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 (Avortée) [Menace - Kawa] La dalle

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MessageSujet: (Avortée) [Menace - Kawa] La dalle   Sam 2 Avr - 19:28

Chapitre 3 : Noirceur
Partie 3 : La Dalle




Citation :
Kawa - Faim
Le village d’Ondorie traverse une période difficile. La faim se lit sur tous les visages à chaque coin de rue. Les stocks de nourriture sont vides, Ondorie est au bord du gouffre.


Le chemin avait été long, pénible, fatiguant. Des gouttes perlaient sur le front de la kunoïchi, qui avait dévêtu presque tout afin de résister à la chaleur torride de l'astre qui brillait dans son dos. A côté d'elle, dans les verts pâturages, qui tournaient d'ailleurs plutôt au jaune calciné, du pays de la feuille, son sensei n'en menait pas large non plus. Torse nu, ses cheveux ruisselants de sueur, il marchait à pas lourdauds, regardant sa gourde d'eau avec une envie non dissimulée.

Etsuko - Vous pouvez boire, sensei...

Hatsu - Non non non, c'est important de se rationner, imagine qu'on tombe dans un trou, que je me casse les deux jambes, et qu'on doive rester trois jours dedans avec pour seule vivre le fond de cette gourde. Ce serait le draaaaaaame.

Etsuko - Sensei...

Hatsu - Et puis sans être aussi défaitiste, il nous reste une longue route à faire, et je ne connais pas très bien le pays de la feuille. Aucune idée s'il y a un ruisseau pas loin, et de toute façon, vu les temps secs que nous avons vécus pendant ces dernières semaines, il y a de bonnes chances que les cours d'eau soient quelque peu asséchés...

Etsuko - Sensei !

Le chuunin se retourna vers sa disciple, agacé par les interruptions impertinentes qu'il avait subies.

Hatsu - Quoi, qu'y a-t-il à la fin ?!?

D'un air blasé, Etsuko pointa du doigt le paysage que le duo voyait maintenant depuis la colline qu'ils venaient de surmonter. Au delà d'une épaisse forêt, caché derrière d'épais murs protecteurs, à la manière des autres villages cachés, Konoha, le village du feu s'étendait devant leurs yeux.

Hatsu - Ah oui, nous sommes arrivés...

La main essuyant les perles de transpiration de son front, Etsuko observa son sensei retournant sa carte dans tous les sens dans un mélange d'exaspération et d'amusement. Elle n'avait pas compris au départ pourquoi elle seule avait été embarquée dans cette aventure à l'autre bout du continent. Le fait que la mission soit gérée par son sensei y était certainement pour quelque chose, mais il était tout de même rare pour un village caché de laisser sortir des Genins hors des frontières du pays... Et puis lors de la première nuit du voyage, au coin du feu, elle avait osé poser la question.

***

Etsuko - Sensei, pourquoi m'avez-vous embarqué dans cette mission ?

Hatsu - Tu es membre de l'équipe 8 je te rappelle. C'est tout à fait normal que je te fasse participer aux missions que j'accepte.

Ce soir là, elle ne s'était pas contenté de cette réponse.

Etsuko - Il n'y a pas que ça, n'est-ce pas, sensei ? Sinon, Seiki aussi serait présente.

Le chuunin stoppa la mastication de son morceau de viande, avala une gorgée d'eau fraîche, puis s'éclairçit la gorge. La gourde dans les mains qu'il regardait fixement faisait apparaître de petites ondulations lumineuses sur son visage.

Hatsu - En effet. D'abord, Seiki est parti avec des membres de sa famille pour une expédition et elle n'était pas disponible. Ensuite, il y a une raison précise pour laquelle je souhaite te voir agir sur cette mission.

Il se leva et s'approcha de la Toshiya, pour se rasseoir aussitôt en tailleur. Il attrapa l'une des branches au bout de laquelle le feu avait pris, puis l'approcha de son bras droit.

Hatsu - Vois-tu cela ?

Une ligne de peau plus claire partait de la paume de sa main droite jusqu'à son coude.

Etsuko - Oui, une cicatrice. Quel rapport avec tout cela ?

Hatsu - Elle est liée à un moment important de ma vie. Celui de la mort de ma soeur.

Hatsu-sama, qui respirait habituellement la bonne humeur, semblait curieusement triste. Même le ton de sa voix avait changé, plus grave, insistant.

Hatsu - Elle me rappelle tous les jours pourquoi je ne dois pas laisser mon âme à la noirceur de la vie.

Sans laisser à Etsuko le temps de répondre, qui n'avait de toute façon pas grand chose à dire, il enchaîna.

Hatsu - Et il est hors de question que je laisse la tienne sombrer sans rien faire. Suis-je bien clair ?

La Toshiya voulut réagir, s'indigner, exposer son désaccord, manifester sa volonté absolue de liberté, évoquer son indépendance, expliquer qu'elle seule avait le droit de décider ce qui était bon pour elle. Mais elle se tut. Elle ne put décocher le moindre mot, spectatrice impuissante de celui qui l'avait touchée en plein coeur. Car Hatsu-sama avait clairement vu dans son âme, il l'avait cernée comme personne n'avait pu le faire alors. Il ne savait rien de son histoire à elle, mais il en avait perçu les conséquences. Le regard du chuunin se fit moins insistant. Etsuko regardait vers le sol, tiraillée entre la rage et les larmes.

Hatsu - Nous nous dirigeons vers Kawa, au village d'Ondorie. Un ami qui officie en tant que Juunin pour le village de Kumo m'y a rapporté l'état de détresse qu'il a pu voir lorsqu'il était de passage là bas, et j'ai pu convaincre le bureau des missions de nous laisser y aller pour rétablir la situation. J'ai également obtenu qu'un Genin puisse me rejoindre pour compléter l'équipe, mais c'est tout, car le sujet n'est absolument pas prioritaire pour le village des nuages. Et je t'ai choisi, parce que je veux que tu te rendes compte à quel point toi aussi, tu peux faire le bien. Je compte sur toi.

Etsuko - ...

La demoiselle continua de regarder vers le sol. elle aurait tant aimé que ce soit possible. Faire le bien, de ses propres mains. Mais elle était persuadée au contraire, qu'il ne pourrait jamais en être ainsi. Elle avait été frôlée par le malheur, et se complaisait dans ce rôle tragique, plutôt pathétique, de l'éternelle victime de ses origines et de sa malchance.

Hatsu - Bonne nuit.

Alors qu'il retournât vers sa couche, la kunoichi se décida à répondre.

Etsuko - Mes mains n'ont jamais rien semé d'autre que la mort...

Hatsu la coupa aussitôt. C'en était fini des refrains mélodramatiques.

Hatsu - Et bien dis toi que d'ici une semaine, elles auront semé des céréales. Allez dors, il nous reste un bon chemin à parcourir.

Etsuko ne le voyait déjà plus que de dos, allongé et prêt à dormir. Elle resta un bon moment encore à le regarder s'assoupir. Cet homme dont elle partageait la route, peut être était-ce de lui qu'elle retrouverait le chemin.

***


Maintenant, elle comprenait beaucoup mieux les raisons de ce voyage, même si elle doutait toujours sur l'effet qu'il était censé produire sur sa personne. La perspective du village de la feuille marquait la fin de la première étape du voyage. Hatsu-sama comptait passer par Konoha le temps d'une nuit. Armé d'une lettre de requête officielle signée par le doyen du centre des missions de Kumo, il espérait pouvoir compter sur la solidarité du village de la feuille pour obtenir l'aide d'un ou deux shinobis. Après tout, Kawa était un pays frontalier de Konoha, et une telle opération, bien qu'elle ne fournisse aucune rentrée d'argent, pouvait au moins améliorer l'image du village auprès de ses voisins. A mesure qu'ils s'approchaient, Etsuko semblait de plus en plus happée par le spectacle qui s'élevait devant elle. Pour sa première sortie hors des frontières de Kumo, mettre le pied à Konoha était tout bonnement inespéré. Et du coup, elle ne comptait pas louper une seule seconde du spectacle.

Hatsu - Nous voilà aux portes. Laisse moi parler aux gardes, ce sera plus simple.

Etsuko - Vous êtes déjà venu ici ?

Hatsu - Quelques fois oui. Mais pas suffisamment pour qu'on m'accueille à bras ouverts, haha.

Rhabillé et le bandeau de Kumo bien en évidence, Hatsu-sama se présenta aux gardiens. La présentation des documents ne fut qu'une formalité. Le charisme du chuunin épata sa disciple. Jamais elle n'avait vu quelqu'un d'aussi doué pour les relations humaines, et intérieurement, elle lui enviait beaucoup cette capacité à lier contact aussi facilement. Ils furent conduits à l'Académie, où ils pourraient s'entretenir avec l'un des responsables des missions du village. Hatsu fut dépêché dans une petite salle de réunion, alors qu'on demanda à Etsuko de patienter dans le jardin de l'édifice. La Toshiya alla s'asseoir sur les marches de l'entrée principale, et en profita pour regarder les étudiants de Konoha qui passaient autour d'elle sans la remarquer. Son bandeau de Kumo accroché habituellement à son front était actuellement dans ses mains, et il en était mieux ainsi. Elle n'avait aucune envie de s'afficher, ou de chercher des problèmes, alors autant se montrer discrète. De même, son arc emballé dans son étui resterait bien sagement dans son dos.

Observer les gens vivre autour d'elle avait toujours été une des occupations les plus agréables pour Etsuko. Qu'y avait-il de plus intéressant de voir les visages changer d'expression, les petits gestes volontairement cachés à la vue des autres, les coups d'oeil inavouables, les sourires sincères, les rires bruyants. En spectatrice de tels évènements pourtant si banaux, Etsuko s'en écartait d'autant plus. Elle avait le sentiment que jamais elle ne pourrait agir ainsi, aussi sincèrement, simplement, et le spectacle en était d'autant plus passionnant, mais aussi douloureux. Quoi de plus triste d'aspirer à la normalité et de savoir que jamais on ne pourrait l'atteindre ? Délaissant les marches de l'entrée, Etsuko envisagea la pelouse à quelques mètres, vierge, généreuse, dans laquelle elle s'allongea allègrement, à l'ombre d'un gros chêne... Autant joindre l'agréable à l'inutile.



J'emmène au creux de mon ombre des poussières de toi. Le vent les portera.


Dernière édition par Etsuko Toshiya le Dim 26 Juin - 18:53, édité 5 fois
Shinjin Isatsu
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MessageSujet: Re: (Avortée) [Menace - Kawa] La dalle   Ven 8 Avr - 14:00

Je regardais la tourelle de lunette de soleil devant moi. Les raisons de mon entrée dans le monde du shopping s'expliquaient par Kanzaki et Fen qui avaient débarqué chez moi. Selon eux, maintenant que j'avais accès à un salaire de chuunin, j'étais en mesure d'avoir accès de à ce genre de passe temps. Et Kanzaki voulait me relooker : elle n'aime pas trop le style classique avec kimono et haori. On était déjà passé par plusieurs boutiques de fringues, mais j'ai un peu de mal avec le style moderne. La seule chose qui me plaisait, c'était un pantalon noir, tee-shirt noir (qui était déjà assez coutumier) sous une veste légère blanche. L'envie ne s'était pas fait ressentir de changer les couleurs classiques du noir et du blanc. J'avais quand mis assez longtemps avant d'essayer de retourner la situation. Les lunettes de soleil : très courantes dans le pays de la feuille, permettaient de cacher mes yeux. Seulement pour que cela soit vraiment assez efficace, il fallait qu'elles couvrent vraiment bien mes yeux. Je prenais une des plus large que je trouvais dans la tour et la mettais, puis me retourner vers Fen et Kanzaki, après m'être regardé dans le miroir.

[Kanzaki] – Ce style te va plutôt bien.

[Jin'] – Je ne ressemble pas à un mouche?

[Fen] – C'est possible, mais il paraît que c'est la mode...

Elles me convenaient. Je pouvais bouger sans qu'elles ne tombent, et elles couvraient vraiment mes yeux.

[Jin'] – On les prend.

Après avoir réglé, je me regardais dans une vitrine. Je n'avais vraiment plus rien d'un Hyuuga, mais plus d'un jeune civil de Konoha accro à la mode et à la musique.

[Kanzaki] – Si ça peut te rassurer, certes, tu as moins de prestance qu'avant, mais tu gardes... quelque chose de noble.

[Fen] – Et ça, même moi j'arrive à le ressentir.

C'est gentil. Ils m'aidèrent ensuite à ramener les nouveaux vestiges de ma garde robe chez moi, puis me laissèrent en retournant vaquer à leurs occupations. J'ouvrais le frigo, il y avait pas de quoi manger convenablement. Avant d'être chuunin, je mangeais déjà au restaurant, maintenant que je le suis, j'ai moins de temps et ça fait un bail que je ne suis pas retourné chez Hazu. Allons-y. Je remettais mes lunettes avant de sortir (c'est vrai qu'en plus d'être utile pour cacher mes origines, ça l'était pour éviter de me faire éblouir à chaque que je sors de chez moi).
Et puisque je suis dehors, avec une après-midi de libre, autant en profiter pour allez vérifier les ordres de mission à l'académie, car en ce moment, je ne suis plus très actif pour le village. Je n'ai pas envie de passer par les toits, même si c'est plus rapide... mon nouvel accoutrement me fait étonnamment me sentir normal, à mener, pour une fois, la même vie que les gens qui m'entourent.*

J'arrive devant l'académie. Comme d'habitude, pas mal de monde se bousculent par cette journée ensoleillée: les élèves hyperactifs, qui espèrent avoir le moins de cours possibles pour profiter de la journée, les shinobis qui passent vite fais voir si aucune mission ne leur a été assignée, les professeurs, les retardataires, etc. Il y en a même qui prenne le soleil sur la pelouse. J'entre dans l'académie... là, je dois être le seul à ne pas porter de bandeau. D'un certain côté, les gens ne voient ni mon grade, ni mes origines. Je suis presque là incognito. J'arrive devant le comptoir en bois massif. La secrétaire me dévisage.

[Jin'] – Shinjin Hyuuga.

Rien pour moi : parfait. Je vais pouvoir retourner chez moi, et pourquoi pas aller voir Higaï pour un entraînement. Je n'ai plus de courbatures, ça a tendance à me manquer un peu. Je sens qu'on me touche l'épaule. Quand je me retourne, je vois le légendaire costume cravate de Haga, qui me fait signe de le suivre dans un débarras, vide.

[Haga] – On m'a dit que tu étais passé chuunin?

J'acquiesce, mais je me doute qu'il va sans doute me refiler une de ses missions. Il a déjà joué le tire au flanc une fois, et en échange, je n'ai pas plus d'informations, comme pourquoi il est venu me voir à la fête du saké.

[Haga] – C'est parfait. J'ai un service à te demander. Tu vois... Il ouvre discrètement la porte et me montre un homme, qui est trop blanc pour venir d'ici. Cet homme vient de Kumo, avec sa genin. Ils vont aller à Kawa, il y a un village en pleine crise économique, visiblement, et ils vont essayer de calmer le jeu. Pour ça, il demande une participation de Konoha. Sauf que pour moi, c'est le rush, j'ai même plus une minute à moi pour passer au Browly. Alors je me disais, que toi, comme tu es chuunin, et qu'en ce moment tu n'as rien à faire, tu pourrais me remplacer sur ce coup.

[Jin'] – C'est bon.

[Haga] – Parfait. Au fait, pas mal les lunettes. Suis moi, et laisse moi parler.

Il m'emmène dans le couloir où il y le shinobi de Kumo. Les couloirs de l'académie ne sont pas bien éclairés, du coup j'enlève mes lunettes et les accroche au col de mon tee-shirt (un truc que m'a montré Kanzaki). L'homme était visiblement en conversation avec ce qui semble être le genin de Haga, ce qui ne lui colle pas du tout au personnage. À son arrivée, les deux shinobis de nations différentes stoppent leur discussion.

[Haga] – Comme dit précédemment, je ne suis pas disponible. Cependant, j'ai trouvé un autre chuunin disposé à vous aider. Son jeune âge se porte témoin de ses capacités, ainsi que ses yeux. C'est lui qui vous accompagnera. Inutile de vous dire que s'il lui arrive quelque chose, compte tenu de son clan, cela vous placerait dans des conditions très délicates. Sur ce, je vais vous laisser vous préparer. Viens Koïji.

Haga tourne les talons et disparaît dans les méandres des couloirs de l'Académie. Je regarde on nouveau chef d'équipe. L'autorité se présente sous trois principaux piliers : charisme, compétence et expérience. Charisme et expérience, on ne peut pas dire que j'en ai, et même en ce qui concerne la compétence... donc ce sera lui le chef. Et dans le cas où il serait incompétent, il saperait lui même son autorité, et ferait donc de moi le leader suivant.

[Jin'] – Je suis Shinjin Hyuuga, et me met à votre entière disposition.

[Hatsu] – Je vais te présenter à notre coéquipière.

MessageSujet: Re: (Avortée) [Menace - Kawa] La dalle   Jeu 14 Avr - 21:45

De sa cachette végétale, sereine, les yeux à demi fermés, Etsuko contemplait la nuée innombrable de feuilles qui tanguaient au dessus d'elle. Bercée par leurs mouvements fluides, leur bruissement hypnotique, elle laissait vaguer son esprit dans les méandres végétales qui formaient des images éphémères, imaginées, au gré de leurs fluctuations capricieuses. D'un coup, le rêve s'écroula, sous la forme d'un son familier, celui d'une voix qu'elle avait quittée il y a une vingtaine de minutes.

Hatsu - Etsuko ! J'ai trouvé du renfort en la personne de ce jeune homme. Il nous accompagnera dans notre voyage.

D'une allure paresseuse, dans un étirement horizontal digne d'un félin assoupi, Etsuko se releva doucement, posant ses mains sur l'herbe fraîche derrière elle. D'un bond rapide, elle se remit sur pied, et tapota son dos empli de petits brins d'herbe. Elle ne pouvait pas encore voir cet invité mystérieux, caché derrière la stature, pourtant pas si imposante, de son sensei qui lui lançait des petits mouvements de bras comme s'il ne l'apercevait pas tout seul au bord du chemin vide de monde. Et là, une vision improbable s'empara d'elle, et chamboula son esprit en une fraction de seconde.

C'était lui.

L'homme au masque d'oiseau, celui avec lequel elle avait parcouru les couloirs de la demeure de Jiman' le seigneur mégalomane. Celui qui avait fait tomber le masque et révélé à elle ces deux perles magnifiques qui ornaient son visage juvénile. Un Hyuuga, au doux prénom de Shinjin, mais qui préférait être appelé Jin', ou même ne pas être appelé du tout, à en croire la timidité maladive qu'il manifestait à l'égard de la Kuméenne. Mais quel hasard, quelle chance, quelle chance inouïe même ! A la fin de leurs péripéties nocturnes et impromptues, le plus grand regret d'Etsuko avait été de perdre contact, peut être à jamais, avec le sujet de sa curiosité la plus intense, la plus pure et passionnante qu'elle avait jamais vécu de sa courte vie. Souvent la nuit, entre deux cauchemars de son premier ami évanoui, elle songeait à ces pupilles magiques, oniriques, et son visage, qu'elle effleurait lentement, contournant ce trésor qu'elle n'osait jamais toucher. Mais lui, était-il heureux de la revoir ? L'avait-il reconnu, son nom lui rappelait-il quelque chose ?

Son coeur s'emballa.

C'était bête, c'était idiot, c'était stupide, puéril, et hautement risible, mais c'était ainsi. Etsuko se fit maladroite, redoubla d'efforts pour tapoter son derrière verdi, réajusta sa veste de cuir qui fixait son arc encore dans son étui. Ses mouvements se firent plus féminins, aguichants, mais restèrent subtils. Il ne s'agissait pas de paraître trop lourde alors qu'elle n'avait même pas encore sorti le moindre mot, ce qu'elle fit dès qu'elle atteignit ses interlocuteurs. Elle tendit la main, un tout petit sourire esquissé sur un visage malicieux, et annonça, comme leur de leur première rencontre.


Etsuko - Bonjour, monsieur le Cygne.

Si jamais il ne l'avait pas reconnue, ce que la Kuméenne trouvait hautement improbable, il ne pouvait subsister plus aucun doute à la suite de cette salutation. Pour Etsuko, le temps s'était arrêté. Elle savourait chaque seconde qui passait, ces retrouvailles providentielles, et ce petit organe qui la faisait vivre depuis déjà 16 ans battit de plus belle. Une chaleur peu commune, qu'elle n'avait ressenti depuis si longtemps, s'empara d'elle pour son plus grand bonheur. Oui, c'était le mot, elle l'avait trouvé dans un recoin poussiéreux de sa mémoire. Là, en ce moment même, la réminiscence de cette émotion perdue la bouleversait.

Elle était heureuse, tout simplement.


Hatsu - Mais... Vous vous connaissez ?

D'un regard rayonnant, qui lui donnait des couleurs, elle hocha de la tête, en guise de réponse, avec l'attitude digne d'une enfant à qui l'on venait de donner un bonbon délicieux.

Hatsu - Ca alors ! Le hasard fait bien les choses.

Le chuunin fixait sa disciple avec bienveillance. Il ne l'avait jamais vu comme ça. Habituellement prisionière de ses pensées, pessimiste la plupart du temps, il n'avait pas encore réussi à trouver le mot de passe de son coeur et l'étincelle dans son âme. Peut être que la clé venait de ce jeune homme. Du moins il l'espérait de tout son coeur. Ce qui était pour le moment certain, c'est qu'en ce jour d'été, devant l'Académie du village du feu, trois compagnons partageraient une aventure humaine incroyable, agiraient de la juste manière, pour le bonheur d'un village, dépassant les questions géopolitiques et s'unissant pour le meilleur. Tel était le rôle d'un shinobi, Hatsu en était persuadé.


J'emmène au creux de mon ombre des poussières de toi. Le vent les portera.
Shinjin Isatsu
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MessageSujet: Re: (Avortée) [Menace - Kawa] La dalle   Lun 2 Mai - 14:26

Le dénommé Hatsu, sous les ordres duquel j'avais décidé d'officieusement me placer sortit de l'académie et se dirigea vers la pelouse, vers ce qui devait être une élève de Konoha, allongée dans l'herbe. Cette élève me rappelait étrangement quelqu'un... elle dégageait quelque chose que j'avais déjà vu, déjà ressenti. Elle se redressa d'une façon assez souple, et laisse voir son visage, c'était celle que j'avais vu à Tori. Je ne m'attendais pas à le revoir dans ces conditions, et surtout, je pensais qu'elle était de Konoha... en fait non. Elle fit un bon agile pour se remettre debout, le genre de bond que pouvait faire certains aspirants pour impressionner, mais ça n'avait pas cette connotation, ici, c'était plus gracieux, sans vanité, souple, il coulait, il était animal, comme quand un chat s'étire : félin? Généralement, la poésie est aux poètes, et non au shinobis.

[Hatsu] -  Etsuko ! J'ai trouvé du renfort en la personne de ce jeune homme. Il nous accompagnera dans notre voyage.

Renfort, renfort, c'est vite dit. On ne peut pas trop me qualifier de renfort, mais plus de soutien. Cependant, il n'est pas important de le signaler. Ce sera dit quand on me demandera quelques chose que je ne peux pas faire.
Elle avait un arc... c'est idiot, je ne l'ai pas remarqué tout de suite? Pourquoi? D'habitude, c'est le genre de choses qu'on remarque d'emblée, là j'ai d'abord relevé le contexte dans lequel je l'avais rencontré. Son comportement changea. Si son mouvement d'avant avait été fluide, là elle se regarda, s'arrangea, et me tendit la main en me saluant, et m'appelant M. Le Cygne. C'était effectivement mon masque, elle arborait le masque d'un flamant. Comment dois-je la saluer? D'habitude, je suis habitué à salué le poing droit sur la main (tendue) gauche, pour montrer mon respect. Dois-je prendre cette main? Oui... il ne faut pas que je la laisse. Sa main est donc serrée.

[Jin'] – Je... je suis Jin'.

C'est idiot, et je viens de m'en rendre compte. Si elle a retenu mon masque, c'est sans doute qu'elle a également retenu mon nom. Nos mains se quittent, et je prends soudain conscience que si elle a vite vérifier ses habits, mon accoutrement, lui, et peu commun, ce qui me met tout d'un coup mal à l'aise.
Hatsu demanda si on se connaissait, et elle hocha la tête. « Le hasard fait bien les choses ». Faut-il croire au hasard? On m'a appris que non, reste donc à savoir pourquoi cette fille est replacée sur ma route. Mais ça, j'ai toute la mission pour le découvrir... enfin mission, d'après les dires de Haga, ce n'en est pas une courante, mais elle devient soudain beaucoup plus attrayante. Ça me gêne de prendre la parole, alors comme à chaque que je me sens gêné, je me gratte un peu la nuque. Tic (ou TOC) qu'on rencontre assez fréquemment chez les jeunes. C'est Fen et Kanzaki qui me l'ont donné il y de cela quelques années...

[Jin'] – Je vais aller me préparer et... et changer d'accoutrement... Je pense que vous voudrez partir le plus tôt possible? Il faudrait juste me dire en quoi consiste exactement notre tâche, que je me prépare au mieux...

MessageSujet: Re: (Avortée) [Menace - Kawa] La dalle   Lun 2 Mai - 21:12

Hatsu - Je te propose qu'on en discute pendant qu'on se dirige vers chez toi, ça te va ?

Jin' - Ca me va.

Hatsu - On te suit alors. Au fait, ça ne te dérange pas qu'on se tutoie ?

Jin' - Pas... pas du tout.

Etsuko eut un petit sourire malin. Ce cher Jin' était toujours aussi timide qu'à la réception. Le trio se mit en route et sortit de l'Académie par le grand portail. La Toshiya remarqua que son sensei portait son bandeau comme à son habitude autour du cou, et s'étonna de ce manque de discrétion. Et puis après tout, Konoha était un village plutôt amical envers le pays de la Foudre, et il n'y avait à priori aucun risque d'afficher son appartenance ici. En ce sens, elle rattacha son bandeau à sa ceinture, l'un des endroits habituels où il trônait, avec le front. Le briefing commença, alors que Jin' guidait les deux Kuméens dans un dédale de petites ruelles qui n'étaient pas sans rappeler le village des Nuages, la chaleur et la poussière en plus. Hatsu-sama réexpliqua les principes de la mission à mener, et les contraintes en termes d'hommes ainsi que d'implication des villages. Jin' ne semblait pas s'en soucier. Cela ne fit qu'accentuer l'attraction de la demoiselle pour ce jeune homme, qui ne cherchait apparemment pas la gloire, et semblait pouvoir se motiver quand l'enjeu est plus humain que guerrier.

Hatsu - Voilà la donne. Nous sommes passés par Konoha dans l'espoir de trouver une ou deux personnes susceptibles de nous apporter une aide. C'est un honneur de pouvoir compter sur un chuunin du clan des Hyuuga.

Jin' - Ce n'est rien...

La Kuméenne s'interrogea. Elle venait d'apprendre le nom de famille de son ami mondain, mais elle n'avait toujours aucune idée de ce que représentaient les Hyuuga dans la structure d'influence du village, tout comme dans la notoriété des arts shinobis. Mais qu'Hatsu-sama traite ainsi ce clan ne pouvait que forcer le respect, et en ce sens, elle s'attendait un peu à observer ce qui allait se passer. Elle se rappelait également de ces pupilles magnifiques qui avaient percuté son âme. Mais un peu, ce n'était pas suffisant...

Hatsu - Puis-je vous demander comment vous vous êtes rencontrés tous les deux ?

Etsuko répliqua aussitôt...

Etsuko -Tori No Kuni, une réception mondaine, un hasard, derrière un masque. Un bien joli hasard d'ailleurs.


... ce qui fit rougir immédiatement le jeune homme.

Jin' - Je suis d'accord, un joli hasard...

La Toshiya percuta également, un peu tardivement toutefois, que Jin' Hyuuga était déjà Chuunin. Cela n'avait rien d'humiliant pour elle, mais elle ne put s'empêcher de penser qu'elle avait tout de même un certain retard sur l'avancée normale des shinobis de son âge. D'un autre côté, aucun tournoi Chuunin n'avait encore eu lieu à Kumo, et elle avait eu un début de carrière très tardif par rapport à la moyenne. Les promotions individuelles se faisaient également, mais la Toshiya n'avait encore rien réalisé d'exceptionnel pour obtenir un tel mérite.

Jin' - Nous voilà chez moi. Il se fait tard, que diriez vous de dormir à Konoha et de partir demain matin ?

Chez lui... Le portail devant lequel les trois shinobis s'étaient arrêtés ne méritait pas la simple appellation "chez moi". Dans un style plutôt ancien, mais extrêmement raffinée et entretenue à la perfection, l'entrée de ce domaine immense en plein milieu du village en disait long sur l'importance du clan dans la vie du village. Etsuko, pour sûr, ne s'attendait pas du tout à ça.

Hatsu - Ma foi, pourquoi pas, ce sera mieux d'être frais et disponibles dès notre arrivée à Kawa.

Jin' - Je vous aurais accueilli avec plaisir si ce n'était que moi, mais notre famille...

Hatsu - Pas de soucis, je comprends, question de protocole. Je connais une bonne auberge tout proche de la porte Ouest, nous irons là bas. Que dis-tu de nous retrouver là bas à l'aube ?

Jin' - Marché conclu. Je vous souhaite une bonne soirée à tous les deux.

Le regard de Jin se figea quelques instants sur celui d'Etsuko. Elle le ponctua d'une petite révérence polie, et les deux shinobis des nuages tournèrent les talons. D'un air guilleret, Etsuko ne put s'empêcher de demander à Hatsu-sama quelques minutes plus tard.

Etsuko - Je ne savais pas que les Hyuuga étaient si riches.

Hatsu - Héhé, tu n'as encore rien vu. Leur richesse n'est rien, c'est surtout leur influence sur le pays du Feu qui est impressionnante. Ils font partie des quelques clans majeurs de Konoha, et leurs arts shinobis sont parmis les plus efficaces et convoités du monde shinobi.

Etsuko -Comment ça ?

Hatsu - Tu as remarqué ses yeux ?

Etsuko -Oui, ils sont magnifiques...

Hatsu - Et bien si Jin'-san maîtrise leurs pouvoirs, il peut à n'importe quel moment voir ta poitrine à travers tes vêtements...

Etsuko ne saisit pas immédiatement la portée du Byakugan, et après tout, elle s'en fichait un peu. Ce qui l'intéressait dans ce clan, c'était lui, Jin, et personne d'autre...


J'emmène au creux de mon ombre des poussières de toi. Le vent les portera.
Shinjin Isatsu
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MessageSujet: La voie d'Higaï - chapitre 2   Jeu 5 Mai - 2:02

Les deux silhouettes kuméennes se distinguent maintenant dans le brouillard et la clarté de ce début de journée alors que je finis mon dernier parchemin sur l'agronomie. La nuit avait été agitée, et je n'ai pas dormis. Ce qui n'est pas très conseillé avant de sortir du village, mais les entraînements, à la fois physiques et mentaux, de Higaï-sama étaient censés m'éviter ce genre de petits soucis. Alors qu'elle se rapprochent, je range mes affaires, encore une fois étalées depuis que la luminosité était suffisante pour pouvoir les lire. Le grand voyage commence, et les faits de la veille me reviennent en mémoire. J'avais enfin débloqué mes yeux...

***

[Higaï] – Je peux savoir pourquoi mon élève répare mon dojo en plein milieu de la nuit?

Son dojo n'était pas en train se réparer tout seul, c'est pour qui travailler à restaurer des portes tout en étudiant tous les documents sur l'agronomie et les différentes techniques de cultures qui pouvaient être rassemblées. Il y en avait plus qu'on peut le croire, mais après tout, l'agriculture est le support de notre sédentarisation, et beaucoup d'hommes, et de scientifiques, se sont penchés sur la question de la préserver, et de la perfectionner, sans pour autant vider les sols de leur richesse. Un plan durable... mais le plus souvent, c'étaient les seigneurs, un minimum érudits, qui s'occupaient de cela et de le transmettre, en leur disant pourquoi ou non, à leur serfs. Ils tenaient à préserver une de leurs seules rentrées d'argent.
Faire plusieurs choses à la fois m'empêche de m'endormir, et ça aide beaucoup à la concentration. Mais Higaï-sama ne comprendrait peut-être pas, alors autant lui dire quelque chose qui ne me fera pas sembler trop étrange.

[Jin] – C'est ma prochaine mission...

[Higaï] – À Kawa? J'en ai entendu parler. L'idée de faire pousser quelque chose là bas n'est pas si mauvaise, mais ce n'est qu'un aspect de la situation.

Comme à son habitude, il sortir sa longue pipe, la bourra et l'alluma en s'asseyant en face, dans les coussins confortables qui dominent tout le dojo : la place du maître. Par habitude, je m'étais placé en face. Après quelques volutes fumées et crapottages, il se mit enfin à parler.

[Higaï] – Penses-tu que si les paysans de Kawa avaient quelque chose à faire pousser, ils ne le feraient pas pousser?
Non... non... tu ne réussiras sans doute pas. Il est même fort possible que tu échoues, Kuméens ou non, ça ne changera pas grand chose. Même un Juunin aurait du mal à se dépêtrer de cette boue économique, sociale et politique.


[Jin'] – Comment ça? Je ne m'attendais pas à ce que ce soit facile, mais est-ce ci compliqué de sortir un village de la misère?

[Higaï] – Ricanements.Ce n'est pas un village qu'il faut sauver, Shinjin, c'est un pays, une nation. Et une équipe dont le meilleur élément est un chuunin inconnu de Kumo n'a ni les épaules, ni les moyens de faire ça. Volutes de fumée.[i]Je vais te proposer quelque chose... je suis peut-être en mesure de te donner un plus pour ta « quête », et en échange, je veux que tu reviennes de Kawa – si tu reviens – avec un nindô.

[Jin'] – Un nindô?

C'est un mythe, ce truc... une pensée qui peut dicter la conduite d'un ninja toute sa vie, le motiver, le faire avancer? C'est réservé pour le « peuple », nous n'avons pas besoin de nindô, nous avons notre éducation, avec le destin et l'équilibre du monde.

[Higaï] – Oui... là bas, tu verras sans doute ce à quoi l'Homme peut en être réduit, c'est une bonne occasion.

Maintenant, il va me faire pratiquer un entraînement juste avant de partir...

[Higaï] – approche ta tête.

Après avoir trempé son doigt dans de l'ancre, il me dessine quelque chose sur le visage.

[Higaï] – C'est assez simple comme principe. Je vais te bloquer tous tes sens, sauf la vue, et tu devras éviter les kunaïs que qui t'arriveront dessus. Wazu Kankaku!

Effectivement, je ne sens plus rien. La température extérieure et les odeurs. Tous les sens... pourtant les bruits des craquements et des insectes sont encore d'actualité. Higaï-sama disparaît sous mes yeux, et sans l'entendre, je sens le danger... l'ouïe : il n'a pas besoin de la bloquer, puisqu'il ne fait pas le moindre bruit. Où est-il? Premier danger flagrant, d'instinct, je pivote sur la droite, ma main en suspension pour rattraper le kunaï. En profitant de l'effet de rotation de mon corps, je le renvoie d'où il vient... Plus rien, mais le projectile, si j'ai pas l'attraper et le renvoyer, c'est qu'il n'était pas rapide. Higaï-sama me ménage. Une autre tentative : danger! Je pivote sur la gauche, rien...

Tout s'arrête d'un coup, comme si le flot du temps avait été ralenti par une quelconque divinité... Genjutsu? Non, je ne pense pas... ce qui étrange, c'est que je n'ai pas besoin de bouger : je vois tout, autour de moi, et ce sur trois-cent soixante degrés, en noir et blanc... les ombres et les lumières sont inversées, ou beaucoup trop fortes. Mais ça ne se limite pas qu'au dojo, la vue sort du dojo, je suis à l'extérieur, au Nord, au Sud, à l'Est, à l'Ouest du dojo, et ce sans en être sorti. Je distingue Higaï-sama parfaitement, et entre lui et moi, trois kunaï, plus encore un, beaucoup trop près de mon omoplate qu'il a du lancer de sa dernière position. Puis le temps réaccélère, petit à petit. Je me tourne, au ralenti, évitant les kunaï. Deux sont rattrapés, en lancés dans le vide, là où je pense qu'Higaï-Sama va se déplacer.

Je finis mon mouvement, et me retrouve devant Higaï-sama, je ne vois que sa silhouette, et ses fuseau de chakra. Son chakra est concentré dans sa main, il me touche la tête.

[Higaï] – Annulation.

Mes sens reviennent : beaucoup trop d'informations arrivent en même temps, elles se rejoignent toutes, mais ma vision en négatif est toujours là... alors c'est ça le Byakugan.

[Higaï] – [i]Ricane et reprend sa pipe entre les lèvres
Voilà déjà une bonne chose de faite. Par contre, le fait que tu l'es obtenu cette nuit ne veut pas dire que tu peux maintenant l'utiliser en combat. Tu devras t'entraîner, et nous manquons de temps, alors je te proposer d'aller prendre un bain... Il souffle de la fumée, et tire nerveusement sur sa pipe. Oui, un bain, et ensuite le repos... repose toi. Au revoir, peut-être adieu.

***

Le bain avait eu le mérite de me détendre, et j'avais donc pu dormir. Mais le cadeau d'Higaï, en était-ce vraiment un? Car ma valeur marchande vient d'augmenter de quelques zéros, et dans un pays où la misère s'est autant installée, le criminalité a du suivre, ce qui n'arrange pas notre sécurité.
Je salue les deux shinobis... ils doivent me voir bien changer, j'ai opté pour des kimonos traditionnels et bon marché, aux couleurs ternes, pour ne pas attirer la convoitise de Kawa. La garde robe de mon voyage est également composée banalement, sans fioriture, en restant traditionnel. Mon bandeau est à la maison, il n'est pas utile qu'on sache que je viens du pays du feu, et de Konoha, comme il n'est pas utile qu'on sache que mes deux coéquipiers viennent de Kumo.

[Jin'] – Comment vous compter faire, pour sortir un pays de la misère?

Merde... le « pays » m'a échappé, j'aurais du dire village. Trop de réflexion sur la discussion avec Higaï-sama m'a trop conditionnée.

MessageSujet: Re: (Avortée) [Menace - Kawa] La dalle   Dim 26 Juin - 18:46

La petite auberge possédait tous les charmes et le confort suffisant pour offrir un sommeil paisible à ses occupants. En bordure du village, près de la porte Ouest, recluse dans une petite ruelle calme, la maison ne comportait qu'une dizaine de chambres modestes mais toutefois spacieuses. Hatsu-sama et Etsuko occupaient l'une d'entre elles, au dernier étage, une pièce carrée, un peu spartiate, fermée par des paravants de bambou. Elle était composée de deux futons à même le sol, d'un service à thé, et d'une fenêtre qui donnait sur une lune immaculée et ronde comme un ballon. De son lit allongée sous sa couette, Etsuko la fixait d'un regard malicieux. Le sommeil serait difficile à trouver. Dans ses pensées, le spectre flottant d'un amour naissant lui donnait des ailes. Elle s'imaginait volatile fougueux dévalant les nuages à la manière d'un cerf volant incroyable. Elle se voyait faucon, fier et vif, glissant sur les cieux comme une luge sur la glace.

Hatsu - Tu ne dors toujours pas ? Il est temps tu sais.

Etsuko - Oui oui, mais je n'y arrive pas.

Hatsu - Quelque chose te préoccupe ?

Etsuko - On peut dire ça comme ça...

Hatsu - Il t'a vraiment tapé dans l'oeil ce petit Hyuuga, n'est-ce pas ?

Son sourire amusé agaça la Toshiya, qui se tourna dans l'autre sens, en remontant sa couette au niveau des épaules.

Etsuko - Cela ne vous regarde pas, Ookami-sama.

Accroupi comme une grenouille, Hatsu regardait la petite boule de tissu se tortiller pour trouver une position idéale. D'un regard bienveillant, il songeait lui même au temps où lui aussi il avait découvert le grand amour. Cette sensation de stupidité béate mêlée à de la rêverie contemplative, une sorte de marmelade sentimentale, un peu gluante et qui tâche pendant longtemps, même après plusieurs lavages. Il n'insista pas, et souffla sur le lampion, avant de se coucher lui aussi.

Hatsu - Bonne nuit

Etsuko - De même

...

Etsuko - Hatsu-sama ?

Hatsu - Moui ?

Etsuko - Vous pensez que c'est un problème, si c'est quelqu'un d'un autre village ?

Hatsu gigota dans son Futon, à la recherche d'une position confortable, puis quand son dos lui indiqua par un petit crac sourd qu'il ne devait plus bouger, il reprit avec un ton étrangement sérieux.

Hatsu - L'amour se contrefout des frontières. Mais n'oublie pas que tu es shinobi. Pour le moment, Konoha et Kumo entretiennent des relations cordiales, mais rien ne dit que demain il en sera de même. Un jour peut être, pour le bien de vos villages respectifs, vous devrez faire un choix...

Etsuko - Oui, vous avez raison.

Hatsu - Mais profite de l'instant présent pour le moment.

Allongé de dos, les bras à l'arrière de la tête, Hatsu réfléchit encore un moment. Qu'elle était encore naïve, sa jeune disciple. Elle ne comprenait pas que les sentiments qu'elle éprouvait ne seraient jamais assouvis. Au delà du problème des villages, celui des familles posait un tel obstacle sur leur route que jamais une telle union ne pourrait paraître acceptable. Néanmoins, il ne se sentait pas de lui anéantir ce moment. Il lui appartenait, elle avait le droit d'être heureuse, ne serait-ce que le temps d'une mission, loin de leurs propres villages.

Le soleil se leva sans peine, sur les chênes séculaires du jardin de l'auberge. A l'intérieur de la chambre, le duo de Kumo était déjà prêt à partir. Quelques minutes de marche dans les ruelles embrumées du village du Feu et la silhouette du Hyuuga se dessina à l'horizon. La porte Ouest donnait sur l'orée d'un bois dense et calme d'où une multitude de gazouillis et de piaillements d'oiseaux perçaient le silence de l'aube naissante.

Leurs regards se croisèrent bientôt, et le déclic fut le même que la veille. Assurément, Etsuko éprouvait de l'amour. Intrinsèquement, elle savait qu'il en était de même de son côté. Toutefois, elle le voyait comme une tortue. Une énorme carapace de maladresse et de gêne le protégeait des méfaits du monde, mais aussi du bonheur du quotidien. La jeune femme connaissait très bien ce sentiment, pour l'avoir accueilli des années durant. Aujourd'hui, elle était prête à revêtir une autre parure. Son objectif principal, désormais serait de ramollir la coquilles des sentiments de son nouvel ami, étape par étape, pas à pas, centimètre après centimètre. Aussi commença-t-elle aussitôt son travail de sape, et d'un bond joyeux, ce qui paraissait complètement déplacé et inhabituel pour la Toshiya, embrassa le Hyuuga tout en l'accueillant d'un rayonnant :


Etsuko - Bonjour Jin-chan !

Il rougit. La manoeuvre l'avait complètement destabilisé, et comme il ne s'y attendait pas le moins du monde, il ne put que répondre un gromellement de bonjour et de raclement de gorge orné de mouvements inutiles et de recherches dans son sac alors qu'il n'avait besoin de rien à l'intérieur. Hatsu le salua à son tour, d'un ton bien plus protocolaire et propice à leur rang. Le chuunin aggripa son sac, le plaça sur son épaule droite et lança une discussion :

Jin' – Comment vous comptez faire, pour sortir un pays de la misère?

Hatsu se stoppa net, les mains dans les poches, comme pour mieux réfléchir à la question délicate qui lui était posée.

Hatsu - Et qui a dit que nous avions la prétention de sauver un pays entier ?

Le Konohan ne répondit pas, laissant au Kuméen le loisir d'expliquer son raisonnement.

Hatsu - J'ajouterais même, qui a dit que nous avions la moindre chance de réussite ?

Jin' – Hum, je ne vous suis pas. Pourquoi se déplacer là bas si nous n'avons aucune chance d'y arriver ?

Hatsu - Ne pas y parvenir du premier coup ne signifie pas que nous ne ferons pas avancer le problème. Kawa est un pays dans un état critique. Le village où nous nous rendons est à peu près dans la même situation que tous les villages autour. Toutefois, si nous voulons un jour posséder tous les éléments pour réussir à améliorer leur existence, il faut avant tout écouter, comprendre, et réfléchir, puis enfin agir. Voilà ce que nous allons faire là bas. Nous y allons pour écouter, et comprendre. Et viendra le jour où nous pourrons agir. Mais en aucun cas je n'ai la prétention d'annoncer notre réussite dès demain.

La réponse sembla convaincre le chuunin qui acquiesça de la tête, avant d'ajouter.

Jin' - Cela me va. Allons ouvrir nos oreilles, alors.

Le trio nouvellement formé prit ainsi le chemin principal, qui menait, après la traversée de la forêt dense qui cachait Konoha, vers la Route de l'Ouest, en direction de Kawa. Deux heures de marche les menèrent près d'un petit lac où le groupe décida de faire une petite pause, à l'ombre des saules pleureurs. Assis sur l'herbe, ils pouvaient profiter du soleil encore bas dans le ciel, qui illuminait les feuillages des arbres aux alentours, et décorait l'étendue d'eau d'un patchwork ondulant de couleurs chaudes et apaisantes.

Jin - Dites, je voulais vous demander... Est-ce que vous avez un nindô ?

Comme Etsuko finissait un gâteau de riz un peu sec et ne pouvait répondre pour le moment, Hatsu se releva de sa position allongée, et les coudes posés sur le sol, leva la tête au ciel, morcelé par des miliers de tiges tombantes à l'odeur agréable.

Hatsu - C'est difficile, certains nindôs sont très intimes. Ou alors, on peut en avoir plusieurs. Le mien, je préfèrerais le garder pour moi, mais j'en ai un en effet.

Etsuko écoutait la discussion avec curiosité. Lorsque lui vint l'occasion de donner son avis, elle émit un simple :

Etsuko - Je ne sais pas vraiment ce qu'est un nindô en fait...

Hatsu éclata de rire, et reçut en représailles un regard foudroyant. La jeune Toshiya n'étant shinobi que depuis quelques mois seulement, elle n'avait pas encore assimilé tous les codes et toutes les traditions du monde ninja. Celui du nindô représentait pour elle une nouveauté, il n'y avait rien de tel dans sa famille.

Jin - Une ligne de conduite si tu veux. Une phrase qui résume tes principes essentiels dans la vie. Quelque chose comme ça.

Gourde en main, Etsuko se leva d'un bond. Elle resta debout quelques instants, puis tourna les talons vers le Konohan.

Etsuko - Vivre et être heureuse.

Jin la fixa d'un regard étonné et attendri à la fois.

Etsuko - C'est un peu banal, mais c'est tout ce que je me souhaite. Et ça devrait être le cas de tout le monde non ?

Jin - ...Probablement...

Elle la fixa d'un air empli d'affection. Elle le ressentait en ce moment même, ce bonheur qu'elle avait cherché depuis longtemps. Une sensation de légèreté, les battements irréguliers de son coeur, les cheveux libres au vent chaud du Sud. Et comme sa mère, une quinzaine d'années plus tôt, trois petits pas dans l'herbe.

Trois petits pas, et elle s'effondra.




J'emmène au creux de mon ombre des poussières de toi. Le vent les portera.
Shinjin Isatsu
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MessageSujet: Re: (Avortée) [Menace - Kawa] La dalle   Mer 29 Juin - 23:34

[Etsuko] – Vivre et être heureuse. C'est un peu banal, mais c'est tout ce que je me souhaite. Et ça devrait être le cas de tout le monde, nan?

Simplement le bonheur... et pourtant, il prend différente forme selon la personne et les péripéties qu'elle vit. Ce qui amène à la question de mon propre bonheur : qu'est-il? Hokage? Non, c'est plus une charge trop imposante, avec trop de dangers. Être Hokage signifie ne plus vivre sa vie comme on l'entend. Je préfèrerai être une des nombreuses mains du pouvoir. Servir le village, lui être utile, et le promouvoir pour lui donner toute la splendeur qu'il avait, et ce pour une et une seule et unique raison : protéger ses habitants et ceux du pays du feu. Même si cela inclut d'imposer notre suprématie aux autres peuples? Est-ce ainsi que fonctionne obligatoirement les choses, sur le modèle de la chaîne alimentaire? Manger ou être mangé, à nous de choisir? Si c'est le cas, j'assumerai ça... ou je me pense assez mûre pour l'assumer. C'est un des cas où je ne saurais pas quel chemin prendre.

Et puis il y a Etsuko, aussi. Si protéger le peuple du feu inclut un guerre avec Kumo, si on me demande de la supprimer. C'est un choix difficile que de déserter ou de vivre malheureux. Mais peut-on vivre heureux loin de ses idéaux? Plus j'y pense, et plus je me dis qu'être ninja n'est pas du tout fait pour vivre dans le bonheur. Et pourtant, les différents clans lié corps et âmes à Konoha, et ce depuis le début, offrent tous leurs fils au village, et continuent de le faire, il va falloir que je demande pourquoi. Pour l'instant, Kumo et Konoha travaille main dans la main pour essayer d'améliorer le quotidien d'un autre peuple, mais qui pourrait s'avérer très problématique si on n'y remédie pas. Etsuko et moi représentons cette coopération... Etsuko. Depuis mon voyage à Tori, je ne peux me l'enlever de la tête. Le souvenir de cette fascination que j'ai lu dans son regard alors qu'elle observait le mien reste, et ne s'en va pas. Son image, également. Le contraste parfait entre sa chevelure sombre et la peau claire de son visage, ses yeux, qui ont accès à des territoires qui ne sont parcourus que par elles, sa silhouette de femme, sa caractère imprévisible... Sa façon de sourire, de se déplacer, de tituber.
En un éclair, mes bras viennent empêcher son corps de rentrer en contact avec le sol. Je l'y pose délicatement, et sent Hatsu juste au dessus de moi, qui est aussi dépassé que moi par la situation, à la différence que lui, le laisse transparaître. Les portes de monde d'Etsuko viennent de se fermer, ce qui vient m'empêcher d'y entrer, par la même occasion.

[Jin'] – Qu'a-t-elle? C'est le première fois que ça lui arrive?

[Hatsu] – Oui... elle n'a jamais fait ça avant.

Au moins, comme on a entièrement vu ce qu'il s'est passé et que j'ai pu amortir la chute, on sait qu'elle ne sait probablement rien cassé... Seulement, nous ne pratiquons pas l'Eisei, donc aucun moyen de savoir d'où vient ce mal. Mon Byakugan m'indique que ses veines de chakra sont un peu bas, ce qui s'explique par son état d'inconscience. Mise à part ça, rien.

[Jin'] – Il va falloir rentrer à Konoha.

C'est une constatation, mais qui claque comme un ordre... en fait c'en est un, d'ordre, mais qui devrait s'imposer de lui même. Nous venons de Konoha, et retourner à Kumo serait un voyage beaucoup trop éprouvant pour une personne « malade », aussi Konoha et son hôpital apparaît comme la meilleure solution. Seulement le problème réside dans la clan de Etsuko, et sa kekkai genkai. La mettre dans un hôpital étranger reviendrait presque à offrir un des secrets de Kumo à Konoha, et donc un sujet de discorde entre les deux nations. Merde.

[Hatsu] – On ne peut pas l'emmener à Konoha.

[Jin'] – C'eut été trop simple. J'ai peut-être une autre idée : un temple, à côté de Konoha, auquel je vais souvent. Ils ont de quoi l'acceuillir.

Et nous pourrons peut-être même la diagnostiquer. Deux sceaux permettent d'échanger des pensées, ou des impressions, il me suffit donc de les appliquer sur nous deux, et peut-être que je saurais de quoi souffre Etsuko.

[Jin'] – Par contre, il va falloir que vous la portiez, je n'en suis pas capable.

C'est également un moyen de rassurer le chuunin kuméen. Il doit déjà me faire confiance, alors que pour le moment je n'ai rien fait pour qu'il me concède quoi que ce soit, et laisser un autre chuunin, dont on a aucune idée de ses compétences – Hyuuga, de surcroît – s'accaparer du corps d'une famille du Kumo, serait carrément insensé, ou demanderait une confiance naïve qui n'a pas lieu d'être chez les shinobis. Encore une fois, nous ne sommes pas des enfants de cœur, et si ce n'était pas Etsuko, il se peut que je me sois battu pour ramener ce présent à Konoha. Etsuko... tout est dans ce nom, qu'est-ce qui fait, que, justement, je ne me bats pour ramener son corps, et donc, peut-être, éclaircir les mystères de ses capacités? Konoha n'aura cas dire qu'aucun shinobi n'a été envoyé pour les aider à Kawa, et donc rejeter la faute sur eux, et aurait eu accès à une partie de la force de Kumo. Mais non, c'est Etsuko, et si d'autres shinobis avaient été là, c'est au côté de cet Hatsu que je me serais battu. C'est bizarre, je ne ressens pas du tout la même chose qu'avec Hoshi, c'est un sentiment beaucoup plus... comme dire : épuré.
Je conduis Hatsu au temple, en passant par la forêt pour éviter de tomber sur qui que ce soit, et j'ai l'impression que Hatsu se détend en apercevant l'enceinte intérieur du temple, que ce soit par rapport à l'état de santé de sa pupille, ou alors de la confiance qu'il a choisi de placer en moi. Arrivés sur les marches, Kihi Nota Ying-senpaï s'y tient.

[Kihi Nota Ying] – On vous attendez, et nous avons préparer une chambre.

Je chercherai à comprendre plus tard, ce qui me rassure, c'est que Hatsu a l'air aussi surpris, mais encore une fois, il cache mal ses émotions. On suis le maître des lieux, et il nous emmène dans les baraquements. Une chambre a été préparée, avec deux futons. Etsuko est déposée sur l'un d'eux, et Ginmata-sama entre alors que Kihi Nota Ying-senpaï sort. Comme chaque Hyuuga, Ginmata est impossible, mais sa sagesse et ses prévisions viennent directement de l'influence du temple. Il dépose une bassine d'eau chaude avec une serviette, puis se dirige vers moi et me parle à voix basse.

[Ginmata] – Tiens, Kihi Nota Ying-senpaï m'a chargé de te remettre les clés de la bibliothèque. Je suppose que tu vas y aller de suite.

[Jin'] – Exact. Merci.

[Ginmata] – Ce qui doit être fait sera fait, Shinjin.

Encore une fois, je méditerai dessus plus tard, et je me hâte jusqu'à la bibliothèque, en prenant une chandelle au passage. Les recherches ne durent pas longtemps, car j'en ai encore le souvenir exact, j'ouvre la case, et sort les deux rouleaux de parchemins. Ils ont été rangés ensemble, car ils sont complémentaire, dans l'étale de tous les sceaux de couleur grise. Revenu avec les rouleaux et de quoi les poser dans la chambre d'Etsuko (qui au passage, est celle que j'occupe quand je viens au temple, je viens de m'en rendre compte), j'étudie les parchemins pour estimer la complexité des sceaux. C'est plus le principe qui est dure à intégrer que la forme. Pour accéder aux sceaux gris, il faut arriver à passer la porte qui ouvre son monde, mais avec tout ce que j'en ai déjà étudié, ça ne devrait pas être trop compliqué. Surtout avec un niveau aussi basique.

[Jin'] – Je vais devoir avoir accès à ses bras.

Le sceau relie directement son faiseur à celui qui en bénéficie. Après que Hatsu aie dénudé ses bras, Kanjitsukamae est dessiné. Par précaution, il faut que je puisse lui envoyer des informations avant de pouvoir les recevoir, car c'est à moi de réguler le débit. Ce sceau servira, dans la mesure où cela s'avérerait possible, à communiquer directement avec elle, en utilisant également le second sceau, que je suis maintenant en train de lui dessiner : Okukanji. Celui lui permet de m'envoyer des informations. Mais rien ne filtre. Cela est déjà arrivé, mon esprit, parfois, possède sa propre volonté et refuse certaines entrées et sorties, c'est ainsi que certains Hyuuga ont parfois eu plus de difficulté qu'ils le concevaient pour lire en moi, alors que je n'étais même pas conscient de ce qui était en train de se passer. Avec le temps, j'ai appris à maîtriser cela, qui peut être qualifié d'avantage, plutôt que d'inconvénient. Mes plumes posées, assis en tailleur, les yeux fermés, je déverrouille peu à peu les portes de mon esprit.
Les différents paliers permettent de gérer le flux des échange, autant en complexité qu'en intensité : je contrôle ce qui sort, ce qui entre, et comment, mais ne reçoit que des bribes de sensations, qui s'enchaîne en toute absence de logique. De la fièvre, aussi, des hallucinations? Rien qui permette d'établir un quelconque contact. Jouons le tout pour le tout, et ouvrons toutes les portes. Si j'en suis sure? Oui, c'est Etsuko, le flamand de Tori.

C'est à l'intérieur d'un de ses rêves que mes yeux s'ouvrent. Il fait nuit, et mes ce n'est qu'au bout de quelques longues minutes que mes pupilles se dilatent suffisamment pour que je distingue mon environnement. C'est une forêt, et je suis sur une branche, adjacente à celle où se tient Etsuko. Le bruit des animaux nocturnes, du feu qui craque dans une clairière, des cirs... Derrière Etsuko, à une bonne distance, se tient un campement, ce ne sont visiblement pas ce shinobis, et le feu vient de là. Si on peut encore parler de feu, car à ce stade, ce serait plus un brasier (qui crépite). Mon premier reflexe est de mettre en marche ma nouvelle machine, mais le Byakugan ne marche pas. Je suis effectivement dans un rêve, qui ne tient qu'avec le mental d'Etsuko, et qui donc, ne peut me montrer des choses qu'elle ignore. Un rêve? Si c'est le cas, il est incroyablement cohérent. Trop cohérent, nos rêves ne sont pas censés l'être, ce peut-il que ce soit un souvenir? Je n'ai rien à faire là, mais quelque chose en moi m'intime de garder le silence. Attendre, et observer. Au bout d'une quinzaine de minutes, quoiqu'en fait, l'idée du temps qui s'écoule dans l'esprit de quelqu'un est non quantifiable, un homme sort de sa tente, pour aller rendre à la nature ce qui est à la nature. Il se trouve un endroit que j'aurais choisi beaucoup plus à l'écart du camps, et une seconde à peine avoir commencé à uriner, le bruit du liquide tombant sur le sol se discernant dans la nuit noire et obscure, une flèche se plante juste à côté de sa tête. Et ce n'est pas Etsuko qui a tiré.
L'homme, soit très con, soit très imbibé, était en train de se demander ce que c'était, ou d'où ça venait, sans pour autant prendre le temps de se mettre à l'abri, laissant le temps à une silhouette, pas plus grande que moi, se faufiler en silence jusqu'à lui. En silence... c'est à ce moment que je peux voir que j'ai encore du travail pour arriver à me déplacer de cette façon. Mais comme dit précédemment, la silhouette faisait ma taille, et je fais un mètre soixante. Tandis que l'uninator, lui, fait un bon mètre quatre vingt, le combat, si l'ombre ne jouissait pas d'une grande chance et d'une dextérité peu commune, était couru d'avance.
Etsuko ajuste sa position, vérifie ses appuis, pose sa respiration. Elle va tirer. Je ne sais même pas qui est la cible, si c'est la silhouette, ou l'homme, mais quoi qu'il en soit, selon mon expérience, et compte tenu de la distance, de la forme de la flèche, de son poids probable et de la tension de la corde, le trait va ressortir de l'autre côté de l'homme, et si la silhouette ne bouge pas, c'est dans elle qu'elle va venir se loger.

Tout me vient d'un coup, comme un très puissant flux d'informations. J'ai l'impression de lire une vingtaine de livres à la fois, et en même temps. Sokai, Etsuko, l'entraînement des Toshiya, le tir à l'arc, les impressions et les ressentis d'Etsuko à ces moments. Beaucoup trop de données, dont on cerveau oublie la moitié à peine y sont-elles passées. Non, il ne les oublie pas, il les filtre, les unes à les autres, à grande vitesse, stockant dans ma mémoire dormante tout ce qui ne paraît pas exploitable à ces yeux... à mes yeux. Sokai. Il ne faut pas qu'elle tire.

[Jin'] – Tu l'as tué? Tu vas le tuer? Etsuko, si tu ne veux pas me montrer ça, ne me le montre pas.

Rien. Aucune réaction notoire. Elle ne m'entend pas, et ses doigts se relâche, la flèche part, transpercent, contre toute attente, les deux personnes. C'est sidérant, les Toshiya sont des êtres très dangereux, et leurs armes défient les lois de la physique. Une seconde, ou moins, et une seconde flèche rentre dans la tempe de l'homme, qui n'a pas compris un iota de ce qui s'est passé cette nuit.
Mon esprit doit d'ouvrir, c'est fait, mais maintenant, il doit aussi passé les barrières d'Etsuko. Je veux qu'elle m'entende. Le décor disparaît. De retour dans le chambre, quand j'ouvre les yeux, ce n'est que pour voir les siens, également ouverts.

Demande de validation : Kanjitsukame - le sentiment capturé et Okukanji - le sentiment offert


La faim justifie les moyens...

MessageSujet: Re: (Avortée) [Menace - Kawa] La dalle   Jeu 30 Juin - 17:24

Ses yeux s'ouvrirent. A demi seulement, dans la pénombre d'une pièce nouvelle aux senteurs boisées. Elle voulut tourner la tête, mais le moindre centimètre lui provoquait d'horribles nausées, aussi n'insista-t-elle pas plus. Elle se figea dans toute sa raideur, ne disposant que tu mouvement de ses yeux pour lancer ses perceptions dans ce lieu inconnu. Au dessus d'elle, un visage rassuré, à demi éclairci par le soleil qui tombait à l'horizon et traversait les grandes ouvertures sur le mur à sa gauche.

Etsuko - Jin...

Jin' - Tu es réveillée, c'est bien, ne bouge pas. N'essaie pas de parler et repose toi.

Etsuko - Où sommes nous ?

Jin' - Dans un temple que je connais bien. Tu ne cours aucun risque.

La kunoichi se redressa aussitôt, gigotant comme elle le pouvait pour se relever. Elle poussa Jin qui tomba sur les fesses avant de placer ses deux pieds au sol. Elle chuta lourdement, impuissante face à la gravité terrestre dont elle n'avait pas encore la force de résister. Des larmes lui montèrent aux yeux. Elle se sentait impuissante, un misérable ver de terre rampant et ridiculement faible. Hatsu réapparut par la porte qui menait au jardin et s'empressa de la réinstaller sur le matelas.

Hatsu - Du calme Etsuko, tu ne peux pas bouger dans cet état.

Elle continua de gigoter, imperméable aux conseils de ses deux compagnons.

Etsuko - Je dois... rentrer chez moi. Dame Tezuka, elle pourra...

Une toux l'interrompit, puissante, de celles qui vous arrachent les organes et vous fait un mal de chien. De petites perles de sang s'échappèrent de sa bouche, qu'elle cracha au sol tout en se maudissant d'une telle impolitesse. Hatsu semblait tourmenté, en proie au doute.

Jin' - Non Etsuko, on ne te laissera pas voyager dans cet état, c'est bien trop dangereux.

Hatsu - Il va bien falloir faire quelque chose, on ne peut pas la laisser ainsi.

Jin' - Et ce n'est pas possible de faire venir cette dame Tezuka ici plutôt ?

Hatsu - Etsuko m'a déjà parlé de Dame Tezuka. Elle a 92 ans. Et l'emmener ici prendrait le double du temps nécessaire pour que je rapporte directement Etsuko chez elle. Au vu de la situation, nous n'avons pas une minute à perdre, tu ne crois pas ?

Ce fut au tour de Jin' de paraître contrarié, et pensif. A première vue, le mal dont souffrait la jeune femme ne s'était pas dissipé et rien ne disait que le temps pourrait jouer en leur faveur. A la lumière de ce raisonnement, il semblait impensable de rester là les bras croisés sans aucune idée de l'efficacité d'une telle démarche. Autrement dit, Hatsu avait raison. il faudrait voyager jusqu'à la demeure des Toshiya, dans les terres du pays des Nuages.

Jin' - Savez-vous où elle habite au moins ?

Hatsu - Je ne connais pas l'emplacement exact, mais je sais que les Toshiya se trouvent sur le versant Sud du mont Kido à quelques dizaines de kilomètres du village caché. Pour ça ne t'inquiète pas, ce n'est pas nous qui les trouverons, mais eux qui le feront, et bien avant que nous n'en soyons capables.

Jin' - Bien, qu'attendons-nous alors ?

Aidés par les résidents du temple, qui prêtèrent une chaise en bambou qu'Hatsu put accrocher comme un sac à dos, le duo partit en route dès leurs affaires rassemblées et Etsuko placée sur le dispositif, à moitié inconsciente et toujours pas dans son assiette. Ses paupières à moitié fermées lui donnaient l'air d'un fantôme, pâle et amorphe, qui voyait un monde en noir et blanc, imperceptible, fantasmagorique. Elle ne put que distinguer que Jin' qui marchait à ses côtés, et la chaleur de la paume de sa main sur son front fiévreux. Ce toucher salvateur lui semblait le plus beau cadeau qu'elle avait jamais reçu dans sa courte existence. Un simple geste preuve de son existence, de l'attention qu'on lui porte, de la passion qu'on lui insufle.

Jin' - Nous allons chez toi. Tu te sens comment ?

Etsuko - C'est... pas la grande forme.

Un mince filet de voix s'était échappé de sa gorge, qui lui avait demandé des efforts surhumains, mais pour le bien de son compagnon, elle n'avait pu s'imaginer se soustraire à une quelconque réponse. En tournant la tête, elle remarqua d'étranges motifs inscrits sur son avant-bras, qu'elle n'avait jamais vus auparavant. Jin' remarqua sa surprise et entreprit de lui expliquer.

Jin' - Ce sont deux sceaux.

Il lui caressa l'avant bras gauche. Sous sa main, une forme géométrique complexe, composé d'un cercle aux ramifications onduleuses, orné d'un médaillon en son centre représentant le symbole de la fuite.

Jin' - Celui là, c'est le sentiment offert. Lorsque tu le voudras, tu pourras me communiquer tes sentiments, tes émotions. Ils s'envoleront droit vers moi à travers ce sceau, et viendront vers le mien, le sentiment capturé.

Il montra lui même son avant-bras droit. Une forme similaire, dont le médaillon changeait légèrement pour symboliser l'idée de capture.

Jin' - Et moi aussi, je possède le sceau du sentiment offert. Comme ça, si jamais quoi que ce soit nous arrive, malgré la distance, nous le saurons et nous pourrons venir à l'aide de l'autre. Qu'en penses-tu ?

Etsuko avait dû tenir toute sa concentration pour comprendre la longue explication de son ami.

Etsuko - J'en pense... que tu parles trop.

Jin' fut prit d'un rire soudain. Il se gratta le haut de la tête, d'un air gêné, comme il le faisait souvent quand il admettait quelque chose d'embarrassant.

Jin' - On me le dit souvent...

Soudain prise de tremblottements, Etsuko se blottit d'autant plus sur Hatsu.

Etsuko - Merci Jin'-chan. Merci Hatsu-sama.

Ne sachant que répondre, Jin' choisit le silence, et rougit autant qu'une tomate. La jeune femme en sourit de bon coeur, malgré son état de faiblesse.

Hatsu - C'est normal, Etsuko. Maintenant essaie de dormir, et si tu sens que quelque chose ne va pas, utilise le sceau pour le transmettre à Jin. Parler t'épuise, donc je ne veux plus entendre un mot.

Etsuko répliqua par un petit coup de pied dans le postérieur de son sensei, qui exprimait à la fois son accord mais aussi sa frustration. Et c'est ainsi que le périple vers Kumo débuta. La mission originelle à Kawa serait reportée, mais Hatsu n'en éprouvait aucune gêne. Ce qui comptait avant tout aujourd'hui, c'était de découvrir de quel mal souffrait la jeune femme, et de pouvoir la guérir comme il se doit...



La suite se trouvera à Arrow La Demeure des Toshiya - Kumo


J'emmène au creux de mon ombre des poussières de toi. Le vent les portera.

MessageSujet: Re: (Avortée) [Menace - Kawa] La dalle   Ven 5 Aoû - 18:26

Etsuko : (niveau 11)
: +20% Bonus Inclus
: +46 XP
: Techniques Validées

Jin' : (niveau 14)
: +20% Bonus Inclus
: +40 XP
: Techniques Validées.

: Bon début ! La relation entre vos personnage avance peu à peu. Les sceaux qui vous permettront de garder contact est une idée intéressante. J'ai hâte d'en lire plus ! Very Happy
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MessageSujet: Re: (Avortée) [Menace - Kawa] La dalle   

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