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 Ce n'est que le métier qui rentre

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MessageSujet: Ce n'est que le métier qui rentre   Lun 23 Avr - 19:43

- « Aaaaahh … J'en peux pluuus ... »

Des auréoles de sueur tâchaient déjà ses vêtements : la journée avait été particulièrement ensoleillée, et ce n'est qu'aux alentours de midi qu'il se rendit compte qu'il avait oublié d'emporter de quoi se restaurer ; mais il était déjà parti, et ne pouvait plus revenir en arrière. S'il se retournait, il ne pourrait plus avancer.
Alors il avait continué à marcher, droit devant. Son sens de l'orientation étant extraordinairement sous-développé, il s'était dit qu'au moins, s'il gardait le cap, il ne pourrait pas se tromper et finirait bien par arriver quelque part ; mais après une journée de marche, il fût bien obligé de se rendre compte qu'un voyage sans destination n'est qu'errance, et que se laisser porter par les vents peut être dangereux. Il appréciait le paysage si particulier de son pays d'origine, mais il aurait presque tout donné pour un verre d'eau : c'était bien la première fois qu'il manquait de quelque chose.

La route sinueuse continuait à se dessiner au loin sans montrer aucun signe d'un quelconque rassemblement d'hommes : il n'y avait rien, à perte de vue. Une forêt bordait le chemin, une forêt profonde mais accessible, comme ci Dame Nature nous y invitait.
Il répondit à cet appel, se disant qu'il ne pouvait continuer à marcher alors que le soleil se préparait à laisser sa place à la lune. Il s'enfonça dans les bois, prenant soin de marquer, à intervalles réguliers, le tronc des arbres de croix dessinées à la lame.

- « Ça, c'est fait. »

Il s'installa à distance raisonnable de la route. L'endroit donnait l'impression d'être protégé : les arbres étaient hauts et formaient un cercle protecteur assez large, dont une partie avait été coupée à la hache, comme en attestaient les troncs encore présents. Le feuillage des arbres ne cachait pas le ciel, et offrait d'ailleurs une belle vue sur les étoiles. La disposition était parfaite pour camper. Un peu trop même ; mais qui aurait eu la patience de faire pousser tant de végétaux juste pour s'offrir une nuit à la belle étoile de première classe ? Et puis, avait-il d'autres options pour se permettre de jouer les fines bouches ?
Les derniers visiteurs avaient laissé le foyer de leur feu de camp intact, bien que cela faisait longtemps que celui-ci était éteint. Néanmoins, il restait assez de combustible pour le rallumer immédiatement. Il manquait seulement un peu de bois pour pouvoir l'alimenter, et bien sûr, des braises pour le faire renaître.

Il partit chercher les derniers composants afin de s'offrir au plus vite le confort de flammes rougeoyantes : même si le soleil n'était pas encore totalement couché, il souhaitait ne pas être pris au dépourvu. Suivant la même méthode de marquage des arbres pour se repérer, il décida cette fois-ci de changer de motif : si la croix lui indiquait le chemin vers la sortie, le rond lui montrerait la voie vers son campement.
L'air était sec, et il ne lui fût pas bien compliqué de rassembler rapidement le petit bois et les herbes sèches requises. Il rapporta le tout au bosquet et s'attelât à allumer rapidement le feu, comme Keiko le lui avait appris : en frottant le dos d'une lame contre un silex, il arriva, au bout de nombreux essais, à créer quelques braises. Abîmer ainsi la lame qu'il avait mis autant de temps à s'offrir (il était hors de question d'utiliser celle offerte par sa mère adoptive) lui faisait mal au cœur, mais c'était ce à quoi il devait s'attendre à partir de maintenant : il devrait faire des sacrifices pour se préserver et arriver au bout de sa quête.

Le craquement des flammes ne suffisait pas à le sortir de ses réflexions : avec du recul, il trouvait son départ trop anticipé. Il ne savait même pas où chercher. Pire encore, il ne savait même pas où il allait ; cette dernière pensée le fit sourire, mais c'était avec une certaine mélancolie qu'il imaginât sa petite sœur, seule, dans leur nouvelle maison. Même le feu, qui dévorait bruyamment le petit bois, avait un foyer. Cette forêt aurait pu être l'antre du diable, il n'en aurait rien su. Il se rendit compte à quel point il était ignorant : il n'était même pas à une journée de marche de son village, mais rien ne lui était connu. Ce départ n'était finalement pas une mauvaise chose : il pourrait au moins remédier à ce manque de connaissance qui lui paraissait désormais primordiale.

Assis contre un arbre, une jambe repliée vers lui, l'autre au sol, presque inanimée, il prit entre ses mains la « lame saphir », comme il l'avait surnommée. Il avait pris l'habitude de la sortir les soirs où la lune brillait le plus : bien qu'il affirmait que ce n'était que parce qu'il trouvait son arme encore plus belle les soirs de pleine lune, au fond de lui, il s'imaginait que ses souvenirs étaient coincés dans l'acier, et que seule la lumière de l'astre du soir pouvait les libérer. C'était stupide, il en convenait, mais il n'arrivait pas à se défaire de cette impression. Il était hypnotisé par la teinte bleutée de l'épée ...

Le bruit le tira de sa torpeur. Sans bouger, il prit plus fermement la lame dans ses mains, plus pour observer, mais pour riposter en cas d'attaque. Il voulait, comme ses premiers ennemis, feindre de ne pas avoir remarqué la menace pour mieux la surprendre à son tour.


Dernière édition par Mû le Mar 24 Avr - 16:50, édité 2 fois

MessageSujet: Re: Ce n'est que le métier qui rentre   Lun 23 Avr - 22:51

??? - « Ne-ne … Ne me tuez pas! »

Accroupi, les appuis sur la pointe des pointes des pieds, Mû avait porté son sabre sous la gorge de l'homme qui s'extirpait de l'espace très étroit entre les deux arbres, sur sa gauche.

??? - « S'il vous plait ! Je ne ... »

Le jeune homme leva la tête pour voir à qui il avait à faire. Un homme, assez âgé (entamant la quarantaine, selon son estimation), barbe longue et surtout, visage apeuré. Il tenait une cane dans ses deux mains, en essayant d'imiter comme il le pouvait, la posture du bretteur moyen.
vit bien qu'il n'avait rien à craindre de cet homme, et il baissât son arme.

- « Désolé, ojiisan-dono, je n'ai pas voulu vous faire peur, mais vous m'avez foncé dessus, dit-il tout en rangeant son épée dans son fourreau. »

??? - « Il… Il… Il n'y a pas de mal… Aahhh... »

L'homme semblait ne pas pouvoir respirer, et il se penchât en avant en se tenant la poitrine.

- « Vous êtes sûr que tout va bien ? »

Il regardait d'un œil inquiet sa première rencontre depuis son départ, et lui tendit sa main pour l'aider à se redresser. L'homme la prit et fit une brève inclinaison devant le garçon.

??? - « Avoir le bout d'une lame sous la gorge, ça n'est pas très agréable, dit-il en passant ses doigts là où quelques instants avant se trouvait le bout du sabre de . »

- « A qui le dites vous, murmura-t-il, se remémorant ce qu'on ressent lorsque la mort s'incarne dans du métal tranchant sous votre nuque. »


L'homme ne semblait pas l'avoir entendu, et s'étira tout en ne quittant pas des yeux les mains du jeune voyageur, qui le remarquât.

- « Je ne vais pas vous tuer vous savez, rétorqua-t-il à la suspicion muette de l'inconnu. Si je l'avais voulu, j'aurais pu le faire il y a deux minutes. Allez, détendez-vous, et dîtes moi ce que vous faîtes dans le coin. »

Il essayait de détendre l'atmosphère, pour briser cette distance entre eux. Bien qu'il n'ait jamais été quelqu'un de très extraverti, c'était le première fois qu'il allait passer la nuit en pleine forêt, sans eau ni nourriture. Une présence amicale ne pouvait pas faire de mal.
Il reprit son sourire habituel, et éloigna ses mains de sa taille, où se trouvaient ses lames, mais il avait du mal à s'en séparer.
L'homme dût remarquer l'effort, et s'il ne pût se détendre totalement, il lui rendit son sourire.

??? - « Je m'appelle Kikusuke Ryuuta. Je suis un botaniste du Pays du Feu, en voyage d'initiation. Cela va bien faire un mois que je voyage en direction de la côte est du Pays de la Foudre, mais je me suis retrouvé perdu dans cette forêt en voulant couper pour arriver à Hyashin. »

- « Hyashin ? Hyashin … »


Il se répétait chaque syllabe dans la tête. Hy-a-shin... Il avait déjà entendu ce nom. Cela ne désignait pas une personne, non. Pas non plus un objet.

Citation :
Keiko - « Jin, non ! Tu ne quitteras pas le village pour aller à Hyashin ! »

Jin - « Mais… M'man… C'est même pas à cinq d'heures d'içi... Le père de Saya nous y emmène, les deux chevaux sont déjà prêts... »


Le garçon avait quinze ans, mais prolongeait les mots en fin de phrase tout en montant et descendant constamment dans les aigus et les graves, le faisant passer aisément pour un bambin qui faisait son caprice.

Keiko - « D'içi deux heures il fera nuit noire. Écoute, je suis désolée, mais si je ne peux pas être avec toi, tu attendras d'être grand pour voyager de nuit. Et puis, soyons honnêtes, tu sais que le père de Saya n'est qu'un accro aux jeux qui va vous laisser au festival et partir au casino. »

Jin - « Maman ! »

Keiko - « Non ! Non non et non ! »

Jin - « Et pourquoi tu ne viendrais pas avec moi ? »


Les yeux froncés mais le visage interrogateur, le garçon, au delà de la tentative de persuasion, souhaitait réellement connaître la raison des absences répétées de Keiko, que lui seul avait remarqué à ce moment.

Keiko - « Je dois aider Mme. Fubuki à trouver des plantes qui n'éclosent que cette nuit. Elle en extrait les pigments qui deviennent tes « rouge carmin » ou « bleu crépuscule », dit-elle en accompagnant chaque nom de couleur de ses bras, comme si il s'agissait d'oiseaux qui s'envolaient de ses mains, dans une imitation grotesque de l'adolescent. »

Jin - « Pff ... »

Keiko - « Ecoute … On ira ensemble la prochaine fois, je te le promet. »

Jin - « Tu le jures ? Mets ta main dans la mienne et dis « Je le jure ». »


Elle suivit les demandes du jeune négociateur.

Keiko - « Je le jure. Maintenant je te propose d'aller embêter le petit qui se cache derrière la porte et qui croit que je ne l'ai pas vu. »
[size=18]Elle lui manquait, mais le fait d'être à peine moins perdu que son interlocuteur lui faisait sentir qu'il était vraiment loin de la retrouver. Il se mordit la lèvre inférieure

- « Je connais cette ville. Ce n'est pas loin d'içi. »

Kikusuke - « C'est vrai ? Vous pourriez m'y emmener ? »

- « Désolé, mais il faut que j'aille dans l'autre sens. Vous venez d'où, avant d'être perdu dans ces bois ? »


Kikusuke - « Forêt , montagne … Ah oui ! Nisaï. Une petite bourgade charmante, vraiment. Des gens adorables, et du saké abordable ! Pas loin de la capitale qui plus est. Et des femmes… Des femmes… Mon jeune ami je doute que vous ayez déjà vu des créatures d'une telle beauté, déclara-t-il avec un sourire rêveur. »

A force de parler, l'homme semblait se lâcher, se confier plus. le trouvait plutôt sympathique.


Dernière édition par Mû le Lun 30 Avr - 5:49, édité 3 fois

MessageSujet: Re: Ce n'est que le métier qui rentre   Mar 24 Avr - 16:48

Kikusuke - « Tu ne m'as toujours pas dit comment tu t'appelle, fit-il remarquer à son interlocuteur. »

finit son verre avant de répondre. L'alcool se répandait dans tout son corps, et il avait une forte sensation de flottement, comme il ne pesait rien. Il était euphorique, et avait totalement oublié ses petits tracas. Il écoutait avec attention les histoires de son aîné, qui de par sa profession, avait été amené à beaucoup voyager.
Il s'essuyât la bouche puis émit un bâillement sonore.

- « Je m'appelle , dit-il le plus simplement du monde. »

Kikusuke - « comment ? »

- « Juste . »


Kikusuke ne semblait pas convaincu, et fit un léger mouvement du buste en arrière, tout en croisant les bras et en regardant le garçon comme si il souhaitait l'inspecter au rayon X.

Kikusuke - « C'est quoi, un surnom ? Comme ceux de ces stupides chefs de... »

- « Non c'est … c'est mon vrai nom ! »


Il l'avait crié comme si il était victime d'une accusation injuste. Il était énervé désormais, et le bruit d'envol des oiseaux nocturnes, effrayés par son exclamation, ne faisait qu'amplifier sa colère.
Il se leva puis se détourna de l'homme qui resta, lui, assis.

Kikusuke - « Reviens ! Je suis désolé, je ne savais pas ! »

Sa voix devenait de plus en plus faible à mesure que s'en éloignait, et pourtant il n'était pas si loin que ça. A peine à l'autre bout du bosquet.
Il avait chaud, et froid. Ce n'était pas un simple mal de tête, mais une onde continue, comme si on lui donnait des coups directement sur le cerveau, sans s'arrêter. A cela venait s'ajouter des nausées incontrôlables, telles qu'il était plutôt satisfait de ne pas avoir dîné finalement.
Ses jambes n'avaient plus la force de faire un pas de plus, et déséquilibré, il chuta, se retrouvant face contre terre. Il pût seulement se redresser, et à l'aide de ses bras, se caler contre le tronc d'un arbre, à une dizaine de mètres du feu et du botaniste.

- « … non... laissez la... prenez... »

L'enfant parlait dans son sommeil. Oui, c'était encore un enfant comparé à lui. Malgré ses faux airs de combattant aguerri, il n'était qu'un gamin fragile. Un gamin fragile qu'il avait vexé. Alors que les premières lueurs du matin apparaissaient, Kikusuke était déjà debout. Il avait pris l'habitude de suivre le rythme des plantes qu'il cherchait, et même si la nuit avait été plutôt courte à cause cette la rencontre fortuite, il s'était tout de même plié à ses rigoureuses règles.
Il prit soin de ne pas réveiller le jeune homme, et plaça sa veste sur lui, afin de le réchauffer, peut-être dans l'espoir de se faire pardonner. , comme il prétendait s'appeler, était susceptible, mais il reconnaissait avoir faire preuve d'une certaine impolitesse. Il passa une bonne partie de la matinée à entretenir le feu, et à attendre que son hôte (il n'était arrivé içi qu'en second) réussisse à s'extirper de ses cauchemards.

Néanmoins l'attente fût trop longue pour ne pas épuiser sa patience. Il se dit qu'il pouvait se rendre plus utile en allant chercher de quoi déjeuner. S'il était perdu, il n'avait pas pour autant de réel problème pour subvenir à ses besoins alimentaires : savoir reconnaître les baies et les herbes comestibles, c'était tout un pan de sa voie.
Il décida tout de même d'emprunter un des sabres du jeune garçon, pour marquer son chemin, et se défendre, juste au cas où. Posée sur le sol, à côté du corps amorphe de , la plus basique des lames. Il la prit, et commença à s'éloigner du camp.

- « Vous comptez aller où avec ça ? »

Attrapé la main dans le sac, la voix du jeune garçon, transformée en partie par la fatigue, en partie par la vive colère causée parce qu'il considérait comme un coup dans le dos, l'avait surpris (à tel point qu'il en lâcha le sabre). s'était levé précipitamment, jetant la veste de Kikusuke au loin. La main sur la poignée de sa lame saphir, il avançait, écrasant le sol à chaque pas. Le botaniste se protégea la tête avec ses bras, mais le jeune garçon n'en avait rien à faire. Il ramassa le sabre, puis le dégaina.
La lame était fendue de par en par, et le moindre mouvement avec menaçait de la disloquer. Il regarda le fêlure, puis l'homme en face de lui. Sans un mot, il lui tourna le dois une fois de plus, s'enfonçant plus profondément dans la forêt ...

MessageSujet: Re: Ce n'est que le métier qui rentre   Mer 25 Avr - 21:23

Tout commençait mal. Son estomac était vide depuis le matin du jour d'avant, son second sabre était brisé et en plus il s'était perdu à son tour dans cette étendue sylvestre très particulière ; à mesure qu'il avançait, la pente s'accentuait, le laissant deviner qu'il se trouvait en réalité sur une des montagnes du pays de la foudre, étouffée par la verdure, et dont seul le sommet était reconnaissable. Mû l'avait vu au loin lorsqu'il se trouvait sur la route, mais s'imaginait qu'il s'agissait d'une petite montagne, à part entière, bien loin de son point d'observation. Comme quoi, les apparences sont trompeuses.
La colère et la hâte lui avaient fait oublier de marquer son chemin, et les arbres se ressemblaient tous. Même en ayant gardé le cap, comme il l'avait toujours fait (grimpant aux arbres qu'il ne pouvait contourner) il s'était retrouvé, soit dans une impasse, soit à son point de départ.

- « Je dois sans doute tourner en rond... »

Il se tenait le ventre, des gargouillis très bruyants s'en échappaient. La faim l'omnibulait, et il avait du mal à penser à autre chose . Il s’arrêta un moment, et s'assit sur une branche, laissant pendre ses jambes : il essayait de localiser un animal à dévorer, le feu qu'il avait allumé, ou juste de s'occuper l'esprit. Son regard avait balayé de nombreuses fois tout ce qui se présentait à lui, mais ce n'est qu'au bout de plusieurs minutes qu'il réalisa que l'endroit lui disait quelque chose. Il ne se souvenait pas quand, mais il était assurément déjà venu içi.
Sa sœur et son frère lui vinrent à l'esprit, mais il fit de son mieux pour les chasser de son esprit : il allait déjà assez mal comme ça. Malgré tout, ils lui rappelèrent son objectif : ramener Keiko ; c'était justement ce pourquoi il était parti, pour retrouver celle qui avait toujours veillé sur eux, et qui compléterait, si ce n'est leur, son équilibre.
L'échange équivalent, un concept à la base de son raisonnement : théoriquement, il savait que le prix pour retrouver quelque chose qui lui était si cher allait être élevé ; mais combien de jours devrait-il tenir, loin de ceux qu'il aimait, la faim pour seule amie, dans l'inconnu le plus total ?

- « Au moins j'ai le temps pour faire du tourisme, ironisa-t-il. »

Il ne voyait pas le soleil d'içi, mais la chaleur lui faisait comprendre que cette journée aussi allait être éprouvante s'il ne trouvait pas rapidement de l'eau.
Il ne pouvait plus se laisser aller, c'était une question de survie. Il essaya d'analyser son chemin jusqu'içi, se rappelant de …

??? - « Gruuuoooo... Ruuuuaaaahh ! »

Kikusuke - « Ahhhhhhhhhhhhh ! »


Un coup qui sonnait comme une détonation le tira de ses pensées. Il avait entendu un cri familier, venant de derrière lui. Il se redressa, prêt à descendre de l'arbre, mais se ravisa. Après tout, il n'avait rien à voir avec cet homme, et il avait, en cassant sa lame, saboté ses chances de survie. Il n'y avait aucune raison logique qui pouvait le pousser à sauver un être si faible : si on n'a pas la force de défendre, il vaut mieux rester chez soi.

Kikusuke - « A l'aide, au secours ! Au secours ! Ahhh... »

Les cris du botaniste lui tapaient sur le système, et il se boucha les oreilles pour ne pas les entendre : il ne voulait pas être concerné ; mais comme si le destin prenait plaisir à aller contre sa volonté, la course-poursuite amena Kikusuke, trébuchant au pied de l'arbre sur lequel se tenait . Un ours massif le suivait, au pas de course.
Acculé contre le tronc, l'homme cherchait désespérément un échappatoire.

Kikusuke - « Au secours ! , je sais que tu es là, sauve moi ! Je suis désolé ! »

L'animal, percevant que sa proie avait perdu tout espoir de s'échapper, prit un malin plaisir à approcher, lentement, savourant les derniers instants de la chasse. ne voulait pas descendre et prendre des risques pour un homme contre qui il était toujours en colère.
La bête n'était plus qu'à deux mètres de Kikusuke, mais elle levait déjà sa patte musculeuses aux griffes démesurées, l'air féroce.

Un flash. La scène était la même. Sauf que c'était qui allait mourir. Et que l'ours était un homme. L'endroit aussi était différent, mais tout était pareil. Il s'en dégageait le même sentiment de désespoir, de tristesse, et de jubilation sanguinaire.
Sauf que cette fois-ci, il y avait quelqu'un pour sauver la victime.
Il sauta, pointant la lame bleutée vers la tête de l'animal. Il était sorti vainqueur d'un combat contre un bandit notoire, il avait survécu lorsqu'ils s'étaient battus à deux contre lui seul, et s'était acharné à l'entraînement pendant deux ans. Il allait en finir vite.

La force qui lui brisa une cote sur le coup lui fit comprendre que les certitudes n'ont pas leur place dans un combat. Son corps valsa sur le côté, glissant sur le sol. La douleur lui avait fait perdre conscience pendant un bref instant. Lorsqu'il eût repris ses esprits, il planta la lame dans le sol pour stopper son dérapage, et se redressa avec difficulté.
Kikusuke s'était réfugié derrière un arbre, et semblait chercher quelque chose dans sa besace. réalisa qu'il était seul, de nouveau, face au danger. Et cette fois-ci aussi, il l'avait cherché ; mais ils pouvaient fuir !

– [Il ne me reste qu'à …]

Il regarda autour de lui, prenant soin de garde l'ennemi dans son champ de vision. Il était perdu, perdu sur le terrain de chasse de son adversaire. A quoi bon fuir ? Il n'avait pas la force de courir autant. Et puis qui savait où il pourrait atterrir ?

– [On pourrait même tomber sur le reste de la famille ours. Non merci. Aah …]

Il se tenait le ventre, mais cette fois-ci seule sa cote fêlée l'inquiétait, la faim étant passée au second plan. Enfin, pas vraiment. L'énergie lui manquait, et sans son second sabre, il se sentait handicapé : après sa défaite contre deux adversaires, il s'était entraîné à pouvoir répondre aux assauts de plusieurs adversaires, et son style de combat avait mué : avec deux armes, il n'avait aucun angle mort.
Il resserrât son emprise sur l'épée qui lui restait, et se mit en garde. L'animal avait étrangement attendu que sa proie se relève. Code de l'honneur ou envie de combat, face à un plat qui pouvait offrir de la résistance ? Peu importait à . Il n'allait pas mourir içi, même si tout jouait contre lui.
Il allait vivre et crier sur le vieil homme. Il allait vivre et sortir de cette forêt. Il allait vivre et retrouver celle qu'il cherchait.

MessageSujet: Re: Ce n'est que le métier qui rentre   Jeu 26 Avr - 7:05

Il esquivait avec grâce les attaques puissantes de l'animal, cherchant une ouverture pour terminer le combat en un seul coup. Il était faible, la faim, et les restes de l'ivresse de la nuit passée n'avaient pas disparu. Bien qu'un novice tel que Kikusuke n'aurait pas pu le voir, un œil juste un peu plus entraîné aurait bien vite décelé la lourdeur et l'hésitation dans les mouvements de . Les frappes successives de l'ours avaient abîmé les arbres alentours, assez pour convaincre le jeune garçon qu'une seule attaque adverse menée avec succès équivaudrait à un « game over ».
Il se rendit bien vite compte qu'il ne pourrait virevolter bien longtemps avec l'énergie qui lui restait.
Il en dépensait trop ; pourtant il appliquait ceux que Keiko lui avait appris. Elle, elle ne transpirait jamais, même après plusieurs heures à ridiculiser les gymnastes les plus éminents du pays. Peut-être était-ce du à ses heures d'entraînement qui pouvaient se compter par milliers, ou peut-être à une astuce tout bête et simple à mettre en place. Il essayait, en vain de se souvenir.

Kikusuke - « Attention ! »

Il avait fermé ses yeux, (en partie parce qu'il essayait de se remémorer les gestes exactes de sa sensei, en partie parce que son corps aspirait à se reposer), et n'avait donc pas vu arriver les deux pattes qui se croisaient pour lui déchiqueter le torse. Il mit ses bras devant lui, utilisant les gantelets pour mieux parer. Le choc fut rude, mais il put absorber une grande partie du coup ; la puissance dégagée par le heurt avait ouvert subitement la sacoche de , laissant tomber son carnet et sa plume.
Il plongea (d'instinct, son bon sens consommait trop d'énergie pour être maintenu), roula, et de justesse, attrapa le carnet, tandis que l'ours rageur écrasait la plume. Il épousseta le cahier et l'ouvrit, comme si il avait le temps de relire tranquillement ce qui était écrit, en pleine bataille.
La caresse d'un rayon de solaire qui s'était faufilé entre les feuillages annonçait sa victoire, et le retournement de situation. Il rengaina la lame saphir, puis jeta le fourreau du sabre déjà cassé vers Kikusuke. La situation était désespérée : son adversaire ne présentait aucun point faible, ou plutôt il n'était pas dans un assez bon état pour prendre les opportunités offertes.

- « Autant tout miser sur cela, se susurrât-il. »

Il était à bonne distance de la bête féroce, qui ne bougeait plus, reprenant son souffle mais continuant d'émettre un râle menaçant, comme pour leur signifier que le combat n'était pas fini. Les cabrioles du garçon semblaient avoir aiguisé son appétit. Il se lécha les babines, laissant couler un filet de bave au sol.
Se sentant ridicule, joignit son index et son majeur droits, puis les fit passer dans un cercle formé par son pouce et son annulaire gauches, le tout surplombé par l'index et le majeur gauches, eux aussi accolés. Il ferma les yeux, s'exposant une nouvelle fois au danger. C'était quitte ou double. Évoluer, ou mourir. Et la mort, à qui il avait déjà échappé une fois, semblait impatiente de le recevoir.
Ces histoires d'énergie, le chakra, tout cela était bien obscur. Une force présente en chacun, qui pouvait prendre n'importe quelle forme, influencer n'importe quoi. La progression et l'évolution à l'état pur. Les dessins qu'il avait recopié sur son carnet parlaient de l'utiliser, ou plutôt justement de ne pas l'utiliser, pour se ménager. De ne faire que les mouvements nécessaires. C'est ce que faisait Keiko : ce qu'il fallait. Ni plus, ni moins.

Il visualisa en lui une sorte de fumée jaune, très vive, dispersée dans tout son corps. Il devait y en avoir plus en temps normal, mais les circonstances ne lui permettaient que d'en voir une partie.

Ours - « GRRuaaaaa ! »

Kikusuke - « Qu'est-ce que tu fais fiston ?! Dégage de là ! »


Il entendait les pas lourds de son adversaire, mais ne pouvait se permettre de le regarder. Se déconcentrer l'aurait mené à l'échec, à la mort. La fumée était très vive, de plus en plus vive, devenant plus une sorte de feu disparate, qui après être arrivé au summum de la brillance, ne laissait à l'endroit où il disparaissait que néant.

Mû – [Mon énergie... C'est incroyable...]

Il le sentait, ce feu. Il le sentait pleinement. Des flammes jaunes, aux contours électriques.
Avec la force de sa volonté, il tentait de ramener vers le centre cette énergie. Il fallait tirer de toutes ses forces et...
Ses yeux s'ouvrirent, le rattachant à la réalité. Un nouvel assaut, cette fois-ci une morsure.
Le garçon fit un salto arrière pour esquiver, et ferma les yeux dès qu'il se réceptionna.
Tout ce qu'il avait réussi à ramener au centre était parti dans ses bras et dans ses jambes. L'effort de faire le salto avait sublimé les flammes jusqu'à les transformer en vide. Il rouvrit les yeux.
L'ours enchaîna son attaque avec un coup de la patte gauche, que Mû n'esquiva qu'en reculant son torse, laissant le membre de la bête le frôler. Pour vérifier sa théorie, il ferma une fois de plus ses yeux, l'espace d'un quart de seconde : ce qu'il restait d'énergie au centre était encore vif, loin de la brillance qui précédait le néant.
Le livre avait raison : moins il bougeait, moins cette énergie était dépensée, et moins vite étaient consommées les flammes.
Pour parachever le suivi de la technique contenue dans le carnet, il cria :

- « Yokusei ! »

Une esquive au millimètre. La dernière. L'ours était fatigué, et avait commis l'erreur de se mettre sur ses deux pattes arrières pour écraser le garçon en lui tombant dessus, alors que ses mouvements devenaient plus lents, et plus faciles à lire. D'un coup sec, dégaina et l'entailla le long du ventre.
L'heure n'était plus à l'économie, et les dernières flammes furent épuisées par les trois coups d'estoc qu'il porta à la bête pour en finir. Il n'entendait plus rien, et observait avec regret le sang qui l'avait éclaboussé. Ce n'était pas celui d'un humain, mais chaque vie comptait à ses yeux ; mais il est des fois où l'on ne peut échapper au dénouement d'un combat, où seule la mort de l'adversaire nous offre la possibilité de continuer notre vie.

Il était totalement H.S., et se laissa tomber.

Kikusuke - « Hey petit, reste avec moi ! T'as fait le plus dur, reste avec ... »

s'endormit, le sourire aux lèvres : il n'avait pas laissé la victoire lui passer sous le nez cette fois-ci.

MessageSujet: Re: Ce n'est que le métier qui rentre   Dim 29 Avr - 20:38

Il se réveilla plusieurs fois le jour suivant, entre deux rêves ; mais il ne restait pas assez longtemps conscient pour voir clairement Kikusuke s'occuper de lui. Ce n'était que quelques images qui venaient s'ajouter à ses songes.
Le ciel était gris, et la pluie s'écoulait doucement des cieux. Il repris connaissance, et doucement, se redressa. Il s'attendait à ressentir une douleur, mais il était en parfaite santé. Devant lui, l'homme pour qui il s'était battu tentait tant bien que mal de maintenir le feu en vie, juste assez pour que son bouillon finisse de cuire.

- « Ca fait … combien de jours que je dors ? »

Kikusuke - « Deux. Jouer les héros, ce n'est pas ton fort... Je suis tout de même heureux que tu m'adresses la parole. »


Le garçon, surpris par ces mots, se rappela des raisons qui l'avaient poussé à presque abandonner celui qui s'était occupé de lui dans son inconscience. Il se renfrogna d'abord, regrettant de lui avoir de s'être adressé une fois de plus à lui ; mais très vite il comprit qu'il n'était plus en colère.

Kikusuke - « J'aimerais te dire... J'aimerais te dire merci. Tu aurais très bien pu me laisser là, et je l'aurai mérité, vu que j'ai cassé ton instrument de travail. »

Sa voix, pleine de remords, était grave. Cela mettait vraiment mal à l'aise : même si depuis le début il était « la figure dominante du tandem », entendre un homme qui avait dix fois son expérience s'excuser auprès de lui, c'était … étrange. Et effroyablement responsabilisateur : la défaite aurait entraîné sa mort et celle de son compagnon de route provisoire. Avoir des vies entre ses mains, ce n'était définitivement pas sa tasse de thé.
Les derniers mots de Kikusuke le frappèrent alors qu'il se relevait gauchement, étant tout de même engourdi, après deux jours passés dans les bras de Morphée.

- « Mon instrument de travail ? »

Kikusuke - « Ton sabre. Même tu as réussi à nous tirer d'affaire avec un seul, je suppose que le deuxième ne sert pas qu'à décorer, si ? »

- « Ne vous en faîtes pas pour ça. On ne peut pas espérer qu'une lame forgée par un quelqu'un qui ne s'occupe que de fers à cheval et de casseroles cassées soit durable. Frotter le plat contre le silex pour allumer le feu à dû l'affaiblir. Il vaut mieux qu'il soit cassé comme ça, plutôt qu'en plein combat. »

Kikusuke - « Je vois... Mais je ne comprends pas, pourquoi ne pas avoir acheté le second chez un forgeron, spécialisé dans les armes ninja, dans ton village ? C'est ce que tu as fait pour le premier pourtant. On voit bien que ce n'est pas n'importe quoi. »

- « Tout simplement parce que... je ne suis pas un ninja ? »


Le quadragénaire rit aux éclats suite à la réponse de Mû, au point de laisser couler une larme. Il posa le bol qu'il tenait fébrilement pour éviter de renverser son contenu. Son rire était communicatif, et alors même qu'il venait de se réveiller et n'était pas spécialement d'humeur joyeuse, un sourire vint courber l'expression désabusée de .

Kikusuke - « Aahh … J'ai jamais entendu un menteur aussi mauvais ! Hahaha... »

- « C'est pas excuse, dit-il, scandalisé. »


Le botaniste s'était levé, et faisait maintenant face au jeune homme.

Kikusuke - « Yokusei, la maîtrise du NIN-jutsu ? Ca te parle ? »

- « Je ne savais pas. J'ai juste fait ce que j'ai recopié là-dedans. »

Chaque mot qu'il prononçait pour se justifier lui semblait être un effort inutile de plus que l'obligeait à faire son interlocuteur. Cela lui courrait sur les nerfs. Il lui tendit le carnet, à la page qui détaillait comment maîtriser son chakra, pour apporter ce qu'il voyait comme l'ultime preuve de sa sincérité.

Kikusuke - « Effectivement ; mais tu n'as pas sorti ce savoir de ton... »

Il s’arrêtât, et donnait l'impression d'avoir été figé, comme une statue plus vraie que nature. Il posa ses bras sur les épaules de Mû, qui le scrutait d'un regard inquiet.

Kikusuke - « Tu sais quoi ? Je n'ai pas besoin de savoir ce que tu es, et je n'ai pas de raison douter de toi. Tu m'as sauvé et accueilli alors que j'étais perdu dans ces bois. Si tu me dis que tu n'es pas un ninja, je te crois. »

Il tapota deux fois l'épaule droite de de sa main gauche, et resta planté devant lui, avant de se rendre compte que sa mixture refroidissait. Il la ramassa et la tendit à .

Kikusuke - « Vite, bois ça avant que ça ne refroidisse. C'est... »

Il n'eût pas fini sa phrase que le jeune homme avait déjà englouti la moitié du bol : il avait tellement soif.

Kikusuke - « … ignoble, mais il faut que tu boives le tout. »

Effectivement, il dut mettre ses deux mains devant sa bouche et lever sa tête pour ne pas tout vomir. Amère et trop sucrée en même temps, brûlante et laissant un arrière goût sans comparaison, entre le goût du métal et celui de la terre. Écoutant les conseils de son médecin, il consomma le reste de la boisson (bien qu'il n'en eût pas la moindre envie), s'essuya les lèvres et tendit le bol à Kikusuke avec son autre main.

- « Qu'est-ce que... *rot* c'est ? »

Kikusuke - « Huile de riz, écorce de chêne, plusieurs plantes des environs dissolues, et caetera et caetera. Un petit remontant, qui booste le métabolisme. Même les jeunes gens en pleine santé ne peuvent réparer leurs cotes cassées en dormant. Il leur faut parfois l'aide d'un vieux fou et ses potions, dit-il en lui faisant un clin d'oeil. »

sourit à cette remarque. Sa première impression était bonne : cet homme était vraiment sympathique. Néanmoins, quelque chose le dérangeait tout de même, et il essaya d'en découvrir plus sur le passé de son compagnon d'infortune durant les quelques jours qui suivirent ; Kikusuke avait prescrit du repos, et tentait toujours de se faire pardonner de la casse du katana de en apprenant à ce dernier à repérer des plantes et des baies comestibles, des végétaux venimeux ainsi que les fruits constituant la base de l'alimentation de nombreux animaux.

- « Vous êtes un homme bien étrange. Vous auriez aisément pu faire partir l'ours avec l'appât pour gros prédateur que vous m'avez montré hier. Pourquoi ne pas l'avoir fait ? »

Kikusuke - « Il faut croire que je ne pense pas assez, même quand ma vie est en jeu. Et puis après, lorsque tu as commencé à combattre, je ne pouvais pas t'interrompre : c'était un de ces combats qui vous grandit... »


L'espace d'un instant, vit une lueur traverser le regard, d'habitude vide, du vieil homme.

- « Étrange, j'ai le mot juste. « Un de ces combats qui vous grandit » ? Comment reconnaître ce genre de combats si l'on en a jamais mené ? »

Kikusuke - « L'oeil d'un botaniste doit être acéré, pour repérer les plantes qu'il désire dans le grand ensemble de la création... »

- « Je pourrais vous retourner votre fou rire. Le coup du « je rajoute du faux mystère pour changer de sujet », c'est vu vu et revu ! »

Kikusuke - « Trop curieux mon ami, tu es trop curieux. Enfin, je te dois bien ça. Disons que... comme toi, j'ai du me mettre en mouvement. Rester là où j'en étais ? Impossible. Et puis, je ne pouvais pas revenir en arrière non plus. Personne ne le peut vraiment. Lorsqu'on revient sur ses pas, on ne fait que prendre un autre chemin. Rien n'est plus pareil. Je ne pouvais pas non plus avancer. Il me manque... quelque chose afin de pouvoir aller de l'avant. Alors j'ai simplement pris une autre voie. »

- « Hum... regardez, j'ai pris une autre voie : je me suis perdu dans les bois sans nourriture, j'ai perdu un sabre et j'ai failli me faire déchiqueter par un ours. J'aurais peut-être mieux fait d'avancer non ? »

Kikusuke - « Voilà qu'un garçon qui aurait pu être mon fils me raisonne. »


Le reste se passa sans accroc, et le temps fila à une vitesse ahurissante, jusqu'au moment des adieux. Ils étaient revenus sur la route, dévoilant à Kikusuke qu'il avait marqué le chemin. Une fois arrivés, il se serrèrent la main, et restèrent un petit moment face à l'autre. L'épreuve les avait rapprochés alors même qu'ils ne devraient sans doute plus jamais se voir.

Kikusuke - « Ces quelques jours passés ensemble furent... pour le moins surprenants ; mais pour le moins sympathiques, dit-il en souriant. J'espère que tu retrouveras celle que tu cherches. Si je puis seulement te donner quelques conseils : premièrement, ne montre à personne que tu sais ou que as sur toi, couchée par écrit, les débuts d'une technique ninja. Tu serais la cible de shinobis ou de marchands peu scrupuleux qui voudraient te le dérober. Secondo, évite de t'endormir après chaque combat : on ne peut pas vraiment appeler ça une victoire si tu tombes inconscient dès que tu défais un de te ennemis. Et enfin, fais confiance aux gens qui le méritent. Le monde est très vaste, et encore plus dangereux. »

- « Merci pour les conseils, répondit-il respectueusement. Et pas besoin d'espérer, c'est certain ! »

Kikusuke - « Garde les poses de champion pour ton prochain combat, et attends que ton adversaire soit au tapis si tu ne veux pas le tuer de rire. Allez, il vaut mieux que je me mette en route. Je passerais tes amitiés à messire Jin et mademoiselle Ayumi. »

- « Merci. Merci beaucoup. »


Le vieil homme lui fit un signe de main, et se mit à marcher dans la direction que lui avait indiqué Mû. Ce dernier partit lui dans le sens opposé, impatient de découvrir quelle serait la prochaine étape de son voyage.
Dans son sac, un peu de nourriture amassée au fil des jours dans la forêt. Dans sa tête, beaucoup de nouveau savoir, et des pensées pour son village. Dans son cœur, de la joie et de la tristesse, de l'assurance et des inquiétudes.

- [ J'espère rencontrer d'autres gens aussi intéressants. Ce vieil homme... J'espère qu'il pourra avancer. J'espère que je pourrais avancer... ]

Kikusuke - « Quoi que tu fasses, saches que tu le fais pour quelque chose ! »


Ils étaient déjà à bonne distance, à tel point que le botaniste devait crier de tout ses poumons pour se faire entendre.

Kikusuke - « Suis ton chemin, suis le sans regrets ni peurs, et c'est à ce moment que tu avanceras ! »

C'étaient les mots dont il avait besoin. Un dernier petit boost. Il répondit aux signes de main du vieil homme et poursuivit son chemin vers l'inconnu, sûr de lui.

MessageSujet: Re: Ce n'est que le métier qui rentre   Lun 30 Avr - 5:16

Mû :
: +42 XP
: 0% Bonus Inclus
: Technique validée

: C'était une bonne session et tu introduit un PNJ sympathique.
J'ai trouvé l'ours vraiment machiavélique ! Adepte de la torture le pauvre ? Razz
Continue de t'amuser, c'est très bien ce que tu écris Smile

MessageSujet: Re: Ce n'est que le métier qui rentre   Lun 30 Avr - 5:37

Ooh, le compliment qui me va droit au coeur (si j'en avais un, niark niark).
Oui, j'voulais détailler un peu plus l'ours qui joue avec son goûter, mais ensuite j'aurais pas pu remettre mon perso sur pied rien qu'avec une tisane ^^'
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MessageSujet: Re: Ce n'est que le métier qui rentre   

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