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 Terrain d'entraînement de Kaede

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Hana Aisu
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MessageSujet: Terrain d'entraînement de Kaede   Ven 4 Mai - 20:41

« C’est bien. Vraiment c’est bien. Tu as beaucoup progressé ces derniers jours. » commenta Oda après que Kaede soit parvenue à exécuter une création d’eau impeccable.
La jeune kunoichi rougit. Lors de sa jeunesse au sein du clan Uriyama, elle n’avait pour ainsi dire jamais été complimentée de quelque façon que ce soit sur sa maîtrise des arts ninja. Toute l’attention avait toujours été portée à son cousin. Même si la situation était beaucoup plus vivable maintenant qu’elle avait quitté le clan, une certaine jalousie planait dans sa façon de considérer ses deux camarades genin. Surtout Hisa. Il ne fallait pas lui parler d’Hisa. Tout le monde n’avait d’yeux que pour Hisa.
Aussi lorsque Oda la complimenta aussi franchement, ce fut pour elle un sentiment aussi agréable que méconnu.

« Cependant… » continua Oda.

« Comment ça « Cependant » ? Ma mère disait toujours « n’écoutes jamais ce qu’un homme te dis avant un « mais », ça n’a aucune valeur ». Que compte-t-il me dire ? » songea Kaede, qui pressentait un reproche.

« Cependant, je manie trop mal le suiton pour te permettre de vraiment progresser. Il faudra que tu demandes l’enseignement de quelqu’un d’autre. »


« De quelqu’un d’autre ? Mais .. Maître… »

Avec le temps, Kaede s’était vraiment attachée à Oda, et l’idée de devoir changer d’équipe lui semblait … injuste.

« Ne t’en fais pas, je reste ton instructeur ! Simplement, je pense qu’il va falloir qu’un de mes collègues te donne des cours particuliers ! Et je sais exactement à qui tu pourrais demander… »


***

C’était l’une des situations que Kaede détestait le plus au monde : être debout devant une porte, sans oser y frapper, à attendre bêtement que quelqu’un passe ou qu’une bouffée soudaine de courage vous pousse soudain à frapper. Et c’était exactement ce qu’elle était en train de vivre. De la salle des professeurs de l’Académie, Kaede ne connaissait que la porte. Une lourde porte en bois clair qu’elle fixait intensément depuis maintenant plusieurs minutes. Finalement, elle se résigna et frappa trois coups secs contre la porte. Pas de réponse. Kaede réitéra. Toujours rien.
Elle s’apprêtait à tourner les talons lorsque la porte s’ouvrit. Un jeune homme en fauteuil roulant se tenait dans l’embrasure. Kaede le connaissait, évidemment : c’était Esio Katoshi un spécialiste médical qui jouissait d’une grande popularité dans le village. Il semblait surpris de voir quelqu’un ici.

« Mais… Qu’est-ce que tu fais là toi ? »


« Je voulais voir un professeur, j’ai frappé mais personne n’a répondu… Je pensait qu’il n’y avait personne… »


« Faut frapper plus fort, sinon on entend rien. Tu cherches qui, petite ? »

« Euh… Excusez moi je cherche Maître Ayumi Sokuro… Mon professeur, Maître Oda, me renvoie à elle pour que je lui demande la faveur d’un cours particulier. »


« Oda t’envoie voir Ayumi ? Je croyais qu’il s’en sortait bien, il est si pressé que ça de se débarrasser d’une de ses genins ? » demanda Esio en riant.


« Non… Simplement, d’après Maître Oda, Maître Sokuro serait la plus adaptée pour m’aider à utiliser mon affinité. »

« Une suiton, hein ? Entre. Ayumi ne devrait pas tarder. Moi je dois y aller, si tu pouvais refermer la porte derrière moi ça m’arrangerait… »


Kaede remercia Esio en s’inclinant devant lui, et se dépêcha d’entrer dans la salle. C’était une pièce sobre, donc le principal meuble était une énorme table de bois très sombre. Elle s’y assit et attendit. Longtemps.

***

Une bonne demie heure plus tard, personne n’était venu la chercher. Quelques professeurs entraient et ressortaient, mais aucun ne faisait vraiment attention à elle. Finalement, une jeune homme d’une vingtaine portant l’uniforme des chuunin la remarqua.

« Mais… t’es une élève toi ! Qu’est ce que tu fais là ? »


« Je… Je suis censé voir Maître Sokuro, et on m’a dit de l’attendre ici… »

« Euh… Tu risques d’attendre longtemps… Cette après midi, Ayumi entrainais des élèves, elle est donc sur le terrain de l’Académie, pas dans la salle des profs ! »

Kaede ouvrit des grands yeux. « Merde » souffla-t-elle.

« Enfin, si tu cours, tu devrais pouvoir la voir avant qu’elle ne rentre chez elle. Mais tu ferais mieux de partir maintenant. »

La jeune fille se redressa d’un bond et courut vers la porte, non sans avoir remercié le chuunin. Elle sprinta à travers les couloirs, dévala les escaliers, passa la porte et s’en fut sans ralentir jusqu’au terrain d’entraînement. Lorsque le terrain fut en vue, Kaede ralentit, essayant de reprendre son souffle. Ayumi était là bas. C’était une jolie jeune femme, à peine plus âgée que Kaede. Cheveux noirs, visage juvénile… « Elle doit en faire fondre plus d’un ».

Kaede ne sut pas vraiment comment l’aborder. Finalement, elle décida d’y aller franchement et sans tourner autour du pot. Elle attendit que les élèves d’Ayumi s’en aillent, puis elle se dirigea vers la chuunin.

« Maître, je suis une élève de Maître Oda et je vous demande votre aide »
, dit-elle en s’inclinant.
Hana Aisu
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MessageSujet: Re: Terrain d'entraînement de Kaede   Mar 8 Mai - 14:33

Ayumi se tourna lentement vers la jeune genin. Pour être franche, elle l’avait vu arriver depuis un bon moment déjà, mais l’instructrice ne lui avait pas vraiment prêtée attention. Et voilà qu’elle venait lui demander son aide. Elle fit la moue et se pencha légèrement en arrière pour observer Kaede. Petite. Loin d’être musclée. Des mouvements trop amples, trop maladroits. S’il y avait quelqu’un dans le village qui avait besoin d’aide, c’était elle, sans aucun doute.

« De l’aide ? Hum… Commence déjà par me dire qui tu es… » déclara Ayumi avec un petit sourire.

« Oh.. euh… oui excusez moi. Je suis Kaede Uriyama, genin sous la responsabilité de Maître Oda. » dit précipitamment Kaede en rougissant.

« Maître Oda ? Ce n’est pas son genre d’envoyer ses élèves voir d’autres profs. Qu’est-ce qu’il n’arrive pas à faire ? »

« En fait… Il faudrait que vous acceptiez de m’aider à maîtriser mon affinité… »


Il y eut un blanc.

« Je sais que vous êtes sur le point de rentrer chez vous, et je ne voudrai pas vos déranger, mais je vous en pris, acceptez de me donner au moins un conseil ! »
ajouta la jeune kunoichi en s’inclinant.

« C’est à dire que… Il faut vraiment que je rentre chez moi… J’ai quelque chose d’extrêmement important à faire…»

« Et merde »
songea Kaede.

« Mais on peut se retrouver d’ici trois heures ? Si tu t’adresses à moi c’est que tu es une Suiton, c’est ça ? »
. Kaede acquiesça. « Bon alors on se retrouve en début de soirée ici. Repose toi tant que tu le peux encore. »

***

« Oda, la prochaine fois que tu m’envoies une élève, j’aimerais bien que tu me demandes, avant. »


« Pourquoi, c’est elle qui a besoin de toi, pas moi… »


« Laisse tomber… Pourquoi tu me l’envoies ? »


« Elle a du te le dire, non ? Elle est suiton. Je ne maîtrise pas cette affinité, il fallait donc que je l’envoie vers quelqu’un d’autre. »


« Oda… Tu as toujours mis un point d’honneur à t’occuper toi même de tes élèves. Et si je ne me trompe pas, tu as même formé des affinités suiton. Alors ne va pas me faire croire que tu ne peux pas le faire. Alors je te le redemande encore une fois : Pourquoi tu m’as envoyé cette fille ? »

Oda poussa un long soupir. Ayumi ne riait plus du tout…

« Tu comptes la former ? »


« Non. Je vais simplement lui apprendre quelques astuces qui lui permettront de s’en sortir. »


« Alors c’est tout ce qui compte »
, dit Oda en haussant les épaules. Le jeune homme tourna les talons, et s’apprêta à quitter la salle des professeurs. Ayumi le regarde s’en aller. Elle voulait lui dire quelque chose, mais elle n’osait pas vraiment. « Oh puis merde, faut bien que quelqu’un lui dise… »

« C’est à cause de ton frère, hein ? »


Oda s’arrête net. Il lui semblait que son cœur s’était arrêté de battre. Il pivota lentement pour faire face à son interlocutrice.

« Qu’est ce que tu viens de dire ? »


« Rien qui n’aurait du te surprendre. Tu penses que personne n’a fait le lien. Elle s’appelle Kaede Uriyama. Uriyama. Tu ne vas pas oser me prétendre que tu ne connais pas ce nom ».


Non. Non, Oda connaissait parfaitement ce nom. Les Uriyama. Des traîtres à Kiri. Personne mieux que lui ne s’en souviendrait dans le village. Lui qui avait du enterrer son frère, tué dans l’attaque de la mairie par les rebelles. Tué par un Uriyama.

« Pourquoi tu l’as demandé comme élève si c’est pour t’en débarrasser maintenant ? »


Oda eut un sourire triste.

« Je pensais… Je pensais que ça irait. Vraiment. Je pensais que ce serait un beau geste de réconciliation, avec toutes les conneries de bons sentiments qui vont avec… Mais non. Je la hais. Je comptais aller en parler au Mizukage. Elle quittera l’équipe ou je la quitterai, mais il est hors de question que je la côtoie davantage. »


Ses lèvres s’agitèrent un moment, comme s’il voulait ajouter quelque chose, mais il ne parvint qu’à balbutier un « Désolé… » avant de sortir à toute vitesse de la salle des professeurs.

Ayumi resta un moment interdite, plantée au milieu de la salle. Puis elle secoua la tête, et jeta un œil à l’heure. Il était temps qu’elle aille donner un coup de main à Kaede Uriyama. La petite en aurait besoin.

***

« Bien la première chose que tu dois savoir faire, c’est gérer ton chakra. »


« Mais… Je sais le faire non ? Enfin, sinon, comment est-ce que j’arriverai à lancer la moindre technique ? »
demanda Kaede, étonnée.

« Ecoute, c’est plutôt simple. Imagine ton chakra comme un grand réservoir fermé par un robinet d’accord ? Quand tu veux lancer un technique, tu « dépenses » du chakra, tu le fais en quelque sorte passer du réservoir à l’extérieur. Le problème, c’est que quand tu utilises ton chakra, tu allumes le robinet beaucoup trop fort, et tu en gâches la moitié. Tu comprends ? »


Kaede prit un moment pour réfléchir avant de déclarer : « A peu près ».

« Bon c’est l’idée. Il faut donc que tu apprennes à n’envoyer que la quantité de chakra nécessaire, pas plus, et pas moins. Tu comprends ? ». Elle attendit que Kaede confirme d’un signe de tête avant de continuer. Je vais t’enseigner deux techniques. La première est universelle et est connue de la grande majorité des shinobi. La seconde est une technique Suiton. Tu es prête ? Bien… Nous allons devoir nous déplacer. Pour commencer, nous allons nous rendre sur la plage. Ecoute bien ce que je vais te dire, je vais tenter de te donner autant d’éléments théoriques qu’il est utile d’en connaître. Allons-y »

Et les deux kunoichis prirent la route de la mer.

***

« Bon tu te souviens de ce que je t’ai dis ? Contrôle, diffusion, maintien du flux ! »


Kaede ferme les yeux et se concentra. L’exercice était assez difficile pour un genin de son niveau, mais il était complètement naturel pour un ninja plus expérimenté. Il s’agissait « simplement » de maintenir un flux de chakra continu dans les pieds afin de réussir à … marcher sur l’eau. La jeune fille se repassa mentalement les étapes à accomplir. Contrôler son chakra. Le diffuser dans ses pieds. Et, et c’était bien là le plus dur, maintenir un flux suffisant pour rester stable à la surface de l’eau.
Jusqu’à présent, Kaede avait tout juste réussit à s’enfoncer plus lentement dans l’eau, mais Ayumi ne la lâchait pas une seconde – et ne la laisserait probablement pas repartir avant que la genin ne parvienne à accomplir parfaitement cette technique – et elle progressait lentement mais sûrement.
Elle s’élança soudain et parvient à effectuer quelques pas sur la surface de l’eau, avant de sentir ses pieds, puis ses chevilles, s’enfoncer lentement dans la mer. Encore raté.

***

« Je n’y arriverai pas… »
lâcha amèrement Kaede lorsque, une heure plus tard, elle s’accordait une pause, assise sur la plage.

« Non, c’est clair et net. Si tu continue comme ça, tu n’y arriveras pas. »

« Comment ça ? » s’étonna Kaede – qui avait espéré une réponse rassurante.

« Eh bien… Je pense que c’est un problème de concentration du chakra. Jusqu’à présent tu as réussi à rester à peu près debout sur l’eau en restant immobile. En revanche, au moment où tu tentes de marcher, tu tombes. C’est donc un problème de localisation de ton chakra. »


« Comment ça ? »


Ayumi se leva et fit signe à Kaede de l’accompagner.

« Kaede je vais te demander de rester immobile, ici. »


« Hein ? Mais pourquoi ? »


« Tu vas voir. Maintenant marche. Fais quelque pas. » Kaede s’exécuta, bien qu’elle ne comprît pas le but de la manœuvre. « Maintenant cours ! Cours pendant quelques seconde, puis arrête toi d’un coup sec ». Une fois de plus, Kaede obéit, mais elle comprenait de moins en moins ce qu’Ayumi avait derrière la tête. « Très bien. Maintenant observe bien les traces que tu as laissées dans le sable. Observe les points où ton poids est concentré lorsque tu te tiens debout, que tu marches ou que tu coures. Et une fois que tu auras bien mémorisé les points où ton poids est réparti, tu sauras où il t’est nécessaire de maintenir un flux de chakra pour marcher sur l’eau. »

Le visage de Kaede s’illumina d’un grand sourire. Elle avait compris.

« Fais encore quelques essais, puis on rentrera, on en a assez fait pour ce soir. On se retrouvera demain matin ici pour continuer. »

« Mais… Et si Maître Oda a besoin de moi ? »


« … Je pense que ça ne lui posera pas de problèmes …»


« Et si j’y arrive demain, on commencera la seconde technique ? »


« Tu vas y arriver très vite demain matin, il nous restera donc du temps pour la deuxième, oui » répondit Ayumi avec un sourire.


En rentrant, elle observa l’adolescente. Elle y arriverait très rapidement maintenant, Ayumi n’en doutait pas. Non, ce qui la souciait était beaucoup plus sournois. Kaede était fille de traître, et elle avait trahi son clan. Bien qu’elle ait probablement agit pour le plus grand bien de tous, elle était deux fois traître aux yeux de nombres de villageois.
Ayumi sourit à Kaede, tâchant de chasser de son esprit ce que lui avait dit Oda.

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MessageSujet: Re: Terrain d'entraînement de Kaede   Ven 27 Juil - 21:53

Kaede : +15XP - Technique validée
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MessageSujet: Re: Terrain d'entraînement de Kaede   Dim 9 Sep - 13:21

Spoiler:
 


« Au plus profond de la plus profonde mer vivait un dragon ».

Kaede releva les yeux, étonnée. Ce n’était pas vraiment à cela qu’elle s’attendait. Pas du tout même. Il était midi passé depuis quelques instants tout au plus, et la jeune kunoichi venait d’ouvrir le rouleau qu’Ayumi lui avait ordonné d’aller chercher à la Bibliothèque. Kaede ne s’était pas faite prier et avait foncé à travers l’Académie, brandissant la lettre que son maître avait adressé au bibliothécaire. Ce dernier avait lancé un regard suspicieux à la genin, et avait été franchement irrité de la voir ainsi débarquer dans la salle au mépris des règles les plus élémentaires de politesse – et particulièrement celle qui imposait à tous de respecter le silence studieux qui planait entre les rayonnages. Il n’avait cependant pas posé de problème à Kaede, et lui avait remis rapidement le rouleau. Ce n’était qu’une fois arrivée au terrain d’entraînement qu’elle songea que le zèle que l’employé avait eut à son égard n’était peut-être rien d’autre qu’un désir très profond de voir l’adolescente partir. « Plus vite elle aura le rouleau et plus vite elle déguerpira » avait probablement du songer l’homme.

« Au plus profond de la plus profonde mer vivait un dragon ».

Le rouleau ouvert, Kaede s’était attendue à découvrir un capharnaüm d’inscriptions incompréhensible et de symboles mystérieux. Cette vision hautement fantasmée de ce qu’elle trouverait dans les secrets du rouleau s’expliquait facilement : elle n’avait jamais travaillé avec ces outils. Chaque technique qu’elle avait appris à maîtriser au fur et à mesure des ans lui avait été enseignée directement par un chuunin aguerri qui avait su lui prodiguer les conseils nécessaires. Aussi, ce fut avec une légère déception que Kaede découvrit, en lieu et place du grimoire ésotérique qu’elle attendait, un texte calligraphié avec soin qui commençait par ces mots : « Au plus profond de la plus profonde mer vivait un dragon. » Sa curiosité en fut attisée, et elle se sentit happée par le petit récit qui précédait la partie plus théorique.

« Au plus profond de la plus profonde mer vivait un dragon. Couché sur le sable, il passait ses journées à observer avec calme le bleu apaisant des eaux, et il ne regardait que peu la surface miroitante. Il était si serein, si patient, si tranquille, que la mer elle même n’osait le déranger, et jamais la moindre tempête ne se déchaina en ces eaux. Mais les siècles passèrent tant que les humains qui vivaient à la surface oublièrent le dragon. Trop souvent l’Homme oublie-t-il ainsi les causes de sa tranquillité ; jamais en revanche n’égare-t-il dans sa mémoire les raisons de ses malheurs. Un jour, un guerrier se proclama roi. Roi des terres, roi du ciel, et roi des mers. Entendant cela, le vent fit souffler une brise innocente qui vint porter ces mots jusqu’au ressac de la mer, ou les paroles furent enfouies dans les abymes, et portées jusqu’au dragon.
Ce dernier partit dans une grande colère en voyant que les hommes l’avaient ainsi oubliés, et qu’ils osaient se proclamer roi à sa place. Alors, enragé, il jaillit de l’eau et dévasta le village de ses griffes et de ses crocs. Quand le guerrier orgueilleux vint l’affronter, le dragon tourna vers lui son visage, et lui parla d’une voix de vague et de sable.
« Tu t’es proclamé Roi, mais je suis Empereur. Souviens toi de mes mots. »
Alors qu’il parlait, le guerrier vit l’eau de la mer ramper jusqu’au village, et bientôt, il eut de l’eau jusqu’aux chevilles. Alors le dragon récita des mots oubliés, et l’eau paisible et innocente se dressa jusqu’au cieux et s’abattit en lame sur le guerrier.
« Souvenez vous de moi » dit alors le dragon sur le cadavre du guerrier fou « Je suis Suiryuudan le Dragon ».
Puis il plongea dans la mer et s’en revint à son repos. C’est depuis ce temps là que le dragon agite parfois la mer pour rappeler à l’Homme sa toute puissance.
»

Kaede laissa échapper un soupir.

« Je n’imaginais pas ça comme ça… »

Puis elle se mit au travail, attaquant la lecture théorique qui suivait le conte. Que cette technique ai réellement été baptisé « Suiryuudan, le Dragon Aqueux » en hommage à un dragon sanguinaire, ou qu’il ne s’agisse là que d’une invention vaguement poétique, il fallait avouer que le nom était bien trouvé. Injecter son chakra dans l’eau environnante pour la transformer en bête enragé qui assommait, blessait, voire tuait ses adversaires. Théoriquement, ce devrait être assez difficile. En pratique, Kaede en aurait pour un long, long moment. Mais l’heure n’était pas au découragement : plus que jamais, Kaede se devait de faire bonne impression. Aussi, ce fut avec une concentration qu’elle ne s’était jamais connu qu’elle exécuta une Création d’Eau irréprochable afin de disposer de suffisamment d’humidité pour canaliser le Dragon Aqueux. La kunoichi retira sa veste de combat, ne gardant qu’une tunique rouge pour ne pas trop souffrir du soleil du début d’après midi, et elle se mit au travail.

Il ne fallut à Kaede que dix minutes pour se rendre compte qu’elle n’y arrivait absolument pas, et dix autres pour se persuader qu’elle n’y arriverait jamais. Elle qui savait à peine lancer une Création d’Eau, elle se trouvait face à une situation particulièrement ardue. Elle devait à la fois influer sur la nature du chakra, mais aussi sur son apparence, le tout en donnant à l’attaque une vitesse suffisante, et en gardant elle même un œil sur la cible pour ne pas être attaquée – et touchée – pendant le lancement de la technique. Ses premiers essais furent calamiteux, au point qu’elle se sentait plutôt satisfaite d’elle même quand elle parvenait à troubler légèrement la flaque d’eau, au lieu de la transformer en copie de dragon mythologique…

« Magnifique ma vieille, tu aurais du mal à te ridiculiser davantage… »

Lorsque Kaede se résigna finalement à renter chez elle se reposer un peu, l’après midi était un souvenir depuis plusieurs heures déjà, et la soirée était avancée. Usée, épuisée, et vidée de chaque once de chakra qu’elle avait pu extirper d’elle même, elle se déplaçait plus par réflexes que par véritable contrôle, traînant des pieds dans la rue qui remontait jusqu’à son appartement. Elle songea un instant à s’arrêter dans une échoppe quelconque pour acheter quelque chose à manger, mais elle n’eut pas le courage. Et d’ailleurs elle n’avait pas d’argent sur elle. Aussi, ce fut avec un étonnement doublé d’un très grand plaisir qu’elle découvrit devant sa porte un petite boîte ornée de l’emblème du restaurant d’à-côté. Une odeur de soupe chaude et de volaille salée s’en échappait, et Kaede se sentit immédiatement saliver. Un petit mot avait été écrit à la va vite, et fixé sur la boîte.

« Suis passé te dire bonjour et te proposer de manger un morceau mais ne t’ai pas trouvé. Mange un peu et repose toi. Je repasserai demain soir. »

Kaede eut un sourire en reconnaissant l’écriture ronde et appliquée d’Hiza, son ancienne camarade d’équipe. « Merci », songea la jeune fille. Puis elle ouvrit la porte à la volée, et se précipita dans l’appartement et se jeta sur la soupe qu’elle engloutit en un éclair avant de s’endormir, repue et fatiguée, sur sa paillasse défaite.

Kaede se réveilla instinctivement. Il devait être l’heure. Elle jeta un œil sur son réveil. Quatre heures. En fait, elle était même légèrement en retard. Elle se leva d’un bond, et fut satisfaite de constater qu’elle n’avait pas de courbatures. Elle se dépêcha de retirer ses vêtements et de se glisser sous la douche. L’eau lui coulait sur la nuque, glissait sur les épaules et le long de ses reins, et comme à chaque fois, elle se sentit restaurée. Elle sortit de la salle de bain en se séchant rapidement, et enfila le kimono rouge et noir qu’elle portait souvent pendant les entrainements durant lesquels elle n’était pas trop exposée au soleil. Il lui restait quinze minutes pour atteindre les terrains d’entraînement où Ayumi lui avait donné rendez vous. Ce serait juste, peut-être même aurait-elle quelques instants de retard, et ça ne plut absolument à l’adolescente. Habituée à arriver longtemps en avance, elle ne supportait que très mal de devoir se préparer en urgence pour rattraper son retard. Enfin, elle aurait bien le temps de se plaindre mentalement sur le chemin… Kaede sortit en trombe de son appartement – avait-elle fermée à clef ? un doute s’empara d’elle… Elle n’avait pas le temps de vérifier, tant pis – et dévala les escaliers avant de s’élancer dans les rues encore sombres de Kiri, fonçant comme elle le pouvait vers le lieu de rendez vous. Elle ne lança même pas un regard aux quelques rares passants qui hantait déjà – ou encore – les allées de la ville, et, finalement, Kaede parvint de justesse à être à l’heure. Ayumi ne lui fit pas de remarque sur son arrivée, mais donna la couleur dès le début :

« On commence, fais une création d’eau. » lança-t-elle.

La genin obtempéra et exécuta sans difficulté sa technique.

« Bien, maintenant montre moi ce que tu sais faire… »

« Ben en fait… J’ai essayé tout l’après midi et… »

« Montre moi ce que tu sais faire, ce sera beaucoup plus efficace que d’essayer de le décrire ! » coupa Ayumi avec un léger sourire.

Son élève acquiesça et, sans y croire vraiment, elle commença à composer les signes. Arrivée au dernier, elle libéra son chakra et… A sa grande surprise, cela fonctionna. Du moins en partie : l’attaque délivrée par le dragon était encore trop lente, et aurait à peine suffit à assommer un chat. Mais ça n’avait déjà plus rien à voir avec le vague tressautement qui était tout ce que Kaede avait été capable de produire la veille.

« Pas mal. Je ne pensais pas que tu arriveras déjà à ce stade après une seule journée d’entraînement. »

« Vraiment ? »

« Vraiment… Maîtriser cette technique t’est nécessaire. C’est un point de passage obligé pour parvenir à exécuter des techniques offensives. Pour le moment, tu ne sais qu’agir sur la nature de ton chakra, il te faut à présent réussir à l’utiliser de façon agressive. »

« Facile à dire… » songea Kaede.

« Allez, on recommence ! »

Kaede poussa un profond soupir, et composa à nouveau les signes. A nouveau, elle parvint à mettre en mouvement la forme, et à théoriquement réussir la technique, mais le résultat était bien trop lent et trop faible pour être d’une quelconque utilité en combat. Ayumi, pourtant, semblait confiante. Elle fit recommencer Kaede cinq fois, dix fois, cent fois ! Là, elle corrigeait une posture, ici, elle vulgarisait un point technique que Kaede avait mal saisi. Bien que l’attaque soit de plus en plus réussie, il restait encore un abîme à franchir avant de considérer que la jeune genin maîtrisait le Dragon Aqueux.

« On s’arrête là » annonça Ayumi.

« P…Pourquoi ? » demanda Kaede, essoufflée.

« Pourquoi ? Tu t’entraînes depuis plusieurs heures déjà, et au vu de ta forme physique, il est clair qu’il ne doit pas te rester la moindre once de chakra. »

« Mais ! Maître ! » s’exclama la jeune fille, « Je veux continuer ! Je veux réussir ! »

« Tu réussiras, mais pas ce matin. Il est inutile, stupide, et dangereux que de pousser trop loin ses limites quand on peut l’éviter. »

« Mais… »

« Pas de mais ! » coupa la chuunin. « De toute façon il est l’heure que j’aille récupérer mon équipe à l’Académie ! On se retrouve ce soir à dix heures et demi, et on refera quelques essais avant de se coucher. En attendant, file chez toi et dors un peu compris ? »

« Mmh… » dit simplement Kaede. Elle était frustrée d’être ainsi coupé dans son élan alors qu’elle sentait monter en elle une chaleur entrainante : l’ambition, le désir insatiable de réussir.

« Bon, je te fais confiance. On se retrouve ce soir ! »

Puis Ayumi quitta le terrain d’entraînement, en direction des bâtiments de l’Académie. Kaede la suivit des yeux jusqu’à la voir disparaître derrière un coin de mur. La genin lança un regard sur le rouleau qui reposait à ses pieds. Parfaitement consciente de faire un idiotie absolue, elle composa les signes.


Kaede se sentait couler. Ses épaules l’entraînaient vers le fond de la mer, et devant ses yeux dansaient les reflets du soleil. Autour d’elle, des dizaines de silhouettes blanches la fixaient du regard. Certaines lui parlaient, ou semblaient lui parler, mais leur voix n’était à l’oreille de la genin qu’un grondement de vague et un roulement de galets. Elle coulait vite, toujours immobile, sans pouvoir marcher. Des dizaines de mètres la séparaient maintenant de la surface, mais Kaede ne parvenait toujours pas à agir. Des éternités s’écoulèrent ainsi, la précipitant jusqu’au plus profond des abîmes. Là, elle heurta finalement le sol avec une douceur surprenante.
C’est alors qu’elle retrouva l’usage de son corps. Nullement affolée, elle se redressa, et contempla ce qui l’entourait. Une ruine. On voyait gire ici et là des colonnes brisées tandis que se détachait du sable clair la pierre noire des fondations arrachées. Etonnamment, l’endroit était très lumineux.
Kaede sentit alors une présence derrière elle et, se retournant aussi vite qu’elle le put, elle le vit.
Suiryuudan.


Elle poussa un cri de terreur et de surprise mêlée et se réveilla en sursaut. Regardant autour d’elle, Kaede ne reconnut pas sa chambre. Elle comprit rapidement qu’elle se trouvait à l’hôpital de Kiri, mais elle ne se souvenait pas de ce qui l’avait mené là. Elle se souvenait de l’entraînement, elle se souvenait du départ d’Ayumi… Mais ensuite ?

« Espèce d’imbécile ! Ensuite tu as tenté de relancer cette foutue technique alors que tu étais en rade de chakra et tu as du faire un malaise ! Ayumi va te tuer ma vieille ! » Songea-t-elle.

Mais plus que la peur de la sanction qu’Ayumi ne manquerait pas de lui asséner, ou que la honte d’avoir agi aussi stupidement, c’était à cet étrange rêve que Kaede devait le malaise qui lui enserrait la poitrine. Bien que les détails se soient estompés avec le réveil, elle revoyait encore parfaitement Suiryuudan – ou du moins, Suiryuudan tel qu’elle se l’imaginait. Elle revoyait la peau écailleuse luisante, les deux yeux profond comme des saphirs…
Kaede sentit qu’elle était en train de se rendormir. Sa dernière pensée fut pour le dragon. « Si je le revoie, je ne devrais pas crier, mais m’agenouiller devant lui… »


Finalement, Ayumi ne fut pas si agressive que ça. Elle se contenta de signaler que si Kaede s’avisait de recommencer à lui désobéir de façon éhontée, elle l’exterminerait sur le champ, ce qui suffit à Kaede pour la dissuader toute tentative de réitération. Ayumi ordonna à son élève de se reposer deux jours. Ce furent deux jours particulièrement bienvenus pour Kaede qui sortait de deux semaines particulièrement éprouvante. Durant ces deux journées, elle se consacra à la peinture, et elle parvint de justesse à terminer sa création avant d’aller se coucher la veille de la reprise de son entrainement.

Les progrès de la genin furent fulgurant, et elle parvint très rapidement à maîtriser l’attaque. Elle n’en parla à personne, pas même à Ayumi, mais Kaede était persuadée que son rêve y était pour quelque chose. Accrochée au dessus de son lit, la peinture représentant deux saphirs éclatant illuminant une ruine sous marine lui avait forcément portée bonheur.
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MessageSujet: Re: Terrain d'entraînement de Kaede   Sam 15 Sep - 15:35

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MessageSujet: Re: Terrain d'entraînement de Kaede   

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