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 Kanjin de rang D - Rupture difficile

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MessageSujet: Kanjin de rang D - Rupture difficile   Ven 4 Mai - 7:15

Plusieurs semaines s'étaient écoulées depuis la rencontre avec Kikusuke, et avait déjà la tête et les pieds ailleurs. Il avait vraiment très faim. Soufflant sur le bout de ses doigts, non protégés par les gantelets, il créait une fumée provenant de la différence de température entre ses expirations et les fraicheur ambiante. Les vêtements qu'il portait le couvrait, certes, mais il aurait aimé retrouver sa couette bien chaude, chez lui.
Mais il était un nomade désormais.

- { Je suis un voyageur, pur et dur... Bien que je dirais pas non à thé préparé par Miyaki... Je me demande d'ailleurs si Jin l'a déjà larguée... }

Il pensait toujours à son foyer, mais plus en termes de regrets : il n'y voyait que du réconfort dans les temps les plus sombres et une récompense qui lui reviendrait quand sa quête serait finie. Il gardait dans un coin de sa tête son objectif final, mais il avait appris avec le temps à apprécier chaque étape du chemin. De l'architecture des différents villages et villes qu'il avait visité aux personnalités toutes plus atypiques les unes que les autres, partir lui avait apporté ce que n'aurait pu lui donner une vie paisible à la maison.

Il avait voyagé de Nisaï jusqu'à la capitale du Pays de la Foudre. Après une éternité passée à montrer un dessin représentant Keiko aux gens suceptibles de remarquer une étrangère dans cette fourmilière humaine (aubergistes, commerçants, rabatteurs...), il avait entendu parler de Suigara, le marché noir de Kawa No Kuni. Un homme aux cheveux rouges, et étrangement charismatique, avait entendu ses interrogations et guidé sur la piste du lieu "où certaines réponses peuvent se trouver, pour ceux qui savent chercher". Bien sûr le tavernier tenta de dissuader Mû : ce lieu est bien trop dangereux, surtout pour quelqu'un de si jeune ; mais il était déterminé, et le bouffon du roi auburn finit de le convaincre.

Nago – "Le danger est une limite que tu ne sembles pas prendre en compte, renard, dit-il en riant et tirant sa révérance."

Le garçon passa plusieurs jours à explorer et à visiter, aidant à l'occasion un marchand de légumes avec qui il avait sympathisé, et qui le payait pour faire quelques courses en ville. En plus de l'argent, il apprenait quelques ficelles du métier.

Les quelques ryos qu'il avait pu économisé passèrent à la trappe dans l'achat d'une cape de voyage, d'une carte et de provions. Le jour du départ était bien vite arrivé, et bien qu'il s'était réhabitué à une vie routinière, il n'était pas mécontent de retrouver cette indépendence apportée par le temps passé à arpenter les routes. Il avait changé, et rien ne le retenait. La destination était claire, et ses lacunes d'orientation compensées par la carte sur laquelle les escales du chemin ainsi que sa position actuelle étaient inscrites. Rien ne pouvait le détourner de son objectif.

Rien, si ce n'est la volonté de la nature elle même. Une tempête de neige s'était abattue sur le passage de transition entre le Pays de la Foudre et celui de la Neige, et elle semblait vouloir durer. Le blizzard l'empechait de continuer, et il dut rebrousser chemin, littéralement. Heuresement pour lui, son ami commerçant lui avait préparé un second chemin, bien plus long certes, mais au moins il n'aurait pas à rester immobile. Il avait cela en lui : plus que l'appel de la nature, un besoin de rester en mouvement pour se sentir exister.
C'était comme ça qu'il s'était retrouvé sur un bateau pour Uke. Une traversée éprouvante, grace à laquelle il put découvrir qu'il était sujet au mal de mer.

– "Enfin... Le calvaire... est fini..."

Son premier pied à terre fut une délivrance. Après avoir posé le second, il se dirigea, avec maladresse causée par ses récentes nausées, vers le guide qui attendait les nouveaux voyageurs à la sortie du port.

Guide – "Bienvenue au Pays de l'eau chers amis. Vous ... bla bla bla bla... "

Tout du moins, c'est ce qu'entendait . Il avait extrêmement faim : les quelques repas servis sur le navire n'étaient pas très nourrissants, et les vomir l'avait empeché de reprendre des forces. Ses oreilles ne fonctionnèrent que quand le guide se mit à parler de nourriture.

Guide - "... et de nombreux établissements où les spécialités culinaires de notre glorieux archipel se dévoileront à vos papilles. Veuillez néanmoins garder à l'esprit que pour votre sécurité, il est toujours plus prudent de faire profil bas et de ne pas montrer l'étendue de vôtre richesse : même si ce n'est pas une caractéristique propre à notre terre, l'insécurité est tout de même un léger problème auquel nous..."

– "Manger où ?!!!!!"

Il avait vraiment, vraiment, vraiment très faim. Et l'homme parlait trop. Ce n'est que quand il sentit un filet de bave couler de son menton qu'il se rendit compte du nombre de regard sur lui, et du silence pesant qui s'était installé après son intervention innapropriée ; silence qui fut rapidement brisé par les cris d'une femme, émanant d'un restaurant sur leur droite.

??? - "Non, vous mentez ! Il n'aurait jamais fait ça ! On l'a enlevé , c'est certain !"


Dernière édition par Mû le Mar 8 Mai - 13:52, édité 1 fois

MessageSujet: Re: Kanjin de rang D - Rupture difficile   Dim 6 Mai - 22:23

Attiré par l'odeur appétissante, Mû s'assit à une table et attendit qu'on s'occupe de lui, somnolant sur sa chaise. Des heures, ou quelques secondes plus tard, une belle jeune serveuse, de longs cheveux bruns bouclés chutant d'une manière très élégante jusqu'à sa poitrine, raisonnable mais agréable à l'oeil : ceux du garçon furent inévitablement attirés dans son décolleté.

La partie humaine reprenant le dessus sur l'animal affamé, il se décida à la regarder dans les yeux, avec le sourire que son étiquette personnelle lui dictait. Elle semblait plutôt habituée à ce que l'on ne regarde son visage qu'en second, et presque flattée que Mû semble s'intéresse à elle.

Serveuse – "Bonsoir... chez client."

– "Cher client ? Plus distant tu meurs, déclara-t-il en feignant une déception et en tournant la tête. Je ne vois personne à part les deux au fond, donc, tu pourrais..."


Il lui prit la main délicatement, mais son ventre bruit émit un gargouillis qui aurait pu réveiller un mort. Ce qu'il perdit en verbe fut remplacé par le rire irritant de son hypothétique conquête, qui déposa un menu devant lui et repartit vers les cuisines.

Une demi-heure plus tard...

Il était seul désormais. Seul, finissant sont plat, faisant indirectement face à la tenancière qui le regardait d'un air suspect. Il ne semblait pas s'en soucier, et appréiciait la cuisine rudimentaire comme si cela avait été préparé par le plus grand chef du Pays de L'Eau. Ces semaines passées sur les routes lui avaient appris à ne pas faire la fine bouche, et ce n'était pas si mauvais que ça à vrai dire.

Il vit la serveuse saluer la patronne, et sortir sans même lui adresser un regard.

– "J'ai plus le fluide... Il a du rester sur le continent... De toutes façon, je vais pas faire de vieux os içi..."

Patronne – "Vous risquez, si vous n'avez pas de quoi payer..."

– "Vous pensez réellement que je viendrais si je n'avais pas de... mo..."


Il fouilla dans sa saccoche : l'argent n'était pas où il devait être. Il devait être entre la page de couverture et la première page de son carnet. Mais il n'y était pas. Il n'y avait rien du tout.

– "Je vous jure que j'avais une bonne centaine de ryos dedans..."

Elle vint dérrière lui, posant sa main gonflée sur son épaule. Elle n'était pas très grande et plutôt enrobée : la puissance de sa poigne en était une autant plus grande surprise.

Patronne – "Et je suis sûre que vous allez les retrouver bien vite, puisque vous ne voulez pas que j'appelle la garde..."

La mauvaise haleine de son accusatrice lui fouettait la joue, et il aurait juré qu'elle prenait un plaisir malsain à jouer cette comédie.

– "Je... Ecoutez... Je peux..."

Patronne – "Aller en cuisine et commencer la vaiselle ? Oui, tu ferais mieux, aujourd'hui était une bonne journée, et tu risques d'en avoir pour longtemps mon petit..."


Il sentit les ongles de la vieille harpie s'incruster dans sa peau, réactivant la douleur sur son bras droit. Il serra les dents et se leva, prêt à éponger sa dette...

MessageSujet: Re: Kanjin de rang D - Rupture difficile   Lun 7 Mai - 6:04

Trois jours plus tard

Une fois de plus, l'éponge lui faisait face. Il avait l'impression qu'il ne pourrait jamais le faire, mais comme d'habitude, il finissait bien par laver toute la vaiselle. C'était le seul moyen de revoir la lame saphir.
Elle lui avait pris la lame pour s'assurer qu'il ne partirait pas : bien qu'au début il protesta, elle lui fit vite comprendre qu'un "voleur" comme lui ferait mieux de se plier à ses exigences, s'il voulait éviter la geôle. Il haïssait cette vieille femme qui passait son temps à critiquer son travail. Bien sûr il n'était pas le plus doué pour la plonge ou le ménage, et il lui était arrivé de laisser tomber une ou deux assiettes ; mais pour quelqu'un qui n'était pas rémunéré, il se trouvait plutôt efficace.

Une fois la boutique fermée, il passait le balais puis lavait les récipient et ustensiles de cuisine. Enfin, il faisait les comptes. En tout cas, il savait que si jamais il devait travailler plus tard, il ne se lancerait pas dans la restauration, ni dans la comptabilité. Les quelques notions qu'il avait retenues de ses études l'aidaient, certes, mais il dut recourir plusieurs fois à l'aide de la serveuse.

C'était d'ailleurs le seul point positif de toute cette histoire. Avec le temps, il semblait que son "fluide" revenait.
Elle venait de rentrer des comissions que la patronne lui avait envoyé faire.

– "Rei ?"

Rei – "Oui, je passe en coup de vent, je dépose juste ça..."


Elle entra dans les cuisines, portant à deux mains un sac en toile qui devait contenir une quantité astronomique de condiments. Elle avançait péniblement, trainant le sac sur le sol. Mû posa le bol qu'il tenait dans ses mains, et avança vers la serveuse (Rei) pour l'aider.

Rei – "Non, c'est bon, je peux le faire !"

Le dos courbé sous l'effort, tenant le sac d'une main, elle mit son autre main devant elle, comme pour établir une barrière qui la protégerait, mais le garçon n'en eût cure : il décala son bras et lui prit
le sac de force.

– "Laisse moi m'occuper de ça, dépêche toi de rejoindre ton amie. Tu dois pas être en retard pour ton au... aud... au-quoi ? "

Rei – "Audition. Mais, tu sais même pas comment et où ranger tout ça ?"

– "C'est bon, je me démerderais, dit-il en portant le sac jusqu'au placard."

Rei – "Mais..."

– "Si la vieille me compte au pro-rata, ranger tout ça m'économisera au moins deux jours."

Rei – "Mais..."

– "Vas !"


Elle le prit dans ses bras et lui embrassa la joue. Ce n'était pas la première fois qu'une fille l'embrassait sur la joue, mais celle-ci lui plaisait, vraiment. Il sourit et posa sa main sur le côté qu'elle venait de baiser. Elle se retourna et se dirigea vers la sortie, mais revînt sur ses pas.

Rei – "Si jamais tu termines avant que le soleil se lève, tu nous rejoins chez moi ?"

– "Ca dépend."

Rei – "De ?"

– "De ton amie. Tu ne me l'as jamais montrée, et je ne le fais pas avec n'importe qui."

Rei – "Imbécile, dit-elle en sortant."


Il se remit devant le bac où ils mettaient les récipients, les couverts et les ustensiles de cuisine sales qui attendaient d'être nettoyés, et se mit au travail, un sourire aux lèvres.

– "J'donnerais des cours à Jin en rentrant..."

Il vit que la montagne de vaisselle s'était alliée à la quantité astronomique de nourriture qu'il devrait ranger afin de le retenir durant les prochaines heures.

– "... si jamais je rentre..."

Il prit l'assiette déjà savonnée et la trempa dans le sceau qui contenait le peu d'eau qu'on lui laissait pour le ménage, l'essuya et la déposa sur le côté. Il en prit une autre et recommença l'opération. Un mouvement circulaire. Toujours le même. Il devenait meilleur chaque nuit. Plus appliqué, plus rapide. Un peu comme avec le sabre.

– "Doué pour la vaisselle, et le katana. M'reste plus qu'à apprendre la cuisine et je pourrais ouvrir mon propre restau..."

Les pleurs qu'il entendait à l'étage l'arrêtèrent. Il n'y avait plus que lui, et la tenancière qui vivait au-dessus. Vraiment ? Cette vieille sorcière ? Elle était capable de ressentir quelque chose ? Il déposa le tout, essuya ses mains, ne souhaitant pas devoir nettoyer le sol de nouveau, et monta une à une les marches pour vérifier si quelqu'un ne s'était pas introduit chez elle pour... pleurer...
Ca n'avait aucun sens, mais c'était l'option la plus probable.
Il était sur l'avant-dernière marche, entendait bien mieux les suppliques de sa supérieure hierarchique temporaire.

Patronne – "Pour...quoi ?"

Ses propos étaient saccadés, entrecoupés par des sanglots. Il aurait très bien pu la laisser ainsi, se retourner, terminer de payer ce qu'il lui devait en effort et repartir : après tout, c'est tout ce qu'elle méritait, peu importe ce qu'il pouvait bien lui arriver, vu ce qu'elle lui faisait subir.
Il commença à descendre, sur la pointe des pieds, pour ne pas la déranger dans sa tristesse, et pour ne pas avoir à l'écouter : il préfèrait encore laver les cuisines pendant un mois plutôt. Sur la dernière marche néanmoins, il s'arretât. Il ne pouvait pas abandonner quelqu'un dans son malheur de cette manière ; mais c'était quelqu'un qui le méritait...

– "Tsss..."

Il remonta l'escalier, se dirigeant vers quelque chose qu'il savait d'avance désagréable, tout en se demandant s'il n'était pas un peu masochiste...


Dernière édition par Mû le Mer 9 Mai - 13:53, édité 1 fois

MessageSujet: Re: Kanjin de rang D - Rupture difficile   Mar 8 Mai - 13:47

Le lendemain

Les rues étaient pleines de gens, d'âmes ayant chacune leur propre histoire. Une fête se préparait, alors que le soleil finissait sa course et se laissait tomber dans l'horizon. Se distinguait de la foule un jeune homme, ayant son bras droit, presque noir charbon, enlacé autour d'une belle (elle aussi, jeune) femme (elle aussi, brune). Ses cheveux bruns, aux reflets rouges, contrastaient avec le ciel, qui était partagé entre blanc, bleu pâle, violet et jaune. Il avait l'air épuisé, épuisé à arpenter les rues à la recherche de quelqu'un dont il ne croyait pas en l'existence.

Il appréciait malgré tout de ne pas avoir à laver quelque chose ou à servir quelqu'un. Le restaurant était fermé durant l'après-midi : la tenancière était en compétition (surtout en matière de décoration) avec le couple qui tenait la seule auberge des docks potable, à peine vingt mètres plus loin.

Elle leur avait donné quartier libre pour qu'ils se préparent eux aussi pour cette nuit : tous les habitants des villes environnantes, et même quelques ninjas de Kiri, viendraient célébrer Le Jour De La Génèse. D'après ce qu'il avait compris, le fondateur du village ninja du pays de l'eau aurait créé, il y a bien longtemps, des armes légendaires, à la puissance incommensurable, içi même. C'est aussi grace à ces armes que lui et six de ses compagnons auraient repoussé plus d'un millier de pirates à eux seuls, et ainsi affirmé la puissance de Kiri et de leur chef aux yeux du monde entier.

Il adorait ces vieilles légendes folkloriques. En y repensant, en dehors du fait qu'il eût rencontré Rei, le pays de l'Eau ne lui avait pas fait bonne impression : il faisait froid, humide, un brouillard épais empêchait les rayons solaires d'éclairer les journées, comme ils le faisaient chez lui. Il n'y avait pas non plus de foudre. Simplement le gris et la pluie. Certes la bruine était agréable les premières nuits, mais à force, il s'en était lassé. Il espérait que cette nuit lui fasse passer un bon moment, pour qu'il puisse donner à ce pays, d'apparence inhospitalier, une seconde chance. Il se demandait s'il pourrait voir à quoi ressemblaient ces armes...

En y pensant, il eut un petit pincement au coeur : il n'avait pas sa lame avec lui. Au fil du temps, même si sa partie consciente lui maintenait les pieds sur terre, il commençait à considérer ce sabre comme un réel compagnon de route, presque comme un ami. Bien plus qu'une simple arme, c'était une oeuvre d'art qui lui avait sauvé la vie, plus d'une fois. Il pensa que l'homme auquel ils rendraient hommage ce soir-là avait dût avoir la même connexion avec sa propre lame, si elle était aussi exceptionnelle que l'on le laissait entendre.

Il ne lui restait plus qu'une semaine à tenir, une semaine à faire la plonge, le service et les comptes. Il aurait enfin épongé sa dette, et pourrait repartir en quête de Keiko. Il se sentait quelque peu coupable d'avoir oublié sa quête, et avait pensé à profiter de son agilité pour s'emparer de la lame et de s'enfuir avec ; mais ce n'était pas comme ça qu'elle l'avait élevé. Il se sentait aussi coupable de ne pas avoir pensé à elle, ni à Jin ou Ayumi, simplement parce que ses pensées étaient trop occupés ces jours-ci : la petite voix moralisatrice au fond de lui le sermonnait.

Il n'avait en tête que le sentiment de manque, celui de ne pas avoir son ami à portée de main.
Il n'avait en tête que Rei, et ce que ce serait lorsqu'il devrait partir. Peut-être n'était-ce que parce qu'il ne s'était pas attaché à quelqu'un depuis longtemps, mais il ne se sentait pas à l'aise avec l'idée de l'abandonner. Bien sûr, il devrait partir, mais quelque part, il remerciait la patronne d'être aussi dure avec lui, et d'avoir un taux de conversion action/note remboursée si faible.
Une semaine encore, une semaine avec elle. Une semaine à jouer le larbin. Et après, il repartirait. Il retrouverait les routes et la tranquillité ; mais il avait une chance de partir plus tôt.

Il savait maintenant qu'apaiser le chagrin de la patronne ferait son bonheur : s'il résolvait son problème, il était certain qu'elle le libèrerait immédiatement...
Même s'il n'avait absolument aucun espoir, presque aucune piste, et qu'une partie de lui ne voulait d'aucun des deux.

– "J'ai toujours du mal à y croire."

Rei – "Arrête..."

– "Non mais, sérieusement. Déjà qu'avec un homme de son âge, c'est difficile à avaler, mais là..."

Rei – "Elle est plutôt bien conservée pour son âge. Et puis elle est très gentille et intéressante comme femme."

– "Gentille ?"

Rei – "C'est sûr que quand on ne tente pas de la voler, elle est plus décontractée, dit-elle ironiquement."


Alors qu'elle avait détourné sa tête vers la droite et continuait de marcher, elle sentit que lui s'était arrêté tout en la fixant, l'air consterné. Elle lui prit le bras, le tira vers elle et et lui pinça la joue.

Rei – "Je rigole, lui chuchota-t-elle en lui tirant la langue."

– "Je commence à être habitué à ce que tu ries de moi et non avec moi, dit-il en essuyant une fausse larme."

Rei – "Oooh... Je savais que mon petit était un pleurnichard..."


Elle le serra dans ses bras, feignant de consoler sa tristesse simulée.

– "C'est ça, c'est ça. Joue la maligne, dans une semaine max j'aurais plus à subir tes sarca..."

L'étreinte de la jeune fille s'était intensifiée lorsqu'il avait énoncé la relative proximité de l'échéance qui les séparerait, et il y répondit. Il s'étaient arrêtés de parler et de bouger, tandis que le monde continuait à tourner autour d'eux.
Il aurait voulu en profiter encore un peu, de cet instant où ce qu'ils ne pouvaient dire, où l'implicite était énoncé sans avoir recours aux mots ; mais il fallait qu'il l'arrête. Il posa sa main sur l'épaule de Rei.

– "On ferait mieux de chercher, enfin si tu peux toujours. Tu ne m'as pas dit que tu devais partir tôt ? D'ailleurs pourquoi ?"

Rei – "Cette audition que j'ai passée hier, c'était pour faire partie des musiciens ce soir. J'ai été prise, annonça-t-elle fièrement."

– "Bravo ! J'aurai dépensé trois heures de ma vie à ranger des pâtes et des légumes pour quelque chose au moins, dit-il en l'étreignant amicalement."


Rei – "Il faut que j'y sois dans peu de temps... Mais..."

Elle écarquilla ses yeux.

– "Mais ?"

Elle pointa du doigt un homme, accompagné lui aussi d'une belle femme. Il était aussi mat que Mû, et semblait énergique et fougeux, très sûr de lui. Il marchait lentement, portant par intervalle à ses lèvres une bouteille de saké qu'il tenait dans sa main libre.

Rei – "C'est lui ! C'est lui !"

– "T'es sûre ?!"

Rei – "Oui. Je pourrais jamais oublier une gueule d'ange pareille..."

– "Mouais... Il est super commun tout de même..."


Il était jaloux, mais ne voulait pas le montrer, et tentait tant bien que mal de garder son calme. Elle le regarda droit dans les yeux et sourit, puis l'embrassa sur la joue et partit dans la direction opposée.

– "Tu vas où, lui cria-t-il, alors qu'elle était déjà à quelques mètres, attirant par la même occasion les regards de plusieurs passants sur lui."

Rei – "Il faut que je me prépare pour ce soir ! De toutes façon, tu sais où il faut aller maintenant !"


Il lui fit un signe de main, et se retourna vers sa cible. L'homme avait presque réussi à sortir du champ de vision de Mû, mais celui-ci le suivit, en essayant de rester le plus discret possible...

MessageSujet: Re: Kanjin de rang D - Rupture difficile   Lun 14 Mai - 7:37

Quelques heures plus tard...

Des feux d'artifices embellissaient le ciel nocture, d'habitude fade et brumeux. Tout autour de l'île, la même chaleur émanant de foules en liesse, de chants, de danses et de festins. Des instruments qu'il n'avait jamais vu émettaient des mélodies harmonieuses, amplifiées par des couplets d'interprètes professionnels et de passants déjà éméchés. La nuit venait juste de tomber et la lune de se lever, mais tous les établissements qui pouvaient servir de l'alcool étaient bondés, car le service, en ce soir de fête, était gratuit.

était assis à la terrasse d'un bar et attendait de voir passer Rei parmi une des troupes de musiciens, qui faisaient le tour de la petite ville. Il en était déjà à son troisième verre, et commençait à se sentir euphorique et léger. Des clients qu'il avait servi lorsqu'il travaillait au restaurant l'avaient reconnu et invité à leur table. Il en profita pour leur parler de cet homme, afin de récolter des informations.

Cet homme... Que pourrait-il lui dire pour le convaincre ? Il ne connaissait même pas son nom, simplemet son apparance. Il ne connaissait même pas l'histoire, juste quelques bribes. Simplement que lui et la tenancière avaient été proches. A quel point ? Aucune idée. Raison du départ ? Impossible de le deviner. Personne d'ailleurs ne semblait en savoir plus. On lui rabachaît juste qu'il lui ressemblait beaucoup : mat, venu de nulle part, amical.
Deux tables dérrière lui, celui qui pourrait lui redonner sa liberté plus rapidement profitait de la soirée, seul. Il semblait avoir abandonné la magnifique créature qui l'accompagnait l'après-midi. Son verre n'avait pas été vide depuis que Mû était rentré, et il ne semblait pas avoir remarqué le jeune homme qui l'avait suivi toute l'après-midi. Il était là, facile à atteindre.

Alors pourquoi ne pouvait-il pas le faire ? Aller le voir, le convaincre de revenir vers la tenancière, reprendre son sabre et la route. Tout était simple dans sa tête ; mais la réalité était différente. Quelque chose, quelque chose l'empêchait de le faire.
Quelque chose emplifiait le fait qu'il n'ait pas les éléments nécéssaires pour faire un speech convainquant. Pourtant, il savait que plus il perdait de temps içi, plus Keiko s'éloignait de lui ; et il voulait la revoir le plus vite possible. Ainsi que Jin et Ayumi. Vraiment. Ce n'était pas non plus son "amour" pour le ménage qui le retenait içi.
Encore moins la mauvaise volonté : la vieille femme s'était adoucie après qu'il ait tenté de l'écouter parler de ses problèmes de coeur. Pas au point de ne pas lui crier dessus lorsqu'il faisait tomber une assiette, mais il avait tout de même ressenti cet allègement, et lui en était reconnaissant. Elle l'avait renvoyé lorsqu'il avait voulu la réconforter, mais il pouvait concevoir qu'elle ne souhaite pas étaler sa vie privée devant un étranger.

Non, rien de tout cela ne le retenait. Rien ne le retenait. Il porta une fois de plus son verre à ses lèvres, et le reposa lourdement, puis fit signe à l'objet à de se taire, accompagnant le geste d'un "chuuuut" sonore, provoquant l'hilarité de ses compagnons. Il rit avec eux pour faire bonne figure, puis se leva et sortit prendre l'air quelques minutes. Il avait atteint un haut degré d'inhibition, mais il se souciait toujours de ne pas se faire remarquer par sa cible, au moins avant d'aller lui parler.

La lune était haute et brillante désormais. Magnifique et pleine. Un soleil de minuit... Ses souvenirs auraient été libérés de la lame si il l'exposait à une telle lumière. Il se souviendrait de tout. Il fallait qu'il récupère l'épée, et qu'il parte.
Des mains se posèrent délicatement devant ses yeux, puis une voix douce l'interrogea :

??? - "C'est qui ?"

– "Rei..."


Elle abaissa ses mains, et il se retourna. La lumière de la lune se reflétait dans ses prunelles. Ses habits et le peu de maquillage qu'elle portait la rendait radieuse. Elle le regardait droit dans les yeux, souriant sans même s'en rendre compte.

– "Qu'est-ce que tu fais là ? Et comment t'as su que j'étais là ?"

Rei - " Disons qu'on m'a octroyé une petite pause, dit-elle en lui faisant un clin d'oeil. Le chef d'orchestre ne sait pas me dire non. Et puis je te connais maintenant, un alcoolique comme toi ne profite de ce genre de fête que pour boire. Une fois que j'ai su où chercher, trouver le seul grand brun tatoué qui se donne un faux genre ténébreux du coin, ce n'est pas spécialement difficile, lui lança-t-elle en touchant son cou à l'endroit où la marque de brûlure se terminait."

Il explosa. A peine eut-elle terminé sa phrase qu'il la prit par la taille et se pencha pour l'embrasser. C'était si soudain, elle fût tellement surprise, elle essaya même de se retirer pendant une milliseconde ; mais c'était ce qu'elle désirait aussi. Elle finit par répondre à ce baiser, sereinement, tempérant la passion un peu trop prononcée de . Après ce qui aurait pu être une éternité, leurs lèvres s'espacèrent. Elle le prit dans ses bras, se blotissant contre lui.
Lui, restait figé, le regard fixé sur la porte en face de lui.

Rei – "Enfin..."

– "Je dois partir."


C'était un poids qui venait de s'abattre sur eux deux. Pour l'une, l'incompréhension totale. Elle y avait réfléchit, et elle pensait qu'il resterait après sa semaine. La propriétaire l'appréciait, et il n'aurait qu'à demander pour qu'elle le garde en serveur. Bien sûr, ce n'était pas le rêve, mais elle pensait qu'il l'appréciait assez pour se suffir de ça pour l'instant. Et lui faire ça, après l'avoir embrassée... Cela ne ressemblait au qu'elle connaissait. Après tout, peut-être qu'elle ne le connaissait pas si bien que ça...

Pour lui, c'était un moment de clairvoyance pure : s'il restait içi, il finirait par s'attacher à cette routine, et perdrait de vue son but principal. Il pensait avoir quelque chose pour Rei, mais il était sûr d'aimer Keiko. Il fallait qu'il parte avant d'être enchaîné içi. Et si cela se passait mal ? Il la haïrait sans doute, pour lui avoir fait abandonner ses rêves et sa liberté pour finir dans une impasse. Il devait faire les choses bien, mais l'alcool rendait complexes ses pensées. Il devait saisir la vérité et le sens et les extirper de la brume de son esprit.

Rei – "Je..."

Son visage était pourpre, et elle allait se lancer dans une réplique à laquelle il savait qu'il ne pourrait répondre. Il ne voulait pas l'entendre essayer de le convaincre de rester. Il la serra plus fort contre lui et lui chuchota à l'oreille, comme si le volume sonore bas allait adoucir une vérité brute et blessante.

– "Je suis un voyageur. Je dois partir, ce soir. J'adorerais rester içi, avec toi ; mais je ne peux pas. Pas encore. Il y a des choses... Il y a certaines choses que je dois faire avant..."

Rei – "Pourquoi m'avoir embrassée si c'est pour te rétracter deux sec..."


Il ne l'avait pas laissée terminer sa phrase cette fois-ci. De nouveau, il vint goûter ses lèvres, et bien qu'en colère et perdue, elle lui répondit, comme si elle ne controlait cette partie d'elle qui... le voulait.

– "Je ne regrette pas une seconde de l'avoir fait, lui dit-il en souriant."

De la sueur commençait à perler de ses aisselles : il avait beau agir comme si il était sûr de lui, le doute le faisait plus transpirer que le plus ardu des entraînements que lui avait fait subir sa sensei. Il lui fallait beaucoup de concentration pour se concentrer sur ce qu'il fallait dire, et non pas sur ce qu'il voulait dire. Cela lui rappelait son combat contre l'ours. Rei, en ours. Sa tête, sur le corps d'un ours. Il dut se mordre la langue pour s'empêcher de rire : ce n'était vraiment pas le moment de rire, sauf s'il voulait réduire en morceaux un moment magique et romantique au possible, comme personne ne peut en produire, si ce n'est un univers qui y dédie tout son savoir-faire, pour des raisons qui dépassent de très loin l'entendement des hommes.

– "Je... je voulais juste le faire. Ce soir. Te montrer que je tiens réellement à toi. Mais je dois partir. Je ne peux pas rester et regretter plus tard. Je reviendrais, et là, je... on pourra le faire, de la bonne manière . Je t'apprécie trop pour gâcher tout ça sur un coup de tête..."

Elle avait l'air scandalisée. Elle l'avait laché, et le regardait avec des yeux écarquillés.

Rei – "Tu es entrain de me dire, que tu vas vivre ta petite vie, et quand tu en auras marre, tu reviendras, et je devrais être là pour t'attendre ?"

– "Oui."


Ca lui avait échappé. Sa concentration se dissipait petit à petit, et se battre contre cette envie de rire le rendait moins vigilant sur les autres fronts. Quant à elle, on aurait dit qu'elle ne pouvait être plus abasourdie par ce qu'elle entendait.

– "Non ! Non non... Non... Je... Ecoute, j'ai beaucoup bu, je n'y vois pas très clair là... Je... Tout ce que je veux, c'est juste de ne le regretter. Ni toi, ni moi. Je reviendrais, je te le promets. Si tu es... toujours... Si tu veux toujours de moi à ce moment là, rien ne me rendrait plus heureux. Sinon..."

Il avait réussi. Atterissage parfait, tout y était : l'hésitation, le bon sens, la conviction et l'humilité.

Rei – "Sinon tant pis ?"

Elle s'écarta et sortit de la ruelle, rejoignant les festivités au loin, tout en essuyant une larme qui coulait le long de sa joue. La réalité aime briser nos illusions, et celles des , quand à son avenir avec elle, s'étaient consumées aussi vite qu'elles étaient nées. Il avait mal, mais c'était nécéssaire. Il commençait déjà à ironiser, comme il le faisait toujours, lorsque quelque chose le blessait.

– "Dans peu de temps, je pourrais raconter l'histoire épique du rateau le plus violent de ma vie, se dit-il à lui même avec un sourire amer."

Néanmoins, plus rien ne le retenait désormais, et il savait ce qu'il lui restait à faire. Il revint dans le bar, trouvant sa cible qui continuait son combat de regard avec le fond de son verre. Il s'assit à sa table. L'homme ne réagit même pas, posant simplement ses coudes sur la table, cachant son visage entre ses mains. Provenant de nulle part, sa voix caverneuse, qui dénotait totalement d'avec son physique plutôt avantageux, surprit , qui s'apprêtait à le raisonner.

??? - "Tu vas peut-être m'expliquer pourquoi tu m'as suivi depuis cet après-midi ?"

MessageSujet: Re: Kanjin de rang D - Rupture difficile   Mar 15 Mai - 21:14

– "Je... Non, je ..."

??? - "Donc, tu me suis l'après-midi, le soir, tu passes plus d'une heure assis là-bas à me surveiller, tu te manges un vent par ta copine, et quand tu reviens, tout ce que tu trouves à dire c'est : Non, je ?"

– "Et vous, vous savez que je vous suis, et vous attendez que je vienne vous parler pour me faire la morale, dit-il énervé. Quoi, vous avez besoin d'amis pour passer la soirée ?"

??? - "Tu vas baisser d'un ton."

– "Et sinon ?"


Il ne s'en était pas rendu compte, mais ils s'étaient levés tous les deux, et se faisaient face avec un regard haineux.

Barman – "Pas ce soir ! Vous vous rasseyez ou vous sortez !"

Ils se regardèrent intensément pendant quelques secondes encore, puis se rasseyèrent face à face, les bras croisés. Il voulait le frapper pour la réflexion mal placée, mais il retint son poing et se mordit l'intérieur des joues.

– "Vous me rendriez un grand service si vous retourniez avec Mme. Sayuki."

??? - "Pourquoi devrais-je te rendre service ?"

– "Pourquoi passeriez vous une soirée comme celle-ci seul avec votre verre si elle ne vous manquait pas ?"

??? - "Pour la même raison que toi..."

On aurait dit un vieux lion qui parlerait de son statut d'ex mâle alpha, perdu au profit d'une cicatrice durant le combat contre le nouveau maître des lieux.
le regardait suspicieusement, puis réfléchit quelques secondes pour en arriver à cette conclusion :

– "Vous nous écoutiez dehors ?!"

??? - "Tu m'a suivi pendant plusieurs heures, et je n'ai pas le droit d'en faire de même ?"

– "Non, pas quand c'est... aussi personnel, dit-il en se renfrognant en affichant une moue enfantine."

??? - "Si ça peut te consoler, si j'étais à sa place, j'aurais accepté, dit-il en portant une fois de plus son verre à ses lèvres."

– "Je... Non écoutez, on parle de vous là. Pourquoi êtes vous parti ?"


Le bruit était assourdissant dehors, mais il n'y avait plus qu'eux deux à l'intérieur, si l'on excluait le propriétaire des lieux, qui faisait des allers-retours entre le comptoir et les tables.

??? - "Je te l'ai dit. Pour la même raison que toi."

– "Vous avez des choses à faire ? Bien, je les ferais pour vous."

??? - "T'es un comique toi, lui lança-t-il en le pointant du doigt."

– "Oui, je vais ouvrir un cirque itinérant à moi tout seul. Maintenant répondez à ma question. Je veux la vérité."


Il n'y avait plus rien d'enfantin dans son attitude. Son aura dégageait une sorte de détermination à toute épreuve, que l'on pouvait lire dans ses yeux. Il ne voulait pas que la séparation qui avait eu lieu plus tôt ne serve à rien. Il ne pourrait pas la voir demain, au "travail."
L'homme le regarda dans les yeux, puis but une énième gorgée, en prenant tout son temps, pour la ressentir couler le long de sa gorge, et descendre tout en lui brûlant le palet. Il fit une petite grimâce qui attestait du degré d'alcool de sa boisson. Il prit une grande inspiration, et se mit à parler.

??? - "J'ai... J'ai tout perdu. Tout."

– "Quoi ? Perdu... quoi ? De quoi parlez vous ?"

??? - "Je suis arrivé içi, après le naufrage de mon navire. J'étais un pêcheur du pays de la foudre... Il y a trois ans de cela. Après une tempête, je me suis retrouvé içi. J'étais sans argent, je ne connaissait personne. Je ne pouvais plus aller en mer... J'étais affamé ce jour là et... "


Ses paroles étaient devenue inaudibles, mais cela arrangeait Mû. Il n'étai vraiment pas d'humeur à écouter les détails de son histoire.

??? - "C'est comme ça que je me suis retrouvé à travailler de manière permanante pour elle. On a eu... ce que tu as avec Rei."

– "Ce que j'avais, se dit-il à lui même en détournant le regard."


Il commençait déjà à regretter ses paroles de tout à l'heure, et aurait tout donné pour remonter le temps. Il prit son verre et le descendit d'un coup sec.

??? - "C'est une gentille fille, tu sais, tu devrais... "

– "Continuez."

??? - "Oui... Cette année a été très bonne. Beaucoup de clients, beaucoup d'argent. Elle pensait le réinvestir pour relocaliser la boutique à la capitale. Elle y tenait vraiment, c'était son rêve depuis longtemps ; mais je l'ai privée de son rêve, dit-il en frappant la table de son poing. J'ai..."


ne l'avait pas vu, mais une larme avait coulé sur la table. Il ne se serait douté de rien si il n'avait pas vu l'homme s'essuyer les paupières et les joues. Il poussa un soupir presque silencieux et rapprocha sa chaise de celle de son interlocuteur, puis posa sa main sur son épaule. La scène était étrange, vue de l'extérieur, ce que Mû vit lorsque le barman qui passait devant se mit à étouffer un rire gras alors qu'il regagnait les cuisines.

– "Allez-y , ça fera moins mal une fois sorti, dit-il doucement."

??? - "J'ai pris l'argent, et j'ai tout perdu au jeu."

– "Original."


Ca lui avait échappé, mais l'homme ne semblait pas lui en tenir rigueur : on aurait même dit qu'il avait souhaité depuis longtemps qu'on le juge pour ce qu'il avait fait.

??? - "J'ai tout perdu, tout. Et je n'ai pas eu ton courage : je n'ai pas pu me résoudre à lui dire. Alors, j'ai mis en scène mon propre enlèvement et le vol de l'argent en défonçant la porte d'entrée du restaurant. Et depuis ce jour, je fais tout pour rembourser ma dette. Celle avec qui tu m'as vu cet après-midi, c'est la fille d'une cliente à qui... je tiens compagnie."

– "Vous voulez que je vous dise ? Peu importe. Elle vous manque, vous lui manquez. Je l'ai vue pleurer pour vous. Je pense qu'elle est assez accro pour vous reprendre malgré tout ça."

??? - "Tu le penses vraiment ?"

Patronne – "Oui."


Elle se tenait dérrière eux, en larmes. Dans ses mains, la lame saphir. Elle la tendit à Mû, qui la prit sans hésiter une seconde. Insensible au monde autour de lui, il se leva, et sortit, entendant à peine les remerciements de la tenancière.

Patronne – "Merci... Mû. Merci... beaucoup, disait-elle en enlaçant son époux."

Une nuit éprouvante, mais il avait retrouvé un ami. Il commençait à pleuvoir dehors, et il se couvrit la tête avec sa capuche. Il marchait, sans réelle conviction, vers la sortie sud de la ville côtière. Il voulait partir, s'enfonçer un peu plus dans l'île. Il n'avait plus rien à faire içi.
Il n'avait pas résolu cette affaire : l'affaire s'était résolue elle-même. Il n'avait même pas le sentiment d'avoir arrangé les choses. Il avait juste retrouvé son sabre. Bien qu'en temps normal, cela l'aurait fait sauter de joie, ce soir-ci, il n'éprouvait rien, si ce n'était un vide, un manque profond. Il fallait avancer. Marcher jusqu'à ne plus penser. Marcher et continuer.
Il titubait, et avait bousculé plusieurs passants. Les gens riaient et festoyaient, mais qu'y avait-il de si drôle ?

Il arrivait aux portes sud, la torture était presque terminée. En temps normal, il aurait compris que sortir de la ville dans cet état n'était pas une bonne idée : il n'avait aucun abris, aucune destination, rien à manger ; mais ce qu'il avait bu l'empêchait de réfléchir, et il ne voulait pas penser, ça bien trop faisait mal.

Rei – "Imbécile... Viens."

Elle était là, devant lui, trempée par la pluie froide qui s'abattait violemment sur la terre, la transformant une fois de plus en boue pâteuse. La dernière chose dont il se souvient de ce soir là, c'est de s'être demandé si c'était la vraie, ou un mirage crée par son esprit en peine.

Le lendemain...

Il ouvrit un oeil : il ne connaissait pas la pièce qui aurait dû baigner dans la lumière si les rideaux sombres n'empêchaient pas les photons d'entrer. L'endroit était petit et assez mal agencé, mais on s'y sentait à l'aise. Ses pieds dépassaient du lit, mais il était installé bien trop confortablement pour s'en plaindre.
Il avait extrêmement mal à la tête, et le simple fait de se relever pour s'asseoir lui donna un haut-le-coeur.

Il réussit malgré tout à se remettre pied et à s'habiller sans trop de difficultés. Son sabre est ses gantelêts avaient soigneusement été déposés sur une petite table, accompagnés d'un mot : "A bientôt."
Ces simples mots avaient réussi à le mettre de très bonne humeur. C'était une belle journée, et le soleil dehors ne faisait que le confirmer.

Il vérifia une fois de plus s'il avait tout, car il ne pourrait pas revenir içi avant longtemps. Sabre, gants, habits, saccoche... Saccoche. Il l'ouvrit et vit une centaine de ryos ainsi que son carnet, sur la dernière page duquel on avait inscrit "pour services rendus".
Il eût un petit rictus à la vue de l'inscription, mais se sentit coupable de prendre cet argent avec lui : après tout, il n'avait rien fait. Tout c'était arrangé tout seul. Il ne savait même pas comment la tenancière avait réussi à les retrouver. Il aurait voulu passer au restaurant avant de partir, lui rendre cet argent qu'il n'avait pas mérité.
Mais s'il avait appris quelque chose de cet histoire, c'est que lorsque l'on a de la chance, il ne faut pas la gâcher. Il était prêt à partir, mais resta quelques secondes dos à la porte, contemplant le lieu de vie de Rei : sa fragrance était présente dans toute la pièce, et son sourire visible sur les quelques photos qu'elle avait accroché sur les murs.

Il prit une grande inspiration, puis ouvrit la porte, et reprit la route.
Daiisu Aisu
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MessageSujet: Re: Kanjin de rang D - Rupture difficile   Mer 16 Mai - 1:24

J'ai choisi la réussite. Ton RP me pousse à te l'accorder. Bravo vraiment, j'aime bien ton style, mais ton perso fait pas un peu trop dramaqueen ? Genre : Nooon, je ne peux pas rester, je suis un voyageur, nous ne sommes pas fait l'un pour l'autre, je dois partir sans me retourner. Je veux que tu m'attendes... C'est lol quoi, mais j'aime bien xD

Mû (Niveau 4)
: +0% Bonus inclus
: +60 d'XP, +25 Ryo, +1 en réputation


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