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 Les premiers mots

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MessageSujet: Les premiers mots   Mer 23 Mar - 17:49

La journée avait été tranquille. Ni ennuyeuse, ni particulièrement excitante. Le temps lui-même était mitigé, brumeux mais ni plus ni moins qu’un autre jour. Adossé à l’un des piliers des portes de Kirigakure, Kiba poussa un long soupir dont les volutes s’ajoutèrent à la brume ambiante. Il prit dans une poche de sa veste un paquet de cigarettes qu’il ouvrit pour en porter une à sa bouche. La main en paravent, le briquet se fit récalcitrant mais il parvint finalement à l’allumer. Il tira alors une longue bouffée, la savoura.

L’homme attendait l’évènement qui sauverait sa journée.

A mesure que le temps s’égrenait, Kiba étouffa un bâillement. Garder les portes était sans doute la tâche la plus ingrate du shinobi. Les minutes se muaient en heures quand on surveillait les allées et venues des marchands, civils ou encore militaires, avec son lot de gamins émerveillés qui venaient décrocher la légende, la plupart pour de mauvaises raisons. Et, quand bien même la besogne se faisait en binôme, son compagnon du jour n’était ni prolixe ni intéressant. Kiba déporta sa tête en arrière. Le messager n’était pourtant pas obligé, grâce à son statut particulier, de participer à ces missions de surveillance. S’il le faisait ce n’était pas par pur plaisir : il avait réclamé la promotion qu’il avait longtemps refusé.

Devenir chuunin. Il en avait largement les compétences mais Kiba n’avait jamais cédé aux sirènes de la montée en grade, bien au contraire. Il se portait mieux tant qu’il pouvait éviter les morveux qui se croyaient surdoués, les administratifs qui n’avaient que répugnance pour le travail de terrain. La cause de son revirement était simple : il en avait besoin pour rassembler autour de lui une équipe, son équipe. Kirisame.

Kiba repensa douloureusement aux circonstances qui l’avaient amené à en arriver là. Il revoyait une Ine amaigrie et fragile comme du verre, qui pourtant ne s’était plus arrêtée de s’entraîner depuis la disparition de Ren’ai. Les efforts combinés de Naoyuki et Tetsuya pour la raisonner avaient été vains, et lui-même ne savait plus par quel bout prendre la jeune femme pour l’aider à se sortir de la spirale infernale dans laquelle elle se trouvait. L’attitude neutre de Suzuka aurait pu lui être bénéfique si les deux kunoichi n’avaient pas été animées du même désir brûlant de découvrir ce qu’il s’était passé. Et d’en découdre avec les responsables.

Pensif, Kiba laissa tomber le mégot de sa cigarette qu’il écrasa du talon. Il ignora royalement le regard furtif mais désapprobateur du crétin d’en face, jeune premier qui se sentait investi d’une mission d’importance. Le messager pouvait imaginer sans peine les pensées de ce dernier : du mépris, face à un trentenaire qui n’avait toujours pas ses galons. Kiba esquissa un sourire. Son chakra le démangeait presque, le Genjutsu au bout de ses doigts, prêt à bondir pour lui montrer ce qu’il valait, lui, l’iwaéen des routes promu genin de Kiri. Mais l’homme s’en tint à la pensée, le sourire inquiétant aux lèvres, et l’autre finit par détourner le regard.

Même assassins, ces petits interludes pulsaient la vie dans la monotonie de leur tâche. Kiba se surprit de nouveau à laisser son esprit vagabonder, à voir passer sans les voir les silhouettes des passants anonymes tout en résistant à l’appel de la cigarette. Un courant d’air froid l’obligea bientôt à refermer les barrettes métalliques du col de son lourd manteau cramoisi.

Il commençait à croire sa journée définitivement perdue lorsque son attention se focalisa sur un gosse. Une dizaine d’années tout au plus, petit blondinet flottant dans un manteau trop grand pour sa carrure fluette, des yeux bleus impressionnants. Les murs qui entouraient le village le rendaient minuscule mais le nouvel arrivant allait tranquillement, un brin mélancolique peut-être, avec une expression de vrai courage déterminé au niveau des traits enfantins de son visage. Sans savoir pourquoi, Kiba se sentit piqué d’intérêt. Toujours appuyé au pilier, les bras croisés sur sa poitrine dans une posture qui soulignait son détachement, il interpella le petit au moment où celui-ci passait devant lui :

- Alors bonhomme, on s’est perdu ?

Kiba ne put s’empêcher d’afficher le sourire narquois qui lui servait de masque. A la fois amusé et grave, il porta une nouvelle cigarette à ses lèvres et attendit la réaction de l’enfant.

Spoiler:
 

MessageSujet: Re: Les premiers mots   Jeu 24 Mar - 20:45

« Alors bonhomme, on s'est perdu? »


Naoki leva la tête vers l'inconnu qui lui faisait face et le dévisagea un instant. Il ne pouvait réellement voir son visage, un capuchon de couleur pourpre en cachait la moitié et seul un demi sourire portant négligemment une cigarette apparaissait. Cela lui conférait une protection supplémentaire car la fumée qui s'échappait l'enveloppait doucement tandis qu'il la soufflait.. Naoki resta un instant décontenancé par sa question, de toute évidence le village ne plaçait pas de gardes régulier, ou alors le registre était en proie à un grand manquement à l'ordre. Puis il comprit. Cette question était purement rhétorique, l'homme savait pertinemment qu'il n'était pas du village, il était simplement surpris de la venue d'un enfant seul à cette heure tardive, et la nonchalance qu'il affichait était probablement un test. Le village devait protéger ses membres des allées et venues suspectes, il devrait se montrer le plus courtois et honnête possible, sans mentionner son nom si possible. Il décida de jouer franc jeux, et tenta d'utiliser toute sa candeur pour paraître innocent.


« Je m'appelle Naoki, mon père m'a accompagné jusque ici pour que je devienne un membre du village. J'ai fais un long voyage de plusieurs jours pour venir, cela explique ma ressemblance avec un des mendiants que j'ai vu au port. Je ne sais pas ce qu'il faut que je fasse pour être accepté, je veux bien passer des test si c'est nécessaire, mais je ne peux pas repartir, mon père ne l'accepterais pas... »

Le sourire de l'homme s'élargit à mesure qu'il parlait. Quand Naoki eut fini, il répondit: :

"Qui t'a dit que tu ressemblais à un mendiant, petit ? Pour les tests c'est à l'académie que tu dois te rendre. Ton père ne t'accompagne pas. Tu as un endroit où aller bonhomme ?"


Naoki réfléchit un instant, il n'avait effectivement aucune idée de l'endroit ou il pourrait se rendre, il n'avait pas juste pris l'apparence d'un mendiant, il en était devenu un. Tous ces gens qu'il avait vu, le visage tiré et pâle, si faible, eux qui sortait peu à peu de la société, s'excluant involontairement de la vie des autres... Son cœur fit un bond lorsqu'il comprit sa situation. Il avait quitté sa seule famille, il débarquait dans un village inconnu sans aucun endroit ou dormir, aucun moyen de subsistance. Les larmes lui montaient aux yeux lorsqu'il détourna le regard et aperçu sa mère. Elle lui souriait, l'encourageant à poursuivre. Il voulait tant pouvoir la serrer, elle semblait si proche, il pouvait ressentir l'atmosphère affectueuse qu'elle dégageait... Il ravala ses larmes et tenta d'esquisser un sourire à l'homme qui lui faisait face. Il ouvra les yeux étrangement, et tandis qu'il se mordait lentement les joues; utilisant ce réflexe mécanique pour s'empêcher de pleurer; il s'ouvrit un peu.


« Je suis désolé, je n'ai aucune idée de ce que je dois faire ici. Je sais juste que je ne peux pas aller ailleurs, qu'on m'a dit de venir là. Je ne connais personne, je ne suis jamais venu à Kiri. Je ne sais même pas si vous m'accepterez, pourquoi le feriez-vous? Vous ne m'avez jamais vu auparavant, je suis sale, je suis seul, perdu, et je viens chez vous, demandant à vivre ici. Mon père a fait germé cette idée dans mon esprit depuis que j'ai huit ans, il l'a cultivé et l'ensemble s'est mis en place petit à petit. J'ai commencé par y penser de temps en temps, ne serais-ce que par curiosité, un désir d'imaginer la situation, comme pour tenter de percevoir la sensation. Alors j'ai fini par m'y accoutumer, presque la désirer. Je n'avais jamais rencontré d'autres êtres humains avant ces cinq derniers jours, je n'avais parlé qu'à papa et maman avant de rencontrer ce tavernier, et je ne lui ais adressé qu'une seule parole, une seule question... »


Naoki renifla et dissimula sa gène. La honte s'empara de lui tandis qu'il assimilait tout ce qu'il venait de débiter. Son investissement dans ce discours enfantin l'avait laissé haletant. Et tandis qu'il reprenait peu à peu son souffle, il s'entendit parler à nouveau, répétant cette conversation mentalement, analysant trop tard cet absence de contrôle dont il avait pu faire preuve.
La gène atteignit son point culminant, comment avait il pu se dévoiler autant? Comment avait il pu dire autant de choses personnelles à un tel inconnu? Si seul la peur de se trouver abandonné l'avait guidé, alors elle avait été poussée par son instinct qui avait dépassé l'idée angoissante qui grandissait en lui. Il devrait vivre seul, il n'avait aucun moyen de retrouver son père. Comment avait-il pu l'abandonner ainsi? De quel façon allait il survivre?
Ses yeux se fermèrent, sous une impulsion protectrice, fuyant la vision de la réalité qui s'imposait à lui. Il se força au calme un moment pendant qu'il attendait une réponse qui changerait son existence. Les derniers jours de voyage avaient été si délicat, si riche et pourtant si agressive. Lui qui était habitué au bercement du doux bruit des vagues, il avait ressenti si brutalement ce mouvement incessant, si imprévisible et pourtant si fluide. Le flot humain l'envoutait tout en le perturbant profondément, il ne pouvait saisir les motivations de chacun, n'avait que peu de temps pour les observer et en profitait pour les analyser. Il se focalisait sur les gestuelles, les expressions du visage, ce qu'ils tentaient de faire transparaître. Il lui semblait que chaque personne avait quelque chose qui émanait d'elle, comme un halo qui l'environnait, comme si son esprit avait une zone d'influence au-dehors de son corps. Ainsi il tentait de ressentir cet halo, de percevoir l'autre sans avoir besoin de l'entendre parler. Il devait essayer sur lui.
Il ouvrit alors les yeux et regarda la sentinelle, la peur l'imprégna aussitôt, revenant intact de sa faible tentative de maitrise de soi. Naoki attendait sa décision, l'homme décidait de la suite. Elle paralysait la moindre ses pensée tandis que la brume rendait l'instant plus oppressant encore.

L'homme était resté silencieux, immobile. Il avait pourtant perdu son sourire et regardait l'enfant pensivement.

- Si tu n'as pas d'endroit où aller bonhomme il y a bien l'orphelinat au village. Mais si tu n'es pas habitué à la présence des autres ça risque de faire un peu beaucoup non ?

Le jeune garçon ressenti le sang couler dans ses veines à mesure que la sentinelle parlait. Il allait pouvoir rentrer, il avait été accepté. La nuit lui paraissait plus chaude tout à coup, dégageant une étrange douceur, dans un climat reposant mêle des légers bruits nocturnes.
Il avait trouvé un maison,. Il ne pouvait que remercier le destin tandis qu'il prenait conscience de véridicité des paroles de la sentinelles. Qui plus-est, il lui offrait la possibilité de choisir son logement, lui qui quelques secondes plus tôt était prêt à accepter une vie d'errance et de mendicité si on ne lui avait ne serait-ce que proposer de le laisser entrer. Il sourit malgrès lui, laissant cette chaleur réconfortante envahir son corps, cette joie qui s'emparait de lui le laissait confus quand à la façon dont il devait à présent se tenir. Embarrassé d'une telle sollicitude, d'un tel geste de confiance envers un total étranger, il ne savait quelle attitude adopter. La carapace du garde était toujours présente, il gardais toujours ce détachement et pourtant ses paroles avaient une répercutions sur Naoki, une portée infinie. Le jeune garçon tenta de croiser le regard de la sentinelle mais l'homme persistait à ne pas montrer son visage. S'arrêtant rapidement de peur de paraître gênant ou impoli,
Naoki se tint raide et s'empêcha de bafouiller.

- Monsieur je vous remercie beaucoup monsieur, mais je n'ai jamais rencontré d'enfants de mon âge. J'ai un peu peur monsieur, je ne sais pas à quoi ils jouent, à quoi ils rêvent, j'ai peur d'être trop différent pour qu'ils m'accepte. En plus je suis sale, si je dois aller là bas, il faut que je connaisse un peu leur monde et que je sois présentable. Vous pouvez m'aider monsieur?


- Je pourrais t'héberger, mais je vis dans un appartement miteux et j'ai pas vraiment le temps de m'occuper d'un gamin de ton âge.

Naoki resta pantois, il n'avait même pas imaginer qu'il pourrait l'héberger. Il rougit de confusion, ses desseins avaient été mal interprété et peut être l'homme s'en était offusquer. Il ne désirait s'égarer un peu plus et réfléchit quelques instants à ce qu'il pourrait lui rétorquer. Le laisser dans le flou une fois de plus l'aurait peut être conduit à réévaluer sa décision et fermer ainsi les portes du villages. Non, il ne pouvait se permettre une expression trop ambigüe, se concentrer sur ses besoins pour mieux les traduire. C'était cela, il voulait une sorte de visite improvisé du village, mais le demander suffisamment poliment pour qu'il accepte de quitter son poste. Il inspira avant de reprendre:

- Je ne tentais pas de m'inviter chez vous, je m'excuse pour cette maladresse. En fait j'aimerais que vous me montriez un peu le village, pour que je puisse trouver mes repères. Je n'ai jamais vécu en communauté et bien qu'on m'ait montré des endroits pour se loger ou manger, que j'ai un aperçu de ce que peut donner une ville marchande, mon père m'a dit que ce fonctionnement était différent de celui d'un village militaire. En quoi? Vous n'avez pas de marchands? Il n'y a que des combattants qui vivent ici?

MessageSujet: Re: Les premiers mots   Ven 1 Avr - 12:25

Les premiers mots du gamin se déversèrent comme un torrent trop longtemps retenu par un barrage. L’enfant parla beaucoup et avec une avidité telle que Kiba en avait rarement connue. Son sourire à lui s’élargissait, relevant dans le même temps la cigarette entre ses lèvres, ce qui eut pour effet de perdre son visage derrière les volutes de fumée.

Le bonhomme s’investit avec sérieux et gravité pour expliquer ce qu’il venait faire à Kiri. Au début Kiba n’y marqua pas de réel intérêt, Naoki n’étant pas le premier de son âge à se présenter pour devenir shinobi. Pourtant le petit n’évoqua pas cette idée, comme si elle était mineure dans son cheminement. Par ailleurs le messager crut remarquer plusieurs fois un regard du gosse dans une certaine direction où lui-même ne décela rien. Intrigué sans le montrer, Kiba laissa Naoki reprendre peu à peu le souffle que lui avait pris son petit discours avant d’attaquer sur le point qui avait le plus attiré son attention : la solitude dans laquelle l’enfant semblait avoir grandi, ainsi que la fascination qu’il semblait entretenir de ce flot humain qui l’entourait nouvellement.

L’empathie accrue par sa maîtrise du Genjutsu, l’homme ressentit d’abord l’immense soulagement de Naoki, sentiment d’une telle intensité qu’il lui fut difficile de conserver son détachement. Puis le jeune garçon réalisa l’implication de ce qu’il avait dit et son excitation fut remplacée par un brin d’appréhension. Avec une maturité étonnante pour son âge, il demanda son aide à Kiba. Ce dernier fixa Naoki avec une expression résolument neutre qui dissimulait un demi-sourire intérieur. Le messager tenait enfin sa chance pour tester l’enfant.

- Je pourrais t'héberger, dit-il, mais je vis dans un appartement miteux et j'ai pas vraiment le temps de m'occuper d'un gamin de ton âge.

Le ton était volontairement un peu rude, ce qui fit rougir le gosse. Mais Naoki ne resta pas longtemps silencieux. Rapide, apprécia Kiba en écoutant distraitement sa réponse. Au bout de ses lèvres la cigarette finissait lentement de se consumer. Kiba en laissa tomber le mégot qu’il écrasa du pied, puis il se redressa, abandonnant l’appui du pilier de la porte pour devenir plus grand encore face à Naoki. Il enfouit ses mains dans ses poches et l’homme et l’enfant se dévisagèrent l’espace d’un instant, sans rien dire. Finalement, Kiba tourna la tête vers son collègue d’une journée et l’interpella, avec une touche d’ironie savamment dosée :

- Hé, je dois conduire le gosse vers l’orphelinat, tu penses pouvoir finir le quart tout seul ?

Ils devaient être relevés l’heure suivante. Comme l’escomptait Kiba l’autre ne broncha pas, trop heureux de se débarrasser de ce messager qui le rendait si mal à l’aise et ravi à l’idée de pouvoir s’attribuer tout le mérite du bon déroulement de leur tour de surveillance. Kiba esquissa un sourire narquois et adressa un clin d’œil à Naoki. Puis il saisit d’autorité la main du gamin dans la sienne et ils s’éloignèrent tous deux des portes du village.

- En dehors des casernes et de l’académie Kirigakure ressemble en tout point à un village de civils, commença Kiba alors qu’il entraînait Naoki à sa suite dans le dédale des rues de Kiri, tu y trouveras les mêmes boutiques que n’importe où.

Ce faisant le shinobi désigna l’armurerie que côtoyaient la bibliothèque et, un peu plus loin, l’échoppe du marchand de ramen dont la vapeur qui s’en échappait en masse semblait générer le brouillard du village de la brume. L’odeur d’iode et d’embruns marins s’amplifia alors qu’ils s’approchaient de la plage, mais elle imprégnait tous les bâtiments et maisons. L’ensemble semblait dur et froid, comme l’étaient les habitants de ce pays forgé par les tempêtes meurtrières qui venaient parfois déferler sur les îles. En passant par le parc ils eurent un aperçu de l’étendue des lacs glacés où venaient s’entraîner les apprentis shinobi. L’enfant écoutait en silence les diverses explications de Kiba, sa petite main toujours fourrée dans celle du messager. Finalement, l’homme les fit s’arrêter et s’asseoir sur un petit mur de pierre qui faisait face à une grande bâtisse. Le brouillard s’était encore épaissi et les fenêtres laissaient s’échapper de la lumière. Et, en ombres chinoises, les silhouettes d’une multitude d’enfants qui jouaient, criaient, se battaient. Kiba tourna la tête vers Naoki et demanda :

- C’est à toi de me dire si tu veux y aller. Si non, j’ai peut-être une solution pour toi.

Kiba sentit l’hésitation du bonhomme. Le petit balançait ses pieds dans l’air en tordant ses doigts, sans paraître se rendre compte de l’angoisse qu’il dégageait. Il finit par baisser les yeux :

- Je sais pas monsieur…

Il ouvrit la bouche pour ajouter quelque chose, abandonna et finalement se relança d’un ton brave :

- Je ne sais pas ce que je dois vous dire. Je pourrais y aller mais… il hésita … j'ai peur, je n'ai jamais vu autant de gens vivre ensemble. Et je n'ai jamais vécu avec autant de gens.

L’enfant déporta son corps un peu en arrière, cessant brusquement de battre des jambes.

- Pas maintenant, pas aussitôt. J'imagine que chacun désire quelqu'un rien qu'à soit. C'est ce que je ressens pourtant, même s'ils m'attirent autant qu'ils m'effraient.

Kiba ne put s’empêcher d’esquisser un sourire presque tendre que Naoki ne vit pas. Néanmoins il fit mine de le presser un peu pour mieux l’acculer, pour mieux connaître les réelles envies du petit bonhomme. Fourrant ses mains dans ses poches il marmonna, juste assez fort pour que Naoki l’entende :

- Ah les gosses, ‘savent jamais ce qu’ils veulent !

Naoki se ratatina un peu sur lui-même, rouge de confusion. Il entoura ses genoux de ses mains, y posa son menton et regarda l’orphelinat sans assez de regrets pour que l’on puisse douter qu’il avait pris sa décision :

- Je suis désolé. Je voulais juste dire, j'accepte de vous suivre. Emmenez-moi voir la dame.

L’enfant se tut, accrochant ses prunelles aigue-marine au brun mordoré de celles de Kiba. L’homme sourit de nouveau, un brin moqueur mais résolument charmeur.

- Je ne t’ai pas parlé de dame. Qui te dit que je vais t’emmener chez une femme ?

Naoki ne répondit pas mais le fixa toujours, sans ciller. Kiba se mit à rire. Il ébouriffa les cheveux fins du gamin et se leva.

- Allez viens bonhomme ! fit-il en tendant la main à Naoki, et prie pour qu’Ine veuille bien de toi.

[suite : Chez Ren'ai]

MessageSujet: Re: Les premiers mots   Dim 10 Avr - 1:58

Ine : +17xp (bonus de 20% inclus)
Naoki : +8xp

Héhéhé. Ine, bientôt maman ?
J'espère que votre prochaine session sera plus longue.

MessageSujet: Re: Les premiers mots   Dim 10 Avr - 2:05

Merci Liow =)

Ne t'inquiète pas, ce n'était que la mise en bouche Wink
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MessageSujet: Re: Les premiers mots   

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