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 Ses sanglots n’étaient qu’un murmure étouffé par le vent

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MessageSujet: Ses sanglots n’étaient qu’un murmure étouffé par le vent   Mer 31 Aoû - 15:28

L’atmosphère était devenue lugubre dans les rues de Konoha, principalement en raison des nuages grisâtres qui masquaient le soleil et du vent qui soufflait inlassablement contre les bâtiments, toujours aussi fort, toujours aussi frais, comme chargé de haine et de rancœur. Il fouettait les cimes des arbres anciens, violentant les feuilles vertes et frêles qui s’accrochaient aux branches comme de vieux souvenirs. Et lorsqu’elles se décrochaient, elles se laissaient emmener par le vent, malmenées par la brise folle comme épuisées par le rude combat qu’elles venaient de mener.

Un vestige du passé sembla se mouvoir dans les rues du village, fantôme tourmenté à la recherche de solitude, jeune femme blonde paniquée à l’idée même d’avoir un futur, de n’être pas figée dans le temps. Séji marchait particulièrement lentement, cognant son petit sac bleu clair contre ses genoux à chacun de ses pas. Elle errait sans but dans les rues presque désertes de Konoha, sans lever la tête, sans prêter attention aux rares habitants qui se pressaient de regagner leurs petits nids, leurs « chez sois ». Ses yeux vides et sans expression étaient figés vers le sol mais ne le regardaient pas, ils se contentaient de ressembler à des billes de verre laiteux, sans analyser leur environnement. Et lorsqu’une grosse branche morte, torturée et dépourvue de feuilles se présenta devant eux, ils ne la virent pas. Alors la jeune fille senti que ses pieds n’arriveraient pas à passer outre l’obstacle cadavéreux que constituait la vielle branche, que ses longues jambes ne la porteraient plus, et elle s’écroula contre le sol humide et terreux. Son visage plongea contre la terre avec une expression de résignation. La vieille branche revêche entailla le mollet de la jeune femme qui reprit tout à coup ses esprit et cria, mais le vent étouffa sans scrupule cette plainte aigue.
La mâchoire contractée, les poings serrés, la Konohéenne se releva lentement avant de se saisir de la branche et de la casser en deux. Elle laissa les deux morceaux de bois retomber sur le sol, et alors que dans ses yeux brulaient les feux de la haine et du désespoir, elle s’acharna dessus à grands coups de pieds. La branche se fractura en une multitude de petits morceaux avec un craquement sec.
Une fois qu’elle eut terminé de réduire à néant la branche noueuse, Séji se remit en marche d’un pas plus assuré et plus rapide, soucieuse de trouver un abri pour se protéger des goulettes fluettes qui commençaient à tomber du ciel.
Elle finit par s’assoir contre un mur, abrité par une avancée de toit, amas de branchages et de tuiles laissant filtrer l’eau. Elle s’étendit de tout son long sur la terrasse en bois glacée et ferma les yeux. La pluie se mêlait à présent au vent et s’abattait bruyamment sur les bâtiments, glissant le long des toits et des gouttières pour finir par s’écraser contre le sol, formant de petites flaques boueuses. L’eau coulait à travers l’abri de Séji et recouvrit rapidement son corps tremblant de froid, imprégnant ses habits et ses cheveux, s’aventurant quelques secondes sur sa peau avant de rejoindre terrasse poreuse.

Il arrive un moment où l’on doit décider de ce que l’on veut faire de notre vie, c’est une situation bien inconfortable que de ne pas savoir, d’être dans le flou, et la jeune Saama se trouvait justement dans cette situation.

[Séji] "Qu’est ce que je peux faire à présent hein ?! Je n’ai pas envie de me battre, je n’ai pas envie de vendre des plantes, je ne sais pas quoi faire. Bon sang, qu’est ce qu’elles font les filles de mon age ?"

La porte de la maison s’ouvrit sans bruit, et la chaleur confinée à l’intérieur de l’habitat enveloppa Séji juste avant qu’elle ne se fasse percuter à l’épaule par un pied boueux.

[Femme] "Oh mon dieux que … Qui êtes vous ?"

Sous les yeux surpris de la femme, le corps de la jeune blonde était étendu sur le sol, les yeux clos et la bouche tordue, les jambes et les bras disposés sur le sol comme de vulgaires membres de chiffon. Son sang écarlate se mélangeait à l’eau de pluie au niveau de son mollet et s’ajoutait à l’eau boueuse de la terrasse pour former une flaque brunâtre et visqueuse. La semelle des chaussures avait laissé sur son épaule une épaisse trace boueuse qui dégoulinait sagement en direction du sol. Séji ouvrit brusquement les yeux et se releva immédiatement. Elle resta planté debout un moment, considérant avec attention celle qui l’avait piétinée, puis regarda le ciel. Les nuages tapissaient toujours l’horizon comme un dôme glacé, et la pluie s’écoulait toujours le long des maisons. La femme aux cheveux grisonnant répéta une seconde fois sa question, puis une troisième fois avec plus d’insistance, mais son interlocutrice ne la regardait même pas. Elle sauta de la terrasse et s’engagea sous la pluie.
Après quelques minutes de marche elle était complètement trempée et ses bottes laissaient dans le sol des empreintes profondes, des sillons qui ne tarderaient pas à se remplir d’eau et de boue. Séji atteint la porte de sa maison mais n’entra pas, elle se tenait simplement debout devant la bâtisse, n’osant pas tourner la poignée pour se réfugier à l’intérieur. Elle ne pouvait pas rentrer et affronter le regard inquiet de sa mère, alors elle fit demi-tour et s’élança en courant en direction de la forêt.
Le chemin était de plus en plus impraticable, patinoire détrempée de boue claire et gluante. La jeune femme senti alors le sol se dérober sous ses pieds, et elle tomba. Ses genoux s’écrasèrent contre le sol et ses mains s’y plantèrent fermement, éclaboussant tout son corps de larges taches marron. Le petit sac bleu clair tomba lui aussi contre le sol avec un bruit de succion.
De petites larmes salées coulèrent le long des joues de la jeune femme, alors qu’agitée par un sanglot silencieux elle rampa sur le sol et s’assit contre l’écorce froide d’un vieil arbre qui prenait place près d’une menuiserie. Elle entoura ses genoux de ses bras et continua à pleurer, seule, bercée par le souffle du vent et le bruit de la pluie.





On nait courageux comme on nait peureux. On peut s’améliorer, faire des efforts, mais tout ce travail est vain, la nature d’un homme l’emportera toujours de sa raison.
Encore faut-il pouvoir discerner le courage de la folie...



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