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 [Epistolaire] Dans les serres de l'oiseau messager...

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MessageSujet: [Epistolaire] Dans les serres de l'oiseau messager...    Jeu 8 Sep - 3:13

De toute son envergure, il piqua vers la cime des arbres, avant qu'un courant ascendant ne le remonte sans peine, petit à petit, jusqu'à frôler les nuages cotonneux qui l'accompagnaient dans son périple. Il faisait froid, à des centaines de mètres d'altitude. Le pigeon messager grelottait doucement, attendant que ça passe. La nature avait bien fait les choses, et même si la fraîcheur des altitudes élevées le cueillaient à chaque fois, il savait que bientôt son corps se réguleraient et que le sensation était passagère. Heureusement, car les centaines de kilomètres à parcourir avaient été à peine entamées. Accroché à sa patte, branlebalé par le vent, mais tenant bon, le petit parchemin représentait la raison et le but même de ce voyage aérien. Il en était de bien plus importants, de raison d'état, diplomatiques, qui annonçaient des nouvelles tonitruantes, importantes et attendues. Celui-ci n'atteindrait qu'une seule personne, un seul coeur, mais son contenu n'en était pas moins empli de sens. Après tout, ce qui compte n'est pas tant le nombre de personnes qui l'entendront que l'effet provoqué par les gribouillis inscrits par une main appliquée, dût-il n'être ressenti que de quelques âmes.

Cette main, Etsuko l'avait réentraînée à manier la plume. Elle se sentait honteuse à l'idée de ne pas avoir touché à l'écriture depuis quelques temps, tant elle respectait cette pratique et la considérait presque comme un art. En agrippant son encrier usé qu'elle avait rapporté de la maison familiale, elle se rappela soudainement de toutes ces séances de calligraphie, assise sur ses genoux douloureux pendant des heures, sur la terrasse de la pagode principale, à réviser ses gammes au pinceau, à respecter les mêmes principes séculaires que ses ancêtres des siècles auparavant. La plume droite, comme le buste, l'épaule et le poignet lâches mais pas le coude, et toujours partir du haut vers le bas, de la droite à la gauche. Au pinceau d'abord, puis au biseau et à la plume. Elle commençait alors au début de l'après midi et ne s'arrêtait que lorsque le soleil se couchait en contrebas de la forêt d'épineux qu'elle contemplait depuis la fenêtre ouverte tant que le temps le permettait. Alors elle trempait la plume dans l'encre noire, dans une concentration absolue, esquissait les idéogrammes des courbes de son poignet, lentement, sans trembler.

Les abords du lac du parc Yumekuteka étaient en tous points différents de cette fenêtre sur le mont Kido, mais elle en tirait la même sérénité, le même calme paisible et reposant que dans les souvenirs de son enfance. Aujourd'hui, elle avait troqué les longs pinceaux pompeux pour un plus petit, pratique et transportable. Du bout des doigts, elle avait rédigé son écrit timidement, puis de plus en plus vaillamment, et à mesure que les lettres se figeaient sur l'espace nu du papier vierge, elle pouvait enfin laisser divaguer son esprit.


Citation :
A mon Cygne aux prunelles d'Ivoire,

Quand nous reverrons-nous ?


Elle tenta, retenta, dix fois, cent fois, mille fois, de continuer cette lettre. Mais rien ne lui vint de plus que l'envie de le revoir. Tout son être se résumait en cette simple question. Quand le reverrait-elle ? Elle se contrefichait éperdument du reste. Elle contempla bêtement sa feuille aux dimensions bien trop grandes pour contenir un tel message, absorbée par des souvenirs inoubliables de leur rencontre, et sut soudainement que cela suffirait. Soudain, l'air lui manqua, son torse la brûla comme si ses poumons s'étaient embrasés. Elle attrapa son inhalateur au bout du collier de cuir qu'elle portait quotidiennement et inspira profondément la poudre blanche qu'elle avait insérée le matin même. La douleur s'estompa, mais pas son inquiétude. Sa maladie s'accentuait de jour en jour, et elle devait raccourcir de plus en plus les intervalles d'inoculation.


Aello - Etsuko-chan ! Regarde ce que j'ai trouvé !

Elle tourna soudainement la tête, rattrapée par le monde réel. Sa protégée revenait vers elle, une grenouille dans les mains. Aello avait beau avoir vécu dans un monde de verre, elle n'en était pas moins téméraire, et elle se plaisait à caresser la bestiole verte qui croassait de peur et de détresse.


Aello -Elle est belle, hein ?

La jeune femme contempla la petite créature, avant de l'extirper des mains de la fillette et de la faire bondir de nouveau vers les nénuphars.


Etsuko -Oui, mais elle appartient à la nature, il faut la laisser s'en aller.

Aello - Mais je pourrais m'en occuper à la maison, lui fabriquer une maison. Etsuko-Ton père ne serait pas d'accord, et puis regarde là, c'est ici son monde.

Aello regarda encore quelques instants le batracien avec une moue de frustration, puis repartit de plus belle, pour cueillir des fleurs et attraper des papillons. Etsuko lui donna sa permission, puis leva les yeux au ciel, tranquillement. Et son monde à elle, où était-il ? Ailleurs, auprès de lui ? Ici, au milieu des siens ? Elle coupa court à ce débat insoluble et décida de refermer le nécessaire à écriture. Elle roula le parchemin incomplet, le glissa dans sa poche, et rejoignit la petite Tokugawa. Son père lui avait donné la permission de six heures et le soleil s'était déjà bien avancé vers la fin de l'après midi. Il leur restait à toutes les deux une dernière visite à faire, plus secrète, chez monsieur le luthier qu'Aello mourrait d'envie de rencontrer à nouveau, et qui lui avait accordé une visite pour lui montrer les premières étapes de la fabrication d'un violon.


Aello - A qui est-ce que tu écrivais, Etsuko-chan ?

Etsuko - A un monsieur d'un autre monde.

Aello - Alors tu vas devoir le laisser partir toi aussi ?

Elle ne répondit pas tout de suite. La petite avait marqué un point, mais Etsuko ne voulait pas abandonner ses désirs aussi vite qu'ils étaient venus. Pas quand ils sont la promesse d'un avenir heureux, pas quand ils sont cruciaux au point de tout perdre sauf eux.

Etsuko - Peut-être. Nous verrons...



J'emmène au creux de mon ombre des poussières de toi. Le vent les portera.


Dernière édition par Etsuko Toshiya le Lun 12 Sep - 2:52, édité 1 fois
Shinjin Isatsu
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MessageSujet: Re: [Epistolaire] Dans les serres de l'oiseau messager...    Dim 11 Sep - 23:09

Bonjour Etsuko,

Je n'essaie pas de m'excuser, mais je n'ai jamais écrit. Aussi entretenir un courrier avec toi est quelque chose de tout nouveau, et comme d'habitude, je pense que je vais essayer de le structurer. Tout d'abord, tu pourras encore remercier Hatsu pour le voyage du retour. Sa compagnie est plaisante, bien que j'ai cru sentir un peut d'incertitude vis à vis de nous. Pour la question de la durée pendant laquelle nous resterons séparés, je ne peux malheureusement pas répondre.

Faute d'avoir quelque chose de mieux à t'écrire, que ce soit poème d'amour, Haïku en tout genre ou sérénade, je préfère parler de ma vie et de mon environnement, afin d'abattre unes à unes les barrières qui nous séparent. Premièrement, te souviens de maître Higaï? Hé bien je ne l'ai pas encore vu depuis mon retour. Ce matin, j'ai trouvé un mot me disant d'aller dans des marais dont je ne suis pas autorisé à te parler. Un stage de survie, sans doute. Mais un « simple » stage de survie ne collerait pas avec la dureté de penser de maître Higaï. Je te parle de cela, car je ne pourrais ni t'écrire, ni te lire durant cette période, dont je ne connais pas encore la durée. Sache que tu m'accompagneras, car je ne cesse de penser à toi. À mon retour, j'espère avoir le droit de te visiter. Ainsi, je pourrais également revoir Kaede, qui m'a marqué. Il y a peu d'enfants dans le clan, et ils sont divisés par un climat de rivalité entre deux branches familiales. Avoir Kaede et toi dans un même endroit s'apparente au paradis, Etsuko. Tu pourras lui passer le bonjour, et lui répondre que oui, les nénuphars des Toshiya sont plus beaux que ceux de Konoha.

J'ai parlé de notre nouvelle relation à ma mère, qui ne devrait pas l'ébruiter au travers du clan. Il est difficile d'interpréter leur réaction vis à vis de nous. Ma mère, Shizaké (que je nomme par son prénom), a déjà hâte de rencontrer celle qui a réussi à faire tomber les barrières de son fils. Dès que tu as l'occasion de passer par Konoha, ou que tu cherches un refuge, elle t'accueillera dans le cas ou je serais dans l'incapacité de le faire. Mais évite de la frustrer, cela fait seize ans que je vis avec elle, et je n'ai toujours aucune connaissance de son niveau.

J'espère que tu vas bien.
Tu me manques,
ton aimé
Jin'


Je repose mon fin pinceau et referme soigneusement l'encrier. Pour un premier jet, ce n'est pas trop mal. Plus nous nous échangerons de lettres, et plus nous devrions réussir à exprimer ce que nous ressentons l'un pour l'autre sur le papier. Le pinceau... mon éducation - surement comme celle d'Etsuko dont la finesse de l'écriture est encore visible sur le rouleau déroulé, le prouve – m'a appris à utiliser les différents arts. La calligraphie en fait partie. À cette époque, je ne pensais pas que je l'utiliserai à de telles fins. Où peut bien se trouver maître Higaï? J'aurais aimé lui parler d'Etsuko, afin qu'il me conseille sur la position à adopter face à nos clans. Si, en revenant, il n'est toujours pas revenu, alors je devrais leur dire. Une telle chose ne peut pas être cachée, il y a trop d'enjeux. J'utiliserai l'argument des relations que nous pourrions développer avec les Toshiya, et à plus long termes, avec Kumo, mais cet argument, seul, ne devrait pas suffire. J'ai un mois dans les marais pour en découvrir d'autres. Si je survis... Si je survis? Pourquoi une telle pensée me vient? Ce n'est pas de bonne augure, pas du tout.


La faim justifie les moyens...

MessageSujet: Re: [Epistolaire] Dans les serres de l'oiseau messager...    Ven 23 Sep - 16:43

Elle rit de bon coeur, quitte à en faire tomber sa petite cuillère sur son pantalon tout propre.

Sunn - Mais qu'est-ce qu'il y a bon sang ?

Elle ne lui répondit pas tout de suite, trop occupée à attraper à la va-vite une serviette en papier sur la table et à s'en servir pour éponger les quelques gouttes de café terroristes.

Etsuko - Ahlala, quel imbécile... tu disais quoi déjà ?

Sunn semblait ébahi. Il n'avait jamais vu Etsuko agir ainsi, être distraite, maladroite, ne pas arriver à suivre une conversation. Elle regardait vers le bas, en direction de ses genoux, et pas seulement à cause de la tâche. Le jeune homme se décida à passer la tête sous la table, et y vit un petit parchemin déroulé sur sa cuisse. D'un coup de patte habile, il attrapa le bout de papier et le remonta sur la table pour en lire le contenu.

Sunn - Alors alors, qu'est-ce que c'est que ça ?

Il n'eut pas le temps de poser ses yeux sur les premières lignes que le reste de la tasse de café vola vers son doux visage.

Sunn - Mais t'es folle ?! Ca brûle !

Etsuko profita de la diversion pour récupérer sa lettre.

Etsuko - Ca ne te regarde pas.

Elle le roula et le rangea dans la poche intérieure de son manteau de cuir, puis aida le chuunin à essuyer son visage rougi par endroits. Une de ses mèches blondes tomba sur son nez, noircie par le liquide sombre. Ils se mirent à rire spontanément, tous les deux, comme au début de leur rencontre.

Sunn - Ah la la, tu as de la chance que je t'aime bien.

Etsuko - Et toi que je connaisse ton caractère de cochon.

Il sourit doucement, le regard perdu dans son soda. Il venait de mentir. Un demi mensonge à vrai dire, un petit mot de trop dans une phrase qui tantôt resterait une simple déclaration de sympathie, tantôt soudainement, par la disparition de quatre lettres, se transformerait en bouleversement de leurs relations communes. Puis il comprit soudainement.

Sunn - Une lettre d'amour ?

Etsuko - ... Ca ne te regarde pas.

Il se mit à rire de nouveau, pour cacher sa peine. Exagérément même, tant et si fort que les autres occupants du café - dans lequel ils avaient élu domicile pour se retrouver -, se retournaient attirés par le volume sonore exagéré.

Sunn - Héhé, Etsuthon a un amoureux, c'est incroyable. Et qui est donc cette malheureuse victime ?

Etsuko - Si tu continues je te jette ta limonade sur l'entrejambe, je te préviens.

L'agacement de son amie était la preuve de la véracité de ce qu'il avançait. Sa peine s'accentua, tout comme son envie de tourner le tout à la dérision, juste pour esquiver ses sentiments réels. Il le savait, mais n'avait jamais osé l'avouer. Il était un lâche, un horrible lâche, incapable qu'il était de maintenir son sérieux dès qu'il se sentait en danger où qu'il devait se dévoiler. Il reprit son sérieux, autant qu'il le put en tout cas.

Sunn - Je le connais ?

Etsuko - Probablement pas.

Sunn - C'est un shinobi ?

Etsuko - ...Oui.

Il sentit aussitôt que quelque chose clochait.

Sunn - De Kumo ?

Le serveur arriva avec un second café. Elle prit le temps de le remercier, puis de s'occuper tranquillement d'ajouter du sucre, d'attraper sa cuillère, de touiller nonchalamment, avant de répondre, d'une voix incertaine.

Etsuko - Oui.

Sunn - Tu mens.

Etsuko - Oh ça va ! ... De Konoha.

Sunn - Ouhlala ma vieille, dans quoi tu t'es embarquée ?

Son espoir revint. S'il s'agissait de quelqu'un d'éloigné comme ça et d'une relation aussi impossible, il avait peut être encore une chance.

Etsuko - En plus, c'est un Hyuuga.

La réputation des Hyuuga et de leurs capacités héréditaires n'était plus à prouver dans le monde shinobi, tout comme leur droiture orthodoxe et leur tendance au sectarisme le plus absolu. Le coeur de Sunn se fit plus léger. Il avait même encore toutes ses chances, il lui suffirait d'attendre.

Sunn - Et ta famille, elle en dit quoi ?

Etsuko - Ils ne sont probablement pas contre. Jin' est même déjà venu une fois chez moi là bas, il a été bien accueilli.

Sunn - Et la sienne ?

Etsuko - Il n'en a parlé qu'à sa mère, qui ne semble pas trop mécontente. Mais pour le reste de sa famille, ça risque d'être compliqué.

Sunn - Et vos villages respectifs ?

Un second obstacle infranchissable...

Etsuko - Ils n'en savent rien je pense. Et j'espère que ça restera ainsi. Je ne crois pas que ce soit si facilement acceptable. En tout cas, j'ai pas envie d'essayer.

Sunn - Oui, c'est mieux comme ça. Mais dis moi, est-ce que... est-ce que c'est sérieux ?

Etsuko - ... J'en ai l'impression.


Sunn - D'accord, je comprends.

Elle commença à comprendre tout doucement ce qui animait les réactions de son ami. Mais il ne lui laissa pas le temps d'en savoir plus. Se sentant en danger, il attrapa d'un bond son manteau et prétexta ne pas avoir vu l'heure, embrassa Etsuko sur la joue, et s'envola aussi vite qu'il était arrivé. Elle resta quelques minutes à fixer la porte d'où il avait pris son envol. Puis elle parla seule, comme s'il était encore là.


Etsuko - Désolé Sunn.

Elle décrocha son manteau à son tour, pesta envers son ami qui s'était encore enfui sans payer sa note, puis se dirigea vers le parc Yumekuteka. En quelques minutes, elle se fraya un chemin à travers les buissons touffus et les passants paisibles, puis arriva au devant du plan d'eau aux nénuphars, qui lui rappelaient son ami aux prunelles d'ivoire, si loin d'elle, mais dont elle ressentait par à coups des sentiments divers à travers les sceaux gravés sur ses avant-bras. Cette synchronisation émotionnelle leur avait demandé du temps à maîtriser, pour éviter de trop déranger l'autre dans sa vie de tous les jours, tout en lui permettant de s'assurer que tout allait bien là bas chacun dans son pays. Elle sortit de son sac un pinceau fin, son encrier, puis s'installa sur les chaises de pierre. Sentant la toux et les palpitations revenir, elle attrapa son inhalateur et inspira une grande bouffée de poudre, qui l'apaisa aussitôt. Commença alors le long voyage serein et paisible des mots qui se fixent sur le papier.

Citation :
A mon Cygne aux prunelles d'Ivoire,

Je vais bien. Tout va bien ici. Je n'ai pas revu Kaede depuis ta venue mais je suppose qu'elle va bien. Chez nous les enfants sont nombreux, et ils vivent dans une relative sérénité jusqu'au jour de leurs premiers pas comme membres du clan. Kaede s'est vue assigner son binôme, la personne avec qui elle partagera sa vie en tant qu'assassin. C'est une étape cruciale, il va falloir qu'elle s'adapte. J'espère qu'elle aura autant de chance que j'en ai eu moi-même à cette époque. Je suis assise devant les nénuphars du parc de Kumo. Des cygnes se baladent souvent dans le lac autour, ils me font penser à toi.
J'espère que tu iras bien au retour de ton expédition. Prends soin de toi surtout, je ne veux pas te retrouver en miettes quand je te reverrai. Je réfléchissais d'ailleurs à un moyen de nous voir bientôt...

Elle termina sa lettre à mesure que le soleil montait à l'horizon, et que le souffle du vent lui apportait mille et une effluves boisées ou florales de ce parc enchanteur.


J'emmène au creux de mon ombre des poussières de toi. Le vent les portera.

MessageSujet: Re: [Epistolaire] Dans les serres de l'oiseau messager...    Mer 5 Oct - 21:41

Estuko Toshiya (niveau 13)
: + 20% Bonus Inclus
: + 17 XP


Jin' (niveau 16)
: + 30% Bonus Inclus
: + 5 XP


: Pause XP demandée...


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Shinjin Isatsu
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MessageSujet: Re: [Epistolaire] Dans les serres de l'oiseau messager...    Mer 18 Jan - 0:17

Etsuko, pour cette fois, j'ai laissé tombé le rouleau de parchemin, et j'utilise un véritable feuillet pour te compter les choses qui me sont arrivées lors de ma mission pour maître Higaï. Je n'ai nullement l'intention, ni la prétention de me dire écrivain, mais désire seulement partager ma vie avec toi. En espérant ne pas te manquer de politesse. Je ne cherche pas non plus à excuser mon lent silence, mais je veux que tu sache à quoi il est du.


Maître Higaï n'était pas là. J'eus beau faire le tour du dojo pour tout de même vérifier, je l'ai su à partir du moment où j'ai vu le rouleau scellé à mon nom sur la porte de son dojo, que je n'ai pas décroché pour autant. Une fois assuré que j'étais effectivement seul, j'ai ouvert le parchemin. Ce n'est pas dans les habitudes de mon maître de laisser des directives par voie écrite. En général, quand il a quelque chose à me dire, il me le disait face à face, et ne passait pas par quatre chemins. De plus, n'étant pas en activité, il devrait avoir le temps de s'occuper de son élève... mais je n'osai pas désobéir aux directives, trop paranoïaque au point de croire qu'il était capable d'observer mes réactions et de venir me rétamer si ce qu'il demandait n'était pas fait. Une fois le rouleau déroulé, mes yeux tombèrent sur ce message que je relisais ensuite une deuxième fois, pour en être bien sure.

Citation :

Tu vas te rendre au 24,5 – 30,1° Sud Ouest dans la forêt de Konoha, et y rester en parfaite autonomie durant un mois. Durant cette période, tu n'as le droit à aucun contact avec d'autres personnes. Tu peux emporter tes affaires.

Cette fois, c'était un exercice de survie que j'allais devoir subir. Ces coordonnées, je ne les connaissais pas, mais je comptais y remédier. La forêt et grande, et aux débuts du village, je savais qu'elle avait été cartographiée, toujours dans la prévision d'une guerre. Il y a maintenant quelques mois que je n'étais pas entré dans la bibliothèque, mais la femme qui y trône, intemporelle, derrière le comptoir de la bibliothèque de Konoha ne semblait même pas avoir remarqué ma disparition de ses étales. J'arrivais cependant à éveiller sa curiosité lorsque je lui demandai où se trouvaient les cartes (ce n'étaient pas mes lectures habituelles, et je m'avance même en disant que ce ne sont pas les lectures habituelles de qui que ce soit). C'est elle qui vint en personne m'ouvrir une petite salle. Je soupçonne au passage que si j'avais été genin, la petite salle ne m'aurait sans doute pas été ouverte aussi facilement. À l'intérieur, je n'avais aucun mal à trouver les coordonnées que je cherchais. J'entends encore le grand rouleau de papier se dérouler sur une table, levant un léger nuage de poussière qui reste ensuite en suspension dans l'air. En voyant la femme à travers ce voile, elle donne l'impression d'être immatérielle. Les coordonnées désignaient une zone bien précise, d'à peu près cent cinquante kilomètres sur deux cents, en se fiant à l'échelle. Des tâches, pas bleues, mais vertes, étaient disposées dans dans la zone, et un peu autour.

Quand je demandais si ces tâches étaient bien des zones d'eau, elle me répondit que oui, et que j'avais devant les yeux un des rares marais de la forêt de Konoha. Sans politesse, elle me demandait également pourquoi cet endroit m'intéressait tellement. Quand je lui ai répondu que je comptais m'y rendre, son visage s'est fermé, et j'eus l'impression de manquer quelque chose de crucial. Elle tourna les talons en me demandant de la prévenir lorsque je quitterai la salle pour qu'elle puisse la refermer. En y regardant de plus près, sur la carte, il n'y avait aucun village, même pas une habitation ou un poste stratégique désigné à plus de cent kilomètres à la ronde. Apparemment, cela est une zone où l'homme n'a pas su percer. Un vrai désert de végétation et d'animaux. De plus, aucune route n'y passe, j'allais devoir avancer à travers la végétation. J'ai remis la carte à sa place après l'avoir enroulée, puis signalé à la femme que j'avais quitté la salle, en lui posant une question, mais elle répondit qu'il n'y avait aucun ouvrage disponible qui traitait de la faune ou de la flore de ce marais, en particulier. Elle rajouta que cela ne servirait pas à grand chose de regarder celles d'autres marais, celui-ci n'était pas comme les autres : on parle d'un volcan en dessous, qui s'activerait de temps en temps. La théorie se tient, cela expliquerait l'absence de l'homme. Une défaite face à la nature.

La maison était vide quand je préparai mes affaires. De quoi fournir les premiers soins, deux armes (kunaï et saï), fil, de quoi manger sur la route, une boussole, des affaires de rechanges... le parfait petit paquetage du shinobi pour une longue expédition. Je ne pense pas que l'ennui du voyage pour arriver jusqu'aux abords de ma destination soit nécessaire à mon récit, alors je te l'épargne. Par contre, pour te faire comprendre quel a pu être mon état d'esprit quand j'y suis rentré, je reprends à un chef lieu du nom de Nairobi, qui doit regrouper une centaine d'habitants tout au plus, qui fut mon dernier contact humain avant les marais.

On ne pouvait pas dire que le voyage avait été riche en péripéties, et même si je m'étais hâté, j'avais su économiser mon état. J'étais donc parfaitement en forme à mon entrée dans Nairobi. Il fallait justement que faire une halte afin de renouveler mon stock de nourriture, et des informations sur ce marais sont toujours bonnes à prendre. Pour les rations, ce fut vite trouvé, les gens étaient ravis de voir un étranger. Étant donné la géoposition du bourg, ils ne devaient pas effectivement voir passer beaucoup de monde. À force de conseils, je décidais même de passer la nuit dans l'auberge de Nairobi (l'Auberge de la Tortue), car à mon avis, les endroits où on se rassemble pour boire de l'alcool sont toujours ceux où l'on est capable de trouver le plus d'informations.
Arrivé à l'auberge, ma chambre prise, je mangeais à la seule table avec d'autres habitants, visiblement des habitués, et un maraîcher de passage. Quand vient la question de savoir pourquoi j'étais venu jusqu'ici, la réponse naturelle était que je comptais aller explorer les marais-sans-nom (oui, j'ai oublié de mentionner qu'entre temps, j'avais appris leur nom, à ces fameux marais). Un silence se fit, où les gens qui ne me fixaient pas évitaient de croiser le regard de quiconque. C'est le maraîcher qui me répondit.

Petit, personne n'est revenu de ces marais.


Ce à quoi je ne pus répondre que mon maître en était peut-être revenu, puisque c'était lui qui m'envoyait. Un vieux monsieur, assis au bout de la table, me demanda si par hasard je n'étais pas un prestigieux fils du clan Hyuuga. Ne voyant pas l'intérêt de mentir, je répondis que oui. Les autres personnes se turent lorsqu'il raconta son histoire. Ce marais appartenait autrefois au seigneur féodal du pays du Feu. Mais le terrain était inexploitable. Bien que fertile, une multitude de légendes trainaient autour, et chaque personne qui osait s'y aventurer disparaissait, si bien que tout projet d'irrigation ou de culture fut abandonné. Plus tard, son prix ayant baissé, la terre fut vendu à un temple, qui essaya lui aussi de le cartographier, sans succès. Le terrain changeant de main, un rumeur disait qu'il appartenait maintenant au clan Hyuuga de Konoha. J'en doutais, car au sein du clan, je n'en avais jamais entendu parler. Cependant, je gardais cette remarque pour moi, et me contentai d'acquiescer. Après, bien qu'il ai fini son récit, les gens gardèrent le silence, et une atmosphère étrange vint s'installer dans l'auberge. Comme si le fait d'avoir parlé de ce marais avait fait venir la peur et la méfiance s'attabler avec nous. Même une fois que j'avais quitté la table pour rejoindre ma chambre, l'atmosphère continuait de perdurer, autour de nous, collante, étouffante. Inutile de dire que la nuit ne fut pas bonne. Et pas seulement pour moi, le lendemain, les gens avaient des cernes, et j'avais l'impression qu'ils me reprochaient cette atmosphère : c'était moi qui avait amené le sujet de discussion, c'était donc moi le responsable de leur mauvaise nuit.

Je m'empressai donc de partir le lendemain matin. Il n'y avait que l'aubergiste, levé un peu avant les aurores, qui me servit le repas qui allait avec le gîte. Là encore, il ne parla pas, mas juste avant que j'y aille, il me dit qu'il ne fallait pas que je me sente obligé de faire. Il pouvait m'héberger quelques temps, en échanges de tâches, et je pourrais toujours raconter que j'y avais été. Refus poli, mais catégorique. Quand il me vit partir dans la brume, je me rappelle penser qu'il se disait ne plus me revoir, et que c'était bien dommage.
Le chemin commença à être laborieux une fois que j'eus quitté la route. Plus aucune signalisation, je n'avais que la boussole pour essayer de rallier le marais. Les arbres étaient encore facile d'accès, je pouvais circuler, mais l'atmosphère qu'ils dégageaient n'étaient pas du tout la même que celle des forêts aux abords du village de la feuill. Je me sentais oppressé. Puis, vinrent les marais. On les sentait avant de les voir. Quelques heures avant de les voir, même. D'abord une légère odeur de souffre, qui gagna en intensité. Je décidais même de ralentir ma cadence, afin de pouvoir m'accoutumer à ces effluves nauséabonds d'œufs pourris. Mais ce n'était pas la seule chose. La végétation changeait, et toutes les choses que j'avais pu connaître n'était plus. Des plantes qui vivent des choses qu'elles mangent! Mieux valait pour moi qu'elles restent à leur taille suffisante pour ne manger que les moucherons, et non moi. Une végétation changeante, à cause du climat : avec plus de chaleur, plus d'humidité. Et puis la dernière chose, qui m'a le plus déstabilisé : le silence. Il n'y avait aucun bruit d'oiseau, de branche qui craque ou d'animaux qui bougent au loin. Rien, le silence le plus total, que je n'osais dérangeait. Cela produisit un tel malaise, que je décidais même d'utiliser ma capacité héréditaire pour vérifier cette absence de vie. Il y en avait bien, de la vie, des oiseaux, même. Mais rien de bougeait, s'ils se déplaçaient, c'était en silence. Aucun animal de produisait le moindre son.

Et je n'avais pas encore atteint les coordonnées de mon maître, qui visait un îlot parmi les marais. Il me fallait environ trois jours pour les traverser, selon mon estimation. J'en mis neuf. Au bout du deuxième jour, j'avais compris. Les arbres n'étaient ni assez haut, ni assez fort pour que je puisse m'y déplacer. Il ne restait que le sol, mais le sol n'est pas sur. Nombre de fois, j'ai évité de me prendre dans des branchages gluants qui n'attendaient que de digérer quelque chose, de m'empêtrer dans des sables mouvants, de tomber dans les eaux infectes... Le waza m'aidait bien, mais marcher sur de l'eau, c'est complétement différent de marcher sur un marécage putride. Il faut y éviter les poches de gaz, nocives (j'ai vu des tas de plantes mortes à côté de ces poches de gaz). Mais il y avait aussi le manque de sommeil : je n'arrivais pas à dormir. Quand tout est si silencieux et pourtant si dangereux, on n'entend pas le danger venir (si danger il y avait). Mes nuits se faisaient courtes, ce qui n'arrangeait pas mon état. La nourriture était rationnée. Même si une loi de l'équilibre veut que dans un endroit comme celui là, on doit trouver quelque chose de magnifique, il y avait peu de chances pour que ce soit à manger.

En un sens, je comprenais pourquoi personne n'était revenu. Au quatrième jour, ma boussole s'emballa, et plus moyen de lui donner raison. Par chance, je connaissais la direction, et je déchirai, à intervalle régulier, un bout de fil ninja imbibé de mon chakra. De cette façon, avec mon Byakugan, j'avais une ligne dans le dos, qui m'indiquait la direction que je devais suivre. À ce stade, je prenais régulièrement une pause, pour monter au sommet d'un arbre, cherchant désespérément un air plus respirable. D'une personne extérieure, ce qui devait être nauséabond, pour moi, était une bouffée d'air frais. Un second problème se posait sérieusement : celui de l'hygiène. Je n'avais absolument rien pour me laver. C'est ce qui me ralentit, car je devais chauffer l'eau des marais, la faire bouillir avant de me laver. Et, en cas de manque de feu, je pouvais toujours en faire suinter de moi par mon affinité, mais mes réserves de chakra aussi, je les comptais.

C'est au septième jour que les choses commencèrent à se corser pour moi. Alors que je continuai vers la position tend recherchée, le silence se rompit d'un coup. Toutes formes de vies s'étaient mises à faire de bruit, à cavaler, bruisser, ramper, crier. Une quinquaphonie insupportable et aigüe. Mes oreille, je les bouchaient. Ce qui s'avéra être une mauvaise idée. Lorsque je laissais mon Byakugan s'exprimer pour essayer de déterminer ce qui n'allait pas, je remarquais que toutes les formes de vies (te souviens-tu, je t'avais dit avoir vu une plante carnivore mangé une mouche, en espérant qu'elle ne serait jamais assez grande pour me manger? Et bien là, elle pouvait même me manger plusieurs fois, et se déplaçaient étrangement vite!) étaient en train de se diriger vers moi. Aucune fuite possible. La bonne idée du siècle, comme dirait un ami : le henge en plante. C'était du cinquante-cinquante, mais de toute façon, mes choix restaient assez limités, quand on se retrouve chargé sur trois cent soixante degrés. Je n'y crus pas, mais cela marcha. Je pus voir même des lianes, des serpents, des lézard trop longs, des araignées trop grandes, des lombrics et des milles pattes pouvant attaquer un bœuf, trépigner et tourner autour de moi, sans me trouver. Il ne restait plus qu'à espérer qu'ils s'en aillent tous avant que mon chakra ne vienne à manquer. Ce qui était mal parti. J'avais l'impression qu'ils tenaient tous conciliabule entre eux, et avec le marais, pour chercher à comprendre où j'étais passé. C'est quand ils s'immobilisèrent tous pour se retourner de concert vers un arbre qui n'était pas là hier que je compris que j'avais été repéré. Je bénéficiai de l'effet surprise en - faisant tomber le Henge – chouttant dans un cailloux le plus haut et le plus loin que je pouvais. Un Kawirimi sur le caillou me donna trois avantages : je passais outre leur ligne, je reprenais une bouffée d'air frais, et j'avançais, toujours et encore, vers ma destination. Plus de question sur la Waza, je fonçais. N'ayant plus besoin de mes yeux blancs pour les repérer, ils faisaient assez de bruit. Mais les insectes se déplacent vite sur de courtes distances, pas sur des longues. En une heure, je n'avais plus personne derrière moi, mais les choses autour de moi ne tardaient jamais à s'animer. Ne pouvant plus dormir, le meilleur choix était celui de me rapprocher de ma destination. Plus je m'approchai, plus la température montait. Mais je remarquai également que l'air se faisait moins oppressant, moins lourd et nauséabond, plus respirable. Pourtant, sur la carte, c'était bien le centre du marais. Même si j'avais continué de placer les bout de fils de chakra, se pouvait-il qu'on les ait déplacer? Non, il n'aurait pas eu le temps. Mais je ne cessais de douter de mon orientation. Ce serait salutaire de sortir des marais. Ou était-ce moi qui commençait à m'habituer à un nouveau style de vie?

Quand je décidai de ressortir la boussole, elle indiquait une direction : ma destination. Mais je fis le test, car je m'en doutais. La flèche indiquait ma destination, elle n'était plus orienté vers les nord. Une forte activité géologique peut être à l'origine de ce défaut. En y repensant, maître Higaï ne m'aurait pas indiqué ce marais uniquement pour les dangers qui s'y trouvent. Il voulait peut-être savoir si j'allais aller au delà. À ce moment là, je n'avais vraiment plus grand chose à perdre. Mon état me faisait relativiser sur tout ce qui pouvait m'arriver, car cela pouvait difficilement être pire. C'est ce que je pensais à ce moment, et je m'étais trompé. Une des choses qui pouvaient empirer, c'était la qualité de mes combattants. Autant dire qu'un bâton qui vient vers moi, accroché à un singe qui faisait du ninjutsu avec ses pieds, c'est nettement mieux que des insectes qui n'ont même pas le temps de me voir passer.

En espérant que le ninjutsu était là au cas où j'évitais le bâton, je pris le coup. Volontairement. Ce qui me permit de le voir sous tous les angles. Mes prochaines actions furent de sortir mon saï, et de tenter de le désarmer par tous les moyens possibles et inimaginables. Ce que je réussis à merveille. À ce moment, une lame d'énergie lui fit perdre de vue son arme, et j'en profitait pour placer un clone, et un Henge en bâton (cette technique peut sauver quelqu'un un nombre incalculable de fois). Il me prit pour exploser le clone, eut l'air surpris, puis c'est moi qui le fut en le voyant partir vers ma destination. Là, je me dis que j'avais eu énormément de chances qu'il n'ait pas vu le deuxième bâton – le vrai. Pour le coup, l'adage « l'homme crée, le singe imite » en prenez un coup. On me transportait donc. Seulement mon chakra vint à manquer, et faute d'autres choses, je réapparaissais simplement en assommant le singe d'un uppercut bien placé. Je ligotai la bête, et le silence revenu, plus aucune intention hostile à mon égard, je restais à côté de lui. Quand il émergea, je me demandais bien comment j'allais pouvoir obtenir quoi que ce soit d'un singe. C'est lui qui répondit à ma question :

[Fukong] – C'est malin, ça.

Je ne savais pas s'il parlait de ma façon de l'avoir vaincu, ou qu'il ironisait sur sa situation.

[Fukong] – Où est mon vrai bâton?

[Jin'] – Là où vous l'avez laissé. Je peux savoir pourquoi vous m'avez attaqué?

[Fukong] – Sais-tu à quel point un bon bâton est dur à trouver ici? Il va m'en falloir un autre, maintenant!

Je ne répondais pas, attendant patiemment qu'il réponde à ma question.

[Fukong] – Je suis Fukong, Fukong le Protecteur.

[Jin'] – Shinjin Hyuuga. Le protecteur de quoi?

[Fukong] – Du Sijin! Tu ne viens pas du marais?

[Jin'] – Non. Qu'est-ce que le Sijin?

[Fukong] – Libère moi, et je t'y emmène.

[Jin'] – Non. Tu me guideras.

Il n'y voyait pas d'inconvénient. De mon côté, je pensais alors qu'il devait s'agir d'un kuchyose, ou une espèce semblable. Du coup, je pensais que je pouvais lui faire confiance, et décidai même de le libérer. Nous avons marchés deux bonnes heures. Et si en entrant dans les marés, le paysage avait changé de façon rapide, la métamorphose qui s'opéra ici était quasi instantané. Il y avait une berge, et au delà, une eau aussi limpide que les plus beaux diamants. Au milieu de ce lac aux milles feux, une île en forme de colline qui s'élevait sur une bonne centaine de mètres, pour surement un ou deux kilomètres de diamètre. Recouvertes d'une végétation seine. Pas marécageuse, plus du style des chênes et arbres centenaires de mon village. Un paysage qui n'avait absolument rien à faire ici. Plusieurs fois, durant les minutes qui suivirent cette découverte, j'ai fait un ninjutsu de rupture de gen, tellement cela me paraissait inconcevable. Mais je m'y fis. Assez rapidement même. La voilà, ma chose extraordinaire au milieu de ces décors putrides.

[m'interrompez pas dans mon élan!]


La faim justifie les moyens...
Shinjin Isatsu
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MessageSujet: Re: [Epistolaire] Dans les serres de l'oiseau messager...    Jeu 19 Jan - 2:27

Cela allait de soit, le singe utilisait le Waza. À mon avis, il y avait sans doutes des techniques qu'il était en mesure de m'apprendre. La question qui se posait étant son envie de mes les apprendre. Avec un Waza belliqueux, comme mes forces me le permettaient, je le suivis jusqu'à l'île centrale. On y mit les pieds. La terre était bizarre, la végétation aussi. Rien de connu. Si j'avais eu encore assez de chakra, mon nyakugan m'aurait prévenu. Mais non. Trois, puis cinq, dix, une vingtaine d'autres singes surgirent des arbres. Au dessus de moi, j'eus à peine le temps de remarque le véritable enchevêtrement de cordages et de ponts entre les arbres. Il y avait un village là haut. Un singe, plus costaud, et qui tenait plus de l'orang-outan, avec une longue barbe, et un bateau surement issu d'un arbre centenaire, s'avança vers moi.

[Oban Sou] – Bonjour étranger. Qui es-tu, que veux-tu, et pourquoi as tu en ta possession un des notres.

Il me semble que j'ai assez bien décrit mon périple pour que tu puisses comprendre dans quel état j'étais. Je n'ai donc aucune honte à te dire que ce furent les derniers mots que j'entendis durant plusieurs jours. Je tombais inconscient, exténué. Même si aujourd'hui je puis dire que mon inconscient avait permis cette dérive, se trouvant dans un lieu sans danger immédiat. Seulement je ne souhaite tout de même pas retomber dans la précarité de cette situation.
À mon réveil, j'étais étendu sur un lit de végétation. Un vrai lit, avec de la vrai végétation. J'avais assez récupéré pour me redresser, puis pour me lever. Les goûts que j'avais en bouche m'indiquèrent que j'avais été nourri, et quand je sortis, une plus grande surprise m'attendait. Tous les cases, ou les abris, maisons, se trouvaient dans des arbres, à quelques dizaines de mètres de haut, reliés par des ponts suspendus, ou juste par une liane verticale auxquelles je supposais qu'il fallait se lancer pour s'accrocher et se laisser ensuite porter. Mais les différents logis n'étais pas taillés dans les arbres : il n'y avait aucune trace de violence. Ces singes ne vivaient pas dans des arbres, mais avec des arbres. À portée de ma vue, je pouvais voir des logis en train de se façonner dans des troncs. Comme si les arbres avaient la volonté propre d'accueillir ce peuple en son sein. Du jamais vu. Fukong tomba derrière moi.

[Fukong] – Tu es levé. Tant mieux. Le Sage veut te voir.

Je le suivis, avec la nette impression qu'il n'emprunter que des passerelles pour ma faciliter la tâche. Au fur et à mesure que nous avancions, nous nous dirigions vers le centre de l'île, et les arbres se faisaient plus haut, plus épais, plus majestueux. Si bien, qu'à un moment, le village se séparait sur plusieurs étages. Finalement, un énorme tronc, dans un arbre tout aussi impressionnant, trônait au milieu. Le diamètre de son tronc devait bien faire une centaine de mètre, et sa cime était or de vue. Il y avait une ouverture, dans ce tronc, digne des plus grands temple qu'il m'ait été donné de fréquenté. À l'intérieur, la pièce était ronde, avec un trône de bois, fusionné avec le sol, en face de l'entrée. De même, des boxes, des décors, et des estrades faisaient également partis de l'arbre, sur lesquels d'autres singes, plus vieux que jeunes, siégeaient. Fukong s'agenouilla en marque de respect, devant ce qui devait une centaine de personne. En tenant compte que j'étais libre et surement en bonne santé, je fis de même. Ce qui leur plu.

[Oban Sou] – Nous nous retrouvons, étranger.

[Jin] – Je me nomme Shinjin Hyuuga.

Un murmure parcourut la salle. L'orang-outan aux poils d'argent acquiesça.

[Oban Sou] – Je suis Oban Sou, grand Sage de la cité du Sijin. Et tu as le privilège d'être en présence du conseil de cette cité majestueuse, que je préside.

Dans ce genre de situation, je ne savais que répondre. Une démocratie de singe. Honnêtement, il y quinze jours, en me levant à Konoha, j'étais loin de me douter de ce qui allait m'arriver. Il fallait les remercier, pour les soins qu'ils m'avaient prodiguer, et de la liberté qu'ils avaient choisi de me laisser.

[Jin'] – Je vous remercie de votre traitement. Et je m'excuse aussi, auprès de Fukong, pour l'avoir trompé.

[Fukong] – C'est rien. Je t'ai attaqué après tout.

[Oban Sou] – Fukong!!!

La voix résonna dans toute la salle, la faisant vibre. S'il y avait des murmures, ou de l'agitation, tout s'était figé. Personne ne parlait, et tout le monde se demandait ce qui allait se passer. Y compris moi, en plus de me demander ce que Fukong avait bien pu faire pour que la Sage de la cité du Sijin s'énerve ainsi.

[Oba Sou] – Nous tolérons que notre étranger ne soit pas au courant de nos coutumes. Ce qui n'est pas ton cas. Dehors!

Au moins, ça montrait qui était le chef. Fukong sortit en galopant, comme les singes se déplacent, me laissant seul devant une assemblée dont je n'avais aucune information. Les portes se fermèrent, alors que derrière, je pouvais voir des têtes essayer de glaner quelques informations sur ce qui allait se passer dans ce conseil. C'est visiblement moi qui en faisait l'objet. Mais aucune idée du pourquoi, du comment, ou toutes autres choses.

[Oba Sou] – D'où viens-tu, Shinjin Hyuuga?

[Jin'] – Je suis chuunin de Konoha.

Il se concerta dans une langue que je ne comprenais pas avec quelques autres singes du conseil.

[Oba Sou] – Qui est Konoha?

Toute cette concertation pour cela? Mais des éléments commencèrent à apparaître. S'ils ne connaissaient pas Konoha, il est probable qu'ils ne connaissent pas non plus les autres villages cachés. S'ils ne sont pas au courant de la conjoncture actuelle, on en déduit facilement qu'ils vivent en autarcie et en marge de notre monde, avec leur propre coutumes, lois et politique, comme ce que je peux voir actuellement. Le conseil doit prendre les décisions importantes pou ce peuple, qui n'est plus du tout primate. Et ce même conseil doit être dirigé par Oba Sou, le Sage. Pourquoi « sage »? Peut-être car il l'est? Ou bien parce qu'il est le plus vieux d'entre eux? J'ai donc pris la décision de les mettre au courant de ma position, ainsi que de celle de Konoha.

[Jin'] – Konoha est un village shinobi. Ce n'est pas le seul, c'est c'est un des plus grands, et j'en suis un soldat. Chuunin est donc mon rang dans cette armée.

Comment voulais-tu que je leur résume tout, d'un coup, d'emblée? Encore une fois, ils parlèrent et murmurèrent dans leur langue. C'est là que ça me frappa : ils avaient leur propre langue, mais visiblement, ils parlaient aussi la notre. Il avaient donc du avoir un contact avec le monde extérieur, c'était très probable. Et pourtant...

[Oba Sou] – Qu'en pense Satochi Shingo?

De là, nous pouvons aisément comprendre que leur contact avec l'extérieur remonte au temps des samouraïs. Mais Oba Sou semblait en parlait avec familiarité, comme si il le connaissait. Ce qui le place effectivement à plus de quelques centaines d'années. Une extrême longévité. De même, ce peuple vit depuis longtemps, et ce à l'insu de toutes les nations. Les marais étaient effectivement très rudes, mais je peine à croire que les shinobis les plus puissants n'ont pas su aller là où les samouraïs les plus forts ont foulé le sol de leur pied.

[Jin'] – Je crains d'avoir une mauvaise nouvelle. Les temps des samouraïs est révolu depuis deux cents ans. Il a été remplacé par l'ère shinobi.

Là, ce ne furent pas que des murmures, mais des éclats de voies. Les gens s'indignaient. Un singe, plastronné et beaucoup plus massif que les autres se leva, appuyé sur ses membre supérieurs, il dominait toute la salle.

[Funma] – Foutaises! Prouve ce que tu avances, Shinobi!

[Jin'] – Ma présence est une preuve.

Le gorille frappa le sol de ses puissants membres supérieurs. Son poing provoqua une secousse qui fit trembler tout l'arbre, et sa voix résonna, encore plus forte que celle d'Oba Sou.

[Funma] – Tu mens!

Je m'adressai cette fois à Oba Sou, tandis que le gorille entreprenait de se déplacer vers moi. Ce qui me plaçait dans une situation assez précaire. Encaisser un coup d'Higaï-sama, c'est un chose. Ce gorille était capable de m'arracher la tête en une baffe, et nous le savions tous les deux. Il fallait prier pour que les eusses et coutumes de ce peuple l'empêcheraient de faire une chose pareille.

[Jin'] – Alors que j'avais malmené un des vôtres, vous m'avez accueilli, nourri, soigné... quel est l'intérêt de vous mentir? Je ne savais même pas que vous existiez hier!

Durant un moment, Oba Sou parut réfléchir. Et pendant qu'il se concertait lui même, le gorille avançait. Il se plaça à coté de moi, et me regarda, en fronçant les sourcils. Un regard sévère, cruel.

[Oba Sou] – Funma! Laisse le.

Il mit un certain temps avant de bouger. J'étais sur mes gardes, prêt à me battre s'il le fallait. Mais il abdiqua. Heureusement pour moi. On ne se bat pas contre une montagne. C'est là que ça me traversa. Fukong avait utilisé le ninjutsu. Or il n'existait pas, du temps des samouraïs.

[Oba Sou] – Shinjin l'étranger... nous avons déclenché une session extraordinaire pour toi. Nous en déclencherons une autre, demain. Tu répondras à nos questions, et tu dois également en avoir. Funma est à ta disposition.

Le gorille n'avait pas l'air plus enchanté que cela, mais nous savions tous que cela voulait en fait dire qu'il veillait à ce que je ne décide pas de leur fausser compagnie. J'étais passé à l'état de captif, sur un terrain qui m'était défavorable. Il me raccompagna là où je m'étais réveillé. Avant d'entrer, il me regarda, et me retint par l'épaule de sa main géante.

[Funma] – Cela fait quatre jours que tu dors, humain. Tu es faible, tâche de ne pas l'oublier.

La nuit fut agitée. Mais j'y fis également une découverte intéressante. En utilisant le dojutsu familial, afin de vérifier le poste de Funma, j'ai remarqué la présence de vaisseau de chakra dans les arbres, les parois, le bois. Et le chakra était le même sur tous les arbres. Il était peu probable que toute cette forêt, tout cet îlot de nature soit le résultat d'une même entité, et pourtant, tout semblait l'indiquer. Un peuple avec beaucoup de mystères. C'est Funma qui me réveilla, pour m'escorter jusqu'au centre de la cité du Sijin. Même si cela devait être un conseil, en y réfléchissant, c'était plus un procès, dont l'issue était ce dont on allait faire de moi, étranger annonciateur de mauvaises nouvelles. Nous étions parmi les premiers, et je voyais les différentes espèces du singe se décliner devant moi. L'arbre était assez complet. Oba Sou fut le dernier à s'assoir sur ton trône. Le silence se fit.

[Oba Sou] – Bien. Nous sommes en présence de Shinjin Hyuuga, ambassadeur du dehors, afin qu'il nous tienne au courant des événements qui ont secoué son monde.

L'assemblée s'agita, et une voix plus forte que d'autres demanda ce qu'il était advenu des samouraïs. Que répondre? Que les shinobis les avaient annihilés, ce qui me plaçait pas sur la liste de leur faveur. La situation était assez délicate de mon point de vue. Mais avec les marais que je venais de traverser, tout était relatif.

[Jin'] – Ils ont été annihilés par les générations précédentes des shinbis.

[Oba Sou] – Comment les samouraïs ont-ils pu tomber?

[Jin'] – Après que leur quatre grands fondateurs se soient retirés. Je vous laisse imaginer comment se comporte une armée privé de ses chefs, avec un corps qui fait le coupable idéal. Ce qui mit le feu aux poudre fut la mort de Katsuko, de la caste du vent. On raconte que l'assassinat aurait été perpétré par Yui, mais rien n'a jamais été prouvé. Seulement le mal était fait, et le monde de l'extérieur sombra dans un grand chaos, dont ressortirent les shinobis, apparaissant comme l'alternative au monde samouraï, ayant visiblement échoué. Le moteur principal qui permet de faire tourne le monde, aujourd'hui, n'est plus l'honneur, mais l'argent.

Une voix, encore plus forte que les autre, souligna que c'était peut-être la raison pour laquelle ils n'avaient plus vu le maître de la terre depuis longtemps. Longtemps? Mais quelle est leur durée de vie?

[Oba Sou] – Soit. Je désire en savoir plus sur le monde shinobi.

[Jin']- Les shinobis utilisent différentes formes de combat. Ils se regroupent en village, chargés de protéger les nations qui sont apparues durant le monde samouraï.

[Oba Sou] – Comme le pays de la terre, de la brume, des montagnes, du sable et du feu?

[Jin'] – Exactement. Et nous utilisons également le ninjutsu, avec des taos.

[Funma] – Ce que tu appelle ninjutsu, nous l'appelons magie.

Différence de point de vue.

[Jin'] – Comment l'avez-vous appris?

[Oba Sou] – Ce savoir ne t'es pas permis, étranger.

Un silence, pendant lequel Oba Sou n'était sans doute pas le seul à réfléchir.

[Oba Sou] – Nous te congédions. Le Conseil va délibérer, sur ce que nous allons faire de ton cas, notamment.

On me raccompagna dehors, et les portes du Conseil se fermèrent à nouveau. Devant moi, cette fois. Funma jouissait d'une place plus importante que Funkong, car c'est ce dernier qui était maintenant chargé de m'escorter. Au lieu de rentrer directement, je décidai de visiter cette cité dans les arbres. En fait, le conseil, dans ce qui était l'arbre mère, était au centre. Autour, on pouvait sans doute parler de centre ville, relié par des ponts, résultats de branches enchevêtrées ou aménagés. Ce centre ville circulaire était ensuite délimité par des arbres qui n'accueillaient plus personnes, mais qui servait de repère pou d'éventuelles défense. Ils avaient donc un soucis de protection. Dans ces défenses, on ne se déplaçait plus sur des ponts, mais en sautant des distances et des hauteurs incroyables, en se rattrapant, se laissant balancé, et en recommençant. Étant humain, il fallait avoir une sacré confiance en soit. Ce n'était plus inné et naturel comme chez les primates. Mais pas infaisable. Fukong me regardait. Je pense qu'il était curieux de savoir si j'en étais capable. Pas aussi curieux que moi. Après avoir jaugé la hauteur, puis pris de l'élan, je me lançai dans le vide.

Je me souviens particulièrement bien de ce moment. Et de cette sensation de liberté qu'on a quand on vole, durant quelques instants. Cette sensation peut rapidement devenir une drogue. De l'air, de la fraîcheur, de l'espace. Mais contrairement aux shinobis, qui se déplacent de toit en toit, de branche en branche, les singes possèdent deux paires de mains. Aussi, ils ont besoin de beaucoup moins de surface pour se réceptionner. Il y a une deuxième raison pour laquelle je me souviens très bien de ce moment, c'est que j'ai failli mourir dans une chute d'une quarantaine de mètres si Fukong, avec une agilité, une rapidité et une précision défiant tout entendement, ne m'avait pas rattrapé. Il me remonta (j'étais agrippé dans son dos), et me ramena sur la plateforme.

[Fukong] – Tu as failli mourir, étranger. Ce n'est pas fait pour toi.

J'allais réessayé quand il me retint.

[Fukong] – Je t'ai sauvé une fois, ne me tente pas. Suis moi.

Il traça son chemin, et on parcourut pas mal d'arbres, pour finalement poser pied à terre. Devant nous se tenaient une multitude de lianes et de plateformes basses. Le décor était irréel. Mais je le compris. Le temps que la végétation et les arbres poussent, ces plateformes s'agrandiraient, monteraient, et feraient sans doute, dans des décennies, parties du village qui se tenait au dessus de nous. La forêt poussait pour ce peuple.

[Fukong] – On l'appelle le parc à liane, et c'est ici qu'on emmène les enfants pour qu'ils s'habituent à leur environnement. Tu devrais tomber de moins haut.

Des enfants... voilà à quoi j'étais relégué. La condition de chuunin venait d'en prendre un coup. Je me lançai, à nouveau. Le nombre d'accroches limitaient beaucoup mes chances de tomber. Il était peu probable, d'un point de vue statistique, que je ne puisse pas me rattraper à quelque chose en pleine chute. Le soucis s'observait au bout de dix minutes, et c'était l'endurance. Cet exercice me demandait non seulement de solliciter nombres de muscles de façon intense, mais également un effort supplémentaire : je n'ai qu'une paire de mains. Au bout d'une vingtaine de minutes, ce n'est pas par manque de talent que je m'écrasais sur la mousse qui recouvrait le sol, mais par manque de ténacité. Je n'étais pas en condition. La parole n'était pas visiblement pas nécessaire pour que Fukong remarque ma faiblesse.

[Fukong] – Tu es faible. Les enfants s'amusent ici, tandis que toi, tu luttes contre ton propre corps.

C'était vrai. Nous sommes donc remontés, et je suis rentré dans ce qui étaient mes quartiers. Il y avait une bassine d'eau, avec laquelle je pus me nettoyer. Fukong était toujours devant l'entré. Beaucoup de cases n'avaient pas de portes, mais un décalage à l'entrée permettait la discrétion. À l'intérieur, la lumière venait d'en haut, par un trou dans la cime, et éclairait toutes les pièces. La nuit, on pouvait donc voir les étoiles. Je me demande comment ils font lorsqu'il pleut ou que le température baisse.

[Jin'] – Où mets-je les eaux usées?

[Fukong] – On les jettes à terre. Là se situe un espace pour ensuite mettre le wok. Demain matin, ils sera plein, car ce conduit canalise la rosée du matin.

Système intéressant. À ce moment, Oba Sou fit irruption, venant d'en haut. Pour son âge, il se déplaçait encore mieux que la plupart des singes que j'avais vu jusqu'à présent.

[Oba Sou] – Veux-tu venir manger à la maison, Shinjin Hyuuga?

[Jin'] – Ce serait un honneur.

[Oba Sou] – Très bien, suis moi.

Il repartit vers le haut. J'attendis quelques instants, dépité, lorsqu'il réapparut.

[Oba Sou] – Uh Uh Uh. J'avais oublié que tu n'es pas aussi agile que moi.

Il emprunta donc des passages que je pouvais pratiquer.

[Jin'] – Si vous êtes tous capables de vous déplacer de cette façon, pourquoi y a-t-il des passerelles?

Encore une fois, il rit de son rire de vieux singe.

[Oba Sou] – Crois-tu que ces lianes supportent le poids de Funma? Il pèse près d'une tonne, il faut bien que lui aussi, ainsi que son clan, puisse se déplacer.

C'est vrai, je n'y avais pas pensé. Finalement, nous sommes arrivés sur un grand arbre, voisin de l'arbre mère. Une fois entrée, je pus voir un exemple de la famille la plus nombreuse et la plus désordonnée qu'il m'est été donné de voir. Il y avait au moins quatre générations différentes qui vivaient là. Les plus petites, faisant à peine la taille d'une baguette, couraient dans tous les sens. L'agitation s'arrêta à mon entrée. Un petit singe vint me voir. Je le remarquai, car il n'était pas comme les autres. Plus petit que les autres, avec une queue beaucoup plus longue, et un air malin, malicieux.

[Niko] – Ouais!! On a un humain à la maison!

Le signal était lancé, l'atmosphère détendue, et le vacarme et l'agitation reprirent de plus belle.

[Oba Sou] – Je te présente Niko, mon fils. Il était pressé de te rencontrer. Les étrangers se font rares, et les jeunes curieux.

Une singe arriva et dit qu'on allait passer à table. Une énorme table ronde. Oba Sou avait le plus grand siège. À sa gauche se tenait un autre singe à fier allure, qui devait être au conseil. Il m'avait placé à sa droite, entre lui et son enfant Niko. Fukong était également là. Ainsi qu'un trentaine, dont la moitié avec l'âge de Niko. Une famille très attractive.

[Niko] – Je suis Niko. D'où viens-tu?

[Jin'] – De Konoha. Un village presque aussi grand que le votre. Mais moins... perché.

[Niko] – Tu m'emmèneras?

[Jin'] – Si ton père veut bien.

[Niko] – Oba! S'il te plaît!

[Oba Sou] – Nous en rediscuterons, Niko.

Les plats arrivèrent. J'aurais du m'en douter avant. La nourriture de ce peuple est essentiellement composée d'insectes et de végétaux. Les plats abondaient en asticots et feuilles en tout genre. Il y en avait pour toutes les couleurs. Si eux les mangeaient, il n'y avait pas de raison pour que je ne les digère pas. Mais il fallait tout de même faire un gros travail à l'encontre de son éducation et de ses préjugés. C'est la première bouchée qui était la plus dure. Et figures toi qu'en fait, ce n'était pas si mauvais. J'en mangeai même un bol entier, au grand bonheur de mes voisins, et c'était plus qu'enrichissant. Un bol, et j'étais calé. Mais j'avais appris également une chose : mieux valait bien mâcher la prochaine, ça m'empêcher ai d'avoir la sensation bizarre de quelque chose bougeant dans mon estomac. Les enfants furent congédiés, et seuls quelques adultes restèrent. Huit mâles et deux femelles.

[Oba Sou] – Nous avons à parler.

Je lui donnai toute mon attention.

[Oba Sou] – Nous savons longuement débattu. Et nous avons pris la décision de te laisser partir. Dans un mois. Durant ce temps, tu devras nous en apprendre plus sur ton monde. Nous, nous t'en apprendrons plus sur le notre.

Un mois. C'était un choc. Qu'allait-il devenir de moi à Konoha. Les gens allaient-ils s'inquiéter? C'était ce genre de question qui me venait à l'esprit. J'espérais juste que maître Higaï les mettraient au courant, pour éviter que je sois relégué au rang de déserteur. Ce serait le pire, je crois. Nous finîmes de manger, et Oba Sou lui même me raccompagna chez moi, après que j'ai dit bonne nuit aux enfants. Je lui posai une question sur le chemin. Oui, Niko n'était pas son fils, mais un lémurien qu'il avait recueilli. Ses parents n'étaient pas des leurs, et vivaient plus loin dans les marais. Un peuple rival, qui survivait difficilement aux marais. Leur chef refusait de se soumettre à leurs lois, et le Conseil respectait cela, mais de plus en plus rejoignaient finalement la cité de Sijin. Ses parents étaient morts en essayant de les rejoindre, et Oba Sou avait adopté Niko, qui s'était très bien intégré. L'enfant le plus sournois qu'il n'ait jamais eu.

[Oba Sou] – Ce soir, tu ne seras pas gardé.

[Jin'] – Bâtir une relation de confiance avec le conseil est aussi important pour moi. Je ne m'en irait pas. Merci beaucoup de m'avoir invité.

[Oba Sou] – Remercie les enfants, ils voulaient absolument voir l'étranger.

Nous nous saluâmes, et je m'étendis sur ma paillasse, repus et fatigué. C'est également ce soir là que je commençais à tenir ce feuillet, car tu me manques, Etsuko, affreusement. Et ce mois, bien que nécessaire, sera un mois de plus sans toi.


La faim justifie les moyens...
Shinjin Isatsu
Aspirant de Konoha
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MessageSujet: Re: [Epistolaire] Dans les serres de l'oiseau messager...    Lun 30 Jan - 14:36

Que dire des premiers jours? Ils se sont déroulés dans une extrême monotonie. Comme Oba Sou me l'avait dit, je n'étais plus surveillé, et libre d'arpenter la cité. Aussi je mis quelques heures à essayer de retrouver le parc à lianes. C'est finalement quand je suis tombé sur Niko au détour d'un pont, qu'il m'a emmené avec joie. Il était dix fois plus agile que moi, dix fois plus rapide, et je dois l'admettre, dix fois plus malin. Il m'aida beaucoup dans mon entraînement, me conseillant. Évidemment, il dut revoir ses premières recommandations, où il voulait que j'utilise ma queue. C'est également lui qui me fit visiter la cité, et qui m'en appris un peu plus sur leur politique.
Dans la cité du Sijin, on rencontrer plusieurs races de singes, elles-même divisées en clan, mais pas toute. D'ailleurs, les clans les plus forts étaient ceux qui regroupait toute une espèce, comme celle des gorilles, ou des chimpanzés. Toutes leurs habitations étaient regroupées autour de l'arbre mère. Plus on en était proche, plus les clans étaient importants. Tous les mois, le conseil se réunissait afin de débattre des problèmes en cours : agrandissements, terrassements, nettoyage, guerre. Oui, la guerre ne leur était pas inconnu. C'est pour cela que des tours de gardes étaient instaurés. Il y avait des singes dissidents qui s'étaient enfuis, et essayaient parfois de revenir chahuter dans la cité. En général, il ne faisait pas long feu, dans les marais. Mais il y avait quelque chose de plus dangereux : le marais. Il n'entrait pas le lac, mais chassait tout ce qui en sortait ou voulait entrer. C'est en cela que les dissidents au dehors, s'ils ne mourraient pas, devenaient vite puissants pour survivre. C'était également le sujet d'entraînement de nombreux clans. Niko expliquait que j'y avais survécu, car le marais avait son attention portée sur le centre, par sur ses frontières, et que j'étais longtemps resté anonyme. Heureusement que j'étais tombé sur Fukong.

Souvent, j'étais amené à manger avec Niko et sa famille, et là, je discutai avec Oba Sou de la conjoncture du monde. Nous échangions nos idées. Ses remarques étaient pertinentes. Par exemple, il se demandait pourquoi nous n'arrivions pas à nous unir pour offrir un qualité de vie supérieure à tous les hommes, puisque nous en avions la possibilité. À chaque fois, nous en revenions à l'argent, et aux puissances. Il pensait que l'homme était avide de pouvoir, et que c'est en ça qu'il arrivait à maîtriser son prochain. De mon côté, je pensais que sa société, bien qu'idéale, n'était pas parfaite. Certains la quittaient, c'est bien qu'il ne s'y sentait pas à l'aise. Ce genre de débat animait souvent la table, et parfois, même, d'autres gens se mêlaient de la conversation. À tel point que grâce à nous, la table devint de plus en plus grande. Fukong et Funma vinrent même participer, et nous finîmes un peu ivre, car ils connaissaient également les secrets de la fabrication de l'alcool. Il y a des choses qui sont universelles.

Niko, lui, se désintéressait complétement de nos débats. J'avais reconstitué un jeu de shôgi, et lui apprit à jouer, au grand dam de sa mère, qui me maudit. Niko passait son temps dessus, et trouvait ce jeu très prenant. Souvent, il jouait quand je pratiquai le parc à lianes. Je m'améliorai, soit dit en passant. Des quinze premières minutes que j'avais évoqué, j'étais passé à une bonne heure. Au niveau de la confiance, aussi. J'arrivais à suivre certains singes, et me déplaçai de plus en plus loin de l'arbre mère. Je me baladais pieds nus, et ces derniers s'étaient assouplis, pour essayer de palier mon absence de phalanges correctes. Ce qui était également un grand plus pour mon équilibre.

Lorsque j'arrivais à la fin de la deuxième semaine, Funma me défia. Enfin il voulait voir ce que j'avais dans le ventre, voir comment les humains se battaient. Je pouvais difficilement refuser, d'autant que nos relations avaient bien évolué. Ils avaient, à côté de l'arbre mère, toujours, une sorte d'arène sur une plateforme plus basse, afin que les spectateurs puisses tous se placer en hauteur, et ne rien manquer du combat. C'était bien plus pratique que les arènes de notre monde.
Le combat ne dura pas très longtemps. Pour le résumer rapidement, on peut dire que je n'ai pas touché Funma, et que j'ai encaissé plusieurs dizaines de coups monstres. D'après ce que j'en entendis par la suite, le peuple avait été très impressionné par ma capacité à encaisser. C'est Funma lui-même qui avait arrêté le combat, en me disant que j'encaissai sans doute mieux que lui, et que c'était illogique, vue que je ne pesai même pas un dixième de son poids. J'ai préféré éviter de lui dire que j'avais un maître qui tapait aussi fort que lui et qui faisait aussi moins d'un dixième de son poids.

Plus les jours passaient, et plus ce peuple m'était sympathique. Peu de violence, pas d'argent, peu de mauvais sentiments. Ils donnaient sans rien attendre en retour, ce que je me pris également à faire plusieurs fois. Alors que j'étais en train d'écrire dans ma tante, Niko apparut comme par enchantement au milieu de la pièce. Heureusement que j'étais pas nerveux, ça a évité le sursaut. Par contre, sa capacité à apparaître ou bon lui semblait était très intéressante.

[Jin'] – Tu crois que tu pourrais m'apprendre aussi à apparaître comme ça?

[Niko] – C'est facile, tu fais les taos, en pensant fort à l'endroit où tu veux aller, et t'y es... Par contre, vise un endroit proche pour commencer, ça limitera le risque qu'il n'y ait qu'une partie de ton corps qui se transporte.

C'était pas très rassurant. Risqué, même, d'après lui. Mais il prenait les choses à la légère, et me montra les taos. Ils ressemblaient beaucoup à ceux pour la permutation, mais l'enchaînement était plus long. Je m'entraînai, et tout de suite, je senti que mon chakra se concentrait. Mais il avait envie de sortir, d'aller quelque part. Il attendait mon approbation. Derrière Niko? Je visualisai ce que je pouvais voir en étant derrière lui. Mon chakra suivit, à une vitesse phénoménale. Mon corps, par contre, rechigna un peu. Il lutta, et je dus vraiment l'obliger à effectuer quelque chose de désagréable. Vue de Niko, c'était un corps qui se déplaçait vite, et qui, à un moment donné, était à deux endroits en même temps. Il fallut que je m'accoude à la rambarde pour vomir par dessus. Niko rit.

[Niko] – Tu ne dois pas encore être habitué. Il faut que tu t'entraînes.

Ouais. Ça devait surement être ça. Les taos étaient retenus, en tout cas, mais il m'était d'avis que j'attendrai avant de retenter le coup.

[Niko] – Papa Oba veut te voir.

Il traça sa route. J'arrivais maintenant, à peu de choses près, à le suivre. Ou à ne pas le perdre de vue, tout du moins. Quand il voyait que j'étais un peu trop loin, il m'attendait. C'est une impression désagréable que de se sentir comme un poids pour un compagnon qui fait la taille d'un poing. Arrivé dans l'arbre mère, je fus surpris de voir la salle du conseil vide, excepté Oba Sou. D'habitude, tout le conseil était convié à mes séances, où j'expliquai certaines des subtilités de notre monde, sous des scribes méticuleux. Il se retourna en me voyant arriver, l'air soucieux.

[Oba Sou] – Merci Niko. Tu peux y aller.

Niko n'était pas enchanté d'être mis à l'écart, mais il obéit.

[Oba Sou] – Le Sijin veut te voir. Suis moi.

Le Sijin? C'était bien la cité du Sijin, mais c'est la première fois que j'entendais ce nom en tant qu'entité à proprement parler. Je suivi donc Oba Sou. Bien qu'également agile, il était plus lent, car plus grand et plus lourd que Niko. Aussi il n'eut pas besoin de beaucoup m'attendre. Nous nous sommes éloignés de l'arbre mère, pour aller sur la périphérie de l'île. Là, il y avait un protubérance rocheuse, ce qui donnait un simili de falaise sur les eaux claires. Il m'attira jusqu'au bord, et sauta. En le suivant des yeux, je vis qu'il y avait une liane, dont il se servit pour disparaître à l'intérieur d'une cavité. Qu'avais-je à perdre? Je fis de même. L'entrée de la grotte n'était pas loupable. Plusieurs Funma pouvaient passer, en fait. Et elle continuait sur plusieurs mètres, puis l'obscurité ne me permettait pas de voir au delà. Oba Sou prit une torche dans une réserve, et l'alluma avec un Katon. Nous nous enfonçâmes ensuite dans les abysses. Un léger dénivelé nous fit redescendre, et bientôt nos pieds trempèrent dans l'eau. Là, Oba Sou exécuta encore des Taos, et plusieurs lumières s'allumèrent. Il y avait un mur, avec un énorme rocher qui baignait dans un lagon interne. Nous n'étions qu'à un trentaine de mètres, même pas, de la sortie.

[Oba Sou] – Sijin, voici Shinjin Hyuuga. Shinjin Hyuuga, je te présente le Sijin.

Deux paupières se levèrent sur ce que j'avais cru être un rocher, laissant apparaître deux énormes pupilles jaunes. C'était en fait une tête... Une énorme tête de tortue. Mais il fallait réaliser, que si cette tête était bien celle d'une tortue, alors toute cette île n'était que sa carapace, sur lequel une flore et un faune s'était développée. Cela expliquait l'agencement artificiel des arbres, leur croissance démesurée, et le chakra étrange qu'il contenait... J'avais un monstre légendaire en face de moi.

Je vois que tu as déjà tout compris.

Il passait par ma tête... je me doutais qu'il devait avoir des difficultés à communiquer. Une aussi grande bouche dans une aussi petite cavité nous aurait péter les tympans, à moi et Oba Sou. Ce dernier s'était mis en position de méditation, et je fis de même. Quand je fermai les yeux, c'était pour me retrouver sur un lac infini, cristallin. Le Sijin, dans toute son ampleur, était présent, Oba Sou également. Au loin, on pouvait voir la mise en quarantaine de mon alter égo, surveillé par mes affinités (je t'expliquerai cela, un jour). Là, sa voix était normale. Je ne sais toujours pas si le Sijin avait connecté nos mentales, ou bien si nous étions dans son genjutsu.

[Le Sijin] – Je vois que tu es coutumier de ces méditations. Niko, ce n'est pas la peine de te cacher.

Effectivement, de l'eau claire et brillante sortit Niko, qui faisait fi de l'autorité de son père. Oba San soupira, mais s'inclina. Habitué, visiblement.

[Le Sijin] – Tu dois partir, Shinjin. Les tiens commencent à te chercher, et je ne veux pas qu'il trouve Oba San et son peuple.

Tant de questions me venaient à l'esprit. Comment était-il arrivé là? Les marais étaient-ils faits par lui? Depuis combien de temps vivait-il? Qui était-il? Ça se bousculait, et pourtant, le respect qu'éprouvait à la fois Niko et Oba Sou m'interdisait de poser la moindre question.

[Jin] – [colo=royalblue]Je comprends. Pour les marais...[/color]

[Le Sijin] – Mon pouvoir s'arrête en même temps que les eaux. Mais je pourrais t'ouvrir une brèche. Tu pars ce soir. Avec Niko.

Je m'attendais à ce qu'Oba Sou réagisse, mais il maintint son silence. Niko, lui, semblait le plus heureux du monde. Je n'appris que plus tard qu'il avait l'habitude de communier avec le Sijin un peu n'importe où et n'importe quand. Ce qui en faisait l'être le plus proche de ce monstre légendaire. Comme le dira Oba Sou plus tard, Niko s'ennuyait, et il aurait bien fini par partir un jour, alors autant que ce soit avec moi, afin qu'il ne se limite pas à la jungle marécageuse. De mon côté, je soupçonne le Sijin d'avoir voulu la paix pendant un moment, afin de dormir ou d'hiberner. Je ne sais pas trop comment se comportent les monstres légendaires. Tout s'éteint, et je rouvris les yeux sur le même rocher qu'avant. Nos yeux, habitués à l'obscurité, n'avait plus besoin des torches, qui avaient été éteintes, et nous nous dirigeâmes ver la sortie lumineuse. Visiblement, Niko n'avait pas besoin d'être devant le Sijin pour pouvoir communiquer avec lui. Sur le chemin du retour, Oba Sou répondit à certaines de mes questions en m'informant de ce qu'était le Sijin pour eux.

Cela faisait depuis toujours qu'ils connaissaient son existence, mais ne la montrait pas à n'importe qui. Les samouraïs n'avaient eux même sans doute jamais été au courant. On ne le sait plus aujourd'hui. En tout cas, à part quelques rares personnes, il fallait descendre dans la grotte pour communiquer avec le Sijin. C'est lui qui leur avait appris la magie – ou mon ninjutsu – ainsi qu'à parler, lire, écrire, se soigner. Il les avait éduqués, et hébergés. En échange de quoi, chaque année, ils devaient le nettoyer de fond en comble, contre beaucoup de saletés et de parasites. Une sorte de symbiose. De même, c'était le Sijin qui avait demandé à la terre de dresser le marécage. Des légendes racontent même que le marécage et une esprit, compagnon du Sijin, mais qu'un jour, ils se seraient disputés. Depuis ce jour, le Sijin ne contrôle qu'une zone, et est protégée par sa compagne. Ou séquestré, mais je m'abstins de ce commentaire. C'est là qu'il me dit que de toute façon, curieux comme il était, Niko était chanceux de voyager avec moi. Quand je répondis que moi aussi je serais heureux d'être en sa compagnie, il a rit en me disant que je ne savais surement pas ce qui m'attendait.

Le passage que nous ouvrit le Sijin était un ruisseau d'eau, droit à travers les marécages. Nous en sortîmes sans encombre, et retournions vers Konoha. Au détour d'une auberge, Niko m'appris qu'on pouvait se communiquer par méditation des tas de choses, comme des images d'endroit, associés à des positions, tels qu'on n'ait pas besoin d'avoir déjà vu un endroit pour s'y transporter. Je pris donc la décision de lui confier mes souvenir des structures Toshiya, ainsi que de l'entrée, dans le cas où elles seraient protégées par un sceau, ainsi que ton visage, qui doit avoir changé, maintenant. J'espère que ce feuillet t'arrivera au plus vite.

Jin'.

– fin du feuillet -

[Niko] – J'espère qu'il vous a parlé de moi. Et qu'il vous a prévenu que je parle aussi. Il m'a dit que les animaux ne parlent pas d'habitude. C'pour ça que je ne dois pas parler devant n'importe qui. Mais il faut que vous me disiez quand même un truc, il a pas voulu me répondre. Vous êtes sa femelle?

Demande de validation Shunshin no jutsu – téléportation
en attente de prérequis


La faim justifie les moyens...

MessageSujet: Re: [Epistolaire] Dans les serres de l'oiseau messager...    Dim 5 Fév - 1:51

Jin'
: +81 XP
: +30% Bonus Inclus
: Technique Validé

: Session intéressant, qui sort de l'ordinaire. J'avoue n'avoir pas vu le temps passé en la lisant, tes XPs sont donc amplement mérités Smile J'espère une suite et de plus amples informations sur ce nouveau peuple.
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MessageSujet: Re: [Epistolaire] Dans les serres de l'oiseau messager...    

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