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 Le temple du Châtaigner

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Shinjin Isatsu
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MessageSujet: Le temple du Châtaigner    Sam 7 Mai - 16:27

[Seuls les administrateurs ont le droit de voir ce lien]

Shinjin Isatsu
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MessageSujet: Re: Le temple du Châtaigner    Mar 10 Mai - 14:28

La voie de Suan Fang
Chapitre 1 : infrastructure


[Ginmata] – Viens, je vais te montrer comment est fait le temple.

Il m'emmène dans une bâtisse faîte de pierre, qui effectivement, ressemble à un temple. Une statue, dans une corniche, représente Bouddha, sans sa position zen. Celle que chaque prêtre doit réussir à tenir un maximum de temps pour arriver à un stade supérieur d'existence. Mais quatre autres corniches, sur les les côtés latéraux, sont également présentes, à l'extérieur de l'espace sacré. Il y en a une en forme de Panda, j'en déduis donc que ce sont les quatre samouraïs à l'origine de la création de cet endroit.

[Ginmata] – Nous tenions à pouvoir représenter nos hommages à Hotaru, Suan Fang, Rangen et Arame, c'est pour cela que des effigies se trouvent également dans leur temple. C'est après le départ de chacun qu'une idole a été faîte. Suis moi, je vais maintenant te montrer le deuxième partie la plus importante.

Dans la cours se trouvait un immense châtaigner, qui faisait concurrence aux plus grands arbres que je n'avais jamais vu. Impossible de dire jusqu'où s'élevait sa cime, mais les première branches maîtresses étaient à plus de sept mètres au dessus du sol. Majestueux, presque divin, son ombre s'étalait sur un rayon de plus de vingt-cinq mètres, couvrant toutes les bâtisses du monastère, et le protégeant du soleil aride de la terre du feu. Derrière, on pouvait trouver ce qui ressembler aux dortoirs, et tout ce qu'il fallait pour que ce soit fonctionnel : réfectoire, salle de bain, sanitaires... Ces barraquements étaient construits en bois, de manière simples et traditionnelle, sur piloti. Mais un second bâtiment, en pierres, lui aussi, était dressé à côté, et il y avait un accès aux baraquement via une passerelle en bois, car le premier niveau du bâtiment (comme tous les autres, d'ailleurs) était surélevé. Avant que je puisse la poser, Ginmata-sama répondit à ma question.

[Ginmata] – Ce que tu regardes, c'est notre bibliothèque.

[Jin'] – Elle est plutôt grande, pour une monastère...

[Ginmata] – Oui, et elle s'étend également sur deux étage dans le sous sol. La plupart des moines, ou des gens qui viennent ici, ont des histoires, ou des ouvrages avec eux. Nous nous employons à les recopier, et ainsi nous agrandissons notre bibliothèque en permanence. C'est Kihi Nota Ying, le doyen et le responsable, qui la gère et l'administre, avec son élève, Harato. Il me semble que tu as vu les deux en passant ici la première fois. Je vais maintenant te montrer la deuxième manière d'accéder à des ouvrages.

Il me guide maintenant sur la droite, à travers la porte Sud. Derrière, alors que la base du monastère est entourée d'un mur massif de deux mètres bien entretenu, il y a un muré, délabré, pas plus haut qu'un mètre, et pas du tout droit, qui serpente autour de ce qui semble être un potager, et de la vigne. Ce qui est frappant, ce sont les arbres. Ils sont denses et immenses, à quelques mètres derrière le muré, mais à l'intérieur, un travail de défrichement a du être effectué, et on n'en voit aucun. L'espace entre le mur et les arbres permet au potager et aux vigne de bénéficier d'un peu de soleil, aux heures les plus chaudes. Sur ma gauche, un autre bâtiment, en bois, sur pilotis, comme d'habitude, qui se repose sur le mur principal... enfin il faut plutôt dire que c'est le mur principal qui l'empêche de s'écrouler. Je pense que c'est la remise. Si le potager est bien entretenu, les vignes sont assez aléatoires. On distingues plusieurs alignements, et certaines parcelles sont moins bien entretenues que d'autres.

[Ginmata] – Le potager nous permet d'être auto-suffisant, si on peut dire. Mais les vignes, plantées par Suan Fang, ainsi que les installations dans la cave du monastère, permettent de faire du vin. L'argent qui que nous rapporte sa vente sert à acheter des livres, des parchemins, ou de quoi changer nos habitudes alimentaires. Il y a peu de vignes sur le pays du feu, aussi nous jouissons d'un peu de renommée, qui nous permet d'écouler la plupart de nos stocks.

Nous revenons dans l'enceinte principale, et il entre dans les baraquements. Il y a un escalier qui descend en profondeur. À mon grand étonnement, nous arrivons dans une grande cavité souterraine, avec un plafond haut de deux mètre à peine : de quoi gêner les plus grands. Ma petite taille, pour une fois, est un avantage. Sur les trois quarts de la superficie de cette grotte, qui doit être naturelle, il y un plan d'eau fumant, alimenté par une cascade qui sort du milieu d'une paroi rocheuse, lisse, et brillante d'humidité et de sels minéraux.
De l'autre côté de la bande de pierre sur laquelle nous nous trouvons, une porte occupe un espace bien rectangulaire, visiblement taillée à même la roche. Ceux qui ont fait ça y ont mis du cœur, et du talent. Toutes les parois sont soigneusement polies, on pourraient presque croire que la grotte à été creusée. Le long des murs, des lampes brillent. Ce sont des ampoules...

[Ginmata] – Une source chaude nous fait office de bain. C'est un source naturelle. Les eaux sont évacuées par le fond, et continuent leur chemin dans le sol. Elles sortent à quelques kilomètres au Sud, pour se jeter dans une autre source chaude. Le bassin n'est pas régulier, et il y a des endroits où la profondeur atteint les quatre mètres, mais on a tous appris à nager. De plus, il y a quelques années, un système hydroélectrique nous permet d'avoir le courant sur toute la superficie du monastère.

Il s'en va vers la porte qui j'avais vu. Il l'ouvre : elle n'est pas verrouillée, et prend bien soin de la fermer derrière nous. On entre dans un couloir de quelques mètres, et au fur et à mesure que nous avançons, l'air se fait plus frais, plus humide, comme dans un vraie grotte. Je remarque des cavités, dont les plus grandes atteignent plus d'un mettre, dans le mur.

[Ginmata] – Avant, il y avait plusieurs sources chaudes qui arrivaient ici, ce sont elles qui ont forgées ce réseau de galeries. On dit que Suan Fang les a soigneusement traqué et bouché, pour refroidir sa cave. D'expérience, personne ne s'y ai jamais aventuré trop loin, c'est un vrai labyrinthe. Mais cela assure également un renouvellement d'air permanent, ce qui est utile pour la vinification.

Au bout du couloir, une autre ouverture, après avoir descendu quelques marches, qui elle n'est pas occupée par une porte. Nous entrons dans une cave dont je n'arrive par à estimer la surface. Le plafond bas donne tranche avec cette surface. Le long des murs, des tonneaux, couchés, avec un robinet. Parfois, on trouve, sur le dessus d'un tonneau, une bougie allumée. Un aménagement à spécialement été fait sur toutes les cuves en bois pour en disposer une. Ici, il n'y a pas d'électricité, la cave est éclairée à la lumière vacillante des bougies irrégulières. Et il y l'odeur : celle du vin, du bois, et de la pierre. Elle n'est pas désagréable, mais enivre vite son homme.

[Ginmata] – Voilà la cave à vins. C'est ici que nous les élevons. Dans une pièce, là bas, il y a les bombonnes et les jarres dans lesquels nous le mettons pour le vendre, et sur ta gauche, nous remontons vers la remise. Les premières étapes de vinification y sont pratiquées, puis, par gravité et un système ingénieux de tuyaux dans la roche, nous remplissons les tonneaux que tu vois là par gravité... en saison de récolte, toutes les bougies sont allumées, et nous mettons l'électricité. Il y a beaucoup d'activité, et il nous arrive d'employer des travailleurs externes. Ah... encore une chose, si les bougies sont éteintes, il ne vaut mieux pas descendre sans Niki.

[Jin'] – Niki?

[Ginmata] – Un sceau qui te permet de respirer, même si tu n'as pas assez d'oxygène. La fermentation consume beaucoup d'oxygène, et parfois, il n'en reste pas assez pour alimenter les flammes des bougies, et donc pour un humain. C'est pour ça que Suan Fang à aérer la cave, mais parfois, ça ne suffit pas.

[Jin'] – Comment vous avez descendu ces tonneaux?

[Ginmata] – Un monte charge est installé sous l'entrepôt, que tu as vu, à l'extérieur de l'enceinte. D'ailleurs, la porte que nous avons passé est juste située sous le mure d'enceinte.

Nous remontons ensuite en surface, et beaucoup de questions me viennent à l'esprit, mas je ne peux pas subjuguer Ginmata-san. Il me signifie que je peux pour l'instant circuler librement dans l'envine du monastère, et même y séjourner, en cas de besoin. Inutile de préciser ou je me dirige en premier : le bibliothèque. Celle des Hyuuga est plus petite, mais celle du temple reste également plus petite que celle de Konoha. Cependant, puisque beaucoup d'ouvrages viennent de pèlerins, cela veut également dire qu'ils viennent du monde entier. Konoha est assez limité, notamment par l'influence et les directives des autres pays à son égard, tandis que là, ça reste dans le domaine du religieux.
Shinjin Isatsu
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MessageSujet: Re: Le temple du Châtaigner    Jeu 19 Mai - 22:33

La voie de Suan Fang
Chapitre 2 : La connaissance


Il me dit ensuite d'aller où bon me semblait, mais que pour sa part, il devait retourner à sa méditation. Il n'y a pas beaucoup d'endroits autre que la bibliothèque qui me viennent à l'esprit. J'en prend la direction, avec une petite révérence imaginaire pour cet édifice qui tient encore debout, malgré le poids des années et de la connaissance. À l'intérieur, le monde s'assombrit, éclairé par les halos de lumières qui filtrent à travers les fenêtres, dans lesquels on peut voir la poussière en suspension dans l'air, qui s'écarte sur mon passage, en folles arabesques, pour finalement revenir à leur position initiale. Deux énormes rangées de livre se dressent à gauche et à droite, traçant un couloir à une table en bois massif, vide et poussiéreuse.

[Hanato] – Je peux t'aider?

Derrière moi, le dénommé Hanato que j'avais brièvement aperçu lors de la mission de la fleur de Toge. Même si je n'ai pas pu voir d'où il vient, je le déduis, car sur son passage, les particules en suspension ont laissé place à des halos de clarté dérangeante dans ce décor.

[Jin'] – La question serait plutôt, par où commencer... Je voudrais apprendre Niki.

[Hanato] – Les sceaux, donc... suis moi, ils sont au sous sol. Il prend la direction d'une porte dans l'ombre, et je le suis. Prends une bougie au passage... ou plus si tu comptes t'attarder.

Je le suis, derrière la porte, un escalier en colimaçon, en bois, avec un lourd tapis, dont le centre est à peu près dégagé, mais à force de le pratiquer, des monticules de poussières grises se sont accumulées sur les bords, arrondissant les angles du bois avec la pierre. Au bout de quelques minutes, nous arrivons devant une seconde porte, qui aurait très bien pu être celle d'un coffre fort. Il sort un trousseau de clés en fer forgé, qui reflète les lumières de nos bougies. Visiblement, ils n'ont pas encore installé l'électricité dans la bibliothèque. Il ouvre la porte au deux tiers, faisant grincer les gonds, et nous pénétrons dans une salle encore plus sombre, elle aussi éclairée par des lucarnes en haut des murs, hauts de quelques mètres. La pièce est grande, sans être aussi immense que la bibliothèque de Konoha, et les rayons sont tous allignés dans le même sens. Devant eux trône une autre table, tout aussi massive que celle d'en haut, mais plus grossière. Sur la droite, face à la table, se tient un objet que je n'ai pas encore vu : une table à trois pied, ayant vaguement la forme d'un triangle. Sauf que la plaque du haut est trop épaisse, et trop haute, pour en faire une table. Hanato s'étant retourné, s'amuse de mon étonnement.

[Hanato] – On appelle ça un piano. Tu trouveras comment ça marche là, indiquant de son bras de libre les rayonnages. Nous n'y avons jamais fait trop attention... Ginmata-sama réussi parfois à l'utiliser. C'est lui qui l'entretient.

Sans autre formule, et après avoir allumé une lampe à huile accrochée juste à côté de la porte, qui éclaire plutôt une bonne partie de l'entrée, mais pas assez les rayonnages. C'est ici qu'il va falloir amener mes études. Après avoir parcouru quelques rayons, je trouve celui des sceaux. Il y a une petite partie du rayon occupée par des livres, mais la majeur partie est occupée par des rouleaux, entassés dans des cases carrées, elles mêmes fermées pour protéger les rouleaux. J'en ouvre, et commence à les parcourir à la lueur de ma chandelle, et tombe assez rapidement sur ce que je cherche : Niki, ou comment respirer par quelqu'un d'autre. Le sceau n'est pas très complexe, et j'en trouve d'autre, de toutes les couleurs. Sauf les violets : ils sont verrouillés, ainsi que d'autres. Les interdits, ou les plus puissants, je pense. Quelques rouleaux sont donc amenés à la table, un peu au hasard. En fouillant le reste de la pièce, je trouve de quoi les écrire, et les parchemins vierges viennent de mon sac à moi.

Le Niki est assez basique, et je le mémorise assez vite. Après, je manque un peu d'imagination pour l'utiliser dans l'immédiat. Ce que je peux faire, par contre, c'est tenter d'utiliser le second que j'ai appris : je trace sur le sol, devant la porte, Keihouki. Il ne reste donc plus qu'à espérer que le prochain qui descendra aie un chakra suffisant pour que le sceau se mette en branle.

***

Absorbé dans un rayon, lisant avec avidité comment régler cet instrument étrange qu'est « le piano » à la lumière vacillante d'une flamme, je sais que quelqu'un vient. Et ce n'est ni parce que je l'ai entendu, ni par ce que je l'ai senti. Le sceau fonctionne, c'est tout. La silhouette de Ginmata-san se distingue de plus en plus nettement, jusqu'à qu'il soit de plus en plus éclairé.

[Ginmata] – Il se fait tard. Je t'ai préparé une chambre. À demain, bonne nuit.

Il remonte après m'avoir donné la clé de ce qui va être ma chambre, et je le ressens à nouveau quand il passe sur Keihouki. Finis pour le piano, maintenant que j'ai la satisfaction que ma conception des sceaux marche, autant continuer de les étudier. Les documents présents sont assez complets.

Les sceaux se divisent en plusieurs catégories, auxquelles est associée une couleur. Ainsi, il y a six couleurs, et donc six catégories. La mienne est le jaune... je l'ai vérifiée, une fois, à l'académie. La couleur jaune correspond aux sceaux de préservation. Il est donc impossible pour moi d'utiliser les sceaux bleus, de soutien, qui sont contraire à ceux de préservation (logique), en contre partie, je suis censé avoir plus de facilité avec les sceaux jaunes, et apte à apprendre toutes les autres couleurs. Après, on trouve de grandes figures emblématiques qui ont participé à l'élaboration du fuinjutsu. Viens donc un problème, Niki est un sceau de soutient. Ce qui veut dire, premièrement, que je ne peux pas l'apprendre, mais deuxièmement, que si je suis amené à travailler dans les caves, je vais devoir trouver un autre moyen que Niki pour y entrer. Super...

Demande de validation
Sceau : Keihouki (L’Alarme)
Shinjin Isatsu
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MessageSujet: Re: Le temple du Châtaigner    Ven 20 Mai - 14:21

La voie de Suan Fang
Chapitre 3 : l'aube

Six heure du matin, le soleil commence à peiné à projeter les ombres des arbres, que Ginmata m'a déjà réveillé. Je n'ai pas beaucoup dormi, juste quelques heures, ayant passé la plupart de la nuit dans la bibliothèque, puis en rangeant ce que j'avais sorti. Au moins, cela me donne une idée des lieux, et j'ai déjà pris quelques repères, avec une mention spéciale pour le piano, qui s'avère être un instrument assez complexe, et dur à accorder convenablement.

[Ginmata] – Si tu veux jouir des avantages qu'offre le temple, il va falloir également adhérer à son fonctionnement. Rendez-vous dans dix minutes sur l'esplanade pour la taïshi.

Après m'être paré du kimono habituel, la place, encore plongée dans l'ombre, est déjà remplie des deux dizaines de moines : tous rasés, en toge bleue, avec Kihi Nota Ying-sempaï devant. Ils sont tous bien placés, à quelques mètres, comme une grille. Ma place est derrière, dans l'ordre d'importance, Ginmata me fait signe de venir à côté. Nous sommes considérés tous deux comme des invités, non des membres à part entière. La séance commence, et bientôt la brume se dissipe, les premiers rayons de soleil la faisant fuir. Nos mouvement deviennent plus éclairés, plus nettes, et Kihi Nota Ying-sempaï fait maintenant des enchaînement du ciel. Le levé du soleil s'est donc accompagné de notre hommage. Ensuite, une demi-heure est accordée au temple, ou chacun se recueille à sa manière. Puis le petit déjeuné : riz, pris en silence dans le réfectoire. Chacun vaque ensuite à ses occupations, et Ginmata me prend à part : séance de méditation dans le temple.

C'est seulement après le repas de midi qu'il décide de s'entretenir avec moi.

[Ginmata] – Une des choses à laquelle nous servons également, comme nous ne sommes pas membres à part entière du temple, c'est la vente. Je t'avais dis que le temple, pour subvenir à ses besoins, vendait du vin. Les moines ne touchent pas à l'argent, c'est nous qui le gérons, ainsi que toute la partie commerciale. Kihi-sama privilégie toutefois les petites entreprises aux grands négociants. Étant donné que c'est toi qui sera amené à gérer ça, je vais te demander de gérer une affaire. Pour ma part, j'ai une mission à effectuer pour Konoha, aussi tu sera seul sur ce coup. Tu trouveras quelques précisions sur le commerce dans la bibliothèque.
L'affaire est dans la capitale du pays, un négociant veut nous entretenir, visiblement pour nous acheter. Il est malheureusement un peu trop important pour que nous puissions refuser, sans porter préjudice aux petits commerçants à qui nous vendons habituellement. Je te laisse carte blanche, mais essaie de respecter les volontés de ceux qui conçoivent ce vin chaque année...


Il me donne la missive, où est stipulée l'adresse et la date dudit rendez-vous. C'est après demain, dans la capitale. Une note de Ginmata indique une liste de fourniture à acheter : papier, nécessaire d'écriture, bougies, lampes, riz, etc. Il s'en va, visiblement pressé pour sa mission. Si je dois prendre sa place, je vais donc devoir gérer mes missions, mes relations au sein du clan, et en plus les finances et le commerce du temple... L'argent fait peur aux moines, il pervertit, certes. Les différentes techniques de commercialisations et de marchandages sont effectivement bien décrites, et la plupart sont signée Ginmata. Une façon de me faire partager son expérience. On peut résumer ça en quelques mots : comment pigeonner, frauder, mentir et extirper de l'argent. Mais ça a le bénéfice de m'apprendre comment je risque d'être perçu. L'apparence joue pour beaucoup, donc mon âge ne va pas aider. Et évidemment, comme le but du temple n'est pas de faire du profit, ça ne va marchander que d'un côté.

Au niveau finance, le principe est assez simple : on part avec du vin, on le vend, et avec l'argent, on achète les fournitures, de sorte à ce qu'il ne nous reste plus rien. De cette façon, le temple n'entretient aucune solde, et donc n'est pas sujet au pillage. Il fallait y penser.

[Damato] – Shinjin, viens voir.

Dehors, il y a un cheval, attelé à un charrette. Aucune idée d'où il le tienne, ni où ils l'ont caché depuis que je suis là, mais elle doit servir de transport pour l'allée et le retour des fournitures.

[Ato] – Salut. Je suis Ato. Je suis un paysan du coin, et j'emmène quelques sacs de riz que je vais vendre au marché, dans la capitale. C'est ma charrette et ma bête, et c'est moi qui m'occupe du transport.

[Jin] – Shinjin Hyuuga...

Je le suis jusqu'à l'entrepôt, puis dans la cave, où on sort deux barriques de vingt litres. Ce n'est non sens peine, mais la forte constitution d'Ato comble ma faible force. En pensant à ce qui m'attend, ça va être du de vendre un produit dont je ne sais rien, dans un domaine où je n'ai aucune expérience.

[Jin'] – Quand partons-nous?

[Ato] – Dans une heure, tout au plus, le temps que je m'entretienne avec Kihi-sama.

Ce qui me laisse donc une heure pour apprendre à vendre du vin... le meilleur moyen est de goûter le produit. Je vais dans la cave, trouve un verre, et me sert un fond du lot de barrique que je suis censé négocier. En se rappelant tout ce que j'ai lu hier sur la dégustation. Je lève le verre pour inspecté la couleur à la lumière d'une bougie. La couleur : rouge, même rubis, très intense, mais trouble pour la limpidité. Les larmes sont lourdes, lentes, irrégulières, ce qui indique un vin ample et gras en bouche, confirmé par un ménisque épais. Le nez : intense, mas pas très long. Il sent le bois de chêne dans lequel il trempe, mais à part ça... je suis censé aller au delà, mais l'odeur du chêne est trop présente. En tournant le vin, pour le vieillir au deuxième nez, le chêne et cette odeur de bois mouillé est moins présente. Il se dégage des arômes de fruits rouges, mais plus du côté de la cerise que le cassis. Un deuxième nez plus fin, plus racé, c'est donc un vin qu'on devrait garder encore quelques années. Le goût, ample, long. L'alcool est contre-balancé par la sucre, mais l'acidité est également trop forte, et j'ai du mal à les identifié derrière l'astringence, qui explose les quotas. Bref, ce n'est pas un vin qu'on peut dire qualitatif d'après ce que j'ai lu, mais comme il ne doit pas y avoir beaucoup de viticulteurs, le temple doit être pas mal sollicité.

Maintenant que j'ai une idée de mon propre vin, je m'attèle à ranger la chambre dans laquelle j'ai dormi, puis nous partons en direction de la capitale. Le pays du feu, en raison de son village caché, en fait une nation puissante. Aussi on n'a peu à craindre des attaques, mais ce n'est pas une raison suffisante pour rester sur ses gardes. Deux barriques seulement, soit quarante litres de vin à vendre. Après un bref calcule des fournitures, je devrais en avoir pour à peu près cent vingt ryos, voire deux cents si je mise sur la qualité, ce qui nous fait cent ryos la barrique, ou cinq ryos le litre. Plus cher que la saké, et étant moins connu, ça va être dur. Je peux baisé mon prix à trois ryos le litre, et acheter des choses communes. Nous verrons comment les choses se présentent... et s'il y a effectivement un marché, c'est là que je peux rencontrer le plus de clients.
Shinjin Isatsu
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MessageSujet: Re: Le temple du Châtaigner    Mar 24 Mai - 23:50

La voie de Suan Fang
chapitre 4 : la voie du shinobi


[Ato] – Et bonhomme, réveille toi! On arrive à la première étape!

Ma tête émergea au dessus des parois du chariot, pour essayer de situer son réveil. Nous n'étions plus au temple, mais dans un petit bourg en pleine ébullition. À en croire le décor, une fête se préparaient. Une longue table était dressée sur quelques mètres, des lampions, un énorme tas de bois qui alimenterait un feu de joie, des décorations, et des gens qui couraient dans tous les sens, s'affairant à tout net n'importe quoi dans la préparation des festivités. J'enjambe les ou mes deux tonneaux après m'être levé sur les sacs de céréales et bottes de foin d'Ato-san, et m'assieds à côté de lui.

[Ato] – Pour info, ça fait cinq heures que tu roupilles. J'ai pas osé te réveillé. Nous somme à Yoki, qui se prépare pour la fête du Daymo.

[Jin'] – Yoki? Jamais entendu parlé.

[Ato] – Je voulais pas manquer cette fête, et j'y dépose traditionnellement un peu de vivres. C'est une fête sympathique, et ça fait maintenant quinze ans que j'y vais, avant de passer à la capitale. On dit que ce même jour, il y a quelques centaines d'année, un samouraï et venu planter un arbre, et que depuis, toutes les récoltes sont fertiles. L'arbre n'est plus là, mais ils fêtent ce jour! Allez, viens!

Il saute de son poste pour aller enlever les colliers de son cheval, je l'aide de l'autre côté, puis le cheval est mené dans un près aux bordures du village. Il me dit ensuite de faire comme ce dont j'ai envie, mais de revenir pour la soirée : il y a un festin à ne pas manquer. Un festin? La fin de mon après midi est donc passée avec un groupe de chasseur, et nous ramenons vite du petit gibier : lapns, lièvres, renard, ainsi qu'un énorme sanglier qui devrait suffire à tous nous nourrir. Les préparatifs s'intensifient, on allume les feux pour faire cuire la viande, las sauces et la farce sont amenée, tout le monde met la main à la pâte. J'arrive enfin à retrouver Ator prêt de son chariot, vérifiant l'état des roues.

[Ator] – Ce soir, on loge dans les écuries. Tu vois cet homme là, au milieu, en train de fourrer le sanglier? C'est celui qui possède la plupart des terres, ici. Il permet aux hommes de travailler sur ses terrains, et d'en tirer tout ce qu'il faut pour en vivre. Le reste lui revient. Son fils doit encore être en train de couper du bois pour les feux de ce soir. Qu'est-ce que tu penses de ça? Personnellement, c'est le seul endroit où j'ai rencontré un riche aussi prêt de son peuple.

Il est vrai que la plupart du temps, les récits parlent de riche commerçants qui évitent de se mêler à la population qu'ils emploient. Les plus généreux se limitent à quelques passages pour se tenir au courant, mais peu vont jusqu'à travailler le sol avec eux. C'est une osmose entre prolétaires et propriétaires... En les observant, il est aimable, non orgueilleux, et les habitants le lui rendent bien. Si j'avais des terres, je pense que ce serait le meilleur comportement à adopter, étant donné qu'on n'a maintenant plus besoin de les protéger. L'homme en question s'avance maintenant vers moi, en s'essuyant les mains sur un torchon et en s'avançant vers moi, regardant autour de lui. Rien n'indique sa lignée, que ce soit sa posture, son habit, ou ses manières. Il se présente et me tend la main, derrière lui, les dernières lueurs du jour commencent à s'estomper.

[Loyd] – Salut, je m'appelle Kihi Nota Loyd, mais appelle moi Loyd. Merci pour le sanglier, on m'a dit que c'est toi qui l'avait eu.

[Jin'] – Shinjin Hyuuga. Vous êtes de la même famille que Kihi Nota Ying?

[Loyd] – C'est mon frère, en effet. Il a choisi un voie différente. Un membre du clan Hyuuga? Shinobi?

[Jin'] – Oui. En service spécial, si je puis dire.

Derrière lui, les gens commencent à s'attabler, tandis que d'autres apportent des plats. Une voie l'appelle, et avec elle, un main lui faisant signe de s'assoir à côté d'elle.

[Loyd] – Venez donc vous assoir, aujourd'hui, personne ne doit être laissé pour compte.

En le suivant, il m'assied à côté de lui. Un homme, en face de moi, que je distingue à peine au dessus des victuailles, m'est présenté comme son fils, et une serveuse comme sa femme, puis les gens commencent à manger, à boire (de la bière), et à discuter. Plus la soirée avance, plus le ton monte. Les rires, les acclamations de joie vont bon train, et il faut un petit moment, durant lequel j'en profite pour goûter à des choses que je ne connais pas, la viande de gibier, par exemple, et la bière, pour que Loyd-san s'adresse à nouveau à moi.

[Loyd] – Il est rare de voir un Hyuuga à une telle table. Qui boit et mange de plus.

[Jin'] – Un sage a dit qu'il fallait d'abord expérimenter la vie avant de la prendre.

[Loyd] – Alors tu ne verras aucun mal à ce que j'introduise un autre vice? Suis moi.

Il m'amène un peu à part, sous un grand arbre de la place, où il y a également une charrette, mais pas aussi grande que celle d'Ato. Celle là n'a que deux roues, et est donc penchée d'un côté, s'appuyant sur ses brancards. De l'autre côté, Loyd-san, que je pense au mois aussi sous l'emprise de l'alcool que moi en vue de son euphorie, sort une blague à tabac. Il sort d'une sacoche du Sulky une longue pipe, fine et courbée vers le bas.

[Loyd] – Il te faudra un pipe, aussi... C'est une herbe qui pousse aux pieds des volcans du pays du feu. On dit que c'est la meilleure.

Ses dires s'accompagnent d'une expression béate, puis il me montre comment utiliser mon nouvel objet. Il prend les feuilles séchées de la blague, et en place quelques unes dans ma pipe, puis d'autres dans la sienne. Avec une allumette, il l'allume, et crapote, en faisant quelques ronds de fumée. Une odeur parfumée, similaire à celle de l'encens, mais en moins intense et moins dérangeante, stimule mon odorat. Il m'explique qu'il faut que j'inspire en allumant ma pipe, pour bien qu'elle prenne, puis que je peux ensuite soit m'amuser à crapoter, soit à fumer. Il le me laisse la blague et les allumette puis repart vers la table du festin.

Je monte dans l'herbe, pour tester une substance dont on a tous entendu parler. Même si mes pairs m'ont toujours implicitement déconseillés de fumer, ils leurs arrivent pourtant de le faire. Sans parler d'Higaï-senpaï qui fume à longueur de journée. Qu'est-ce que je risque avec un peu d'herbe à fumer? Ce serait impoli de refuser l'offre de Loyd aussi. Pendant que j'allume ma pipe, en inspirant une douce fumée blanche dans ma bouche, qui me parfume non seulement ma bouche, mais également les naseaux par lesquels je la recrache, en bas, des farandoles, des danses et de la musique sont jouées. C'est la fête, les gens s'amusent, sans se soucier du monde, et moi je fume tranquillement, adossé sur une branche à la lumière des étoiles.
C'est en les regardant danser que je comprends une grande partie de ce que je suis... si je suis shinobi, c'est pour protéger des gens comme eux, qu'ils continuent de vivre paisiblement, de s'amuser, de rire, de chanter, de danser. On ne nous dit pas ça, à l'académie. On nous enseigne à être de bon ninjas, mais peut-être serions-nous meilleurs si on nous montrait ce côté là de la vie. Nous servons à sauvegarder un peuple avant tout, et non un village, ou un nation. Ce sont pour ses habitants que nous nous devons d'agir... le reste n'a que peu d'importance...


Dernière édition par Jin' le Jeu 9 Juin - 21:18, édité 1 fois
Shinjin Isatsu
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MessageSujet: Re: Le temple du Châtaigner    Mer 25 Mai - 19:22

Le voie de Suan Fang
chapitre 5 : de l'art et du génie


Les danses et les chants se calment, les feux s'amenuisent, les gens commencent à rentrer sous le ciel étoilé. Une nuit spéciale, si on en croit la poussière d'étoile présente dans le ciel bleu nuit, à peine éclairé par un croissant de lune. J'ai passé la nuit à observer les gens s'amuser, tout en m'adonnant aux plaisir de la pipe... une chose savamment inventé, mais qui ne doit pas se transformer en vice. En tout cas, cette nuit, j'ai gagné une pipe, et de quoi la faire marcher pendant encore quelques temps. Higaï et moi partageons maintenant quelque chose, aussi infime soit-elle.
Deux personnes ont attirées mon attention cette nuit. Une femme, grande, belle, élancée, agile comme un félin qui joue du luth aussi bien qu'elle chante, et ce qui semble être son apprentie, une fille aux cheveux aussi blancs que les miens, qui dansait en enchantant son entourage. Et pourtant, elle ne doit pas être plus vieille que moi, mais a une si belle connaissance de son propre corps et une agilité peu commune. Les dojos du clan ont encore beaucoup de choses à apprendre sur l'art de se mouvoir, ou sur l'art tout court... c'est ce qui me vient à l'esprit après avoir vu ces deux saltimbanques.

La blague a tabac... ma main tâtonne sur l'écorce noueuse de la branche, sans pour autant réussir à la trouver, où est-elle? Un bruit, une ombre dans la nuit qui s'en va. On m'a volé mon tabac! On ne vole pas un cadeau. Je range ma pipe à l'intérieur de mon kimono, et saute à la poursuite de mon assaillant, lui aussi incroyablement agile. Il fait un bon souple sur un toit, mais je suis à ses trousses. Non, en fait, il revient sur moi, et je me prends un coup. Sa faiblesse m'indique la faible constitution du voleur, et il n'y avait pas beaucoup d'enfants aussi agile et léger ce soir : la saltimbanque. Elle est maintenant partie, me laissant seule au milieu de la nuit. Et pourtant, je n'ai pas dit mon dernier mot. Mes yeux se remplissent de chakra, ma vue se précise et s'ouvre. En moins d'une seconde, je vois dans la nuit, tout autour de moi, et l'aie repéré.

Le tout, c'est de ne pas lui faire savoir que je la tiens... ne pas la renseigner sur ce que je suis. Je fais mine de chercher, m'éloignant de sa position. Mon kunaï descend lentement de ma manche, le long de mon bras. Mes pas m'éloignent de ma cible, mais me dégagent également, au fur et à mesure, ma ligne de mire, pour finalement arriver derrière un arbre. Le Byakugan me permet de la voir, ce qui n'est pas son cas. Un clone, à qui je donne mon kunaï, puis je monte dans l'arbre, tandis que lui se rend visible. Ma diversion va-t-elle marcher? Elle sait s'approcher sans faire de bruit, ce qui ne veut pas dire qu'elle sait forcément détecter son environnement. En tout cas, rien, dans son comportement n'indique qu'elle m'a vu moi, elle semble assez intéressée par les mouvement de recherche de mon bunshin. Je saute de l'arbre au mur de la maison derrière laquelle elle se cache. Un atterrissage sur les tuiles aurait fait trop de bruit, je préfère donc m'assure sur le mur, pour monter ensuite sur le toit, pour me positionner à quelque mètres sur sa gauche.

Mon clone agit. Il se retourne aussi vite que le peut sa petite condition pur envoyer le kunaï sur la droite de l'enfant aux cheveux d'argent, de façon à ce qu'elle esquive sur la gauche, et vienne donc vers moi : ça ne manque pas. Sans réfléchir, je mimique. J'envoie mes pieds vers elle. Elle esquive, et moi, manque de tomber si je ne m'étais pas rattrapé sur les mains. J'ai loupé mon coup : j'ai, pendant quelques secondes, oublié que je n'étais pas un Uchiha, semble-t-il. Mais si je n'en suis pas, ma réception, derrière elle, me donne un avantage : je suis derrière, mon clone devant. Si elle ne connaît pas le monde ninja, c'est à ni rien comprendre. Peut-être ne m'a-t-elle même pas vu passer derrière et me prend pour l'incarnation de la rapidité. Quoiqu'il en soit, mon clone charge, faisant diversion, ma main passant vite dans sa sacoche, ma jambe rasant le sol pour la faucher : double diversion pour éviter qu'elle remarque que je la détrousse. Agile, elle semble s'appuyer sur l'air même, évite mon pied, en donnant une correction à mon clone qui disparaît, pour de nouveau se retrouvée face à moi, atterrée de ce qu'il vient de se passe. Elle se sauve en courant, mais j'ai ce que je voulais : le blague à tabac, subtilisé pendant notre dernier contact. Sauf que maintenant, je n'ai plus envie de fumer.
Avant de m'endormir, dans le paille, avec mon sac comme oreiller, à la chaleur des bêtes de l'écurie, sous un haori blanc aux armes des Hyuuga, je suis encore en train de me demander ce qui m'est arrivé. La nuit porte conseil, et les questions d'aujourd'hui trouveront réponse demain.

***

Ce sont l'agitation des bêtes et le cri des oiseaux qui me réveillent. En émergeant, je vois Ato qui dort de l'autre côté de l'écurie, la tête appuyée sur un talon de jambon. Mon corps s'étire, puis se lève. J'arrive à peu près à me nettoyer correctement à la fontaine du village, remballe mes affaires, en prenant soin de ne pas casser ma nouvelle pipe, puis commence à remettre dans la charrette ce qui en a été sorti. Le cheval est arnaché, puis attelé, et attaché pour éviter qu'il ne parte si l'envie lui prend. Aucun signe d'hostilité envers moi, il est bien dressé, et gentil, ce qui lui offre un sucre de ma part, en plus de sa ration matinale de foin. Ato m'avait expliqué tout ça au début de notre périple.

Alors que je fais chauffé de quoi faire notre petit déjeuner, il vient me rejoindre, du foin dans les cheveux : il a visiblement sur apprécier la fête à sa juste valeur. Je lui tend un bol de riz avec des baguettes, ainsi qu'un beignet.

[Ato] – Bien dormi?

[Jin'] – Oui, et vous?

[Ato] – Un sommeil lourd. T'as su profité de la soirée j'espère?

[Jin'] – Plus que je n'espérai.

Nous mangeons dans le silence, jusqu'à que la teiller, sur le feu de fortune que j'ai réussi à allumer au bout de la cinquième allumette, siffle. Le thé est prêt, une décoction qui devrait nous remettre d'aplomb. Je lui sers une tasse, puis m'en prend une. L'herbe du dragon, principalement composé de fruits rouges, avec d'autres, dont je ne connais pas le secret, mais le tout donne quelque chose de fruité et d'assez épicé. Ato a l'air d'apprécier, non seulement le thé, mais le fait qu'il n'a plus qu'à ranger ses affaires pour lever le camps. Il me bougonne un merci, essayant d'émerger comme il le peut de son sommeil visiblement alcoolisé. Les derniers préparatifs sont donc remballés, et nous pouvons reprendre la route. Il s'assied à la place du conducteur, après s'être trempé la tête dans l'eau froide et salvatrice de la fontaine. Je me place dans le chariot, comptant profiter du voyage pour jouir du cadeau de Loyd-san.

[Loyd] – Hé! Ato, Shinjin, Attendez!

Il court vers nous, et derrière lui, en retrait, on peut voir les deux saltimbanques, maître de la soirée, si l'on peut dire.

[Loyd] – Voici Akiko, et son élève, Hoshi. Elles vont à la capitale, et comme vous aussi, je me disais que vous pouviez emmenée les deux artistes de la fête!

Ato n'y voit là aucun inconvénient, aussi la maître, après avoir soigneusement posé sont luth à l'arrière, prend place aux côté d'Ato. Elle a les cheveux longs, noirs et détachés, avec une expression sérieuse, mais inatteignable, comme si elle avait accès à une partie du monde que nous ne pouvions pas toucher. Contrairement à elle, Hoshi à le chevelure blanche, possède un air malicieux, taquin, à la même manière de certains chats qui semble toujours penser à un tour qu'ils pourraient faire. M'a-t-elle reconnu? Elle vient se poser à côté de moi, derrière, les jambes pendantes, s'appuyant sur ses bras tendues. Bientôt, le véhicule se met en marche, au pas du cheval. Pour ma part, je ressors ma pipe en regardant Loyd-san qui, nous ayant tourné le dos, s'en va va vaquer à ses occupation. J'aime à l'imaginer aller aider le village à ranger, puis préparer les jours de récolte qui s'annoncent, travailler la terre à la manières des petites gens, à tel point qu'un passant ne remarquerait même pas qu'il se trouve en présence du maître des lieux. Adieu Yoki, j'espère de tout cœur que je te reverrai.

Après l'avoir allumer, je tends la pipe à ma nouvelle compagne de fortune.

[Jin'] – Tiens.

Elle la prend et crapote élégamment. Là où le bas me blesse, c'est qu'elle arrive non seulement à faire ronds, mais d'autres formes géométrique : comme des sphères. Devant mon air surpris, elle se met en tête de m'apprendre, et m'explique que le rond est assez simple, il suffit juste d'un peu d'entraînement, mais que pour des formes plus complexes, il faut rajouter un peut de chakra pour faire « cohésionner » le tout. J'essaie d'une part, les cercles, d'autres parts, les autres formes (en tentant le kunaï) sans grand succès, ce qui la fait rire. Ayant pensé faire quelque chose de grandiose avec une métamorphose, je me retiens, ce n'est pas très juste. C'est en se passant la pipe, et après quelques autres essais en vain, que nous entamons la conversation.
Elle est sa maîtresse, qu'elle nomme par son prénom, sont des voyageurs itinérants, membre d'une compagnie de saltimbanque : la compagnie du renard. Ils vont là où le vent les mène, offrant leur art pour gagner leur vie. C'est une manière moins dure que de gagner sa vie dans le sang, ce à quoi elle me répond que je n'ai pas idée du nombre de pervers avec qui elles ont pu traiter... la condition de femme et de voyageur doit être dure à concilier : elle me bouscule, je lui prends la pipe.

Étrangement, avec elle, je me sens être un enfant, et ça ne me gêne pas. Au fil de la discussion, elle me demande quelle art je peux bien pratiquer pour avoir tenter de vouloir maîtriser une technique en un seul coup.

[Jin'] Entre deux volute de fuméeJe suis un fils du clan Hyuuga.

[Hoshi] – Qu'es-ce?

[Jin'] – Un clan de Konoha, dont le dogme est induit par une certaine forme de combat ainsi que sa philosophie.

Quand je me mets à parler de moi, je ne peux pas m'empêcher de faire mon dictionnaire...

[Hoshi] – ça a l'air chiant...

[Jin'] – C'est en partie vrai. La dogme prône l'équilibre entre toutes choses, quelles qu'elles soient, avec tout ce que ça implique, comme le fait que toute chose est pourvue d'une énergie. Ainsi, un équilibre rompu n'apporte rien de bon.

[Hoshi] – Mais l'équilibre, en général, ça ne dépend pas du point de vue de chacun?

[Jin'] – Certes... et pourtant, à force de pratiquer l'équilibre, les gens en viennent à adopter les mêmes modes de vie. As-tu entendu parler du Yin et du Yang? C'est un peu ça qui nous sert de dogme.

[Hoshi] – Dans ta philosophie, il y aurait alors quelque chose de stable dans ma vie?

Je prends encore quelques bouffées avant de lui passer la pipe.

[Jin'] – Toi, les liens qui te lient à ta maîtresse, cela est invariant, ainsi que l'art, omniprésent. En chaque chose il y a son contraire... et sinon, à l'échelle du monde, il y des sédentaires, il faut donc bien qu'il y ait des nomades.

Sur ces bonne paroles, je clos le débat en me reculant et en m'étendant de tout mon long, regardant les nuages, la tête posée sur un sac de toile. Hoshi... une manière différente de voir la vie, et pourtant, nos deux philosophies peuvent s'appliquer à chacun de nous, alors que le mot vivre a deux significations bien différentes. Pour elle, c'est jouir de la vie, pour moi, c'est profiter d'un bien qui m'a été donné, et l'exploiter pour en faire quelque chose de noble et de pure.
Shinjin Isatsu
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MessageSujet: Re: Le temple du Châtaigner    Mar 14 Juin - 1:53

La voie de Suan Fang
Chapitre 6 : Le monde
RP déconseillé au moins de 16 ans

C'est le coup de coude de Hoshi qui me réveille. La ville, nous y étions arrivés. Encore une première pour moi, que de voir une cité qui n'est pas destinée à la défense, mais faîte pour prospérer. Elle, a l'air plutôt blasée, elle a du en voir, sur son itinérance, de telles cités, et des plus fabuleuses que la capitale du pays Feu. Néanmoins, de loin, elle reste majestueuse, et domine largement Konoha, que ce soit en beauté, en taille ou en nombre.

[Hoshi] - C'est la première fois que tu y viens?

[Jin'] – Oui.

Contrairement à Konoha, aucun contrôle requis pour rentrer dans la ville, qui se situe quelques kilomètres après des fermes parsemées autour, qui cultivent les champs environnant. Bienvenue dans le monde féodale. On dirait qu'à l'image de son Daymo, la pays du feu n'a pas su évolué avec l'essor des villages ninjas. Si j'avais du l'être, j'en aurais profité pour redorer l'économie et l'image du pays du feu en utilisant Konoha. Car de la même manière que le feu, on ne peut pas l'attraper sans se brûler, mais on peut l'utiliser. Maintenant que j'y pense...

[Jin] – Ato, pourriez-vous me servir de guide?

[Ato] – Désolé, mais ça va être difficile à faire, à part le marché, je ne connais pas grand chose.

[Hoshi] en faisant un gran sourireMoi je peux. Si Akiko est d'accord.

[Akiko] – Je n'y vois aucun inconvénient.

Finalement, la charrette s'arrête sur une place, ou d'autres véhicules sont déjà en place, tous chargés. Visiblement, ce marché attire du monde, mais je n'ose pas demander plus amples précisions à Ato, qui en a déjà trop fait. Puis, après qu'Ato aie échangé quelques mots avec un garde, puis donné quelques pièces, il dés-attèle brièvement son cheval, et après m'avoir donné mes affaires, nous conduit devant une façade importante, avec une enseigne d'auberge « Vieux Samouraï ». Elle ressemble à un établissement de qualité.

[Ato] – À Akiko C'est ici que nos chemins se séparent. Nous dormirons à l'auberge du Vieux Samouraï, Shinjin et moi.

[Akiko] – C'est également ici que nous nous produirons cette nuit.

[Hoshi] – Le hasard fait bien les choses.

[Ato] – Il faut croire...

Après être entré, Ato nous présente à l'aubergiste, son frère. Il a réservé une chambre pour lui et moi, et j'apprends que les deux voyageuses étaient également attendues. Au fur et à mesure de l'aventure, j'ai cependant ma conscience qui ne me lâche pas : j'ai l'impression de dépasser les limites que la clan a implicitement fixé, pour me protéger. Je comprends, mais il faut bien que certaines choses soient faîtes. De plus, si c'est pour éviter que mon esprit se retrouve confronté à de potentielles altérations qui peuvent me détourner des dogmes, c'est également erroné pour moi. Le monde se porterait bien mieux si les préceptes Hyuugas étaient appliqués.
Notre chambre est assez sobre, au deuxième étage : deux lits, deux chaises et une table. Je pose mes affaires soigneusement à côté du mien, après avoir laissé le choix à Ato. Puis nous descendons, et Neo, son frère, nous offre le déjeuner : nous ne sommes que midi. On m'explique la suite : demain, aux aurores, la marché ouvre, et il vaut mieux y être. Ato compte sur moi, à la fois pour l'aider dans sa tâche, mais également sur mes talents de shinobi pour éviter qu'on le vole, même si ce n'est pas censé arriver (sait-on jamais). Il m'explique aussi que les gens vont venir acheter mon vin avec leur récipient, afin que je conserve les tonneaux. J'ai priorité au vin, sinon, je l'aide. Jusqu'à ce soir, quartier libre, mas une bonne nuit est conseillée devant la journée qui nous attend.

Hoshi me guide dans les ruelles de la capitale, et me fait visiter en m'expliquant ce que sont les différentes maisons : la palais du Daimyo, entouré par des maisons de nobles et des boutique de luxe (je m'attardai sur une armurerie qui présentait des armes peu équilibrées, mais très élaborées), puis des quartiers plus modestes dans lesquelles on trouvait notre auberge, la place du marché, et les commerces qui n'ont pas leur place dans les quartiers chics : tannerie, forges, maraîcher, etc, jusqu'au quartiers pauvres, nommés Roku, dont les frontières sont très surveillées...

[Jin] – Pourquoi on trouve autant de gardes à la périphérie du quartier populaire, et aucun à l'intérieur? Le taux de criminalité doit s'en ressentir, non?

[Hoshi] – C'est simple,le quartier pauvre n'est plus aux mains des autorités, ce sont des organismes indépendants qui en ont pris le contrôle, qui voguent entre milices et organisations criminelles, et ce avec l'approbation de la plupart de ses résidents. Ils maintiennent l'ordre à leur manière, et les gardes sont là pour minimiser leur influence sur les autres quartiers... il leur arrive même de se faire détrousser s'ils décident d'entrer.

[Jin'] – Mais les autorités laissent faire?

[Hoshi] – Ou plutôt, elles ne peuvent rien y faire, tant qu'ils ont l'approbation de ses citoyens, suite, il y a quelques années, a une succession de décisions nuisibles à ce quartier pauvre. L'argent apporté par la clandestinité leur permet même d'avoir une microéconomie en croissance. Puis elle se referme, et son teint devient plus maussade, presque déçue par la tournure qu'ont pris les choses. Mais maintenant, cette pègre illégale tend à changer de main, et les choses changent... s'empirent, Ateno, l'homme qui dirige maintenant les sphères illégales, instaure un climat de violence et de terreur.

[Jin'] – Comment tu sais ça?

[Hoshi] – J'étais une fille de Roku, avant. Une de meilleures voleuses, même! Mais Akiko est venue me chercher un peu avant le règne de Ateno, et je l'ai suivie.

C'est dans ces moments là que je m'aperçois que je suis né avec une cuiller en argent dans la bouche, loin de la misère et de toutes les bassesses, ainsi que les efforts qu'on doit fournir pour essayer d'en sortir un jour. Je n'aurais cependant pas l'indélicatesse de lui demander comment elle est arrivée là, car en général, c'est une histoire triste (ou du moins, c'est ce qu'en disent la plupart des romans et des histoires).

[Jin'] – Tu veux un beignet?

Elle rit, et oui. Je lui en achète un à un enfant qui en vend, derrière une étale qui n'est même pas un magasin. Délicieux, et assise sur un banc, à regarder les gens passer et commenter leurs accoutrements, elle est d'accord avec moi. Puis elle m'emmène dans un endroit qu'elle veut me montrer. Après un dédale de ruelles, nous arrivons dans un pâté de maisons qui est familier : nous sommes revenus dans les quartiers de l'auberge. On entre dans un établissement des bains. C'est une bonne initiative, car cela fait trop de temps que je ne me suis pas détendu dans de l'eau, trop absorbé dans d'autres activités, celles du temple, ou mon entraînement avec Higaï, ainsi que le repos. Il est dur de trouver du temps à se consacrer. Une autre enseigne, « à la bonne eau », témoigne du manque d'humour et d'imagination du commerçant lambda.

[Hoshi] – Je doute qu'elles soient aussi agréables que celles de Konoha, mais des sources chaudes sont présentes sur la majeure partie du pays du feu, remontant jusqu'au pays de la Terre et celui des montagnes. Tu as payé le beignet, je t'offre les bains.

Nous entrons dans un couloir, ce qui est peu commun pour un établissement de ce genre. Hoshi a l'air de connaître l'endroit, et passe un panneau, qu'elle referme derrière nous. En prenant les serviettes qui étaient placées devant l'entrée, elle indique que c'est occupé. Ce ne sont pas de termes comme j'ai l'habitude d'en connaître. Quatre parois, de chaque côté de l'étendue d'eau fumante, avec deux autres parois amovibles, servant de vestiaires. Si on en croit la disposition des lieux, l'établissement dispose d'une multitude de petits locaux tout autour de la source, plus deux grands, je pense, pour accueillir plus de monde.

[Hoshi] – C'est réservé pour nous deux. C'est un peu plus intimes, et on n'a pas tous les pervers des bains communs.

[Jin'] – Mais le prix s'en ressent.

[Hoshi] – Pour 10£ pris à un passant, ça ne me dérange pas.

À tout hasard, je vérifie mon porte feuille.

[Jin] – Quand?

[Hoshi] – Juste après que nous ayons quitté le banc.

Je n'ai rien vu. Mais après ma question précédente, elle le sait déjà. Se pose un autre problème de pudeur : comme va-t-on rentrer dans les bains? Il va falloir que l'un de nous deux y entrent en premier, et se tourne quand l'autre y rentrent. Également par question de pudeur, je ne pose pas la question à Hoshi, qui n'a pas l'air de s'en soucier autant que moi. Ma serviette à la main, je vais me déshabiller derrière le panneau de droite, lui laissant celui de gauche. Nu, la serviette servant de dernier rempart à ma plus profonde intimité, je sors. Elle est encore en train de s'affairer, j'en profite donc pour rentrer dans l'eau, en pliant ensuite soigneusement la serviette et la posant à côté du bord.
L'eau est chaude, un peu trop même, entre quarante-cinq et cinquante degrés. Assez pour que nous prenions en même temps un bain de vapeur, et le rempart de mon intimité est maintenant représenté par l'opacité de l'eau des termes. Je plonge, pour me mouiller la tête. Est-ce que le Byakugan marche sous l'eau? Je ne ferais pas de tentative, car s'il marche effectivement, je vais sans doute me retrouver avec assez de visions de nus jusqu'à la fin de ma vie. Je viens de comprendre pourquoi les Hyuuga ont leurs propres sources chaudes, et qu'il leur ai fortement déconseillé, voire interdit d'aller dans celles du village.

Je sors la tête de l'eau, son goût salé et minéral en bouche. Ce n'est seulement après m'avoir frotté les yeux que je m'aperçois que Hoshi est enfin sortie, et me regarde. Je n'ai même pas le temps de me retourner qu'elle a déjà enlevé sa serviette pour rentrer dans l'eau. Une réaction connue se fait ressentir au niveau de mon sexe. Espérons que ma seconde barrière intime tienne. Elle rougit, mais moins qu'elle ne devrait. J'ai la mauvaise impression de laisser une partie de mon innocence dans ces eaux. Un sentiment étrange, à la fois frustrant pour ma conscience, mais plaisant pour une autre partie de moi même que je ne connais que trop bien pour l'avoir exploiter plusieurs années, pour me déplacer avec un bandeau sur les yeux : l'instinct. J'ai peur, car je sais quelle sphère de mon instinct est en train d'essayer d'émerger.

[Hoshi] – Tu n'avais jamais vu de filles nues?

[Jin'] – N... Non. C'est... c'est la pre... enfin non.

Trop de choses et de conjectures se font dans ma tête, et j'ai du mal à retrouver mon sang froid. En tant que bon anatomiste, j'ai tout de même du mal à différencier l'adrénaline de l'endorphine. Les deux produisent des effet similaires, faisant perdre nos moyen, mais ne sont pas déclenchées par les mêmes facteurs.
Hoshi s'adosse au rebord, appuyant sont dos contre le bord, laissant le haut de sa poitrine dépasser, ce qui m'amène à rehausser son âge d'un an au moins. Lancer une conversation pour détendre l'atmosphère, sauf qu'ici, aucun sujet ne me vient en tête, trop perturbé par le corps de Hoshi, ainsi que le mien qui s'affole, physiologiquement parlant.

[Hoshi] – Tout va bien, Shinjin?

[Jin'] – Oui... enfin non. Non... je me sens bizarre... tu me rends bizarre en fait. Ce sont sans doute les circonstances... ça ne m'était jamais arrivé... en me grattant la nuque, comme à chaque fois que je ne sais pas quoi dire dans une situation d'embarras.

[Hoshi] – Qu'est-ce que tu as?! Tu t'es battu?

En fait, quand j'ai levé le bras, je me suis redressé en même temps, sortant de l'eau une partie du haut de mon buste, et dévoilant les bleus et blessures, résultat de mon entraînement au taïjutsu avec Higaï.

[Jin'] – Rien de grave. C'est le résultat d'un entraînement.

[Hoshi] – On dirait bien que tu as perdu.

Elle se déplace gracieusement dans l'eau jusqu'à moi, puis pose délicatement ses mains à l'endroit de mes ecchymoses. Alors qu'en parlant de choses connues, j'étais en train de redescendre vers des terrains que je maîtrise, ses actions viennent à nouveau de me dissiper dans l'inconnu. Mon instinct contre mon sens de la réalité, ils sont en pleine lutte. Je résiste, à un point que j'ai encore rarement atteint. L'instinct veut à tout pris que je l'embrasse, de tout sa manifestation. De la même manière que, les yeux fermés, il veut me faire esquiver un kunaï. Il n'y a pas d'autre choix possible et envisageable. Seulement mon sens de la réalité sait bien que je ne mourrais pas sans l'embrasser. Ça prend au ventre, il faut absolument que je le fasse... Je la regarde, regarde ses yeux, puis ses lèvres, et le réel cède face à l'instinct. Je l'embrasse.

C'est chaud, mouillé. C'est aussi la première fois, mais je le fais naturellement, ça vient de soi même. Elle ne se retire pas, et met sa langue dans ma bouche, en passant ses deux bras autour de ma nuque, attentionnée, pour éviter de toucher mes plaies. Mes bras lui enlacent la taille, sans arrêter de l'embrasser. Nos respirations s'accélèrent, puis ses jambes passent autour de mon bassin. Je colle son corps contre le rebord. Mes mains descendent sur ses fesses, pour la soulever, tandis que nos respirations vont crescendo. Ses prises sur mon corps se raffermissent, mon sexe entre dans le sien. Nos bouches se délient un court instant, et la mienne vient parcourir sa peau tandis que mon bassin commence un doux mouvement de va et vient. Nos respirations se synchronisent, mon esprit n'obéit plus qu'à l'instinct. Nos mouvement s'accélèrent, gagnant en intensité et en bestialité, et des sons de jouissance sortent, faisant encore plus monter mon envie. Nos bouche reviennent se rencontrer dans un instant de pur bonheur et d'éveil des sens, puis tout s'arrête après notre ultime jouissance.

Nos gestes se font plus amples, moins rapide, nos sexes et nos bouche se délient, mais je ne la repose pas, et embrasse lentement son épaule. En la regardant, je la vois sourire en rougissant. Je me demande si c'est également la première fois pour elle, mais n'en ferait rien oralement, nous évitant tous deux une position délicate vis à vis de l'autre. Elle, change de position pour me tourner le dos, me faisant savoir que nos ébats ont maintenant pris fin et que ma soif devra continuer d'exister.
À côté d'elle, assis sur le relief sous marin, je réalise peu à peu ce qui vient de se passer. C'est une partie de moi qui vient de disparaître, ou de se réincarner, je ne sais pas trop. Le problème, c'est que pour cela, je n'ai aucune personne à qui parler de ce qui vient de m'arriver pour me conseiller une attitude à adopter.
C'est Hoshi qui vient me sortir de ma rêverie, pour se lover dans mes bras, qui s'ouvrent et l'enlacent. A-t-elle senti mon mal-être, ou veut-elle juste un peu d'affection après avoir, elle aussi, réalisée ce qu'il vient de se passer, malgré nous. Aucun de nous n'ose parler, ce qui instaure un climat de silence, que je ne saurais pas qualifier de gênant ou d'agréable. Peut-être les deux à la fois.

Elle se retourne, une nouvelle fois, dans mes bras, pour se retrouver face à moi dans une série de clapotis, me fixant avec des yeux mystérieux et félins. Elle me caresse le visage, fascinée par mes yeux sans pupille. Mes bras se resserrent, la ramenant peu à peu vers moi. Nos bouches se rapprochent, sans se toucher, et nos souffles recommencent à battre la chamade. Elle finit par m'embrasser, enfournant brutalement sa langue dans ma bouche, ses mouvement se faisant violents, elle m'enjambe, et cette fois, c'est elle qui introduit mon sexe dans le sien, et qui commence à se mouvoir dessus, faisant cogner l'eau contre les rebords des bains. La plaisir, dans une cascade d'impressions, de sensations et de sentiments, qui ne concordent pas. Mais le tout construit une bulle de bonheur, qui, cette fois, se fait attendre. La bulle est inatteignable, alors que le plaisir grandit, jusqu'à qu'Hoshi se remette à jouir, avec une fausse discrétion. Le temps passe à une vitesse folle, mais ces minutes valent toutes celles qu'elles volent. Elle se retire finalement, après avoir atteint la bulle plusieurs fois, alors que moi, je ne l'ai qu'approché, pour revenir se lover dans mes bras. Nous nous calmons. Je sens son cœur ralentir, en synchronisation avec sa respiration, tout contre moi. Sa peau nue, mouillée, nos odeurs respectives mêlées à celles, calcaires, de l'eau qui nous paraît maintenant tiède.

Après quelques dizaines de minutes passées à regarder dans le vide à songer à des choses auxquelles nous ne voulons pas penser, le temps et la réalité nous rattrapent. C'est Hoshi, la première, qui prononce les premiers mots, pour dire qu'il est temps de rentrer à l'auberge, notamment si je veux être opérationnel demain. Je sors gauchement, et déplie ma serviette, lui offrant. En la roulant dedans, je l'essuie le plus doucement possible, mais je n'arrive pas à me sentir adroit, quoi que je fasse. Elle passe derrière le panneau, me laissant seul après m'avoir fait découvrir les joies des relations physiques. Je reviens moi aussi, ou une heure et demie plus tôt, j'enlevais mes affaires. Après m'être rhabillé, je sors, la porte ouverte m'indiquant que Hoshi est déjà sortie. Elle m'attend dehors, et c'est dans un silence gêné que nous rentrons à l'auberge. Étonnement, lors du dîner, Ato et Akiko s'échangent quelques mots (simple civilités) sans se demander pourquoi Hoshi et moi ne parlons pas. Vient le temps d'aller se coucher. Même là, sur mon matelas, je ne comprends, ou plutôt je ne réalise toujours pas ce qu'il s'est passé, et mon esprit n'arrive pas à me dire si c'est bien ou mal.
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MessageSujet: Re: Le temple du Châtaigner    Jeu 16 Juin - 20:22

Le voie de Suan Fang
Chapitre 7 : Marché de la capitale

La journée n'avait pour ainsi dire, pas commencée, étant donné que j'ai eu du mal à fermer l'œil plus d'une heure, me retournant sans cesse en repensant à mes péripéties des bains. Alors que le soleil allait se lever dans à peine une heure, j'ai pris la décision de devance Ato pour le marché, et ai monté les étales. Peu de monde était présent sur la place, mais des lèves tôt, comme moi, étaient tout de même présent. Au fur et à mesure que les gens arrivaient, ce fut le tour d'Ato, qui ne manqua pas de me remercier. Je pense qu'il se doute de quelque chose à mon propos, mais qu'il est trop attentionné pour le faire savoir. Les derniers préparatifs et rectifications d'Ato fais, le marché ouvre officiellement ses portes, et les acheteurs, pour la plupart des propriétaires de restaurants ou autre, commencent à affluer. Les gens viennent, se renseignent : je les renseigne, en apprenant que les produits d'Ato se trouvent être de bonne qualité.

Pas mal de particuliers viennent m'acheter du vin. Ils achètent au détail. J'augmente même les prix, pour retomber sur le prix que je m'étais fixé en cas de marchandage. Quand on me le fait remarquer, je redescend à cinq ryos le litre, sinon, c'est du bénéfice en plus. Au bout de deux heure, le premier fût est vidé. Mais tous les restaurateurs ou autres teneurs de commerce sont passés, et doivent maintenant le gérer, ne reste plus que les consommateurs directs et les acheteurs en vrac, en gros. Ces derniers que je dois éviter, justement. Il n'en vient aucun, à tel point que je passe l'heure qui suit à m'occuper du stand d'Ato... les plus grand chefs de la capital se disputent son riz, je comprends pourquoi il vient au marché. J'apprends, en tendant l'oreille, que la plupart des acheteurs présents aujourd'hui n'ont pas le temps d'aller se fournir directement chez lui, aussi profitent-ils de l'aubaine pour refaire le stock de « meilleur riz ». Deux enseigne de qualité l'une à côté de l'autre, sans vouloir paraître orgueilleux.

? - Excusez moi? Je peux goûter le cru?

Je lui sers dans un verre, attend qu'il recrache (par terre) pour lui faire un rapide commentaire du vin.

? - Je peux vous prendre le tonneaux entier?

[Jin] – Le tonneau n'est pas à vendre... je peux vous le louer. Et il faut également noter que j'ai plusieurs autres clients, aussi il faudra y mettre le prix.

? - Combien?

[Jin'] – Deux cents ryos pour la vin, cinq cents autres pour le tonneau, que vous me ramènerai au prochain marché, et en bon état, en échange de quatre cents. Ce qui nous fait un total de sept cents ryos.

? - Ce qui fait cher le tonneau.

[Jin'] – Peu savent bien les conserver... et je ne vois pas à quoi me servirait un tonneau qui n'est plus étanche.

? - Je vous propose cent cinquante ryos, plus un tonneau...en observant le fûtneuf.

[Jin'] – Pourquoi vous me proposeriez une pièce neuve?

? Pour éviter d'altérer le contenu, et comme ça je m'assure en quelques sortes la poursuite de nos arrangements.

[Jin'] – Affaire conclu.

Ce qui me fait donc un total de deux cents soixante-dix ryos, plus un tonneaux neuf, en bois de chêne, parfait pour la vinification du Pinot Noir (j'ai vu qu'il y en avait quelques pieds au temple). La deuxième étape du marché consiste maintenant à me fournir les chose que Ginmata-sama m'a demandé, dans ce même marché, selon ses indications, et quelques boutiques spécialisées à son abord. Je regarde la liste... rien de bien lourd, je devrais même réussir à tout prendre d'un coup. Je charge les fûts vides dans la charrette, et replie mon étale rudimentaire.

***

[Ginmata] – Comment c'est passé ton périple, Shinjin?

[Jin'] – lui montrant la charrette pleine, ainsi qu'en lui donnant les quatre vingt ryos de bénéfice completUn nouveau fût de chêne, plus gros que l'ancien, quatre vingt ryos de pure bénéfice, plus ce que vous m'avez demandé.

[Ginmata] – Je n'en attendais pas moins de toi. Il y a ta mère ici, qui veut te voir.

Tandis qu'il me guide vers les marches du temple, je me demande ce que peut bien vouloir Shizaké... elle n'a pas pour habitude de se mêler de mes affaires, et encore moins de prendre l'initiative de venir me voir. Quand je la rejoins, j'ai d'ores et déjà décidé que ça n'augurait rien de bon que ma mère soit présente à mon retour. Effectivement, je n'ai même pas le temps de dire quoi que ce soit qu'une gifle vient me rougir la joue. Mais comparé à ma première expérience de ma mère en colère, la mal est moindre. C'est une des rares fois où sans échanger un mot, alors que la scène s'arrête et que Ginmata s'efface, je sais que j'ai fauté, pas comment, mais je le sais, j'ai fait du tord à ma mère, et ma conscience m'en veut.

[Shizaké] – Es-tu complétement inconscient?

[Jin'] – ...

[Shizaké] – Sortir du village, comme ça?! Sans rien dire à personne? Sais-tu combien de personnes ont demandé où tu étais, ce que tu faisais? Comment j'ai du combattre pour leur expliquer que non, tu n'avais pas déserter? As-tu au moins conscience qu'on enquêtait déjà sur ton enlèvement? Qu'est-ce que tu peux bien avoir dans le crâne?!

Peut-être que si clan était moins protecteur vis à vis de ses jeunes membres, et qu'il les laissait s'émanciper comme il se doit, et découvrir le monde par eux mêmes, la renommé Uchiha ne serait qu'un lointain souvenir. Cependant, je ne pense pas que le souligner, à ce moment précis de la conversation, soit de bonne augure pour moi. C'est la deuxième fois que je vois Shizaké s'énerver, et la première fois, ce n'était pas contre moi, ce qui rend ses colères d'autant plus terrifiantes. Elle semble se calmer, et prendre conscience que le mal est fait, ou passé, plutôt. Elle vient s'assoir à côté de moi sur les marches, et regarde devant.

[Shizaké] – Excusez moi...

[Jin'] en m'asseyant à côté d'elle - Non. Quand on y pense, c'est une partie de mon éducation qui m'a manqué.

[Shizaké] – On a pas trop eu le temps de parler ces derniers temps.

[Jin'] – Et ce, parce nous étions tous les deux occupés.

[Shizaké] – Félicitations pour ta promotion au rang de chuunin.

[Jin'] – Merci. Encore un rang, et j'aurais la paix.

[Shizaké] – Tu développes le même humour que ton père, Jin'...

Elle sourit en me regardant. Les liens qui nous unissent se sont distordus, ces derniers temps, mais elle semble y remédier. Nous étions une famille heureuse et soudée, mais le monde des shinobis semble en avoir décidé autrement, et nous avons commencé à prendre nos distances depuis que Shizaké a repris ses fonctions de juunin. Cela fait beaucoup de temps que nous ne sommes pas retrouvés les trois autour d'une table.

[Shizaké] – Comment s'est passé ton voyage. J'espère qu'il a été instructif.

[Jin] – en sortant la pipe de mon sacSur le plan de la vie, oui. Et qui sait si l'éducation du clan a des lacunes sur ce sujet.

[Shizaké] – Essaie de ne pas trop te dissiper. Ginmata m'a dit que tu étudies les sceaux? C'est une sage décision, si on prend en compte tes piètres performances au taïjutsu.

[Jin'] – Je vois qu'on m'a à l'œil.

[Shizaké] – L'héritier de la lignée principale, bien sure qu'on t'a à l'œil, moi la première. Mais c'est important que tu explores le monde... dans le futur, tu seras sans doute amené à prendre de graves décisions, notamment sur les deux lignées, et avoir une vision purement interne faussera ton jugement.

[Jin'] – Mais je ne suis peut-être pas encore prêt à affronter les vérités du monde. J'ai vu de belles choses, en quelques jours, comme j'en ai vu des déplaisantes, tout comme j'en ai fait de bonnes, et de mauvaises.

[Shizaké] – Comme chacun, Jin'. Fais juste attention avec mon oncle Higaï, il va vouloir aller vite dans ton enseignement, car il sait que tu en es capable. Rentrons, tu as assez donné de ton temps au temple.

Nous nous dirigeons donc en marchant vers le village, en continuant d'échanger nos impressions. Elle me met au courant du vent de changement qui souffle sur Konoha : une réunion au sommet, à laquelle participe le clan, bien entendu, et qui annoncera un nouveau Kage, sinon les autorités n'auraient pas demandé au Daimyo en personne de se déplacer. Un nouvel Hokage... un vent ce changement, qui nous affectera tous. J'étais enfant sou le précédent, mais ai lu que ça avait été assez désastreux. Là, il semblerait que tout est été mené et orchestré par Akogare. Pourquoi pas un moyen de rehausser l'influence des Hyuuga? Non... il n'en était plus un. Mais la barre est haute, beaucoup trop haute, pour l'égaler.

MessageSujet: Re: Le temple du Châtaigner    Ven 5 Aoû - 17:44

Jin' : (Niveau 14)
: +20% Bonus Inclus
: +89 XP
: Technique Validée

: Une session intéressante, qui sort de l'ordinaire Smile. On aime suivre l'évolution du petit Jin' et découvrir avec lui l'hostilité du monde extérieur. Une session réussite, cohérente et originale. Tu avais tous les ingrédients pour la recette et celle-ci est réussite. Bravo !
Shinjin Isatsu
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MessageSujet: Re: Le temple du Châtaigner    Mer 6 Juin - 2:43

La voie de Suan Fang
Chapitre 8 : Maturité

L'eau me procure une sensation agréable. Dedans, on se sent revivre. Peut-être le souvenir prénatal de la sécurité que cela nous procurait? Allez savoir. En tout cas, cela me fait de bien. Aux aurores, loin de tout : de Konoha, du clan, de ma mère, de la mort de son mari, mon père, et enfin, de la réalité. Il n'y a que Niko, qui m'attend en finissant sa nuit sur le bord du lac. Alors que je nage, la brume commence doucement à s'estomper sur ce lac, et bientôt, les rayons du soleil arrivent à percer pour éclairer un petit village au loin. À l'Ouest, avant une fausse lisière trouée, on peut voir le chemin dallé de pavés arrondis qui mène au Temple du Châtaigner. Cela fait trop de mois que je n'y suis plus allé. Maître Higaï requiert tout mon temps, quand je ne suis pas occupé à l'académie à remplacer ou m'occuper de l'administration. Et puis il y a les missions, qui se font de plus en plus rares. Une expérience qui commence à se faire attendre, et une routine qui s'est installée. Un routine qui ne devrait pas être là. Effectivement, je ne suis pas shinobi pour m'ennuyer.
En sortant de l'eau, je défais mon catogan. Une nouveauté, ces cheveux longs. Un changement de style, qui s'est opéré de lui même, avec le temps. Niko a enveloppé une pierre dans une serviette pour mieux me l'envoyer de sa petite taille. Il ne manque pas de pratique, je l'attrape, défait le paquet, et commence à me sécher.

Niko – L'eau est bonne?

Jin' – Froide. Mais j'en avais besoin. Faut que je te montre un endroit sympa.

Niko – Quoi comme?

Une expression qu'il n'a pas eu de moi. Il a encore traîné avec Fen et Kanzaki. Le jeunesse dont je me détache. C'est bizarre. Je n'ai que dix huit ans, et pourtant, j'ai l'impression d'être si las, si vieux, d'avoir déjà trop vécu. Qu'est-ce qui peut bien me procurer cette sensation? Il faut que je me méfie. Oui, l'ennui quand on est intelligent, c'est qu'on a lu beaucoup de livres, et qu'on s'en souvient. Par exemple ici, j'ai les symptômes de la dépression, et c'est plus grave que ça en a l'air. La plupart se finissent en suicide. Est-ce que je pourrais aller jusque là? Bof. Le clan me renierait. Alors il faudrait que je fasse cela de façon à ce qu'ils ne l'apprennent pas, que je disparaisse, tout simplement.

Niko – Ohé? Tu veux me montrer quoi?

Jin' – Oh... pardon. Un temple, avec une communauté que j'aime bien. Et que je n'ai pas vu depuis longtemps.

Niko – Vous avez beaucoup de temples, dans votre monde. Ça fait beaucoup de dieux, aussi.

Jin' – Effectivement. Les Hommes prient et croient en beaucoup de dieux, et il n'est pas rare que cela provoque des guerres. Mais ce n'est pas la philosophie de là où je t'emmène. C'est un temple du Châtaigner, qui assure la mémoire de quatre maîtres du kido qui ne voulaient que la paix. Ils vivent en autarcie du monde, c'est cela que j'apprécie. Peut-être l'endroit où je passerai ma retraite, qui sait?

Se disant, j'en profite pour me rhabiller. Un kimono blanc, sur des pans de dessous gris, pour ne pas trop accentuer le contraste. De même, mon manteau est d'un autre gris, un peu plus foncé. Je passe ma serviette sur mon épaule, et tape sur l'autre pour y inviter le lémurien. Il saute, et on commence à se diriger lentement, en marchant vers le temple. Prendre son temps est un luxe qu'il ne m'est plus donné que rarement, aussi dès que je le peux, comme aujourd'hui, jour de permission, j'en profite. En y repensant, ça fait longtemps que j'en avais pas pris un. Peut-être parce que je n'en avais pas besoin, mais il est plus vraisemblable que ce soir car le dernier que j'ai pris était pour l'enterrement de mon père (bon, il y a eu les ''vacances'' après, pour le venger, mais ça ne compte pas). Assimilation, que je me dois d'exorciser sous peine de travailler chaque jour de ma vie. L'idée me fait sourire : je n'en ai pas perdu l'humour.

Niko – Qu'est-ce qu'il y a.

Jin' – Nan. Je me disais que la dernière fois que j'avais pris des congés, c'était pour l'enterrement de papa. Puis pour le venger, qui remonte tout de même à quelques mois. C'est mon premier ''vrai'' jour de congé depuis sa mort.

Niko – Je pense être étranger au concept de vacances et de congé. Il va quand même falloir que je m'y fasse, si ça a un incidence sur toi, ça risque d'en avoir une directe sur moi aussi.

Ce n'était pas faux. Autour de nous, la brume de la forêt, plus tardive que celle du lac, car retenue par les feuillus, commençait à réussir sa fuite vers les cieux. Du coup, les oiseaux et les insectes, sentant sans doute la diminution de l'humidité, l'augmentation couplée de la chaleur et de la luminosité, s'animaient et chantaient, rendant la forêt moins silencieuse qu'à notre allé. Au bout d'une bonne heure de marche, on aperçoit enfin les murs du temple, toujours avec des trous et des éboulis de ci de là.
En passant le pas de la porte de l'enceinte, qui elle, tient encore magnifiquement debout, et en me retrouvant dans cette cours, au milieu des dortoirs et des réserves en bois, du vieux bâtiment en pierre, et du magnifique châtaigner, toujours aussi majestueux, un sentiment de sérénité m'envahit. Un sentiment que je n'ai pas éprouvé depuis longtemps. Tout de suite, Ginmata-sama vient m'accueillir.

Ginmata – Shinjin. Ta dernière visite remonte à loin.

Jin' – Ginmata-sama. Mon temps a été beaucoup solicité. Je vous présente Niko, un lémurien que j'ai rencontré dans les marais du pays.

Ginmata – Oh... voilà qui est bien étrange. De biens étranges allusions mentionnent ce marais.

Niko – Bonjour, Ginmata-sama.

Niko n'a pas l'habitude d'appeler les gens avec une marque de politesse. Il a sans doute enfin compris ce qu'est un monastère.

Ginmata – Qu'est-ce qui t'amène parmi nous?

Niko – C'est son premier jour de congé depuis la mort de son père.

Mettre les pieds dans le plat n'est parfois pas une mauvaise chose. Et j'ai la nette impression que Niko commence à savoir quand il le peut, et quand il doit se retenir.

Jin' – Je me suis dit que le temple du Châtaigner pourrait m'aider dans ma méditation.

Ginmata – Dans ce cas, fais comme chez toi. Niko, viens donc avec moi, que je te fasse visiter.

Ginmata-sama aime beaucoup faire visiter son havre de paix. Et je pense aussi qu'il a compris que j'avais besoin d'être seul. J'entre dans le temple de bois, en enlevant mes sandales de pailles après avoir ouvert et refermé le panneau coulissant. Après une brève prière remerciant Hoteï, avoir disposé quelques ryos et allumé un bâton d'encens, je passe l'entrée du temple et me déplace dans la salle principale. Deux moines sont en train de méditer. En se déplaçant silencieusement, comme me l'a appris, et mon éducation religieuse du clan, et ma formation shinobi, je m'installe derrière eux en position de méditation (position de Bouddha), et commence à me vider l'esprit.

*

En sortant du temple, Ginmata vient me voir. Les moines ont toujours cet air apaisant, serein, qui fait qu'on ne se méfie pas d'eux, mais qu'au contraire on trouve rassurant.

Ginmata – Shinjin, j'aurais un service à te demander.

Jin' – Qu'avez-vous fait de Niko?

Ginmata – Il a été très intéressé par la cave d'élevage de nos vins, et s'est mis en tête de dresser une carte de nos galeries... dont celles qui ne sont pas de la taille d'un humain.

Jin' – Faîtes lui confiance. Je suis à votre disposition.

Je le suis jusque devant la bibliothèque, seul bâtiment en pierres (avec les murs) du temple. Devant l'unique entrée se tiennent deux jarres d'environ un mètre soixante de haute – un peu moins de ma taille. La porte – ouvert – est un porte de chêne, massive. Même avec un bélier, je me demande si on pourrait la détruire. Elle fait une bonne dizaine de centimètres de large... Ginmata-sama s'arrête, et me regarde. Je dois visiblement voir quelque chose, que je ne vois pas. Un passage secret? Non, trop explicite. Je pencherai plutôt pour un sceau. Mais je n'en vois malheureusement pas. Quoique?

Jin' – Y aurait-il un sceau dans chaque jarre? Fuuin Teppeki?

Telle son attitude zen et posée, son sourire était agréable, avec cette petite pointe de malice qu'on parfois les personnes qui, non contentes d'avoir simplement vieillies, ont également gagné en sagesse.

Ginmata – Parfois, il m'arrive de me demander si tu es intelligent, ou alors très chanceux.

Il rentre, en riant de la même qu'en souriant.

Jin' – Les deux possibilités arrivent au même résultat.

Ginmata (de dos) – Certes, certes... mais l'une sera plus sûre que l'autre dans l'avenir. Et personne ne voit l'avenir.

C'est dans le cours de choses qu'une personne sage dicte de sages paroles. Je le suivis en silence. Il faut différencier très chanceux de chanceux. Car dans le fond, quelqu'un de très intelligent peut tout de même se tromper, au même titre que quelqu'un de très chanceux peut parfois manquer de chance. Seulement, il n'y a qu'un seul de ces deux cas qui n'émane purement et simplement que de la personne, à savoir l'intelligence : l'intelligence s'exerce, peut s'améliorer, se condenser, on agit sur l'intelligence. Tandis que pour la chance, on ne peut l'améliorer, elle n'existe que dans la mesure où on y croit, et dans le fond, c'est elle qui agit sur nous, pas l'inverse. En tant que shinobi, l'intelligence est donc plus fiable. Mais comme dans toutes les questions que pose Ginmata-sama, il ne faut pas que je m'interroge sur moi en tant que shinobi, mais en tant qu'homme.
Durant ma réflexion, nous avons descendu quelques étages et sommes maintenant dans la bibliothèques, où toutes les techniques sur rouleaux sont soigneusement entretenues et classées par le chef bibliothécaire. Ginmata-sama déplace une échelle, monte, prend un parchemin, et redescend. Il va ensuite déplié le parchemin sur le bureau de chêne massif où j'ai déjà appris beaucoup de sceaux ici.

Ginmata – Fuuin Teppeki. Vois-tu, il y a des sceaux pour lesquels je n'ai plus assez de compétence... les méfaits d'une sagesse trop avancée – sourire malicieux – Du coup, chaque année, nous renouvelons ce sceau pour protéger notre bibliothèque, et comme tu le sais, les moines ne sont pas enclin à apprendre des techniques de ninjas, quelles quelles soient. J'aimerai que tu apprennes celle-ci pour la reposer à l'entrée. Reviens quand tu l'auras maîtrisé, j'ai déjà vu tes capacités intellectuelles à l'œuvre, j'ai donc une grande confiance.

Il s'en alla, il n'y avait rien besoin de dire d'autre. Ce qu'il y a de bien quand on fait partie de mon clan, c'est qu'on peut à la fois dessiner pour s'exercer et lire ce qu'il y a marqué sur le parchemin, et ce dans le noir le plus total. J'active mon dojutsu, m'installe par terre et commence à reproduire les signes pour mieux les intégrer. C'est un sceau complexe (et je pense que c'est à peu près le même principe pour la barrière des cinq sceaux), car ce sont deux sceaux, qui protègent une porte elle même éloignées des sceaux. Ce sont donc les connections entre ces deux sceau que le poseur doit gérer, pour qu'elles coïncident à l'entré qu'on désire protéger. Le Byakugan permet justement de voir les différentes connections entre ces différents sceaux, ce qui me facilite assez la tâche. En moins d'une heure, je décide de tester cela sur la porte de la pièce. J'utilise deux tabourets, sur lesquels je pose les deux sceaux, puis je ferme la porte. Pour tester sa résistance, je pense qu'une lame d'énergie devrait faire l'affaire.

Jin' - TAItOU SUIrYOkU!

La porte résiste. Par contre, ce que je n'avais pas prévu, c'est que la lame d'énergie en question (surtout que j'ai mis une bonne dose de chakra pour m'assurer que la porte sans le sceau n'y résisterai pas) rebondit et part en direction des étalages. Mon corps est plus rapide que mon intellect, et lorsque ce dernier reprend le dessus, ce n'est que pour ordonner à mes bras de se croiser, en position de défense pour encaisser la lame d'énergie. J'encaisse avec fracas, l'onde de choc fait voler des pages de livres et va éteindre des torches, me laissant seul dans l'obscurité, Byakugan enclenché. Ce n'est pas mon corps qui a réagi, c'est quelque chose d'autre. On tambourine derrière la porte, qu'on ne peut évidemment pas ouvrir.

Hanato – Qu'est-ce qui se passe? J'ai entendu un bruit? Shinjin?!

C'est moi qui lui ouvre la porte. En regardant le chantier, à la lueur de sa propre bougie, il semble un peu désapointé.

Jin' – J'ai eu un petit soucis. La lame d'énergie a rebondi. Ah, aussi. Vous ne pourrez plus déplacer les tabourets, et une fois que la porte est fermée, on ne pourra l'ouvrir que de l'intérieur, je viens de la sceller.

Hanato – Et Ginmata-sempaï trouve ça normal. Moi je trouve cela inadmissible, Je le dirais à Kihi-sempaï, il y a des choses qu'onne peut pas se...

Il retourne à ces travaux en continuant de bougonner. Je le comprends, en rallumant une ou deux torches, je me rends compte que le souffle de l'absorption a mis pas de mal de pagaille. Moins d'une heure pour apprendre le sceau, mais deux pour ranger les conséquences de mes péripéties.
En sortant, devant le porche, Ginmata est en train de discuter calmement avec Hanato-sama. Je lui fais confiance pour le dissuader de parler de ma petite mésaventure avec la bibliothèque, sinon, il se peut que ne sois plus le bienvenue ici. Quoique je pense que Kihi Nota Ying Sempaï m'apprécie plus que certains autres visiteurs. Peut-être mon éducation, mon jeune, mon clan, allez savoir? Où alors ses dons d'oracle lui dise que j'aurais un rôle à jouer un peu plus important que ce que je peux penser. Hanato repars vers le potager, et Ginmata vient.

Ginmata – J'en déduis que tu as su maîtriser ça. Et deux heures pour ranger?

Exact, mais il n'a pas besoin de ma confirmation pour savoir que c'est vrai.

Jin' – Comment allez-vous briser votre propre sceau?

Ginmata – Il a déjà du se briser dans la journée, le temps m'a enlevé beaucoup de chakra...

Cette fois, ce n'est plus cet air malicieux, mais une note de regret que je perçois dans sa voix douce. Le vieillesse nous rattrape tous un jour, mais ce Hyuuga en particulier a du bien profiter de sa jeunesse à mon avis.

Jin' – Où sont les sceaux? Je ne les vois pas sur les jarres.

Ginmata – Tu devrais venir plus souvent, Shinjin. Il manque à tes raisonnements un certain esprit pratique.

Une fois dit, je vois passer une pointe de malice et d'amusement dans son regard. Comme on le voit parfois dans les yeux des chats qui ont une envie folle de jouer, et qui s'apprêtent coûte que coûte à se distraire, qu'on en fasse les frais ou non. Il sort un petit marteau, et éclate les deux jarres. Si le temps lui enlève du chakra, ce n'est pas le cas de sa force. Sur les morceaux éparpillés, je peux voir des inscriptions. Les sceaux étaient donc à l'intérieur. Mais comment les ont-ils écrit de cette manière?

Ginmata – On les recolle en partie, pour avoir une surface assez grande. Puis on les marque, en on finit de les reconstruire. Ensuite, un tour de chauffe ne fait pas de mal, pour combler les fissures, et le poseur passe ensuite derrière pour sceller la porte. Pour finir, on les remplit de terre pour éviter qu'il ne bouge, où qu'on les vole.

D'accord. Par contre, il a cassé les deux jarres en même temps, ce qui ne va pas facilité leur reconstitution. Il me regarde avec un sourire, ni malicieux, ni sage, c'est du sadisme.

Ginmata – Niko est au souterrains, c'est donc à toi que revient cette tâche ingrate. Tu trouveras de la colle à côté du four à poteries.

Je ris, et cela le refais sourire de manière habituelle. C'est une blague, qui va sans doute me prendre beaucoup de temps, mais j'aime beaucoup l'idée taquine. Je cherche la colle, et commence l'ouvrage. Ce n'est qu'au bout de la première heure que je me promets d'apprendre Kage Bunshin dans le futur, technique hautement utile dans ce genre de situation. Cependant j'arrive à des résultats, et à une surface assez grande pour placer les sceaux. Ça me fait une sorte de break entre mes deux puzzles, puis je m'y remets. Au bout des deux heures, les jarres sont presque finies, et je pousse même le vice jusqu'à replacer les plus petits bouts. Je les emmène à l'atelier, ou le moine potier bouches les derniers petits interstices, recouvrent le tout d'une seconde pâtes et la repasse au four. Ensuite, avec son aide, je retrimbale les deux jarres à l'entrée. Puis, je pose ma main sur la porte fermée. L'heure de vérité. Je sens quelques moines derrière moi, dont Hanato- et Ginmata-sama, et même le regard de Kihi Nota Ying-sempaï du temple. Une légère lumière sort de ma paume, et on voit des courant de chakra sortirent des jarres pour se rejoindre sur la porte, dessinant un troisième sceau, qui disparaît peu après ces chemins lumineux.

Ginmata – Voilà qui est fait. Rappelons Niko. Vous avez bien mérité votre repas.

Demande de validation - Fuuin Teppeki : le mur de fer enchaîné


La faim justifie les moyens...

MessageSujet: Re: Le temple du Châtaigner    Sam 9 Juin - 7:00

Jin' :
: +27 XP
: +40% Bonus Inclus
: Technique validée

: Le temple de châtaigner ! Ça faisait longtemps Smile
Heureux de te relire ^^

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MessageSujet: Re: Le temple du Châtaigner    

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