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 Un orage gâché par la Brume

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MessageSujet: Un orage gâché par la Brume   Ven 18 Mai - 6:13

Ses fesses et son dos le brûlaient, malgré le climat plutôt tempéré de la zone. Il faut dire qu'être traîné sur le sol pendant plusieurs dizaines de minutes est rarement vivifiant. La corde autour de ses pieds et de ses mains était trop sérrée ; mais plus que tout, c'est la joie naïve et stupide qui s'exprimait sur le visage de son ravisseur qui l'énervait. Un jeune garçon, à peine plus âgé que lui. Petit, brun, pâle. Commun, banal. Et stupide, selon (du moins, dans la version édulcorée de ses pensées). Si on exceptait le bandeau sur son fin biceps droit, qui montrait son appartenance au village ninja de Kiri.

On pouvait voir au loin les portes du village, dont il avait entendu la grandeur durant le trajet forcé. Un faucon aurait pu apercevoir les têtes des sentinelles qui patrouillaient aux alentours. Cependant, tout ce que voulait apercevoir, c'était un trou dans cette corde. Il essayait de la mordre discrètement, coïncidant la contraction de ses abdominaux pour que sa bouche atteigne ses poignets, avec les fréquents retournements du jeune shinobi. Le fourreau de son sabre qu'il avait retrouvé si recemment lui frappait quelques fois les joues ou le nez, à cause des mouvements de hanches de son kidnappeur, slash voleur d'arme.
La rage, et la honte de s'être fait attrapé de cette manière le tiraillaient.

Aspirant – "Dis, tu l'as acheté où ton sabre ? Faudrait que je rende visite à ton armurier, il pourrait me faire des kunaïs de première classe. T'imagines ?"

L'insolent, il avait dégainé l'épée. Le tranchant, légèrement bleuté, éblouissait toujours autant le voyageur, même après autant de temps passé à l'observer, même dans cette position où il aurait dû avoir l'esprit occupé à autre chose. C'est même à ce moment précis qu'il vit quelques imperfections sur le bout de la lame. Elle n'avait pas été forgée ainsi, seulement la passage du temps faisait son ouvrage, et les nombreuses batailles auxquelles l'arme avait participé l'aidaient. Il se dit que si jamais il s'en sortait, il irait voir un forgeron pour rendre au sabre tout son éclat.

Pour l'instant, il devait se concentrer sur la corde. S'il se libérait avant d'être conduit dans la geôle que lui avait promis le garçon, il donnerait une leçon à ce dernier : c'était contre son éthique personelle de frapper les enfants, mais celui-ci l'avait mérité. Cette tête de mûle ne comprenait pas qu'il n'était pas un espion de Kumo. avait beau eu lui répéter une centaine de fois, il affirmait que son refus prouvait la véracité de sa théorie, et que l'absence du bandeau de Kumo n'était qu'un subterfuge au cas où il se ferait attrapper. A vouloir trop bien faire, on finit par faire n'importe quoi. plaignait en quelque sorte Kiri, si tous ses ninjas avaient aussi peu de jugeôte.
Bien sûr, il aurait tout simplement pu attendre d'arriver devant un plus haut gradé, ou simplement quelqu'un de plus intelligent qui se rendrait compte qu'il n'était qu'un voyageur de passage, mais tout aurait été trop long, et il savait que parfois justice n'est pas rendue : le fait de posséder le descriptif de la technique ninja qu'il avait à moitié éxécuté ne l'aurait pas aidé à se disculper.

Non, il fallait qu'il s'échappe, ou qu'il raisonne le garçon. L'ironie du sort, c'est que Keiko avait sans doute pensé à lui léguer cette technique dans l'espoir qu'elle lui permettrait de s'échapper de situations pareilles. La seule faute de sa mère, même s'il fallait aussi lui imputer le fait que de s'entraîner à ce genre de choses, à côté d'un village ninja, ce n'était pas très intelligent.
De plus, il savait que le village n'était pas si loin. Pourquoi avait-il dû le faire maintenant ? Cela aurait pu l'empêcher d'arriver au bout de sa quête. Les regrets affluaient dans son esprit, même s'il savait qu'il n'avait pas le temps pour ça.
Une fois de plus, il profita que son ravisseur eût le dos tourné pour mordre ses liens, sans doute avec un peu trop d'empressement.

Aspirant – "Qu'est-ce que tu... Je me retourne, et on joue les écureuils, s'exclama-t-il en donnant un coup de pied dans le ventre de son prisonnier. Tu recommences à ronger cette corde, et je m'occupe de toi moi-même, içi et maintenant, dit-il en caressant la joue de Mû avec son propre sabre."

Comment en était-il arrivé à ça ?


Dernière édition par Mû le Lun 21 Mai - 20:50, édité 3 fois

MessageSujet: Re: Un orage gâché par la Brume   Sam 19 Mai - 17:27

Deux semaines plus tôt

La météo s'accordait avec son humeur. Pluvieuse et grise. Bien sûr il avait fait un choix. Et maintenant il devait l'assumer. Le départ, et ses inconvéniants. Plus de lit, bien qu'inconfortable. Plus de toît sous lequel se réfugier lorsque l'humidité devient insupportable. Plus de saké. Plus de nourriture servie chaque midi. Plus de contact. Plus de...
Non , il ne devait pas y penser. Après tout, c'est lui qui était parti. Le départ, et ses avantages. Pas besoin de faire la vaisselle. C'était un bon point, car il avait dévelloppé une sorte de phobie pour le ménage depuis l'épisode serveur et laveur de sol. Plus de cris d'enfants : il ne supportait pas les caprices des bambins. Il ne supportait pas non plus les bagarres d'ivrognes le soir, ni les pickpocketss qui traînaient sur les docks. Il rit en pensant qu'il se transformait peu à peu en ermite misanthrope ; mais rien de tout ça n'était un réel soulagement, il y perdait plus qu'il n'y gagnait.

Ce qu'il aimait vraiment, c'était ce besoin de s'affairer pour survivre. Il se sentait vivant. Et occupé.
Chasser prenait une grande part de son temps. Le reste était occupé par un entraînement qu'il créeait au fur et à mesure, inventant ses propres mouvements. Il fallait qu'il se ré-entraîne à combattre avec un seul sabre, et il n'en avait pas vraiment eu l'occasion depuis tout ce temps. Même s'il ressentait le manque d'un vrai maître pour l'accompagner dans son apprentissage, il ne pouvait rester à rien faire. Il n'avançait pas réellement, tournant en rond, inconsciemment et consciemment. Il avait déclaré devoir partir, mais ne s'en sentait pas vraiment prêt ; mais il ne pouvait pas non plus revenir en arrière. Il comprenait désormais les paroles de Kikusuke, des mois plûtot. Avait-il eût une histoire similaire ? Il se demandait où se trouvait et que faisait le vieil homme en ce moment...

Une goutte de sueur vint lui confirmer qu'il commençait à être bien chaud. Il avait choisi le coin pour l'espace qu'il conférait, avec un grand arbre au centre, qui lui servait de cible. Il tournoyait avec élégance autour de son ennemi imaginaire, enchaînant esquives et parades contre les coups de l'opposant fantôme. Se tenant en équilibre sur ses mains, il assena un coup de pied en tournant sur lui-même comme une toupie, tout en tenant le sabre dégaîné entre ses dents. Puis il laissa ses jambes tomber, et se releva d'un bond vif, faisant face à l'ennemi. Un saut vers l'arrière pour rétablir la distance, puis vers l'avant pour la casser, tout en maintenant le sabre à la diagonale devant soi, suivi d'un simple coup tranchant, diagonal lui aussi. Enfin, une fois retombé sur le sol, il feinta de poursuivre son attaque en faisant emprunter au katana le même chemin qu'il avait pris une seconde avant, en sens inverse. Tout cela pour porter, au dernier moment, un coup de coude du bras gauche, venu de nulle part, sur le tronc invincible du végétal millénaire.
Mû s'était attaqué à un adversaire d'un niveau bien trop élévé, et la douleur que lui avait causé sa botte secrète l'avait convaincu qu'il était temps de prendre une pause.

Il enleva les gantelets qui le gênaient dans son repos et s'essuya le front avec sa manche. Il faisait plutôt tiède, mais il sentait littéralement l'atmosphère peser sur lui. Il s'était arrêté de pleuvoir depuis une vingtaine de minutes, mais il reçut de nouveau une goutte d'eau sur son poignet, ce qui lui fit lever les yeux aux ciel : une fratrie de nuages gigantesques et menaçants se profilaient à l'horizon, se teintant de noir à certains endroits. Cela ne signifiait qu'une chose : ce soir, la foudre allait tomber. Il était excité à cette idée : cela faisait longtemps qu'il n'avait pas vu autre chose que de la grisaille ou un soleil pâle. La lumière céleste lui rappellerait son pays. De plus, il avait déjà de quoi manger pour la nuit , et son petit nid était installé, à l'abri de toute intempérie, un peu plus loin, à l'ombre d'arbres très feuillus, derniers. Autant dire qu'il n'avait plus qu'à profiter du spectacle.

Avec une vigueur nouvelle, il se leva, prêt à profiter des derniers instants de son entraînement à fond : il ne bougerait plus une fois les éclairs de sortie, une brûlure lui suffisait largement. Il toucha la marque noire, le long du côté droit de son cou. Il s'attarda à un endroit précis : là où il savait qu'un suçon disparaissait peu à peu. Il eût un sourire amer en repensant aux extraits de la nuit qu'il avait passé avec Rei dont il se souvenait : à croire que ses souvenirs les plus importants ou agréables étaient destinés à être oubliés.

- { Impossible de revenir... }

Une petite voix, en son for intérieur, lui disait qu'il en faisait trop. Bien sûr il devait être triste, mais il surenchérissait, au point de se croire le protagoniste d'une pièce tragique. Il se mit une petite claque, comme pour faire partir cette mauviette de son esprit. Il était prêt à repartir, mais une crampe vint couper cet élan.

– "Aaaaaaaaaaaaaah !"


Dernière édition par Mû le Mer 23 Mai - 14:35, édité 1 fois

MessageSujet: Re: Un orage gâché par la Brume   Dim 20 Mai - 4:59

Il se tînt le mollet gauche et le compressa, comme pour empêcher le mal de se propager dans son corps. Il lui fallût plusieurs minutes pour ne plus sentir ni douleur, ni engourdissement.
Ce n'était pas habituel : il s'était déjà entraîné autant, principalement quand il avait quelque chose sur le coeur. Depuis qu'il était parti de cette petite ville portuaire, dès qu'il avait des pensées négatives, il les exorcisait par l'entraînement. Il en avait été de même à la mort de Mei, ou même, chroniquement, après le départ de Keiko. Alors pourquoi son corps témoignait-il d'une telle fatigue ?
Il ne put réellement l'expliquer, et se dit que les conditions de sa jeune vie de voyageur l'empêchaient d'être en forme optimale. Même s'il n'était pas fatigué, il sentait de lourdes cernes sous ses paupières, de gros sillons sur ses traits qui témoignaient de plusieurs nuits d'insomnies. Maintenant qu'il ne l'utilisait pas, son bras était étrangement lourd et douloureux, comme s'il avait fallu à son corps du repos pour comprendre qu'il se surmenait. Cela faisait maintenant quatre jours qu'il avait un rythme alimentaire plus aléatoire, aussi bien en quantités qu'en qualités nutritionelles.

Il poussa un soupir, puis se décida à se mettre en tailleur, comme pour méditer. Keiko lui avait toujours dit que le meilleur des combattants avait le corps paré, l'esprit aiguisé et le coeur en paix. Et la position qu'il prit était, à ce moment, ce qui se rapprochait le plus d'un entraînement spirituel pour lui.
Il essaya de faire le vide en lui, de ne rien penser ; mais il ne pouvait s'empêcher de voir les défauts de son enchaînement, d'essayer de l'améliorer. Il les supprima ces images nuisibles une par une, contemplant une fois de plus les portes de vide spirituel avec perplexité. Il ne souhaitait pas vraiment voir ce qu'il y avait dérrière ces portes, mais cette idée qu'il se faisait du guerrier parfait l'y forcerait, un jour ou l'autre. Le néant le terrifiait à vrai dire.

Sans doute n'était-il pas encore prêt pour ça. Cela lui coutait de l'avouer, mais ce n'était pas aujourd'hui qu'il allait atteindre le niveau spirituel d'un bouddha. Il ouvrit les yeux et poussa un long soupir, tout en enroulânt l'herbe de la plaine autour de ses doigts. Le vent soufflait sur la plaine, ébouriffant ses cheveux encore plus, si cela était possible : l'hygiène n'était pas une priorité lorsqu'il se trouvait loin de tout jugement extérieur.
Selon la carte, très détaillée, il se trouvait plutôt loin de la civilisation ; au sud de la ville portuaire qu'il venait de quitter, et au nord du village ninja de Kiri. Il était d'ailleurs surpris de voir ces villages, si clairement indiqués. Le mystère dans lequel ils étaient censés baigner en prenait un sacré coup. Il finit par se dire que c'était pour des raisons pratiques : bien que leur maîtrise du chakra leur offrait un statut de surhomme, ils ne pouvaient pas faire apparaître de l'argent à partir de rien. Il leur fallait des clients, et il fallait qu'ils puissent être contactés...

Le chakra. C'était un déclic. Il lança littéralement sa main sur saccoche, toujours attachée dans son dos, au niveau de sa hanche. Il en sortit le carnet, tout en évitant avec précaution la dernière page, qui lui remettrait en tête ce qu'il essayait de sortir en se démenant.
A la page qu'il avait consulté, des mois de cela, il cherchait de quoi lui rafraîchir la mémoire sur le contrôle de son chakra. Cela lui était venu plutôt naturellement lors de son dernier combat, contre une bête sauvage, mais il savait pertinemment qu'il ne s'agissait là que de balbutiemments, qu'il avait acquis non pas grâce à la pratique et à l'effort, mais parce que sa vie en dépendait. Il ne pouvait pas se permettre de parier sa vie à chaque fois pour progresser d'un pouce : le chemin qui le séparait du niveau de Keiko, à fortiori de celui du fondateur du village de Kiri, pour lequel il avait dévelloppé une certaine admiration, était bien trop long ; il lui aurait fallu beaucoup d'existances à sacrifier, et beaucoup de chance.
se souvenait qu'il devait sa survie à la première technique que lui avait légué sa sensei, dans ces écrits : elle lui avait permis d'économiser son énergie, de mieux répartir ses forces pour pouvoir combattre plus longtemps. S'il pouvait maitrîser mieux cette technique, il pourrait assurément s'en servir pour oublier, ou plutôt s'entrainer, plus longtemps.

Des craquements se faisaient entendre, provenant des cieux. La pluie s'abattait rageusement contre la terre, et il dût protéger de son corps le livre pour que les pages restent lisibles, la saccoche n'étant pas assez étanche. Il se précipita vers son campement.
Dès qu'il fut à l'abri de la pluie, il sortit de sa veste les piques sur lequels se trouvaient des rongeurs cuits, dont l'odeur libérée aurait pu rameuter d'autres carnivores affamés. Il les replaça en équilibre au dessus du feu éteint, qu'il s'empressa de ré-allumer.
Il se sentait protégé par la chaleur sèche de son petit bivouac, en plein milieu de ce qui s'annonçait un violent orage. Emmitouflé dans son manteau, de la tête aux genoux, il se plaça contre un arbre et continue sa lecture.

C'était fascinant de voir à quel point, selon ce qui était écrit, l'homme avait le pouvoir d'altérer la réalité autour de lui, et même en lui. Un pouvoir presque divin. La maîtrise de ce pouvoir lui permettrait d'accomplir ce qu'il voulait. C'était une idée terriblement séduisante, mais aussi terriblement effrayante. Parmi tous les hommes et les femmes controlant le chakra, certains devaient forcément avoir des intentions peu chaleureuses. Cela ne les rendait que plus dangereux encore. Il s'imagina face à l'adversaire qu'il avait combattu et vaincu de justesse, il y avait de cela deux ans. Qu'aurait-il pu faire si, en plus d'être très adroit avec son arme, il avait maîtrisé l'énergie mystique rattachée aux ninjas ? se serait certainement fait écraser comme un insecte.
Un flash de lumière aveuglant, suivi d'une détonation lointaine mais puissante le tira de ses lectures et réflexions : le spectacle venait de commencer.

MessageSujet: Re: Un orage gâché par la Brume   Lun 21 Mai - 3:52

"Oh merde !"

Il se leva d'un bond et enleva les piques du feu : tandis qu'il lisait et flânait, la viande commençait à beaucoup trop griller. Le ventre des rongeurs était presque noir, carbonisé. Il aimait en général que sa nourriture soit bien, voire même très bien cuîte, mais elle l'était un peu trop à son goût ce soir là. Surtout qu'il devrait tout manger : il ne pouvait pas gaspiller le peu de ressources qu'il lui restait.
Il mit les piques sur sa veste, à côté de lui, et continua de lire tout en mangeant.

Il n'y avait pas beaucoup de carctères, mais il souhaitait être sûr d'avoir bien compris la théorie avant de s'exercer à la pratique. Sur le papier en tout cas, cela paraissait simple : le chakra n'est que l'énergie nécéssaire à réaliser la plupart des actions. Beaucoup de gens ne s'en rendent même pas compte, mais lors d'un effort, il mobilise leur énergie, donc, en partie, leur chakra. Bien sûr tout le monde n'a pas les mêmes quantités de chakra ; mais par la concentration et la pensée, on pouvait "rentabiliser" chaque action, en utilisant le moins possible de chakra. L'auteur comparait cela à une sorte de torpeur maîtrisée : certains oiseaux et chauves-souris, lorsque la température extérieure augmente, abaissent légèrement leur chaleur interne, afin de ne pas gaspiller d'énergie pour se réchauffer. Ils font juste ce qu'il faut, et gardent leur énergie pour des actes plus importants.

Il tourna la page, et ce qui ne l'avait pas frappé lorsqu'il avait recopié le parchemin le surprit, cette fois-ci : ce nouveau chapitre s'intitulait "L'art des dieux".
Sa curiosité fût néanmoins mise de côté, au profit de sa fascination pour le tonnerre qui soumettait tous par sa clarté et ses cris. Il posa le livre et se leva, la tête levée au cieux. La soirée se terminait et le ciel commençait à se teinter d'un bleu nuit du plus bel effet. Les énormes nuages l'empêchaient néanmoins de distinguer les étoiles.
Une lumière de plus. A en juger par le temps mis par le grondement pour arriver à ses oreilles, la foudre était tombée loin de là où il se trouvait. Pourtant, même entouré d'arbres à l'épais feuillage, il avait vu le monde s'illuminer. Il en arrivait toujours à la même conclusion basique lorsqu'il observait les éclairs chuter des nuages : c'était la puissance incarnée. Bien sûr, ce n'est qu'un phénomène tout ce qu'il y a de plus naturel. Un phénomène naturel qui lui donnait des frissons.

Cela devait être plus. Cela devait être ça, "L'art des dieux". Ceci raviva sa soif de lecture. Il se rassit au pied de l'arbre, finit la dernière brochette, s'essuya les doigts comme il le pouvait, et reprit son étude.
Il lut plusieurs fois les paragraphes de ses pages, car ce qu'il lisait le laissait perplexe. Soi-disant, le chakra pouvait servir à recréer certains éléments naturels, dont la foudre. C'était d'ailleurs en quoi les ninjas de Kumo étaient spécialisés : le contrôle de l'énergie électrique. Modulant leur énergie a leur guise, ils pouvaient créer de petits éclairs, s'en servir pour se protéger, améliorer leur force et leur vitesse, ou même provoquer des orages dévastateurs. Ces pages mentionnaient aussi les spécialités des villages ninjas, présents et passés, comme référence : Konoha se servait du feu, Kiri de l'eau et de la glace, Suna du vent, Et Iwa de la terre.
Il lui était difficile de croire que la puissance naturelle, dont il était le témoin ce soir là, pouvait être recréée par de simples humains, aussi puissants soient-ils. Il croyait certes qu'il était possible de dépasser ses limites, mais pas à ce point. Néanmoins, cela lui disait quelque chose. Il avait déjà entendu parler d'un homme, ou de quelque chose y ressemblant, pouvant lançer des éclairs depuis ses mains. Il n'arrivait simplement pas à se remémorer où...

Un flash. Pas de lumière cette fois-ci. C'était comme si sa mémoire avait gardé ce moment en réserve pour quand il en aurait besoin :

Citation :
??? - "Écoute avant de parler. Il l'a tranché de haut en bas, mais le second a fait un tour de magie bizarre de loin. J'ai vu un éclair, minuscule, partir de ses mains pour toucher Karu..."

Il ne se souvenait que de ça, mais ça lui était bien suffisant. Cette conversation qu'il avait espionné, deux ans plus tôt, était bien la preuve que ce qui était écrit était vrai. De plus, c'était Keiko qui lui avait offert ce parchemin, et cela lui avait déjà sauvé la vie une fois. Il n'avait pas de raison de ne pas y croire.
Le dernier paragraphe proposait même un exercice afin d'initier ceux qui savaient contrôler leur flux de chakra à la création d'un éclair. Décrit comme une technique ninja offensive, le Raiton semblait représenter la base de l'art de plier la foudre à sa volonté.

Il commença à lire les instructions, bien que le début le décourageait déjà : il était spécifié que pour réussir à créer de l'électricité depuis ses mains nues, il fallait auparavant avoir une bonne maîtrise de son chakra. L'apprentissage promettait d'être long...

MessageSujet: Re: Un orage gâché par la Brume   Mar 22 Mai - 5:43

Des heures qu'il essayait, en vain. Il se sentait de plus en plus stupide à chaque essai. Comment avait-il pu croire une telle fable ? C'était tout bonnement impossible. Il avait beau concentrer son chakra dans ses mains et essayer de le faire jaillir, en faisant au préalable la série de signes décrite dans son carnet, rien en se passait.
La foudre avait céssé de tomber, et il ne restait qu'une pluie battante et froide. Il essaya encore une fois, et échoua encore une fois.

– "Aaah bordel ! Pourquoi ça marche pas ?!"

Il jeta son calepin contre l'arbre en face de lui, et resta un bon moment à le fixer, lui lançant des regards assassins. Il n'avait jamais autant eu de mal à apprendre quelque chose qu'on lui exposait ainsi : tout était écrit, il n'y avait qu'à agir. Il connaissait parfaitement la série de signes, et réussissait étonnement bien à sentir le chakra dans son corps. Alors pourquoi ? Pourquoi n'arrivait-il pas à créer de l'électricité ?
Il était sûr que Keiko savait le faire. Il était aussi sûr que d'autres y arrivaient. Pourquoi lui échouait-il ?
Son égo ne le supportait pas, et il se coucha sur le sol, frigorifié, plus par colère que par réelle envie de dormir.

Le sommeil ne lui venait pas, des images désagréables lui revenaient en tête. Il ne cessait de se retourner, ne trouvant pas la position la moins incomfortable pour se reposer. Il finit néanmoins par tomber dans les bras de Morphée au petit matin, et fût révéillé par le cri d'un animal inconnu, au loin.
était de mauvaise humeur, mais savait qu'il ne devait pas se rendormir. Il se releva maladroitement, et ramassa le carnet, donc la couverture était trempée. Heureusement pour lui, aucune page n'avait été abîmée. Le jeune homme s'étira longuement, puis sortit de sa saccoche la carte. Il n'avait qu'une vague idée d'où il se trouvait, et se sentait stupide de ne pas avoir marqué sa position actuelle. Il souhaitait rejoindre la côte sud-ouest afin de prendre un bateau qui le mènerait à Tani no Kuni. Il se rendait seulement compte que son chemin jusqu'au Pays de la cascade était vraiment long : cela faisait bientôt deux mois qu'il était parti, et il venait tout juste d'arriver à Uke.
Il traînait trop. Il décida qu'il était temps d'arrêter son cinéma et d'accomplir ce pourquoi il avait tout quitté. Le village de Kiri ne se trouvait pas si loin du centre de l'île. Il en fit la prochaine étape de son voyage, et se dit qu'en marchant droit devant lui, il atteindrait soit sa destination, soit la mer.

Il partit dès qu'il fût prêt, ne déviant pas d'un pouce de son axe, passant à travers la plaine dans laquelle il s'était entrainé le jour précédant. L'arbre qui l'avait vaincu trônait seul, au milieu de ce désert vert. Mû lui lança un regard noir.

– "Nous nous reverrons..."

Des jours. Des jours qu'il faisait le tour de l'île. A croire que la fortune lui avait tourné le dos. Il commençait à douter de sa méthode : il avait dû parcourir l'île en diagonale, en longueur et en largeur une bonne douzaine de fois, mais il n'avait pas aperçu une seul fois Kiri. Ce n'était pas une motte de terre dans l'océan, mais cette île était loin d'être de la taille du Pays de la Foudre. Des marais, des plaines et des côtes abruptes, tous déserts. Il voyait bien au loin quelques caravanes marchandes et autres voyageurs sur les routes, mais il souhaitait trouver son chemin par lui même. Il y mettait un point d'honneur.

Malgré tout, ce vagabondage avait du bon. Il apprenait, au fur et à mesure, à maîtriser de mieux en mieux son chakra. Il se sentait bien moins fatigué, gaspillant moins le peu d'énergie dont il disposait. Son mouvement perpétuel ne lui laissant que peu de temps pour trouver des herbes comestibles ou des proies nourissantes. C'était un progrès constant, dû à un entraînement régulier, et à une pratique assidue, chaque soir avant de s'endormir ; mais ça ne le satisfaisait pas le moins du monde.

MessageSujet: Re: Un orage gâché par la Brume   Mar 22 Mai - 21:52

C'était une nouvelle nuit orageuse, mais il essayait de rester concentré. Assis en tailleur, les yeux fermés.

– "Les signes..."

Ses mains suivirent une chorégraphie complexe, qu'il connaissait désormais par coeur. sentait monter en lui son énergie, se concentrant au niveau de sa poitrine. Il respirait lentement, puis acheva la série de signes d'un geste brusque. Son chakra était harmonisé, réparti équitablement en chacun de ses membres, en chacune de ses cellules. Il réussissait désormais à mouvoir cette énergie, avec difficulté, et à l'accumuler dans ses bras. Il savait néanmoins qu'il ne pouvait maintenir ce niveau de concentration bien longtemps, et qu'il ne pourrait l'utiliser aussi bien dans un combat. Il se demandait d'ailleurs comment il avait réussi à éxécuter cette technique alors qu'un ours sauvage lui fonçait dessus.

– "Fyoouu..."

Il ouvrit les yeux, et sentit quelque chose de poisseux lui atterir sur le front et couler sur son nez. Il vit un oiseau au dessus de lui, et comprit bien vite d'où venait cette matière non identifiée.

– "Putain mais c'est dégueulasse !"

Il courût vite vers la mer, traversant une plage de sable collant. Etrangement, il n'y avait rien autour de l'île. Comme si le monde s'arrêtait, quelques dizaines de mètres plus loin du rivage : tout était caché par une brume épaisse et grise. Occupé à essayer de ne pas vomir durant la traversée, il ne l'avait pas remarquée, mais maintenant qu'il la voyait, il se demandait si elle était vraiment naturelle.
Plongeant sa tête dans l'eau, il purifia son visage des déjections du volatile. L'eau salée qu'il avait avalé par inadvertance força une grimace sur son visage.

Penché sur la surface de l'onde, un éclair lui permit de se voir son reflet, si proche et pourtant si différent de l'image qu'il avait de lui-même. Il était pareil, si ce n'était que ses cheveux étaient plus longs, et ses yeux un peu plus reposés. Il avait perdu un peu de muscle, mais rien de bien grave. Il ne l'avait pas remarqué, mais sa pilosité faciale avait recommencé à pousser, et il y avait bien trop de longs poils collés sur ses joues et son menton qu'il ne l'autorisait d'habitude.
Ce sentiment étrange de changement, c'était ce calme qui débordait de son visage. Ce n'était que maintenant qu'il se rémémorait ses traits comme étant ceux de quelqu'un d'instatisfait, préssé. Dérrière son sourire se cachait l'envie de forcer son chemin vers l'avant, afin de retrouver ce qu'il avait auparavant ; mais maintenant, il se voyait bien plus en paix et épanoui avec son présent.

était le même pourtant. La marque qui descendait le long de son bras en attestait. Un chasseur plus grand que lui avait voulu le griller avant de l'avoir tué. Manque de bol, le jeune homme était plus coriace qu'un cafard.
Il était tout de même content d'avoir un bras toujours fonctionnel. C'était une chaleur immense qui s'était posée sur son membre supérieur droit, pour qu'il soit entièrement noir, carbonisé. Bien plus que du feu, un trait d'énergie pure était tombé sur son arme. Le sabre écourte d'habitude les existances ; pourtant, c'était une arme mortelle qui avait sauvé une vie ce soir là.
L'oeuvre d'un dieu, contrée par l'art d'un homme...

L'art des dieux. C'était ça. S'il devait en venir à imiter un élément, il devait savoir ce qu'était réellement cette élément. Au delà d'une simple lumière , l'énergie sous sa forme la plus simple, relachée d'un seul coup. Une puissance sincère.
Simple et sincère, c'est sans doute ce qu'il appréciait le plus dans chaque étincelle céleste : il n'y avait pas de fioritures, rien à traduire, aucun mensonge avec la foudre, rien à voir avec l'esprit humain, marécage d'ambitions, d'aspirations, de désirs, de blessures, de traumatismes et de peurs. Non, il n'y avait que le spectacle, la chance d'être un spectateur, et non pas l'acteur qui lui donnerait la réplique.

revint tranquillement vers le feu de camp, et s'assit calmement à ses côtés. Il reprit ses exercices, diffusant son chakra dans tous ses membres. S'il ne pouvait mêttre un nom sur ce qu'il ressentait quand son énergie était harmonieusement répartie, il rapprochait cet état à celui d'un ciel de printemps calme, sans nuages.
Il entamait désormais la série de signes, lentement, tout en stockant son énergie peu à peu dans son bras droit. Il le sentait se contracter sans qu'il l'ait demandé. Un nuage, immense et compacte, qui se resserrait sur lui même pour empêcher l'énergie de sortir.

- { Encore... Encore... }

Il y avait plus de tonnerre que de pluie désormais. Chaque minute, on pouvait entendre une détonation. Cela devait sans doute être historique dans la météorologie du Pays de l'Eau, et terrifiant pour beaucoup de gens.
Une chaleur intense, et une contraction très douloureuse. C'était ce qu'il en coûtait de se prendre pour le ciel. De l'eau coula de son front, mais ce n'était pas de la pluie : il transpirait à grosses gouttes mais tentait de l'ignorer pour se focaliser uniquement sur la technique. Il n'avait pas réessayé depuis sa première infructueuse tentative. En étant sincère avec lui même, une semaine plus tôt, il aurait sût qu'au fond de lui, il ne croyait pas en sa réussite ; mais ce soir, il avait foi en lui. En étant simple, quelques jours auparavant, il n'aurait pas essayé de faire prendre à son chakra une forme sophistiquée avant de l'avoir relaché ; mais ce soir, il ne pensait qu'à l'éfficacité.

Le dernier signe. Sa paume droite, entièrement ouverte et raide, posée sur son poing gauche, totalement fermé. Puis il pointa cette paume ouverte en face de lui, et attendit quelques secondes. Rien ne se passait. La foudre continuait à tomber. Les dieux riaient de son échec si fort qu'il en frappaient de leur poing le sol.
Il se mordit la langue pour essayer de ne pas éclater de colère ; mais rien n'y fit.

– "Connerie de technique de... MERDE !"

Un gigantesque trait blanc le projeta en arrière. La terre boueuse limita son envol, mais il attérit tout de même quelques mètres plus loin. Même s'il se sentait très fatigué tout d'un coup, la surprise le fit se lever, pour constater que le petit champ de roseaux sur l'autre rive de la rivière avait été totalement désintégré, et que seule la pluie lui permettait de ne pas être l'auteur d'un incendie.
Il regarda avec stupefaction sa paume calcinée, encore chaude. Il était fier. Elle le serait aussi.
Il referma son poing et ne put s'empêcher de sauter de joie.


Dernière édition par Mû le Jeu 24 Mai - 5:14, édité 1 fois

MessageSujet: Re: Un orage gâché par la Brume   Mer 23 Mai - 10:50

Le calme après la tempête. Un soleil radieux, quelques fois voilé par de petits nuages.
Marchant calmement sur un chemin déjà traçé, haletait comme un chiot, en tirant la langue, la journée étant bien trop chaude à son goût. N'ayant pas bu depuis plusieurs heures, il espérait simplement tomber sur une rivière, ou d'autres vagabonds au coeur généreux. Le haut de son kimono tombait sur ses jambes, et il se promenait torse nu, agitant les pages de son carnet devant son visage pour avoir un peu d'air.
Heuresement pour lui, une construction pointait le bout de son nez au lointain. Elle avait l'air solide et grande, en pleine effervecence. Le chemin serpentait le long d'une colline d'un côté, et d'un petit marais de l'autre. Il voyait au loin, de minuscules silhouettes s'agiter aux portes de l'enceinte de cette ville.

Il s'arrêta à une intersection, à côté d'une petite statue en pierre sur laquelle reposaient des offrandes aux dieux. Il fit une révérance respectueuse, puis reprit sa route. Le panneau affichait clairement les destinations importantes de l'île.

– "Pfff... Forcément comme ça, c'est super simple. Aucun intérêt. Où est le goût de l'aventure, et de la perdition, dit-il ironiqumenent."

Il se trouvait stupide d'avoir eu autant de mal à trouver son chemin. Suivant le sentier, il se dirigeait pas à pas vers le village de Kiri.

– "Encore dix minutes à peu près... C'est bien plus grand que ce que j'imaginais. Quid des guerriers de l'ombre ? Des vrais stars ces ninjas... Rien que les portes sont plus grandes que la maison. N'empêche, le Pays de la Foudre est plus beau..."

Il sourit à l'évocation du mot foudre. Depuis qu'il avait réussi à produire un Raiton, il n'arrivait pas à s'arrêter. Il jouait avec l'électricité, la faisant passer entre ses doigts avant de libérer un éclair dévastateur, bien souvent sur de pauvres végétaux innocents. Il essayait de temperer ses ardeurs, mais lorsqu'il était seul, loin de la vue de tous, il ne faisait que ça.
Il s'était par contre interdit de l'utiliser avec son bras droit : même s'il avait sa petite idée sur la question, pour une raison inconnue, la puissance de la technique était incontrôlable et aléatoire avec ce membre. Un coup c'était beaucoup trop puissant et il se vidait de toute son énergie, jusqu'à l'épuisement, et les autres fois, il pouvait à peine créer des étincelles.

S'il devait passer du temps en société, plus particulièrement dans une société ninja, il ne pouvait se permettre de montrer des aptitudes qui dépassent celles du commun des mortels. Il ne souhaitait pas se faire remarquer. Scrutant dans toutes les directions et ne voyant personne, il se dit qu'il pouvait bien le faire une dernière fois.

Un sifflement à sa droite le fit sursauter, mais il n'y avait personne qui aurait pût avoir produit ce son. Juste des hautes herbes immobiles. Etouffant un baillement pour duper un potentiel spectateur crédule en camouflant sa petite frayeur passée, il continua d'avancer comme si de rien n'était.

assena un coup de sabre rapide sur sa gauche, vers ce qui auraît pu se cacher dans les roseaux à l'orée du marais. Il s'arrêta juste avant de toucher sa cible présumée. Une voix inhumaine, presque un râle, retentit de partout, et de nulle part.

??? - "Bons réflexes..."

Surpris par ces mots, se mit en position défensive.

– "Dérrière !"

Son intuition était bonne, mais inutile dans cette situation. Quelque chose était tombé d'un arbre, lui même, apparu de nulle part. Reçevant un coup d'une violence inouïe sur la tête, il s'écroula sur le sol. Sa vision troublée lui permit seulement d'aperçevoir un garçon, plus jeune que lui, lui lier les mains et les pieds, et s'emparer de son arme, avant de perdre connaissance...


Dernière édition par Mû le Jeu 24 Mai - 5:19, édité 1 fois

MessageSujet: Re: Un orage gâché par la Brume   Mer 23 Mai - 14:34

C'était tout ce dont il se souvenait jusque là. Maintenant qu'il avait sa propre lame sur la joue, il ne voyait pas vraiment d'échappatoire. Impossible d'échapper à son destin : ça devait en finir comme ça...
C'est ce qu'un autre auraît pensé. Pas lui. Surtout pas à ce moment, où il commençait à avancer réellement sur la voie qui le mènerait à son but.

– "Ecoute, je te répète, je ne suis pas un... espion de Kumo."

Aspirant – "Tu diras ça à la police, personellement je suis imperméable au mensonge, dit-il sans se retourner."


Il avait rengainé le sabre, ce que Mû attendait depuis le début : son expérience lui avait montré que l'arme avait plus tendence à absorber l'electricité qu'à la conduire. Il fallait encore qu'il détourne l'attention du garçon, afin qu'il baisse sa garde.

– "Ok, ok, tu m'as eu. T'es fort tu sais ? Est-ce que tu pourrais au moins... désserer un peu les liens ?"

Aspirant – "Je ne vois pas pourquoi je ferais ça."

– "J'ai un parchemin où tu pourrais apprendre une nouvelle technique. Je te dis où il est si tu désserre un peu le lien au niveau des poignets, ça fait beaucoup trop mal. Tu serais la star du village si tu avais des techniques de Kumo, en plus des tiennes, non ? Celles de Kiri sont pas mal, mais la foudre, c'est autre chose, tu crois pas ?"


Il essayait de le tenter, de sonner aussi convaincant que possible, jouant sur l'envie d'être reconnu par ses pairs du garçon. n'aurait besoin que de millisecondes pour mêttre son plan à éxécution.

Le garçon s'arrêta, et se retourna vers son prisonnier, le regardant suspicieusement. Les bras croisés, il observait attentivement , à la recherche du moindre signe trahissant un mensonge. Au bout d'une demi minute, il s'éclaircit la gorge, et s'accroupit devant le jeune homme attaché.

Aspirant – "C'est loin ?"

Mû – "Non, à peine dans un rayon de deux kilomètres, répondit-il avec assurance . Tu déssères les liens, et je te l'indique sur une carte."

Aspirant – "Tu tentes de t'enfuir, et c'est game over. C'est compris ?"

Déssérant le noeud petit à petit, il gardait à portée de main le sabre, afin de punir toute tentative d'escapade.

- { Presque... }

Il n'était pas encore prêt. Il lui fallait encore un peu de temps. Il avait très chaud, mais ce n'était pas la chaleur solaire qui faisait couler sa sueur ; une seule erreur, et c'était fini.

Aspirant – "C'est bon ? Maintenant, dis moi où c'est."

– "C'est... Dans la saccoche, dérrière mon dos. Un petit carnet. Prends le."


Il sentit la toile des vêtements du garçon sur sa peau, alors que celui-ci se penchait prudemment pour prendre le butin promis. C'était maintenant qu'il devait agir. Maintenant ou jamais.
Mû pouvait désormais ouvrir sa paume en grand. Profitant du regard détourné de l'enfant, il accompli rapidement la série de signes qu'il avait tant éxécuté cette semaine, puis posa sa main sur le torse de son ennemi, et relacha tout le chakra électrique d'un seul coup.
Il sentit son ravisseur se raidir, et chuter sur lui, compressant sa tête contre le sol. Poussant le corps inerte du garçon anonyme, il se dépécha de dégainer le sabre et de s'en servir pour défaire ses liens.

Une fois debout, il fit quelques étirements rapides pour se dérouiller, et s'appreta à partir. Seulement quelque chose le gênait.

– "Putain... J'dois vraiment être le seul abruti à faire ça pour quelqu'un comme lui..."

Il prit le gamin sur son dos, et se mit à marcher en direction du village. Il ne savait pas bien comment il allait expliquer tout cette histoire, mais il fallait bien qu'il ramène cet imbécile à sa famille. Et puis il s'en voulait d'avoir utilisé quelque chose de si puissant contre un enfant. Il posa sa main sur son cou, pour sentir son pouls. Le jeune ninja était encore en vie, et en poussa un soupir de soulagement.

??? - "Bien... Finalement tu n'es pas quelqu'un de mauvais... Encore moins un espion... Néanmoins, je te déconseille d'utiliser ce petit tour dans le village, les autres gradés ne sont pas aussi... Compréhensifs que moi. Et si ce que tu voulais échanger contre un peu d'aisance au niveau des poignets existe vraiment, je te conseille de le détruire vite... Bienvenue à Kiri..."

La même voix démoniaque que plus tôt.
L'enfant avait disparu. L'arbre aussi. Le chemin ne serpentait plus autant. En fait, il était à quelques pas de la grande porte du village. Il regarda autour de lui, mais aucun signe de tout ce qu'il s'était passé quelques minutes auparavant.
Il prit quelques minutes pour suivre le conseil de cet inconnu, en se séparant de son carnet. C'était un mal nécéssaire. Après tout, il n'en n'avait plus vraiment besoin. Et puis la dernière page contenait quelque chose qui lui rappellerait des souvenirs dont il ne voulait plus, en tout cas pas pour l'instant.
Déchirant les pages importantes unes à unes, puis les enterrant à plusieurs endroit différents.

Revenant sur ses pas, il reprit le peu de chemin qui lui restait pour enfin arriver à destination. Tout ce qu'il lui restait à apprendre d'Uke se trouvait dans ces murs. Et un peu de repos n'était pas de refus non plus. Il gardait tout de même dans un coin de la tête cet épisode étrange, et se demandait si le nom de village de la Brume était seulement symbolique.

MessageSujet: Re: Un orage gâché par la Brume   Ven 25 Mai - 2:28

+50 Exp.

Session très sympa, moi je te mets au défi d'en refaire une aussi bonne la semaine prochaine :p

Good Job Smile



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MessageSujet: Re: Un orage gâché par la Brume   

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