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 CI002 - La grotte

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MessageSujet: CI002 - La grotte   Mar 1 Nov - 20:29

Assise sur un rondin de bois coupé en deux qui faisait office de banc, Haya épluchait consciencieusement une orange juteuse qui goûtait entre ses doigts. Il était encore tôt, mais le soleil n’allait pas tarder à se lever avec son habituelle hésitation. A son arrivée aux portes du village, une équipe qu’elle ne remettait pas revenait à peine de mission. Ils portaient de légères marques laissées par un combat qui avait de toute évidence rapidement tourné à leur faveur, mais ils ne dirent rien aux sentinelles et s’enfoncèrent directement dans le cœur du village. Haya coupa son orange en deux et avala un premier quartier. Pas assez sucrée se dit-elle. Il n’y avait pas tant de missions que cela en ce moment à kiri, et cela pour des raisons qui échappaient à haya. Peut-être que les commanditaires hésitaient à faire appel au village caché de la brume, que ce soit à cause des troubles politiques qui pesaient continuellement ou suite au relatif échec de Ryujin. Haya ne pouvait s’empêcher de trouver cette dernière cause un peu facile, si tel était le cas. La bête n’avait pas été tuée, mais aucune ville n’avait été dévastée par la créature. C’était certain, tout le monde serait plus rassuré une fois la tête de Ryujin plantée sur la porte principale du village. Mais cela allait demander de gros moyens et kiri préférait pour l’heure les investir ailleurs.

Quant à la première raison, celle-ci était compréhensible. Haya elle-même, si elle devait ne se fier qu’aux rumeurs qui couraient sur le village, hésiterait à faire appel à lui. Ce n’était pas tant la qualité des troupes qui étaient remise en question, tout le monde s’accordait à dire que kiri était composé de grands combattants. Mais davantage le flou qui existait sur les mouvements politiques invisibles. C’était une chose d’admettre qu’il y avait de bons guerriers à kiri. C’était une autre d’essayer de déterminer leur statut en cas d’évolution politique brusque et incertaine. Il faudrait tôt ou tard y mettre un terme, afin de recouvrer un peu de stabilité, et Haya comptait bien s’y employer du mieux qu’elle pourrait. Globalement, l’équilibre de kiri ressemblait à l’équilibre de l’ensemble du pays de l’eau, comme deux miroirs placés l’un en face de l’autre. C’était quelque chose de très culturel, Haya avait au moins compris cela depuis qu’elle était arrivée à kiri. Le pays de l’eau avait traversé une grave guerre civile, c’était le seul pays qui avait souffert d’un tel mal. Les îles, morcelées, s’étaient déchirées et quelque part, tout le monde garderait à jamais cela en tête. Le pays de l’eau, la créature cannibale qui se mange le bras pour soulager son estomac… kiri avait été influencé de la plus mauvaise des façons.

Mais il y avait des solutions à tout. Si Nagata perdait la vie et que yukan était réinvestie par d’autres que lui, par des gens qui ne se donneraient pas pour but d’intriguer, de détourner et de trahir, alors le pays de l’eau pourrait pousser le soupir de soulagement bloqué dans ses poumons depuis tant d’années. Pour l’heure, il fallait se satisfaire des quelques miettes de missions restantes… Haya trouvait cela mal commode pour un village de l’envergure de kiri, avec une histoire telle que la sienne, avec des guerres (justes ou non) à son actif… avec un vari rôle à jouer dans l’avenir. Mais c’était probablement mérité. La confiance et le respect étaient deux choses différentes, qui devaient chacune être conquise séparément. De toute façon, l’état de kiri n’était pas encore semblable à celui d’un village mineur, il ne fallait pas non plus tomber dans les excès. Mais à ce rythme, le village n’aurait aucune chance de retrouver toute sa force et cela était dommageable.

Haya s’essuya les mains l’une contre l’autre. Ses amies ne devraient plus tarder maintenant. Benihime lui avait assuré qu’elle arriverait avant elle, mais Haya la comprenait : elle devait être en train de prendre un solide petit déjeuner. Une orange lui avait suffi ce matin, comme d’habitude, Haya n’avait pas très faim avant de partir en mission. Celle-ci serait surement moins délicate que celle de yagi, même s’ils partaient avec une équipe plus réduite, ils se connaissaient mieux et avaient davantage l’habitude de travailler ensemble. Sans compter que cela faisait des mois qu’ils se préparaient à prendre d’assaut yukan et c’était là un entraînement tout à fait raisonnable pour entamer une mission. La jeune femme alla jusqu’à la petite fontaine à l’est des portes et s’y lava les mains, la sensation du sucre sur ses doigts l’agaçant vaguement.

Saeka – Bonjour Haya.

Haya se retourna. Saeka avait attaché ses cheveux bleutés en une longue queue de cheval qui lui retombait sur l’épaule. Elle avait l’air fraîche mais ses yeux paraissaient fatigués, d’une façon ou d’une autre, mais elle souriait de son habituel sourire tranquille. Haya déposa un baiser sur sa joue et la serra brièvement contre elle.

Haya – Tu as l’air d’aller bien ma belle.

Saeka s’installa sur le rebord de la fontaine et posa ses bras sur ses genoux. Elle arborait sa tunique de combat, une armure en tissu et en métal bleue, rembourrée au niveau du col, du ventre et du dos, qui lui comprimait complètement la poitrine. Elle ne portait qu’un short noir très simple, des guêtres noires et des bottines plates. Haya remarqua que son genou était éraflé et qu’une entaille le long de sa cuisse se perdait sous son short, mais Saeka revenait de son école, dans le pays de la foudre, et elle avait dû y récolter quelques bleus.

Saeka – Je vais bien, oui. Je suis assez impatiente de repartir.

Haya – Tu commences à te sentir à l’étroit à kiri ?

Saeka sourit et Haya ne put s’empêcher de trouver sa question maladroite. Mais après tout, ce n’était pas comme si elle lui demandait si elle comptait déserter demain.

Saeka – Non, mais il y a quelques mois, je partais souvent en mission. J’arrivais, je repartais. J’avais pris l’habitude de cette activité, surtout que Koshiro avait le même rythme.

Haya grimaça en s’essayant à son tour. C’était un peu de sa faute. La flamme jaune (et Saeka, par extension) avait décidé dès qu’haya eut entrepris d’éliminer les hommes qui s’en étaient pris à elle dans la nuit du cinq décembre, de resserrer leur attention afin de limiter les risques. Ils pensaient, à raison sans aucun doute, que Nagata pouvait très bien prendre le parti d’éliminer Haya directement à kiri maintenant qu’il savait qu’elle avait survécu. Cette situation pesait depuis des mois et la seule manière de l’exorciser, ce serait de se confronter directement à Nagata, mais cela demandait du temps. Ils ne pouvaient se permettre d’échouer dans cet assaut et Haya n’avait pas envie de voir ses amis mourir, pour rien au monde.

Haya – Je vous avais dit de continuer comme avant…

Saeka écarta la remarque d’haya d’un élégant mouvement des épaules.

Saeka – Ta sécurité passe avant les fourmis que nous avons dans les jambes. Et je ne me plains pas, j’ai pu profiter un peu plus longuement de Koshiro ces derniers mois, cela faisait longtemps que ça ne nous était plus arrivé.

Le silence retomba entre les deux jeunes femmes, seulement interrompu par le clapotis de l’eau dans leur dos et les bruits du village au loin. Haya tapota du doigt le genou de Saeka.

Haya – Ton entraînement a porté ses fruits ?

La juunin sourit.

Saeka – Oui. J’ai retrouvé Hayao. Il est toujours meilleur que moi (et ne s’est pas privé de le montrer) mais toujours aussi amoureux. J’ai du mal à le comprendre.

Haya fit une moue que n’aurait pas renié Benihime.

Haya – Tu n’es pas exactement laide, en fait, alors j’imagine que ça joue un rôle.

Saeka – Ce que je veux dire, c’est que nous n’appartenons pas aux mêmes mondes et qu’il le sait. Et que je lui ai déjà signifié que je n’étais pas intéressée.

Saeka regardait sa blessure à la jambe, songeuse.

Saeka – Mais il fait partie de ces garçons un peu vieux jeu, qui pensent conquérir les armes à la main le cœur d’une femme et qui se voient déjà la porter à la hutte sur leur épaule pour la féconder.

Benihime – Ce n’est pas très très gentil de parler de Ryosen comme ça. Mais je le reconnais bien là.

Benihime s’assit lourdement à côté de Saeka et étira ses jambes en étouffant un bâillement. Elle avait apporté son sac à dos, qui devait essentiellement contenir de la nourriture comme à chaque fois que Beni partait en mission. Mise à part sa tunique usée et rapiécée (normalement Beni en avait une bien plus belle, mais Haya savait qu’elle était à présent entre les mains d’Obari pour la renforcer considérablement), qui datait quand même de sa promotion chuunin, Benihime avait opté pour un cycliste sous une jupe plissée. Haya hocha la tête.

Haya – Tu pars en mission en jupe ?

Benihime n’en mettait pas souvent, sauf pour aller danser (et draguer) à taki.

Benihime – Oui t’as vu ? Il y aura peut-être de beaux garcons dans cette grotte sordide.

Haya – Sans doute…

Il ne leur fallut guère de temps pour quitter kiri. Le reste de la flamme jaune demeurerait à kiri pendant que les jeunes femmes s’activeraient sur cette mission, prêts toutefois à intervenir si jamais un problème venait à survenir, mais c’était peu probable. La mission était simple sur le papier, tout au plus faudrait-il procéder avec prudence s’il y avait des signes de présence ninja. Mais d’après les informations parcellaires dont ils disposaient, tout semblait indiquer que leurs opposants n’étaient pas à leur taille, ce qui n’était pas pour déplaire à Haya. C’était presque par hasard qu’elles se retrouvaient toutes les trois sur cette mission, et elles le devait à Saeka.

Il y a de cela trois ans, à peu près à l’époque où Haya intégrait kiri, Saeka s’était retrouvée dans un pays du thé en deuil. Le fils du daimyo venait de trouver la mort dans des circonstances sanglantes et le pays était en état de choc. La mission de Saeka à cette époque n’avait rien à voir avec ces événements, si bien qu’elle n’y avait pas mis son nez, mais des éléments de l’enquête lui parvinrent néanmoins. On avait ainsi trouvé sur la poitrine du cadavre un pétale de lotus rose, que barrait un trait délicat dessiné à l’encre noire. Les autorités semblaient tenir là la signature de l’assassin, mais l’enquête n’alla pas plus loin et, si une mission fut ordonnée par le pays du thé, elle ne donna aucun résultat.

Ce ne fut que plus tard que Saeka revit l’emblème du lotus et apprit sa signification. Un élève de son école, enkosenryuu, fut retrouvé assassiné dans sa chambre avec ce même lotus rose barré à l’encre. Les samourais semblaient en savoir plus que les autorités du pays du thé à l’époque, que ce soit à cause de la popularité grandissante de cette assassin, ou pour une toute autre raison. Ils dirent que c’était là l’œuvre de Yuma tamiko, une assassin à laquelle ils avaient déjà eu affaire. Saeka s’était un peu renseignée et le nom de Yuma revenait de temps à autre, pour des histoires très diverses mais avec toujours la même conclusion. En travaillant un peu, Saeka apprit que la jeune assassin utilisait notamment les services de contrebandiers pour gagner sa vie. Après s’être procuré des informations fraiches, il semblait qu’une équipe de contrebande agissait au cœur du pays de l’eau, principalement établie à uke. Peut-être que la piste de la grotte ne mènerait nulle part, mais Saeka avait néanmoins envie de l’essayer et Haya trouvait l’exercice intéressant. Benihime ayant elle aussi besoin de se tenir en forme, l’affaire fut entendue : elles partiraient toutes les trois au nord ouest d’uke pour essayer de démêler cette histoire.

La mission avait été confiée par une équipe de kiri de passage dans le village marin de Sengoko. Un dénommé Shiguru leur avait parlé de cette grotte mais l’équipe n’avait pas le temps de se lancer dans une mission de surveillance, elle devait voyager sur aso et ne faisait que passer par Sengoko. Au retour, elle ne s’arrêta pas mais pensa néanmoins à donner l’information à kiri. Depuis, la mission dormait tranquillement dans les dossiers en cours du village, mais personne n’avait jamais songé à l’achever. Haya se demandait pourquoi. La notification de la mission précisait qu’il suffisait d’observer les lieux à distance et de signaler toute activité illégale, si tel était le cas. Comme l’équipe qui s’en occupait aujourd’hui (en l’occurrence, la leur) avait une puissance suffisante, Haya pensait pousser la mission un peu plus loin si l’occasion leur en était donnée, c'est-à-dire en allant fouiller un peu cette grotte. Il y avait pour le moment beaucoup d’incertitudes. La mission avait été donnée il y a quelques temps maintenant, si la caisse était un hasard, elle aurait bien sûr disparue. Et même dans le cas où des contrebandiers ou qui que ce soit d’autres fréquentaient cette grotte, peut-être auraient-ils changé de cache, comme ce doit être fréquent dans leur milieu. Enfin, dans le cas où il y aurait bien des contrebandiers, il n’était pas non plus sûr qu’ils soient associés à Yuma, ou que leur affiliation puisse être prouvée. Mais Haya n’était pas inquiète. Après tout, c’était pour répondre à chacune de ces questions qu’elles partaient. Si les réponses leur avaient déjà été délivrées, ce serait tout de même un peu triste.

En raison de la relative proximité de Sengoko, il ne leur fallut pas plus de deux heures pour l’atteindre. Le voyage s’était déroulé paisiblement, sans rencontrer autre chose que des marchands itinérants et des voyageurs isolés. Sengoko était perché au sommet d’une falaise, balayé par des vents plus violent que dans le sud du pays de l’eau et baigné d’une importante odeur saline. De là où elle était, Haya voyait déjà étinceler la mer, écrasée par le soleil qui s’était finalement décidé à reprendre sa route dans le ciel. Les jeunes femmes adoptèrent un rythme de marche beaucoup plus tranquille jusqu’à pénétrer dans l’enceinte du village. Elles récoltèrent quelques coups d’œil intéressés, mais il n’était pas si inhabituel d’observer la présence de ninjas de kiri par ici. Les masures qui les environnaient étaient pauvrement bâties, le village semblait toutefois être relativement ancien et plus grand qu’il n’y paraissait de prime abord. Des poulets traversèrent la rue principale en caquetant bruyamment et disparurent derrière une maison, sous le regard gourmand de Benihime.

Saeka vérifia les informations dont elles bénéficiaient.

Saeka – La maison de Shiguru est plus au nord.

Sans presser le pas, elles s’y dirigèrent. Haya se demanda comment Saeka ferait pour déterminer laquelle appartenait à Shiguru, car elles se ressemblaient toutes à peu de chose près. C’était un des nombreux villages côtiers du pays de l’eau, qui vivait essentiellement de la pêche, du négoce et des traversées en bateaux. Comme d’autres, Sengoko semblait n’avoir jamais totalement oublié la période maudite où les pirates brûlaient et pillaient les côtes. Il n’avait pas pris le temps de s’implanter durablement, d’installer des maisons de pierre et de bois solide, mais il avait tout fait à la hâte comme si, pressentant que le village serait détruit, cela n’en facilite que sa reconstruction.

Pourtant, Saeka se dirigea d’un pas assuré vers une porte où elle frappa fermement à trois reprises. Une femme fatiguée leur ouvrit presque aussitôt, les détaillant rapidement. Son regard s’arrêta sur le bandeau que Saeka portait autour de son cou. Elle inclina respectueusement la tête.

Saeka – Bonjour. Nous recherchons un certain Shiguru. Il a parlé d’une mission pour kiri.

La femme (la trentaine, de toute évidence enceinte) se passa une main dans sa longue chevelure. Elle ne semblait pas savoir exactement de quoi il s’agissait.

Femme – Mon mari est à la pêche. Vous le trouverez près des récifs, au bas de la falaise, à l’est. Il pêche seul. Attendez.

Laissant la porte ouverte, la femme disparut quelques secondes et revint avec une photographie dans les mains.

Femme – Voilà, ce devrait être plus facile comme ça.

Saeka – Merci beaucoup, bonne journée.

Saeka s’inclina poliment et les jeunes femmes firent demi-tour, tandis que la porte se refermait derrière elles. Shiguru habitait près de la sortie nord du village, qui se séparait très vite en deux chemins distincts. L’un d’entre eux s’éloignait tout droit, longeant la côte, l’autre descendait le long de la falaise vers la plage. Ce fut ce dernier qu’elles empruntèrent, la route des pêcheurs. C’était un joli coin, il n’y avait pas de doutes à avoir. L’herbe était d’un vert brillant, la roche d’un beau gris élégant et la route était bien entretenue. La falaise était plus haute qu’elle ne le semblait à leur arrivée. Le chemin descendait en serpentant, et cela devait bien prendre un quart d’heures pour atteindre la plage chaque matin. Benihime décida que le temps leur était précieux et dévala la pente en utilisant un peu de chakra pour adhérer à la roche et éviter de faire une chute regrettable. Les deux autres jeunes femmes l’imitèrent pour ne pas se laisser distancer, et parce que c’était tout de même plus amusant de descendre ainsi que de la manière habituelle. Après tout, elles ne descendaient pas pêcher.

Shiguru ne fut pas dur à trouver. Torse nu, le pantalon remonté jusqu’aux genoux et filet à la main, il mettait en place son piège depuis les récifs. En descendant, Haya avait aperçu quelques autres pêcheurs, parfois esseulé, d’autres fois en groupes. Shiguru opérait seul, avec la précision qu’accordent le métier et la répétition. Il leva les yeux en apercevant les jeunes femmes, qui s’étaient arrêtées quelques mètres derrière lui. Il termina ce qu’il était en train de faire sous le regard intéressé de Benihime (qui devait probablement se demander combien de bons gros poissons ce filet pouvait capturer) et les rejoignit en s’essuyant les mains sur son pantalon.

Il s’approcha pour les saluer mais Saeka ne lui laissa pas le temps de demander le pourquoi de leur présence.

Saeka – Bonjour Shiguru. Nous sommes envoyés par kiri au sujet de la mission que vous avez signalé, la caisse dans la falaise.

Shiguru eut une petite exclamation surprise.

Shiguru – Ho je vois. Heu… j’ai bien peur qu’elle n’y soit plus…

Il paraissait gêné, comme s’il craignait que Saeka le saisisse au col (qu’il n’avait pas) et le secoue en le traitant de menteur. C’était bien mal connaître Saeka qu’haya n’avait jamais vue s’emporter depuis qu’elle la connaissait. De plus, elles en avaient discuté en arrivant, il était tout bonnement impossible que la caisse y soit toujours, qu’elle soit subtilisée par d’autres pêcheurs, emportée par les flots ou récupérée par ses légitimes propriétaires. Mais la caisse n’était jamais que l’indice qui avait mis la puce à l’oreille de Shiguru, son rôle était terminé. Il s’agissait maintenant de savoir s’il y avait d’autres caisses et à qui elles appartenaient réellement.

Saeka sourit aimablement.

Saeka – Je pense pareillement, mais seriez-vous assez bon pour nous montrer la localisation de la caverne en question ? Nous allons l’observer discrètement quelques jours pour déterminer s’il y a lieu de s’inquiéter. S’il y a quelque chose, nous pensons intervenir. Si rien n’apparaît, nous visiterons malgré tout la caverne pour nous en assurer. Est-ce que cela vous convient ?

Shiguru – Tout à fait, tout à fait… venez, c’est tout près, allons-y immédiatement.

Les jeunes femmes précédèrent Shiguru, qui cheminait parmi les récifs aigus avec résolution et un pas assuré.

Shiguru – J’ai remarqué la caisse parce que c’est tout près de là où je pêche. D’habitude, je vais pas trop là-bas (pas de poissons, vous voyez), mais ce jour-là il y avait des gosses qui jouaient dans l’eau alors… y avait plus de poissons, quoi.

Benihime – Et ça c’est pas bien.

Shiguru jeta un coup d’œil par-dessus son épaule et acquiesça vigoureusement. Benihime partageait les douleurs du petit commerce quand il s’agissait de nourriture. Ils rejoignirent la plage, encore mangée par des rocs qui sortaient du sol çà et là et passèrent sous une énorme arche en roche naturelle, qui faisait un demi cercle au dessus de leur tête. De l’autre côté de l’arche, la plage s’étendait librement, sans être trop gênée par les rochers. Haya n’avait à peu près qu’une envie : retirer ses bottes et laisser ses pieds nus s’enfoncer dans le sable chaud. Shiguru pointa du doigt une large excavation dans la falaise. Large, mais plus en hauteur qu’en largeur, de loin, cela ressemblait davantage à un effet d’ombre sur la falaise qu’à une grotte. Un choix judicieux pour des contrebandiers, se dit la jeune femme.

Shiguru – C’est là-bas. Je me suis pas approché, vous imaginez. La caisse était ici.

Il montra un banc de sable recouvert d’eau devant la caverne. L’eau n’y était pas profonde du tout, à hauteur de cheville tout au plus, et le sable finissait par reprendre ses droits sur le reste de la plage. Peut-être que lors des marées, la caverne était immergée, mais c’était difficile d’en être sûr.

Shiguru – Il n’y a pas d’enfants qui viennent jouer ici. C’est trop loin du village. Vous devriez être tranquille.

Saeka – Merci pour tout, nous allons nous installer ici pour l’instant. Il y a une auberge en ville pour passer la nuit ?

Shiguru – Oui, chez Araragi. Au centre du village. Il sera drôlement content d’avoir de joli brin de filles comme vous, ça le changera un peu des… enfin. Bonne chance. Si vous avez besoin de moi à nouveau, je suis soit à la pêche, soit chez moi.

Haya s’inclina poliment tandis que Saeka lui restituait la photographie empruntée à sa femme. Shiguru disparut derrière l’arche de ses habituelles grandes enjambées. Benihime poussa un grand soupir et s’étira. La plage s’étendait sur une fine portion, tout en longueur. La grotte n’était qu’à une centaine de mètres de là où les jeunes femmes se tenaient.

Haya – C’est très exposé comme lieu.

Benihime – Rien qu’on ne puisse arranger toutes les deux!

MessageSujet: Re: CI002 - La grotte   Jeu 3 Nov - 21:11

Après moins de deux heures de surveillance, Benihime avait déjà jeté les armes.

Elle avait retiré son armure et sa jupe, ne gardant que sa culotte et les bandages autour de sa poitrine, et s’était ménagé une piscine privée à l’aide d’un peu de chakra. Afin de s’assurer une relative discrétion, elle et Haya avait déplacé des roches grâce à l’eau, afin de se dissimuler derrière. De loin, l’amas se noyait dans l’apparente uniformité de la falaise et les jeunes femmes bénéficiaient d’un point de vue privilégié sur l’entrée de la caverne, ce qui pour le moment était suffisant. Pour l’heure, elles avaient décidé de s’installer ici et d’y demeurer, puis d’aller dans un second temps s’assurer qu’il n’y avait pas d’autres points d’accès à la caverne autour de la falaise. Il serait tout de même frustrant de se rendre compte deux jours après que l’activité se passait de l’autre versant de la falaise. Saeka et Haya veillèrent à peaufiner leur couverture, avec dans l’idée de la rendre naturelle aux yeux de quelqu’un qui aurait l’habitude de passer par ici, même aux yeux d’une personne avec une mauvaise conscience qui s’attend à être rattrapé à tout instant. Il était tout de même peu probable que ce soit l’état d’esprit d’éventuels contrebandiers. La caisse abandonnée devait être leur première erreur repérée, s’il s’agissait bien d’une erreur, et ils devaient simplement veiller à ne plus la reproduire. Comme la réponse de kiri avait tardé jusqu’à aujourd’hui, leur vigilance devait être revenue à un degré minime.

A midi, leur installation était complète et les jeunes femmes déjeunèrent en discutant tranquillement, les pieds dans l’eau générée par Beni. Au moment de prendre la mission, on les avait prévenues que cela risquait de prendre du temps. Mais comme elles ne comptaient pas complètement respecter l’intitulé de la mission, cela ne faisait rien. Elles s’étaient donné deux jours de surveillance avant d’aller explorer la caverne, puisqu’elles le feraient qu’il y ait ou non des contrebandiers. Dans deux jours, quoi qu’il arrive, la mission serait terminée alors elles n’auraient pas trop le temps de s’ennuyer. Sitôt leur repas terminé, les jeunes femmes se mirent en route pour repérer d’autres issues. Benihime, déjà en petite tenue, resta en arrière pour surveiller ce qui était jusqu’à présent la seule entrée praticable. Haya et Saeka gravirent directement la falaise et évoluèrent à même la surface, en jetant des coups d’œil à l’horizon de temps à autre pour s’assurer qu’aucun bateau ne risquait de les distinguer au loin (encore que cela aurait été extrêmement chanceux de la part du bateau en question). Après avoir parcouru la falaise sur toute la longueur où se trouvait la caverne, les deux jeunes femmes explorèrent l’autre versant.

Il leur fallut plus de quatre heures pour déterminer que non, il n’y avait aucun autre point d’accès à proximité, ni d’un côté, ni de l’autre, ni même au sommet de la falaise. Il était improbable que des galeries souterraines s’étendent sur de trop longues distances, aussi les jeunes femmes écartèrent-elles la possibilité d’explorer plus au nord. Elles rejoignirent Benihime, qui n’avait rien à signaler (hormis qu’elle s’était beaucoup ennuyée et qu’elle n’avait plus rien à manger). Haya et Saeka se déshabillèrent à leur tour et rejoignirent Benihime. Haya retira les bandages autour de sa poitrine en s’immergeant dans l’eau jusqu’aux épaules et se laissa aller contre la surface fraiche de la falaise. Cela lui rappelait les sources de montagne où elle s’était rendue une fois avec son père, sa mère et ses sœurs, elle en gardait le souvenir d’une lumière verte magnifique, mais peut-être était-ce seulement dû aux longues tiges de bambous qui les encerclaient alors. Ces deux journées ne seraient certainement pas trop pénibles…

A dix-neuf heures, Saeka retourna en ville pour leur réserver une chambre à l’auberge. Elles avaient convenu d’y prendre leur repas et de faire des tours de veille. Rien ne les empêchait de dormir sur place, mais comme l’auberge était à moins de cinq minutes, cela ne gênait pas vraiment leur mécanique. Même si le bruit se répandait que des ninjas de kiri dormaient à Sengoko, il était très improbable que d’éventuels contrebandiers en aient vent avant d’être repérés par la sentinelle restante. Saeka revint un quart d’heures après avec un sac chargé de vivres sur le dos. Le regard que lui jeta Benihime était un peu désolant.

Saeka – Le tenancier nous a préparé un petit panier repas. Il regrette qu’on ne puisse pas dîner sur place.

Saeka posa le sac contre la roche dans le sable et Benihime se dépêcha de l’ouvrir, en poussant de petites exclamations de plaisir à mesure qu’elle prenait connaissance de son contenu. Saeka regarda le dos nu de Benihime et la poitrine rougie par le soleil d’haya.

Saeka – Il faut dire que dans vos tenues, il aurait fait salle pleine.

Benihime – S’il me donne des boulettes de riz, je veux bien aller prendre mon petit déjeuner toute nue.

Haya – Tu vas mal finir Beni.

Mais la soirée aussi se passa très calmement. Saeka, Haya, puis Benihime allèrent tour à tour dormir quatre heures durant. La plage était la même de jour que de nuit, hormis l’absence logique de la moindre source de lumière. Même la lune leur jouait des tours, cachée derrière des nuages. Haya passa ses deux premières heures de surveillance adossée à la falaise, les genoux ramenés contre elle pour se protéger du froid qui tranchait avec le lourd soleil de l’après-midi, le regard fixé sur la caverne. Elle ne tarda pas à avoir mal aux jambes à force de rester assise et se dégourdit le long de la plage, les pieds nus, ses bottes dans une main. Progressivement, Haya se rapprocha de la caverne qu’elle était chargée de surveiller et s’assura qu’aucune source de lumière ne l’illumine de l’intérieur. Il n’y avait rien qu’une entaille noire dans la roche. Son enthousiasme pour la mission commença à diminuer. En partant, elle s’était mise en tête qu’il y avait forcément des contrebandiers ou n’importe quoi de ce style dans cette caverne, sinon, kiri avait écopé de la mission la plus ennuyeuse de l’histoire des missions. Mais maintenant qu’elle se trouvait face à la falaise, la réalité semblait d’humeur joueuse. Au moins, il lui restait la tranquillité de la plage, le soleil et ses deux amies… parce que pour le reste, cette mission ne prenait pas le chemin de tenir ses engagements.

Haya revint et moins de trente minutes plus tard, Benihime atterrissait à ses côtés, fraîche et dispos.

Benihime – Alors, ennui complet ?

Haya – Rien de rien.

Benihime s’assit lourdement dans le sable.

Benihime – Pas de chance. A toute à l’heure Haya!

Haya acquiesça dans le noir et se téléporta directement sur la place du village. Il lui fallut un peu de temps pour retrouver l’auberge, bien plus calme que la première fois où elle était entrée, huit heures plus tôt. Il n’y avait plus personne, même le tenancier était allé se coucher, aussi Haya monta-t-elle rapidement les marches et ouvrit doucement la porte de sa chambre pour ne pas réveiller Saeka. Celle-ci respirait paisiblement sur le lit près de la fenêtre. Haya se déshabilla rapidement, s’enfonça dans ses couvertures rugueuses et s’endormit presque aussitôt.

Quand Haya se réveilla, Saeka avait déjà quitté la chambre. La jeune femme s’assit contre le mur en se frottant les yeux puis passa les jambes par-dessus le lit. Elle prit une courte douche, ne se soucia pas d’appliquer les bandages autour de sa poitrine et passa en hâte son armure avant de descendre les escaliers. La salle principale de l’auberge était un peu plus peuplée que la veille. Haya commanda un petit déjeuner pour trois, sortit dehors et se téléporta directement au lieu de surveillance. Saeka et Benihime s’y trouvaient en train de déjeuner. Haya sourit en saluant ses amies, remarquant que Saeka avait eu la même idée qu’elle d’apporter à manger pour tout le monde. Benihime lui planta un baiser sauvage sur la joue à l’idée de pouvoir se gaver deux fois.

Haya – Alors, toujours rien?

Benihime – Non. Je prédis une deuxième journée feignasse.

Saeka – Demain on visitera la caverne. J’espère que nous n’attendons pas pour rien, mais nous ne sommes pas pressées.

Benihime engouffra deux boulettes en une bouchée.

Benihime – Pas pressées, pas pressées… on pouvait rester s’ennuyer à kiri…

Haya émit un grognement peu convaincu. Malheureusement, la journée prit le même chemin que la précédente. Les rares fois où un bateau passait à l’horizon, les trois filles concentraient toute leur attention dessus, mais systématiquement le navire traçait bien loin des côtes. Le soir venu, elles prirent les mêmes dispositions que la veille, Saeka allant se reposer la première, suivie d’haya qui ne devait se réveiller que quatre heures plus tard pour prendre son tiers de surveillance (elle se rendit alors seulement compte qu’elle avait écopé du tiers le plus ingrat, au beau milieu de la nuit, qui l’empêchait de profiter d’un sommeil complet). Pourtant cette nuit là, elle fut réveillée par un murmure et une main sur son épaule. Haya sursauta mais fut aussitôt calmée par Benihime, penchée sur elle. Les yeux de la jeune femme brillaient dans l’obscurité.

Benihime – Il y a eu du mouvement. J’y retourne, préparez-vous.

Benihime se téléporta aussitôt. Saeka était déjà en train d’enfiler son armure et son short. Haya se banda en vitesse la poitrine tandis que son amie disparaissait à son tour à la plage. Après avoir vérifié qu’elle n’avait rien oublié, Haya leur emboîta le pas et se réceptionna en silence dans le sable froid. Il devait être encore très tôt, peut-être cinq heures. Haya n’avait pas l’impression d’avoir dormi très longtemps. Benihime pointa du doigt la caverne qui était effectivement légèrement illuminée.

Benihime – Il y a un bateau qui mouille au large, là bas.

La jeune femme désigna une ombre sur la mer qui, malgré l’obscurité, se découpait nettement. Haya ressentit un frisson d’excitation.

Benihime – Ils ont envoyé une barque vers la caverne. Ils l’ont dissimulée contre la paroi de la falaise pour l’instant, mais je pense qu’ils vont la rentrer quand ils seront plus nombreux.

Saeka – Tu t’orientes vers des contrebandiers alors ?

Benihime – C’est soit ça, soit des pêcheurs qui font du rab.

La lumière dans la caverne finit par disparaître progressivement. Haya se prit à espérer très fort d’avoir bien couvert toute l’étendue de la falaise à la recherche d’une autre issue, car voir leur prise leur échapper maintenant serait du plus mauvais effet. Au fil des minutes puis des heures, pas moins de cinq nouvelles barques furent lancées à l’assaut de la falaise. Haya voyait distinctement des silhouettes s’agiter sur les embarcations qui s’enfoncer dans le sable, sortir et porter les chaloupes jusqu’à l’intérieur de la falaise pour les dissimuler. Les barques ne semblaient pas vides de contenu, même s’il était délicat de s’en assurer à cette distance. Il faisait encore nuit noire, mais le soleil n’allait plus tarder. Il fallait prendre une décision.

Haya – Le bateau risque de nous repérer approcher.

De là où elle était, Haya ne discernait aucune sentinelle à l’entrée de la caverne. Mais le navire principal, même s’il était raisonnablement éloigné, ne devait pas être totalement abandonné et bénéficiait d’une vue complète sur la plage et la mer.

Saeka – En effet, mais il ne doit pas rester grand-monde dedans. On peut commencer par là, s’assurer que le bateau ne repartira pas et s’occuper du personnel restant.

Benihime – Ouais. J’espère juste qu’ils n’ont pas de moyen de communiquer avec la caverne. Si on donne l’alerte dès notre première approche…

Saeka inclina la tête.

Saeka – C’est un risque oui.

Haya – On peut profiter de l’obscurité pour atteindre le bateau et observer la situation de là bas.

Benihime – Cela me semble faisable. On aura l’occasion d’en apprendre un peu plus sur l’identité de ces voyageurs de la nuit.

Haya acquiesça. Pour l’instant, rien n’indiquait clairement qu’elles avaient affaire à des contrebandiers ou qu’elles étaient face à une activité illégale. Même si investir une caverne à flanc de falaise de nuit n’était pas tout à fait anodin non plus, il fallait procéder avec prudence et méthode. L’une d’entre elle pourrait certainement s’infiltrer sur le bateau sans se faire repérer (sauf présence de ninjas expérimentés, ce qui confirmerait a priori les intentions hostiles et légitimerait une action musclée) afin d’en apprendre un peu plus, notamment sur la garnison restante sur le bateau et plus généralement, sur l’identité des nouveaux arrivants. Les jeunes femmes se mirent en mouvement en silence. Aucune vigie n’était visible où que ce soit sur le navire. Les marins ne devaient pas s’attendre à être surpris par une visite. En courant rapidement sur l’eau, elles atteignirent l’imposante coque arrière du bateau en moins de deux minutes, prêtant l’oreille pour s’assurer de l’absence de garde au-dessus de leur position. Ce n’était pas un navire gigantesque, au contraire il semblait relativement maniable, certainement habitué aux canaux troubles et aux manœuvres à proximité de récifs dangereux. Néanmoins, il devait être suffisant pour transporter des marchandises. Haya n’y connaissait pas grand-chose, mais elle estimait se trouver en présence d’un navire marchand.

Benihime indiqua qu’elle allait explorer le bateau plus avant. Saeka acquiesça en silence, tandis que la jeune femme entreprenait de gravir la coque humide, ses mains adhérant sans mal grâce à un peu de chakra. Au moment d’atteindre le bastingage, Benihime s’immobilisa et écouta longuement le seul murmure des flots. Il y avait bien des bruits de pas, mais ils venaient de l’intérieur du navire. La juunin sauta sur le pont arrière sans faire de bruit, accroupie. Elle alla se dissimuler derrière la cabine qui lui faisait immédiatement face et commença à la contourner. Il n’y avait personne de visible sur l’ensemble du pont arrière. Benihime observa l’avant du bateau un moment. De nombreuses lanternes permettaient d’avoir une bonne visibilité sur l’ensemble du pont, mais de toute évidence, personne ne se donnait la peine de surveiller le navire.

Benihime respirait posément. Elle était habituée à cet exercice, et cette force de l’habitude lui soufflait que ce calme apparent pouvait très bien receler un piège grossier. Néanmoins, elle avait peine à y croire. Il était hautement improbable que ces personnes aient pu avoir vent d’une expédition ninja les concernant. Si c’était le cas, ils ne seraient jamais venus ici, même en disposant de gros moyens. D’une part, parce qu’il n’était pas dans leur intérêt de s’attirer l’attention de kiri et tuer des agents de kiri était un bon moyen de se faire mal voir. D’autre part, cela grillerait de manière définitive leur cache, même si sur ce dernier point, Benihime se dit qu’ils devaient en posséder de nombreuses autres dans l’ensemble du pays de l’eau (et peut-être au-delà, difficile pour l’heure d’estimer l’influence de ces personnes, tant que leur identité n’aurait pas été découverte). Benihime aperçut l’escalier qui permettait de descendre dans les entrailles du bâtiment, mais elle privilégia une autre option. Il ne lui paraissait pas commode de rentrer par la grande porte, pour ainsi dire, c’était peu prudent même si elle commençait à douter du moindre dispositif pour contrer les intrusions. Elle se déplaça en vitesse jusqu’au bastingage, l’enjamba d’un bond et descendit de quelques mètres à la manière d’une araignée. En grimpant tout à l’heure, elle avait déjà remarqué les ouvertures, un peu étroite pour s’y faufiler, mais suffisante pour une grande fille comme Benihime.

Elle se tortilla avec grâce dans l’un des hublots et se réceptionna calmement dans une salle qu’elle savait vide. Malheureusement, l’obscurité était complète ici. La juunin s’arrangea pour trouver la porte, se coucha à terre l’oreille appliquée contre le bois usé. Il y avait toujours des résonnances de pas (peut-être quelqu’un qui s’impatientait et faisait les cent pas ?), mais rien de très près. Benihime ouvrit délicatement la porte, attendit de voir si quelqu’un remarquait quelque chose puis l’ouvrit en grand et sortit dans un couloir baigné de lumière. Il n’y avait pas tant de portes qu’elle l’aurait cru, mais la juunin identifia immédiatement l’endroit où la personne qui marchait se situait. C’était de l’autre côté, dans le couloir opposé vraisemblablement, ou bien dans une chambre. Benihime se déplaça jusqu’au coin et jeta un coup d’œil. Un homme, très grand et très mince, les joues mangées par une barbe taillée à la hache, marchait d’un bord à l’autre du couloir. Benihime se dissimula, sans toutefois comprendre ce que faisait l’homme. Elle décida d’attendre encore un peu, même si elle était complètement exposée là où elle se trouvait, mais l’homme ne faisait rien d’autre que de marcher, s’arrêtant parfois, puis reprenant sa patrouille. Benihime passa en revue ses possibilités : elle pouvait l’appréhender, afin de découvrir son identité, l’activité des hommes dans la caverne et d’autres informations utiles. Malheureusement, s’il n’était pas seul (et rien n’indiquait qu’il le soit), le gardait conscient déclencherait une éventuelle alarme et cela n’était pas profitable. Benihime prit la décision de se contenter de mettre l’homme inconscient en silence, s’il s’avérait être le seul occupant des lieux, il serait toujours temps de le réveiller. Elle attendit d’entendre ses pas s’éloigner afin qu’il lui présente son dos et bondit de sa cache. Elle courut à toute vitesse et en minimisant le bruit de ses pas le long du couloir. A l’instant où l’homme commençait à se retourner, Benihime le frappa violemment à la tempe et s’agenouilla contre lui pour ramasser son corps avant qu’il ne s’écroule lourdement au sol. Il était plus lourd qu’elle ne le pensait. Elle le reposa délicatement, appliqua son oreille à une porte, tourna la poignée et s’assura que la pièce était vide et plongée dans l’obscurité. La jeune femme traîna le corps dans la salle, prit son pouls et referma la porte derrière elle. Impossible de savoir quand il se réveillerait, mais elle n’avait pas de quoi l’immobiliser. Benihime était à peu près convaincue d’être la seule occupante consciente de cette partie du bateau. Elle ouvrit la porte que semblait surveiller l’homme et sourit pour elle-même. Ce devait être la chambre du capitaine du navire, ou quelque chose comme ça.

La jeune femme fouilla aussi vite qu’elle le pu la pièce exiguë où régnait une forte odeur de saumure. Elle trouva quelques papiers sans intérêt de contrats marchands, mais rien qui ne puisse indiquer la nature des activités de ce navire. Tout au plus fronça-t-elle les sourcils en voyant un contrat d’armes, mais c’était maigre. Elle ressortit en notant toutefois la salle mentalement, si jamais Saeka voulait la visiter à son tour plus au calme. Benihime poursuivit sa recherche en descendant d’un niveau. Immédiatement, elle sut qu’elle n’était pas seule. Des râles lointains et continus, audibles à cause de l’absence d’isolation, lui parvenaient de là où elle était. Ce devait être là que la majeure partie de l’équipage se reposait. Benihime s’avança prudemment à mesure que les gémissements se rapprochaient, mais elle acquit la certitude qu’ils ne restaient plus qu’eux laissés en arrière. Benihime jeta un coup d’œil derrière le maigre rideau qui dissimulait les ébats d’un dos entre deux jambes et se dit qu’il était l’heure de passer à l’action. Elle écarta le rideau, fondit sur l’homme qu’elle tira brutalement en arrière en l’attrapant par sa longue tignasse et abattit sa main libre sur la gorge de la femme nue et terrifiée qui s’apprêtait à hurler. L’homme grogna, mais il se rendit compte que ce n’était pas un camarade à lui qui venait l’emmerder, mais de toute évidence une ninja. Benihime lui délivra un puissant coup de tête qui fit s’effondrer l’homme en gémissant, le nez brisé. La femme avait reculé jusqu’à tomber par terre et essayait vainement de mettre le plus de distance entre elle et la juunin, alors qu’elle étouffait à moitié. Benihime la rejoignit d’un bond et la frappa violemment à la tête du bout de sa botte. La femme s’écroula inconsciente.

Benihime – Bien, bien… rhabille-toi et suis-moi en silence.

L’homme hébété enfila sans s’en apercevoir une longue chemise et un pantalon trop court pour lui. Benihime l’attrapa par les cheveux et le traîna sur deux escaliers, jusqu’à ressortir à l’air libre. Du sang coulait régulièrement de son nez et de sa bouche ouverte. Sur le chemin, Benihime utilisa le sceau qui la relia à Saeka et Haya pour leur dire de la rejoindre dans la cabine arrière. Quand la juunin poussa la porte, les jeunes femmes s’y trouvaient. Benihime jeta par terre son prisonnier et s’essuya les mains.

Benihime – Il y en a deux autres en bas, inconscients pour l’instant, mais dépêchons.

MessageSujet: Re: CI002 - La grotte   Sam 5 Nov - 20:07

Saeka – Vous êtes des trafiquant méprisables et vous le paierez.

Le prisonnier se trouvait entre les trois femmes, se tenant d’une main son nez pour essayer de réguler l’hémorragie. Le sang continuait de ruisseler entre ses doigts joints. Ses yeux roulaient tandis qu’il passait d’un bandeau à l’autre. Saeka n’avait aucun moyen de savoir s’il s’agissait bien de contrebandiers, mais Haya savait bien qu’avouer leur ignorance était la dernière chose à faire. Il fallait apparaître comme maîtrisant la situation. Néanmoins, elle commençait à espérer ne pas se trouver face à de simples marchands, car l’intervention de Beni était immanquablement musclée.

Homme – Je, heu… vois ba ce dont… vous voulez barler… c’est…

Benihime lui donna une solide taloche sur le sommet du crâne. L’homme se cacha des deux mains comme s’il s’attendait à ce que la juunin le passe à tabac. Elle était encore trop distinguée pour ça.

Benihime – Epargne nous ce couplet.

L’homme redressa la tête et son regard rencontra celui d’haya. Il avait l’air presque en colère maintenant.

Homme – Vous allez le regretter. Putain ouais.

Benihime – Qui est votre chef ?

L’homme cracha par terre un mélange de sang et de salive. Benihime attrapa la main qu’il laissait dans son dos, saisit deux doigts et les brisa nettement. L’homme poussa un hurlement étouffé par le tissu que Saeka lui fourra aussitôt dans la bouche. Benihime ne relâcha pas les doigts brisés, mais les serra de toutes ses forces en se penchant à l’oreille de son prisonnier.

Benihime – Tu ne sais pas qui je suis. Je suis Benihime de la flamme jaune. Les gens comme toi, ils regardent leurs pieds quand je suis là. Ce sont ceux qui commandent ta pauvre vie qui m’intéressent. Maintenant, si tu n’as rien à dire, ta vie est sans intérêt.

Le prisonnier serra les dents du mieux qu’il le pouvait malgré le tissu, qu’il essayait en vain de recracher.

Benihime – Je vais retirer le chiffon dans ta bouche. Si tu cries, tu auras peut-être le temps de voir rouler ta tête par terre.

Benihime relâcha sa pression sur les doigts de l’homme et retira sèchement l’étoffe enfoncée dans son gosier. Le prisonnier tomba contre le bois du bateau en toussant et en gémissant. Haya consulta Saeka du regard. L’homme semblait penser qu’ils avaient un moyen de leur faire payer leur intrusion, ce qui corroborait l’hypothèse des contrebandiers, du moins en apparence. Il leur fallait quelque chose de plus solide à présenter à kiri.

Homme – Je… Sechiro… Sechiro nabeko.

Haya n’en avait jamais entendu parler. Mais ce ne devait pas être le cas de Benihime qui souriait largement.

Benihime – On est bien tombées sur des contrebandiers après tout… Sechiro nabeko… il est à l’intérieur de la caverne ?

Homme – Ebidemement, cracha l’homme en se redressant.

Saeka – Un bateau de contrebande. C’est la fin de vos affaires ici. Désirez-vous être remis aux mains de la prison de Moge ?

Moge était la ville la plus proche d’ici.

Homme – J’ai enbie que bous crebiez la gueule ouberte.

En un mouvement, Saeka avait sorti sa chaîne et tranché la gorge de l’homme. Haya s’écarta du jet de sang qui lui macula toute la jambe gauche et regarda son corps chuter lourdement contre le sol.

Saeka – Je n’ai pas compris ce que vous disiez, mais je prends cela pour une négation. Sechiro nabeko. Intéressant.

Haya – Qui est-il ?

Benihime – Un homme dangereux, qui jouit d’une certaine influence dans le pays de l’eau. C’est un vendeur d’armes et, pour ce qu’on en sait, un trafiquant qui ambitionne de créer quelque chose de semblable à suigara ici.

Haya commença à ressentir une vague excitation. Peut-être étaient-elles tombées sur quelque chose de plus ambitieux que prévu. Si ce Sechiro disposait d’argent, il devait avoir été capable d’engager des mercenaires à son service, ou bien encore ses années d’expériences et de voyages lui auront permis de nouer quelques amitiés utiles. Il faudrait faire preuve de prudence une fois dans la caverne. Même si la majorité des hostiles qu’ils rencontreraient seraient certainement des pauvres gens comme cet homme mort à ses pieds, il pouvait y avoir des souches de résistance. En tout cas, c’était ce que pensait l’ex prisonnier. Mais si son Sechiro était en affaire avec Yuma, il pouvait également faire référence aux échos futurs d’une intervention aujourd’hui. Cela promettait d’être intéressant.

Haya – Il a un lien avec Yuma tamiko ?

Saeka secoua la tête doucement, tout en remettant sa chaîne à sa ceinture.

Saeka – Il n’y a qu’un moyen de le savoir.

Benihime – Qu’est-ce qu’on fait des deux autres contrebandiers en bas?

Saeka – Nous ignorons s’ils ont un moyen de contacter l’équipe dans la caverne. Ils peuvent également avoir des alliés à proximité. Mieux vaut s’occuper d’eux dès maintenant.

Benihime acquiesça.

Benihime – Je vais m’en occuper. J’ai vérifié rapidement, mais je n’ai rien vu d’intéressant dans ce rafiot… vous pouvez jeter un œil en attendant, on sait jamais.

Les deux jeunes femmes acquiescèrent. Benihime les conduit un étage plus bas, dans une salle qu’elle leur présenta comme la probable cabine du capitaine, avant de ressortir dans le couloir en laissant la porte entrouverte. Haya était a priori d’accord avec le raisonnement de la belle blonde : c’était une cabine large, chichement décorée mais avec un agencement qui rappelait les responsabilités de son occupant. Saeka s’attela à la fouille du bureau, parcourant rapidement les notes gribouillées du regard, tandis qu’haya décortiquait le reste de la pièce en quête d’un mystérieux mécanisme secret qui ouvrirait une porte dérobée où se cacherait un volumineux trésor. Elle fut très déçue. Non, c’était une cabine résolument quelconque, avec un placard où s’étalait une pauvre garde-robe, quelques armes entreposées sur les murs (Haya devina qu’elles n’avaient plus servi depuis longtemps, mais que ça n’avait pas toujours été le cas), des vivres sous le lit (Benihime allait peut-être tuer son âme sœur)… deux caisses reposaient dans le fond de la salle, derrière le bureau où s’activait Saeka. Haya essaya d’ouvrir la première, mais elle était scellée et il lui fallut quelques secondes supplémentaires pour faire sauter les clous. Il n’y avait rien d’intéressant non plus dans cette caisse : de la paille et, éparpillés au milieu, des œufs. Haya fouilla au fond mais sa main ne rencontra rien de concret.

Haya – Tu as quelque chose ?

Saeka – Rien d’intéressant. C’est bien le bureau de Sechiro cependant, il y a sa signature sur plusieurs documents commerciaux. Il semble être en relation avec un groupe de mercenaires locaux, mais ce n’est pas vraiment une information en or.

Benihime revint rapidement, si tôt sa sinistre besogne achevée. Les jeunes femmes retournèrent sur le pont, pour conserver dans leur ligne de vue l’entrée de la caverne, même si la luminosité sur le pont gênait leur perception à cette distance. Le ciel commençait à sérieusement s’éclaircir, poussé par le soleil à changer sa robe. Ce n’était pas tellement dérangeant, puisque pour ce que pouvait en voir Haya, les contrebandiers n’avaient pas jugés bon de poster des sentinelles où que ce soit. L’équipe de kiri avait déjà quelque peu outrepassée les instructions de la mission, mais cela était prévu dès le départ et arrangé avec kiri en haut lieu. Le village avait proposé la mission avec dans l’idée de la séparer en plusieurs parties s’il y avait une bonne raison de la faire, mais après tout, tant qu’à laisser la mission à une équipe expérimentée, si elle pouvait faire tout le travail en une fois, personne n’allait y trouver à redire.

Haya – On a un plan à part foncer et abattre toute résistance ?

Benihime réfléchit une seconde.

Benihime – Non pas vraiment. On n’a pas besoin d’informations spécifiques. Sechiro peut bien mourir. Et concernant Yuma… soit on trouvera quelque chose sur place, soit on avisera plus tard. Mais si rien n’indique qu’elle a un role à jouer dans toute cette entreprise, inutile de s’embêter.

Saeka – En effet. Si l’influence de Yuma est invisible, alors nous serons certainement tombé sur de bêtes contrebandiers tout ce qu’il y a de plus classiques, hormis que Sechiro est à leur tête. Pas de chance pour eux.

Haya – Mais est ce qu’on s’infiltre ou est ce qu’on, heu… tranche dans le vif.

Saeka lui adressa un sourire fin et lumineux.

Saeka – Nous nous infiltrerons, car nous sommes des êtres délicats et soucieux de notre image. Mais au final, nous tuerons vraisemblablement tout le monde. Il faut surtout garder en tête que nos adversaires peuvent être de notre niveau. La prudence reste de mise, d’autant plus qu’on n’a pas l’avantage du terrain.

Haya hocha la tête. Saeka avait doublement raison. Non seulement, aucune d’entre elle n’était entrée à l’intérieur de la caverne et avait donc pu repérer les lieux, mais en plus, haya et Benihime n’étaient pas forcément avantagées dans des lieux aussi exiguës. Il s’agissait de ne pas faire s’effondrer la moitié de la falaise sur eux, ce serait tout de même légèrement excessif. Si elles parvenaient à tuer méthodiquement les éventuelles patrouilles ou les groupes rassemblés, jusqu’à remonter au plus profond de la caverne, alors l’équipe de kiri ne devrait pas éprouver de trop grandes difficultés. Tout dépendait des soutiens qu’était parvenu à se ménager ce Sechiro nabeko. Les jeunes femmes sautèrent par-dessus le bastingage, se réceptionnèrent sur l’eau et coururent jusqu’au rivage. La caverne leur faisait presque immédiatement face, à une cinquantaine de mètres. Il n’y avait personne à l’entrée, comme prévu, mais les lumières avaient disparu. Sans doute la troupe avait-elle progressée plus avant. Haya avançait sans faire de bruit aux côtés de ses amies, les sens en alerte et prête à agir en cas d’embuscade. La caverne pouvait se révéler mieux protégée qu’elles ne le pensaient, avec des pièges ou des mécanismes de défense, comme des sceaux. Arrivées à l’entrée, Saeka s’agenouilla et appliqua un sceau minuscule contre la paroi rocheuse qui s’illumina un instant et s’évanouit. La juunin demeura là un instant avant de se redresser. Elle secoua la tête deux fois. Il n’y avait pas de sceaux de protection, en tout cas aucun repérable par des moyens conventionnels.

Cette partie de la caverne était encore partiellement immergée et Haya fut surprise de voir que cela se poursuivait sur plusieurs dizaines de mètres à l’intérieur, si bien qu’elle s’imagina être face à une sorte de rivière souterraine, mais finalement l’eau s’arrêta brusquement. En passant, elle vit les barques grossièrement dissimulées sur les côtés. Il ne devait effectivement pas y avoir une grande activité par ici pour que les contrebandiers soient aussi peu soucieux, ou bien ils pensaient repartir bientôt. Cette dernière possibilité accéléra légèrement le rythme cardiaque d’haya. Elle ne pouvait pas y faire grand-chose, mais elle ressentait une réelle excitation maintenant, accentuée par la perspective de jouer contre la montre. Il fallait toutefois rester absolument concentrée sur ce qui se déroulait, seconde après seconde. La hauteur de la caverne surprit Haya, elle s’était attendue à une grotte qui irait s’étrécissant et où il faudrait peut-être cheminer accroupie ou à plat ventre par endroit, mais ce n’était pas le cas du tout : la caverne était vaste, haute et relativement spacieuse. Si la marée montait jusque là, Haya n’était pas loin de penser que le navire qu’elles venaient de quitter aurait presque pu y manœuvrer dans les mains d’un marin expert. Dans la nuit et la quasi totale obscurité des lieux, les parois du mur naturel avaient une teinte étrangement verdâtre, comme de la mousse malade. Il n’y avait cependant pas âme qui vive sur plus de cent mètres.

Haya buta sur le bras tendu de Benihime et s’arrêta aussitôt, prêtant l’oreille. Il y avait bien de très légers échos, mais les personnes qui discutaient devaient se trouver encore très loin, c’était seulement la réverbération particulière des lieux qui leur apportait ces murmures. Les jeunes femmes poursuivirent plus lentement encore. Il ne semblait pas y avoir d’autre passage que celui qu’elles empruntaient actuellement. La luminosité s’intensifia brusquement au détour d’un couloir : il y avait des torches à moins de trente mètres et deux silhouettes, l’une de face, l’autre de dos. La petite troupe s’arrêta aussitôt et se positionna derrière la paroi pour observer la disposition de la scène. A part les deux personnes présentes, personne d’autre ne semblait être là. Des sentinelles ? Pourquoi si loin ? Non, de toute évidence, les contrebandiers ne s’attendaient pas à être gênés ce soir. Haya ne parvenait pas à voir ce qu’ils faisaient, mais des mots de leur conversation lui parvenaient. Rien de très important toutefois pour autant que puisse en juger la jeune femme.

Saeka les contacte directement à partir de leur sceau pour éviter de prendre le risque de parler à haute voix. Ces cavernes pouvaient se montrer facétieuses.

Saeka – Je pense qu’ils sont seuls. Je peux m’occuper des deux avant qu’ils ne nous repèrent. Cela vous convient ?

Haya et Benihime acquiescèrent. La juunin attrapa sa chaîne sans un bruit et l’enroula d’une certaine manière autour de son bras. Elle tenait la chaîne très près de la partie perforante, avant de la faire tourner sans qu’elle ne cliquète. Saeka, sous couvert de l’obscurité suffisante de là où elle se trouvait, se déplaça jusqu’à couvrir le champ de vision du contrebandier qui leur faisait face par le dos de son compagnon. Elle remonta sur plusieurs mètres, accroupie très près du sol, sa chaîne continuant de battre le vent à toute vitesse. Brusquement, Saeka se redressa en relâchant son arme contre le dos de sa cible. Elle la laissa dérouler en la suivant sur toute sa longueur, sans diminuer sa rapidité ou sa qualité de frappe. La pointe perfora la nuque du contrebandier, ressortit par son cou et s’enfonça dans le torse du second homme, plus grand d’une bonne tête. Saeka tira brusquement sur sa chaîne, qui ressortit en laissant une gerbe rouge sur son sillage. Les hommes tombèrent sans un cri sur leur flanc. Haya et Benihime rejoignirent leur compagne, qui s’était approchée des cadavres. Ils ne portaient ni ne faisaient rien d’intéressant, et ils étaient effectivement seuls dans cette section de la caverne.

Dissimuler leurs corps aurait pu être une bonne idée, sans la quantité prodigieuse de sang qui maculait à présent la terre. Les jeunes femmes remontèrent l’allée, discernant au loin ce qui pouvait ressembler à une enceinte intérieure. Peut-être était ce le bout de la caverne, là où serait assemblée la majeure partie de la troupe de contrebande. Mais il n’en était rien. Il s’agissait bien d’un espace plus large que les couloirs empruntés jusqu’à présent, mais désespérément vide. Le couloir se poursuivait plus loin, de l’autre côté. Saeka fronça les sourcils et réalisa à nouveau son sceau sur le sol. Il ne détecta rien de plus. Les jeunes femmes poursuivirent leur route, mais Saeka leur adressa un signe de tête qui en disait long. Haya le ressentait aussi d’une manière diffuse. Elles n’étaient pas seules dans cette arcade.

? – Quelque chose me dit… que vous n’avez rien à faire là.

MessageSujet: Re: CI002 - La grotte   Dim 6 Nov - 17:17

Citation :
Action 1 : Saeka se téléporte dans l'angle mort de son adversaire (-50MP). L'adversaire esquive le coup (Effet des lames d'Ether)

Benihime incante une lame d'éther en bénéficiant de sa maîtrise du ninjutsu pour réduire le coût (-5MP, 2 Pélagie). Son adversaire perd un peu de chakra (-20MP)

Haya incante une sphère d'eau (-30MP, sphère à 9 pélagie)

Note 1 : Dans la description de la technique, si l'adversaire ne peut engager le corps à corps, il est résolu comme déclarant une esquive. J'ai donc relancé le jet pour cette attaque. Cependant, j'ai considéré que Shumpo pouvait être éviter puisque, selon moi, la technique qui permet d'engager le corps à corps est une arcane, mais qu'il réalise une attaque physique en même temps (cela serait à vérifier)

Citation :
Action 2 :

Saeka pose un marqueur sur son arme en bénéficiant de sa maîtrise du ninjutsu pour réduire le coût (-5MP) et attaque son adversaire avec une précision mortelle (Coup critique, -134HP)

Benihime incante une sphère d'eau (-25MP, sphère à 8pélagie)

L'adversaire veut attaquer Haya, mais étant à distance, il ne peut pas. Il engage donc le corps à corps

Haya incante un champ de sirop gluant en bénéficiant de sa maîtrise du ninjutsu pour réduire le coût (-7MP, la sphère d'eau disparait)

Note 1 : J'ai considéré que l'action où l'adversaire ne pouvait pas engager le corps à corps correspondait à la première action où il agit après le relâchement de la technique. Je m'explique, Benihime à l'initiative sur l'adversaire, il ne peut donc pas engager le corps à corps a cette action, mais le pourra à l'action suivante. J'ai suivi cette logique puisque si cela n'était pas le cas, il ne pourrait pas engagé le corps à corps pendant 2 actions. (Celle du lancement et la suivante.)

Note 2 : Ici, l'adversaire à engagé le corps à corps avant le relâchement de la technique, donc il ne subit pas les effets de sirop gluant pour cette action

Citation :
Action 3 :

Saeka pose un marqueur sur son arme en bénéficiant de sa maîtrise du ninjutsu pour réduire le coût (-5MP) et attaque son adversaire (-45HP)

Benihime désire utiliser une technique, mais celle-ci demande d'être à distance et désengage donc le corps à corps (la sphère disparait)

L'adversaire perce le foie d'Haya (-30MP, -46HP). Pour 2 mois (réels), dès que la toxicité d'haya augmentera, le gain sera doublé.

Haya crée de l'eau en réduisant le coût en chakra (-5MP, 5 Pélagie)

Note 1 : Je me suis basé sur : Si vous étiez dans l'incapacité de lancer une technique, la sphère disparaîtra. Étant donné qu'elle doit reculer, elle ne peut pas lancer la technique à l'action de la sphère.

Citation :
Action 4 :

Saeka pose un marqueur sur son arme en bénéficiant de sa maîtrise du ninjutsu pour réduire le coût (-5MP) et attaque son adversaire avec une précision mortelle (Coup critique, -222HP)

Benihime incante un torant démentiels complémenter de plein de truc (-15MP, -7 pélagie) et inflige des dégâts monstres comparé aux HP maximum de la pauvre victime (-213HP)

L'adversaire active force surhumaine (-20MP, -6VIT, 20FOR)

Haya crée de l'eau en réduisant le coût en chakra (-5MP, 5 Pélagie)



Terrain


Pélagie : 5


Saeka
-0HP / -75MP
À distance de l'adversaire et de ses aliées

Kyoketsu Shoge à 81 ATK pendant encore 4 actions


Benihime
-0HP / -45MP
À distance de l'adversaire et de ses aliées


Haya
-46HP / -47MP
À distance de Saeka et de Benihime
Au corps à corps de l'adversaire

Si Haya gagne de la toxicité dans les deux prochains mois (réels), le gain est doublé


Adversaire
- 614HP / -70MP
À distance de Saeki et de et Benihime
Au corps à corps avec Haya

20FOR, -6VIT : 20MP par actions

MessageSujet: Re: CI002 - La grotte   Mar 8 Nov - 21:40

Citation :
Action 1 : L'adversaire paye ses entretiens (-20MP)

Saeka attaque son adversaire avec une précision mortelle (Coup critique, -228HP)


Terrain
Pélagie : 5


Saeka
-0HP / -75MP
À distance de l'adversaire et de ses alliées

Kyoketsu Shoge à 81 ATK pendant encore 3 actions


Benihime
-0HP / -45MP
À distance de l'adversaire et de ses aliées


Haya
-46HP / -47MP
À distance de Saeka et de Benihime
Au corps à corps de l'adversaire

Si Haya gagne de la toxicité dans les deux prochains mois (réels), le gain est doublé


Adversaire

Inconscient
- 842HP / -90MP
À distance de Saeki et de et Benihime
Au corps à corps avec Haya

20FOR, -6VIT : 20MP par actions

Haya : 48 XP [(18*8)/3]
Setsu (17actions résolus) : 22XP [(17*1.3)]

MessageSujet: Re: CI002 - La grotte   Jeu 10 Nov - 20:47

C’était un homme massif à la peau très sombre qui avait parlé. Il portait un long katana dans son dos. Les jeunes femmes s’étaient immédiatement retournées pour lui faire face, tandis qu’il sautait au bas de l’arcade naturelle sur laquelle il se dressait. Il avait relevé sa capuche, mais son ensemble était de la couleur de la nuit, une sorte de bure informe qui ne dissimulait pas entièrement son gabarit relativement imposant. La mâchoire carrée et la mine sévère, l’homme ne paraissait toutefois pas très rassuré. Son regard passa sur celui de chacune des jeunes femmes, s’arrêta plus longuement sur benihime, chercha dans leur dos le couloir qui devait logiquement le mener auprès de ses collègues. Il secouait son poing en silence. Saeka se téléporta instantanément et à peine arrivé auprès de l’homme, elle chercha à lui planter le bout tranchant de sa chaîne dans la gorge. Par chance ou par talent, l’homme se baissa à temps pour éviter le coup. Il recula néanmoins de quelques pas, surpris par la soudaineté de l’attaque, mais déjà les flots de benihime s’écrasaient sur lui. Haya ouvrit la paume de sa main, au fond de laquelle se matérialisa une petite boule liquide qui grossit rapidement. Haya la relâcha aux pieds de l’homme, sous la forme d’une substance collante et gênante. Saeka lui délivra un second coup qui claqua sèchement dans la caverne.

L’homme se dirigea directement sur haya, probablement après avoir déduit qu’il n’était pas de taille contre Benihime de la flamme jaune et la femme aux cheveux bleus qui frappait si fort. Un mouvement intelligent, mais qui en l’absence de secours rapides ne lui servirait à rien. Haya vit la chaîne de Saeka s’enfoncer dans le dos de l’homme et ressortir de son ventre, comme une excroissance métallique ou un enfant démoniaque pressé de rejoindre le monde terrestre. Benihime s’éloigna d’un saut, réalisant une succession de signes. Haya vit le coup mais ne parvint pas à l’éviter. Le poing de l’homme s’enfonça dans son bas ventre, la soulevant brièvement du sol. La jeune femme sentit immédiatement un goût de sang dans le fond de sa bouche, sang qu’elle s’empressa de recracher par terre. Saeka lui lacéra cruellement le dos, le faisant mettre genou à terre, tandis qu’une attaque fulgurante redoutablement précise de Benihime finissait de le projeter au sol. Saeka porta une nouvelle attaque sur la cible désormais inerte au sol, sa chaîne tournoyant de façon menaçante dans les airs, tandis qu’elle se rapprochait posément. Haya se massa le ventre en observant l’homme à terre. Il était inconscient. La chaîne de Saeka plongea vers sa gorge offerte et la lui sectionna nettement, manquant décapiter le nouveau cadavre.

Benihime rejoignit les jeunes femmes. Elles attendirent que le flot de sang se tarissent avant de se rapprocher du corps.

Benihime – Je ne connais pas ce type. Tu vas bien haya ?

Haya hocha la tête.

Haya – Un peu mal au ventre mais rien de grave.

Saeka – Probablement un mercenaire. Nous devons en espérer d’autres. Il semblait espérer des renforts.

Benihime s’agenouilla auprès du cadavre, cherchant dans ses poches d’éventuelles informations. Il n’y avait rien. Elle décrocha une arme en bois qu’il portait à la ceinture et son katana effilé, qu’elle envoya à haya.

Benihime – Tiens, cadeau.

Haya – Merci. Il vient du coeur en plus.

La jeune femme lui adressa un clin d’œil malicieux en se relevant. La brève lutte ne semblait pas avoir attiré l’attention, ce qui laissait supposer que les autres contrebandiers se trouvaient encore à bonne distance. L’équipe de kiri reprit sa progression minutieuse, évoluant en essayant de faire le moins de bruit possible. Impossible de savoir désormais ce que faisait ce mercenaire dans cette pièce. Haya ne croyait toujours pas qu’ils s’attendaient à une descente de kiri, autrement ils ne seraient pas venus pour commencer, mais même, ils auraient laissés des gardes digne de ce nom dès l’entrée de la caverne, ou bien de façon à tendre un piège s’ils étaient si bien informés que cela. Non, cet homme devait s’être isolé de lui-même et avait dû être le premier surpris de voir des inconnus cheminer dans la grotte. Toute la question était maintenant de savoir combien de mercenaires Sechiro nabeko avait employé pour protéger ses petites affaires, sans oublier la possibilité certes minime de tomber également sur Yuma tamiko en personne. Elles ne seraient alors pas trop de trois pour contenir tout ce beau monde.

Ces couloirs naturels n’étaient pas du tout éclairés. Haya se demandait s’ils avaient toujours existés ou bien s’ils avaient été créés ou agrandis de la main de l’homme. Sans doute une rivière coulait-elle ici dans le temps, la caverne était légèrement incurvée même si le sol était désespérément sec. Pour l’instant, la caverne s’étendait sans sembler vouloir s’arrêter. Depuis leur entrée, les jeunes femmes dû parcourir au moins deux cent mètres. C’était sans l’ombre d’un doute une structure impressionnante et une cache de qualité. Au loin, l’équipe de kiri aperçut une lumière qui vacillait contre les murs. Le retour des torches indiquaient certainement le retour des hommes. Un cri strident manqua faire sursauter Haya tandis qu’elle levait les yeux au plafond. Des chauves-souris se chamaillaient en les ignorant superbement. L’équipe de kiri poursuivit sa route, ralentissant à mesure que se rapprochait la source de lumière. Saeka pencha la tête sur le côté. Elle utilisa le sceau qui l’unissait aux deux autres jeunes femmes pour communiquer en silence.

Saeka – Quatre hommes. Ils vident des caisses.

Maintenant qu’haya y pensait, les contrebandiers devaient être sacrément nombreux pour déplacer les barques remplies de caisses qu’elle avait aperçues depuis la plage, un peu plus tôt dans la matinée. Elle doutait que la moitié d’entre eux soient capables d’utiliser la moindre technique ninja. Sans doute tous les magiciens ont-ils leurs petits secrets.

Benihime – On attaque?

Saeka n’avait pas l’air convaincue.

Saeka – Notre priorité est de mettre la main sur Sechiro ou, au mieux, Yuma. Si on attaque de façon trop évidente... ils peuvent avoir un système de repli.

Les jeunes femmes attendirent alors dans cette position inconfortable, dans le coin mal éclairé mais encore trop pour qu’elles soient totalement invisibles. Il paraissait improbable que quelqu’un les prenne à revers, étant donné qu’elles avaient jusqu’à présent massacré toute résistance et que le bateau était sécurisé. Mais dans l’hypothèse où un second bateau devait accoster, le danger restait présent. Sans compter que les ninjas n’avaient rien fait pour cacher les tueries, les cadavres reposaient encore là où ils étaient tombés et le sang s’étalait sur le sol de la caverne. Mais pour l’instant, seul le bruit répétitif du bois qui rencontrait le bois se faisait entendre avec, de temps à autre, quelques paroles échangées entre les contrebandiers. Haya restait curieuse de savoir jusqu’où leur affaire s’étendait. Etaient-ils implantés seulement sur uke, dans l’ensemble du pays de l’eau ou bien au-delà encore de ses frontières ? Sans doute sechiro se ferait-il une sombre joie de répondre à ces interrogations, même si ce n’était pas la première des priorités de l’équipe kiréenne.

Les contrebandiers finirent leur travail et s’en retournèrent vers le nord. Les jeunes femmes leur emboîtèrent le pas à bonne distance, alertes et prêtes à réagir à la moindre présence inattendue. Elles s’arrêtèrent au niveau des caisses. Saeka en ouvrit une à l’aide d’un kunai fuselé fixé le long de sa cuisse et ses compagnes se penchèrent sur le contenu. Il y avait beaucoup de paille et, au fond, quelques armes usées. Le commerce d’armes était sérieusement surveillé à uke. Obtenir une licence était très délicat. Les forgerons n’avaient même pas le droit de fait de vendre les armes qu’ils fabriquaient, il fallait qu’ils obtiennent une autorisation officielle de l’administration du daimyo. Cela pouvait prendre des mois. C’était en partie pour éviter que les îles ne parviennent à s’armer à nouveau, dans l’espoir un peu niais d’empêcher de nouvelles guerres civiles, la marque de fabrique du pays de l’eau. Malgré l’encadrement, ce genre de marché de contrebande se diversifiait largement car la demande était bien présente, surtout sur quelques îles naturellement belligérantes.

Saeka porta l’une des armes à ses yeux.

Saeka – Un travail de piètre qualité.

Le fait que les contrebandiers aient laissé leurs torches ici semblait indiquer qu’ils comptaient revenir tôt ou tard. La petite troupe se remit en route, toujours vers le nord. Les sources lumineuses étaient plus nombreuses sur ce chemin et après avoir emprunté un bref tournant, les jeunes femmes surent qu’elles touchaient au but. La lumière était importante mais des murmures de voix renforcés par l’écho leur parvenaient distinctement. Il y avait une foule là bas et Sechiro nabeko devait certainement y donner ses instructions. Les juunin se consultèrent du regard. Elles allaient devoir tuer tous ceux qui se présentaient à elle. Dans part parce qu’il ne leur serait pas possible de déterminer qui exactement représentait une menace, et d’autre part parce qu’elles savaient comment fonctionnaient les contrebandiers. Comme des parasites, ils passent d’un corps à l’autre. Si elles étaient réellement intéressées par cette histoire de contrebande, la stratégie voudrait qu’elles épargnent quelques contrebandiers, histoire de les filer et d’infiltrer ainsi d’autres points de contrebande.

Mais la vérité, c’était que ni Saeka, ni Benihime, ni Haya ne s’intéressaient à la contrebande proprement dite. Elles souhaitaient uniquement atteindre la tête supposée de cette petite organisation, Yuma tamiko, et la trancher sans poser davantage de question. Benihime acquiesça en s’agenouillant au sol. Dans leur dos s’éleva sans se presser une fine barrière rouge. Haya l’effleura du doigt. Elle connaissait ce sceau : il disparaîtrait à la mort de beni ou lorsque cette dernière choisirait de le désactiver. Il n’y avait pas de moyen connu de le contrer, même si les contrebandiers se mettaient en désespoir de cause à creuser la roche, ils finiraient par rebondir sur cette fine couche rouge. S’il n’existait pas d’autre issue, les contrebandiers étaient condamnés.

Les jeunes femmes arrivèrent jusqu’à la dernière jonction de la caverne. Haya pencha rapidement la tête sur le côté pour voir les forces en présence. Les contrebandiers étaient nombreux. Saeka adressa un signe de tête à Benihime, qui réalisa une brève série de signes. Une brume s’échappa de ses mains, flottant paresseusement dans les airs jusqu’à gagner en volume et en force, s’insinuant dans le couloir et remontant jusqu’à l’endroit où les contrebandiers étaient assemblés. Il y eut un moment de flottement puis des cris alors que tout le monde reconnaissait la signature de kiri. Une poignée de contrebandiers s’élancèrent sans le savoir à la rencontre des juunin, cherchant à fuir la caverne. Haya entendit distinctement quelqu’un leur ordonner de revenir. Benihime sortit son katana, Saeka fit tournoyer sa chaîne et Haya l’imita. Les contrebandiers tombèrent en quelques secondes. Ils étaient six à reposer au sol maintenant. Les jeunes femmes attendirent que d’autres se présentent à elles, mais ils s’étaient enfuis de l’autre côté. Elles remontèrent le couloir à l’abri derrière la brume de Benihime, que celle-ci ne maintint pas mais qui résistait encore.

Dès qu’un contrebandier apparaissait dans leur champ de vision, il était fauché par une lame. Les voix étaient parfaitement audibles maintenant. Ils paraissaient savoir qu’ils étaient condamnés. Les juunin finirent par laisser la brume derrière elles, débouchant sur un nouveau couloir plus étroit. Haya commençait à avoir la réponse à sa question précédente : cette caverne n’était pas entièrement naturelle. Les contrebandiers avaient dû forer loin, construisant les deux grandes salles de dépôt qu’elles avaient déjà traversé et élargissant le lit d’une vieille rivière. C’était particulièrement visible ici, peut-être grâce à la lumière des torches. Il n’y avait toujours pas d’eau cependant. Quelques contrebandiers tombèrent sous leurs coups en essayant de s’enfuir vers elles. Au milieu du couloir, une dizaine d’hommes se tenaient, incertains sur la meilleure conduite à tenir. Quand ils virent déboucher les juunins de kiri, la plupart d’entre eux s’enfuir davantage encore vers le nord, mais la galerie paraissait aller s’étrécissant. A moins qu’ils ne se décident à finir de forer la falaise dans les minutes qui suivaient, ils étaient perdus. Un homme s’avança d’un pas dans leur direction (elles se trouvaient encore à une bonne vingtaine de mètres) et cracher à ses pieds. Haya le reconnut avant que Saeka ne confirme mentalement son impression.

Saeka – Sechiro nabeko.

Il portait une riche tenue bleue, un mélange de bleu marine et de bleu azuré. Cela lui donnait l’air d’un gouverneur ou de quelqu’un d’important. Haya fut heureuse pour lui de savoir qu’il profitait bien de son commerce illégal, au moins, les risques en valaient la peine. Une boucle d’oreille unique pendait à son oreille tandis qu’il secouait la tête avec nervosité. Il ne portait pas d’arme et n’avait définitivement pas l’air d’un guerrier. Son visage fin, jeune et délicat n’avait pas dû souvent être malmené.

Sechiro – Maudit kiri ! Trois pétasses, et nous sommes faits comme des rats!

Saeka – Nous avons des questions à te poser Sechiro nabeko. Tu vivras un peu plus longtemps que les autres.

Sechiro reculait à mesure qu’elles progressaient. Un sourire dément traversa son visage. Seuls un homme et une femme demeuraient à ses côtés. L’homme était plus petit que Sechiro, mais un long katana était fixé à sa ceinture. Il portait une chemise largement ouverte sur un poitrail puissant et particulièrement poilu. Son regard noir et neutre était fixé sur Benihime, tandis qu’il se passait une main pensive dans une fine barbe bien taillée. Son autre main, couverte de bagues, se posa sur le pommeau de son arme. La femme avait attaché ses longs cheveux blonds dans son dos, des cheveux qui juraient avec la teinte halée de sa peau. Elle ressemblait un peu à l’amie d’haya, shimuka, avec les mêmes longues jambes dénudées. Ses grands yeux de biche lui donnaient un air presque inoffensif, mais haya ressentait son chakra de là où elle était. Sechiro n’avait-il que ces deux mercenaires ?

Sechiro – Vous perdez votre temps, je ne parlerai pas.

Sechiro reculait dans le couloir sans perdre des yeux les juunins. Celles-ci finirent par s’arrêter. Elles étaient arrivées à distance d’engagement des deux mercenaires. La femme adopta une posture de combat. Haya rencontra le regard de Sechiro. S’il y avait une issue, s’il jouait la comédie, elles échoueraient. Il fallait en terminer rapidement avec ces deux éléments.

Saeka semblait penser pareillement.

Elle fit claquer sa chaîne.

Saeka – Les ennemis de kiri meurent.

La femme eut un sourire mauvais.

? – Je les informerai, si je les vois.

Saeka lui rendit un sourire aimable.

Saeka – Là où tu vas, ils sont déjà tous prévenus.

MessageSujet: Re: CI002 - La grotte   Sam 12 Nov - 20:27

Citation :
Action 1 : L'adversaire fille incante une cage minérale sur Haya et Saeka (-50MP)

Saeka incante un arrêt du temps sur l'adversaire fille, mais est prise sous la cage minérale et doit donc attendre que celle-ci disparaisse avant de lancer sa technique. ( 20MP)

Benihime incanete une sphère d'eau (-25MP, Sphère à 8 pélagies)

L'adversaire masculin avale une pilue ( 35 Toxicité)

Haya incante une dance sous la pluie et créer de l'eau (-35MP, 5pélagie)


Citation :
Action 2 : L'adversaire fille veut lancer une technique sur benihime, mais elle doit être au corps à corps . Elle engage donc le corps à corps.

Saeka attends que la cage se désagrège ( 20MP)

Binihime incante un torrent démentielle sur l'adversaire fille (-5MP, -217HP, la sphère disparait, 3pélagie)

L'adversaire masculin s'enfonce dans le sol et rejoint le corps à corps en frappant le fibula (Décapitation fatale Fibula : -30MP, -176HP)

Haya incante une sphère d'eau (-30MP, Sphère à 9 pélagie)


Citation :
Action 3 : Haya paye son entretien (-15MP)

L'adversaire fille lance un fuuton rasengan (-60HP, -60MP) et inflige des dégâts à Benihime (-133HP)

Saeka attends que la cage se désagrège ( 20MP)

L'adversaire masculin incante un bras destructeur sur Benihime (-60MP, -346HP)

Benihime veut lancer une technique, mais ne peut plus utiliser son chakra. Elle fait donc une action par défaut ( 20MP)

Haya veut lancer une technique, mais ne peut pas puisqu'elle est sous la cage. Elle attends donc que la cage se désagrège ( 20MP, la sphère disparait)

Note 1 : Comme tu es dans l'impossibilité de lancer ta technique avant l'action 1 du tour 2, la sphère disparait (comme marqué dans la note de la technique)


Citation :
Action 4 : L'adversaire fille veut lancer une technique, mais ne peut pas utiliser son chakra. Elle fait donc une action par défaut ( 20MP)

La cage fini par se désagréger et Saeka relache un arrêt du temps sur l'adversaire fille (-80MP)

L'adversaire masculin incante un bras destructeur sur Benihime qui sombre dans l'inconscience (-60MP, -331HP)

Haya relache une grande cataracte (-7 Pélagie, -65MP, 4 Pélagie). L'adversaire sera affecter par la technique à la dissipation de l'arrêt du temps


Terrain
Pélagie : 4
Masse de terre : En abondance


Saeka
À distance des adversaires et du corps de Benihime
Au corps à corps avec Haya

Entretient de l'arrêt du temps à payer toutes les actions
Peut encore maintenir la technique 4actions

-0HP / -20MP


Benihime
Inconsciente
Au corps à corps avec les adversaires
À distance avec ses coéquipiers
-971HP / -10MP

- 12 AGI : Fibula
- 15 VIT : Futon Rasengan
- Ne peut pas utiliser son chakra : Futon Rasengan

Je n'ai pas marqué la duré étant donné qu'elle est inconsciente


Haya
À distance des adversaires et du corps de Benihime
Au corps à corps avec Saeka
-0HP / - 125MP

Ne peut plus utiliser l'hydrolyse 7 pendant 3 tour


Adversaire fille
A distance d'Haya et de Saeka
Au corps à corps avec le corps de Benihime et de son allié
- 277 HP / - 90 MP

Ne peut plus cibler où être pris pour cible pour encore : 4 Actions
Subira 34 HP et une perte de 2 actions à la disipation de l'arrêt du temps


Adversaire Masculin
A distance d'Haya et de Saeka
Au corps à corps avec le corps de Benihime et de son allié
-0HP / - 150MP

Toxicité à 35
Force x 3 pendant encore 7actions (ingestion d'une pilule)

MessageSujet: Re: CI002 - La grotte   Sam 12 Nov - 22:04

Citation :
Action 1 : Saeka incante une technique (-110MP)

L'adversaire homme engage le corps à corps avec une décapitation fatale et frappe le fibula de Saeka (-50MP, -94HP)

Haya exécute une téléportation defensive (Action en réserve : -19MP)

Note 1 : Haya n'était pas dirrectement engagé, mais le fait d'engagé Saeka la rend au corps à corps


Citation :
Action 2 : L'adversaire masculin incante un choc électrique du système nerveux central complémenter de yeux (-80MP, -72HP). Saeka souffre d'une blessure durable critique : Cécité

Saeka incante une technique

Haya fait une action defensive ( 20MP)

Note 1 : L'action défensive est du aux effets de téléportation defensive


Citation :
Action 3 : L'adversaire veut utiliser une technique sur Haya, il engage donc le corps à corps

Saeka incante une technique

Haya incante un champ de sirop gluant (-70MP, 3 Pélagie)

Note 1 :Saeka ne dispose plus de sa diminution en point d'action

Citation :
Action 4 : L'adversaire masculin incante un choc électrique du système nerveux central complémenter de yeux (-80MP, -102HP). Haya souffre d'une blessure durable critique : Cécité

Saeka incante une technique

Haya incante une technique

Même principe que pour Saeka

Benihime
Inconsciente
À distance avec tout le monde
-971HP / -10MP

- 12 AGI : Fibula
- 15 VIT : Futon Rasengan
- Ne peut pas utiliser son chakra : Futon Rasengan

Je n'ai pas marqué la duré étant donné qu'elle est inconsciente

Terrain
Pélagie : 7
Masse de terre : En abondance


Saeka
À distance de tout le monde
-166HP / -130MP

Souffre d'une blessure durable critique : cécité
Termine sa technique dans 2 actions

Haya
Au corps à corps avec l'adversaire masculin
À distance avec les autres
-102HP / - 194MP

Ne peut plus utiliser l'hydrolyse 7 pendant 2 tour
Souffre d'une blessure durable critique Cécité pendant encore 3 actions
Termine sa technique dans 2 actions
Perte de 1 point d'action au prochain tour
- 8 en vit pendant encore 2 actions (Connaissance anatomique : Choc électrique)


Adversaire fille

A distance d'Haya, de Saeka et de son alié
Au corps à corps avec le corps de Benihime
- 277 HP / - 90 MP

l'arrêt du temps se dissipera à la prochaine action
Subira 34 HP et une perte de 2 actions à la disipation de l'arrêt du temps


Adversaire Masculin

Au corps à corps avec Haya
A distance des autres
-0HP / - 360MP

Toxicité à 35
Force x 3 pendant encore 3 actions (ingestion d'une pilule)

MessageSujet: Re: CI002 - La grotte   Dim 13 Nov - 13:24

Citation :
Action 1 : La pélagie sur le terrain augmente ( 2 Pélagie)

Adversaire féminin n'est plus dans l'arrêt du temps, elle subit donc (- 34HP, -2points d'action au prochain tour)

L'adversaire masculin active une technique (-25MP, 24FOR)

L'adversaire féminin incante une avalanche de terre complémenté (-75MP, -238HP). Saeka est ensevelie (-70HP)

Haya et Seaka perde leur action


Citation :
Action 2 : L'homme paye ses entretiens (-25MP)

Saeka retire les débris et se relève

L'adversaire masculin incante un bras destructeur sur haya (-60MP), mais celle-ci ayant prévu le coup, elle permute (-255MP)

L'adversaire féminin incante une avalanche de terre complémenté (-75MP, -268HP). Haya est ensevelie (-70HP)

Note 1 : Haya a subit 70 dégâts non prévenable puisque la nin doton avait lancer un complémentaire doton recréant la technique (donc l'ensevelissement deux fois).

Note 2 : Haya ne peut qu'utilisé une action en réserve par “action”. Voilà pourquoi elle reçoit des dégâts

Citation :
Action 3 : L'homme paye ses entretiens (-25MP)

Saeka incante le temps des dieux (-50MP)

L'homme avait prévu la téléportation d'haya et engage le corps à corps avec une décapitation fatale seulement, cela lui prends 2 actions a cause du champ de sirop gluant

L'adversaire féminin incante une avalanche de terre complémenté (-75MP). Haya ayant prévu le coup, elle permutte (Action en réserve : -134MP, -70HP)

Note 1 : Haya évite les dégâts de base, mais elle subit les dégâts non prévenable.

Citation :
Action temps des dieux 1 : Saeka paye ses entretiens (-40MP)

Saeka attaque l'adversaire homme (Coup critique : -107HP)

Citation :
Action temps des dieux 2 : Saeka paye ses entretiens (-40MP)

Saeka attaque l'adversaire homme (Coup critique : -107HP)

Citation :
Action temps des dieux 3 : Saeka paye ses entretiens (-40MP)

Saeka attaque l'adversaire homme (Coup critique : -107HP)

Citation :
Action temps des dieux 4 : Saeka paye ses entretiens (-40MP)

Saeka attaque l'adversaire homme (Coup critique : -107HP)

Note : putin, ta pas chômer sur le critique. 4 critiques en 4 actions.

Citation :
Action 4 : L'homme paye ses entretiens (-25MP)

Haya incante un torrents démentiels sur la femme (-60 MP, -2 Pélagie, -109 HP)

Saeka incante un arrêt du temps sur la femme (-130MP)

L'homme termine sa technique et rejoint haya (Décapitation fatale + coup critique + cuisse : -60MP, -151 HP, Douleur : 48)

la femme ne peut rien faire


Note 1 : J'avais oublié de faire payer les coûts d'entretiens d'arrêt du temps la première fois. Je les ai donc fait payer ici. J'ai d'ailleurs ajuster le cout. J'avais fait payer et le lancement et l'entretiens dans la même actions. J'ai corrigé dans les mp ici



Terrain
Pélagie : 9
Masse de terre : En abondance

Benihime

Inconsciente
Au corps à corps avec les adversaires
À distance avec ses coéquipiers
-971HP / -10MP

- 12 AGI : Fibula
- 15 VIT : Futon Rasengan
- Ne peut pas utiliser son chakra : Futon Rasengan

Je n'ai pas marqué la duré étant donné qu'elle est inconsciente

Saeka
À distance de tout le monde
-474HP / -470MP

Haya
Au corps à corps avec l'adversaire masculin
À distance avec les autres
-661HP / - 713MP

Ne peut plus utiliser l'hydrolyse 7 pendant 1 tour
Seuil de douleur : 48
Ne peut plus se déplacer (même déplacement spécial) tant que la douleur n'est pas à 0
Pour retirer de la douleur, il faut prendre 1 Point d'action et appliquer MED/2

Adversaire fille
A distance de tout le monde
- 311 HP / - 315 MP

l'arrêt du temps se dissipera dans 2 actions
Perte de deux actions au prochain tour

Adversaire Masculin
Au corps à corps avec Haya
A distance des autres
-321HP / - 580MP

Toxicité à 35
For 24
Vit – 8
Plus qu'un Bras destructeur avant de subir des effets négatifs

MessageSujet: Re: CI002 - La grotte   Dim 13 Nov - 19:43

Citation :
Action 1 : L'homme paye ses entretiens (-25MP).

Saeka désactive sa technique

La pélagie augmente sur le terrain (+2 pélagie)

Haya invoque un ami (-120MP)

L'ami lance un genjutsu (-225MP, -519HP (Homme), -509HP (Femme). L'homme tombe inconscient, la femme aussi

Citation :
Action 2 : Naikin maintient (-225MP, -519HP (Homme), -509HP (Femme). La femme meurt.


Citation :
Action 3 : Naikin maintient (-225MP, -519HP (Homme), -509HP (Femme). L’homme meurt.




Terrain

Pélagie : 11
Masse de terre : En abondance

Naikin
-0HP / -675 MP

Saeka

À distance de tout le monde
-474HP / -470MP

Haya
Au corps à corps avec l'adversaire masculin et son ami
À distance avec les autres
-661HP / - 833MP

Ne peut plus utiliser l'hydrolyse 7 pendant 1 tour
Seuil de douleur : 48
Ne peut plus se déplacer (même déplacement spécial) tant que la douleur n'est pas à 0
Pour retirer de la douleur, il faut prendre 1 Point d'action et appliquer MED/2

Adversaire fille

Morte
A distance de tout le monde
- 1878 HP / - 315 MP

Adversaire Masculin

Mort
Au corps à corps avec Haya et son ami
A distance des autres
-1985HP / - 580MP

Toxicité à 35
For 24
Vit – 8


Haya : 96 XP [((23 25)*8)/4]
Setsu : 84XP [(65actions résolus * 1,3)][/quote]

MessageSujet: Re: CI002 - La grotte   Dim 13 Nov - 20:24

Haya avait un mauvais pressentiment.

Le front de la femme sembla s’illuminer d’une marque noire, mais haya la capta à peine à la périphérie de son regard avant qu’elle ne s’évanouisse. Saeka se mit en position de combat, sa chaîne battant l’air avec une sècheresse menaçante mais elle fut déconcentrée par un mouvement de la terre en dessous d’elle. Haya baissa la tête et eut le temps de voir le sol rocailleux et sec se refermait sur elles deux, avant d’avoir pu faire ne serait-ce qu’un pas de côté. Une chape d’obscurité leur tomba dessus. Saeka projeta sa chaîne contre le mur puis s’arrêta.

Saeka – Spécialiste de la terre. Cela ne nous arrange pas.

Haya – Benihime va s’en sortir ?

Saeka appliqua sa main contre la surface du mur, la parcourant du bout des doigts.

Saeka – Impossible de juger le potentiel de nos adversaires sur ces quelques secondes. Attends toi à quelque chose de serré.

De rares éclats leur parvenaient de l’extérieur de la cloison de la sphère, mais celle-ci semblait partiellement insonorisée. Saeka se tourna vers elle et lui posa la main sur le bras.

Saeka – Si tu es en danger, n’hésite pas à te téléporter ou à faire intervenir Nak.

Haya – Quelque chose t’inquiète à ce point?

Saeka se retourna là où la femme se trouvait avant que la sphère ne se referme sur elles.

Saeka – La femme fait partie des Yaju du pays de la terre. Des mercenaires pour la plupart, qui ont fui iwa pendant son déclin. Elle s’appelle fusayo ijo, si tu tiens à le savoir.

Haya – Et elle est dangereuse.

Malgré l’obscurité, Haya vit Saeka faire une moue.

Saeka – Moins que nous isolément. Dans tous les cas, joue la carte de la prudence. Tous les affrontements peuvent être mortels, même contre de simples mercenaires.

Haya acquiesça en silence. Des miettes de terre lui tombèrent sur le sommet du crâne. Haya leva les yeux et remarqua que la sphère commençait à s’effriter, car elle apercevait un minuscule morceau du plafond. Saeka fit sèchement claquer sa chaîne et la barrière qui les gênait jusqu’à présent se brisa en deux gros morceaux. Haya posa les yeux sur le champ de bataille juste à temps pour voir un coup d’une puissance prodigieuse heurter Benihime au niveau du ventre, projeter son corps contre la paroi opposée (Benihime recracha un long jet de sang à l’impact), si bien que son corps retomba lourdement face contre terre. Haya crut que Beni allait se relever comme à son habitude mais si la jeune femme bougea le bout de ses doigts, il devint très vite clair qu’elle avait sérieusement dégusté pendant que ses deux équipières étaient hors course. Du sang colorait ses cheveux d’un rouge sombre du plus mauvais augure. Saeka ne s’appesantit pas sur la situation, elle leva la main vers la femme qui les avait emprisonné et celle-ci sembla ralentir tout d’abord, puis cesser tout à fait de bouger. Haya ne voyait pas ce dont elle souffrait, mais elle comprit que Saeka souhaitait s’occuper en premier lieu de la créature monstrueuse qui avait mis Benihime hors d’état de nuire avant qu’elle ne fasse quoi que ce soit de significatif. L’homme semblait avoir doublé de volume, ses muscles étaient grossièrement dessinés comme sur le dessin d’un enfant. Elle ne savait pas ce qu’il avait pris, mais ce n’était pas naturel et il ne leur restait plus qu’à espérer que cela finirait bientôt. Haya se prit à regretter l’absence de Ryosen.

L’homme tourna son attention vers elles. Il disparut dans le sol (Haya fut stupéfaite de l’y voir s’enfoncer comme une sorte de taupe mutante, couplée à un ours des cavernes, un horrible croissement).

Saeka cria.

Saeka – Haya, pars !

Haya se téléporta à l’instant où l’homme taupe sortit du sol. Il heurta la jambe de Saeka qui gronda de manière menaçante. Des arcs électriques quittèrent la paume de sa main alors qu’il la portait jusqu’aux yeux de la jeune femme. Celle-ci détourna la tête en criant brièvement et Haya prit brusquement peur : était-elle aveugle pour le restant de ses jours ? De toute évidence, elle ne voyait plus ce qu’elle faisait et perdit un temps précieux dans la réalisation de sa technique. L’homme tourna sa monstrueuse attention vers Haya. Leurs regards se croisèrent. L’homme semblait perdre rapidement en force, comme si les effets de sa mystérieuse technique s’évanouissaient. Il s’avança de sa démarche pesante à sa rencontre. Haya relâcha une substance collante au sol, mais l’homme sembla à peine la remarquer avant de lever sur elle aussi une main parcourue d’éclairs. Haya essaya de l’éviter mais elle subit une décharge douloureuse et perdit instantanément la vue de ce qui l’entourait.

Elle perçut le bruit d’un éboulement. Saeka devait être attaquée. Haya passa rapidement en revue ses alternatives. Elle entendait l’homme grogner à côté d’elle. Il ne lui restait guère que l’esquive le temps de récupérer sa vision, si cela devait arriver un jour mais elle en avait l’impression (elle voyait, mais terriblement mal, comme avec un filtre sur les yeux). Avant que le poing de l’homme ne la touche, Haya se téléporta à distance tandis qu’elle sentait le sol trembler sous l’impact. Une bonne chose qu’elle ait évité ce coup. Des pierres s’écrasèrent au sol, quand brusquement la femme l’attaqua à son tour, la prenant complètement au dépourvu en déclenchant un nouvel éboulis. Ces gens sont des fous furieux, pensa Haya. Ils sont prêts à faire s’effondrer la montagne sur nous tous pour nous emporter avec eux. Haya récupéra sa vision au moment de voir l’homme revenir vers elle. La chaîne de Saeka s’écrasa à très grande vitesse sur lui à plusieurs reprises, le bariolant de sang mais ne l’empêchant pas de continuer sa progression. Saeka se tourna vers la femme et la paralysa à nouveau, alors qu’elle venait de rater Haya avec un nouvel éboulis, celle-ci s’étant à nouveau téléporta à distance. Haya riposta du mieux qu’elle put, mais elle se sentait clairement dépassée par les événements. L’homme était toujours debout, la femme à peine délayée et encore pétillante de santé, comment les choses avaient-elles pu en arriver là ? La taupe mutante s’enfonça à nouveau dans le sol, mais Haya ne parvint pas à se téléporter à temps. Elle ressortit du sol et lui enfonça son arme dans la cuisse, la traversant de part en part et clouant la jeune femme au sol. Haya serra les dents en grondant, tandis que l’homme (qui avait recouvert sa taille d’antan) la dominait entièrement, près à l’achever.

Saeka avait puisé dans ses réserves. Elle ne disposait pas d’énormément de chakra, Haya le savait, et elle en avait dépensé beaucoup jusqu’à présent. L’homme était résistant et il était impossible de savoir s’il était à bout ou non, tant il ne marquait pas la fatigue. Haya ne réfléchit pas plus longtemps, profitant du regain de vitesse que lui conférait la pluie qui tombait du plafond de la caverne, elle effleura de ses doigts sa poitrine où sommeillait paisiblement le sceau qu’elle avait patiemment dessiné avant de partir.

Haya – J’ai besoin de toi, murmura-t-elle tout bas.

Un cercle bleu ouvert sur une pièce qui n’avait rien à voir avec cette caverne sombre s’ouvrit du néant. Une silhouette à l’intérieur se redressa patiemment face à haya, recouvrait progressivement l’ombre inquiétante de l’homme taupe. Haya leva les yeux vers la silhouette de dos. Elle aurait reconnu ces cheveux savamment décoiffés n’importe où.

L’homme taupe recula d’un pas, les yeux écarquillés. Il bégayait à présent.

? – Naikin… naikin tadashi...

Naikin tendit la main en avant. Instantanément, Haya vit l’homme taupe se raidir comme sous l’emprise d’une main géante et invisible qui l’aurait compressé des pieds à la tête. La juunin se retourna et vit que la femme, pourtant dans le dos de Naikin et à plusieurs mètres, souffrait du même mal. Son regard rencontra celui de Saeka. Elle avait interrompu sa technique dès que Naikin fut arrivé. Elle lui adressa un signe de tête encourageant. La voix de Naikin résonna froidement dans la caverne. Haya se retourna vers lui, toujours accroupie à même le sol.

Naikin – Vois-tu la jeune femme allongée là-bas ?

Naikin obligea mentalement l’homme à tourner la tête vers Benihime, prostrée au sol et couverte de sang.

Naikin – Je la considère comme ma sœur. Je tuerais pour elle.

La tête de l’homme se tourna avec la même lente mécanique vers Haya, qui essayait péniblement de se relever, les doigts et les jambes tremblants.

Naikin – Vois-tu cette jeune femme que tu as blessée ? Sa vie a plus d’importance que la mienne. Je mourrais pour elle.

Les sourcils de Naikin se froncèrent alors que son étau mental se resserrait. Haya jeta un coup d’œil vers la femme. Elle était à quatre pattes par terre et se tenait la tête des deux mains. Haya n’en était pas sûre mais de là où elle était, elle pensait voir du sang goutter en grosse quantité au sol.

Naikin – Disparais de la surface de cette terre. Jamais ne s’éteindra la flamme jaune.

La peau tannée par le soleil de l’homme s’était teinte d’une sombre couleur vermeille sur l’ensemble de son visage, alors qu’un fluide incertain coulait de la plupart de ses orifices. Il était déjà à terre désormais, complètement balayé par la première et dernière technique de Naikin. Haya fixait le dos du chef de la flamme jaune avec une brusque bouffée d’admiration. A peine avait-elle relâché sa technique que Naikin avait non seulement compris la situation dans toute sa complexité, mais l’avait démêlé en un seul coup décisif, sans même avoir l’air de puiser dans ses réserves ou de faire un effort important. C’était la première fois qu’elle voyait Naikin combattre réellement, c'est-à-dire avec l’intention de tuer. Et c’était sans aucun doute un spectacle effrayant, mais l’ensemble des statuts de Naikin (chef de la flamme jaune, considéré sur plusieurs plans comme un génie), statuts dont haya n’avait jamais douté même avant d’apprendre à connaître la flamme jaune, trouvaient brusquement une réponse claire et définitive.

Naikin desserra son emprise en poussant une longue expiration. Il se tourna vers Haya et lui posa une main fraîche sur la joue. Haya évitait de s’appuyer sur sa jambe droite qui saignait abondamment, son crâne s’était ouvert sous les pierres et elle souffrait de diverses blessures légères. Son chakra palpitait désormais aussi faiblement qu’un enfant nouveau-né.

Naikin – Est-ce que tu vas bien Haya ?

Haya acquiesça en le regardant dans les yeux. Elle était atrocement déçue de sa performance. Le fait que Benihime ait été balayée aussi rapidement avait complètement remis en question leur déploiement tactique. C’était elle normalement qui frappait fort, et Haya qui soutenait. Haya n’avait pas les moyens réels de faire mal rapidement, contrairement à la jeune juunin blonde. Naikin sembla deviner son sentiment parce qu’il l’approcha de lui spontanément et la serra brièvement dans ses bras.

Naikin – C’est ainsi que se passent la plupart des combats : pas comme on l’avait espéré.

Saeka s’était rapprochée lorsque Naikin se sépara d’haya.

Naikin – Quelle est la situation ?

Saeka – Il faut que l’on fasse parler Sechiro nabeko. Nous n’avons pas trouvé de trace de Yuma tamiko pour l’instant, seulement ces mercenaires et ces contrebandiers. Sechiro n’a pas de moyen de s’enfuir. Beni a verrouillé la montagne.

Naikin acquiesça, le regard posé sur Benihime.

Saeka – La femme faisait partie des yuja du pays de la terre.

Naikin – Ils regretteront de s’en être pris à la flamme jaune du pays de l’eau. Mais plus tard. Je vais convoquer Ryosen pour ranimer Beni. Il restera avec les filles pour les remettre d’aplomb aujourd’hui.

Haya n’eut même pas à cœur de protester. Le fait est qu’elle avait besoin de protection, de toute évidence. Naikin toucha sa poitrine du bout du doigt, un cercle luminescent l’enveloppa l’espace d’un instant puis l’espace se coupa en deux tandis que Ryosen apparaissait, les sourcils froncés et l’air stoïque. La lumière disparut et la caverne retourna à son aspect habituel, sombre et entrecoupée de la lueur vacillante des torches. Son regard professionnel passa sur les cadavres au sol (Haya le voyait presque décortiquer mentalement les causes du décès), sur Haya (son sourcil se haussa comme s’il était stupéfait de la trouver en si mauvais état), sur Saeka qui n’était que superficiellement touchée et enfin sur Benihime, allongée par terre dans un sale état.

Ryosen – J’imagine que les responsables sont les bouillis par terre.

Naikin – En effet.

Ryosen – Tant mieux. Je n’aurais pas aimé à devoir me salir les mains à cause de Beni.

Ryosen s’accroupit auprès d’elle et passa une main tendre dans ses cheveux poisseux de sang. Benihime allait être très vexée de se réveiller dans une pareille situation. Au moins, haya avait-elle évité une déconvenue similaire qui aurait mis Saeka en danger. L’homme menaçait de lui faire subir le même sort qu’à Beni, et Haya n’avait alors plus assez de forces pour repousser ses assauts une nouvelle fois. Son intuition d’activer son sceau lui avait traversé l’esprit avec la vivacité d’une flèche dans le vent, et c’était probablement la meilleure chose à faire. Il n’y avait pas de place pour la fierté dans des combats où leur vie était en jeu, sans compter que leur véritable mission n’était pas encore accomplie : trouver le lien avec Yuma tamiko, si ce lien existait.

Saeka – Naikin, prête moi du chakra je te prie. Je vais aider à nous remettre sur pied pour aller plus vite.

Naikin se plaça dans le dos de Saeka. L’une de ses mains remonta jusqu’à la nuque de celle-ci, tandis que l’autre s’arrêtait sous sa poitrine. La jeune femme aux longs cheveux bleus émit un petit gémissement (de plaisir ?) et ferma les yeux l’espace d’une seconde. Son corps se raidit tandis qu’elle s’accroupissait au sol pour y tracer un sceau. Naikin l’accompagna dans son mouvement comme son ombre. Un vaste cercle blanc lumineux envahi la salle, tandis que le chakra coloré de ryosen éveillait benihime de son coma improbable. La jeune femme murmurait tout bas des paroles à son ami, qui lui répondit d’un sourire et de quelques mots, mais haya était trop loin pour les entendre. Saeka fut enveloppée d’une épaisse aura blanche, particulièrement vivace sur toute la partie basse de son corps. Quand Haya regarda ses propres jambes, elle eut la surprise d’y apercevoir la même aura. Aussitôt, un sentiment d’apaisement se fit ressentir, comme si on lui retirait un poids dont elle ignorait jusque là l’existence. Haya porta la main à sa tête mais n’y trouva pas la blessure causée par la chute de pierres.

Ryosen employait les réserves de son chakra à remettre sur pied Benihime, une main sur le bas de son dos. La jeune femme semblait déjà avoir regagné une bonne partie de ses forces, mais quand elle essaya de se redresser pour écourter la séance, Ryosen la maintint tranquille de sa main libre. Haya sourit en voyant son air goguenard, comme si elle n’attendait que le moment où elle pourrait utiliser toute son énergie frustrée.

Finalement Ryosen se releva et aida Benihime à en faire aider. La jeune femme lui adressa un sourire et posa l’espace d’une seconde sa tête sur son épaule (Ryosen le cachait, mais il n’était pas peu fier). Saeka interrompit également sa technique et Naikin lui relâcha la poitrine et la nuque, se redressant à leur tour.

Naikin – Je vais vous accompagner jusqu’au dénouement, rien ne presse.

Haya – Tu étais réveillé à cette heure ci ?

Naikin – Benihime nous a averti que vous alliez passer à l’action. Nous nous sommes regroupés chez Ryosen.

Ryosen toucha l’épaule de Saeka.

Ryosen – Koshiro est d’ailleurs un peu vexé que tu n’aies pas daigné le faire intervenir.

Saeka se contenta d’un sourire gracieux. C’est certain que voir l’ensemble de la flamme jaune investir une caverne misérable tenue par des contrebandiers sans intérêt et des mercenaires du dimanche, c’était un spectacle unique dans l’histoire du pays de l’eau. Haya essaya d’évacuer ses mauvaises pensées. Elle était contente de voir ses amis intervenir et elle s’en voulait de son attitude, mais elle n’y pouvait rien. Cette mission devait être une évaluation peu dangereuse de ses capacités, et ils n’avaient évité le fiasco qu’à quelques cheveux. Si haya avait été mise à terre… saeka aurait certainement fait intervenir Koshiro pour le coup. Il lui restait encore de l’énergie à revendre à ce moment, les mercenaires avaient dû comprendre que c’était la plus solide des trois. Quel manque de chance de tomber sur un spécialiste de la terre au beau milieu d’une caverne, pensa Haya. Elle ne savait même pas que ça existait encore.

Ryosen s’agenouilla aux côtés d’haya tandis que saeka, benihime et naikin s’entretenaient (apparemment, sur le sceau rouge qu’avait mis en place la jeune femme). Il releva la tunique d’haya et lui palpa la cuisse du bout des doigts, évitant de toucher sa blessure.

Ryosen – Tu as mal ?

Haya – Non…

Ryosen lui jeta un coup d’oeil et sourit largement.

Ryosen – Mon dieu, tu es encore pire que Beni.

Haya ressentit le chakra de Ryosen investir sa blessure pour la remettre en bon état. La jeune femme s’appuya sur les épaules de son ami pour garder l’équilibre. Dès qu’il eut fini, Haya leva un peu le genou pour voir la mobilité de sa jambe. Ryosen lui effleura le menton du doigt pour lui relever la tête.

Ryosen – Je sais que tu n’as envie d’écouter des discours d’encouragement alors je vais te laisser tranquille pour l’instant. Mais ne sois pas trop dure avec toi-même, cela nous fait de la peine et c’est indigne d’une femme de ta qualité. Est-ce que tu as d’autres blessures ?

Haya ouvrit sa tunique sur son ventre. Elle toucha un point qui était encore vaguement douloureux, celui sur lequel le premier adversaire qu’ils avaient rencontré avait frappé. Ryosen le palpa rapidement et libéra encore un peu de chakra.

Ryosen – C’est ton foie. Rien de grave.

Ils rejoignirent le reste de la troupe, qui se mit en route le long de ce qui s’apparentait au dernier couloir de la caverne. Enfin fini, pensa Haya, même si en réalité la mission avait été très courte et leur intervention s’étalait sur moins d’une heure. Mais les dernières minutes avaient été éprouvantes à plus d’un degré et Haya se retrouvait avec une bonne dose d’adrénaline anéantie. Benihime, sans doute plus professionnelle, semblait déjà être passée à autre chose pour se consacrer entièrement au dénouement de la mission. Haya s’obligea à l’imiter. Ils débouchèrent sur un dernier couloir au fond duquel s’entassaient quantité de caisses, volumineuses ou non, certaines ouvertes en grand d’autres hermétiquement closes. Sechiro était là, de dos, grattant avec une frénésie démente le mur, se heurtant sans cesse à la prison rouge.

Saeka envoya sa chaîne sans même s’arrêter, l’enroulant autour de son mollet et tirant vivement à elle. Sechiro s’étala de tout son long, battant des bras et des pieds pour essayer en vain de se dégager de l’emprise du métal. La flamme jaune s’arrêta à moins de deux mètres, leurs ombres rendues gigantesques par les torches dans leur dos enveloppant complètement Sechiro et les vestiges de son entreprise de contrebande. L’homme se tourna vers eux, sa belle tunique bleue tachée par la terre et déchirée par la pierre. Il roulait des yeux comme un fou. Benihime se rapprocha des caisses en l’ignorant royalement, comme si son destin avait déjà été décidé ailleurs que sur le monde des hommes. Elle fouillait les papiers à la recherche d’un indice, rejointe par Ryosen. Haya sourit en les voyant s’échanger quelques mots et des sourires en coin.

Saeka – Sechiro nabeko. J’ai deux questions pour toi. Réponds-y calmement et sérieusement si tu désires éviter la douleur.

Saeka se rapprocha de lui et s’accroupit à son niveau, ses longs cheveux lui chatouillant un bras qu’il avait remonté sur sa poitrine, dans un ultime geste de protection. Sans prévenir, Saeka plongea ses doigts contre ses lèvres, lui ouvrit la bouche et gratta dans ses moindres recoins à la recherche de quelque chose. Elle finit par ressortir une main suintante de salive, qu’elle essuya sur le revers de la tunique de Sechiro. Haya présumait qu’elle cherchait une éventuelle capsule de suicide, même si Saeka devait penser la même chose qu’elle : Sechiro l’aurait déjà prise s’il en disposait, dès qu’il les avait vus s’approcher. Mais mieux valait être prudent, après ce qui avait failli être une déconvenue monstrueuse.

Saeka – Quel est ton lien avec les yuja du pays de la terre?

Sechiro – Les… je… je… ne vois pas de…

Saeka lui adressa un sourire absolument glacial.

Saeka – J’ai envie d’aller me reposer maintenant. Tu es un délai. Je n’apprécie pas les délais. Je vais te laisser répondre à ma question avant de recourir à des méthodes moins aimables, car ma patience est grande, mais pas à ce point.

Sechiro se passa une petite langue rose sur les lèvres. Ses yeux continuaient de rouler, évoluant d’un visage à l’autre, revenant sans cesse sur celui de Saeka. Il comprenait sa situation. Il savait qu’il était condamné, que jamais la flamme jaune le laisserait partir. Et qu’il donnerait ses informations, sous une forme ou une autre. Devant le choix de la douleur, Sechiro prit le seul chemin acceptable.

Sechiro – Ils sont, heu… en contact avec les pirates de moya. Ils… heu… je ne sais pas ce qu’ils font exactement. Certains sont autour du pays de l’eau. Ils zonent. Ils attendent. J’en sais rien ! On m’a… dit d’aller avec eux. Qu’ils protégeraient mes, heu… affaires.

Saeka – Qui t’a dit ? Yuma Tamiko ?

Le visage de Sechiro perdit instantanément toutes ses rares couleurs. Il déglutit avec une lenteur épouvantable, ses yeux fixés sur ceux de Saeka ne clignant plus. Ils avaient au moins leur réponse : Sechiro connaissait Yuma tamiko.

Sechiro – Oui. Yuma. Yuma et une autre femme. Je ne sais pas qui. Deux femmes. Elles sont… heu… associées autour d’un projet. Je… ne sais pas qui est la femme, rien sur le projet. C’est, heu… lié à mes activités commerciales. Et aux pirates je crois. Mais je n’en sais pas plus ! Je ne sais rien de plus !

Saeka – Où puis-je trouver Yuma tamiko ?

Des larmes coulaient sur les joues crasseuses de Sechiro. Il renifla bruyamment.

Sechiro – Je ne sais pas ! Je ne sais pas ! Je sais juste qu’elle est en activité en ce moment !

Saeka – Elle exécute des contrats.

Sechiro – Oui ! Oui ! Dans le pays de l’eau. Dans le pays de l’eau je crois. Je n’en sais pas plus, je vous ai tout dit, par pitié croyez moi !

Saeka lui posa une main rassurante sur le front. Sechiro éclata en sanglots d’une manière un peu grotesque. Saeka murmurait presque.

Saeka – Je te crois Sechiro, je te crois.

Sa chaîne, malgré la distance, battit l’air et se planta vivement dans la gorge de Sechiro.

Saeka – Mais j’ignore tout de ce mot pitié.

Saeka ramena sa chaîne à elle, se détournant du cadavre. Benihime lui présenta quelque chose. C’était un petit lotus blanc. L’un de ses pétales était barré d’un trait noir, certainement réalisé à l’encre s’il s’agissait de celui de Yuma tamiko. Saeka l’attrapa entre deux doigts et l’examina avec soin avant d’acquiescer pour elle-même et de le ranger dans une poche de sa veste.

Saeka – Curieuse histoire avec les pirates.

Haya – Peut-être une affaire de contrebande plus étendue que prévue.

Naikin – Deux femmes qui dirigent les opérations, dont Yuma tamiko, un réseau de contrebande, un réseau de piraterie et les yuja du pays de la terre. La flamme jaune s’est trouvée de nouveaux ennemis.

Benihime grommelait tout bas dans son coin.

Benihime – Un de plus, un de moins, ils ont pas fini d’entendre parler de nous.

Ryosen agita quelques ryos sous son nez.

Ryosen – Au moins, nous ne serons pas venus pour rien.

Il ne leur fallut que quelques minutes pour piller les ultimes réserves de contrebande. Après quoi, ils remontèrent le fil des galeries jusqu’à arriver sous le ciel à présent débarrassé de la nuit, clair comme un début d’aurore, avec un vent frais qui venait jouer dans leurs cheveux. La petite troupe s’éparpilla en demi cercle à l’entrée de la caverne, haya s’asseyant près du sable et abandonnant ses pieds douloureux dans l’eau glacée, la tête rejetée en arrière. L’aventure de la caverne était terminée, mais le sentiment de déception était complet dans l’esprit de la jeune femme.

MessageSujet: Re: CI002 - La grotte   Lun 14 Nov - 20:27

Naikin – Nous allons retourner à kiri avec saeka pour prévenir du succès de votre mission et des nouvelles évolutions de l’affaire. Kiri enverra une équipe récupérer les caisses pour éviter qu’elles ne tombent en de mauvaises mains. Elle arrivera au cours de l’après-midi je pense.

Benihime – On doit vraiment rester ici ? Je me sens bien.

Naikin acquiesça.

Naikin – Oui, vous devez vraiment rester ici. Prenez le temps de récupérer. Rien ne presse. Nous nous occuperons de la suite plus tard, au calme. Entendu ?

Haya émit un grognement en guise d’assentiment. Benihime haussa les épaules et se cala contre ryosen. Naikin se tourna vers saeka, mais celle-ci lui fit signe d’attendre encore un peu. La jeune femme vint s’asseoir à côté d’haya, et lui passa une main dans le dos. Naikin s’éloigna de quelques pas pour leur ménager une relative intimité. Haya n’avait pas envie d’avoir cette conversation avec saeka, ni avec qui que ce soit d’autre.

Saeka – Tu es déçue. C’est normal. Tu es une compétitrice. Tu es une guerrière. Mais tu as gagné. Nous l’avons emporté parce que nous sommes vivants et que c’est la finalité de toute chose. Si tu considères comme une honte le fait d’appeler tes amis à l’aide, alors je t’ai mal jugée. Mais je ne le pense sincèrement pas. Tout ce que tu construiras, tu le feras avec nous. Nous serons là pour t’aider. Tu as du mal encore aujourd’hui à accepter l’aide, alors que tu sais que tu en as envie et que tu en as besoin, parce que tu es comme ça. Tu n’es pas une âme solitaire. Tu es faite pour être entourée, bien entourée et aimée. C’est ta sécurité à toi. Quand nous nous reverrons, je ne veux plus voir de déception dans ce regard étincelant. Je veux y voir de l’appétit pour le futur et de la détermination.

Saeka passa sa main sur le côté de sa tête et l’amena contre sa poitrine. Elle lui caressa doucement les cheveux, alors qu’haya fermait les yeux pour se laisser porter par sa respiration sereine.

Saeka – Tu es vivante, aucun de tes amis n’est grièvement blessé. Tu n’as pas de raison de t’en vouloir et personne, ici, ne t’en veux ou t’en voudras. Je ne t’aurais jamais laissé mourir haya. C’est normal que tu aies la hantise de voir ta confiance trompée, de voir que nous ne parvenons pas à te protéger nous non plus. Mais nous ne faillirons pas.

Haya savait qu’elle faisait référence à son père sans le nommer. Le soir du cinq décembre, alors qu’il aurait dû être à leur côté pour les protéger du mal, Kade Kasen se trouvait à des kilomètres, occupé à livrer une bataille de titan pour sa survie, celle de ses filles et la fin du règne de Nagata hideyoshi. Il avait échoué sur chacun de ces points. Saeka brisa son étreinte et attendit une réponse d’haya. Celle-ci lui adressa un sourire un peu piteux.

Haya – Je ferais de mon mieux Saeka.

Saeka – Alors je suis heureuse.

Saeka se redressa et adressa un signe de tête à naikin. Celui-ci appliqua ses mains au sol.

Naikin – A demain. Prenez des forces.

Ils disparurent dans une brève lueur bleue. Haya était admirative de la quantité de chakra dont disposait naikin, cela témoignait d’une maîtrise encore au dessus de ses moyens. Elle était sûre qu’il n’était même pas fatigué des efforts fournis. Haya quitta son coin, s’étira de tout son long et rejoignit les deux derniers membres de la flamme jaune présents sur la plage. Benihime lui pinça doucement le menton quand elle s’assit face à elle.

Benihime – Tu n’as pas à te plaindre, ma prestation a été la plus affligeante ce matin. A croire qu’ils savaient précisément à qui ils avaient affaire.

Ryosen – C’est peut-être le cas. Après tout, vous êtes des profils typiques de kiri toutes les deux. Saeka un peu moins. Cela vous rend un peu plus facile à…

Toute la diplomatie de Ryosen s’activait à trouver le terme adéquat.

Benihime – A retourner, conclut la jeune femme, sous le haussement d’épaule du médecin.

La petite troupe reprit le chemin du village de Sengoko, Ryosen entre les deux juunins. Haya n’éprouvait plus aucune gêne à la jambe et c’était tout de même un réel soulagement. Elle revoyait l’arme s’enfoncer dans sa jambe et ce n’était définitivement pas une image qu’elle désirait conserver dans son esprit. Haya comprenait pourquoi Naikin leur avait demandé de rester en arrière. Il leur fallait servir de relai à l’équipe qu’il enverrait récupérer les caisses. Au moins, ce sera déjà ça de gagné pour kiri. Néanmoins, haya avait du mal à ne pas voir cela comme une sorte de… punition, et elle s’en voulut de penser à ce terme, mais sans lui trouver pour autant d’équivalence. Elle repensa aux paroles de Saeka et rougit dans l’aube naissante. La jeune femme avait bien sûr raison, mais il lui faudrait encore un peu de temps pour digérer tout cela, penser à autre chose et détendre un peu ses muscles raides et son esprit frustré. En traversant la plage avant de remonter la falaise, haya observa les pêcheurs qui étaient déjà à pied d’œuvre, plaçant filets et cannes ou apprêtant de petites barques maniables pour aller au large. Le fait d’avoir supprimé les contrebandiers de ce pan de falaise participerait sans doute à garantir leur sécurité. C’était sans doute un motif de satisfaction parmi d’autres.

Haya était curieuse de savoir quelle suite aurait toute cette affaire et ses évolutions. Est-ce que naikin comptait retrouver ces mystérieux yuja du pays de la terre ? Est-ce que saeka comptait, après avoir supprimé yuma tamiko, s’attaquer à la femme inconnue dont leur avait parlé Sechiro ? Fallait il prendre ces multiples références aux pirates ces dernières semaines comme une menace réelle pour l’ensemble du pays de l’eau ? Haya était songeuse… mais n’avait pas le cœur à se préoccuper de ces questions pour l’heure. Ryosen ouvrit la porte de l’auberge et alla se prendre une chambre. Quand il revint, Haya l’interrogea.

Haya – Pourquoi tu ne restes pas avec nous ? On ne va pas rester ici très longtemps, si ?

Ryosen – C’est à cause de Beni tout ça. Je vais la remettre d’aplomb un peu plus sérieusement et on ne va pas monopoliser ta chambre avec ça.

Benihime – C’est juste une occasion de plus pour me voir toute nue.

Ryosen – Ce ne sont pas les occasions qui manquent.

Haya fut un peu démoralisée de cette nouvelle. Ils montèrent à l’étage et se séparèrent au bas de sa porte, après un dernier clin d’œil plein de promesses de Benihime. Quelque chose lui disait qu’ils n’allaient pas s’ennuyer en attendant l’équipe de kiri… Haya referma la porte de sa chambre derrière elle et poussa un long soupir. Elle se laissa aller contre le bois sec et usé, les jambes tendues sur le sol, la tête contre la cloison. C’était derrière eux maintenant. Du moins, l’épisode de la caverne l’était. La véritable traque de yuma tamiko ne faisait que commencer. Haya l’envisageait beaucoup plus dangereuse encore, surtout si elle bénéficiait d’appuis puissants, ce qui semblait être le cas. Cependant, haya comptait bien travailler durement pour être à la hauteur.

Elle se releva, laissa son équipement sur le lit et se déshabilla entièrement pour voir ce qui restait de ses blessures. Il y avait encore plusieurs ecchymoses sur ses côtes, sur le haut de sa hanche et sur son épaule. Du sang partiellement séché recouvrait sa jambe, une partie de son visage (elle sentait également son cuir chevelu collé, une impression désagréable). En revanche, il ne restait rien de sa blessure à la jambe, Ryosen l’avait intégralement refermée en quelques secondes à peine. Elle avait eu de la chance d’éviter les coups monstrueux de son adversaire, sans quoi il aurait été bien capable de lui briser le corps et de la mettre dans le même état que Beni. Mais pour ce qu’elle en voyait, haya s’en tirait plutôt bien. Elle ramassa une robe dans son sac et alla se faire couler un long bain chaud qui lui ferait oublier pendant plusieurs minutes sa déconvenue. Avant d’y entrer, haya se frotta vigoureusement le corps pour se débarrasser de ce qui restait de sang et se lava les longuement les cheveux, jusqu’à être sûre qu’il n’y avait plus rien de poisseux dedans.

Quand haya quitta à nouveau sa chambre, propre, vêtue d’une courte robe qui flottait sur ses jambes, il n’était pas encore sept heures du matin. Elle en profita pour visiter le village de Sengoko, qui était plus grand qu’elle ne l’aurait cru de prime abord. Les bâtisses ne payaient pas de mine, mais elles étaient nombreuses et bien agencées pour autant qu’elle pouvait en juger. La plupart des enseignes étaient encore fermées mais le village était résolument éveillé. Haya se plaisait à écouter ces bruits matinaux ailleurs qu’à kiri, regardant un sourire aux lèvres les poules caqueter en liberté. Elle entendait le son du métal contre le métal et y dirigea ses pas sans se presser, jusqu’à arriver devant un établi de forgeron reculé au creux d’une allée. Haya alla s’installer sur un petit rondin de bois tranché, ses mains posées sur ses genoux tandis qu’elle observait le jeune forgeron travailler le fer. Elle sourit malgré elle quand elle s’aperçut que sa présence le mettait un peu mal à l’aise. Néanmoins la jeune femme préféra ne pas le déranger plus longtemps et s’en retourna à l’auberge, bien décidée à aller profiter de la mer un peu plus tard dans la matinée.

? – Vous êtes une des ninjas de kiri ?

Haya, qui traversait la salle principale de l’auberge à vive allure, s’arrêta net et se retourna vers celui qui avait parlé. C’était un homme d’une vingtaine d’années, avec un début de barbe brune sur le menton et les côtés de la mâchoire. Il était assis à une table près de la fenêtre, une boisson à moitié consommée en main. Haya revint sur ses pas, juste assez pour remarquer le puissant regard de l’inconnu.

Haya – Oui, vous avez un souci ?

L’homme lui adressa un mince sourire et l’invita à s’asseoir face à lui. Haya, pas particulièrement pressée par le temps, céda à sa proposition, ramenant ses genoux l’un contre l’autre sous la table.

? – Pas réellement. J’étais curieux de savoir si votre enquête avait porté ses fruits.

Haya se demanda s’il y avait une règle de confidentialité à respecter. Elle n’en voyait pas réellement l’utilité, ce n’était pas comme si leur mission avait un quelconque intérêt stratégique pour kiri. Peut-être cet homme était-il un agent de yuma tamiko, ou des contrebandiers ? Haya préféra écarter ces pensées. Elle était en partie passée à côté de sa mission, ce n’était pas comme si le destin allait lui donner une branche sur laquelle se raccrocher et faire briller son puissant esprit de déduction. Cet homme était un local, elle l’avait déjà aperçu hier à l’auberge (qui officiait également en tant que taverne, probablement histoire de centraliser la population) avec une bonne d’amis à lui. Plus de mystère à résoudre pour aujourd’hui.

Haya – Il y avait des contrebandiers, nous les avons tué et nous allons prendre en chasse leurs leaders.

L’homme hocha profondément la tête.

? – Vous dites cela avec un calme confondant.

Haya – Maintenant que vous le dites…

Idan – Ce n’était pas une critique. Je m’appelle idan ono.

Ce fut au tour d’haya de sourire.

Haya – Vous avez le même nom qu’un professeur à kiri. Je suis haya sasaki.

Idan – Vous faites partie de la flamme jaune ?

Haya – Non. Pas de chance, vous êtes tombé sur la moins célèbre du lot.

Idan lui rendit son sourire.

Idan – Peut-être la plus jolie?

La jeune femme haussa les épaules, en se demandant vaguement s’il tiendrait le même discours s’il avait eu l’occasion de la croiser une heure plus tôt, encore poisseuse de sang.

Haya – J’imagine que comparé à Ryosen je suis davantage à votre goût.

Idan – Vous avez de l’humour en plus !

Haya – Vous me draguez. Cela faisait longtemps.

Peut-être était-ce à cause de la fatigue ou de la déception, mais la juunin fut surprise de voir que cela ne la mettait pas particulièrement mal à l’aise, comme si foncièrement c’était une interaction que la prévisibilité ne rendait pas déplaisante pour autant. Elle ne resta pas discuter longtemps avec idan. Cinq minutes plus tard, elle se retrouvait à nouveau dans sa chambre, attrapa quelques affaires et ressortit en direction de la plage. Idan n’était plus là quand elle redescendit. Les heures s’écoulèrent paresseusement, Haya, le bas des jambes dans l’eau et allongée de tout son long sur le sable, s’assoupit dans l’intervalle. Elle s’éveilla, ramassa ses affaires et rentra à Sengoko, impatiente de retourner à kiri et de se reposer dans son lit. Dans l’heure qui suivit, Ryosen descendit la rejoindre dans la salle principale de l’auberge. Il avait laissé benihime se reposer un peu, assurant qu’elle se portait comme un charme. L’équipe de kiri envoyée par naikin se manifesta peu après, Haya et Ryosen allèrent à leur rencontre à l’entrée de l’auberge et les amenèrent dans la caverne. De jour, elle paraissait différente, mais haya n’aurait su dire précisément comment. Le bateau mouillait toujours au large, dépourvu de ses habitants. Kiri avait envoyé trois hommes et une femme, haya en connaissait deux de nom (la femme, Izumi quelque chose, une chunin facétieuse à la jolie frimousse qui avait travaillé un temps à l’académie, et l’un des hommes, Kyabetsu quelque chose, un spécialiste en sceaux dont les tatouages ressortaient de partout) mais les autres lui étaient inconnus. Sans doute étaient-ils tous, à l’instar de kyabetsu, plutôt efficaces dans le domaine des sceaux car haya ne voyait pas par quel autre biais ils parviendraient à déplacer les caisses. Ils finirent par arriver au bout de la caverne, là où les dernières caisses se trouvaient. Izumi annonça qu’ils commenceraient par elles et qu’ils remonteraient progressivement jusqu’aux caisses plus avant dans la caverne, une tache qu’elle estimait à pas moins de six heures.

Ryosen décida de rester avec l’équipe nouvellement arrivée un temps, mais haya préféra sans retourner à Sengoko même si cela ne s’annonçait pas particulièrement excitant. Quand elle rentra à l’intérieur de l’auberge, la juunin retrouva idan près du comptoir. Sans réfléchir, elle s’approcha et l’attrapa par la main.

Haya – Venez.

Haya ne chercha pas à savoir ce qui la poussait à faire cela. Elle en avait envie, que ce soit pour tromper sa frustration, pour se vider l’esprit ou pour d’autres raisons sur lesquelles il ne lui était pas possible de mettre le doigt. A cet instant, elle avait envie de sentir les lèvres d’un homme sur les siennes et idan ne se fit pas prier sitôt la porte de la chambre refermée sur eux. Il plaqua haya contre le bois avec fermeté, se cherchant mutuellement du bout de leur langue, tandis que sa main se posait sur la cuisse nue de la jeune femme, remontant sous le pli de sa robe jusqu’à passer un doigt à travers la lanière de sa culotte, tirant dessus sans toutefois la lui retirer. Haya passa ses bras autour des épaules de l’homme, se détachant de la paroi de la porte et pivotant sur elle-même sans interrompre son baiser, reculant jusqu’au lit sur lequel elle s’assit. Idan retira sa chemise sans hâte, tandis qu’haya lui déboutonnait son pantalon, refermant sa main sur son sexe encore replié sur lui-même. L’homme posa sa main sur le sommet de son crâne et, comprenant son désir, haya s’exécuta docilement jusqu’à ce que le sexe d’idan soit complètement redressé. Haya recula son visage et se laissa aller sur le dos, tandis qu’idan remontait sa robe sur son ventre pour lui retirer prestement sa culotte. Il appuya doucement sur l’intérieur de ses cuisses pour lui écarter un peu plus les jambes et passa sa main parmi les poils fins de son sexe, glissant un doigt dedans sitôt qu’il remarqua son humidité. Il ne s’attarda pas en caresses et la pénétra lentement, haya poussa un gémissement pour l’encourager à accélérer. Idan remonta sa robe jusqu’à lui découvrir les seins, qu’il agrippa à mesure que ses reins commençaient à s’activer. Il ne lui fit pas l’amour longtemps, évoluant trop vite entre ses jambes pour réellement contenir son effort, finissant par se retirer pour lui jouir sur le ventre. Haya reposa la tête contre les couvertures et détendit ses jambes, frustrée de ne pas avoir eu le temps d’apprécier la montée de son plaisir. Elle rouvrit les yeux quand elle sentit les mains d’idan s’activer pour lui retirer complètement sa robe. Haya se laissa faire et se retrouva aussi nue que son compagnon. Elle sourit en devinant que les festivités interrompues se poursuivraient dès qu’il serait en état. Haya s’assura qu’il le soit rapidement.

Quand la porte de sa chambre se referma finalement sur idan, haya retourna s’allonger sur son lit, les jambes tendues dans le vide. Curieusement, elle se sentait mieux, comme si une partie de sa frustration avait éclaté dans les airs. La jeune femme se sentait physiquement émoussée, mentalement vidée et c’était précisément ce qu’elle était venue chercher, maintenant qu’elle y repensait. Elle se frotta les yeux mollement puis se dirigea jusqu’à la salle de bain prendre une courte douche pour se libérer des fluides encore répandus sur son corps ou en train de sécher parmi ses poils, une impression qui lui avait toujours été désagréable. Haya se repassa une robe sur les épaules et sortit, pieds nus, rejoindre la chambre de benihime. La jeune femme n’était plus couchée sur son lit, mais assise sur un épais fauteuil d’un gris neutre. Elle l’accueillit avec un sourire, alors qu’haya allait la rejoindre en s’asseyant sur l’accoudoir.

Haya – Comment tu te sens?

Benihime – Très bien, je n’ai rien. Ryosen passe me voir comme si c’était la première fois que je me prenais une dérouillée. Où tu étais ?

Haya hésita une demi-seconde avant de raconter à son amie comment elle avait dépensé les deux dernières heures. Benihime éclata de rire.

Benihime – C’est pour ça que Ryosen m’a dit qu’il ne savait pas où tu étais. Qu’il est bêta. Il a dû t’entendre feuler comme une chatte depuis ta chambre.

Haya – Une image très flatteuse beni.

Benihime – En même temps, je trouvais ça bizarre que Ryosen ne s’en inquiète pas plus que ça. Papa poule comme il est ! Tu te sens mieux ?

La juunin sourit.

Haya – Oui. J’ai réagi un peu bêtement.

Benihime – Nous sommes des guerriers, nous n’aimons pas perdre ou avoir la sensation de perdre. Mais c’est important que tu comprennes que cela arrive. Avec ce qui se prépare, il faut que tu sois prête à cette éventualité.

Haya – Que nous soyons vaincus ?

La jolie blonde acquiesça.

Benihime – Oui. Cela peut arriver. Je dirais même que cela arrivera tôt ou tard. Nous ne faisons pas quelque chose de… durable. La mort peut survenir dans le cadre le plus banal. Cela ne doit pas t’effrayer, cela doit seulement te motiver à faire ce qui doit être fait pendant que tu le peux encore.

Ce n’était pas une philosophie qu’haya était certaine d’apprécier, mais ce n’était pas comme si le choix lui était donné. Il y avait plus d’occasions de mourir que de vivre paisiblement en tant que ninja (mais pas seulement, même ce village de Sengoko pouvait un jour se réveiller dans l’horreur et la mort). L’aspect positif de leur séjour, outre le fait d’avoir accompli leur mission et fait quelques extras lucratifs, c’était tout de même d’être parvenus à démêler le vrai du faux d’une bonne partie de cette histoire. Ces contrebandiers n’étaient pas une parenthèse, ils n’étaient pas là par erreur mais faisaient partie d’une entreprise plus vaste et plus large, une entreprise au sommet de laquelle régnait yuma tamiko et une autre femme inconnue. Yuma tamiko tombera et peut-être que l’identité de sa compagne sera dévoilée entre temps. Haya n’arrivait pas à estimer en quoi cette histoire de contrebande était un problème pour le pays de l’eau, mais avec à sa tête des assassins, associées à des pirates, des mercenaires du pays de la terre et des truands de tous les continents, cela ne pouvait pas être un bénéfice.

Ils avaient attiré le regard de la flamme jaune, et ce regard là était célèbre pour son incandescence. Il apporterait la destruction dans le cœur de ses ennemis, car c’était ainsi que le nom de la flamme jaune était craint et respecté.

Ryosen finit par les rejoindre dans leur chambre. Il croisa le regard d’haya sans trahir la moindre gêne et la jeune femme en fut soulagée. Elle ne désirait pour rien au monde mettre dans l’embarras son ami pour quelque chose d’aussi bête, mais de toute évidence, Ryosen en avait vu d’autres et il préférait (avec son éternelle élégance) prétendre ne rien savoir et ne rien vouloir savoir. L’équipe de kiri venait de finaliser les derniers chargements. Il ne tarissait pas d’éloges sur les compétences d’izumi, s’attirant le rire narquois de benihime auquel il répondit par un haussement d’épaules blasé. Ils retournèrent dans la rue où les attendait l’équipe en question. Haya regarda aux alentours si jamais elle apercevait idan, mais ils s’étaient déjà dit au revoir (et probablement adieu). Benihime et Kyabetsu dessinèrent un cercle autour du petit groupe, suscitant l’intérêt et l’interrogation parmi la population locale.

Benihime – Tout le monde est prêt ?

Concert d’assentiment. Haya ressentit l’habituel effet de pesanteur compressée qui suit chaque téléportation et rouvrit les yeux sur les grands lacs où la flamme jaune avait l’habitude de s’entraîner. La petite troupe prit le chemin de kiri plus au nord, devisant sur la caverne, les contrebandiers et le problème posé par les pirates. Haya fut émerveillée de voir, peut-être pour la première fois depuis qu’elle la fréquentait, la flamme jaune être parfaitement intégrée au sein d’un groupe autre. Izumi plaisantait avec Beni, Ryosen conversait allégrement avec deux autres hommes et Kyabetsu entretenait Haya de quelques détails sur l’acheminement des caisses jusqu’à kiri. Cela lui mit du baume au cœur de voir cela. La flamme jaune disposait d’une place à part dans le village des brumes. Respectée immensément pour son histoire et pour ses talents, mais détestée pour l’image qu’elle dégageait. Haya elle-même, avant d’apprendre à connaître ses membres, se les imaginait comme des monstres froids et haïssables (ils ne faisaient de fait pas beaucoup d’efforts pour être aimés, au-delà de leurs états de services). Mais en cette fin d’après-midi, les disparités semblaient s’effacer comme la promesse d’un changement à l’avenir.

Finalement, le groupe finit par s’éparpiller dans le village, Kyabetsu allant rédiger et remettre son rapport, Izumi et un homme s’apprêtant à surveiller le devenir des caisses acheminées, les deux autres retournant dans les foyers. Une décision que suivirent également Beni, Haya et Ryosen, dès que ce dernier les assura que Naikin avait déjà fait son rapport et que tout était en ordre de ce côté-là. Plutôt que d’aller s’isoler dans leurs appartements respectifs (une action qu’haya aurait, quelques heures plus tôt, accueilli comme une bénédiction), ils investirent la vaste maisonnée de beni où ils passèrent le reste de leur soirée, leur nuit et une bonne partie de la matinée du lendemain.
Daiisu Aisu
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MessageSujet: Re: CI002 - La grotte   Jeu 17 Nov - 18:13

Haya Sasaki (Niveau 26)
: +50% Bonus inclus
: + 408 XP, + 220 Ryos, + 2 réputation

Commentaire :
J'aime toujours autant te lire. J'aime la personnalité de ton personnage, ses intéractions avec ses coéquipiers. J'aime la façon que tu écris, tu y met du coeur et cela se voit. Continue comme ça, tu mérite grandement l'xp de cette mission

Note :
1) Comme convenu avec toi, j'ai augmenter la difficulté de la mission de 2 à 4

2) Je vais mettre le calcule d'XP. Tu en gagne beaucoup, les gens pourraient se demander d'où vient tout l'xp

132 XP Base (120,226 caractères)
20 XP Mission (100/3 [3 membres qui font la mission])
120 XP Difficulté
-------------------
272*0.5 (bonus d'xp) = 136
-------------------
272 + 136 = 408 XP


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