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 Mû [ Fini ]

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MessageSujet: Mû [ Fini ]   Dim 15 Avr - 3:39

Nom : Aucun/Inconnu

Prénom :

Âge : 17 ans

Village/Fonction : Voyageur/Chasseur de primes

Grade souhaité : Faible

Kekkai Genkai souhaité : Aucun

Affinité : Raiton

Description physique : Aux alentours d'un mètre quatre-vingt cinq, au teint mat voire foncé selon la période de l'année, il exhibe fièrement une tignasse noir de jais, aux reflets rouges au soleil.
Ses yeux ( aux iris ambre ) perspicaces et plein de malice font écho à un sourire bienveillant quasi-permanent . Ses muscles sont bien déssinés, sans pour autant être sur-dévellopés. Qu'importe sa tenue, il porte tout le temps à la ceinture deux sabres, l'un sobre, classique, et l'autre unique jusqu'au fourreau, en saphir. La seule ombre au tableau est une marque de brulûre le long de son bras droit, qui s'estompe à force de s'étendre, jusqu'à s'arrêter au niveau de son cou. Cette marque est couverte par ses gantelets lorsqu'il combat.


Description psychologique : Assez étrange au premier abord, il semble quasiment tout le temps en pleine réflexion. Néanmoins, il s'avère très sympathique et poli à ceux qui osent faire le premier pas ( qu'il ne fait que très rarement, par timidité ou peur du rejet ), et très loyal envers ceux qu'il considère comme ses amis. Il masque généralement ses sentiments , usant beaucoup du cynisme et de l'auto-dérision pour faire face aux questions gênantes ou à la colère des autres. Il cherchera de manière générale à calmer le jeu, à apaiser les esprits et à réfléchir à l'issue qui satisfera le plus grand nombre de personnes avec le moins de désavantage possible, quitte à faire sacrifice de soi, à de nombreuses reprises. Néanmoins, sous le coup de la colère, de l'euphorie ou de la tristesse, il peut facilement céder à l'excès et à l'empressement , preuve que malgré sa relative maturité, il reste un adolescent comme les autres. En un mot : imprévisible !


Où j'ai connu Ryoma : J'ai récemment eu envie de reprendre le RP Naruto après avoir laché pendant un loooooooooooooooooooooonnnnng moment ! Après une recherche google je suis tombé sur ce fofo tout bien présenté , et puis le fait que le background ne se place pas dans l'univers de Naruto tout en empruntant les éléments fondamentaux m'a bien plu. Et puis la qualité ( limite effrayante ) du RP des membres est (très très) très appréciable. C'est un peu tout ça qui m'a donné envie de rejoindre votre petite communauté Smile


Histoire :[/font]

A - Une porte ouverte à tous


??? - «  C'est vraiment triste. Pas un mot, pas un nom, rien. »
??? - «  Quoi, t'attends un roman chaque fois qu'une pauvresse laisse son enfant à nôtre porte ? »
??? - «  Tu ne te rends pas compte . Si je ne rentrais pas du marché à ce moment, elle allait le laisser là, nu, dans ce froid. C'est pourtant pas compliqué de toquer ! »

De ses grands yeux émeraudes se dégageait un mépris pour cette inconnue qui venait tout juste d'abandonner un nourrisson si frêle. Comment pouvait-on se débarrasser de son propre enfant ? Ça la dépassait totalement. Heureusement qu'elle, elle était là.
Elle avait ouvert cet orphelinat pour se rendre utile, pour prendre de soin de ceux qui, comme elle, avaient été rejetés par leurs géniteurs. Les gens du coin l'appelaient « La petite au grand cœur ». Keiko se donnait du mal pour que ses petits protégés puissent grandir dans les meilleures conditions. Elle avait investi tous ses biens personnels dans une petite échoppe, qu'elle avait totalement transformée pour en faire un lieu de vie décent.

L'argent n'était pas un problème , même si les autres habitant de la bourgade ne se doutaient absolument pas de sa provenance. Les rumeurs les plus folles circulaient d'ailleurs sur ce sujet, certains affirmant qu'elle était la joueuse de Pachinko suspicieusement chanceuse qui avait mis sur la paille le casino du coin ; d'autres encore prétendaient l'avoir vue en compagnie d'Ishida Nomura, un homme d'affaires riche, très riche.

Mais la vérité était tout autre : si elle était effectivement au casino lorsque celui-ci fut « braqué » par Miss Triple Sept , c'était uniquement parce que son amie la plus proche lui avait conseillé de s'aérer l'esprit au lieu de tout le temps s'occuper de ses petits ; si Mr. Nomura l'avait effectivement raccompagnée tard ( un soir de pleine lune après un diner aux chandelles selon les commères locales ), c'était uniquement parce qu'il souhaitait adopter un des enfants.


B - Une grande famille


Malheureusement ( bien qu'une partie de Keiko en fût soulagée ), cela n'aboutît à rien, et ils restèrent ensemble encore longtemps ; elle, Mei, la vieille sage femme qui l'aidait comme elle le pouvait, et les trois « gosses ». Elle avait décidé de leur laisser leur nom de famille, pour qu'ils gardent leur racines , même si elle les considérait comme sa propre descendance.

Ayumi Ûshita était la plus petite, mais également la plus énergique. Avide de connaissance, elle passait ses journées à s'abreuver dans les livres que ne pouvait lui refuser Keiko. Toujours souriante, ses cheveux d'un blond éclatant et ses yeux d'un vert vif faisaient d'elle le portrait craché de sa bienfaitrice, a tel point que beaucoup pensaient qu'elle était sa fille biologique.

Jin Tekurei était l'aîné , le plus responsable des trois. Il essayait tant bien que mal d'aider Mei lors des absences de Keiko, en aidant au tâches ménagères , en contenant les tensions, en amusant les deux autres , ect . Peintre à ses heures perdues, ses talents d'artistes ainsi que ses traits physiques avantageux lui attirèrent rapidement les faveurs de nombreuses jeunes filles du coin, et il n'était pas rare de le voir changer de « moitié » d'un jour à l'autre.

Le dernier n'avait pas de nom, sa mère l'ayant laissé sur le palier pour fuir sans jamais se retourner. Keiko , assez peu inspirée , avait décidé de l'appeler . Sans raison particulière, simplement parce qu'elle trouvait que cela lui allait bien. Avec son teint mat, ses cheveux rouges très foncés et sa grande taille pour un adolescent , il avait vite fait de se démarquer des autres enfants ; ceux-ci étaient d'ailleurs de manière générale soit impressionnés soit jaloux de lui, ce qui explique qu'il n'eût que peu d'amis bien qu'il fût le plus sympathique possible à leur égard.
Ses proches admiraient son esprit vif , mais les autres le voyaient comme un fainéant impossible à cerner , tout le temps absent. Il est vrai que Mû rechignait à la tâche, et très souvent il lui arriver de sécher une journée de cours à l'école locale pour observer les nuages ou les animaux qui venaient se restaurer à la rivière derrière la rue qui bordait l'orphelinat. Il appréciait le calme de la nature et ne se lassait pas de la quiétude que lui offraient ces moments.

Grand mélomane, il savourait les chants des oiseaux venant se mêler aux fréquents cliquetis des gouttes de pluie, se heurtant à l'eau déjà présente , dormant dans son lit : il appelait ceci sa « symphonie naturelle » ; mais si il y avait bien quelque chose qui le fascinait plus que tout parmi les différents aspects de dame nature, c'était bien la foudre . Il avait pour la foudre une admiration presque hypnotique : une puissance absolument pure, soumettant tout par son bruit, à laquelle on ne peut échapper, et qui malgré sa dangerosité , apporte une lueur lorsque même les nuages se teintent d'obscurité.

Bien sûr, lorsqu'il revenait à la maison, il se faisait sermonner, mais cela ne durait pas bien longtemps. Et puis il avait appris à prendre un air abattu et qui montrait qu'il avait compris la leçon pour l'écourter. Il savait également prendre un ton enjôleur qui empêchait Keiko et Mei d'être vraiment en colère contre lui, un ton qu'il avait appris en écoutant Jin parler à ses amies ; d'ailleurs, celui-ci ne pouvait s’empêcher d'esquisser un sourire à chaque fois qu'il entendait son cadet utiliser ce ton, reconnaissant la moindre de ses intonations dans le discours de Mû. Ce dernier faisait ensuite lire à sa « petite sœur » les vers que lui avait inspiré ce qu'il avait vu, pour qu'elle le corrige et lui donne son avis.

Ainsi allait sa vie. Il y avait des jours où des familles venaient les voir, mais le trio s'arrangeait toujours pour être le plus détestable possible , expérimentant à chaque fois une nouvelle manière de faire fuir les visiteurs. Cela les amusait beaucoup, mais Keiko ne décolérait pas de plusieurs jours, et Mei les fixait avec ses yeux les plus sévères. Les deux adultes, au fond d'elles, remerciaient les enfants de leur attitude, mais elles voulaient qu'ils trouvent une famille qui puisse les accueillir et les élever comme ils devraient l'être. Le calme avant la tempête dirait-il aujourd'hui, un sourire mélancolique aux coin des lèvres.


A suivre


Dernière édition par Mû le Sam 21 Avr - 17:50, édité 6 fois

MessageSujet: Re: Mû [ Fini ]   Lun 16 Avr - 21:15

C - Un présent inestimable


C'est le cinquième jour qui suivit son seizième anniversaire que sa curiosité concernant les absences répétées de Keiko fût satisfaite. Il avait depuis longtemps prévu de la suivre, mais elle démasquait ses plans à chaque fois, et toujours avec ce sourire bienveillant, lui rappelait qu'il ne devait pas rester éveillé durant la nuit, et qu'il était impoli de suivre les gens. Il faisait mine de l'écouter à chaque fois, mais ne pouvait s'empêcher de la regarder s'éloigner par la fenêtre, lorsque la lune daignait lui prêter sa lumière pour y voir clair dans les ténèbres ; mais cette fois-ci, c'était différent : les nuages étaient lourds , la pluie battante, les autres ne le sentaient peut-être pas, mais quelque chose allait se passer cette nuit, il le savait. Jin aussi le sentait, c'est pourquoi il ne dit rien lorsque lui exposa son envie de suivre Keiko, et que lui devait rester pour veiller sur Ayumi et Mei.

Jin-  «  Attends , lui dit-il en le retenant par le poignet, prends ça . »

Il lui lâchât le bras pour pouvoir ouvrir avec ses deux mains un coffre, dont avait toujours pensé que la seule utilité était le stockage de peintures. Effectivement, il vit plusieurs rangées de fioles contenant des couleurs dont il n'avait jamais soupçonné l'existence, des dizaines de variations de la même teinte qui apparaîtraient aux yeux d'un néophyte comme dépense bien peu utile : pourquoi avoir autant de fois le même rouge ? Mais ce n'était pas ce que Jin voulait lui donner. Il dût se pencher à tel point que son épaule était à l'intérieur du coffre : il cherchait à tâtons, du bout des doigts, quelque chose qui devait être coincé entre les rangées. Il en sortit un sabre magnifiquement orné , à la garde ronde, au fourreau d'un bleu saphir envoûtant, et dont la courbe parfaite ne laissait aucun doute sur le prix exorbitant de ce chef d’œuvre. en eût le souffle coupé .

Jin - «  Cadeau. »

- « T'es dingue ! Où est-ce que … »

Jin - « Fille d'un des maître d'armes du daïmyo. Longue histoire. Je te le raconterais, répondit-il au visage interrogateur de , quand tu RE-VIEN-DRA ! »

- « Pourquoi tu me donnes ça , lui demanda-t-il avec un sourire gêné, c'est pas comme si je savais m'en ser … »

Jin- « A d'autres ! Tu crois vraiment que je ne t'ai pas vu , sur les bords de la rivière ? T'as du talent pour ça. En tout cas plus que pour la chanson, lui lança-t-il narquoisement . »

- « Enf ... »


Il levait un poing vers les côtes de son aîné, alors que celui-ci avait déjà mis une main pour couvrir sa bouche et une autre dans ses cheveux.

Jin- « Chut ! Tu vas réveiller Mei si tu continues. Prend le, juste au cas où. Si c'est Keiko qui t'a appris ce que tu sais, c'est qu'il y a quelque chose de louche derrière ses petites entorses au couvre-feu. Pars tout de suite, la pluie efface vite les traces de pas. Et si tu vois quoique ce soit de dangereux ou de suspect , tu reviens içi et tu m'en parles. Compris ? Ne vas pas jouer au héros juste parce que je t'ai donné un bout de métal. »

Malgré son sourire moqueur habituel, voyait de l’inquiétude dans le regard de Jin. attacha sur son dos le sabre de manière à pouvoir le dégainer rapidement en cas de danger, sans pour autant affecter sa course ou sa capacité à grimper. Il n'avait qu'à mettre sa main sur la poignée et à tirer. Le mouvement était fluide, naturel, comme si l'arme avait été forgée pour lui.
Il donna une petite tape dans la main de Jin , puis le regarda droit dans les yeux, avec la confiance de ceux qui savent que leur entreprise est vouée à la réussite. Il espérait ainsi apaiser les doutes dans l'esprit de son frère. Il enleva ses chaussures pour faire moins de bruit et, tout en marchant sur la pointe des pieds, prit dans sa chambre sa veste à capuchon : ce n'était pas une petite bruine , mais bien une pluie torrentielle qui s'écoulait ce soir là. Prenant soin de ne pas la réveiller, il entrouvrit la porte de la chambre de sa petite sœur. Elle dormait profondément. Attendri et apaisé, il allait continuer et descendre au rez-de-chaussée lorsqu'il entendit une voix et aperçut des lumières en bas de l'escalier …

Mei - «  … trois cierges , un feu en ton nom , que son chemin soit sûr … »

C'était bien la première fois qu'il voyait Mei , une ex-sage femme, slash, nourrice, imposante et forte, si pâle et faible. Il avait raison, son instinct ne pouvait pas se tromper. Il voulait aller la réconforter, mais il n'en avait pas le temps. Il décida de repartir vers sa chambre, et de sortir par la fenêtre.


A suivre

MessageSujet: Re: Mû [ Fini ]   Lun 16 Avr - 21:31

D - Chaque goutte n'est qu'un souvenir glissant
Un saut. Des traces. Un chemin à peine éclairé. La pluie battante et glacée qui s'abat contre ses mains et ses tempes à travers la capuche. L'odeur mélangée d'humidité et de terre. Le typhon de bruits , tous plus inquiétant les uns des autres . Malgré tout ceci, n'aurait pas pu être plus excité qu'en ce moment. Ce sentiment de liberté interdite, c'est ce qu'il cherchait depuis longtemps, sans s'en être vraiment rendu compte. Un fauve traquant sa proie, non pas pour la dévorer, mais pour l'espionner, et si besoin est la sauver.
Il avait depuis longtemps dépassé les champs avoisinant sa petite bourgade, et s'enfonçait au cœur d'un des monts si caractéristiques du pays de la foudre. Guidé par des traces de pas régulières et qu'il aurait pu reconnaître parmi des centaines, il laissait son esprit divaguer. Son mauvais pressentiment était toujours présent, mais fortement atténué par le plaisir sans pareil que lui apportait cette chasse. Se faufilant parmi les allées d'arbres exiguës avec agilité , l'obscurité lui permettait de se défaire rapidement des prédateurs de la chaîne alimentaire de cette montagne, de toute façon trop fatigués et trop lourds pour le suivre.

Ce n'était que grâce à ce que lui avait appris Keiko qu'il pouvait aller aussi vite ; cela avait commencé anodinement : elle portait un plateau jusqu'à la chambre d'Ayumi ( la petite, malade, ne pouvait pas se joindre au dîner ) alors que lui se penchait pour ramasser la plume qui venait de lui échapper des mains ; il s'était préparé à recevoir un bon coup de genou sur le front, mais dans un mouvement instinctif et paradoxalement très gracieux, la jeune femme l'esquiva sans problèmes , dans un couloir pourtant très étroit.
Il en fut littéralement ébahi, lui qui d'habitude était si détaché de tout. Keiko dût y voir une chance de le faire finalement s’intéresser à quelque chose sérieusement et, à partir de ce jour , lui donna régulièrement des «  cours de gymnastique ». Elle s'en servait même pour le forcer à aller en cours et à maintenir un niveau correct, sous peine de sauter la prochaine séance.

Son physique athlétique et ses capacités d'apprentissage l'aidaient à maîtriser facilement les bases qu'elle lui enseignait, des bases qu'il utilisait désormais pour se déplacer de branche en branche ; tant et si bien qu'elle dût passer au niveau supérieur rapidement pour ne pas le lasser : elle s’attelât donc à lui transmettre ses techniques de fine-lame, acquise au prix d'un « entraînement » et « d’efforts » en quantité selon ses dires.
Il la suspectait toujours d'avoir pratiqué son art ailleurs qu'à l'entraînement, ses gestes étant trop parfait pour n'être nourris que de théorie ; mais il savait que s'il amenait le sujet sur le tapis, cela se conclurait par la fin immédiate de l'entraînement.

S'il chérissait tant ces leçons, c’était tout autant pour l'impression de puissance qu'il avait après avoir appris un nouveau mouvement que pour le simple fait de posséder une part de Keiko en lui. Elle lui avait sauvé la vie, et il considérait que d'assimiler et d'amener au plus haut niveau ce qu'elle avait à lui apprendre était la meilleure manière de lui prouver son affection et son remerciement : Ayumi la rendait fière en étant un petit génie, et Jin la faisait rire aux éclats avec toutes ses histoires et l’émouvait de par ses toiles ; lui qui n'avait ni nom, ni passion, et qui était plutôt transparent, pouvait enfin la rendre fière. La rendre fière d'être sa mère.

- «  Ahhh ! Put … » 

A suivre

MessageSujet: Re: Mû [ Fini ]   Mer 18 Avr - 0:56

E - Lune ocre


Il se reprit vite et , comme çi cela annulait l'exclamation qui venait de lui échapper, mit ses mains devant sa bouche. Ce réflexe enfantin lui fit perdre équilibre, et il se rattrapa de justesse en serrant la branche sur laquelle il était debout une seconde avant entre sa cuisse et son mollet. La force du mouvement dégainât le sabre qui se mit à lentement glisser de son fourreau . Il eût juste le temps de le rattraper au moment où la pointe était exposée à l'air libre.

- «  Fyouu … »

Il attrapât la branche juste en face de lui et s'en servit pour se remettre sur pieds. Son coude était douloureux et saignait quelque peu, mais ce n'était qu'une blessure superficielle. Néanmoins il craignait que l'odeur du sang n'aiguise la faim des loups, des ours et autres sangliers qui résidaient en ces lieux.
Il s’arrêtât pour essuyer sa plaie , et en profita pour observer le sol. La pluie avait finalement fait son œuvre, et il ne pouvait plus compter sur les traces de pas pour localiser Keiko, ou qui qu'il eût suivi depuis le début. Assis sur la branche, il essayait d'analyser les environs, à la recherche du moindre petit indice.

Plusieurs minutes passèrent et il était sur le point d'abandonner quand il vit du mouvement dans les buissons , aux pieds des arbres avoisinant. Son mauvais pressentiment reprenait le dessus. Et si il s'était trompé depuis le début ? Si le danger imminent était pour lui , et non pas pour Keiko ? Il s'accrocha à l'arbre de manière à s'éclipser du champ de vision de la créature du buisson, quelle qu'elle soit , et scrutait sa direction d'un regard inquiet.
Un bout de museau en sortit .

Puis il put distinguer du orange et du blanc. Un renard, un simple renard. L'animal était éclairé par une pleine lune magnifique, et semblait étrangement apprécier la pluie qui ruisselait sur sur son beau pelage.
fût soulagé, mais ce ne fût que de courte durée.

Quand il descendit de l'arbre pour admirer de plus près la bête pas si sauvage , il s'aperçut qu'elle était tachée de sang, sur tout le dos, alors qu'elle n'était elle-même pas blessée. Elle profitait sans doute de l'averse pour se nettoyer. Il regarda la gueule du renard, mais pas de sang ici. Il n'avait pas de réelle explication, mais ne pouvait pas imaginer que le sang était arrivé tout seul ici. Il essayait de penser à toutes les alternatives, même si le pire scénario restait tapi dans son esprit.

Le cœur serré, il continuât à avancer, une main crispée sur la poignée du sabre, «  juste au cas où », et l'autre sur le sol, pour l'équilibre. Un sol humide, froid et pâteux. Sa main s'enfonçait dans la boue comme dans des sables mouvant, et l'obscurité l’empêchait de distinguer la terre des déjections de la faune locale. Il pût tout de même trouver une flaque dans laquelle se purger ses doigts souillés, mais l'odeur était tenace.

Quelques mètres plus loin, il vit le même renard que plus tôt, toujours en plein bain de minuit, réalisant qu'il avait fait demi-tour sans le faire exprès. Il n'avait de toute façon rien trouvé, et n'avait plus aucune piste. Il avança vers l'animal pour le caresser ; mais si celui-ci s'était laissé approché sans crainte plus tôt, cette fois-ci, s'enfuit, les oreilles dressées. Faisant une petite moue, s'approcha de l'arbre duquel il était descendu pour faire le chemin inverse …

??? - « Trouvez moi cet enfoiré ! »

MessageSujet: Re: Mû [ Fini ]   Mer 18 Avr - 2:58

F - La première défaite est toujours la plus dure à accepter ...


Un voix rauque, pleine de rage, venait de faire voler en éclat le calme relatif de l'endroit. Mû discernait désormais clairement les pas ( ou plutôt, les explosions provoquées par la marche lourde) de plusieurs hommes, au moins deux. Ils se rapprochaient. « Cet enfoiré » ? Venaient-ils pour lui ?

??? - « Si on le retrouve pas, on est foutus ! »

Ils étaient tout proches, furieux, et à la poursuite de quelqu'un. Même si il ne le voulaient pas lui, il fallait se cacher , à tout prix. Il ne voyait pas une seule cachette convenable, et la peur le tétanisait. Il s'accroupi dans les buissons dont il venait de sortir, essayant tant bien que mal de se dissimuler.

Il les vit arriver : ils étaient au nombre de quatre, mais ils n'aurait pas eu moins peur si ils n'étaient que deux, tant les deux hommes qui avaient pris parole avaient une présence écrasante, effrayante .

Le premier aurait pu être banal s'il n'avait pas tant de cicatrices : sur les bras, le visage , on pouvait même en distinguer certaines sur le haut de son torse, sa veste ne protégeant pas sa gorge. Il cherchait dans l'obscurité, jetant des coups d'oeils frénétiques dans tous les coins, comme si ce qu'il voulait pouvait se matérialiser d'un moment à l'autre , n'importe où autour d'eux. Sa rage était palpable, et presque chacun de ses muscles faciaux était mobilisé pour entretenir cette expression de colère volcanique, pourprant ses joues un peu plus à chaque mot prononcé, sans doute des insultes, à voix basse.

L'autre était un géant , d'au moins deux mètres dix ; ses muscles menaçaient de faire céder la peau qui les retenait à chacun de ses mouvements. Il portait sur son dos un hachoir de boucher au proportions gargantuesques ; son torse et ses bras étaient protégés chacuns par une plaque de métal adaptée à la zone couverte. Mû pouvait déceler des traces de nombreuses traces de lames sur ces plaques.
Mû , qui sentait déjà que le sabre entravait , même si ce n'était que dans une infime mesure, ses mouvements, ne le comprenait pas.

??? - « Il a pas pu aller loin, vu comment on l'a mis en lambeaux. On se sépare. Karu, vas à gauche, aboya-t-il . Toi et lui, repartez vers le QG et assurez vous qu'il n'y s'y cache pas. Fouillez tout, ce salaud sait se faire discret ! J'irais à droite. »

- [ Le petit donne les ordres , donc le grand doit être Karu. Faut que je rentre vite … mais si je bouge maintenant, je vais me faire cramer . Merde , merde, merde ! Je fais quoi … ]

Sa dernière pensée le mit en colère contre lui-même .

- [ Non, je rentrerais quand je l'aurai trouvée. En attendant … J'pourrais suivre les deux qui retournent vers leur base, puis les neutraliser avec l'effet de surprise. Allez …]

Il inspira un bon coup, puis compta chacun des pas du commandant pour renforcer sa concentration. Ces pas lourds ne correspondaient pas à son physique, mais , une fois de dos, Mû vit qu'il était blessé, entaillé violemment sur tout l'arrière de la jambe , et qu'il y avait plusieurs taches rouges de taille non négligeable sur ses vêtements.

Une fois que les deux plus effrayants furent loin, Mû re-grimpa dans l'arbre puis se mit à suivre les subordonnés. Ils n'étaient pas difficile à suivre, plutôt lents : il aurait sans doute pu les battre tous les deux sans trop d'efforts avec ce que Keiko lui avait appris ; mais il avait besoin d'eux.

??? - « Je m'absente cinq minute au village pour aller nous ravitailler en gnôle, et quand je rentre, le boss est à moitié mort. Il lui reste quand même assez de vie pour nous passer un savon à cet enfoiré. »

??? - « Un mec masqué est venu et a pointé un avis de recherche au nez du boss, littéralement. »

??? - « Le fou. Il a de la chance de s'en être sorti. »

??? - « J'dirais pas ça à ta place. Il est super fort. Il a tenu le boss en respect, il aura fallu que Karu intervienne pour le faire fuir. »


Au moins, cette marche lente permettait à de comprendre un peu mieux ce qu'il se passait. Et cela lui plaisait de moins en moins. Son instinct ne s'était pas trompé : il se passait effectivement quelque chose de gros cette nuit. Il espérait se tromper, que tout ceci n'aie rien à voir avec Keiko.

??? - « Attends. T'es en train de me dire que Le Balafré, l'ex-tueur à gages qui n'a jamais perdu un combat, le plus gros bandit de la région, s'est fait mettre à l'amande par un bouffon avec un masque ? »

??? - « CHUT ! T'es con ou quoi ? Il pourrait ne pas être loin. Il est déjà assez énervé comme ça...
Enfin bref, même à deux contre un, ils ont à peine réussi à le repousser. Sa technique au sabre … J'avais jamais vu ça. Il aura fallu qu'il soit déconcentré par un autre masqué pour que Karu le tranche , de haut en bas ... »

??? - « HA ! Deux parts égales. Mais j'comprends pas, on court après quoi alo... AIE! Putain mais t'es malade ? Qu'est-ce qui t'prend de me frapper ? »

??? - « Écoute avant de parler. Il l'a tranché de haut en bas, mais le second a fait un tour de magie bizarre de loin. J'ai vu un éclair, minuscule, partir de ses mains pour toucher Karu. Du coup, son coup a manqué de force, et l'autre à pu le dévier. Il a quand même mangé cher, ça lui fera une jolie cicatrice sur le sur tout le côté droit, si jamais il s'en sort. Quoiqu'il en soit, le premier masqué a feint d'attaquer le deuxième. A mon avis, celui là devait être encore plus fort, vu l'excès de confiance qu'il s'est permis : il est rester droit devant, sans bouger, et a arrêté le katana de l'autre avec ses mains ; mais le premier mec masqué en a profité pour lui faire péter une bombe fumigène sous les pieds et s'enfuir. Le second mec masqué, une fois ses sens repris, a envoyé le boss valser avec un doigt et l'a menacé , soit il retrouvait « sa cible » comme il l'appelait, soit il allait nous exterminer. »

??? - « Quoi ? C'est pour ça qu'on course cet enfoiré au masque ? Pour un autre enfoiré avec un masque ? Depuis quand Le Balafré se comporte comme un toutou … AIE ! Mais bordel, j'ai fait quoi là ? »

??? - « Ne, parle, pas, du , boss comme ça ! T'imagines pas à quel point il est sur les nerf. S'il nous entend, il te tue pour t'apprendre le respect, et il me tue juste pour continuer sur la lancée. Et je veux pas mourir pour tes conneries. Autant le premier masque était fort , autant le second ... On ferait mieux de retrouver celui qu'on a bléssé ... »


étouffa un rire franc. D'une seule main cette fois.

Mu - [Si je deviens baron du crime, je sais qui seront mes premiers employés.]

MessageSujet: Re: Mû [ Fini ]   Mer 18 Avr - 17:11

G - L'Antre

C'était un ancien temple. Déserté, c'était le mot le plus proche de la désolation qu'offrait le bâtiment. Ses anciens occupants avaient dût être chassés bien avant, et des choses diamétralement opposées au haut niveau de spiritualité ( qui avait sans doute régné en ces lieux auparavant ) s'étaient déroulées içi.
Il ne voyait qu'une grande salle, mais un bâtiment de cette taille ne pouvait pas être composé d'une seule pièce. En tout cas, tous l'extérieur était totalement à refaire : les colonnes détruites, et les murs menaçaient de s'éffondrer , à tout moment.
La plupart des statues étaient décapitées , les murs étaient couverts d'insultes ou de tags, qui énuméraient pour la plupart des « faits d'armes » ( tels que le meurtre d'une dizaine de villageois un moins de cinq minutes , et autres joyeusetés ) dont se targuaient les auteurs.

Cela faisait longtemps que personne n'avait taillé les haies, et les mauvaises herbes proliféraient. Malgré tout ceci, on pouvait voir que l'intérieur avait été ré-aménagé : de loin, une lampe torche éclairait le mur du fond sur lequel était fixé un trône, surélevé par une sorte d'estrade.

– [Rien que ça !]

Caché en plein milieu d'une forêt impénétrable, il était presque impossible d'en trouver le chemin sans le connaître. Une bonne planque, si on faisait abstraction de l'impression malsaine qu'on en avait dès que l'on en approchait. Pour un garçon comme Mû , qui n'avait jamais réellement manqué de rien, ni affronté de réels obstacles dans son existence, ceci semblait irréaliste : bien qu'il savait que cela existe, ce n'avait jamais été que des pensées, des anticipations, parfois même des fantasmes sur une vie d'aventure qu'il aurait pu avoir. Ce n'était rien de tout cela. Simplement la dépravation, la haine, la violence , la folie, la bêtise … Il détestait cet endroit. Cet endroit et tout ce qu'il représentait.

Il n'y avait plus d'arbres sur lesquels se déplacer, et dût s'allonger dans l'herbe et ramper, pour ne pas se faire repérer. Il remarquait que l'herbe était coupée par endroit, la terre retournée, et à force qu'il se rapprochait du temple, que l'endroit de manière générale avait été ravagé récemment. Bien que la pièce n'avait jamais du être un modèle de propreté, des aliments , des couverts, des assiettes et éclats de verre à côté d'une table fendue en deux, c'était pour le moins original comme méthode de rangement. Sans doute les traces du combat récent.

??? - « Bon , vas vérifier dans les chambres, moi je regarde si il ne sa cache pas dans ma bouteille ... »

??? - « D'accord, mais avant … »

Le sbire s'approcha du trône, et tira un levir qui se trouvait juste à côté. Une petite secousse …
Puis une grosse. Quelque chose vibrait. Dans la terre. Hors de la terre …
Quelque chose sortait de la terre !

Les deux sous-fifres retirèrent leur propre capuchons, se dévoilant. Ils étaient jumeaux, bien qu'un paraissait plus âgé d'au moins dix ans. L'alcool lui donnait ses rides , et ses joues étaient écarlates. Ses longs cheveux gras blonds faisaient ressortir ses dents jaunes, révélées par un sourire stupide, énervant.
L'autre était encore conservé, même si déjà dans cet état, les cernes trituraient son visage et le crispaient, limitait le nombre, qui semblait avoir été autre fois infini, de ses expressions, le limitant à une tête sérieuse, calme, neutre, tellement sans expression que cela en devenait dérangeant.
Les deux dégagaient néanmois la même aura malveillante, un besoin, un désir à assouvir. Une envie de meurtre.

Le temps de les analyser, se rendit compte qu'un dôme (de bois à la base, et de verre au sommet , la ceinture étant bouclée par une porte en métal, très épaisse) l'entourait, lui, eux et le temple. Il était prisonnier !


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MessageSujet: Re: Mû [ Fini ]   Jeu 19 Avr - 8:23

H - ... et le premier combat souvent le plus dur à mener


J(umeau) A(lcoolique) - «  Tu sais petit, c'est pas poli de suivre les gens et d'écouter les conversations, cria-t-il à Mu malgré le fait qu'il ne savait pas où il était. Pourquoi ne pas te montrer, qu'on puisse voir à quoi ressemble nôtre cher invité ? J'suis sûr qu'on pourrait bien s'entendre ! Ha ha ha ha ! »

Il sortit de sous sa veste une épée dentelée, qu'il agitât dans tous les sens en exécutant une danse étrange ; il avait atteint une fois de plus le point de non-retour du côté de l'inhibition.

J(umeau) S(érieux) - « Tu me fais vraiment honte … Mais pour une fois tu as raison. On doit s'occuper de ce morveux avant que le boss ne vienne . On sait que tu es là, et si tu sors de ton plein gré, on ne te tuera pas. »

- [ C'est pas possible. Quand est-ce qu'ils auraient pu … J'ai pas le temps pour ça … J'ai plus de temps … C'est fini, ma vie se termine içi … ]

La peur lui tordait les entrailles. Il était allongé, et ne pouvait plus bouger. Il aurait voulu crier , s'enfuir ou pleurer, mais il savait que cela ne ferait rien, à part peut-être rendre encore plus amusant de le torturrer. Aucune combine, aucun mensonge, aucune histoire à leur raconter pour les raisonner ne lui venait, il ne pouvait que se rendre.

- [ Non ... Je dois combattre. Je dois rendre honneur à l'enseignement de Keiko. Je ne peux pas perdre avec ça. Et avec le sabre que m'a donné Jin, je vais les rétamer !]

Il se leva lentement. Il était relativement proche d'eux, presque à distance de combat. Son corps était lourd, écrasé par leur auras meurtrières ; mais son sang bouillait, et son cœur battait si fort. Il ne pouvait rester passif.

J.A. - « Tu te rends compte ? Devoir mourir à cet âge ? Je parie que tu t'es pas encore fait de nana ... C'est triste pas vrai frérot ? »

J.S. - « Finissons-en ... »


Le deuxième avait en guise d'arme une paire de petites faux , reliées par une chaîne. Pour ne pas faire totalement tâche, Mû sorti son propre sabre. Il le tenait fermement dans sa main droite qui tremblait.
Lorsqu'il l'amena devant lui, il vit pour la première fois que la lame était parfaite. Parfaitement faite, pour lui. Elle était assez lourde pour que l'on sente la fluidité du geste lorsque celui-ci était bien effectué, et assez légère pour ne pas le ralentir. La légère teinte bleutée de la lame laissait une image sur la rétine au moindre mouvement. Sur le côté gauche du plat du sabre , une inscription : 雷神 . Le kanji du dieu de la foudre , Raijin.

J.A. - «  On ferait peut-être mieux de pas le tuer. C'est pas d'la merde qu'il a dans les mains le petit. C'est sans doute le fils … »

Distrait par la beauté envoûtante du katana et par les paroles de son ennemi, Mû n'avait pas senti l'autre lui foncer dessus. Son corps réagit de justesse, en faisant un saut en arrière pour esquiver, et il n'eût que l'épaule entaillée alors que son adversaire avait tenté de le décapiter au premier coup.
Tout s'était passé en un instant , il ne comprenait pas ; tout était mélangé dans sa tête. Seule la douleur était claire. Son épaule gauche saignait abondement. C'était comme si on avait déclenché un incendie sous sa peau à cet endroit. Il compressait la blessure comme il pouvait , en essayant d'ignorer la douleur.
Il regardait fixement la posture de son adversaire , qui lui avait prit une expression totalement démente, un sourire carnassier qui lui remontait jusqu'aux paumettes ; ses yeux étaient écarquillés, focalisé sur sa proie. Il fit tournoyer une des faux à l'aide de sa chaîne de plus en plus vite, tout en s'approchant de .

J.A. - «  … d'un friqué ! Hey, l'abîme pas ! Tu m'éc … »

Une nouvelle attaque. Il n'avait jamais été attaqué avant. Son bras lacéré le brûlait. Ils étaient deux. Deux rompus au combat, une vie de pillage n'étant pas de tout repos. Lui, il était seul, faible, inexpérimenté.
Il voulait se mettre à genoux, les implorer de le laisser partir, qu'il ne dirait à personne ce qu'il avait vu.
Mais l'homme en face de lui n'en était plus un ; une bête sanguinaire, comme un requin excité par la vue du sang. Il n'aurait pas écouté.
Il n'avait plus le choix : se battre ou mourir.


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MessageSujet: Re: Mû [ Fini ]   Jeu 19 Avr - 22:39

I - Ne pas donner le coup, pour se faire battre.




J.A. - «  Quoi, tu vas te faire avoir par un gosse ? Et dire que je me considérait comme la honte de la famille , cria-t-il à son frère sur un ton plus qu'amusé . »

L'autre ne répondit pas. Il était occupé à reprendre son souffle. Ses vêtements étaient tâchés de sang. Celui de , mais le sien principalement. Il tenait à peine debout. Comment un gosse avait pu le mettre dans cet état ? Avant d'être sous les ordres du Balafré, lui et son frère étaient craints au Pays du Feu. A tel point qu'ils durent envoyer des ninjas, des vrais, pour les déloger. Après ça, des combats interminables. Du saké. De l'argent … et du sang. Des bains de sang.
Avec le temps, il y avait prit goût , même un peu trop. Beaucoup trop. Voir la vie d'un homme s'échapper de ses veines, c'était son plaisir.

Mais ce n'était plus une question de plaisir. Il en avait besoin. Il devait dépeuçer ce gamin ; l'insolent avait osé le blesser , le ridiculiser. Il avait même brisé son arme. La chaîne s'était cassée lorsqu'il avait voulu parer un coup qui s'abattait sur sa tête. Elle lui avait tout même donné le temps de reculer son buste, et il n'avait écopé que d'une coupure relativement bénigne , le long du torse ; mais la chaîne ne s'était pas cassée. Les maillons ayant subis le choc étaient coupés, séparés en deux. La lame de son adversaire était étrange, et assurément mortelle.
D'ailleurs , il était prêt à parier que l'enfant n'avait rien à voir là-dedans. Il savait tout au plus esquiver, les coups qu'il portait étaient donnés au hasard. Oui, ce sale chiard ne pouvait pas être plus fort que lui. Seule l'épée lui donnait un avantage, mais il allait le perdre.

En face de lui, inspirait à s'en rompre les poumons. Ses côtes lui faisaient mal, sa veste était déchirée de par en par , et sa coupure à l'épaule avait été rejointe par de nombreuses autres sur les membres. Il avait réussi à éviter d'être blessé à la tête, ce qui constituait un véritable exploit, tant son adversaire semblait vouloir lui couper en petites lamelles le cerveau.
Son cerveau sentait peut-être que son intégrité était menacée, car il était en ébullition : il pensait, tour à tour et dans la même seconde, à comment il allait faire pour sortir d'içi, à la possibilité que l'autre rejoigne le combat, au fait qu'il fallait alors qu'il garde de la force pour l'affronter, puis au fait qu'il ne pouvait pas se retenir contre un adversaire de cette trempe.

Il ne pouvait pas non plus se déconcentrer, mais que d'y penser le déconcentrait. Il dût faire un effort colossal pour limiter sa surproductivité cérébrale à analyser chaque scénario du combat. Et si beaucoup étaient erronés, certains l'aidèrent pour esquiver puis contre attaquer efficacement. Son premier combat, à mort qui plus est, était à son avantage.
Les heures de labeur avec Keiko payaient : son corps réagissait rapidement, ses bras étaient assurés et puissants, ses jambes souples, et ses mouvements élégants. Il se souvenait de chaque technique de parade, de chaque enchaînement, et les appliquait à la perfection.
Cette pensée pour Keiko renouvela son inquiétude, mais aussitôt il se dit qu'il devait avant tout s'inquiéter pour lui.

Son adversaire lui fonça dessus , la colère ayant dû l'emporter sur la raison.

- [ Une ouverture … ]

Faisant mine de l'imiter, fit un pas de côté au dernier moment, et leva sa lame pour porter le coup de grâce. Il allait tuer un homme. Si seulement il était resté à la maison, il serait entrain de dormir ou d'observer Jin peindre, ou même de raconter une histoire à sa sœur pour qu'elle se rendorme après que la foudre l'aie réveillé.

La foudre s'était abattue à plusieurs reprise depuis le début du combat : des flashs inondaient le dôme de lumière par instant. Elle gagnait en intensité, et rendait plus rapide, plus puissant, plus agressif. Il était en colère contre cet homme, qui avait essayé de le tuer. Il était en colère de ne pas trouver Keiko et d'être coincé içi. Il voulait en finir. Il voulait partir. Il voulait aussi voir mourir son adversaire.
Mais il ne pouvait pas. Il ne pouvait pas baisser son bras. Il ne pouvait pas le faire. Il …

Il esquiva un couteau qui lui érafla tout de même la joue. Cela venait de l'autre côté. L'alcoolique s'était manifesté. Son sourire s'était transformé en grimace, et il avançait avec sa lame à la main.
recula d'un saut agile, à moitié soulagé de ne pas avoir à tuer , à moitié effrayé d'avoir à combattre désormais deux adversaires à la fois. Il avait échoué, et il allait devoir en payer le prix.
Il le savait. L'homme masqué au dessus d'eux aussi.

MessageSujet: Re: Mû [ Fini ]   Ven 20 Avr - 16:20

J - Un génie et un éclair

C'était une source de distraction. Ils avaient fait exprès pour l’empêcher de se focaliser sur le combat. Peu importe. Il était allé si loin, il ne pouvait plus se permettre de perdre à cause d'un spectateur importun. De toutes façon, il ne devait pas le regarder.

Il ne devait pas regarder son masque blanc, sur lequel on voyait apparaître le signe du village ninja de Kumo , barré , en orange. le connaissait, il avait déjà vu certains ninjas ( des débutant pensait-il, puisque un bon ninja qui se ferait repérer ne mériterait pas ce titre, à ses yeux ) et Keiko lui avait expliqué que le village caché des shinobis, la force protectrice du pays, ne se trouvait pas si loin, même si personne ne savait où exactement. Et personne ne s'y intéressait vraiment.

Tous semblaient si effrayés lorsqu'il leur posait la question, comme si cela changerait quelque chose à leur petite vie bien rangée qu'il le découvre. A l'époque, trouvait égoïste de profiter de leur protection tout en les
ignorant totalement en temps de paix.

Les deux frères lui faisaient face, et c'était tout ce qui importait. Ils se regardèrent entre eux, puis se lancèrent à l'attaque. L'un approchait lentement, tandis que l'autre ne faisait que courir en cercle autour de . Ce dernier restait en position, la jambe droite en arrière et tendue, tout son poids sur sa jambe gauche, légèrement pliée. Il tenait son sabre à deux mains , et pourtant il avait l'impression que c'était tout son corps qui subissait le poids de l'arme. La lame , dans cette position, le protégeait de toute attaque venant du haut, tandis que la pointe menaçait le plus bavard des deux ennemis, qui lui avançait pas à pas.

La tension était à son comble. On aurait dit qu'un an s'était écoulé depuis que le combat avait débuté ; mais c'était toujours dans la même nuit qu'il allait se finir. Cette nuit sombre, que seule la lune et les récents éclairs venaient embellir.

La foudre tombât une fois de plus. La lumière envahit l'arène.

Profitant de l'effet de surprise, l'homme en face lui tenta de lui assener un coup mortel avec son épée ( qui ressemblait d'ailleurs plus à une lame de scie avec une garde et une poignée ) ; horizontal et franc, et de toutes ses forces, comme pour séparer le tronc et le bassin..

- { Elle ... Cette lame … Elle peut le faire … }

Il para aisément le coup avec le dos de la lame, ne ressentant presque pas le choc. Ne laissant aucune place à l'étonnement , il continua son mouvement : un coup de pied circulaire en pleine tête qui déséquilibra son adversaire ; puis, profitant de l'élan, un tour sur soi-même pour poser le pied dérrière soi , et avec toute sa force, transpercer l'adversaire.
La perfection, c'était le seul mot qui serait venu à n'importe quel professeur de kendo en voyant le geste que venait de réaliser .

Il était très proche de son ennemi. La garde de son sabre était tout ce qui séparait ses mains du ventre du jumeau le plus bavard. Il avait consciemment visé un point non vital : il cherchait simplement à le mettre hors d'état de nuire. Il pensait que la douleur provoquée pouvait à elle seule faire abandonner le combat à n'importe qui.

Il avait tort. Et il ne s'en rendit compte que lorsque les mains du blessé se renfermèrent sur les siennes, et qu'un sourire accompagné d'un filet de sang se dessinèrent sur le visage déjà rougi par l'alcool de sa victime.
Il regardât derrière lui, et ce qu'il craignait était exact.

Le second frère lui fonçait dessus à une vitesse fulgurante. Dans un dernier effort, réussit à se dégager de l'étreinte de sa victime et leva son sabre au cieux , tout en sachant qu'il ne pourrait pas le rabattre à temps dans l'autre sens pour se défendre. Cette fois, c'était vraiment fini. Il sentit le métal glaçé sous sa gorge, et ferma ses yeux...

… mais le flash l'aveugla tout de même.


MessageSujet: Re: Mû [ Fini ]   Ven 20 Avr - 22:25

K - Récit épistolaire


La caresse du soleil le réveillât. Ses yeux refusaient de s'ouvrir, et il était de leur avis. Allongé, il avait l'impression de ne pas avoir dormi depuis des siècles, et qu'on lui offrait enfin le repos qu'il avait mérité. Sa tête lui faisait atrocement mal, et il était sûr d'avoir une forte fièvre. Le chant des oiseaux , dehors, l'apaisait. Il avait besoin de repos, mais son oreiller était mal placé. Il essayât de lever le bras pour le prendre, mais il sentit une douleur incroyable et ne pût faire le moindre geste.

- « AHHHHHHHHHhhhhhhhhh ! »

Ayumi - « Il est révéillé ! »


Ses yeux s'étaient ouverts sous la douleur, et il constatât de suite qu'il était au village. L'infirmerie en face de l'orphelinat plus précisément. Il reconnaissait les murs blancs , les deux lits identiques à sa droite, et le bureau du docteur, collé au mur en face de lui.
La porte s'ouvrir brusquement , et sa sœur se jeta sur lui, l'enlaçant aussi fort qu'elle pouvait. Ses larmes mouillaient les bandages de , et celui-ci ne pût s'empêcher d'hurler et laisser couler une larme : ses côtes n'étaient pas encore remises, et l'étreinte d'Ayumi était bien suffisante pour le faire souffrir grandement. Elle le lachât et se confondit en excuse, honteuse.

Ayumi - « Je suis désolée ! Je suis trop désolée ! Je suis … »

Jin - «  Je pense qu'il a compris, dit-il en souriant. »


Il se tourna vers , visiblement soulagé de le voir se réveiller.

Jin - « Elles sont plutôt violentes tes escapades nocturnes. Avoue, t'as largué ta copine et elle t'as mis dans cet état ? »

Les deux garçons ne purent réprimer un fou rire, tandis qu'Ayumi les regardait , à moitié fâchée de ne pas comprendre, à moitié soulagée de voir que tout redevenait normal.

Mei entra en dernière, s'aidant de la poignée pour maintenir son pas, le poids de la vieillesse commençant à se faire sentir. Elle semblait ravie , et des larmes de joie coulaient le long de son visage usé.
Elle ne dit mot, se contentant de prendre la main gauche, bandée de toute part, du garçon, la serrant dans la sienne en y mettant tout son amour. Il y répondit en lui adressant un sourire radieux, pour lui exprimer sans mots qu'elle n'avait plus à s'inquiéter.
Le médecin, un homme d'âge mur avec une longue moustache Fû Man Shu qui amusait toujours Ayumi, entra.

Médecin - « Hé bien, c'est la première fois que je vois quelqu'un dans ce village un jeune homme aussi résistant. Quand je t'ai retrouvé il y a quatre jours devant mon infirmerie, tu étais couverts de blessures et de brûlures, et je donnais pas cher de ta peau. Comment a tu bien pu te faire autant de mal mon garçon ? »

A cette question, tous les regards se portèrent sur lui. Il allait inventer un mensonge, mais il n'en avait pas la force. Et puis il semblaient s'être tellement inquiétés qu'il méritaient la vérité.

  - « Je ne sais absolument pas. »

Ils furent tous surpris de cette réponse, mais au moins elle était honnête .Il ne savait pas du tout ce qui lui était arrivé, pourquoi avait-il autant de bandages, ni pourquoi la peau de son bras droit était bien plus sombre que le reste de son épiderme. Le médecin lui confirma qu'il s'agissait d'une brûlure à un très haut degré, et que lui même ne savait pas comment les fibres étaient resté intactes, et qu'il devait très heureux de ne s'en être tiré qu'avec si peu de séquelles, quoiqu'il ait pu subir.

Il était heureux de les voir tous , mais quelque chose le dérangeait tout de même.

- «  Où est Keiko ? »

Jin - « On sait pas, c'est pas ce que tu … »


Il se tût. Il allait trop en dire. Mei, Ayumi et le docteur le regardaient d'un air suspicieux, et ne voyait qu'à moitié ce qu'il voulait dire. Il se souvenait vaguement de quelque chose, mais à chaque fois qu'il essayait de de rappeler quoi, sa tête lui faisait encore plus mal. Ses sourcils se froncèrent, et le docteur en déduit qu'ils devaient tous sortir, lui laisser du repos.

Jin - « Attendez, je dois lui parler ; je crois savoir qu'un homme mourant n'a pas le droit à plus d'un visiteur ? Rentrez, je vous rejoins à la maison. »

Ayumi - « C'est pas juste, moi aussi je ... »


lui mit sa main dans les cheveux, et avec le même sourire que Keiko lorsqu'elle lui faisait comprendre qu'il ne pouvait pas la suivre, lui fit comprendre qu'elle ne pouvait rester. Elle fit la moue mais s'exécutât , et aidât Mei à sortir.

Jin se tenait là et regardait , les bras croisés, ne sachant pas comment lui demander , sans le lui reprocher, pourquoi il n'avait pas ramené Keiko.

- « Désolé ... »

Jin - « Quoi? »

- « Désolé de ne pas l'avoir ramenée... »

Jin - « Quoi ? Tu t'inquiètes pour ça ? Elle va revenir dans deux jours, max. Ah et, pour mon cadeau … »


Les yeux de s'écarquillèrent. Il cherchait à tâtons autour de lui , mais ne pût prolonger cet effort bien longtemps, le moindre mouvement le faisant se tortiller de douleur. Jin riait, et cela énervait .

Jin - « Si je dois admettre un truc, c'est que tu fais bien le ver. Regarde … »

Il s'agenouilla, puis se releva avec la lame, qu'il mit dans les mains de . Il avait toujours son sourire, mais il prit un ton sérieux :

Jin - « Pour tout te dire, il ne vient pas vraiment de moi. C'est Keiko qui me l'a donné pour toi. Elle sait que t'es qu'un effronté qui n'obéit pas. »

prit le sabre entre ses mains avec autant de soin que sa mère adoptive en eût pour lui quand elle l'êut trouvé devant l'orphelinat , quinze ans auparavant.

Jin - « Tu parles d'un cinglé … »

- « Je savais qu'une flippette pacifiste comme toi m'offrirait pas une merveille pareille. »

Jin - « D'ailleurs je t'ai rien offert . Jusque là. Tiens ça, espèce d'ingrat. »

Il lui tendit un des gantelets en métal friable. Ils étaient épais, et on pouvait voir sur chacun une magnifique fresque, qui commençait sur le bras gauche et se finissait sur le bras droit.

Jin - « On a eu l'idée quand le doc t'a retrouvé en charpie devant sa porte. »

- « On ? »

Jin - « Ayumi et moi. Enfin surtout elle. Personnellement je trouve que ça te donne un côté mystérieux, et les dieux savent que les dames aiment ça, mais Ayumi pense que tu devrais cacher ton tatouage, ça fait , et je cite, « voyou » . »

- « Mon tat … AHHH ! OK J'AI COMPRIS ! »


Jin avait pris un malin plaisir à lui appuyer sur le bras brûlé pour lui faire comprendre qu'il faisait référence à la marque laissée. Il lâchât prise mais laissât son bras sur celui de .

Jin - « Plus sérieusement, ça devrait te protéger, si jamais tu venais à réutiliser le cadeau de Keiko. »

- « Comme c'est touchant, dit-il sur un ton sarcastique. Et tu m'expliques les gribouillages dessus ? Je sais pas si je vais porter une horreur pareille. »

Jin - « Mon CHEF-D'OEUVRE, emphasat-il, relate l'épopée d'un épéiste orphelin. Du berceau jusqu'au sommet. Mais l’œuvre est incomplète ; il n'a pas encore écrit sa légende. J'espère que t'appréciera en tout cas. Je vais te laisser, sinon ton petit corps fragile ne pourra pas récupérer. »


La porte se referma tandis que essayait de décoder le sens des dessins. Il voyait un soir d'hiver neigeux, une jeune femme se tenait debout, un bébé nu dans les bras. Il voyait ensuite des printemps et des étés plus heureux : quelques anecdotes qu'eux seuls connaissaient. Il s'aperçut ensuite, s’entraînant au sabre avec la jeune femme, plus vieille de quelques années ; mais ce qui l'interpella, c'était la scène suivante : l'épéiste, encore jeune, combattait deux hommes ( des bandits, Jin dessinait toujours les bandits de manière à ce que l'on sente leur vice au premier coup d'oeil ), au clair de lune. (Il restait encore beaucoup de place sur le bras droit.)

L'image lui rappelait quelque chose. Il fermât le yeux et se revit, aux portes de la mort, la lame de la faux ennemie sous sa gorge. Ce flash lui avait coupé le souffle, mais quand il eût repris ses esprits, il s'empara de son sabre et commença à le faire sortir de son fourreau , lentement.
Des flashs, chaque fois brumeux et courts, de son combat. Du sang versé. Ca expliquait au moins ses blessures.
La foudre lui était tombé dessus. Sur le sabre. Comment avait-il survécu ?
Mais certaines images n'avaient aucun sens. Un homme masqué, qui se transformait en renard. Keiko qui tenait un autre masque dans ses mains. Keiko ensanglantée. Keiko qui le tenait dans ses bras. Le sourire de Keiko, même entaché par des larmes et du sang, était magnifique …
Cela le rendait triste d'y penser. Il attendait avec impatience le moment où elle reviendrait.

Ce n'est qu'une fois la lame totalement sortie qu'il s'aperçut d'un bout de papier, glissé dans le fourreau. Il le déplia et commençât à lire ...

MessageSujet: Re: Mû [ Fini ]   Sam 21 Avr - 17:48

L - Le départ


Il sortit du lit en essayant de faire bouger le moins possible la couverture. Silencieusement, il se dirigeât vers ses habits qui étaient déposés un peu plus loin, en quinconce sur le sol. Il avait l'impression de devoir être encore plus furtif que durant cette nuit ( il y avait déjà deux ans de cela ), pour ne pas réveiller la jeune femme qui dormait à poings fermés. Sans un mot ni un son, il ouvrit la fenêtre et grimpa sur le toît, en s'accrochant aux anfractuosités de la bâtisse : durant les deux années qui s'étaient écoulées, il avait eu le temps de s’entraîner seul, prolongeant l'enseignement de sa sensei disparue.
Il était encore très tôt, mais le soleil pointait déjà à l'horizon. L'aube était magnifique, teintée de couleurs, et elle apportait une touche symbolique à ce dernier jour passé dans son village.

Car c'était décidé : aujourd'hui, il partirait. Il retournerait le monde entier s'il le faudrait, mais il retrouverait Keiko.

Il avait déjà tout préparé : les quelques affaires qu'il avait jugé utile d'emporter l'attendaient, enterrées au pied d'un arbre, à côté de la rivière derrière l'orphelinat, qui était devenu, deux ans plus tard, la propriété personnelle de Jin : ce dernier y vivait et s'en servait d'atelier.
Après le départ de Keiko, et la mort de Mei, la maladie l'ayant emporté, Mr.Nomura contactât Jin. L'homme d'affaires, qui aurait dût adopter Ayumi il y a de cela des années , voulait faire un geste, pour rendre hommage à la mémoire d'une « femme qu'il admirait au plus haut point » : il voulait les adopter, tous les trois ; mais Jin lui répondit simplement qu'avec tout le respect qu'il lui devait, il ne souhaitait pas faire partie d'une autre famille que celle de Keiko, et qu'aux dernière nouvelle, elle n'était pas morte. Mr.Nomura, impressionné par la force de caractère du jeune et homme et sa fidélité sans faille, lui fit une seconde proposition : il souhaitait au moins pouvoir l'aider à développer son art jusqu'aux sommets ; il devint son mécène.

L'argent que leur avait laissé Keiko n'était qu'à moitié entamé, mais cela le permettait au moins de voir le coup de venir. Sans pour autant rouler sur l'or, ils n'avaient pas de problèmes pour continuer à vivre sans se préoccuper de l'éventualité de ne pas avoir à manger ou un toît sur la tête. En y repensant, elle avait tout bien préparé. Même lorsqu'elle n'était pas là, elle veillait sur eux.

C'est pour ça qu'il devait la retrouver. Il s'y était préparé. Il ne pouvait plus perdre, car elle ne serait plus là pour le protéger. Et même si elle aurait pu, il ne le voulait pas. Pour une fois, c'était elle qui devait être protégée ; car cela ne faisait aucun doute, des gens dangereux étaient à ses trousses. La lettre qu'elle lui avait laissée, qui stipulait qu'elle ne pouvait pas revenir simplement parce que des affaires importantes l'attendaient ailleurs, et qu'ils ne devaient pas chercher à la retrouver, qu'elle viendrait à eux, était claire. Elle ne souhaitait pas les impliquer dans cette histoire.

Il avait encore la lettre sur lui, et il la sortit , comme pour prouver à un interlocuteur invisible qu'il avait tout de même raison de désobéir alors qu'elle avait déjà pris tant de risques et fait tant d’efforts pour les protéger : il se lut à lui même, à voix basse, le dernier paragraphe.

- « Je vous connais. Et je sais que toi, tu essayera quand même de venir me voir. J'espère de tout mon cœur que tu ne le feras pas, et que Jin et ma petite Ayumi sauront t'en dissuader, mais si jamais tu décide tout de même de partir, prépare toi. Le monde est vaste et dangereux. Et ce que tu as vu cette nuit n'est pas rare. Les hommes sont parfois violents et cruels, mais c'est uniquement parce qu'ils se sentent faibles et égarés. Si je t'ai appris à te défendre, ce n'est pas uniquement pour pouvoir te le retirer si tu ne vas pas en cours ( ce que je t'interdit formellement d'ailleurs : si tu ne me présente pas de diplôme quand on se retrouvera, tu vas m'entendre ), mais aussi pour que tu aies les armes en mains lorsqu'il le faudra. J'ai toujours su que tu es promis à de grandes choses, mais c'est un chemin dangereux . Et je ne veux pas te perdre … Je vous aime, tous les trois.

PS : Tu trouveras mon cadeau, pour tes deux prochains anniversaires, dans ma chambre. C'est un peu encombrant, mais je pense que tu sauras t'y faire. Attends le jour de tes dix-sept ans pour aller le chercher ; je ne pense pas pouvoir t'en faire un autre avant, alors sois patient pour une fois ! »

Bien sûr, il ne l'avait pas écoutée , et il avait essayé à plusieurs reprises de trouver son présent , en vain. Il avait bien remarqué que , sous le lit de sa mère, une trappe ornée de petits motifs étranges, peints à l'encre noire ; mais il ne pouvait l'ouvrir. Ses mains traversaient la poignée chaque fois qu'il essayait de s'en saisir.
Ce n'est qu'au jour même où il eût dix-sept ans, après une petite fête organisée par son frère, qu'il pût s'éclipser dans la chambre de Keiko pour lever le voile sur tant de mystères.
Le sceau n'était plus effectif, et la poignée était palpable. Il ouvrit la trappe et vit un petit escalier qui débouchait sur une sorte de petit autel : c'était une petite pièce , creusée à même la terre, dans laquelle une statue représentant une sorte de démon, assis et frappant de ses mains sur des tambours placés entre ses pieds, prenait tout l'espace. Un rouleau de parchemin était posé sur ses avant-bras.
était un peu déçu : après la lame magnifique qu'elle lui avait offert, il pensait que son prochain cadeau serait du même ordre. Il prit tout de même le rouleau avec lui, se disant qu'il pourrait le lire plus tard.

Il ne pouvait pas embarquer ce cadeau avec lui, alors il avait recopié ( sans rien y comprendre ) son contenu dans son carnet, celui qu'il utilisait avant pour mettre sur papier ses vers.
Il avait arrêté depuis longtemps la poésie, mais continuait à y écrire certains évènements qui lui paraissaient importants, à l'image d'un journal intime. Le fait de ne pas se souvenir de ce qui s'était passé exactement cette nuit , c'était quelque chose qu'il ne pouvait pas se permettre.

De toit en toit, il finit par atteindre l'ancienne infirmerie, totalement transformée car elle était devenue leur nouvelle maison, à Ayumi et lui. Jin l'avait rachetée pour une bouchée de pain au médecin, qui pour des raisons familiales, devait quitter la région.
Se glissant par la fenêtre de sa nouvelle chambre, il prit sur sa table de chevet les quelques lignes expliquant sont départ qu'il destinait à ses proches. Il ouvrit doucement la porte, et sur la pointe des pieds, se dirigea vers la porte du salon, afin de traverser la rue déserte et laisser la lettre à l'entrée de l'atelier de son frère.

Ayumi - « C'est aujourd'hui que tu pars alors ... »

La voix fatiguée de sa petite sœur l'avait surpris.

- « De quoi tu parles, lui demanda-t-il. »

Ayumi - « Je ne suis plus une petite fille crédule tu sais. Jin et moi, on savait que tu nous abandonnerait aussi... »

- « Dis pas ça … C'est simplement que je dois … Retrouver … mon inspiration ! Oui, je l'ai perdue et je dois la retrouver . Je ne serais pas long, et quand je reviendrais, on ira voir les feux d'artifices ensemble, promis ! »


Elle se retourna sans prêter la moindre attention à sa promesse enthousiaste et prit le ton le plus dégagé et hautain qu'elle pût :

Ayumi - « Si ton inspiration s'appelle Keiko, tu lui passeras mon bonjour. Et quand tu reviendras, j'espère pour toi que tu auras gagné un peu en maturité : ce n'est pas en faisant mumuse avec tes couteaux toute la journée que tu trouveras un travail . »

Elle continua à marcher jusqu'à la porte de sa chambre, mais s'arrêta devant, alors que lui avait la main sur la poignée.

Ayumi - «  ? »

- « Quoi ? »

Ayumi - « Reviens vite , s'il te plait, lui dit-elle d'une voix tremblotante. »

- « D'accord, dit-il avec un sourire. »

Ca lui faisait mal au cœur de laisser sa petite sœur si triste, mais il fallait qu'il parte.

Il laissât tout de même la lettre devant la porte d'entrée de l'ex-orphelinat, puis déterrât ses affaires de voyage : il mit à sa ceinture le sabre commun ( qu'il avait acheté avec ses propres économies chez le forgeron de son village ) et la lame d'exception offerte par Keiko. Il prit la petite sacoche contenant son carnet, de quoi écrire et un peu d'argent, et l'attachât au niveau de la hanche, sur le côté droit. Il enfila ses gantelets, et prit enfin une grande inspiration.

Il était fin prêt. Il ne savait pas vraiment où aller, mais il ne pouvait plus rester immobile. Le monde s'offrait à lui, et même si il ne s'en rendit pas compte, il ne fût bientôt qu'une ombre au loin qu'observait Ayumi depuis sa fenêtre.

MessageSujet: Re: Mû [ Fini ]   Sam 21 Avr - 18:47

Je m'occupe de ta présentation dans les heures qui vont suivre ^^

MessageSujet: Re: Mû [ Fini ]   Sam 21 Avr - 18:56

Merci ^^ Et désolé si c'est trop long :x

MessageSujet: Re: Mû [ Fini ]   Sam 21 Avr - 23:56

Ce n'est jamais trop long Razz

Le verdict ? J'ai carrément apprécié. C'est le genre de présentation qu'on voudrait voir plus souvent autant niveau longueur que qualité. C'est sûr que ton histoire n'est pas révolutionnaire, mais elle a son petit effet qui fait qu'on aime bien Smile

Il y a quelques petites erreurs, mais rien de bien grave. Note seulement que, lorsqu'on écrit sur un ordinateur, la virgule et le point sont précédés d'une lettre et non d'un espace. Si tu veux plus d'infos : [Seuls les administrateurs ont le droit de voir ce lien]

Bon oké, je vais chercher loin, mais il faut bien que je trouve un point négatif, parce qu'on peut toujours s'améliorer. Razz

Pour ce qui est de ton histoire en général, je n'ai pas vu de points qui méritent d'être modifiés. J'avais peur que tu tombes dans "mon personnage a un don inné et va battre tous les méchants" lors du combat, mais je pense que tu as réussis à contourner ce clicher.

Pour ton Katana (sabre), tu peux l'avoir dès la présentation, mais tes prochaines paies ne seront dédiées qu'à rembourser cette arme. Sinon, tu peux la garder, mais tu ne pourras pas l'utiliser en combat.

Bon, eh bien, je t'accepte sans hésitation au rang de voyageur faible. Bienvenue sur Ryoma ! J'espère que tu t'y plairas et restera longtemps parmi nous Smile

Mû : +66 XP de présentation
Tu as 100 ryos en poche et tes prochaines paies seront consacrées à ton sabre si tu désires le garder.

Tu peux dès maintenant contacter les joueurs depuis le coin RP pour faire du jeu ou commencer en solo où tu le souhaites. Je te conseils de visiter [Seuls les administrateurs ont le droit de voir ce lien] pour être mieux aiguillé Smile N'hésites pas à poser des questions.
Daiisu Aisu
Aspirant de Konoha
Aspirant de Konoha
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MessageSujet: Re: Mû [ Fini ]   Dim 22 Avr - 0:32

Je passe en coup de vent.

Trouve toi un avatar ! Smile Je te donne ta couleur là là


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[Seuls les administrateurs ont le droit de voir ce lien]

MessageSujet: Re: Mû [ Fini ]   Dim 22 Avr - 16:04

Merci bien !

Pas de soucis pour consacrer mes paies au (x ?) sabre(s), je compte le faire vivre d'air et d'eau fraîche !
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Mû [ Fini ]   

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