Alors, les jeunes, je vois que ça travaille dur !

La masse d'ourelets pourpre et or, un sabre admirable passé à la ceinture, venait d'entrer dans le jardin, par le grand portail. Sourire large, épaules levées, cheveux noués en chignon, et … Un repas pour trois transporté dans un sac en papier porté par ses mains plus que massives. J'en fus estomaqué. J'imaginais que dans un village caché, les hiérarchies sociales étaient aussi immuables, mais apparemment, la population aimait prêter main forte à ses shinobis, et, à plus forte raison, à la foule d'aspirants qui formaient les lignes de demain.

Ida – Vous devriez faire une pause et manger un peu, vous m'avez l'air exténués. Et que pourrais-je dire au Satsubatsu, si je vous ramenais en morceaux, moi, hein ?

Sur ce, il affecta un faux air sérieux, puis, tournant les talons, repartit en ville, où des affaires plus importantes l'appelaient à corps et à cris. Nous nous tûmes un instant, encore surpris de cette intervention plutôt amusante.

Puis, nous nous précipitâmes sur le repas. Le travail fatiguait, décidément.

MessageSujet: Re: [Mission D] Quelques réparations.   Ven 10 Juin - 20:16

Nous avions avancé convenablement les travaux. Le matin avait passé à une vitesse fulgurante. Mon esprit vaguant ici et là, je n'avais eu aucune notion du temps et, si ce n'était un mouvement continuel de mes mains, ou une soudaine question d'Ekei, je ne me souvenais de rien. Je ne me souvenais même pas si je lui avait répondu, à cet Ekei, d'ailleur.

La raison de cet égarement, je ne saurai l'expliquer. En fait, oui, je saurais...ou du moins, je pourrais tenter une réponse.

J'eu l'impression que, en voulant me concentrer sur le travail, sur le présent, en voulant départir mon esprit des questionnements reliés à la soirée d'hier, j'avais laissé vaguer mes pensées ici et là, perdant en quelque sorte contact avec la réalité. Si ce genre d'envol avait toujours fait partie de ma vie, j'avais toujours tout de même gardé un solide lien avec le présent, le concret, permettant de me souvenir de chaques détails et d'être prêt à revenir pleinement dans un état de conscience normal à la moindre question, ou tentative de discution, de la part d'autruis.

Mais là... ce ne fut le cas.

Peu importe, c'était passé, et cela m'avait permis d'avancer les travaux toute la matiné sans en ressentir d'ennui.

Maintenant, j'étais bel et bien sortie de cet état rêveur. Ce qui en avait été la cause? Une voix mi étrangère mi familière, que j'avais déjà entendu sans vraiment connaître le propriétaire. Une voix imposante, qui sait se faire écouter...

Ida – Alors, les jeunes, je vois que ça travaille dur!

C'était le propriétaire, revenu, aparament, nous dire bonjours.

da – Vous devriez faire une pause et manger un peu, vous m'avez l'air exténués. Et que pourrais-je dire au Satsubatsu, si je vous ramenais en morceaux, moi, hein ?

Sur ce, notre repas était arrivé. Et oui. Le sympatique géant venait de nous apporté un délicieux repas pour trois, intéressant prétexte pour la pause. Parti aussi vite qu'il était arrivé, il nous laissa dégusté le met, calmement.

Le repas commença silencieusement. C'était volontaire, aussi. Je n'avais pas envi de parler. Je redoutais même le moment ou ce Yasuki allait faire une autre tentative foireuse de sociabilité à la Hayate. Mais, à bon grand contentement, tout semblait calme.

Mais, le calme, dans un moment comme celui là, j'avais pris l'habitute de l'endosser. À trop parler, on prend pour personnel un moment de silence. On se dit qu'on est enuyeux, que les AUTRES doivent nous trouver enuyeux. On ne se rend pas compte que les autres ne parle pas non plus...

Cependant, ayant mangé particulièrement rapidement - le travail avait plus que creusé ma faim - , j'avais finis avant les autres. Je me relevai donc et commançai à balayer, travail qui allait faire avancer les choses et qui, en même temps, me permettait d'engager la conversation.

Akihko- Je me demandais... c'est quoi, vous, votre spécialité en combat? Je veux dire... on a tous des points forts, des domaines plus dévelopées, on ne peut etre bon en tout et on mise sur certaines qualités ou stratégies. Il serait bon de connaître les forces de chacuns, de façon à se completer..

MessageSujet: Re: [Mission D] Quelques réparations.   Dim 19 Juin - 16:06

Ce repas était étrange. Silencieux, à l'instar de l'enterrement lambda, mais aussi tendu. Tout comme ce même enterrement, mais avec sa particularité : la lutte des fils pour l'héritage, tels des requins. La tension et l'hésitation. Des nuances de sentiments et d'ambiances qui se rencontraient, se percutaient, se mêlaient en échangeant des particules, puis repartaient chacune de leur côté, profondément semblables et profondément modifiées à la fois. Décidément, mon esprit avait vocation à voguer le long de chaque petite stimulation, de chaque remue méninges sentimental ou de chaque perturbation des affects.

En fermant les yeux, j'étais à même de sentir ces petites perturbations des sentiments, ces mouvements discrets, ces quantités infimes qui passaient discrètement entre chacun. J'aimais partir à la chasse de ces perturbations de l'ambiant, mais cela me faisait parfois peur. C'est pour cela que je ne me risquai pas à briser le silence qui pesait à l'instant sur ce repas, un des derniers, probablement. Autant conserver ce qui avait été construit, et ne pas risquer plus dans la grande loterie des relations humaines. Et de sa bêtise, aussi, mais je m'estimais plutôt bien tombé.

Akihiko avait mangé vite. Son appétit semblait dévorant. Peut-être se sentait-il mal, à rester assis en nous attendant, peut-être se sentait-il gêné. Toujours est-il qu'il se remit rapidement au travail. Il avait sûrement envie d'en finir au plus vite : il ne restait plus grand chose à faire en effet, puisque nous avions fini la galerie, qu'il était en train de nettoyer. Mais il avait sûrement envie de se distraire pendant son labeur, puisqu'il lança la discussion sur nos spécialités respectives.

Sujet épineux, s'il en était.

Je ne savais comment aborder le sujet. J'avais été formé à l'usage du sabre par Takeshi et ma mère, je savais maîtriser mon arme avec la dextérité nécessaire, mais je manquais tout de même de force. Face aux meilleurs escrimeurs, je ne faisais le poids. J'avais aussi été formé à diverses techniques, des mains nues aux armes les plus exotiques, par le géant et connaissance de mon père, Hakuseki Toshiro. C'est la cape qu'il m'avait donnée, rapiécée mais toujours efficace face au froid, que je portais. Je m'étais montré bon élève, mais je n'étais pas suffisamment robuste pour prétendre à recevoir un enseignement complet de la part du mercenaire. Enfin, Kasuo m'avait recueilli à mon arrivée dans le village caché, et enseigné les bases de l'art du ninjutsu, que je travaillais encore régulièrement avec lui. Je pouvais donc penser que ces techniques que je tentais d'acquérir étaient ma spécialité, mon atout.

Ekei – Eh bien, pour ma part, j'étudie le ninjutsu avec un ami de mon oncle. Mais je n'en suis qu'à mes débuts !

Puis, posant machinalement la main à ma ceinture, là où se trouvait habituellement ma chère Tsuru, maintenant réceptacle des sentiments les plus contradictoires, telle une boîte de Pandore vouée à semer une mort rapide et brillante, je pris à nouveau la parole. Un peu désarçonné par l'absence de la lame, malgré tout.

Ekei – Et j'ai quelques compétences martiales. Tsuru ne me quitte que rarement !

Je me sentais quelque peu gêné d'avoir parlé ainsi. Mes mots me semblaient lourds, un peu trop solennels. Je n'avais jamais su bien parler de moi. L'artiste avait dû, comme à son habitude, déceler cette gêne. Ce qui me poussa à réfléchir un peu plus, sur ce que je pouvais amener au sein d'une équipe. Je visualisais mes muscles, mon corps, mes mains, mais je ne parvenais pas à trouver ce qui pourrait être un avantage de plus.

Avant de parvenir à cet organe complexe, que j'avais cultivé et développé dans mon enfance, grâce à toutes ces oeuvres que … Que Sui ramenait de ses multiples voyages. Penseurs, philosohes, poètes, chansonniers, militaires, romanciers, peintes, j'en avais lu de nombreux. J'avais tenté aussi de réfléchir à leurs idées, leurs mots, leurs utopies et leurs rêves. Ces lectures et cette capacité de réfléchir, n'était-ce pas un avantage exploitable au sein d'une équipe ?

Ekei – J'ai beaucoup lu, aussi.

Je n'en dis pas plus, et me tournai vers le Nao. Lui aussi devrait nous dévoiler ses compétences. Je ne lui posai pas la question, mais je l'interrogeai du regard. Tout en saisissant un râteau et me dirigeant vers le jardin dévasté, afin d'offrir une seconde vie à cette triste épave. Afin d'accomplir enfin les volontés de notre nouveau sensei, afin de nous ouvrir les portes du monde des shinobis. Et de progresser vers mon objectif. Et sauver Sui.

Drôle de contexte pour de telles discussions, s'il en était !

MessageSujet: Re: [Mission D] Quelques réparations.   Sam 22 Oct - 1:36

Et une autre question lancée par le Nao. Légère, cette fois, par contre. Sans aucunes arrières pensées. Une question légitime, qui plus est. Ce fut surement pour cette raison que j’eu une réponse rapide et simple de la part du Yasuki. Une réponse simple mais aussi toujours empreinte de doute et de regret. Cependant, je commençais à le comprendre. On ne pouvait l’évité, c’était une marque de commerce de mon coéquipier. Tout de même, cette fois, le sujet était plus légitime et j’eu ma réponse sans trop forcer.

Ekei – Eh bien, pour ma part, j'étudie le ninjutsu avec un ami de mon oncle. Mais je n'en suis qu'à mes débuts !
Donc un débutant en ninjutsu… quel pouvait être la définition d’un débutant pour ce ninja? Aux yeux de plusieurs, moi même, je resterai pour longtemps un débutant du ninjutsu. Pourtant, j’avais quatre ans d’entrainement derrière moi! Mais bon, la question avait surtout un but social et la réponse, bien qu’intéressante, n’était pas si importante.

Ekei – Et j'ai quelques compétences martiales. Tsuru ne me quitte que rarement !

Par son mouvement, mais aussi par déduction logique, je compris qu’il parlait de son arme. Il savait donc se battre à l’arme blanche. Si, pour certains, cette information apparaissait comme évidente de la part d’un ninja, elle ne l’était pas à mes yeux : moi, je ne savais me battre avec aucune arme. Tout au plus à mains nue. Voilà donc une faiblesse qu’Ekei pourrait compenser…

Puis, n’ayant toujours pas finis, le shinobi ajouta une dernière corde à son arc, peu banale pour un ninja…

Ekei – J'ai beaucoup lu, aussi.

Je le savais. Ekei n’était vraiment pas ce ninja ignare, vouant un culte au combat et à l’honneur. Il n’était pas l’idée que j’avais d’un ninja typique. Je ne sentais même aucunement ce sentiment de supériorité en cet homme plus âgé que moi, alors que j’avais souvent décelé cette certitude dans le cœur de jeune aspirant de dix ans. Ses motifs étaient beaux, ses actes réfléchis pour la plupart. À cette heure, je ne savais plus ce que je voulais réellement mais, peut importe ce que c’était, je pourrais peut être allé chercher quelque réconfort en cet homme en m’en faisant un allié. Je m’étais entouré de ce que je détestais le plus au monde : les ninjas. Je n’avais, jusqu’ici, trouvé personne à qui je pouvais faire pleinement confiance, personne avec qui je pouvais être moi même, être bien. Mon père était mort, j’étais devenu shinobi, il ne me restait personne. Peut être pourrais-je trouver un ami véritable en ce ninja de cœur et de bon sens…

Mais bon, là n’était pas la question… revenons au sujet du combat. Ainsi, Ekei était cultivé. Cependant, cette particularité était déjà assurée par quelqu’un du groupe : moi.

Ekei finit ensuite de manger puis vint m’aider. Tout ça en me faisant bien comprendre qu’il voulait aussi ma réponse à cette question. Tout en continuant mon travail, les yeux rivé sur celui-ci, je pris la parole, sur un ton aussi léger que l’avait été la question :

Akihko - Cela est une bonne chose que tu saches manier une arme, car le corps à corps m’est tout simplement hors de porté pour l’instant. Vois-tu, mon ancien sensei à concentré mon entrainement sur le ninjutsu. Ainsi, je suis à même de me protéger et de répliquer à distance, en me servant de quelque techniques aqueuses. J’ai appris à bien maitriser ces techniques, mais c’est tout ce que je sais faire en combat.

Je restai un moment silencieux, lâchai un doux petit rire puis enchaina :

Akihko -Cependant, disons que moi aussi j’ai beaucoup lu. Coté connaissance, j’ai beaucoup à apporté. De plus… je suis assez à l’aise à faire la conversation à quel que personne que ce soi. Ainsi, si, on ne sait jamais, nous avions besoin d’un diplomate un jour ou l’autre pour une quelconque mission, je suis votre homme.

Et c’était réponse. Simple, franche, elle cassait assez radicalement avec la discussion d’hier. D’ailleurs, à la différence de cette dernière, elle arrêta naturellement, laissant place à doux silence, sans gêne, ni malaise. On finit donc le travail calmement. Cela se fit tout seul.

L’homme revint, constata le travail. Il nous félicita, dit qu’il ferait part du bon service qu’on lui avait donné et nous donna chacun un fruit pour la route. Au final, l’homme avait été sympathique. Comme quoi il ne fallait pas se fier aux l’apparence. Aussi terrible que le colosse semblait être sur le champ de bataille il avait été charmant avec les jeunes shinobi qui venait lui prêter main forte. Je salue votre savoir vivre, cher Ida!

J’étais donc là, m’appuyant de mes deux mains sur le balais, entrain de regardé le résulta final, le toit, la galerie, le jardin en général. L’homme avait eu raison d’être satisfait : on avait réussit à faire du bon boulot. Je m’étais moi même surpris. Jamais je n’avais fait de gaffes monumentales. En fait, si je n’avais été aussi productif que les autres, la qualité de mon travail avait été comparable. Je me félicitai intérieurement. Si j’avais eu quelques humiliations, ma présence fut tout de même utile. Peut être qu’un jour mes lacunes physique disparaitraient pour de bon! Je souris à cette idée.

Non, quand même, il ne fallait pas rêver…

La mission était donc terminée. On avait accomplit « l’épreuve » lancé par notre sensei. Je regardai mes deux camarades. Lentement, un lien se bâtissait entre nous. Si je n’avais pu beaucoup parler à Koda, restait que la coopération dans le travail nous avait rapprochés. Pour Ekei, j’avais l’étrange impression que, malgré l’échange d’hier, une certaine amitié commençait à se forger. On faisait une bonne équipe. On était efficace, aucun différent ne semblait s’être interposé entre nous. Jamais je n’avais senti de compétition. Pourtant, j’avais craint une telle chose. Les ninjas veulent souvent dépasser les autres, être meilleurs, les humilier. Là, par contre, on avait fait du vrai travail d’équipe. J’aimais bien ces deux là. Oui, je pouvais le dire sans me tromper.

J’aimais bien ces deux ninjas.

Me gorge serrée par l’émotion, un beau sourire, emplit de sincérité, se dessina sur mes lèvres alors que je les regardai avancer. Cette constatation me plongeait encore plus dans l’incompréhension, mes repères semblaient s’écrouler, mais j’en étais heureux. J’avais trouvé de bonnes âmes dans ce monde de damnées. Ah… cela faisait longtemps que je n’avais été aussi joyeux. Ça ne pouvait finir ainsi.

Akihiko- Hé! Vous deux! Ça vous dirait d’aller fêter ça et d’aller manger un petit quelque chose? C’est ma tournée!
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