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 L'empreinte d'un secret qui refait surface

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MessageSujet: L'empreinte d'un secret qui refait surface   Jeu 14 Avr - 18:11

La prestance du bâtiment était époustouflante. Sa récente construction nuisait légèrement au charisme qu’on avait voulu lui octroyer, mais son architecture sombre et sobre lui donnait une allure profonde, mystique, presque magique. Sensu était tout récemment sorti de terre. Sa construction avait rapidement été entamée, presque dans l’urgence, sur les ordres du Concile. Il semblait que le lieu ait fait débat, mais le quartier général de la police militaire, les salles de réunion du Concile et la bibliothèque du clan n’avaient pour d’autre source la terre du clan. Ancré au sein de la petite forêt qui s’étendait au fond du quartier, Sensu était enterré sous quelques mètres de terre et s’élevait parmi les arbres comme un bâtiment unique, un bâtiment impeccablement reculé des domaines et du village.

Son architecture n’était pas des plus poussées ni des plus spectaculaires. Le Concile avait voulu créer quelque chose de sobre, d’utile et d’efficace ; et il avait probablement réussi. Sensu avait été découpé logiquement en trois ailes distinctes. La première se trouvait sous terre. Le quartier général de la police militaire restait dans l’ombre. Les seules fenêtres visibles étaient celles qu’un grand fossé le délimitant laissait apparaitre. Mais on devinait facilement les couloirs tortueux qui s’en échappaient et qui plongeaient sous la forêt avec une discrétion presque effrayante. Au dessus, les grands locaux du Concile étaient imposants. Trois étages s’élevaient de terre et dépassaient à peine la petite forêt. Son toit arrondi pouvait néanmoins facilement être vu depuis l’ensemble du quartier et certainement depuis les coins reculés du village pour autant que le nivelé ne l’empêche.

Naisen trembla en arrivant à la lisière de la petite écluse de nature. Là, à quelques mètres, un peu plus loin, il avait retrouvé son frère et le corps d’un homme en sang, les vêtements et la chaire rongés par les flammes, deux yeux éteints, un souffle insignifiant. Le visage grave de Tomoro l’avait choqué plus que celui de la mort qui semblait s’être abattu sur l’Uchiha qu’il soutenait de ses deux bras. Un visage tendu, impeccablement sérieux, parfois décontenancé par la gravité de la situation, mais toujours rigoureusement professionnel. Pourtant, Naisen n’avait pas oublié les infimes failles que Tomoro avaient laissées entrevoir. Leur complicité les avait toujours amenés vers des terrains de jeux souriants et amusants. Jamais la mort, jamais la réalité de la vie n’avait eu raison de leur enfance. Pas dans leur relation en tout cas. Naisen ne doutait pas que l’âge avancé de Tomoro lui apporterait son lot de responsabilité et de phases difficiles, néanmoins, il n’avait pas voulu s’en préoccuper, préférant parier sur une continuité candide. Mais ce n’était pas temps l’implication de son frère dans son métier de soldat qui l’avait effrayé.

C’était ce regard perdu.

Ses deux pieds s’arrêtèrent tandis qu’il observait longuement les ramures du chêne. Ses yeux descendaient le long de son tronc, tremblotant. C’était là. Son nom était Shinzei. Shinzei Uchiha, et il avait fallu que Tomoro lui tombe dessus. Naisen haussa les épaules et ferma les yeux, repartant sur le chemin qui traversait le bois.

Il lui fallut quelques minutes pour arriver devant Sensu. Sa marche s’était faite de plus en plus lente à mesure qu’il avançait parmi les arbres. Pourtant, ce bâtiment l’intriguait. Sa curiosité atteint son paroxysme alors que la coupole de l’assemblée du Concile montait dans les airs et se rapprochait dangereusement. Mais sans savoir pourquoi, ses pieds n’avançaient plus, quelque chose en lui le bloquait, le stoppait et l’empêchait de satisfaire sa soif de savoir. Le message que portait Sensu en son sein était lourd de sens et pas tout à fait dénué de mystère. Pourquoi ici ? Pourquoi maintenant ? Il y avait tout un tas de questions qui émanaient de cette construction. Trop peu de réponses. Mais il n’était pas tout à fait anormal de se demander ce qui émanerait de ce lieu. C’était un symbole de renouveau, un symbole de plénitude. Sensu marquait l’arrivée du Concile, la fin d’une ère et l’installation d’une nouvelle politique. Le clan n’avait pas fait les choses à moitié, probablement et lorsque Naisen découvrit l’imposante structure, il comprit que la révolution qu’il avait connu n’était ni anonyme, ni innocente et surtout pas insignifiante.

Etrangement, il crut d’abord trouvé un grand nombre de personnes devant ses portes. Il s’attendait à un brouhaha incessant, un vacarme assourdissant. La fourmilière qu’il avait imaginé était intense, relativement dense. Il y voyait là le nerf, le noyau de tout un clan, de toute une histoire. En agitation permanente, les messagers allaient et viendraient au grès des décisions prises, des évènements qui tombaient, ça et là dans le village et dans le quartier. Pourtant, un calme plat résonnait difficilement jusqu’à ses oreilles. Un calme plein, rempli d’un silence d’or. Sensu semblait épris de la nature et sortait de terre comme une vulgaire et ordinaire racine d’un arbre planté un peu plus loin. Voilà ce qu’elle était. Une racine. Qui alimentait, qui donnait la vie, qui la protégeait. Naisen se dit qu’il suffirait de la couper pour que s’assèche, que les feuilles tombent, que le tronc se meurt. C’était beaucoup de responsabilité pour une seule chose, aussi puissante soit-elle. Leur dépendance était louable. Elle était tout autant naïve. Sensu ressemblait à un fantôme du passé qu’on avait posé là, un jour, d’un doigt divin, qui datait d’une autre époque dont on pouvait sans difficulté imaginer la gloire et la fierté, mais qui aujourd’hui avait perdu et son charme, et sa grandeur. Mais non, la nature l’avait conservé, elle l’avait protégé et le bâtiment tenait bon, enclavé sous la terre, mêlé aux éléments, puis se tenant droit, debout, fièrement, côtoyant les plus hautes branches des plus hauts arbres. Un véritable organe de vie. Voilà son charisme, voilà sa chaire.

Naisen inspira. L’air qui l’entourait était étrangement pur et frais. Devant lui, une multitude de fenêtres se dressaient sur un long mur de pierres blanches. La coupole, de la même couleur, ne pouvait plus être aperçue qu’en levant la tête dans un mouvement peu confortable. Un large fossé entourait la façade du bâtiment. Naisen ne prit pas le temps d’en faire le tour, mais il semblait qu’on l’avait ensuite comblé. Les étages souterrains étaient alors invisibles, cachés de tous. L’enfant avança de quelques pas et s’arrêta devant une petite allée de bois, protégée par deux rambardes de même consistance. La petite passerelle resta complètement stable lorsqu’il posa le pied dessus, jusqu’à ce que Naisen se rendit compte qu’elle était soutenue par deux jeux de cordages de part et d’autres du fossé et qu’en dessous d’elle, deux petites colonnes de bois la soutenait, par sécurité. Il termina de la traversa et s’arrêta, déjà enfoncé d’un bon mètre sous terre, devant la grande entrée. Un petit insigne du clan avait été sculpté dans la pierre blanche tendu qu’en italique et relativement sobres, un « Sensu » avait été gravé. Le marque était sèche, peu appliquée mais laissée telle qu’elle, comme pour lui donner son charme. Aucun garde n’en tenait protégée l’entrée néanmoins, Naisen put apercevoir deux petites marques posées l’une en face de l’autre, sur les deux murs perpendiculaires à la porte principale. Il n’y apporta aucune précision, ne sachant ce qu’il pouvait en penser et décida plutôt de pousser les deux portes de petite prestance mais dont les charnières en bois indiquaient clairement qu’il fallait bien passer par ce chemin-là.

Un bref couloir l’accueillit. Il se solda très vite par un petit bureau qui faisait l’angle et dont la vitre séparait les visiteurs de la jeune femme qui siégeait derrière elle, confortablement installée sur un siège à roulette, jouant avec son bureau et les multiples dossiers qu’elle conservait dans le fond de la petite pièce. Elle lui adressa un sourire poli, se reposant sur ses coudes pour apercevoir le bout de son nez qui ne dépassait pas le comptoir. D’une voix calme, elle lui demanda poliment la raison de sa venue, il lui indiqua qu’il cherchait la bibliothèque et dans la plus grande neutralité, elle posa son dois sur une petite planche de bois qu’elle avait posée sur la planche de verre qui les séparait. Naisen la remercia d’un signe poli de la tête et continua sa route.

S’il rencontra une multitude de salles, aucune personne humaine ne se présenta à lui. Non qu’il en ait passablement l’envie toutefois, ce lien semblait être mort, comme éteint, dans un état latent de coma, aspirant à une bouffée d’oxygène. Il croisa peut-être quelques paroles lancées au détour d’un couloir, mais jamais la source n’apparut. Sensu restait mystérieuse, même en son sein. Un calme plat y régnait, sans être étouffant, il aspirait à une plénitude réelle. L’impression d’être observé, écouté, épié était de tout les instants. Naisen tenta d’ouvrir la bouche mais une force inconnue l’en empêcha. La peur de voir l’une des portes s’ouvrir et qu’on le conspue, peut-être, il n’en savait rien. Très vite il comprit que ce n’était pas un simple lieu de l’administration, qu’il avait certainement une histoire, une signification mais il ne s’y attacha pas et préféra pousser tranquillement les petites portes de la bibliothèque.

Une immense pièce se dévoila sous ses yeux. Les portes à battants se fermèrent derrière lui tandis que Naisen restait immobile, décrivant les dizaines de rayons de livres entassés dans de hautes étagères alignées en contrebas. Il était perché sur une estrade qui donnait sur un large escalier qu’il se décida à répandre. Lorsqu’il arriva en bas, il découvrit sur la droite une longue série de tables alignées les unes aux autres, quelques lampes illuminant sobrement l’espace laissé volontairement sombre. Naisen leva les yeux vers les petites fenêtres qui tapissaient le haut d’un seul mur, donnait apparemment sur le fossé qu’il avait traversé à l’extérieur. En face de l’escalier, un imposant bureau avait été posé là, au milieu de tout. Quelques personnes sombraient au milieu de leurs livres, d’autres semblaient se balader entre les rayons avec un air rigoureusement sérieux, un air studieux presque effrayant. Naisen s’avança jusqu’au bureau et resta là, immobile et muet. L’homme de haute stature qui lui tournait le dos ne semblait pas l’avoir remarqué et continuait de s’affairer dans quelques dossiers. Il lut son nom sur un le petit écriteau posé juste sous ses yeux. Renai. Il sourit sans aucune joie. L’homme se retourna l’air de rien. Il tenait toujours un dossier dans sa main et bougeait à l’aveugle, les yeux perdus entre les lignes. Il le laissa tomber sur le bureau et leva les yeux, surpris. Un bref sourire parcourut son visage.

[Renai] – Désolé, je ne t’avais pas vu.

Naisen haussa les épaules et lui répondit par un sourire compréhensif.

[Renai] – Je peux t’aider ?

L’enfant chercha quelques secondes, circonspect puis concentra son regard à nouveau sur l’Uchiha.

[Naisen] – Je peux lire comme je veux ?

Renai sembla amusé par la question. D’un geste poli et réjoui de la tête, avec une petite touche d’ironie, il s’inclina majestueusement et fit le tour du bureau pour le rejoindre. Sans attendre une autre question, il l’entraîna un peu plus loin, passa quelques rangées d’étagères et s’arrêta enfin. Là, il se tourna pour faire face aux livres et sourit, satisfait, presque fier. D’un signe de la tête, il indiqua à Naisen de se rapprocher. Il s’exécuta, intrigué et se colla à Renai. Là, il découvrit deux immenses étagères entièrement remplies de livres de hauteurs et d’épaisseurs variables. Sans faire attention, il s’avança au milieu d’eux et laissa ses yeux se perdre dans l’immensité des sujets, des titres, des couvertures mises en avant, des reliures anciennes, d’autres plus récentes. Il se retourna vers Renai et lui adressa un sourire comblé.

Oui mon gars, tu peux lire comme tu veux. Ils n’attendent qu’un peu d’attention. Un peu d’innocence et d’incompréhension.


Dernière édition par Naisen Uchiha le Ven 27 Mai - 19:14, édité 2 fois

MessageSujet: Re: L'empreinte d'un secret qui refait surface   Ven 15 Avr - 18:04

Les livres avaient toujours eu quelque chose d’attrayant. Naisen aimait les fixer durant des heures, simplement contempler l’écriture, le style, la façon dont l’auteur injectait à la fois son style et son empreinte. Ne serait-ce que la forme des lettres l’intriguait et le passionnait à la fois. Elles avaient toutes une histoire, une façon de parler, de raconter qui leur était propre et qui se différenciaient toutes des autres. Il imaginait les différentes façons que les gens avaient de tenir leur crayon, le mouvement lubrique de leur poignet. Il sentait parfois l’impulsion, la rapidité du mouvement souvent essoufflé au bout de quelques paragraphes ou la lente et pleine ascension de l’encre qui s’étalait mollement sur le papier. De la couverture jusqu’à la reliure, le livre était un véritable miracle. Sa composition en faisait une œuvre d’art. Parfois meurtrière, parfois libératrice, Naisen ressentait cette difficulté à s’immerger pleinement dans ce monde là. C’était un monde d’adultes, un monde usé, utilisé et qu’importe l’auteur, l’époque, l’envie, il avait une fin, un objectif, un dessin. Un message.

Rien n’était totalement anodin, et sans en comprendre tous les fils et tous les usages, Naisen se délectait de voir comment il était facile de manipuler les hommes. Même s’il ne se rendait pas bien compte de l’impact et des conséquences que cela aurait sur eux, sur lui, il sentait, cette formidable soif de lecture, cette ivresse de connaissance qui les poussait, lui comme tous les autres, à se réfugier entre les pages charnues d’un livre épais ou dans les lignes frivoles d’un essai fluet. Tout l’intéressait. Le contenu pouvait lui être sincèrement indifférent, il avait même parfois cette petite touche nauséabonde qui lui donnait envie de vomir mais justement, justement, c’était cette façon astucieuse ou trop lourde de décoder la vie à travers quelques gouttes d’encre qui l’attirait.

Renai l’avait accompagné durant une dizaine de minutes. Il s’était très vite dirigé vers des rayons moins littéraires aux œuvres intenses mais généreusement accessibles. Le bandeau que portait Naisen autour de la cuisse lui avait clairement signifié que l’enfant n’était pas là pour s’alimenter en sources philosophiques et en idéologies politiques, même s’il ne manqua pas de remarquer le regard avide qu’il lançait à toutes les reliures et aux couvertures nombreuses qu’ils croisaient des yeux. D’un sourire amusé, il ne s’était pas arrêté, il avait tracé son chemin jusqu’à une petite étagère remplie de petits livres pas plus grand que sa main. Là, il s’en était emparé d’un et l’avait sorti doucement, avec un respect que Naisen contempla. Les doigts de l’Uchiha se refermaient sur le cuir en l’effleurant, d’un coup de poignet souple, rapide et tendre à la fois. Renai l’envoya vers une petite table, l’invita à s’assoir et posa le livre sous ses yeux. « Naitre Uchiha » par Miharu Uchiha. Il n’avait rien dit, pas un mot ne s’était alors échangé entre eux, mais Renai n’était pas un idiot et il semblait avoir cette formidable capacité de comprendre les gens dès qu’ils posaient leurs yeux sur un bouquin, dès qu’ils en parlaient, pour en faire l’éloge ou une critique sordide, il devinait leur attirance, leurs préférences, leur manière d’abord les styles, les connaissances. Renai n’avait pas cherché longtemps. Très vite, il avait compris que l’enfant qui lui faisait face pourrait se poser sur cette chaise des heures durant et qu’il pourrait dévorer chacune des pages que l’on avait entassés dans la bibliothèque de Sensu. Mais sa venue n’était pas tout à fait anodine pour autant. Dans le chaos littéraire, il était venu s’instruire. Il ne savait pas quel sujet choisir, ni par quel chemin commencer, mais il voulait des réponses, il attendait des connaissances.

Alors Renai n’avait pas vraiment tremblé. D’un doigté direct, aussi sec dans sa prise de décision, il avait fait la part des choses et son choix s’était porté ainsi. C’était complètement subjectif, absolument personnel, il n’y avait rien de moins engagé que cela, mais que pouvait-il faire d’autre ? Il n’allait pas sortir de l’étagère la dizaine de livres qui s’engageaient sur le même sujet. C’était en cela qu’il était un expert dans son domaine. Il faisait les bons choix. Conscient de l’immensité des œuvres, conscient de l’intérêt qu’on pouvait leur porter à toutes, il tranchait dans le vif. Et il tranchait en fonction de ses propres préférences, ou des préférences dont il avait cette fabuleuse capacité de ressentir chez l’autre. Parfois, il s’amusait, il offrait à son lecteur une œuvre complètement décalée de ses attentes et il observait son visage de dégout, son visage horrifié, un regard amorphe sur une œuvre nauséabonde. Et il souriait. Parce que même le dégout à ses leçons, disait-il. Cela faisait de lui un homme de lettre. Un grand pragmatique de la lecture, un artiste, comme il voulait se considérer lui-même.

Il tapota sur l’épaule de Naisen, satisfait, et avant de le laisser seul à sa lecture il lui murmura une phrase dont il avait toujours été très fier. N’oublie pas. Le lecteur est son propre auteur. Nous sommes des artistes. Il sourit, se retourna et déguerpit.

« Etre Uchiha n’est pas un acquis. C’est un travail, un processus, une révolution de soi qu’il ne faut jamais laisser de côté. Le clan l’a trouvé souvent fait, il s’est parfois rattrapé, souvent il a connu la défaite. Mais être Uchiha n’est pas un tout, c’est une individualité, une personnification, qui, couplées une à une, fondent un clan. C’est ainsi que ses enjeux sont complexes mais que sa culture est profonde. » L’introduction pesait lourd. De sens, de compréhension, Naisen se sentit perdu. A la fois trahi et impitoyablement sondé par une force dont il ne saisissait pas l’essence. Il feuilleta quelques pages, contemplant de long en large le petit carnet qui ressemblait fort à une sorte de journal, un don que l’auteur avait voulu faire à l’un de ses proches et qu’on avait récupéré. A moins que Miharu ne porte le clan plus près dans son cœur et dans son âme que grand nombre d’entre eux.

Néanmoins, la première sensation qu’il en eut, c’est qu’il avait compris. Déjà les mots employés résonnaient juste, lorsqu’il les comprenait. Ce n’était pas une sordide ambiance involontaire qui avait été mise en avant, ce n’était pas la volonté de le noyer non plus. C’était cette formidable sensation de discuter avec un homme qui semblait savoir, un homme qui avait les clés et qui, avec une facilité déconcertante, les partageait aux autres. Les mots étaient flous, certes, les idées, elles, percutaient. Naisen passa les premières pages et se rendit compte que son style s’épurait, qu’il devenait plus précis, plus brut également. Les phrases se raccourcissaient, le style devenait lisible, abordable, comme s’il avait voulu effrayer d’abord, afin de se défaire de ceux qui n’avaient pas une réelle passion pour le sujet et dont la motivation feindrait. Il avait peut-être voulu prouver, également, qu’à défaut d’écrire une œuvre simple, il était capable du meilleur. Il était capable d’être celui qui disait vrai.

Le premier chapitre n’était pas bien long. Une dizaine de pages peut-être. Naisen le survola tranquillement, gobant quelques mots intéressants, d’autres moins, à son gout.

« L’arme ultime de l’Uchiha a toujours été vue dans son sharingan et dans sa faculté à l’utiliser et le pousser à son maximum. C’est faux. C’est une erreur, un mirage, un mensonge qu’on a voulu transmettre pour faire peur. Le sharingan a longtemps fait plus peur aux Uchiha qu’à leurs congénères. Lorsque Kosuke a développé le Mangekyou, ce fut le clan qui fut le plus rapide et qui entama des recherches, Konoha n’avait rien à voir là-dedans. Mais quand le dôjutsu se banalisa – c’est aussi une autre erreur, mais ce n’est pas vraiment le lieu pour en parler – qu’il devint connu, que ses limites – dangereuses – furent, non pas maîtrisées, mais qu’on en prit conscience, c’est le pouvoir qu’il confère à l’Uchiha qui apparut alors comme évident. Et là, les gens furent effrayés. Non, la véritable arme de l’Uchiha, c’est sa polyvalence. Les techniques du clan n’ont jamais été de véritables arcanes de destruction. C’est un mythe, une légende, parfois fondée, mais qui n’est pas générique.

Il n’existe pas une multitude de prototypes Uchiha. Les techniques que le clan a volées, crées, récupérées ou revisitées sont des plus exigeantes qui puissent être. Ce sont de manière générale des techniques d’élite complexes, dont l’utilisation n’est pas toujours claire, contrairement à ce que beaucoup peuvent penser. Cette idée est basée sur le mythe d’Amateratsu dont mes recherches sont énormément imprégnées. Il est vrai que la triade mythique d’Amateratsu, Tsukuyomi et Susanoo sont des techniques aussi mortelles qu’impossible – ou presque – à développer. Les seules forces de frappe que l’Uchiha possède réside dans les quelques arcanes élémentaires que le clan a volé aux Senjago ou qu’il a développé. L’autre grande partie des secrets du clan sont soient inexploitables selon le domaine de prédilection de l’Uchiha, soient complémentaires.

Il faut ainsi faire une grosse différenciation. L’Uchiha sans ses techniques de clan est seulement amoindri. L’Uchiha qui use seulement de ses techniques de clan est, et restera à jamais un maillon faible. Néanmoins, les proportions inverses ne sont absolument pas conservées. Ainsi, un Uchiha qui usera de la meilleure des manières de ses arcanes héréditaires verra sa puissance largement augmentée pour finalement peu de choses. La technicité du patrimoine militaire du clan et son rôle secondaire dans l’articulation d’un combat remet en primauté les spécialisations extérieures aux techniques Uchiha qui sont spécifiques à chaque individu. C’est dans cette optique que chaque Uchiha est unique et qu’il possède son propre style, sa propre approche et du combat, et du panel héréditaire qui est le sien. Cette particularité confère au clan un patrimoine militaire polyvalent, étendu et largement diversifié quoi que souvent très mal utilisé.

Il me semble intéressant de rentrer plus dans les détails. Comme vous l’aurez sans doute compris, les arcanes du clan sont des arcanes d’association et de compensation. Je vais d’abord m’attacher aux voies et aux spécialisations qui semblent les plus dangereuses parce que les plus complexes à bien maîtriser. En tout premier lieu, le Taijutsu. Le clan a adopté quelques mouvements propres à lui-même. Si une technique comme le Shishi Rendan peut sembler tout à fait impressionnante, elle n’en reste pas moins l’entraînement vers un processus de complexification. Le Taijutsu nécessite une spécialisation des compétences qui profite à l’affaiblissement des autres voies qui font la chaire du clan, à savoir le Genjutsu et le Ninjutsu élémentaire. Au même titre que l’utilisation d’une arme, le Taijutsu permet une totale polyvalence du shinobi mais se fait au détriment de sa force de frappe brute. Il lui sera ainsi beaucoup plus difficile de se munir d’une grande quantité des techniques Uchiha et sa spécialisation l’empêchera sûrement de développer certains attributs héréditaires indispensables. Il faut voir dans cette spécialisation plus un manque qu’un acquis. Un acquis parce que c’est une voie puissante. Un manque parce qu’elle va alors grignoter une ou plusieurs autres voies possibles. L’utilisation du Ninjutsu de Combat semble similaire, quoi que moins extrême. L’utilisation d’une arme revêt les mêmes caractéristiques, à savoir une plus grande hétérogénéité des compétences.

Il faut voir dans l’outil typique de l’Uchiha une certaine harmonisation qui en fait n’en est pas une. Certains considèrent qu’il peut suivre deux voies majeures et dont les techniques du clan sont complémentaires : le Genjutsu, et le Ninjutsu. En effet, la réputation en terme de manipulation de l’élément Katon n’est plus à refaire chez les Uchiha. Néanmoins, je trouve cette séparation sévère, injuste et maladroite. Il n’est cependant pas incohérent – il est même absolument cohérent – de se spécialiser dans l’une ou l’autre de ses voies dont les compétences se rapprochent ce qui permet ainsi au spécialiste du Ninjutsu de s’essayer aux illusions du clan, et inversement. Ce choix laisse la porte ouverte à l’utilisation d’une arme et du Ninjutsu de Combat, ce qui peut être un choix respectable, ou à celle du Ninjutsu non-élémentaire qui va fournir un soutien considérable à la puissance de frappe du shinobi et lui proposer la très intéressante utilisation des sceaux.

Il réside néanmoins un autre panel. Et c’est ainsi que je vois l’essence du clan. Celui qui nie la spécialisation, qui voit son effort se reporter non vers l’une ou l’autre de ses deux voies, mais dans la complémentarité des deux. Il en va d’une vision tout à fait accompagnatrice du domaine de l’illusion, vision que je n’expliquerai pas en détail ici. Il faut voir l’une et l’autre de ces deux voies assemblées une force de frappe conséquente, entièrement basée sur les arcanes élémentaires, alimentées par des altérations qui jouent plusieurs rôles : celui de déstabiliser l’adversaire, celui de s’adapter à tout type d’adversaire. Enfin, les capacités héréditaires du clan viennent en dernier point et forment leur force ultime, à mon sens. Le sharingan n’est pas une arme, il est une partie intégrante du shinobi, un corps, un organe qui lui est propre et qu’il doit savoir apprivoiser. La stratégie qui vise à concentrer ses efforts sur cette arme est, toujours à mon sens, erronée et de toute évidence passablement limitée. Cette direction possède toutefois ses limites. En effet, elle demande un dévouement entier à cette formation et ferme un nombre de portes considérables. Le gigantesque tableau d’apprentissage et de compréhension qui en résulte laisse une place presque inexistante à l’approche des armes, des sceaux, du taijutsu et de tout type de soutien. C’est là qu’il faut voir le panel technique du clan : c’est un processus de compromis, et c’est le plus gros piège dans lequel l’Uchiha puisse tomber.

La multitude de techniques qui le composent laissent à penser qu’il faut s’en emparer en globalité. La volonté, compréhensible mais fautive, de tout apprendre implique une ouverture excessivement dangereuse des compétences. L’Uchiha doit choisir et doit bien comprendre qu’il ne pourra pas tout utiliser, sans quoi il devrait sacrifier nombre de ses forces et il perdrait en force de frappe ce qu’il gagnerait en polyvalence, une polyvalence manipulatrice dans les faits puisqu’il est possible de la combler par d’autres moyens – le Genjutsu notamment. Aussi faut-il savoir faire le tri, faut-il savoir s’axer et rester mesuré. C’est là toute la difficulté et le travail que l’Uchiha doit faire sur lui.

Combattre l’ambition du pouvoir, l’ivresse de la puissance qui élimine la réelle sérénité de la capacité de son tout. Il possède en lui des armes bien plus intelligentes, il possède le choix. »


Naisen s’enfonça dans le fond de sa chaise et inspira un grand coup. La patte lourde de Miharu était tout à fait perceptible mais, s’il n’en comprenait pas tous les éléments, il en ressentait les grandes lignes, les grands principes. Naisen ne s’était jamais réellement demandé vers quelle voie il se destinerait. C’était tout à fait le genre de questionnement qui l’amenait à voir loin, très loin. Trop loin. Se définir un style de combat c’était déjà penser à la mort. La sienne, ou celle d’un autre, peu importait elles étaient toutes deux aussi dégoutantes. Intimement persuader que le jour arriverait où il devrait y faire face, il ne s’était cependant pas pressé, préférant rester impeccablement humble sur sa marge de progression. Néanmoins les paroles de Miharu résonnaient en lui et l’aspect pratique, pourtant peu visible, l’entraînait vers une évolution de l’approche des techniques qu’il avait.

Il y avait, surtout, dans le ton employé, une connaissance accrue de ces qualités. Naisen se sentit presque plus intrigué par l’homme que par les éléments qu’il apportait à son savoir. Comment était-il arrivé à ces conclusions ? Quelle démarche l’avait-il amené à se pencher sur ce sujet ? Il voyait déjà en lui un homme de savoir, assoiffé de connaissance mais à l’esprit épuré et parfaitement neutre, appliqué et détaché.

La page qu’il tenait entre ses doigts tremblants ne demandait qu’à être tourné. L’enfant resta pourtant fixé vers ce point d’horizon invisible, perdu dans par les mots qu’il venait de lire. Tout lui semblait si flou, si immensément flou. Et pourtant … un vide sans fond l’attirait. Il ne pouvait plus s’en décrocher.

MessageSujet: Re: L'empreinte d'un secret qui refait surface   Mar 19 Avr - 0:10

Naisen filait entre les lignes. Miharu l’entraînait ça et là, aux grès des pages et des chapitres, apportant son lot de connaissances et de nouvelles questions qu’il aimait laisser en suspens, y répondant parfois plus tard, plus loin ; ou n’y répondant pas. Le personnage l’intriguait toujours. Ou plutôt, sa curiosité avait emboité le pas et il ne pouvait se résoudre à ne pas la satisfaire. Néanmoins il préféra conserver cela dans un coin de son esprit, le remettre à plus tard pour s’occuper de choses plus importantes. C’était aussi difficile que nécessaire, même si sa soif de connaissances prenait souvent le dessus sur une réelle logique d’apprentissage.

Mais cette fois, il n’en démordit pas. Il y avait dans les explications faites par l’auteur, tout un pan qui concernait le Genjutsu. C’était en lisant ses mots, en tentant de mettre en logique l’approche qu’il avait faite des divers visages shinobi et de l’utilisation des arts dominants que Naisen se concentra sur ceux dont il ignorait parfois l’ignorance. Le Ninjutsu était bien ancré en lui. C’était la matière qui était arrivée à lui la première et qui, au demeurant, lui donnait l’impression d’être la plus simple à appréhender. Néanmoins il se promit de remettre cette idée en doute et de se plonger dans les autres domaines afin d’en avoir, au moins, dans le cas où ils ne lui plairaient pas, un petit pas d’avance sur un potentiel adversaire qui viendrait à l’utiliser, lui. De plus, il lui sembla évident que le Ninjutsu constituait le socle de l’art shinobi, qui l’était le domaine militaire qui était apparu le plus tôt et celui le plus intimement lié à l’usage brut du chakra, qui composait le maillon essentiel de leurs talents. Aussi, sa logique lui dictait que cette voix devait renfermer une grosse part des techniques qui formaient le socle du shinobi ; c’était aussi ce que les premiers cours tendancieusement inutiles de l’académie lui avaient enseigné. Néanmoins, il n’en doutait pas, le Ninjutsu devait posséder son lot de difficultés et de techniques assez puissantes pour n’être utilisées qu’une fois par génération.

C’était, à proprement parler, le Taijutsu et le Genjutsu qui tarissaient le plus souvent l’encre du bout de la plume engagée de Miharu. Le Ninjutsu restait un maillon indissociable du reste, qui tendait à être vu comme amoindri, ou accentué par l’utilisation parcimonieuse ou non de l’une ou de l’autre de ses deux voies. Mais Naisen restait indubitablement perplexe quant à la conception de ses deux domaines et à leur application. Il lui semblait comprendre en tout et pour tout une grande minorité des approches faites par l’auteur néanmoins il en ressentait l’importance et la grande nécessité, si bien qu’il décida de se lever et de retourner dans le rayon où, une petite heure plus tôt, Renai l’avait entraîné et dégoter le livre. Ses yeux fouinèrent dans les aléas des classements, se perdant parfois en chemin sur quelques raretés incompréhensibles qui valaient très certainement le détour mais se força à détourner son chemin et à passer outre. Il lui fallut attendre de tomber sur ce qui semblait être une petite collection d’ouvrages généraux pour trouver celui qui pourrait lui convenir. Rassemblés en six recueils de courte épaisseur, ils étaient rangés les uns à côté des autres, attendant patiemment leur heure. Naisen, d’un doigt tendu sur le haut de la couverture le fit basculer en arrière et le tira vers lui. Son autre main s’en empara et il se rassit à la même chaise, posant le livre sur le premier.

Il s’intitulait sobrement : « Introduction à l’art shinobi » Naisen se dit que cela ne pouvait être ni trop compliqué, ni trop éloigné de ce qu’il recherchait. Il l’ouvrit rapidement, pris d’abord le temps de décrire chaque page puis s’éloigna très vite des premières pages pour rentrer dans le vif du sujet.

« … sidère quatre arts dominants. Ils forment les quatre voies de l’art shinobi, ses quatre membres. Le shinobi peut difficilement s’en défaire. » Naisen leva des yeux ronds. Il n’en avait jamais compté que trois. Il fronça les sourcils et continua de lire. « Le premier est le Taijutsu. C’est une approche tout à fait particulière du combat, puisqu’il se fait essentiellement à main nue et en formation rapprochée. Le second est le Ninjutsu. C’est la science du chakra et de son utilisation élémentaire. C’est aussi un cadre commun aux bases nécessaires à l’Académie et aux utilisateurs de l’art shinobi. Le troisième est la médecine shinobi ou plus communément surnommée, l’Eisei. » Le visage de Naisen se tendit. Il avait peut-être croisé une ou deux fois des professeurs dont les compétences lui étaient inconnues, mais il ne s’était jamais vraiment demandé s’ils ne savaient réellement rien faire, s’il l’ignorait ou s’ils pratiquaient un pan de l’art shinobi dont il ignorait tout. Ses yeux se plissèrent et tout s’effaça autour de lui, concentré et plongé dans sa lecture. « … manipulation précise du chakra, capacité de soigner, réparer le tissu humain ou au contraire, de l’endommager de manière très localisée, il s’utilise le plus souvent dans … » Il goba les mots sans réellement leur attacher une quelconque importance. L’idée était de découvrir, de courir sur les grandes lignes afin d’en tirer un sens général, un sens commun. « L’Eisei est une voie d’élitisme complet. Le shinobi qui s’y tourne devra y consacrer tout son temps. L’Eisei est un style de vie, un choix qui est fait et qui amène d’énormes responsabilités. Ses techniques sont complexes et demandent une grande concentration aussi bien physique que morale. C’est un art plein.

La quatrième voie dominante est celle du Genjutsu. C’est un domaine très particulier qui se base sur la manipulation des sens de l’adversaire par le chakra. Composé d’altérations, de barrières mentales et de choc psychique, le tableau technique de l’illusionniste est entièrement tourné vers le psychisme au détriment de ses capacités physiques.
»

Naisen s’arrêta sur ces derniers mots. Il bouscula la fin de l’introduction pour se rapprocher très vite du dernier chapitre, celui sur le Genjutsu, celui qui l’intéressait vraiment. Au-delà de l’Eisei qui était une voie sérieusement à part à ses yeux, une science dont il n’avait tellement pas entendu parler qu’il l’avait d’ores et déjà qualifiée d’inutile. C’était une analyse purement personnelle et qui ne remettait pas en cause l’intérêt probable qu’on puisse porter à une telle voie, mais elle ne l’intéressait, elle ne pouvait pas l’aider ; elle ne semblait pas pouvoir l’aider, en tous cas. Tandis que l’ignorance qu’il couvait sur les illusions l’affligeait d’une honte presque consciencieuse. Non, évidemment, cela ne l’empêchait pas de dormir mais il était clair que cette voie lui conviendrait et qu’attiré ou non, il ne pourrait s’en défaire. C’était ce que Miharu Uchiha avait écrit. Et tout à fait inexplicablement, il lui octroyait un crédit indécent.

« Le genjutsu : quelles sont ses forces, quelles sont ses limites ? L’art complexe de l’illusion est un jeu dangereux, aussi souvent pour l’adversaire que pour son utilisateur. Avant de décoder ce qu’il semble être deux approches clairement différentes du genjutsu, il parait important d’en décoder les genres.

Le genjutsu est composé de quatre genres techniques. Le premier et le plus commun est l’altération. C’est un socle commun, une base de l’art de l’illusionniste. De puissances inégales, les altérations prennent leur force dans leur combinaison. En effet, tout le pan générique du genjutsu permet au lancer de combiner ses altérations pour en faire un genjutsu ou une illusion combinée. Cette addition permet de renforcer la stabilité de l’illusion qui sera alors bien moins aisée à dissiper. Il semble attrayant de lancer ses altérations les unes après les autres, afin d’éviter de les voir toutes dissiper d’un seul coup, néanmoins, avec la technique, il devient bien plus intéressant de les combiner. Ce faisant, les combinaisons deviennent de plus en plus rapides à exécuter et bientôt il sera possible à l’illusionniste avisée de lancer autant d’illusions combinées que de simples altérations à ses débuts. Le choc psychique est une frappe de chakra qui vise de manière intense et violente l’esprit et un ou plusieurs sens de l’adversaire. Il est éphémère, rapide et disparait aussi vite qu’il est arrivé. Le choc psychique permet de changer la donne d’un combat à un moment donné. Il est une porte de sortie, un moyen de faire tourner la balance. Le déséquilibre crée est, s’il est bien utilisé, efficace. Néanmoins le choc psychique doit être préparé, il doit être prémédité parce que seul, il est inutile. Ainsi doit-il être combiné avec une autre technique qui viendrait profiter de ce déséquilibre succin. La barrière mentale est une protection contre les illu …
»

La liste était exhaustive. Le livre énumérait avec précision les différents atouts du Genjutsu, une précision qui restait toutefois réduite au plus large, au plus général. Les explications étaient aussi claires que peu détaillées et les raisonnements établis puaient la synthèse. Néanmoins, Naisen en fut satisfait. C’était, en somme, ce qu’il recherchait et décida de ne pas s’en vouloir d’avoir choisi un tel bouquin. Il considérait que cela faisait partie des limites de sa formation, de la dose théorique aussi nauséabonde que nécessaire et qu’il devait se donner quelques heures de souffrances littéraires pour appréhender les premières bases de cette science qui, malgré la lecture lourde et si peu exhaustive du manuel, l’attirait à chaque ligne qu’il terminait.

C’était surtout leur utilisation qui le passionnait. L’auteur mettait en scène deux manières d’utiliser le genjutsu. La première consistait en une assistance efficace, une assistance dont Miharu faisait parfois l’éloge, dans quelques uns de ses chapitres. Elle regroupait de nombreuses altérations du domaine du temps comme du domaine des souvenirs. Le dernier, celui de la douleur était largement mis à part, plus retourné sur lui-même et propice à être utilisé seul. Sans surprise, cela n’étonna pas l’Uchiha. Mais la conclusion de cette réflexion était la même que pour les autres : les altérations combinées n’étaient pas des armes de choc en soi. D’ailleurs, Naisen comprit très rapidement que la portée des chocs psychiques, dans leur majorité, était plus axée sur d’autres types de combats que sur les dommages commis par les illusions. Le domaine de la douleur avait cette fabuleuse capacité de grignoter les forces de l’adversaire, lentement, dans des souffrances dont Naisen imaginait déjà la violence. Elles n’étaient pas exactement de véritables armes de choc, ces armes qui pouvaient donner la victoire en un seul coup. Non, justement, elles permettaient de faire apparaitre cette technique, d’entamer une défense, de la ronger jusqu’à l’os. C’était une douleur qu’il voyait comme difficilement supportable.

Naisen n’était pas un stratège hors pair. Pas encore, pensa-t-il de façon presque convaincue. Il s’efforçait pourtant d’évaluer les proportions des différentes techniques mises en avant par le manuel. Ce n’était pas tant une fixation sur le combat qu’une anticipation de l’avenir. Naisen apprenait beaucoup, il découvrait les descriptions des premières altérations telles que la morsure de l’âme, ou une série du domaine des souvenirs qui l’intéressaient tout particulièrement. Mais sa lecture lui permettait surtout de parvenir à une certaine visualisation du combat, de la mise en danger et des points prépondérants de la stratégie de combat. Les grandes lignes étaient tracées. Sans dire que sa voie était écrite, il en dessinait déjà les premiers schémas dans une réflexion basique mais bien présente.

Lorsque Naisen referma le livre, il restait dans sa bouche un gout amer d’insatisfaction. Il se leva et jeta un regard envieux vers les rayons. Ils cachaient quelque chose. Cela se sentait. C’était une aura commune à toutes les bibliothèques, les livres avaient toujours leur lot de secrets, d’éléments passés inaperçus, laissés tels quels puis retrouvé, un jour, dans le plus grand hasard. C’était sans aucun doute ce qui avait toujours le plus attiré Naisen ; ces légendes, ces histoires inconnues d’héros anonymes. Son raisonnement restait enfantin. Particulièrement enfantin. Ces contes perdus, ces légendes disparues, Naisen imaginait facilement les multiples histoires que le monde avait portées, les sources gigantesques dont elles étaient tirées et dont on avait aujourd’hui tout oublié.

Il se dirigea, circonspect, vers les immenses étagères. Son regard devint machinal, scrutant avec automatiste les noms verticaux inscrits sur les reliures des innombrables livres. Il s’arrêta. Deux doigts se posèrent sur le cuivre de l’un deux. Ils l’effleurèrent, puis reculèrent, comme effrayés. Naisen continua sa lente course. Le mouvement régulier de sa main léchait les œuvres d’un doigté frivole. Ils dansaient sur eux, dans une grande contemplation littéraire. Son regard se stoppa enfin. Ses deux yeux grossirent en deux globules arrondis. Là, son index et son majeur s’emparèrent du haut d’un livre et le tira vers lui. Le cuir grinça mollement, fit un peu de résistance puis céda. Naisen le tira à lui avec lenteur, sentant le papier resté collé à l’encre, page par page, depuis des temps immémoriaux. Il tomba comme un cadeau entre ses deux mains. Il balaya la petite couche de poussière qui le recouvrait jeta son dévolu dessus avec une curiosité devenue obsession.

Là, il sentit quelque chose se dérober. Un petit feuillet de feuilles se détacha dans un silence effrayant. Elles s’envolèrent, déployant leurs ailes autour de lui. Naisen jeta un coup d’œil sur ses pieds, dévisageant les quelques pages qui les avaient recouverts.

Un sourire jouissif tordit ses lèvres.

MessageSujet: Re: L'empreinte d'un secret qui refait surface   Lun 25 Avr - 19:02

« Nekko pensait avoir trouvé le lieu et la raison. C’était une petite vallée, perdue dans les terres du nord. Notre longue marche nous avait grandement fatigués et ma connaissance des lieux étaient pauvre, sinon inexistante, mais je pouvais avec une assurance mesurée, avancer que nous nous trouvions quelque part dans le Pays des Nuages. Des quelques récits que j’ai pu trouver à ce sujet, le décor planté là, devant nos yeux émerveillés, ressemblait en tout point à celui que je m’étais imaginé. Néanmoins, nous avons toujours voulu rester rigoureux et nous avons préféré s’y installer afin de vérifier nos informations. Dans l’esprit de Kakede, la légende était infondée, c’était un vieux mythe crée de toute pièce pour aider le clan à satisfaire sa peur de l’inconnue.

Il n’avait pas tout à fait tort, à vrai dire. Mais le jeune âge de Kakede l’empêchait de voir beaucoup plus loin que le monde ne veut lui offrir comme paysages. Et les vertes praires, le soleil couchant, magnifique, le monde magique et magnifique de Kakede avait disparu depuis longtemps maintenant. Il n’avait jamais voulu m’en faire part, j’avais trouvé cette transformation étrange mais je savais que mes questions seraient comme une flèche tirée sur un rempart impénétrable.

Il avait ronchonné, bien sûr, mais nous en étions restés là et il nous avait suivis. Avait-il le choix ? J’en doute. Les nombreux secrets que l’Aile Noire avait collectionnés depuis sa création ne lui permettaient pas d’ignorer l’importance de notre quête. Cela m’avait semblé tendancieusement égocentrique mais il y avait un temps à tout et nier la relation entre l’Aile et le clan était pathétique.

Je dévisageai la petite vallée d’un air circonspect. Magnifique et cruelle à la fois. Un petit ruisseau la séparait en deux, se déversant dans un petit lagon formé dans une cuve rocheuse. Les deux collines qui se haussaient de part et d’autre pointaient dangereusement leur sommet vers les cieux. La vallée était cachée. Derrière une plus haute chaine de montagnes, elle semblait protégée. En vérité, elle l’était. L’homme n’avait plus posé son empreinte sur ces longues plaines bondées depuis des décennies. Pourtant, ce qui m’intéressait était ici, calfeutré par la verdure qui avait tenté de reprendre ses droits. Plus en aval, à quelques centaines de mètres du lagon, une immense parcelle de forêt avait été défrichée. La terre grisâtre était cendre, les troncs noircis et calcinés comme de vulgaires appendices sortis du sol puis sèchement mis à mort. Enclavé dans une nature paradisiaque, le paysage chaotique qui se dévoilait devant nous ne contrastait pas si violemment qu’on aurait pu le penser.

Il était tout simplement tombé de nulle part.
»

Naisen n’avait pas pris le temps de se rabattre vers sa table de travail. Obsédé, il s’était penché et avait ramassé le tas de feuille aussi rapidement qu’il le put. Adossé contre la lourde étagère, il avait posé le livre dont il s’était emparé sur un rayon et avait reporté toute son attention dans le petit carnet défait de ses reliures. Les pages s’entremêlaient dans un désordre énervant. Il les tournait violemment, découvrant parfois avec colère que la suivante ne correspondant en rien à la suite de sa lecture. Alors la repoussait sèchement et cherchait en tremblotant celle qui conviendrait.

Il ne trouva ni couverture, ni notes, ni organisation particulière. Aucun chapitre ne venait agencer le tout, aucun numéro n’indiquait clairement l’ordre de lecture. Les lignes s’enchaînaient simplement dans un chaos obsédant. L’écriture était parfois soignée, puis sombrait dans une rapidité effleurant l’improvisation, indiquant une certaine force d’esprit, la volonté de marquer d’encre une idée, une inspiration. Le discours restait majoritairement construit, sans être toutefois réellement organisé. Mais il y avait un raisonnement, un suivi, une réflexion. Les passages flamboyants de vivacité s’interrompaient pour une narration plus lente, reculée. Rétrospective.

Un sourire satisfait vint paraphraser ses conclusions.

« Troisième jour. Nekko se moque de moi avec un rire franc. Je grince un sourire complice dérangé. Prenant Kakede par l’épaule, il se lance de grandes tirades qui sont censés représenter un style théâtral que j’ai du mal à … cerner. Kakede le repousse tranquillement et se penche vers moi, le regard insistant. Il est clair qu’ils ne comprennent pas mon but. Nekko n’est pas un idiot, bien loin de là. Lorsqu’il comprit que ses petites mimiques pathétiques ne m’atteignent qu’en partie et qu’elles n’arrivent pas à me déconcentrer de ma rédaction, il retrouve un visage sérieux et me demande la raison de mes écrits. Je lui ai répondu d’un sourire satisfait. Je m’attendais un peu à ce que mes deux compagnons restent perplexes, je ne leur en veux pas.

Je me souviens leur avoir répondu de la plus simple des manières que nos recherches sur les illusions et sur leur histoire ne sont guère plus intéressantes que celles portées sur le saké si personne ne peut constater le processus qui nous amènera à nos découvertes. Kakede et son avis tranché sur toutes les questions de ce monde me lance un regard désabusé. Effectivement, il ne comprend pas. Il ne veut pas comprendre. La nuance est pauvre, mais il amène souvent son lot de conflits. Kakede n’avait jamais trouvé dans l’Aile Noire qu’un moyen comme un autre de se rapprocher de la rareté. Son sourire miroitant, ses yeux humides, illuminés de la richesse des nombreux secrets qu’il s’est accaparé avec le temps, il avait en lui cette fâcheuse tendance à se moquer du reste, à ne se concentrer que sur le résultat, sa richesse, sa puissance d’esprit. Son attitude était louable et jamais je ne lui aurais proposé d’intégrer l’équipe si ce comportement ne m’avait pas paru intéressant. Il n’en restait pas moins reculé de toute approche scientifique, de l’intérêt que la démarche portait.

L’Aile Noire n’était pas un simple recueil de connaissances. C’était un fastidieux processus de recherche. Je ne leur demandais rien et leur incompréhension m’étonnait autant que l’intérêt qu’il portait à mes écrits. C’était peu dire …
»

Naisen posa le paquet de feuilles. Ses jambes se firent de plus en plus lourdes. Puis, étrangement, elles flanchaient, ne supportant plus le poids de son corps, le poids de son esprit en ébullition. Une foule de question lui venait à l’esprit. Qui était vraiment Miharu ? Qu’était l’Aile Noire ? Quelle était son importance, son objectif, ses principes ? Les noms de Kakede et de Nekko lui étaient complètement étrangers, mais il ne s’en inquiéta pas. C’était surtout le fil conducteur décontenancé de l’histoire qu’il buvait des yeux qui l’obsédait.

Son regard fixa l’horizon. Naisen s’empara de toutes les feuilles, du premier livre dont il s’était détaché et, pressé, courut jusqu’à sa chaise. Il poussa le livre du revers de la main et étala les feuilles devant lui. Ses yeux se concentrèrent sur les feuilles, une à une, il tentait de les décrypter le plus rapidement possible, jonglant entre elles dans une valse démesurée. Finalement, au terme d’une longue inspiration, il préféra se calmer et en choisit une qu’il leva devant lui.

« Conversation tirée d’une source audio.

Miharu – Voilà de quoi il s’agit exactement.

Takeshi – Je sais ce qu’est l’Aile Noire, Miharu. Je sais aussi ce qu’elle n’est pas.

Il semble tendu. Impeccablement droit, il ne laisse filtrer néanmoins que très peu d’émotions.

Takeshi – Je ne t’ai pas demandé de me faire un exposé, je t’ai demandé de t’expliquer, toi.

J’hausse les épaules. La question me semble tout aussi simple qu’elle est complexe. En responsabilités. Takeshi n’a jamais été un homme appréciable de mon point de vue.

Il repousse du bout du doigt le tas de feuilles que je viens de poser devant lui, sur le bureau qui nous sépare.

Miharu – Il s’agit de la reconstituer.

Il lève des sourcils froncés.

Miharu – Je détiens des informations que seules les archives pourront m’aider à comprendre.

Takeshi – Ces archives sont détruites. L’incendie de la biblio …

Miharu – Je sais.

La tension est palpable. Il n’a probablement pas aimé que je le coupe. Cela m’est égal. Je sais que les archives n’y étaient pas. Elles n’y étaient pas toutes. Quelle que soit la réalité des rumeurs qui tournent au sujet de cet incendie, Takeshi aurait été trop bête de brûler les techniques secrètes du clan ; il en a probablement trop besoin.

Miharu – Il y a peu de chances que j’y arrive sans elle …

Takeshi – Ton destin ne m’intéresse pas, Miharu.

Miharu – Cela aussi, je le sais. Et celui du clan ?

Le jeune homme s’enfonce dans son siège. Il doute. Il était très certainement contre ma demande – qui ne l’aurait pas été ? – mais ma motivation le rend hésitant. Quelle que soit sa réponse, je m’occuperai d’avoir l’aval du village et contre cela, il ne pourra rien faire. Alors il va essayer de retourner sa veste du mieux qu’il pourra, pour pouvoir utiliser mes objectifs à son propre profit.

Les politiques n’ont jamais été de très grands innovateurs.

Takeshi – Je ne veux pas que la légende de la troisième génération ressurgisse. Cet enfoiré de Tokyu pourrit dans sa tombe et je préfère qu’il y reste.

Nous étions d’accord sur ce point.

Miharu – Evidemment, évidemment.

Ses doigts dessinent le contour de sa mâchoire. Il va flancher, il flanchera. Il a déjà flanché, en réalité. Il semble peser le pour du contre, les conséquences que cela pourrait avoir.

Takeshi – L’Aile Noire est maudite, Miharu. Ne te pense pas supérieur aux autres, je sais qu’un jour elle te prendra.
»

Naisen tourna frénétiquement la page.

« Il n’est pas bien âgé. Je ne sais pas s’il est renseigné ou s’il fait semblant de l’être, mais Takeshi sait impressionner. Je repense à Gekyou. J’aimais cet homme. Je me reconcentre aussitôt sur notre conversation. Takeshi n’est pas aisé à convaincre, il ne doit voir aucune faille, sinon il reviendra sur sa parole.

Takeshi – Je veux qu’elle reste secrète.

J’hausse les épaules.

Miharu – Elle l’a toujours été.

Takeshi a un petit rire amusé.

Takeshi – Oui, elle l’a toujours été. Ses membres … moins.

Il s’interrompt et retrouve un sérieux effrayant.

Takeshi – Je veux des résultats. Je veux les résultats.

Miharu – Avant les autres ?

Son sourire pointe d’un seul côté. Tu as compris, semble-t-il me dire, tu as tout à fait compris.

Miharu – Je ne peux pas. L’Aile Noire n’appartient qu’à elle-même.

Son sourire se renforce en un rictus nauséabond.

Takeshi – Je sais, Miharu, je sais.

Sinon, elle m’appartiendrait déjà.
»

Takeshi était très certainement l’ancien chef du clan. La description qu’en fit Miharu permit à Naisen de dater, à quelques années près, leur rencontre. Il voyait là un homme jeune, un homme récent, également. Un homme dont l’influence n’était pas encore à son apogée et qu’il n’avait pu refuser la proposition de Miharu. Une proposition que Naisen ne comprenait pas dans toute sa globalité même s’il lui parut évident maintenant que l’Aile Noire n’était pas qu’un nom. C’était bien plus. La conversation aux allures formelles et sérieuses contrastait étrangement avec la popularité de l’Aile Noire. Takeshi semblait y apporter une attention toute particulière tout en s’exacerbant d’une peur que Naisen ne comprenait pas. A Kakede et Nekko s’ajoutèrent les noms de Gekyou et de Tokyu et continuaient de laisser l’enfant dans une brume épaisse.

Naisen s’aperçut en glissant du regard sur les feuilles, que certaines paraissaient plus âgées. Déchirées, l’encre effacée, simplement gribouillées, elles semblaient être d’un autre temps.

« Je ne peux m’empêcher de me plonger des ces rêves. Le Tsukuyomi n’est pas l’instrument diabolique auquel je m’attendais. C’est un magnifique miroir de notre vie, de notre réel … une véritable cellule d’incubation de nos vies. Le monde me parait si noir, si effrayant vu d’ici. Les deux portes gigantesques qui se dressent devant moi sont …. Et Gekyou s’était emparé de l’un deux. Il l’avait saisi à la … voyais suffoquer. Il vomit un peu de sang. Ce visage, je le connaissais, il m’était déjà apparu dans des songes atro … Tokyu ne résista pas longtemps. Il s’effondra. Et Gekyou le suivit jusqu’au … Cette terre est peut-être la clé. Les flammes qui l’ont incendiée ne s’y sont jamais apaisées. Ce n’est pas un vulgaire défrichage, c’est … elle est nait ici. Un chakra noir nous … visage dévastateur de Susanoo m’apparut.

Kosuke avait raison.
»

MessageSujet: Re: L'empreinte d'un secret qui refait surface   Dim 15 Mai - 19:22

[Shinzei] – Retrouvez-le.

Leur visage se décontenança.

[Shinzei] – Il n’est pas mort. Il se cache.

Son visage prit un air grave.

[Shinzei] – Il détient la source de notre puissance. Il détient la parole des dieux. Il a retrouvé la légende. Il l’a. Retrouvez-le.

[Renai] – Il peut être n’importe où, il peut être mort.

Shinzei eut un petit rire effrayant.

[Shinzei] – Oh non. Miharu n’a pas fui. Il est parti avec un but. Takeshi ne lui faisait pas peur. Personne n’effraie Miharu.

[Sezaku] – Où l’a-t-on vu pour la dernière fois ?

Shinzei ouvrit un petit dossier et un rictus satisfait crispa son visage.

[Shinzei] – Cherchez dans les terres du Nord. Quelque chose vit là-bas.

Il le referma aussitôt et s’enfonça dans le fond de son siège.

[Shinzei] – Sezaku. Réunit une équipe et part à sa recherche. Renai, où en sont les archives ?

[Renai] – Le Concile continue de tout rassembler. Je ne pensais pas qu’il y en aurait autant.

Le chuunin soupira et se redressa.

[Renai] – Cela prendra du temps.

[Shinzei] – Bien.

Prends le temps qu’il te faudra, Renai, prends le temps. Mais trouve-le. Trouve-le.

***

Le mot rêve fut comme un déclencheur. Gekyou n’était-il donc pas mort ou Miharu était assez âgé pour l’avoir connu de son vivant ? Il en doutait. Il en doutait grandement et l’impression de plonger dans une immense mer sans fin lui donna envie de vomir. Naisen tourna aussitôt la page. Blanche. Il la jeta, énervé. Bousculant l’organisation des feuilles, il chercha une suite, un mot, une ligne, quelque chose.

« Le vide infini dans lequel je tombais sans cesse était réconfortant. J’avais l’impression de voler, de déployer des ailes invisibles et de … était là, en bas. On aurait dit qu’il m’attendait. La première fois fut … Mes yeux s’écarquillèrent. Il était là, les bras croisés sur son torse bombé, ses longues mèches brunes cachant une partie de son regard, recouvrant ses épaules. Il n’avait pas changé, il était le … plaie suintante ouvrait son cœur. Elle était effrayante. Je tendis la main. J’allais le toucher. Mes doigts s’empareraient de son visage …

Kakede. Tout devint flou. Des cheveux courts d’un blond étincelant. Un regard bleu azur aussi profond que la mer. Kakede. Je me relevais, clignait nerveusement des yeux. J’étais en sueur et il me jetait ces yeux paniques. J’étais réveillé. Il m’avait réveillé … cœur s’était arrêté de battre. Il avait pris peur. Je lui en voulais. Mais je comprenais. Je lui en voulais.

Gekyou vivait. Quelque part au fond de mes rêves. »


Renai s’était lentement assis à côté de lui. Il avait posé ses coudes sur la table et s’était étalé, comme fatigué, ou simplement intéressé. Son visage était jeune et amical. Son approche également. Il gobait Naisen des yeux. Quelque chose l’attirait vers l’enfant. Quelque chose qu’ils partageaient. Renai ne se doutait pas qu’il y avait en eux un même objectif, un but commun. Il contempla les deux bouquins dont Naisen s’était emparé et sourit, satisfait de voir qu’il ne l’avait pas attendu pour diversifier ses lectures. Son attention se fit plus pressante lorsqu’il se rendit compte que le livre le plus en vu portait le nom de Miharu. Il haussa les épaules.

Renai connaissait chacune des lignes qui meublaient l’œuvre et à bien à repenser, il savait aussi qu’il n’y avait rien d’intéressant. De plus intéressant, corrigea-t-il. C’était un traçage anodin et particulièrement flou de la vie de l’Uchiha et sa lecture n’avait rien apporté d’autre qu’une base théorique incomplète qu’il avait du, par la suite, amplement corriger.

[Renai] – Je vois que les illusions t’intéressent.

[Naisen] – Elles m’intriguent, plutôt.

Le chuunin cligna des yeux.

[Naisen] – Peut-on rejoindre le monde des rêves ?

Il cligna des yeux une nouvelle fois, surpris par la question. Renai avait toujours eu un intérêt particulier pour le genjutsu mais aussi loin qu’il s’en souvienne, ses recherches n’avaient jamais dérivé de ce côté. Néanmoins, Renai n’était pas complètement désintéressé des ambitions du clan. Des ambitions techniques du clan. Il faisait partie de cette caste qui observait les mouvements du chakra avec un à priori obsédant. L’énergie l’intriguait, ses origines d’autant plus. Les recherches que le jeune homme avait faites à divers moments de sa vie l’avaient toujours amené à porter son attention sur les secrets du clan. Des secrets aussi bien puissants que mystérieux.

Mais au fond, il n’en savait rien.

[Naisen] – Vous connaissez Miharu Uchiha ?

Il feignit un sourire amusé.

[Renai] – Bien sûr, pourquoi ?

Naisen poussa du bout du doigt le paquet de feuilles qu’il avait placé devant lui.

[Naisen] – Parce qu’il y ait arrivé, lui.


***


La puissante main de l’homme s’empara de son épaule. Sans trembler, il le souleva dans les airs et le laissa retomber, quelques mètres plus loin. La douleur fut générale, elle ne se mobilisa en un seul endroit de son corps. Miharu grimaça. Un sourire mesquin dessinait les traits de son visage. Il était de ses hommes attirés par le défi. En fait, Miharu Uchiha n’aimait que cela. Le défi. Arpenter les chemins de la mort, se sentir vivre, donner un sens aux bouffées d’oxygène qu’il avalait machinalement. Kakede continuait de lentement tisser le piège. La souricière serait bientôt prête et l’homme plongerait la tête première dedans. Nekko avait disparu, il ne s’inquiéta pas.

Un point lumineux apparut des cieux. La chaleur devint insoutenable. Ce n’était qu’une part de ses souvenirs. Une part infime, ridicule. Son sourire se transforma en un rictus moqueur.

[Miharu] – On ne se moque jamais de l’Aile Noire.

Bien ancré sur ses deux pieds, la puissante stature qui s’opposait à lui n’oscilla pas. Il leva un sourcil circonspect. Son attitude avait subitement changé et l’assurance désarmante qu’il s’employait à mettre en œuvre avait cédé la place à un peur qui terrassait son âme. L’afflux de chakra fut impressionnant. Les multiples fils que Kakede tendait apparurent enfin. La prison était opérationnelle, indestructible. L’homme se concentra. Une foule d’image en émana avec une violence incommensurable. Elles s’écrasèrent toutes avec la même puissance sur les multiples barrières de Kakede. C’est le moment que choisit Nekko pour réapparaitre. Keratsu brillait de mille feux. La douceur de l’acier était imperceptible devant la colère qu’il aimait exalter. Le katana trancha d’abord sa peau en de multiples endroits. Miharu mêla ses mains et son chakra explosa.

L’homme tomba.

[Miharu] – Où est Tsukuyomi ?

Kakede eut un sourire amusé. Il cracha un peu de sang et referma un peu plus sa prison. La pression devait être insoutenable, l’homme cria. Nekko s’approcha de lui avec une malice sadique. Keratsu déchira son vêtement et se colla contre sa gorge. La lame était froide, elle allait lui dévorer le peu d’essence qui lui restait. Mais l’homme ne broncha pas. Il resta irrémédiablement braqué vers l’horizon, à genoux, devant un Miharu effondré, les vêtements en sang, la bouche dévorée par les flammes.

[Nekko] – Réponds !

Il s’éclipsa. Miharu ne savait pas comment il avait exécuté sa téléportation. Il avait certainement négligé l’utilisation d’un sceau. Son regard se reporta aussitôt vers Kakede. Son compagnon réfléchit une seconde et d’un geste des yeux indiqua une direction, perdue au lointain. Miharu s’y engouffra, suivi par Nekko qui disparut à nouveau au milieu des arbres. Il n’irait pas loin, il ne le pouvait pas. Il puait le sang, il puait la mort. Les quelques gouttelettes rougeâtres qui tapissaient le sol le suivait et Miharu savait qu’il ne pouvait plus lui échapper. Ils le trouvèrent là, exténué, reposant contre un arbre de son bras tendu. Son sang se mêlait à la transpiration dans une odeur infâme. Kakede arriva le premier. Il agita ses mains et continua de tisser, déployant de multiples et imperceptibles barrières autour d’eux.

[Miharu] – Tu ne veux pas parler ?

L’homme se releva et tenta de se jeter sur lui. Nekko l’en empêcha et sa lame le poussa quelques mètres plus loin. Miharu n’attendit pas qu’il se relève. Ses doigts s’entremêlèrent dans une rapidité impossible. Un afflux impressionnant de chakra les entoura. Les visages fatigués de Kakede et de Nekko disparurent. Le ciel s’obscurcit. Les arbres, un à un, s’embrasaient et retombaient en cendres. Un vent chaud emportait les derniers espoirs de son adversaire tandis que Miharu s’en délectait. Une lune au jaune impitoyable sortit de l’horizon et les éclaira, dans ce monde délavé. L’homme se releva comme il put. Une toux brutale déchira ses poumons mais étrangement, son visage n’exprimait aucune souffrance. Lorsque sa gorge se calma, une salvatrice inspiration le libéra de tous ses maux. Il était grand, bien plus grand que lui. Ses épaules s’exaltaient d’une largesse terrifiante et son vêtement déchiré laissait apparaitre deux clavicules particulièrement prononcées aux trapèzes proéminents. Tongo n’avait pas toujours voué sa vie aux illusions, Miharu en était intimement persuadé. La facilité avec laquelle il se remettait de ses blessures, avec quelle force d’esprit il se rapprochait tant bien que mal de lui, l’insolente poigne qui s’emparait de son coup et qui le soulevait dans un monde qu’il avait lui-même crée.

Tongo était un artiste. Il avait cette fâcheuse faculté de pouvoir s’approprier le produit des autres.

[Tongo] – Elle ne reviendra plus, Miharu. Ce ne sont que des rêves, ils ne sont pas réels.

[Miharu] – J’ai trouvé le passage, laisse-moi m’y rendre !

Tongo hocha les épaules et se laissa tomber.

[Tongo] – Tu vis dans un cauchemar. Mais il est grand temps que tu t’en rendes compte par toi-même. N’oublie pas ce que ton clan est capable de faire. Trouve le passage et …

Cache-le.

MessageSujet: Re: L'empreinte d'un secret qui refait surface   Mer 25 Mai - 21:38

[Tongo] – Toujours le même cauchemar ?

Tongo avait cette voix grave effrayante. D’une puissance sans nom, il semblait à Miharu que les murs en vibraient tellement elle s’enfonçait dans la matière avec une profondeur imperturbable. Miharu resta fixé sur le mur en face de lui. Il sourit amèrement.

[Tongo] – Une équipe est partie à ta recherche.

[Miharu] – Cela ne pouvait pas durer éternellement. Il déglutit difficilement et se releva, s’appuyant sur ses genoux. Préparons les affaires, il est temps de lever le camp.

Tongo resta immobile.

[Tongo] – L’indépendance a ses privilèges mais peut-être t’aideront-ils.

Miharu eut un regard grave. L’homme se leva et enfila un vêtement. Secouant un sac caché par une couche de poussière, il y terra quelques affaires et examina la petite chambre.

[Miharu] – Tu as déjà oublié tes paroles mon ami.

Il enfila un bonnet d’un coup de main autoritaire.

[Miharu] – Mon clan est capable de tout.


***


Renai considéra très vite que Naisen en savait trop. Sans se soucier de l’avis du jeune garçon, il rassembla l’amas de feuilles qui l’intéressait et les rangea studieusement dans un petit dossier qu’il mit hors de vue de l’enfant. La position qu’avait Renai était très particulière et reflétait parfaitement l’ambigüité et l’ambivalence actuelle du clan. C’était une position voulue, qu’on avait considéré comme nécessaire. Les autorités qui le dirigeaient avaient décrétées, avec sagesse selon Renai, que la politique choisie ne pouvait plus suivre un seul axe, un seul schéma et se tenir d’une seule main. Ferme, racontait-on. Ce n’était pas une évolution des pensées, des mœurs, ce n’était pas une révolution politique, contrairement à ce que tout le monde voulait bien croire. D’ailleurs, ceux qui articulaient la refonte du système politique général du village aimaient à y penser également et souvent, ils s’agitaient dans ce seul et unique sens : la jeunesse devait faire son temps. Renai adhérait sans ciller à cette idéologie néanmoins, il dénigrait complètement le terme de révolution. Rien n’avait changé, il n’y avait pas eu d’éléments plus importants, plus intelligents que lors des précédentes générations. Evidemment, parfois, on voyait surgir des rangs de l’académie quelques brutes épaisses qui s’emparaient du pouvoir et de tous ses enfants d’un bon coup de poing sur la table mais ce n’était pas par manque ; c’était plus par malchance. Toutes les générations avaient ses génies, militaires comme politiques. Toutes les générations s’ancraient de la même manière dans la société avec la même envie, la même passion ou la même haine. Mais combien de génies manquait-on de remarquer et d’élever au rang de héros ? Une proportion surprenante, Renai n’en doutait pas.

Il ne s’était d’ailleurs jamais considéré comme faisant partie de ses personnes là. Renai avait une consistance politique et militaire impressionnante, est-ce que cela faisait de lui un génie, un héros ? Il ne le savait pas, il en doutait, probablement. Mais quoi qu’il puisse être, ce n’était pas à lui d’en décider et il préférait s’activer dans le moment plutôt que de réfléchir à la largesse que prendraient ses moindres faits et gestes dans le passé. C’était certainement pour cette raison et cette unique raison que Shinzei s’était intéressé à lui et qu’il s’était finalement emparé de ses compétences pour les utiliser, les sucer jusqu’à la moelle. Renai était une machine de travail. Et Shinzei n’en manquait pas. La création de la Police Civile fut certainement ce qu’il attendait le plus, et si l’homme avait été avide de pouvoir, il se confinait dans ses bureaux avec une satisfaction renouvelée. La place qu’il occupait n’était pas parfaite. Eloigné du champ politique, éloigné des complots, des scandales, son influence ne s’étendait plus, mais il en possédait encore assez pour se permettre d’épier son petit monde tourner et s’adapter à lui de la meilleure des manières. Non, sa position n’était pas parfaite, mais elle était pleinement adaptée au personnage et il s’en contentait. Le rôle que tenait Renai dans cette organisation était flou. Il ne savait pas, lui-même, vers qui tourner sa confiance, chez qui il devait éprouver la méfiance. Tout était nouveau, tout était neuf et luisait d’une aura surfaite et souvent franchement décalée de la réalité, si bien qu’il se contentait d’obéir et regardait les choses évoluer, tranquillement. Son statut double – celui de dirigeant de la bibliothèque et des archives du clan associé à un poste de lieutenant dans la Police Civile – le rattachait à deux autorités foncièrement différentes, aux objectifs éparses. Les responsabilités léguées par le Concile étaient peut-être moindres que la confiance dont Shinzei faisait preuve à son égard, mais elle lui donnait la main mise des archives du clan et d’une certaine manière, les clés de nombreux rouages du clan.

Le clan reprenait doucement ses recherches. Larges, elles englobaient tous les pans possibles qui lui étaient liés d’une manière ou d’une autre. Elles relevaient de leur passé, de leur histoire, de leurs techniques. La priorité de Shinzei n’était pas tout à fait cachée ; il s’en vantait, même. Et Renai doutait encore de la confiance qu’il devait avoir dans ce personnage, malgré tout le crédit qu’il voulait bien lui accorder dans cette initiative. La découverte d’anciens textes et d’anciennes notes remettait en question une partie des politiques passées, une partie de la vision du clan. Renai n’ignorait pas que ces travaux n’auraient d’influence que sur une petite branche élitiste du clan, mais cela lui importait peu. C’était leur identité qui étaient en jeu et le chuunin ne voyait rien de plus important que cela. La triade mystique qui relevait presque de l’imaginaire existait, il en était certain ; Shinzei le lui avait prouvé. Mais l’Amateratsu, le Susanoo et le Tsukuyomi représentaient bien plus que de simples techniques, extraordinairement puissantes au demeurant. Elles étaient des arcanes de leur passé, de leur histoire.

Renai poussa ses pensées dans un coin sombre de sa tête. Il pensait qu’en faisant le tri dans ses propres songes, il parviendrait à repousser Naisen de ces sujets délicats. Que l’enfant se plonge dans une masse difforme et abscons était, pour le moment sa plus grande crainte et bien qu’il n’y apporte que peu d’attention et d’intérêts, il ne se sentait pas assez sadique pour n’avoir que faire de l’avenir du jeune homme. Renai savait où ses recherches le menaient et où elles le mèneraient dans un avenir proche. Au-delà de tout ça, il y avait une part d’incertitudes, une grosse part d’incertitudes qui rendait son entreprise effrayante, incontrôlable et donc, bien trop dangereuse pour qu’un enfant de l’âge de Renai ne s’y intéresse et ne s’y implique. Personne ne savait ce dont les dieux étaient capables, personnes ne savaient s’ils existaient vraiment ou si la légende n’avait été qu’une fabulation grossière. Peu importait. Le nom de Miharu Uchiha était sans aucun doute possible impliqué avec les recherches effectuées, avant eux, par le clan. Renai ne savait pas comment il avait opéré, il ne savait pas non plus ce qui l’avait poussé à se lancer sur ce chemin, mais son histoire était intimement liée à celle des arcanes du clan. Mais Miharu avait disparu et c’était là l’objet de Shinzei. Le retrouver éclaircirait certaines questions, d’autres pousseraient à nouveau dans leurs esprits malin. Renai arborait à ce sujet, un scepticisme suspect et discret. Si le vieil Uchiha en savait autant, pourquoi n’était-il toujours pas rentré ?

[Renai] – Miharu était un Uchiha connu et respecté. Il a beaucoup fait pour le clan. On connait surtout de lui les techniques qu’il a développées et qu’il a mises à disposition du clan. Le clan les a surnommées le Segment des Trois. Ce sont trois arcanes que Miharu aurait volontairement liés à Amateratsu. J’imagine que tu connais ce nom.

Naisen balaya l’air d’un mouvement négatif de la tête. Renai lâcha un bref soupir mais quelque part, il ne pouvait s’empêcher de parler et de le laisser dans l’incompréhension et l’ignorance.

[Renai] – Amateratsu est une divinité plutôt obscure très présente dans l’histoire de notre clan. Personne ne sait quelle part de vérité se contient en elle, certaines personnes racontent qu’on peut expliquer notre passé par cette relation que nous aurions liés avec elle, il y a bien longtemps de cela. Amateratsu représente la maîtrise que nous possédons du feu et des arcanes élémentaires qui en découlent. C’est une déesse vengeresse et destructrice. Elle est liée à Susanoo et au Tsukuyomi qui sont deux autres objets divins que l’on décrits puissants. Mais ce ne sont que des légendes qui amusent les chercheurs et les conteurs. Miharu avait placé beaucoup d’espoir dans cette croyance et il s’en inspira pour développer le Segment des Trois. C’était un homme de science qui a beaucoup écrit sur le clan, sur son histoire, et plus sobrement, sur les arts ninjas. On raconte que c’était un illusionniste incroyable et un grand penseur. Mais cela aussi, ce ne sont que des histoires.

Naisen eut une réponse physique étrange.

[Naisen] – Vous parlez de lui au passé.

Le jeune homme sourit.

[Renai] – Cela fait longtemps que le visage de Miharu n’a plus été vu ici. Lorsque Takeshi est devenu chef du clan, il est parti assez mystérieusement et il n’est plus jamais revenu. Ou alors, il s’est fait discret. Il y a tout de même de fortes probabilités qu’il ne soit plus … en vie.

Renai racla le fond de sa gorge, sentant qu’il n’aimerait pas poursuivre trop longtemps cette conversation.

[Renai] – Je peux savoir ce qui tu as appris et ce qui t’intéressait dans ces papiers ?

[Naisen] – Rien, je les ai trouvés par hasard. Je voulais me renseigner sur Miharu, c’est tombé du livre quand je l’ai pris. Miharu semblait en savoir assez sur le Genjutsu pour m’aider. Il parlait d’un passage, il parlait d’un lien, d’une relation, mais je n’ai pas tout compris. Je sais juste que ça avait l’air intéressant.

Il résidait au fond de son âme un chaos incompréhensible. Le flot d’informations qui déferlait sans cesse l’empêchait de se concentrer correctement. Naisen restait surpris des brefs feuillets qu’il avait eu le temps de contempler. Il en ignorait la cause, l’objectif et même le contexte. L’histoire narrée par Miharu lui était simplement inconnue et il n’avait procédé que par morceaux, choisis aléatoirement, qui l’empêchaient de forger un schéma clair et concis des actions décrites. Renai lui jetait des yeux perplexes. Naisen sentait bien les sentiments s’entremêler dans un vacarme assourdissant. Quelque part, au fond de lui, le chuunin s’en voulait. Il ne saurait dire pourquoi, mais il éprouvait une profonde déception de sa propre existence. Une déception qu’il avait discrètement confinée dans le petit dossier qu’il gardait caché sous une main mal affermie. Il sentit sa colère, quoi que refoulée par une pitié désagréable. Il lui en voulait d’être tombé sur ces informations, c’était indéniable. Mais son ignorance était nettement lisible et rapidement, cette colère s’évanouit.

Il l’aurait remercié s’il avait pu. Mais il ne pouvait pas. Ce serait donner une information de plus, se contraindre à une possible explication et cela bien sûr, ça lui était interdit. Renai s’activerait simplement à mettre le bout de son nez le plus loin possible dans ses pensées. Les secrets sont de fabuleuses mines de connaissances. Ils conservent impeccablement chaque information avec une précision infaillible. Il était un chercheur de secret et chaque fois que l’un d’eux venait se glisser entre ses deux mains expertes, Renai se rappelait à quel point les secrets étaient dangereux. Ils révèlent tout ce que personne ne doit savoir. Ils sont la conséquence d’une honte, ou d’une importance capitale. Ils sont la face cachée, la face immergée, celle que personne ne doit jamais voir.

Si l’Uchiha savait bien une chose à leur sujet, c’était que chacun d’entre eux finissaient par être révélés. Le secret n’est qu’une arme. Sinon il ne serait jamais partagé.

[Renai] – De secrets, les Uchiha en ont accumulés des centaines. Ceux détenus par Miharu sont rares et possèdent une valeur fabuleuse. Une personne de ton âge ne comprendra sûrement pas, imagine toi simplement que ce que tu as pu lire entre ces lignes sera notre secret, à nous et qu’il ne faudra en parler à personne. Je ne sais pas ce que tu as pu retirer de cette lecture, je ne sais pas ce que tu as compris. De mon point de vu, cela n’est pas dangereux. Mais c’est dérangeant. Intervenir dans un secret c’est toujours intervenir dans la vie des gens et parfois, il vaut mieux se passer de cette responsabilité.

Il prit une profonde inspiration. Un rictus sérieux et grave apparut sur son visage.

[Renai] – J’imagine ta curiosité. J’ai toujours été attiré par ce que je ne comprenais pas, surtout lorsqu’on m’interdisait d’aller plus loin, de me donner les moyens, les clés nécessaire à cette compréhension. Enormément de personnes t’ordonneront de t’arrêter, de détourner du regard. Il y a plusieurs façons de réagir. Tu trouveras la tienne. Mon intention n’est pas de te frustrer, elle est de te prévenir. Je pense que c’est chose faite. Maintenant … si tu as des questions, je peux peut-être t’aider à éclaircir tout cela.

Renai était conscient d’une chose. Naisen ne pourrait pas saisir l’importance de sa quête. Il ne la comprendrait que plus tard, beaucoup plus tard. C’était une question d’années, de mois s’il était quelqu’un d’intelligent de réfléchi. Mais il savait que lui refusait ses connaissances entraînerait un processus sans fin auquel il avait été confronté lui-même. Un processus qui l’avait entraîné dans des situations improbable. Renai avait fait toute sorte de choses dont il ne se serait jamais senti capable. Mais la curiosité était un sentiment palpable et obsessionnel. Il en avait perdu le sommeil. Il se refusa de laisser Naisen dans cette situation. Pour l’enfant, peut-être. Pour ses intérêts également. C’était une manière de lui gagner du temps, de lui céder une partie de lui-même pour qu’il évite de le dévorer tout entier.

[Naisen] – Qu’est-ce que l’Aile Noire ?

Naisen fut étonné de la réaction physique du jeune homme. Il s’attendait à un sentiment de déception, d’agacement ou de soulagement. Il n’en fut rien. Une vague de simplicité et de froideur presqu’effrayante parcourait un rictus définitivement vide de vie. On aurait dit qu’il n’en savait rien.

Et du peu qu’il savait, effectivement, il valait mieux ne rien en savoir.

[Renai] – C’est une vieille équipe oubliée. L’Aile Noire a longtemps représenté l’élite du clan, simplement. Et puis, tu sais, parfois les choses ne vont pas comme elles devraient être et cette équipe a été dissoute plusieurs fois. On a raconté qu’elle était maudite, qu’elle entraînait les hommes dans le chaos, qu’elle apportait la mort. Ce ne sont peut-être que des légendes parce que, comme je te l’ai dit, tout le monde a oublié l’Aile Noire.

Il s’arrêta un instant, et un regard glacial se posa sur le petit tas de feuilles.

[Renai] – Tu veux dire que Miharu y était lié ? C’est ce que tu as lu ?

Naisen haussa les épaules.

[Naisen] – Il disait qu’elle était secrète. Elle n’était pas propre au clan, même s’il lui a fallu l’aval d’un certain Takeshi. Elle avait un objectif, je n’ai pas saisi lequel. Il l’avait reconstitué, aidé de deux hommes. Dans l’une de ses notes, il dit avoir réussi, il dit l’avoir trouvée.

Le chuunin le questionna du regard.

[Naisen] – La porte. Le passage. Vers l’irréel. Le monde des rêves.

MessageSujet: Re: L'empreinte d'un secret qui refait surface   Jeu 26 Mai - 18:20

Ils marchèrent pendant plusieurs minutes. Les dédalles s’enchaînaient les uns aux autres dans d’interminables couloirs. Naisen sentait la respiration lourde et irrégulière de Renai. Quelque chose n’allait pas. Ou plutôt, quelque chose l’embêtait. Peut-être n’était-ce rien. C’était la meilleure hypothèse, Naisen doutait d’avoir un quelconque poids dans les décisions du chuunin. Son pas restait néanmoins rapide, imprécis, parfois perturbé par une pensée. Il titubait, puis se remettait, lui adressant un bref sourire peu satisfaisant. Naisen ne comprenait pas pourquoi les adultes tentaient du mieux qu’ils pouvaient de les rassurer perpétuellement. Cela lui semblait honorifique, mais ils semblaient ne pas se rendre compte à quel point ils étaient ridicules et que tous leurs efforts se soldaient souvent par une vaste plaisanterie mal interprétée. Comme une mauvaise scène dans une bonne pièce de théâtre. Une pièce aux ambitions louables mais dont le jeu ne suivait pas. Ils avaient toujours fait ainsi pour lui.

Ils descendaient dans les profondeurs de Sensu. A n’en pas douter, ce bâtiment regorgeait de salles et d’annexes invisibles, confinées, sous terre, ou derrière quelques murs subtilement élevé. Renai le lui avait dit, le clan avait accumulé de nombreux secrets. Sensu en faisait sûrement parti. Invisible, inabordable, le grand édifice se cachait du monde, il se cachait à lui-même. On avait voulu faire de lui un secret, un petit havre de paradis pour toute une histoire, pour couver un passé qui recelait de titubations et d’évènements dont le crédit n’était certainement pas à louer. Cela, personne ne le savait. Le clan n’avait jamais été une fondation politique, mais une réminiscence de toutes les croyances mythologiques, des individualités qui s’étaient, ici et là, à un moment ou à un autre de leur vie, révélées particulièrement ingénieuses. Voilà ce qu’était Sensu. Un immense couvent de secrets. La garde impossible d’une multitude de données que l’on cachait à la surface du monde. Plongé dans les entrailles de la terre. Ce n’était pas qu’une formule. C’était presque une réalité.

Naisen ignorait tout de la politique, mais au fond de lui il ressentait les choses. Il ressentait le chaos, le bonheur, l’incompréhension, la gêne, la honte, l’espoir, le chagrin. Le mensonge. Il ne se sentait pas trahi, mais simplement perdu. Inondé dans un monde qui, d’un seul coup, à mesure que ses pas le traînaient vers un lieu qui lui était inconnu, ne ressemblait en rien au sien. La sphère des grands, des hommes en âge de comprendre le monde, de s’en saisir et de le réinterpréter ensuite. A leur manière. La sensation de ne plus appartenir au même clan était tenace, elle le prenait à l’estomac même s’il restait impeccablement muet, droit, la démarche tranquille. De ses yeux, rien n’était particulièrement simple, contrairement à ce que pouvaient penser certaines personnes. Non. Son monde à lui avait ses propres enjeux, ses propres difficultés et ses propres satisfactions. Il était juste déconnecté et les responsabilités qui en découlaient ne représentaient rien. Sinon un bref point de vu personnel et l’idée qu’il se construirait là-dessus. Sur son histoire à lui. Leur monde à eux n’était pas plus complexe, ce n’était pas ainsi qu’il le concevait. Il semblait simplement … différent. Attaché à d’autres valeurs. Irrémédiablement cloitré dans leur petite portée, vers une visée réduite, restreinte. Leur attention s’était peu à peu agglutinée en une série de principes qui dictaient leur vie. Le reste n’existait plus. Là où lui, du haut de ses onze ans, scrutait chacun et chacune avec un œil nouveau, intrigué et intéressé. Il s’en délaissait souvent très vite, mais il avait eu le mérite de se tourner vers eux et de leur dire bonjour.

Dire bonjour ne semblait plus être important. Cela ne rapportait ni argent, ni gloire. Cela tuait le temps, le grignotait. Et le temps était indispensable, il était la clé. L’inconscience le couvait. Pas de temps, pas de mort. C’était la belle dame de l’enfance, l’ironie de la candeur. Celle que les hommes cherchaient à trouver pour conserver l’immortalité. Et parce qu’ils semblaient conscients de ne jamais pouvoir l’atteindre, alors il supportait chaque seconde de chaque minute comme un calvaire, ou un cadeau. Mais l’un dans l’autre, l’idée était d’en tirer un profit, quel qu’il soit. Que ce ne soit pas une seconde perdue. Les secrets dévoilaient ces clés. Ils dévoilaient des ambitions, des complots, de simples amourettes de passages. Mais ils décriaient des vies, les expliquaient ou les rendaient plus complexes. Il marquait ce qui n’était pas réel mais purement personnel. Ce que le temps avait forgé dans leurs âmes. Renait l’avait dit lui-même : il était un chercheur de secret, un véritable traqueur. Comprendre l’histoire, expliquait-il. Ce n’était pas l’histoire que Naisen percevait. C’était la complexité des hommes, leur intangible fascination pour ce qui n’est pas simple, ce qui n’est pas écrite, ce qu’il faut construire, élever, créer, fonder, imaginer. Ce qui est écrit ne porte pas de nom. Et dans un monde qui vit souvent plus souvent qu’eux, Naisen voyaient les hommes tenter de graver leur nom à même la terre. Avec leurs ongles s’il le fallait.

C’était une vision bien noire. Mais elle était peut-être la plus réaliste qu’il n’est jamais conçue. Et cela le dégoutait.

Renai s’arrêta enfin. Naisen émit un bref sourire pour lui-même lorsqu’il le découvrit haletant. Il était ridicule mais contrairement à de nombreux autres, il avait cette faculté de toujours rester digne, impeccablement droit devant lui, d’un respect sans nom. Il se sentit subitement privilégié, comme attiré par une âme qui le tirait droit vers elle. C’était une sensation déplaisante. Parce que mêlée à l’emportement de Renai, il tissait peu à peu des conclusions. Et l’impression d’être ficelé à une entreprise peu amicale se dessinait, encore floue, à son esprit. Le chuunin poussa la porte. Il l’invita à la passer et le suivit silencieusement, refermant le battant derrière eux. La pièce qui se dévoilait à eux était bien éclairée, malgré l’absence de fenêtres. Plus grande qu’il n’aurait pu l’imaginer, de nombreux tapis reposaient sur son sol et divers instruments étaient entassés dans un de ses coins.

Son attention se reporta sur l’homme qui était devant lui, qui leur faisait face, l’air grave, tendancieusement froid. Naisen s’approcha, fit quelques pas vers lui et lorsqu’il peut clairement décrire les traits de son visage, il s’arrêta et pointa un doigt d’abord amusé vers lui, tandis qu’une vision d’horreur lui apparaissait.

[Naisen] – Je vous ai déjà vu, j’ai cru que vous étiez mort.

Shinzei eut un petit rire amusé qui, bien qu’incompréhensible au regard de l’enfant, eut le mérite de détendre son rictus placide en un visage amical.

[Shinzei] – Le second fils d’Okane en personne. Renai, que me vaut ce plaisir ?

Renai s’avança jusqu’à lui. Il lui adressa un sourire mitigé que Shinzei balaya avec une assurance stupéfiante. L’Uchiha avait facilement compris que la conversation qu’ils auraient tous les deux en privés serait des plus intéressantes. Mais Shinzei avait cette faculté de savoir placer les choses selon leur priorité et pour le moment, seul l’enfant l’intéressait. Parce que Renai n’avait pas non plus une vision globale du clan et de sa politique, tandis que lui, au contraire, en tenait presque toutes les ficelles. Shinzei était un homme fort, c’était indéniable. Mais il avait désormais assez appris à se contrôler pour se reporter à l’essentiel. Il ne mentait pas. Il ne jouait pas. Il était lui-même. Lui-même avec les problèmes du moment qui ne l’intéressaient pas, de côté, pour se concentrer sur l’instant présent. Uniquement l’instant présent.

[Renai] – J’ai rencontré Naisen dans la bibliothèque. Il cherchait à s’informer sur l’art ninja et sur l’utilisation des arcanes de notre clan. Il semble particulièrement s’intéresser au genjutsu et puisque ses lectures ont légèrement dévié de son objectif initial, je me suis dit que nous pourrions peut-être l’aider. Je pense qu’il le mérite.

Shinzei inclina docilement la tête et laissa froidement Renai derrière lui d’un bref pas en avant.

[Shinzei] – Miharu ?

[Renai] – Miharu.

Le chef de la Police Civile eut un sourire satisfait. Quelque part, Shinzei savait que toutes les choses de ce monde avaient un lien. Il n’avait jamais imaginé que l’histoire de Miharu puisse être confrontée avec celle de Naisen, pour la simple raison qu’il ne connaissait rien du garçon, sinon l’importance capitale de son père au Concile, la progression rapide de son frère et le décès de sa mère, quelques mois plus tôt. Shinzei ne connaissait pas bien le Domaine du Corbeau, ils étaient tous trop tournés vers eux-mêmes pour s’intéresser d’une manière ou d’une autre à ceux qui les entouraient.

[Naisen] – Pourquoi ce nom vous fascine-t-il ?

Shinzei eut un petit rire amusé.

[Shinzei] – C’est parce que cet homme porte en lui une histoire, Naisen. Tout le monde a une histoire, tout le monde apporte à ceux qui les entoure leur lot de décisions. Notre clan est entièrement bâti sur des histoires, des légendes, des contes, des mythes. Chacune des technique que les Uchiha utilisent couvent un passé que l’on peut plus ou moins facilement retracer. Certaines ont été volées, d’autres ont été crées pour une raison qui leur est propre. D’autres encore restent particulièrement mystérieuses. Ce sont nos arcanes qui expliquent ce que nous sommes, d’où nous venons, et ce que nous avons construit. Ils sont des empreintes, de véritables marques du passé. Cela implique un partie noire de notre histoire, une partie inconnue, aujourd’hui complètement oubliée. Ce sont des notions que certains hommes ont du mal à admettre. Dans la difficulté, ils préfèrent se rallier à des concepts plus simples, réduits, rétrécis, pour l’occasion. Ils oublient alors d’où ils viennent, ils oublient de chercher, de comprendre. C’est une erreur, tu sais. Parce que personne ne peut effacer son passé.

Au fil de ses paroles, son visage devint sérieux, tiré par des maux qui ne semblaient pas vouloir disparaitre. Shinzei sentait ses crampes lui revenir, il sentait la fatigue qu’il avait accumulée durant de nombreuses années le rattraper et lui tordre les boyaux comme un vulgaire poignard planté dans son abdomen et qu’on tournerait violemment. Son ton n’avait rien d’une leçon. Il n’y avait pas de moral à la fin de son discours. Il lui semblait exprimer un vécu et cela rendait ses propos d’autant plus percutants. Shinzei aurait donné énormément pour tout oublier puis tout recommencer, comme si rien ne s’était passé. Mais cela aussi c’était une erreur et il le savait pertinemment bien. Il ne parlait pas de généralités, il parlait de son histoire, sans que Naisen en sache quoi que se soit. Pourtant l’enfant comprenait. Ou plutôt, il le ressentait.

L’image atroce du corps sans vie de Shinzei lui revint à l’esprit. Il le revoyait, sans souffle, sans âme, l’air simplement abattu, la peau blanchi par la mort, le corps glacé de la nostalgie de la vie. Il ne l’imaginait pas renaître et d’ailleurs, Shinzei exprimait de grands doutes sur cette capacité. Pourtant il était là, devant lui. Et Naisen n’ignorait pas que mourir était une expérience dévastatrice même s’il en percevait mal les conséquences et les souffrances.

[Shinzei] – Takeshi a été le chef de notre clan durant de nombreuses années et il semble qu’il ait longtemps oublié de quelle substance il était fait. C’est dans cet oubli que Miharu a survécu. Il n’était pas seulement un homme de science et un puissant shinobi, il était aussi quelqu’un de foncièrement bon, attaché à des valeurs qu’il croyait juste. Dans un temps de chaos, il a tout de même su se rapprocher d’une vérité que nous considérons aujourd’hui comme vraie. C’est cette vérité que nous tentons de reconstituer.

Il racla le fond de sa gorge.

[Shinzei] – Le genjutsu est un art shinobi que le clan admire et craint énormément. Tu apprendras très vite que les illusions ne sont pas de la même substance que les arcanes que nous pouvons tous connaître et qu’elles provoquent plus que de simples blessures. C’est une science dangereuse pour celui qui se dresse contre elle comme pour celui qui l’utilise. Manipuler les sens d’un homme revient très vite à l’utiliser, à le corrompre ou à le pervertir. Ce sentiment de puissance peut être envahissant, il peut te grignoter, petit à petit. Les illusions peuvent se saisir de la seule chose qui fait de toi un homme. Ton âme. Miharu avait compris cela. Il avait aussi compris qu’il devait à tout pris se protéger de lui-même avant de se protéger des autres. Ne l’oublie jamais.

Il n’est pas question de te retrouver mort comme je l’ai été, petit homme. Il n’en est pas question.

MessageSujet: Re: L'empreinte d'un secret qui refait surface   Lun 30 Mai - 13:09

    Naisen ( Niveau 6 )
    : +0% Bonus Inclus
    : +115 XP

    : C'est toujours aussi passionnant de plonger dans de nouveaux mythes Uchiha. L'aile noire possède une mythologie intéressante, intrigante, espérons qu'on en découvrira un peu plus à l'avenir. Et peut-être que Miharu réapparaîtra par la même occasion ? Comme je l'ai déjà écris, c'était une session passionnante, peut-être un poil tortueuse pour un non initié au clan Uchiha, car il y a beaucoup d'informations à ingurgiter en très peu de temps, mais au-delà de ce détail, je ne dirais qu'une chose : continue sur cette voie ^^
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MessageSujet: Re: L'empreinte d'un secret qui refait surface   

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