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 Chambre de Kitsuke / Maison de Seiki Naru

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MessageSujet: Chambre de Kitsuke / Maison de Seiki Naru   Ven 11 Mar - 18:42

► CHAPITRE 2 : Quand la nuit s'en mêle ◄
- Partie 1 -

[Kitsuke] – Noooooooooon……

Un cri paniqué déchira le calme de la nuit. En nage, le gennin s’était réveillé en hurlant, hanté par des rêves de son passé, des rêves à glacer le sang. Les larmes roulaient sur son visage, sans retenue. Les images, ces mêmes images, qui revenaient encore et encore. Il se leva et se dirigea vers la fenêtre qu’il ouvrit afin de laisser la fraîcheur nocturne sécher sa peau opaline. Kitsuke n’avait jamais pu se défaire de ce traumatisme car rien ne pouvait effacer une telle violence de sa mémoire, et comme à chaque fois, il maudissait son esprit de lui infliger ce supplice qui réveillait en lui l’insondable tristesse qu’il enfouissait au plus profond de son âme.

Alors qu’il reprenait le contrôle de ses émotions, il entendit les pas de Seiki dans le couloir de la maison. Rapides, presque précipités, ils venaient dans sa direction. Il avait toujours terré son passé car il ne voulait pas de la compassion des gens. S’il avait tout raconté à son Maître Kaoru Kusanagi, c’est parce qu’il était encore enfant et terrifié, et qu’il l’avait considéré comme sa mère durant toutes les jeunes années de son enfance. Aujourd’hui, c’était différent. Il ne souhaitait plus parler de toutes ces horreurs.

Seiki toqua à la porte de la chambre avant d’entrer sans attendre une éventuelle réponse de la part du jeune homme. Elle le trouva devant la fenêtre, perdu dans la nuit.

[Seiki] – Kitsuke ? Tout va bien ?

Il serra les dents et ferma les yeux en entendant la note de peur qui faisait vibrer la voix de la jeune kunoichi.

[Kitsuke] – Oui, ne t’inquiète pas. Seulement un mauvais rêve. Retournes dormir, tout va bien…

Seiki commençait à bien connaître le kuméen qui lui tournait le dos. D’ordinaire franc, il disait toujours ce qu’il pensait vraiment, mais là, quelque chose sonnait faux. Ne serait-ce que le fait qu’il ne l’avait pas regardé dans les yeux en lui disant ces mots prouvait qu’il tentait de la rassurer sans pour autant que tout aille bien comme il le prétendait.

[Seiki] – Tu es sûr ? Tu ne veux pas m’en parler, à moi ?

La corde sensible. Plus qu’avec quiconque, Kitsuke se devait d’être honnête avec la jeune femme qui avait tant pour lui. Et plus qu’un devoir, il pouvait se montrait honnête, authentique, sans retenue. C’était l’un des pouvoirs ensorcelant de Seiki. Il expira longuement, le regard au loin, vers les montagnes, avant de faire face à la gennin. Lorsqu’elle découvrit son visage, un air peiné se peint sur ses traits délicats. Elle vint s’asseoir sur le futon et l’invita à la rejoindre en tapotant le lit. Bien que crispé, il s’exécuta et prit place à ses côtés.

[Seiki] – Qu’y a-t-il ? Qu’est ce qui peut te mettre dans ces états ?

Kitsuke ne répondit pas. Torturé par ses sentiments, il ne savait que faire. Bien sûr que cela l’aurait libéré, de soulager son trouble, en laissant ses émotions franchirent ses lèvres. Mais était-il prêt ? Seiki se saisit alors de son visage et le força à la regarder dans les yeux.

[Seiki] – Ne te mures pas dans le silence…Parles moi…

Alors Kitsuke s’abandonna à la douceur et au ton rassurant de sa voix. Il ôta gentiment la main de la jeune femme de son visage, lui adressant un sourire triste. Ses mains entourèrent ses genoux repliés, et les yeux filant vers la beauté des cieux, il commença son histoire.

-----FLASHBACK-----
L’air était lourd ; les nuages, bas. La fumée qui s’échappait des forges mêlait sa couleur à la noirceur du ciel. Pas un souffle d’air ne se faisait sentir, rendant encore plus accablante la chape de plomb qui s’était abattue sur la vallée. L’atmosphère était suffocante, annonciatrice d’un violent orage. Le silence était oppressant. Pas un bruit. La nature elle-même semblait éteinte, spectatrice muette du courroux céleste à venir. Ce n’était pas pour rien que cette partie du monde avait été baptisé Kaminari No Kuni, le pays de la Foudre.

Seul le son des marteaux battant l’acier résonnait dans les airs. Ici, à la frontière de Konoha, un petit hameau avait vu le jour. Quelques années plus tôt, une famille de forgerons s’était établie à proximité d’une mine de fer découverte par hasard. Réputés pour la finesse et la qualité de leur travail, les Raïto développèrent vite de nombreux liens commerciaux avec les pays alentours, Kiri, Konoha, et bien entendu, Kumo. Malheureusement, si le commerce allait bon train, les relations diplomatiques entre les pays étaient pour le moins…tendues. Le Godaime Raikage, Kempachi Hemono ne voyait pas d’un bon œil que ses artisans participent à l’armement des pays frontaliers. Plusieurs fois, il demanda l’exclusivité sur les fabrications des Raïto, mais Satoshi, père de Kitsuke, chef de famille des Raïto, ne lui avait jamais accordé cette faveur.

Le ciel se faisait de plus en plus obscur alors que les noirs nuages s’amassaient au-dessus de la vallée. Il semblait évident que le hameau allait affronter la furie du maelström qui se préparait. Attentifs aux fluctuations climatiques imprévisibles de la régions, les adultes avaient vite senti que l’orage ne s’éloignerait pas avant d’avoir éclaté. Les nuages versèrent les premières gouttes et les enfants furent appelés à rentrer s’abriter. Satoshi, les bras chargés, arriva avant son fils et sa nièce. Ayant couvert le foyer de la forge, il s’en revenait avec les derniers sabres forgés. Les deux gamins n’était plus qu’à quelques dizaines de mètres des habitations quand les éclairs déchirèrent le ciel…et le chaos commença. Jaillis d’entre les arbres, un groupes de shinobis attaqua le hameau. Leur vitesse était hallucinante et il rattrapaient les enfants à chaque foulée. Tout se déroulait au ralenti sous les yeux du chef de famille. La démarche lumineuse de la foudre l’avait aveuglé une fraction de seconde, le forçant à cligner des yeux. Lorsqu’il releva les paupières, quatre ombres s’étaient détachées des arbres, fondant dans le dos des petits, inconscients du danger.


[Satoshi] – Shin…Cho…

La réaction fut immédiate. Ressentant le ton pressant et affolé de leur camarade, les deux autres hommes surgirent hors des bâtisses. D’un mouvement de tête il indiqua la direction des enfants et de leurs poursuivants avant de leur lancer à chacun un des sabres qu’il avait dans les bras. Le bruit des fourreaux glissant sur l’acier alerta les femmes qui sortirent à leur tour.

[Satoshi] – Hime !! Rukia et toi, prenez les enfants et abritez-les. Nous allons les retenir.

[Hime] – Non. Je viens avec vous. Rukia, protège les petits.

La mère de Kitsuke avait suivi la formation des shinobi au village de Kumo dans sa jeunesse, comme les trois hommes dehors. La peur pouvait se lire dans ses yeux mais elle ne tremblait pas. Elle ramassa un des sabres restants et s’élança avec ses compagnons. Ils dépassèrent rapidement Kitsuke et sa cousine, Sakura, qui furent presque aussitôt accueillis par les bras de la jeune femme restée en retrait. Enfin ils virent ce qui était à l’origine de l’agitation générale.
La vision de ses parents courant, sabre à la main, vers les silhouettes qui venaient dans leur sens fut la dernière que Kitsuke emporta avant que sa tante ne referme la porte de la maison.

[Rukia] – Ne bougez pas les enfants, je reviens tout de suite.

Elle s’en alla dans la pièce adjacente pour en revenir armée, elle aussi.

[Sakura] – Qu’est ce qu’il se passe, maman ?

La voix de la petite était tremblotante, victime qu’elle était de la frayeur qui l’étreignait. A ses côtés, Kitsuke demeurait figé, les larmes aux yeux, ne comprenant que trop bien la situation.
Le visage tendu de sa tante le confortait dans sa position. Que se passait-il dehors ? Pourquoi ses parents avaient-ils sorti les armes ? Qui étaient les inconnus ? Et surtout que leur voulaient-ils ? Tant de questions traversaient l’esprit du petit garçon terrorisé.

Le tonnerre rugissait à l’extérieur alors que des flashs lumineux explosaient au travers des fenêtres, projetant des ombres sinistres sur le sol parqué de la bâtisse. Et dans les brefs moments de silence que la nature impétueuse daignait accordée, le tintement de l’acier parvenait à leurs oreilles, avant d’être englouti par un nouveau maelström de fureur.

Rukia, la tante de Kitsuke, s’agenouilla et pris sa fille et son neveu dans ses bras, tentant vainement de les rassurer quand sa voix traduisait tout l’angoisse qu’elle ressentait. Venimeuse, contagieuse, cette peur s’instilla dans le cœur des deux petits qui fondirent en sanglots. Ils n’avaient pu résister à la tension, déversant leurs larmes comme exutoire à la terreur qui secouait leur poitrine.

La tempête semblait perdre de sa véhémence, là dehors, car les hurlements du vent et les détonations des colères célestes n’assourdissaient plus la vallée. Cependant, cela ne les rassura pas. Bien qu’ils aient retrouvé ce facteur de perception, une nouvelle angoisse les traversa ; le bruit de l’acier lui aussi avait disparu. Combien de temps restèrent-ils là, paralysé, Kitsuke n’aurait pu le dire… Quelques secondes, plusieurs minutes ? Le temps semblait s’être arrêté. Des bruits sourds leurs parvinrent depuis l’extérieur, des pas et des respirations haletantes. Rukia reprit alors le contrôle d’elle-même et poussa les deux enfants dans son dos. Elle se saisit de son sabre et fit face à la porte d’entrée, ultime rempart entre eux et ce qui se trouvait au-delà. Recroquevillés sur eux-mêmes, Sakura et Kitsuke avaient choisi de rester aveugle à la scène, pleurant intérieurement sur leur sort. Quand la porte de chêne explosa violemment sous le coup de pied d’un des agresseurs, le chaos éclata. Les petits hurlèrent de peur tandis que les noires silhouettes entraient dans la maison pour se jeter sur la jeune femme qui leur faisait face, katana à la main.

[Rukia] – Pas les enfants !! Par pitié, pas les enf…

Son cri plaintif fut réduit au silence par une lame qui traça un sillon carmin sur sa gorge. Elle tomba à genoux, s’étouffant dans un gargouillis alors qu’elle essayait d’endiguer la vie qui s’échappait d’elle, les deux mains plaquées sur sa jugulaire tranchée. Son assassin le projeta au sol d’un coup de pied méprisant avant d’enjamber son corps inerte.

Paralysé par la peur, Kitsuke et sa cousine était muet d’horreur, leur yeux incapable de se détacher du sang qui tombait goutte à goutte de l’acier qui s’avançait, promesse d’une mort imminente. Par deux fois la lame se leva et s’abattit, tranchant dans la chair innocente, faisant s’éteindre la vie.

Engourdi par le carcan de l’effroi, le jeune garçon ressentit tout d’abord une douleur sourde venant de son flanc qui explosa dans tout son corps en une lente agonie. Face contre terre, il avait vu les silhouettes repartirent à travers le voile qui obscurcissait progressivement sa vue. Sa conscience déclinante inhibait la souffrance, laissant place à la main glacé de la mort qui le happait lentement vers les ténèbres. Kitsuke se laissa glisser dans cette réconfortante torpeur, si douce, si accueillante…

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Seiki était restée muette d’horreur tout le long du récit. Comment aurait-elle pu se douter que le jeune homme avait vécu tant d’atrocités ? Lui d’ordinaire si calme, si gentil… Il pouvait paraître distant à première vue mais après le temps qu’elle avait passé avec lui, elle avait juste deviné qu’il était un peu mal à l’aise avec les gens, pas que son passé ait pu se révéler si tragique.

[Kitsuke] – En me réveillant j’ai découvert les corps de ma cousine, Sakura, et de ma tante, Rukia, dans une marre de sang. Je ne sais pas combien de temps je suis resté inconscient allongé dans le mien. Plusieurs minutes, quelques heures ? Vas savoir…J’étais gravement blessé, une longue estafilade le long des côtes.

Il étaya sa remarque en dévoilant la blessure. Sous l’aura de la lune, la longue cicatrice semblait briller, plus blanche encore que sa peau d’albâtre.

[Kitsuke] – Tant bien que mal, j’ai réussi à me remettre debout. Je voulais fuir à tout prix cet endroit de cauchemars. Je suffoquais tant l’air était imprégné de l’odeur du sang.

Il frissonna à l’évocation de se souvenir.

[Kitsuke] – Mais le pire, ce fut dehors. A quelques dizaines de mètres à peine, il y avait les cadavres du reste de ma famille, ceux de mes parents. Je n’ai pas pu aller voir. C’était trop pour moi. Je suis parti vers les montagnes, en quête de salut. Pendant plusieurs jours, j’ai erré, fiévreux, blessé, mourrant… Je mangeais des baies et des champignons quand j’avait un moment de lucidité. Le reste du temps, je délirais tellement que seul la pensée de mettre un pied devant l’autre me maintenait debout. Et là, d’un coup, au travers du brouillard de mon esprit, j’ai vu une maison. C’était le dojo de mon Maître. Elle m’a recueilli et soigné avant de m’enseigner son art. Je lui dois la vie, je lui dois tout.

Les larmes avaient de nouveau envahi ses yeux et roulait librement sur ses joues. Seiki posa tout d’abord une main compatissante sur son épaule avant de le serrer contre elle. Kitsuke se laissa aller dans la chaleur réconfortante de cette étreinte amicale, se laissant submerger par ces émotions si longtemps contenues. Il laissait sa peine se déverser par ses yeux, le corps agité de sanglots, tandis que Seiki murmurait à son oreille.

[Seiki] – Tout va bien, ça va aller…je suis là maintenant…


Dernière édition par Kitsuke Raïto le Mar 12 Avr - 21:00, édité 2 fois

MessageSujet: Re: Chambre de Kitsuke / Maison de Seiki Naru   Jeu 17 Mar - 8:01

Ce qu'avait vécu Kitsuke était horrible et je n'arrivais tout simplement pas à le croire. Voici le sort réservé aux gens jugés trop dérangeant.

[Seiki] – Je suis désolé pour tout cela...

Je l'étais vraiment. Au fond de moi, je savais pertinemment qu'un tel geste aurait très bien pu être poser par un Shinobi, même de notre village. Une mission restait une mission et nous avions la fâcheuse manie de fermer les yeux sur la demande et de l'exécuter. En même temps, nous étions formé pour cela et poser les questions n'étaient pas dans nos priorité, loin de là. S'il était inscrit, tue tout le monde, soyez bien certain que seul la mort du Shinobi saurait sauver la vie de sa proie... Malheureusement. Un acharnement utile sur les criminels, mais horrible sur les autres.

[Seiki] – Je ne suis pas la bonne personne pour comprendre ce que tu ressens, je n'ai jamais vu quelqu'un mourir devant moi, mais je sais que cela doit être terrible. Sorajiro, mon frère, en a aussi été victime.

Je ne savais pas quoi dire face à cette situation, tout ce que je vais faire c'était d'attendre... attendre que quelque chose se passe, mais rien n'arriva. Un lourd silence pesait dans la pièce, un silence qui me mettais mal à l'aise.

[Seiki] – Je sais que ce n'est sans doute pas la meilleure chose à dire, mais je ne sais tout simplement pas quoi dire...

Kitsuke saisit ma main que je venais de poser sur son épaule

[Kitsuke] – Ce n'est pas grave, il n'y a pas grand chose à dire de toute façon

Je baissais la tête, je n'avais pas envie de laisser cela comme ça. Peut-être se sentirai-t-il mieux si je lui racontait l'histoire de mon frère ? Je savais bien que cela n'étais pas la mienne, mais il est toujours agréable de savoir que quelqu'un d'autre quelque part partage notre souffrance... N'est-ce pas là le but premier des groupes de soutient ? Non, ce n'était pas le moment.

[Seiki] – Tu sais Kitsuke, je suis heureuse que tu m'aie fait part de cette partie de ton passé.

Il serra ma main de plus en plus fort, signe que la plaie était encore douloureuse


[Seiki] – Tu sais Kitsuke, cela fait maintenant un bon moment que tu résides chez moi à dormir sur ce futon et je commence à te cerner. Tu ne dois pas te laisser abattre par tout ça. Tu as du l'entendre des milliers de fois, mais essais d'utilisé ton passé pour forger ton avenir. Je sais que ce n'est sans doute pas ce que tu veux entendre et il n'y a pas de réponse toute faite. Je suis sincèrement désolé pour cela, mais sache que si jamais tu as besoin de quoi que soit, tu sais que tu peux venir me voir.


Un sourire se dessina sur mon visage et un ton d'humour prit forme dans ma voix

[Seiki] – J'espère que tu le sais, sinon tu ne serais pas couché sur se futon mais bien sur une pierre de la ruelle

Je devais l'avouer, le rouge lui allait très bien

[Kitsuke] – Désolé de m'imposer comme ça

Je lui frappais le front avec la paume de ma main... tout doucement

[Seiki] – Allons, cela me fait plaisir et puis, tu ne déranges personne, mon père est très heureux de t'accueillir et si mon frère à quelque chose à y redire, il va m'entendre passer

MessageSujet: Re: Chambre de Kitsuke / Maison de Seiki Naru   Lun 21 Mar - 13:05

► CHAPITRE 2 : Quand la nuit s'en mêle ◄
- Partie 2 -


Le carcan glacé qui avait enserré leurs cœur et leurs pensées commençait à fondre sous les rires de Seiki. Alors que Kitsuke sentait la douleur de son âme s’apaiser à la suite de ses révélations, la jeune femme se chargeait de dissiper les dernières traces de malaise à grand étalage de sourires chaleureux. Les paroles que sa bienfaitrice prononçaient était un réconfort pour le gennin. Cette douleur s’estomperait, un jour. Il en était convaincu maintenant. Cette rencontre avec la kuméenne était le premier pas vers la guérison, le salut de son esprit et la paix de l’âme. Comme il s’avérait simple d’ouvrir son cœur à la jeune Naru. Plus qu’une envie, c’était une pulsion qui vous prenait sans même vous laisser une infime chance de lutter. Les mots s’écoulaient de votre bouche en un flot que l’habituel rempart de vos lèvres ne parvenait plus à endiguer. Tel était le don de Seiki. Quoique ce n’était pas vraiment un don, plutôt une aura qu’elle exsudait par ses rires et sourires, le plissement de ses yeux et la chaleur de sa voix. Elle était la douceur, l’incarnation d’une chose que ce monde avait oublié.

Kitsuke lâcha la main de la jeune eisei assise à ses côtés. C’est à ce moment là qu’il vit à quel point elle était échevelée. Il n’avait aucune notion de l’heure qu’il pouvait bien être, mais ses cauchemars avaient tirés Seiki d’un sommeil profond. Il remarqua aussi comment la jeune femme serait son kimono contre elle, les bras autour des épaules. D’un mouvement souple, il se remit debout et se dirigea vers la fenêtre, restée ouverte durant la conversation. A mesure que Kitsuke en approchait, il pouvait sentir la fraîcheur nocturne mordre sa peau. Pourtant il ne la ferma pas tout de suite, observant le ballet des nuages poussés par un vent d’est sous l’œil opalin de la lune. Ils lui semblaient familiers, comme une représentations de ses propres sentiments, déchirés, torturés, emportés aux quatre vents…

Toujours assise sur le futon, Seiki regardait le jeune homme qui lui tournait le dos. Elle pouvait voir chaque muscle rouler sous la peau de son dos, alors même qu’il se tenait debout à la fenêtre, appuyé sur son rebord, mis en exergue sous le contraste que projetait le halo lunaire. Ses cheveux détachés tombaient sur ses épaules rendant des éclats du même bleu profond que ses yeux, lorsqu’ils accrochaient les rayons de la pâle lumière au dehors. Sa peau diaphane semblait absorber les rais célestes, devenant plus blanche encore.

Kitsuke détacha son regard de la beauté envoûtante de la lune pour le perdre dans le lointain, par-delà les murs du village. Il expira sa lassitude et Seiki vit ses épaules s’affaisser. Elle se sentit soulager de voir le jeune homme se détendre enfin.

[Kitsuke] – Tu sais…je n’ai jamais cherché les assassins de ma famille. Je n’ai aucun souvenir de leurs visages mais j’aurai pu dénicher des informations sur le commanditaire ainsi que sur les hommes qu’il avait envoyé. Mon Maître m’a appris à ne pas me perdre sur le chemin de la vengeance car il amène plus de mort et de souffrance encore. Elle disait que la vie est faites d’épreuves et que les grands Hommes étaient ceux qui traversaient ces épreuves pour en naître plus fort, en tirant une leçon de chaque coup qu’ils encaissaient…

Seiki écoutait silencieusement. C’était rare que le gennin parle de sa vie, de son passé, avant son arrivée à Kumokagure.

[Kitsuke] – J’ai tiré un enseignement de ma souffrance…Devenir fort…Non dans le but de me venger, mais pour éviter que cela se reproduise, pour défendre mes proches…pour ne pas perdre ce qui m’est cher, à nouveau…



Sans vraiment savoir pourquoi, la kuméenne sentait ses joues s’empourprer…Ainsi donc, il était aussi pur qu’il l’avait laissé deviner. Ce n’était donc pas une façade, un masque qui dissimulait la partie cachée de son âme… C’était aussi vrai qu’en quelques semaines, il avait trouvé sa place au village. Apprécié, respecté, il avait éveillé une franche sympathie auprès de toutes les personnes qu’il avait rencontré. L’exemple le plus explicite était celui de l’académie. Un jeune homme peu expérimenté qui se voit confier l’entraînement des aspirants, voilà qui montrait à quel point Kitsuke inspirait la confiance. Et comme chacun le savait, le doyen de l’académie lisait très bien dans le cœur des hommes et ne se trompait jamais quant à leur nature.

Le gennin se redressa et sa voix se fit plus froide plus douloureuse, comme si cela lui était difficile d’exprimer ses pensées, comme s’il tentait de se réprimer lui-même pour certains de ses sentiments qui l’effrayaient…

[Kitsuke] – Pourtant, à chaque fois que reviennent les rêves, je sens, au-delà de la tristesse, cette violence monter en moi. Des pulsions de haine, et de meurtre qui menacent de me submerger. Inconsciemment je dois penser à la vengeance, à trouver les assassins et les faire payer pour ce que j’ai enduré… Et je me rends compte à quel point cette voie semble facile, comment la tentation peut être douce et enivrante… Cette part de moi m’effraie… Je ne sais pas ce que je ferais si je rencontrais l’un des monstres qui hante mon passé… Arriverais-je à tourner les talons et pardonner, ou bien me laisserais-je posséder par ce feu qui me consume, par cette haine qui pulse dans mes veines ?

Malgré la pureté et l’innocence qu’il dégageait, Kitsuke, aussi, possédait sa part de noirceur, pensa Seiki. Bien que cela tranche avec le caractère du personnage, elle ne s’en étonna pas outre mesure. Son passé, dévoilé cette nuit, ne pouvait que faire naître pareils sentiments. Il en est rarement autrement pour les orphelins de guerre ou d’actes de barbarie. Non, ce qui étonnait le plus la kuméenne, c’était la maturité dont faisait preuve le gennin malgré sa jeunesse. Qui ne vivrait pas pour la vengeance avec un pareil vécu ? Pourtant, lui se montrait différent. Il s’accrochait aux enseignements de son Maître pour ne pas sombrer dans les ténèbres et s’engager sur le chemin de la haine. Définitivement, elle ne s’était pas trompé sur le jeune homme.

Seiki se leva du futon tout en lissant les plis sur son kimono que sa posture avait laisser apparaître. Le mouvement dans son dos fit se retourner Kitsuke. La jeune gennin capta son regard, rougi par les larmes qu’il avait versé. Elle s’avança doucement vers lui jusqu’à n’être plus qu’à quelques centimètres. Elle marqua une brève pause, qui parut durer une éternité tant l’atmosphère qui régnait à cet instant dans la pièce était figée, avant d’enlacer le jeune homme, fermant les yeux quand sa tête vint reposer sur son torse sculptural.

[Seiki] – Tu es quelqu’un de bien, Kitsuke. Je peux le voir tous les jours. Chacun de nous possède une part d’ombre dans son cœur, pour diverses raisons. Il y a ceux qui s’en gardent, et ceux qui la laissent les consumer. En général, les gens avec un passé similaire au tien y voient un chemin pour les sortir de leur enfer, mais toi…toi, tu as pleinement conscience de cette noirceur et tu ne veux pas t’y abandonner. C’est ce qui fait ta force, Kitsuke. Tu n’imagines pas à quel point cela fait une différence énorme. Tu as choisi une voie plus longue, plus dure, mais à l’arrivée la récompense n’en sera que plus belle…

Kitsuke ne put retenir un sourire en coin en entendant les propos de la jeune femme. Elle avait sûrement raison… Il passa ses bras autour de ses épaules et lui rendit son étreinte, douce et réconfortante.
Ils semblaient hors du temps, se nourrissant de la présence de l’autre et de la chaleur de leurs corps. Seiki ouvrit les yeux et releva la tête pour découvrir les prunelles profondes de Kitsuke qui la dévisageait. Ce dernier repoussa délicatement une mèche qui tombait le long de la joue de la kuméenne. Ses doigts frôlant à peine sa peau ramenèrent les cheveux derrière son oreille avant de s’arrêter sur sa nuque, laissant s’égarer son pouce sur son cou délicat. Les secondes s’égrainaient, et Kitsuke se perdit dans l’azur de son regard.


Dernière édition par Kitsuke Raïto le Mar 12 Avr - 21:05, édité 2 fois

MessageSujet: Re: Chambre de Kitsuke / Maison de Seiki Naru   Mar 22 Mar - 2:19

Seiki glissa tranquillement sa main sur celle de Kitsuke avant de déposer ses doigts entre ceux de son ami. Le temps semblait s'être arrêter. Tout les deux regardaient l'autre dans les yeux, en silence, perdu au plus profond de leur pensée. Cela faisait plusieurs semaines qu'elle avait rencontré Kitsuke et cela faisait un petit moment qu'elle pensait à lui. Tranquillement, elle avait commencer à ressentir quelque chose pour son ami, mais n'étant pas certaine de ce qu'il s'agissait, elle ne lui en avait pas toucher un mot. Elle savait maintenant de quoi il s'agissait, mais elle ne savait pas quoi faire, ni quoi penser.

Kitsuke retira sa main avant de se retourner, le regard perdu dans les astres du ciel. Seiki ne voulait pas laisser un tel moment partir, elle ne voulait pas que le temps reprenne son dû. Aussi, elle passa tranquillement ses bras autours des côtes de Kitsuke, les paumes sur son corps. Elle le serrait dans ses bras, laissant ses doigts s'ouvrir et se refermer sans cesse avant de laisser sa tête s'accoter entre ses deux homo-plate. Le sceau qu'elle avait sur le dessus de sa main rayonnait d'un bleu pur aux rayons de la lune.

[Kitsuke] – Seiki...

Elle inspira profondément.

[Seiki] – Cet ancien temps dont tu m'a parlé est un souvenir important, douloureux serte, mais important. Toutes expériences est bonne à prendre. La préférable fera ta joie, l'exécrable ton désarroi. Bien que les résultats ne sont pas toujours ex aequo, on apprends de ça.

Elle expira l'air qui lui restait

[Seiki] – Et je suis heureuse que tu l'ai appris de la bonne façon.

Seiki ferma les yeux quelques instant en contemplant mentalement cet unique instant d'insouciance. Puis, elle relâcha la pression avant de contourner son interlocuteur regardant à son tour par la fenêtre. L'hiver touchait à sa fin laissant la place au printemps.

[Seiki] – C'est comme le printemps

Dit-elle le regard perdu vers l'extérieur

[Seiki] – Les bourgeons renaissent, la nature reprends vie. Doucement, elle recouvre sa beauté et ses forces en oubliant les vestiges de son passé.

Seiki se retourna, prit la main de Kitsuke et marcha en direction du futon sur lequel elle s'assied. Kitsuke, toujours debout, n'eut d'autre choix que de la rejoindre lorsqu'elle tira vers le bas la main qu'elle avait conservé. Elle plaça son autre main autour de son bras avant d'accoter sa tête sur son épaule. Elle ferma les yeux, non pas parce qu'elle avait envie de se reposer, mais tout simplement, parce qu'elle voulait continuer de rêver.

MessageSujet: Re: Chambre de Kitsuke / Maison de Seiki Naru   Jeu 24 Mar - 17:23

► CHAPITRE 2 : Quand la nuit s'en mêle ◄
- Partie 3 -


Comment convenait-il de réagir ? L’ambiance n’était plus à la froideur, la tristesse et la souffrance. Tout n’était plus que calme, douceur et réconfort. Pourtant Kitsuke ne pouvait ignorer cette sensation qui naissait dans son cœur sous le voile apaisant de la tranquillité. Mais quel était cet étrange malaise qu’il sentait s’épanouir en lui ? Les évènements de la soirée le laissaient perdu dans ses pensées. Comme si le récit qu’il avait livré les avait rapproché…Comme si le fait qu’il se soit ouvert, ce soir, qu’il ait révélé ses sentiments, exhumé ses peines et ses peurs, avait fait évoluer leur relation, lui faisant prendre un tout nouveau tournant.

Pourtant, quelque chose le troublait. Malgré les semaines passées ensemble, il n’était né qu’une franche amitié entre les deux kuméens, faites de rires, de sourires et de brèves accolades. Ce soir, tout avait été bouleversé. L’équilibre de la relation qu’ils entretenaient se voyait rompu. Jamais, auparavant, ils n’avaient faits pareil démonstration d’affection. Les étreintes, les caresses et les regards brûlants… Que leur arrivaient-ils ? Cela ne lui était en rien désagréable, bien au contraire, mais il n’avait pas saisi quel avait été le déclencheur, ni dans ses actes ou paroles, ni dans le comportement de la jeune femme.

Contre son épaule, Seiki demeurait silencieuse, profitant de ce moment d’intimité, dans un monde qui n’appartenait qu’à elle. Ses yeux clos, sa respiration calme ; elle ne s’était pas assoupie mais assurément elle s’apaisait dans sa sinécure onirique. Kitsuke ferma les yeux lui aussi, tentant de percevoir le réseau complexe des implications et des résultantes de cette nuit. Il sentit une légère pression sur son épaule qui le ramena à la réalité de la chambre. Il regarda Seiki maintenir la pression que sa tête exerçait sur le haut de son bras. Sans savoir comment, il prit conscience qu’elle l’invitait à s’allonger. Lentement, et toujours initiée par la poussée de la gennin, il laissa son corps aller à la rencontre accueillante du futon. Seiki vint alors se lover contre lui, déposant sa tête son torse et laissant fleurir sous elle l’auréole de sa chevelure.

Kitsuke referma ses bras autour de la kuméenne, l’enserrant avec douceur dans le cocon protecteur de sa chaleur. Il faisait de son mieux pour contrôler sa respiration tandis que la tête de son amie se soulevait puis retombait sous le travail de ses poumons qui suivait le rythme lancinant de ses battements de cœur, tels les tambours de galère. Elle semblait si paisible.

Il mit fin au tournoiement incessant de ses pensées afin de profiter de ce moment. Pourquoi se poser tant de questions lorsqu’il n’y a aucune réponse à trouver. Vivre le présent, vivre l’instant… Ces moments de quiétude devaient être apprécier à leur juste valeur ; ni tourments du passé, ni peur de l’avenir, seulement un instant magique et éphémère, hors du monde et du temps. Kitsuke sentit son corps se relâcher alors qu’une sensation de chaleur s’emparait de lui. Cette sensation, voilà des années qu’il ne l’avait plus ressentie. C’était un temps révolu, un temps d’amour, un temps perdu… Cela appartenait désormais à une vie qu’il avait laissé derrière lui, dans une plaine de Kumo, proche des frontières…

Plongeant à corps perdu dans cette chaleur réconfortante, il laissa s’exprimer l’harmonie des corps, comme s’ils étaient tous deux les pièces d’un même ensemble. Sa main passa dans les cheveux de la jeune femme, encore et encore, jusqu’à se perdre, enivré, dans les effluves qu’ils dégageaient. Répondant à ses gestes, en parfaite diapason, Seiki vint encore un peu plus se coller contre lui, dessinant du bout des doigts des formes, qu’elle seule pouvait interpréter, sur la peau nue du gennin. Puis, mue par la magie du moment, la kuméenne se fit plus entreprenante, couvrant de timides baisers le buste du jeune homme. Le voyant frémir sous ses attentions, elle glissa lentement son corps sur le sien tout en laissant ses lèvres courir sur son corps, d’abord l’épaule, puis la clavicule, jusqu’à son cou…

Kitsuke ne pouvait contrôler les sentiments qui montaient en lui. Alors même qu’il avait compris ce qu’ils vivaient tous deux à cet instant, Seiki avait pris une initiative supplémentaire. Il vibrait littéralement sous les baisers de la jeune kuméenne au-dessus de lui. Jamais auparavant, il avait échoué dans l’art de se dominer, ses sentiments, ses gestes, mais aujourd’hui, rien ne pouvait réprimer les tremblements qui agitaient son corps.

Porté par ses élans, il saisit Seiki par la taille avant de rouler sur lui-même, inversant leurs positions. L’un au-dessus de l’autre, leurs courbes s’épousaient parfaitement, comme une représentation de la philosophie taoïste de ce qui s’oppose, mais qui ne peut exister sans l’autre. Kitsuke se tenait appuyer sur un coude tandis que son autre main caressait le visage de la jeune femme. Elle même avait noué ses bras autour de la nuque du gennin, l’enfermant dans une prison de délicatesse.

Perdu dans l’immensité azur des yeux de la kuméenne, Kitsuke ne parvenait pas à aligner une quelconque pensée cohérente, il s’abandonnait au plaisir de leur étreinte, plus vivant qu’il ne l’avait jamais été… Sa respiration était devenue rauque et les mots ne parvenaient pas à franchir ses lèvres, tous sauf un… Tel le murmure du vent, son souffle laissa entendre le mot qui tourbillonnait dans son esprit.

[Kitsuke] - …Seiki…

Elle lui répondit mais les battements de son propre cœur à ses oreilles le privèrent du son de sa voix. Cependant, Kitsuke vit sa bouche épousait les syllabes de son nom avant qu’il ne ferme les yeux et que leurs lèvres ne s’emparent de l’autre…


Dernière édition par Kitsuke Raïto le Mar 12 Avr - 21:05, édité 2 fois

MessageSujet: Re: Chambre de Kitsuke / Maison de Seiki Naru   Ven 1 Avr - 12:22

    Seiki ( Niveau 12 )
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    Kitsuke ( Niveau 4 )
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    : Comme on dit chez Seiki " c'est cuuuuute " ^^ un petit couple à Kumo comme c'est mignon. Au-delà de l'évolution personnelle que cela entraine pour vos personnages respectifs, je trouve que c'est un duo bien sympathique qui se profile =) j'espère lire d'autres sujets au sujet de votre relation. L'amour chez les shinobi c'est toujours spécial ^^
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MessageSujet: Re: Chambre de Kitsuke / Maison de Seiki Naru   

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