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 Ozuma Reiko

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MessageSujet: Ozuma Reiko   Mar 20 Sep - 15:13

Nom : Vrai nom : Tanaka. Nom actuel : Ozuma

Prénom : Reiko

Âge : 12 ans

Village : Kumo

Affinité : Raïton

Grade Envisagé : aspirante

Kekkai Genkai Souhaitée : Aucun

Histoire :

On aurait dit qu’un éléphant enragé venait d’envahir la maison. Ce vacarme n’était pourtant provoqué que par deux petites, toutes petites silhouettes. Akira, sept ans et Reiko, quatre ans, impressionnaient par leur… vitalité, dirons nous.

« Akira, Keiko, venez, maman a quelque chose à vous dire ! »

Le bruit cessa et, un instant plus tard, tous les deux se tenaient devant Risako, leur mère, les mains dans le dos, résistant à grand-peine, apparemment, à se chamailler. Cette dernière les regarda avec un sourire tendre, elle savait bien que seule elle n’arriverait pas à s’occuper d’eux. Ils avaient un bon fond, ces petits, ils auraient pu faire de belles choses, tout ce qui leur manquait c’était un père, quelqu’un qui ait de l’autorité sur eux, qui les remette dans le droit chemin. Et à ce propos…

« J’ai rencontré un homme formidable, depuis quelques mois déjà. Je pense que c’est le bon. Il passera ce soir, et si tout se passe bien nous irons vivre chez lui, tous les trois. Il s’appelle Kinsuke, il a déjà un fils, qui a à peu près ton âge, Akira. Je suis sûre que nous serons tous très heureux. Alors je compte sur vous pour être bien sages, ce soir. D’accord ? Surtout toi, Akira, tu te tiendras bien, c’est promis ? »

« Oui m’man. Promis. »
« C’est super, maman ! Dis, je pourrai t’aider à lui préparer un gâteau ? Je touille très bien maintenant ! »

Reiko était aux anges. Un homme formidable… Elle imaginait déjà le prince charmant, sur son beau cheval blanc. Et puis Akira pourrait faire des trucs d’hommes avec lui. La gamine n’avait jamais connu son père, mais d’après ce qu’elle avait compris, il était mort avant sa naissance. Aucun des deux gamins n’en éprouvait la moindre tristesse, Risako savait se montrer suffisamment forte, et n’avait jamais pleuré devant eux.

Quatre heures plus tard, un toc-toc précis et rapide déclencha le branlebas de combat dans la maison. La minuscule Reiko, dans une charmante petite robe rose à volants qui lui donnait un air de poupée se rua vers la porte, bien vite rattrapée par sa mère, elle aussi parée de ses plus beaux atours. Seul Akira restait en retrait, peu confiant. C’était compréhensible, il allait probablement perdre le rôle d’homme de la maison. La porte s’ouvrit, et les enfants accueillirent avec un grand sourire et une pluie de politesses l’homme qui allait changer leur vie.

Le moins que l’on puisse dire, c’était qu’il n’était pas très impressionnant. Assez petit, râblé, il portait de petites lunettes rondes, une petite barbe. Il avait l’air gentil. Sérieux, mais gentil. Seuls éléments un peu hors du commun de son apparence, ses canines un peu trop longues, et ses grandes mains aux doigts légèrement tordus et aux ongles abîmés lui donnaient un air de bête féroce.


*Non, pas de bête féroce*, songea Keiko au moment où le prince lui tendait un gros ours en peluche, * plutôt un chat, un gentil gros chat.*



Quelques mois plus tard, la petite famille était installée. Le mariage avait été sobre, sans fioriture. Ils avaient tous les deux déjà été mariés, et avaient jugé bon de ne pas en faire des tonnes. Akira s’était tout de suite bien entendu avec Ryokai, son nouveau frère, et avait cessé de taquiner sa sœur. Reiko avait alors trouvé de nouvelles occupations, plus appropriées à son âge et à son sexe. Elle jouait calmement à la poupée, prenait garde à se montrer polie, et à ne pas contrarier son beau père.

« Tu sais, nounours-kun, maman est contente, maintenant. Alors je ne me battrai plus avec Akira, et j’écouterai bien ce que dira Kinsuke-san. Comme ça tout sera ‘comme il faut’, tu comprends, nounours-kun ? Toi aussi tu dois faire comme il faut, d’ailleurs c’est l’heure d’aller au lit. Vas te laver les dents, nounours-kun ! »

Le monologue de Reiko fut interrompu par un hurlement venant du salon.


« QU’EST-CE QUE TU FOUS, BORDEL ? REVIENS ICI, PETIT CON ! »

Un autre cri. Reiko réagit immédiatement. Akira était en danger. Elle se précipita jusqu’à la source de ces cris, et s’arrêta net, devant la porte. Akira était plaqué contre le mur, au bout du bras de Kinsuke. Il avait le visage dans un sale état, mais ses yeux étaient brillants de haine. Il ne lâchait pas si facilement, le petit, il avait du cran. Ses yeux croisèrent ceux de sa petite sœur, à qui il semblait dire « vas t’en ! ».
Mais trop tard. Déjà, Kinsuke tournait la tête vers elle, la toisant d’un air mi-furieux, mi-ravi. Il l’avait vue. Elle était coincée. Il envoya son poing contre la tempe d’Akira, qui s’écroula par terre, à peine conscient, et attrapa sans grande difficulté la petite par le bras.


« Qu’est-ce que t’as, toi, à m’espionner ? HEIN ? REPONDS ! REPONDS OU JE T’EN COLLE UNE ! »

Reiko était terrifiée. La poigne de son beau père lui faisait mal, elle pouvait sentir son haleine chargée d’alcool alors qu’il lui hurlait dessus. Sa mère était encore au travail, Ryokai chez sa mère, Akira était hors d’état de faire quoi que ce soit. Personne ne pourrait la protéger. Elle aurait pu faire comme son frère, essayer de se battre. Mais elle n’avait pas son courage. Elle protégea son visage de ses bras, et se mit à pleurer. Une baffe, du revers de la main, lui coupa le souffle. Un goût de métal dans la bouche, la nuque et la joue brûlantes, Reiko ne pleurait plus. Elle semblait incapable du moindre mouvement, tout son être exprimait la stupeur, l’incompréhension. Pourquoi ? Elle n’avait rien fait. Absolument rien. Alors pourquoi ? Kinsuke semblait avoir retrouvé son calme. Il prit le visage de la petite dans ses grandes mains et, avec un drôle de sourire, lui demanda :

« C’était une affaire entre ton frère et moi. Tu n’avais rien à faire là. Tu le sais, n’est-ce pas ? »


La petite réprima un sanglot, et hocha la tête, apparemment consciente de sa faute. Elle promit qu’elle serait sage, désormais, et qu’elle ne ferait plus de bêtises. Il était trop fort, elle le savait. Elle avait capitulé avant même de commencer le combat. Ce n’était pas pour elle. Elle se tiendrait tranquille. Elle avait abandonné Akira, il devrait se battre seul, désormais. D’autant plus qu’il s’avéra vite que leur mère, angoissée à l’idée de les laisser à nouveau sans père, et sans doute aveuglée par sa recherche de stabilité, ne leur viendrait pas en aide.



Deux ans passèrent, chaque jour semblable au précédent. Le jour, Reiko était docile, obéissante, et regardait sans mot dire son frère subir les foudres du nouveau roi, qui trouvait sans arrêt de nouvelles raisons de le torturer. Il ne cédait pas, supportait les punitions sans baisser les yeux, mais prenait tout de plein fouet, tandis que Ryokai restait en retrait, se gardant bien de la moindre intervention. Quant à la petite, rien ne pouvait l’atteindre, maintenant, elle était forte. Contrairement à Akira, elle avait compris qu’en ravalant sa fierté, elle serait tranquille. Mais le soir venu, elle déchaînait sa frustration sur sa peau, son dos, ses épaules, ses bras, ses jambes, qu’elle grattait jusqu’au sang.

L’entrée à l’école marqua un changement dans la vie de Reiko. Son quotidien lui avait en effet permis d’acquérir une certaine maturité, et donc une certaine avance sur la plupart de ses camarades de classe. A l’école, elle n’était plus la victime sans défense, elle pouvait avoir l’ascendant sur les autres, les placer facilement sous sa domination. Sans violence, non. Juste avec les mots. Et elle ne s’en priva pas. Akira, en bon grand frère, était là pour mater ceux qui étaient un peu lents à la comprenette. Reiko adora l’école, et devint sans trop forcer la meilleure élève de sa classe, centre de toutes les attentions et félicitations. Chaque jour, entre huit heures et dix-sept heures, elle était une autre personne. Ici, Kinsuke ne pouvait pas l’atteindre, elle y grandissait, y gagnait en puissance. C’était son royaume. Rien n’y était impossible.


On aurait pu penser que Kinsuke s’apercevrait que Reiko commençait à échapper à son emprise, mais il n’en fut rien. D’abord, probablement, parce que le bonhomme n’était pas très malin, ensuite, parce que Akira lui donnait déjà du fil à retordre, et enfin parce que Reiko, jolie fillette qu’elle était, cachait son jeu avec un certain talent. Elle était patiente, elle. Pas comme Akira qui fonçait tête baissée. Non, elle attendrait le moment opportun, et servirait à son beau père, avec un sourire timide et un regard apeuré juste comme il faut, une bonne bière fraîche à la mort aux rats.




Ce mercredi là, cependant, la bière que sirotait Kinsuke ne contenait aucune trace de poison. Tout le monde mangeait en silence, dans une atmosphère aussi glaciale que d’habitude, quand les petits yeux du Gros-Vilain-Chat se posèrent sur Akira. Un rictus découvrit ses longues canines, et il lança :

« Qu’est-ce que t’as, toi, à me regarder comme ça ? Hein ? Tu sais mon petit gars, Kinsuke c’est pas la moitié d’un con, alors cet air là tu l’oublies tout de suite. Compris ? »

L’adolescent soutint son regard, apparemment prêt à en découdre. Le fait qu’il n’abandonne pas était un mystère pour Reiko. A moins d’aimer se faire taper dessus, répondre aux provocations de Kinsuke était idiot, voire suicidaire. Le visage du Gros-Vilain-Chat se tordit dans une grimace, et il se leva, balançant violemment sa chaise contre le mur derrière lui. Hors contexte, il aurait pu paraître ridicule, avec ses petites lunettes, sa carrure minable, mais quelques bonnes trempes bien placées lui avaient offert une relative protection contre les moqueries. Risako se précipita dans la cuisine, entraînant Reiko avec elle.

« Mais maman, il ne le regardait même pas ! Lâche-moi ! LÂCHE-MOI ! AKIRAAA-NII-SAAAAAN ! »

« Tais-toi, Reiko ! Vous ne faites aucun effort, tous les deux ! Tout pourrait tellement bien se passer, si vous arrêtiez de provoquer votre beau père ! Vous… vous gâchez toujours tout ! »

Reiko resta un instant interdite devant la puérilité de sa mère. Elle leur reprochait, à eux, de gâcher son mariage ? Mais Kinsuke ne leur avait pas laissé la moindre chance. Il fallait être aveugle pour ne pas s’en apercevoir. Ils avaient déjà eu cette conversation des dizaines de fois, et au début, la gamine se sentait coupable, pensait qu’effectivement, elle ne faisait pas assez d’efforts. Mais là… ? Elle avait bien vu que c’était totalement gratuit, que son frère n’avait strictement rien fait.

Reiko ravala ses larmes, et se remplit des hurlements d’Akira, regardant sa mère comme si elle la voyait pour la première fois. Ses yeux lâchèrent un instant le visage maternel pour se poser alternativement sur les couteaux de cuisine, la réserve de médicaments, le placard à engrais et pesticides, puis à nouveau sur sa mère. C’était le moment de grandir, maintenant. Elle ne fuirait plus. Mais elle ne foncerait pas non plus comme un taureau. Il fallait réfléchir, faire ça correctement.



Lorsqu’elle entra au collège, Reiko n’avait toujours pas mis son plan à exécution. C’était facile, de prévoir, mais accomplir… c’était une autre histoire. Sachant qu’elle était morte de trouille à l’idée de rater son coup ou de se faire prendre, elle remettait sans cesse à demain. Elle n’en avait même pas encore parlé avec son frère. Elle voulait garder le secret, pour le moment en tous cas. Pourtant, il n’était pas nécessaire d’avoir un doctorat de psychologie pour s’apercevoir que la petite avait changé. Certes, il était facile de mettre cela sur le compte de l’adolescence et des boutons, mais Reiko s’étonnait souvent de voir son âme si impénétrable. Peut-être les gens ne cherchaient t’ils tout simplement pas à savoir, comme Risako.

Un jour, toutefois, elle frôla la catastrophe. Occupée à dessiner tranquillement des têtes de mort sur son cours d’anglais, Reiko ne fut pas assez réactive pour cacher ses œuvres à son professeur. Un froncement de sourcils accompagna cette découverte sur le visage de l’enseignante, mais rien de plus. La toute jeune fille pensait que l’incident était clos, lorsqu’au beau milieu d’un cours de mathématiques, un surveillant essoufflé lui annonça qu’elle était convoquée à l’infirmerie. Pourquoi ? Elle n’était pas malade, pourtant. Après avoir passé le reste du cours à ruminer de sombres pensées, elle se rendit à l’infirmerie, méfiante. Le sourire réconfortant qui apparut sur le visage de l’infirmière scolaire dès qu’elle vit la petite n’avait rien de rassurant.


« Tu peux t’installer. Alors… tu t’appelles Takeda Reiko, c’est ça ? »

L’intéressée se contenta de hocher la tête, un peu inquiète. L’infirmière posa les mains sur la table, et prit soin d’afficher une expression plus sérieuse.

« Un de tes professeurs m’a dit que tu n’allais pas très bien, ces derniers temps. Tu veux en parler ? »

« Non. Enfin… je veux dire que tout va bien. Je suis juste un petit peu sous pression… à cause des examens. »

L’infirmière eut un petit sourire entendu. Elle ne se contenterait pas de ça, apparemment.


« Tu sais, ton frère aussi nous cause quelques soucis en ce moment. Ca ne se passe pas bien, à la maison ? »

Sans blague… Qu’est-ce qu’elle voulait qu’elle lui réponde ? Franchement. Comme si un sourire et deux ou trois questions bienveillantes suffisaient à lui faire avouer son secret ! Reiko soigna son expression. Elle ne voulait pas qu’elle trahisse son malaise. Bon… l’infirmière ne la lâcherait pas comme ça. Elle allait lui balancer un petit truc, juste assez grave pour expliquer son comportement, mais suffisamment bénin pour que rien n’arrive aux oreilles du Gros-Vilain-Chat.

« Et bien… C’est vrai que c’est difficile, en ce moment. Vous savez, notre père est mort quand on était petits, et maman en parle souvent, en ce moment. »

« Ce n’est pas ce que m’a dit ton frère. Il m’a plutôt parlé d’un problème avec votre beau père. »

Reiko ouvrit la bouche, et la referma, sans qu’aucun son n’en soit sorti. L’imbécile ! Il voulait s’attirer encore plus d’ennuis ? Pourquoi n’avait-il pas pu s’empêcher de l’ouvrir ? L’infirmière semblait comprendre la petite bien plus qu’elle s’y attendait. Horreur.

« Je lui ai tiré les vers du nez, lui non plus ne voulait pas m’en parler, mais quand un élève arrive avec des marques de coups un peu trop souvent on se pose toujours des questions. Tu peux me parler, je ne te ferai aucun mal, tu sais ? »

Reiko reprit son souffle, tandis que son rythme cardiaque atteignait des sommets. Elle ne trouva qu’une seule chose à dire pour se sortir de cette situation.

« Ecoutez, ce n’est pas toujours facile entre Kinsuke-san et Akira-nii-san. Akira fait beaucoup de bêtises, maman n’arrive pas à le calmer. Mais tout va bien pour moi, et pour nii-san aussi. »

La petite se doutait que ça ne serait pas suffisant, aussi elle ajouta, en aparté, d’adulte à adulte :

« S’il-vous-plaît, ne vous mêlez pas de ça. Ca ne vous regarde pas. »


Puis, sans attendre de réponse, elle se leva, et sortit.



Si l’infirmière s’était tue, l’affaire aurait pu rester sans suite. Hélas, elle eût l’impression de pouvoir être utile. Une semaine plus tard, elle convoqua Akira, Reiko, Kinsuke et Risako dans son bureau. Etrangement, le Gros-Vilain-Chat resta impassible à l’annonce de la convocation. Aussi Reiko se prit à espérer que l’infirmière et ses idées lumineuses allaient effectivement changer leur existence. L’audience se passa dans le plus grand calme, chacun s’expliquait, gentiment, Kinsuke fut charmant, prévenant, expliqua d’un air abattu qu’il faisait de son mieux pour élever des enfants qui n’étaient pas les siens, et que tous les conseils qu’on pourrait lui donner seraient les bienvenus. Les deux enfants n’en croyaient pas leurs oreilles. Il allait changer, alors ? Ils eurent la réponse une heure plus tard, une fois de retour à la maison, après avoir déposé Risako au travail.

La façon dont Kinsuke ferma la porte aurait dû leur mettre la puce à l’oreille. Un claquement sec, maîtrisé. Il avait l’air d’un robot lorsqu’il enleva son manteau, son chapeau, ses chaussures, et enclencha le verrou. Lui qui avait évité leur regard pendant tout le trajet planta ses yeux d’abord dans ceux de Reiko, puis dans ceux d’Akira. Son expression n’avait jamais été aussi effrayante. Il avait la mâchoire crispée, les pupilles dilatées, et une veine palpitait sur sa tempe. Instinctivement, les adolescents reculèrent de quelques pas, et Akira se plaça devant sa sœur, qui cherchait le contact de sa main.

D’un geste, le Gros-Vilain-Chat poussa le grand frère, qui tomba, sa tête heurtant le coin de la table. Il attrapa Reiko, la jeta littéralement dans la cuisine, avalant par la même occasion une bonne rasade de sake.


« Tu restes ici, toi ! Je m’occuperai de ton cas tout à l’heure. »

Il sentait déjà l’alcool. Il sortit, retourna s’occuper du grand. Reiko était terrifiée, son cœur sembla rater plusieurs battements. A plat ventre sur le carrelage froid, elle était sonnée. Quelques gouttes de sang coulaient sur le carrelage. Elle avait la lèvre ouverte. Les hurlements de Kinsuke et d’Akira résonnaient dans ses oreilles comme un signal d’alarme. Il était totalement hors de contrôle. Rien ne pourrait l’empêcher de les tuer tous les deux. Il était devenu complètement fou.

Il sembla à Reiko qu’une autre personne prenait, à cet instant, le contrôle de son corps. Toujours est-il qu’elle se sentit étrangement vide, lorsqu’elle se releva, essuya le sang qui coulait de sa lèvre fendue, referma sa petite main sur le manche d’un couteau à poisson, qu’elle tenait comme un poignard, lame vers le bas. Trébuchante, la démarche irrégulière, elle tituba jusqu’à l’entrée. Kinsuke, à califourchon sur Akira, frappait son visage ensanglanté avec une rage inimaginable. Akira aussi avait placé quelques coups, mais il n’était pas encore assez fort pour vaincre son beau père. Alors Reiko, l’esprit vide, se jeta sur le Gros-Vilain-Chat, et enfonça le couteau impeccablement aiguisé dans son dos.

Vide. Elle ne ressentit rien en voyant celui qu’elle haïssait s’écrouler sous ses yeux, libérant son frère. Elle ne vit pas l’expression mi choquée mi admirative d’Akira. Elle ne prêta pas attention au couteau qui lui glissait des mains, ni au sang qui maculait maintenant le sol de l’entrée. Akira attrapa les épaules de sa petite sœur, et planta son regard dans le sien.


« Reiko-chan… Ecoute… tu as bien fait. Il avait pété les plombs, il aurait pu nous tuer tous les deux. Tu as eu raison, Reiko-chan, d’accord ? Mais écoute moi… tu es mignonne, tu es douée à l’école, tu es gentille, tu as encore toute la vie devant toi. Moi c’est trop tard. J’ai déjà fait trop de conneries, et puis si tu ne l’avais pas fait, je crois que c’est moi qui l’aurais tué. Ecoute, Reiko… tu vas dire que c’est moi, d’accord ? Regarde, je vais essuyer le couteau et mettre mes empreintes dessus. On va se mettre d’accord sur une histoire à raconter aux flics. OK ? On leur expliquera, ce qu’il nous a fait, je ne devrais pas prendre trop cher. OK ? »

« Je ne veux pas, Nii-san. J’en ai marre que tu prennes tout pour moi. T’es pas obligé. Maintenant on peut rester ensemble… »

« On ne restera pas ensemble de toutes façons. Tu iras dans un centre pour les filles, et moi je resterai avec des garçons. On sera séparés. Reiko, c’est la meilleure solution. Fais-moi confiance. Je suis un dur, moi, c’est pas un camp de redressement qui va me faire peur ! »

Un clin d’œil, un sourire, et voilà, c’était réglé. Tout se passa comme prévu. Ou presque. Akira raconta que son beau père le battait, que Reiko était arrivée, que Kinsuke l’avait vue et s’apprêtait à s’en prendre à elle, et qu’il avait juste eu le temps de prendre un couteau et de le tuer. Sauf qu’il en fallait plus que ça pour abattre le Gros-Vilain-Chat. Il était dans le coma, et si un jour il se réveillait, alors tout le monde saurait que c’était Reiko qui l’avait poignardé. Son frère en détention, sa mère effondrée pour laquelle elle ne pensait plus éprouver quoi que ce soit, il ne restait plus qu’une solution à la petite. La fuite.



Elle passa ainsi plusieurs mois dans les rues, évitant de se montrer. Elle se nourrissait comme elle le pouvait dans les poubelles du supermarché et des petits bistrots, se cachant dès que quelqu’un approchait. Personne ne devait la voir. Mais de toute façon, elle était méconnaissable. Elle peinait à se nourrir correctement, et maigrissait à vue d’œil. La saleté qui l’accompagnait, l’état de délabrement avancé de ses vêtements la rendaient difficilement identifiable, même pour quelqu’un qui l’avait connue.
Un soir, alors qu’elle attendait la fermeture d’un petit restaurant de rue qui vendait des ramens, la petite assista à une scène peu ordinaire. Deux types, l’un sec, masqué, à l’aura assassine, et l’autre qui avait plutôt l’air d’un loubard entrèrent dans l’échoppe. Poussée par la curiosité, malgré sa conscience qui lui hurlait de partir en courant, la gamine observa les faits et gestes des deux complices. Ca pourrait être un boulot pour elle, ça. Avec un masque sur la tête, personne ne la reconnaîtrait. Et Akira pourrait faire le rôle du bourrin de service.


« Dépêche toi, Mitsubo. Le monsieur est énervé, et quand il est comme ça, y'a qu'un truc qui peut le calmer : les Ryos, plein de Ryos. Alors fait pas l'imbécile, sinon ça va devenir glauque ici. »

Reiko avait l’impression d’être au cinéma. Elle voulait voir le gros patron qui l’avait déjà plusieurs fois éjectée de ses poubelles se faire ridiculiser. Il le méritait.

« ALLEZ VOUS FAIRE… »

La gamine n’avait pas vu venir le coup de katana. Le gros gérant s’écroula sous ses yeux, le sang coulait. C’était la deuxième fois qu’elle voyait quelqu’un mourir. Et les souvenirs que lui rappelait le corps agonisant du dénommé Mitsubo n’étaient pas les plus agréables de son existence. Réalisant soudain ce qui lui arriverait si les deux complices la voyaient en sortant, elle s’empressa de se cacher derrière les poubelles. Mais voilà, les deux étaient des tueurs, et ils ne se laissaient pas berner par une gamine de douze ans. Reiko fut incapable du moindre mouvement lorsque le plus effrayant des deux brandit son katana dans sa direction, un sourire sadique aux lèvres. Il allait la tuer, et elle ne pourrait rien faire pour l’en empêcher. Quand soudain…


BAM !

Il s’écroula, frappé par son complice, sous les yeux ébahis de Reiko.


« Tu… tu m’as sauvée ! »


« Comment tu t’appelles ? »

Il avait l’air gentil. Une sorte d’Akira, en fait. Un bagarreur, un peu flippant, des fois, mais gentil au fond. Sinon il aurait laissé Z la découper en morceaux. Elle ne voyait pas de raisons de lui mentir sur son nom.

« Reiko. »

« Moi c'est Genji,
mais tu peux m'appeler J,
maintenant on est amis,
et pour toute la vie,
La Rei-gen Team,
la combinaison ultime !!! »


Un pâle sourire anima le visage de la gamine, tandis que J faisait son numéro. Elle l’aimait bien. Il allait l’aider à s’en sortir. Avec un type comme ça, elle ne risquait plus rien.

Reiko et J se rendirent ensemble à Kumo. Là bas, ils seraient en sécurité. Z aurait du mal à retrouver J, et la police n’irait pas y chercher Reiko. Là bas elle deviendrait forte, apprendrait peut-être un peu de ninjutsu, et comme ça elle pourrait finir ce qu’elle avait commencé, et bouter pour de bon le Gros-Vilain-Chat hors de ce monde. Bien entendu, elle s’était bien gardée de raconter son histoire à J, qui avait été lui-même assez discret sur son passé. Ils discuteraient, sans doute, mais pas maintenant. Comme il n’y avait pas de place pour elle à l’orphelinat, Reiko resta avec J. Elle préférait, de toutes façons. Maintenant qu’il était genin, il pourrait la protéger. Et elle le lui rendrait bien.

Description physique et mentale :

Les deux premières choses qu'on remarque lorsqu'on voit Reiko sont sa maigreur (mais ça, après quelques mois à Kumo, ça devrait s'arranger) et son air sérieux, grave. Le moins que l'on puisse dire c'est que la gamine ne plaisante pas souvent. Elle est souvent perdue dans ses pensées, les yeux dans le vague, et se montre très discrète sur ses sentiments. Elle ne montre pas non plus ses bras ni ses épaules, qui sont couvertes de cicatrices et de plaies.

Elle reste la plupart du temps seule, ou avec J, et a de grandes difficultés à se lier d'amitié avec les autres. Mais c'est une gentille fille, au fond, elle ne veut de mal à personne, et quiconque obtiendra son amitié s'apercevra qu'elle est une amie sincère, toujours prête à rendre service à ceux qu'elle aime.

Assez ambitieuse, assez sûre de ses capacités, elle est capable de se donner à fond pour progresser lorsqu'elle en a vraiment envie, et peut surprendre par sa volonté à toute épreuve. Simplement, si elle en a la possibilité, elle préfèrera éviter l'affrontement direct, et cherchera d'autres moyens d'atteindre ses objectifs.

MessageSujet: Re: Ozuma Reiko   Mer 21 Sep - 0:56

Bienvenue parmi nous Reiko,

Que dire ? Que c'est mauvais ? Mais non ! J'ai beaucoup aimé la dimension humaine de ton histoire. Il y a vraiment quelque chose de touchant dans la vie et la construction de ton personnage. J'ai trouvé ça très originale aussi le parallèle avec l'histoire racontée par Genji parce que c'est en lisant les deux qu'on comprend votre histoire, et qu'on comprend comment votre relation a pu se forger pas seulement à cause du hasard.

Je ne te garde pas plus longtemps sans couleur et te valide donc au rang d'Aspirante à Kumo. Comme je l'ai dis à Genji, n'hésite pas à contacter les autres kuméens pour tes premiers RP si tu en ressens le besoin. Il y a actuellement un scénario en cours à Kumo dont la première partie est bientôt terminée, peut-être que tu pourrais être intéressé à participer à la seconde ? Je t'invite à suivre de près le sujet qui s'y rapporte dans le Coin RP.

Reiko : +30 XP

P.S : excellent l'avatar ^^
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