Partagez | 
 

 Seishin Kagerou - En cours

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

MessageSujet: Seishin Kagerou - En cours   Ven 13 Mai - 11:03

[Seuls les administrateurs ont le droit de voir cette image]

    Nom : Kagerou
    Prénom : Seishin
    Âge : 22 ans
    Rang : Chuunin
    Village : Kiri no Kuni




" Lorsque l'éclat d'une fumée blanche fuit d'entre les lèvres, suis toujours la direction du vent. "


Dernière édition par Seishin Kagerou le Jeu 19 Mai - 22:36, édité 1 fois

MessageSujet: Re: Seishin Kagerou - En cours   Ven 13 Mai - 12:43

L’air était aussi visible que palpable dans sur l’île d’Awa. L’atmosphère était joueuse et se faisait désirer, camouflée dans son manteau d’écume blanche. Tel un ballet fantomatique, flottaient les silhouettes au sein de cet aura brumeux aussi protecteur que dangereux. L’air de l’inconnu permettait de savourer les supplications du mystère, sans pour autant retirer ce voile nuageux. Même le bruit se laissait absorber par l’intensité blanche qui planait, comme si rien n’échappait à l’oreille de la densité brumeuse. Le coton dansait dans les airs mais ne se laissait jamais caresser par des doigts malhabiles. La surface des flaques d’eau se laissait claquer dans un cliquetis aqueux par les foulées légères. Rien d’autre ne venait perturbait la délicatesse de cet esprit matériel…

A peine s’estompaient les rêves dans les nuées farineuses…

Tout venait calmer l’âme et le corps pour les habitants de l’île aux secrets. Tout se laissait contempler sans imposer pour ceux dont la brume n’était qu’une compagne vitale. Le cliquetis se répéta, s’intensifia au fur et à mesure d’une progression discrète. Tel un spectre, une silhouette se détachait puis se camoufler dans son environnement familier. Seulement ses cheveux noirs se démarquaient de l’épaisse purée de pois fraîche. Les effluves fruités de son parfum venaient se diffuser avec une subtilité féminine. Parfois son profil était plus détectable, plus visible pour le commun des mortels.

La finesse de ses traits s’accordait avec les volutes de la brume. Sa peau était d’une clarté unique, elle qui ne se dévoilait que dans de rares instants à la caresse mielleuse du soleil. Elle semblait si douce que sa matérialité en personne en était remise en cause. La caresse de l’ivoire pouvait-elle sembler à celle de l’écume ? Sa chevelure noire relevée en un lâche chignon reflétait timidement un bleu digne d’une eau froide. Le blanc large de son kimono s’évaporait derrière elle, la rendant fantasmatique… Elle filait, silencieuse.

? – « Sei-san, nous avons un problème ? »

« Si tu veux avoir une réponse, tu n’as qu’à me suivre. »

? – « Vous semblez préoccupée. »

L’onde silencieuse se propage plus rapidement que le vent soufflant…

Ses pas flottaient sur la surface nuageuse de l’île dont il n’était distinguable que les cinq premiers centimètres du champ de vision. La jeune femme était à présent accompagnée dans sa quête de curiosité. Quelque chose allait se passer, décisif, quant à la survie de la famille, ce sentiment empoignait son cœur dans l’indifférence la plus totale. Quelque soit la raison de sa convocation, elle ne saurait vraiment rendre la décision importante. C’était un appel, rien de plus.

Sei se dirigeait silencieusement vers les battants en bois d’une maison nichée dans les bras de l’ombre. Ses doigts de nacre se plièrent, et ses phalanges vinrent marteler la dureté réelle de la porte.

? – « Entre Seishin, je t’attendais. »

Elle ne dit nul mot, se contentant de glisser sa main sur la poignée glacée…

? – « Tu as à présent terminé ton enseignement dans tous les domaines qui nous sont nécessaire… Je voulais te proposer ta première mission. »

La jeune femme se contenta d’incliner la tête en signe d’écoute et de respect…

? – « Tu es désormais en âge d’aller te lancer à la conquête de Kiri. »

« La conquête de Kiri ? »

? - « Connais tes alliés mieux que tes ennemis, et tu sauras toujours quel sera le profil à adopter. »

« Bien Rai-sama. »

Rai était un homme d’un sérieux à la fois troublant et rassurant, tant il l’abordait avec légèreté et décontraction. Rien ne semblait le toucher, de près ou de loin, tout n’était que le reflet de la chose dans l’eau, sans jamais ne devenir une réalité en soi. Ainsi, il ne s’inquiétait de rien. Fin stratège, il parvenait sans mal à placer tel ou tel pion sur la zone à surveiller de manière à toujours conserver l’avantage sur tout adversaire, mais aussi tout allié. Il dominait, de tout temps, sur la plus grande puissance voilée de tous. Une puissance qui n’en était pas moins exploitée par le cruel monde de la guerre.

Rai – « Ne te méprend pas, si moi, représentant des Kagerou t’envoie là-bas, c’est pour une raison qui me tient particulièrement à cœur. Avec toi le travail sera bien fait. »

« Merci. »

Rai – « Entre Shiroi. »

Shiroi avait suivi Seishin et ne l’avait pas lâchée dès lors où il s’était interrogé sur le pourquoi de l’appel de sa sœur auprès de « l’ainé de la famille ». Il poussa alors la porte et s’inclina respectueusement en foulant le sol du domicie.

Shiroi – « Excusez ma curiosité, savoir que Sei-san été demandée m’a causée nombre de tourmente. »

Rai – « C’est notre métier, l’information… »

Shiroi – « Pourquoi l’envoyer elle à Kiri et non moi ? Je suis son ainé de cinq ans Rai-sama. »

Rai – « Tu as des atouts qui nous seront utiles sur d’autres fronts. »

Shiroi avait une voix inquiétée, mais elle se résigna rapidement sous les ordres de la hiérarchie. Il s’inclina alors une nouvelle fois pour excuser son manque de calme et de recul sur les choses, comme il était censé le faire depuis qu’il connaissait les plans de la famille. Seishin en faisait partie, du moins, plus tôt que lui, il devait se faire une raison.

Quant à Sei, elle n’avait guère le statut de bavarde. Elle privait de ce fait tout le monde de la grâce de sa voix et de la douceur de ses mots. Ce n’était que pour mieux les combler quand les besoins se faisaient sentir. Elle n’avait que onze ans, et déjà savait-elle manier le verbe, l’allure, et l’apparence pour obtenir ce qui lui était demandée, quel qu’en soit la source, quel qu’en soit le possesseur. C’était cette féminité ébauchée mais déjà fortement affirmée qui intéressait Rai.

« Ainsi, j’irais à Kiri. »

Rai – « Je ne te ferai aucunement d’attestation pour que tu pénètres leurs murs. J’ai toute confiance en tes qualités. Cette décision doit sembler t’appartenir. »

« Je ne suis animée que par le désir le plus bouillant que de rejoindre les rangs de Kiri no Sato. »

Un fin sourire vint animer le visage de Rai dès lors où les mots de Sei vinrent se coucher sur son tympan…

Rai – « Je suis vraiment très fier de toi. » - Il se tourna alors vers Shiroi – « Tu l’accompagneras jusqu’à la zone portuaire, à partir de là, ta sœur sera guidée vers son devoir. »

Shiroi – « Bien Rai-sama. »

Shiroi se tenait droit à côté de sa sœur tout juste âgée de treize ans. Cette attitude dure ancrée dans de profonds appuies détonnait dans un contraste violent avec la silhouette de la fillette souple et voilée, qui ne tenait aucun contour : comme un drap vaporeux, elle semblait s’estomper… Dans un balancement souple et ample, Seishin glissa devant son supérieur hiérarchique, comme un souffle léger, avant de tourner gracieusement les talons pour prendre le large, sans prendre le moindre temps de narrer quelques mots supplémentaires. Elle laissa dans ses vagues son frère face à Rai, lui qui n’avait pas même eut le temps de timidement pencher la tête. Elle filait sans sourciller, répondant uniquement au devoir qui lui était assigné.

Shiroi – « Sei. Attendez-moi. »

« Mon propre frère me vouvoie… »

Shiroi – « Vous devriez en faire de même. »

« J’aurais aimé un peu d’humanité de la part de celui qui peut faire détonner ma vie d’un claquement de doigt. »

Shiroi – « J’aimerai ne pas avoir ce rôle sur vous… »

« Je ne songe pas à la seconde solution. »

Shiroi – « L’avenir nous le dira. »

Le regard de ce jeune adolescent était particulier lorsqu’il touchait la silhouette de celle qui partageait le même sang. Il n’y avait ni la rivalité pour la gloire et le mérite, ni d’inquiétude pour ce qui pouvait arriver par la suite, mais pas non plus un regard fraternel qui montrait les liens qui les unissaient. C’était une expression étrange qui se voulait noble sans trahir le peu d’émotion qui se dégageait.

Shiroi – « Menez à bien votre mission Sei-san. »

« Je ne vois pas la difficulté de l’exercice. »

Shiroi – « La solitude et la période d’infiltration seront des plus longues… »

« Contrairement à elle, je ne tournerai pas ma veste. »

Shiroi – « Elle n’est plus des nôtres. »

« Je sais. »

Treize ans… Le destin est parfois prématuré…

Seishin voulut prendre la marche, mais Shiroi la stoppa net, posant sa main sur son épaule pour se pencher à son oreille.

Shiroi – « N’oubliez pas d’emporter votre koto… Ses sonorités sont si belles entre vos doigts, je suis sûr que je serai toujours capable de vous retrouver uniquement par sa musique… »

« Passons le prendre avant d’aller au port alors. »

L’adolescent lui fit un non de la tête, signifiant son désaccord à son égard. La jeune fille s’étonna donc de ce refus en total opposition aux mots qu’il avait daigné lui murmurer. Son visage de craie de décrispa alors, dans une expression étonnée et incompréhensible. Cette réaction eut pour effet de faire sourire l’ainé.

Shiroi – « Allez au port, je vais vous le chercher. »

Seishin s’inclina respectueusement devant son frère, avant de souffler entre ses lèvres une fine nappe de vapeur d’un blanc délicat. Sa véritable nature devait naître bientôt : enfin serait-elle une vraie Kagerou. Son kimono ample se déforma, suivant son tournoiement, avant de ne laisser que les voiles tendues de son passage… Elle était déjà loin… Sa silhouette avait déjà été happée par les souffles de l’île blanche.

Shiroi resta un moment immobile, regardant en direction du port, la dernière trace de Sei s’effacer. Il éleva alors sa main devant son visage, et s’effila alors, se déforma discrètement, pour se confondre avec son milieu… Plus personne n’attendait devant la demeure de Rai.


Le bruissement léger de l’eau se heurtant à la terre éleva un sourire charmé sur le visage de la jeune fille pour qui le désire d’évasion était un rêve. N’ayant jamais quitté cette île enchantée, elle rêvait d’enfin s’enfuir de toute la rigueur qui lui avait été enseigné. Elle était impatiente de découvrir de nouveaux horizons…

Qu’est-ce qui Kiri ?... Un village fabuleux où se noue beauté du regard aux douceurs des sensations…

Shiroi – « Bon courage. »

Il était sorti de nulle part, ce qui ne parvint même pas à surprendre la jeune fille. Il glissa entre ses mains l’instrument soigneusement emballé dans une étoffe de soie. Seishin inclina la tête en souriant et se retira, rejoignant le ponton dissimulé pour rejoindre son chauffeur… Un fin courant d’air vint redresser sa chevelure d’encre, la laissant voguer timidement dans les airs… Shiroi lui fit un signe de la main… Mais elle ne se retourna pas.

Elle s’avança sur le bord du pont de bois noir, et elle se laissa tomber, disparaissant…





Garde – « Halte ! »

La jeune femme s’arrêta alors…

Garde – « Veuillez décliner votre identité ! »

« Seishin Kagerou… Native du pays de l’eau. »

Garde – « Quelles sont les raisons de votre venue ? »

« J’ai envie de m’enrôler… »

Garde – « Dans l’armée ? »

« A l’académie avant tout, chaque chose en son temps. »

Garde – « Où sont vos parents ? Sont-ils d’accords ? »

« Ils se sont éteints… J’aimerai leur faire honneur… » - Le regard de l’enfant tomba sur leur sol, et son visage ne tarda guère à suivre… Une timide rosée se déposa à l’antre de ses yeux…

Garde – « Oh… »

Garde 2 – « On va l’emmener au bureau avant de la laisser entrer. Quelques petites questions avec Hatori et on pourra la laisser, ou la sortir, sans le moindre remord. »

Garde – « Tu penses qu’elle peut être une menace ? »

Garde 2 – « Vu les antécédents du village, autant prendre des précautions quant à toutes interrogations. »

Le second garde eut le dessus sur la conversation à mi-clos, tandis que Seishin faisait face à la scène. Elle se mit à trembler, avec de plus en plus d’intensité, avant de s’effondrer en larmes…

« Je ferais ce que vous voudrez, mais ne me laissez pas seule devant ce mur froid ! »

Les gardes se regardèrent, légèrement coupables d’avoir joué avec les nerfs fragiles de l’enfant. Elle semblait si frêle, si cassée, telle une porcelaine ébréchée… Le premier chuunin qui portait le bandeau du village s’approcha d’elle et se baissa à sa taille…

Garde – « Suis-moi… je vais t’emmener voir quelqu’un. »

L’enfant lui emboita dès lors le pas, pénétrant les murs de Kiri no Sato. Tout semblait si différent dans ce village… La pâleur de la brume, elle était presque transparente, loin de l’opacité de l’île d’Awa. Les rues claires glissaient le long des points d’eau, caressant délicatement le pavé et le bois. Ses pas trempaient un à un dans les flaques, créant un bruit discret…

Garde – « On va te poser des questions… Tu n’auras qu’à y répondre aussitôt… Ta franchise est jugée. »

« Bien Monsieur. »

Garde – « Ne t’inquiète pas. »

« J’ai tellement envie de pouvoir apprendre ici… »

Alors qu’il la conduisait dans l’antre du diable, le ninja ne disait plus un mot… Il la menait dans un quartier longeant le mur du village, pour la conduire dans un bâtiment qui ressemblait davantage à un abattoir d’extérieur qu’à un bâtiment militaire. Seishin déglutit bruyamment, ce qui poussa le garde à soupirer tant l’idée de l’amener dans ce piège lui semblait injuste et injustifié. Mais un ordre était un ordre, un ninja devait le savoir, sans remord. Sans doute Seishin aurait-elle notifié un manque de rigueur si cet homme n’avait pas conduit l’enfant qu’elle était dans ce guet-apens.

Garde – « Hatori ! »

Hatori – « Entre… »

Garde – « Je te dépose simplement quelqu’un. »

Hatori – « Que l’enfant entre. »

Le garde se tourna vers Seishin et hocha de la tête, lui indiquant la porte juste derrière lui. Il lui sourit timidement, et s’empressa de partir avant que le remord ne le gagne. Seishin resta quelques secondes à admirer le bois de la porte, massif et imposant… Elle répétait, purement et simplement, le personnage qu’elle s’était façonnée. Tout était si simple lorsque l’esprit même de la personne est persuadé que le mensonge est vérité… Sa main jeune se posa sur la porte et la poussa, la laissant s’ouvrir lentement, dans un grincement désagréable…

Hatori – « Que me vaut ta visite Seishin… »

La salle était emplit d’une obscurité lourde et pesante… Elle ne distinguait pas la silhouette de son interlocuteur… La jeune fille frissonna…

« Vous connaissez mon nom… »

Hatori – « Et bien plus encore… »

« J’ai peur… »


Hatori – « Tu oses prétendre que Kiri a besoin de toi ? »

« Je n’ose rien, je ne prétends pas, je propose mes services ! »

Hatori – « Kiri n’a pas besoin de toi… Mais tu as besoin de Kiri… »

La voix d’Hatori semblait spectrale, elle pénétrait l’esprit de la jeune fille dans un écho caverneux presque désagréable… La Kagerou résistait, encore un peu, avant de laisser filer un soupir vaincu… Il avait dès lors accès à son esprit…

Hatori – « Native du pays de l’eau dis-tu… Pourquoi tes parents t’ont laissé… Venir dans la taverne du boucher ? »

« Je sais que vous avez la possibilité d’avoir la réponse de vous-même… »

Hatori – « Défunt ? Déchu ? Fictif ? Que penser, ton esprit est un véritable sac où les souvenirs, pareils à des fils, s’emmêlent et se choquent… Tu dois être aussi folle que moi… Quelle est ta raison ? »

« Y’a-t-il raison à avoir lorsqu’une enfant de mon âge perd ses deux parents ? »

Hatori – « Traumatisme, sévisses, donne-moi encore de quoi me délecter… »

« Je ne tiens plus à ma propre vie, je veux servir autre que moi… »

Hatori – « Soumission… C’est amusant, vraiment… »

Ma vie n’est qu’une stratégie sur un jeu de go…

« Kiri se ravit des âmes en peine. Je viens lui délivrer la mienne. »

Hatori – « J’aime ton attitude de marionnette… J’aime voir une âme vagabonde se soumettre à mon courroux… Et si je te gardais pour moi, comme un chien garde son os, comme un enfant cherche son jouet… »

« Alors je serai vôtre… »

Hatori – « Trop jeune encore… Bientôt, je te réclamerai… Sois à la mesure de mes attentes… Parfaite ! »

« C’est un bien grand mot… »

Hatori – « Me contrarierais-tu ? »

« Pour rien au monde, sensei. »

Hatori – « Ma chair à canon enfin trouvée… »

La discussion prit fin dans un timbre poudré. Chaque partie jouait son masque, chaque masque jouait sa vie. Comme sur le champ de bataille, les mouvements étaient comptés, mais seule la rapidité était variante de la victoire ou de la défaite. Seishin était vive, vive pour une enfant de cet âge. Hatori l’avait remarqué… Sans doute se méfiait-il ? Ou alors était-il appâté par le gain d’une pousse de qualité sous son contrôle exclusif… Un sourire naissait sur le kiréen camouflé dans la pénombre…

« En toute dévotion… »

Hatori rit, un rire à la fois machiavélique et dangereux. Il ne la lâcherait pas…

Hatori – « Ton esprit me plaît… Tu as des qualités qui serviraient à grandir les rangs de nos imbéciles d’armes sans âme… Si tu perds ton âme, je te tuerais. Et si tu retrouves celle d’autrefois, je te tuerais. Reste la celle qui se tient en face de moi, douée, piquante, et douce à la fois. »

« Bien, sensei… »

Avait-elle vaincu ? Avait-elle été trompée ? La vie de Seishin allait se résumer à cela : tromper ou être trompée… Le plus doué gagnait, l’autre signerait de son sang un contrat échoué. C’était malsain, particulièrement pour une enfant… Hatori la regardait, la détaillait en silence, un sourire naissant sur son visage de plus en plus carnassier… La Kagerou, toujours dans l’attente vaine de voir qui la discussion tournait, baissant le regard…

Hatori – « Tourne-toi, Vent de Brume, derrière toi, il y a un paquet rouge. Prend-le, et va à l’académie le porter. »

« Vent de Brume… »

Tu ne sais pas si bien dire…

La jeune errante sourit, s’inclinant dans le vide face à l’ombre… Cette politesse lui accorda davantage de point de la part du ninja… Elle pivota légèrement pour se pencher, et se saisir du paquet emballé de rouge… Alors qu’elle caressait l’emballage, la voix de Hatori se révéla une dernière fois…

Hatori – « Dès que tu reviendras, parfaite seras-tu, joue-moi de ton koto. »

Grace et classe, elle filait, l’enfant d’Awa… Elle avait su être adoptée, par le pays qui voguait sur les marées… Un sourire trahissait son visage de neige tant le contentement de sa victoire était un délice subtil. L’air frais de Kiri meublait ses poumons, alors que la porte de bois se fermait dans son dos… Un claquement, uniquement, et cela indiquait sa nouvelle vie… La jeune fille s’élança dans l’impasse, courant derrière son nouveau destin, un paquet rouge à la main, et ses cheveux d’ébène volant au vent du village brumeux… Ses pas légers flottaient sur le pavé mouillé… Seishin envahissait son premier territoire…

Son koto enrubanné et fixé dans son dos, elle s’élançait en souplesse dans les nouvelles rues de son chez soi.

Shiroi serait fier de moi…

Trouver l’académie serait des plus utiles dès à présent…

Ses pas foulaient le sol légèrement… Les gens au visage anonyme défilaient en face d’elle, et contrairement à ses habitudes personnes ne s’arrêtaient à sa vue. Ils étaient indifférents, personne ne réagissait face à cette petite chose pâle qui filait avec les délicatesses des sylphes. Les passants la bousculaient, la heurtant violemment quitte à la faire reculer de plusieurs pas. Etait-elle de trop ? Ce monde semblait plus hostile que ce que ses espoirs lui narraient… Son regard glissa sur le sol, admirant le pavé… Il n’y avait pas de distraction à subir, tout n’était que leçon à apprendre, leçon à maîtriser, leçon à appliquer… Heureusement pour elle, elle était douée pour cela, et sa mémoire ne l’avait jamais trahi… Lentement elle releva la tête, ses cheveux battant son visage clair… Son regard semblait alors perdu… Elle ne se laisserait plus avoir par son propre inconscient…

Maîtresse de mon corps, je tiens les règnes de son éclat…

Seishin se redressa, et parmi la foule, se mêla, fuyant sans dire un mot vers les portes de l’académie…

La porte de l’académie semblait l’attendre, dans une inexorable langueur… La Kagerou s’en approcha et vint répondre à son attente lasse. Elle empoigna la poignée et ouvrit la porte. Elle grinça timidement, les gonds manquant cruellement d’huile. Seishin s’engouffra dans le large couloir où s’enchainaient portes et escaliers. C’était assez imposant, à la fois hostile et austère comme ambiance, tant la neutralité, et la froideur, se côtoyaient. Son regard se perdit sur les carreaux mouillés du sol, analysant là où les traces convergeaient…

Intendante de l’académie – « Suivant ! »

La voix désagréable et aigue d’une femme vint perturber la réflexion de la jeune fille qui se concentrait. Elle releva alors le nez, soudainement intriguée par ce bruit répétitif de tampon lourd écrasant de tout son poids le papier fin des parchemins, ajouté à cette voix stridente. C’est sur la pointe des pieds qu’elle s’approcha de l’antre bruyant pour y passer la tête… Elle découvrit alors plusieurs rondeurs juvéniles sur les visages de ceux qui levèrent les yeux sur elle. Sans aucun doute possible, il s’agissait des inscriptions. Seishin fit une légère grimace, elle semblait au moins deux fois plus âgés que les autres postulants, et pourtant, elle n’avait que treize ans… Soit ce village était chargé de talent, soit elle s’était trompée…

Intendante de l’académie – « Que voulez-vous ! Vous ! Entrez ou sortez, ne faites pas les choses à moitié ! »

Seishin entra alors de moins d’un pas et s’inclina face au bureau de cette femme sèche…

« Hatori m’envoie vous remettre ce paquet… »

Intendante de l’académie – « Hatori ? Après m’avoir laissé seule au restaurant, il ose me rapporter quelque chose ! »

« Mes excuses… Je vous remets seulement la commission… »

Intendante de l’académie – « D’où avez-vous vu Hatori pour qu’il vous remette cela ? »

« J’ai subis un interrogatoire… »

Intendante de l’académie – « Mon dieu, vous êtes une immigrante ! » - Elle baissa la tête avant de sursauter… « Mon dieu Hatori vous a interrogé ! Vous devez donc être expressément inscrite et aller sur le champ à l’hôpital ! »

« A l’hôpital ? »

Intendante de l’académie – « Vous allez bien ? »

« Oui, il me semble… »

Intendante de l’académie – « Posez immédiatement ce paquet dans la poubelle, son contact est empoisonné, et venez vite déclinez votre identité ! »

« Seishin Kagerou, native du pays de l’eau, âgée de treize ans… »

Intendante de l’académie – « Je m’occupe de vous. »

C’est alors qu’elle s’approcha, posant ses doigts sur son front avant de l’endormir profondément…

Finalement, c’est moi qui ai perdu…

Son esprit s’embua, pour vaquer dans un autre monde… Lorsqu’elle sentit la fraîcheur d’un souffle sur sa nuque… Elle sursauta, se réveillant d’un coup dans son lit d’hôpital…

Hatori – « Si tu es en vie, c’est que tu le mérites, Seishin… Ne me déçois pas, continue comme cela… Bientôt tu seras mienne, parfaite ! »

Elle n’eut pourtant pas le temps de le voir… A nouveau son esprit s’enfuit…




MessageSujet: Re: Seishin Kagerou - En cours   Mer 18 Mai - 19:14

Cela faisait déjà deux ans que l’adolescente avait pris part à la vie kiréenne. De nature plutôt discrète, elle n’était pas très côtoyée en dehors des heures qui lui étaient obligatoires à l’académie. Peu de gens étaient en mesure de savoir où elle se trouvait dès lors où la leçon prenait fin. A ce jour, seul Hatori cherchait parfois à entrer en contact avec elle, tout en lui interdisant cette réciprocité.


Seishin était un électron libre, aussi studieux que discret… Ses années à l’académie furent des plus simples : meilleure élève de sa promotion, et ce sans grand mal vu qu’elle était plus âgée que la totalité de sa classe, elle n’en restait pas moins une énigme. Contrairement à ses camarades qui liaient des amitiés avec leurs enseignants, Seishin demeurait seule. Certains on-dit la désignait comme mal dans sa peau vis-à-vis de son écart d’âge, d’autres mauvaises langues la voyaient comme une associable qui préférait la solitude… Et ces bruits coururent jusqu’à ce que le chuunin qui s’occupait d’elle reçu la visite de Hatori…

Chuunin – « Hatori-san, il est rare de te voir dans les rues. »

Hatori – « Je ne sors que pour veiller que tout se passe bien avec ma petite protégée… »

Chuunin – « De qui s’agit-il ? »

Hatori – « Seishin, bien entendu… »

Le chuunin fit une légère moue avant de se redresser vers son supérieur hiérarchique.

Chuunin – « Cela explique bien des choses si tu t’occupes de cet enfant… »

Hatori – « Est-ce une critique de ta part ? »

Chuunin – « Je dis simplement que tu as tes manières… »

Hatori – « Presse le pas avec elle. J’en aurais rapidement besoin. »

L’instructeur s’arrêta net, tant la surprise vint éclater à son visage.

Chuunin – « Tu en auras besoin ? »

Hatori – « Elle a quelque chose qui attise toute ma curiosité, et je ne suis pas le seul à m’en être rendu compte. Je veux cet or, très bientôt. »

L’homme hausse un sourcil…

Chuunin – « Si toi, le mercenaire de la mémoire, t’intéresse à elle, c’est que tu as dû voir en elle quelque chose d’important. »

Hatori – « Ce qui me préoccupe, c’est de n’avoir rien vu… »

Chuunin – « Hm… »

Hatori releva son regard froid sur son ancien partenaire, redressant une mèche de ses cheveux noirs… Il n’ajouta pas un son supplémentaire, agissant de manière suffisante, puisque d’après lui, il avait déjà fait passer son message. D’un revers de main, il salua le Chuunin, et lui tourna le dos pour se retirer, comme si il n’était jamais venu… Son ancien coéquipier avait parfaitement compris la demande : si Seishin passait Genin, Hatori pourrait être son Juunin attitré. Cependant, cette possibilité le rendait soucieux quant aux agissements de cet homme de l’ombre.

Hatori était un homme de pouvoir, à la fois sadique et dominateur, jouant d’une puissance suffisante pour mériter le respect. Juunin de haut niveau, il lui avait été cédé la place de maître des tortures, et il agissait sur toutes les missions qui entrainaient la récolte d’informations. A la fois sinistre et lugubre, il n’attirait de par son poste ni la sympathie, ni la confiance, que ce soit de son propre camp, comme d’un autre. L’intérêt particulier qu’il portait à cet enfant intrigua tant le Chuunin qu’il en tarda pas à en faire rapport au sommet du village…






L’air était humide dans le village de la brume. Rares étaient les fois où le soleil avait su percé la masse épaisse et blanche, elles se comptaient sur les doigts d’une main ce mois-ci. Les pavés étaient devenus familiers, sous ses pieds, ils laissaient filer l’eau des flaques en un réseau aqueux. Seishin ne regardait plus autour d’elle avec autant de rêve qu’à la première fois, elle remontait déjà à si loin. L’adolescente ne rêvait plus de voyage, elle ne vivait que de son devoir. Sa discrétion la rendait invisible, mais son talent faisait lentement parler d’elle… C’était une journée comme les autres qui commençait… Seishin se dirigeait silencieusement à l’académie, comme une lassante habitude qui ne l’enchantait plus. La vie était si simple au loin d’Awa… L’enseignement rudimentaire et non spécialisé ne permettait même pas de bien enrichir sa culture personnelle, c’était affligeant… Sa main se posa sur la poignée et l’actionna afin d’accéder à la salle. Tous étaient déjà présent… Dernière arrivée, elle passa la tête par la porte, s’inclinant, quelque peu désolée.

Chuunin – « Seishin, je t’attendais. Viens par ici. » - La Kagerou s’exécuta silencieusement. – « J’ai l’honneur de vous annoncer la promotion de la première personne de votre classe, Seishin Kagerou, tu es promue au rang de Genin ! Cette célébration donne le départ de vos examens à tous ! »

Seishin leva les yeux au ciel en voyant la remise de son bandeau. Derrière sa neutralité pesante dormait la saveur de la victoire… Elle avait su convenir à quelqu’un d’influent… En sourdine elle se délectait de ce premier cadeau… Parfaite, elle le serait, si elle ne l’était pas déjà ! Lentement, elle pivota vers le Chuunin et s’inclina respectueusement, les mains ouvertes et plates devant lui pour recevoir le présent. Ce jour n’était finalement pas comme les autres, il était mieux, et programmait les lendemains… La jeune fille l’attrapa et le noua autour de sa tête, le dressant fièrement sur son front derrière de fines mèches de sa chevelure de geais…

« Merci… »

Chuunin – « Il est mérité. Dès demain, tu te rendras à l’intendance pour voir à quelle équipe tu appartiendras. »

« Je n’appartiendrais à aucune équipe. »

Chuunin – « Bien sûr que si, comme tout le monde… »

Les autres élèves regardaient de loin, devant le tableau, la discussion entre la nouvelle Genin et l’homme, sans pouvoir déchiffrer un traitre mot.

« Je ne veux pas d’équipe. »

Chuunin – « C’est obligatoire, des équipes de trois. »

« Une exception pour confirmer la règle… »

La jeune fille se retourna, puis traversant la salle, sortit, levant la main comme seul signe de salut. Derrière elle, délaissés les envieux de petites tailles et le Chuunin qui comprenait de plus en plus son comportement vis-à-vis de Hatori… Pendant ce temps, « Vent de Brume » prenait ses aises…

Comme prévu, elle ne se présenta ni le lendemain, ni le surlendemain à l’intendance…

Cela faisait déjà plusieurs que le monde était sans nouvelle de la jeune adolescente. Seul son ancien instructeur tira la sonnette d’alarme en allant directement frapper à la porte de Hatori pour savoir s’il y était pour quelque chose. Lui-même n’avait guère de nouvelles… Cependant, l’annonce de sa promotion releva aussitôt le sourire sur son visage froid…

Hatori – « Elle est donc mienne… »

Ou était-elle ?...

Au même moment, au bord d’un petit fleuve qui s’embourbait sans grâce au fin fond d’une ruelle malfamée, Seishin était assise, jouant timidement de son index à la surface de l’eau… Sa froideur n’était pas pour elle une fatalité, elle lui offrait simplement une sensation prenante sur tout son corps… L’onde se propageait à la surface, vibrante sur la pellicule aérée… Il régnait un calme malgré la misère, le quartier restait enclin au vice… Dans le dos de l’adolescente, quelqu’un approchait, mais elle ne sourcilla pas…

Hyô – « Tu as un rapport unique avec l’eau… »

Seishin leva les yeux, mais ne voyant rien, elle fut forcée de se retourner, quittant le confort et la protection de l’élément vital… Pivotant ainsi, elle se trouva face à face avec un homme à la chevelure qui violaçait à la lumière… Sa silhouette était évocatrice à Kiri, cet homme était connu… Bien évidemment, par les Kagerou également… Hyô Geïrou… Toute l’âme de Seishin se mit à trésaillir…

« Pardonnez-moi. »

Hyô – « Il paraîtrait que tu intrigues Hatori… »

« Beaucoup doivent l’intriguer, je pense. »

Hyô – « Au contraire. »

« Que puis-je pour vous ? »

Hyô – « Me suivre, ou en rester là. »

La jeune femme n’avança guère le moindre mot, se contentant de se relever et de faire face à l’homme des glaces…

Lorsque le Vent de Brume rencontre l’Homme des Glaces…

Intérieurement, elle était tout sourire de cette victoire, un échelon de plus dans la poursuite de sa mission. Chaque gain lui permettait des ouvertures dans le futur de son infiltration à longue durée.

La jeune fille fila comme la brume dans une révérence vaporeuse, son visage conservant une impassibilité qui ressemblait par moment au masque de l’homme. Il le remarqua d’ailleurs… L’instrument de musique d’une rareté noble dormait dans l’étoffe nouée sur le dos de Seishin. Elle était issue d’une famille cultivée et probablement riche au vue de la qualité du koto qu’elle conservait. Ce n’était pas un détail qui pouvait échappé à l’œil entrainé de l’Oi-nin, tout comme les capacités qui dormaient dans le corps d’une enfant… Hyô comprenait de plus en plus ce qui pouvait trotter dans l’esprit tordu de Hatori. Elle méritait toutes les attentions, même celles des plus grands… Seishin avait un petit plus qui créait la convoitise…

Hyô la regarda quelques secondes supplémentaires, avant de partir, sans rien dire, que la jeune pousse le suive ou non.

Hatori venait de perdre, mais il ne le saurait que plus tard…

Hyô – « A présent, tu diras que tu es l’élève de Hyô Geïrou. »

« Bien, senseï. »

La jeune fille suivait celui qui la prenait une fois de plus pour sa propriété…




Seishin était une genin exemplaire, qui s’épanouissait grandement dans sa relation d’élève à professeur privilégiée par l’absence d’équipe. Perspicace et vive, elle savait réagir lorsqu’il lui était nécessaire… Cependant, au fur et à mesure de la progression de la Kagerou, Hyô remarqua de plus en plus qu’elle avait un faible naturel pour une optique qui n’était pas forcément la même. En effet, la jeune femme fleurissante développait avec ingéniosité des moyens de ressortir victorieuse d’un combat sans être offensive… Limpide comme l’eau, immatérielle comme la brume, elle parvenait à glisser avec une souplesse et une grâce féminine entre les coups, et travaillait davantage sur la fatigue et sur les zones d’épuisement qui se montraient particulièrement fatale par la suite pour son adversaire. Seishin était une véritable kunoichi dans le sens où elle privilégiait la ruse et l’esprit à la force et la robustesse. Plus elle progressait, plus Hyô voyait une manière d’exploiter ses talents dans les sillons du village, ainsi que les incroyables possibilités qu’elle aurait pu offrir à Hatori. Cet homme était trop étrange, trop hostile au village pour être placé à une telle hauteur de puissance… Il était même parfois difficile de décréter qu’il était du village ou non, tant son caractère le rendait inappréciable.

Hyô – « Plus vite… »

Un bras de glace s’éleva du fleuve qui servait de support à l’affrontement. Ses mouvements précis d’Hyô entrainaient la réactivité accrue de la Kagerou qui filait comme un diable entre les attaques. Son corps léger perdait presque sa consistance pour se fondre dans le paysage, bien qu’elle ne soit guère une manipulatrice de l’âme… Cette féminité la rendait unique sur un champ de bataille, la rendant même parfois nécessaire. Seishin était nécessaire pour l’avenir du village dans les missions de haute voltige. Ce fut dans cette optique que l’homme des glaces travaillait la matière de son élève pour la façonner à répondre à son devoir. Les entrainements n’étaient pas ce qu’il aimait, mais il s’y forçait, car c’était son rôle à Kiri, d’assurer la pérennité du village. Sa main vint alors s’enfoncer dans la nappe aqueuse…

Hyô – « Plus vite ! »

La puissance de son coup énerva la vallée d’écume, l’élevant en une immense vague aux dards givrés… Il était impossible d’avoir l’avantage sur un homme pratiquant le répertoire de la glace sur une étendue d’eau… Seishin fut alors poussée dans ses retranchements. En effet, il jugeait que la jeune adolescente manquait encore quelque peu d’impact lorsqu’elle revirait sur ses derniers moyens, l’attaque.

Elle abordait son vingtième printemps, le temps avait fait son travail. Seishin était une femme magnifique répondant à des spécificités qui la rendaient aussi unique que reconnaissable… Son teint pâle timidement saupoudré et velouté, révélait la beauté de son regard profond. Sa chevelure d’ébène coiffé avec savoir et délicatesse dévoilait une sensualité rare. Remontés pour dégager son visage, ils tenaient ainsi tenus par des perles et des pinces de tissus et de dentelles. Elle avait un charme calme et serein, un calme qui soupirait de douceur… C’était cette douceur qu’il voulait effacer en face à face. Hyô campait fortement sur ses positions, à elle de savoir si elle voulait ou non progresser. Solide sur ses appuis, il la menaçait, jusqu’à ce qu’elle lui prouve qu’elle était belle et bien son élève. Seishin se cambra légèrement, agitant ses mains pour composer les taos nécessaires…

« Soit… »

La composition achevée, elle aplatit gracieusement sa paume claire sur la surface de l’eau, pour donner vie à un dragon magnifique, dont la pureté translucide animait les écailles.

« Suiton Hyriuu ! »

La créature ondulait sournoisement, cherchant la vague agressive. Lorsqu’elle approcha trop près de sa maîtresse, il fonça tête baissée tel un bélier divin, pour venir percuter la défense du tsunami, créant un choc monstrueux qui annula les deux attaques en une pluie lourde… Cette suspension d’eau intéressa particulièrement la jeune femme qui enchaina alors avec un autre jutsu du domaine qui était devenu sa prédilection…

Hyô – « Même tes offenses tournent à la défense. Change ton profil ! »


La jeune femme ferma les yeux, appuyant son dernier tao, transformant les gouttelettes de pluie en de tranchants projectiles… Elle lança sa main en arrière, avec brutalité, commandant ses shuriken de perle de passer sur la cible. Ils filèrent, acérés, s’enfoncer dans le mur de glace du Juunin…

Hyô – « Je refuse de porter tes échecs. Mes supérieurs veulent te promouvoir au rang de Chuunin. »

« Je refuse ! »

Hyô – « Plus vite ! »

La jeune femme ouvrit alors les yeux, pivotant avec la grâce d’une danseuse pour éviter un pic de glace qui fonçait depuis les profondeurs sous ses pieds.

Hyô – « Je m’en doutais. »

Le dernier tao activé, la Kagerou se retrouva prisonnière d’une bulle d’eau…

Hyô – « Pour tout te dire, je me moque de ce que peux bien vouloir… Tes possibilités sont intéressantes pour le village. C’est tout ce que je regarde. »

« Je ne veux pas de ses responsabilités. »

Hyô – « Sept ans que tu es mon élève, tu devrais avoir rejoint mon rang. Je dois perdre mon temps. »

« Non. »

Hyô – « C’est la deuxième proposition que tu déclines. Un ordre est un ordre. »

« Mon profil est trop prévisible. »

Hyô – « Au contraire, c’est lui qu’ils recherchent… »

« … »

Hyô – « De toute manière, si tu ne te présentes pas demain à la porte du village, je ne prendrais plus les déshonneurs que tu engendres. »

« Bien, senseï… »



[Seuls les administrateurs ont le droit de voir cette image]

MessageSujet: Re: Seishin Kagerou - En cours   Ven 20 Mai - 11:06

J'aimerai savoir si il est possible d'avoir une mise à l'épreuve possible. Prétendant au titre de Chuunin, j'aimerai réalisé un topic RP en tant que tel dans une session solo pour montrer ma détermination et mes capacités : Ce RP se situerait deux ans plus tôt par rapport au présent du personnage, c'est-à-dire à ses 20 ans.

J'aimerai savoir s'il était possible d'être validée au rang Genin à Kiri, et, suite à la session solo, me décerner, ou non, selon l'appréciation de l'équipe du forum, mon rang Chuunin. Ainsi je fais mes preuves, et je vous laisse la possibilité de dire non, tout en pouvant créer un topic dans le village.

J'avoue que l'idée de continuer sur ma présentation ne me donne pas envie, mais si vous le souhaitez, je le ferais.


[Seuls les administrateurs ont le droit de voir cette image]

MessageSujet: Re: Seishin Kagerou - En cours   Ven 20 Mai - 12:10

Bienvenue Seishin,

C'est une présentation étonnante que tu nous fais parvenir autant par son contenu que par sa prise de risque. Utiliser un PNJ de la carrure d'Hyô était risqué, mais tu as su te tourner vers le staff avant de te lancer dans cette aventure périlleuse, du coup il en ressort une juste interprétation qui ne sera pas sans laisser présager de bonnes choses pour le futur =)

Je n'ai pas grand chose à redire sur cette présentation, si ce n'est qu'à un moment tu appelles Hyô, si je ne me trompe pas, l'Oï-nin, mais il n'en est pas un. Il est membre de l'Anbu, il est spécialisé dans les missions à haut risque, pas dans la chasse de criminels. Hormis ce détail, tu t'en sors très bien.

Habituellement je fais toujours remarquer aux nouveaux venus qui souhaitent démarrer Aspirant ou Genin qu'exposer des talents en combat qu'ils ne possèdent pas dans la pratique les discrédite. Dans le cas présent, la présentation est tournée de sorte que c'est ta volonté de posséder le rang Chuunin qui fait que cela est un peu plus acceptable ( dans le sens où je verrais mal un Chuunin sans techniques et sans niveau )

Pour ce qui est de ta demande, elle me convient. Nous suivrons l'évolution de cette session avec intérêt et si nous jugeons qu'elle est suffisante, en plus de ta présentation donc, pour le grade nous te le donnerons. On peut considérer cela comme une présentation évolutive.

Je te valide donc au rang de Genin à Kiri en attendant ta session !

N'hésite pas à contacter les autres joueurs de Kiri pour tes premiers RP.

Seishin : +48 XP
Sho : +10 XP Lecteur
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Seishin Kagerou - En cours   

Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» cours de latin
» Cours informatique
» Amphi pour les cours de Ninjutsu
» Cours d'utilisation du sabre (Ouvert à tout le monde)
» Faut-il un cours de littérature ou un cours de Français !

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Ryoma - Le forum des Shinobi :: Ryoma 1.0-