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 La voie du sabre

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Kuroko Hokufû
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MessageSujet: La voie du sabre   Sam 21 Jan - 19:14

- Frères -
"La voie du sabre" - I


Depuis quelques jours, je profitais d'un congé quelque peu fortuit. Les missions de rang D étaient toutes réquisitionnées pour des étudiants afin qu'ils puissent se faire les crocs avant leurs examens. Je n'avais pas de nouvelles de Jin' depuis quelques semaines et Yoko était débordée par les classes de 1er années depuis que Sasaku était tombé malade. En sommes, tous étaient débordés ou absents, et moi j'étais littéralement au chômage technique. Aussi, c'était le moment pour entrainer toutes ces choses que j'avais délaissés depuis que mes journées se résumaient à Eisei, Eisei et Eisei.

Plusieurs choix s'offraient à moi : j'aurais pu m'entrainer au combat à main nu avec Toki ou réviser mon Ninjutsu à l'académie, mais une seule idée me trottait en tête. Depuis que j'avais reçu ce sabre à Izumo, je n'avais guère eu le temps de l'utiliser - ce qui n'était pas un mal parce que je n'avais pas la moindre idée de la manière dont l'utiliser-. Aussi, le temps était venu pour moi de réquisitionner les talents de mon frère. Nous n'avions pas beaucoup eu le temps de nous raconter l'un l'autre nos histoires respectives, mais si j'avais vu tous enfants s'entrainer à maîtriser son katana dans son propre village, nul doute que lui aussi avait du apprendre les bases. Il pouvait bien me les transmettre.

Le sujet, je voulais l'aborder le soir même peu après le repas, le seul moment où lui comme moi étions suffisamment éveillé pour tenir une conversation. Le matin, alors qu'il partait forger, j'étais encore en train de profiter d'heures de sommeils bien méritées; le soir, il allait se coucher de bonne heure afin de pouvoir retourner forger au plus tôt. Il ne restait plus que l'instant du repas, où toute la famille était réunie. Difficile d'avoir un moment d’intimité dans cette maison. J'ai néanmoins réussis à capter un petit moment où mon jumeau et moi-même étions de corvée de vaisselle.

Akito - Dis-moi Ka'.

Kagure - Besoin de plus de savon?

Akito - Pas vraiment. J'me demandais... À Izumo, tu as aussi du faire les exercices que les gamins faisaient pendant que j'étais là-bas?

Kagure - Tu veux apprendre à utiliser le gros couteau qui trône dans ta chambre depuis trois semaines?

Dans le mille.

Akito - C'est un oui?

Kagure - ... P'pa? Vous serrez bien assez de deux pour gérer la forge avec Matsuo, nan? Donne nous quelques jours.

Mon père, assit dans le canapé, écoutait la conversation depuis le début une tasse de thé dans les mains. Même s'il ne disait rien, j'étais certain qu'il mourrait d'envie que ce soit lui qui m'apprenne à utiliser des armes correctement. Manque de chance, il n'avait certainement pas fait de véritable activité sportive depuis des années. Il pouvait être un excellent forgeron, je ne lui aurait pas confié un simple couteau de peur qu'il fasse plus de mal que de bien.

Yuujin - Allez-y, amusez vous... Akito, fais attention. J'ai vus que tes entrainements matinaux avaient l'air... musclés. Même si ça n'est plus le cas, dis toi que ton frère a aussi fréquenté une académie.

Drôle d'avertissement, mais ça n'était pas l'important. Dès le lendemain, j'allais non seulement prendre du temps pour m'entrainer, mais aussi prendre du temps avec mon frère. Certainement l'un des rares moment où nous avons pu nous retrouver uniquement lui et moi.

***

Le lieux d'entrainement fut décidé le matin même; nous irions dans la zone d'entrainement au nord. Le matériel d'entrainement fut sobre : deux Bokken, des sabres en bois de bambou, deux grandes bouteilles d'eau et de quoi manger. C'était bien partit pour être une journée complète d'entrainement.

Kagure, en bon professeur, prit les devants : après avoir déposé toutes les affaires au pied d'un arbre, il prit un Bokken et se mit en position de garde haute, le sabre au zénith.

Kagure - Bon, amène toi. On va voir ce que vaut l'entrainement des Eisei-nin de Konoha.

Je me suis dirigé vers les affaires pour me saisir du second Bokken, mais il m'arrêta de suite.

Kagure - Nop, sans sabre. Première leçon, regardes et apprends. Tu veux pouvoir utiliser ton katana avant tes 20 ans, non? Alors on y va carrément : chakra, Eisei-nin et tout le bazar.

Je n'ai pas réellement compris l'intérêt de me faire combattre sans Bokken, mais j'avais confiance en mon frère. Après tout, s'il y a bien une personne qui devait parfaitement savoir la meilleurs manière de me faire apprendre quelque chose, c'était bien lui. Je me suis alors écarté de l'arbre pour me mettre en position de garde, l'une des rares choses que je savais bien faire. Il ne devait pas y avoir plus de trois où quatre mètres qui nous séparaient. En deux enjambées, c'était réglé, l'entrainement pouvait commencer. Mais voilà, je ne comptais pas les parcourir. Je n'étais pas un modèle de vitesse, et sa garde haute lui permettrait d'abattre son Bokken sans aucun soucis si je m'approchais. Autant rester en garde et avoir une chance de briser une éventuelle attaque.

Il fit le premier pas, un pas court qui fut suivit par un déplacement particulièrement rapide pour arriver au contact et abattre son arme en direction épaule. J'avais bien fait de ne pas m'approcher. Je n'avais pas eu beaucoup d'occasion d'affronter des hommes armés, mais l'une des rares choses que j'avais retenus, c'était que mes bras ne feraient pas le poids face à une arme de quelque type qu'elle fusse. Aussi, j'ai contré son attaque en enfonçant l'extérieur de mon bras au niveau de ses poignets avant de frapper son ventre de manière modérée. Il avait beau me demander d'y aller avec tout ce que j'avais, c'était difficile d'y songer réellement.

Avant que mon poing ne s'enfonce dans ses abdominaux, Kagure s'était déjà éloigné du corps à corps. Sa vitesse n'avait réellement rien à voir avec la mienne.

Kagure - Sois sérieux. J'ai vu ton attaque venir à deux kilomètres. J'y ai été gentiment parce qu'un Bokken, ça fait mal, mais si tu continue j'vais devoir frapper vraiment fort.

Akito - Dans ce cas amène toi! J'aime pas me battre contre des gens pas sérieux.

Kagure - ... Moi non plus! Mais je t'assure que tu vas devenir sérieux.

Kagure jugea bon de changer de garde, une garde basse. En un simple mouvement, tout avait changer. Son regard habituellement sincère et gentil était complètement vide. On croirait regarder une poupée dans les yeux, c'était terrifiant. Pas de doute, il allait réellement devenir sérieux. Il avance, le pied droit comme tout à l'heure. Mais cette fois-ci, la vitesse n'a plus rien à voir avec la précédente. Je n'ai pas le temps de réagir que le sabre s'abat contre mes côtes, me faisant lourdement tomber au sol.

J'avais l'impression que mon poumon venait d'être arraché, j'avais du mal à respirer et mes mains tremblaient. Cette attaque, si elle avait été réalisée avec un véritable katana, elle m'aurait tuée. Qui aurait pu croire qu'un forgeron pouvait mettre à terre un genin de Konoha d'une seule attaque.

Je ne pouvais m'y résoudre. D'abord parce que j'avais de la fierté en tant que shinobi de Konoha, et parce que j'avais de la fierté en tant que frère. Il n'avait pas le droit d'être supérieur à ce point. En bon shinobi, je me suis relevé et je me suis à nouveau mit en garde.

Kagure - Tu vas t'y mettre maintenant?

Akito - Tu peux compter là dessus.

Cette fois-ci, je prenais les devants. Kagure était certainement largement supérieur à moi en terme de vitesse, mais pas en terme de force brute. Tous ce que j'ai appris auprès de Sasaku, j'allais pouvoir réellement le mettre à l'épreuve ici-même. J'ai franchis la distance qui nous séparait, prêt à me protéger face à son Bokken. Il était plus rapide que moi, il allait certainement frapper avant que moi-même je puisse le faire. Aussi, il ne restait plus que la solution du contre.

Le sabre de bois part en direction de mes côtes. Mon bras lui fait naturellement opposition protégeant la partie sensibilisée par l'attaque précédente. Évidemment, ça faisait mal, mais j'étais toujours debout et en position de force : j'avais attrapé son Kendogi, sa tenue d'entrainement au kendo, au niveau du col. D'un geste de la main je tire Kagure vers moi pour pouvoir lui enfoncer mon genou dans le ventre. Mais encore une fois, il est plus rapide que moi. D'un geste habile, son Bokken dévie mon genou avant qu'il ne frappe une seconde fois. Cette fois-ci, c'est mon épaule qui est visée et touchée. J'avais encore mal, mais pas comme la première fois, cette fois-ci je sentais que la blessure n'était pas une simple contusion. Le sabre de bois avait nettement coupé ma chair et entamé mon épaule. C'était impossible, ces foutus katana d'entrainement sont justement prévus pour éviter ce genre de connerie.

Kagure - Hien.

D'un pas rapide, il s'éloigne encore de moi. Il garde ses distances alors qu'il est en position de force... Il me ménage...

Kagure - Toujours pas de chakra? Pas terrible les Eisei-nin de Konoha.

C'était la goutte d'eau. Il se foutait ouvertement de ma gueule. C'était sérieusement un entrainement? Une humiliation serait plus juste comme mot. Qui aurait la putain d'idée d'entrainer quelqu'un comme ça? M'apprendre à manier un sabre? M'apprendre à bouffer le sol, voilà ce qu'il voulait! Me voir de haut comme la larve que j'étais. Ça n'énervait, ma fierté ne supportait pas ça.

J'ai joins mes mains pour commencer à utiliser mon chakra. Plus de retenue, plus de politesse, je voulais simplement lui faire bouffer ses dents. Le flot de chakra que je venais de relâcher commença rapidement à refermer ma coupure alors qu'un colibri s'échappa du flux pour rejoindre mes côtes là où j'avais subis la première attaque. J'avais appris cette technique pour un examen à l'académie. Je ne pensais pas qu'elle serait un jour utile. Elle était pourtant d'un génie incroyable, rentabiliser le moindre murdra pour soigner un peu plus à l'aide d'une petite charge mobile en chakra. À nouveau je compose des murdras pour faire apparaitre un clone avant de m'élancer au corps à corps.

Plus de stratégie, plus de pensée, plus plans. Je voulais juste me battre. À nouveau un duel s'engage au corps-à-corps. Je saisis mon clone par le col et m'en sers pour bloquer le premier coup de Kagure avant de commencer à frapper à mon tour. Aucun de mes coups ne le touchaient, mais tant que je frappais, j'étais en position de force. Il n'y avait aucun répit : mes poings en sangs se faisaient déviés par des coups violents de son Bokken avant de se régénérer dans l'instant. Cet échange de coup aurait pu durer indéfiniment si Kagure ne s'était pas éloigné d'un bond avant de prendre de l'élan pour frapper à nouveau. L'exception notable avec les coups précédents, c'était que cette fois, Kagure était apparu en double.

Kagure - Mikazuki no mai.

Aucun moyen de les distinguer, je ne savais pas quoi frapper alors qu'eux, ils avaient une cible bien facile à toucher. Les deux sabres de bois m'ont touchés au même moment. L'un s'évapora dans l'instant alors que l'autre toucha de plein fouet mes grands obliques à gauche. J'avais mal. Je détestais avoir mal. Mais je détestais encore plus perdre. D'un geste j'ai agrippé le poignet droite qui tenait le Bokken avant de frapper les abdominaux de mon frère d'un poing entouré de chakra verdâtre. Si le coup en lui même n'avait pas du être si douloureux que ça, les lacérations dues à ma techniques avaient certainement du lui faire mal.

Akito - Jinsei Noshi!

Sans lui laisser le temps de réagir, j'ai envoyé mon crâne contre le sien. Suite au choc nous sommes tous deux tombés en arrière. Dans mon crâne tous se mélangeait et un bourdonnement atroce résonnait. Je savais bien que frapper avec sa tête, c'était une idée de con.

Kagure - Et bah voilà. C'est ça que je voulais voir!

En me mettant en position assise, une main sur le crâne, j'ai croisé le regard de mon frère. Ses yeux ré-exprimaient sa gentillesse habituelle, comme si celui qui m'avait combattu s'était évanouis dans l'air.

Akito - Vas falloir que tu t'explique... J'vais panser ça en attendant

J'avais volé des bandages à l’hôpital en pensant qu'ils pourraient être utile si on se faisait mal à un moment où à un autre. Je n'aurais pas pensé que je les utiliserais moins d'une heure après le début de l'entrainement.



- Demande de validation : Hachidori - Colibri -


Dernière édition par Hokufû Akito le Mer 6 Juin - 15:32, édité 1 fois
Kuroko Hokufû
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MessageSujet: Re: La voie du sabre   Dim 6 Mai - 14:51

- Frères -
"La voie du sabre" - II



Akito - ... T'es malade.

Kagure - Nan, nan! Je reprends depuis le début et tu comprendras! Ton problème, c'est qu'tu penses trop de manière académique. Tu peux pas simplement être bon en mimant bêtement ce qu'on t'as appris à l'académie. Le problème de l'académie en sommes, on vous apprend des techniques et ensuite on vous apprend à vous battre réellement.

Akito - Et d'habitude ça marche plutôt bien, ça évite de se pourrir la gueule entre jumeaux par exemple.

Mon cynisme était plutôt rare à table, mais la situation était suffisamment exceptionnelle pour que ma mère fasse exception à ses principes et nous laisse nous battre à grand coup de phrases tonitruantes. Elle n'aimait pas particulièrement le fait que nous devions nous battre, elle ne saisissait pas le principe d'un entrainement "musclé". Alors inutile de dire qu'elle n'allait certainement pas mettre son grain de sel alors que l'entrainement en question avait autrement plus musclé que ce que je pratiquais habituellement le matin. Ils n'avaient même rien à voir. Mais si ma mère préférait ne pas entendre nos histoires, mon père lui semblait prendre plaisir à voir enfin un peu d'ambiance autour de cette table habituellement si morne.

Yuujin - Tu t'es fais ramasser, c'est ça?

Akito - Si on regarde sur la globalité du combat, j'ai gagné!

Kagure - Et si on regarde sur la globalité du combat j'aurais pu t'ouvrir le crane deux ou trois fois! De toute façon, t'as pas le choix. Soit tu continue avec moi, soit tu te démerde pour trouver quelqu'un qui saurait t'apprendre à manier ton jouet en moins d'un ou deux mois... Ah! Et si tu me choisis pas, j'te fais payer mon temps de travail perdu!

À vingt ryos de l'heure, le choix fut vite fait. J'avais pas particulièrement aimé notre échange de coup, mais je n'aimais pas non plus particulièrement me délester de tout mon argent durement gagné. Le lendemain, une nouvelle journée d'entrainement allait donc commencer avec mon frère. Néanmoins, cette fois-ci, nous avons eu la surprise d'avoir un spectateur. Mon père tenait absolument à nous voir croiser le fer (ce qui ici n'avait pas grand sens vu que je combattais toujours à mains nues et mon frère toujours avec son Bokken). Ce que je comptais avoir comme échauffement quelque chose de bien plus gentil que notre précédente session, mais bien vite cela s'est transformé en combat acharné.

La domination de Kagure était évidente, j'étais moins rapide, moins fort et moins féroce. Probablement parce que je ne voulais pas le blesser à nouveau comme la veille, et aussi parce que je n'étais pas particulièrement habitué à avoir des spectateurs. À dire vrai, je n'ai même jamais vraiment aimé ça. Je suis capable de parler en public, d'exposer mes opinions, et même de faire une démonstration; mais les regards insistants qui pèsent sur moi m'empêche généralement de me concentrer. J'étais moins combattif que la veille, mais au moins je me contrôlais. Il était inutile que mon père voit la rage dont j'avais fais preuve pour gagner - quoi que le terme est fort - mon combat. Enfin, toujours est-il que le combat se solda par une défaite après quelques minutes.

Akito - ... J'tiens quand même à redire qu'avec un Bokken, j'aurais peut-être pu...

Kagure - P'pa, puisse que t'es là, dis-lui toi!

Mon père quitta alors l'arbre sur lequel il s'était adossé pour nous rejoindre, sa gourde de saké à la main.

Yuujin - Tu veux que je dises quoi? Vous êtes tous les deux en train de faire une sombre connerie... Toi Akito, tu veux apprendre vite et mal. Réfléchir comme ça, c'est se condamner à être un mauvais bretteur. Quant à toi Kagure... J'comprends pas pourquoi non seulement tu l'encourage à apprendre vite et en plus pourquoi tu veux faire de lui un abruti tout juste bon à taper sous le coup de la colère. La colère peut être bonne, mais elle n'est pas un outil efficace pour ce genre d'apprentissage. Je pensais que tu le savais...

C'est rude, mais juste. Je devrais savoir qu'une leçon apprise dans la précipitation ne donnerait rien de bon. Probablement que de voir Kagure faire quelque chose que je ne savais pas faire m'avait poussé à faire des choses que je savais idiotes. Je devais bêtement penser "il sait le faire, pourquoi pas moi?"... À croire que ces trois dernières années à l'académie ne m'avaient pas fait murir d'un seul pouce.

Yuujin - Hum... Bon, arrêtez ces têtes d'enterrement. Kagure tu sais déjà ce qu'il faut pour utiliser de manière correcte une arme, mais tu n'es simplement pas un bon professeur. Toi Akito, tu n'as clairement jamais eu à te battre ou t'entrainer sérieusement, c'est normal que tu confonde vitesse et précipitation. Mon père porta ta gourde à ses lèvres pour boire une goutte d'alcool avant de reprendre. On va faire comme ça : Kagure, tu vas à la forge pour me remplacer quelques jours. Tu as des choses à apprendre là-bas. Akito et moi, on va reprendre tout depuis le début. La base de la base. Après tout, c'est aux adultes de s'occuper de l'apprentissage des enfants.

Kagure - Mais je...

Yuujin - Pas de mais! On discutera ce soir de ton boulot à la forge. Je vais pas te laisser te ramollir non plus. Déjà quatorze ans et tu sais toujours pas forger toi-même un shuriken. Tu vas aussi devoir mettre les bouchées doubles.

Kagure resta tête baissée quelques instants, comme déçu de ne pas pouvoir jouer son rôle de professeur. Sans arriver à se mettre à sa place, je pouvais comprendre sa frustration. Il était passé du stade de prof' à celui d'étudiant. C'était une sacré chute dans l'échelle sociale. Il ne contesta néanmoins pas la décision finale de notre père et se dirigea vers le village. Je sentais que j'allais devoir discuter avec lui pour lui remonter le moral. Mais pour le moment, j'allais certainement devoir me battre avec mon paternel. Malgré son ventre bedonnant et ses joues rosies par le saké, il gardait une prestance et une expression qui lui donnaient une aura étrange. Comme s'il était plus dangereux qu'il ne l'était. Un lion dans un corps de panda.

Akito - Bon... Et bien je suppose que c'est le moment où l'on va se mettre sur la gueule...

Yuujin - Comment? Dit-il avec une expression de surprise déconcertante. Non non non, jeune imprudent! Pour commencer, tu vas devoir méditer.
Kuroko Hokufû
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MessageSujet: Re: La voie du sabre   Mar 8 Mai - 19:58

- Frères-
"La voie du sabre" - III


Même après une première explication, la méthode de mon père n'avait rien de claire. En quoi méditer pouvait faire de moi un soldat aguerrit. D'après ma propre vision des choses, un guerrier n'avait qu'à apprendre à manier correctement une arme pour survivre. Le meilleurs guerrier n'était différents de ses pairs que de part son expérience du champs de bataille et sa maîtrise des armes. En quoi s'assoir sur une souche pendant des heures aurait pu faire de moi un bretteur digne de ce nom? J'vais besoin d'une nouvelle explication.

Yuujin - Aussi étroit d'esprit que ton frère... Bon, je vais essayer de faire simple. Il existe deux types de combattants : ceux qui exercent leurs corps, et ceux qui exercent leurs esprits. L'un comme l'autre sont important dans un combat... D'après les bulletins de l'académie que j'ai retrouvé à la maison, tu étais un médiocre en Genjutsu? Et bien c'est là que se trouve ton premier problème. Ton esprit est trop anarchique. Tu n'arrive pas à simplement te concentrer sur une chose ou à cesser au contraire de porter ton attention sur quoi que ce soit. Comment dire?..Tu ne vois pas ce que tu regarde.

Akito - J'ai pas saisis... Je vois forcément ce que je regarde. C'est physique.

Yuujin - Tu comprendras avec le temps. Enfin, j'espère, car je n'ai pas vraiment envie d'expliquer le sens de cette phrase... Et puis arrête de tourner autour du pot. Assis toi sur cette souche, et laisse ton esprit s'ouvrir à ce qui est autour de toi. Laisse le voguer.

Sans demander plus d'explication, ça n'aurait probablement pas été productif, je me suis installé sur la souche d'arbre, à quelques dizaines de mètres de l'arbre contre lequel s'adossait mon père. J'étais assis, je fermais les yeux, et puis quoi? Je ne savais pas vraiment quoi faire. Les explications n'étaient pas très claires, et je n'avais jamais vraiment médité au sens propre du terme. Pour moi, la méditation s'apparentait à une espère de temps de repos durant lequel il était permit d'oublier ses soucis. Mais je ne voyais aucunement le rapprochement avec un quelconque entrainement. Et puis comment pouvais-je me détendre? Je savais que Kagure était certainement morose, que mon père devait être en train de profiter de son saké et que la moitié de mes connaissances étaient en mission pour le village. Je n'arrivais pas à penser à autre chose qu'à mes soucis ou à ceux de mon entourage.

Perdu dans mes réflexions sur les problèmes des uns et des autres, je n'ai pas entendus arriver mon père alors qu'il me frappa l'épaule gauche avec le Bokken.

Yuujin - Je ressens ta tension depuis l'arbre là-bas. C'est quoi ces épaules nouées et ses muscles crispées? On dirait pas vraiment une méditation.

Akito - Aie! Ça fait mal! Je sais pas méditer moi.

Yuujin passa sa main dans sa barbe, l'air penseur. De mon point de vue, j'avais l'impression qu'il ne comprenait pas qu'on ne puisse pas savoir méditer. Ici à Konoha, c'était pourtant quelque chose que seuls des gens comme les Hyuuga faisaient. J'ai toujours vu ça comme une activité de noble. Un peu comme la dégustation de saké ou la collection d’œuvre d'art. Un petit quelque chose qui les distinguait du commun des mortels.

Yuujin - Tu ne sais pas méditer, dis tu? Et bien grande nouvelle, fils, tu vas apprendre! Commence par détendre tes muscles. On ne peux pas méditer dans un état de crispassions comme le tiens. On a l'impression que tu porte le monde sur tes épaules.

La remarque faites, il était vrai que j'avais tendance à garder mes épaules crispées en permanence, comme pour soulever un poids imaginaire. Il était d'ailleurs particulièrement déconcertant de devoir fournir plus d'effort pour garder des épaules décontractées. Cette mauvaise habitude de crispation avait la vie dure. Une fois décontracté, et suffisamment concentré pour ne pas revenir à l'étape précédente, j'ai commencé à reporter mon attention vers les autres éventuels muscles qui n'étaient pas parfaitement détendus. Un changement de position fut nécessaire pour me mettre plus à l'aise et ainsi me permettre d’apaiser la pression qu'exerçait mon corps sur ma jambe, me forçant inconsciemment à la contracter un tant soit peu. Une fois ceci fait, j'ai jugé la position adéquate, j'ai donc demandé une suite aux instructions.

Yuujin - Je t'ai déjà dis tout ce que tu devais savoir. Je vais retourner contre mon arbre. Je reviendrais après ma sieste. D'ici là, oublie d'écouter et entend.

Sans me laisser le temps de poser une nouvelle question, Yuujin s'est éloigné pour retourner s'adosser contre le chêne qu'il venait de quitter. J'étais mieux installé, mais pas mieux informé. Cet exercice exigeait de moi bien plus que je n'en savais. Mais à défaut de patienter inutilement jusqu'au réveil de mon paternel, j'ai décidé d'essayer de comprendre cette énigme qu'il m'imposait. Voir ce que l'on regarde. Même en retournant cette phrase dans un sens ou dans un autre, je ne voyais pas où j'étais sensé arriver. La réponse devait certainement se trouver dans l'exercice de méditation qu'il m’imposait. Peut-être même que l'exercice lui-même était la solution.

Ne l'ayant jamais fais moi-même, ni m'être renseigné sur le sujet, je ne connaissais que peut d'information sur le sujet. La position semblait importante, mon père avait d'ailleurs corrigé la mienne, c'était un premier pas dans la bonne direction. J'avais aussi eu l'occasion de remarquer, au cours d'un séjour dans un temple à l'extérieur du village, que les moines méditant fermaient leurs yeux. Comme si ceci les aidait à laisser leurs esprits voguer. Soit, je les ai copié. Et maintenant? Mon père avait dit qu'il me fallait "ouvrir mon esprit à ce qui se trouve autour". Je ne comprenais pas vraiment cette phrase. L'esprit était quelque chose de trop métaphysique pour qu'un cartésien comme moi comprenne quelque chose à cette phrase.

Alors j'attendais. D'un commun accord avec moi-même, j'ai décidé que j'arrêterais de me prendre le choux pour cette énigme. D'abord parce que je ne voyais toujours pas le rapprochement entre la méditation et l'art du combat, et ensuite parce que je préféré attendre une petite heure pour lui tirer les vers du nez plutôt que de me plier à l'étrange exercice que m'imposait mon père. Quand on attend, les yeux fermés et les muscles relâchés, il est étonnant de remarquer le nombre de chose auxquelles ont peut laisser s'attarder nos pensées. Sans apporter de notion précise de temps, je peux dire que j'ai passé un bon moment de ma "méditation" à écouter les gazouillements des oiseaux se mêler aux bruissement du vent qui soufflait contre le grand chêne. Je n'aurais jamais cru qu'un tel mélange de son puisse être si reposant. À ces sons se mêlait quelques autres sensations en pagaille comme la douce odeur qui émanait d'un petit champ de fleur non loin, du moins je l'imaginait non loin. Je ne pensais pas que ce que j'apparentais désormais à la méditation se révèlerait aussi calme. C'était comme ce moment, juste avant d'aller dormir, où l'on ne pense plus à rien; à la différence qu'au moment de dormir, nos sens étaient déjà engourdis par la fatigue. Là, c'était le même état de quiétude, mais de manière complètement éveillé, comme si l'on ressentait pleinement tout ce qui était autour de nous, mais sans y prêter grande attention.

Ce qui me fit sortir de ma transe, c'était le son d'un pas écrasant sur son passage. Mon père s'était probablement réveillé, et marchait désormais vers moi. Certainement pour savoir ce que j'avais retiré de cette exercice et revenir à son énigme. J'avais réussis à l'oublier pendant une heure, à en croire sa montre, et je n'en étais pas mécontent.

Yuujin - Alors, tu as cessé de regardé pour voir?

Akito - C'est idiot, j'avais les yeux fermés... Par contre, j'ai entendu beaucoup de chose.

Après m'avoir demandé d'expliciter mon propos, plutôt gonflé venant de lui, j'ai expliqué à mon père ce que j'avais ressentis, de l'apaisement que je ressentais en entendant les sons alentours jusqu'au doux parfum qui m'avait enivré quelques minutes. Suite à ça, il reprit la parole, mais pas comme je pensais qu'il allait le faire.

Yuujin - Très bien, tu n'as toujours pas compris ma phrase, mais tu l'as bien mise en pratique. Tu continueras de méditer comme ça une heure avant l'entrainement et une heure après tant que tu n'auras pas saisit en quoi ta réussite consistait. Jusqu'à nouvel ordre, nous consacrerons notre temps à méditer puis je t'enseignerais les bases du Kendo. Ça ne te feras pas gagner de combat contre ton frère, mais il faut que tu apprenne à bien tenir une arme. Quand tu comprendras où la méditation nous mène, l'entrainement ira plus vite et là tu pourras apprendre de vrais techniques... Allez, en selle Septième Cercle Hokufû Akito, tu as du pain sur la planche!

Septième cercle? Encore une énigme pour moi. À croire que mon père cachait bien plus de secret qu'il n'y paraissait.
Kuroko Hokufû
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MessageSujet: Re: La voie du sabre   Mar 22 Mai - 20:26

- Frère -
"La voie du sabre" - IV



Trois jours déjà que Kagure, Yuujin et moi avions commencé nos petits rituels. Les journées passaient et se ressemblaient affreusement. Ma matinée commençait par une méditation que m'imposait mon père. Si je n'en voyais toujours pas l'utilité, j'avais commencé à pendre goût à ce petit moment de détente. C'était comme de s'accorder une heure, qui paraissait une minute, pour se cacher du monde, de ses soucis et de ses responsabilité. Une heure pour oublier de penser. Cette expérience était réellement unique, et j'avais peur qu'elle soit altérée avec le temps. Qu'elle devienne comme tous les plaisirs qui deviennent des habitudes; fade. Espérons simplement qu'elle ne le soit jamais, quel gâchis ce serait.

La journée continuait par l'entrainement aux bases du Kendo. Pour le moment, je n'avais eu le droit que de répéter les deux même coups verticaux et horizontaux, en variant seulement leurs rythme et leurs force. Mon père disait que pour s'assoir parfaitement sur un art, il faut maîtriser dans les moindres détail sa base. C'était vrai pour l'Eisei, qui demandait des bases de connaissances et de maîtrise du chakra très poussées; c'était vrai pour le Ninjutsu, qui demandait lui aussi une certaine maîtrise du chakra, mais aussi un savoir poussé de ses affinités élémentaires; ce devait donc être aussi vrai pour le Kendo. Alors je recommençais les mêmes mouvements, encore et encore. J'avais l'impression qu'ils étaient se qu'ils devraient dans l'idéal être, mais il y avait toujours une remarque, un petit quelque chose qui rendait le mouvement imparfait. Pas assez stable, pas assez rapide, trop rigide, pas assez de force... À croire que j'étais le même incapable avec trois jours et prêt de vingt-huit heures à m'entrainer.

Après les exercices de Kendo venaient le temps d'une petite pause avant une passe d'arme entre Yuujin et moi. Il me demandait alors simplement de mettre en pratique les mouvements appris plus tôt. C'était en fait un excellent moyen de contrôler si la leçon était apprise. Si j'étais capable de reproduire avec la même qualité les mouvements appris alors que personne ne m'attaquait, alors c'était un gage d'apprentissage réussit. Dans les faits, j'étais d'ailleurs souvent bien loin de la qualité que j'espérais. Je ne connaissais pour le moment que deux blocages et deux coups. Le "combat" consistait simplement à des allez-retour, où je devais m'efforcer de produire une défense de qualité et des attaques suffisamment parfaites pour obliger mon père à bloquer avec son Bokken. Je n'aurais d'ailleurs jamais pensé qu'il serait aussi doué dans son art. En trois jours, j'avais eu le temps de parfaire la qualité de mes mouvements, ainsi que de varier mes approches. Si je me doutais qu'il attaquait gentiment pour me laisser des portes pour les contre-attaques, je n'aurais jamais pensé qu'en trois jours je n'arriverais pas à lui faire lever son arme pour m'empêcher de le frapper. J'avais l'impression d'être un livre qu'il lisait. Quand j'attaquais, il prévoyais largement le coup, et quand je me défendais, je sentais bien qu'il ne mettait que peu de conviction. C'était rageant, mais instructif, d'autant plus qu'il ne s'arrêtait pas de me faire remarquer les défauts de mes positions.

Suite à cet échange de coup, je devais passais une nouvelle heure à méditer avec lui avant qu'il n'aille rejoindre Kagure à la forge. Je profitais de ces après-midi pour retourner à l'académie où je patientais, traité d'anatomie en main, que soit Yoko, soit Sasaku aient des information à m'apporter concernant la suite de ma formation. L'information était finalement tombée cet après-midi, les nouveaux horaires étaient arrivés et j'allais enfin savoir quand je reprendrais mes cours. Visiblement, mon entrainement matinal avec Sasaku n'était plus de mise, il devait s'occuper d'une autre classe à cette heure, mais il insistait pour poursuivre ce rituel entamé il y a trois ans. Cet entrainement serait donc repoussé à seize heure, soit trois heures après le début de mes cours avec Yoko. Ma journée était désormais bien remplie, et le temps que j'accordais au part avant aux missions de rang D et aux cours de soutiens pour les enfants - ça arrondissait les fins de mois - disparaitrait. Ce salaire était, jusqu’ici indispensable, mais les salaires de forgerons de Kagure et Yuujin étaient désormais suffisant pour combler le trou dans les factures. La boucle se bouclait donc, j'étais devenus un pur étudiant, sans autre travail que celui qui consiste à améliorer ses connaissances et leurs pratiques.

Vendredi matin, sept heure. Les premières lueurs d'une longue journées traversent la fenêtre de la salle à manger où nous mangions en famille. J'avais eu brièvement le temps la veille d'aborder le sujet de la reprise de mes cours à l'académie. Fatigués de leurs journées, mon père et Kagure avaient préféré repousser la discussion de mise à ce matin. Après leurs avoir brièvement expliqué que je ne serais plus aussi disponible qu'avant pour les entrainement, et avoir mentionné au passage ma suppression de revenue, nous avons convenus du fait que la première partie de l'entrainement aurait lieu le matin avec mon père, puis que nous passerions une heure de plus le soir à s'entrainer pour compenser l'heure perdue durant laquelle je devrais aller me faire présentable pour aller à l'académie et aller voir Yoko. Se présenter en cours puant et dégoulinant de sueur, ça fait toujours mauvais effet, même sur les connaissances de longue date. Il était huit heure quand nous sommes arrivé, mon père et moi, à l'endroit habituel où il m'entrainait. Après quelques minutes de méditations, nous allions commencer l'entrainement physique. Ou tout du moins, je le pensais. Yuujin bouscula nos presque-habitudes.

Yuujin - Bon, ça ne fait pas longtemps que nous avons commencer à travailler sérieusement, mais je voudrais te demander ce que tu as retiré jusque là de nos entrainement.

C'était une drôle de question. Trois jours, c'était bien peu pour juger un enseignement, d'autant plus si cet enseignement devait être forgé sur le long terme comme mon père le répétait si souvent.

Akito - Je pense qu'il est un peu tôt pour que j'arrive à soumettre un véritable regard critique.

Yuujin - Je ne te demande pas d'être objectif, dis-moi seulement ton ressenti.

Akito - Et bien... J'ai pas vraiment l'impression d'avoir saisit l'intérêt de la méditation dans le programme, j'ai l'impression de l'apprécier de plus en plus. C'est reposant, comme si je saisissais le moment présent l'espace d'un instant. Après... J'ai conscience de l'intérêt de répéter les bases du Kendo, même si je suis tout aussi conscient du fait que je les maitrise aucunement. C'est le genre d'exercice qui, je suppose, devra être répété encore et encore... Après, concernant nos passe d'arme, ou plutôt mes humiliations en règles... Même si j'apprécie pouvoir me défouler l'espace d'un instant et essayer de mettre en place ce que je travail plutôt dans la journée, j'ai l'impression de ne pas saisir quelque chose. Je pense que c'est un bon exercice pour corriger mes positions, mais si ça ne tenait qu'aux positions, je devrais pouvoir fournir un combat de meilleure qualité.

Pendant qu'il m'avait écouté raconter mon expérience des derniers jours, mon père avait sortit du pipe de son Kendogi. Avant de prendre le temps de me répondre, il tira quelques bouffées de tabac, comme pour prendre le temps de trouver ses mots. Il avait l'air un vieux sage barbu ainsi adossé contre un arbre avec sa pipe.

Yuujin - Tu saisis certaines choses rapidement, ça rend les choses plutôt facile. J'aurais préféré prendre plus de temps pour que tu saisisse certaine chose toi-même, mais si tu dois reporter ton attention à la fois sur l'académie et sur nos entrainement, tu risque de ne pas t'en sortir. Je pense que je vais devoir t'expliquer la raison qui me pousse à te faire méditer matin et soir. Tout d'abord, revenons sur nos combats du soir.

Mon père dira une nouvelle fois sur sa pipe, comme pour garder le suspens intact, puis repris la parole.

Yuujin - Il est évident que j'ai une certaine facilité à dominer, il est question d'expérience, mais l'expérience seule ne fait pas tout. En trois jours tu as pu améliorer un minimum tes positions, aussi tu aurais du commencer à équilibrer la balance de force du combat, même un petit peu. J'ai l'expérience, mais tu as la vivacité, et avec la technique que tu améliore petit à petit, tu aurais du réussir à me faire lever mon Bokken au moins une fois. Devine-tu pourquoi tu n'y arrive pas?

Akito - Parce que tu lis en moi comme dans un livre ouvert. Mais je ramène ça à l'expérience.

Yuujin - C'est là que tu as tord. J'arrive à lire en toi comme dans un livre pour deux raisons. D'une part, tu t'encombre de pensées inutile. Il est normal que tu reste concentré sur tes positions, si ce n'est que pour les maitriser, mais tu pense aussi à ta journée, à ce que l'on fera demain, à ce que ton frère doit faire en ce moment; bref, tu penses trop. C'est la première conclusion auquel j'aurais aimé que tu arrives. Quand tu médite, tu dis toi-même que tu arrive à ne faire que te concentrer sur le moment présent. C'est une leçon qui devrait être commune à tous les guerriers, quand vient le moment de combattre, il faut oublier tout le reste. Ça embrouille l'esprit, et on peut lire en toi plus facilement.

Akito - ... Je pense comprendre, même si j'ai du mal à m'imaginer méditer du pleine passe d'arme...

Yuujin - On y reviendra quand on travaillera là-dessus. Le second problème que tu as, c'est que tu focalise ton attention sur un aspect du combat à la fois. Tu pense à corriger ta position, puis tu regarde la manière dont je tiens mon sabre, puis tu vérifie que tu as bien gardé tes distances... Il faut que tu arrête de regarder le particulier pour simplement voir l'ensemble. Voir ce que tu regarde. Comme devant un paysage. Tu le regarde dans son ensemble sans t'arrêter sur chaque détail individuel.

Cette réflexion sonnait creuse dans ma tête. Si je ne me concentrais pas sur l'un ou l'autre aspect du combat, j'avais tendance à retomber dans le premier travers que mon père avait cité. Comment pouvait-on à la fois focaliser son attention sur le combat sans pour autant se cantonner à fixer un aspect ou un autre. C'est comme de regarder un paysage, mais en s'obligeant à ne pas s'attarder sur le moindre objet.

Yuujin - Pour le moment, évites de ruminer trop ce que je t'ai dis. Garde le en tête pour nos échanges de coups, mais ne te focalises pas là dessus. Pour l'instant j'ai un exercice pour t'aider dans un premier temps à te concentrer sur l'instant présent, et dans un second temps à ouvrir tes perceptions. Quand tu maitriseras cet exercice, tu devrais pouvoir plus facilement respecter les conseils que je t'ai donnés.

Mon père posa sa pipe sur le sol puis se leva. Les deux points fermés, quelques pouces de sa ceinture, il ferma les yeux comme pour méditer. Une seconde puis deux passèrent avant qu'une bourrasque de chakra ne vienne me gifler. Elle émanait du corps de Yuujin.

Yuujin - Cette technique demande de gérer un flux constant de chakra vers ses muscles. En un sens, elle ressemble à une séance de méditation. Au lieu d'écouter ton environnement, tu écoute ton corps et tu agit en conséquence, sur le moment. Je t'ai vu utiliser du chakra pour guérir tes bleus, tu devrais pouvoir réussir sans plus d'instruction, non? Alors au travail.
Kuroko Hokufû
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MessageSujet: Re: La voie du sabre   Mer 6 Juin - 15:35

- Frères -
"La voie du sabre" - V



Après avoir demandé quelques conseils supplémentaires, j'ai décidé que le mieux pour moi était d'essayer de reproduire la technique en position assise, comme pour méditer. J'avais déjà lu quelques brides de textes concernant la concentration de chakra - car s'en était une - à l'académie, mais comme souvent avec les rouleaux de l'académie, les instructions n'étaient pas claires. L'idée que mon père connaisse des techniques de Ninjutsu réveillaient bien des questions en moi. Enfant, je n'avais probablement rien remarqué, mais désormais plus adulte, je percevais des zones d'ombre dont un cuisinier ou un forgeron ne saurait se justifier. Néanmoins, il n'aurait servit à rien d'entamer une discussion sur son passé à ce moment précis. D'une part parce qu'il aurait certainement contourné la conversation, et d'autre part parce que je mettais pour le moment mon entraînement à une priorité plus grande que la résolution des secrets de famille.

Assit en lotus et les deux poings aux contact, paume vers le haut, je pouvais fermer les yeux pour me replonger dans ma bulle. Les quelques heures de séances de méditation dont j'avais profité m'avait donné une marche à suivre pour effectuer l'exercice correctement. Étant de ceux qui n'arrivent pas à museler correctement leurs esprits, j'ai rapidement du apprendre à contourner mes problèmes de concentration. Je suivais systématiquement trois étapes. La première était simplement un exercice de relaxation. Muscle après muscle, je relâchais tout mon corps pour pouvoir méditer correctement. Suite à ça, je fixais généralement mon attention à un son ou une odeur qui m'environnait. C'était depuis là que je me détachais gentiment de l'objet pour en saisir plusieurs à la fois, et ainsi de suite jusqu'à ne plus rien ressentir d'autre que le moment présent. Comme si l'on arrivait à saisir tout ce qui nous entoure sans pour autant y attacher une importance particulière. Un instant j’entendais un son qui me plaisait, puis l'instant d'après je l'oubliais pour ne pas perdre ma concentration. C'était alors que j'arrivais à ne plus penser à rien. La sensation ressentie est assez étrange, car on ne se rend compte que l'on est dans cet état, que lorsqu'on le quitte.

La concentration de chakra devait suivre un processus similaire à la méditation, parce qu'elle demandait de focaliser son attention à la fois sur un objet, et à la fois sur beaucoup d'autre. Tout d'abord chaque muscle susceptible de se gorger de chakra le temps de la technique, mais en même temps rester pleinement conscient du monde qui nous entoure. En un sens, c'était comme d'essayer de lire deux livres en même temps. Il fallait se concentrer pour saisir le sens du premier, sans lui céder plus d'attention qu'au second. La principale difficulté à mes yeux, c'était de malaxer le chakra pendant l'exercice. S'il n'avait été question que de se doper de chakra l'espace d'un instant, ça aurait été presque facile; mais l'exercice demandait de pouvoir maintenir le flux de chakra tant que la technique agissait. Même si j'avais déjà expérimenté ce genre de technique avec la régénération, j'avais l'impression de porter l'exploit à un niveau supérieur. Simplement parce que là où j'attachais ma concentration à une blessure à la fois, je devais désormais reporter mon attention sur tous les muscles de mon corps.

Après quelques minutes - ou quelques secondes, je ne saurais le dire - j'ai décidé d'essayer une première fois d'effectuer le Ninjutsu du jour. Toujours assit et les yeux clos, j'ai laissé une vague de chakra s'emparer de mon corps, le gorgeant d'énergie. J'avais la sensation d'avoir réussit à imiter quelque chose de potable, mais je restais pleinement conscience que j'étais totalement immobile, et presque coupé du monde extérieur. La seconde étape de l'apprentissage de cette technique, allait s'apparenter à de la méditation debout, les yeux grands ouverts. J'ai commencé par vouloir me relever. Se déplacer tout en gardant mon degré de concentration intact était quasiment impossible. Je sentais quelque part au fond de moi que je n'arrivais plus tout à fait à saisir tout ce qui se passait autour de moi. Puis en ouvrant les yeux, j'ai définitivement quitté cette sensation d'appréhension du moment présent. Si je voulais continuer à produire du chakra et à en dépenser dans mes muscles, je devais perdre un degré de méditation. C'était comme de revenir sur la terre ferme après un long voyage. On aurait aimé pouvoir continuer à voir le monde d'en haut, mais on ne peut plus le voir que depuis nos propres yeux désormais.

Yuujin - Quelle vitesse d'apprentissage! On a un nouveau génie dans la famille dites-moi. Essaye de maintenir cette technique aussi longtemps que je peux, tu vas faire des exercices physique. Ça éprouveras ta concentration.

Akito - Ça ne changeras pas les défauts que tu me reprochais plus tôt. Je suis tellement concentré que j'vais pas pouvoir faire correctement tes exercices.

Yuujin - Je sais. Mais le seul moyen d'améliorer ta concentration, c'est de la mettre à l'épreuve. Cet effort que tu fournis maintenant, il va falloir qu'il empiète de moins en moins sur ta concentration, jusqu'à devenir un simple objet d'attention parmi tous ceux auquel tu prête attention. La surcharge de chakra dans tes muscles devrait te rendre soit plus fort, soit plus rapide. Quand viendra le temps, on essayera de te faire travailler la nature de ton chakra pour que tu puisse déterminer lequel des deux aspects tu veux utiliser. Commençons par un simple bunkai. J'attaque deux fois, tu attaques deux fois. À toi de varier la vitesse et le rythme. Quand tu auras réussit à balayer ma garde ou à me prendre de vitesse, on arrêtera.

L'exercice commença sur le champ, mon père enfonçant son poing dans mon torse sans me laisser le temps de me mettre en garde. La douleur me fait reculer et perdre l'espace d'un instant mes repères. Ce que je craignait qu'il arrive est en train de se produire : mes pensées sont tellement tournées vers mon jutsu que j'ai du mal à reprendre mes positions, laissant un énorme trou dans ma garde où mon père vient placer un autre poing. J'ai l'impression que mon torse vient de se faire écraser par un cheval. Qu'on se le dise, ça n'est pas vraiment agréable. Vient mon tour de frapper, me laissant le temps de prendre position et de me concentrer. L'énergie que dégageait mon père démontrait qu'il était lui-même en train de profiter de la concentration de chakra. Comme il le disait, il y avait deux utilisation à la concentration de chakra, celle qui se focalise sur la vitesse, et celle qui se focalise sur la force. Trouver celle que Yuujin utilisait me permettrait probablement de mettre au point une stratégie d'attaque efficace. En attendant de trouver ce qu'il me fallait, je me contenterais de frapper simplement en maintenant du mieux possible la technique. Mon endurance me le permettrait certainement.

Deux foulées me permettent de me rapprocher suffisamment de mon père pour être certain de le toucher s'il ne me bloque pas. Sa bedaine et ses gros muscles de forgerons trahissaient à la fois sa force naturelle, mais aussi mon manque d'agilité. S'il réussissait à s'écarter suffisamment de moi pour remettre de la distance entre nous, il devait certainement profiter du chakra pour s'accélérer. Le poing d'encrage de mon attaque sera son bas-ventre. D'abord parce qu'il est plus difficile pour quelqu'un de sa carrure de contrer les attaques basses d'un plus petit que soi, et aussi parce que c'était la cible la plus simple à viser - énorme comme il était -. En visant sa tête, s'il avait eu un tant soit peu de réflexe, mon père aurait pu esquiver l'attaque de justesse sans pour autant nécessairement profiter d'une vitesse accrue par le chakra. Je frappe, et il esquive presque gracieusement l'attaque. C'est son agilité qui profite de la concentration de chakra.

De manière habituelle, j'aurais certainement simplement continué de frapper en concentrant mes efforts pour ne pas laisser le temps à mon adversaire de se défendre correctement, mais après simplement quelques secondes à penser au meilleurs coup à faire, j'avais presque entièrement relâché ma technique. S'habituer à pouvoir penser à deux choses simultanément était un exercice bien plus compliqué qu'on aurait pu le croire. L'entrainement dura deux bonnes heures durant lesquelles à chaque assaut je prenais un peu plus d'assurance. Les coups étaient souvent les mêmes, mais ils ne m'empêchaient pas de maintenir à un niveau correct la technique. J'ai par ailleurs compris durant cet échange de coups que ma concentration de chakra était du type "force" : mes frêles bras n'auraient normalement pas pu détourner aussi facilement les puissants muscles de mon père quand il envoyait son bras me frapper. Et pourtant j'arrivais sans mal à le battre - ou tout du moins à l'égaler - dans ce duel de force brute. Je commençais doucement à pouvoir varier les approches de mes attaques quand mon père stoppa notre affrontement alors que je n'avais toujours pas remplis ses conditions de victoire.

Yuujin - Ça fait quelques minutes que tu continue de frapper toujours plus fort tout en variant tes angles d'attaques et en stoppant les miens. Ça ne sert à rien de te pousser plus loin.

Akito - Mais j'ai encore de la réserve...

Yuujin - Mais moi, sous mes apparences de jeune homme sexy, j'ai quelques bonnes années de plus que toi je te rappelle. Je suis fatigué de te faire travailler quelque chose que tu commence à suffisamment bien maîtriser. D'autant qu'il est presque l'heure pour toi d'aller retrouver tes camarades d'académie. T'as intérêt à leurs montrer comment t'es devenu super fort avec tout ce que tu m'as fait suer!

Un sourire vient étirer mes lèvres, joyeux que j'étais d'avoir enfin réussit quelque chose en trois jour. Enfin, quelque chose d'autre que de s'assoir sur une souche pour méditer. L'exercice était d'un tout autre niveau, et il m'avait - j'osais l'espéré - fait grimper à un tout autre niveau.

Akito - Alors reposes-toi Oyaji, parce que demain je compte te faire au moins autant suer qu'aujourd'hui.

Yuujin - Demain tu méditeras, ça me reposera; fils d'imbécile!


- Demande de validation : Chakra no Shuchu - Concentration de chakra -
Daiisu Aisu
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MessageSujet: Re: La voie du sabre   Lun 25 Juin - 14:47

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