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 Naisen Uchiha

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MessageSujet: Naisen Uchiha   Dim 27 Mar - 17:41

Nom : Uchiha

Prénom : Naisen

Âge : Onze ans

Village : Konoha

Affinité : Kâton

Grade Envisagé : Genin

Kekkai Genkai Souhaitée : Uchiha


Dernière édition par Naisen Uchiha le Mar 5 Avr - 18:18, édité 1 fois

MessageSujet: Re: Naisen Uchiha   Dim 3 Avr - 16:34

Il courrait. Sans se soucier de ce qu’il laissait derrière lui, sans même prendre attention aux divers obstacles qui jonchaient sa route, il ne cessait jamais de courir. Ses deux petites jambes d’enfant l’épuisaient, mais, l’esprit ailleurs, l’enfant continuer de filer. Le pavé des ruelles du Quartier disparaissaient peu à peu. Les habitations se faisaient d’autant plus rares que la forêt reprenait ses droits. Les rares passants qu’il avait croisé lui avaient jeté des regards étonnés, parfois inquiet reconnaissant la petite bouille du jeune homme. Tandis qu’il s’enfonçait un peu plus dans les bois, il s’arrêta enfin. A quelques mètres devant lui, il était là, il l’avait trouvé. Le jeune homme était allongé sur le sol et tenait dans ses bras un corps sans vie. Ses vêtements semblaient noircis par les flammes et le sang durci craquait peu à peu en une multitude de plaques qui lui rappelaient une mue. Une mue sordide. Il resta là, prostré, sans voix. Ses jambes ne lui répondaient plus. Le regard fixé sur l’homme qui gisait là, il l’observait, terrifier et intrigué à la fois.

[Tomoro] – Naisen !

La voix de Tomoro le sortit de sa torpeur. Naisen fit quelques pas vers lui, mais lorsqu’il découvrit le sang sur les mains de son frère ainé, il s’arrêta aussitôt. Le jeune homme soupira mais répondit par un sourire réconfortant. Tomoro oubliait parfois qu’il avait encore affaire à un enfant. Le respect qu’il portait pour son frère était immense mais il avait pris cette habitude tenace de toujours tout partagé avec lui. Tout, jusqu’à ce que Tomoro ne devienne quelqu’un d’important, dont la vie ne ressemblait plus à celle d’un enfant normal. Sa vie avait changé, comme beaucoup d’autres, et certains de ses aspects ne pouvaient plus être partagés avec lui. Cela, il ne s’y habituait toujours pas et tentait tant bien que mal de s’y résoudre avec une tristesse qu’il ne cachait pas.

Tomoro soupira une seconde fois.

[Tomoro] – Oublie-le. Oublie-le. Il respire encore. Il est en vie Naisen, il est en vie. Le ton de sa voix était saccadé, essoufflé mais le jeune homme s’efforçait de parler lentement, que ses mots le percutent. Naisen restait suspendu aux lèvres de celui que les bras de Tomoro entouraient. Regarde-moi, bon sang ! Ne t’occupes pas de lui, il va bien. Tu comprends ? Il va bien.

Naisen s’ébroua, tentant de se détacher de l’image effrayante de la mort.

[Tomoro] – Naisen ! Tu comprends ?

L’enfant passa une main dans ses cheveux bruns et, scrutant le sharingan de son frère, il comprit qu’il ne lui mentait pas. Tomoro avait cette fâcheuse tendance de ne pas prendre la vie au sérieux mais Naisen savait qu’il ne fallait pas s’amuser avec ce jouet-là. Naisen savait que le dégout qu’éprouvait son frère à user du sharingan n’était pas anodin, et que son apparition n’était jamais le signe d’une quelconque manipulation. L’enfant ferma les yeux, bégaya quelques paroles inaudibles puis les rouvrit tout aussi vite.

[Naisen] – Oui, oui. Je comprends.

Le sourire soulagé de Tomoro le rassura quelques secondes.

[Tomoro] – Bien.

Du bout du menton, il indiqua une direction.

[Tomoro] – Tu sais où est père ?

Bien sûr qu’il le savait. Ils s’étaient réveillés si tôt qu’ils avaient précédé le levé du soleil. La voix étrangement crispée de leur père les avait extirpés de leur sommeil. Ils avaient râlé, logiquement, mais son visage froid et tendu n’avait rien indiqué de bon.

[Tomoro] – Va le voir et dis-lui de faire revenir les équipes. Dis-lui que je l’ai retrouvé et qu’il faut qu’il m’amène une équipe de secours sur le champ. Rappelle-lui qu’il va bien, qu’il ne risque rien mais qu’il faut qu’il se dépêche, d’accord ?

Il acquiesça.

[Tomoro] – Ne t’arrête pas, quoi qu’il arrive, ne t’arrête pas.

Naisen se crispa, embêté. La pression qui montait autour de lui devenait peu à peu insupportable. Quelques larmes montèrent jusqu’à ses yeux sans jamais devenir larme, mais l’enfant, saisissant rapidement ce qu’il se déroulait devant lui, peinait à faire évoluer le schéma résumant la situation dans laquelle le clan était plongé depuis tôt le matin. Ce n’était pas tant la peur qu’il n’animait, mais la sensation de perdre peu à peu le fil de son raisonnement, d’en manquer quelques éléments et de ne plus se sentir apte à gérer sa mission. Une mission que personne ne lui avait attribuée mais que le jeune homme s’était promis de réaliser, la volonté d’exister dans ce monde d’adulte plus forte que tous les autres sentiments.

[Naisen] – Je ne m’arrêterai pas. C’est tout ?

Tomoro resta immobile quelques secondes. Il fronça les sourcils puis, haussant brièvement les épaules, lui répondit.

[Tomoro] – Je crois qu’on a gagné, frangin.

Un sourire immense apparut sur le visage crispé de Naisen. Sans dire un mot de plus, il se retourna et se remit à courir. Une petite voix au fond de lui lui demandait de se retourner. Une petite voix qui grossissait à mesure qu’il prenait de la vitesse et qu’il s’éloignait. Naisen ferma les yeux et se concentra comme pour trouver la force d’y résister. Il ne pouvait pas se retourner. Il ne devait pas se retourner. Malgré sa géniale conception des réalités de ce monde, Naisen restait un enfant et il avait tout à fait conscience que cette vision d’horreur qui avait disparu de sa mémoire visuelle, remplacée par d’autres plus agréables, l’arrêterait si elle lui revenait à l’esprit. Et l’empêcherait finalement de repartir. Alors il accéléra et sortit aussi vite qu’il put de la petite forêt du quartier Uchiha.

Le mécanisme était lancé. Naisen, du haut de ses onze, avait compris. Il n’avait pas toutes les clés, il ne possédait pas tous les éléments, mais il avait compris. On ne l’avait pas embrigadé, on ne l’avait pas manipulé. Toute sa courte vie, il l’avait vécu dans ce petit domaine, avec son frère, avec les siens, à l’écart de tout. Mais il savait. Il avait vécu, le regard des gens. Leur attitude étrange à leur égard. Ils n’étaient pas méprisants, ils étaient juste dans le faux, et cela, il ne leur en voulait pas. Il suffisait de leur ouvrir les yeux. Il suffisait de leur insuffler un souffle nouveau, leur proposer quelque chose de radicalement différent. Ils n’accepteraient pas sans preuves, alors il faudrait un symbole. Ce symbole, on racontait qu’il avait été crée, façonné de toute pièce. Naisen ne savait pas qui il était, en quoi il consistait, il savait juste qu’il fallait se dépêcher et que dans les bras de son frère, il y en avait un virage de leur victoire. Une victoire sans perdants. Une victoire belle. Parce que tout était beau. Naisen n’était pas pessimiste. Trop jeune, sûrement. Ou trop convaincu qu’il avait sa part de responsabilité dans ce mécanisme. Le Domaine avait toujours fait en sorte de l’y impliquer, cela avait sûrement sa part de responsabilités. Mais le regard calme, parfois froid, et toujours attentif de l’enfant, lui, fouettait la réalité d’une fraîcheur délicate. D’une fraîcheur salvatrice.

Naison courut. Il ne s’arrêta jamais de courir. Il voyait déjà le regard fort de son père et sa réaction, il ne saurait l’anticiper. Il savait juste qu’ils avaient gagnés. Et pour un môme de onze, il n’y avait pas besoin d’en savoir plus. C’était déjà bien assez.


***


Son visage se raidit complètement lorsqu’il reconnut les traits tendus de son père. Naisen s’arrêta devant la porte du bureau, y avait frappé par trois fois et s’était confronté à la dizaine de regards qui se tournèrent immédiatement vers lui. Les joues rougies par un sentiment de honte mêlé à cette fabuleuse incompréhension, il préféra ne pas chercher à comprendre. On lui pardonnerait tout, il n’était encore qu’un enfant. Sur une longue table de bois, huit hommes et femmes s’étaient installés. Naisen en reconnut quelques uns mais cela ne lui apporta aucun réconfort. Plongés dans leurs problèmes, la mine grave, parfois inquiète, ils ne lui apportèrent finalement que très peu d’attention. L’un d’entre eux se leva. Sa forte prestance obligea le petit comité à se concentrer sur lui, dans l’attente de quelque chose. L’homme se dirigea d’un pas lent et maîtrisé vers Naisen, mais il semblait vouloir se hâter, maîtrisant son pas avec une gêne perceptible. Lorsqu’il arriva à sa hauteur, il se plia sur ses genoux et posa une main puissante mais rassurante sur son épaule.

[Okane] – Naisen, je t’avais demandé de ne pas nous déranger. Le garçon sourit tristement. Que se passe-t-il ?

Le regard insoutenable de l’assemblée derrière eux le déstabilisa. Naisen leur jeta un regard énervé, qu’ils ne comprirent probablement pas. La jeune femme qui semblait présider s’était également levée, tentant de décrypter de sa plus haute position une quelconque information qui pourrait l’aider à venir à bout de cette interminable journée.

[Naisen] – J’ai vu Tomoro, père.

Okane força son sourire.

[Okane] – Allait-il bien ?

Naisen haussa les épaules.

[Naisen] – Lui, oui. L’autre …

Okane ne put s’empêcher de cacher sa surprise. Kuzako comprit que la visite de son fils n’était pas tout à fait anodine et sans poser de questions, se dirigea vers eux. Elle incita d’autres à se lever, mais restèrent sur place.

[Kuzako] – Okane, qu’est-ce qu’il y a ?

L’homme se redressa et s’ébroua discrètement. Il passa une main fatiguée le long de son visage tendu et ferma les yeux quelques secondes.

[Okane] – Naisen, était-il seul ?

L’enfant sourit innocemment et secoua la tête en guise de réponse.

[Naisen] – Tomoro a dit qu’il fallait le soigner mais qu’il irait bien. Il a aussi dit qu’on avait gagné.

Le retour de Shinzei avait eu raison de leur patience. La dernière fois qu’il avait été vu, c’était sûrement par Kuzako, dans les couloirs de l’Académie, sortant de leur réunion avec Akogare Hyuuga. Il avait rapidement suivi Takeshi et rien ne saurait dire comment la rencontre s’était terminée. Mais Kuzako avait des projets pour le jeune dirigeant du Domaine du Lion. Il avait prévu de le garder à côté d’elle, en lui laissant une marge de manœuvre raisonnable mais qui restait à sa portée. Okane se tourna vers elle avec de grands yeux ronds. La jeune femme lui sourit et se rappela avec combien d’efforts son homologue du Domaine du Corbeau avait défendu le jeune homme. L’espace d’un instant, elle s’était décidée à éliminer Shinzei du jeu politique pour le remplacer, mais elle avait préféré faire confiance à Okane, dont les relations avec ce dernier n’étaient plus à faire.

Le Domaine du Lion et le Domaine du Corbeau ne furent jamais de très bons amis. Dans la grande lutte pour le pouvoir, Okane et les siens étaient d’ailleurs toujours restés particulièrement absents. Mais le chef de famille était loin d’être un imbécile et son absentéisme de la scène politique n’avait jamais rimé, selon lui, avec une neutralité impartiale. Les relations qu’il établit avec son voisin restèrent toujours cordiales et Okane ne prit aucun temps de réflexion pour défendre son homologue du Lion. Il n’en restait pas moins un jeune homme aussi instable que talentueux, un jeune homme qu’il faudrait utiliser à bon escient. Ou ranger discrètement.

[Kuzako] – Renvoyez les équipes qui sont parties ce matin, dites-leur que la mission est terminée.

Tandis que deux hommes se levèrent immédiatement, un autre, bien plus âge les imita l’air troublé.

[Kazashi] – Ne cherchons-nous pas Takeshi ?

[Okane] – Inutile. Shinzei nous dira ce qu’il est advenu de lui. Nous aviserons ensuite, je le crains.

L’homme bougonna, toujours aussi étonné que l’on confère autant de crédits à un homme qui avait porté les luttes intestines du clan au plus haut point. Naisen le regardait se dandiner sur sa petite canne de bois, supportant tout le poids de son âge. Il l’avait déjà croisé plusieurs fois aux alentours du Quartier, mais jamais Kazashi n’avait prononcé un mot, esquissé un sourire. Il ne lui en voulait pas, non. C’était un vieil homme, il n’avait plus toute sa tête, selon lui. Caché dans l’ombre de son père, le jeune garçon s’était reculé contre le mur et s’était fait aussi minuscule qu’il avait pu. Il scrutait la pièce avec un intérêt déconcertant et semblait ne plus vouloir en partir.

[Kuzako] – Kazashi, je comprends votre inquiétude. Mais nous avons décidé de faire confiance à cet homme. Quoi que vous en pensiez, nous ne serions pas là sans lui. Elle déporta son regard sur le jeune homme assis à côté de lui. Si Heji est là, c’est que Shinzei ne règne plus sur son Domaine. Il ne représente plus un danger.

[Kazashi] – Si Shinzei a réussi à battre Takeshi, il représentera toujours un danger, Kuzako !

La porte claqua.

[Shinzei] – Nous sommes tous des menaces potentielles, mon vieil ami.

Naisen, juste à côté de la porte, se tourna rapidement et aperçut le visage de son frère, juste derrière celui des deux hommes qui étaient partis quelques minutes plus tôt et celui dont la voix s’était extirpée. Il ressemblait trait pour trait au corps qu’il avait cru sans vie dans les bras de Tomoro, mais le souffle revenu, il lui insufflait une nouvelle jeunesse, un élan à la fois vivace et sage, particulièrement profond et puissant. Les yeux de Shinzei n’avaient rien perdus de leur splendeur, son regard ruisselait d’une intensité qui montrait bien sa présence et son envie. Les muscles saillants, rougis par le sang et noircis par les flammes, on les lui avait couverts d’un vêtement chaud et une serviette tâchée de sang tombait sur ses épaules.

Il inspira, s’avança au milieu de la pièce et étrangement, il sourit.

[Shinzei] – J’imaginais déjà cette scène. Le vieux ronchon, la belle femme conciliante et nous tous a gober ses paroles dans le meilleur des mondes.

Son sourire se fit plus intense. Son regard se porta sur Naisen. Il passa une main dans ses cheveux bruns et continua d’avancer.

[Shinzei] – Dans le notre, Takeshi n’est plus. Mais tu pourras faire ce que tu veux de moi, Kazashi, si votre Concile et vos nouveaux jouets politiques ne changent rien, demain, tu auras un nouveau despote. Ses yeux se tournèrent vers chacun d’eux. Les pouvoirs que nous avons développés sont destructeurs. Ils amènent le chaos. Shizune Uchiha en fit les frais. Takeshi sûrement. La prétention, l’orgueil, l’ambition. Le pouvoir se nourrit du pouvoir et il en demande toujours plus. Vous aviez besoin d’un symbole, le voila, je vous l’ai donné. Et après ?

[Kazashi] – Que veux-tu dire ?

Shinzei eut un rire froid et implacable. Il se dressa comme il put devant le vieil homme et grimaça.

[Shinzei] – Regarde-moi. Regarde dans quel état ce vieil enfoiré m’a mis moi, celui que vous appelez le génie de ma génération. Les dieux nous ont laissé la puissance, Kazashi, ne t’inquiète pas pour eux, ils ont trouvé leur prix. Ce n’est pas d’hommes et de femmes politiques, c’est de formation, de recherche, d’études. Vous ne voulez plus de tyran ? Apprenez à vos enfants à se battre contre leurs propres maux. Il jeta un coup d’œil vers Naisen. Parce que même le plus innocent peut se faire emporter par ces choses-là. Formez-les, donnez-leurs les clés, qu’ils ne sombrent pas. Trop longtemps nous avons nié notre passé. Trop longtemps il nous a hantés. Vous qui avez découvert le Tsukuyomi ce matin, devriez en savoir quelque chose.

Un silence glacial s’empara de la petite pièce. Naisen regardait le jeune homme, il buvait ses paroles sans en comprendre un seul mot. Tsukuyomi. Ce nom lui frappait à l’esprit sans qu’il n’en sache quoi que se soit. Le garçon remarqua comment Shinzei venait de frapper fort, comment il venait de les choquer. Un à un les huit chefs des domaines se rassirent ou s’enfoncèrent un peu plus profondément dans leurs sièges. Okane, seul, était resté debout, scrutant d’un air horrifié son propre fils. L’espace d’un instant tout leur devint clair. Kazashi se tut. Kuzako comprit. Shinzei soupira, essoufflé et supplia du regard quelque chose pour se reposer. Il n’en pouvait plus. Naisen voyait déjà les gouttes de sueurs se mêler au sang séché sur sa peau. Le Tsukuyomi les avait bouleversés, mais ils l’avaient oublié. Là, sur sa simple prononciation, la réalité leur parut claire. Les esprits mal tournés se dissipèrent et Kuzako savait qu’il était temps d’agir, qu’elle en avait les moyens. Elle trouvait là, les voies d’une réelle actoin.

[Kuzako] – Demain nous annoncerons au Haut Conseil de Konoha la dissolution du Conseil des Sages, la démission de Takeshi Uchiha à ses fonctions de chef de clan et domaine et la création du Concile Uchiha. Egalement, je prévois la reconstitution de la Police Militaire, avec Shinzei à sa tête ; la mise en place d’une politique de formation des Uchiha aux arts shinobi et aux techniques du clan ; un centre d’étude et de recherche historique et technique des arcanes et des secrets du clan ; la construction d’un bâtiment central qui servirait à la fois le Concile et la Police Militaire à qui reviendrait la formation. Je propose que Shinzei, en tant que chef de cette dernière, occupe un siège dans ce Concile afin que nous puissions toujours être lié à lui, et lui à nous.

Elle reprit sa respiration un instant.

[Kuzako] – Si tout le monde est d’accord avec ces décisions, je vous propose de nous retrouver demain et de prendre un peu de repos jusque là. Nous l’avons bien mérité, je crois.

MessageSujet: Re: Naisen Uchiha   Mar 5 Avr - 18:17

La nuit était lourde. Les volets grands ouverts laissaient entrevoir une lune ronde et blanche qu’un vent frais balayait jusque dans la petite chambre aux fenêtres entrebâillées. Quelques gouttes de sueur perlaient sur son visage tandis que Naisen se retournait sans cesse sous son épaisse couette. Un silence pesant régnait dehors. Naisen ouvrit les yeux et se reposa sur ses coudes. L’impression d’être observé le tenaillait. Là, une bouche se posait sur ses joues polies d’une peau rose et douce. Elle respirait. Elle hûmait son parfum, haletante, comme prise d’une sévère toux. Elle en avait besoin, il y avait quelque chose qui la retenait. Ailleurs. Et elle ne pouvait s’en défaire. Ses lèvres humides léchaient sa couverture sucrée. Naisen transpirait. Il balaya du regard sa petite chambre. Rien. Le néant. Un vide effrayant. Pourtant elle était là, présente, à côté de lui. Il la ressentait. Son énergie était incroyable. Sa force dépassait l’entendement. Il lui semblait qu’elle criait mais aucun son ne parvenait à ses oreilles et elle s’en rendait bien compte. Alors elle criait plus fort encore. Rien. Essoufflée. Un mot, un cri, un son, quelque chose, il lui fallait quelque chose. Prouver sa présence, prouver son existence, mais dans ce chaos, il n’y avait plus de règles, plus de lois. Elle n’existait pas, voilà. Elle n’existait plus. Quelques larmes perlèrent le long de son visage froid et s’échouèrent sur le sol, silencieuses. L’onde du choc, il la ressentait jusque dans ses entrailles comme si sa tristesse tordait ses boyaux. Quelque part, ailleurs, elle vivait, seule. Et sans lui.

Naisen cria une première fois. L’ombre se courba sur elle-même, se replia, bouchant ses oreilles, comme terrifiée. Le jeune garçon ouvrit les yeux qu’il venait de fermer et contempla la lune. Impeccablement muette, elle le regardait souffrir. Le visage continuait de se dessiner. Ses traits s’affinaient, son odeur devenait perceptible. Là, elle était là, elle le suivait, elle ne le lâchait plus. Cela l’effrayait et le fascinait à la fois. Qui était-elle ? Il le savait, il ne voulait simplement pas l’admettre. Admets-le, bon sang ! Admets-le ! Ouvre les yeux et regarde, il ne te suffit que d’un pas. Un seul petit pas pour découvrir à quel point elle est vraie, elle est là, respirant le même air que le tien, jacassant dans les mêmes ruelles, profitant des mêmes plaisirs.

Et la forme magnifique d’une femme apparut. Constellant, voila ce que l’astre était. Comme une étoile qu’on avait superbement scotché au plafond blanc de sa chambre. Elle le regardait, elle buvait son image comme un délice éternel mais sa voix restait muette. La couleur froide de sa peau le terrifiait pourtant il la reconnut. Il cria une seconde fois et la voix qui montait en lui se fit plus pressante. Quelques sons, quelques cris, rien de compréhensibles, tout de transcendant. Perdu, son regard jouait avec les murs. Il scrutait les moindres recoins de sa chambre, tentant de comprendre, tentant de sentir. Ce qu’elle était ? Ce qu’elle voulait ? Il le savait. Elle voulait revenir. Elle voulait sortir la seule barrière de son âme. Là, cachée derrière ses songes elle se débattait, elle le martyrisait et il en souffrait vaillamment, sans demander l’aide de quiconque dans l’espoir qu’un jour il puisse le franchir lui aussi, dans l’autre sens, et la rejoindre. Naisen sourit, enfin. Bien sûr. Ce doux baiser ne pouvait appartenir qu’à une seule personne. Cette sensation réconfortante et rassurante, ces bras chauds, apaisants, ce regard d’une beauté sans nom. Un regard dont il avait hérité. Du sourire, il passa aux larmes. Ses yeux se brouillèrent. Ses dents mordillaient sans cesse sa lèvre inférieur jusqu’au sang. Il venait simplement d’en prendre conscience, quelques gouttes de sang goutant le long de son menton. Il ne put retenir ses larmes, il ne put retenir ce sentiment d’amertume et de crainte, un mélange maladroit de rancœur et d’incertitude. Elle était là, coincée en lui, perdue dans un monde dont il ne voulait imaginer la déchéance de peur d’y pénétrer sans en avoir les armes pour les combattre et en sortir vivant. Elle avait fait de lui tout ce qu’il était. Elle son essence, sa joie de vivre. Dans sa manière de comprendre, d’appréhender, de rire, de pleurer, elle était là, partout et nulle part à la fois.

Les images de ces jours où elle partageait chacun de ses instants passionnants de la vie défilèrent devant ses yeux humides. Elles étaient insupportables. La beauté de ces instants resterait inchangée. Mais l’idée que jamais plus ils ne reviendraient à lui, à eux, elle, était insupportable. Quant à s’avouer qu’il passerait le restant de ses jours loin de son sourire, c’était mortel. Naisen cria une troisième fois. La porte de sa chambre s’ouvrit violemment. La lumière jaillit, une autre ombre, bien plus imposante, plus forte et si tendre à la fois en émana. Elle se jeta sur lui et le secoua. Tout disparut alors dans un chaos sans nom. Le tourbillon contre lequel il ne pouvait se battre et qui l’emporta l’assomma. Il ouvrit les yeux et chercha l’air, étouffé. Le visage d’Okane apparut, inquiet et rassurant. Naisen inspira et s’affala dans son lit défait.

Un courant d’air balaya la chaude aura qui suintait entre les murs. La fraicheur de la nuit retomba et le silence se fit, presque perceptible.

[Okane] – Ca va mon garçon.

Il ne répondit d’abord pas. Du bout des yeux, il cherchait encore sa présence, tournant la tête dans tous les sens avec vivacité. Rapidement, il se rendit compte qu’elle n’était plus là, qu’elle avait à nouveau disparut. Okane sourit tristement et passa une main compréhensive dans ses cheveux. Lentement, elle descendit le long de sa joue et força son enfant à trouver son regard, d’un sourire permanent.

[Okane] – Toujours le même cauchemar ?

D’un infime mouvement de la tête, il acquiesça. Okane le poussa tendrement pour s’assoir plus confortablement à côté du creux de ses hanches. Il soupira, l’air défait, presque désespéré mais tenta de n’en laisser rien paraitre.

[Naisen] – Elle ne reviendra pas, n’est-ce pas ?

Son sourire disparut devant l’interrogation de son fils. Il haussa les épaules qui retombèrent violemment, comme frappé par un poids bien trop lourd pour son seul buste.

[Okane] – Non, Naisen. Elle ne reviendra pas. Tu le sais bien.

[Naisen] – Alors pourquoi est-ce que je continue de la voir ?

Okane continuait de caresser tendrement ses cheveux. L’espace d’un instant, il avait perdu le contrôle de lui-même mais il se reprit très vite. Son sourire rejaillit. Parce qu’il ne pouvait pas perdre la face. Parce qu’il n’y avait qu’un seul rempart entre son fils et cette espèce de tristesse perpétuelle contre laquelle il se battait chaque jour et chaque nuit et dont Naisen ne semblait pas épris.

[Okane] – Parce qu’elle est là, autour de nous. Au ciel, ou à côté, je ne sais pas. Elle est partie mais elle restera toujours avec toi, à tes côtés. Ne te l’a-t-elle pas promis ? L’enfant agita sa tête positivement, d’un sourire nostalgique. Elle ne t’abandonnera jamais, Naisen. Elle aimerait simplement toujours être là, à te border, à s’occuper de toi et à te regarder grandir. C’est sa manière à elle de te rappeler qu’elle a été là, et qu’elle le sera toujours. Ta mère était quelqu’un de formidable, elle a beaucoup fait pour nous tous, elle a beaucoup fait pour toi. Je suis certain que là où elle est, elle nous regarde, elle nous admire pour ce que nous faisons, pour ce que tu fais. D’une manière ou d’une autre, elle t’aidera. Elle t’aide déjà. Tu ne le sais peut-être pas, mais elle t’aide déjà. Nous avons tous notre façon de réagir, de le vivre, tu as la tienne. Elle est peut-être difficile, mais tu comprendras un jour que tout cela, elle le fait pour ton bien. Ne l’oublie jamais.

Sa mère. Le visage réjoui de Chiyoko refit surface. Mais cette fois, il était parfaitement dessiné, un sourire teintant ses lèvres roses et tendres. Ses yeux d’un bleu profond les caressaient tous deux dans un souvenir pourtant dévastateur. Cela ne faisait que six mois maintenant qu’elle avait disparut. La maladie l’avait emportée comme elle avait emportée beaucoup d’autres avant elle. Tout avait été rapide, fulgurant. Violent et salvateur à la fois. Naisen n’eut pas le temps de la voir souffrir, tandis que les médecins et son père s’affairaient à le persuader que non, elle s’était éteinte rapidement, le temps d’une nuit, d’une dernière nuit. Il n’avait pas pleuré, il l’avait simplement regardé s’en aller, sans avoir eu le temps de lui dire au-revoir. Trop jeune pour comprendre, pas assez pour ne pas se rendre compte qu’elle ne reviendrait plus. Naisen s’était réveillé le lendemain avec un visage défait, les épaules rabattues, les yeux en sanglots. Les cauchemars qui l’agitaient régulièrement n’avaient fait que raviver une flamme vivace. Peu à peu, il s’y était accoutumé sans toutefois comprendre de quoi il s’agissait vraiment. Personne ne savait, en réalité. Ces mondes là restaient inexplorés. Naisen avait continué de vivre, comme Tomoro, comme Okane. Ils n’avaient pas oublié, ils avaient simplement faits avec. Et pourtant, le sentiment de sa présence, de son souffle chaud et bien vivant perdurait chaque fois qu’elle prenait ses nuits, qu’elle s’immisçait dans ses rêves comme si la chose qu’elle désirait plus que tout, c’était de les voir revenir. Comme un appel.

Il la retrouverait. Elle n’était pas morte. On l’avait juste enfermé, quelque part et il fallait qu’on l’a délivre de son empire, de cette cage abjecte. Cette idée l’obsédait. Tomoro, avec un brin d’intelligence, n’avait pas rejeté cette idée, la mettant sur le compte du jeune âge de son frère. Mais l’insistance avec laquelle il se plongeait dans cet objectif le chamboulait, coïncidant probablement avec son épanouissement des arts ninja. Tomoro n’était pas beaucoup plus âgé que son frère et, autant qu’il s’en souvienne, il l’avait toujours supporté, toujours aidé. La relation qu’avaient tissée les deux frères était implicite, solide et complice. Okane avait cru, avec véracité, que l’implication de son premier fils dans le monde shinobi viendrait bouleverser leur mode de vie. Il n’en fut rien. Tomoro devinait avec la même simplicité combien la place que venait de s’accaparer son père au sein du clan allait bouleverser le leur. Mais il n’en dit rien. Peu importait. Les rêves de Naisen le laissaient songeur. Tendancieusement suspicieux, particulièrement inquiet.

Maintes et maintes fois, Naisen s’était justifié de son attirance pour les secrets du clan dan la seule optique de parvenir à retrouver sa trace. Celle de Chiyoko. Il n’en voulait personne, il n’accusait personne. Cette disparition, il la mettait sur le compte du destin. Mais du haut de ses onze ans, Naisen n’avait aucune preuve que ces choses-là ne pouvaient pas être combattues.

[Naisen] – Elle me manque, c’est tout.

Okane sourit et se leva lentement. Là, il déposa un baiser sur le front de son fils et l’invita à se remettre sous son épaisse couette. Sans dire un mot, il se retourna, éteint la lumière et ferma la porte de la chambre, lançant un dernier regard pour l’enfant qui venait aussitôt de s’endormir profondément.

Elle me manque aussi bonhomme, elle me manque aussi.


Dernière édition par Naisen Uchiha le Mar 5 Avr - 19:31, édité 1 fois

MessageSujet: Re: Naisen Uchiha   Mar 5 Avr - 18:17

Et je pense que ça sera tout =)

Bonne lecture.

MessageSujet: Re: Naisen Uchiha   Mer 6 Avr - 12:34

Rebienvenu ^^

Que dire ? Enfin un Domaine " minoritaire " qui trouve un joueur PJ =) j'aimais déjà bien Okane, mais son fils semble suivre une voie bien à lui. J'aime bien son but =) c'est meugnon comme dirait l'autre ^^

Je n'ai pas grand chose à dire d'autre, c'est bien écrit et tu connais assez bien les rouages du forum pour que je puisse te faire la moindre remarque sur cette présentation. A la limite, on aurait pu en apprendre davantage sur la jeunesse de Naisen, le voir un peu l'avant révolution Uchiha ^^ mais je me contenterais aisément de ce que tu as écris =)

Je te valide donc au rang Genin à Konoha et te souhaite donc bon jeu avec ce personnage !

Naisen : +37 XP
Sho : +10 XP Lecteur

Vu qu'on est au début du mois, je te refile, en accord avec les règles d'XP de réincarnation, ton niveau 1 et 2 en XP. Au premier du mois prochain tu auras l'XP de ton niveau 3 et 4, et ainsi de suite jusqu'au niveau 37 ( auquel j'ai ajouté l'XP gagné sur ton interprétation de PNJ dans le Bruit de la Révolte )

XP réincarnation (Avril) : +30 XP

MessageSujet: Re: Naisen Uchiha   Mer 6 Avr - 23:46

Merci pour ces remarques. Peut-être aborderai-je ce manque dans de futurs textes, je n'y avais pas pensé jusque là !

A plus pour de prochaines aventures =)
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MessageSujet: Re: Naisen Uchiha   

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